Chagigah 19b — La chardalit qui relie les cuvettes, puis les échelons de pureté de la michna

Chagigah 19b

Sougya : Le folio s'ouvre sur la fin du débat concernant Rabbi Yehouda et le principe du gud assik, tire et fais monter la cloison. Rabbi Yo'hanan avait voulu prouver, à partir de la tossefta des trois cuvettes du oued reliées par une chardalit, que Rabbi Yehouda accepte ce principe ; Oulla lui oppose une seconde version de la même baraita, où Rabbi Yehouda conteste explicitement Rabbi Meir, et Rabbi Yo'hanan se rétracte.

La guemara passe ensuite à la michna des échelons de pureté : celui qui s'immerge en vue des houlin reste interdit pour le maasser, ce qui suppose l'avis des Sages, tandis que la dernière clause, qui passe des perouchin directement à la terouma, suppose celui de Rabbi Meir. La guemara accepte d'abord de partager la michna entre deux tanaim, puis rapporte la version de Rav Aha bar Ada, qui compte cinq échelons dans la dernière clause et rétablit ainsi l'unité de la michna selon les Sages.

Le folio se ferme sur Rav Mari, qui déduit de la michna que des houlin préparés selon la pureté du kodech ont le statut du kodech, et sur la question de la source de cette déduction.

Les trois cuvettes du oued, reliées par la chardalit tossefta Mikvaot 3,3 — citée par Rabbi Yo'hanan pour trancher la question d'Oulla Cuvette supérieure 20 saa — mikve incomplet Cuvette médiane 40 saa — mikve complet Cuvette inférieure 20 saa — mikve incomplet chardalit chardalit torrent de pluie qui court en pente et relie les trois creux Rabbi Meir on immerge dans la supérieure il tient gud assik : les 40 saa de la médiane sont tenus pour montés jusqu'en haut Rabbi Yehouda, seconde version dans l'inférieure et non dans la supérieure il tient gud ahit et refuse gud assik : l'eau descend, elle ne monte pas
Les trois cuvettes du oued reliées par la chardalit, et ce que chaque tana en tire.
L'échelle des maalot : chaque degré est un am haarets pour le degré au-dessus michna Chagigah 18b — les vêtements de l'un sont midras, impureté de foulage, pour l'autre Am haarets ses vêtements sont midras pour : Perouchin — houlin en pureté Mangeurs de terouma Mangeurs de kodech Eau de la hatat Le degré manquant entre les perouchin et la terouma, la michna n'insère aucun échelon pour le maasser houlin et maasser se trouvent donc sur le même barreau : c'est Rabbi Meir La version de Rav Aha bar Ada il enseigne cinq échelons dans la clause finale et intercale : les vêtements de ceux qui mangent des houlin en pureté sont midras pour ceux qui mangent du maasser la michna entière redevient celle des Sages Le partage entre houlin et maasser est l'enjeu unique de toute la page.
L échelle des maalot de la michna et l échelon du maasser, absent ou présent selon la version.
Une michna, deux tanaim ? Les deux issues de la guemara Début : il s'immerge pour les houlin, il reste interdit pour le maasser houlin et maasser sont distingués : avis des Sages Première issue : on partage la clause finale ne connaît que quatre échelons et saute le maasser elle suit donc Rabbi Meir, pour qui houlin et maasser sont équivalents début aux Sages, fin à Rabbi Meir Seconde issue : Rav Aha bar Ada il enseigne cinq échelons dans la finale et rétablit l'échelon du maasser le partage entre houlin et maasser court alors d'un bout à l'autre la michna entière est des Sages Nafka mina : la leçon exacte de la clause finale de la michna celui qui compte quatre échelons doit admettre deux auteurs pour une seule michna ; celui qui en compte cinq garde une michna d'un seul tenant.
Les deux manières de rendre compte du désaccord entre le début et la fin de la michna.
1
מֵאִיר הָיָה אוֹמֵר: מַטְבִּיל בָּעֶלְיוֹנָה, וַאֲנִי אוֹמֵר: בַּתַּחְתּוֹנָה וְלֹא בָּעֶלְיוֹנָה! אֲמַר לֵיהּ: אִי תַּנְיָא — תַּנְיָא.

« ... Meir disait : on immerge dans la cuvette supérieure, et moi je dis : dans l'inférieure et non dans la supérieure ! » Il lui dit : si cela est enseigné, cela est enseigné.

📜 Rachi (3)
ה"ג מֵאִיר הָיָה אוֹמֵר מַטְבִּילִין בָּעֶלְיוֹנָה ול"ג מִכְּלָל דְּר' יְהוּדָה וה"פ ר' יְהוּדָה אוֹמֵר מֵאִיר הָיָה אוֹמֵר מַטְבִּילִין בָּעֶלְיוֹנָה דְּאָמַר גּוֹד אַסִּיק אֶת מֵי אֶמְצָעִיתָהּ לְמַעְלָה ע"י חַרְדְּלִית שֶׁל גְּשָׁמִים לְהַכְשִׁיר אֶת הָעֶלְיוֹנָה וְכָל שֶׁכֵּן דְּמַטְבִּילִין בַּתַּחְתּוֹנָה דְּכֵיוָן דְּאִית לֵיהּ גּוּד אַסִּיק כ"ש דְּאִית לֵיהּ גּוּד אַחִית וּמִדְּלָא קָתָנֵי וַאֲנִי חוֹלֵק עָלָיו לוֹמַר כָּךְ וְכָךְ ש"מ דְּר' יְהוּדָה כר"מ ס"ל:
Telle est la leçon : « Meir disait : on immerge dans la supérieure », et l'on ne lit pas : « d'où il ressort que Rabbi Yehouda... ». Voici le sens : Rabbi Yehouda dit : Meir disait qu'on immerge dans la supérieure, car il tient le gud assik — on tire l'eau de la cuvette médiane et on la fait monter par le moyen de la chardalit, le torrent de pluie, pour rendre la supérieure apte ; et à plus forte raison immerge-t-on dans l'inférieure, puisque celui qui tient le gud assik tient à plus forte raison le gud ahit. Et du fait que la baraita n'enseigne pas « et moi je le conteste en disant ceci et cela », on en déduit que Rabbi Yehouda pense comme Rabbi Meir.
וְהָא תַּנְיָא דְּחָלוּק עָלָיו וה"ג מֵאִיר הָיָה אוֹמֵר מַטְבִּילִין בָּעֶלְיוֹנָה וַאֲנִי אוֹמֵר בַּתַּחְתּוֹנָה וְלֹא בָּעֶלְיוֹנָה אַלְמָא פְּלִיג עָלֶיהָ:
Mais il est enseigné — qu'il le conteste ; et telle est la leçon : « Meir disait : on immerge dans la supérieure, et moi je dis : dans l'inférieure et non dans la supérieure. » Il ressort donc qu'il le conteste.
אֲמַר לְהוּ אִי תַּנְיָא בְּהֶדְיָא דְּחוֹלְקִין תַּנְיָא וְנֵלֵךְ אַחֲרֶיהָ וְחוֹזֵר אֲנִי בִּי וּבַלָּשׁוֹן הַכָּתוּב בַּסְּפָרִים אֵינִי יָכוֹל לְהַעֲמִידָהּ דא"כ מַתְנְיָיתָא קַשְׁיָין אַהֲדָדֵי וּמַאי חָזֵית דְּצָיֵית לְבָתְרָיָיתָא:
Il leur dit : si cela est enseigné — si l'on enseigne explicitement qu'ils sont en désaccord, alors cela est enseigné et nous suivons cette baraita, et je me rétracte. Selon la formulation écrite dans les livres je ne puis la maintenir, car les baraitot se contrediraient alors l'une l'autre, et qu'aurais-tu vu pour obéir à la dernière ?
🗂️ Tossefot (1)
בַּתַּחְתּוֹנָה וְלֹא בָּעֶלְיוֹנָה. מַשְׁמַע הָכָא דְּקָטַפְרֵס הָוֵי חִיבּוּר וַאֲנַן תְּנַן וּמַיְיתֵי לָהּ פּ"ב דְּגִיטִּין (דַּף טז. וְשָׁם) הַנִּצּוֹק וְהַקָּטַפְרֵס וּמַשְׁקֶה טוֹפֵחַ אֵינוֹ חִיבּוּר לֹא לְטֻומְאָה וְלֹא לְטָהֳרָה . וְעוֹד לָמָּה לִי ג' גְּמָמִיּוֹת בִּתְרֵי סַגִּי בָּזֶה כ' וּבְזֶה כ' וְחַרְדְּלִית מְחַבַּרְתָּן וְתֵירֵץ ר"ת דְּשָׁאנֵי הָכָא דְּאִיכָּא מִקְוֶה שָׁלֵם בָּאֶמְצַע וְכֵן מַשְׁמַע בְּפֶ' בָּתְרָא דע"ז (דַּף עב. וְשָׁם) מִתּוֹךְ פרש"י שָׁפֵי' קָטַפְרֵס גְּמָמִיּוֹת בָּזֶה כ' וּבָזֶה כ' וְחַרְדְּלִית מְחַבַּרְתָּן וְלָא נְקַט ג' כִּדְאִיתָא הָכָא אַלְמָא מִסְתַּבֵּר לֵיהּ טַעְמָא שֶׁיֵּשׁ לְחַלֵּק וְאַל תִּתְמַהּ הֵיכִי מְדַמֶּה לֵיהּ לְמִיפְשַׁט מֵהַךְ דְּהָכָא בְּעָייָתוֹ מַהוּ לְהַטְבִּיל מְחָטִין וְצִינּוֹרוֹת בְּרֹאשׁוֹ שֶׁל רִאשׁוֹן כְּהַהוּא דִּלְעֵיל וְלָא קָאָמַר דְּשָׁאנֵי הָתָם מִשּׁוּם מִקְוֶה שָׁלֵם דְּהָתָם לְעֵיל אִיכָּא טַעְמָא אַחַרְיַנָא קָטַפְרֵס שֶׁסּוֹפוֹ לֵירֵד מַה שֶׁבְּרֹאשׁוֹ שֶׁל רִאשׁוֹן וּבְהָכִי מְתָרְצִינַן קֻושְׁיָא אַחֲרִינ' דְּקַשְׁיָא לר"ת דְּמַשְׁמַע הָתָם בְּגִיטִּין דְּנִצּוֹק וְקָטַפְרֵס אֵינוֹ חִיבּוּר וּמַסִּיק לְעִנְיַן מִקְוָאוֹת וְר' יְהוּדָה הִיא מַשְׁמַע דְּאַף ר' יְהוּדָה מוֹדֵי לֵיהּ וּלְעֵיל קָאָמַר אִם הָיוּ רַגְלָיו שֶׁל רִאשׁוֹן נוֹגְעוֹת בַּמַּיִם אַף שֵׁנִי טָהוֹר אַלְמָא קָטַפְרֵס חִיבּוּר אֶלָּא וַדַּאי שָׁאנֵי הָכָא שֶׁסּוֹפוֹ לֵירֵד וּמִיהוּ יֵשׁ לִדְחוֹת הַךְ דְּלָא מוּקִי כְּר' יְהוּדָה רַק הַהִיא דְּטוֹפֵחַ ע"מ לְהַטְפִּיחַ וְלָא תַּנְיָא בְּהֶדְיָא הַהוּא דְּנִצּוֹק וְקָטַפְרֵס וְהַהוּא דְּפֶ' בָּתְרָא דע"ז (ג"ז שָׁם:) גַּבֵּי הַמְעָרֶה יֵין נֶסֶךְ מֵחָבִית לַבּוֹר דְּלָא חֲשִׁיב נִצּוֹק חִיבּוּר אע"ג דְּסוֹפוֹ לֵירֵד יֵשׁ לְחַלֵּק בֵּין נִצּוֹק לְקָטַפְרֵס דְּאֵין דֶּרֶךְ נִצּוֹק לָבֹא כִּי אִם דֶּרֶךְ אֲוִיר וְכִי מְדַיֵּיק הָתָם מִגִּישְׁתָּא וּבַת גִּישְׁתָּא דְּאַנַּח נָכְרִי יָדֶיהָ עִילָּוֵיהּ וְאַסְרֵיהּ רָבָא שְׁמַע מִינַּהּ נִצּוֹק חִיבּוּר וְלָא מְחַשֵּׁב קָטַפְרֵס י"ל דְּלָא דָּמֵי לְרַגְלָיו שֶׁל שֵׁנִי נוֹגְעוֹת בַּמַּיִם דְּהָא יַיִן שֶׁבְּתוֹךְ הַגִּישְׁתָּא אֵין סוֹפוֹ לֵירֵד בְּתוֹךְ הֶחָבִית וּלְפִי מַה שֶׁפֵּירֵשׁ הר"י הָתָם הַהִיא דְּנִצּוֹק וְקָטַפְרֵס מִיתַּנְיָא לְעִנְיַן הַשָּׁקָה בְּמַס' טְהָרוֹת (פ"ח מ"ט) דֻּומְיָא דְּרֵישָׁא דְּמַקֵּל מָלֵא מַשְׁקִין טְמֵאִין וְהֵשִׁיקוּ לַמִּקְוֶה אָז יִתָּכֵן שַׁפִּיר הַהִיא דְּהָכָא לְעִנְיַן טְבִילָה מְהַנֵּי נִצּוֹק וְקָטַפְרֵס וְאַפֵּי' לֵית בֵּיהּ מ' סְאָה נָמֵי מַטְבִּילִין בַּתַּחְתּוֹנָה וְכִי נְקַט מ' סְאָה לִרְבוּתָא דְּעֶלְיוֹנָה דְּאֵין מַטְבִּילִין בָּהּ וְר' יְהוּדָה הִיא א"נ לְאַשְׁמְעִינַן דְּאַפֵּ"ה קָתָנֵי בְּסֵיפָא בַּתּוֹסֶפְתָּא וחכ"א אֵין מַטְבִּילִין אֶלָּא בָּאֶמְצָעִית ואע"פ שֶׁיֵּשׁ אַרְבָּעִים בָּאֶמְצָעִית אֵין מַטְבִּילִין בַּתַּחְתּוֹנָה וְהָתָם הֶאֱרַכְתִּי וְלֹא שַׁיָּיךְ הָכָא כְּלָל רַק לְקַמָּן אֲפָרֵשׁ (בְּפֶ' חֹומֶר בַּקֹּודֶשׁ דַּף כא: בד"ה כְּעָובְיָהּ):
« Dans l'inférieure et non dans la supérieure. » Il ressort d'ici que le katafres, l'écoulement en pente, constitue un lien, un hibour ; or nous avons appris — et la michna est citée au chapitre deux de Guittin (16a) — : « le nitsok, le katafres et le liquide humide au point de mouiller ne constituent pas un lien, ni pour l'impureté ni pour la pureté ». En outre, pourquoi faut-il trois cuvettes ? Deux suffiraient : vingt dans l'une, vingt dans l'autre, et la chardalit les relie. Rabbenou Tam a répondu qu'ici il en va autrement, parce qu'il y a au milieu un mikve complet ; et cela ressort aussi du dernier chapitre d'Avoda Zara (72a), à partir du commentaire de Rachi, qui explique le katafres par des cuvettes, vingt dans l'une et vingt dans l'autre, et une chardalit qui les relie, sans mentionner trois cuvettes comme ici : il tenait donc pour raisonnable qu'il y ait lieu de distinguer. Et ne t étonne pas de ce que la guemara les rapproche au point de vouloir résoudre d'ici la question d'Oulla — peut-on immerger des aiguilles et des tsinorot sur la tête du premier, comme dans le cas rapporté plus haut — sans dire que là-bas il en va autrement du fait du mikve complet : car là-bas, plus haut, il existe une autre raison, à savoir le katafres dont le terme est de descendre, pour ce qui se trouve sur la tête du premier. Par là se résout une autre difficulté opposée à Rabbenou Tam : il ressort de Guittin que le nitsok et le katafres ne font pas lien, et la guemara y conclut « quant aux mikvaot, et c'est l'avis de Rabbi Yehouda », ce qui laisse entendre que même Rabbi Yehouda le lui concède, alors que plus haut il est dit « si les pieds du premier touchaient l'eau, même le second est pur », d'où il ressort que le katafres fait lien ; il faut donc bien qu'ici il en aille autrement, puisque son terme est de descendre. On peut toutefois écarter cette preuve, car là-bas la guemara n'établit selon Rabbi Yehouda que l'enseignement du « humide au point de mouiller », tandis que celui du nitsok et du katafres n'est pas enseigné explicitement en son nom. Quant au passage du dernier chapitre d'Avoda Zara, au sujet de celui qui verse du vin de libation d'un tonneau dans une fosse, où le nitsok n'est pas tenu pour un lien bien que son terme soit de descendre, on peut distinguer le nitsok du katafres, car le nitsok ne se produit que par l'air. Et lorsque la guemara y déduit du cas de la guichta et de la bat guichta, où un non-Juif a posé sa main dessus et où Rava a interdit, que le nitsok fait lien et n'est pas tenu pour un katafres, on peut répondre que le cas ne ressemble pas à celui des pieds du second qui touchent l'eau, car le vin contenu dans la guichta n'a pas pour terme de descendre dans le tonneau. Et selon l'explication du Ri, pour qui l'enseignement du nitsok et du katafres est énoncé là-bas à propos de la hachaka, la mise en contact, dans le traité Taharot (8, 9), à l'image du début de la michna sur le bâton rempli de liquides impurs que l'on a mis en contact avec un mikve, alors le cas d'ici s'accorde bien : pour l'immersion, le nitsok et le katafres sont efficaces, et même si l'inférieure ne contient pas quarante saa on y immerge ; si la baraita mentionne quarante saa, c'est pour la nouveauté qui concerne la supérieure, dans laquelle on n'immerge pas, et c'est l'avis de Rabbi Yehouda. Ou bien c'est pour nous apprendre que malgré cela la suite de la tossefta enseigne : « et les Sages disent : on n'immerge que dans la médiane » — et bien qu'il y ait quarante saa dans la médiane, on n'immerge pas dans l'inférieure. J'ai développé cela là-bas ; ce n'est pas le lieu ici, et j'en traiterai plus loin, au chapitre Homer bakodech (21b, au mot keovyah).
💡 Explication

Le folio précédent avait posé la question d'Oulla : Rabbi Yehouda, qui tient le gud ahit — tire la cloison vers le bas —, tient-il aussi le gud assik, tire la cloison vers le haut ? Rabbi Yo'hanan avait répondu par la tossefta des trois cuvettes du oued : la supérieure et l'inférieure contiennent vingt saa chacune, la médiane quarante, et une chardalit, un torrent de pluie, court entre elles. Rabbi Yehouda y rapporte l'avis de Rabbi Meir, qui permet d'immerger dans la supérieure, et ne le conteste pas — signe qu'il l'approuve et donc qu'il tient le gud assik.

Oulla produit ici une seconde version de la même baraita, où Rabbi Yehouda ajoute : « et moi je dis : dans l'inférieure et non dans la supérieure. » Le désaccord y est explicite, et Rabbi Yehouda refuse donc le gud assik.

La réponse de Rabbi Yo'hanan, « i tania — tania », si cela est enseigné, cela est enseigné, vaut rétractation : devant une baraita transmise en termes explicites, la déduction tirée du silence ne tient plus.

🖼️ Schéma
Gud ahit et gud assik : deux extensions fictives de la cloison Gud ahit — tire et fais descendre ce qui se tient en haut est regardé comme prolongé vers le bas l'eau qui mouille le corps de celui qui s'immerge rejoint le mikve Rabbi Yehouda l'admet Gud assik — tire et fais monter ce qui se tient en bas est regardé comme prolongé vers le haut le corps de celui qui s'immerge devient lui-même une part du mikve Rabbi Yehouda le refuse Réponse à la question d'Oulla on n'immerge pas aiguilles et tsinorot sur la tête du premier Rabbi Yo'hanan avait voulu prouver le contraire par la tossefta ; la seconde baraita le contraint à se rétracter. Sa formule, si cela est enseigné cela est enseigné, marque la soumission de la déduction au texte transmis.
Les deux extensions fictives de la cloison, et la réponse qui en découle pour la question d'Oulla.
2
הַטּוֹבֵל לְחֻולִּין וְהֻוחְזַק לְחֻולִּין כּוּ׳. מַנִּי מַתְנִיתִין — רַבָּנָן הִיא, דְּשָׁנֵי לְהוּ בֵּין חֻולִּין לְמַעֲשֵׂר.

« Celui qui s'immerge en vue des houlin et qui a pris le statut établi pour les houlin, etc. » Selon qui est notre michna ? Elle est des Sages, qui distinguent entre houlin et maasser.

📜 Rachi (1)
רַבָּנַן הִיא דִּפְלִיגִי עֲלֵיהּ דר"מ בְּכָל הַטָּעוּן בִּיאַת מַיִם מִדִּבְרֵי סוֹפְרִים וַאֲסָרוּהוּ בְּמַעֲשֵׂר:
Elle est des Sages — ceux qui contestent l'avis de Rabbi Meir dans la baraita « tout ce qui requiert une venue dans l'eau par décret des sofrim », et qui l'ont interdit pour le maasser.
💡 Explication

La guemara quitte les mikvaot et revient à la michna du folio 18b, celle des maalot, les échelons de pureté. Son début enseigne que celui qui s'est immergé en visant les houlin, et qui s'est ainsi établi dans ce statut, demeure interdit pour le maasser, la seconde dîme, consommée elle aussi en état de pureté.

Cette distinction entre houlin et maasser suppose une position précise. Dans la baraita citée plus haut dans le traité, Rabbi Meir tient que celui qui doit une immersion par décret des sofrim rend le kodech impur, disqualifie la terouma, et reste permis dans les houlin comme dans le maasser ; les Sages lui répondent en l'interdisant dans le maasser. Notre michna suit donc les Sages.

3
אֵימָא סֵיפָא: בִּגְדֵי עַם הָאָרֶץ, מִדְרָס לִפְרוּשִׁין. בִּגְדֵי פְּרוּשִׁין, מִדְרָס לְאוֹכְלֵי תְּרוּמָה.

Dis alors la clause finale : les vêtements d'un am haarets sont midras pour les perouchin ; les vêtements des perouchin sont midras pour ceux qui mangent de la terouma.

📜 Rachi (1)
מִדְרָס לְאוֹכְלֵי תְּרוּמָה וְלֹא אָמַר מִדְרָס לְמַעֲשֵׂר:
Midras pour ceux qui mangent de la terouma — et il n'a pas dit : midras pour le maasser.
🗂️ Tossefot (1)
בִּגְדֵי ע"ה מִדְרָס לִפְרוּשִׁים. דְּחָייְשִׁינַן שֶׁמָּא יָשְׁבָה אִשְׁתּוֹ נִדָּה עֲלֵיהֶן כִּדְאִיתָא בפ"ב דְּחֻולִּין (דַּף לה: וְשָׁם) אֲבָל מִשּׁוּם עַצְמוֹ לָא חָיְישִׁינַן דְּאֵינוֹ מְטַמֵּא בְּהֶסֵּיטוֹ וְכֵן מַשְׁמַע שִׁילְהֵי דְּנִיזָּקִין (גִּיטִּין דַּף סא: וְשָׁם) דְּפָרִיךְ וּלְיָחוּשׁ שֶׁמָּא תְּסִיטֵם אִשְׁתּוֹ נִדָּה וְכֵן תְּנַן פֶּרֶק שְׁבִיעִי דִּטְהָרוֹת (מ"ו) הַגַּנָּבִים שֶׁנִּכְנְסוּ לַבַּיִת אֵינוֹ טָמֵא אֶלָּא מְקוֹם רַגְלֵי הַגַּנָּבִים אֲבָל מִשְׁכָּבוֹת וּמוֹשָׁבוֹת וּכְלִי חֶרֶס הַמֻּוקָּפִים טְהוֹרִין אַלְמָא דְּלָא מְטַמֵּא לֹא מַשָּׂא וְלֹא הֶיסֵּט וְכִי תְּנַן הָתָם (פ"ח מ"א) הַדָּר עִם ע"ה בֶּחָצֵר וְשָׁכַח כֵּלִים בֶּחָצֵר אַפֵּי' חָבִיּוֹת הַמֻּוקָּפוֹת צָמִיד פָּתִיל טְמֵאִים הָתָם בִּשְׁבִיל אִשְׁתּוֹ שֶׁהִיא לְשָׁם תֵּדַע מִדִּנְקַט לִישָּׁנָא דְּדִירָה אַךְ קַשְׁיָא דִּתְנַן הָתָם לְעֵיל מִינָּהּ (בפ"ז מ"ה) הַמַּנִּיחַ ע"ה בַּחֲצֵרוֹ בִּזְמַן שֶׁרוֹאֶה הַנִּכְנָסִין וְהַיּוֹצְאִין כו' בִּזְמַן שֶׁאֵינוֹ רוֹאֶה הַנִּכְנָסִין וְהַיּוֹצְאִין אַפֵּי' מוּבָל אַפֵּי' כַּפּוֹת כְּלוֹמַר גִּידֵּם שֶׁאֵינוֹ יָכוֹל לֵילֵךְ הַכֹּל טָמֵא וְאֵין לוֹמַר דְּהָתָם נָמֵי בִּשְׁבִיל אִשְׁתּוֹ דְּהָא מַנִּיחַ קָתָנֵי לְשׁוֹן אַקְרַאי וְעוֹד מַאי אֲפִילּוּ מוּבָל אֵיזֶה רְבוּתָא הָוֵי כֵּיוָן דְּלָא הָוֵי טֻומְאָה בִּשְׁבִיל זֶה וְהָיָה נִרְאֶה לִי דְּלָאו טַעְמָא מִשּׁוּם הֶיסֵּט אֶלָּא מִשּׁוּם דְּטָרַח וּמְזַייֵּף וְכִי רוֹאֶה אֶת הַנִּכְנָסִין מְרַתֵּת דְּנִתְפָּשׂ כְּגַנָּב אֲבָל קַשְׁיָא לִי דִּתְנַן הָתָם (פ"י מ"א) הַנּוֹעֵל בֵּית הַבַּד בִּפְנֵי הַבַּדָּדִין וְהָיוּ שָׁם כֵּלִים טְמֵאִים מִדְרָס מַשְׁמַע דִּמְטַמֵּא מִדְרָס וּבְסָמוּךְ קָאָמַר א"ר יוֹסֵי וְכִי מִפְּנֵי מַה טְמֵאִים אֶלָּא שֶׁאֵין ע"ה בְּקִיאִין בְּהֶיסֵּט וְעוֹד כֵּיוָן דַּחֲכָמִים גָּזְרוּ עֲלֵיהֶם לִהְיוֹת כְּזָבִין לְכָל דִּבְרֵיהֶם אַמַּאי אֵין מְטַמְּאִין בְּהֶיסֵּט וּמִדְרָס כְּדִין זָב וְעוֹד דְּגָזְרוּ עֲלֵיהֶן מַעְיָינוֹת לְקַמָּן דְּגָזְרוּ עַל רֻוקּוֹ כְּדִין מַשְׁקֵה זָב וְזָבָה וְעוֹד מָצִינוּ בְּפָ' בְּנוֹת כּוּתִים (נִדָּה דַּף לג: וְשָׁם) הָכָא בְּכוּתִי שֶׁטָּבַל וְדָרַס עַל בִּגְדֵי חָבֵר דְּאִי מִשּׁוּם טֻומְאַת ע"ה הָא טְבִיל לֵיהּ אַלְמָא אִי לָא טְבִיל מְטַמֵּא מִדְרָס וְתֵירֵץ ר"ת דְּוַדַּאי אֵינוֹ מְטַמֵּא מִדְרָס וְהֶיסֵּט דְּמִשּׁוּם תַּקָּנַת הַשּׁוּק נָגְעוּ בָּהּ כִּדְאָמְרִינַן לְפִי שֶׁלְּעוֹלָם לֹא יִמְצְאוּ אָדָם מַעֲבִיר חָבִית מִמָּקוֹם לְמָקוֹם וְאֵין גּוֹזְרִין גְּזֵרָה עַל הַצִּבּוּר אא"כ יְכוֹלִין לַעֲמֹוד בָּהּ וְהָכִי מַשְׁמַע לְקַמָּן בְּפִרְקִין שֶׁאֵינוֹ מְטַמֵּא בְּהֶיסֵּט הֲרֵי שֶׁהָיוּ חֲמָרָיו וּפוֹעֲלָיו טְעוּנִין טְהָרוֹת כו' טְהָרוֹת טְהוֹרוֹת וְאִם אָמַר לְכָךְ כּוּ' וּמַסִּיק מַאי שְׁנָא רֵישָׁא וּמַאי שְׁנָא סֵיפָא וּמְשַׁנֵּי בִּמְטַהֵר חֲמָרָיו וּפוֹעֲלָיו לְכָךְ מַשְׁמַע דְּלָא מוֹקֵי לָהּ בִּמְטַהֵר רַק מִשּׁוּם דק"ל רֵישָׁא לְסֵיפָא וְלָא קַשְׁיָא לֵיהּ דִּמְטַמֵּא לֵיהּ בְּהֶיסֵּט מִשּׁוּם דְּקִים לֵיהּ דְּלָא מְטַמֵּא וְהַהִיא דְּנִדָּה בְּלֹא טָבַל מְטַמֵּא לֵיהּ בְּמַגָּע וְהָא דִּנְקַט וְדָרַס מִשּׁוּם דְּבָעֵי לְמֶהֱוֵי בֶּגֶד חָבֵר לְתַחַת רַגְלוֹ שֶׁל כּוּתִי דְּהָכִי קָתָנֵי הָתָם בְּמָתְנֵי' וּמְטַמֵּא מִשְׁכָּב תַּחְתּוֹן כְּעֶלְיוֹן וְאֵין לְהַקְשׁוֹת דְּלָא מוֹקֵי לָהּ בְּשֶׁלֹּא טָבַל וּכְשֶׁיֵּשׁ דָּבָר חוֹצֵץ בֵּין רַגְלוֹ לַבֶּגֶד מִשּׁוּם דע"כ אִצְטְרִיךְ לְאוֹקְמֵי כְּשֶׁטָּבַל כִּי הֵיכִי דְּלֶיהֱוֵי סְפֵק סְפֵיקָא דְּאִי לֹא טָבַל מַה לִי בּוֹעֵל בְּקָרוֹב מַה לִי בּוֹעֵל בְּרִחוּק וְהָרַב רַבִּי מֹשֶׁה מפונטוייז"א מְפָרֵשׁ מִשּׁוּם דבע"ה אֵינוֹ מְטַמֵּא כְּזָב אֶלָּא רַק מִטַּעַם בְּגָדָיו מִשּׁוּם שֶׁהוּא נוֹשֵׂא הַמִּדְרָס שֶׁהוּא לְבוּשׁ בְּגָדָיו שֶׁיָּשְׁבָה עֲלֵיהֶם אִשְׁתּוֹ נִדָּה וְצִינּוֹרָא שֶׁלּוֹ טָמֵא מִשּׁוּם שֶׁנָּגְעָה בִּשְׂפָתָיו וְקָשֶׁה דְּאָמְרִינַן בְּפֶ' בְּנוֹת כּוּתִים (ג"ז שָׁם) מַעֲשֶׂה בכ"ג שֶׁהָלַךְ בַּשּׁוּק וְנִתְּזָה צִינּוֹרָא שֶׁל צָדוֹקִי בִּבְגָדָיו וְקָרַב אֵצֶל אִשְׁתּוֹ כו' וּפָרִיךְ וְתִיפּוֹק לֵיהּ מִשּׁוּם צִינּוֹרָא דע"ה כְּלוֹמַר אֲפִילּוּ לֹא הָיָה טָמֵא בִּשְׁבִיל אִשְׁתּוֹ אַדְּרַבָּה הוֹאִיל דְּאִם בּוֹעֵל נִדָּה הָיָה נִטְמָא הוּא וּבְגָדָיו כְּנוֹשֵׂא רֻוקּוֹ שֶׁל זָב וְאִי מִשּׁוּם צִינּוֹרָא דְע"ה בֶּגֶד לְחוּד הוּא דְּנִטְמָא וְאֵין לוֹמַר דְּמִשּׁוּם גּוּפוֹ לֹא הָיָה חָשׁ רַק מִשּׁוּם בְּגָדָיו דְּאַדְּרַבָּה טֻומְאַת גּוּפוֹ חֲמִירָא לָן וְעוֹד קָשֶׁה דְּכִי מוּקֵי לָהּ בְּכוּתִי עָרֹום לָמָּה לִי טָבַל אַפֵּי' לֹא טָבַל נָמֵי כֵּיוָן דְּהָאִידָּנָא לָאו נוֹשֵׂא הַמִּדְרָס הָוֵי לָא הָוֵי אֶלָּא רִאשׁוֹן וְאֵינוֹ מְטַמֵּא כְּלִי וְעוֹד קָשֶׁה למור"י דְּתַנְיָא בְּהֶדְיָא בַּתּוֹסֶפְתָּא (פ"ג) סָפֵק רְשׁוּת ע"ה מִדְרָסוֹ וְהֶסֵּיטוֹ וַחֲצִיצוֹ טָהוֹר לְחֻולִּין וְטָמֵא לִתְרוּמָה ע"כ הָיָה נִרְאֶה לְפָרֵשׁ דִּלְגַבֵּי תְּרוּמָה מְטַמֵּא כָּל דָּבָר כְּזָב אֲבָל טָהוֹר לְחֻולִּין וְכָל הָנֵי דְּאַשְׁכְּחַן דִּמְטַמֵּא מוֹקְמִינַן בִּתְרוּמָה וְכִי קֻפְרִיךְ בְּגִיטִּין (דַּף סא:) וּלְיָחוּשׁ שֶׁמָּא תְּסִיטֵם אִשְׁתּוֹ נִדָּה אע"ג דְּבִתְרוּמָה קַיְימָא הָתָם מִילְּתָא דִּפְסִיקָא לֵיהּ נְקַט וַאֲתַאי וְעוֹד דְּחָיֵישׁ לְטֻומְאָה דְּאוֹרָייְתָא וְלֹא לְשֶׁל טֻומְאָה דְּרַבָּנָן וְכִי קָאָמַר בְּחֻולִּין (דַּף לה:) שֶׁמָּא תֵּשֵׁב עֲלֵיהֶם אִשְׁתּוֹ נִדָּה מִשּׁוּם אִינָךְ נַקְטֵיהּ וּרְאָיָה לִדְבָרָיו מָצִינוּ בַּיְּרוּשַׁלְמִי דְּקָאָמַר בִּגְדֵי פְּרוּשִׁים מִדְרָס לְאוֹכְלֵי תְּרוּמָה וּבָעֵי גּוּפוֹ שֶׁל פָּרוּשׁ מַהוּ שֶׁיַּעֲשֶׂה כְּזָב אֵצֶל תְּרוּמָה הֲתִיב וְהַתְּנֵינַן הַמַּנִּיחַ ע"ה בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ לְשָׁמְרוֹ כֵּיוָן שֶׁהוּא רוֹאֶה אֶת הַנִּכְנָסִין וְאֶת הַיּוֹצְאִין כו' אֲבָל מִשְׁכָּבוֹת וּכְלֵי חֶרֶס מֻוקָּפִין טְהוֹרִין וְאִי תֵּימָא עָשׂוּ גּוּפוֹ כְּזָב אֵצֶל תְּרוּמָה אַפֵּי' מֻוקָּפִין טְמֵאִים א"ר יְהוּדָה תִּפָּתֵר בע"ה אֵצֶל פָּרוּשׁ וְלֵית אַתְּ כְּלוּם וְהַשְׁתָּא לָא מִיבַּעְיָא לֵיהּ אֶלָּא פָּרוּשׁ אֵצֶל תְּרוּמָה אֲבָל ע"ה אֵצֶל תְּרוּמָה פְּשִׁיטָא לֵיהּ א"ל ר' מְנָא כָּל מַה דְּאָנוּ קַיָּימִין בִּתְרוּמָה אָנוּ קַייָּמִין תֵּדַע לְךָ שֶׁכֵּן הוּא דְּתָנֵינַן אַפֵּי' מוּבָל אַפֵּי' כָּפוּת הַכֹּל טָמֵא כְּלוּם יִהְיוּ טְמֵאִים אֶלָּא מִשּׁוּם הֶיסֵּט וְלֹא כֵּן א"ר יוֹחָנָן וְלֹא חֲצִיצוֹת וְלֹא הֶסֵּיטוֹת וְלֹא רה"י וְלֹא רְשׁוּת ע"ה אֵצֶל תְּרוּמָה כְּלוֹמַר דְּלָא שַׁיָּיךְ כְּלָל רְשׁוּת ע"ה אֵצֶל תְּרוּמָה שֶׁמְּטַמֵּא בְּהֶיסֵּט וּמַתְנִי' בע"ה מַייְרֵי אֲבָל פָּרוּשׁ אֵינוֹ מְטַמֵּא מִדְרָס וְהֶיסֵּט וְהִקְשָׁה לוֹ הר"י דְּאָמַר שִׁילְהֵי פ' הַנִּיזָּקִין (גִּיטִּין סב.) אֵין עוֹשִׂין חַלַּת ע"ה בְּטָהֳרָה לְפִי שֶׁכְּבָר טִימֵּא אוֹתָהּ אֲבָל עוֹשִׂין עִיסָּתוֹ בְּטָהֳרָה וְנוֹטֵל הֵימֶנָּה כְּדֵי חַלָּה וּמַנִּיחָהּ בִּכְפִישָׁא אוֹ בְּאַנְחוּתָא וּכְשֶׁבָּא ע"ה נוֹטֵל שְׁתֵּיהֶן וְאֵינוֹ חוֹשֵׁשׁ לְפִי שֶׁהַכְּלִי אֵינוֹ מְקַבֵּל טֻומְאָה וְאַמַּאי כֵּיוָן שֶׁהוּא מְטַמֵּא הֶיסֵּט לִתְרוּמָה הָא קָא מְטַמֵּא לְחַלָּה וְי"ל דְּהָתָם כֵּיוָן שֶׁלֹּא קָרָא לוֹ שֵׁם עֲדַיִין הו"ל חֻולִּין דִּפְתִיכִי בְּהוּ חַלָּה דְּלָא מְטַמְּאוֹ בְּהֶיסֵּט וְכֵן מַשְׁמַע לִישָּׁנָא דִּנְקַט כְּדֵי חַלָּה וְלֹא חָלָה עֲדַייִן וְאִיהוּ בְּמַגָּע מְטַמֵּא וּלְהָכִי פָּרֵיךְ דִּלְמָא נָגַע:
« Les vêtements d'un am haarets sont midras pour les perouchin. » Parce que l'on craint que sa femme nidda ne se soit assise dessus, comme il est dit au chapitre deux de Houlin (35b) ; mais à cause de lui-même on ne craint rien, car il ne rend pas impur par son heset, son déplacement. Cela ressort aussi de la fin du chapitre Hanizakin (Guittin 61b), où la guemara demande : « et que l'on craigne que sa femme nidda ne les déplace ». Ainsi avons-nous appris au chapitre sept de Taharot (michna 6) : « des voleurs entrés dans une maison : seul l'endroit des pieds des voleurs est impur, mais les couches, les sièges et les vases de terre couverts restent purs » — signe qu'il ne rend impur ni par le port ni par le heset. Et lorsque nous avons appris là-bas (8, 1) : « celui qui habite avec un am haarets dans une cour et a oublié des ustensiles dans la cour, même des tonneaux fermés d'un couvercle scellé sont impurs », il s'agit là de sa femme qui s'y trouve ; la preuve en est le terme d'habitation qui est employé. Mais il y a une difficulté : nous avons appris plus haut (7, 5) : « celui qui laisse un am haarets dans sa cour : lorsqu'il voit ceux qui entrent et ceux qui sortent, etc. ; lorsqu'il ne voit pas ceux qui entrent et ceux qui sortent, même entravé, même ligoté » — c'est-à-dire estropié, incapable de marcher — « tout est impur ». On ne peut pas dire que là aussi ce soit à cause de sa femme, puisque le terme « laisse » désigne une situation de hasard ; et en outre, que signifie « même entravé » ? Quelle nouveauté y aurait-il, si aucune impureté ne venait de lui ? Il m avait semble que la raison tient non pas au heset, mais à ce qu'il se donne du mal et falsifie, et qu'en voyant ceux qui entrent il tremble d'être pris pour un voleur. Mais cela m est difficile, car nous avons appris là-bas (10, 1) : « celui qui ferme le pressoir devant les pressureurs, et il s'y trouvait des ustensiles, ceux-ci sont impurs de midras » — signe qu'il rend impur par midras ; et aussitôt après il est dit : « Rabbi Yossei a dit : et pourquoi donc sont-ils impurs ? Uniquement parce que les amei haarets ne sont pas experts en matière de heset. » En outre, puisque les Sages ont décrété à leur sujet qu'ils sont comme des zavim pour toutes leurs affaires, pourquoi ne rendraient-ils pas impur par heset et par midras, selon la loi du zav ? En outre, ils ont décrété plus loin sur leurs écoulements, et notamment sur sa salive, à laquelle ils ont applique la loi du liquide du zav et de la zava. En outre, nous trouvons au chapitre Benot Koutim (Nidda 33b) : « il s'agit ici d'un Kouti qui s'est immergé et qui a marché sur les vêtements d'un haver » — car si l'impureté tenait à son statut d'am haarets, il s'est pourtant immergé ; signe que, sans immersion, il rendrait impur par midras. Rabbenou Tam a répondu qu'il ne rend certainement impur ni par midras ni par heset, et que si l'on a touché à cette question c'est en raison de la takanat hachouk, l'ordonnance du marché, comme nous disons : « autrement on ne trouverait jamais personne pour transporter un tonneau d'un lieu à un autre », et l'on ne décrète sur la communauté un décret que si elle peut y tenir. Cela ressort aussi de notre chapitre plus loin, où il apparaît qu'il ne rend pas impur par heset : « celui dont les âniers et les ouvriers portaient des taharot, etc., les taharot sont pures ; et s'il a dit : c'est à cette fin, etc. » ; la guemara conclut : « quelle différence entre la première clause et la dernière ? » et répond : « il s'agit de celui qui purifie ses âniers et ses ouvriers à cette fin » — signe qu'elle n'a recours à cette explication que parce que la première clause s'opposait à la dernière, et qu'elle ne s'est pas souciée de l'impureté par heset, tenant pour acquis qu'il ne la transmet pas. Dans le cas de Nidda, sans immersion il rend impur par contact ; et si le texte dit « et il a marché dessus », c'est qu'il faut que le vêtement du haver se trouve sous le pied du Kouti, la michna enseignant là-bas : « et il rend la couche inférieure impure comme la supérieure ». Et il ne faut pas objecter que la guemara aurait pu l'établir dans le cas où il ne s'est pas immergé et où un objet s'interpose entre son pied et le vêtement : elle devait de toute façon l'établir dans le cas où il s'est immergé, afin qu'il y ait un double doute, un sfek sfeka ; car s'il ne s'était pas immergé, quelle différence y aurait-il entre un rapport proche et un rapport éloigné ? Rav Rabbi Moche de Pontoise explique que l'am haarets ne rend impur comme un zav qu'en raison de ses vêtements, parce qu'il porte le midras, étant vêtu des habits sur lesquels sa femme nidda s'est assise, et que sa salive est impure parce qu'elle a touché ses lèvres. Cela est difficile : il est dit au chapitre Benot Koutim : « il arriva qu'un cohen gadol marcha sur le marché, que la salive d'un tsedouki jaillit sur ses vêtements, et qu'il s'approcha de sa femme, etc. », et la guemara demande : « qu'il le déduise donc de la salive d'un am haarets » — c'est-à-dire même s'il n'était pas impur à cause de sa femme ; au contraire, s'il était bo el nidda, lui et ses vêtements seraient impurs comme celui qui porte la salive d'un zav, tandis que par la salive d'un am haarets seul le vêtement devient impur. Et l'on ne peut pas dire qu'il ne se souciait que de ses vêtements et non de son corps, car au contraire l'impureté du corps nous est plus grave. Autre difficulté : lorsque la guemara établit le cas avec un Kouti nu, pourquoi faut-il qu'il se soit immergé ? Même sans immersion, puisqu'il ne porte plus alors le midras, il ne serait qu'un richon et ne rendrait pas un ustensile impur. Autre difficulté soulevée par notre maître le Ri : il est explicitement enseigné dans la tossefta (chapitre 3) : « un domaine douteux d'am haarets : son midras, son heset et son interposition sont purs pour les houlin et impurs pour la terouma ». C'est pourquoi il a paru préférable d'expliquer qu'à l'égard de la terouma il rend tout impur comme un zav, tout en restant pur pour les houlin ; et tous les cas où nous trouvons qu'il rend impur, nous les établissons à propos de la terouma. Lorsque la guemara demande dans Guittin (61b) : « et que l'on craigne que sa femme nidda ne les déplace », bien que le sujet y porte sur la terouma, elle a pris la formulation tranchée et l'a reprise telle quelle ; en outre elle se soucie d'une impureté de la Tora plutôt que d'une impureté des Sages. Et lorsqu'il est dit dans Houlin (35b) « que sa femme nidda ne s'asseye dessus », c'est en raison des autres cas qu'il l'a formulé ainsi. Une preuve de ses propos se trouve dans le Yerouchalmi, où il est dit : « les vêtements des perouchin sont midras pour ceux qui mangent de la terouma », et l'on y demande : le corps d'un parouch, en fait-on un zav à l'égard de la terouma ? On objecte : nous avons pourtant appris : « celui qui laisse un am haarets dans sa maison pour la garder, dès lors qu'il voit ceux qui entrent et ceux qui sortent, etc., mais les couches et les vases de terre couverts sont purs » ; or si tu dis que l'on a fait de son corps un zav à l'égard de la terouma, même les vases couverts seraient impurs. Rabbi Yehouda dit : explique-le d'un am haarets auprès d'un parouch, et tu n'as plus rien. Or il n'hésite que sur le parouch à l'égard de la terouma, tandis que l'am haarets à l'égard de la terouma lui est évident. Rabbi Mana lui dit : partout où nous nous tenons, nous nous tenons à l'égard de la terouma ; la preuve en est que nous avons appris « même entravé, même ligoté, tout est impur » : d'où leur viendrait l'impureté sinon du heset ? Et Rabbi Yo'hanan n'a-t-il pas dit : « ni interpositions, ni hesetim, ni domaine privé, ni domaine d'am haarets à l'égard de la terouma » — c'est-à-dire que la notion de domaine d'am haarets est sans objet à l'égard de la terouma, puisqu'il rend impur par heset ; notre michna traite donc d'un am haarets, tandis qu'un parouch ne rend impur ni par midras ni par heset. Le Ri lui a objecté qu'il est dit à la fin du chapitre Hanizakin (Guittin 62a) : « on ne prépare pas la halla d'un am haarets en pureté, puisqu'il l'a déjà rendue impure, mais on prépare sa pâte en pureté, on en prélève la quantité de halla et on la dépose dans une keficha ou une anahouta ; et lorsque l'am haarets vient, il prend les deux et l'on ne s'en soucie pas, car l'ustensile ne reçoit pas l'impureté » — or pourquoi ? Puisqu'il rend impur par heset à l'égard de la terouma, il rend la halla impure ! On peut répondre que là-bas, la portion n'ayant pas encore reçu son nom, ce sont des houlin dans lesquels de la halla est mêlée, et ceux-là ne deviennent pas impurs par heset ; le texte le laisse entendre en disant « la quantité de halla » et non encore « la halla ». Et comme il rend impur par contact, la guemara demande : peut-être l'a-t-il touchée.
💡 Explication

Le midras est l'impureté de foulage : ce sur quoi un zav s'est assis ou s'est appuyé devient un av hatouma, une source première d'impureté. La michna range les hommes par échelons et déclare le vêtement de chaque degré midras pour le degré supérieur : on ne sait pas ce qui lui est arrivé, et l'on traite le doute avec la rigueur qui convient au niveau supérieur.

L'objection porte sur l'ordre de la liste. Après les perouchin, ceux qui mangent leurs houlin en pureté, la michna passe directement à ceux qui mangent de la terouma, sans intercaler d'échelon pour le maasser. Houlin et maasser occupent donc le même barreau, ce qui est la position de Rabbi Meir, alors que le début de la michna les séparait.

4
אֲתַאן לְרַבִּי מֵאִיר, דְּאָמַר: חֻולִּין וּמַעֲשֵׂר כַּהֲדָדֵי נִינְהוּ, רֵישָׁא רַבָּנַן וְסֵיפָא רַבִּי מֵאִיר?! אִין, רֵישָׁא רַבָּנַן וְסֵיפָא רַבִּי מֵאִיר.

Nous voilà parvenus à Rabbi Meir, qui dit : les houlin et le maasser sont l'un comme l'autre. La première clause serait des Sages et la dernière de Rabbi Meir ?!

Oui : la première clause est des Sages et la dernière est de Rabbi Meir.

💡 Explication

Attribuer une michna à deux auteurs est une issue coûteuse : la guemara y voit d'ordinaire le signe qu'on a mal lu. Elle pose donc la question avec étonnement, puis l'accepte telle quelle.

La position de Rabbi Meir est ici énoncée sous sa forme la plus nette : houlin et maasser sont l'un comme l'autre, un seul et même échelon de pureté. La liste des vêtements passe donc légitimement des perouchin à la terouma.

5
רַב אַחָא בַּר אַדָּא מַתְנֵי לַהּ בְּסֵיפָא חָמֵשׁ מַעֲלוֹת, וּמוֹקֵי לַהּ כֻּולָּהּ כְּרַבָּנַן.

Rav Aha bar Ada enseigne dans la clause finale cinq échelons, et il établit la michna tout entière selon les Sages.

📜 Rachi (1)
חָמֵשׁ מַעֲלוֹת פְּרוּשִׁים וְאוֹכְלֵי מַעֲשֵׂר וְאוֹכְלֵי תְּרוּמָה וְאוֹכְלֵי קוֹדֶשׁ וְחַטָּאת:
Cinq échelons — les perouchin, ceux qui mangent du maasser, ceux qui mangent de la terouma, ceux qui mangent du kodech, et la hatat.
💡 Explication

Rav Aha bar Ada avait devant lui une autre leçon de la michna. Sa version intercale un échelon supplémentaire : les vêtements de ceux qui mangent des houlin en pureté sont midras pour ceux qui mangent du maasser. La clause finale compte alors cinq échelons au lieu de quatre.

La conséquence est immédiate : la séparation entre houlin et maasser court désormais du début à la fin de la michna, qui redevient d'un seul tenant et se lit entièrement selon les Sages. Le partage entre deux tanaim devient inutile.

6
אָמַר רַב מָרִי: שְׁמַע מִינַּהּ חֻולִּין שֶׁנַּעֲשׂוּ עַל טָהֳרַת הַקֹּודֶשׁ — כְּקוֹדֶשׁ דָּמוּ. מִמַּאי —

Rav Mari dit : apprends-en que des houlin préparés selon la pureté du kodech sont comme du kodech. D'où cela ? —

📜 Rachi (1)
שֶׁנַּעֲשׂוּ עַל טָהֳרַת הַקֹּודֶשׁ אָדָם הָרָגִיל לֶאֱכֹול קָדָשִׁים מְקַבֵּל עָלָיו לֶאֱכֹול חָולְיוֹ בְּטָהֳרַת הַקֹּודֶשׁ כְּדֵי שֶׁיְּהוּ בְּנֵי בֵּיתוֹ זְהִירִין וּבְקִיאִין בְּטָהֳרַת הַקֹּודֶשׁ:
Qui ont été préparés selon la pureté du kodech — un homme habitué à manger des kodachim prend sur lui de manger ses houlin dans la pureté du kodech, afin que les gens de sa maison soient soigneux et exercés dans la pureté du kodech.
💡 Explication

Un homme habitué aux kodachim peut s'astreindre à manger ses aliments ordinaires avec la rigueur exigée pour le kodech, afin que sa maisonnée reste exercée à ces règles. Rav Mari déduit de la michna que ces houlin faits en pureté de kodech prennent le régime du kodech lui-même.

La position est forte, car une baraita rapportée au folio suivant énonce le contraire : ces houlin sont comme des houlin, et Rabbi Elazar fils de Rabbi Tsadok les tient pour de la terouma. Le folio s'arrête sur le mot mimai, d'où cela, et la démonstration occupe le début de 20a : un premier argument tiré de l'absence d'échelon propre pour eux dans la michna est écarté, et la preuve retenue vient de Yo'hanan ben Goudgueda, qui mangeait ainsi toute sa vie et dont le linge était midras pour l'eau de la hatat.

🖼️ Schéma
Des houlin préparés selon la pureté du kodech : quel statut ? celui qui mange des kodachim s'astreint à manger aussi ses houlin a ce niveau de pureté Comme des houlin tana kama de la baraita l'intention du propriétaire ne change pas la nature de la nourriture Comme de la terouma Rabbi Elazar fils de Rabbi Tsadok un degré intermédiaire, au-dessous du kodech Comme du kodech Rav Mari, déduit de la michna le niveau de pureté adopté fixe le régime, au même titre que le statut de l'aliment La question mimai, d'où cela, reste ouverte : la réponse ouvre le folio 20a premier essai : la michna ne leur consacre aucun échelon propre — essai écarté ; preuve retenue : Yo'hanan ben Goudgueda mangeait ainsi, et son linge était midras pour la hatat.
Les trois statuts proposés pour des houlin préparés selon la pureté du kodech.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).