Chagigah 24b — La main qui rend l'autre main impure, les aliments secs, et la sévérité propre à la terouma

Chagigah 24b

Sougya : Le folio achève la sougya du maala selon lequel une main impure rend l'autre main impure pour le kodech. Deux questions y sont démêlées : jusqu'où va la transmission, la main d'autrui ou seulement l'autre main du même homme, et à quel degré, pour invalider seulement ou pour rendre véritablement impur.

Rech Lakich finit par se ranger à l'avis de Rabbi Yo'hanan, et la guemara cherche à rattacher la question du degré à une controverse de Tanaim, d'abord chez Rabbi Yehochoua et les Sages, puis chez Rabbi et Rabbi Yossi be-Rabbi Yehouda. La suite explique la michna sur les aliments secs : puisque la 'hibat hakodech rend le kodech apte à l'impureté, la clause vise celui qui a du kodech dans la bouche et veut y ajouter du 'houlin de sa main souillée.

Le folio se termine sur l'onen et le me'houssar kippourim, puis ouvre la michna inverse : les sévérités qui pèsent sur la terouma et non sur le kodech, avec la confiance faite en Judée à l'am haarets sur la pureté du vin et de l'huile.

Jusqu'où va la main impure ? Les deux positions et leur issue Rech Lakich, première position Sa propre autre main : elle devient impure. La main d'autrui : elle ne devient pas impure. Le maala reste enfermé dans une seule personne : il sert à rappeler à l'homme de surveiller ses mains. Rabbi Yo'hanan Sa propre autre main et la main d'autrui. Condition : le contact vient de cette même main, celle qui a touché l'impureté. La seconde main, elle, ne transmet plus rien. L'appui de Rabbi Yo'hanan dans la michna La richa enseigne déjà que pour le kodech on immerge les deux mains. La seifa ajoute : car la main rend sa compagne impure pour le kodech. Cet ajout vient inclure la main d'autrui. Rech Lakich se rétracte Rabbi Yona au nom de Rabbi Ami au nom de Rech Lakich : sa propre main comme la main d'autrui, par cette même main. Le degré, qui reste à fixer Pour invalider, mais non pour rendre impur. La guemara cherche à qui cette précision se rattache chez les Tanaim.
La portée du maala : les deux positions, l appui tiré de la michna, et la rétractation de Rech Lakich.
Le compte des degrés : où s'arrête la seconde main Mains ordinaires sheniot, par décret Première main celle qui a touché Seconde main quel degré ? Lecture letame Rabbi Yehochoua ; Rabbi dans la beraita La seconde main devient chenia, comme la première. Le kodech qu'elle touche devient chlichi. Un chlichi de kodech est impur : il peut encore produire un revi'i. La main rend donc le kodech impur au sens plein. Lecture lifsol Rabbi Yossi be-Rabbi Yehouda ; Rabbi Yo'hanan La seconde main ne descend que d'un cran : elle devient chlichi. Le kodech qu'elle touche devient revi'i. Un revi'i est passoul et s'arrête là. La main invalide le kodech sans rien transmettre. Et la terouma ? Le maala de la main qui rend l'autre main impure vaut pour le kodech seul. Pour la terouma, la seconde main demeure pure : seule la main qui a touché l'impureté invalide. Motif avancé par le Yerouchalmi cité par Tossefot : ceux qui mangent la terouma sont diligents.
Le compte des degrés : selon que la seconde main devient chenia ou chlichi, elle rend le kodech impur ou seulement passoul.
Le fil du folio, du dernier maala du kodech à la sévérité de la terouma 1. La main qui rend l'autre main impure Portée, puis degré. Rech Lakich se rétracte ; la controverse de Tanaim est cherchée et trouvée. 2. Les aliments secs La 'hibat hakodech rend le kodech apte à l'impureté. La michna vise donc du 'houlin sec ajouté à la bouche. 3. L'onen et le me'houssar kippourim Jusqu'à maintenant le kodech leur était interdit ; les Sages exigent d'eux une tevila. 4. Michna nouvelle : sévérité dans la terouma En Judée, l'am haarets est cru sur la pureté du vin et de l'huile de kodech toute l'année. Au moment des pressoirs, il est cru même sur la terouma, car tous purifient alors leurs ustensiles. Hors saison, une barrique de terouma est refusée, sauf si un revi'it de kodech y a été versé.
Les quatre moments du folio, du dernier maala du kodech à la michna qui renverse la comparaison.
1
אֲבָל יַד חֲבֵירוֹ — לֹא. וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: אֶחָד יָדוֹ וְאֶחָד יַד חֲבֵירוֹ, בְּאוֹתָהּ הַיָּד. לִפְסוֹל, אֲבָל לֹא לְטַמֵּא.

Mais la main d'autrui, non. Et Rabbi Yo'hanan a dit : aussi bien sa propre main que la main d'autrui, par cette même main ; pour invalider, mais non pour rendre impur.

📜 Rachi (2)
אֲבָל יַד חֲבֵירוֹ אִם נָגְעָה בְּיַד חֲבֵרוֹ לֹא טִימְּאַתָּה:
Si elle a touché la main d'autrui, elle ne l'a pas rendue impure.
בְּאוֹתָהּ הַיָּד אִם נָגַע בְּיַד הָרִאשׁוֹנָה בְּיַד חֲבֵרוֹ אֲבָל הַשְּׁנִיָּה אֵינָהּ מְטַמְּאָה יַד חֲבֵרוֹ:
S'il a touché de la première main la main d'autrui ; mais la seconde main ne rend pas impure la main d'autrui.
💡 Explication

Le folio précédent a posé le maala (sévérité propre au kodech) selon lequel une main impure rend l'autre main impure. Deux questions restent ouvertes. La première porte sur la portée : la transmission atteint-elle seulement l'autre main du même homme, ou aussi la main d'autrui ? La seconde porte sur le degré : la seconde main devient-elle impure au point de rendre le kodech impur, ou seulement au point de l'invalider ?

Rabbi Yo'hanan répond aux deux. Sur la portée, il étend la transmission à la main d'autrui, avec une condition que Rachi précise : le contact doit venir de cette même main, celle qui a touché l'impureté. Sur le degré, il retient lifsol (invalider) et écarte letamé (rendre impur), ce qui revient à dire que la seconde main descend d'un cran par rapport à la première.

🖼️ Schéma
Où s'arrête la chaîne : la condition de cette même main Main A elle a touché l'impureté Son autre main atteinte, de l'avis de tous La main d'autrui, touchée par la main A Atteinte selon Rabbi Yo'hanan ; intacte selon la première position de Rech Lakich Une troisième main jamais atteinte La règle que pose Rachi Seule la main qui a touché l'impureté transmet. La seconde main, une fois atteinte, ne transmet plus.
La chaîne de transmission et son point d'arrêt : seule la main qui a touché l'impureté atteint une autre main.
2
מִמַּאי — מִדְּקָתָנֵי סֵיפָא: שֶׁהַיָּד מְטַמְּאָה חֲבֶירְתָּהּ לַקֹּדֶשׁ, אֲבָל לֹא לִתְרוּמָה. הָא תּוּ לָמָּה לִי? הָא תָּנָא לֵיהּ רֵישָׁא! אֶלָּא לָאו שְׁמַע מִינָּה, לַאֲתוּיֵי יַד חֲבֵירוֹ.

D'où cela ? De ce que la clause finale enseigne : car la main rend sa compagne impure pour le kodech, mais non pour la terouma.

Pourquoi ai-je encore besoin de cette clause ? La clause initiale l'a déjà enseigné !

Il faut donc en conclure qu'elle vient inclure la main d'autrui.

📜 Rachi (1)
הָא תָּנָא לֵיהּ רֵישָׁא וּלְקַדֵּשׁ מַטְבִּילִין שְׁנֵיהֶן:
Et pour le kodech, on immerge les deux mains.
💡 Explication

La guemara cherche l'appui textuel de Rabbi Yo'hanan dans la michna elle-même. La richa (clause initiale) enseigne déjà que pour le kodech on immerge les deux mains, ce qui suppose que la main touchée par l'autre est atteinte. La seifa (clause finale) revient sur le même point en donnant la raison : car la main rend sa compagne impure pour le kodech.

Un énoncé qui répète ce qui est déjà acquis appelle une explication. Le procédé est courant dans la guemara : la redondance apparente sert d'indice, et l'on cherche ce qu'elle ajoute. La réponse retenue est l'extension à la main d'autrui, cas que la richa, formulée pour un seul homme, ne couvrait pas.

3
וְאַף רֵישׁ לָקִישׁ הֲדַר בֵּיהּ, דְּאָמַר רַבִּי יוֹנָה אָמַר רַבִּי אַמֵּי אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: אֶחָד יָדוֹ וְאֶחָד יַד חֲבֵירוֹ, בְּאוֹתָהּ הַיָּד, לִפְסֹול אֲבָל לֹא לְטַמֵּא.

Et Rech Lakich lui aussi s'est rétracté, car Rabbi Yona a dit au nom de Rabbi Ami au nom de Rech Lakich : aussi bien sa propre main que la main d'autrui, par cette même main ; pour invalider, mais non pour rendre impur.

💡 Explication

La guemara signale que la controverse s'est résorbée. La tradition rapportée par Rabbi Yona au nom de Rabbi Ami restitue un énoncé de Rech Lakich identique mot pour mot à celui de Rabbi Yo'hanan, ce qui établit la rétractation.

Le procédé mérite d'être noté : la rétractation d'un Amora se démontre par la production d'une seconde tradition à son nom, contraire à la première. La chaîne de transmission fait ici office de preuve.

4
וְלִפְסֹול אֲבָל לֹא לְטַמֵּא תַּנָּאֵי הִיא. דִּתְנַן: כָּל הַפּוֹסֵל בִּתְרוּמָה — מְטַמֵּא יָדַיִם לִהְיוֹת שְׁנִיּוֹת, וְיָד מְטַמֵּא חֲבִירְתֵּהּ, דִּבְרֵי רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: יָדַיִם שְׁנִיּוֹת הֵן, וְאֵין שֵׁנִי עוֹשֶׂה שֵׁנִי בַּחֻולִּין.

Et pour invalider mais non pour rendre impur : c'est une controverse de Tanaim. Car nous avons appris : tout ce qui invalide dans la terouma rend les mains impures pour être sheniot, et une main rend sa compagne impure — paroles de Rabbi Yehochoua.

Et les Sages disent : les mains sont sheniot, et un cheni ne fait pas un cheni dans le 'houlin.

📜 Rachi (2)
וְלִפְסֹול אֶת הֶקְדֵּשׁ הוּא דְּאָמַר יָד מְטַמֵּא חֲבִירְתֵּהּ אֲבָל לֹא לְטַמֵּא:
Pour invalider le kodech : voilà en quel sens il dit que la main rend sa compagne impure, et non pour la rendre impure.
אֵין שֵׁנִי עוֹשֶׂה שֵׁנִי אֵין יָד שֶׁהִיא שְׁנִיָּה עוֹשָׂה אֶת חֲבִירְתֵּהּ שְׁנִיָּה מִכְּלָל דְּשָׁמְעִי' לְר' יְהוֹשֻׁעַ דְּאָמַר הַיָּד מְטַמֵּא אֶת חֲבִירְתֵּהּ לִהְיוֹת כְּמוֹתָהּ:
Une main qui est chenia ne rend pas sa compagne chenia. Il ressort de là que nous entendons Rabbi Yehochoua dire que la main rend sa compagne impure pour être comme elle.
🗂️ Tossefot (1)
דִּתְנַן כָּל הַפּוֹסֵל אֶת הַתְּרוּמָה כו'. קָשֶׁה לְרִ"י דְּאָמְרִינַן בפ"ק דְּשַׁבָּת (דַּף יד. וְשָׁם) אַף הַיָּדַיִם הַבָּאוֹת מֵחֲמַת סֵפֶר פּוֹסְלוֹת אֶת הַתְּרוּמָה מִשּׁוּם דָּר' פַּרְנָךְ דְּאָמַר וְכוּ' מַאי קָאָמַר אַפֵּי' כָּל מִילֵּי נָמֵי דְּפוֹסֵל אֶת הַתְּרוּמָה מְטַמֵּא יָדַיִם כְּדִתְנַן הָכָא וְי"ל דְּסֵפֶר נִגְזְרָה רִאשׁוֹן וְאַחַ"כּ שֶׁל שְׁאָר מִילֵּי וְעוֹד יֵשׁ לוֹמַר דִּלְרַבָּנָן אִיצְטְרִיךְ הָתָם דִּפְלִיגִי עֲלֵיהּ דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ וּמִיהוּ טְפֵי נִרְאֶה לוֹמַר דְּאַף ר' יְהוֹשֻׁעַ לָא קָאָמַר רַק לְקַדֵּשׁ כִּדְמַשְׁמַע כֻּולָּהּ שְׁמַעְתִּין אֲבָל לִתְרוּמָה לֹא וְכִי קָאָמַר בְּסֵיפָא דְּמַתְנִי' אָמַר לָהֶם רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ וַהֲלֹא כִּתְבֵי הַקֹּדֶשׁ שְׁנִיִּים מְטַמְּאִין אֶת הַיָּדַיִם אָמְרוּ לֵיהּ אֵין לְמֵדִין דִבְרֵי תוֹרָה כּוּ' וּמַאי קָא מַקְשֵׁי לְהוּ הָא אִיהוּ מוֹדֶה דְּכִתְבֵי הֶקְדֵּשׁ מַיְירֵי אַף לִתְרוּמָה וְהַהִיא דְּכָל הַפּוֹסֵל אֶת הַתְּרוּמָה דַּוְקָא לְקַדֵּשׁ הָתָם לָאו קוּשְׁיָא הִיא אֶלָּא סִיּוּמָא דְּמִלְּתָא קָמַסֵּיק בָּא לִיתֵּן טַעַם עַל דְּבָרָיו לָמָּה שֵׁנִי עוֹשֶׂה שֵׁנִי דה"נ מָצִינוּ בִּתְרוּמָה כ"ש לְקַדֵּשׁ אֲבָל קָשֶׁה לְהָר"ר אֶלְחָנָן מַאי סִיַּיעְתָּא מַיְיתֵי לְמִילְּתֵיהּ מִכִּתְבֵי הֶקְדֵּשׁ שָׁאנֵי הָתָם מִשּׁוּם דָּר' פַּרְנָךְ כָּל הָאוֹחֵז ס"ת עָרֹום כּוּ' וְתֵירֵץ הר"י דִּבְסֵפֶר נָמֵי הֵיכָא דְּלָא שַׁייָּךְ דָּר' פַּרְנָךְ קָאָמַר לֵיהּ כְּגוֹן רְצוּעוֹת שֶׁל תְּפִילִּין עִם הַתְּפִילִּין אֲבָל אַכַּתִּי הָיָה קָשֶׁה לְהָר"ר אֶלְחָנָן בפ"ב דְּחֻולִּין (דַּף לד.) מָצִינוּ לִשְׁנֵי עוֹשֶׂה שֵׁנִי ע"י מַשְׁקִין וּפָרִיךְ תְּחִילָּה נָמֵי הֲוָה וְאַמַּאי לָא קָאָמַר בַּיָּד שֶׁמְּטַמְּאָה אֶת חֲבֶרְתָּהּ כִּי הָכָא וְי"ל דְּאִיהוּ קָאָמַר לֵיהּ בְּמַס' יָדַיִם לְכָךְ לֹא חָשׁ לְהָבִיא סִייַּעְתָּא מִמַּה שֶׁאָמַר אִיהוּ וְגַם ע"י סֵפֶר לָא בָּעֵי לְמֵימַר מָצִינוּ שֵׁנִי עוֹשֶׂה שֵׁנִי דְּהָתָם טַעְמָא רַבָּה אִיכָּא מִשּׁוּם דְּר' פַּרְנָךְ וּמִיהוּ הָתָם לָא בָּעֵי לְמֵימַר שֵׁנִי עוֹשֶׂה שֵׁנִי מִשּׁוּם גְּזֵרָה דְּשַׁבָּת די"ח דָּבָר דְּאָמְרִינַן דִּלְמָא שָׁדֵי מַשְׁקִין דִּתְרוּמָה לְפִיו כִּי אָכֵיל אֳוכָלִין טְמֵאִים דְּהָתָם נָמֵי יָדַע הָא טַעְמָא אֶלָּא קָמַתְמַהּ כֵּיוָן שֶׁלֹּא מָצִינוּ טֻומְאָה כְּהַאי גַּווְנָא הֵיכִי גָּזְרִינַן א"ל הָכָא וְהַהִיא דְּהָתָם דְּקָאָמַר שְׁלִישִׁי שֵׁנִי לַקֹּדֶשׁ וְלֹא לִתְרוּמָה בְּחֻולִּין שֶׁנַּעֲשׂוּ עטה"ק וְקָשֶׁה אַמַּאי לָא חֲשִׁיב לָהּ גַּבֵּי מַעֲלוֹת הָכָא וְי"ל דְּהָתָם מְפָרֵשׁ טַעְמָא שָׁאנֵי תְּרוּמָה שֶׁטָּהֳרָתָהּ טֻמְאָה הִיא אֵצֶל הַקֹּדֶשׁ א"כ לָאו מִשּׁוּם מַעֲלָה הִיא הָר"ר אֶלְחָנָן וּמִיהוּ לְמָאֵן דְּלֵית לֵיהּ הָתָם דְּאַהְדַּר לֵיהּ הָכִי ר"א לְר' יְהוֹשֻׁעַ וְלָא קָמַסֵּיק אַף אֲנִי לֹא אָמַרְתִּי דְּקָאָמַר הָתָם אָמוֹרָאֵי נִינְהוּ וְאַלִּיבָּא דְּר' יוֹחָנָן א"כ אַמַּאי לָא חָשֵׁיב לֵיהּ וְי"ל דְּאִיכָּא לְמֵימַר דְּבִתְרוּמָה לָא גְּזוּר מִשּׁוּם דִּזְרִיזִין גַּבֵּי תְּרוּמָה אֲבָל לֹא גַּבֵּי קֹדֶשׁ הִלְכָּךְ לֹא שַׁיָּיךְ לְמֵימַר בָּהֶן מַעֲלָה וְדֻוגְמָתוֹ מָצִינוּ בְּרֵישׁ פִּירְקִין בַּיְּרוּשַׁלְמִי גַּבֵּי חֹומֶר בַּקֹּדֶשׁ ר' חַייָּא בְּשֵׁם ר' יוֹחָנָן מִפְּנֵי שֶׁאוֹכְלֵי תְּרוּמָה זְרִיזִין הֵן וְאוֹכְלֵי קֹדֶשׁ אֵינָן זְרִיזִין א"ר. חֲנִינָא קוּמִי ר' מָנָא הָדָא הִיא מַעֲלָה אִילּוּ דָּבָר שֶׁבָּזֶה וּבָזֶה בָּזֶה טָהוֹר וּבָזֶה טָמֵא הָדָא הִיא מַעֲלָה אַלְמָא לָא חָשְׁבִינַן לֵיהּ מַעֲלָה בְּדָבָר הַתָּלוּי בִּזְרִיזוּת:
Le Ri a trouvé difficile ce passage. Nous disons au premier chapitre de Chabbat (14a) que même les mains qui deviennent impures du fait d'un rouleau de l'Écriture invalident la terouma, en raison de l'enseignement de Rabbi Parnakh ; que veut dire la guemara là-bas ? Toute chose qui invalide la terouma rend pareillement les mains impures, comme nous l'avons appris ici ! Et l'on peut répondre que pour le rouleau le décret a été porte en premier, et ensuite pour le reste des choses. On peut encore dire que l'enseignement de Chabbat était nécessaire selon les Sages, qui contestent Rabbi Yehochoua. Toutefois il paraît préférable de dire que Rabbi Yehochoua lui-même n'a parlé que pour le kodech, comme l'indique tout notre passage, et non pour la terouma. Et lorsque la clause finale de cette michna rapporte : Rabbi Yehochoua leur dit : or les écrits saints, qui sont sheniim, rendent les mains impures ! et qu'ils lui répondirent : on ne tire pas des paroles de Tora, etc., on peut demander ce qu'il leur objecte, puisqu'il admet lui-même que les écrits saints valent aussi pour la terouma, tandis que l'enseignement tout ce qui invalide la terouma ne vaut que pour le kodech. Là-bas, son propos forme la conclusion de son enseignement : il vient donner la raison de ses paroles, pourquoi un cheni fait un cheni, car nous trouvons de même dans la terouma, et à plus forte raison pour le kodech. Mais le Rav Rabbi El'hanan a trouvé difficile : quel appui tire-t-il pour son propos des écrits saints ? Là-bas c'est différent, en raison de l'enseignement de Rabbi Parnakh : quiconque tient un sefer Tora nu, etc. Et le Ri a répondu que pour un rouleau aussi il le dit, là où l'enseignement de Rabbi Parnakh ne s'applique pas, par exemple les lanières des tefilin avec les tefilin. Mais il restait encore difficile au Rav Rabbi El'hanan : au deuxième chapitre de 'Houlin (34a) nous trouvons qu'un cheni fait un cheni par l'intermédiaire des liquides, et la guemara objecte qu'il en allait déjà ainsi auparavant ; pourquoi n'a-t-on pas dit qu'une main rend sa compagne impure, comme ici ? Et l'on peut répondre que Rabbi Yehochoua l'énonce lui-même dans le traité Yadayim, et qu'il ne s'est donc pas soucié d'apporter un appui de ce qu'il dit lui-même. Par le rouleau non plus il n'a pas voulu dire que nous trouvons un cheni faisant un cheni, car là-bas il y a une grande raison, celle de Rabbi Parnakh. Toutefois, dans 'Houlin, il n'a pas voulu dire qu'un cheni fait un cheni à cause du décret de Chabbat, celui des dix-huit choses, où nous disons : peut-être versera-t-il des liquides de terouma dans sa bouche lorsqu'il mange des aliments impurs, car il connaissait là aussi cette raison ; il s'étonne plutôt : puisque nous ne trouvons pas d'impureté de cette sorte, comment décrétons-nous ? Et l'on répond ici. Quant à ce qui est dit là-bas, qu'un chlichi est un cheni pour le kodech et non pour la terouma, dans du 'houlin fait selon la pureté du kodech, il est difficile de savoir pourquoi cela n'a pas été compté ici parmi les maalot. Et l'on peut répondre que là-bas on explique la raison : la terouma est différente, car sa pureté vaut impureté à l'égard du kodech ; dès lors, cela relève d'autre chose que d'une maala. Ainsi le Rav Rabbi El'hanan. Toutefois, selon celui qui n'admet pas là-bas que Rabbi Eliezer ait répondu ainsi à Rabbi Yehochoua et ne conclut pas par moi non plus je n'ai pas dit, puisqu'on dit là-bas qu'il s'agit d'Amoraim et selon Rabbi Yo'hanan, on demandera encore pourquoi cela n'a pas été compté. Et l'on peut répondre que pour la terouma on n'a pas décrété, parce qu'on est diligent à l'égard de la terouma et non à l'égard du kodech ; dès lors il n'y a pas lieu d'y parler de maala. Nous en trouvons l'équivalent au début de notre chapitre dans le Yerouchalmi, à propos de la sévérité du kodech : Rabbi 'Hiya au nom de Rabbi Yo'hanan : parce que ceux qui mangent la terouma sont diligents et ceux qui mangent le kodech ne le sont pas. Rabbi 'Hanina dit devant Rabbi Mana : est-ce là une maala ? Lorsqu'une chose se trouve dans l'un et dans l'autre, et que dans l'un elle est pure et dans l'autre impure, voilà une maala. Il ressort donc que l'on ne compte pas comme maala ce qui dépend de la diligence.
💡 Explication

La guemara essaie de rattacher la précision de Rabbi Yo'hanan à une controverse ancienne. La michna de Yadayim pose d'abord un principe général : tout ce qui a rang de cheni (deuxième degré d'impureté), donc tout ce qui invalide la terouma, rend les mains sheniot.

Rabbi Yehochoua ajoute qu'une main rend sa compagne impure. Les Sages lui opposent un principe de compte : les mains sont déjà sheniot, et un cheni ne produit pas un cheni dans le 'houlin. Une main ne peut donc pas faire de l'autre son égale.

Rachi tire de la formule des Sages ce que soutient Rabbi Yehochoua : la seconde main devient comme elle, chenia à son tour. Cette position correspond à letamé.

5
מַאי לַָאו: שֵׁנִי הוּא דְּלָא עָבֵיד, הָא שְׁלִישִׁי עֲבִיד.

Cela ne veut-il pas dire : un cheni, voilà ce qu'elle ne fait pas, mais un chlichi, elle le fait ?

💡 Explication

La guemara lit la formule des Sages comme une négation limitée. Ils refusent que la seconde main devienne chenia, ce qui laisse entendre qu'elle devient chlichi. Dans ce cas, le kodech qu'elle touche devient revi'i, donc passoul (invalide) sans transmettre davantage.

Si cette lecture tient, les deux Tanaim disent exactement les deux positions du folio : Rabbi Yehochoua soutient letamé, les Sages soutiennent lifsol. La précision de Rabbi Yo'hanan se rattacherait alors à l'avis des Sages.

6
דִּלְמָא לָא שֵׁנִי עָבֵיד וְלָא שְׁלִישִׁי.

Peut-être ne fait-elle ni un cheni ni un chlichi.

📜 Rachi (1)
וְדִלְמָא לֹא שֵׁנִי וְלֹא שְׁלִישִׁי דְּלֵית לְהוּ הַךְ מַעֲלָה דְּמַתְנִי' אֲבָל מַאן דְּאִית לֵיהּ אַפֵּי' לְטַמֵּא אִית לֵיהּ לְהָכִי קָאָמַר יָדַיִם לְעוֹלָם שְׁנִיּוֹת הֵן לְפִיכָךְ אֵין יָד מְטַמֵּא אֶת חֲבִירְתֵּהּ:
Car ils n'admettent pas ce maala de notre michna. Celui qui l'admet, en revanche, l'admet même pour rendre impur. C'est pourquoi il dit : les mains sont toujours sheniot, et par conséquent une main ne rend pas sa compagne impure.
💡 Explication

La guemara refuse la lecture précédente. Les Sages peuvent vouloir dire que la main ne transmet rien du tout à l'autre main, ce qui revient à rejeter purement et simplement le maala de notre michna.

Rachi tire de là une répartition différente : celui qui admet ce maala l'admet jusqu'au bout, donc même pour rendre impur. La formule les mains sont toujours sheniot, dans la bouche des Sages, sert alors à exclure toute transmission, et notre michna suivrait Rabbi Yehochoua.

🖼️ Schéma
Une tentative de rattachement, puis son rejet Ce que disent les Sages dans Yadayim Les mains sont sheniot, et un cheni ne fait pas un cheni dans le 'houlin. Formule négative : elle dit ce que la main ne fait pas, sans dire ce qu'elle fait. Lecture proposée Un cheni, elle ne le fait pas ; un chlichi, elle le fait. Rejet Peut-être ne fait-elle ni cheni ni chlichi : aucune atteinte du tout. La controverse retenue en fin de compte Rabbi : la main sèche rend sa compagne impure pour le kodech. Rabbi Yossi be-Rabbi Yehouda : pour invalider seulement.
La lecture proposée de l'avis des Sages, son rejet, et la controverse finalement retenue.
7
אֶלָּא כִּי הָנֵי תַּנָּאֵי, דְּתַנְיָא: יָד נְגוּבָה מְטַמָּא אֶת חֲבֶירְתָּהּ לְטַמֵּא בַּקֹּדֶשׁ, אֲבָל לֹא לִתְרוּמָה, דִּבְרֵי רַבִּי. רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אוֹתָהּ יָד לִפְסֹול, אֲבָל לֹא לְטַמֵּא.

Mais plutôt comme ces Tanaim-ci, car il est enseigné : une main sèche rend sa compagne impure, pour rendre impur dans le kodech, mais non pour la terouma — paroles de Rabbi. Rabbi Yossi be-Rabbi Yehouda dit : cette main-là, pour invalider, mais non pour rendre impur.

💡 Explication

La guemara trouve la controverse recherchée dans une beraita déjà citée. Rabbi soutient que la seconde main rend le kodech impur, ce qui est la position letamé. Rabbi Yossi be-Rabbi Yehouda soutient qu'elle l'invalide seulement, ce qui est la position lifsol de Rabbi Yo'hanan et du Rech Lakich rétracté.

La précision sèche a son poids. Une main humide transmettrait par l'intermédiaire des liquides, qui sont richonim, et l'on n'aurait plus besoin du maala. La beraita choisit donc le cas où la transmission repose sur le seul décret.

8
אוֹכְלִין אֳוכָלִים נְגוּבִין בְּיָדַיִם מְסֹואָבוֹת כּוּ׳. תַּנְיָא, אָמַר רַבִּי חֲנִינָא בֶּן אַנְטִיגְנוֹס: וְכִי יֵשׁ נְגוּבָה לַקֹּדֶשׁ? וַהֲלֹא חִיבַּת הַקֹּדֶשׁ מַכְשַׁרְתָּן.

On mange des aliments secs avec des mains souillées, etc. Il est enseigné : Rabbi 'Hanina ben Antigonos a dit : y a-t-il donc du sec pour le kodech ?

Or la 'hibat hakodech ne les rend-elle pas aptes !

📜 Rachi (1)
וְכִי יֵשׁ נְגוּבָה בַּקֹּדֶשׁ וַהֲלֹא חִיבַּת הַקֹּדֶשׁ מַכְשֶׁרֶת אֶלָּא אֵין נְגוּבָה זוֹ לוֹמַר כְּשֶׁלֹּא הֻוכְשְׁרוּ אֶלָּא כְּשֶׁהֻוכְשְׁרוּ לְטֻומְאָה וְעַכְשָׁיו הֵן נִגּוּבִין וְטֻומְאָה הֵן מְקַבְּלִין וְלֹא הֻוצְרְכָה מִשְׁנָתֵנוּ לְדַבֵּר בְּאָוכְלֵי קֹדֶשׁ נִגּוּבִין אֶלָּא בְּאָוכְלֵי חֻולִּין נִגּוּבִין וְאוֹכְלִין קֹדֶשׁ:
Or la 'hibat hakodech, l'attachement dû au consacré, le rend apte à l'impureté ! Ce mot sec porte donc sur autre chose : les aliments ont été rendus aptes à l'impureté, ils sont maintenant secs, et ils reçoivent l'impureté. Notre michna n'avait donc pas à parler de celui qui mange du kodech sec, mais de celui qui mange du 'houlin sec tout en mangeant du kodech.
💡 Explication

La michna avait permis de manger des aliments secs avec des mains souillées pour la terouma et l'avait interdit pour le kodech. Un aliment devient sensible à l'impureté après avoir été mouillé par l'un des sept liquides : c'est le hekhcher. Un aliment jamais mouillé demeure insensible.

Rabbi 'Hanina ben Antigonos objecte que le kodech échappe à cette règle : la 'hibat hakodech, l'attachement dû au consacré, le rend apte à l'impureté sans aucun contact avec un liquide. Parler d'aliment sec pour le kodech revient donc à parler d'une catégorie vide.

Rachi dégage la réponse : le mot sec porte sur autre chose. Les aliments ont bien été rendus aptes, et ils se trouvent secs en ce moment. La michna vise alors du 'houlin sec que l'homme ajoute dans sa bouche.

🖼️ Schéma
Que veut dire sec, puisque le kodech est toujours apte à l'impureté ? Lecture écartée Sec voudrait dire : jamais rendu apte, donc insensible à l'impureté. Objection de Rabbi 'Hanina ben Antigonos : la 'hibat hakodech rend le kodech apte sans aucun contact avec un liquide. Il n'existe donc pas de kodech sec en ce sens. Lecture de Rachi Sec veut dire : déjà rendu apte, mais sans humidité en ce moment. La michna parle alors du 'houlin sec que l'homme ajoute dans sa bouche pendant qu'il y a du kodech ou de la terouma. L'absence de liquide empêche la chaîne de repartir.
Les deux lectures du mot sec, et la raison qui fait écarter la première pour le kodech.
9
לָא צְרִיכָא, כְּגוֹן שֶׁתָּחַב לוֹ חֲבֵירוֹ לְתוֹךְ פִּיו, אוֹ שֶׁתָּחַב הוּא לְעַצְמוֹ בְּכוּשׁ וּבְכַרְכֵּר, וּבִיקֵּשׁ לֶאֱכֹול צְנוֹן וּבָצָל שֶׁל חֻולִּין עִמָּהֶן.

Il n'est nécessaire de l'enseigner que dans un cas comme celui-ci : son compagnon le lui a introduit dans la bouche, ou bien il l'y a introduit lui-même avec un kouch ou un kirkar, et il a voulu manger un radis ou un oignon de 'houlin avec eux.

📜 Rachi (3)
תָּחַב לוֹ חֲבֵרוֹ בְּיָדַיִם טְהוֹרוֹת וְזֶה הָאוֹכֵל יָדָיו מְסֹואָבוֹת:
Avec des mains pures, tandis que celui qui mange a les mains souillées.
אוֹ שֶׁתְּחָבָן הוּא עַצְמוֹ בְּכוֹשׁ אוֹ בְּכִרְכָּר שֶׁהֵן פְּשׁוּטֵי כְּלֵי עֵץ וְאֵין מְקַבְּלִין טֻומְאָה:
Ce sont des peshoutei kelei etz, des ustensiles de bois plats, qui ne reçoivent pas l'impureté.
וּבִיקֵּשׁ לֶאֱכֹול צְנוֹן אוֹ בָּצָל שֶׁל חֻולִּין עִמָּהֶן שֶׁאֵין יָדַיִם מְטַמְּאוֹת אֶת הַחֻולִּין וְאַפֵּ"ה גְּזוּר רַבָּנָן שֶׁלֹּא יֹאכְלֵם עַם הַקֹּדֶשׁ פֶּן תִּגַּע יָדוֹ מְסֹואֶבֶת בְּאָוכְלֵי קֹדֶשׁ שֶׁבְּפִיו:
Car les mains ne rendent pas le 'houlin impur ; et malgré cela les Sages ont décrété qu'il ne les mange pas avec le kodech, de peur que sa main souillée ne touche les aliments de kodech qui sont dans sa bouche.
🗂️ Tossefot (1)
לָא צְרִיכָא שֶׁתָּחַב לוֹ חֲבֵירוֹ בְּפִיו אוֹ שֶׁתָּחַב כו'. מַשְׁמַע דְּהָוֵי לִישָּׁנָא דְּהַשַּׁ"ס מִיהוּ בַּתּוֹסֶפְתָּא גָּרְסִינַן לֵיהּ ר' חֲנִינָא בֶּן אַנְטִיגְנוֹס אוֹמֵר וְכִי יֵשׁ נְגוּבָה בַּקֹּודֶשׁ אֶלָּא תָּחַב לֵיהּ חַבְרֵיהּ אוֹ שֶׁתָּחַב הוּא בְּכוֹשׁ אוֹ בְּקֵיסָם וְאוֹכֵל עִמָּהּ זַיִת אוֹ בָּצָל שֶׁל תְּרוּמָה וּלְהָכִי נְקַט כּוּשׁ דְּהָווּ לֵיהּ פְּשׁוּטֵי כְּלֵי עֵץ דְּלָא מְקַבְּלִי טֻומְאָה וְאַפֵּי' מִדְּרַבָּנָן לָא מְקַבְּלִי טֻומְאָה פְּשׁוּטִים קְטַנִּים וְדוֹמֶה לוֹ הַהִיא דְּרֵישׁ חֻולִּין (דַּף ג. וְשָׁם) כְּגוֹן שֶׁבָּדַק קְרוּמִית שֶׁל קָנֶה וְשָׁחַט בָּהּ מִשּׁוּם דַּהֲוָה פְּשׁוּטֵי כְּלֵי עֵץ דְּלָא מְקַבֵּל טֻומְאָה וְכִי אָמְרִינַן בְּהַמּוֹכֵר אֶת [הַבַּיִת] (ב"ב דַּף סו.) דַּף שֶׁל נַחְתּוֹמִין טָמֵא אע"ג דְּלֵית לֵיהּ בֵּית קִבּוּל כְּלָל הָתָם טָמֵא מִשּׁוּם מְשַׁמֵּשׁ אָדָם וּמִשְׁתַּמֵּשׁ מִמְּשַׁמְּשֵׁי אָדָם וְכֵן הַהִיא דְּטַבְלָא הַמִּתְהַפֶּכֶת טְמֵאָה דִּבְפֶרֶק שְׁתֵּי הַלֶּחֶם (מְנָחוֹת דַּף צו:) אַף לָמֶ"ד מִסְגַּרְתּוֹ לְמַטָּה הָיְתָה אע"ג דְּלָא מְחַבְּרָא לְטִבְלָא כִּדְדִשְׁמַע בְּרֵישׁ סֻוכָּה (דַּף ה.) אֶלָּא מִטַּעַם מְשַׁמְּשֵׁי אָדָם הָוֵי וְהָכִי אִיתָא בְּהֶדְיָא בת"כ וּבְרֵישׁ סֻוכָּה פֵּירַשְׁתִּי:
Cela indique qu'il s'agit d'une formule de la guemara elle-même. Toutefois, dans la Tossefta, nous lisons ce passage ainsi : Rabbi 'Hanina ben Antigonos dit : y a-t-il donc du sec pour le kodech ? Mais il s'agit du cas où son compagnon le lui a introduit, ou bien où il l'a introduit lui-même avec un kouch ou avec un fétu, et qu'il mange avec cela une olive ou un oignon de terouma. Et si le kouch a été retenu, c'est parce qu'il fait partie des peshoutei kelei etz, les ustensiles de bois plats, qui ne reçoivent pas l'impureté ; même de rang rabbinique, les petits ustensiles plats n'en reçoivent pas. Il en va de même de ce qui est dit au début de 'Houlin (3a) : par exemple s'il a examiné un éclat de roseau et a égorgé avec lui, parce qu'il s'agit d'un ustensile de bois plat qui ne reçoit pas l'impureté. Et lorsque nous disons dans Ha-Mokher et ha-Bayit (Bava Batra 66a) que la planche des boulangers est impure, bien qu'elle n'ait aucun réceptacle, elle y est impure au titre de ce qui sert à l'homme et de ce qui sert à ce qui sert à l'homme. De même pour la tablette qui se retourne, tenue pour impure au chapitre Chetei ha-Le'hem (Mena'hot 96b), même selon celui qui tient que le cadre de la table était en bas, bien qu'il ne soit pas attaché à la tablette, comme il ressort au début de Souca (5a) : cela relève du titre de ce qui sert à l'homme. Et cela figure explicitement dans le Torat Kohanim ; je l'ai expliqué au début de Souca.
💡 Explication

La guemara construit le cas de façon que le kodech parvienne dans la bouche sans passer par les mains souillées. Deux voies suffisent : le compagnon, dont les mains sont pures, ou un instrument qui ne contracte pas l'impureté.

Le kouch (fuseau) et le kirkar (navette de tisserand) sont des peshoutei kelei etz, des ustensiles de bois plats, sans réceptacle. La Tora ne leur attache pas d'impureté, et Tossefot précise que les petits ustensiles plats n'en reçoivent pas davantage de rang rabbinique.

L'homme a donc du kodech pur dans la bouche et des mains souillées. La question devient : peut-il y ajouter de sa main un aliment de 'houlin, que ses mains n'affectent pas ?

🖼️ Schéma
Le cas construit par la guemara : comment le kodech est arrivé dans la bouche Voie 1 Son compagnon le lui met dans la bouche, mains pures. Voie 2 Il l'y met lui-même avec un kouch ou un kirkar, bois plat, non impurifiable. Résultat Le kodech est dans la bouche, encore pur. Les mains sont souillées. Il veut maintenant ajouter de sa main un radis ou un oignon de 'houlin Le 'houlin lui-même ne contracte rien des mains. La question porte sur le risque de contact dans la bouche. Si c'est du kodech dans la bouche Les Sages ont décrété : interdit. De peur que la main souillée ne touche le kodech qui s'y trouve. Si c'est de la terouma Aucun décret : on le tient pour attentif. Tossefot ajoute un second risque envisagé : la salive, tenue pour un liquide.
Comment le kodech arrive dans la bouche sans passer par les mains, et ce que les Sages ont décrété ensuite.
10
לְקֹדֶשׁ גְּזַרוּ בְּהוּ רַבָּנַן, לִתְרוּמָה לָא גְּזַרוּ בְּהוּ רַבָּנָן.

Pour le kodech, les Sages ont décrété à leur sujet ; pour la terouma, les Sages n'ont pas décrété à leur sujet.

📜 Rachi (1)
לְעִנְיַן תְּרוּמָה אע"פ שֶׁהַיָּד מְסֹואֶבֶת פּוֹסַלְתָּהּ לֹא עָשׂוּ מַעֲלָה אֶלָּא אָמְרִינַן זָהִיר וְלֹא נָגַע וה"ק מַתְנִיתִין אוֹכְלִין חֻולִּין בְּיָדַיִם מְסֹואָבוֹת עִם הַתְּרוּמָה אֲבָל לֹא עַם הַקֹּדֶשׁ וּלְהָכֵי נְקַט נִגּוּבִין שֶׁאִילּוּ עַכְשָׁיו הָיוּ מַשְׁקִין עֲלֵיהֶם הָיוּ מַשְׁקִין נַעֲשִׂין רִאשׁוֹנִים מֵחֲמַת הַיָּדַיִם וְעוֹשִׂין אֶת הַחֻולִּין שְׁנִיִּים וּכְשֶׁנּוֹגְעִין בִּתְרוּמָה שֶׁבְּפִיו פּוֹסְלִין אוֹתָם וְאִית דְּמַסִּיק מִלְּתָא בְּנִגּוּבִין שֶׁמֵּעוֹלָם לֹא הֻוכְשְׁרוּ וְקַשְׁיָא לִי בְּחֻולִּין מַה לִי הֻוכְשְׁרוּ מַה לִי לֹא הֻוכְשְׁרוּ הֲלֹא אֵין יָדַיִם מוֹעִילוֹת כְּלוּם לְחֻולִּין:
Bien que la main souillée l'invalide, on n'a pas institué de maala ; on dit plutôt qu'il sera attentif et ne touchera pas. Et voici ce que dit notre michna : on mange du 'houlin avec des mains souillées en même temps que de la terouma, mais non en même temps que du kodech. Si elle a retenu le mot secs, c'est parce que, s'il y avait maintenant des liquides sur eux, ces liquides deviendraient richonim du fait des mains et rendraient le 'houlin cheni ; et lorsqu'ils toucheraient la terouma qui est dans sa bouche, ils l'invalideraient. Il en est qui concluent que les aliments secs sont ceux qui n'ont jamais été rendus aptes, et cela me fait difficulté : pour du 'houlin, qu'importe qu'ils aient été rendus aptes ou non, puisque les mains ne font rien au 'houlin ?
🗂️ Tossefot (1)
לְקַדֵּשׁ גְּזוּר רַבָּנָן. שֶׁמָּא יִגַּע בְּיָדָיו שְׁנִיּוֹת לַקֹּדֶשׁ שֶׁבְּתוֹךְ פִּיו וְכֵן פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י וְעוֹד הָיִינוּ יְכוֹלִים לְפָרֵשׁ דִּלְמָא נָגַע בְּרוֹק פִּיו דַּחֲשִׁיב מַשְׁקֶה בְּפֶרֶק בָּתְרָא דְּעֵירוּבִין (דַּף צט וְשָׁם) גַּבֵּי אָכַל דְּבֵילָה בְּיָדַיִם מְסֹואָבוֹת:
De peur qu'il ne touche de ses mains, qui sont sheniot, le kodech qui est dans sa bouche ; ainsi a expliqué Rachi. Et l'on pourrait encore expliquer : peut-être touchera-t-il la salive de sa bouche, qui est tenue pour un liquide, comme au dernier chapitre de Erouvin (99b) à propos de celui qui a mangé une figue sèche avec des mains souillées.
💡 Explication

La réponse tient dans une différence de régime. Le risque redouté est le même dans les deux cas : la main souillée peut toucher ce qui est déjà dans la bouche. Pour le kodech, les Sages ont transformé ce risque en interdit ; pour la terouma, ils ont compté sur l'attention de celui qui mange.

Rachi explique aussi pourquoi la michna précise secs : des aliments humides porteraient des liquides devenus richonim du fait des mains, ces liquides rendraient le 'houlin cheni, et le 'houlin invaliderait la terouma dans la bouche. Le mot sec coupe cette chaîne et laisse la question porter sur le seul contact direct.

Tossefot ajoute un second risque envisagé : la salive, qui compte parmi les liquides. La main souillée qui la touche la rendrait richon, et la chaîne repartirait par là.

11
הָאוֹנֵן וּמְחֻוסַּר כִּפּוּרִים כּוּ׳. מַאי טַעְמָא — כֵּיוָן דְּעַד הָאִידָּנָא הֲווֹ אֲסִירִי, אַצְרְכִינְהוּ רַבָּנָן טְבִילָה.

L'ônèn et le me'houssar kippourim, etc. Quelle en est la raison ?

Puisque jusqu'à présent ils étaient interdits, les Sages leur ont imposé une tevila.

📜 Rachi (1)
כֵּיוָן דְּעַד הָאִידָּנָא אֲסִירֵי דִּמְחֻוסַּר כִּפּוּרִים מֻותָּר בִּתְרוּמָה וְאָסוּר בַּקֹּדֶשׁ וְכֵן אוֹנֵן ואע"פ שֶׁאֲסוּרִים בְּמַעֲשֵׂר שֵׁנִי מֻותָּרִין בִּתְרוּמָה כִּדְאָמְרִינַן בְּמַסֶּכֶת יְבָמוֹת מוּכַל זָר יְתֵירָה זָרוּת אָסַרְתִּי לְךָ וְלֹא אֲנִינוּת:
Car le me'houssar kippourim est permis dans la terouma et interdit dans le kodech, et de même l'ônèn. Et bien qu'ils soient interdits dans le maasser cheni, ils sont permis dans la terouma, comme nous le disons dans le traité Yevamot : du mot étranger, qui est de trop, on apprend que c'est l'état d'étranger que je t ai interdit, et non l'aninout.
💡 Explication

L ônèn est celui dont un proche vient de mourir et qui n'a pas encore enterré son mort ; le me'houssar kippourim est celui qui a achevé sa purification mais doit encore apporter ses sacrifices. Tous deux peuvent manger la terouma et ne peuvent pas manger le kodech.

La raison de l'immersion exigée tient à leur situation antérieure : pendant la période où le kodech leur était interdit, ils n'avaient pas de motif de se garder avec soin. Les Sages exigent donc une tevila (immersion) avant de les admettre au kodech, sans égard à une impureté constatée.

12
מַתְנֵי׳ חֹומֶר בִּתְרוּמָה, שֶׁבִּיהוּדָה נֶאֱמָנִין עַל טָהֳרַת יַיִן וָשֶׁמֶן כָּל יְמוֹת הַשָּׁנָה, וּבִשְׁעַת הַגִּיתּוֹת וְהַבַּדִּים — אַף עַל הַתְּרוּמָה.

MICHNA. Sévérité dans la terouma : en Judée, on les croit sur la pureté du vin et de l'huile tous les jours de l'année, et au moment des pressoirs à vin et à huile, même sur la terouma.

📜 Rachi (3)
מַתְנֵי' שֶׁבִּיהוּדָה נֶאֱמָנִין עַמֵּי הָאָרֶץ:
Les amei haarets.
עַל טָהֳרַת יַיִן וָשֶׁמֶן שֶׁל קוֹדֶשׁ אִם הִקְדִּישׁוּהוּ לַמִּזְבֵּחַ בִּשְׁעַת הַגִּיתּוֹת וְהַבַּדִּים. נֶאֱמָנִין עַל שְׁמִירָתָן כָּל יְמוֹת הַשָּׁנָה וּבַגְּמָ' מְפָרֵשׁ מַאי שְׁנָא יְהוּדָה דִּנְקַט:
Du kodech, s'ils l'ont consacré pour l'autel au moment des pressoirs à vin et à huile. Ils sont dignes de foi quant à leur garde tous les jours de l'année ; et la guemara explique pourquoi la Judée a été retenue.
וּבִשְׁעַת הַגִּיתּוֹת וְהַבַּדִּים הַכֹּל מְטַהֲרִין אֶת כְּלֵיהֶם:
Tous purifient alors leurs ustensiles.
🗂️ Tossefot (1)
שֶׁבִּיהוּדָה נֶאֱמָנִין עַל טָהֳרַת יַיִן וָשֶׁמֶן בְּכָל הַשָּׁנָה. פרש"י אִם הִקְדִּישׁוֹ לַמִּזְבֵּחַ בִּשְׁעַת הַבָּצִיר כָּל יְמוֹת הַשָּׁנָה נֶאֱמָנִין בִּשְׁמִירָה וְאָמַר הָר"ר אֶלְחָנָן דְּכֵן יִתָּכֵן לְפָרֵשׁ דְּאִי בְּלֹא הִקְדִּישׁוֹ בִּשְׁעַת הַבָּצִיר ה"ל חֻולִּין וְנִטְמָא בְּטֻומְאַת ע"ה וְכִי קָדַשׁ עָלָיו מִשּׁוּם דְּאַקְדְּשֵׁיהּ פְּקַע לֵיהּ טֻומְאָה מִינֵּיהּ א"נ הֲוָה מָצִינוּ לְמֵימַר בְּיִחֲדוֹ לִנְסָכִים נָמֵי וּכְגוֹן שֶׁיָּדוּעַ לָנוּ שֶׁחֻולִּין הֵן שֶׁיִּחֲדָן וְכִי אַקָּדָשֶׁיהָ אִיכָּא לְמֵימַר שֶׁאֵימַת קֹדֶשׁ עָלָיו וּמֵעִיקָּרָא הָיָה נִזְהָר לְשָׁומְרוֹ בְּטָהֳרָה וְכֵן מָצִינוּ גַּבֵּי תְּרוּמָה בְּסָמוּךְ דע"ה מַנִּיחַ תְּרוּמָה שֶׁל כָּל יְמוֹת הַשָּׁנָה לַשָּׁנָה הַבָּאָה בִּשְׁעַת הַגִּיתּוֹת לִיתְּנָה לְחַבֵּר וְתַנְיָא בַּתּוֹסֶפְתָּא אע"פ שֶׁמַּכִּירָהּ הֶחָבֵר שֶׁהִיא הִיא וְאַפֵּי' בְּחָבֵר עַצְמוֹ מַשְׁמַע בַּגְּמָרָא שֶׁיַּשְׁהֶנָּה לַשָּׁנָה הַבָּאָה:
Rachi a expliqué : s'ils les ont consacrés pour l'autel au moment de la vendange, ils sont dignes de foi tous les jours de l'année quant à leur garde. Et le Rav Rabbi El'hanan a dit qu'il convient bien de l'expliquer ainsi, car s'ils ne les avaient pas consacrés au moment de la vendange, ce serait du 'houlin, qui aurait contracté l'impureté de l'am haarets ; et lorsque la consécration vient dessus, dira-t-on que du fait même de la consécration l'impureté s'en retire ? On pourrait aussi bien le dire du cas où il les a désignés pour les libations, lorsque nous savons qu'il s'agit de 'houlin qu'il a désignés ; et une fois qu'il les a consacrés, on peut dire que la crainte du kodech était sur lui et que dès le début il prenait garde de les garder en pureté. Nous trouvons de même, plus loin, à propos de la terouma : l'am haarets met de côté la terouma de toute l'année pour l'année suivante, au moment des pressoirs, afin de la donner au haver ; et il est enseigné dans la Tossefta que le haver la reçoit bien qu'il la reconnaisse pour être la même. Et même pour le haver lui-même, il ressort de la guemara qu'il la garde jusqu'à l'année suivante.
💡 Explication

Le chapitre a énuméré jusqu'ici les sévérités du kodech sur la terouma. La michna renverse maintenant la comparaison et cherche ce qui pèse sur la terouma plus que sur le kodech.

Le premier point porte sur la confiance faite à l am haarets, celui qui ne garde pas les règles de pureté avec rigueur. En Judée, il est cru toute l'année sur la pureté du vin et de l'huile destinés à l'autel, que Rachi comprend comme consacrés dès la saison des pressoirs. Sur la terouma, il n'est cru que pendant la saison des pressoirs, puisque tous purifient alors leurs ustensiles.

La sévérité apparaît ainsi par contraste : le kodech bénéficie d'une confiance continue, la terouma d'une confiance limitée à quelques semaines.

13
עָבְרוּ הַגִּיתּוֹת וְהַבַּדִּים, וְהֵבִיאוּ לוֹ חָבִית שֶׁל יַיִן שֶׁל תְּרוּמָה — לֹא יְקַבְּלֶנָּה מִמֶּנּוּ, אֲבָל מַנִּיחָהּ לַגַּת הַבָּאָה. וְאִם אָמַר לוֹ הִפְרַשְׁתִּי לְתוֹכָהּ רְבִיעִית קֹדֶשׁ — נֶאֱמָן.

Une fois passés les pressoirs à vin et à huile, s'ils lui ont apporté une barrique de vin de terouma, il ne la recevra pas de lui ; mais il la laisse pour le pressoir à venir. Et s'il lui a dit : j'ai prélevé dedans un revi'it de kodech, il est cru.

📜 Rachi (3)
וְהֵבִיאוּ לוֹ עַמֵּי הָאָרֶץ לְכֹהֵן חָבֵר:
Les amei haarets, à un cohen haver.
אֲבָל מַנִּיחָהּ עַם הָאָרֶץ לַגַּת הַבָּאָה וְאָז יִתְּנֶנָּה לַכֹּהֵן:
L'am haarets la laisse pour le pressoir à venir, et il la donnera alors au cohen.
רְבִיעִית לוֹג שֶׁמֶן נֶאֱמָן דְּמִיגּוֹ דְּנֶאֱמָן אֶקָּדֵשׁ נֶאֱמָן אַתְּרוּמָה:
Car du fait qu'il est cru sur le kodech, il est cru sur la terouma.
💡 Explication

Hors de la saison des pressoirs, la confiance sur la terouma tombe. Le haver, celui qui observe les règles de pureté avec rigueur, refuse donc la barrique. La michna ajoute une voie de sortie : l'am haarets garde la barrique jusqu'à la saison suivante, où elle redevient recevable.

La seconde clause repose sur un migo : puisque l'am haarets est cru sur le kodech en toute saison, sa déclaration portant sur un revi'it de kodech versé dans la barrique entraîne la confiance sur l'ensemble du contenu. La terouma est ici couverte par le kodech auquel elle est mêlée.

🖼️ Schéma
Le calendrier de la confiance faite à l'am haarets Saison des pressoirs Reste de l'année Reste de l'année Pendant les pressoirs Tous purifient leurs ustensiles. Il est cru sur le kodech et sur la terouma. Une fois la saison passée Sur la terouma, il n'est plus cru. Sur le kodech, en Judée, il reste cru toute l'année. La barrique apportée hors saison Le cohen haver la refuse ; l'am haarets peut la garder jusqu'au pressoir de l'année suivante. Et s'il déclare avoir versé dedans un revi'it de kodech, il est cru pour le tout. Raison : du fait qu'il est cru sur le kodech, il est cru sur la terouma qui s'y trouve mêlée.
La saison des pressoirs et le reste de l'année : ce sur quoi l'am haarets est cru, et la voie du revi'it de kodech.
14
כַּדֵּי יַיִן וְכַדֵּי שֶׁמֶן

Des jarres de vin et des jarres d'huile

💡 Explication

Le folio s'achève sur les premiers mots de la clause suivante de la michna, qui se poursuit au début de 25a. Elle traite des jarres de vin et d'huile mélangées à de la terouma, et de la confiance que l'on peut y faire.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).