Chagigah 26a — Les gabaïm et les voleurs entrés dans la maison, les ustensiles de terre de Modi'im à Jérusalem, et la jarre ouverte pendant le reguel

Chagigah 26a

Sougya : Le folio achève d'abord la baraita de Modi'im : Abaye montre que notre michna elle-même impose de distinguer le potier qui sort face au haver qui entre, ou les deux se croisent, des cas où tous deux entrent ou tous deux sortent. Vient ensuite la portée de cette confiance : elle vaut pour les ustensiles de terre fins, dont Rech Lakich et Rabbi Yo'hanan discutent la définition et le statut lorsqu'ils sont pleins.

La michna suivante traite des gabaïm, collecteurs d'impôts, et des voleurs entrés dans une maison : leur déclaration « nous n'avons pas touché » est acceptée, sauf pour les gabaïm accompagnés d'un non-Juif, et pour les voleurs tant qu'ils n'ont pas fait techouva. La guemara explique la largesse de Jérusalem par l'absence de fours de potier dans la ville, puis tire du verset de la concubine de Guivéa que le reguel fait de tout Israël des haverim.

La dernière michna pose le cas du haver qui a ouvert sa jarre pendant la fête : Rabbi Yehouda lui permet d'achever la vente, les Sages le lui refusent, et Rabbi Ami et Rabbi Yits'hak Nappaha demandent s'il peut au moins la garder pour le reguel suivant. Le folio s'achève sur la purification de la azara au lendemain de la fête.

Des amei haarets sont entrés dans la maison : quand les croit-on ? Ils disent : nous n'avons pas touché Gabaïm (collecteurs d'impôts) Voleurs qui ont rendu les ustensiles sans non-Juif avec eux un non-Juif avec eux ils ont fait techouva pas de techouva Crus la maison reste pure pour le kodech Non crus toute la maison est impure ils ont tout fouillé Crus la restitution prouve leur sincérité Non crus l'endroit foulé est impur, et les ustensiles touchés Le non-Juif change tout : aimat goy ou aimat malkhout, la crainte pousse les gabaïm à fouiller la maison entière. Ils ne sont crus que sur : nous ne sommes pas entrés.
Gabaïm et voleurs : la déclaration nous n'avons pas touché, et les deux facteurs qui la ruinent.
Trois cercles de confiance faite au am haarets Au-delà de Modi'im : aucune confiance le régime ordinaire du am haarets s'applique De Modi'im vers l'intérieur (quinze mil) Ustensiles de terre fins (dakin) : crus pour le kodech Rech Lakich : qu'on soulève d'une main — Rabbi Yo'hanan : même plus lourds Dans Jérusalem Ustensiles de terre gros (gassin) aussi : crus pour le kodech et à fortiori pour les fins Pendant le reguel, dans Jérusalem crus même pour la terouma : tous sont haverim Raison de la largesse : on ne construit pas de fours de potier dans Jérusalem.
Les trois cercles de confiance : Modi'im pour les ustensiles fins, Jérusalem pour les gros, le reguel pour la terouma.
La jarre ouverte pendant le reguel Un haver ouvre sa jarre de vin, ou entame sa pâte, pour vendre à Jérusalem pendant la fête. Tous y touchent. Rabbi Yehouda : il achèvera Une des trois choses dont la fin a été permise à cause du début. Si on lui refuse la fin, il n'ouvrira pas, et les pèlerins manqueront de nourriture. Les Sages : il n'achèvera pas Le reguel n'a pas rendu le am haarets pur : l'Écriture l'a seulement fait haver pour la durée de la fête. Passé le reguel, son contact redevient impur, rétroactivement. Question de Rabbi Ami et Rabbi Yits'hak Nappaha, selon les Sages : peut-il garder la jarre pour la vendre au reguel suivant ? Pour : la main de tous y touchait déjà pendant la fête, et tu l'as permis. Contre : la fête finie, elle est impure et un haver ne vend pas de l'impur. Tentative de preuve par deux baraitot Il la laisse / il ne la laisse pas. Rejet : il ne la laisse pas est de Rabbi Yehouda, au sens de : il n'a pas besoin de la laisser.
La jarre ouverte pendant la fête : la mahloket de la michna et la question laissée ouverte par la guemara.
1
אוֹ שְׁנֵיהֶן יוֹצְאִין — כְּלָחוֹץ.

ou bien que les deux sortent — [le statut est] comme l'extérieur.

📜 Rachi (1)
וְכֵן שְׁנֵיהֶם יוֹצְאִין הוֹאִיל וּמְצָאוֹ לִפְנִים וְשָׁם לֹא לָקַח (וּמִמֶּנּוּ) לֹא יִקַּח עוֹד וכ"ש קֵדָר נִכְנָס וְחָבֵר יוֹצֵא הוֹאִיל וְסוֹף הַקַּדָּר לִיכָּנֵס לִפְנִים יַחְזֹור הֶחָבֵר הַצָּרִיךְ לִיקַּח וְיִקַּח:
Et de même quand les deux sortent : puisqu'il l'a trouvé à l'intérieur et qu'il n'a pas acheté là-bas, il n'achètera plus de lui. Et à plus forte raison quand le potier entre et que le haver sort : puisque le potier finira par entrer à l'intérieur, que le haver qui a besoin d'acheter revienne [plus tard] et achète.
💡 Explication

Fin de la baraita commencée à la fin de 25b. Le potier am haarets est cru sur la pureté de ses ustensiles de terre à l'intérieur du périmètre de Modi'im. La baraita examine les cas de la ville frontière elle-même, où tout dépend du mouvement des deux hommes : le haver peut-il encore attendre un meilleur moment pour acheter ?

Quand les deux entrent, ou quand les deux sortent, le haver n'a aucune urgence à acheter ici : la ville compte pour lui comme l'extérieur et il ne peut pas se fier au potier.

2
אָמַר אַבַּיֵּי, אַף אֲנַן נָמֵי תְּנֵינָא: הַקַּדָּר שֶׁמָּכַר אֶת הַקְּדֵירוֹת וְנִכְנַס לִפְנִים מִן הַמּוֹדִיעִים. טַעְמָא דְּלִפְנִים מִן הַמּוֹדִיעִים, הָא מוֹדִיעִים גּוּפָהּ — לָא מְהֵימַן. אֵימָא סֵיפָא: יָצָא — אֵינוֹ נֶאֱמָן. הָא מוֹדִיעִים גּוּפָהּ — נֶאֱמָן. אֶלָּא לָאו שְׁמַע מִינָּה: כָּאן בְּקַדָּר יוֹצֵא וְחָבֵר נִכְנָס, כָּאן בְּשֶׁשְּׁנֵיהֶן יוֹצְאִין אוֹ שְׁנֵיהֶן נִכְנָסִין. שְׁמַע מִינָּה.

Abaye a dit : nous aussi nous l'avons appris [dans notre michna]. Le potier qui a vendu les marmites et qui est entré à l'intérieur de Modi'im [est cru].

La raison en est donc qu'il se trouve à l'intérieur de Modi'im ; mais dans Modi'im elle-même il ne serait pas cru. Dis alors la fin [de la michna] : s'il est sorti, il n'est pas cru — donc dans Modi'im elle-même il est cru !

Ne faut-il pas en conclure : ici, [la michna parle] du potier qui sort et du haver qui entre ; là, du cas où les deux sortent ou les deux entrent. Conclus-en [qu'il en est bien ainsi].

💡 Explication

Abaye montre que la distinction de la baraita est déjà contenue dans la michna. Les deux clauses de la michna produisent des diyoukim (déductions par contraste) opposés : le début implique que dans Modi'im même le potier n'est pas cru, la fin implique qu'il l'est.

La seule lecture qui sauve les deux déductions consiste à dire qu'elles visent des configurations différentes : la fin parle du potier qui sort au moment où le haver entre, où l'achat est permis parce que l'occasion ne se représentera plus ; le début parle des deux mouvements parallèles, où le haver peut attendre.

🖼️ Schéma
Dans la ville de Modi'im : qui se déplace vers où ? Le critère : le haver a-t-il encore une occasion d'acheter plus tard ? Le potier sort, le haver entre Ils se croisent : le potier s'éloigne pour de bon. S'il n'achète pas ici, il n'achètera plus. Les deux entrent ou les deux sortent Ils vont dans le même sens : le haver peut attendre d'être à l'intérieur du périmètre. Comme l'intérieur : cru Comme l'extérieur : non cru
Les deux lectures de la michna selon Abaye, réconciliées par le sens du déplacement.
3
תַּנָּא: נֶאֱמָנִין בִּכְלֵי חֶרֶס הַדַּקִּין לַקֹּודֶשׁ. אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: וְהוּא שֶׁנִּיטָּלִין בְּיָדוֹ אַחַת. וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: אֲפִילּוּ שֶׁאֵין נִיטָּלִין בְּיָדוֹ אַחַת.

On a enseigné : ils sont crus pour les ustensiles de terre fins, pour le kodech. Rech Lakich a dit : à condition qu'on puisse les prendre d'une seule main.

Et Rabbi Yo'hanan a dit : même s'ils ne peuvent pas être pris d'une seule main.

📜 Rachi (1)
תָּנָא נֶאֱמָנִין עַל כְּלֵי חֶרֶס הַדַּקִּין לְקַדֵּשׁ הָא דִּתְנַן מִן הַמּוֹדִיעִים וְלִפְנִים נֶאֱמָנִין עַל כְּלֵי חֶרֶס בִּכְלִי חֶרֶס הַדַּקִּין אָמְרוּ שא"א בְּלֹא הֵם כִּדְפָרְשִׁינַן לְעֵיל אֲבָל גַּסִּין כְּגוֹן חָבִית לְיַיִן אֵין נֶאֱמָנִין אֶלָּא בְּתוֹךְ יְרוּשָׁלַיִם כְּדִלְקַמָּן וַאֲנִי לֹא כָּךְ שָׁמַעְתִּי וְלִבִּי מְגַמְגֵּם עַל שְׁמוּעָתִי שֶׁשָּׁמַעְתִּי כְּשֶׁפִּיהֶן צַר שֶׁאֵין אֶצְבָּעוֹ נִכְנָס לְתוֹכוֹ וְסוֹפֵינוּ שֶׁאָנוּ מְטַהֲרִין אוֹתָם אֲפִילּוּ מְלֵיאִים מַשְׁקִין טְמֵאִין:
On a enseigné : ils sont crus pour les ustensiles de terre fins, pour le kodech. Ce que nous avons appris — depuis Modi'im et vers l'intérieur ils sont crus pour les ustensiles de terre — c'est des ustensiles de terre fins qu'ils l'ont dit, parce qu'il est impossible de s'en passer, comme nous l'avons expliqué plus haut ; mais pour les gros, comme une jarre à vin, ils ne sont crus qu'à l'intérieur de Jérusalem, comme [il sera dit] plus loin. Quant à moi, ce n'est pas ainsi que je l'ai entendu, et mon cœur hésite sur la tradition que j'ai reçue : j'ai entendu que [fins signifie] que leur ouverture est étroite au point que le doigt n'y entre pas ; et nous finirions par les déclarer purs même pleins de liquides impurs.
💡 Explication

La confiance accordée depuis Modi'im ne porte pas sur tout : la baraita la limite aux kele heres dakin, les ustensiles de terre fins, dont on ne peut pas se passer et qu'il faut nécessairement faire venir de l'extérieur.

Reste à définir ce qu'est un ustensile fin. Rech Lakich retient un critère de maniabilité : ce qui se prend d'une seule main. Rabbi Yo'hanan élargit. Rachi rapporte une autre tradition, où la finesse désigne l'étroitesse de l'ouverture, et il en marque lui-même la difficulté.

4
אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא רֵיקָנִין, אֲבָל מְלֵאִין — לֹא. וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: אֲפִילּוּ מְלֵאִים, וַאֲפִילּוּ אֶפִּיקַרְסוּתוֹ לְתוֹכוֹ. וְאָמַר רָבָא: וּמוֹדֶה רַבִּי יוֹחָנָן בְּמַשְׁקִין עַצְמָן, שֶׁהֵן טְמֵאִין. וְאַל תִּתְמַהּ, שֶׁהֲרֵי לָגִין מָלֵא מַשְׁקִין — לָגִין טְמֵאִין טֻומְאַת שִׁבְעָה, וּמַשְׁקִין טְהוֹרִין.

Rech Lakich a dit : on n'a enseigné cela que pour des [ustensiles] vides, mais pleins — non. Et Rabbi Yo'hanan a dit : même pleins, et même si son apikarsout (vêtement de dessous) se trouve à l'intérieur.

Et Rava a dit : Rabbi Yo'hanan concède au sujet des liquides eux-mêmes qu'ils sont impurs. Et ne t'en étonne pas, car voici un laguin (cruche) plein de liquides : le laguin est impur d'une impureté de sept jours, et les liquides sont purs.

📜 Rachi (2)
וְאַפֵּי' אֶפִּיקַרְסוּתוֹ בְּתוֹכוֹ אַפֵּי' מְלֵאִין מַשְׁקִין שֶׁלּוֹ שֶׁאֵינָן שֶׁל קֹדֶשׁ:
Et même son apikarsout à l'intérieur : même pleins de ses liquides à lui, qui ne sont pas du kodech.
וְאַל תִּתְמַהּ שֶׁכָּל דִּבְרֵי חַכְמֵי' כָּךְ הֵן שֶׁהֲרֵי שָׁמַעְתִּי אֵצֶל כְּלִי חֶרֶס הַמַּצִּיל אֶת הַמַּשְׁקִין שֶׁבְּתוֹכוֹ וְאֵין מַצִּיל כָּל כְּלֵי שֶׁטֶף שֶׁהַלָּגִין טְמֵאִין טֻומְאַת שִׁבְעָה וְהַמַּשְׁקִין טְהוֹרִין:
Et ne t'en étonne pas : car toutes les paroles des Sages sont ainsi. J'ai en effet entendu, à propos de l'ustensile de terre qui sauve les liquides qui sont en lui alors qu'il ne sauve pas les ustensiles rinçables, que le laguin est impur d'une impureté de sept jours et que les liquides sont purs.
💡 Explication

Second désaccord entre les deux maîtres : la confiance vaut-elle encore quand l'ustensile n'est pas vide ? Rech Lakich la limite aux récipients vides. Rabbi Yo'hanan la maintient même pleins, et même quand le vêtement du am haarets s'y trouve.

Rava précise la portée de la position de Rabbi Yo'hanan : le décret a été levé sur l'ustensile, et les liquides que le am haarets a touchés demeurent impurs. Pour lever l'étonnement, la guemara rappelle un cas connu : sous le toit d'un mort, un récipient de terre fermé d'un tsamid patil contracte une impureté de sept jours, tandis que les liquides qu'il protège restent purs. Le contenant et le contenu suivent bien des régimes distincts.

🖼️ Schéma
Le récipient impur et son contenu pur Le laguin sous un toit où gisait un mort récipient : impur sept jours liquides : purs fermé d'un tsamid patil Le cas de Rabbi Yo'hanan et de Rava ustensile de terre : pur liquides : impurs chez le am haarets, même plein Un récipient et son contenu peuvent recevoir des statuts opposés : le précédent lève l'étonnement.
Le précédent invoqué par Rava : contenant et contenu ne partagent pas nécessairement le même statut.
5
מַתְנִי׳ הַגַּבָּאִין שֶׁנִּכְנְסוּ לְתוֹךְ הַבַּיִת, וְכֵן הַגַּנָּבִים שֶׁהֶחְזִירוּ אֶת הַכֵּלִים — נֶאֱמָנִין לוֹמַר: לֹא נָגַעְנוּ. וּבִירוּשָׁלַיִם נֶאֱמָנִין עַל הַקֹּודֶשׁ, וּבִשְׁעַת הָרֶגֶל אַף עַל הַתְּרוּמָה.

MICHNA. Les gabaïm (collecteurs d'impôts) qui sont entrés dans la maison, et de même les voleurs qui ont rendu les ustensiles, sont crus lorsqu'ils disent : nous n'avons pas touché.

Et à Jérusalem ils sont crus pour le kodech, et au moment du reguel (fête de pèlerinage), même pour la terouma.

📜 Rachi (4)
מַתְנֵי' הַגַּבָּאִין יִשְׂרָאֵל שֶׁהֵן גַּבָּאִין לְמֶלֶךְ נָכְרִי לִגְבּוֹת מִיַּד יִשְׂרָאֵל גּוּלְגָּלִיּוֹת וּמִסִּין וְאַרְנוֹנִיּוֹת:
Michna. Les gabaïm : des Juifs qui sont collecteurs pour un roi non-Juif, chargés de percevoir des Juifs la capitation, les impôts et les redevances en nature.
שֶׁנִּכְנְסוּ לְתוֹךְ הַבַּיִת לַעֲבֹוט עֲבֹוטוֹ וְכֵן הַגַּנָּבִים שֶׁגָּנְבוּ כְּלֵי חֶרֶס וְהֶחֱזִירוּם:
Qui sont entrés dans la maison : pour y saisir un gage. Et de même les voleurs qui ont volé des ustensiles de terre et les ont rendus.
נֶאֱמָנִים לוֹמַר שֶׁלֹּא נָגְעוּ לְתוֹכוֹ לְקַדֵּשׁ נֶאֱמָנִין אֲבָל לֹא לִתְרוּמָה דְּכֻולָּהּ מַתְנֵי' אַחֹומֶר בַּקֹּדֶשׁ מִתְּרוּמָה קַייְמָא וּבְהֶדְיָא שָׁנִינוּ בַּתּוֹסֶפְתָּא הַגַּבָּאִין שֶׁנִּכְנְסוּ לְתוֹךְ הַבַּיִת נֶאֱמָנִין עַל טָהֳרַת חַטָּאת וְאֵין נֶאֱמָנִין עַל טָהֳרַת תְּרוּמָה וְהַאי חַטָּאת בְּשַׂר קֹדֶשׁ וְלֹא אֵפֶר חַטָּאת כִּדְמוֹכַח הָתָם אַף אִם עָשׂוּ תְּשׁוּבָה דָּשִׁין בְּטֻומְאָה הָיוּ:
Sont crus lorsqu'ils disent qu'ils n'ont pas touché à ce qui s'y trouve : pour le kodech ils sont crus, mais pas pour la terouma, car toute notre michna porte sur la rigueur du kodech par rapport à la terouma. Et nous l'avons appris expressément dans la Tossefta : les gabaïm qui sont entrés dans la maison sont crus pour la pureté du hatat et ne sont pas crus pour la pureté de la terouma. Ce hatat désigne la viande du sacrifice et non la cendre de la vache rousse, comme cela ressort de là-bas ; et [ils ne sont pas crus] même s'ils ont fait techouva, car ils avaient l'habitude de fouler l'impureté.
וּבִירוּשָׁלַיִם נֶאֱמָנִין כו' מְפָרֵשׁ בַּגְּמָרָא:
Et à Jérusalem ils sont crus, etc. : cela est expliqué dans la guemara.
🗂️ Tossefot (2)
הַגַּבָּאִין שֶׁנִּכְנְסוּ לַבַּיִת וְכוּ'. לְקַדֵּשׁ וּבִתְרוּמָה קָאֵי וְלֹא לְחַטָּאת וּבְהֶדְיָא תַּנְיָא בַּתּוֹסֶפְתָּא הַגַּבָּאִים שֶׁנִּכְנְסוּ לְבֵית נֶאֱמָנִין לוֹמַר לֹא נָגַעְנוּ עַל טָהֳרַת חַטָּאת וְעַל טָהֳרַת תְּרוּמָה וְהָא חַטָּאת הָוֵי קֹדֶשׁ כִּדְקָתָנֵי הָתָם וְלֹא אֵפֶר חַטָּאת וְאַפֵּי' עָשׂוּ תְּשׁוּבָה. הר"ר שִׁמְעוֹן:
[Les gabaïm qui sont entrés dans la maison, etc.] Cela porte sur le kodech et sur la terouma, et non sur le hatat. Il est enseigné expressément dans la Tossefta : les gabaïm qui sont entrés dans la maison sont crus lorsqu'ils disent : nous n'avons pas touché — pour la pureté du hatat et pour la pureté de la terouma. Or ce hatat est du kodech, comme il est enseigné là-bas, et non la cendre de la vache rousse ; et cela vaut même s'ils ont fait techouva. Rabbenou Chimon.
וּבִירוּשָׁלַיִם נֶאֱמָנִין עַל טָהֳרַת כְּלֵי חֶרֶס הַגַּסִּים. וכ"ש הַדַּקִּין וְכֵן תַּנְיָא בְּהֶדְיָא בַּיְּרוּשַׁלְמִי נֶאֱמָנִין עַל טָהֳרַת כָּל הַכֵּלִים. הר"ר שִׁמְעוֹן:
[Et à Jérusalem ils sont crus pour la pureté des ustensiles de terre gros.] Et à plus forte raison pour les fins. Il est enseigné expressément ainsi dans le Yerouchalmi : ils sont crus pour la pureté de tous les ustensiles. Rabbenou Chimon.
💡 Explication

La michna poursuit la série des largesses consenties au am haarets. Les gabaïm sont des Juifs chargés par le pouvoir de percevoir l'impôt, qui entrent chez les gens pour saisir un gage ; les gannavim sont des voleurs qui ont restitué ce qu'ils avaient pris. Dans les deux cas, leur parole est acceptée sur ce qu'ils n'ont pas touché.

Selon Rachi, cette créance vaut pour le kodech et non pour la terouma, conformément au fil de tout notre chapitre, qui énumère les rigueurs du kodech par rapport à la terouma. Les Tossefot, au nom de Rabbenou Chimon, lisent la Tossefta autrement et étendent la créance à la terouma.

6
גְּמ׳ וּרְמִינְהִי: הַגַּבָּאִין שֶׁנִּכְנְסוּ לְתוֹךְ הַבַּיִת — הַבַּיִת כֻּולּוֹ טָמֵא. לָא קַשְׁיָא: הָא דְּאִיכָּא גּוֹי בַּהֲדַייְהוּ, הָא דְּלֵיכָּא גּוֹי בַּהֲדַייְהוּ. דִּתְנַן: אִם יֶשׁ גּוֹי עִמָּהֶן — נֶאֱמָנִין לוֹמַר ״לֹא נִכְנַסְנוּ״, אֲבָל אֵין נֶאֱמָנִים לוֹמַר ״נִכְנַסְנוּ אֲבָל לֹא נָגַעְנוּ״.

GUEMARA. On oppose : les gabaïm qui sont entrés dans la maison — toute la maison est impure !

Ce n'est pas difficile : là, il y a un non-Juif avec eux ; ici, il n'y a pas de non-Juif avec eux. Car nous avons appris : s'il y a un non-Juif avec eux, ils sont crus lorsqu'ils disent « nous ne sommes pas entrés », mais ils ne sont pas crus lorsqu'ils disent « nous sommes entrés, mais nous n'avons pas touché ».

📜 Rachi (2)
גְּמ' כָּל הַבַּיִת כֻּולּוֹ טָמֵא כָּל כְּלֵי הַבַּיִת טְמֵאִין שֶׁחֲזָקָה הַגַּבָּאִין מְמַשְׁמְשִׁין בַּכֵּלִים:
Guemara. Toute la maison est impure : tous les ustensiles de la maison sont impurs, car il est présumé que les gabaïm manipulent les ustensiles.
אִיכָּא נָכְרִי בַּהֲדַיְיהוּ אֵין נֶאֱמָנִין לוֹמַר לֹא נָגַעְנוּ דְּמֵרִתְתּוֹ אִם לֹא יַחְפְּשׂוּ כָּל הַבַּיִת:
Il y a un non-Juif avec eux : ils ne sont pas crus lorsqu'ils disent qu'ils n'ont pas touché, car ils tremblent [à l'idée] de ne pas fouiller toute la maison.
💡 Explication

Une michna du traité Teharot enseigne que l'entrée des gabaïm rend impure toute la maison. La guemara concilie : cette michna-là vise le cas où un non-Juif les accompagne.

La distinction porte sur l'objet de la déclaration. Sur le fait même d'être entrés, ils restent crus, parce que le mensonge serait trop facilement démenti. Sur le détail de ce qu'ils ont touché à l'intérieur, la présence du non-Juif les contraint à une fouille complète, et leur parole ne tient plus.

7
וְכִי אִיכָּא גּוֹי בַּהֲדַייְהוּ מַאי הָוֵי? רַבִּי יוֹחָנָן וְרַבִּי אֶלְעָזָר, חַד אָמַר: אֵימַת גּוֹי עֲלֵיהֶן. וְחַד אָמַר: אֵימַת מַלְכוּת עֲלֵיהֶן. מַאי בֵינַיְיהוּ? אִיכָּא בֵּינַייְהוּ גּוֹי שֶׁאֵינוֹ חָשׁוּב.

Et quand il y a un non-Juif avec eux, qu'en résulte-t-il ? Rabbi Yo'hanan et Rabbi Elazar : l'un a dit que la crainte du non-Juif est sur eux, et l'autre a dit que la crainte de la royauté est sur eux.

Quelle différence y a-t-il entre eux ? La différence entre eux porte sur un non-Juif qui n'est pas un personnage important.

📜 Rachi (3)
אֵימַת נָכְרִי עֲלֵיהֶם פֶּן יַעֲנִישֵׁם בְּגוּף אוֹ בְּמָמוֹן:
La crainte du non-Juif est sur eux : de peur qu'il ne les punisse dans leur corps ou dans leur argent.
אֵימַת מַלְכוּת שֶׁמָּא יַלְשִׁין עֲלֵיהֶן נָכְרִי אֵצֶל הַמֶּלֶךְ:
La crainte de la royauté : de peur que le non-Juif ne les dénonce auprès du roi.
נָכְרִי שֶׁאֵינוֹ חָשׁוּב אֵימָתוֹ לֵיכָּא אֵימַת מַלְכוּת אִיכָּא:
Un non-Juif qui n'est pas important : la crainte qu'il inspire n'existe pas, mais la crainte de la royauté demeure.
💡 Explication

La guemara cherche le ressort exact de la sévérité. Deux explications : la peur de l'homme présent, qui peut frapper au corps ou à la bourse, ou la peur du pouvoir auquel il pourrait rapporter une fouille menée trop mollement.

La nafka mina (conséquence pratique) apparaît avec un non-Juif sans autorité : il ne fait pas peur par lui-même, et il peut toujours dénoncer.

🖼️ Schéma
Pourquoi la présence d'un non-Juif ruine la déclaration des gabaïm Première opinion : aimat goy La crainte de l'homme lui-même, qui peut les punir dans leur corps ou dans leur argent. Seconde opinion : aimat malkhout La crainte du pouvoir : il pourrait les dénoncer au roi s'ils ménagent la maison. Nafka mina : un non-Juif sans importance Pour la première opinion, il n'inspire aucune crainte : les gabaïm restent crus. Pour la seconde, il peut toujours dénoncer : ils ne sont pas crus.
Les deux ressorts de la crainte et le cas qui les sépare.
8
וְכֵן הַגַּנָּבִים שֶׁהֶחְזִירוּ אֶת הַכֵּלִים. וּרְמִינְהִי: הַגַּנָּבִים שֶׁנִּכְנְסוּ לְתוֹךְ הַבַּיִת — אֵינוֹ טָמֵא אֶלָּא מְקוֹם דְּרִיסַת רַגְלֵי הַגַּנָּבִים. אָמַר רַב פִּנְחָס מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב: כְּשֶׁעָשׂוּ תְּשׁוּבָה. דַּיְקָא נָמֵי, דְּקָתָנֵי: שֶׁהֶחֱזִירוּ אֶת הַכֵּלִים. שְׁמַע מִינָּה.

« Et de même les voleurs qui ont rendu les ustensiles. » On oppose : les voleurs qui sont entrés dans la maison — seul l'endroit foulé par les pieds des voleurs est impur ! Rav Pinhas a dit au nom de Rav : [notre michna parle] du cas où ils ont fait techouva.

Le langage [de la michna] le suggère aussi, puisqu'elle enseigne : qui ont rendu les ustensiles. Conclus-en [qu'il en est bien ainsi].

📜 Rachi (2)
אֶלָּא מְקוֹם דְּרִיסַת רַגְלֵי הַגַּנָּבִים מ"מ דְּרִיסָתוֹ מִיהָא טָמֵא וכ"ש כֵּלִים שֶׁגָּנְבוּ וְהֶחֱזִירוּ:
Seul l'endroit foulé par les pieds des voleurs : en tout état de cause l'endroit qu'ils ont foulé est impur, et à plus forte raison les ustensiles qu'ils ont volés et rendus.
כְּשֶׁעָשׂוּ תְּשׁוּבָה וּמֵחֲמַת תְּשׁוּבָה הֶחֱזִירוּם הִלְכָּךְ לָא מְשַׁקְּרִי:
Du cas où ils ont fait techouva : et c'est en raison de leur techouva qu'ils les ont rendus ; dès lors, ils ne mentent pas.
💡 Explication

Même procédé que pour les gabaïm : une michna de Teharot limite l'impureté à l'endroit foulé, ce qui revient à ne pas croire les voleurs sur les ustensiles qu'ils ont manipulés.

Rav résout par l'état du voleur : notre michna parle de celui qui a fait techouva, et c'est précisément ce que signale la formulation « qui ont rendu les ustensiles ». Une restitution spontanée vaut garantie de sincérité.

9
וּבִירוּשָׁלַיִם נֶאֱמָנִין עַל הַקֹּודֶשׁ. תַּנָּא: נֶאֱמָנִין עַל כְּלֵי חֶרֶס גַּסִּין לַקֹּודֶשׁ. וְכָל כָּךְ לָמָּה — שֶׁאֵין עוֹשִׂין כִּבְשׁוֹנוֹת בִּירוּשָׁלַיִם.

« Et à Jérusalem ils sont crus pour le kodech. » On a enseigné : ils sont crus pour les ustensiles de terre gros, pour le kodech. Et pourquoi tant [de largesse] ?

Parce qu'on ne fait pas de fours de potier à Jérusalem.

📜 Rachi (3)
עַל כְּלֵי חֶרֶס הַגַּסִּין וכ"ש הַדַּקִּין וּבְהֶדְיָא תַּנְיָא בַּיְּרוּשַׁלְמִי נֶאֱמָנִין עַל טָהֳרַת כָּל הַכֵּלִים לְקַדֵּשׁ:
Pour les ustensiles de terre gros : et à plus forte raison pour les fins. Il est enseigné expressément dans le Yerouchalmi : ils sont crus pour la pureté de tous les ustensiles, pour le kodech.
וְכָל כָּךְ לָמָּה מַהְדַּר אַף עַל הַדַּקִּים מִן הַמּוֹדִיעִים וְלִפְנִים:
Et pourquoi tant : la question revient aussi sur les [ustensiles] fins depuis Modi'im et vers l'intérieur.
שֶׁאֵין עוֹשִׂין כִּבְשׁוֹנוֹת בִּירוּשָׁלַיִם לֹא לְדַקִּים וְלֹא לְגַסִּין וּמִיהוּ בִּדְקִים הֻוצְרַךְ לְאַנְשֵׁי יְרוּשָׁלַיִם שֶׁכָּל יָחִיד וְיָחִיד נִסְּכוֹ בְּבֵיתוֹ לְכָךְ הוֹסִיפוּ לָהֶן טָהֳרָה לִיחִידִים מִגְּבוּל מוֹדִיעִים אֲבָל בַּעֲלֵי הַלִּשְׁכָּה הַמּוֹסְרִין נְסָכִים לַצִּבּוּר דַּי לָהֶם בְּנִכְנָסִין לְתוֹךְ הָעִיר וּלְשָׁם בִּלְבַד הֶאֱמִינוּם עַל הֶחָבִיּוֹת א"נ יְחִידִים צְרִיכִים לְדַקִּים אַף לְבִישּׁוּל שַׁלְמֵיהֶן יוֹם יוֹם:
Parce qu'on ne fait pas de fours de potier à Jérusalem : ni pour les fins ni pour les gros. Toutefois, pour les fins, [cette largesse] était nécessaire aux gens de Jérusalem, car chaque particulier [préparait] sa libation dans sa maison ; c'est pourquoi on a étendu pour eux la pureté, pour les particuliers, depuis la frontière de Modi'im. Mais les responsables de la chambre, qui remettent les libations de la collectivité, se contentent de ce qui entre à l'intérieur de la ville, et c'est là seulement qu'on les a crus pour les jarres. Autre explication : les particuliers ont besoin des [ustensiles] fins aussi pour la cuisson de leurs chelamim, jour après jour.
💡 Explication

Dans Jérusalem, la créance s'étend aux kele heres gassin, les gros ustensiles, jarres à vin comprises, la où depuis Modi'im elle se limitait aux fins.

La raison est matérielle : on n'installe pas de kivchonot, fours de potier, dans la ville, dont on préserve l'air. Toute la poterie vient donc du dehors, et sans cette largesse le service du Temple et les offrandes des particuliers deviendraient impraticables. Rachi explique que les particuliers, qui préparaient chez eux leurs libations et cuisaient leurs chelamim, avaient besoin des ustensiles fins dès Modi'im, tandis que les responsables de la chambre du Temple se contentaient de ce qui entrait dans la ville.

10
וּבִשְׁעַת הָרֶגֶל אַף עַל הַתְּרוּמָה. מְנָהָנֵי מִילֵּי? אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי, דְּאָמַר קְרָא: ״וַיֵּאָסֵף כָּל אִישׁ יִשְׂרָאֵל אֶל הָעִיר כְּאִישׁ אֶחָד חֲבֵרִים״, הַכָּתוּב עֲשָׂאָן כֻּולָּן חֲבֵרִים.

« Et au moment du reguel, même pour la terouma. » D'où ces choses [sont-elles tirées] ? Rabbi Yehochoua ben Levi a dit : le verset dit « et tout homme d'Israël se rassembla vers la ville comme un seul homme, unis (haverim) » (Choftim 20, 11) — l'Écriture les a tous faits haverim.

📜 Rachi (2)
וַיֵּאָסֵף כָּל אִישׁ יִשְׂרָאֵל וְגוֹ' בְּפִלֶגֶשׁ בַּגִּבְעָה כְּתִיב שֶׁנֶּאֶסְפוּ כָּל יִשְׂרָאֵל בַּגִּבְעָה:
Et tout homme d'Israël se rassembla, etc. : c'est écrit à propos de la concubine de Guivéa, où tout Israël s'est rassemblé à Guivéa.
הַכָּתוּב עֲשָׂאָן חֲבֵרִים וְרֶגֶל שְׁעַת אֲסִיפָה הוּא:
L'Écriture les a faits haverim : et le réguel est un temps de rassemblement.
💡 Explication

La michna étend au réguel une créance qui touche jusqu'à la terouma, ce qui dépasse largement les largesses précédentes. La guemara en cherche la source.

Rabbi Yehochoua ben Levi la trouve dans le récit de la concubine de Guivéa, où l'Écriture qualifie de haverim tout Israël rassemblé. Rachi dégage le principe : le rassemblement fait la haverout, et le réguel est par excellence le temps du rassemblement.

11
מַתְנִי׳ הַפּוֹתֵחַ אֶת חָבִיתוֹ, וְהַמַּתְחִיל בְּעִיסָּתוֹ עַל גַּב הָרֶגֶל, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: יִגְמֹור, וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: לֹא יִגְמֹור.

MICHNA. Celui qui ouvre sa jarre et celui qui entame sa pâte à l'occasion du réguel : Rabbi Yehouda dit qu'il achèvera, et les Sages disent qu'il n'achèvera pas.

📜 Rachi (3)
מַתְנִי' הַפּוֹתֵחַ אֶת חָבִיתוֹ חָבֵר שֶׁפָּתַח אֶת חָבִיתוֹ לִמְכֹּור יַיִן בִּירוּשָׁלַיִם בָּרֶגֶל וְכָל הַבָּא לִיקַּח מְמַשְׁמֵשׁ וְאַף עַמֵּי הָאָרֶץ מְמַשְׁמְשִׁים:
Michna. Celui qui ouvre sa jarre : un haver qui a ouvert sa jarre pour vendre du vin à Jérusalem pendant le réguel ; et quiconque vient acheter y porte la main, les amei haarets y portant la main eux aussi.
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר יִגְמֹור וְטַעֲמָא מְפָ' בְּמַסֶּכֶת בֵּיצָה (דַּף יא:) ג' דְּבָרִים הֻותְּרוּ סוֹפָן מִשּׁוּם תְּחִילָּתָם וְזֶה כְּמוֹ כֵן שֶׁאִם אַתָּה אוֹמֵר לֹא יִגְמֹור אַף הוּא לֹא יַתְחִיל וְאֵין מָזוֹן מָצוּי לְעוֹלֵי רְגָלִים:
Rabbi Yehouda dit : il achèvera. La raison en est expliquée au traité Betsa (11b) : trois choses ont été permises dans leur fin à cause de leur commencement, et il en va de même ici, car si tu dis qu'il n'achèvera pas, il ne commencera pas non plus, et la nourriture ne se trouvera pas pour ceux qui montent au réguel.
לֹא יִגְמֹור אַחַר הָרֶגֶל אע"פ שֶׁבָּרֶגֶל הֵן טְהוֹרִין לֹא שֶׁטָּהֳרָתָן טָהֳרָה אֶלָּא שֶׁבָּרֶגֶל הַכֹּל חֲבֵרִים אֲבָל לְאַחַר הָרֶגֶל מַגָּעוֹ טָמֵא לְמַפְרֵעַ כִּדְאָמַר בְּמָתְנֵי' עָבַר הָרֶגֶל מַטְבִּילִין כְּלֵי הָעֲזָרָה מִפְּנֵי שֶׁנָּגְעוּ בָּהֶן ע"ה בָּרֶגֶל:
Il n'achèvera pas : après le réguel. Bien que pendant le réguel [ces produits] soient purs, leur pureté est une tolérance, et non une pureté véritable ; pendant le réguel, simplement, tous sont haverim. Mais après le réguel, le contact [du am haarets] est impur rétroactivement, comme il est dit dans la michna : une fois le réguel passé, on immerge les ustensiles de la azara, parce que les amei haarets y ont touché pendant le réguel.
💡 Explication

Un haver ouvre à Jérusalem une jarre de vin pour la vendre pendant la fête, ou entame une pâte : tous les acheteurs y portent la main, amei haarets compris. Pendant le réguel, cela ne pose aucun problème, puisque tous sont haverim.

La question porte sur l'après. Rabbi Yehouda permet d'achever la vente, au nom du principe énoncé dans Betsa : on a permis la fin à cause du commencement, sans quoi personne n'ouvrirait de jarre et les pèlerins manqueraient de nourriture. Les Sages refusent : la pureté du réguel est une suspension du décret, et le contact du am haarets redevient impur rétroactivement.

12
גְּמָ׳ יָתֵיב רַבִּי אַמֵּי וְרַבִּי יִצְחָק נַפָּחָא אַקִּילְעָא דְּרַבִּי יִצְחָק נַפָּחָא, פָּתַח חַד וְאָמַר: מַהוּ שֶׁיַּנִּיחֶנָּה לְרֶגֶל אַחֵר?

GUEMARA. Rabbi Ami et Rabbi Yits'hak Nappaha étaient assis dans le vestibule de Rabbi Yits'hak Nappaha.

L'un d'eux ouvrit [la discussion] et dit : qu'en est-il de la laisser pour un autre réguel ?

💡 Explication

La question est posée selon les Sages, qui interdisent d'achever la vente après la fête. Le vendeur garde une jarre entamée et invendue : peut-il la conserver jusqu'à la fête suivante, où la pureté générale reviendra, et la vendre alors ?

13
אָמַר לֵיהּ אִידָךְ: יַד הַכֹּל מְמַשְׁמְשִׁין בָּהּ וְאַתְּ אָמְרַתְּ יַנִּיחֶנָּה לְרֶגֶל אַחֵר?! אֲמַר לֵיהּ: אַטּוּ עַד הָאִידָּנָא לָאו יַד הַכֹּל מְמַשְׁמְשִׁין בָּהּ? אֲמַר לֵיהּ: הָכִי הַשְׁתָּא?! בִּשְׁלָמָא עַד הָאִידְנָא, טֻומְאַת עַם הָאָרֶץ בָּרֶגֶל רַחֲמָנָא טַהֲרַהּ, אֶלָּא הַשְׁתָּא טְמֵאָה הִיא.

L'autre lui dit : la main de tous l'a manipulée, et tu dis qu'il la laissera pour un autre réguel ! Il lui répondit : est-ce que jusqu'à maintenant la main de tous ne la manipulait pas ?

Il lui dit : comment comparer ? Jusqu'à maintenant, passé encore : l'impureté du am haarets pendant le réguel, la Torah l'a déclarée pure ; mais maintenant elle est impure.

📜 Rachi (3)
גְּמ' מַהוּ שֶׁיַּנִּיחֶנָּה כו' אַלִּיבָּא דְּרַבָּנָן בָּעֵי לָהּ:
Guemara. Qu'en est-il de la laisser, etc. : il pose la question selon les Sages.
אַטּוּ הָאִידָּנָא כָּל יְמֵי הָרֶגֶל לֹא מִמִּשְׁמְשׁוֹ בָּהּ הַכֹּל וְהִתַּרְתָּ בָּרֶגֶל:
Est-ce que jusqu'à maintenant : tous les jours du réguel, tous ne la manipulaient-ils pas, et tu as pourtant permis pendant le réguel ?
טְמֵאָה הִיא לְמַפְרֵעַ וְחָבֵר אֵינוֹ רַשַּׁאי לִמְכֹּור דָּבָר שֶׁהוּא טָמֵא לְעוֹלָם וי"מ אוֹתָהּ בע"ה וְאִי אֶפְשָׁר לוֹמַר בע"ה לֹא יִגְמֹור דְּמִי צָייֵת לָן וַהֲלֹא אוֹמֵר שֶׁלְּךָ טָמֵא וְשֶׁלִּי טָהוֹר וְיִמְצָא לוֹ מֵחֲבֵירָיו הַרְבֵּה שֶׁיִּמְכֹּור לָהֶם וְאִם בָּא לֶאֱסֹור שֶׁלֹּא יִקְּחוּ חֲבֵרִים מִמֶּנּוּ יִקְּחוּ וְלֹא יִקְּחוּ מִיבְּעֵי לֵיהּ וְעוֹד דְּאָמַר בְּמַסֶּכֶת בֵּיצָה שֶׁזּוֹ הִיא אֶחָד מג' דְּבָרִים שֶׁהֻותְּרוּ סוֹפָן מִשּׁוּם תְּחִילָּתָן וְאִי בע"ה אַפֵּי' לָא שָׁרֵית לֵיהּ לִגְמֹור נִיחָא בְּמַאי דִּמְזַבֵּין בָּרֶגֶל:
Elle est impure : rétroactivement, et un haver n'a jamais le droit de vendre une chose impure. Certains expliquent [la michna] d'un am haarets ; or il est impossible de dire d'un am haarets qu'il n'achèvera pas, car qui nous écouterait ? Il dira : le tien est impur et le mien est pur, et il trouvera parmi ses semblables beaucoup de gens à qui vendre. Et si [la michna] venait interdire aux haverim d'acheter de lui, elle aurait dû dire : ils achètent ou ils n'achètent pas. De plus, il est dit au traité Betsa que ceci est l'une des trois choses dont la fin a été permise à cause du commencement ; or s'il s'agissait d'un am haarets, même si tu ne lui permets pas d'achever, il se satisfait de ce qu'il vend pendant le réguel.
💡 Explication

L'objection porte sur le fait accompli : la jarre a été manipulée par tous, et on voudrait encore la vendre en état de pureté. La réplique retourne l'argument : pendant la fête aussi tous y portaient la main, et la vente était permise.

La distinction finale est décisive. Pendant le réguel, l'impureté du am haarets est écartée par l'Écriture elle-même ; la fête passée, le statut d'impureté reprend ses droits sur le passé comme sur le présent, et la jarre est désormais impure. Rachi ajoute qu'un haver ne vend jamais un produit impur, et il réfute la lecture qui attribuerait notre michna à un am haarets.

14
נֵימָא כְּתַנָּאֵי, דְּתָנֵי חֲדָא: יַנִּיחֶנָּה לְרֶגֶל אַחֵר, וְתַנְיָא אִידָךְ: לֹא יַנִּיחֶנָּה לְרֶגֶל אַחֵר. מַאי לַָאו תַּנָּאֵי הִיא?

Dirons-nous que cela correspond à [une controverse de] Tanaïm ? Car une baraita enseigne : il la laissera pour un autre réguel ; et une autre baraita enseigne : il ne la laissera pas pour un autre réguel.

N'est-ce donc pas une controverse de Tanaïm ?

📜 Rachi (1)
ה"ג מַאי לַָאו תַּנָּאֵי הִיא לָא הָא דְּקָתָנֵי יַנִּיחֶנָּה ר' יְהוּדָה וְהָא דְּתָנֵי לֹא יַנִּיחֶנָּה רַבָּנַן וְתִסְבְּרָא וְהָא רַבִּי יְהוּדָה יִגְמֹור קָאָמַר אֶלָּא הָא דְּתַנְיָא יַנִּיחֶנָּה רַבָּנָן וְהָא דְּתַנְיָא לֹא יַנִּיחֶנָּה רַבִּי יְהוּדָה הִיא וּמַאי לֹא יַנִּיחֶנָּה כו'. מַאי לַָאו תַּנָּאֵי הִיא וְאַלִּיבָּא דְּרַבָּנָן וְתִפְשׁוֹט בָּעֲיָא דִּלְעֵיל דִּפְלוּגְתָּא דְּתַנָּאֵי הִיא:
Telle est la leçon : « N'est-ce pas une controverse de Tanaïm ? Non : celle qui enseigne qu'il la laissera est Rabbi Yehouda, et celle qui enseigne qu'il ne la laissera pas est les Sages. Et peux-tu le soutenir ? Rabbi Yehouda dit pourtant qu'il achèvera ! Plutôt : celle qui enseigne qu'il ne la laissera pas est Rabbi Yehouda, et celle qui enseigne qu'il la laissera est les Sages ; et que signifie qu'il ne la laissera pas, etc. » — « N'est-ce pas une controverse de Tanaïm » : et selon les Sages, de sorte que la question posée plus haut se trouverait résolue, puisqu'il s'agirait d'une controverse de Tanaïm.
💡 Explication

Procédé classique : la guemara essaie de résoudre la question des Amoraim en la ramenant à un désaccord déjà formulé entre Tanaïm. Deux baraitot donnent en apparence les deux réponses opposées.

15
לֹא, הָא דְּקָתָנֵי יַנִּיחֶנָּה — רַבִּי יְהוּדָה, וְהָא דְּקָתָנֵי לֹא יַנִּיחֶנָּה — רַבָּנָן. וְתִסְבְּרָא? הָא רַבִּי יְהוּדָה, יִגְמֹור קָאָמַר?! אֶלָּא: הָא דְּקָתָנֵי לֹא יַנִּיחֶנָּה — רַבִּי יְהוּדָה, וְהָא דְּקָתָנֵי יַנִּיחֶנָּה — רַבָּנָן. וּמַאי לֹא יַנִּיחֶנָּה — שֶׁאֵין צָרִיךְ לְהַנִּיחָהּ.

Non : celle qui enseigne qu'il la laissera est Rabbi Yehouda, et celle qui enseigne qu'il ne la laissera pas est les Sages. Et peux-tu le soutenir ?

Rabbi Yehouda dit pourtant qu'il achèvera ! Plutôt : celle qui enseigne qu'il ne la laissera pas est Rabbi Yehouda, et celle qui enseigne qu'il la laissera est les Sages.

Et que signifie qu'il ne la laissera pas ? Qu'il n'a pas besoin de la laisser.

💡 Explication

La première répartition s'effondre : si Rabbi Yehouda permet d'achever la vente aussitôt, la question de garder la jarre pour la fête suivante ne se pose même pas pour lui.

La guemara inverse donc l'attribution et relit la formule « il ne la laissera pas » comme un constat de superflu : selon Rabbi Yehouda, l'attente n'a aucune utilité. Les deux baraitot se trouvent conciliées, et la question posée au nom des Sages reste ouverte.

🖼️ Schéma
Attribuer les deux baraitot : deux essais Premier essai, rejeté Il la laissera = Rabbi Yehouda Il ne la laissera pas = les Sages Rejet : Rabbi Yehouda permet déjà d'achever ; pourquoi attendrait-il ? Second essai, retenu Il ne la laissera pas = Rabbi Yehouda Il la laissera = les Sages Lecture : il n'a pas besoin de la laisser, puisqu'il achèvera tout de suite. Résultat Les deux baraitot ne s'opposent plus, et la question posée selon les Sages ne reçoit pas de réponse tranchée.
La réattribution des deux baraitot et son prix : la question demeure ouverte.
16
מַתְנֵי׳ מִשֶּׁעָבַר הָרֶגֶל — מַעֲבִירִין עַל טָהֳרַת הָעֲזָרָה. עָבַר הָרֶגֶל לְיוֹם שִׁשִּׁי — לֹא הָיוּ מַעֲבִירִין, מִפְּנֵי כְּבוֹד הַשַּׁבָּת. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אַף לֹא בְּיוֹם חֲמִישִׁי, שֶׁאֵין הַכֹּהֲנִים פִּנּוּיָין.

MICHNA. Une fois le réguel passé, on procède à la purification de la azara (parvis du Temple).

Si le réguel s'est achevé pour tomber le sixième jour, on n'y procédait pas, par égard pour le Chabbat. Rabbi Yehouda dit : pas davantage le cinquième jour, car les cohanim ne sont pas disponibles.

📜 Rachi (3)
מַתְנֵי' מַעֲבִירִין עַל טָהֳרַת עֲזָרָה מַעֲבִירִין אֶת הַכֵּלִים מִמְּקוֹמָן וּלְהַטְבִּילָן וּלְטַהֵר אֶת הָעֲזָרָה מִטֻּומְאַת ע"ה שֶׁנָּגְעוּ בָּהֶן בָּרֶגֶל שאע"פ שֶׁעֲשָׂאָם הַכָּתוּב חֲבֵרִים בָּרֶגֶל לֹא מִפְּנֵי שֶׁטְּהוֹרִין הֵן הִלְכָּךְ לְאַחַר הָרֶגֶל מַגָּעָן טָמֵא לְמַפְרֵעַ:
Michna. On procède à la purification de la azara : on déplace les ustensiles de leur place pour les immerger et purifier la azara de l'impureté des amei haarets qui y ont touché pendant le réguel ; car bien que l'Écriture les ait faits haverim pendant le réguel, ce n'est pas au titre de leur pureté. Aussi, après le réguel, leur contact est impur rétroactivement.
מִפְּנֵי כְּבוֹד הַשַּׁבָּת שֶׁהָיוּ הַכֹּהֲנִים צְרִיכִין לְהִתְעַסֵּק אִישׁ בְּבֵיתוֹ בְּצָרְכֵי שַׁבָּת:
Par égard pour le Chabbat : car les cohanim devaient s'occuper, chacun dans sa maison, des besoins du Chabbat.
אַף לֹא לַיּוֹם הַחֲמִישִׁי אִם עָבַר הָרֶגֶל לְיוֹם חֲמִישִׁי אֵין מַטְבִּילִין אוֹתָן עַד לְאַחַר הַשַּׁבָּת:
Pas davantage le cinquième jour : si le réguel s'est achevé pour tomber le cinquième jour, on ne les immerge qu'après le Chabbat.
💡 Explication

La michna tire la conséquence de la position des Sages : la pureté du réguel était une suspension, et les ustensiles du Temple manipulés pendant la fête par des cohanim amei haarets doivent être immergés dès la fête finie.

L'opération est reportée quand le lendemain de la fête tombe un vendredi, pour laisser aux cohanim le temps des préparatifs du Chabbat. Rabbi Yehouda ajoute le jeudi à cette exemption, et la guemara va en donner la raison.

🖼️ Schéma
Quand purifie-t-on la azara après la fête ? Le réguel passé, on immerge les ustensiles du Temple touchés par les cohanim amei haarets. Jour ordinaire On procède à la purification dès le lendemain de la fête. Sixième jour (veille de Chabbat) On s'abstient, par égard pour le Chabbat. Cinquième jour, selon R. Yehouda On s'abstient aussi : les cohanim sortent la cendre accumulée. La table des pains de proposition échappe à cette immersion : on ne la déplace jamais.
Le calendrier de la purification de la azara au lendemain de la fête.
17
גְּמ׳ תְּנָא: שֶׁאֵין הַכֹּהֲנִים פְּנוּיִין מִלְּהוֹצִיא בַּדֶּשֶׁן.

GUEMARA. On a enseigné : parce que les cohanim ne sont pas disponibles, ayant à sortir la cendre.

📜 Rachi (1)
גְּמ' לְפִי שֶׁאֵין הַכֹּהֲנִים פִּנּוּיָין בְּמוֹצָאֵי יוֹם טוֹב לְהַטְבִּילָן שֶׁטָּרוֹדִין לְהוֹצִיא הַדֶּשֶׁן שֶׁעַל הַתַּפּוּחַ שֶׁבְּאֶמְצַע הַמִּזְבֵּחַ שֶׁקִּיבְּצוּ שָׁם כָּל יְמוֹת הָרֶגֶל כָּל דֶּשֶׁן שֶׁל מַעֲרָכָה:
Guemara. Parce que les cohanim ne sont pas disponibles : à la sortie du yom tov, pour les immerger, car ils sont accaparés par le retrait de la cendre qui se trouve sur le tapouah, au milieu de l'autel, où l'on avait rassemblé, tous les jours du réguel, toute la cendre du bûcher.
💡 Explication

La baraita explique Rabbi Yehouda. Pendant les jours de fête, les cendres des nombreux sacrifices s'accumulaient sur le tapouah, le monticule central de l'autel, sans qu'on les évacue. Au sortir de la fête, ce travail mobilisait les cohanim et ne leur laissait pas le loisir d'immerger les ustensiles.

18
מַתְנִי׳ כֵּיצַד מַעֲבִירִין עַל טָהֳרַת עֲזָרָה? מַטְבִּילִין אֶת הַכֵּלִים שֶׁהָיוּ בַּמִּקְדָּשׁ, וְאוֹמְרִין לָהֶם: הִזָּהֲרוּ

MICHNA. Comment procède-t-on a la purification de la azara ?

On immerge les ustensiles qui étaient dans le Temple, et on leur dit : prenez garde

📜 Rachi (2)
מַתְנֵי' וְאוֹמְרִים לָהֶם לַכֹּהֲנִים ע"ה בָּרֶגֶל:
Michna. Et on leur dit : aux cohanim amei haarets [qui ont servi] pendant le réguel.
הִזָּהֲרוּ שֶׁלֹּא תִגְּעוּ בַּשֻּׁלְחָן שֶׁלֹּא יוּכְלוּ לְהַטְבִּילוֹ לְאַחַר הָרֶגֶל שֶׁאִי אֶפְשָׁר לְסַלְּקוֹ מִמְּקוֹמוֹ דִּכְתִיב בֵּיהּ לֶחֶם פָּנִים לְפָנַי תָּמִיד (שְׁמוֹת כ״ה:ל׳):
Prenez garde de ne pas toucher à la table : car ils ne pourront pas l'immerger après le réguel, puisqu'il est impossible de l'écarter de sa place, comme il est écrit à son sujet « le pain de proposition, devant Moi, en permanence » (Chemot 25, 30).
💡 Explication

La michna décrit l'opération et s'interrompt au milieu de l'avertissement adressé aux cohanim amei haarets ; la suite se lit au début de 26b.

Rachi indique déjà l'objet de cet avertissement : la table des pains de proposition. Elle ne peut pas être immergée après la fête, puisqu'on ne la retire jamais de sa place, le verset ordonnant que le pain s'y trouve en permanence.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).