Berakhot 8a — La prière avec la communauté, les cinq lectures de lÉ'et metso et les quatre amot de la halakha

Berakhot 8a

Sougya : Le folio ouvre sur le temps de faveur : la prière de l'individu est agréée à l'heure où la communauté prie, et trois maîtres apportent chacun leur verset, avant qu'une baraita de Rabbi Natan n'assimile celui qui joint Torah, actes de bonté et prière publique à celui qui rachète D.ieu et Ses enfants d'entre les nations. Suivent les conséquences pratiques : Rech Lakich appelle mauvais voisin celui qui néglige la synagogue de sa ville, les anciens de Babel doivent leur longévité au fait d'aller tôt et tard à la synagogue, et Rav Hisda enseigne d'entrer la mesure de deux portes avant de prier.

Le mot mets a du verset des Psaumes ouvre alors une longue sougya : cinq maîtres lisent lÉ'et metso de la femme, de la Torah, de la mort, de la sépulture et du lieu d'aisance, avec la baraita des neuf cent trois espèces de mort. Le folio s'achève sur la primauté de la halakha : depuis la destruction du Temple, le Saint béni soit-Il n'a dans Son monde que les quatre amot de la halakha, d'où la conduite d'Abaye, de Rabbi Ami et de Rabbi Assi, puis sur le respect du sefer Torah pendant la lecture publique et l'obligation d'achever chaque semaine sa paracha, deux fois le texte et une fois le Targoum.

Pourquoi la prière de la communauté est agréée : quatre appuis 1. Ps. 69, 14 (le maître du folio) Et moi, ma prière en un temps de faveur Quand ? À l'heure où le tsibbour prie. 2. R. Yossi b. R. Hanina — Is. 49, 8 En un temps de faveur Je t'ai répondu La réponse y est promise explicitement. 3. R. Aha b. R. Hanina — Job 36, 5 D.ieu est kabir et ne méprise pas + Ps. 55, 19 : ils étaient nombreux avec moi Le grand nombre est nommé dans le verset. 4. Baraita de R. Natan Mêmes deux versets, portée élargie : Torah + gemilout hassadim + tefila be-tsibbour = comme s'il avait racheté D.ieu et Ses enfants. Conséquence pratique du folio joindre sa prière à celle du tsibbour, dans un lieu de tsibbour
Les quatre appuis scripturaires de la prière avec le tsibbour, et la conduite qui en découle.
Ps. 32, 6 : sur cela que tout hassid Te prie lÉ'et metso lÉ'et metso : à l'heure de trouver R. Hanina la femme Pr. 18, 22 matsa icha matsa tov R. Natan la Torah Pr. 8, 35 qui Me trouve trouve la vie R. Nahman b. Yits'hak la mort Ps. 68, 21 totsaot = 903 morts R. Yo'hanan la sépulture Job 3, 22 jusqu'à la dernière pelletée Mar Zoutra le lieu d'aisance habiter là où il s'en trouve un à proximité En Occident : celle-ci est préférable à toutes Les cinq lectures ne s'excluent pas : chacune nomme un objet de prière.
Les cinq lectures de lÉ'et metso et le verdict des maîtres d'Occident.
Le fil du folio : du tsibbour à la halakha, puis au sefer Torah Temps de faveur seg. 1-4 La synagogue seg. 5-8 : voisin, longévité, deux portes lÉ'et metso seg. 9-15 : cinq lectures Quatre amot de halakha seg. 16-22 Le sefer Torah seg. 25-30 Le crochet du passage : le verset kI motsI matsa 'hayim (Pr. 8, 35) cité au segment 7 ramène le mot metso.
Le trajet du folio, d'un thème à l'autre, avec le verset qui sert de charnière.
1
מַאי דִכְתִיב ״וַאֲנִי תְפִלָּתִי לְךָ ה׳ עֵת רָצוֹן״. אֵימָתַי עֵת רָצוֹן — בְּשָׁעָה שֶׁהַצִּבּוּר מִתְפַּלְּלִין.

Que signifie ce qui est écrit : « Et moi, ma prière s'adresse à Toi, ה', en un temps de faveur » (Ps. 69, 14) ?

Quand est-ce un temps de faveur ? À l'heure où la communauté prie.

📜 Rachi (1)
עֵת רָצוֹן אַלְמָא יֵשׁ שָׁעָה שֶׁהִיא שֶׁל רָצוֹן:
il y a donc bien une heure qui est une heure de faveur.
🪔 Ben Yehoyada (1)
אֵימָתַי עֵת רָצוֹן בְּשָׁעָה שֶׁהַצִּבּוּר מִתְפַּלְּלִין. נִרְאֶה לִי בס"ד הַטַּעַם לָזֶה כִּי בִּבְרָכָה שֶׁל יִשְׂרָאֵל בְּפָרָשַׁת בְּחֻקּוֹתַי כְּתִיב (וַיִּקְרָא כו,ח) וְרָדְפוּ מִכֶּם חֲמִשָּׁה מֵאָה וּמֵאָה מִכֶּם רְבָבָה יִרְדֹּפוּ, נִמְצָא יֵשׁ כָּאן ב' מַדְרֵגוֹת, הָא' שֶׁיִּהְיֶה נֶחְשָׁב כָּל אֶחָד מִיִּשְׂרָאֵל כְּעֶשְׂרִים, וְהַב' שֶׁיִּהְיֶה נֶחְשָׁב כָּל אֶחָד מִיִּשְׂרָאֵל כְּמֵאָה, וְחִילּוּק זֶה יִהְיֶה כְּפִי רִבּוּי הַנִּמְצָאִים, שֶׁאִם מִתְחַבְּרִים פָּחוֹת מֵעֲשָׂרָה בְּעֵסֶק תּוֹרָה וּתְפִלָּה אוֹ בִּדְבַר מִצְוָה, כֵּיוָן דְּלֵיכָּא חִיבּוּר עֲשָׂרָה יֵשׁ לָהֶם מַדְרֵגָה הַקְּטַנָּה, שֶׁכָּל אֶחָד נֶחְשָׁב כְּעֶשְׂרִים, אֲבָל אִם הֵם חִיבּוּר עֲשָׂרָה דִּשְׁכִינְתָּא שָׁרְיָיא בֵּינַייְהוּ, אָז יִתְעַלּוּ לְמַדְרֵגָה הַגְּדוֹלָה. שֶׁכָּל אֶחָד וְאֶחָד נֶחְשָׁב כְּמֵאָה, וּלְפִי זֶה נִמְצָא הָעֲשָׂרָה נֶחְשָׁבִים כְּאֶלֶף, וּבָזֶה פֵּירַשְׁתִּי בס"ד רָמַז הַכָּתוּב (תְּהִלִּים פד, יא) טוֹב יוֹם בַּחֲצֵרֶיךָ מֵאָלֶף, כְּלוֹמַר שֶׁיִּהְיֶה שָׁם צֵירוּף עֲשָׂרָה שֶׁאָז נֶחְשָׁבִים כְּאָלֶף, וְלָכֵן אָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל לְעֵיל כֹּל שֶׁבָּא הקב"ה לְבֵית הַכְּנֶסֶת וְלֹא מָצָא עֲשָׂרָה מִיָּד כּוֹעֵס, וְלָכֵן כֵּיוָן שֶׁהֵם צִיבּוּר דְּנֶחְשָׁבִין כְּאָלֶף אָז בִּתְפִילָּתָם יִהְיֶה עֵת רָצוֹן, כִּי יָדוּעַ ד' מַדְרֵגוֹת הַמִּסְפָּר הֵם כְּנֶגֶד אֲצִילוּת, בְּרִיאָה, יְצִירָה, עֲשִׂיָּה, וְהָאֲלָפִים הֵם כְּנֶגֶד אֲצִילוּת אֲשֶׁר שָׁם הוּא רָצוֹן וְרַחֲמִים גְּדוֹלִים מִפְּנֵי שֶׁאֵין שָׁם תַּעֲרֹובֶת קְלִיפָּה, וּלְכָךְ אֵין שָׁם דִּין וְלֹא בְּחִינַת כַּעַס וְזָעַם כְּלָל.
« Quand est-ce un temps de faveur ? À l'heure où la communauté prie. » Il me semble, avec l'aide du Ciel, que la raison en est la suivante. Dans la bénédiction d'Israël, dans la section Behoukotai, il est écrit (Lv. 26, 8) : « cinq d'entre vous en poursuivront cent, et cent d'entre vous en poursuivront dix mille ». Il y a donc ici deux degrés : le premier, que chacun d'Israël compte pour vingt ; le second, que chacun d'Israël compte pour cent. Cette différence dépend du nombre des présents : si moins de dix se joignent pour l'étude de la Torah, pour la prière ou pour une affaire de mitsva, puisqu'il n'y a pas réunion de dix, ils sont au petit degré, chacun comptant pour vingt ; mais s'ils forment une réunion de dix, où la Chekhina réside parmi eux, ils s'élèvent au grand degré, chacun comptant pour cent, de sorte que les dix comptent pour mille. J'ai expliqué par là, avec l'aide du Ciel, l'allusion du verset (Ps. 84, 11) « mieux vaut un jour dans Tes parvis que mille » : qu'il y ait là une réunion de dix, qui comptent alors pour mille. C'est pourquoi nos maîtres de mémoire bénie ont dit plus haut que chaque fois que le Saint béni soit-Il vient à la synagogue et n'y trouve pas dix, aussitôt Il s'irrite. Et puisque, formant une communauté, ils comptent pour mille, leur prière se fait en un temps de faveur ; car on sait que les quatre degrés du nombre correspondent à atsilout, beria, yetsira et assia, et que les milliers correspondent à atsilout, où se trouvent la faveur et de grandes miséricordes, puisqu'il n'y a là aucun mélange de klipa, et donc ni rigueur ni aucun aspect de colère ou de courroux.
💡 Explication

Le verset place la prière de l'individu dans un temps de faveur, comme si l'heure elle-même faisait la différence. Le Talmud identifie cette heure : celle où la communauté prie. L'individu qui joint sa prière à celle du tsibbour entre dans le temps où la prière est agréée.

Rachi relève la portée de la question : le verset suppose qu'il existe une heure de faveur, et l'on cherche laquelle.

🖼️ Schéma
Pourquoi la prière de la communauté est agréée : quatre appuis 1. Ps. 69, 14 (le maître du folio) Et moi, ma prière en un temps de faveur Quand ? À l'heure où le tsibbour prie. 2. R. Yossi b. R. Hanina — Is. 49, 8 En un temps de faveur Je t'ai répondu La réponse y est promise explicitement. 3. R. Aha b. R. Hanina — Job 36, 5 D.ieu est kabir et ne méprise pas + Ps. 55, 19 : ils étaient nombreux avec moi Le grand nombre est nommé dans le verset. 4. Baraita de R. Natan Mêmes deux versets, portée élargie : Torah + gemilout hassadim + tefila be-tsibbour = comme s'il avait racheté D.ieu et Ses enfants. Conséquence pratique du folio joindre sa prière à celle du tsibbour, dans un lieu de tsibbour
Les quatre appuis apportés dans les segments qui suivent.
2
רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא אָמַר מֵהָכָא: ״כֹּה אָמַר ה׳ בְּעֵת רָצוֹן עֲנִיתִיךָ״.

Rabbi Yossi fils de Rabbi Hanina dit : de ceci — « Ainsi a dit ה' : en un temps de faveur Je t'ai répondu » (Is. 49, 8).

🪔 Ben Yehoyada (1)
ר' יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא אָמַר מֵהָכָא (יְשַׁעְיָה מט, ח) בְּעֵת רָצוֹן עֲנִיָּתֵיךְ. יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת לָמָּה הֵבִיא ר' שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַאי פָּסוּק מִן הַכְּתוּבִים וְלֹא הֵבִיא פָּסוּק זֶה מִנְּבִיאִים? וְנִרְאֶה לִי דְּפָסוּק זֶה יֵשׁ לְפָרְשׁוֹ עַל יָמִים שֶׁל עֲשֶׂרֶת יְמֵי תְּשׁוּבָה, אוֹ עַל יָמִים שֶׁנַּעֲשׂוּ בָּהֶם נִסִּים לְיִשְׂרָאֵל, וְלָא קָאֵי עַל תְּפִלַּת כָּל יוֹם וְיוֹם, מַה שֶׁאֵין כֵּן פָּסוּק וַאֲנִי תְּפִלָּתִי דְּנָקֵיט סְתָם תְּפִלָּה מוּכָח דְּקָאֵי עַל תְּפִלָּה שֶׁל כָּל יוֹם, יַעַן כִּי דָּוִד הַמֶּלֶךְ ע"ה הָיָה מִתְפַּלֵּל בְּכָל יוֹם. בְּרַם ר' יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא לָא סַגִּי לֵיהּ בִּקְרָא דְּר' שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַאי וְהֵבִיא פָּסוּק שֶׁל בְּעֵת רָצוֹן עֲנִיָּתֵיךְ, מִשּׁוּם כִּי בְּפָסוּק זֶה מְפֹורָשׁ חֲשִׁיבוּת שֶׁל עֵת רָצוֹן שֶׁהוּא לְעִנְיַן עֲנִיָּה, דִּכְתִיב עֲנִיָּתֵיךְ דְּכֵיוָן דְּמִתְפַּלֵּל בְּעֵת רָצוֹן אָז יַעֲנֵהוּ ה', וקב"ה הוּא דְּקָאָמַר לֵיהּ לָאָדָם כָּךְ, אִם כֵּן דָּבָר זֶה בָּטוּחַ, מַה שֶׁאֵין כֵּן בַּפָּסוּק וַאֲנִי תְפִלָּתִי לְךָ ה' עֵת רָצוֹן, אַף עַל גַּב דִּמְפֹורָשׁ בֵּיהּ עֲנֵנִי בֶּאֱמֶת יִשְׁעֵךְ רַחֲמֵי הוּא דְּקָבָעֵי דָּוִד הַמֶּלֶךְ ע"ה מִקַּמֵּי שְׁמַיָּיא עַל זֹאת, וְלֹא נִתְבָּרֵר מֵהָכָא אֲמִיתּוֹת הַסְּגֻולָּה הַזֹּאת שֶׁל תְּפִלַּת צִיבּוּר לְעִנְיַן עֲנִיָּה, וּכְהַאי גַּווְנָא מָצִינוּ לְהַגְּמָרָא בְּעִנְיַן שִׁשָּׁה לֹא שָׁלְטָה בָּהֶם רָמָה וְלָא חֲשִׁיב לְדָוִד הַמֶּלֶךְ ע"ה עִמָּהֶם, וְתַנָּא אַחֵר אָמַר גַּם דָּוִד, דִּכְתִיב (תְּהִלִּים טז ט) אַף בְּשָׂרִי יִשְׁכֹּן לָבֶטַח, וְקָאָמַר הַגְּמָרָא לָא חֲשִׁיב ת"ק לְדָוִד מִשּׁוּם דְּיֵשׁ לוֹמַר דָּוִד רַחֲמֵי הוּא דְּקָא בָּעֵי בְּהָכִי. אֲבָל ר' אֲחָא בְּרַבִּי חֲנִינָא הֵבִיא פָּסוּק (אִיּוֹב לוֹ, ה) הֶן אֵל כַּבִּיר וְלֹא יִמְאָס, וְעוֹד הֵבִיאוּ פָּסוּק פָּדָה בְּשָׁלוֹם, הַיְינוּ מִשּׁוּם דִּבְהָנֵי קְרָאֵי מְפֹורָשׁ עִנְיַן רַבִּים בְּפֵירוּשׁ, מִיהוּ רַבָּנָן קַמָּאֵי לֹא הֵבִיאוּ פְּסוּקִים אֵלּוּ, מִשּׁוּם די"ל הַיְינוּ דַּוְקָא רַבִּים שֶׁמִּתְפַּלְּלִים עַל דָּבָר הַנּוֹגֵעַ לְכֻולָּם, אֵבֶל יָחִיד אֲשֶׁר יִתְפַּלֵּל עִם הַצִּיבּוּר עַל עִנְיָן הַנּוֹגֵעַ לוֹ דַּוְקָא לָאו מַשְׁמַע מֵהָכָא, וּלְהָכִי מַיְיתוּ הָנָךְ קְרָאֵי.
« Rabbi Yossi fils de Rabbi Hanina dit : de ceci (Is. 49, 8) — en un temps de faveur Je t'ai répondu. » On peut demander : pourquoi Rabbi Chimon ben Yohai a-t-il apporte un verset des Écrits et non ce verset des Prophètes ? Il me semble que ce verset peut s'expliquer des jours des dix jours de techouva, ou des jours où des miracles furent faits à Israël, et qu'il ne porte pas sur la prière de chaque jour ; tandis que le verset « et moi, ma prière » parle de la prière sans autre précision, ce qui prouve qu'il porte sur la prière de chaque jour, puisque le roi David, la paix soit sur lui, priait chaque jour. Cependant Rabbi Yossi fils de Rabbi Hanina ne s'est pas satisfait du verset de Rabbi Chimon ben Yohai et a apporté le verset « en un temps de faveur Je t'ai répondu », parce que ce verset énonce explicitement la valeur du temps de faveur quant à la réponse, puisqu'il est écrit « Je t'ai répondu » : dès lors que l'on prie en un temps de faveur, ה' répond, et c'est le Saint béni soit-Il qui le dit ainsi à l'homme ; la chose est donc assurée. Il en va autrement du verset « et moi, ma prière s'adresse à Toi, ה', en un temps de faveur » : bien qu'y figure explicitement « réponds-moi par la vérité de Ton salut », c'est une supplication que le roi David, la paix soit sur lui, adressait au Ciel à ce sujet, et l'on n'établit pas de là la certitude de cette vertu de la prière communautaire quant à la réponse. Nous trouvons quelque chose de semblable dans le Talmud à propos des six sur lesquels la vermine n'a pas eu prise, où le roi David, la paix soit sur lui, n'est pas compté parmi eux, tandis qu'un autre tana dit : David aussi, puisqu'il est écrit (Ps. 16, 9) « même ma chair reposera en sécurité » ; et le Talmud répond que le premier tana n'a pas compté David parce que l'on peut dire que David demandait miséricorde en cela. Mais Rabbi Aha fils de Rabbi Hanina a apporté le verset (Job 36, 5) « voici, D.ieu est puissant et ne méprise pas », et ils ont encore apporté le verset « Il a racheté mon âme en paix », parce que dans ces versets la question du grand nombre est explicite. Toutefois les maîtres précédents n'ont pas apporté ces versets, parce que l'on peut dire qu'il s'agit précisément d'un grand nombre qui prie sur une affaire les concernant tous, tandis que l'individu qui prie avec la communauté sur une affaire qui le concerne, lui, en propre, ne ressort pas de là ; c'est pourquoi ils ont apporté ces autres versets.
💡 Explication

Un second maître appuie la même règle sur un autre verset. L'avantage de celui-ci apparaît dans le mot anitikha, Je t'ai répondu : le verset ne se contente pas de nommer le temps de faveur, il y attache la réponse.

3
רַבִּי אַחָא בְּרַבִּי חֲנִינָא אָמַר מֵהָכָא: ״הֶן אֵל כַּבִּיר וְלֹא יִמְאָס״: וּכְתִיב: ״פָּדָה בְשָׁלוֹם נַפְשִׁי מִקֲּרָב לִי כִּי בְרַבִּים הָיוּ עִמָּדִי״.

Rabbi Aha fils de Rabbi Hanina dit : de ceci — « Voici, D.ieu est puissant et ne méprise pas » (Job 36, 5) ; et il est écrit : « Il a racheté mon âme en paix du combat qui me menaçait, car ils étaient nombreux avec moi » (Ps. 55, 19).

📜 Rachi (3)
כַּבִּיר לֹא יִמְאַס תְּפִלַּת הָרַבִּים לֹא יִמְאַס:
la prière du grand nombre, Il ne la méprise pas.
מִקֶּרֶב לִי מִמִּלְחָמוֹת הַבָּאוֹת עָלַי:
des guerres qui viennent sur moi.
כִּי בְרַבִּים הָיוּ עִמָּדִי שֶׁהִתְפַּלְּלוּ עִמִּי:
car ils ont prié avec moi.
💡 Explication

La lecture repose sur le mot kabir, puissant, entendu comme le grand nombre : D.ieu ne méprise pas la prière du grand nombre. Le second verset fournit le terme explicite, be-rabim, avec le grand nombre, et rattache le salut au fait que d'autres priaient avec celui qui parle.

4
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי, רַבִּי נָתָן אוֹמֵר: מִנַּיִן שֶׁאֵין הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מוֹאֵס בִּתְפִלָּתָן שֶׁל רַבִּים שֶׁנֶּאֱמַר: ״הֶן אֵל כַּבִּיר וְלֹא יִמְאָס״, וּכְתִיב: ״פָּדָה בְשָׁלוֹם נַפְשִׁי מִקֲּרָב לִי״ וְגוֹ׳, אָמַר הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: כָּל הָעוֹסֵק בְּתוֹרָה וּבִגְמִילוּת חֲסָדִים וּמִתְפַּלֵּל עִם הַצִּבּוּר — מַעֲלֶה אֲנִי עָלָיו כְּאִילּוּ פְּדָאַנִי, לִי וְלִבְנֵי, מִבֵּין אוּמוֹת הָעוֹלָם.

Cela a également été enseigné dans une baraita. Rabbi Natan dit : d'où savons-nous que le Saint béni soit-Il ne méprise pas la prière du grand nombre ?

De ce qu'il est dit : « Voici, D.ieu est puissant et ne méprise pas », et il est écrit : « Il a racheté mon âme en paix du combat qui me menaçait », etc. Le Saint béni soit-Il a dit : quiconque s'occupe de Torah et d'actes de bonté et prie avec la communauté, Je le lui compte comme s'il M'avait racheté, Moi et Mes enfants, d'entre les nations du monde.

📜 Rachi (1)
פָּדָה בְּשָׁלוֹם זֶה שֶׁעָסַק בְּדִבְרֵי שָׁלוֹם דְּהַייְנוּ תּוֹרָה דִּכְתִיב וְכָל נְתִיבוֹתֶיהָ שָׁלוֹם (מִשְׁלֵי ג׳:י״ז) וְכֵן גְּמִילוּת חֲסָדִים נָמֵי שָׁלוֹם הוּא שֶׁמִּתּוֹךְ שֶׁגּוֹמֵל חֶסֶד בְּגוּפוֹ לַחֲבֵירוֹ הוּא מַכִּיר שֶׁהוּא אוֹהֲבוֹ וּבָא לִידֵי אַחְוָה וְשָׁלוֹם:
il s'agit de celui qui s'est occupé de choses de paix, c'est-à-dire de la Torah, car il est écrit « et tous ses sentiers sont paix » (Pr. 3, 17) ; et de même la gemilout hassadim est paix, car du fait qu'il fait du bien de sa personne à son prochain, celui-ci reconnaît qu'il l'aime, et l'on en vient à la fraternité et à la paix.
🪔 Ben Yehoyada (1)
כְּאִלּוּ פְּדָאַנִי לִי וּלְבָנַי. וְנִרְאֶה לִי בס"ד בְּכָל יוֹם יֵשׁ בּוֹ בֵּירוּר וְתִיקּוּן לְנִיצוֹצֵי נְשָׁמוֹת שֶׁהֵם בְּתוֹךְ הַקְּלִיפּוֹת כְּפִי בְּחִינָתוֹ, וְאֵלּוּ הַנְּשָׁמוֹת הֵם חֵלֶק אֱלוֹהַּ מִמַּעַל, וְלָכֵן פְּדוּתָם מִן הַחִיצוֹנִים שֶׁהוּא עִנְיַן בֵּירוּרָם וְתִיקּוּנָם מְייַחֲסוֹ הקב"ה לְעַצְמוֹ, וְנִרְאֶה לִי בס"ד תּוֹרָה חֲסָדִים תְּפִלָּה ר"ת תַּחַת וְהֵם קִיּוּם הָעוֹלָם, וז"ש (דְּבָרִים לג, כז) מְעֹנָה אֱ-לֹהֵי קֶדֶם וּמִתַּחַת זְרֹעֹת עוֹלָם, כִּי מֵהֶם יִהְיֶה זְרוֹעוֹת לְקַיֵּים הָעוֹלָם וְלָשֵׂאת אוֹתוֹ. וּבָזֶה יוּבָן אֲנִי ה' בְּעִתָּהּ אֲחִישֶׁנָּה ר"ת ב זְכוּת ת פֵּלָה ע ם ה צִיבּוּר וְדוֹק.
« Comme s'il M'avait racheté, Moi et Mes enfants. » Il me semble, avec l'aide du Ciel, que chaque jour comporte un tri et une réparation des étincelles d'âmes qui se trouvent parmi les klipot, chacune selon son aspect. Ces âmes sont une part de D.ieu d'en haut, et c'est pourquoi leur rachat d'entre les forces extérieures, qui est leur tri et leur réparation, le Saint béni soit-Il se l'attribue à Lui-même. Il me semble encore, avec l'aide du Ciel, que Torah, hassadim et tefila ont pour initiales le mot tahat, et qu'elles sont le maintien du monde ; c'est ce que dit le verset (Dt. 33, 27) « refuge, le D.ieu d'antan, et en dessous les bras éternels », car d'elles viennent les bras qui maintiennent le monde et le portent. On comprendra par là le verset « Moi, ה', en son temps Je le hâterai » (Is. 60, 22) : les lettres du mot be-ita sont les initiales de be-zekhout tefila im ha-tsibbour, par le mérite de la prière avec la communauté ; observe-le.
💡 Explication

La baraita reprend les deux versets de Rabbi Aha et en tire davantage. Le mot be-chalom, en paix, est lu par Rachi comme la désignation de la Torah, dont tous les sentiers sont paix, et de la gemilout hassadim, qui produit la paix entre les hommes. Trois conduites se trouvent ainsi réunies dans le verset : Torah, actes de bonté, prière avec la communauté.

Le terme pediani, Il M'a racheté, est le point fort : la délivrance d'Israël est présentée comme une délivrance de la Présence elle-même.

5
אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: כָּל מִי שֶׁיֵּשׁ לוֹ בֵּית הַכְּנֶסֶת בְּעִירוֹ, וְאֵינוֹ נִכְנָס שָׁם לְהִתְפַּלֵּל, נִקְרָא ״שָׁכֵן רַע״, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כֹּה אָמַר ה׳ עַל כָּל שְׁכֵנַי הָרָעִים הַנֹּגְעִים בַּנַּחֲלָה אֲשֶׁר הִנְחַלְתִּי אֶת עַמִּי אֶת יִשְׂרָאֵל״. וְלֹא עוֹד אֶלָּא שֶׁגּוֹרֵם גָּלוּת לוֹ וּלְבָנָיו, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הִנְנִי נֹתְשָׁם מֵעַל אַדְמָתָם וְאֶת בֵּית יְהוּדָה אֶתּוֹשׁ מִתּוֹכָם״.

Rech Lakich a dit : quiconque a une synagogue dans sa ville et n'y entre pas pour prier est appelé « mauvais voisin », ainsi qu'il est dit : « Ainsi a dit ה' : sur tous Mes mauvais voisins qui touchent à l'héritage que J'ai fait hériter à Mon peuple Israël » (Jr. 12, 14).

Et plus encore : il cause l'exil pour lui et pour ses enfants, ainsi qu'il est dit : « Voici, Je les arrache de dessus leur terre, et la maison de Yehouda, Je l'arracherai du milieu d'eux ».

📜 Rachi (1)
הִנְנִי נֹותְשָׁם מֵעַל אַדְמָתָם סֵיפֵיהּ דִּקְרָא הוּא:
c'est la fin du même verset.
🪔 Ben Yehoyada (1)
כָּל מִי שֶׁיֵּשׁ לוֹ בֵּית הַכְּנֶסֶת בְּעִירוֹ. נִרְאֶה לִי בס"ד בָּא לְרַבּוֹת בְּתֵיבַת כָּל מִי שֶׁהוּא שֶׁכֵּן וְיֵשׁ לוֹ חַלּוֹן פָּתוּחַ וּמִשָּׁם מַרְאֶה פָּנָיו לַצִּיבּוּר, אֲשֶׁר מִן הַדִּין מִצְטָרֵף עִמָּהֶם כמ"ש בְּשֻׁלְחָן עָרוּךְ (סִי' נה סְעִיף י'), אֲפִילּוּ הָכֵי אִם אֵין לוֹ סִיבָּה שֶׁלֹּא נִכְנַס לְבֵית הַכְּנֶסֶת, וְרַק מִכֹּחַ עַצְלוּת מִתְפַּלֵּל עַל יַד חַלּוֹן הֲרֵי זֶה גַּם כֵּן נִקְרָא שָׁכֵן רַע , וְהָא דְּקָרוּ לֵיהּ שָׁכֵן רַע, נִרְאֶה לִי בס"ד כִּי בֵּית הַכְּנֶסֶת רָאוּי לְכֵנוּתוֹ בְּשֵׁם כֵּן עֶשֶׂר, רְצוֹנוֹ לוֹמַר מָקוֹם עֶשֶׂר עַל דֶּרֶךְ שֶׁפֵּרְשׁוּ טַעַם שֶׁנִּקְרֵאת כְּנֶסֶת, הוּא ר"ל כֵּן סֵת, וְהַייְנוּ סֵת מִסֵּפֶר קְדוֹשִׁים כִּי הַמִּתְפַּלְּלִים שָׁם נִקְרָאִים קְדוֹשִׁים מֵחֲמַת הַשְׁרָאַת שְׁכִינָה , עַל כֵּן עַל דֶּרֶךְ זֶה גַּם כֵּן יֵשׁ לוֹמַר שֶׁרָאוּי לִקְרֹא לְבֵית הַכְּנֶסֶת כֵּן עֶשֶׂר, רְצוֹנוֹ לוֹמַר מָקוֹם עֶשֶׂר שֶׁשָּׁם יִתְפַּלְּלוּ הַצִּיבּוּר, וְעַל כֵּן זֶה שֶׁלֹּא בָּא לְבֵית הַכְּנֶסֶת שֶׁהוּא כֵּן עֶשֶׂר נִקְרָא שָׁכֵן רַע כִּי אוֹתִיּוֹת כ"ן עש"ר יֵהָפְכוּ לוֹ לְצֵרוּף שכ"ן ר"ע שֶׁהָאוֹתִיּוֹת שָׁוִים הֵם. וַעֲדַייִן יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת לָמָּה הֶאֱרִיךְ כ"כ וְדַי לוֹמַר כָּל מִי שֶׁאֵינוֹ מִתְפַּלֵּל בְּבֵית הַכְּנֶסֶת שֶׁבְּעִירוֹ נִקְרָא שָׁכֵן רַע, וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּבָא לְאַפּוֹקֵי הֵיכָא דְּלֵיכָּא בָּעִיר בֵּית הַכְּנֶסֶת שֶׁל רַבִּים דִּקְדֻושָּׁה בִּקְדֻושַּׁת בֵּית הַכְּנֶסֶת, אֶלָּא יֵשׁ שֶׁל יָחִיד שֶׁנֶּאֱסָפִים הַצִּיבּוּר בְּבֵיתוֹ לְהִתְפַּלֵּל, אוֹ לוֹקְחִים בַּיִת בִּשְׂכִירוּת שֶׁאֵין שָׁם קְדֻושַּׁת בֵּית הַכְּנֶסֶת, דְּאַף עַל גַּב דְּוַדַּאי צָרִיךְ גַּם כֵּן לָבֹא לְהִתְפַּלֵּל שָׁם אַךְ אִם לֹא בָּא אֵינוֹ נִקְרָא שָׁכֵן רַע, וְלָזֶה אָמַר כָּל מִי שֶׁיֵּשׁ לוֹ בֵּית הַכְּנֶסֶת, לוֹ דַּיְיקָא דְּהַייְנוּ שֶׁל רַבִּים דְּיֵשׁ בָּהּ חֵלֶק לְכָל או"א מִיִּשְׂרָאֵל וְגַם לוֹ גַּם כֵּן יֵשׁ חֵלֶק שָׁם.
« Quiconque a une synagogue dans sa ville. » Il me semble, avec l'aide du Ciel, que par le mot « quiconque » il vient inclure celui qui est voisin de la synagogue et possède une fenêtre ouverte par laquelle il montre son visage à la communauté, et qui selon la loi se joint à eux, comme il est écrit dans le Choulhan Aroukh (Or. H. 55, 10) : même ainsi, s'il n'a aucune raison de ne pas entrer dans la synagogue et qu'il prie près de sa fenêtre par simple paresse, celui-là aussi est appelé mauvais voisin. Quant à cette appellation de mauvais voisin, il me semble, avec l'aide du Ciel, que la synagogue mérite d'être appelée ken esser, c'est-à-dire lieu des dix, à la manière dont on a expliqué le nom de kenesset comme ken sat, sat valant le nombre des saints, car ceux qui prient là sont appelés saints en raison de la résidence de la Chekhina. De même donc convient-il d'appeler la synagogue ken esser, lieu des dix, où la communauté prie. Aussi celui qui ne vient pas à la synagogue, qui est ken esser, est-il appelé chakhen ra, car les lettres de ken esser se retournent pour lui en la combinaison chakhen ra, les lettres étant les mêmes. On peut encore demander pourquoi une telle longueur, alors qu'il suffisait de dire que quiconque ne prie pas à la synagogue de sa ville est appelé mauvais voisin. Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'il vient exclure le cas où il n'y a pas dans la ville de synagogue publique ayant la sainteté d'une synagogue, mais seulement un lieu privé où la communauté se rassemble dans la maison d'un particulier pour prier, ou bien une maison prise en location, ou ne réside pas la sainteté de synagogue : car bien qu'il faille certainement venir y prier aussi, s'il ne vient pas il n'est pas appelé mauvais voisin. C'est pourquoi il dit « quiconque a une synagogue » — « a », précisément, c'est-à-dire une synagogue publique, dans laquelle chacun d'Israël a une part, et lui aussi y a une part.
⚖️ Rosh (1)
תַּנְיָא אַבָּא בִּנְיָמִין אוֹמֵר כָּל יָמַי הָיִיתִי מִצְטַעֵר עַל ב' דְּבָרִים. עַל תְּפִלָּתִי שֶׁתְּהֵא סְמוּכָה לְמִטָּתִי פֵּירוּשׁ שֶׁלֹּא יַעֲשֶׂה מְלָאכָה בְּעָמְדוֹ מִמִּטָּתוֹ עַד שֶׁיִּתְפַּלֵּל וְרַשִׁ"י פִּי' שֶׁגַּם לְתַלְמוּדוֹ אֵין לוֹ לְהַפְסִיק וְתֵימָא הוּא מנ"ל הָא. וְאֶפְשָׁר דְּמַיְירֵי בְּאָדָם שֶׁמִּתְפַּלֵּל בְּבֵית מִדְרָשׁוֹ וְאֵינוֹ רָגִיל לֵילֵךְ לבהכ"נ דְּאִיכָּא לְמִיחַשׁ דִּלְמָא מִיטְרַד בְּגִירְסָתֵיהּ וְיַעֲבֹור זְמַן תְּפִלָּה וּקְרִיאַת שְׁמַע. וְעַל מִטָּתִי שֶׁתְּהֵא נְתוּנָה בֵּין צָפוֹן לַדָּרוֹם דְּאָמַר רַבִּי חָמָא בַּר חֲנִינָא וְאִיתֵּימָא רַבִּי יִצְחָק כָּל הַנּוֹתֵן מִטָּתוֹ בֵּין צָפוֹן לְדָרוֹם הָוְויִין לֵיהּ בָּנִים זְכָרִים שֶׁנֶּאֱמַר מִמְתִים יָדְךָ ה' מִמְתִים מֵחֶלֶד חֶלְקָם בַּחַיִּים וּצְפוּנְךָ תְּמַלֵּא בִטְנָם יִשְׂבְּעוּ בָנִים: תַּנְיָא אַבָּא בִּנְיָמִין אוֹמֵר ב' שֶׁנִּכְנְסוּ לְבֵית הַכְּנֶסֶת לְהִתְפַּלֵּל וְקָדַם אֶחָד מֵהֶם וְהִתְפַּלֵּל וְלֹא הִמְתִּין לַחֲבֵירוֹ וְיָצָא טוֹרְפִין לוֹ תְּפִלָּתוֹ בְּפָנָיו שֶׁנֶּאֱמַר טֹורֵף נַפְשׁוֹ בְּאַפּוֹ וְגוֹ' וְאִם הִמְתִּין לוֹ מַה שְּׂכָרוֹ. אר"י בַּר חֲנִינָא זוֹכֶה לַבְּרָכוֹת הַלָּלוּ שֶׁנֶּאֱמַר לוּא הִקְשַׁבְתָּ לְמִצְוֹתָי וַיְהִי כַנָּהָר וְגוֹ': אַבָּא בִּנְיָמִין אוֹמֵר אֵין תְּפִלָּתוֹ שֶׁל אָדָם נִשְׁמַעַת אֶלָּא בְּבֵית הַכְּנֶסֶת שֶׁנֶּאֱמַר לִשְׁמֹועַ אֶל הָרִנָּה וְאֶל הַתְּפִלָּה. בִּמְקוֹם רִנָּה שָׁם תְּהֵא תְּפִלָּה: שָׁם ע"ב אָמַר רַבִּי חֶלְבּוֹ אָמַר רַב הוּנָא כָּל הַקּוֹבֵעַ מָקוֹם לִתְפִלָּתוֹ אֱ-לֹהֵי אַבְרָהָם בְּעֶזְרוֹ. וּכְשֶׁמֵּת אוֹמְרִים עָלָיו אִי חָסִיד אִי עָנָיו. תַּלְמִידוֹ שֶׁל אַבְרָהָם. וְאַבְרָהָם מִנָּלַן דְּקָבַע דֻּוכְתָּא שֶׁנֶּאֱמַר וַיַּשְׁכֵּם אַבְרָהָם בַּבֹּקֶר אֶל הַמָּקוֹם אֲשֶׁר עָמַד שָׁם אֶת פְּנֵי ה'. וְאֵין עֲמִידָה אֶלָּא תְּפִלָּה שְׁנָא' וְיַעֲמוֹד פִּינְחָס וַיְפַלֵּל לָא בָּעֵי לְמֵימַר שֶׁיְּהֵא רָגִיל לְהִתְפַּלֵּל בְּבֵית הַכְּנֶסֶת אַחַת אֲבָל אִם הוּא מִתְפַּלֵּל בְּאַחַת בִּשְׁנֵי מְקוֹמוֹת שַׁפִּיר דָּמֵי דְּאָמְרִינַן בַּיְּרוּשַׁלְמִי פֶּרֶק תְּפִלַּת הַשַּׁחַר אָמַר רַבִּי תַּנְחוּם בְּרַבִּי חַיָּיא צָרִיךְ אָדָם לְיַחֵד לוֹ מָקוֹם בְּבֵית הַכְּנֶסֶת שֶׁנֶּאֱמַר וַיְהִי דָּוִד בָּא עַד הָרֹאשׁ אֲשֶׁר יִשְׁתַּחֲוֶה שָׁם לֵא-לֹהִים הִשְׁתַּחֲוָה לֹא נֶאֱמַר אֶלָּא יִשְׁתַּחֲוֶה: אָמַר רַבִּי חֶלְבּוֹ אָמַר רַב הוּנָא הַיּוֹצֵא מִבֵּית הַכְּנֶסֶת אַל יַפְסִיעַ פְּסִיעָה גַסָּה. אָמַר אַבָּיֵי לָא אֲמַרַן אֶלָּא בִּדְנָפֵיק. אֲבָל בִּדְעָיֵיל מִצְוָה לְמִירְהַט שֶׁנֶּאֱמַר וְנֵדְעָה נִרְדְּפָה לָדַעַת אֶת ה'. א"ר זֵירָא מֵרֵישׁ כִּי הֲוָה חֲזֵינָא לְרַבָּנַן דְּקָא רָהֲטִי לְפִרְקָא בְּשַׁבְּתָא אָמֵינָא קָא מְחַלְּלֵי רַבָּנַן שַׁבְּתָא. כֵּיוָן דְּשָׁמַעְנָא לְהָא דא"ר תַּנְחוּם אַרִיבָּ"ל לְעוֹלָם יָרוּץ אָדָם לִדְבַר מִצְוָה וְאַפֵּי' בְּשַׁבָּת וְכוּ' אֲנָא נַמֵּי רְהִיטְנָא. וְאָמַר רַבִּי חֶלְבּוֹ אָמַר רַב הוּנָא כָּל הַמִּתְפַּלֵּל אֲחוֹרֵי בהכ"נ נִקְרָא רָשָׁע שֶׁנֶּאֱמַר סָבִיב רְשָׁעִים יִתְהַלָּכוּן. אָמַר אַבָּיֵי לָא אֲמַרַן אֶלָּא דְּלָא מַהְדַּר אַפֵּיהּ לְבֵי כְּנִישְׁתָּא אֲבָל מַהְדַּר אַפֵּיהּ לְבֵי כְּנִישְׁתָּא לֵית לַן בַּהּ. הַהוּא גַבְרָא דַּהֲוָה מְצַלֵּי אֲחוֹרֵי בֵּית הַכְּנֶסֶת וְלָא הֲוָה מַהְדַּר אַפֵּיהּ לְבֵי כְּנִישְׁתָּא חֲלַף הַהוּא טַיָּיעָא חַזְיֵיהּ. א"ל כְּדוּ בָּר קָייְמַתְּ קַמֵּי מָרָךְ שְׁלַף סַפְסֵרֵיהּ וּפַסְקֵיהּ לְרֵישֵׁיהּ: אַרִיבָּ"ל אָסוּר לְאָדָם שֶׁיַּעֲבוֹר אֲחוֹרֵי בהכ"נ בְּשָׁעָה שֶׁהַצִּבּוּר מִתְפַּלְּלִין. וְאָמַר אַבָּיֵי לָא אֲמַרַן אֶלָּא דְּלָא דָּרֵי טוּנָא. וּדְלָא רְהִיט. וּדְלָא מַנַּח תְּפִלִּין. וּדְלֵיכָּא שְׁנֵי פְּתָחִים. וּדְלֵיכָּא בֵּי כְנִישְׁתָּא אַחֲרִיתִי אֲבָל אִיכָּא חֲדָא מִנַּייְהוּ לֵית לַן בַּהּ: אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם ר"ש בֶּן יוֹחַאי כָּל הַקּוֹבֵעַ מָקוֹם לִתְפִלָּתוֹ אוֹיְבָיו נוֹפְלִין תַּחְתָּיו שֶׁנֶּאֱמַר וְשַׂמְתִּי מָקוֹם לְעַמִּי לְיִשְׂרָאֵל וּנְטַעְתִּיו וְשָׁכַן תַּחְתָּיו וְגוֹ': וְאָמַר ר"י מִשּׁוּם רַבִּי יוֹסֵי אֵין תְּפִלָּתוֹ שֶׁל אָדָם נִשְׁמַעַת אֶלָּא בְּבֵית הַכְּנֶסֶת בְּשָׁעָה שֶׁהַצִּבּוּר מִתְפַּלְּלִין שֶׁנֶּאֱמַר וַאֲנִי תְפִלָּתִי לְךָ ה' עֵת רָצוֹן אֵימָתַי עֵת רָצוֹן בְּשָׁעָה שֶׁהַצִּבּוּר מִתְפַּלְּלִין. רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אוֹמֵר מֵהָכָא הֶן אֵל כַּבִּיר וְלֹא יַמָּאָם רַבִּי יוֹסֵי ב"ח אוֹמֵר מֵהָכָא בְּעֵת רָצוֹן עֲנִיָּתֵיךְ תַּנְיָא נָמֵי הָכִי מִנַּיִן שֶׁאֵין הקב"ה מוֹאֵס בִּתְפִלָּתָן שֶׁל רַבִּים שֶׁנֶּאֱמַר הֶן אֵל כַּבִּיר וְלֹא יִמְאָס וּכְתִיב פָּדָה בְשָׁלוֹם נַפְשִׁי מִקֲּרָב לִי כִּי בְרַבִּים הָיוּ עִמָּדִי. מַאי פָּדָה בְּשָׁלוֹם נַפְשִׁי אָמַר רַשְׁבִּ"י אָמַר הקב"ה כָּל הָעוֹסֵק בְּתוֹרָה וּבִגְמִילוּת חֲסָדִים וּמִתְפַּלֵּל עִם הַצִּבּוּר שַׁחֲרִית וְעַרְבִית מַעֲלֶה אֲנִי עָלָיו כְּאִלּוּ פָּדָה לִי וּלְבָנַי מִבֵּין אֻומּוֹת הָעוֹלָם: אָמַר ר"ל כָּל מִי שֶׁיֵּשׁ לוֹ בֵּית הַכְּנֶסֶת בְּעִירוֹ וְאֵינוֹ נִכְנָס לְתוֹכוֹ לְהִתְפַּלֵּל נִקְרָא שָׁכֵן רַע שֶׁנֶּאֱמַר כֹּה אָמַר ה' עַל כָּל שְׁכֵנַי הָרָעִים הַנֹּוגְעִים בַּנַּחֲלָה וְגוֹ' וְלֹא עִוֵּר אֶלָּא שֶׁגּוֹרֵם לוֹ וּלְבָנָיו גָּלוּת שְׁנָא' הִנְנִי נֹותְשָׁם מֵעַל אַדְמָתָם. אָמְרוּ לֵר' יוֹחָנָן אִיכָּא סָבֵי בְּבָבֶל. תָּמַהּ וְאָמַר מִכְּדֵי כְּתִיב לְמַעַן יִרְבּוּ יְמֵיכֶם וִימֵי בְנֵיכֶם עַל הָאֲדָמָה הוּא דִּכְתִיב אֲבָל בְּחוּצָה לָאָרֶץ לָא. כֵּיוָן דְּאָמְרוּ לֵיהּ מְקַדְּמִי וּמְחַשְּׁכִי לְבֵי כְּנִישְׁתָּא אֲמַר הַייְנוּ דְּאַהֲנִי לְהוּ כִּדְאָמַר לְהוּ רִיבָּ"ל לְבָנֶיהָ קָדְמוּ וַחֲשַׁכוּ לְבֵי כְנִישְׁתָּא כִּי הֵיכִי דְּתַאֲרִיכוּ חַיִּיכוּ. א"ר אַחָא בַּר חֲנִינָא מַאי קְרָאָהּ אַשְׁרֵי אָדָם שֹׁומֵעַ לִי לִשְׁקֹוד עַל דַּלְתֹותַי יוֹם יוֹם לִשְׁמֹור מְזוּזֹות פְּתָחָי וּכְתִיב בָּתְרֵיהּ כִּי מֹוצְאִי מָצָא חַיִּים: גָּרְסִי' בְּפֶרֶק שְׁלֹשָׁה שֶׁאָכְלוּ (בְּרָכוֹת דַּף מז:) אַרִיבָּ"ל לְעוֹלָם יַשְׁכִּים אָדָם לְבֵית הַכְּנֶסֶת כְּדֵי שֶׁיִּמָּנֶה מֵעֲשָׂרָה רִאשׁוֹנִים. שָׁאפֵי' מֵאָה בָּאִין אַחֲרָיו נוֹטֵל שְׂכַר כֻּולָּם שְׂכַר כֻּולָּם ס"ד אֶלָּא נוֹטֵל שָׂכָר כְּנֶגֶד כֻּולָּם: אָמַר רַב חִסְדָּא לְעוֹלָם יִכָּנֵס אָדָם שִׁיעוּר שְׁנֵי פְתָחִים וְאַחַר כָּךְ יִתְפַּלֵּל שֶׁנֶּאֱמַר לִשְׁמוֹר מְזוּזוֹת פִּתְחֵי. י"מ שֶׁלֹּא יְמַהֵר וְיִתְפַּלֵּל מִיָּד כְּשֶׁנִּכְנָס אֶלָּא יִשְׁהֶה שִׁיעוּר שְׁנֵי פְּתָחִים. אֲבָל אִם יוֹשֵׁב סָמוּךְ לַפֶּתַח שַׁפִּיר דָּמֵי. וּמִיהוּ בַּיְּרוּשַׁלְמִי בְּפֶרֶק אֵין עוֹמְדִין גָּרְסִי' רַב חִסְדָּא אָמַר זֶה שֶׁנִּכְנַס לְבֵית הַכְּנֶסֶת צָרִיךְ לִיכָּנֵס לִפְנִים מִשְּׁנֵי דְּלָתוֹת. מ"ט אַשְׁרֵי אָדָם שֹׁומֵעַ לִי לִשְׁקֹוד עַל דַּלְתֹותַי יוֹם יוֹם וְאִם עָשָׂה כֵּן מַה כְּתִיב אַחֲרָיו כִּי מֹוצְאִי מָצָא חַיִּים: אָמַר רָבָא לְרַפְרָם בַּר פָּפָּא לֵימָא לַן מָר מֵהָנֵי מִילֵּי מְעַלְּייָתָא דַּאֲמַרְתְּ לַן מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב חִסְדָּא בְּמִילֵּי דְבֵי כְנִישְׁתָּא. אֲמַר לֵיהּ הָכִי אָמַר רַב חִסְדָּא מַאי דִּכְתִיב אֹוהֵב ה' שַׁעֲרֵי צִיּוֹן מִכֹּל מִשְׁכְּנוֹת יַעֲקֹב. אָמַר הקב"ה אוֹהֵב אֲנִי שְׁעָרִים הַמְצֻוייָּנִין בַּהֲלָכָה יוֹתֵר מִבָּתֵּי כְנֵסִיּוֹת וּבָתֵּי מִדְרָשׁוֹת. וְהַיְינוּ דְּאָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַמֵּי מִשְּׁמֵיהּ דְּעֻולָּא מִשָּׁעָה שֶׁחָרַב הקב"ה בֵּית הַמִּקְדָּשׁ אֵין להקב"ה בְּעוֹלָמוֹ אֶלָּא אַרְבַּע אַמּוֹת שֶׁל הֲלָכָה בִּלְבַד ר' אַמִּי וְר' אַסִּי אע"ג דַּהֲווֹ לְהוּ תְּלֵיסַר בֵּי כְּנִישְׁתָּא בִּטְבֶרְיָא לָא הֲווֹ מְצַלֵּי אֶלָּא בֵּינֵי עַמּוּדֵי הֵיכָא דַּהֲווֹ גָּרְסִי אָמַר אַבָּיֵי מֵרֵישׁ הֲוָה גָּרֵיסְנָא בְּגוֹ בִּיתַאי וּמְצַלֵּינָא בְּבֵי כְּנִישְׁתָּא. כֵּיוָן דִּשְׁמַעְנָא לְהָא דְּאָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַמֵּי מִשְּׁמֵיהּ דְּעֻולָּא. לָא מְצַלֵּינָא אֶלָּא בֵּינֵי עַמּוּדֵי הֵיכָא דְּגָרֵיסְנָא. וְאָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַמֵּי מִשְּׁמֵיהּ דְּעֻולָּא מַאי דִּכְתִיב וְעוֹזְבֵי ה' יִכְלוּ זֶה הַמַּנִּיחַ סֵפֶר תּוֹרָה כְּשֶׁהוּא פָּתוּחַ וְיוֹצֵא. רַבִּי אֲבָהוּ נָפֵיק בֵּין גַּבְרָא לְגַבְרָא בָּעֵי רַב פָּפָּא בֵּין פְּסוּקָא לִפְסוּקָא מַאי תֵּיקוּ. רַב שֵׁשֶׁת מַהְדַּר אַפֵּיהּ וְגָרֵיס אָמַר אֲנַן בְּדִידַן וְאִינְהוּ בְּדִידְהוּ. וְאִם תֹּאמַר הָא אָמְרִי' בְּסוֹטָה בְּפֶ' אֵלּוּ נֶאֱמָרִין (סוֹטָה דַּף לט.) כֵּיוָן שֶׁנִּפְתַּח סֵפֶר תּוֹרָה אָסוּר לְדַבֵּר וַאֲפִילּוּ בִּדְבַר הֲלָכָה שֶׁנֶּאֱמַר וּבְפִתְחוֹ עָמְדוּ כָּל הָעָם. וְאֵין לוֹמַר שָׁאנֵי הָכָא דְּמַהְדַּר אַפֵּיהּ דְּאִם כֵּן הֲוָה לֵיהּ לְאֵתוּיֵי מִילְּתָא דְּרַב שֵׁשֶׁת הָתָם לְאַשְׁמוֹעִינַן דִּבְכִי הַאי גַּווְנָא שָׁרִי. וְנִרְאֶה לִי לְפָרֵשׁ הָא דְּקָאָמַר הָתָם אָסוּר לְדַבֵּר הַיְינוּ דַּוְקָא בְּקוֹל רָם לְפִי שֶׁמְּעַכֵּב אֶת אֲחֵרִים מִלִּשְׁמֹועַ. אֲבָל בְּלַחַשׁ שַׁפִּיר דָּמֵי. וְהָא דְּמַהְדַּר אַפֵּיהּ. ה"ה לָא מַהְדַּר אַפֵּיהּ מָצֵי לְמִיגְרַס בְּלַחַשׁ אֶלָּא רְבוּתָא נְקַט דַּאֲפִילּוּ בְּמַהְדַּר אַפֵּיהּ שֶׁנִּרְאֶה כְּמַנִּיחַ סֵפֶר תּוֹרָה שָׁרִי. וְהוּא הָיָה מְהַפֵּךְ פָּנָיו. כְּדֵי שֶׁיְּכַוֵּין לִבּוֹ בְּגִירְסָתוֹ. רַב אִלְפָּס פֵּירֵשׁ דַּווְקָא רַב שֵׁשֶׁת שֶׁתּוֹרָתוֹ אוֹמַנְתּוֹ. אֲבָל לְהוֹרוֹת לְאָדָם שֶׁשּׁוֹאֵל לְפִי שָׁעָה אוֹ לְפָרֵשׁ דָּבָר אִסּוּר ס"א אִיסּוּר וְהֶיתֵּר לֹא:
On a enseigné : Abba Binyamin dit : tous mes jours je me suis affligé au sujet de deux choses. Au sujet de ma prière, qu'elle soit proche de mon lit — c'est-à-dire qu'il n'accomplisse pas de travail depuis qu'il se lève de son lit jusqu'à ce qu'il ait prié. Rachi a expliqué qu'il ne doit pas non plus s'interrompre pour son étude, et cela étonne : d'où tient-il cela ? Il est possible qu'il s'agisse d'un homme qui prie dans sa maison d'étude et n'a pas coutume d'aller à la synagogue, car il y a lieu de craindre qu'il ne s'absorbe dans son étude et que ne passe le temps de la prière et de la lecture du Chema. Et au sujet de mon lit, qu'il soit placé entre le nord et le sud, car Rabbi Hama bar Hanina, et certains disent Rabbi Yits'hak, a dit : quiconque place son lit entre le nord et le sud aura des enfants mâles, ainsi qu'il est dit « des hommes, par Ta main, ה', des hommes du monde, dont la part est dans cette vie, et Ton trésor caché remplira leur ventre, ils seront rassasiés de fils » (Ps. 17, 14). On a enseigné : Abba Binyamin dit : deux hommes entrés à la synagogue pour prier, et l'un d'eux a devancé l'autre et a prié sans attendre son compagnon, puis est sorti : on lui déchire sa prière à la face, ainsi qu'il est dit « il déchire son âme dans sa colère » (Job 18, 4), etc. Et s'il l'a attendu, quelle est sa récompense ? Rabbi Yossi bar Hanina a dit : il mérite ces bénédictions, ainsi qu'il est dit « si tu avais été attentif à Mes commandements, ta paix serait comme un fleuve » (Is. 48, 18), etc. Abba Binyamin dit : la prière de l'homme n'est entendue qu'à la synagogue, ainsi qu'il est dit « pour écouter le chant et la prière » (I R. 8, 28) : au lieu du chant, là que soit la prière. Plus loin, au verso : Rabbi Helbo a dit au nom de Rav Houna : quiconque fixe un lieu pour sa prière, le D.ieu d'Avraham est à son aide, et lorsqu'il meurt on dit de lui : quel homme pieux, quel homme humble, disciple d'Avraham. Et d'où savons-nous qu'Avraham fixa un lieu ? De ce qu'il est dit « et Avraham se leva de bon matin vers le lieu où il s'était tenu devant ה' » (Gn. 19, 27), et il n'y a de station que la prière, ainsi qu'il est dit « et Pinhas se tint debout et pria » (Ps. 106, 30). Il n'entend pas dire qu'il doive avoir coutume de prier dans une seule synagogue : s'il prie dans une seule synagogue en deux endroits, cela convient, car nous disons dans le Talmud de Jérusalem, au chapitre Tefilat ha-chahar : Rabbi Tanhoum fils de Rabbi Hiya a dit : l'homme doit se désigner un lieu à la synagogue, ainsi qu'il est dit « et David vint jusqu'au sommet où il se prosternait devant D.ieu » (II S. 15, 32) — il n'est pas dit qu'il se prosterna, mais qu'il se prosternait. Rabbi Helbo a dit au nom de Rav Houna : celui qui sort de la synagogue ne fera pas de grands pas. Abaye a dit : nous n'avons dit cela que pour celui qui sort ; mais pour celui qui entre, c'est une mitsva de courir, ainsi qu'il est dit « et nous connaîtrons, nous poursuivrons pour connaître ה' » (Os. 6, 3). Rabbi Zera a dit : au début, lorsque je voyais les maîtres courir à la leçon publique le chabbat, je disais : les maîtres profanent le chabbat. Lorsque j'ai entendu ce qu'a dit Rabbi Tanhoum au nom de Rabbi Yehochoua ben Levi — que l'homme court toujours vers une affaire de mitsva, et même le chabbat, etc. —, moi aussi je cours. Et Rabbi Helbo a dit au nom de Rav Houna : quiconque prie derrière la synagogue est appelé impie, ainsi qu'il est dit « les impies vont alentour » (Ps. 12, 9). Abaye a dit : nous n'avons dit cela que lorsqu'il ne tourne pas son visage vers la synagogue ; mais s'il tourne son visage vers la synagogue, il n'y a rien là. Un certain homme priait derrière la synagogue sans tourner son visage vers elle ; un marchand passa et le vit, et lui dit : te voilà donc à te tenir devant deux maîtres ; il tira son épée et lui trancha la tête. Rabbi Yehochoua ben Levi a dit : il est interdit à l'homme de passer derrière la synagogue à l'heure où la communauté prie. Abaye a dit : nous n'avons dit cela que lorsqu'il ne porte pas de charge, qu'il ne court pas, qu'il ne porte pas les tefilin, qu'il n'y a pas deux portes et qu'il n'y a pas d'autre synagogue ; mais s'il y a l'une de ces choses, il n'y a rien là. Rabbi Yo'hanan a dit au nom de Rabbi Chimon ben Yohai : quiconque fixe un lieu pour sa prière, ses ennemis tombent sous lui, ainsi qu'il est dit « et J'assignerai un lieu à Mon peuple Israël, et Je le planterai, et il demeurera à sa place » (II S. 7, 10), etc. Et Rabbi Yo'hanan a dit au nom de Rabbi Yossi : la prière de l'homme n'est entendue qu'à la synagogue, à l'heure où la communauté prie, ainsi qu'il est dit « et moi, ma prière s'adresse à Toi, ה', en un temps de faveur ». Quand est-ce un temps de faveur ? À l'heure où la communauté prie. Rav Nahman bar Yits'hak dit : de ceci — « voici, D.ieu est puissant et ne méprise pas ». Rabbi Yossi fils de Rabbi Hanina dit : de ceci — « en un temps de faveur Je t'ai répondu ». Cela a également été enseigné : d'où savons-nous que le Saint béni soit-Il ne méprise pas la prière du grand nombre ? De ce qu'il est dit « voici, D.ieu est puissant et ne méprise pas », et il est écrit « Il a racheté mon âme en paix du combat qui me menaçait, car ils étaient nombreux avec moi ». Que signifie « Il a racheté mon âme en paix » ? Rabbi Chimon ben Yohai a dit : le Saint béni soit-Il a dit : quiconque s'occupe de Torah et d'actes de bonté et prie avec la communauté matin et soir, Je le lui compte comme s'il M'avait racheté, Moi et Mes enfants, d'entre les nations du monde. Rech Lakich a dit : quiconque a une synagogue dans sa ville et n'y entre pas pour prier est appelé mauvais voisin, ainsi qu'il est dit « ainsi a dit ה' : sur tous Mes mauvais voisins qui touchent à l'héritage », etc. ; et plus encore, il cause pour lui et pour ses enfants l'exil, ainsi qu'il est dit « voici, Je les arrache de dessus leur terre ». On dit à Rabbi Yo'hanan : il y a des vieillards à Babel. Il s'étonna et dit : or il est écrit « afin que se multiplient vos jours et les jours de vos enfants sur la terre » — sur la terre, mais hors de la Terre, non. Lorsqu'on lui dit qu'ils vont tôt et tard à la synagogue, il dit : voilà ce qui leur a profité, comme Rabbi Yehochoua ben Levi le dit à ses fils : allez tôt et tard à la synagogue, afin que vos jours se prolongent. Rabbi Aha bar Hanina a dit : quel est le verset ? « Heureux l'homme qui M'écoute, veillant à Mes portes jour après jour, gardant les montants de Mon entrée », et il est écrit après : « car celui qui Me trouve à trouvé la vie ». Nous lisons au chapitre Cheloucha che-akhelou (Berakhot 47b) : Rabbi Yehochoua ben Levi a dit : que l'homme se lève toujours tôt pour la synagogue afin d'être compté parmi les dix premiers, car même si cent viennent après lui, il reçoit le salaire de tous. Le salaire de tous, cela te vient à l'esprit ? Dis plutôt : il reçoit un salaire équivalent à celui de tous. Rav Hisda a dit : que l'homme entre toujours la mesure de deux portes, et qu'il prie ensuite, ainsi qu'il est dit « gardant les montants de Mon entrée ». Certains expliquent qu'il ne se hâte pas de prier dès son entrée, mais qu'il attende la mesure de deux portes ; s'il s'assied près de la porte, cependant, cela convient. Toutefois, dans le Talmud de Jérusalem, au chapitre Ein omdin, nous lisons : Rav Hisda a dit : celui qui entre à la synagogue doit entrer en deçà de deux battants. Quelle en est la raison ? « Heureux l'homme qui M'écoute, veillant à Mes portes jour après jour » ; et s'il fait ainsi, qu'est-il écrit après ? « Car celui qui Me trouve à trouvé la vie. » Rava dit à Rafram bar Papa : que le maître nous dise quelques-unes de ces excellentes paroles que tu nous as dites au nom de Rav Hisda à propos des choses de la synagogue. Il lui dit : ainsi a dit Rav Hisda. Que signifie ce qui est écrit « ה' aime les portes de Tsion plus que toutes les demeures de Yaakov » ? Le Saint béni soit-Il a dit : J'aime les portes distinguées par la halakha plus que les synagogues et les maisons d'étude. Et c'est ce qu'a dit Rabbi Hiya bar Ami au nom de Oulla : depuis l'heure où le Saint béni soit-Il a détruit la Maison du sanctuaire, le Saint béni soit-Il n'a dans Son monde que les quatre amot de la halakha seules. Rabbi Ami et Rabbi Assi, bien qu'ils eussent treize synagogues à Tibériade, ne priaient qu'entre les colonnes, là où ils étudiaient. Abaye a dit : au début j'étudiais dans ma maison et je priais à la synagogue ; lorsque j'ai entendu ce qu'a dit Rabbi Hiya bar Ami au nom de Oulla, je n'ai plus prié qu'entre les colonnes, là où j'étudie. Et Rabbi Hiya bar Ami a dit au nom de Oulla : que signifie ce qui est écrit « et ceux qui abandonnent ה' périront » ? Il s'agit de celui qui laisse le sefer Torah ouvert et sort. Rabbi Abahou sortait entre un homme et l'autre. Rav Papa demanda : entre un verset et l'autre, qu'en est-il ? Cela reste en suspens. Rav Chechet tournait son visage et étudiait ; il disait : nous à ce qui nous revient, et eux à ce qui leur revient. Et si tu dis : n'avons-nous pas dit dans Sota, au chapitre Elou neemarin (39a), que dès lors que le sefer Torah est ouvert il est interdit de parler, même de parole de halakha, ainsi qu'il est dit « et lorsqu'il l'ouvrit, tout le peuple se tint debout » ? Et l'on ne peut dire qu'ici le cas est différent parce qu'il tournait son visage, car alors il aurait fallu apporter la là parole de Rav Chechet pour nous enseigner que dans un tel cas c'est permis. Il me semble donc qu'il faut expliquer que ce qui est dit là, qu'il est interdit de parler, vise précisément la voix haute, parce qu'elle empêche les autres d'entendre, tandis qu'à voix basse cela convient. Et quant à ce qu'il tournait son visage, il en va de même s'il ne le tournait pas : il pouvait étudier à voix basse ; mais on a énoncé le cas le plus fort, à savoir que même en tournant son visage, ce qui donne l'apparence de laisser le sefer Torah, c'est permis. Et s'il tournait son visage, c'était pour appliquer son cœur à son étude. Le Rif a expliqué que cela vaut précisément pour Rav Chechet, dont la Torah était le métier ; mais enseigner à un homme qui pose une question sur le moment, où expliquer une chose, est interdit — selon une autre version : trancher une question d'interdit et de permis, non.
💡 Explication

Le verset de Jérémie parle de voisins qui touchent à l'héritage sans y entrer. Rech Lakich applique l'image à celui qui a une synagogue tout près et se contente d'en frôler le seuil.

La seconde partie du verset fournit la sanction, l'arrachement de la terre. Rachi précise le point de méthode : la citation qui annonce l'exil est la suite du même verset, ce qui rattache la peine à la conduite décrite juste avant.

6
אֲמַרוּ לֵיהּ לְרַבִּי יוֹחָנָן: אִיכָּא סָבֵי בְּבָבֶל. תָּמַהּ וְאָמַר: ״לְמַעַן יִרְבּוּ יְמֵיכֶם וִימֵי בְנֵיכֶם עַל הָאֲדָמָה״ כְּתִיב, אֲבָל בְּחוּצָה לָאָרֶץ — לֹא? כֵּיוָן דְּאָמְרִי לֵיהּ מְקַדְּמִי וּמְחַשְּׁכִי לְבֵי כְנִישְׁתָּא, אָמַר: הַיְינוּ דְּאַהֲנֵי לְהוּ.

On dit à Rabbi Yo'hanan : il y a des vieillards à Babel. Il s'étonna et dit : « afin que se multiplient vos jours et les jours de vos enfants sur la terre » (Dt.

11, 21) est écrit — mais hors de la Terre, non ? Lorsqu'on lui dit qu'ils vont tôt et tard à la synagogue, il dit : voilà ce qui leur a profité.

📜 Rachi (2)
מַקְדְּמִי שַׁחֲרִית:
au matin.
מַחְשְׁכִי עַרְבִית כְּלוֹמַר מַאֲרִיכִין בְּבֵית הַכְּנֶסֶת:
au soir, c'est-à-dire qu'ils prolongent leur présence à la synagogue.
🪔 Ben Yehoyada (2)
א"ל לְרַבִּי יוֹחָנָן אִיכָּא סָבֵי בְּבָבֶל? א"ל לְרַבִּי יוֹחָנָן אִיכָּא סָבֵי בְּבָבֶל. נִרְאֶה לִי הִגִּידוּ שֶׁיֵּשׁ זְקֵנִים מֻופְלָגִים בִּזְקֵנָה כְּמוֹתוֹ, כִּי יָדוּעַ מ"ש בְּסֵפֶר הַדּוֹרוֹת שַׂר' יוֹחָנָן חַי ת' שָׁנָה וְלָכֵן תָּמַהּ, אֲבָל וַדַּאי לֹא הִגִּידוּ לוֹ עַל זְקֵנָה פְּשׁוּטָה וְתָמַהּ. וְנִרְאֶה לְפָרֵשׁ בס"ד דְּטַעַם שֶׁהִגִּידוּ חִידּוּשׁ זֶה שֶׁל הַזְּקֵנָה לְרַבִּי יוֹחָנָן דַּוְקָא, עַל פִּי מַה שֶׁנֶּאֱמַר לְעֵיל עַל דַּף ה' בְּמַאֲמַר דִּין גְּרָמָא דַּעֲשִׂירָאָה, שֶׁאַחַר שֶׁמֵּתוּ לוֹ עֲשָׂרָה בָּנִים נִשְׁאַר לוֹ אֶחָד וּשְׁלָחוֹ לִשְׁמוּאֵל לְבָבֶל לַעֲשׂוֹת שִׁינּוּי מָקוֹם כְּדֵי שֶׁיִּחְיֶה, וְהוּא רַב מַתָּנָה חֲבֵירוֹ שֶׁל רַב יְהוּדָה, וְעַל כֵּן אֶפְשָׁר דְּרַבִּי יוֹחָנָן הָיָה חוֹשֵׁשׁ אֵיךְ יִשְׁלַח בְּנוֹ מִן אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל לְבָבֶל בִּשְׁבִיל אֲרִיכוּת יָמִים, וַהֲלֹא אַדְּרַבָּה אֵין אֲרִיכוּת יָמִים אֶלָּא בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל, דִּלְמַעַן יִרְבּוּ יְמֵיכֶם וִימֵי בְנֵיכֶם עַל הָאֲדָמָה (דְּבָרִים יא, כא) כְּתִיב, לְכָךְ הֻוצְרְכוּ תַּלְמִידָיו וַחֲבֵירָיו לְהַגִּיד לוֹ שֶׁגַּם בְּבָבֶל יֵשׁ הַפְלָגַת זִקְנָה, עַל כֵּן יַעֲשֶׂה לוֹ שִׁינּוּי מָקוֹם שָׁם וְאַל יָחוּשׁ.
« On dit à Rabbi Yo'hanan : il y a des vieillards à Babel. » Il me semble qu'ils lui rapportèrent qu'il s'y trouvait des vieillards d'une vieillesse extraordinaire comme la sienne, car on sait ce qu'écrit le Seder ha-dorot, que Rabbi Yo'hanan vécut quatre cents ans, et c'est pourquoi il s'étonna ; assurément ils ne lui parlaient pas d'une vieillesse ordinaire, dont il ne se serait pas étonné. Il paraît juste d'expliquer, avec l'aide du Ciel, que la raison pour laquelle on rapporta cette nouveauté de la vieillesse à Rabbi Yo'hanan précisément tient à ce qui a été dit plus haut, au feuillet 5, dans le propos « ceci est l'os de mon dixième fils » : après que dix de ses fils lui furent morts, il lui en resta un, et on l'envoya à Chemouel à Babel pour opérer un changement de lieu afin qu'il vive — c'est Rav Matna, le collègue de Rav Yehouda. Aussi est-il possible que Rabbi Yo'hanan se soit inquiété : comment envoyer son fils de la Terre d'Israël à Babel en vue de la longévité, alors qu'au contraire la longévité ne se trouve qu'en Terre d'Israël, puisqu'il est écrit « afin que se multiplient vos jours et les jours de vos enfants sur la terre » (Dt. 11, 21) ? Ses disciples et ses collègues durent donc lui dire qu'à Babel aussi il y a une vieillesse extraordinaire, et qu'il pouvait donc y opérer pour lui un changement de lieu sans crainte.
תְּמַהּ וַאֲמַר לְמַעַן יִרְבּוּ יְמֵיכֶם וִימֵי בְּנֵיכֶם עַל הָאֲדָמָה כְּתִיב? הִקְשָׁה פְּנֵי יְהוֹשֻׁעַ זַ"ל מַאי תַּמָּה ר' יוֹחָנָן וַהֲלֹא פָּסוּק זֶה אַמִּצְוַת מְזוּזָה קָאֵי, וּמִצְוָה זוֹ נוֹהֶגֶת בָּאָרֶץ וּבְחוּ"ל, וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּסָבַר ר' יוֹחָנָן כֵּיוָן דִּמְפֹורָשׁ בִּקְרָא עַל הָאֲדָמָה צָרִיךְ לוֹמַר אִם יְקַייֵּם מִצְוָה זוֹ בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל יִזְכֶּה לַאֲרִיכוּת יָמִים בָּעוֹלָם הַזֶּה, כִּי מִצְוַת מְזוּזָה הִיא חוֹבַת הַדָּר וְיִצְטָרֵף עִם הַמְּזוּזָה מִצְוַת יְשִׁיבַת אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל וְיִזְכֶּה לַאֲרִיכוּת יָמִים בָּעוֹלָם הַזֶּה, וְאַף עַל גַּב דִּשְׂכַר מִצְוֹת בְּהַאי עָלְמָא לֵיכָּא, מַה שֶׁאֵין כֵּן אִם יְקַיְּימָהּ בְּחוּץ לָאָרֶץ דִּשְׂכַר מִצְווֹת בְּהַאי עָלְמָא לֵיכָּא, וְכֵיוָן דְּאָמְרוּ לוֹ מְקַדְּמִי וּמְחַשְּׁכִי לְבֵי כְנִישְׁתָּא דְּנֶחְשָׁבִים כְּמוֹ א"י דַּעֲתִידִין לִיקָּבַע שָׁם כְּמוֹ שֶׁכָּתְבוּ חֲכָמֵינוּ זַ"ל, אֲמַר הַיְינוּ דְּאַהֲנִי לְהוּ דְּנִמְצָא גַּם בְּיָדָם יֵשׁ צֵירוּף זְכוּת יְשִׁיבַת אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל.
« Il s'étonna et dit : afin que se multiplient vos jours et les jours de vos enfants sur la terre, est-il écrit ? » Le Pnei Yehochoua de mémoire bénie a demandé : de quoi Rabbi Yo'hanan s'étonnait-il, alors que ce verset porte sur la mitsva de mezouza, laquelle s'applique en Terre d'Israël comme au dehors ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, que Rabbi Yo'hanan tenait que, puisque le verset précise « sur la terre », il faut dire que s'il accomplit cette mitsva en Terre d'Israël il mérite la longévité en ce monde, car la mitsva de mezouza est une obligation liée à l'habitation, et la mitsva d'habiter la Terre d'Israël se joint alors à la mezouza, de sorte qu'il mérite la longévité en ce monde, bien qu'il n'y ait pas de récompense des mitsvot en ce monde. Il en va autrement s'il l'accomplit hors de la Terre, où il n'y a pas de récompense des mitsvot en ce monde. Et puisqu'on lui dit qu'ils vont tôt et tard à la synagogue, lesquelles sont comptées comme la Terre d'Israël, étant destinées à s'y implanter, comme l'ont écrit nos sages de mémoire bénie, il dit : voilà ce qui leur a profité, car il se trouve qu'eux aussi ont en main le mérite adjoint de l'habitation en Terre d'Israël.
💡 Explication

La difficulté de Rabbi Yo'hanan porte sur la promesse de longévité, que le verset attache à la Terre. La réponse ne conteste pas le principe : elle indique une conduite qui procure le même effet ailleurs, l'assiduité du matin et du soir à la synagogue.

Les mots makdemi ou-mahchekhi sont expliqués par Rachi : ils viennent dès l'aube et restent jusqu'au soir, c'est-à-dire qu'ils prolongent leur présence à la synagogue.

🖼️ Schéma
Une synagogue dans sa ville : deux conduites, deux issues Il ne s'y rend pas Il y va tôt et tard (makdemi ou-mahchekhi) nommé chakhen ra, mauvais voisin Jr. 12, 14 : ceux qui touchent à l'héritage jours prolongés, même hors de la Terre Pr. 8, 34 : veiller à Mes portes jour après jour exil, pour lui et pour ses enfants longévité : ce qui a profité aux anciens de Babel
Deux conduites face à la synagogue de sa ville, et leurs deux issues.
7
דְּאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי לִבְנֵיהּ: קַדִּימוּ וְחַשִּׁיכוּ וְעַיִּילוּ לְבֵי כְנִישְׁתָּא, כִּי הֵיכִי דְּתוֹרְכוּ חַיֵּי. אָמַר רַבִּי אַחָא בְּרַבִּי חֲנִינָא: מַאי קְרָא — ״אַשְׁרֵי אָדָם שֹׁמֵעַ לִי לִשְׁקֹד עַל דַּלְתֹתַי יוֹם יוֹם לִשְׁמֹור מְזוּזֹת פְּתָחָי״, וּכְתִיב בָּתְרֵיהּ: ״כִּי מֹצְאִי מָצָא חַיִּים״.

Car Rabbi Yehochoua ben Levi a dit à ses fils : allez tôt et allez tard, entrez à la synagogue, afin que vos jours se prolongent. Rabbi Aha fils de Rabbi Hanina a dit : quel est le verset ?

« Heureux l'homme qui M'écoute, veillant à Mes portes jour après jour, gardant les montants de Mon entrée » (Pr. 8, 34) ; et il est écrit après : « car celui qui Me trouve à trouvé la vie » (Pr.

8, 35).

💡 Explication

Le verset des Proverbes fournit la base de la pratique : veiller aux portes jour après jour, puis la récompense annoncée au verset suivant, la vie. Deux mots de ce verset serviront encore : les montants de l'entrée au segment suivant, et le verbe matsa, trouver, qui ouvre la longue sougya de lE'et metso.

8
אָמַר רַב חִסְדָּא: לְעוֹלָם יִכָּנֵס אָדָם שְׁנֵי פְתָחִים בְּבֵית הַכְּנֶסֶת. שְׁנֵי פְתָחִים סָלְקָא דַעְתָּךְ?! אֶלָּא אֵימָא, שִׁיעוּר שְׁנֵי פְּתָחִים, וְאַחַר כָּךְ יִתְפַּלֵּל.

Rav Hisda a dit : que l'homme entre toujours deux portes dans la synagogue. Deux portes, cela te vient à l'esprit ?!

Dis plutôt : la mesure de deux portes, et après cela qu'il prie.

📜 Rachi (1)
שִׁיעוּר שֶׁל שְׁנֵי פְּתָחִים רֹוחַב יִכָּנֵס לִפְנִים שֶׁלֹּא יֵשֵׁב סָמוּךְ לַפֶּתַח דְּנִרְאֶה עָלָיו כְּמַשּׂוֹי עִכּוּב בֵּית הַכְּנֶסֶת וִיהֵא מְזֻומָּן סָמוּךְ לַפֶּתַח לָצֵאת:
la largeur : qu'il entre vers l'intérieur et ne s'assoie pas près de la porte, car cela donnerait à penser que le séjour à la synagogue lui pèse et qu'il se tient prêt près de la porte pour sortir.
🪔 Ben Yehoyada (1)
יִכָּנֵס אָדָם שִׁעוּר שְׁנֵי פְתָחִים בְּבֵית הַכְּנֶסֶת וְאַחַר כָּךְ יִתְפַּלֵּל. נִרְאֶה לִי בס"ד כִּי הָאָדָם קֹודֶם בּוֹאוֹ לְבֵית הַכְּנֶסֶת בְּעוֹדוֹ בְּבֵיתוֹ הוּא עוֹסֵק בְּתִיקּוּן הָעֲשִׂיָּה, כִּי מִן (זְמַן) שֶׁיִּפְנֶה וְיִטֹּול יָדָיו מַתְחִיל תִּיקּוּן הָעֲשִׂיָּה, וְנִגְמַר תִּיקּוּן הָעֲשִׂיָּה בַּאֲמִירַת הַקָּרְבָּנוֹת, וּבִזְמִירוֹת מַתְחִיל תִּיקּוּן הַיְּצִירָה, וּבַיּוֹצֵר מַתְחִיל תִּיקּוּן הַבְּרִיאָה, וְאַחַר כָּךְ תִּהְיֶה תְּפִילַּת הָעֲמִידָה בַּאֲצִילוּת, נִמְצָא בְּעֵת שֶׁנִּכְנָס לְבֵית הַכְּנֶסֶת הוּא נִכְנָס כְּבָר בְּתִיקּוּן הָעֲשִׂיָּה, וְעַתָּה יִכָּנֵס שִׁיעוּר ב' פְּתָחִים שֶׁהֵם יְצִירָה וּבְרִיאָה, וְאַחַר כָּךְ יִתְפַּלֵּל בְּעוֹלָם הָאֲצִילוּת, וְרַבּוֹתֵינוּ זַ"ל דַּרְכָּם לְהַעֲלִים הַסּוֹד, וְעִם כָּל זֶה הַמַּקְשָׁן שׁוֹאֵל עַל מַה שֶׁמּוֹרֶה פְּשׁוּטָן שֶׁל דְּבָרִים וּמְפָרֵשׁ אֶלָּא אֵימָא שִׁיעוּר ב' פְּתָחִים, וְגַם בָּזֶה יֵשׁ סוֹד, וְאֶפְשָׁר לִרְמֹוז אַחַר אוֹתִיּוֹת שְׁנַיִם יֵשׁ אוֹתִיּוֹת תִּכָּנֵס וְאוֹתִיּוֹת כְּנֶסֶת, כְּלוֹמַר תִּכָּנֵס בַּכְּנֶסֶת שִׁיעוּר שְׁנַיִם פְּתָחִים. וְעוֹד נִרְאֶה לִי בס"ד שְׁנֵי פְּתָחִים עַל פִּי מַה שֶּׁכָּתַב רַבֵּינוּ הָאֲרִ"י זַ"ל בַּס' הַכַּוָּנוֹת קֹודֶם שֶׁיִּכָּנֵס יִמָּלֵךְ בַּאֲבָהָן, לוֹמַר פָּסוּק (תְּהִלִּים ה, ח) וַאֲנִי בְּרַב חַסְדְּךָ, שֶׁבָּזֶה הַפָּסוּק רְמוּזִים ג' אָבוֹת, וְהִנֵּה בִּשְׁמוֹת הָאָבוֹת שֶׁהֵם אַבְרָהָם יִצְחָק יַעֲקֹב יִשְׂרָאֵל יְשֻׁורוּן מָלֵא בִּשְׁנֵי ווי"ן יֵשׁ עֶשְׂרִים אוֹתִיּוֹת , כְּנֶגֶד שִׁיעוּר שְׁנֵי פְּתָחִים דְּכָל פֶּתַח שִׁיעוּרוֹ עֲשָׂרָה אַמּוֹת, וְעַיֵּין לְבוּשׁ אֹורַח חַיִּים (סִימָן שסב, סט), וְלָזֶה אָמַר יִכָּנֵס שִׁיעוּר שְׁנֵי פְּתָחִים, כְּלוֹמַר יִמָּלֵךְ בַּאֲבָהָן שֶׁיֵּשׁ בִּשְׁמוֹתָן שִׁיעוּר שְׁנֵי פְּתָחִים אוֹ יוּבָן בס"ד פָּסוּק וַאֲנִי בְּרֹב חַסְדְּךָ אָבוֹא בֵיתֶךָ אֶשְׁתַּחֲוֶה אֶל הֵיכַל קָדְשְׁךָ בְּיִרְאָתֶךָ, יֵשׁ בּוֹ עֲשָׂרָה תֵּיבוֹת וְאִם תְּכַפְּלֶנּוּ הוּא עֶשְׂרִים תֵּיבוֹת וְזֶה הוּא שִׁיעוּר שְׁנֵי פְּתָחִים שֶׁהֵם עֶשְׂרִים אַמּוֹת. אוֹ יוּבָן שִׁיעוּר הַקָּטָן שֶׁל הַפֶּתַח הוּא אַרְבַּע אַמּוֹת, וּשְׁנֵי פְּתָחִים הֵם שְׁמוֹנָה אַמּוֹת כְּנֶגֶד שְׁמוֹנָה אוֹתִיּוֹת נְהַלֵּךְ בְּרָגֶשׁ שֶׁצָּרִיךְ לוֹמַר קֹודֶם שֶׁיִּכָּנֵס לְבֵית הַכְּנֶסֶת שֶׁדָּבָר זֶה לָמְדוּ דָּוִד הע"ה מִן אֲחִיתֹפֶל וכמ"ש בַּס' הַכְוָנַת בְּשֵׁם רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל. בְּרַם הָא קַשְׁיָא לִי כֵּיוָן דְּכַוָּנַת ר"ח לוֹמַר שִׁיעוּר שְׁנֵי פְּתָחִים לָמָּה לֹא נָקֵיט כֵּן לְהֶדְיָא, וּמִי הִכְרִיחוּ לוֹמַר יִכָּנֵס שְׁנֵי פְּתָחִים? וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּנָקֵיט יִכָּנֵס שְׁנֵי פְּתָחִים וְלֹא אָמַר שִׁיעוּר בְּפֵירוּשׁ, כְּדֵי לִרְמֹוז לְפִי דַּרְכּוֹ עוֹד עִנְיָן אַחֵר, כִּי מִצְוָה רַבָּא אִיכָּא לְהִכָּנֵס לְבֵית הַכְּנֶסֶת בִּהְיוֹתוֹ מְלֻובָּשׁ תְּפִילִּין וְיֹאמַר פָּסוּק וַאֲנִי בְּרַב חַסְדְּךָ וְכַנִּזְכָּר בַּזֹּוהַר הַקָּדוֹשׁ, וְיָדוּעַ כִּי הַתְּפִילִּין הוּא בְּסוֹד חָכְמָה, וְיָדוּעַ כִּי נָקוּד פֶּתַח הוּא בְּחָכְמָה, וְלָזֶה רֶמֶז לְפִי דַּרְכּוֹ יִכָּנֵס שְׁנֵי פְּתָחִים שֶׁיִּכָּנֵס בִּתְפִילִּין רֹאשׁ וְיָד שֶׁהֵם בְּחָכְמָה שֶׁהֵם סוֹד נָקוּד פֶּתַח. וּבְסֵפֶר "עוֹלֵלוֹת אֶפְרַיִם" זַ"ל כָּתַב שְׁנֵי פְּתָחִים הֵם פֶּה וְאֹוזֶן, דִּכְתִיב (יְשַׁעְיָה ג, ה) ה' פָּתַח לִי אֹזֶן, רְצוֹנוֹ לוֹמַר שֶׁיּוֹצִיא הַדְּבָרִים מִפֶּתַח פִּיו וְיַכְנִיסֵם לְפֶתַח הָאֹוזֶן. וְעוֹד פֵּירֵשׁ הַצְּדָקָה כִּינָּה אוֹתָהּ הַכָּתוּב בְּשֵׁם פְּתִיחָה, וְכָפַל הַפְּתִיחָה בָּהּ דִּכְתִיב (דְּבָרִים ט"ו ח') כִּי פָתֹחַ תִּפְתַּח אֶת יָדְךָ לוֹ, וַאֲנִי הֶדְיוֹט אוֹסִיף עַל דְּבָרָיו שֶׁבִּצְדָקָה צָרִיךְ שְׁנֵי פְּתִיחוֹת, שֶׁצָּרִיךְ לִיתֵּן בְּאוֹמְרוֹ וִיבָרֵךְ דָּוִד קֹודֶם תְּפִילַּת הָעֲמִידָה צְדָקָה בִּשְׁתֵּי חֲלוּקוֹת, שֶׁהֵם ב' שְׁלִישִׁים וּשְׁלִישׁ, וּפֵרַשְׁתִּי בס"ד בִּדְרָשׁוֹתַי עַל הַתּוֹרָה טַעַם לָזֶה, שְׁנֵי שְׁלִישִׁים כְּנֶגֶד חֵלֶק אָבִיו וְאִמּוֹ, וּשְׁלִישׁ כְּנֶגֶד חֵלֶק הַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ, כִּי אָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל שְׁלֹשָׁה שֻׁותָּפִים בָּאָדָם, וְלָזֶה אָמַר כִּי פָּתַח תִּפְתָּח בִּשְׁתַּיִם, וְלָזֶה אָמַר יִכָּנֵס בִּצְדָקָה שֶׁהִיא שְׁנֵי פְּתִיחוֹת וְאַחַר כָּךְ יִתְפַּלֵּל, כמ"ש (תְּהִלִּים יז, טו) אֲנִי בְּצֶדֶק אֶחֱזֶה פָנֶיךָ ב' צֶדֶק, וְעַל זֶה אָמְרוּ שִׂיחַת תַּלְמוּד חָכָם צְרִיכָה תַּלְמוּד.
« Que l'homme entre la mesure de deux portes dans la synagogue, et qu'il prie ensuite. » Il me semble, avec l'aide du Ciel, que l'homme, avant de venir à la synagogue, alors qu'il est encore chez lui, s'occupe de la réparation d'assia : dès le moment où il se soulage et se lave les mains commence la réparation d'assia, laquelle s'achève avec la récitation des korbanot ; avec les zemirot commence la réparation de yetsira ; à yotser commence la réparation de beria ; et ensuite vient la prière de la amida, dans atsilout. Il se trouve donc qu'au moment où il entre à la synagogue il est déjà entré dans la réparation d'assia, et qu'il lui reste maintenant à entrer la mesure de deux portes, qui sont yetsira et beria, après quoi il priera dans le monde d'atsilout. Nos maîtres de mémoire bénie ont coutume de dissimuler le sod ; malgré cela, celui qui soulève l'objection interroge sur ce qu'indique le sens simple des mots, et l'on explique : dis plutôt la mesure de deux portes. Il y a là aussi un sod, et l'on peut y voir une allusion : après les lettres du mot chenayim viennent les lettres de tikhnas et les lettres de kenesset, c'est-à-dire : tu entreras dans la synagogue la mesure de deux portes. Il me semble encore, avec l'aide du Ciel, que « deux portes » se comprend d'après ce qu'a écrit notre maître le Ari de mémoire bénie dans le Sefer ha-kavanot : avant d'entrer, qu'il prenne conseil auprès des Pères en disant le verset (Ps. 5, 8) « et moi, par l'abondance de Ta bonté », dans lequel les trois Pères sont contenus par allusion. Or dans les noms des Pères — Avraham, Yits'hak, Yaakov, Israël, Yechouroun écrit avec deux vav — il y a vingt lettres, correspondant à la mesure de deux portes, chaque porte ayant pour mesure dix amot ; vois le Levouch (Or. H. 362, 69). C'est pourquoi il dit : qu'il entre la mesure de deux portes, c'est-à-dire qu'il prenne conseil auprès des Pères, dont les noms comportent la mesure de deux portes. Ou bien on comprendra, avec l'aide du Ciel, que le verset « et moi, par l'abondance de Ta bonté j'entrerai dans Ta maison, je me prosternerai vers Ton sanctuaire saint dans Ta crainte » comporte dix mots, et qu'en le doublant on obtient vingt mots, ce qui est la mesure de deux portes, soit vingt amot. Ou bien on comprendra que la petite mesure de la porte est de quatre amot, et que deux portes font huit amot, correspondant aux huit lettres de nehalekh be-raguech, qu'il faut dire avant d'entrer à la synagogue, chose que David, la paix soit sur lui, apprit d'Ahitofel, comme il est écrit dans le Sefer ha-kavanot au nom de nos maîtres de mémoire bénie. Cependant ceci me fait difficulté : puisque l'intention de Rav Hisda était de dire la mesure de deux portes, pourquoi ne l'a-t-il pas dit explicitement ? Qui l'a contraint à dire « qu'il entre deux portes » ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'il a dit « qu'il entre deux portes » sans dire explicitement « la mesure » afin de faire allusion, selon sa manière, à une autre chose encore : car il y a une grande mitsva à entrer à la synagogue revêtu des tefilin et à dire le verset « et moi, par l'abondance de Ta bonté », comme il est mentionné dans le saint Zohar ; et l'on sait que les tefilin sont dans le sod de 'hokhma, et que la voyelle pata'h est dans 'hokhma. Il a donc fait allusion, selon sa manière : qu'il entre avec deux péta'him, c'est-à-dire avec les tefilin de la tête et du bras, qui sont dans 'hokhma et sont le sod de la voyelle pata'h. Dans le livre Ololot Efraim de mémoire bénie il est écrit que les deux portes sont la bouche et l'oreille, ainsi qu'il est écrit (Is. 50, 5) « ה' m'a ouvert l'oreille », c'est-à-dire qu'il fera sortir les paroles par la porte de sa bouche et les fera entrer par la porte de l'oreille. Il a encore expliqué que l'Écriture désigne la tsedaka par le terme d'ouverture et y a redoublé l'ouverture, puisqu'il est écrit (Dt. 15, 8) « car tu ouvriras, tu ouvriras ta main pour lui ». Et moi, simple particulier, j'ajouterai à ses paroles que la tsedaka requiert deux ouvertures : il faut donner, en disant Va-yevarekh David avant la prière de la amida, la tsedaka en deux parts, deux tiers et un tiers ; j'en ai expliqué la raison, avec l'aide du Ciel, dans mes derachot sur la Torah : les deux tiers correspondent à la part du père et de la mère, et le tiers à la part du Nom béni soit-Il, car nos maîtres de mémoire bénie ont dit qu'il y a trois associés dans l'homme. C'est pourquoi il est dit « car tu ouvriras, tu ouvriras », deux fois ; et c'est pourquoi il dit : qu'il entre par la tsedaka, qui est deux ouvertures, et qu'il prie ensuite, comme il est dit (Ps. 17, 15) « moi, par la justice je contemplerai Ta face », deux fois tsedek. C'est à ce propos qu'on a dit : la conversation des sages requiert étude.
💡 Explication

La formule de Rav Hisda est corrigée par la guemara. Prise au pied de la lettre, elle exigerait un bâtiment à deux portes, ce que l'on ne peut imposer. On y lit donc un chiour, une mesure de distance à franchir vers l'intérieur.

Rachi donne la raison : celui qui s'assied contre la porte donne l'impression que le séjour à la synagogue lui pèse et qu'il se tient prêt à sortir.

🖼️ Schéma
Rav Hisda : entrer la mesure de deux portes entrée mesure de deux portes zone où l'on ne s'arrête pas place de la prière à l'intérieur, sans avoir l'air de guetter la sortie Lecture rejetée franchir deux portes réelles : impossible à imposer Lecture retenue chiour, une distance, quel que soit le bâtiment
La correction de la guemara : une distance, plutôt que deux battants réels.
9
״עַל זֹאת יִתְפַּלֵּל כָּל חָסִיד אֵלֶיךָ לְעֵת מְצֹא״, אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: ״לְעֵת מְצֹא״ זוֹ אִשָּׁה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״מָצָא אִשָּׁה מָצָא טוֹב״.

« Pour cela que tout homme pieux Te prie à l'heure de trouver » (Ps. 32, 6).

Rabbi Hanina a dit : « à l'heure de trouver », c'est la femme, ainsi qu'il est dit : « celui qui a trouvé une femme a trouvé le bien » (Pr. 18, 22).

📜 Rachi (1)
יִתְפַּלֵּל לְעֵת מְצֹא יִתְפַּלֵּל שֶׁיְּהוּ מְצֻוייָּן לוֹ כְּשֶׁיִּצְטָרֵךְ:
qu'il prie pour que ces choses lui soient disponibles quand il en aura besoin.
💡 Explication

Le verset des Psaumes recommande une prière lÉ'et metso, à l'heure de trouver, sans dire ce que l'on trouve. Cinq maîtres vont combler ce blanc, chacun par un verset ou figure le verbe matsa.

Rachi précise l'objet de la prière : que ces choses soient disponibles au moment où l'homme en aura besoin.

🖼️ Schéma
Ps. 32, 6 : sur cela que tout hassid Te prie lÉ'et metso lÉ'et metso : à l'heure de trouver R. Hanina la femme Pr. 18, 22 matsa icha matsa tov R. Natan la Torah Pr. 8, 35 qui Me trouve trouve la vie R. Nahman b. Yits'hak la mort Ps. 68, 21 totsaot = 903 morts R. Yo'hanan la sépulture Job 3, 22 jusqu'à la dernière pelletée Mar Zoutra le lieu d'aisance habiter là où il s'en trouve un à proximité En Occident : celle-ci est préférable à toutes Les cinq lectures ne s'excluent pas : chacune nomme un objet de prière.
Les cinq lectures du verset et leurs appuis respectifs.
10
בְּמַעְרְבָא כִּי נָסֵיב אִינָשׁ אִתְּתָא, אָמְרִי לֵיהּ הָכִי: ״מָצָא״ אוֹ ״מוֹצֵא״? ״מָצָא״ דִּכְתִיב: ״מָצָא אִשָּׁה מָצָא טוֹב וַיָּפֶק רָצוֹן מֵה׳״, ״מוֹצֵא״ דִּכְתִיב: ״וּמוֹצֶא אֲנִי מַר מִמָּוֶת אֶת הָאִשָּׁה״ וְגוֹ׳.

En Occident, lorsqu'un homme épousait une femme, on lui disait ainsi : matsa ou motse ? Matsa, comme il est écrit : « celui qui a trouvé une femme a trouvé le bien et a obtenu la faveur de ה' » (Pr.

18, 22) ; motse, comme il est écrit : « et je trouve plus amère que la mort la femme » (Ec. 7, 26), etc.

🪔 Ben Yehoyada (1)
מָצָא אוֹ מוֹצֵא. מַקְשִׁים אֵיךְ יַכִּיר דָּבָר זֶה בְּעוֹדוֹ חָתָן שֶׁלֹּא בָּא עָלֶיהָ אֶלָּא רַק בִּיאָה אַחַת וְנִפְרַד מִמֶּנָּה? וְנִרְאֶה לִי בס"ד עַל פִּי מַה שֶּׁכָּתַב הָרַב "פֶּתַח עֵינַיִם" בְּשֵׁם רַבָּנֵי אַשְׁכְּנַז טַעַם שֶׁשּׁוֹאֲלִין בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל דַּוְקָא וְלֹא בְּבָבֶל, מִפְּנֵי כִּי בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל נוֹשֵׂא וְאַחַר כָּךְ לוֹמֵד תּוֹרָה, לְכָךְ שׁוֹאֲלִין שְׁאֵלָה כָּזֹאת, אֲבָל בְּבָבֶל לוֹמֵד תּוֹרָה וְאַחַ"כּ נוֹשֵׂא אִשָּׁה, לְכָךְ אֵין צָרִיךְ לִשְׁאֹל עַל כָּךְ דְּוַדַּאי הַתּוֹרָה מְגִינָּה עָלָיו שֶׁלֹּא יִכָּשֵׁל בְּאִשָּׁה שֶׁאֵינָהּ הוֹגֶנֶת, וְהִנֵּה מ"ש בא"י נוֹשֵׂא וְאַחַר כָּךְ לוֹמֵד הַיְינוּ עַל הָרֹוב, אֲבָל יִזְדַּמֵּן גַּם בא"י שֶׁיִּלְמֹוד תּוֹרָה וְאַחַר כָּךְ יִשָּׂא אִשָּׁה, וְכִדְמוּכָח מֵעוֹבְדֵי דְּאִיתָא בַּשַּׁ"ס, וְלָכֵן כֵּיוָן דְּאֵין יוֹדְעִים אִם לָמַד תְּחִלָּה אוֹ עֲדַיִין לֹא לָמַד, שׁוֹאֲלִין אִם מָצָא אִשָּׁה מֵחֲמַת דְּמָצָא טוֹב זוֹ תּוֹרָה בַּתְּחִלָּה, אוֹ אִם עֲדַייִן לֹא לָמַד תּוֹרָה דְּאֶפְשָׁר שֶׁהוּא מִן מוֹצֵא מַר וְכוּ'. אִי נָמֵי שׁוֹאֲלִין אִם מָצָא בְּבִיאָה אֵיזֶה סִימָן בְּכַלָּתוֹ שֶׁמּוֹרֶה לֹא מָצָא, אוֹ אִם רָאָה סִימָן הַמּוֹרֶה עַל מוֹצֵא, וְדַע כִּי הֵם וַדַּאי אֵין אוֹמְרִים לוֹ אֶלָּא רַק שְׁלֹשָׁה מִילוֹת אֵלּוּ מָצָא אוֹ מוֹצֵא, וְהַשַּׁ"ס הוּא מְסַיֵּים בֵּיאוּר דְּבָרִים אֵלּוּ בִּפְסוּקִים.
« Matsa ou motse ? » On demande : comment pourrait-il reconnaître cela alors qu'il est encore jeune marié et n'a eu avec elle qu'une seule union avant de s'en séparer ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, d'après ce qu'a écrit le Rav Petah Einayim au nom des rabbins d'Achkenaz, que la raison pour laquelle on pose cette question en Terre d'Israël précisément et non à Babel tient à ce qu'en Terre d'Israël on se marie d'abord et l'on étudie la Torah ensuite, d'où une telle question ; tandis qu'à Babel on étudie la Torah puis on épouse une femme, et il n'y a pas lieu d'interroger là-dessus, la Torah le protégeant assurément de trébucher sur une femme qui ne lui convient pas. Or ce qui a été dit, qu'en Terre d'Israël on se marie puis l'on étudie, vaut pour la plupart des cas ; il arrive aussi en Terre d'Israël que l'on étudie la Torah puis que l'on épouse une femme, comme le prouvent des faits rapportés dans le Talmud. Aussi, puisqu'on ne sait pas s'il a étudié d'abord ou s'il n'a pas encore étudié, on demande s'il a trouvé une femme du fait qu'il avait d'abord trouvé le bien, qui est la Torah, ou bien s'il n'a pas encore étudié la Torah, auquel cas il relève peut-être du « je trouve plus amère », etc. Ou bien encore on demande s'il a vu lors de l'union quelque signe chez son épouse indiquant matsa, ou un signe indiquant motse. Et sache qu'ils ne lui disaient assurément que ces trois mots, matsa ou motse, le Talmud achevant l'explication de ces mots par les versets.
💡 Explication

La coutume repose sur deux versets où le même verbe apparaît à deux formes : matsa, accompli, chez Salomon dans les Proverbes, et motse, participe, dans l'Ecclésiaste. La question posée au jeune marié tient en trois mots et le laisse répondre lui-même.

11
רַבִּי נָתָן אוֹמֵר: ״לְעֵת מְצֹא״ — זוֹ תּוֹרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי מֹצְאִי מָצָא חַיִּים״ וְגוֹ׳.

Rabbi Natan dit : « à l'heure de trouver », c'est la Torah, ainsi qu'il est dit : « car celui qui Me trouve à trouvé la vie » (Pr. 8, 35), etc.

💡 Explication

Rabbi Natan reprend le verset déjà cité au segment 7, où la Torah parle à la première personne. Le verbe matsa y figure deux fois, ce qui en fait l'appui le plus direct du mot metso.

12
רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אָמַר — ״לְעֵת מְצֹא״ זוֹ מִיתָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לָמוּת תּוֹצָאוֹת״.

Rav Nahman bar Yits'hak dit : « à l'heure de trouver », c'est la mort, ainsi qu'il est dit : « et à la mort les issues » (Ps. 68, 21).

📜 Rachi (1)
לְעֵת מְצֹא זוֹ מִיתָה שֶׁיָּמוּת בְּמִיתָה יָפָה וְנָחָה:
qu'il meure d'une mort belle et paisible.
💡 Explication

Le rapprochement passe par le mot totsaot, issues, qui partage la racine du verbe trouver dans sa forme causative. Rachi indique l'objet de la prière : mourir d'une mort belle et paisible.

13
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: תְּשַׁע מֵאוֹת וּשְׁלֹשָׁה מִינֵי מִיתָה נִבְרְאוּ בָּעוֹלָם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לָמוּת תּוֹצָאוֹת״, ״תּוֹצָאוֹת״ בְּגֵימַטְרְיָא הָכִי הָווּ. קָשֶׁה שֶׁבְּכֻלָּן — אַסְכָּרָא, נִיחָא שֶׁבְּכֻלָּן — נְשִׁיקָה. אַסְכָּרָא דָּמְיָא כְּחִיזְרָא בִּגְבָבָא דְעַמְרָא דִּלְאַחוֹרֵי נַשְׁרָא, וְאִיכָּא דְּאָמְרִי כְּפִיטּוּרֵי בְּפִי וֶשֶׁט, נְשִׁיקָה דָּמְיָא כְּמִשְׁחַל בִּנִיתָא מֵחֲלָבָא.

Cela a également été enseigné dans une baraita : neuf cent trois espèces de mort ont été créées dans le monde, ainsi qu'il est dit : « et à la mort les issues » — totsaot vaut ce nombre en guematria. La plus dure de toutes est l'askara ; la plus douce de toutes est le baiser.

L'askara ressemble à une ronce prise dans une toison de laine que l'on retire à rebours ; certains disent : comme des cordages dans l'ouverture de l'oesophage. Le baiser ressemble à un cheveu que l'on retire du lait.

📜 Rachi (6)
אַסְכָּרָא אישטר"אנגולמנט בְּלַעַ"ז שֶׁבְּתוֹךְ הַגּוּף:
estranglement en langue vulgaire : un mal qui se trouve à l'intérieur du corps.
כְּחִיזְרָא בִּגְבָבָא דְעַמְרָא דִּלְאַחוֹרֵי נַשְׁרָא כְּעַנְפֵי הַסִּירִים הַנִּסְבָּכִים בְּגִזַּת הַצֶּמֶר כְּשֶׁאָדָם נוֹתֵק בַּחֲזָקָה וּמַשְׁלִיךְ לְאָחוֹר שֶׁאִי אֶפְשָׁר שֶׁלֹּא יִנָּתֵק הַצֶּמֶר עִמָּהּ:
comme des rameaux d'épines emmêlés dans une toison de laine : lorsqu'un homme les arrache avec force et les rejette en arrière, il est impossible que la laine ne se déchire pas avec eux.
כְּפִיטּוּרֵי בְּפִי וֶשֶׁט יָם אוֹקְיָינוֹס יֵשׁ בּוֹ מְקוֹמוֹת שֶׁאֵינוֹ מְקַבֵּל בַּרְזֶל וּמְחַבְּרִין לוּחֵי הַסְּפִינָה ע"י חֲבָלִים וַעֲקָלִים שֶׁתּוֹחֲבֵי' בִּנְקָבָיו וְתוֹקְעִין אוֹתוֹ בְּדֹוחַק לְפִי שֶׁהֵם גַּסִּין כְּמִדַּת הַנֶּקֶב:
dans l'océan il y a des endroits qui ne supportent pas le fer ; on assemble les planches du navire au moyen de cordes et de tresses que l'on enfonce dans leurs trous et que l'on y fiche de force, car elles sont épaisses à la mesure du trou.
פִּיטּוּרֵי חֲבָלִים דִּמְתַרְגְּמִינַן וּפְטוּרֵי צִיצִּים (מְלָכִים א ו׳:י״ח) אֲטוּנִין:
des cordes ; le Targoum rend « oufetourei tsitsim » (I R. 6, 18) par atounin, des cordages.
בְּפִי וֶשֶׁט הוּא הַנֶּקֶב שֶׁהוּא עָגֹול כְּפִי וֶשֶׁט:
c'est le trou, qui est rond comme l'ouverture de l'oesophage.
כְּמִשְׁחַל בַּנָּיְתָא מֵחֶלְבָּא כְּמוֹשֵׁךְ נִימַת שֵׂעָר מִתּוֹךְ הֶחָלָב:
comme lorsqu'on tire un fil de cheveu hors du lait.
💡 Explication

La baraita tire le nombre du mot totsaot par guematria, la valeur numérique des lettres. Elle range ensuite les espèces de mort sur une échelle dont elle nomme les deux extrémités.

Les deux comparaisons de l'askara décrivent un arrachement contrarié. Rachi explique la seconde à partir d'un usage maritime : dans l'océan, on assemble les planches du navire avec des cordages épais enfoncés de force dans les trous. Le baiser, à l'inverse, décrit un retrait sans résistance.

🖼️ Schéma
Les 903 espèces de mort : les deux extrémités totsaot (Ps. 68, 21) vaut 903 en guematria la plus dure la plus douce askara comme une ronce prise dans une toison de laine, arrachée à rebours ou : comme des cordages enfoncés dans l'ouverture de l'oesophage nechika, le baiser comme un cheveu que l'on retire du lait rien ne retient, rien ne déchire
Les deux extrémités de l'échelle des 903 espèces de mort.
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רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: ״לְעֵת מְצֹא״ — זוֹ קְבוּרָה. אָמַר רַבִּי חֲנִינָא, מַאי קְרָא ״הַשְּׂמֵחִים אֱלֵי גִיל יָשִׂישׂוּ כִּי יִמְצְאוּ קָבֶר״. אָמַר רַבָּה בַּר רַב שִׁילָא, הַיְינוּ דְּאָמְרִי אִינָשֵׁי: לִיבְעֵי אִינָשׁ רַחֲמֵי אֲפִילּוּ עַד זִיבּוּלָא בָּתְרָיְיתָא שְׁלָמָא.

Rabbi Yo'hanan dit : « à l'heure de trouver », c'est la sépulture. Rabbi Hanina a dit : quel est le verset ?

« Ceux qui se réjouissent jusqu'à l'allégresse, qui exultent lorsqu'ils trouvent une tombe » (Job 3, 22). Rabba bar Rav Chila a dit : voilà ce que les gens disent : que l'homme demande miséricorde même jusqu'à la dernière pelletée, pour la paix.

📜 Rachi (2)
זִיבּוּלָא בָּתְרָיְיתָא שְׁלָמָא שֶׁיְּהֵא לוֹ שָׁלוֹם כָּל יְמֵי חַיָּיו וְאַף בְּיוֹם קְבוּרָתוֹ עַד הַשְׁלָכַת עָפָר הָאַחֲרוֹנָה שֶׁבְּכִיסּוּי קְבוּרָתוֹ:
qu'il ait la paix tous les jours de sa vie et même au jour de son enterrement, jusqu'à la dernière motte de terre jetée pour recouvrir sa tombe.
זִיבּוּלָא פלא"דא בְּלַעַ"ז:
pelle en langue vulgaire.
🪔 Ben Yehoyada (1)
לְעֵת מְצֹא זוֹ קְבוּרָה. פֵּירוּשׁ יִתְפַּלֵּל שֶׁיְּהֵא נִקְבָּר בְּכָבוֹד, וְלָזֶה מְסַייֵּם לְשֵׁטֶף מַיִם רַבִּים אֵלָיו לֹא יַגִּיעוּ, קָאֵי עַל גְּנוּת וּלְזוּת שְׂפָתַיִם שֶׁל בַּעֲלֵי לָשׁוֹן הָרַע הַמְסַפְּרִים אַחַר מִטּוֹת הַמֵּתִים כַּנּוֹדָע, כִּי בַּעֲלֵי לָשׁוֹן הָרַע נִקְרָאִים מַיִם הַזֵּדוֹנִים וְכֵן אָמַר (תְּהִלִּים סט, טז) אַל תִּשְׁטְפֵנִי שִׁבֹּלֶת מַיִם וְאַל תִּבְלָעֵנִי מְצוּלָה וְאַל תֶּאְטַר עָלַי בְּאֵר פִּיהָ, וְגַם קִטְרוּגִים שֶׁל הַמְקַטְרְגִים גַּם כֵּן נִקְרָאִים מַיִם רַבִּים, כְּמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר (שִׁיר הַשִּׁירִים ח, ז) מַיִם רַבִּים לֹא יוּכְלוּ לְכַבּוֹת אֶת הָאַהֲבָה וְכוּ'. אוֹ יוּבָן בס"ד הַכַּוָּנָה שְׁלֵמִים רַבִּים לְפִי דְּרָשַׁת רַבִּי יוֹחָנָן כִּפְשׁוּטוֹ, שֶׁיֵּשׁ קַרְקַע שֶׁהִיא מְצוּלוֹת מַיִם וְכַאֲשֶׁר יֶחְפָּרוּ בָּהֶם מְעַט יֵצֵא מַיִם וְקַרְקַע זוֹ קָשֶׁה לִקְבוּרָה מְאֹד, אוֹ אֲפִילּוּ קַרְקַע קָשֶׁה לִפְעָמִים יִזְדַּמֵּן גִּשְׁמֵי שָׁנָה מְרֻובִּים לִמְאֹד, וּמֵרֹוב חֹוזֶק הַמַּיִם אֲשֶׁר בָּא מִמָּקוֹם גָּבוֹהַּ לְמָקוֹם נָמוּךְ חוֹפֵר בַּקַּרְקַע וְנִכְנַס תַּחַת הַקְּבָרוֹת וְשׁוֹטֵף אוֹתָם, כַּאֲשֶׁר קָרָה כָּכָה בְּאֵיזֶה מְקוֹמוֹת, וְעַל זֶה מִתְפַּלֵּל לְשֵׁטֶף מַיִם רַבִּים אֵלָיו לִקְבוּרָתוֹ לֹא יַגִּיעוּ וְלִדְרָשַׁת רנב"י יִתְפָּרֵשׁ שֶׁטֶף מַיִם רַבִּים, עַל עֵת מַגֵּפָה ב"מ שֶׁנִּיתַּן רְשׁוּת לְחַבֵּל שֶׁאָז יֵשׁ נִסְפֶּה בְּלֹא מִשְׁפָּט, וּלְכָךְ תִּיקְּנוּ לִבְרֹוחַ מִן הָעִיר וְאֵלּוּ הַמְחַבְּלִים קָרֵי לְהוּ שֶׁטֶף מַיִם רַבִּים שֶׁשּׁוֹטְפִים טוֹבִים וְרָעִים, וּלְפִי דְּרָשַׁת רָ"ן דְּדָרֵישׁ עַל הַתּוֹרָה מְפָרֵשׁ מַיִם רַבִּים עַל חָכְמָה חִיצוֹנִית, שֶׁהַתּוֹרָה נִקְרֵאת מַיִם וְהִיא רְשׁוּת הַיָּחִיד, וְחָכְמָה חִיצוֹנִית גַּם כֵּן נִקְרֵאת מַיִם כִּי זֶה לְעֻומַּת זֶה עָשָׂה הָאֱ-לֹהִים, אַךְ הִיא בִּרְשׁוּת הָרַבִּים כִּי חֵלֶק הַחִיצוֹנִים שֶׁהֵם רְשׁוּת הָרַבִּים, וְלִדְרָשַׁת ר"ח דְּדָרֵישׁ עַל אִשָּׁה רָאִיתִי בַּמְפָרְשִׁים זַ"ל דִּמְפָרְשִׁי מַיִם רַבִּים, עַל קֶרִי וְשֶׁזַּ"ל וְהַזְרָעָה בְּבַת נֵכָר, אֵלָיו לֹא יַגִּיעוּ, כִּי הוּא דָּבֵק בְּאִשְׁתּוֹ.
« À l'heure de trouver, c'est la sépulture. » C'est-à-dire qu'il prie d'être enterré avec honneur ; et c'est pourquoi le verset s'achève par « au déferlement des grandes eaux, elles ne l'atteindront pas », ce qui vise le dénigrement et les propos des médisants qui parlent derrière le lit des morts, comme on le sait, car les médisants sont appelés eaux impétueuses, et il est dit de même (Ps. 69, 16) « que le flot des eaux ne m'emporte pas, que l'abîme ne m'engloutisse pas, que le puits ne referme pas sur moi sa bouche ». Les accusations des accusateurs sont elles aussi appelées grandes eaux, ainsi qu'il est dit (Ct. 8, 7) « de grandes eaux ne pourraient éteindre l'amour », etc. Ou bien on comprendra, avec l'aide du Ciel, que les grandes eaux, selon l'exposition de Rabbi Yo'hanan, se prennent au sens simple : il y a des terrains gorgés d'eau, où il suffit de creuser un peu pour que l'eau sorte, et ce terrain est très difficile pour la sépulture ; ou même dans un terrain dur, il arrive parfois que les pluies de l'année soient très abondantes, et par la force des eaux venant d'un lieu élevé vers un lieu bas, l'eau creuse le sol, pénètre sous les tombes et les emporte, comme cela est arrivé en certains endroits. C'est sur cela qu'il prie : que le déferlement des grandes eaux n'atteigne pas sa sépulture. Selon l'exposition de Rav Nahman bar Yits'hak, le déferlement des grandes eaux s'expliquera du temps d'épidémie, que le Miséricordieux nous en préserve, où permission est donnée au destructeur et où l'on peut périr sans jugement ; c'est pourquoi on a institué de fuir la ville, et ces destructeurs sont appelés déferlement de grandes eaux, parce qu'ils emportent bons et mauvais. Selon l'exposition de Rabbi Natan, qui l'expose de la Torah, les grandes eaux s'expliquent de la sagesse extérieure : la Torah est appelée eaux et elle est domaine privé, et la sagesse extérieure est elle aussi appelée eaux, car D.ieu a fait l'un en face de l'autre ; mais elle relève du domaine public, car la part des forces extérieures est le domaine public. Selon l'exposition de Rabbi Hanina, qui l'expose de la femme, j'ai vu chez les commentateurs de mémoire bénie qu'ils expliquent les grandes eaux de l'émission séminale et de la semence versée chez une étrangère : elles ne l'atteindront pas, car il est attaché à sa femme.
💡 Explication

Le verset de Job contient le verbe matsa applique à la tombe. Le dicton rapporté par Rabba bar Rav Chila étend l'objet de la prière jusqu'au dernier instant : Rachi l'explique de la paix pendant tous les jours de la vie, et jusqu'à la dernière motte de terre jetée sur la tombe.

15
מַר זוּטְרָא אָמַר: ״לְעֵת מְצֹא״ — זֶה בֵּית הַכִּסֵּא. אָמְרִי בְּמַעֲרָבָא: הָא דְּמָר זוּטְרָא עֲדִיפָא מִכֻּלְּהוּ.

Mar Zoutra dit : « à l'heure de trouver », c'est le lieu d'aisance. On dit en Occident : celle de Mar Zoutra est préférable à toutes.

📜 Rachi (1)
לְעֵת מְצֹא זֶה בֵּית הַכִּסֵּא שֶׁיְּהֵא דָּר בְּמָקוֹם שֶׁיֵּשׁ בֵּית הַכִּסֵּא סָמוּךְ לוֹ לְפִי שֶׁהָיְתָה קַרְקַע שֶׁל בָּבֶל מְצוּלַת מַיִם וְאֵין יְכוֹלִין לַחְפֹּור שָׁם חֲפִירוֹת וְהָיוּ צְרִיכִין לָצֵאת בַּשָּׂדוֹת וּלְהִתְרַחֵק מְאֹד:
qu'il réside en un lieu où se trouve un lieu d'aisance à proximité ; car le sol de Babel était gorge d'eau et l'on ne pouvait y creuser des fosses, de sorte qu'il fallait sortir dans les champs et s'éloigner beaucoup.
🪔 Ben Yehoyada (1)
דְּמַר זוּטְרָא עֲדִיפָה מְכֻולֵּהוּ. נִרְאֶה לִי בס"ד הַטַּעַם דַּעֲדִיפָה מְכֻולֵּהוּ מִשּׁוּם דִּלְכָל הָנֵי דְּרָשׁוֹת קַשָּׁא קֻושְׁיָא גְּדוֹלָה, לָמָּה יִחֵס דָּוִד המע"ה תְּפִלָּה זוֹ לְחָסִיד, דְּהָא לְכִלְהוּ אִינָשֵׁי אִצְטְרִיךְ תְּפִלָּה זוֹ, וּמַדּוּעַ יִתְפַּלֵּל הֶחָסִיד עַל זֶה טְפֵי מִשְּׁאָר אָדָם, אֲבָל לְמַר זוּטְרָא נִיחָא, דְּהָא אִיתָא בַּגְּמָרָא שְׁלֹשָׁה מִינֵי הִדְרוֹקָן הֵם, שֶׁל בֵּית הַכִּסֵּא וְשֶׁל עֲבֵירָה וְשֶׁל כְּשָׁפִים. גַּם אָמְרוּ בַּגְּמָרָא שְׁמוּאֵל הַקָּטָן חָשׁ בֵּיהּ אֲמַר רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם מִי מַפֵּישׁ וְכוּ', וְגַם יָדוּעַ מַה שֶׁכָּתְבוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל הִרְהוּרֵי עֲבֵירָה קָשִׁים מֵעֲבֵירָה, וְלָכֵן הֶחָסִיד שֶׁיּוֹדֵעַ בְּעַצְמוֹ שֶׁהוּא נָקִי אֲפִילּוּ מֵהִרְהוּרֵי עֲבֵירָה, וּלְכָךְ יִתְפַּלֵּל עַל דָּבָר זֶה יוֹתֵר שֶׁלֹּא לִידֵי הִדְרוֹקָן וְיִהְיֶה נֶחְשָׁד בְּעֵינֵי הַבְּרִיּוֹת בִּשְׁבִיל עֲבֵירָה, וּכְמוֹ שֶׁאָמַר שְׁמוּאֵל הַקָּטָן רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם מִיְּיָ מֵפִיס. גַּם עוֹד יֵשׁ לְהָבִין כֵּיוָן שֶׁהִיא חָסִיד מְדַקְדֵּק טְפֵי מִצַּדִּיק שֶׁלֹּא יִכָּשְׁלוּ הָעוֹלָם בַּעֲוֹן חוֹשֵׁד בִּכְשֵׁרִים וְיִהְיוּ נֶעֱנָשִׁים עַל יָדוֹ, וּמַה שֶׁאֵינוֹ חוֹשֵׁשׁ כִּי אִם רַק עַל שֶׁל בֵּית הַכִּסֵּא וְלֹא עַל שֶׁל כְּשָׁפִים, הַיְינוּ מִשּׁוּם דִּכְשָׁפִים לָא שְׁכִיחִי. וְדַע כִּי מַה שֶׁכָּתַב מָהַרְשָׁ"א זַ"ל כְּשָׁטַף מַיִם רַבִּים שֶׁל מֵי רַגְלַיִם הוּא מֻוקְשֶׁה, יַעַן כִּי בִּשְׁבִיל מֵי רַגְלַיִם לָא אִצְטְרִיךְ בֵּית הַכִּסֵּא, וּבְכָל מָקוֹם שֶׁיִּרְצֶה יַטִּיל, וּכְבָר יָדוּעַ מַעֲשֶׂה דִּשְׁמוּאֵל בְּפִרְקָא, וְיוֹתֵר נָכוֹן שֶׁיְּפָרֵשׁ מָהַרְשָׁ"א עַל פִּי דַּרְכּוֹ שֶׁל רַשִׁ"י דְּקָאֵי עַל הַקַּרְקַע שֶׁל מְצוּלָה וְדוֹק.
« Celle de Mar Zoutra est préférable à toutes. » Il me semble, avec l'aide du Ciel, que la raison pour laquelle elle est préférable à toutes tient à ce que toutes ces expositions se heurtent à une grande difficulté : pourquoi le roi David, la paix soit sur lui, a-t-il rapporté cette prière au hassid, alors que cette prière est nécessaire à tout homme ? Pourquoi le hassid prierait-il sur cela plus qu'un autre ? Pour Mar Zoutra la chose s'entend bien, car il est dit dans le Talmud qu'il y a trois sortes d'hydropisie, celle du lieu d'aisance, celle de la faute et celle des sortilèges. On a dit aussi dans le Talmud que Chemouel ha-Katan en fut atteint et qu'il dit : Maître du monde, qui répartira, etc. On sait encore ce qu'ont écrit nos maîtres de mémoire bénie, que les pensées de faute sont plus dures que la faute. Le hassid, qui sait de lui-même qu'il est net même des pensées de faute, priera donc sur cela davantage, afin de ne pas en venir à l'hydropisie et d'être soupçonné de faute aux yeux des gens, comme le dit Chemouel ha-Katan : Maître du monde, qui répartira ? Il faut comprendre en outre que, étant hassid et se montrant plus scrupuleux que le juste, il ne veut pas que les gens trébuchent dans la faute de soupçonner les honnêtes et soient punis par sa faute. Et s'il ne s'inquiète que de celle du lieu d'aisance et non de celle des sortilèges, c'est parce que les sortilèges sont peu fréquents. Sache que ce qu'a écrit le Maharcha de mémoire bénie, que le déferlement de grandes eaux vise les urines, fait difficulté, puisque pour les urines il n'est pas besoin de lieu d'aisance et que l'on peut se soulager en tout lieu voulu — l'histoire de Chemouel à la leçon publique est bien connue. Il vaut mieux expliquer le Maharcha selon la voie de Rachi, qui rapporte cela au terrain gorge d'eau ; observe-le.
💡 Explication

Rachi explique la portée pratique de cette lecture : le sol de Babel était gorge d'eau et l'on ne pouvait y creuser de fosses, de sorte qu'il fallait sortir dans les champs et s'éloigner beaucoup. Prier de trouver un lieu d'aisance à proximité revient à prier pour l'endroit où l'on s'établit.

Le Ben Ich Haï propose une raison à la préférence des maîtres d'Occident : le verset attribue cette prière au hassid, et cette lecture explique pourquoi elle lui revient en propre.

16
אֲמַר לֵיהּ רָבָא לְרַפְרָם בַּר פָּפָּא: לֵימָא לַן מָר מֵהָנֵי מִילֵּי מְעַלְּייָתָא דְּאָמְרַתְּ מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב חִסְדָּא בְּמִילֵּי דְבֵי כְנִישְׁתָּא.

Rava dit à Rafram bar Papa : que le maître nous dise quelques-unes de ces excellentes paroles que tu as dites au nom de Rav Hisda à propos des choses de la synagogue.

💡 Explication

La demande ramène le folio à son sujet initial après la sougya de lÉ'et metso. Elle sert de charnière : ce que Rafram va rapporter déplacera le centre de gravité de la synagogue vers le lieu d'étude de la halakha.

17
אֲמַר לֵיהּ, הָכִי אָמַר רַב חִסְדָּא: מַאי דִכְתִיב, ״אֹהֵב ה׳ שַׁעֲרֵי צִיּוֹן מִכֹּל מִשְׁכְּנוֹת יַעֲקֹב״: אוֹהֵב ה׳ שְׁעָרִים הַמְצֻוייָּנִים בַּהֲלָכָה, יוֹתֵר מִבָּתֵּי כְנֵסִיּוֹת וּמִבָּתֵּי מִדְרָשׁוֹת.

Il lui dit : ainsi a dit Rav Hisda. Que signifie ce qui est écrit : « ה' aime les portes de Tsion plus que toutes les demeures de Yaakov » (Ps.

87, 2) ? ה' aime les portes distinguées par la halakha plus que les synagogues et les maisons d'étude.

📜 Rachi (1)
הַמְצֻוייָּנִים צִיּוֹן וַאֲסִיפַת צִבּוּר:
tsioun, la marque distinctive, et le rassemblement de la communauté.
🪔 Ben Yehoyada (1)
אוֹהֵב ה' שְׁעָרִים הַמְצֻיָּנִים בַּהֲלָכָה יוֹתֵר מִבָּתֵּי כְנֵסִיּוֹת וּבָתֵּי מִדְרָשׁוֹת. פֵּירוּשׁ בָּתֵּי כְּנֵסִיּוֹת שֶׁמִּתְפַּלְּלִים בָּהֶם וּבָתֵּי מִדְרָשׁוֹת שֶׁקּוֹרִין בָּהֶם מִקְרָא וּמִשְׁנָה, אַךְ הַמְצֻוייָּנִים שֶׁלּוֹמְדִים בָּהֶם גְּמָרָא וּמוֹרִין בָּהֶם הֲלָכָה לְמַעֲשֶׂה, מִיהוּ צָרִיךְ לְהָבִין לָמָּה לִמְקוֹם לִימּוּד הַגְּמָרָא וְהוֹרָאַת הַהֲלָכָה קָרֵי לְהוּ שַׁעֲרֵי צִיּוֹן, לֵימָא בָּתֵּי צִיּוֹן, וּשְׁעָרִים מַאן דְּכַר שְׁמַיְיהוּ וַהֲלֹא הַלִּימּוּד לְפָנִים הוּא? וְנִרְאֶה לִי בס"ד שֶׁדַּרְכָּם לְהַנִּיחַ שׁוֹמֵר עַל הַפֶּתַח בְּמָקוֹם שֶׁלּוֹמְדִין גְּמָרָא וּמוֹרִין הֲלָכָה כְּדֵי שֶׁלֹּא יִכָּנֵס שָׁם אָדָם שֶׁאֵינוֹ הָגוּן אוֹ שֶׁהוּא אֶחָד מִן הַקָּרָאִים וְהָאֶפִּיקוֹרְסִין וְיִשְׁמַע מִדִּבְרֵי תּוֹרָה שֶׁמְּדַבְּרִים בָּהֶם חֲכָמִים, וּלְפִי זֶה סִימָן שֶׁזֶּה בֵּית הַמִּדְרָשׁ שֶׁל לִימּוּד גְּמָרָא וַהֲלָכוֹת הוּא מִן מְקוֹם הַשַּׁעַר, דְּכֵיוָן דְּנִמְצָא אֵצֶל הַשַּׁעַר שׁוֹמֵר נִיכָּר שֶׁהוּא מְשַׁעֲרִים הַמְצֻוייָּנִין בַּהֲלָכָה, לְכָךְ נָקֵיט לְהוּ בְּשֵׁם שַׁעֲרֵי צִיּוֹן. גַּם צִיּוֹן [156] גֵּי' יוֹסֵף שֶׁשָּׁם יִשְׁמַע חָכָם וְיוֹסֶף לֶקַח.
« ה' aime les portes distinguées par la halakha plus que les synagogues et les maisons d'étude. » C'est-à-dire : les synagogues, où l'on prie, et les maisons d'étude, où l'on lit le texte biblique et la michna ; tandis que les « distinguées » sont celles où l'on étudie la guemara et où l'on enseigne la halakha pratique. Il faut cependant comprendre pourquoi le lieu de l'étude de la guemara et de l'enseignement de la halakha est appelé « portes de Tsion » — que ne dit-il « maisons de Tsion » ? Et pourquoi mentionner des portes, alors que l'étude se fait à l'intérieur ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'ils avaient coutume de placer un gardien à l'entrée du lieu où l'on étudie la guemara et où l'on enseigne la halakha, afin qu'aucun homme indigne, ni l'un des karaïm et des épicuriens, n'y entre et n'entende les paroles de Torah dont parlent les sages. Selon cela, le signe qu'une maison d'étude est de celles où l'on étudie la guemara et les halakhot se prend du lieu de la porte : puisqu'il se trouve un gardien près de la porte, on reconnaît qu'elle est des portes distinguées par la halakha, et c'est pourquoi il les désigne du nom de portes de Tsion. De plus, Tsion vaut 156 en guematria, comme Yossef : c'est là que le sage écoutera et augmentera son acquis.
💡 Explication

La lecture repose sur le rapprochement entre Tsion et metsouyanim, distingués, marqués. Rachi glose le mot par la notion de marque et par celle de rassemblement de la communauté.

Le classement établi place l'étude de la halakha au-dessus de la synagogue et de la maison d'étude ordinaire. Le Ben Ich Haï précise la distinction : les maisons d'étude où l'on lit le texte biblique et la michna, et les lieux distingués où l'on étudie la guemara et où l'on tranche la halakha pratique.

18
וְהַייְנוּ דְּאָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַמֵּי מִשְּׁמֵיהּ דְּעֻולָּא: מִיּוֹם שֶׁחָרַב בֵּית הַמִּקְדָּשׁ אֵין לוֹ לְהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא בְּעוֹלָמוֹ אֶלָּא אַרְבַּע אַמּוֹת שֶׁל הֲלָכָה בִּלְבַד.

Et c'est ce qu'a dit Rabbi Hiya bar Ami au nom de Oulla : depuis le jour où la Maison du sanctuaire a été détruite, le Saint béni soit-Il n'a dans Son monde que les quatre amot de la halakha seules.

🪔 Ben Yehoyada (2)
מִיּוֹם שֶׁחָרַב בֵּית הַמִּקְדָּשׁ אֵין לוֹ לְהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא בְּעוֹלָמוֹ. י"ל לָמָּה תָּלָה זֶה בְּחֻורְבָּן וְאִם רְצוֹנוֹ לוֹמַר בִּזְמַן מִקְדָּשׁ קַייָּם יֵשׁ קָרְבָּנוֹת וְעַתָּה הַהֲלָכוֹת הֵם בִּמְקוֹם קָרְבָּנוֹת, אִם כֵּן לָמָּה נָקֵיט הֲלָכָה לֵימָא תּוֹרָה, כְּמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר (וַיִּקְרָא ז, לז) זֹאת הַתּוֹרָה לֶעָלֶה כָּל הַקּוֹרֵא בְּפָרָשַׁת עוֹלָה כְּאִלּוּ הִקְרִיב עוֹלָה? וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּקֹודֶם חֻורְבָּן לֹא הָיָה שִׁכְחָה בָּעוֹלָם , וְהָיוּ הַהֲלָכוֹת סְדוּרוֹת בְּפִי חֲכָמִים כְּמוֹ שֶׁנָּתְנוּ מִסִּינַי, וְאַחַר הַחֻורְבָּן נַעֲשָׂה תִּגְבֹּורֶת לְקָלֵיהּ וְגָבְרָה הַשִּׁכְחָה, וְנִשְׁכְּחוּ רִבּוּי הַהֲלָכוֹת וְרֻובָּם מְחַדְּשִׁים אוֹתָם חַכְמֵי יִשְׂרָאֵל בְּכָל דּוֹר וָדוֹר עַל יְדֵי פִּלְפּוּלָם וּכְמוֹ שֶׁעָשָׂה עָתְנִיאֵל בֶּן קְנַז בְּאוֹתָם הֲלָכוֹת שֶׁנִּשְׁכְּחוּ בְּאֶבְלוֹ שֶׁל מֹשֶׁה רַבֵּינוּ ע"ה, וְהִנֵּה כָּל דָּבָר שֶׁהוּא נִתְחַדֵּשׁ וְיָצָא לְאוֹר עַל יְדֵי אָדָם הוּא חָבִיב לִפְנֵי הקב"ה, וְלָזֶה אָמַר מִיּוֹם שֶׁחָרַב בֵּית הַמִּקְדָּשׁ שֶׁגָּבְרָה הַשִּׁכְחָה שֶׁאָז רֹוב הַהֲלָכוֹת מִתְחַדְּשִׁים עַל יְדֵי חֲכָמִים אֵין לוֹ להקב"ה בְּעוֹלָמוֹ אֶלָּא אַרְבַּע אַמּוֹת שֶׁל הֲלָכָה בִּלְבַד, כִּי אָז הַהֲלָכוֹת הָאֵלֶּה הֵם חֲבִיבִין לְפָנָיו, ומ"ש 'בְּעוֹלָמוֹ' וְלֹא אָמַר 'בָּעוֹלָם'? נִרְאֶה לִי בס"ד כִּי הקב"ה כִּינּוּי לְתִפְאֶרֶת, וְעוֹלָם הַתִּפְאֶרֶת הוּא הַיְּצִירָה, וְלִימּוּד הַתּוֹרָה הוּא בִּיצִירָה שֶׁהִיא עוֹלָמוֹ שֶׁל הקב"ה שֶׁהוּא סוֹד הַתִּפְאֶרֶת וְדוֹק.
« Depuis le jour où la Maison du sanctuaire a été détruite, le Saint béni soit-Il n'a dans Son monde... » On peut demander pourquoi il rattache cela à la destruction. Si l'on veut dire qu'au temps où le Temple était debout il y avait les sacrifices, et que maintenant les halakhot tiennent lieu de sacrifices, pourquoi alors dire halakha et non Torah, selon ce qui est dit (Lv. 7, 37) « voici la Torah de l'holocauste » : quiconque lit la section de l'holocauste, c'est comme s'il avait offert un holocauste ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'avant la destruction il n'y avait pas d'oubli dans le monde, et que les halakhot étaient rangées dans la bouche des sages telles qu'elles avaient été données au Sinaï. Après la destruction, les klipot ont pris de la force et l'oubli s'est renforcé ; nombre de halakhot furent oubliées, et la plupart, les sages d'Israël les renouvellent en chaque génération par leur pilpoul, comme le fit Otniel ben Kenaz pour les halakhot oubliées pendant le deuil de Moche notre maître, la paix soit sur lui. Or toute chose renouvelée et mise au jour par un homme est chère devant le Saint béni soit-Il. C'est pourquoi il dit : depuis le jour où la Maison du sanctuaire a été détruite, où l'oubli s'est renforcé et où la plupart des halakhot sont renouvelées par les sages, le Saint béni soit-Il n'a dans Son monde que les quatre amot de la halakha seules, car ces halakhot Lui sont alors chères. Et pourquoi dit-il « dans Son monde » et non « dans le monde » ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, que le Saint béni soit-Il désigne tiferet, et que le monde de tiferet est yetsira ; l'étude de la Torah est dans yetsira, qui est le monde du Saint béni soit-Il, lequel est le sod de tiferet ; observe-le.
אֶלָּא אַרְבַּע אַמּוֹת שֶׁל הֲלָכָה בִּלְבַד. נִרְאֶה לִי בס"ד נָקֵיט ד' אַמּוֹת, כִּי יֵשׁ שִׁשָּׁה סְדָרִים שֶׁל מִשְׁנָה וּבְכָל סֵדֶר יֵשׁ ד' חֲלָקִים שֶׁל פַּרְדֵּ"ס כַּנּוֹדָע, נִמְצָא הוּא כְּדִמְיוֹן אַרְבַּע אַמּוֹת שֶׁכָּל אַמָּה הִיא שִׁשָּׁה טְפָחִים וְסָךְ הַכֹּל כ"ד [24] , וזמ"ש וְשַׂמְתִּי כד - כַּד שֶׁמִּשְׁתַּיֵּךְ, וּלְפִי דְּבָרָיו שֶׁל הָרַב 'עִיּוּן יַעֲקֹב' מ"ש בָּזֶה יֵשׁ לְפָרֵשׁ מַה שֶׁאָמַר הַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ לְאַבְרָהָם אָבִינוּ קוּם הִתְהַלֵּךְ בָּאָרֶץ לְאָרְכָּהּ וּלְרָחְבָּהּ, שֶׁהַתּוֹרָה נִקְרֵאת אֶרֶץ, דִּכְתִיב (אִיּוֹב יא, ט') אֲרֻכָּה מֵאֶרֶץ מִדָּהּ וּרְחָבָה מִנִּי יָם, נָתַן לוֹ הַשָּׂגָה בָּהּ שֶׁיַּשִּׂיג שֶׁהוּא הַגִּרְסָא, וְהָרֹוחַב שֶׁהוּא פִּלְפּוּל וַחֲרִיפוּת שֶׁבָּהּ.
« Que les quatre amot de la halakha seules. » Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'il dit quatre amot parce qu'il y a six ordres de la michna, et que dans chaque ordre il y a les quatre parties du pardes, comme on le sait. Il se trouve donc que cela est à l'image de quatre amot, chaque ama valant six tefahim, soit vingt-quatre en tout ; et c'est ce qui est dit « et Je poserai kad-kad tes fenêtres » (Is. 54, 12). Selon les paroles du Rav Iyoun Yaakov sur ce point, on peut expliquer par là ce que le Nom béni soit-Il dit à Avraham notre père, « lève-toi, parcours le pays en sa longueur et en sa largeur » (Gn. 13, 17) : car la Torah est appelée terre, ainsi qu'il est écrit (Job 11, 9) « sa mesure est plus longue que la terre et plus large que la mer ». Il lui donna la saisie de la Torah : la longueur, qui est la connaissance du texte, et la largeur, qui est le pilpoul et la finesse qu'elle contient.
💡 Explication

La phrase de Oulla fournit le fondement de la préférence énoncée par Rav Hisda. Les quatre amot désignent l'espace propre d'un homme ; l'expression rassemble donc l'idée d'un lieu et celle d'une occupation.

Trois conduites vont en découler dans les segments suivants : celle d'Abaye, celle de Rabbi Ami et Rabbi Assi, et le classement des lieux énoncé plus haut.

🖼️ Schéma
Depuis la destruction : ce qui reste au Saint béni soit-Il dans Son monde Avant la destruction le Temple, lieu de la Présence Après la destruction les quatre amot de la halakha seules Trois conduites tirées de cette phrase Rav Hisda portes distinguées par la halakha avant synagogues et beit midrach Abaye il déplace sa prière vers le lieu de son étude R. Ami et R. Assi treize synagogues à Tibériade ils prient entre les colonnes
La phrase de Oulla et les trois conduites qui en sont tirées.
19
וְאָמַר אַבַּיֵּי: מֵרֵישׁ הֲוָה גָּרֵיסְנָא בְּגוֹ בֵּיתָא וּמְצַלֵּינָא בְּבֵי כְנִישְׁתָּא. כֵּיוָן דִּשְׁמַעְנָא לְהָא דְּאָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַמֵּי מִשְּׁמֵיהּ דְּעֻולָּא — מִיּוֹם שֶׁחָרַב בֵּית הַמִּקְדָּשׁ אֵין לוֹ לְהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא בְּעוֹלָמוֹ אֶלָּא אַרְבַּע אַמּוֹת שֶׁל הֲלָכָה בִּלְבַד — לָא הֲוָה מְצַלֵּינָא אֶלָּא הֵיכָא דְּגָרֵיסְנָא.

Et Abaye a dit : au début j'étudiais chez moi et je priais à la synagogue. Lorsque j'ai entendu ce qu'a dit Rabbi Hiya bar Ami au nom de Oulla — depuis le jour où la Maison du sanctuaire a été détruite, le Saint béni soit-Il n'a dans Son monde que les quatre amot de la halakha seules —, je n'ai plus prié qu'à l'endroit où j'étudie.

💡 Explication

Abaye tire de la phrase de Oulla une conséquence sur le lieu de sa prière. La question de la prière avec le tsibbour, développée au début du folio, se trouve ici mise en balance avec la valeur du lieu d'étude.

20
רַבִּי אַמֵּי וְרַבִּי אַסִּי אַף עַל גַּב דַּהֲווֹ לְהוּ תְּלֵיסַר בֵּי כְּנִישְׁתָּא בִּטְבֶרְיָא לָא מְצַלּוּ אֶלָּא בֵּינֵי עַמּוּדֵי, הֵיכָא דְּהָווּ גָּרְסִי.

Rabbi Ami et Rabbi Assi, bien qu'ils eussent treize synagogues à Tibériade, ne priaient qu'entre les colonnes, là où ils étudiaient.

📜 Rachi (1)
בֵּינֵי עַמּוּדֵי שֶׁבֵּית הַמִּדְרָשׁ נָכוֹן עֲלֵיהֶם מִלְמַעְלָה:
car la maison d'étude était établie au-dessus d'elles.
💡 Explication

Le détail des treize synagogues rend la conduite plus frappante : l'abondance des lieux de prière n'a pas déplacé ces maîtres hors de leur lieu d'étude. Rachi précise que la maison d'étude était établie au-dessus de ces colonnes.

21
וְאָמַר רַבִּי חִייָּא בַּר אַמֵּי מִשְּׁמֵיהּ דְּעֻולָּא: גָּדוֹל הַנֶּהֱנֶה מִיגִיעוֹ יוֹתֵר מִיְּרֵא שָׁמַיִם, דְּאִילּוּ גַּבֵּי יְרֵא שָׁמַיִם כְּתִיב ״אַשְׁרֵי אִישׁ יָרֵא אֶת ה׳״, וְאִילּוּ גַּבֵּי נֶהֱנָה מִיגִיעוֹ כְּתִיב: ״יְגִיעַ כַּפֶּיךָ כִּי תֹאכֵל אַשְׁרֶיךָ וְטוֹב לָךְ״. ״אַשְׁרֶיךָ״ — בָּעוֹלָם הַזֶּה, ״וְטוֹב לָךְ״ — לָעוֹלָם הַבָּא, וּלְגַבֵּי יְרֵא שָׁמַיִם, ״וְטוֹב לָךְ״ לָא כְּתִיב בֵּיהּ.

Et Rabbi Hiya bar Ami a dit au nom de Oulla : celui qui jouit du fruit de son labeur est plus grand que celui qui craint le Ciel. Car à propos de celui qui craint le Ciel il est écrit : « heureux l'homme qui craint ה' » (Ps.

112, 1), tandis qu'à propos de celui qui jouit du fruit de son labeur il est écrit : « le labeur de tes mains, quand tu en mangeras, heureux es-tu et bien t'en sera » (Ps. 128, 2).

« Heureux es-tu » — dans ce monde ; « et bien t'en sera » — pour le monde à venir. Et à propos de celui qui craint le Ciel, « et bien t'en sera » n'est pas écrit.

🪔 Ben Yehoyada (1)
גָּדוֹל הַנֶּהֱנֶה מִיגִיעוֹ יוֹתֵר מִיְּרֵא שָׁמַיִם. מַקְשִׁים אִם אֵינוֹ יְרֵא שָׁמַיִם מַה יוֹעִיל, וְאִם הוּא יְרֵא שָׁמַיִם פְּשִׁיטָא וּמַאי קָא מַשְׁמַע לַן? וְנִרְאֶה לִי בס"ד יֵשׁ צַדִּיק מִיִּרְאָה, וְזֶה אֵינוֹ עוֹשֶׂה יוֹתֵר מִן הַחִיּוּב, וְזֶה מִמֵּילָא אֵינוֹ נֶהֱנֶה מִיְּגִיעוֹ בָּעוֹלָם הַזֶּה אֶלָּא הקב"ה שׁוֹמֵר שְׂכָרוֹ לָעוֹלָם הַבָּא וִיפַרְנְסֶנּוּ בְּתוֹרַת צְדָקָה, אֲבָל צַדִּיק מֵאַהֲבָה זֶה עוֹשֶׂה יוֹתֵר מִכְּדֵי חִיּוּבוֹ, וְכֵיוָן דְּעוֹשֶׂה יוֹתֵר מֵחִיּוּבוֹ יֵשׁ לוֹ שָׂכָר גַּם בָּעוֹלָם הַזֶּה, דְּהָא דְּאָמְרוּ שְׂכַר מִצְוֹת בְּהַאי עָלְמָא לֵיכָּא, הַיְינוּ שְׂכַר חִיּוּב וּכְמוֹ שֶׁפֵּירְשׁוּ בַּבָּרַייְתָא דְּעַל מְנָת שֶׁיִּחְיֶה בְּנִי, וּלְפִי זֶה הָעוֹבֵד מֵאַהֲבָה שֶׁעוֹשֶׂה יוֹתֵר מִכְּדֵי חִיּוּבוֹ זֶה נִקְרָא נֶהֱנֶה מִיְּגִיעוֹ, וְהִנֵּה אִם נִזְדַּמֵּן שֶׁזֶּה הָעוֹבֵד מֵאַהֲבָה שֶׁהוּא נֶהֱנֶה מִן יַגִּיעוּ, לֹא בָּאוּ לְיָדוֹ מִצְוֹת הַרְבֵּה כְּמוֹ אוֹתוֹ צַדִּיק מִיִּרְאָה, וְנִמְצָא שֶׁבִּמְסַפֵּר הַמִּצְוֹת אוֹתוֹ צַדִּיק מִיִּרְאָה גָּדוֹל מִמֶּנּוּ, עִם כָּל זֶה אוֹמֵר בְּכָל אֹופֶן שֶׁיִּהְיֶה הִנֵּה אוֹתוֹ הַנֶּהֱנֶה מִיְּגִיעַ כַּפּוֹ שֶׁהוּא צַדִּיק מֵאַהֲבָה נֶחְשָׁב גָּדוֹל מִזֶּה בֶּאֱמֶת. אִי נָמֵי נִרְאֶה לִי בס"ד דְּסָלְקָא דַּעְתָּךְ יְרֵא שָׁמַיִם וְנֶהֱנָה מִיְּגִיעַ כַּפּוֹ, שֶׁיֵּשׁ לוֹ עֵסֶק וּמְלָאכָה בְּאֵיזֶה שָׁעוֹת מִן הַיּוֹם, גָּרַע מִן יְרֵא שָׁמַיִם שֶׁאֵינוֹ נֶהֱנֶה מִיְּגִיעוֹ אֶלָּא נוֹתְנִים לוֹ הַסְפָּקָה וְעוֹסֵק בַּתּוֹרָה כָּל הַיּוֹם כֻּולּוֹ, מִפְּנֵי שֶׁזֶּה עוֹסֵק בַּתּוֹרָה כָּל הַיּוֹם, וְזֶה עוֹסֵק בִּקְצָת מִן הַיּוֹם, וּלְהָכִי קָא מַשְׁמָע לַן דְּאַדְּרַבָּה הָאֱמֶת הוּא לְהֵפֶךְ, דִּירֵא שָׁמַיִם וְגַם נֶהֱנֶה מִיְּגִיעוֹ עָדִיף וְנִרְאֶה לִרְמֹוז בס"ד מ"ש וְטוֹב לְךָ בִּיגִיעַ כַּפַּיִם מִפְּנֵי שֶׁהַיָּד מִתְּחִלָּתָהּ וְעַד סוֹפָהּ יֵשׁ בָּהּ טו"ב [17] פְּרָקִים עַד חִיבּוּר הַכָּתֵף לִרְמֹוז מִי שֶׁהוּא יְגִיעַ כַּפַּיִם טוֹב לוֹ.
« Celui qui jouit du fruit de son labeur est plus grand que celui qui craint le Ciel. » On demande : s'il ne craint pas le Ciel, à quoi cela sert-il ? Et s'il craint le Ciel, cela va de soi — que nous apprend-on ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'il y a un juste par crainte, lequel ne fait rien de plus que son obligation ; celui-là, par conséquent, ne jouit pas du fruit de son labeur en ce monde, mais le Saint béni soit-Il lui garde son salaire pour le monde à venir et le nourrit ici à titre de tsedaka. Le juste par amour, lui, fait plus que son obligation ; et puisqu'il fait plus que son obligation, il a un salaire même en ce monde, car ce que l'on a dit, qu'il n'y a pas de salaire des mitsvot en ce monde, vise le salaire de l'obligation, comme on l'a expliqué dans la baraita à propos de celui qui donne à condition que son fils vive. Selon cela, celui qui sert par amour, faisant plus que son obligation, est celui que l'on appelle jouissant du fruit de son labeur. Et s'il arrivait que ce serviteur par amour, qui jouit du fruit de son labeur, n'ait pas eu en main autant de mitsvot que ce juste par crainte, de sorte que par le nombre des mitsvot ce juste par crainte lui soit supérieur, malgré cela il dit qu'en tout état de cause celui qui jouit du fruit de ses mains, étant un juste par amour, est en vérité tenu pour plus grand que lui. Ou bien il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'on aurait pu penser que celui qui craint le Ciel et jouit du fruit de ses mains, ayant une affaire et un travail quelques heures du jour, est inférieur à celui qui craint le Ciel et ne jouit pas de son labeur mais reçoit sa subsistance et s'occupe de Torah tout le jour, l'un s'occupant de Torah tout le jour et l'autre une partie du jour ; on nous apprend donc qu'au contraire la vérité est inverse, et que celui qui craint le Ciel et jouit aussi du fruit de son labeur est préférable. On peut y voir une allusion, avec l'aide du Ciel : il est dit « et bien t'en sera » à propos du labeur des mains, parce que la main, de son début à sa fin, comporte tov, dix-sept articulations, jusqu'à la jointure de l'épaule — allusion à ce que bien en est à celui qui peine de ses mains.
💡 Explication

La preuve repose sur une comparaison de formules. Les deux versets commencent par achrei, heureux ; le second ajoute ve-tov lakh, et bien t'en sera, que le premier né comporte pas. Les sages rapportent le premier terme à ce monde et le second au monde à venir.

🖼️ Schéma
La preuve tirée de deux versets : ce qui est écrit et ce qui manque Yéré chamayim Ps. 112, 1 achrei ich — heureux l'homme ve-tov lakh : absent Nehéné mi-yegio Ps. 128, 2 achrekha — ce monde ve-tov lakh — le monde à venir Le second verset porte les deux termes ; de là, la supériorité énoncée par Oulla.
Ce que chaque verset porte, et le terme qui manque à l'un des deux.
22
וְאָמַר רַבִּי חִייָּא בַּר אַמֵּי מִשְּׁמֵיהּ דְּעֻולָּא: לְעוֹלָם יָדוּר אָדָם בִּמְקוֹם רַבּוֹ, שֶׁכָּל זְמַן שֶׁשִּׁמְעִי בֶּן גֵּרָא קַיָּים, לֹא נָשָׂא שְׁלֹמֹה אֶת בַּת פַּרְעֹה.

Et Rabbi Hiya bar Ami a dit au nom de Oulla : que l'homme réside toujours au lieu où réside son maître. Car tant que Chimi ben Guera fut en vie, Chelomo n'épousa pas la fille de Pharaon.

📜 Rachi (1)
שֶׁכָּל זְמַן שֶׁשִּׁמְעִי בֶּן גֵּרָא קַיָּים כו' דְּסָמוּךְ לְמִיתַת שִׁמְעִי כְּתִיב וַיִּתְחַתֵּן שְׁלֹמֹה אֶת פַּרְעֹה (מְלָכִים א ג׳:א׳):
car juste après la mort de Chimi il est écrit « et Chelomo s'allia par mariage à Pharaon » (I R. 3, 1).
💡 Explication

La preuve est tirée de l'ordre des récits dans le livre des Rois. Rachi le relève : le mariage de Chelomo avec la fille de Pharaon est mentionné juste après la mort de Chimi ben Guera, ce qui rattache l'un à l'autre.

23
וְהָתַנְיָא אַל יָדוּר!

Mais n'a-t-on pas enseigné : qu'il n'y réside pas !

💡 Explication

Une baraita énonce la règle inverse. La contradiction porte sur le même objet, la proximité du maître, ce qui appelle une distinction entre deux cas.

24
לָא קַשְׁיָא, הָא דְּכָייֵף לֵיהּ, הָא דְּלָא כְּיִיף לֵיהּ.

Cela ne fait pas difficulté : ici, lorsqu'il se soumet à lui ; là, lorsqu'il ne se soumet pas à lui.

📜 Rachi (1)
הָא דְּכָיֵיף לֵיהּ אִם כָּפוּף הוּא לְרַבּוֹ לְקַבֵּל תּוֹכַחְתּוֹ יָדוּר אֶצְלוֹ. וְאִם לָאו טוֹב לְהִתְרַחֵק מִמֶּנּוּ וִיהִי שׁוֹגֵג וְאַל יְהִי מֵזִיד:
s'il est soumis à son maître au point d'accepter sa réprimande, qu'il réside auprès de lui ; sinon, il vaut mieux qu'il s'en éloigne, et qu'il soit fautif par mégarde plutôt que sciemment.
💡 Explication

Le terme kayef, soumis, désigne le disciple qui accepte la réprimande de son maître. Rachi tire la conséquence dans les deux sens : celui-là doit résider auprès de lui ; celui qui ne l'accepte pas fera mieux de s'en éloigner, afin de fauter par mégarde plutôt que sciemment.

🖼️ Schéma
Résider au lieu de son maître : deux baraitot, une distinction Le disciple est-il kayef ? Il se soumet, il accepte la réprimande qu'il réside auprès de lui preuve : Chimi ben Guera et Chelomo Il ne se soumet pas qu'il s'en éloigne Rachi : fautif par mégarde plutôt que sciemment
La distinction qui concilie les deux enseignements.
25
אָמַר רַב הוּנָא בַּר יְהוּדָה, אָמַר רַבִּי מְנַחֵם, אָמַר רַבִּי אַמִּי: מַאי דִכְתִיב, ״וְעוֹזְבֵי ה׳ יִכְלוּ״ — זֶה הַמַּנִּיחַ סֵפֶר תּוֹרָה וְיוֹצֵא.

Rav Houna bar Yehouda a dit au nom de Rabbi Menahem au nom de Rabbi Ami : que signifie ce qui est écrit : « et ceux qui abandonnent ה' périront » (Is. 1, 28) ?

Il s'agit de celui qui laisse le sefer Torah et sort.

💡 Explication

Le folio revient à la synagogue par la question du respect du sefer Torah pendant la lecture publique. Le verset d'Isaie fournit la qualification ; les segments suivants en délimitent l'application par des cas concrets.

🖼️ Schéma
Sortir pendant la lecture publique : les cas du folio Principe : celui qui laisse le sefer Torah et sort relève de ceux qui abandonnent ה' (Is. 1, 28) Entre deux appelés Rabbi Abahou sortait permis Entre deux versets question de Rav Papa teikou : sans réponse Rester et étudier Rav Chechet tourne le visage nous aux nôtres, eux aux leurs Tossefot : le Rif restreint le cas de Rav Chechet dix présents sans lui, et sa Torah était son métier
Le principe et les trois cas qui le délimitent dans les segments suivants.
26
רַבִּי אֲבָהוּ נָפֵיק בֵּין גַּבְרָא לְגַבְרָא.

Rabbi Abahou sortait entre un homme et l'autre.

💡 Explication

Le premier cas fixe une limite : entre deux appelés à la Torah, le rouleau est fermé et la lecture interrompue, de sorte que la sortie ne constitue pas un abandon.

27
בָּעֵי רַב פָּפָּא: בֵּין פְּסוּקָא לִפְסוּקָא מַהוּ?

Rav Papa demanda : entre un verset et l'autre, qu'en est-il ?

💡 Explication

Le cas intermédiaire porte sur la pause qui sépare deux versets à l'intérieur d'une même lecture. Le rouleau reste ouvert et le lecteur reste en place, ce qui laisse la question ouverte.

28
תֵּיקוּ.

Cela reste en suspens.

💡 Explication

Le mot teikou clôt la question sans la trancher. En pratique, l'absence de décision impose la retenue.

29
רַב שֵׁשֶׁת מַהְדַּר אַפֵּיהּ וְגָרֵיס. אָמַר: אֲנַן בְּדִידַן וְאִינְהוּ בְּדִידְהוּ.

Rav Chechet tournait son visage et étudiait. Il disait : nous à ce qui nous revient, et eux à ce qui leur revient.

📜 Rachi (1)
מַהְדַּר אַפֵּיהּ וְגָרֵיס מִשְּׁנָתוֹ כְּשֶׁקּוֹרִין בְּסֵפֶר תּוֹרָה:
il répétait sa michna pendant qu'on lisait dans le sefer Torah.
🗂️ Tossefot (1)
רַב שֵׁשֶׁת מַהְדַּר אַפֵּיהּ וְגָרֵיס וא"ת וְהָא אָמְרִינַן בְּסוֹטָה (פ"ז ד' לט.) מַאי דַּכְתִּי' וּכְפִתְחוֹ עָמְדוּ כָל הָעָם (נְחֶמְיָה ח׳:ה׳) כֵּיוָן שֶׁנִּפְתַּח סֵפֶר תּוֹרָה אָסוּר לְסַפֵּר אַפֵּי' בִּדְבַר הֲלָכָה. וְיֵשׁ לוֹמַר הָתָם אַיְירֵי בְּקוֹל רָם כְּדֵי שֶׁלֹּא יְבַטְּלוּ קוֹל קְרִיאַת הַתּוֹרָה וְהָכָא אַיְירֵי בְּנַחַת. וְהַאי דְּקָא מַהְדַּר אַפֵּיהּ רְבוּתָא מַשְׁמַע אע"ג דְּמַהְדַּר אַפֵּיהּ שֶׁנִּרְאֶה כְּמַנִּיחַ סֵפֶר תּוֹרָה שַׁפִּיר דָּמֵי וְהַאי דְּאַהְדַּר אַפֵּיהּ כְּדֵי שֶׁיְּכַווֵּן גִּרְסָתוֹ. וְרַב אִלְפָּס (מְגִילָּה פ"ד) כָּתַב דה"ג מְפָרְשִׁי דַּוְקָא שֶׁיֵּשׁ שָׁם עֲשָׂרָה אַחֲרֵינִי אָז יָכוֹל לִלְמֹוד. אֲבָל אֵין שָׁם עֲשָׂרָה כִּי אִם עִמּוֹ לֹא. וְהָכָא מַיְירֵי שֶׁהָיוּ שָׁם עֲשָׂרָה בְּלֹא הוּא וְעוֹד תֵּירֵץ הַאַלְפָסִי שָׁאנֵי רַב שֵׁשֶׁת שֶׁתּוֹרָתוֹ אוֹמַנְתּוֹ הוּא. וַאֲנַן מִסְתַּבֵּר לָן כִּי הַאי תֵּירוּצָא:
Et si tu dis : n'avons-nous pas dit dans Sota (chap. 7, 39a) : que signifie ce qui est écrit « et lorsqu'il l'ouvrit, tout le peuple se tint debout » (Né. 8, 5) ? Dès lors que le sefer Torah est ouvert, il est interdit de parler, même d'une parole de halakha. On peut répondre que là-bas il s'agit de parler à voix haute, afin de ne pas empêcher d'entendre la voix de la lecture de la Torah, tandis qu'ici il s'agit de parler à voix basse. Et le fait qu'il tournait son visage indique une chose plus forte : bien qu'il tournât son visage, ce qui donne l'apparence de laisser le sefer Torah, cela est permis ; et s'il tournait son visage, c'était pour appliquer son attention à son étude. Le Rif (Meguila, ch. 4) a écrit que les géonim expliquent qu'il faut précisément qu'il y ait là dix autres personnes pour qu'il puisse étudier, mais que si les dix ne sont atteints qu'avec lui, non ; et ici il s'agissait d'un cas où dix étaient présents sans lui. Le Rif a encore répondu que Rav Chechet fait exception, sa Torah étant son métier. Et pour nous, c'est cette dernière réponse qui paraît la plus vraisemblable.
💡 Explication

Rav Chechet reste dans la synagogue et étudie pendant la lecture. Rachi précise l'objet de cette étude : il répétait sa michna.

Tossefot soulève la contradiction avec le traité Sota, où il est interdit de parler dès lors que le rouleau est ouvert, même d'une parole de halakha. Deux réponses sont données : là-bas il s'agit de parler à voix haute, et le Rif restreint le cas de Rav Chechet à la présence de dix autres personnes, ou bien à celui dont la Torah est le métier — réponse que Tossefot retient comme la plus vraisemblable.

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אָמַר רַב הוּנָא בַּר יְהוּדָה, אָמַר רַבִּי אַמִּי: לְעוֹלָם יַשְׁלִים אָדָם פָּרָשִׁיּוֹתָיו עִם הַצִּבּוּר. שְׁנַיִם מִקְרָא וְאֶחָד תַּרְגּוּם.

Rav Houna bar Yehouda a dit au nom de Rabbi Ami : que l'homme achève toujours ses sections avec la communauté : deux fois le texte et une fois le Targoum.

📜 Rachi (1)
יַשְׁלִים פָּרָשֻׁיּוֹתָיו שֶׁל כָּל שַׁבָּת וְשַׁבָּת:
celles de chaque chabbat.
🗂️ Tossefot (1)
שְׁנַיִם מִקְרָא וְאֶחָד תַּרְגּוּם. יֵשׁ מְפָרְשִׁים וְהוּא הַדִּין לַלּוֹעֲזוֹת בְּלַעַ"ז שֶׁלָּהֶן הָוֵי כְּמוֹ תַּרְגּוּם שֶׁמְּפָרֵשׁ לִפְעָמִים. כִּי כְּמוֹ שֶׁהַתַּרְגּוּם מְפָרֵשׁ לע"ה כָּךְ הֵם מְבִינִים מִתּוֹךְ הַלַּעַ"ז. וְלָא נְהִירָא שֶׁהֲרֵי הַתַּרְגּוּם מְפָרֵשׁ בַּמֶּה שֶׁאֵין לִלְמֹוד מִן הָעִבְרִי כִּדְאַשְׁכְּחַן בְּכַמָּה דֻּוכְתֵי דְּאָמַר רַב יוֹסֵף (מְגִילָּה ד' ג.) אִלְמָלֵא תַּרְגּוּמָא דְּהַאי קְרָא לָא יָדַעְנָא מַאי קָאָמַר ע"כ אֵין לוֹמַר בְּשׁוּם לְשׁוֹן פַּעַם שְׁלִישִׁית כִּי אִם בִּלְשׁוֹן תַּרְגּוּם:
Certains expliquent qu'il en va de même pour ceux qui parlent une langue étrangère : dans leur langue, cela vaut comme le Targoum, qui explique parfois ; car de même que le Targoum explique pour l'homme du peuple, ainsi comprennent-ils par cette langue. Cela ne paraît pas juste, car le Targoum explique ce que l'on ne peut apprendre de l'hébreu, comme nous le trouvons en plusieurs endroits où Rav Yossef dit (Meguila 3a) : sans le Targoum de ce verset, je ne saurais pas ce qu'il dit. Par conséquent, il ne faut dire la troisième fois en aucune autre langue que celle du Targoum.
💡 Explication

La règle fixe une lecture personnelle réglée sur le calendrier public : chaque semaine, la paracha lue à la synagogue doit avoir été parcourue deux fois dans le texte et une fois dans sa traduction araméenne. Rachi précise qu'il s'agit de la section de chaque chabbat.

Tossefot écarte l'idée de remplacer le Targoum par une traduction en langue vernaculaire : le Targoum apporte ce que l'hébreu seul ne donne pas, comme le montre Rav Yossef dans Meguila, et la troisième lecture doit donc se faire dans cette langue.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).