Chullin 105a โ€” essuyer ou rincer la bouche entre viande et fromage, l'attente, et les eaux du repas

Chullin 105a

Sougya : Le daf clรดt la mahloket de Beit Chammai et Beit Hillel sur ce qu'il faut faire de la bouche aprรจs la viande avant le fromage : trois lectures sont essayรฉes (essuyer / rincer / les deux), la Guemara retenant que les deux Maisons ne divergent pas โ€” il faut essuyer (kinouach) et rincer (hadacha). Suit le propos de Rabbi Zeira (on n'essuie qu'avec du pain de froment, froid et tendre) et la halakha finale.

Rabbi Yo'hanan prรฉcise qu'il n'y a aucun dรฉlai ร  observer du fromage vers la viande, et Rav Hisda enseigne l'asymรฉtrie : aprรจs la viande on n'enchaรฎne pas le fromage (le gras colle et prolonge le goรปt), mais aprรจs le fromage on peut manger la viande ; la viande coincรฉe entre les dents reste 'viande' (verset des Nombres). Mar Ukva et Chmouel se disent 'vinaigre fils de vin' face ร  leur pรจre โ€” l'un pour l'attente entre viande et fromage, l'autre pour l'inspection quotidienne de ses biens (d'oรน les rรฉcits d'Abaye et de Rav Assi).

Enfin la sougya passe aux eaux du repas : Rav Idi bar Avin enseigne que les premiรจres eaux sont une mitsva et les derniรจres une obligation, et une braita dรฉtaille leur statut, leur rรฉcipient et leur tempรฉrature (le texte s'interrompant ร  la fin du daf).

Kinouach (essuyer) et hadacha (rincer) : les trois lectures de la mahloket aprรจs la viande, avant le fromage : que faut-il faire de la bouche ? Beit Chammai Beit Hillel Lecture 1 essuie, pas besoin de rincer (l'essuyage vaut mieux) rince, pas besoin d'essuyer รฉcartรฉe : alors R. Zeira suivrait Beit Chammai Lecture 2 essuie seulement essuie ET rince (les deux) รฉcartรฉe : ce serait une indulgence de B.Ch. non listรฉe dans Edouyot Lecture 3 (retenue) essuie, et de mรชme rince rince, et de mรชme essuie ils ne divergent pas
Les trois lectures de la mahloket (segments 0-2) : la Guemara รฉcarte les deux premiรจres et conclut que Beit Chammai et Beit Hillel exigent l'un et l'autre essuyage ET rinรงage.
Aprรจs la viande, aprรจs le fromage : l'ordre n'est pas symรฉtrique Viande -> fromage INTERDIT de manger le fromage aussitรดt (Rav Hisda) la viande laisse du gras qui colle ร  la bouche et prolonge son goรปt Fromage -> viande PERMIS de manger la viande aussitรดt verset : 'la viande รฉtait encore entre leurs dents' -> reste = viande
L'asymรฉtrie de Rav Hisda (segments 5-7) : interdit d'enchaรฎner fromage aprรจs viande, permis d'enchaรฎner viande aprรจs fromage.
Les eaux du repas : statut, rรฉcipient, tempรฉrature Premiรจres eaux mayim rishonim avant le pain mitsva rรฉcipient OU sur le sol chaude ou froide Eaux du milieu emtzaiim entre les plats facultatif (rechout) Derniรจres eaux mayim acharonim avant le birkat obligation (hova) rรฉcipient seulement froide seulement (la chaude amollit la main)
Les eaux du repas (segments 12-16) : statut (mitsva / facultatif / obligation), rรฉcipient et tempรฉrature de chaque rinรงage des mains.
1
ืื™ืœื™ืžื ื‘ื™ืช ืฉืžืื™ ืื•ืžืจื™ื: ืžืงื ื— ื•ืœื ื‘ืขื™ ืžื“ื™ื—, ื•ื‘ื™ืช ื”ืœืœ ืื•ืžืจื™ื: ืžื“ื™ื— ื•ืœื ื‘ืขื™ ืžืงื ื—. ืืœื ื”ื ื“ืืžืจ ืจื‘ื™ ื–ื™ืจื: ืื™ืŸ ืงื™ื ื•ื— ืคื” ืืœื ื‘ืคืช, ื›ืžืืŸ? ื›ื‘ื™ืช ืฉืžืื™!

Si l'on dit [que la mahloket est ainsi] : Beit Chammai disent : il essuie (mekane'ah) et n'a pas besoin de rincer (madiah), et Beit Hillel disent : il rince et n'a pas besoin d'essuyer โ€” mais alors ce qu'a dit Rabbi Zeira : 'l'essuyage de la bouche ne [se fait] qu'avec du pain', selon qui [est-ce] ? Selon Beit Chammai !

๐Ÿ“œ Rachi (6)
ืื™ืœื™ืžื ื‘ื™ืช ืฉืžืื™ ืื•ืžืจื™ื ืžืงื ื— ืคื™ื•:
sa bouche.
ื•ืœื ืžื“ื™ื— ื‘ืžื™ื ืฉื”ืงื™ื ื•ื— ื™ืคื” ืžืŸ ื”ื”ื“ื—ื” ื•ืœื ื”ื•ื–ื›ืจื” ื›ืืŸ ื”ื“ื—ื”:
ร  l'eau, car l'essuyage vaut mieux que le rinรงage ; et le rinรงage n'a pas รฉtรฉ mentionnรฉ ici.
ื•ื‘ื™ืช ื”ืœืœ ืื•ืžืจื™ื ืžื“ื™ื— ื•ืœื ื‘ืขื™ ืงื™ื ื•ื— ื“ืœื ืกื’ื™ ืœื™ื” ื‘ืงื™ื ื•ื— ืืœื ืžื“ื™ื— ื‘ืžื™ื ื•ื”ื•ื ืขื™ืงืจ ื•ืื™ืŸ ืฆืจื™ืš ืงื™ื ื•ื—:
car l'essuyage ne lui suffit pas, mais il rince ร  l'eau, et c'[est] l'essentiel, et il n'a pas besoin d'essuyer.
ืื™ืŸ ืงื™ื ื•ื— ืคื” ืœื”ื›ืฉื™ืจ ืœืื›ื•ืœ ื‘ืฉืจ ืื—ืจ ื’ื‘ื™ื ื”:
pour [se] rendre apte ร  manger de la viande aprรจs du fromage.
ืืœื ืื ื›ืŸ ืงื ื—ื• ื‘ืคืช ื“ืงื™ื ื•ื— ื”ืคืช ืฉืื•ื›ืœ ื”ืคืช ื‘ื™ื ืชื™ื ื”ื™ื ื™ืคื”:
si donc il [l']a essuyรฉ avec du pain โ€” car l'essuyage du pain, lorsqu'on mange le pain entre-temps, vaut [bien].
ื ื™ืžื ื‘ื™ืช ืฉืžืื™ ื”ื™ื ื“ืื™ ื‘ื™ืช ื”ืœืœ ื”ื“ื—ื” ื‘ืขื™ ื•ืœื ื”ื•ื–ื›ืจ ืงื™ื ื•ื—:
car, si [c'รฉtait] Beit Hillel, il exige le rinรงage, et l'essuyage n'a pas รฉtรฉ mentionnรฉ [par eux].
๐Ÿ—‚๏ธ Tossefot (1)
ืื™ืœื™ืžื ื‘"ืฉ ืื•ืžืจื™ื ืžืงื ื— ื•ืœื ื‘ืขื™ ืžื“ื™ื— ืคื™ืจืฉ ื‘ืงื•ื ื˜ืจืก ืฉื”ืงื™ื ื•ื— ื™ืคื” ืžืŸ ื”ื”ื“ื—ื” ื•ืœื ื”ื•ื–ื›ืจ ื›ืืŸ ื”ื“ื—ื” ื•ื‘"ื” ืื•ืžืจื™ื ืžื“ื™ื— ื•ืœื ื‘ืขื™ ืžืงื ื— ื•ืœื ืกื’ื™ ืœื™ื” ื‘ืงื™ื ื•ื— ืืœื ืžื“ื™ื— ื‘ืžื™ื ื•ื”ื•ื ืขื™ืงืจ ื•ืื™ื ื• ืฆืจื™ืš ืงื™ื ื•ื— ื•ืงืฉื” ืœืคื™ืจื•ืฉื• ื“ืœื ื”ื•ื” ืœื™ื” ืœืžื™ืžืจ ื•ืœื ื‘ืขื™ ืืœื ืžืงื ื— ื•ืœื ืžื“ื™ื— ืžื“ื™ื— ื•ืœื ืžืงื ื— ื•ืขื•ื“ ืืžืื™ ื“ื—ื™ืง ืœืืกื•ืงื™ ื“ืœื ืคืœื™ื’ื™ ืœื™ืžื ื“ืœื‘ื™ืช ืฉืžืื™ ืขื“ื™ืฃ ืงื™ื ื•ื— ื•ื‘ื™ืช ื”ืœืœ ืกื‘ืจื™ ื“ืืฃ ื‘ื”ื“ื—ื” ืœื—ื•ื“ื™ื” ืกื’ื™ ื›ืžื• ื‘ืงื™ื ื•ื— ืœื—ื•ื“ื™ื” ืœื›ืŸ ื ืจืื” ื“ืคืฉื™ื˜ื ืœื™ื” ืœืžืกื“ืจ ื”ืฉ"ืก ื“ื”ื“ื—ื” ืขื“ื™ืฃ ืžืงื™ื ื•ื— ื•ื”ื›ื™ ืคื™ืจื•ืฉื ื‘ื™ืช ืฉืžืื™ ืกื‘ืจื™ ืžืงื ื— ื•ืœื ื‘ืขื™ ืžื“ื™ื— ื›ืœื•ืžืจ ื‘ืงื™ื ื•ื— ืกื’ื™ ืืข"ื’ ื“ื’ืจืข ื•ืœื ื‘ืขื™ ืžื“ื™ื— ื“ืขื“ื™ืฃ ื•ื‘"ื” ืกื‘ืจื™ ืžื“ื™ื— ืœื—ื•ื“ื™ื” ื‘ืขื™ื ืŸ ื•ื”ืฉืชื ื”ื•ื” ืœื™ื” ืœืžื™ืžืจ ื•ืœื ืกื’ื™ ื‘ืžืงื ื— ื“ื’ืจืข ืืœื ืื™ื™ื“ื™ ื“ื ืงื˜ ืœื‘"ืฉ ื•ืœื ื‘ืขื™ ื ืงื˜ ื ืžื™ ืœื‘ื™ืช ื”ืœืœ ื•ื”ืฉืชื ื”ื•ื” ืœื™ื” ืœืžื™ืคืจืš ืื ื›ืŸ ื”ื•ื” ืœื™ื” ืžืงื•ืœื™ ื‘ื™ืช ืฉืžืื™ ื•ืžื—ื•ืžืจื™ ื‘"ื” ืืœื ื“ืื™ืช ืœื™ื” ืคื™ืจื›ื ืื—ืจื™ืชื™ ื•ืœื ืžืฆื™ ืœืฉื ื•ื™ื™ ื“ื‘ื™ืช ืฉืžืื™ ืชืจืชื™ ื‘ืขื™ ื•ื ืงื˜ ืžืงื ื— ื•ื”ื•ื ื”ื“ื™ืŸ ื“ื‘ืขื™ ืžื“ื™ื— ื‘ื”ื“ื™ื” ื•ื‘ื™ืช ื”ืœืœ ืกื‘ืจื™ ื“ืกื’ื™ ื‘ื—ื“ ืื• ืžื“ื™ื— ืื• ืžืงื ื— ื“ืื ื›ืŸ ื”ื•ื• ืœื”ื• ืœื‘ื™ืช ื”ืœืœ ืœืžื™ื ืงื˜ ืžืงื ื— ื“ื”ื•ื™ ืจื‘ื•ืชื ื˜ืคื™ ื“ื’ืจืข ืžืžื“ื™ื—:
Beit Chammai disent : il essuie et n'a pas besoin de rincer โ€” [Rachi] a expliquรฉ dans son commentaire que l'essuyage vaut mieux que le rinรงage et que le rinรงage n'a pas รฉtรฉ mentionnรฉ ici ; et Beit Hillel disent : il rince et n'a pas besoin d'essuyer, car l'essuyage ne lui suffit pas, mais il rince ร  l'eau, et c'est l'essentiel, et il n'a pas besoin d'essuyer. Et [cela] fait difficultรฉ pour son explication : car il n'aurait pas fallu dire 'et n'a pas besoin', mais [seulement] 'il essuie et ne rince pas', 'il rince et n'essuie pas'. De plus, pourquoi se contraindre ร  conclure qu'ils ne divergent pas ? Qu'il dise [plutรดt] que, pour Beit Chammai, l'essuyage [est] prรฉfรฉrable, et que Beit Hillel tiennent que le rinรงage seul aussi suffit, comme l'essuyage seul ! C'est pourquoi il paraรฎt [prรฉfรฉrable] de dire qu'il รฉtait รฉvident pour l'auteur de l'ordonnancement du Talmud (mesader ha-chass) que le rinรงage vaut mieux que l'essuyage, et voici l'explication : Beit Chammai tiennent qu'il essuie et n'a pas besoin de rincer, c'est-ร -dire que l'essuyage suffit bien qu'il [soit] infรฉrieur, et qu'il n'a pas besoin de rincer, [le rinรงage] qui [est] prรฉfรฉrable ; et Beit Hillel tiennent que le rinรงage seul est requis. Et alors il aurait fallu dire 'et l'essuyage ne suffit pas, car il [est] infรฉrieur', si ce n'est qu'ayant employรฉ 'et n'a pas besoin' pour Beit Chammai, il [l']a aussi employรฉ pour Beit Hillel. Et alors il aurait fallu objecter : s'il en est ainsi, c'[est] une indulgence de Beit Chammai et une rigueur de Beit Hillel โ€” sinon qu'il y a une autre objection [ร  faire] ; et l'on ne peut rรฉpondre que Beit Chammai exigent les deux et qu'[on] a pris [l']essuyage [par exemple], et qu'il en va de mรชme [qu'il faut aussi] rincer avec, et que Beit Hillel tiennent que l'un [suffit], soit rincer soit essuyer โ€” car, s'il en รฉtait ainsi, Beit Hillel auraient dรป prendre 'essuyer', ce qui [aurait รฉtรฉ] un enseignement plus fort, [l'essuyage] รฉtant infรฉrieur au rinรงage.
๐Ÿ’ก Explication

La sougya cherche le sens de la mahloket sur ce qu'il faut faire de la bouche aprรจs la viande avant le fromage. Kinouach (essuyer avec un aliment solide) et hadacha (rincer ร  l'eau). Premiรจre lecture : Beit Chammai exigent l'essuyage seul, Beit Hillel le rinรงage seul. Objection : Rabbi Zeira (qui dit qu'on n'essuie qu'avec du pain) ne parlerait alors que selon Beit Chammai โ€” or on ne suit pas Beit Chammai contre Beit Hillel.

2
ืืœื, ื‘ื™ืช ืฉืžืื™ ืื•ืžืจื™ื: ืžืงื ื— ื•ืœื ื‘ืขื™ ืžื“ื™ื—, ื•ื‘ื™ืช ื”ืœืœ ืื•ืžืจื™ื: ืืฃ ืžื“ื™ื—. ื”ื•ื™ ืœื™ื” ืžืงื•ืœื™ ื‘ื™ืช ืฉืžืื™ ื•ืžื—ื•ืžืจื™ ื‘ื™ืช ื”ืœืœ, ื•ืœืชื ื™ื™ื” ื’ื‘ื™ ืงื•ืœื™ ื‘ื™ืช ืฉืžืื™ ื•ื—ื•ืžืจื™ ื‘ื™ืช ื”ืœืœ!

Plutรดt, [on dira que] Beit Chammai disent : il essuie et n'a pas besoin de rincer, et Beit Hillel disent : il rince aussi (af madiach). [Mais alors] c'[est] une indulgence de Beit Chammai et une rigueur de Beit Hillel โ€” et qu'on l'enseigne [donc] parmi les indulgences de Beit Chammai et les rigueurs de Beit Hillel [dans le traitรฉ Edouyot] !

๐Ÿ“œ Rachi (2)
ืืฃ ืžื“ื™ื— ืชืจื•ื™ื™ื”ื• ื‘ืขื™ื ืŸ ื•ืงืืžืจ ืจื‘ื™ ื–ื™ืจื ื“ืงื™ื ื•ื— ื‘ื™ืŸ ืœืžืจ ื•ื‘ื™ืŸ ืœืžืจ ื‘ืคืช ื”ื•ื:
[les] deux sont requis, et Rabbi Zeira dit que l'essuyage, tant pour l'un [Maรฎtre] que pour l'autre, [se fait] avec du pain.
ื•ืœื™ืชื ื™ื™ื” ื‘ืžืกื›ืช ืขื“ื™ื•ืช (ืค"ื“ ื•ืค"ื”) ืฉื›ืœ ืงื•ืœื™ ื‘"ืฉ ื•ื—ื•ืžืจื™ ื‘"ื” ื ืฉื ื• ืฉื:
dans le traitรฉ Edouyot (ch. 4 et 5), oรน toutes les indulgences de Beit Chammai et rigueurs de Beit Hillel ont รฉtรฉ enseignรฉes.
๐Ÿ’ก Explication

Deuxiรจme lecture : Beit Chammai exigent l'essuyage seul, Beit Hillel exigent en outre le rinรงage (les deux). Objection : ce serait alors un cas oรน Beit Chammai sont indulgents et Beit Hillel rigoureux โ€” or de tels cas sont recensรฉs dans le traitรฉ Edouyot, et celui-ci n'y figure pas.

3
ืืœื, ื‘ื™ืช ืฉืžืื™ ืื•ืžืจื™ื: ืžืงื ื—, ื•ื”ื•ื ื”ื“ื™ืŸ ืœืžื“ื™ื—, ื•ื‘ื™ืช ื”ืœืœ ืื•ืžืจื™ื: ืžื“ื™ื—, ื•ื”ื•ื ื”ื“ื™ืŸ ืœืžืงื ื—. ืžืจ ืืžืจ ื—ื“ื, ื•ืžืจ ืืžืจ ื—ื“ื, ื•ืœื ืคืœื™ื’ื™.

Plutรดt, [on dira que] Beit Chammai disent : il essuie, et de mรชme [il faut] rincer, et Beit Hillel disent : il rince, et de mรชme [il faut] essuyer. [Un] Maรฎtre a รฉnoncรฉ une chose et [l'autre] Maรฎtre a รฉnoncรฉ une chose, et ils ne divergent pas.

๐Ÿ“œ Rachi (1)
ื•ื”ื•ื ื”ื“ื™ืŸ ื“ืชืจื•ื•ื™ื™ื”ื• ื‘ืขื™ื ืŸ:
[les] deux sont requis.
๐Ÿ—‚๏ธ Tossefot (1)
ืžืงื ื— ื•ื”"ื” ืœืžื“ื™ื— ืชืจื•ื•ื™ื™ื”ื• ื‘ืขื™ื ืŸ ื›ื“ืคื™' ื‘ืงื•ื ื˜' ื•ื›"ืค ืจ"ื—:
il essuie, et de mรชme [il faut] rincer โ€” [les] deux sont requis, comme [Rachi l']a expliquรฉ dans son commentaire ; et ainsi a expliquรฉ Rabbenou Hananel.
๐Ÿ’ก Explication

Lecture retenue : chacune des deux Maisons mentionne une des deux opรฉrations, mais l'autre est sous-entendue. Beit Chammai disent 'essuie' (et de mรชme rince), Beit Hillel disent 'rince' (et de mรชme essuie). Les deux ne divergent pas : il faut ร  la fois essuyer et rincer.

4
ื’ื•ืคื, ืืžืจ ืจื‘ื™ ื–ื™ืจื: ืื™ืŸ ืงื™ื ื•ื— ื”ืคื” ืืœื ื‘ืคืช. ื•ื”ื ื™ ืžื™ืœื™ ื‘ื“ื—ื™ื˜ื™, ืื‘ืœ ื‘ื“ืฉืขืจื™ โ€“ ืœื.

[Revenant] au corps [du propos] : Rabbi Zeira a dit : l'essuyage de la bouche ne [se fait] qu'avec du pain. Et ces paroles[-ci valent] pour [du pain] de froment (hittei), mais pour [du pain] d'orge (se'orei) โ€” non.

๐Ÿ“œ Rachi (1)
ื‘ื“ืฉืขืจื™ ืœื ืžืคื ื™ ืฉืžืชืคืจืจ ื‘ืชื•ืš ื”ืคื” ื•ืื™ื ื• ื ืงืฉืจ ื™ื—ื“ ื›ืฉืœื•ืขืกื• ืœืคื™ื›ืš ืื™ื ื• ืžืงื ื—:
parce qu'il s'รฉmiette dans la bouche et ne se lie pas ensemble lorsqu'on le mรขche ; c'est pourquoi il n'essuie pas.
๐Ÿ’ก Explication

La Guemara reprend le dictum lui-mรชme. Rabbi Zeira : on n'essuie efficacement la bouche qu'avec du pain โ€” et seulement du pain de froment, non d'orge (qui s'รฉmiette dans la bouche au lieu de nettoyer).

5
ื•ื“ื—ื™ื˜ื™ ื ืžื™ ืœื ืืžืจืŸ, ืืœื ื‘ืงืจื™ืจื, ืื‘ืœ ื‘ื—ืžื™ืžื โ€“ ืžืฉื˜ืจ ืฉื˜ืจื™. ื•ื”ื ื™ ืžื™ืœื™ ื‘ืจื›ื™ื›ื, ืื‘ืœ ื‘ืืงื•ืฉื โ€“ ืœื. ื•ื”ืœื›ืชื ื‘ื›ืœ ืžื™ืœื™ ื”ื•ื™ ืงื™ื ื•ื—, ืœื‘ืจ ืžืงืžื—ื, ืชืžืจื™ ื•ื™ืจืงื.

Et pour [le pain] de froment aussi, nous n'avons dit [cela] que pour [du pain] froid, mais pour [du pain] chaud โ€” il s'amollit (mechtar chatrei). Et ces paroles[-ci valent] pour [du pain] tendre (rekhikha), mais pour [du pain] dur (akoucha) โ€” non.

Et la halakha [est] que toute chose constitue [un] essuyage, hormis la farine, les dattes et le lรฉgume.

๐Ÿ“œ Rachi (3)
ืฉื˜ืจ ื ืขืฉื” ืจืš ื•ื ื“ื‘ืง ื‘ื—ื™ืš. ื•ื“ื•ื’ืžืชื• ื‘ื”ืฉื•ื›ืจ (ื‘"ืž ื“ืฃ ืคื”:) ืืฉื˜ืจ ืžื™ืฉื˜ืจ ืชื—ื‘ื•ืฉืช ืขืœ ื”ืขื™ืŸ:
il devient mou et se colle au palais. Et son pareil [se trouve] dans [le chapitre] Ha-Sokher (Baba Metsia 85b) : 'achtar michtar' [il appliqua] un emplรขtre sur l'ล“il.
ืืงื•ืฉื ืงืฉื” ื™ื•ืชืจ ืžื“ืื™ ื•ื’ื ื”ื•ื ืžืชืคืจืจ ื‘ืชื•ืš ื”ืคื” ื›ืฉืœ ืฉืขื•ืจื™ื:
[pain] trop dur, qui lui aussi s'รฉmiette dans la bouche comme [celui] d'orge.
ืงืžื—ื ืชืžืจื™ ื•ื™ืจืงื ืจื›ื™ืŸ ื”ืŸ:
ils sont mous.
๐Ÿ’ก Explication

Prรฉcisions : mรชme le froment ne vaut que froid (le pain chaud s'amollit et colle au palais) et tendre (le pain dur s'รฉmiette comme l'orge). Conclusion halakhique : toute chose essuie valablement, sauf la farine, les dattes et le lรฉgume (trop mous).

6
ื‘ืขื ืžื™ื ื™ื” ืจื‘ ืืกื™ ืžืจื‘ื™ ื™ื•ื—ื ืŸ: ื›ืžื” ื™ืฉื”ื” ื‘ื™ืŸ ื‘ืฉืจ ืœื’ื‘ื™ื ื”? ืืžืจ ืœื•: ื•ืœื ื›ืœื•ื. ืื™ื ื™? ื•ื”ื ืืžืจ ืจื‘ ื—ืกื“ื: ืื›ืœ ื‘ืฉืจ โ€“ ืืกื•ืจ ืœืื›ื•ืœ ื’ื‘ื™ื ื”, ื’ื‘ื™ื ื” โ€“ ืžื•ืชืจ ืœืื›ื•ืœ ื‘ืฉืจ! ืืœื ื›ืžื” ื™ืฉื”ื” ื‘ื™ืŸ ื’ื‘ื™ื ื” ืœื‘ืฉืจ? ืืžืจ ืœื™ื”: ื•ืœื ื›ืœื•ื.

Rav Assi demanda ร  Rabbi Yo'hanan : combien doit-on attendre entre [la] viande et [le] fromage ? Il lui dit : rien du tout.

Est-ce ainsi ? Mais Rav Hisda a dit : [si] l'on a mangรฉ de la viande โ€” il est interdit de manger du fromage ; [du] fromage โ€” il est permis de manger de la viande !

Plutรดt, [la question รฉtait] : combien doit-on attendre entre [le] fromage et [la] viande ? Il lui dit : rien du tout.

๐Ÿ“œ Rachi (2)
ื‘ื™ืŸ ื‘ืฉืจ ืœื’ื‘ื™ื ื” ืžืฉืžืข ืฉืื›ืœ ื‘ืฉืจ ื•ืจื•ืฆื” ืœืื›ื•ืœ ื’ื‘ื™ื ื”:
[cela] implique qu'il a mangรฉ de la viande et veut manger du fromage.
ืืกื•ืจ ืœืื›ื•ืœ ื’ื‘ื™ื ื” ืžืฉื•ื ื“ื‘ืฉืจ ืžื•ืฆื™ื ืฉื•ืžืŸ ื•ื”ื•ื ื ื“ื‘ืง ื‘ืคื” ื•ืžืืจื™ืš ื‘ื˜ืขืžื•:
parce que la viande exsude du gras, qui se colle ร  la bouche et y prolonge son goรปt.
๐Ÿ’ก Explication

Rav Assi interroge Rabbi Yo'hanan sur le dรฉlai ร  observer entre viande et fromage. Rรฉponse : 'rien du tout'. Objection ร  partir de Rav Hisda (aprรจs la viande, le fromage est interdit). On corrige donc la question : elle portait sur l'ordre fromage puis viande โ€” lร , en effet, aucun dรฉlai n'est requis.

7
ื’ื•ืคื, ืืžืจ ืจื‘ ื—ืกื“ื: ืื›ืœ ื‘ืฉืจ โ€“ ืืกื•ืจ ืœืื›ื•ืœ ื’ื‘ื™ื ื”, ื’ื‘ื™ื ื” โ€“ ืžื•ืชืจ ืœืื›ื•ืœ ื‘ืฉืจ. ืืžืจ ืœื™ื” ืจื‘ ืื—ื ื‘ืจ ื™ื•ืกืฃ ืœืจื‘ ื—ืกื“ื: ื‘ืฉืจ ืฉื‘ื™ืŸ ื”ืฉื™ื ื™ื ืžื”ื•?

[Revenant] au corps [du propos] : Rav Hisda a dit : [si] l'on a mangรฉ de la viande โ€” il est interdit de manger du fromage ; [du] fromage โ€” il est permis de manger de la viande. Rav Aha bar Yossef dit ร  Rav Hisda : [la] viande [restรฉe] entre les dents, quoi [son statut] ?

๐Ÿ“œ Rachi (1)
ื‘ืฉืจ ืฉื‘ื™ืŸ ื”ืฉื™ื ื™ื™ื ืžื™ ื—ืฉื™ื‘ ื‘ืฉืจ ืฉืœื ืœืื›ื•ืœ ื’ื‘ื™ื ื” ืขืžื• ืขื“ ืฉื™ื˜ืœื ื•:
est-elle considรฉrรฉe [comme] viande, [au point] de ne pas manger de fromage avec, tant qu'on ne l'a pas รดtรฉe ?
๐Ÿ’ก Explication

La Guemara reprend le dictum de Rav Hisda lui-mรชme (voir le schรฉma). Rav Aha bar Yossef pose une nouvelle question : les restes de viande coincรฉs entre les dents โ€” comptent-ils encore comme 'viande' interdisant le fromage tant qu'on ne les a pas retirรฉs ?

8
ืงืจื™ ืขืœื™ื” ืดื”ื‘ืฉืจ ืขื•ื“ื ื• ื‘ื™ืŸ ืฉื ื™ื”ืืด.

Il lui appliqua [ce verset] : 'la viande รฉtait encore entre leurs dents' (Nombres 11:33).

๐Ÿ“œ Rachi (1)
ื”ื‘ืฉืจ ืขื•ื“ื ื• ืืœืžื ืžื™ืงืจื™ ื‘ืฉืจ:
[c'est] donc qu'elle est appelรฉe 'viande'.
๐Ÿ’ก Explication

Rav Hisda rรฉpond par un verset : 'la viande รฉtait encore entre leurs dents' (Nb 11:33). L'ร‰criture appelle bien 'viande' ce qui reste entre les dents โ€” donc ces restes interdisent le fromage tant qu'ils n'ont pas รฉtรฉ รดtรฉs.

9
ืืžืจ ืžืจ ืขื•ืงื‘ื: ืื ื, ืœื”ื ืžืœืชื, ื—ืœื ื‘ืจ ื—ืžืจื ืœื’ื‘ื™ ืื‘ื, ื“ืื™ืœื• ืื‘ื ื›ื™ ื”ื•ื” ืื›ื™ืœ ื‘ืฉืจื ื”ืื™ื“ื ื, ืœื ื”ื•ื” ืื›ืœ ื’ื‘ื™ื ื” ืขื“ ืœืžื—ืจ ืขื“ ื”ืฉืชื, ื•ืื™ืœื• ืื ื โ€“ ื‘ื”ื ืกืขื•ื“ืชื ื”ื•ื ื“ืœื ืื›ื™ืœื ื, ืœืกืขื•ื“ืชื ืื—ืจื™ืชื โ€“ ืื›ื™ืœื ื.

Mar Ukva a dit : moi, pour cette chose, [je suis] vinaigre fils de vin (hala bar hamra) au regard de [mon] pรจre : car mon pรจre, lorsqu'il mangeait de la viande maintenant, ne mangeait pas de fromage jusqu'au lendemain ร  la mรชme heure ; tandis que moi โ€” [c'est seulement] ร  ce repas[-ci que] je ne [en] mange pas, [mais] ร  un autre repas, j'[en] mange.

๐Ÿ“œ Rachi (2)
ืื ื ืœื”ื ืžื™ืœืชื ื—ืœื ื‘ืจ ื—ืžืจื ืœื“ื‘ืจ ื–ื” ืื ื™ ื’ืจื•ืข ืžืื‘ื™ ื›ื—ื•ืžืฅ ื‘ืŸ ื™ื™ืŸ:
pour cette chose, je suis infรฉrieur ร  mon pรจre, [comme] du vinaigre [issu] de vin.
ืœืžื—ืจ ื›ื™ ื”ืฉืชื ืžืขืช ืœืขืช:
[d'une heure] ร  la mรชme [heure], [soit] un cycle de vingt-quatre heures (me'et le'et).
๐Ÿ—‚๏ธ Tossefot (1)
ืœืกืขื•ื“ืชื ืื—ืจื™ืชื ืื›ื™ืœื ื ืœืื• ื‘ืกืขื•ื“ืชื ืฉืจื’ื™ืœื™ืŸ ืœืขืฉื•ืช ืื—ืช ืฉื—ืจื™ืช ื•ืื—ืช ืขืจื‘ื™ืช ืืœื ืืคื™ืœื• ืœืืœืชืจ ืื ืกื™ืœืง ื”ืฉื•ืœื—ืŸ ื•ื‘ื™ืจืš ืžื•ืชืจ ื“ืœื ืคืœื•ื’ ืจื‘ื ืŸ:
ร  un autre repas, j'[en] mange โ€” non pas [au sens] des repas qu'on a coutume de faire, l'un le matin et l'un le soir, mais mรชme aussitรดt, si l'on a desservi la table et rรฉcite [le birkat], [c'est] permis ; car les Sages n'ont pas รฉtabli de distinction [entre les cas].
๐Ÿช” Ben Yehoyada (1)
ืื ื ืœื”ื ืžืœืชื ื—ืœื ื‘ืจ ื—ืžืจื ืœื’ื‘ื™ ืื‘ื. ืืฃ ืขืœ ื’ื‘ ื“ืœืฉื•ืŸ ื–ื” ืœื ื ืงื˜ื™ ืœื™ื” ืืœื ืขืœ ืขื ื™ื™ื ื™ ืฉืžื™ื ื•ืื–ื”ืจื•ืช ื”ืฉื™ื™ื›ื™ื ืœื“ื‘ืจื™ ืชื•ืจื” ื•ืžืฆื•ืชื™ื” ื ืจืื” ื“ื’ื ื–ื” ื—ืฉื™ื‘ ื‘ื›ืœืœ ืขื‘ื•ื“ืช ืฉืžื™ื ื›ื™ ืžื™ ืฉื”ื•ื ื—ืก ืขืœ ืžืžื•ื ื• ืœืฉืžืจื• ืฉืœื ื™ืชืื‘ื“ ื”ืจื™ ื–ื” ืžื›ื‘ื“ ืืช ื”ืฉื ื™ืชื‘ืจืš ืฉื ืชืŸ ืœื• ืฉืคืข ื–ื” ื•ื›ืžื• ืฉื›ืชื‘ืชื™ ืœืขื™ืœ ื‘ืฉื ืจื‘ื™ื ื• ื”ืืจ"ื™ ื–"ืœ ื”ื˜ืขื ืฉืกื™ื›ืŸ ื™ืขืงื‘ ืื‘ื™ื ื• ืข"ื” ืขืฆืžื• ืœื—ื–ื•ืจ ืขืœ ืคื›ื™ื ืงื˜ื ื™ื ื•ื”ื˜ืขื ืฉื”ืฆื“ื™ืงื™ื ื—ื‘ื™ื‘ ืขืœื™ื”ื ืžืžื•ื ื (ื‘ืจืืฉื™ืช ืœื‘, ื›ื”) . ื•ืขื•ื“ ื ืจืื” ' ื“ืกื™ืจ ื ื›ืกื™ื” ื‘ื›ืœ ื™ื•ืžื ' ืžืกื™ืจ ืžื›ืฉื•ืœ ืžืŸ ืคื•ืขืœื™ื• ื•ืืจื™ืกื™ื• ืฉืœื ื™ื’ื ื‘ื• ืžืžื ื• ื›ื™ื•ืŸ ื“ืจื•ืื™ื ืื™ืชื• ืžืฉื’ื™ื— ื•ืžืคืงื™ื— ืขืœ ืžืžื•ื ื• ื”ื ื™ืจืื™ื ืœื’ื–ื•ืœ ื•ืœื’ื ื•ื‘ ืคืŸ ื™ืจื’ื™ืฉ ื‘ื”ื.
๐Ÿ’ก Explication

Mar Ukva se compare ร  son pรจre par humilitรฉ : il est vinaigre fils de vin (un fils infรฉrieur ร  son pรจre). Son pรจre attendait vingt-quatre heures entre viande et fromage ; lui se contente de ne pas les mรฉlanger dans le mรชme repas, [s']autorisant le fromage ร  un autre repas du mรชme jour.

10
ืืžืจ ืฉืžื•ืืœ: ืื ื, ืœื”ื ืžืœืชื, ื—ืœื ื‘ืจ ื—ืžืจื ืœื’ื‘ื™ ืื‘ื, ื“ืื™ืœื• ืื‘ื ื”ื•ื” ืกื™ื™ืจ ื ื›ืกื™ื” ืชืจื™ ื–ืžื ื™ ื‘ื™ื•ืžื, ื•ืื ื ืœื ืกื™ื™ืจื ื ืืœื ื—ื“ื ื–ื™ืžื ื. ืฉืžื•ืืœ ืœื˜ืขืžื™ื”, ื“ืืžืจ ืฉืžื•ืืœ: ืžืืŸ ื“ืกื™ื™ืจ ื ื›ืกื™ื” ื›ืœ ื™ื•ืžื ืžืฉื›ื— ืืกืชื™ืจื.

Chmouel a dit : moi, pour cette chose, [je suis] vinaigre fils de vin au regard de [mon] pรจre : car mon pรจre inspectait ses biens deux fois par jour, tandis que moi je n'[les] inspecte qu'une seule fois. Chmouel [reste fidรจle] ร  son raisonnement, car Chmouel a dit : celui qui inspecte ses biens chaque jour trouve un istira (une piรจce d'argent).

๐Ÿ“œ Rachi (2)
ืกื™ื™ืจ ื”ื•ืœืš ื•ืจื•ืื” ืงืจืงืขื•ืชื™ื• ืžื” ื”ืŸ ืฆืจื™ื›ื•ืช:
il va voir ses terres, [pour savoir] ce dont elles ont besoin.
ืžืฉื›ื— ืื™ืกืชื™ืจื ืžื•ืฆื ืกืœืข ืžืคื ื™ ืฉืžืชืงื ื ื‘ื›ืœ ื”ืฆืจื™ืš:
il trouve un sela, parce qu'il les arrange [selon] tout [ce qui est] nรฉcessaire.
๐Ÿช” Ben Yehoyada (1)
ืžืืŸ ื“ืกื™ืจ ื ื›ืกื™ื” ื‘ื›ืœ ื™ื•ืžื ืžืฉื›ื— ืื™ืกืชืจื. ื ืจืื” ืœื™ ื‘ืก"ื“ ืจื‘ื•ืชื™ื ื• ื–"ืœ ืจื•ืžื–ื™ื ืœืคื™ ื“ืจื›ื ืขืœ ืขื ื™ื™ื ื™ื ื”ื ืคืฉื™ื ื•ืขืœ ื ื›ืกื™ื ื”ื ืคืฉื™ื™ื ืฉื”ื ืชื•ืจื” ื•ืžืฆื•ืช ื•ื™ื“ื•ืข ืžื” ืฉื›ืชื‘ ื”ืจื‘ ื ื—ืœืช ื‘ื ื™ืžื™ืŸ (ืžืฆื•ื” ืงื›ื–) ื“ืฉื™ืขื•ืจ ืžืฉืงืœ ื“ื ื”ื ืคืฉ ื”ื•ื ืชืœ"ื‘ ืืกืจื™ืŸ ื›ืžื ื™ืŸ ืชื‘ืœ [432] ื•ื‘ืชืขื ื™ืช ืžืชืžืขื˜ ื‘ื›ืœ ื™ื•ื ื”ืชืขื ื™ืช ืื™ืกืจ ืื—ื“ ืžืชืœ"ื‘ ืื™ืกืจื™ ื“ื ื”ื ืคืฉ ืขื™ื™ืŸ ืฉื. ื•ืœื–ื” ืืžืจ 'ืžืืŸ ื“ืกื™ืจ ื ื›ืกื™ื” ื‘ื›ืœ ื™ื•ืžื' ืจืžื– ื‘ื–ื” ืขืœ ื ื›ืกื™ื ื”ื ืคืฉื™ื™ื ืœืคืงื— ืขืœื™ื”ื ื•ืœื™ื“ืข ืžื” ื—ืกืจื•ืŸ ื ืžืฆื ื‘ื”ื ื›ื“ื™ ืœื”ืฉืœื™ื ื”ื—ืกืจื•ืŸ ื•ืœืชืงืŸ ื”ืžืขื•ื•ืช ืžืฉื›ื— ืื™ืกืชืจื ื“ืขืœ ื™ื“ื™ ื›ืš ืื™ื ื• ืฆืจื™ืš ืœื”ืชืขื ื•ืช ื›ื“ื™ ืฉื™ืชืžืขื˜ ืžื“ื ื”ื ืคืฉ ืฉื™ืขื•ืจ ืื™ืกืจ ืืœื ื™ืžืฆื ื–ื” ื”ืฉื™ืขื•ืจ ืืฆืœื•.
๐Ÿ’ก Explication

Chmouel reprend la mรชme formule 'vinaigre fils de vin' pour une autre vertu : la surveillance des biens (sayar nikhsei). Son pรจre inspectait ses terres deux fois par jour, lui une seule. Chmouel suit ici son propre principe : qui inspecte ses biens chaque jour trouve un istira (gagne de l'argent, en รฉvitant les pertes).

11
ืื‘ื™ื™ ื”ื•ื” ืกื™ื™ืจ ื ื›ืกื™ื” ื›ืœ ื™ื•ืžื ื•ื™ื•ืžื. ื™ื•ืžื ื—ื“ ืคื’ืข ื‘ืืจื™ืกื™ื” ื“ื“ืจื™ ืคืชื›ื ื“ืื•ืคื™. ืืžืจ ืœื™ื”: ื”ื ื™ ืœื”ื™ื›ื? ืืžืจ ืœื™ื”: ืœื‘ื™ ืžืจ. ืืžืจ ืœื™ื”: ื›ื‘ืจ ืงื“ืžื•ืš ืจื‘ื ืŸ.

Abaye inspectait ses biens chaque jour. Un jour, il rencontra son mรฉtayer (arissa) qui portait un fagot de bois.

Il lui dit : ceux-ci, [pour] oรน [vont-ils] ? Il lui dit : chez le Maรฎtre.

Il lui dit : les Sages t'ont dรฉjร  devancรฉ.

๐Ÿ“œ Rachi (2)
ืคืชื›ื ื“ืื•ืคื™ ืžืฉื•ื™ ืขืฆื™ื ืฉื”ื™ื” ื’ื•ื ื‘ื•:
un fardeau de bois qu'il volait.
ืงื“ืžื•ืš ืฉืืžืจื• ืฉื™ื”ื ืื“ื ืจื•ืื” ื ื›ืกื™ื• ื‘ื›ืœ ื™ื•ื ื•ื™ืจืื” ืžื” ื™ืขืฉื”:
[en] disant qu'un homme doit voir ses biens chaque jour, et verra ce qu'on [en] fait.
๐Ÿ’ก Explication

Illustration : Abaye inspecte ses biens chaque jour et surprend son mรฉtayer emportant un fagot de bois [qu'il volait]. Le mรฉtayer prรฉtend le porter 'chez le Maรฎtre' [Abaye]. Abaye rรฉpond : 'les Sages t'ont dรฉjร  devancรฉ' โ€” leur conseil d'inspecter chaque jour ร  dรฉjouรฉ le vol.

12
ืจื‘ ืืกื™ ื”ื•ื” ืกื™ื™ืจ ื ื›ืกื™ื” ื›ืœ ื™ื•ืžื, ืืžืจ: ื”ื™ื›ื ื ื™ื ื”ื• ื›ืœ ื”ื ื™ ืืกืชื™ืจื™ ื“ืžืจ ืฉืžื•ืืœ? ื™ื•ืžื ื—ื“ ื—ื–ื ืฆื™ื ื•ืจื ื“ื‘ื“ืงื ื‘ืืจืขื™ื”, ืฉืงืœื™ื” ืœื’ืœื™ืžื™ื”, ื›ืจื›ื™ื” ืื•ืชื‘ื™ื” ื‘ื’ื•ื”, ืจืžื ืงืœื, ืืชื• ืื™ื ืฉื™ ืกื›ืจื•ื”, [ืืžืจ]: ืืฉื›ื—ืชื™ื ื”ื• ืœื›ื•ืœื”ื• ืื™ืกืชืจื™ ื“ืžืจ ืฉืžื•ืืœ.

Rav Assi inspectait ses biens chaque jour. Il dit : oรน [donc] sont tous ces istire de Mar Chmouel ?

Un jour, il vit un filet d'eau [par une] brรจche dans sa terre ; il prit son manteau, le roula, le plaรงa dedans, poussa un cri, des gens vinrent [et] la colmatรจrent. [Il] dit : j'ai [enfin] trouvรฉ tous les istire de Mar Chmouel.

๐Ÿ“œ Rachi (2)
ืฆื ื•ืจื ื“ื‘ื“ืงื ื”ืžื™ื ื™ื•ืฆืื™ืŸ ื—ื•ืฅ ืœื’ื“ื•ืชื™ื”ืŸ ื•ื‘ืื™ืŸ ืœืฉื˜ื•ืฃ ืคื™ืจื•ืชื™ื• ื“ืจืš ืคื—ืช ืฉื‘ืฉืคืช ื”ืืžื”:
l'eau sort hors de ses berges et vient inonder ses fruits par une brรจche au bord du canal.
ืจืžื ืงืœื ื”ืจื™ื ืงื•ืœ ื•ืฆื•ื•ื—:
il รฉleva la voix et cria.
๐Ÿ’ก Explication

Rav Assi inspecte aussi chaque jour mais doute du profit promis : 'oรน sont les istire de Chmouel ?' Un jour il voit l'eau s'รฉchapper par une brรจche qui inonde son champ ; il bouche le trou avec son manteau roulรฉ, appelle ร  l'aide, et l'on colmate. Il comprend alors : la perte รฉvitรฉe, c'est cela le gain promis โ€” 'j'ai trouvรฉ tous les istire de Chmouel'.

13
ืืžืจ ืจื‘ ืื™ื“ื™ ื‘ืจ ืื‘ื™ืŸ, ืืžืจ ืจื‘ ื™ืฆื—ืง ื‘ืจ ืืฉื™ื™ืŸ: ืžื™ื ืจืืฉื•ื ื™ื ืžืฆื•ื”, ื•ืื—ืจื•ื ื™ื ื—ื•ื‘ื”.

Rav Idi bar Avin a dit au nom de Rav Yitshak bar Achian : les premiรจres eaux [sont] une mitsva, et les derniรจres [sont] une obligation (hova).

๐Ÿ“œ Rachi (2)
ืžืฆื•ื” ืœืฉืžื•ืข ื“ื‘ืจื™ ื—ื›ืžื™ื:
[c'est] d'รฉcouter les paroles des Sages.
ื—ื•ื‘ื” ืขื“ื™ืคื ืžืžืฆื•ื”. ื•ืœืงืžื™ื” ืžืคืจืฉ ืžืื™ ื—ื•ื‘ื•ืชื™ื™ื”ื•:
elle est prรฉfรฉrable ร  une mitsva. Et plus loin il explique en quoi consiste leur obligation.
๐Ÿ—‚๏ธ Tossefot (1)
ืžื™ื ืจืืฉื•ื ื™ื ืžืฆื•ื” ื•ืื—ืจื•ื ื™ื ื—ื•ื‘ื” ื›ื•' ื‘ื‘ืจื›ื•ืช ื‘ืกื•ืฃ ืคืจืง ืืœื• ื“ื‘ืจื™ื (ื‘ืจื›ื•ืช ื“ืฃ ื ื’: ื•ืฉื) ื“ืจื™ืฉ ืชืจื•ื•ื™ื™ื”ื• ืžืงืจื ืžื•ื”ืชืงื“ืฉืชื ืืœื• ืžื™ื ืจืืฉื•ื ื™ื ื•ื”ื™ื™ืชื ืงื“ื•ืฉื™ื ืืœื• ืžื™ื ืื—ืจื•ื ื™ื ื•ืืกืžื›ืชื ื‘ืขืœืžื ื”ื•ื ื“ื”ื ื˜ืขืžื ื“ืžื™ื ืื—ืจื•ื ื™ื ื”ื•ื™ ืžืฉื•ื ืžืœื— ืกื“ื•ืžื™ืช ื›ื“ืืžืจ ื‘ืกืžื•ืš ื•ืื ื• ืœืคื™ ืฉืื™ืŸ ืžืœื— ืกื“ื•ืžื™ืช ืžืฆื•ื™ ื‘ื™ื ื™ื ื• ืœื ื ื”ื’ื• ื‘ืžื™ื ืื—ืจื•ื ื™ื ื•ื”ื›ื™ ื ืžื™ ื›ื™ ื“ืจื™ืฉ ื”ืชื ื›ื™ ืงื“ื•ืฉ ื–ื” ืฉืžืŸ ืฉื”ื™ื• ืกื›ื™ืŸ ืืช ื™ื“ื™ื”ืŸ ืœื”ืขื‘ื™ืจ ืืช ื”ื–ื•ื”ืžื ื”ื•ื™ ืืกืžื›ืชื ื“ืœื ืžืฆื™ื ื• ื‘ืฉื•ื ืžืงื•ื ืฉื™ื”ื ืฉืžืŸ ืœื ื—ื•ื‘ื” ื•ืœื ืžืฆื•ื” ื•ื”ื ื“ืืžืจ ื”ืชื ื›ืฉื ืฉื”ืžื–ื•ื”ื ืคืกื•ืœ ืœืขื‘ื•ื“ื” ื›ืš ื™ื“ื™ื ืžื–ื•ื”ืžื•ืช ืคืกื•ืœื™ืŸ ืœื‘ืจื›ื” ื”ื™ื™ื ื• ืœื”ื ืฉื”ื™ื” ื”ื“ื‘ืจ ืขืœื™ื”ื ื—ื•ื‘ื” ืœื™ื˜ื•ืœ ืื—ืจ ืกืขื•ื“ื” ืœืคื™ื›ืš ื ื—ืฉื‘ื•ืช ื›ืžื–ื•ื”ืžื•ืช ื•ืฆืจื™ืš ืœื”ืงื“ื™ื ื•ืœื™ื˜ื•ืœ ืงื•ื“ื ื‘ืจื›ื” ื•ื"ืช ืœืžืื™ ื ืคืงื ืžื™ื ื” ื”ื ื“ืจืืฉื•ื ื™ื ืžืฆื•ื” ื•ืื—ืจื•ื ื™ื ื—ื•ื‘ื” ืžื” ืœื™ ืžืฆื•ื” ืžื” ืœื™ ื—ื•ื‘ื” ื”ื ืชืจื•ื•ื™ื™ื”ื• ื—ื•ื‘ื” ื›ื“ืงืชื ื™ ื‘ื‘ืจื™ื™ืชื ื•ืœื ืจืฉื•ืช ื•ืื•ืžืจ ืจื‘ื™ื ื• ืชื ื“ื ืคืงื ืžื™ื ื” ืœืขื ื™ืŸ ืžืœื—ืžืช ื”ืจืฉื•ืช ื“ืชื ืŸ ื‘ืค"ืง ื“ืขื™ืจื•ื‘ื™ืŸ (ื“ืฃ ื™ื–.) ื“ืคื˜ื•ืจื™ืŸ ืžืจื—ื™ืฆืช ื™ื“ื™ื ื•ืงืืžืจ ืจื‘ ื—ื™ื™ื ื‘ื’ืž' ืœื ืฉื ื• ืืœื ืžื™ื ืจืืฉื•ื ื™ื ืื‘ืœ ืื—ืจื•ื ื™ื ืœื ื“ืืžืจ ืจื‘ ื™ื”ื•ื“ื” ื‘ืจื™ื” ื“ืจื‘ ื—ื™ื™ื ืžืคื ื™ ืžื” ืืžืจื• ืžื™ื ืื—ืจื•ื ื™ื ื—ื•ื‘ื” ืžืคื ื™ ืฉืžืœื— ืกื“ื•ืžื™ืช ื›ื•' ื•ื‘ื”ืœื›ื•ืช ื’ื“ื•ืœื•ืช ืคื™ืจืฉ ื“ืจืืฉื•ื ื™ื ืฉื”ื ืžืฆื•ื” ืžืฉื•ื ืกืจืš ืชืจื•ืžื” ื˜ืขื•ื ื™ืŸ ื‘ืจื›ื” ืื‘ืœ ืื—ืจื•ื ื™ื ืฉื”ื ืœืฆื•ืจืš ืื“ื ืžืฉื•ื ืžืœื— ืกื“ื•ืžื™ืช ืื™ืŸ ื˜ืขื•ื ื™ืŸ ื‘ืจื›ื” ื•ืžื›ืืŸ ื›ืชื‘ ืจื‘ื™ื ื• ื™ื”ื•ื“ื” ื‘ืคืจืง ื‘ืžื” ืžื“ืœื™ืงื™ืŸ ื‘ืชื•ืกืค' ืฉืื™ืŸ ืœื‘ืจืš ืขืœ ืงืจื™ืืช ืฉืžืข ืฉืœืคื ื™ ืžื˜ืชื• ืืฉืจ ืงื“ืฉื ื• ื‘ืžืฆื•ืชื™ื• ื•ืฆื•ื ื• ืœืงืจื•ืช ืฉืžืข ื•ืื ืชืืžืจ ืืžืฆืขื™ื™ื ื›ื’ื•ืŸ ื‘ื™ืŸ ื’ื‘ื™ื ื” ืœื‘ืฉืจ ืฉื”ืŸ ืœืฆื•ืจืš ืžืฆื•ื” ื™ื”ื™ื• ื˜ืขื•ื ื™ืŸ ื‘ืจื›ื” ื•ื™"ืœ ื“ืื™ืŸ ื–ื” ื›ื™ ืื ื”ื›ืฉืจ ืื›ื™ืœื” ื›ืžื• ื ื™ืงื•ืจ ื—ืœื‘ ื•ืžืœื™ื—ืช ื‘ืฉืจ:
les premiรจres eaux [sont] une mitsva et les derniรจres une obligation etc. โ€” dans Berakhot, a la fin du chapitre Elou Devarim (Berakhot 53b), il dรฉduit les deux d'un verset : 'et vous vous sanctifierez' (ve-hitkadichtem) โ€” ce [sont] les premiรจres eaux ; 'et vous serez saints' (vi-hyitem kedochim) โ€” ce [sont] les derniรจres eaux. Et [ce n']est qu'un simple appui (asmakhta), car le motif des derniรจres eaux [tient] au sel de Sodome (melah sedomit), comme il est dit plus bas ; et nous, parce que le sel de Sodome ne se trouve pas parmi nous, n'avons pas l'usage des derniรจres eaux. De mรชme, lorsqu'il expose lร -bas 'car saint' (ki kadoch) [au sujet de] cette huile dont on s'oignait les mains pour รดter la saletรฉ (zohama), [c'est] un [simple] appui, car nous ne trouvons en aucun lieu que l'huile soit ni une obligation ni une mitsva. Et ce qui est dit lร -bas : 'de mรชme que celui qui est souillรฉ (mezoham) est disqualifiรฉ pour le service [du Temple], de mรชme des mains souillรฉes sont disqualifiรฉes pour la bรฉnรฉdiction' โ€” c'[est] pour eux, pour qui c'รฉtait une obligation de se laver aprรจs le repas : c'est pourquoi [leurs mains] sont considรฉrรฉes comme souillรฉes, et il faut [se les] laver avant la bรฉnรฉdiction. Et si tu objectes : ร  quoi cela importe-t-il, [le fait] que les premiรจres [soient] une mitsva et les derniรจres une obligation ? que m'importe [qu'il s'agisse d'une] mitsva, que m'importe [qu'il s'agisse d'une] obligation, [puisque] toutes deux [sont] une obligation, comme l'enseigne la braita, et non un acte facultatif (rechout) ? Rabbenou Tam dit que la diffรฉrence porte sur la guerre facultative (milhemet ha-rechout) : nous avons appris au premier chapitre de Erouvin (17a) qu'[en campagne] on [en] est dispensรฉ du lavage des mains, et Rav Hiya dit dans la Guemara : on n'a enseignรฉ [cette dispense] que pour les premiรจres eaux, mais [pas] pour les derniรจres, car Rav Yehouda fils de Rav Hiya a dit : pourquoi a-t-on dit que les derniรจres eaux [sont] une obligation ? ร  cause du sel de Sodome etc. Et dans les Halakhot Guedolot, il a expliquรฉ que les premiรจres, qui sont une mitsva ร  cause d'un soupรงon [de rรจgle] de teroumate (serakh terouma), requiรจrent une bรฉnรฉdiction, mais que les derniรจres, qui [sont] pour le besoin de l'homme ร  cause du sel de Sodome, ne requiรจrent pas de bรฉnรฉdiction. Et de lร , Rabbenou Yehouda a รฉcrit au chapitre Bameh Madlikin, dans les Tossafot, qu'on ne bรฉnit pas sur la lecture du Chema [rรฉcitรฉ] devant son lit '[Tu] qui nous as sanctifiรฉs par Tes commandements et nous as ordonnรฉ de lire le Chema'. Et si tu objectes : les [eaux] intermรฉdiaires (emtzaiim), comme entre fromage et viande, qui [sont] pour le besoin d'une mitsva, devraient requรฉrir une bรฉnรฉdiction ! On peut rรฉpondre que ce n'est lร  qu'une prรฉparation ร  la consommation (hekhcher akhila), comme le dรฉgraissage (nikour) de la graisse et le salage (melihat) de la viande.
โš–๏ธ Rosh (1)
ืืžืจ ืจื‘ ืื™ื“ื™ ื‘ืจ ืื‘ื™ืŸ ืืžืจ ืจื‘ ื™ืฆื—ืง ื‘ืจ ืืฉื™ื™ืŸ ืžื™ื ืจืืฉื•ื ื™ื ืžืฆื•ื”. ื•ืื—ืจื•ื ื™ื ื—ื•ื‘ื”. ืžื™ืชื™ื‘ื™ ืžื™ื ืจืืฉื•ื ื™ื ื•ืื—ืจื•ื ื™ื ื—ื•ื‘ื” ื•ืืžืฆืขื™ื™ื ืจืฉื•ืช. ืžืฆื•ื” ืœื’ื‘ื™ ืจืฉื•ืช ื—ื•ื‘ื” ืงืจื™ ืœื™ื”. ื•ืžื” ืฉืื™ืŸ ืžื‘ืจื›ื™ื ืขืชื” ื‘ืžื™ื ืื—ืจื•ื ื™ื ื›ืชื‘ืชื™ ื‘ื‘ืจื›ื•ืช ืคืจืง ืืœื• ื“ื‘ืจื™ื ืกื™' ื•: ื’ื•ืคื ืžื™ื ืจืืฉื•ื ื™ื ื•ืื—ืจื•ื ื™ื ื—ื•ื‘ื” ืืžืฆืขื™ื™ื ืจืฉื•ืช ืžื™ื ืจืืฉื•ื ื™ื ื ื™ื˜ืœื™ืŸ ื‘ื™ืŸ ื‘ื›ืœื™ ื‘ื™ืŸ ืข"ื’ ืงืจืงืข. ืžื™ื ืื—ืจื•ื ื™ื ืื™ืŸ ื ื™ื˜ืœื™ืŸ ืืœื ื‘ื›ืœื™. ื•ืืžืจื™ ืœื” ืื™ืŸ ื ื™ื˜ืœื™ืŸ ืข"ื’ ืงืจืงืข ืžืคื ื™ ืฉืจื•ื— ืจืข ืฉื•ืจื” ืขืœื™ื”ื ื•ืื™ื›ื ื‘ื™ื ื™ื™ื”ื• ืงื™ื ืกื. ืœื™ื˜ื•ืœ ืข"ื’ ืงื™ืกืžื™ื. ืžื™ื ืจืืฉื•ื ื™ื ื ื™ื˜ืœื™ืŸ ื‘ื™ืŸ ื‘ื—ืžื™ืŸ ื‘ื™ืŸ ื‘ืฆื•ื ืŸ. ืื—ืจื•ื ื™ื ืื™ืŸ ื ื™ื˜ืœื™ืŸ ืืœื ื‘ืฆื•ื ืŸ ืื‘ืœ ื‘ื—ืžื™ืŸ ืœื ืžืคื ื™ ืฉื”ื—ืžื™ืŸ ืžืคืขืคืขื™ืŸ ืืช ื”ื™ื“ื™ื ื•ืื™ืŸ ืžืขื‘ื™ืจื™ืŸ ืืช ื”ื–ื•ื”ืžื. ื•ื“ื•ืงื ื—ืžื™ืŸ ืฉื”ื™ื“ ืกื•ืœื“ืช ื‘ื”ืŸ ืื‘ืœ ืคื•ืฉืจื™ืŸ ืœื™ืช ืœืŸ ื‘ื”:
Rav Idi bar Avin a dit au nom de Rav Yitshak bar Achian : les premiรจres eaux (mayim rishonim, le lavage des mains avant le pain) [sont] une mitsva (commandement), et les derniรจres (mayim acharonim, le lavage avant le birkat ha-mazon) [sont] une obligation (hova). On objecte [une braita] : les premiรจres et les derniรจres eaux [sont] une obligation, et [celles] du milieu (emtsaiim) [sont] facultatives (rechout). [Rรฉponse :] une mitsva, par rapport au [purement] facultatif (rechout), on l'appelle 'obligation'. Et ce pour quoi l'on ne rรฉcite pas aujourd'hui de bรฉnรฉdiction sur les derniรจres eaux, je l'ai รฉcrit dans [le traitรฉ] Berakhot, chapitre Elou Devarim, siman 6. Le corps [du propos] [mรชme] : les premiรจres et les derniรจres eaux [sont] une obligation, [celles] du milieu [sont] facultatives. Les premiรจres eaux, on [se les] verse soit dans un rรฉcipient (keli), soit sur le sol ; les derniรจres eaux, on ne [se les] verse que dans un rรฉcipient. Et certains disent : on ne [se les] verse pas sur le sol, parce qu'un esprit mauvais (roua'h ra'a) repose sur elles ; et il y a entre eux [les deux versions le cas du] copeau (kinsa), [c'est-ร -dire] verser sur des รฉclats de bois (kissamim). Les premiรจres eaux, on [se les] verse soit chaudes (hamin) soit froides (tsonen) ; les derniรจres, on ne [se les] verse que froides, mais chaudes non, parce que [l'eau] chaude amollit (mefa'apea) les mains et n'en รดte pas la saletรฉ (zohama). Et [cela vaut] prรฉcisรฉment [pour de l'eau] chaude au point que la main s'y rรฉtracte (yad soledet bah), mais pour [de l'eau] tiรจde (pochrin) nous n'y voyons pas [d'objection].
๐Ÿ’ก Explication

Transition vers le lavage des mains au repas (voir le schรฉma). Rav Idi bar Avin : les premiรจres eaux (mayim rishonim, avant le pain) sont une mitsva ; les derniรจres eaux (mayim acharonim, avant le birkat ha-mazon) sont une obligation (hova) โ€” exigence plus forte.

14
ืžื™ืชื™ื‘ื™: ืžื™ื ืจืืฉื•ื ื™ื ื•ืื—ืจื•ื ื™ื ื—ื•ื‘ื”, ืืžืฆืขื™ื™ื ืจืฉื•ืช. ืžืฆื•ื” ืœื’ื‘ื™ ืจืฉื•ืช โ€“ ื—ื•ื‘ื” ืงืจื™ ืœื”.

On objecte [une braita] : les premiรจres et les derniรจres eaux [sont] une obligation, [celles] du milieu (emtsaiim) [sont] facultatives (rechout). [Donc les premiรจres aussi seraient une obligation, non une mitsva !

Rรฉponse :] une mitsva, par rapport au [purement] facultatif, on l'appelle 'obligation'.

๐Ÿ“œ Rachi (2)
ืืžืฆืขื™ื™ื ืฉื ื•ื˜ืœื™ืŸ ื‘ื™ืŸ ืชื‘ืฉื™ืœ ืœืชื‘ืฉื™ืœ ื‘ืขืœืžื:
qu'on prend entre un plat et un autre, sans nรฉcessitรฉ.
ืžืฆื•ื” ืœื’ื‘ื™ ืจืฉื•ืช ื—ื•ื‘ื” ืงืจื™ ืœื” ืžืฉื•ื ื“ืชื ื™ ืืžืฆืขื™ื™ื ื‘ื”ื“ื™ื™ื”ื• ืงืจื™ ืœืจืืฉื•ื ื™' ื—ื•ื‘ื” ื“ืืข"ืค ืฉืื™ื ืŸ ืืœื ืžืฆื•ื” ื—ืฉื™ื‘ื•ืช ื”ืŸ ืืฆืœ ื”ืจืฉื•ืช ืœืงืจื•ืชื ื—ื•ื‘ื”:
parce qu'il a enseignรฉ les [eaux] du milieu avec elles, il appelle les premiรจres 'obligation' : car, bien qu'elles ne soient qu'une mitsva, elles ont [assez d']importance, au regard du facultatif, pour qu'on les appelle 'obligation'.
๐Ÿ’ก Explication

Objection ร  partir d'une braita qui qualifie les premiรจres eaux d'obligation (et non de simple mitsva), les eaux intermรฉdiaires (entre les plats) รฉtant facultatives. Rรฉponse : la braita appelle 'obligation' ce qui n'est qu'une mitsva, par contraste avec le purement facultatif des eaux du milieu.

15
ื’ื•ืคื: ืžื™ื ืจืืฉื•ื ื™ื ื•ืื—ืจื•ื ื™ื โ€“ ื—ื•ื‘ื”, ืืžืฆืขื™ื™ื โ€“ ืจืฉื•ืช. ืจืืฉื•ื ื™ื โ€“ ื ื•ื˜ืœื™ืŸ ื‘ื™ืŸ ื‘ื›ืœื™ ื‘ื™ืŸ ืขืœ ื’ื‘ื™ ืงืจืงืข, ืื—ืจื•ื ื™ื โ€“ ืื™ืŸ ื ื•ื˜ืœื™ืŸ ืืœื ื‘ื›ืœื™, ื•ืืžืจื™ ืœื”: ืื™ืŸ ื ื•ื˜ืœื™ืŸ ืขืœ ื’ื‘ื™ ืงืจืงืข.

[Revenant] au corps [du propos] : les premiรจres et les derniรจres eaux [sont] une obligation, [celles] du milieu [sont] facultatives. Les premiรจres โ€” on [se les] verse soit dans un rรฉcipient (keli), soit sur le sol ; les derniรจres โ€” on ne [se les] verse que dans un rรฉcipient ; et certains disent : on ne [se les] verse pas sur le sol.

๐Ÿ“œ Rachi (1)
ื‘ื™ืŸ ื‘ื›ืœื™ ืžืชื—ืชื™ื”ื ืœืงื‘ืœื:
[un rรฉcipient placรฉ] sous elles [les mains] pour les recueillir.
๐Ÿ’ก Explication

La Guemara reprend la braita en entier (voir le schรฉma). Statut : premiรจres et derniรจres = obligation, milieu = facultatif. Rรฉcipient : pour les premiรจres, dans un rรฉcipient ou ร  mรชme le sol ; pour les derniรจres, dans un rรฉcipient seulement โ€” et selon une autre version : 'on ne [se les] verse pas sur le sol'.

16
ืžืื™ ื‘ื™ื ื™ื™ื”ื•? ืื™ื›ื ื‘ื™ื ื™ื™ื”ื• ืงื™ื ืกื.

Quelle [diffรฉrence] entre eux [les deux versions] ? Il y a entre eux [le cas du] copeau (kinsa).

[Selon la premiรจre version, qui exige un rรฉcipient, des copeaux sur le sol ne valent pas ; selon la seconde, qui interdit seulement le sol nu, ils valent.]

๐Ÿ“œ Rachi (1)
ืงื™ื ืกื ืื ื ื•ืชืŸ ืฉืคืื™ ืขืฆื™ื ื•ืงืกืžื™ืŸ ืชื—ืชื™ื”ืŸ ืœืžืืŸ ื“ืืžืจ ื›ืœื™ ื”ื›ื ืœืื• ื›ืœื™ ื”ื•ื ื•ืœืž"ื“ ืื™ืŸ ื ื•ื˜ืœื™ืŸ ืขืœ ื’ื‘ื™ ืงืจืงืข ืฉืคื™ืจ ื“ืžื™ ื•ืœืงืžืŸ ืžืคืจืฉ ืžืฉื•ื ื“ืจื•ื— ืจืขื” ืฉื•ืจื” ืขืœื™ื”ืŸ ื›ืฉื”ืŸ ืขืœ ื’ื‘ื™ ืงืจืงืข:
si l'on place des รฉclats de bois et des brindilles sous elles [les mains] : pour celui qui dit 'un rรฉcipient', ici [ce] n'est pas un rรฉcipient ; et pour celui qui dit 'on ne [se les] verse pas sur le sol', cela convient. Et plus loin il explique [que la raison est] qu'un esprit mauvais (roua'h ra'a) repose sur elles [les eaux] lorsqu'elles sont sur le sol.
๐Ÿ’ก Explication

Quelle est la nafka mina (diffรฉrence pratique) entre 'rรฉcipient seulement' et 'pas sur le sol' ? Le cas du copeau (kinsa) : verser sur des รฉclats de bois posรฉs au sol. Pour la premiรจre version (rรฉcipient requis), ce n'est pas un rรฉcipient -> non valable ; pour la seconde (sol interdit seulement), les copeaux ne sont pas le sol nu -> valable.

17
ืžื™ื ืจืืฉื•ื ื™ื ื ื•ื˜ืœื™ืŸ ื‘ื™ืŸ ื‘ื—ืžื™ืŸ ื‘ื™ืŸ ื‘ืฆื•ื ืŸ, ืื—ืจื•ื ื™ื ืื™ืŸ ื ื•ื˜ืœื™ืŸ ืืœื ื‘ืฆื•ื ืŸ, ืžืคื ื™ ืฉื—ืžื™ืŸ ืžืคืขืคืขื™ืŸ ืืช ื”ื™ื“ื™ื ื•ืื™ืŸ ืžืขื‘ื™ืจื™ืŸ ืืช ื”ื–ื•ื”ืžื. ืžื™ื ืจืืฉื•ื ื™ื ื ื•ื˜ืœื™ืŸ ื‘ื™ืŸ ื‘ื—ืžื™ืŸ ื‘ื™ืŸ ื‘ืฆื•ื ืŸ, ืืžืจ ืจื‘ ื™ืฆื—ืง ื‘ืจ ื™ื•ืกืฃ ืืžืจ ืจื‘ื™ ื™ื ืื™: ืœื ืฉื ื• ืืœื ืฉืื™ืŸ ื”ื™ื“

Les premiรจres eaux, on [se les] verse soit chaudes (hamin) soit froides (tsonen) ; les derniรจres, on ne [se les] verse que froides, parce que [l'eau] chaude amollit (mefa'apea) les mains et n'en รดte pas la saletรฉ (zohama). [Sur la phrase] 'les premiรจres eaux, on [se les] verse soit chaudes soit froides' : Rav Yitshak bar Yossef a dit au nom de Rabbi Yannai : on n'a enseignรฉ [cela] que [dans le cas] oรน la main n'[est pas]

๐Ÿ“œ Rachi (1)
ืžืคืขืคืขื™ืŸ ืืฉื˜ื "ื˜ ืžืจื›ื›ื™ืŸ ืืช ื”ื™ื“ื™ื ื•ืžื‘ืœื™ืขื™ืŸ ื‘ื”ืŸ ืืช ื–ื•ื”ื ื”ืชื‘ืฉื™ืœ:
'achtanit' [en langue vernaculaire] : elles amollissent les mains et y font pรฉnรฉtrer la saletรฉ du plat.
๐Ÿ’ก Explication

Derniรจre distinction : tempรฉrature. Les premiรจres eaux peuvent รชtre chaudes ou froides ; les derniรจres seulement froides, car l'eau chaude amollit la main (mefa'apea) et n'en รดte pas la saletรฉ (zohama). Rav Yannai commence ร  restreindre 'chaudes ou froides' au cas oรน la main n'[est pas...] โ€” le daf s'interrompt ici, la suite passant ร  105b.

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Texte hรฉbreu et aramรฉen vocalisรฉ : รฉdition numรฉrique William Davidson du Talmud Koren Noรฉ, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction franรงaise, notes et schรฉmas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).