Chagigah 6a — L'enfant que l'on éduque à la montée, puis le prix de la ré'iyah et de la haguiga : deux maisons, quatre arguments, et l'holocauste du Sinaï

Chagigah 6a

Sougya : Le folio achève d'abord la michna sur l'enfant. Beit Chammaï l'obligent dès qu'il peut être porte sur les épaules de son père, Beit Hillel dès qu'il peut tenir la main de son père et monter de Jérusalem au Har haBayit.

La Guemara demande qui l'a amené jusqu'à Jérusalem, et Abaye répond que sa mère, tenue de la simcha, l'a conduit jusque-là. Rabbi objecte à Beit Chammaï le verset de Hanna, qui n'est pas montée avant le sevrage de Chemouel ; son père écarte l'objection par la délicatesse de l'enfant.

Rabbi Chimon demande ensuite le cas du boiteux et de l'aveugle guérissables, et Abaye pose la règle générale : le chinoukh de l'enfant suit l'obligation de l'adulte. La seconde moitié du folio traite du montant minimal des deux sacrifices du pèlerinage.

Beit Chammaï mettent deux pièces d'argent sur la ré'iyah et une ma'a sur la haguiga, Beit Hillel l'inverse ; chaque maison avance deux arguments et répond aux deux arguments de l'autre. Le débat se résout sur la lecture de Chemot 24,5 : l'holocauste offert au Sinaï avant le don de la Torah était-il un olat tamid ou un olat ré'iyah ?

Abaye range les tannaïm dans les deux camps, et le folio s'interrompt sur Rabbi Yichmael et sa thèse des énoncés généraux dits au Sinaï.

L'enfant et la mitsva de ré'iyah : à partir de quand l'éduque-t-on ? Beit Chammaï critère : l'enfant peut monter sur les épaules de son père il est porte, il ne marche pas Beit Hillel critère : l'enfant peut tenir la main de son père et monter de Jérusalem au Har haBayit sur ses jambes Question : jusqu'à Jérusalem, qui l'a amené ? le trajet du pays jusqu'à Jérusalem est bien plus long que la montée de Jérusalem au Har haBayit Réponse d'Abaye jusqu'à Jérusalem : la mère est tenue de la simcha, c'est elle qui l'a amené de Jérusalem au Har haBayit : la mère est exempte de la ré'iyah, l'enfant avance par lui-même Objection de Rabbi contre Beit Chammaï Hanna n'est pas montée tant que Chemouel n'était pas sevré (I Chemouel 1,22) or à cet âge il pouvait déjà être porte sur les épaules de son père Réponse de Rabban Chimon ben Gamliel Hanna elle-même était tenue de la simcha : son absence tient à la délicatesse de Chemouel et à la fatigue de la route, de sorte que le critère de Beit Chammaï reste entier
Les deux critères du chinoukh à la montée, la question de la Guemara et la réponse d'Abaye.
Le montant minimal des deux sacrifices du pèlerinage Beit Chammaï ré'iyah (holocauste) : deux pièces d'argent haguiga (chelamim) : une ma'a d'argent Beit Hillel ré'iyah (holocauste) : une ma'a d'argent haguiga (chelamim) : deux pièces d'argent argument 1 : la ré'iyah l'emporte elle monte tout entière vers le Haut, alors que la haguiga est partagée argument 1 : la haguiga l'emporte elle existait avant le Dibour, on l'offrait déjà au Sinaï réponse de Beit Hillel la haguiga comporte deux consommations, celle de l'autel et celle de l'homme réponse de Beit Chammaï la ré'iyah aussi existait avant le Dibour, car on a fait monter là des holocaustes argument 2 : le modèle d'Atseret un taureau, deux béliers, sept agneaux en olot, contre deux agneaux en chelamim argument 2 : le modèle des Nessiim deux taureaux, cinq béliers, cinq boucs, cinq agneaux en chelamim, contre trois bêtes en olot réponse de Beit Hillel Atseret est un sacrifice public : on en déduit pas un sacrifice individuel réponse de Beit Chammaï les Nessiim sont un cas ponctuel : on en déduit pas une règle des générations Le point de bascule tout se joue sur la nature de l'holocauste offert au Sinaï avant le don de la Torah
Les quatre arguments de la mahloket sur le prix de la ré'iyah et de la haguiga.
Chemot 24,5 : quels sacrifices a-t-on offerts au Sinaï ? et ils firent monter des holocaustes et sacrifièrent des taureaux en chelamim les chelamim : lecture commune la haguiga existait avant le Dibour, les deux maisons l'admettent les holocaustes : deux lectures de quel holocauste le verset parle-t-il ? c'est là que les maisons se séparent olat tamid un sacrifice public, obligation de chaque jour on n'en tire donc rien pour la ré'iyah Beit Hillel Rabbi Akiva Rabbi Yossi haGlili olat ré'iyah un sacrifice individuel, d'après le verset et ils virent D.ieu (Chemot 24,11) Beit Chammaï Rabbi Elazar Rabbi Yichmael si la ré'iyah existait déjà au Sinaï, l'argument de Beit Hillel tombe
Chemot 24,5 lu par les deux maisons, et la répartition des tannaïm selon Abaye.
1
עַד הָכָא, מַאן אַתְיָיה?

Jusqu'ici, qui l'a amené ?

📜 Rachi (1)
עַד הָכָא מַאן אַתְיֵיהּ עַד יְרוּשָׁלַיִם מִי הֱבִיאוֹ וַהֲלֹא מִשֶּׁהוּא יָכוֹל לִהְיוֹת חוּץ מֵאִמּוֹ יָכוֹל לֶאֱחֹוז בְּיַד אָבִיו דִּכְדֵי עֲלִייָּה מִירוּשָׁלַיִם לְהַר הַבַּיִת אַתָּה אוֹמֵר שֶׁיְּחַנְּכוּהוּ וְעַד יְרוּשָׁלַיִם מִי הֱבִיאוֹ:
« Jusqu'ici, qui l'a amené ? » — jusqu'à Jérusalem, qui l'a apporté ? Or dès l'instant où il peut se tenir loin de sa mère, il peut tenir la main de son père ; c'est donc pour la seule montée de Jérusalem au Har haBayit que tu dis qu'on l'éduque — mais jusqu'à Jérusalem, qui l'a amené ?
💡 Explication

La michna de 5b fixait le critère de Beit Hillel : l'enfant est tenu de la ré'iyah (la mitsva de se montrer au Temple) dès qu'il peut tenir la main de son père et monter de Jérusalem au Har haBayit. La Guemara relève la disproportion : cette montée est une courte distance à l'intérieur de la ville, alors que le voyage depuis la province jusqu'à Jérusalem représente parfois plusieurs jours de marche.

D'où la question : si l'enfant est assez grand pour ce dernier trajet, qui l'a donc porte sur tout le reste du chemin ?

2
אָמַר לֵיהּ אַבַּיֵּי: עַד הָכָא דְּמִיחַייְּבָא אִימֵּיהּ בְּשִׂמְחָה — אַיְיתִיתֵיהּ אִימֵּיהּ. מִכָּאן וְאֵילָךְ, אִם יָכוֹל לַעֲלוֹת וְלֶאֱחֹוז בְּיָדוֹ שֶׁל אָבִיו מִירוּשָׁלַיִם לְהַר הַבַּיִת — חַיָּיב, וְאִי לֹא — פָּטוּר.

Abaye lui dit : jusqu'ici, où sa mère est elle aussi tenue de la simcha — c'est sa mère qui l'a amené. À partir de là, s'il peut monter et tenir la main de son père de Jérusalem au Har haBayit — il est tenu ; et sinon — il est exempt.

📜 Rachi (2)
מְחַייְּבָא בְּשִׂמְחָה לַעֲלוֹת לָרֶגֶל וְלִשְׂמֹוחַ בֶּחָג עִם בַּעְלָהּ דְּעַל הַשִּׂמְחָה נִצְטַוּוּ נָשִׁים דִּכְתִיב וְשָׂמַחְתָּ אַתָּה וּבֵיתֶךָ (דְּבָרִים י״ד:כ״ו):
« Est tenue de la simcha » — de monter pour la fête et de se réjouir du pèlerinage avec son mari, car les femmes ont reçu l'ordre de la simcha, comme il est écrit « et tu te réjouiras, toi et ta maison » (Devarim 14,26).
מִכָּאן וְאֵילָךְ דְּאִימֵּיהּ לָא מִחַייְּבָא לְהִתְרָאוֹת בְּהַר הַבַּיִת:
« À partir de là » — car sa mère n'est pas tenue de se montrer au Har haBayit.
🗂️ Tossefot (1)
דִּמְחַייְּבָא אִימֵּיהּ בְּשִׂמְחָה. פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י בְּפֶרֶק קַמָּא דְּקִדּוּשִׁין (דַּף לד: וְשָׁם) גַּבֵּי אִשָּׁה בַּעְלָהּ מְשַׂמְּחָהּ בְּבָבֶל בְּבִגְדֵי צִבְעוֹנִין בא"י בְּבִגְדֵי פִּשְׁתָּן וְהָכָא מַשְׁמַע דִּבְשַׁלְמֵי שִׂמְחָה מַיְירֵי וְהָתָם (בד"ה אִשָּׁה) פִּי' וְכֵן בפ"ק דר"ה (דַּף ו: וְשָׁם):
« Car sa mère est tenue de la simcha. » Rachi a expliqué au premier chapitre de Kidouchin (34b) au sujet de la femme que son mari la réjouit — à Babel par des vêtements de couleur, en Erets Israël par des vêtements de lin ; et ici il ressort qu'il s'agit des chelamim de simcha. Là-bas il a expliqué ainsi (s.v. icha), et de même au premier chapitre de Roch Hachana (6b).
💡 Explication

La réponse repose sur une différence entre deux mitsvot du pèlerinage. La femme est exempte de la ré'iyah, qui s'accomplit au Har haBayit, mais elle est tenue de la simcha, la réjouissance de la fête, apprise du verset « et tu te réjouiras, toi et ta maison » (Devarim 14,26).

La mère monte donc à Jérusalem pour son propre compte et porte l'enfant avec elle. Le critère du chinoukh ne commence à mordre qu'au point où la mère s'arrête : de Jérusalem au Har haBayit, l'enfant doit avancer par ses propres moyens.

🖼️ Schéma
L'enfant et la mitsva de ré'iyah : à partir de quand l'éduque-t-on ? Beit Chammaï critère : l'enfant peut monter sur les épaules de son père il est porte, il ne marche pas Beit Hillel critère : l'enfant peut tenir la main de son père et monter de Jérusalem au Har haBayit sur ses jambes Question : jusqu'à Jérusalem, qui l'a amené ? le trajet du pays jusqu'à Jérusalem est bien plus long que la montée de Jérusalem au Har haBayit Réponse d'Abaye jusqu'à Jérusalem : la mère est tenue de la simcha, c'est elle qui l'a amené de Jérusalem au Har haBayit : la mère est exempte de la ré'iyah, l'enfant avance par lui-même Objection de Rabbi contre Beit Chammaï Hanna n'est pas montée tant que Chemouel n'était pas sevré (I Chemouel 1,22) or à cet âge il pouvait déjà être porte sur les épaules de son père Réponse de Rabban Chimon ben Gamliel Hanna elle-même était tenue de la simcha : son absence tient à la délicatesse de Chemouel et à la fatigue de la route, de sorte que le critère de Beit Chammaï reste entier
Le partage du trajet entre la mère, tenue de la simcha, et l'enfant que l'on éduque.
3
הֵשִׁיב רַבִּי תַּחַת בֵּית הִלֵּל: לְדִבְרֵי בֵּית שַׁמַּאי, ״וְחַנָּה לֹא עָלָתָה כִּי אָמְרָה לְאִישָׁהּ עַד יִגָּמֵל הַנַּעַר וַהֲבִיאֹותִיו״ — וְהָא שְׁמוּאֵל, דְּיָכוֹל לִרְכֹּוב עַל כְּתֵיפוֹ שֶׁל אָבִיו הֲוָה.

Rabbi répondit à la place de Beit Hillel : selon les paroles de Beit Chammaï, [que faire du verset] « et Hanna ne monta pas, car elle dit à son mari : jusqu'à ce que l'enfant soit sevré, alors je l'amènerai » (I Chemouel 1,22) ? Or Chemouel était capable de monter sur les épaules de son père !

📜 Rachi (1)
עַד יִגָּמֵל לְסוֹף כ"ד חֹדֶשׁ שֶׁכֵּן תִּינוֹק יוֹנֵק וּמִשְׁנָה רִאשׁוֹנָה הוּא יָכוֹל לִרְכֹּוב עַל כְּתֵיפוֹ שֶׁל אָבִיו כְּדֵי לַעֲלוֹת מִירוּשָׁלַיִם לְהַר הַבַּיִת וְכָל שֶׁכֵּן מִשִּׁילֹה לַמִּשְׁכָּן:
« Jusqu'à ce qu'il soit sevré » — au terme de vingt-quatre mois, car c'est la durée pendant laquelle un nourrisson tête ; et dès sa première année il peut monter sur les épaules de son père pour aller de Jérusalem au Har haBayit, et à plus forte raison de Chilo au Michkan.
🗂️ Tossefot (1)
דְּיָכוֹל לִרְכֹּוב עַל כְּתֵיפוֹ שֶׁל אָבִיו. שֶׁהָיָה גָּדוֹל קְצָת אֲבָל לָא מָצֵי לֶאֱחֹוז בְּיָדוֹ וְלַעֲלוֹת בְּרַגְלָיו:
« Qui pouvait monter sur les épaules de son père. » Il était déjà un peu grand, mais il ne pouvait pas tenir la main [de son père] et monter sur ses propres jambes.
💡 Explication

Rabbi (Yehouda haNassi) prend le parti de Beit Hillel et attaque le critère adverse par un verset. Le sevrage intervient au bout de vingt-quatre mois ; à cet âge, un enfant se laisse déjà porter sur les épaules. Si le critère de Beit Chammaï était le bon, Chemouel aurait dû monter avec ses parents bien avant.

Le verset soutient donc plutôt le critère de Beit Hillel, qui exige que l'enfant marche par lui-même, ce que Chemouel ne pouvait pas encore faire.

4
אֲמַר לֵיהּ אַבֹּוהַּ: וּלְטַעְמִיךְ, תִּיקְשֵׁי לָךְ, חַנָּה גּוּפַהּ מִי לָא מִיחַייְּבָא בְּשִׂמְחָה? אֶלָּא חַנָּה, מְפַנְּקוּתָא יַתִּירְתָּא חַזְיָיא בֵּיהּ בִּשְׁמוּאֵל, וְחַשָּׁא בֵּיהּ בִּשְׁמוּאֵל לְחֻולְשָׁא דְאוֹרְחָא.

Son père lui dit : et selon ton raisonnement, tu devrais te heurter à la même difficulté pour Hanna elle-même : n'était-elle pas tenue de la simcha ? En réalité, Hanna voyait en Chemouel une délicatesse particulière, et elle craignait pour lui la faiblesse de la route.

💡 Explication

Rabban Chimon ben Gamliel, le père de Rabbi, retourne l'objection. Hanna était personnellement tenue de la simcha ; son absence demande donc une explication, quel que soit le critère retenu pour l'enfant.

La réponse tient dans le mot mifnakouta : Hanna constatait chez Chemouel une fragilité particulière et redoutait l'épuisement du voyage. Le verset cesse ainsi de renseigner sur la règle du chinoukh, et l'objection contre Beit Chammaï tombe.

5
בָּעֵי רַבִּי שִׁמְעוֹן: קָטָן חִיגֵּר לְדִבְרֵי בֵּית שַׁמַּאי, וְסוּמָא לְדִבְרֵי שְׁנֵיהֶם, מַהוּ?

Rabbi Chimon demande : un enfant boiteux selon les paroles de Beit Chammaï, et un aveugle selon les paroles des deux [maisons] — quelle est la règle ?

📜 Rachi (1)
הָכִי גָּרַס קָטָן חִיגֵּר לְדִבְרֵי בֵּית שַׁמַּאי וְסוֹמֵא לְדִבְרֵי שְׁנֵיהֶן דְּאִילּוּ חִיגֵּר לְדִבְרֵי בֵּית הִלֵּל לָא מִיבַּעְיָא לַן דְּלָא מְחַנְּכִינַן לֵיהּ דְּהָא אָמְרִינַן אֵין מְחַנְּכִין אֶלָּא לְקָטָן שֶׁיָּכוֹל לֶאֱחֹוז וְלַעֲלוֹת בְּרַגְלָיו בִּירוּשָׁלַיִם וְזֶה אֵינוֹ יָכוֹל אֲבָל לְבֵית שַׁמַּאי דִּמְחַיְּיבִי לְחַנְּכוֹ מִשֶּׁיָּכוֹל לִרְכֹּוב קָטָן חִיגֵּר יָכוֹל לִרְכֹּוב עַל כְּתֵיפוֹ שֶׁל אָבִיו וְהַסּוּמָא יָכוֹל לֶאֱחֹוז לב"ה מַהוּ צָרִיךְ חִינּוּךְ אוֹ לֹא:
« Telle est la leçon : un enfant boiteux selon les paroles de Beit Chammaï, et un aveugle selon les paroles des deux maisons » — car pour un boiteux selon Beit Hillel, la question ne se pose pas, puisqu'on ne l'éduque pas : nous avons dit en effet qu'on n'éduque que l'enfant capable de tenir [la main de son père] et de monter sur ses jambes à Jérusalem, et celui-ci ne le peut pas. Mais selon Beit Chammaï, qui obligent à l'éduquer dès qu'il peut être porte, un enfant boiteux peut monter sur les épaules de son père ; et l'aveugle peut tenir [la main], y compris selon Beit Hillel : à-t-il besoin de chinoukh ou non ?
💡 Explication

La question est posée là où l'infirmité n'empêche pas de satisfaire au critère. Un enfant boiteux se laisse porter sur les épaules : il remplit donc le critère de Beit Chammaï, et la question ne se pose que selon eux. Un enfant aveugle peut tenir la main de son père et marcher : il remplit le critère des deux maisons.

Reste la difficulté de fond : un adulte boiteux et un adulte aveugle sont exemptés de la ré'iyah. Faut-il alors éduquer ces enfants à une mitsva dont ils seront dispensés ?

6
הֵיכִי דָמֵי? אִילֵּימָא בְּחִיגֵּר שֶׁאֵינוֹ יָכוֹל לְהִתְפַּשֵּׁט, וְסוֹמֵא שֶׁאֵינוֹ יָכוֹל לְהִתְפַּתֵּחַ? הַשְׁתָּא גָּדוֹל — פָּטוּר, קָטָן — מִיבַּעְיָא?! לָא צְרִיכָא: בְּחִיגֵּר שֶׁיָּכוֹל לְהִתְפַּשֵּׁט, וְסוֹמֵא שֶׁיָּכוֹל לְהִתְפַּתֵּחַ, מַאי?

Quel est le cas ? Si l'on dit qu'il s'agit d'un boiteux dont la jambe ne peut pas se redresser et d'un aveugle dont les yeux ne peuvent pas s'ouvrir — dès lors qu'un adulte [dans cet état] est exempt, faut-il poser la question pour un enfant ?!

La question ne se pose que pour un boiteux dont la jambe peut se redresser et un aveugle dont les yeux peuvent s'ouvrir : quelle est la règle ?

📜 Rachi (3)
שֶׁאֵינוֹ יָכוֹל לְהִתְפַּשֵּׁט שֶׁאֵין סוֹפוֹ לְהִתְפַּשֵּׁט עוֹלָמִית:
« Qui ne peut pas se redresser » — dont la jambe ne se redressera jamais.
קָטָן מִיבַּעְיָא הֲלֹא אֵין חִינּוּךְ קָטָן אֶלָּא כְּדֵי לְהַנְהִיגוֹ שֶׁיְּהֵא סָרוּךְ אַחַר מִנְהָגוֹ לִכְשֶׁיַּגְדִּיל וְכֵיוָן שֶׁזֶּה פָּטוּר לִכְשֶׁיַּגְדִּיל לָמָּה לִי חִינּוּךְ:
« Faut-il poser la question pour un enfant ? » — l'éducation de l'enfant n'a d'autre but que de l'habituer, afin qu'il suive cette habitude une fois grand ; et puisque celui-ci sera exempt une fois grand, à quoi bon le chinoukh ?
שֶׁיָּכוֹל לְהִתְפַּתֵּחַ קֹודֶם שֶׁיַּגְדִּיל:
« Dont les yeux peuvent s'ouvrir » — avant qu'il ne devienne adulte.
🗂️ Tossefot (1)
בְּחִיגֵּר שֶׁיָּכוֹל לְהִתְפַּשֵּׁט. מִקַּמֵּי גִּדּוּלוֹ מַאי מִי אָמְרִינַן דְּכֵיוָן דְּגָדוֹל הַמִּיחַייַּב מִדְּאוֹרַייְתָּא גַּבֵּי קָטָן נַמֵּי מִיחַייַּב בְּחִינּוּךְ דְּמִידִי הוּא טַעְמָא בְּקָטָן אֶלָּא מִשּׁוּם לְחַנְּכוֹ דְּיָדַע כְּשֶׁהוּא גָּדוֹל אוֹ דִּלְמָא כֵּיוָן דְּגָדוֹל בְּהָכִי לָא מִיחַייַּב גַּם קָטָן לֹא:
« Un boiteux dont la jambe peut se redresser. » Avant qu'il ne grandisse, quelle est la règle ? Dit-on que, puisque l'adulte sera alors tenu min haTorah, l'enfant aussi est tenu du chinoukh — car toute la raison d'être du chinoukh de l'enfant est de l'éduquer afin qu'il sache faire une fois grand ? Ou bien dit-on que, puisque l'adulte dans cet état n'est pas tenu, l'enfant non plus ne l'est pas ?
💡 Explication

La Guemara élimine d'abord le cas de l'infirmité définitive. Le chinoukh vise à former l'enfant à ce qu'il devra faire une fois adulte ; quand l'adulte est de toute façon exempt, l'éducation est sans objet.

La question se concentre donc sur l'infirmité passagère. L'enfant est exempt aujourd'hui mais sera tenu demain : le chinoukh se règle-t-il sur son état présent ou sur son état futur ?

🖼️ Schéma
La question de Rabbi Chimon : l'enfant boiteux et l'enfant aveugle infirmité définitive elle ne se corrigera jamais infirmité passagère elle se corrigera avant l'âge adulte enfant boiteux selon Beit Chammaï seulement enfant aveugle selon les deux maisons l'adulte boiteux est déjà exempt donc aucune question sur l'enfant l'adulte aveugle est déjà exempt donc aucune question sur l'enfant c'est ici que porte la question aujourd'hui l'adulte serait exempt, demain cet enfant sera tenu : faut-il l'éduquer dès maintenant pour qu'il sache faire une fois grand ? Règle d'Abaye là où l'adulte est tenu min haTorah, on éduque aussi l'enfant, mi-derabbanan là où l'adulte est exempt min haTorah, l'enfant aussi est exempt, mi-derabbanan l'état présent de l'enfant décide donc, et le boiteux guérissable reste exempt
Les quatre cas examinés et la règle d'Abaye qui les tranche.
7
אָמַר אַבַּיֵּי: כֹּל הֵיכָא דְּגָדוֹל מִיחַייַּב מִדְּאוֹרָייְתָא — קָטָן נָמֵי מְחַנְּכִינַן לֵיהּ מִדְּרַבָּנַן, כֹּל הֵיכָא דְּגָדוֹל פָּטוּר מִדְּאוֹרָיְיתָא — מִדְּרַבָּנַן קָטָן נָמֵי פָּטוּר.

Abaye dit : partout où un adulte est tenu min haTorah, on éduque aussi l'enfant mi-derabbanan ; partout où un adulte est exempt min haTorah, l'enfant lui aussi est exempt mi-derabbanan.

💡 Explication

Abaye pose une règle générale qui dépasse le cas particulier : l'obligation rabbinique de chinoukh se calque sur l'obligation de la Torah pesant sur l'adulte, appréciée dans l'état où l'enfant se trouve.

Appliqué à la question de Rabbi Chimon, ce principe exempte le boiteux et l'aveugle guérissables : tant que leur infirmité dure, un adulte dans le même état serait exempt, donc l'enfant l'est aussi.

8
בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: הָרְאִיָּיה שְׁתֵּי כֶסֶף כּוּ׳.

« Beit Chammaï disent : la ré'iyah, deux pièces d'argent, etc. »

💡 Explication

La Guemara passe à la clause suivante de la michna, citée par ses premiers mots. Deux sacrifices sont dus au pèlerinage : l'olat ré'iyah, holocauste entièrement brûlé sur l'autel, et les chalmei haguiga, offrande de paix dont la chair est partagée entre l'autel, les cohanim et le propriétaire.

La michna fixe pour chacun un montant minimal, et les deux maisons l'inversent : deux pièces d'argent pour l'un, une ma'a d'argent pour l'autre.

9
תָּנוּ רַבָּנַן, בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: הָרְאִייָּה שְׁתֵּי כֶּסֶף, וְהַחֲגִיגָה מָעָה כֶּסֶף. שֶׁהָרְאִיָּיה עוֹלָה כֻּולָּהּ לַגָּבוֹהַּ, מַה שֶּׁאֵין כֵּן בַּחֲגִיגָה, וְעוֹד: מָצִינוּ בָּעֲצֶרֶת שֶׁרִיבָּה בָּהֶן הַכָּתוּב בְּעוֹלוֹת יוֹתֵר מִבִּשְׁלָמִים.

Nos maîtres ont enseigné : Beit Chammaï disent : la ré'iyah, deux pièces d'argent, et la haguiga, une ma'a d'argent — car la ré'iyah monte tout entière vers le Haut, ce qui n'est pas le cas de la haguiga. Et de plus : nous trouvons à Atseret que le texte y a multiplié les holocaustes plus que les chelamim.

📜 Rachi (1)
מָצִינוּ בַּעֲצֶרֶת בְּפָ' שׁוֹר אוֹ כֶּשֶׂב וְהִקְרַבְתֶּם עַל הַלֶּחֶם שִׁבְעַת כְּבָשִׂים תְּמִימִים וּפַר בֶּן בָּקָר אֶחָד וְאֵילִים שְׁנָיִם יִהְיוּ עֹולָה לַה' וּכְתִיב וּשְׁנֵי כְבָשִׂים בְּנֵי שָׁנָה לְזֶבַח שְׁלָמִים (וַיִּקְרָא כ״ג:י״ט):
« Nous trouvons à Atseret » — dans la section Chor o kessev : « et vous offrirez avec le pain sept agneaux sans défaut, un jeune taureau et deux béliers ; ils seront un holocauste pour Hachem », et il est écrit « et deux agneaux d'un an en sacrifice de chelamim » (Vayikra 23,18-19).
🗂️ Tossefot (1)
הָרְאִייָּה שְׁתֵּי כֶּסֶף. וּמִדְּרַבָּנָן הוּא דְּמִדְּאוֹרַיְיתָּא אֵין לוֹ שִׁיעוּר לְקָרְבָּן רַק לְאָשָׁם מְעִילוֹת (שְׁבוּעַת הָעֵדוּת) דִּכְתִיב בֵּיהּ כֶּסֶף שְׁקָלִים (וַיִּקְרָא ה׳:ט״ו) וּתְנַן בִּכְרִיתוֹת (דַּף כו:) הַמַּפְרִישׁ שְׁתֵּי סְלָעִים לְאָשָׁם וְהָא דְּאָמְרִינַן בִּזְבָחִים (דַּף מח.) [לֹא יְהֵא סְפֵיקוֹ חָמוּר מִוַּדָּאוֹ מַה וַדָּאוֹ חַטָּאת בַּת דַּנְקָא אַף סְפֵיקוֹ אָשָׁם בַּר דַּנְקָא] וּבִמְנָחוֹת (דַּף קז:) יָבִיא אָשָׁם הוּא וּנְסָכָיו בְּסֶלַע לָאו דַּוְקָא קָחֲשִׁיב דְּאָמְרִינַן בְּפֶרֶק ב' דִּכְרִיתוֹת (דַּף י:) יָבִיא אָשָׁם בְּסֶלַע וְכֵן הָא דְּאָמְרִינַן בְּפֶ' הוֹצִיאוּ לוֹ בְּיוֹמָא (דַּף נה:) נִישְׁקֹול אַרְבָּעָה זוּזֵי וְנִשְׁדֵּי בְּנַהֲרָא לָאו דַּוְקָא דְּלָא בָּעֵי כֻּולֵּי הַאי ובפ"ב דִּמְנָחוֹת (דַּף קז: וְשָׁם בד"ה כֶּבֶשׂ) פֵּירַשְׁתִּי:
« La ré'iyah, deux pièces d'argent. » C'est une mesure rabbinique, car min haTorah aucun sacrifice n'a de montant fixe, hormis l'acham me'ilot [le sacrifice de culpabilité pour détournement de biens consacrés], au sujet duquel il est écrit « en argent, des sicles » (Vayikra 5,15) ; et nous avons appris dans Keritot (26b) : « celui qui met de côté deux sela pour un acham ». Quant à ce que nous disons dans Zevahim (48a) — « que son cas douteux ne soit pas plus lourd que son cas certain : de même que dans le cas certain le hatat vaut un danka, de même dans le cas douteux l'acham vaut un danka » — et dans Menahot (107b) : « il apporte un acham, lui et ses libations, pour un sela », ces chiffres ne sont pas donnés avec exactitude, car nous disons au deuxième chapitre de Keritot (10b) : « il apporte un acham pour un sela ». De même, ce que nous disons au chapitre Hotsiou lo dans Yoma (55b) : « qu'il prenne quatre zouz et les jette dans le fleuve », est à prendre de façon large, car il n'en faut pas tant. Et au deuxième chapitre de Menahot (107b, s.v. keves) je l'ai expliqué.
💡 Explication

La baraita expose les deux arguments de Beit Chammaï. Le premier tient à la nature du sacrifice : l'holocauste est intégralement consumé pour le Ciel, donc il mérite la dépense la plus forte.

Le second est un modèle scripturaire. Les sacrifices additionnels de Chavouot comptent un taureau, deux béliers et sept agneaux en holocaustes, contre deux agneaux seulement en chelamim : la Torah elle-même y donne le poids aux olot.

10
וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: הָרְאִייָּה מָעָה כֶּסֶף וַחֲגִיגָה שְׁתֵּי כֶסֶף. שֶׁחֲגִיגָה יֶשְׁנָהּ לִפְנֵי הַדִּיבּוּר, מַה שֶּׁאֵין כֵּן בִּרְאִייָּה. וְעוֹד: מָצִינוּ בַּנְּשִׂיאִים שֶׁרִיבָּה בָּהֶן הַכָּתוּב בִּשְׁלָמִים יוֹתֵר מִבְּעוֹלוֹת.

Et Beit Hillel disent : la ré'iyah, une ma'a d'argent, et la haguiga, deux pièces d'argent — car la haguiga existait avant le Dibour, ce qui n'est pas le cas de la ré'iyah. Et de plus : nous trouvons chez les Nessiim que le texte y a multiplié les chelamim plus que les holocaustes.

📜 Rachi (2)
יֶשְׁנָהּ לִפְנֵי הַדִּיבּוּר קֹודֶם מַתַּן תּוֹרָה הִקְרִיבוּ שְׁלָמִים בְּסִינַי דִּכְתִיב וַיִּשְׁלַח אֶת נַעֲרֵי בְּנֵי יִשְׂרָאֵל (שְׁמוֹת כֹּד) ואע"ג דְּהַאי קְרָא כְּתִיב בִּוְאֵלֶּה הַמִּשְׁפָּטִים לְאַחַר עֲשֶׂרֶת הַדִּבְּרוֹת קֹודֶם עֲשֶׂרֶת הַדִּבְּרוֹת הֲוָה וְאֵין מֻוקְדָּם וּמְאֻוחָר בַּתּוֹרָה וְהָכִי תַּנְיָא בְּמַסֶּכֶת שַׁבָּת בְּפֶרֶק ר' עֲקִיבָא (שַׁבָּת דַּף פח.) רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר בַּשֵּׁנִי עָלָה וְיָרַד בַּשְּׁלִישִׁי עָלָה וְיָרַד בִּרְבִיעִי יָרַד וְשׁוּב לֹא עָלָה בַּחֲמִישִׁי בָּנָה מִזְבֵּחַ וְהִקְרִיב עָלָיו קָרְבָּן בַּשִּׁשִּׁי נִיתְּנָה תּוֹרָה וְאֵין אַתָּה מוֹצֵא בִּנְתִינַת הַתּוֹרָה בִּנְיַן מִזְבֵּחַ אֶלָּא בְּאוֹתוֹ שֶׁנֶּאֱמַר וַיִּשְׁלַח אֶת נַעֲרֵי בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וְגוֹ' וּלְקַמָּן פָּרִיךְ הָתָם נָמֵי עוֹלָה הֲוַאי:
« Elle existait avant le Dibour » — avant le don de la Torah, ils ont offert des chelamim au Sinaï, comme il est écrit « et il envoya les jeunes gens des enfants d'Israël » (Chemot 24). Et bien que ce verset soit écrit dans Vé-ele ha-michpatim, après les Dix Paroles, il leur est antérieur, car il n'y a pas d'ordre chronologique strict dans la Torah. Ainsi est-il enseigné dans le traité Chabbat, au chapitre Rabbi Akiva (88a) : Rabbi Yossi dit : le deuxième jour il monta et descendit, le troisième il monta et descendit, le quatrième il descendit et ne monta plus, le cinquième il construisit un autel et y offrit un sacrifice, le sixième la Torah fut donnée. Et tu ne trouves, dans le récit du don de la Torah, de construction d'autel que dans ce passage où il est dit « et il envoya les jeunes gens des enfants d'Israël », etc. Plus loin la Guemara objectera que là aussi il y avait un holocauste.
נְשִׂיאִים בַּחֲנֻוכַּת הַמִּזְבֵּחַ הִקְרִיבוּ שְׁלָמִים יוֹתֵר מֵעוֹלוֹת דִּכְתִיב כָּל הַבָּקָר לְעֹולָה וְגוֹ' וְכֹל בְּקַר זֶבַח הַשְּׁלָמִים וְגוֹ' (בַּמִּדְבָּר ז׳:פ״ח):
« Les Nessiim » — lors de l'inauguration de l'autel, ils ont offert plus de chelamim que d'holocaustes, comme il est écrit « tout le gros bétail pour l'holocauste... et tout le gros bétail du sacrifice de chelamim... » (Bamidbar 7,87-88).
🗂️ Tossefot (1)
יֶשְׁנָהּ לִפְנֵי הַדִּבּוּר. וס"ל עוֹלַת רְאִיָּיה הֲוַאי כִּדְקָאָמַר בְּסָמוּךְ:
« Elle existait avant le Dibour. » Et ils tiennent que c'était un olat ré'iyah, comme il est dit plus loin.
💡 Explication

Beit Hillel répondent par deux arguments de même forme. Le premier est un argument d'antériorité : les chelamim étaient déjà offerts au Sinaï avant le don de la Torah, appelé ici le Dibour, la Parole ; la ré'iyah, elle, daterait seulement de la législation du pèlerinage.

Le second est un modèle scripturaire concurrent : lors de l'inauguration de l'autel, chaque nassi a offert trois bêtes en holocauste et vingt-quatre en chelamim. La Torah y donne donc le poids aux chelamim.

11
וּבֵית הִלֵּל, מַאי טַעְמָא לָא אָמְרִי כְּבֵית שַׁמַּאי? דְּקָא אֲמַרְתְּ: רְאִיָּיה עֲדִיפָא — דְּעוֹלָה כֻּולָּהּ לַגָּבוֹהַּ, אַדְּרַבָּה: חֲגִיגָה עֲדִיפָא — דְּאִית בָּהּ שְׁתֵּי אֲכִילוֹת. וּדְקָא אָמְרַתְּ: נֵילַף מֵעֲצֶרֶת — דָּנִין קָרְבַּן יָחִיד מִקָּרְבַּן יָחִיד, וְאֵין דָּנִין קָרְבַּן יָחִיד מִקָּרְבַּן צִבּוּר.

Et Beit Hillel, quelle est leur raison de ne pas dire comme Beit Chammaï ? Ce que tu as dit : la ré'iyah l'emporte, puisqu'elle monte tout entière vers le Haut — au contraire, la haguiga l'emporte, puisqu'elle comporte deux consommations.

Et ce que tu as dit : déduisons d'Atseret — on déduit un sacrifice individuel d'un sacrifice individuel, et l'on ne déduit pas un sacrifice individuel d'un sacrifice public.

📜 Rachi (2)
שְׁתֵּי אֲכִילוֹת מִזְבֵּחַ וְאָדָם:
« Deux consommations » — celle de l'autel et celle de l'homme.
נְשִׂיאִים קָרְבַּן יָחִיד וּרְאִייָּה וַחֲגִיגָה קָרְבַּן יָחִיד אֲבָל כִּבְשֵׂי עֲצֶרֶת קָרְבַּן צִבּוּר וּמִתְּרוּמַת הַלִּשְׁכָּה:
Les Nessiim ont offert un sacrifice individuel, et la ré'iyah et la haguiga sont des sacrifices individuels ; mais les agneaux d'Atseret sont un sacrifice public, pris sur le prélèvement de la chambre.
🗂️ Tossefot (1)
קָרְבַּן יָחִיד. כְּגוֹן חֲגִיגָה וּבְפֵ"ה דְּיוֹמָא (דַּף נא. וְשָׁם) דְּקָרֵי לֵיהּ קָרְבַּן צִבּוּר הַייְנוּ גַּבֵּי פֶּסַח שֵׁנִי כִּדְקָאָמַר הָתָם חֲגִיגָה מ"ט מִקַּרְיָא קָרְבַּן צִבּוּר דְּאָתְיָא בְּכִנּוּפְיָא פֶּסַח נָמֵי אָתְיָא בְּכִנּוּפְיָא אִיכָּא פֶּסַח שֵׁנִי דְּלָא אָתְיָא בְּכִנּוּפְיָא:
« Sacrifice individuel. » Comme la haguiga. Et au cinquième chapitre de Yoma (51a), où elle est appelée sacrifice public, il s'agit du cas de Pessa'h cheni, comme il est dit là-bas : pour quelle raison la haguiga est-elle appelée sacrifice public ? Parce qu'elle vient dans un rassemblement. Le sacrifice pascal aussi vient dans un rassemblement ! Il y a Pessa'h cheni, qui ne vient pas dans un rassemblement.
💡 Explication

Beit Hillel répondent point par point. Contre le premier argument, ils opposent une autre échelle de valeur : la haguiga nourrit à la fois l'autel et l'homme, et cette double akhila constitue sa supériorité.

Contre le second, ils invoquent une règle de dérivation : les sacrifices de Chavouot sont des korbenot tsibour, financés par le prélèvement de la chambre du Temple, tandis que la ré'iyah et la haguiga sont des korbenot yahid. On ne transpose pas d'une catégorie à l'autre, et le modèle des Nessiim, individuel lui aussi, est le bon.

🖼️ Schéma
Le montant minimal des deux sacrifices du pèlerinage Beit Chammaï ré'iyah (holocauste) : deux pièces d'argent haguiga (chelamim) : une ma'a d'argent Beit Hillel ré'iyah (holocauste) : une ma'a d'argent haguiga (chelamim) : deux pièces d'argent argument 1 : la ré'iyah l'emporte elle monte tout entière vers le Haut, alors que la haguiga est partagée argument 1 : la haguiga l'emporte elle existait avant le Dibour, on l'offrait déjà au Sinaï réponse de Beit Hillel la haguiga comporte deux consommations, celle de l'autel et celle de l'homme réponse de Beit Chammaï la ré'iyah aussi existait avant le Dibour, car on a fait monter là des holocaustes argument 2 : le modèle d'Atseret un taureau, deux béliers, sept agneaux en olot, contre deux agneaux en chelamim argument 2 : le modèle des Nessiim deux taureaux, cinq béliers, cinq boucs, cinq agneaux en chelamim, contre trois bêtes en olot réponse de Beit Hillel Atseret est un sacrifice public : on en déduit pas un sacrifice individuel réponse de Beit Chammaï les Nessiim sont un cas ponctuel : on en déduit pas une règle des générations Le point de bascule tout se joue sur la nature de l'holocauste offert au Sinaï avant le don de la Torah
Les deux arguments de chaque maison et la réponse que l'autre leur oppose.
12
וּבֵית שַׁמַּאי, מַאי טַעְמָא לָא אָמְרִי כְּבֵית הִלֵּל? דְּקָאָמְרַתְּ: חֲגִיגָה עֲדִיפָא — דְּיֶשְׁנָהּ לִפְנֵי הַדִּיבּוּר, רְאִייָּה נָמֵי יֶשְׁנָהּ לִפְנֵי הַדִּיבּוּר.

Et Beit Chammaï, quelle est leur raison de ne pas dire comme Beit Hillel ? Ce que tu as dit : la haguiga l'emporte, puisqu'elle existait avant le Dibour — la ré'iyah aussi existait avant le Dibour.

📜 Rachi (1)
רְאִייָּה נָמֵי יֶשְׁנָהּ לִפְנֵי הַדִּיבּוּר דְּעוֹלָה נָמֵי הֲוָה הָתָם:
« La ré'iyah aussi existait avant le Dibour » — car il y avait là aussi un holocauste.
💡 Explication

Beit Chammaï attaquent la première prémisse de Beit Hillel. Le même verset qui mentionne les chelamim du Sinaï mentionne aussi des holocaustes ; si ces holocaustes étaient des olot ré'iyah, l'antériorité vaut pour les deux sacrifices et cesse de départager.

13
וּדְקָאָמְרַתְּ: נֵילַף מִנְּשִׂיאִים — דָּנִין דָּבָר הַנּוֹהֵג לְדוֹרוֹת מִדָּבָר הַנּוֹהֵג לְדוֹרוֹת, וְאֵין דָּנִין דָּבָר הַנּוֹהֵג לְדוֹרוֹת מִדָּבָר שֶׁאֵינוֹ נוֹהֵג לְדוֹרוֹת.

Et ce que tu as dit : déduisons des Nessiim — on déduit une chose qui vaut pour les générations d'une chose qui vaut pour les générations, et l'on ne déduit pas une chose qui vaut pour les générations d'une chose qui ne vaut pas pour les générations.

📜 Rachi (1)
מִדָּבָר הַנּוֹהֵג לְדוֹרוֹת כִּבְשֵׂי עֲצֶרֶת:
« D'une chose qui vaut pour les générations » — les agneaux d'Atseret.
🗂️ Tossefot (1)
דָּנִין דָּבָר הַנּוֹהֵג לְדוֹרוֹת. וְלָא בָּעֵי לְמֵימַר דָּנִין יו"ט מיו"ט לְאַפּוֹקֵי נְשִׂיאִים דְּחוֹל הָוֵי דְּלָא מָצִינוּ לֵיהּ הַאי חִילּוּקָא בְּשׁוּם מָקוֹם אע"ג דִּלְקַמָּן פֶּרֶק חֹומֶר בַּקֹּודֶשׁ (חֲגִיגָה דַּף כג: וְשָׁם) יָלְפִינַן צֵירוּף כַּף אַחַת הַכָּתוּב עָשָׂה כָּל מַה שֶּׁבַּכַּף אַחַת וְלָא פָּרְכִינַן דּוֹרוֹת מִשָּׁעָה לָא יָלְפִינַן דְּהָתָם כֵּיוָן דְּלֵיכָּא לְמֵלְפֵי מִדּוֹרוֹת יָלְפִינַן לֵיהּ שַׁפִּיר מִשָּׁעָה אִי נָמֵי שָׁאנֵי הָתָם דְּתָנֵי בֵּיהּ קְרָא תְּרֵיסַר זִימְנֵי כִּדְאָמְרִינַן בפ"ק דִּמְנָחוֹת (דַּף ח:) וּבְפֶרֶק הַקּוֹמֵץ רַבָּה (מְנָחוֹת דַּף יט:) גַּבֵּי כְּלִי הַלַּח מְקַדֵּשׁ הַלַּח וְיָלֵיף שְׁמוּאֵל דּוֹרוֹת מִשָּׁעָה דְּתָנֵי בֵּיהּ קְרָא תְּרֵיסַר זִימְנֵי:
« On déduit une chose qui vaut pour les générations. » La Guemara n'a pas voulu dire : on déduit un jour de fête d'un jour de fête, ce qui écarterait les Nessiim, dont l'offrande eut lieu un jour ouvrable, parce que nous ne trouvons cette distinction en aucun endroit. Et bien que plus loin, au chapitre Homer ba-kodech (Haguiga 23b), on déduise la réunion [des aliments] de « une coupe » — le texte a fait de tout ce qui se trouve dans une coupe un seul ensemble — sans qu'on objecte qu'on ne déduit pas les générations d'un cas ponctuel, la raison en est que là-bas, faute de pouvoir déduire d'un cas valable pour les générations, on le déduit à bon droit d'un cas ponctuel. Ou bien encore : là-bas c'est différent, car le verset le répète douze fois, comme nous le disons au premier chapitre de Menahot (8b) ; et au chapitre Ha-kometz rabba (Menahot 19b), au sujet du récipient pour les liquides qui sanctifie les liquides, Chemouel déduit les générations d'un cas ponctuel, car le verset le répète douze fois.
💡 Explication

Beit Chammaï opposent une règle de dérivation concurrente de celle de Beit Hillel. Les offrandes des Nessiim furent un événement unique lié à l'inauguration du Michkan : un dvar ha-noheg le-cha'a, valable pour une heure. Les sacrifices de Chavouot, eux, se répètent chaque année : un dvar ha-noheg le-dorot.

Les deux maisons s'accordent donc sur l'existence d'une règle de comparaison et divergent sur le critère de pertinence : la catégorie du sacrifice pour Beit Hillel, sa permanence dans le temps pour Beit Chammaï.

14
וּבֵית הִלֵּל, מַאי שְׁנָא חֲגִיגָה דְּיֶשְׁנָהּ לִפְנֵי הַדִּיבּוּר, דִּכְתִיב: ״וַיִּזְבְּחוּ זְבָחִים שְׁלָמִים״, רְאִייָּה נָמֵי, הַכְּתִיב: ״וַיַּעֲלוּ עוֹלוֹת״!

Et selon Beit Hillel, qu'est-ce qui distingue la haguiga, dont ils disent qu'elle existait avant le Dibour puisqu'il est écrit « et ils sacrifièrent des taureaux en sacrifices de chelamim » ? La ré'iyah aussi : n'est-il pas écrit « et ils firent monter des holocaustes » !

💡 Explication

La Guemara met à nu la difficulté du système de Beit Hillel. Les deux moitiés de Chemot 24,5 se tiennent : le verset mentionne dans la même phrase des holocaustes et des chelamim. Si la seconde moitié prouve l'antériorité de la haguiga, la première devrait prouver celle de la ré'iyah.

15
קָסָבְרִי בֵּית הִלֵּל: עוֹלָה שֶׁהִקְרִיבוּ יִשְׂרָאֵל בַּמִּדְבָּר — עוֹלַת תָּמִיד הֲוַאי. וּבֵית שַׁמַּאי סָבְרִי: עוֹלָה שֶׁהִקְרִיבוּ יִשְׂרָאֵל בַּמִּדְבָּר — עוֹלַת רְאִיָּיה הֲוַאי.

Beit Hillel tiennent : l'holocauste qu'Israël a offert au désert était un olat tamid. Et Beit Chammaï tiennent : l'holocauste qu'Israël a offert au désert était un olat ré'iyah.

📜 Rachi (2)
עוֹלַת תָּמִיד הֲוַאי חוֹבַת כָּל יוֹם וְיוֹם וְלָא גָּמְרִינַן מִינָּהּ:
« C'était un olat tamid » — l'obligation de chaque jour, et l'on n'en déduit rien.
עוֹלַת רְאִיָּיה הֲוַאי עַל שֵׁם וַיֶּחֱזוּ אֶת הָאֱ-לֹהִים:
« C'était un olat ré'iyah » — d'après le verset « et ils virent D.ieu » (Chemot 24,11).
💡 Explication

La réponse porte sur l'identification de l'holocauste du Sinaï. Pour Beit Hillel, c'était l'olat tamid, l'holocauste quotidien : un sacrifice public, qui n'apprend rien sur l'ancienneté d'un sacrifice individuel comme la ré'iyah.

Pour Beit Chammaï, c'était un olat ré'iyah. Rachi rattache cette lecture au verset « et ils virent D.ieu » (Chemot 24,11) : la vision accordée au Sinaï est de la même nature que la ré'iyah du Temple, et l'holocauste qui l'accompagne porte le même nom.

16
אָמַר אַבַּיֵּי: בֵּית שַׁמַּאי, וְרַבִּי אֶלְעָזָר, וְרַבִּי יִשְׁמָעֵאל, כּוּלְּהוּ סְבִירָא לְהוּ: עוֹלָה שֶׁהִקְרִיבוּ יִשְׂרָאֵל בַּמִּדְבָּר — עוֹלַת רְאִייָּה הֲוַאי. וּבֵית הִלֵּל, וְרַבִּי עֲקִיבָא, וְרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי, כּוּלְּהוּ סְבִירָא לְהוּ: עוֹלָה שֶׁהִקְרִיבוּ יִשְׂרָאֵל בַּמִּדְבָּר — עוֹלַת תָּמִיד הֲוַאי.

Abaye dit : Beit Chammaï, Rabbi Elazar et Rabbi Yichmael tiennent tous que l'holocauste qu'Israël a offert au désert était un olat ré'iyah. Et Beit Hillel, Rabbi Akiva et Rabbi Yossi haGlili tiennent tous que l'holocauste qu'Israël a offert au désert était un olat tamid.

🗂️ Tossefot (1)
וְרַבִּי יִשְׁמָעֵאל וְרַבִּי אֶלְעָזָר וְכוּ'. וְאֵין לְהַקְשׁוֹת וְשָׁבְקִי ב"ה וְעָבְדִי כב"ש הֲלֹא ב"ש בִּמְקוֹם בֵּית הִלֵּל אֵינוֹ מִשְׁנָה וי"ל דִּסְבִירָא לְהוּ לֹא נֶחְלְקוּ בֵּית שַׁמַּאי וב"ה בְּדָבָר זֶה:
« Et Rabbi Yichmael et Rabbi Elazar, etc. » Il n'y a pas lieu d'objecter : auraient-ils laissé Beit Hillel pour agir comme Beit Chammaï, alors que Beit Chammaï en regard de Beit Hillel ne fait pas autorité ? On peut répondre qu'ils tiennent que Beit Chammaï et Beit Hillel ne sont pas en désaccord sur ce point.
💡 Explication

Abaye élargit la question au-delà de la mahloket sur le prix des sacrifices et répartit six positions tannaïtiques en deux camps. Le folio suivant établira pour chacun la source de son opinion.

Tossefot relève la difficulté de méthode : ranger des tannaïm postérieurs du côté de Beit Chammaï reviendrait à suivre un avis écarté. Sa réponse consiste à dire que ces tannaïm tiennent les deux maisons pour d'accord sur ce point précis.

🖼️ Schéma
Chemot 24,5 : quels sacrifices a-t-on offerts au Sinaï ? et ils firent monter des holocaustes et sacrifièrent des taureaux en chelamim les chelamim : lecture commune la haguiga existait avant le Dibour, les deux maisons l'admettent les holocaustes : deux lectures de quel holocauste le verset parle-t-il ? c'est là que les maisons se séparent olat tamid un sacrifice public, obligation de chaque jour on n'en tire donc rien pour la ré'iyah Beit Hillel Rabbi Akiva Rabbi Yossi haGlili olat ré'iyah un sacrifice individuel, d'après le verset et ils virent D.ieu (Chemot 24,11) Beit Chammaï Rabbi Elazar Rabbi Yichmael si la ré'iyah existait déjà au Sinaï, l'argument de Beit Hillel tombe
Les deux lectures de l'holocauste du Sinaï et les tannaïm que chacune réunit.
17
בֵּית שַׁמַּאי — הָא דַּאֲמָרָן. רַבִּי יִשְׁמָעֵאל — דְּתַנְיָא, רַבִּי יִשְׁמָעֵאל אוֹמֵר: כְּלָלוּת נֶאֶמְרוּ בְּסִינַי,

Beit Chammaï — c'est ce que nous avons dit. Rabbi Yichmael — comme il est enseigné : Rabbi Yichmael dit : des énoncés généraux ont été dits au Sinaï,

📜 Rachi (1)
כְּלָלוּת נֶאֶמְרוּ בְּסִינַי הַרְבֵּה דְּבָרִים נֶאֶמְרוּ סְתוּמִים בְּסִינַי שֶׁלֹּא נִתְפָּרְשׁוּ כָּל צָרְכָן וּפֵירְשׁוּ לוֹ לְאַחַר שֶׁהוּקַם הַמִּשְׁכָּן בְּאֹהֶל מוֹעֵד שֶׁהֲרֵי לֹא נִתְפָּרְשׁוּ שָׁם הִלְכוֹת עֲבוֹדָה כְּכָל הַצָּרִיךְ אֶלָּא מִזְבַּח אֲדָמָה תַּעֲשֶׂה לִּי וְזָבַחְתָּ עָלָיו אֶת עֹולֹותֶיךָ וְאֶת שְׁלָמֶיךָ (שְׁמוֹת כ׳:כ״א) וְלֹא פִּי' מַתַּן דְּמֵיהֶן הֶפְשֵׁיטָן וְנִיתּוּחָן שֶׁל עוֹלוֹת וְהַקְרָבַת אֵימוּרִין שֶׁל שְׁלָמִים:
« Des énoncés généraux ont été dits au Sinaï » — beaucoup de choses ont été dites au Sinaï de manière close, sans être précisées autant qu'il le fallait, et elles lui ont été explicitées après que le Michkan eut été dressé, dans la Tente d'assignation. Car les lois du service n'ont pas été précisées là-bas autant qu'il le fallait ; il y avait seulement « tu me feras un autel de terre... et tu y sacrifieras tes holocaustes et tes chelamim » (Chemot 20,21), sans que soient précisés l'aspersion de leur sang, l'écorchement et le découpage des holocaustes, ni l'offrande des parties grasses des chelamim.
🗂️ Tossefot (1)
בֵּית שַׁמַּאי הָא דַּאֲמַרַן. וְלֵיכָּא לְאַקְשׁוֹיֵי מְנָא לֵיהּ דְּאִית לְהוּ עוֹלַת רְאִייָּה הֲוַאי דִּלְמָא לְעוֹלָם סְבִירָא לְהוּ עוֹלַת תָּמִיד וְטַעֲמָא דִּידְהוּ עָדִיף לְהוּ דְּהָכִי מַשְׁמַע מִדְּבָעֵי מַאי טַעְמָא לָא אָמַר בֵּית הִלֵּל כְּוָותַייְהוּ הַאי לָאו מִילְּתָא הִיא דְּמִיבַּעְיָא לֵיהּ אַמַּאי לָא קָאָמְרִי בֵּית הִלֵּל עוֹלַת רְאִיָּיה כְּבֵית שַׁמַּאי:
« Beit Chammaï, c'est ce que nous avons dit. » Il n'y a pas lieu d'objecter : d'où sait-il qu'ils tiennent que c'était un olat ré'iyah ? Peut-être tiennent-ils en vérité que c'était un olat tamid, et leur propre raison leur paraissait préférable — car c'est ce qui ressort de ce que la Guemara demande : quelle est la raison pour laquelle Beit Hillel ne disent pas comme eux ? Cette objection n'a pas lieu d'être, car ce que la Guemara demande, c'est pourquoi Beit Hillel ne disent pas « olat ré'iyah » comme Beit Chammaï.
💡 Explication

La Guemara commence à justifier chaque nom de la liste d'Abaye. Pour Beit Chammaï, la preuve a déjà été donnée plus haut.

Pour Rabbi Yichmael, elle repose sur sa thèse bien connue : au Sinaï, la Torah a été transmise par kelalot, des énoncés généraux, dont le détail a été précisé plus tard à l'Ohel Moed. La phrase s'interrompt ici et se poursuit en 6b.

✉ Signaler une erreur de traduction

Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).