Chagigah 22b — La raison cachée de Beit Chammai, la créance de l'am haarets, puis le dos et l'intérieur du récipient

Chagigah 22b

Sougya : Le folio achève la controverse sur le récipient de terre fermé d'un tsamid patil dans la tente d'un mort. Rabbi Yehochoua raillait Beit Chammai, qui déclarent purs les aliments et les kelei heres tout en déclarant impurs les récipients de métal.

Un disciple de Beit Chammai lui dévoile la raison : le récipient appartient à un am haarets, il est déjà impur, et un récipient impur ne fait pas écran ; en droit tout devrait être impur, mais on ne déclare impur que ce qu'un haver risque d'emprunter. Rabbi Yehochoua se prosterne alors sur les tombes de Beit Chammai.

La guemara en tire que l'on emprunte bien des récipients à l'am haarets et qu'on les immerge, ce qui ouvre la question de sa créance : Abaye partage entre son corps et ses récipients, Rava entre une déclaration globale et une déclaration de détail, et Abaye se reprend par la règle de la rigueur au commencement qui autorise l'indulgence à la fin. La seconde moitié revient à la michna des ma'alot : le dos et l'intérieur du récipient, le beit hatsevita, et le compte de onze degrés de Rabba bar Avouh, six pour les houlin faits en pureté de kodech et cinq pour le kodech seul.

Le keli heres fermé d'un tsamid patil dans la tente du mort ce récipient appartient à un am haarets : il est lui-même impur, donc il ne fait pas écran Le récipient de terre, couvercle scellé Aliments, boissons, kelei heres un haver ne les empruntera jamais et le keli heres ne se purifie qu'en le brisant Kelei chetef : métal, bois, cuir un haver peut les emprunter et les purifier par une simple tevila Beit Chammai purs pour lui-même impurs sept jours pour toi comme pour lui Beit Hillel purs purs le tsamid patil protège tout L'objection de Rabbi Yehochoua Une femme pétrit dans un pétrin de métal à l'étage : la femme et le pétrin impurs sept jours, et la pâte pure ? Un login de métal plein de liquides : le login impur sept jours, et les liquides purs ? La réponse du disciple : Beit Chammai ne partagent pas selon la matière, mais selon l'usage En droit strict tout est impur, car le récipient de l'am haarets est impur et ne fait pas écran. Déclarer impur ce qu'il est seul à utiliser ne sert à rien : il ne t écoutera pas. On ne le déclare que là où un haver est en cause.
Ce que Beit Chammai déclarent pur et impur dans le récipient scellé, et la raison réelle du partage.
Sur quoi l'am haarets est-il cru ? La marche de la sougya La contradiction Celui qui emprunte doit immerger, donc l'am haarets n'est pas cru — or une baraita le dit cru sur la tevila Abaye, première réponse cru pour son corps non cru pour ses récipients réfute : le haver qui vient pour l'aspersion Rava tout porte sur ses récipients cru sur une déclaration globale non cru sur une déclaration de détail Appui de Rava : la baraita des fruits cru : ces fruits n'ont pas été rendus aptes non cru : ils ont été rendus aptes mais ne sont pas devenus impurs Ce qui réfute Abaye un haver qui vient pour l'aspersion : on asperge un am haarets : on n'asperge pas tant qu'il n'a pas fait devant nous le troisième et le septième Abaye se reprend : la rigueur du début paie l'indulgence de la fin Au commencement on ne l'a pas cru : il a dû accomplir le troisième et le septième jour devant nous. À la fin on le croit sur la tevila, car il s'y applique pour ne pas avoir à recommencer tout le parcours. La créance ne se découpe donc pas par organe ni par objet, mais par la position dans le processus de purification.
La marche de la sougya sur la créance de l am haarets : Abaye, Rava, puis la reprise d Abaye.
Les onze ma'alot de Rabba bar Avouh, et la ligne qui les coupe en deux michna Chagigah 20b à 22b : ce en quoi le kodech est plus rigoureux que la terouma Les six premières — kodech ET houlin faits en pureté de kodech 1. on immerge un récipient dans un récipient pour la terouma, non pour le kodech 2. le dos, l'intérieur et le beit hatsevita valent pour la terouma, non pour le kodech 3. celui qui porte un objet midras porte la terouma, non le kodech 4. les vêtements de ceux qui mangent la terouma sont midras pour le kodech 5. pour le kodech on dénoue, on essuie, on immerge puis on noue ; pour la terouma on noue puis on immerge 6. les récipients achevés en pureté demandent une tevila pour le kodech, non pour la terouma Ces six-là comportent une attache à une impureté de la Torah : les Sages les ont étendues aux houlin préparés selon la pureté du kodech. Les cinq dernières — kodech SEUL 7. le récipient rassemble ce qu'il contient pour le kodech, non pour la terouma 8. le quatrième degré est passoul dans le kodech, le troisième dans la terouma 9. pour la terouma une main impure laisse l'autre pure ; pour le kodech on immerge les deux 10. on mange des aliments secs avec des mains souillées pour la terouma, non pour le kodech 11. l'onen et le mehoussar kipourim demandent une tevila pour le kodech, non pour la terouma Sans attache à une impureté de la Torah : elles restent réservées au kodech véritable. C'est ce compte que Rav Nahman invoque pour lire la baraita de Rav Beivaï : ses kodachim de la frontière sont des houlin faits en pureté de kodech.
Les onze ma'alot du kodech et la ligne de partage de Rabba bar Avouh entre les six premières et les cinq dernières.
1
לְעַצְמוֹ טִהַרְנוּ.

C'est pour lui-même que nous avons déclaré pur.

📜 Rachi (1)
לְעַצְמוֹ טִהַרְנוּ הוּא יֹאכְלֵם שֶׁהֲרֵי הַחֲבֵרִים בְּדֵלִין מֵהֶן וּמִמַּגָּעָן וּבְלָאו הָכִי מַאֲכָלוֹ טָמֵא:
c'est lui qui les mangera, car les haverim se tiennent à l'écart d'eux et de leur contact ; et de toute façon sa nourriture est impure.
💡 Explication

Le folio précédent avait posé la difficulté : si le récipient de terre appartenant à un am haarets est déjà impur, il ne fait pas écran, et rien de ce qu'il contient ne devrait être protégé de l'impureté de la tente. Pourquoi alors Beit Chammaï déclarent-ils purs les aliments, les boissons et les récipients de terre qui s'y trouvent ?

La réponse commence ici : cette pureté ne vaut que pour l'am haarets. Lui seul mangera ces aliments, car un haver se tient à distance de sa nourriture en toute hypothèse. Déclarer cette nourriture impure ne changerait donc rien pour personne.

2
אֲבָל נְטַהֵר אֶת הַכְּלִי, שֶׁטָּהֳרָתוֹ לְךָ וְלוֹ?

Mais déclarerons-nous pur le récipient, dont la pureté vaut pour toi comme pour lui ?

📜 Rachi (1)
טָהֳרַת לְךָ וְלוֹ שֶׁמָּא תִּשְׁאָלֶנּוּ וּתְשַׁמֵּשׁ בּוֹ:
il se peut que tu le lui empruntes et que tu t en serves.
💡 Explication

Le partage est ainsi tracé : lekha velo, pour toi et pour lui. Un récipient de métal ou de bois, un keli chetef, se purifie par une simple immersion. Un haver peut donc l'emprunter à l'am haarets, l'immerger et s'en servir pour ses aliments purs.

S'il ignore que ce récipient a séjourné dans une tente de mort, il le croira purifié par la tevila, alors qu'il lui faudrait une haza'a, l'aspersion de l'eau mêlée des cendres de la vache rousse, au troisième et au septième jour. C'est pourquoi Beit Chammaï le déclarent impur : ici la déclaration porte à conséquence.

3
תַּנְיָא, אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ: בּוֹשֵׁנִי מִדִּבְרֵיכֶם, בֵּית שַׁמַּאי! אֶפְשָׁר אִשָּׁה לָשָׁה בַּעֲרֵיבָה — אִשָּׁה וַעֲרֵיבָה טְמֵאִין שִׁבְעָה, וּבָצֵק טָהוֹר? לֻוגִּין מָלֵא מַשְׁקִין — לָוגִין טָמֵא טֻומְאַת שִׁבְעָה, וּמַשְׁקִין טְהוֹרִין?!

Il est enseigné : Rabbi Yehochoua a dit : j'ai honte de vos paroles, Beit Chammaï ! Se peut-il qu'une femme pétrisse dans un pétrin — la femme et le pétrin impurs sept jours, et la pâte pure ?

Un login plein de liquides — le login impur d'une impureté de sept jours, et les liquides purs ?

📜 Rachi (1)
אִשָּׁה לָשָׁה בַּעֲרֵיבָה בַּעֲלִייָּה זוֹ:
dans cet étage supérieur.
💡 Explication

Rabbi Yehochoua prend Beit Chammaï au mot et déroule la scène : un mort à l'étage inférieur, un récipient de terre scellé bouchant l'ouverture, et à l'étage une femme qui pétrit dans un pétrin de métal. Selon Beit Chammaï le pétrin contracte l'impureté du mort pour sept jours, tandis que la pâte qu'il contient reste pure.

Le même absurde apparaît avec le login, un pichet de métal plein de liquide : le pichet impur sept jours et son contenu pur. Rabbi Yehochoua tient cette dissociation entre le contenant et le contenu pour inconcevable, parce qu'il lit la position de Beit Chammaï comme une thèse de droit sur ce que le tsamid patil protège.

4
נִטְפַּל לוֹ תַּלְמִיד אֶחָד מִתַּלְמִידֵי בֵּית שַׁמַּאי, אָמַר לוֹ: אוֹמַר לְךָ טַעְמָן שֶׁל בֵּית שַׁמַּאי. אָמַר לוֹ: אֱמֹור. אָמַר לוֹ: כְּלִי טָמֵא — חוֹצֵץ אוֹ אֵינוֹ חוֹצֵץ? אָמַר לוֹ: אֵינוֹ חוֹצֵץ. כְּלִי שֶׁל עַם הָאָרֶץ — טָמֵא אוֹ טָהוֹר? אָמַר לוֹ: טָמֵא. וְאִם אַתָּה אוֹמֵר לוֹ ״טָמֵא״, כְּלוּם מַשְׁגִּיחַ עָלֶיךָ? וְלֹא עוֹד, אֶלָּא שֶׁאִם אַתָּה אוֹמֵר לוֹ ״טָמֵא״, אוֹמֵר לְךָ: ״שֶׁלִּי טָהוֹר וְשֶׁלְּךָ טָמֵא״.

Un disciple d'entre les disciples de Beit Chammaï s'attacha à lui et lui dit : je vais te dire la raison de Beit Chammaï. Il lui dit : parle.

Il lui dit : un récipient impur fait-il écran ou ne fait-il pas écran ? Il lui dit : il ne fait pas écran.

Le récipient d'un am haarets est-il impur ou pur ? Il lui dit : impur.

Et si tu lui dis qu'il est impur, fait-il seulement cas de toi ? Bien plus : si tu lui dis impur, il te dira : le mien est pur et le tien est impur.

📜 Rachi (1)
כְּלוּם מַשְׁגִּיחַ עָלֶיךָ לְפִיכָךְ טָהֲרוּ לוֹ ב"ש אֳוכָלִין וּמַשְׁקִין וּכְלִי חֶרֶס שֶׁאֵין לָהֶן טָהֳרָה אֶלָּא שְׁבִירָתָן וְאִם בָּאתָ לְאָוסְרָן עָלָיו לֹא יִשְׁמַע לְךָ אֲבָל בִּכְלֵי שֶׁטֶף יִשְׁמַע לְךָ וְיַטְבִּילֶנּוּ:
c'est pourquoi Beit Chammaï lui ont déclaré purs les aliments, les boissons et les récipients de terre, qui n'ont d'autre purification que d'être brisés ; et si tu venais les lui interdire, il ne t écouterait pas. Mais pour un keli chetef il t écoutera et l'immergera.
🗂️ Tossefot (1)
כְּלוּם מַשְׁגִּיחַ בְּךָ. פרש"י אֲבָל כְּלֵי שֶׁטֶף יִשְׁמַע שַׁפִּיר וְיִטְבֹּול וְתֵימַהּ הִיא לָמָּה יִשְׁמַע בָּזֶה טְפֵי מִבָּאֳוכָלִים וּמַשְׁקִין וְאִי מִשּׁוּם דְּלֵית לְהוּ טָהֳרָה בְּמִקְוֶה מַשְׁקִין מַאי אִיכָּא לְמֵימַר הֲרֵי יָכוֹל לְהַשִּׁיקָן וְעוֹד כִּי מַסְּקִינַן דְּמַטְבְּלִינַן לְהוּ וְאִי לְצָורְכָן לָמָּה יִטְבֹּול לְהוּ טְפֵי מִכְּלִי חֶרֶס אֶלָּא נִרְאֶה לְפָרֵשׁ כְּלוּם מַשְׁגִּיחַ בְּךָ לְפִיכָךְ לֹא יִשְׁאֹול לְעוֹלָם אֲבָל לֹא עַל כְּלֵי שֶׁטֶף שֶׁיִּשְׁאָלֵם מֵהֶם וּלְעוֹלָם טְמֵאִין לַחֲבֵרִים:
Rachi a expliqué : mais pour un keli chetef il écoutera bien et l'immergera. Cela étonne : pourquoi écouterait-il ici plus que pour les aliments et les boissons ? Et si c'est parce que ceux-là n'ont pas de purification au mikvé, pour les boissons que dire ? Il peut les mettre en contact avec l'eau du mikvé par hachaka. De plus, puisque nous concluons que nous les immergeons nous-mêmes, et si c'était pour leur propre usage, pourquoi les immergerait-il plus que des récipients de terre ? Il faut donc expliquer ainsi : puisqu'il ne fait aucun cas de toi, on ne lui empruntera jamais ces objets-là ; mais il n'en va pas de même des kelei chetef, que l'on empruntera chez eux, et qui demeurent donc toujours impurs pour les haverim.
💡 Explication

Le disciple ne défend pas la thèse que Rabbi Yehochoua avait prêtée à Beit Chammaï. Il montre que leur partage est d'un autre ordre. Trois questions suffisent : un récipient impur ne fait pas écran ; le récipient de l'am haarets est impur ; donc en droit strict rien n'est protégé, et tout ce qui se trouve dans le récipient scellé est impur.

Reste à savoir ce qu'il sert de proclamer. L'am haarets ne tient pas ses propres objets pour impurs ; il retournera l'accusation. Beit Chammaï n'ont donc déclaré impur que ce qui concerne le haver, c'est-à-dire les kelei chetef qu'il pourrait emprunter. Le reste, aliments, boissons et kelei heres qui ne se purifient qu'en les brisant, ils l'ont laissé à sa pureté nominale.

🖼️ Schéma
Les trois questions du disciple de Beit Chammaï 1. Un récipient impur fait-il écran contre l'impureté de la tente ? Rabbi Yehochoua : il ne fait pas écran. 2. Le récipient d'un am haarets est-il pur ou impur ? Rabbi Yehochoua : impur. 3. Et si tu lui dis que son récipient est impur, fait-il cas de toi ? Il te répondra : le mien est pur et le tien est impur. Conclusion : la pureté que Beit Chammaï laissent est une pureté sans portée Aliments, boissons et kelei heres : lui seul les consommera, la déclaration serait sans effet. Kelei chetef : un haver les empruntera, et là il faut parler — on les déclare impurs sept jours. Le partage est pratiqué, non anatomique : il suit celui qui se servira de l'objet.
Les trois questions du disciple et le renversement qu'elles opèrent : le partage de Beit Chammaï suit l'usage, non la matière.
5
וְזֶהוּ טַעְמָן שֶׁל בֵּית שַׁמַּאי.

Et telle est la raison de Beit Chammaï.

💡 Explication

La guemara clôt l'explication du disciple. La position de Beit Chammaï se lit désormais comme une mesure rabbinique ajustée à son effet : on ne prononce l'impureté que là où elle sera entendue et suivie.

6
מִיָּד הָלַךְ רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ וְנִשְׁתַּטַּח עַל קִבְרֵי בֵּית שַׁמַּאי, אָמַר: נַעֲנֵיתִי לָכֶם עַצְמוֹת בֵּית שַׁמַּאי! וּמַה סְתוּמוֹת שֶׁלָּכֶם כָּךְ, מְפֹורָשׁוֹת — עַל אַחַת כַּמָּה וְכַמָּה. אָמְרוּ: כָּל יָמָיו הֻושְׁחֲרוּ שִׁינָּיו מִפְּנֵי תַּעֲנִיּוֹתָיו.

Aussitôt Rabbi Yehochoua alla se prosterner sur les tombes de Beit Chammaï et dit : je me soumets à vous, ossements de Beit Chammaï ! Si vos paroles restées obscures sont telles, vos paroles explicites, à plus forte raison.

On a dit : tous ses jours ses dents furent noircies par ses jeûnes.

💡 Explication

Rabbi Yehochoua avait dit j'ai honte de vos paroles. Ayant reçu la raison d'un simple disciple, il se rétracte par un geste : il se rend sur les tombes et reconnaît sa dette envers ceux qu'il avait raillies.

Le raisonnement de sa rétractation est un kal va-homer : si une position laissée sans explication recélait une telle justesse, que dire de celles que Beit Chammaï ont pris soin d'expliciter. La mention de ses dents noircies indique la durée des jeûnes qu'il s'imposa, la parole prononcée contre une école de Torah exigeant réparation.

7
קָתָנֵי מִיהַת ״לְךָ וְלוֹ״, אַלְמָא שָׁאֲלִינַן מִינַּייְהוּ! כִּי שָׁיְילִינַן מִינַּייְהוּ מַטְבְּלִינַן לְהוּ.

Il est enseigné en tout cas : pour toi et pour lui. Il apparaît donc que nous leur empruntons ! — Lorsque nous leur empruntons, nous les immergeons.

💡 Explication

La guemara revient à son propos antérieur. La formule lekha velo suppose qu'un haver emprunte effectivement des récipients à un am haarets. La question devenait alors : pourquoi ne craint-on pas qu'il les ait immergés d'une manière invalide, par exemple un récipient à l'intérieur d'un autre dont l'ouverture est trop étroite ?

La réponse est simple : sa tevila ne nous concerne pas, car nous immergeons nous-mêmes le récipient emprunté avant de nous en servir. La question de sa compétence est ainsi contournée.

8
אִי הָכִי, נַיהְדְּרוּ לְהוּ בֵּית הִלֵּל לְבֵית שַׁמַּאי: כִּי שָׁאֲלִינַן מִינַּייְהוּ מַטְבְּלִינַן לְהוּ! טְמֵא מֵת בָּעֵי הַזָּאָה שְׁלִישִׁי וּשְׁבִיעִי, וּמָנָא לְשִׁבְעָה יוֹמֵי לָא מוֹשְׁלִי אִינָשֵׁי.

S'il en est ainsi, que Beit Hillel répondent à Beit Chammaï : lorsque nous leur empruntons, nous les immergeons ! — Ce qui est impur par un mort requiert l'aspersion au troisième et au septième jour, et un récipient pour sept jours, les gens n'en prêtent pas.

📜 Rachi (1)
מַטְבִּילִין לְהוּ שֶׁמָּא הִטְבִּילָם כְּלִי בְּתוֹךְ כְּלִי:
car il se peut qu'il les ait immergés un récipient dans un récipient.
🗂️ Tossefot (1)
טְמֵא מֵת הַזָּאָה ג' וּשְׁבִיעִי. בְּהָנֵי דִּלְעֵיל דְּקָאָמַר כִּי שָׁיְילִינַן מַטְבִּילִין וּדְנָפְלָה מַעֲפֹורֶת מִמֶּנּוּ וּבִבְנוֹת כּוּתִים (נִדָּה דַּף לג: וְשָׁם) שֶׁטָּבַל וְדָרַס אַבִּגְדֵי חָבֵר דְּלָא טִמְּאוּ אֶלָּא מִשּׁוּם עַם הָאָרֶץ וְלָא חָיְישִׁינַן אַטֻּומְאַת מֵת כֵּיוָן דְּלָא שְׁכִיחִי לָא גָּזְרִינַן לֵיהּ:
Dans les cas cités plus haut, où l'on dit que lorsque nous leur empruntons nous immergeons, où celui dont le turban est tombé, ainsi que dans Benot Koutim, Nidda 33b, où il s'est immergé puis a foulé les vêtements d'un haver, on ne les a déclarés impurs qu'au titre de l'am haarets, et l'on ne craint pas l'impureté du mort : puisque ce cas n'est pas fréquent, on n'a pas décrété à son sujet.
💡 Explication

Si l'immersion que le haver pratique lui-même suffit à tout régler, Beit Hillel auraient pu opposer cet argument à Beit Chammaï et défendre par là la pureté des kelei chetef. La guemara écarte cette possibilité.

La solution de la tevila ne vaut que pour les impuretés légères, celles qui s'achèvent au coucher du soleil. L'impureté du mort demande sept jours et deux aspersions, au troisième et au septième. Or nul ne prête un récipient pour une semaine entière : le haver ne pourrait donc pas mener ce parcours à son terme sur un objet emprunté.

9
וְאַטְּבִילָה לָא מְהֵימְנִי? וְהָתַנְיָא: נֶאֱמָנִין עַמֵּי הָאָרֶץ עַל טָהֳרַת טְבִילַת טְמֵא מֵת!

Et pour l'immersion, ne sont-ils pas crus ? Or il est enseigné : les amei haarets sont crus sur la pureté de l'immersion de celui qui est impur par un mort !

📜 Rachi (1)
וְאַטְּבִילָה לָא מְהֵימְנִי דְּאָמַר הַשּׁוֹאֵל מִמֶּנּוּ צָרִיךְ לְהַטְבִּיל:
puisqu'il a été dit que celui qui emprunte chez lui doit immerger.
🗂️ Tossefot (1)
וְאַטְּבִילָה לָא מְהֵימְנִי וְהָתַנְיָא נֶאֱמָן עַם הָאָרֶץ לוֹמַר כו'. פרש"י כֵּיוָן דְּאָמַר הַשּׁוֹאֵל מִמֶּנּוּ צָרִיךְ לְהַטְבִּיל אַלְמָא לָא מְהֵימַן אַטְּבִילָה וְקַשְׁיָא להר"ר אֶלְחָנָן מַאי פָּרֵיךְ לֵיהּ מִמַּתְנִי' דְּנֶאֱמָן אַטֻּומְאַת מֵת הָא ע"כ לָא קָאָמַר הַשּׁוֹאֵל צָרִיךְ לְהַטְבִּיל רַק טֻומְאַת עֶרֶב אֲבָל טֻומְאַת ז' לָא קָאָמַר דִּכְלִי לז' לָא מוֹשְׁלִי אִינָשֵׁי כִּדְמַסִּיק וְתֵירֵץ מוֹרִי דְּקָאֵי אַהָא דְּקָאָמַר נֶהְדְּרוּ ב"ה לב"ש דְּמַטְבִּילִין לְכֵלִים וּמַסִּיק דְּלָא דָּמֵי דְּכֵיוָן דִּמְטַמֵּא בֵּית שַׁמַּאי מִטַּעַם שֶׁאֵין כְּלִי חֶרֶס מַצִּיל מִטֻּומְאַת אֹהֶל א"כ בָּעֵי הַזָּאָה ג' וְז' וְאִם נִשְׁתַּמֵּשׁ בִּכְלֵיהֶם נֶאֱמָן שֶׁהֵם נֶאֱמָנִים לְהַצִּיל עַל הַכֹּל שֶׁלֹּא נִטְמְאוּ בְּמֵת וְאַמְּטוּ לְהָכִי פָּרִיךְ אַטְּבִילַת טְמֵא מֵת לְטַהֲרַת כֵּלָיו בִּטְבִילָה מִמַּגַּע טְמֵא מֵת דְּקָאָמְרַתְּ שֶׁבִּשְׁאָר טֻומְאוֹת מַטְבִּילִין לְפִי שֶׁהוּא טֻומְאַת עֶרֶב אֲבָל הָכָא בָּעֵי הַזָּאָה לְכָךְ לָא אַהְדַּרִי תּוּ ב"ה לב"ש דְּלָא מְהַנֵּי מִידִי טְבִילָה לְדִבְרֵי ב"ש דְּחָיְישִׁינַן בְּכֵלִים שֶׁלֹּא הִצִּיל עַם הָאָרֶץ אוֹתוֹ מִטֻּומְאַת אֹהֶל וּלְהָכִי פָּרֵיךְ לְמֵימְרָא דְּלָא מְהֵימַן לוֹמַר שֶׁהִצִּילָם מֵאֹהֶל וְהָא תַּנְיָא נֶאֱמָן כו':
Rachi a expliqué : puisqu'il a été dit que celui qui emprunte chez lui doit immerger, il apparaît qu'il n'est pas cru sur l'immersion. Le Rav Elhanan objecte : que demande-t-on ici à partir de la baraita qui le dit cru sur l'impureté du mort ? Car celui qui emprunte n'a à immerger que pour une impureté d'un jour, et non pour une impureté de sept jours, puisqu'on ne prête pas un récipient pour sept jours, comme la guemara le conclut. Mon maître a répondu que la question porte sur ce qui vient d'être dit, que Beit Hillel répondent à Beit Chammaï que nous immergeons les récipients. La guemara conclut que ce n'est pas comparable : puisque Beit Chammaï les déclarent impurs au motif qu'un récipient de terre ne protège pas de l'impureté de la tente, il faut alors une aspersion au troisième et au septième jour ; et si l'on se sert de leurs récipients, il est cru, car ils sont crus pour attester que rien n'a été rendu impur par un mort. C'est pourquoi l'on objecte, à partir de l'immersion de celui qui est impur par un mort, à la purification de ses récipients par immersion après contact avec un impur du mort, dont tu disais que pour les autres impuretés on les immerge parce qu'il s'agit d'une impureté d'un jour, alors qu'ici une aspersion est requise. C'est pour cela que Beit Hillel n'ont plus répondu à Beit Chammaï : l'immersion ne sert de rien selon Beit Chammaï, puisque l'on craint que l'am haarets n'ait pas préservé les récipients de l'impureté de la tente. Et l'on demande donc : faut-il dire qu'il n'est pas cru à dire qu'il les en a préservés ? Or il est enseigné qu'il est cru.
💡 Explication

La guemara vient de poser que le haver immerge lui-même le récipient emprunté, ce qui suppose que l'am haarets n'est pas cru sur la tevila. Une baraita dit le contraire : les amei haarets sont crus sur l'immersion qui achève la purification de l'impureté du mort, celle du septième jour.

10
אָמַר אַבַּיֵּי, לָא קַשְׁיָא: הָא בְּגוּפוֹ, הָא בְּכֵלָיו. רָבָא אָמַר: אִידִי וְאִידִי בְּכֵלָיו, וְלָא קַשְׁיָא: הָא דְּאָמַר ״מֵעוֹלָם לֹא הִטְבַּלְתִּי כְּלִי בְּתוֹךְ כְּלִי״, וְהָא דְּאָמַר ״הִטְבַּלְתִּי, אֲבָל לֹא הִטְבַּלְתִּי בִּכְלִי שֶׁאֵין בְּפִיו כִּשְׁפוֹפֶרֶת הַנּוֹד״.

Abaye dit : il n'y a pas de difficulté — ici il s'agit de son corps, là de ses récipients. Rava dit : l'un et l'autre traitent de ses récipients, et il n'y a pas de difficulté — ici il s'agit de celui qui dit : jamais je n'ai immergé un récipient dans un récipient ; là de celui qui dit : j'ai immergé, mais je n'ai pas immergé dans un récipient dont l'ouverture n'a pas la largeur du goulot d'une outre.

📜 Rachi (1)
בְּגוּפוֹ מְהֵימַן:
il est cru.
💡 Explication

Deux résolutions. Abaye partage selon l'objet de la déclaration : l'am haarets est cru quand il atteste avoir immergé son propre corps, il ne l'est pas quand il atteste avoir immergé ses récipients.

Rava refuse ce partage et place la ligne ailleurs. Les deux enseignements traitent des récipients ; ce qui change est la teneur de la déclaration. Une déclaration globale et négative, jamais je n'ai immergé un récipient dans un récipient, ne demande aucun savoir technique : il est cru. Une déclaration de détail, qui suppose de connaître le chiour de la chefoferet hanod, le goulot d'une outre, et d'y avoir veillé, excède ce que l'on prête à un am haarets.

🖼️ Schéma
Rava : le global contre le détail les deux enseignements portent sur ses récipients ; ce qui change, c'est la nature de sa déclaration Il est cru Il dit : jamais je n'ai immergé un récipient dans un récipient. Déclaration simple, sans savoir technique. Il sait ce qu'il a fait ou non. Il n'est pas cru Il dit : j'ai immergé un récipient dans un récipient, mais jamais dans un récipient dont l'ouverture n'atteint pas le goulot d'une outre. Mesure fine : il faut connaître le chiour et y avoir veillé. Le même partage dans la baraita des fruits Cru quand il dit : ces fruits n'ont jamais reçu d'eau, ils n'ont pas été rendus aptes à l'impureté. Non cru quand il dit : ils ont été rendus aptes, mais je les ai gardés de toute impureté. Une fois la porte de l'impureté ouverte, tout repose sur une vigilance continue que l'on ne lui prête pas. Le critère de Rava est donc la charge de savoir et de soin que la déclaration suppose.
Le critère de Rava : la créance suit la charge de savoir et de vigilance que la déclaration suppose.
11
וְהָתַנְיָא: נֶאֱמָן עַם הָאָרֶץ לוֹמַר פֵּירוֹת לֹא הֻוכְשְׁרוּ, אֲבָל אֵינוֹ נֶאֱמָן לוֹמַר פֵּירוֹת הֻוכְשְׁרוּ אֲבָל לֹא נִטְמְאוּ.

Et il est enseigné : un am haarets est cru pour dire que des fruits n'ont pas été rendus aptes à l'impureté, mais il n'est pas cru pour dire que les fruits ont été rendus aptes et ne sont cependant pas devenus impurs.

📜 Rachi (2)
וְהַתַּנְיָא בְּנִיחוּתָא:
cette baraita est citée en appui, non comme une objection.
לֹא הֻוכְשְׁרוּ לֹא נִרְאוּ לַטֻּומְאָה:
ils n'ont pas été rendus aptes à recevoir l'impureté.
💡 Explication

Cette baraita est citée en appui de Rava. Un fruit ne reçoit l'impureté qu'après avoir été mouillé par l'un des sept liquides : c'est le hekhcher. Dire que ses fruits n'ont jamais reçu d'eau est une donnée brute, dont l'am haarets a connaissance : on le croit.

Dire qu'ils ont été mouillés et qu'il les a néanmoins préservés de toute impureté suppose une vigilance de chaque instant, celle que le haver s'impose et que l'am haarets ne pratique pas : on ne le croit pas. Le même critère départage ses déclarations sur la tevila.

12
וְאַגּוּפוֹ מִי מְהֵימַן? וְהָתַנְיָא: חָבֵר שֶׁבָּא לְהַזּוֹת — מַזִּין עָלָיו מִיָּד, עַם הָאָרֶץ שֶׁבָּא לְהַזּוֹת — אֵין מַזִּין עָלָיו עַד שֶׁיַּעֲשֶׂה בְּפָנֵינוּ שְׁלִישִׁי וּשְׁבִיעִי!

Et pour son corps, est-il cru ? Or il est enseigné : un haver qui vient pour l'aspersion, on asperge sur lui immédiatement ; un am haarets qui vient pour l'aspersion, on n'asperge pas sur lui tant qu'il n'a pas accompli devant nous le troisième et le septième jour !

📜 Rachi (1)
חָבֵר שֶׁבָּא לְהַזּוֹת וְאָמַר רָאוּי לְקַבֵּל הַזָּאָה רִאשׁוֹנָה שֶׁכְּבָר עָבְרוּ ג' יָמִים לְטֻומְאָתוֹ שֶׁהַיּוֹם יוֹם ג':
et qui dit qu'il est apte à recevoir la première aspersion, car trois jours ont déjà passé depuis son impureté, aujourd hui étant le troisième jour.
💡 Explication

La guemara attaque maintenant la réponse d'Abaye. Si l'am haarets était cru sur la pureté de son corps, on devrait l'asperger sur sa seule déclaration qu'il en est au troisième jour de son impureté, comme on le fait pour un haver.

Or la baraita exige qu'il accomplisse le compte entier sous nos yeux. Il n'est donc pas cru non plus sur son corps, et le partage entre le corps et les récipients ne tient pas.

13
אֶלָּא אָמַר אַבַּיֵּי: מִתּוֹךְ חֹומֶר שֶׁהֶחְמַרְתָּ עָלָיו בִּתְחִילָּתוֹ, הֵקַלְתָּ עָלָיו בְּסוֹפוֹ.

Abaye dit plutôt : en raison de la rigueur dont tu as usé envers lui à son commencement, tu as été indulgent envers lui à sa fin.

📜 Rachi (1)
מִתּוֹךְ חֹומֶר שֶׁהֶחְמַרְתָּ עָלָיו בַּתְּחִילָּה כְּשֶׁבָּא לְפָנֶיךָ לְהַזָּאוֹתָיו וְלֹא הֶאֱמַנְתּוֹ הֵקַלְתָּ עָלָיו בְּסוֹפוֹ לְהַאֲמִינוֹ עַל הַטְּבִילָה לְפִי שֶׁהוּא נִזְהָר בִּטְבִילָתוֹ שֶׁלֹּא יִצְטָרֵךְ לוֹ עוֹד:
lorsqu'il s'est présenté devant toi pour ses aspersions et que tu ne l'as pas cru, tu as été indulgent envers lui à la fin en le croyant sur l'immersion, parce qu'il prend garde à son immersion pour n'avoir plus à y revenir.
🗂️ Tossefot (1)
מִתּוֹךְ חֹומֶר שֶׁהֶחְמַרְתָּ עָלָיו בִּתְחִלָּתוֹ הֵקַלְתָּ עָלָיו בְּסוֹפוֹ. פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י תְּחִילָּתוֹ הַזָּאָתוֹ סוֹפוֹ טְבִילָה וְלֹא יִצְטָרֵךְ עוֹד לַחֲזֹור וְלִטְבֹּול וצ"ע דְּנֵילַף מק"ו מַה כֵּלִים שֶׁאֵין נֶאֱמָן עַל טְבִילָתָן נֶאֱמָן עַל הַזָּאָתָן גּוּפוֹ שֶׁנֶּאֱמָן עַל טְבִילָתוֹ אֵינוֹ דִּין שֶׁנֶּאֱמָן עַל הַזָּאָתוֹ וְאָמַר מוֹרִי דְּעַד כָּאן לָא מְהֵימַן בְּהַזָּאַת כֵּלִים אֶלָּא כְּשֶׁבָּא לְפָנֵינוּ וְאָמַר שֶׁלֹּא נִטְמְאוּ בְּמֵת דְּלָא שְׁכִיחַ אֲבָל אִם בָּא לְהַזּוֹת אֵינוֹ נֶאֱמָן אַפֵּי' בְּלֹא גּוּפוֹ וְתַנְיָא נָמֵי הָכִי בַּתּוֹסֶפְתָּא ע"ה שֶׁבָּא לְהַזּוֹת מַזִּין עָלָיו וְעַל כֵּלָיו אַחַר ג' יָמִים י"מ תְּחִילָּתוֹ בָּא לְהַזּוֹת סוֹפוֹ אוֹמֵר הִזֵּיתִי אַךְ הָיָה לָהֶם לְמִיגְרַס טָהֳרַת מֵת וְאִילּוּ בַּתּוֹסֶפְתָּא תַּנְיָא טְבִילַת מֵת:
Rachi a expliqué : son commencement est son aspersion, sa fin est l'immersion, et il n'aura plus à revenir s'immerger. Cela demande examen, car on pourrait apprendre par un kal va-homer : si pour des récipients, sur l'immersion desquels il n'est pas cru, il est cru sur leur aspersion, alors pour son corps, sur l'immersion duquel il est cru, n'est-il pas juste qu'il soit cru sur son aspersion ? Mon maître a dit qu'il n'est cru sur l'aspersion des récipients que lorsqu'il se présente devant nous et déclare qu'ils n'ont pas été rendus impurs par un mort, cas qui n'est pas fréquent ; mais s'il vient pour l'aspersion, il n'est pas cru, même sans son corps. Ainsi est-il enseigné dans la tossefta : un am haarets qui vient pour l'aspersion, on asperge sur lui et sur ses récipients après trois jours. Certains expliquent : son commencement, c'est qu'il vient pour l'aspersion, sa fin, c'est qu'il déclare avoir aspergé. Mais il aurait fallu lire chez nous taharat met, la pureté du mort, alors que la tossefta enseigne tevilat met, l'immersion du mort.
💡 Explication

Abaye abandonne le partage entre le corps et les récipients et propose un principe de procédure. Au début du parcours de purification, on ne l'a pas cru : il a dû accomplir le troisième et le septième jour devant nous. Cette rigueur initiale fonde l'indulgence finale.

Rachi en donne le ressort : ayant subi cette contrainte, l'am haarets prend garde à son immersion pour n'avoir pas à recommencer les sept jours. La créance ne repose donc pas sur sa science, mais sur l'intérêt qu'il a désormais à bien faire.

14
אֲחוֹרַיִם וְתוֹךְ. מַאי אֲחוֹרַיִם וְתוֹךְ?

Le dos et l'intérieur. Qu'est-ce que le dos et l'intérieur ?

💡 Explication

La guemara quitte la question de la créance et reprend la michna des ma'alot. Le deuxième degré énonce que le dos du récipient et son intérieur valent pour la terouma et non pour le kodech. La guemara demande d'abord ce que désigne cette distinction.

15
כְּדִתְנַן: כְּלִי שֶׁנִּטְמָא אֲחוֹרָיו בְּמַשְׁקִין — אֲחוֹרָיו טְמֵאִין, תּוֹכוֹ, אָוגְנוֹ, אָזְנוֹ, וְיָדָיו — טְהוֹרִין. נִטְמָא תּוֹכוֹ — כֻּולּוֹ טָמֵא.

Comme nous l'avons appris : un récipient dont le dos a été rendu impur par des liquides — son dos est impur ; son intérieur, son rebord, son anse et ses manches sont purs. Si son intérieur a été rendu impur — il est impur tout entier.

📜 Rachi (6)
כְּלִי שֶׁנִּטְמְאוּ אֲחוֹרָיו כְּלִי עֵץ אוֹ שֶׁל מַתֶּכֶת קָאָמַר שֶׁמְּטַמְּאִין מִגַּבָּן:
il parle d'un récipient de bois ou de métal, qui contracte l'impureté par son dos.
בְּמַשְׁקִין דְּטֻומְאָה דְּרַבָּנָן הִיא דְּמִדְּאוֹרַיְיתָּא אֵין אֹוכֶל וּמַשְׁקֶה מְטַמֵּא כְּלִי שֶׁאֵין כְּלִי מְקַבֵּל טֻומְאָה אֶלָּא מֵאַב הַטֻּומְאָה וְגָזְרוּ חֲכָמִים שֶׁיְּהוּ מַשְׁקִין מְטַמְּאִין כְּלִי לְפִי שֶׁיֵּשׁ מַשְׁקֶה שֶׁהוּא אַב הַטֻּומְאָה וּמְטַמֵּא כְּלִי מִן הַתּוֹרָה כְּגוֹן רֻוקּוֹ שֶׁל זָב וּמֵימֵי רַגְלָיו הִלְכָּךְ הוֹאִיל וְטֻומְאָה זוֹ מִדִּבְרֵי סוֹפְרִים אֲחוֹרָיו טְמֵאִין וּשְׁאָר תַּשְׁמִישִׁין שֶׁבּוֹ טְהוֹרִים דַּעֲבַדוּ רַבָּנָן הֶיכֵּר לְהוֹדִיעַ שֶׁטֻּומְאָה זוֹ מִדִּבְרֵיהֶם וְלֹא יִשָּׂרְפוּ עָלֶיהָ תְּרוּמָה וְקָדָשִׁים כָּךְ הִיא מְפֹורֶשֶׁת בְּמַסֶּכֶת נִדָּה פ"ק:
car c'est une impureté d'ordre rabbinique : selon la Torah, un aliment ou une boisson ne rend pas impur un récipient, car un récipient ne contracte l'impureté que d'un av hatoum'a. Les Sages ont décrété que les liquides rendent le récipient impur, parce qu'il existe un liquide qui est av hatoum'a et rend un récipient impur selon la Torah, comme la salive du zav et son urine. Dès lors, puisque cette impureté vient des paroles des scribes, son dos est impur et ses autres parties utiles restent pures : les Sages ont ménagé là un signe distinctif, pour faire savoir que cette impureté vient de leurs paroles et que l'on ne brûle pas pour elle terouma et kodachim. Ainsi cela est expliqué au traité Nidda, premier chapitre.
אָוגְנוֹ שְׂפָתוֹ הַכְּפוּלָה לְצַד חוּץ וְרָאוּי לְתַשְׁמִישׁ:
sa lèvre repliée vers l'extérieur, propre à l'usage.
אָזְנוֹ כְּגוֹן אֹוזֶן הֶחָבִית:
comme l'anse d'une jarre.
וְיָדָיו כְּלִי שֶׁיֵּשׁ לוֹ בֵּית יָד כְּגוֹן מַחֲבַת:
un récipient qui a un manche, comme une poêle.
נִטְמָא תּוֹכוֹ אַפֵּי' בְּטֻומְאָה דְּרַבָּנָן כֻּולּוֹ טָמֵא:
même par une impureté rabbinique, il est impur tout entier.
🗂️ Tossefot (1)
כְּלִי שֶׁנִּטְמָא אֲחוֹרָיו בְּמַשְׁקִין. דְּמִדְּאוֹרָיָית' אֵין אֹוכֶל וּמַשְׁקֶה מְטַמֵּא כְּלִי וְרַבָּנַן הוּא דִּגְזוּר מִשּׁוּם מַשְׁקֵה זָב וְזָבָה כִּדְאִיתָא בְּנִדָּה (דַּף ז:) וַעֲבוּד בֵּיהּ רַבָּנַן הֶיכֵּירָא לְגַבֵּיהּ כִּי הֵיכִי דְּלָא לִישְׂרֹוף עָלֶיהָ תְּרוּמָה וְקָדָשִׁים כִּדְאָמְרִינַן פֶּרֶק אֵלּוּ מוּמִין (בְּכוֹרוֹת דַּף לח. וְשָׁם):
Car selon la Torah ni un aliment ni une boisson ne rend impur un récipient ; ce sont les Sages qui l'ont décrété à cause du liquide du zav et de la zava, comme il est dit dans Nidda 7b. Et les Sages y ont ménagé un signe distinctif, afin que l'on ne brûle pas pour cette impureté terouma et kodachim, comme nous le disons au chapitre Elou moumin, Bekhorot 38a.
💡 Explication

La réponse vient d'une michna du traité Keilim. Selon la Torah, un aliment ou une boisson ne rend pas impur un récipient : seul un av hatoum'a le peut. Les Sages ont pourtant décrété que les liquides rendent le récipient impur, à cause des liquides du zav et de la zava, qui sont, eux, des pères d'impureté.

Pour signaler que cette impureté est d'origine rabbinique, ils l'ont limitée à la partie touchée : le dos rendu impur par un liquide laisse purs l'intérieur, l ogen qui est la lèvre repliée, l ozen qui est l'anse, et les yadayim qui sont les manches. Ce signe distinctif évite que l'on brûle terouma et kodachim pour une impureté qui n'est pas de la Torah. L'intérieur rendu impur, en revanche, emporte le récipient entier.

🖼️ Schéma
Les parties d'un récipient : ahorayim, tokh, ogen, ozen, yadayim, beit hatsevita tokh l'intérieur ogen : la lèvre repliée vers l'extérieur ozen : l'anse, comme celle d'une jarre yad : le manche, comme celui d'une poêle ahorayim : le dos, la paroi extérieure beit hatsevita : selon Rabbi Assi, le creux au fond du plat où les délicats trempent Le dos est rendu impur par un liquide seul le dos est impur ; l'intérieur, l'ogen, l'ozen et les yadayim restent purs L'intérieur est rendu impur le récipient entier est impur, même par une impureté rabbinique et ce découpage vaut pour la terouma seule
Les parties du récipient et la règle du découpage, valable pour la terouma seule.
16
וּבֵית הַצְּבִיטָה וְכוּ׳. מַאי בֵּית הַצְּבִיטָה? אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: מָקוֹם שֶׁצּוֹבְטוֹ, וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״וַיִּצְבָּט לָהּ קָלִי״. רַבִּי אַסִּי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מָקוֹם שֶׁנְּקִיֵּי הַדַּעַת צוֹבְעִין.

Et le beit hatsevita, etc. Qu'est-ce que le beit hatsevita ?

Rav Yehouda a dit au nom de Chemouel : l'endroit par lequel on le saisit, et de même il est dit : et il lui tendit du grain grillé. Rabbi Assi a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : l'endroit où les gens délicats trempent.

📜 Rachi (4)
שֶׁצּוֹבְטוֹ שֶׁאוֹחֵז בּוֹ וּמוֹשִׁיטוֹ לַאֲחֵרִים:
on le saisit par là et on le tend à autrui.
וַיִּצְבָּט לָהּ קָלִי תַּרְגּוּם וְאוֹשִׁיט לָהּ:
le targoum rend : et il lui tendit.
נְקִיֵּי הַדַּעַת אִסְתְּנִיסִים:
les gens délicats, les istenis.
צוֹבְעִין מַטְבִּילִין אוֹכְלִין בְּחַרְדָּל אוֹ בְּחֹומֶץ שֶׁחוֹקְקִין בְּשׁוּלֵי הַקְּעָרָה בֵּית קִיבּוּל לְעַצְמוֹ וְגֹובַהּ לוֹ סָבִיב וְנוֹתְנִין שָׁם חֹומֶץ וְחַרְדָּל:
ils trempent les aliments dans de la moutarde ou du vinaigre : on creuse au fond du plat un réceptacle à part, avec un rebord tout autour, et l'on y met du vinaigre et de la moutarde.
🗂️ Tossefot (1)
מָקוֹם שֶׁנְּקִיֵּי הַדַּעַת צוֹבְעִין. פרש"י חוֹקְקִין בְּשׁוּלֵי הַקְּעָרָה בֵּית קִיבּוּל וְהַגֹּובַהּ סָבִיב וְנוֹתְנִין בְּתוֹךְ הַקִּיבּוּל חֹומֶץ וְחַרְדָּל וְהִקְשָׁה הָר"ר אֶלְחָנָן א"כ לִתְרוּמָה תְּטַמֵּא כֻּולָּהּ כֵּיוָן דְּאִיטַּמִּי הַחֲקָק מִי גָּרַע מִתּוֹךְ תּוֹכוֹ וְצָרִיךְ לִדְחֹוק וְלוֹמַר דְּהָכֵי פִּי' הַמַּתְנִי' אֲחוֹרַיִם וְתוֹךְ הַצְּבִיטָה אִם נִטְמָא אֲחוֹרָיו לֹא נִטְמָא תוֹכוֹ וּבֵית הַצְּבִיטָה נִטְמָא תּוֹכוֹ וּבֵית הַצְּבִיטָה נִטְמָא אֲחוֹרָיו א"כ לְפֵירוּשׁ זֶה רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל וְרַב אַסִּי חֲלוּקִין הֵן בְּפֵירוּשׁ הַמִּשְׁנָה וצ"ע:
Rachi a expliqué : on creuse au fond du plat un réceptacle avec un rebord tout autour, et l'on met dans ce réceptacle du vinaigre et de la moutarde. Le Rav Elhanan a objecté : s'il en est ainsi, pour la terouma le plat entier devrait être impur, puisque le creux a été rendu impur ; en quoi serait-il moindre que l'intérieur de l'intérieur ? Il faut donc forcer l'explication et dire que la michna signifie ceci : le dos, l'intérieur et le beit hatsevita — si son dos a été rendu impur, son intérieur et le beit hatsevita ne le sont pas ; si son intérieur a été rendu impur, le beit hatsevita et le dos le sont. S'il en est ainsi, selon cette explication Rav Yehouda au nom de Chemouel et Rav Assi divergent sur le sens même de la michna, et cela demande examen.
💡 Explication

La michna avait ajouté une troisième partie au dos et à l'intérieur : le beit hatsevita. Deux lectures s'affrontent. Pour Chemouel, la racine tsavat signifie saisir et tendre, comme dans le verset de Routh où Boaz lui tend du grain grillé ; le beit hatsevita est alors la prise, l'endroit creusé par lequel on tient le récipient pour le passer à autrui.

Pour Rabbi Yo'hanan, il s'agit du petit creux aménagé au fond du plat, avec un rebord tout autour, où les nekiyei hadaat, les gens délicats, mettent du vinaigre ou de la moutarde pour y tremper leurs aliments. Tossefot relève la difficulté de cette seconde lecture : un creux qui appartient à l'intérieur devrait entraîner tout le récipient.

17
תָּנֵי רַב בִּיבִי קַמֵּיהּ דְּרַב נַחְמָן: כָּל הַכֵּלִים אֵין לָהֶם אֲחוֹרַיִם וָתוֹךְ, אֶחָד קָדְשֵׁי הַמִּקְדָּשׁ וְאֶחָד קָדְשֵׁי הַגְּבוּל. אֲמַר לֵיהּ: קָדְשֵׁי הַגְּבוּל מַאי נִינְהוּ — תְּרוּמָה, וְהִתְנָן: אֲחוֹרַיִם וְתוֹךְ וּבֵית הַצְּבִיטָה לִתְרוּמָה!

Rav Beivai enseigna devant Rav Nahman : tous les récipients n'ont pas de dos et d'intérieur, aussi bien pour les kodachim du Temple que pour les kodachim de la frontière. Il lui dit : les kodachim de la frontière, qu'est-ce donc ?

La terouma. Or nous avons appris : le dos, l'intérieur et le beit hatsevita valent pour la terouma !

📜 Rachi (2)
אֵין לָהֶן אֲחוֹרַיִם אֵין חִילּוּק לָהֶם שֶׁל אֲחוֹרַיִם וְתוֹךְ אֶלָּא מִשֶּׁנִּטְמָא אֶחָד מֵהֶן הַכֹּל טָמֵא בֵּין לְקָדְשֵׁי הַמִּקְדָּשׁ בֵּין לְקָדְשֵׁי הַגְּבוּל:
il n'y a pas pour eux de distinction entre le dos et l'intérieur : dès que l'un des deux est rendu impur, tout est impur, aussi bien pour les kodachim du Temple que pour les kodachim de la frontière.
תְּרוּמָה הַנֶּאֱכֶלֶת בְּכָל גְּבוּל א"י:
la terouma, qui se mange dans toute l'étendue de la terre d'Israël.
💡 Explication

Rav Beivai récite devant Rav Nahman une baraita qui supprime le découpage du récipient dans tous les cas : dès qu'une partie est rendue impure, tout l'est, pour les kodchei hamikdach comme pour les kodchei hagvoul.

Rav Nahman objecte que l'expression kodachim de la frontière désigne d'ordinaire la terouma, qui se mange dans toute l'étendue de la terre d'Israël. La baraita contredirait alors frontalement notre michna, qui maintient le découpage précisément pour la terouma.

18
דִּלְמָא לְחֻולִּין שֶׁנַּעֲשׂוּ עַל טָהֳרַת הַקֹּודֶשׁ קָאָמְרַתְּ.

Peut-être veux-tu parler des houlin préparés selon la pureté du kodech.

📜 Rachi (1)
דִּלְמָא הַאי קָדְשֵׁי גְּבוּל חֻולִּין שֶׁנַּעֲשׂוּ עַל טָהֳרַת קֹודֶשׁ קָאָמְרַתְּ וע"י מִשְׁנָתְךָ זוֹ הֻוזְכַּרְתִּי דָּבָר שֶׁשָּׁמַעְתִּי מֵרַבָּה בַּר אַבֹּוהַּ רַבֵּיהּ דְּרַב נַחְמָן:
peut-être par ces kodachim de la frontière veux-tu dire des houlin préparés selon la pureté du kodech ; et grâce à ton enseignement je me suis souvenu d'une chose que j'ai entendue de Rabba bar Avouh, maître de Rav Nahman.
💡 Explication

Rav Nahman résout lui-même sa difficulté en déplaçant le sens de l'expression. Les kodchei hagvoul de la baraita ne sont pas la terouma mais les houlin faits en pureté de kodech, ces aliments ordinaires qu'un homme habitué aux kodachim traite avec la rigueur du kodech.

Le nom leur convient, puisque ce degré de pureté peut s'observer hors du Temple. La baraita cesse alors de contredire la michna : elle étend la rigueur du kodech à ces houlin, sans toucher à la terouma.

19
אַדְכַּרְתַּן מִילְּתָא דְּאָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ: אַחַת עֶשְׂרֵה מַעֲלוֹת שָׁנוּ כָּאן; שֵׁשׁ רִאשׁוֹנוֹת — בֵּין לַקֹּודֶשׁ, בֵּין לְחֻולִּין שֶׁנַּעֲשׂוּ עַל טָהֳרַת הַקֹּודֶשׁ, אַחֲרוֹנוֹת — לַקֹּודֶשׁ, אֲבָל לֹא לְחֻולִּין שֶׁנַּעֲשׂוּ עַל טָהֳרַת הַקֹּודֶשׁ.

Tu m as rappelé une chose qu'a dite Rabba bar Avouh : onze ma'alot ont été enseignées ici ; les six premières valent aussi bien pour le kodech que pour les houlin préparés selon la pureté du kodech ; les dernières valent pour le kodech, mais non pour les houlin préparés selon la pureté du kodech.

💡 Explication

La lecture de Rav Nahman reçoit ici son appui. Rabba bar Avouh compte onze ma'alot dans la michna et les coupe en deux : les six premières s'étendent aux houlin faits en pureté de kodech, les cinq dernières restent propres au kodech.

Le critère du partage avait été donné au folio précédent : les six premières comportent une derara de-toum'a, une attache à une impureté de la Torah, et les Sages les ont donc étendues. Le deuxième degré, celui du dos et de l'intérieur, se trouve dans ce premier groupe : la baraita de Rav Beivai, qui supprime le découpage pour les houlin faits en pureté de kodech, s'accorde ainsi avec la michna.

20
הַנּוֹשֵׂא אֶת הַמִּדְרָס — נוֹשֵׂא אֶת הַתְּרוּמָה, אֲבָל לֹא אֶת הַקֹּודֶשׁ. קוֹדֶשׁ, מַאי טַעְמָא לֹא? מִשּׁוּם מַעֲשֶׂה שֶׁהָיָה. דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: מַעֲשֶׂה בְּאֶחָד שֶׁהָיָה מַעֲבִיר חָבִית שֶׁל יֵין קֹודֶשׁ מִמָּקוֹם לְמָקוֹם,

Celui qui porte le midras porte la terouma, mais non le kodech. Le kodech, quelle en est la raison ?

À cause d'un fait qui eut lieu. Car Rav Yehouda a dit au nom de Chemouel : il arriva qu'un homme transportait une jarre de vin de kodech d'un endroit à un autre,

💡 Explication

La guemara passe au troisième degré de la michna. Un objet foulé par un zav est un midras, un père d'impureté ; celui qui le porte peut porter en même temps de la terouma, à condition qu'il n'y ait aucun contact, mais il ne peut pas porter du kodech.

La question se pose : si le contact est exclu, pourquoi interdire aussi le kodech ? La réponse n'est pas tirée d'un raisonnement mais d'un incident, un maasse chehaya, que Chemouel rapporte au nom de Rav Yehouda. Le récit commence au dernier mot du folio, avec un homme qui transporte une jarre de vin consacré, et s'achève au début de 23a : la courroie de sa sandale se rompit, il prit la jarre pour la poser, elle se brisa, et les Sages décrétèrent à partir de la.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).