Chullin 108a โ€” la goutte de lait, le goรปt qui vaut la substance (taam ke-ikar) et la chatiha devenue nevela

Chullin 108a

Sougya : Le daf ouvre sur la fin de la discussion des 'gรขteaux de Syrie' (les motifs de Baitos sont permis car lร  ceinture fait preuve), puis รฉnonce la michna de la goutte de lait tombรฉe sur un morceau de viande (chatiha) dans la marmite : selon qu'on a remuรฉ ou non, on mesure les soixante contre ce seul morceau ou contre toute la marmite. La guemara รฉtablit avec Abaye que 'le goรปt sans la substance' (taam ke-ikar) est interdit de la Torah, apprend de la viande-dans-le-lait ; Rava objecte que la viande-dans-le-lait est un hidouch et que la Torah n'a interdit que la voie de la cuisson, laquelle donne forcรฉment du goรปt.

Rav enseigne ensuite que la chatiha qui a reรงu le goรปt devient elle-mรชme nevela et interdit tous les morceaux, car ils sont de son espรจce (min be-mino ne s'annule pas, selon Rabbi Yehouda). Mar Zoutra interroge Ravina : Rav contredit-il la lecture de Rava (sale-son-espรจce-et-le-reste-l'annule) ?

Ravina rรฉpond par la distinction sauce liquide / sauce รฉpaisse, puis par le dรฉbat efchar le-sochto (ce qu'on pourrait essorer est-il permis ou interdit ?), avec les deux camps d'Amoraim, jusqu'ร  l'objection sur le ke-zayit de viande tombรฉ dans une marmite de lait.

Une goutte de lait tombe dans la marmite : a-t-on remuรฉ ? On N'A PAS remuรฉ (lo niar) lait la chatiha touchรฉe le goรปt reste dans CETTE seule chatiha on mesure les 60 contre cette chatiha SEULE si pas de 60 : chatiha interdite On A remuรฉ (niar ha-kedera) lait le goรปt se rรฉpartit dans TOUTE la marmite on mesure les 60 contre TOUT le contenu si pas de 60 : tout interdit
La michna (segment 1) : selon qu'on remue ou non la marmite, on mesure les soixante contre la seule chatiha ou contre tout le contenu.
Abaye contre Rava : taam ke-ikar (le goรปt vaut la substance) Abaye le goรปt sans la substance est interdit de la Torah PARTOUT (dans tout interdit) preuve : on l'apprend de la viande-dans-le-lait si c'รฉtait un hidouch, il interdirait MรŠME sans goรปt ; or il faut du goรปt donc : pas un hidouch -> on en apprend Rava (objection) la viande-dans-le-lait EST bien un hidouch la Torah n'a interdit que la voie de la CUISSON or cuire, c'est forcรฉment donner du goรปt d'oรน l'exigence de goรปt, sans en dรฉduire le reste
Le dรฉbat Abaye / Rava (segments 2-4) : 'taam ke-ikar' est-il de la Torah, et la viande-dans-le-lait est-elle un hidouch dont on ne peut rien dรฉduire ?
Rav : la chatiha devenue nevela contamine toute la marmite car les autres morceaux sont de SON espรจce (min be-mino), et le semblable n'annule pas le semblable goutte de lait chatiha = NEVELA elle interdit le reste... toutes les chatihot de viande = mรชme espรจce -> INTERDITES Rav suit Rabbi Yehouda : le semblable dans le semblable ne s'annule pas mรชme s'il y a 60 fois de quoi annuler la chatiha, le nombre n'annule pas car viande contre viande = min be-mino (objection au segment 7 : et la sauce ?)
La rรจgle de Rav (segment 5) : la chatiha imbibรฉe devient nevela et interdit toutes les autres, car elles sont de son espรจce (min be-mino).
1
ื›ืœ ื”ืกืจื™ืงื™ืŸ ืืกื•ืจื™ืŸ ื•ืกืจื™ืงื™ ื‘ื™ื™ืชื•ืก ืžื•ืชืจื™ืŸ? ื”ืชื, ื”ื ืืžืจ ืžืจ ื‘ืจ ืจื‘ ืืฉื™: ืื™ื–ื•ืจื• ืžื•ื›ื™ื— ืขืœื™ื•.

[On a objectรฉ :] 'tous les gรขteaux [ร  motifs, sericin] sont interdits [ร  Pessa'h], mais les gรขteaux ร  motifs de Baitos sont permis' [โ€” alors qu'ici on devrait dire de mรชme 'tous les frรจres sont interdits sauf ceux-ci'] ? Lร  [, on rรฉpond comme] la-bas [ร  propos des gรขteaux] : Mar fils de Rav Achi a [en effet] dit : sa ceinture fait preuve ร  son sujet.

๐Ÿ“œ Rachi (2)
ื›ืœ ื”ืกืจื™ืงื™ืŸ ืืกื•ืจื™ืŸ ืœืขื ื™ืŸ ืžืฆื•ืช ื“ืคืกื— ืชื ื ืื™ืŸ ืขื•ืฉื™ืŸ ืกืจื™ืงื™ืŸ ื”ืžืฆื•ื™ื™ืจื™ืŸ ื‘ืคืกื— ืžืคื ื™ ืฉื”ืืฉื” ืฉื•ื”ื” ืขืœื™ื”ืŸ ื•ืžื—ืžืฆืชืŸ ื•ื ื—ืชื•ื ืื—ื“ ื•ื‘ื™ื™ืชื•ืก ืฉืžื• ื”ื™ื” ืœื• ื“ืคื•ืก ืื—ื“ ืžืฆื•ื™ื™ืจ ื•ื”ื™ื” ืžื•ืฉื™ื‘ ืœืชื•ื›ื• ืืช ื”ืกืจื™ืง ื•ื”ื•ื ืžืฆื•ื™ื™ืจ ืžื™ื“ ืืžืจ ืœื”ื ืืคืฉืจ ื™ืขืฉื ื” ื‘ื“ืคื•ืก ื•ื™ืงื‘ืขื ื” ืžื™ื“ ืืžืจื• ืœื• ื"ื› ื™ืืžืจื• ื›ืœ ื”ืกืจื™ืงื™ืŸ ืืกื•ืจื™ืŸ ื•ืกืจื™ืงื™ ื‘ื™ื™ืชื•ืก ืžื•ืชืจื™ืŸ. ื•ื”ื›ื ื ืžื™ ื™ืืžืจื• ื›ืœ ื”ืื—ื™ืŸ ืืกื•ืจื™ืŸ ื•ืืœื• ืžื•ืชืจื™ืŸ:
'Tous les gรขteaux ouvragรฉs sont interdits' โ€” au sujet des matsot de Pessa'h, on a enseignรฉ : on ne fait pas de gรขteaux ornรฉs (serikin ร  motifs) ร  Pessa'h, parce que la femme s'attarde sur eux et les fait fermenter ; or un certain boulanger nommรฉ Baitos avait un moule ornรฉ et il y plaรงait le gรขteau, qui s'en trouvait ornรฉ [aussitรดt, sans qu'elle s'attarde]. Aussitรดt il leur dit : peut-on [interdire ceci, alors] qu'on le fait au moule et qu'on l'imprime sur-le-champ ? Aussitรดt ils lui dirent : s'il en est ainsi, l'on dira 'tous les gรขteaux ornรฉs sont interdits, mais les gรขteaux ornรฉs de Baitos sont permis' [et l'on en viendra ร  tout permettre]. Et ici de mรชme l'on dira 'tous les frรจres sont interdits mais ceux-ci sont permis'.
ืื™ื–ื•ืจื• ืžื•ื›ื™ื— ืขืœื™ื• ื”ืื™ื–ื•ืจ ืชืžื™ื“ ื”ื•ื ืงื‘ื•ืข ื‘ื—ืœื•ืงื• ื•ื›ืฉื”ื•ื ืคื•ืฉื˜ ื—ืœื•ืงื• ื•ืœื•ื‘ืฉ ื—ืœื•ืง ืื—ืจ ื ื•ื˜ืœ ื”ืื™ื–ื•ืจ ืžื–ื” ื•ืงื•ื‘ืขื• ื‘ื–ื” ื•ื–ื” ืฉืื™ืŸ ืœื• ืื—ืจ ืžื›ื‘ืกื• ืขื ืื™ื–ื•ืจื• ื•ื”ืจื•ืื” ื›ืฉื”ื•ื ืžื›ื‘ืกื• ื•ืื™ื–ื•ืจื• ืขืžื• ื™ื•ื“ืข ืฉืื™ืŸ ืœื• ื—ืœื•ืง ืื—ืจ ื•ืœื›ืš ื”ืชื™ืจื• ืœื• ื—ื›ืžื™ื:
'Sa ceinture fait preuve ร  son sujet' โ€” la ceinture est toujours fixรฉe ร  sa tunique, et lorsqu'il รดte sa tunique et en revรชt une autre, il prend la ceinture de l'une et la fixe ร  l'autre ; et celui qui n'en a pas d'autre la lave avec sa ceinture, et celui qui voit, lorsqu'il la lave et que sa ceinture est avec elle, sait qu'il n'a pas d'autre tunique ; c'est pourquoi les Sages le lui ont permis.
๐Ÿ’ก Explication

Fin de la sougya prรฉcรฉdente. On avait objectรฉ par la michna de Pessa'h : 'tous les gรขteaux ouvragรฉs (serikin ร  motifs) sont interdits [de peur que la femme ne s'attarde ร  les dessiner et ne les fasse fermenter], mais les gรขteaux ร  motifs de Baitos sont permis' โ€” preuve qu'on ne craint pas l'imitation. La guemara rรฉpond : c'est comme le cas du linge lavรฉ avec sa ceinture ; Mar fils de Rav Achi a dit que la ceinture fait preuve ร  son sujet โ€” le signe distinctif (la ceinture toujours fixรฉe ร  la tunique) รฉcarte tout soupรงon. Il y a lร  un indice manifeste, ce qui n'est pas le cas ici.

2
ืžืชื ื™ืณ ื˜ื™ืคืช ื—ืœื‘ ืฉื ืคืœื” ืขืœ ื”ื—ืชื™ื›ื”, ืื ื™ืฉ ื‘ื” ื‘ื ื•ืชืŸ ื˜ืขื ื‘ืื•ืชื” ื—ืชื™ื›ื” โ€“ ืืกื•ืจ. ื ื™ืขืจ ืืช ื”ืงื“ืจื”, ืื ื™ืฉ ื‘ื” ื‘ื ื•ืชืŸ ื˜ืขื ื‘ืื•ืชื” ืงื“ืจื” โ€“ ืืกื•ืจ.

MICHNA. Une goutte de lait (tipat halav) qui est tombรฉe sur le morceau [de viande] (chatiha) : s'il y a de quoi donner du goรปt (noten taam) ร  ce morceau-lร  โ€” [il est] interdit.

[Si] l'on a remuรฉ la marmite (niar ha-kedera), s'il y a de quoi donner du goรปt ร  cette marmite-lร  [ร  tout son contenu] โ€” [il est] interdit.

๐Ÿ“œ Rachi (4)
ืžืชื ื™' ื˜ื™ืคืช ื—ืœื‘ ืฉื ืคืœื” ืขืœ ื”ื—ืชื™ื›ื” ื‘ืชื•ืš ื”ืงื“ื™ืจื” ืขืœ ืื—ืช ืžืŸ ื”ื—ืชื™ื›ื•ืช ื•ืœื ื”ื’ื™ืก ืืช ื”ืงื“ื™ืจื” ื•ืœื ื ื—ืœืง ื˜ืขื ื”ื˜ื™ืคื” ืืœื ืœืื•ืชื” ื—ืชื™ื›ื” ื‘ืœื‘ื“:
MICHNA. 'Une goutte de lait qui est tombรฉe sur le morceau' โ€” ร  l'intรฉrieur de la marmite, sur l'un des morceaux, et l'on n'a pas remuรฉ la marmite, et le goรปt de la goutte ne s'est rรฉparti qu'ร  ce morceau seul.
ืื ื™ืฉ ื‘ื” ื‘ื ื•ืชืŸ ื˜ืขื ื‘ืื•ืชื” ื—ืชื™ื›ื” ื›ืœื•ืžืจ ืฉืื™ืŸ ื‘ืื•ืชื” ื—ืชื™ื›ื” ืœื‘ื“ื” ืฉืฉื™ื ืœื‘ื˜ืœ ื”ื˜ื™ืคื” ืžื™ื“ ื ืืกืจืช ื”ื—ืชื™ื›ื”. ื•ื‘ืฉืืจ ื—ืชื™ื›ื•ืช ื“ืงื“ืจื” ืœื ืื™ื™ืจื™ ืชื ื ื“ืžืชื ื™' ื•ื‘ื’ืžืจื ืคืœื™ื’ื™ ื‘ื” ืื ื—ื•ื–ืจืช ืื•ืชื” ื—ืชื™ื›ื” ื•ืื•ืกืจืชืŸ ืื• ืœืื•:
'S'il y a de quoi donner du goรปt ร  ce morceau-lร ' โ€” c'est-ร -dire que, s'il n'y a pas dans ce morceau seul soixante [fois] de quoi annuler la goutte, le morceau est aussitรดt interdit. Quant aux autres morceaux de la marmite, le tana de notre michna n'en traite pas, et dans la guemara ils divergent ร  ce sujet : si ce morceau revient [contaminer] et les interdit, ou non.
ื ื™ืขืจ ืืช ื”ืงื“ืจื” ื”ื’ื™ืก ื‘ื” ืžื™ื“ ืงื•ื“ื ืฉืงื‘ืœื” ื”ื—ืชื™ื›ื” ื˜ืขื ืžืŸ ื”ื˜ื™ืคื” ื“ื”ืฉืชื ื ืชืขืจื‘ื” ื”ื˜ื™ืคื” ื‘ื›ื•ืœืŸ:
'[Si] l'on a remuรฉ la marmite' โ€” l'on a brassรฉ aussitรดt, avant que le morceau n'ait reรงu le goรปt de la goutte, de sorte que maintenant la goutte s'est mรชlรฉe ร  tous [les morceaux].
ืื ื™ืฉ ื‘ื” ื‘ื "ื˜ ื‘ืื•ืชื” ืงื“ืจื” ื›ืœื•ืžืจ ืื™ืŸ ื›ื— ื‘ื˜ื™ืคื” ืœืืกื•ืจ ื›ื•ืœืŸ ืื"ื› ื™ืฉ ื‘ื "ื˜ ืœื™ืชืŸ ื‘ื›ืœ ื”ืงื“ืจื”:
'S'il y a de quoi donner du goรปt ร  cette marmite-lร ' โ€” c'est-ร -dire que la goutte n'a pas la force de tous les interdire, ร  moins qu'il n'y ait de quoi donner du goรปt ร  [toute] la marmite.
๐Ÿ—‚๏ธ Tossefot (1)
ื˜ื™ืคืช ื—ืœื‘ ืฉื ืคืœื” ืขืœ ื—ืชื™ื›ืช ื‘ืฉืจ ืื ื™ืฉ ื‘ื ื•ืชืŸ ื˜ืขื ื‘ืื•ืชื” ื—ืชื™ื›ื” ื ืืกืจืช ื›ืฉื”ื—ืชื™ื›ื” ื›ื•ืœื” ื—ื•ืฅ ืœืจื•ื˜ื‘ ืื™ื™ืจื™ ื›ื“ืืžืจื™ื ืŸ ื‘ืค' ื’ื™ื“ ื”ื ืฉื” (ืœืขื™ืœ ื—ื•ืœื™ืŸ ื“ืฃ ืฆื•:) ื•ืœื›ืš ืžืฉืขืจื™ื ืŸ ื‘ืื•ืชื” ื—ืชื™ื›ื” ืœื‘ื˜ืœ ื”ื˜ื™ืคื” ื•ืœื ื‘ืฉืืจ ื—ืชื™ื›ื•ืช ืžืฉื•ื ื“ื—ืœื‘ ืžืคืขืคืข ืขืœ ื›ืœ ื”ื—ืชื™ื›ื” ื•ืื™ืŸ ืžืคืขืคืข ืžื—ืชื™ื›ื” ืœื—ื‘ืจืชื” ืืœื ืข"ื™ ื ื™ืขื•ืจ ื•ื›ืกื•ื™ ื›ื“ืืžืจื™ื ืŸ ื‘ื’ืž' ืื™ืœื™ืžื ืœื ื ื™ืขืจ ื›ืœืœ ืืžืื™ ื›ืœ ื”ื—ืชื™ื›ื•ืช ืืกื•ืจื•ืช ืžื™ื‘ืœืข ื‘ืœืข ืžืคืœื˜ ืœื ืคืœื™ื˜:
'Une goutte de lait qui est tombรฉe sur un morceau de viande : s'il y a de quoi donner du goรปt ร  ce morceau-lร ' โ€” [le morceau] est interdit. [La michna] traite [du cas] oรน le morceau est tout entier hors de la sauce, comme nous le disons au chapitre Guid ha-nache (Houlin 96b plus haut) ; et c'est pourquoi l'on mesure contre ce morceau-lร  pour annuler la goutte, et non contre les autres morceaux, parce que le lait se diffuse (mefaapea) sur tout le morceau et ne se diffuse pas d'un morceau ร  l'autre, sauf par le brassage (niar) et le couvrement (kissouy), comme nous le disons dans la guemara : 's'il faut dire qu'on n'a pas remuรฉ du tout, pourquoi tous les morceaux seraient-ils interdits ? il absorbe bien, mais il ne dรฉgorge pas'.
๐Ÿ’ก Explication

La michna (voir le schรฉma). Une goutte de lait tombe sur un morceau de viande dans la marmite. Deux cas : (1) on n'a pas remuรฉ โ€” le goรปt du lait ne se diffuse qu'ร  ce seul morceau (chatiha), et l'on mesure s'il y a soixante fois de quoi annuler la goutte dans ce morceau seul ; sinon il est interdit. (2) on a remuรฉ (niar) avant que le morceau n'absorbe le goรปt โ€” la goutte s'est mรชlรฉe ร  tout le contenu, et l'on mesure les soixante contre toute la marmite ; sinon tout est interdit.

๐Ÿ–ผ๏ธ Schรฉma
Une goutte de lait tombe dans la marmite : a-t-on remuรฉ ? On N'A PAS remuรฉ (lo niar) lait la chatiha touchรฉe le goรปt reste dans CETTE seule chatiha on mesure les 60 contre cette chatiha SEULE si pas de 60 : chatiha interdite On A remuรฉ (niar ha-kedera) lait le goรปt se rรฉpartit dans TOUTE la marmite on mesure les 60 contre TOUT le contenu si pas de 60 : tout interdit
Selon qu'on a remuรฉ ou non, le goรปt reste dans la seule chatiha ou se rรฉpartit dans toute la marmite โ€” d'oรน se mesurent les soixante.
3
ื’ืžืณ ืืžืจ ืื‘ื™ื™: ื˜ืขืžื• ื•ืœื ืžืžืฉื• ื‘ืขืœืžื โ€“ ื“ืื•ืจื™ื™ืชื.

GUEMARA. Abaye a dit : 'son goรปt sans sa substance' (taamo ve-lo mamacho) โ€” en gรฉnรฉral (be-alma) โ€” [c'est] de la Torah (de-orayta).

๐Ÿ“œ Rachi (1)
ื’ืž' ืืžืจ ืื‘ื™ื™ ื˜ืขืžื• ื•ืœื ืžืžืฉื• ื‘ืขืœืžื ื“ืื•ืจื™ื™ืชื ื”ื ื“ืืกืจื™ื ืŸ ื‘ื›ืœ ืื™ืกื•ืจื™ืŸ ืžืฉื ืชื ื• ื˜ืขื ื‘ื”ื™ืชืจ ืืข"ืค ืฉืื™ืŸ ืื•ื›ืœ ืžืžืฉ ื›ื’ื•ืŸ ืกื™ืœืง ื”ืื™ืกื•ืจ ื•ืื™ืŸ ื›ืืŸ ืืœื ื˜ืขืžื• ื“ืื•ืจื™ื™ืชื ื”ื™ื ื“ื’ืžืจื™ื ืŸ ืžื‘ืฉืจ ื‘ื—ืœื‘ ื“ืืกืจื™ื” ืจื—ืžื ื ื‘ืื›ื™ืœื” ื›ื“ื’ืžืจื™ื ืŸ ืœืงืžืŸ (ื—ื•ืœื™ืŸ ื“ืฃ ืงื˜ื•:) ืžืœื ืชื‘ืฉืœ ืฉืœืฉื” ืคืขืžื™ื ื”ืืžื•ืจื™ื ื‘ืชื•ืจื” ื•ืืข"ื’ ื“ื›ื™ ืžืกืœืง ื–ื” ืžืชื•ืš ื–ื” ืœืื—ืจ ื‘ืฉื•ืœื• ืื™ืŸ ื›ืืŸ ืืœื ื”ื˜ืขื ื•ืžื™ื ื™ื” ื’ืžืจื™ื ืŸ ืœื›ืœ ืื™ืกื•ืจื™ืŸ ื‘ืžื” ืžืฆื™ื ื•:
GUEMARA. Abaye a dit : 'son goรปt sans sa substance', en gรฉnรฉral, [c'est] de la Torah โ€” ceci, que nous interdisons, dans tous les interdits de notre michna, le goรปt [donnรฉ] ร  un [aliment] permis bien qu'il n'y ait pas d'aliment [interdit] rรฉel โ€” par exemple [si] l'on a รดtรฉ l'interdit et qu'il ne reste ici que son goรปt โ€” [cela] est de la Torah, car nous l'apprenons de la viande-dans-le-lait, que le Misรฉricordieux a interdite ร  la consommation, comme nous l'apprenons plus loin (Houlin 115b) de 'tu ne cuiras pas' [, rรฉpรฉtรฉ] trois fois dans la Torah ; et bien que, lorsqu'on sรฉpare l'un de l'autre aprรจs leur cuisson, il n'y ait plus lร  que le goรปt โ€” c'est de lร  que nous apprenons, par 'ce que nous trouvons' (binyan av), pour tous les interdits.
โš–๏ธ Rosh (2)
ื•ืžื™ ื’ืžืจื™ื ืŸ ืžื–ืจื•ืข ื‘ืฉืœื” ืžื™ืชื™ื‘ื™ ื–ื”ื• ื”ื™ืชืจ ื”ื‘ื ืžื›ืœืœ ืื™ืกื•ืจ. ื–ื”ื• ืœืžืขื•ื˜ื™ ืžืื™ ืœืื• ืœืžืขื•ื˜ื™ ื›ืœ ืื™ืกื•ืจื™ืŸ ืฉื‘ืชื•ืจื” ืืžืจ ืื‘ื™ื™ ืœื ื ืฆืจื›ื” ืืœื ืœื›ื“ืจื‘ื™ ื™ื”ื•ื“ื” ื›ื•'. ืจื‘ื ืืžืจ ืœื ื ืฆืจื›ื” ืืœื ืœื˜ืขื ื›ืขื™ืงืจ ื“ื’ื‘ื™ ืงื“ืฉื™ื ืืกื•ืจ ื•ื”ื›ื ืฉืจื™. ืคื™ืจืฉ"ื™ ื ื•ืชืŸ ื˜ืขื ืงื™"ืœ ื“ืืกื•ืจ ื‘ืงื“ืฉื™ื ื›ืขื™ืงืจ ืžืžืฉื• ืฉืœ ื”ืื™ืกื•ืจ ื•ืœื”ื ืžื™ืœืชื ืงืชื ื™ ื–ื”ื• ืœืžืขื•ื˜ื™ ืฉืืจ ืงื“ืฉื™ื ืื‘ืœ ื—ื•ืœื™ืŸ ืฉืคื™ืจ ื’ืžืจื™ื ืŸ ืžื™ื ื™ื” ืœืžืื” ื•ืฉืฉื™ื. ื“ื”ื ืงื™"ืœ ืœืขื™ืœ ืค"ื ืกื™ืžืŸ ื™ื– ืžืื—ืจื™ ืจื‘ื™ื ืœื”ื˜ื•ืช ื“ื‘ื˜ืœื™ ื‘ืจื•ื‘ื ื•ื™ืœืคื™ื ืŸ ืžื”ื›ื ืœื”ื—ืžื™ืจ ื“ืœื ืœื™ื‘ื˜ื•ืœ ืืœื ื‘ืžืื”. ื•ืจื‘ื ืœื™ืช ืœื™ื” ื˜ืขื ื›ืขื™ืงืจ ื‘ื—ื•ืœื™ืŸ ื›ื“ืžืคืจืฉ ื•ืื–ื™ืœ ื“ืžื“ืื•ืจื™ื™ืชื ื‘ืจื•ื‘ื ื‘ื˜ื™ืœ ืืœื ืžื“ืจื‘ื ืŸ ื”ื•ื ื“ืืกื•ืจ ื•ื”ื›ื™ ื ืžื™ ืฉืžืขื™ื ืŸ ืœืจื‘ื™ ื™ื•ื—ื ืŸ ื‘ืžืกื›ืช ืขื‘ื•ื“ืช ื›ื•ื›ื‘ื™ื 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Et [en effet] l'apprenons-nous de l'รฉpaule cuite [du nazirรฉen] ? On objecte : ยซ Ceci est un [cas de] permis venant de la gรฉnรฉralitรฉ d'un interdit. ยป ยซ Ceci ยป โ€” pour exclure quoi ? N'est-ce pas pour exclure tous les interdits de la Torah ? Abaye a dit : cela n'est nรฉcessaire que pour [le cas] de Rabbi Yehouda, etc. Rava a dit : cela n'est nรฉcessaire que pour [le principe] taam ke-ikar (le goรปt [vaut] comme la substance) : que, s'agissant des offrandes consacrรฉes (kodachim), il est interdit, tandis qu'ici [l'รฉpaule du bรฉlier du nazirรฉen] il est permis. Rachi a expliquรฉ : ยซ [ce qui] donne du goรปt ยป (noten taam), nous tenons pour รฉtabli que, dans les kodachim, il est interdit comme la substance (ke-ikar) mรชme de l'interdit ; et c'est pour cela qu'[il] enseigne ยซ ceci ยป, pour exclure les autres kodachim ; mais pour les [aliments] profanes (houlin), nous l'apprenons bel et bien de la [viande-dans-le-lait] pour [exiger] cent ou soixante [fois]. Car nous tenons pour รฉtabli plus haut (chapitre 1, siman 17), d'aprรจs ยซ [tu] suivras la majoritรฉ pour [faire] pencher [le jugement] ยป (aharei rabim le-hattot), qu'ils s'annulent dans la majoritรฉ (batel be-rov) ; et de lร  nous apprenons ร  รชtre rigoureux [pour l'interdit-dans-son-espรจce], ร  savoir qu'il ne s'annule que dans cent [contre un]. Or Rava n'admet pas taam ke-ikar dans les houlin, comme il l'explique et le poursuit : que, selon la Torah (mi-de-orayta), il s'annule dans la majoritรฉ, et ce n'est que rabbiniquement (mi-de-rabanan) qu'il est interdit. Et de mรชme nous l'entendons de Rabbi Yo'hanan au traitรฉ Avoda Zara (67a) : ยซ tout ce dont [on a] le goรปt mais non la substance, on n'en est pas passible de flagellation ยป (ein lokin alav). Quant ร  ce que nous l'apprenons dans Pessahim (44b) du nazirรฉen [par le mot] ยซ michrat ยป (macรฉrรฉ) โ€” pour poser taam ke-ikar โ€” les Amoraim postรฉrieurs tiennent que ce n'est qu'un simple appui scripturaire (asmakhta) et non un [vรฉritable] enseignement dรฉductif (ilf). Car il y aurait alors le nazirรฉen et les rรฉcipients souillรฉs des goyim (gioulรฉy akum), deux versets venant [ensemble] comme un seul [dont on ne dรฉduit rien]. Ou bien encore : les rรฉcipients souillรฉs des goyim sont une nouveautรฉ (hidouch), comme il est dit lร -bas au chapitre Elou ovrin ; et ยซ michrat ยป vient [enseigner] que le permis se combine ร  l'interdit (heter mitstaref le-issour). Et de plus il a apportรฉ une preuve de ce qui est dit plus loin au chapitre Kol ha-bassar (Houlin 108a) : Abaye a dit : ยซ conclus-en (chema mina) que ยซ son goรปt mais non sa substance ยป, en gรฉnรฉral, est de la Torah ยป ; car si tu venais ร  penser que [ce n']est que rabbinique โ€” de la viande-dans-le-lait, pour quelle raison ne l'apprend-on pas ? Parce que c'est une nouveautรฉ (hidouch). [Mais] si c'est une nouveautรฉ, alors mรชme quand il n'y a pas de quoi donner du goรปt, [cela devrait รชtre interdit] aussi ! Rava lui a dit : ยซ c'est par voie de cuisson (derech bichoul) que la Torah [l']a interdite ยป โ€” c'est-ร -dire : en vรฉritรฉ, [taam ke-ikar] est [pour les autres interdits] rabbinique, car de la viande-dans-le-lait nous n'apprenons pas, puisqu'elle est une nouveautรฉ ; et ce que nous exigeons du goรปt (be-noten taam) est un dรฉcret du verset (gezerat ha-katouv), car c'est par voie de cuisson que la Torah [l']a interdite, et il est impossible de cuire sans qu'il y ait donation de goรปt. Et maintenant, selon Rachi, il faut dire que le taam ke-ikar dont il parle ici โ€” [ร  savoir] qu'il est interdit dans les kodachim et permis dans le bรฉlier du nazirรฉen โ€” ne vise pas un goรปt rรฉel [au sens de substance], car [alors] il s'annulerait dans soixante ou dans cent ; il vise plutรดt un goรปt de quelque quantitรฉ que ce soit (taam kol de-hou). Et alors il est difficile [de comprendre] : qu'est-ce qui les a contraints d'expliquer que taam ke-ikar n'est pas de la Torah, et que le verset de ยซ michrat ยป est un appui scripturaire (asmakhta), et que les rรฉcipients souillรฉs des goyim sont [aussi] un appui โ€” puisque ici [Rava] ne traite que d'un goรปt de quelque quantitรฉ, [dans un cas] plus [diluรฉ] que soixante, tandis que ces versets-lร  ne traitent que d'une donation de goรปt vรฉritable (netinat taam gamour) ? Et une autre difficultรฉ : il est impossible de dire qu'une quelconque [trace] interdit dans les kodachim. Car au chapitre Ha-taarovot (78a), Rech Lakich dit : ยซ le pigoul, le notar et le [sacrifice devenu] impur (tame) qu'on a mรฉlangรฉs l'un ร  l'autre et mangรฉs โ€” [on en est] exempt ยป, et il dit : ยซ conclus-en (chema mina) que ยซ ce qui donne du goรปt dans la majoritรฉ ยป n'est pas de la Torah ยป ; d'oรน il ressort que mรชme jusqu'ร  la quantitรฉ d'une donation de goรปt, nous n'interdisons pas dans son espรจce (be-mino). Or l'รฉpaule cuite et le sacrifice pour le pรฉchรฉ (hatat) de notre sougya sont [interdits mรฉlangรฉs] dans leur espรจce (be-mino). Il est dit encore au chapitre Ha-kometz Rabba (Menahot 23a), ร  propos de deux offrandes de farine (menahot) qui se sont mรฉlangรฉes, qu'[elles] s'annulent dans la majoritรฉ selon les Sages qui disent : ยซ [l']espรจce-dans-son-espรจce (min be-mino) s'annule ยป ; d'oรน il ressort que la moindre [trace] n'interdit pas dans les kodachim. Et de plus, nous disons au chapitre Dam hatat (Zevahim 97a) et ร  la fin du traitรฉ Avoda Zara (76a) que chaque jour l'un [des sacrifices] souille (gioul) l'autre, et qu'il est permis de cuire un hatat puis ensuite des chelamim. Or c'est bien [comprรฉhensible] si nous exigeons du goรปt : dรจs lors, [l']espรจce-dans-son-espรจce, [qui est interdit] de la Torah, s'annule dans la majoritรฉ ; c'est pourquoi on a maintenu selon la Torah [l'usage] des ustensiles du Sanctuaire. Mais si tu dis [qu'il interdit] ร  la moindre [trace] (be-machehou), alors mรชme [l']espรจce-dans-son-espรจce serait interdit de la Torah โ€” et comment serait-il permis de cuire des chelamim aprรจs un hatat ? Car [cela] diminuerait la consommation des chelamim, les interdirait aux non-prรชtres (zarim) et aux femmes, et [les rendrait] disqualifiรฉs par sortie [hors des limites] (yotse). Rabbenou Tam, de mรฉmoire bรฉnie, a objectรฉ encore que forcรฉment taam ke-ikar dans les houlin est de la Torah, car nous disons au chapitre Ha-taarovot, ร  propos de ce que dit Rech Lakich (ยซ le pigoul, le notar, etc. ยป), lorsqu'il dit ยซ conclus-en que ยซ ce qui donne du goรปt dans la majoritรฉ ยป n'est pas de la Torah ยป : Rava objecte : ยซ celui qui fait une pรขte de blรฉ et de riz โ€” s'il s'y trouve un goรปt de cรฉrรฉale (taam dagan), il est astreint ร  la halla ยป โ€” [seulement] rabbiniquement ! ร‰nonce [donc] la fin : ยซ et l'homme s'en acquitte de son obligation ร  Pessa'h ยป. Plutรดt : [l']espรจce-dans-une-espรจce-diffรฉrente (min be-cheeino mino), [on va] par le goรปt ; [l']espรจce-dans-son-espรจce (min be-mino), [on va] par la majoritรฉ ; et ce [propos] de Rech Lakich traite de [l']espรจce-dans-son-espรจce. Et au dรฉpart il pensait [que c'รฉtait vrai] mรชme pour [l']espรจce-dans-une-espรจce-diffรฉrente, comme le sacrifice d'animal (zevah) et l'offrande de farine (minha). Voici donc que nous trouvons que, bien que la majeure partie de la pรขte soit de riz, du moment qu'il s'y trouve un goรปt de cรฉrรฉale, nous suivons le goรปt ; et s'il a mangรฉ un ke-zayit de cette pรขte, il s'est acquittรฉ de [l'obligation de] la matsa comme si elle รฉtait tout entiรจre de blรฉ. Et de plus, Rabbi Yo'hanan lui-mรชme, qui dit ยซ [tout ce dont on a] le goรปt mais non la substance, on n'en est pas passible de flagellation ยป, tient comme Rabbi Akiva au chapitre Elou ovrin (Pessahim 44b) et dans Nazir (37a), qui dit que taam ke-ikar est de la Torah et l'apprend des rรฉcipients souillรฉs des goyim. Et l'on ne peut pas dire que ce n'est qu'un simple appui scripturaire (asmakhta), car il objecte lร -bas : ยซ mais ยซ michrat ยป vient [enseigner] que le permis se combine ร  l'interdit (heter mitstaref le-issour) ! ยป โ€” or [le verset] lui est [aussi] nรฉcessaire pour taam ke-ikar ; d'oรน il ressort que taam ke-ikar est une exรฉgรจse complรจte (dracha gemoura), tout comme ยซ le permis se combine ร  l'interdit ยป, dont on est passible de flagellation. Et ce dont [Rava] a apportรฉ preuve n'est pas [rรฉellement] une preuve, mais seulement une simple repousse (dehiya), par laquelle il repousse le propos d'Abaye : c'est-ร -dire, d'ici on ne peut pas รฉtablir que ยซ son goรปt mais non sa substance ยป est de la Torah. Sache-le, car Rava lui-mรชme est celui qui dit dans Zevahim (79a) : ยซ les Sages ont dit [d'aller] par le goรปt, et les Sages ont dit [d'aller] par la majoritรฉ, et les Sages ont dit [d'aller] par l'aspect (hazouta) ยป โ€” et [l']espรจce-dans-son-espรจce [qui va] par la majoritรฉ, cela [est bien] de la Torah, comme il ressort plus haut au premier chapitre (Houlin 11a) de ยซ tu suivras la majoritรฉ pour faire pencher ยป. Et ยซ les Sages ont dit ยป n'est pas [ร  prendre] au sens strict, mais [signifie] qu'ils ont exposรฉ et fait sortir la chose des versets. Et certains repoussent [cela] et disent pour Rachi : ce [cas] de la pรขte [en] taam ke-ikar ne traite pas de [goรปt] sans substance, mais il y a [lร  ร  la fois] goรปt et substance. Car, par la farine de cรฉrรฉale qu'on a pรฉtrie dans la pรขte de riz, la pรขte s'est augmentรฉe, et il y a en elle [ร  la fois] goรปt et substance ; et [cela] ne ressemble pas au lait tombรฉ dans la marmite et [qui s'est] dissous, oรน il n'y a pas de substance du lait mais [seulement] du goรปt. Et il me semble que ce n'est pas une [bonne] repousse, car la substance de la cรฉrรฉale n'est pas discernable dans la pรขte de riz ; et si la pรขte s'est augmentรฉe, de mรชme la sauce (rotev) dans la marmite s'est augmentรฉe du lait dissous en elle. Et Abaye aussi โ€” bien que Rava ait repoussรฉ ses propos, [par lesquels] il voulait รฉtablir ร  partir de la viande-dans-le-lait que taam ke-ikar est de la Torah โ€” nous [le] trouvons au chapitre Chelocha minin dans Nazir (36a) tenant que taam ke-ikar est de la Torah : car il dit lร -bas : ยซ d'oรน [savons-nous] que ยซ michrat ยป vient [enseigner] que le permis se combine ร  l'interdit ? Peut-รชtre vient-il [enseigner] taam ke-ikar ! ยป Et au dรฉpart [Abaye] ne savait pas que c'รฉtait de la Torah, et voulait l'apprendre de la viande-dans-le-lait. Et Rabbenou Tam a expliquรฉ que taam ke-ikar dans [l']espรจce-dans-une-espรจce-diffรฉrente (min be-cheeino mino) est de la Torah : car du moment que l'interdit ร  donnรฉ du goรปt dans le permis, [ce dernier] se change tout entier pour devenir interdit, et l'on en est passible de flagellation pour un ke-zayit, comme s'il รฉtait tout entier interdit. Et mรชme dans le sens de l'indulgence (le-koula) nous suivons le goรปt : [ainsi] il s'acquitte de son obligation avec la pรขte de riz, du moment qu'il s'y trouve un goรปt [de cรฉrรฉale], et [cela] mรชme si la majeure partie est du riz. Et nous l'apprenons de ยซ michrat ยป ou des rรฉcipients souillรฉs des goyim. Et ce [propos] de Rabbi Yo'hanan ยซ tout ce dont [on a] le goรปt mais non la substance, on n'en est pas passible de flagellation ยป traite de [l']espรจce-dans-son-espรจce ; et ยซ son goรปt et sa substance ยป dont il dit qu'on est [alors] passible de flagellation, c'est [le cas] oรน l'interdit est en nature (be-ein) et discernable (makiro). ยซ Son goรปt mais non sa substance ยป est interdit rabbiniquement, et l'on n'en est pas passible de flagellation, car selon la Torah il s'annule dans la majoritรฉ. Et il en va de mรชme si la substance de l'interdit รฉtait en nature et ne s'est pas dissoute, mais [seulement] n'est pas discernable : on n'en est pas passible de flagellation, car il s'annule dans la majoritรฉ. Mais voici ce qu'[il vient] nous apprendre : que malgrรฉ cela il est interdit rabbiniquement. Et c'est pourquoi il [le] formule [comme] ยซ [l']espรจce-dans-son-espรจce [qui va] par le goรปt ยป, bien qu'[en fait] il ne donne pas [rรฉellement] ce goรปt dans l'autre : parce qu'il veut dire que ยซ son goรปt mais non sa substance ยป est interdit, et jusqu'oรน est-il interdit โ€” jusqu'ร  [la quantitรฉ qui] donnerait son goรปt dans [l']espรจce-dans-une-espรจce-diffรฉrente. Et Rabbenou Haim, de mรฉmoire bรฉnie, a expliquรฉ que [ce propos] traite bel et bien de [l']espรจce-dans-une-espรจce-diffรฉrente (min be-cheeino mino). Et ยซ son goรปt et sa substance ยป, on [l']appelle [ainsi] lorsqu'il y a un ke-zayit dans [la quantitรฉ consommรฉe] en temps d'ยซ aussitรดt [manger] un demi-pain ยป (kedei akhilat pras) โ€” car alors c'est comme la substance mรชme de l'interdit : du moment qu'il y a autant d'interdit qu'ร  l'intรฉrieur d'[un] akhilat pras on mange un ke-zayit [d'interdit], [le tout] devient tout entier interdit, et celui qui en mange un ke-zayit est passible de flagellation, comme nous [le] voyons ร  propos de la pรขte de riz, oรน avec un ke-zayit de celle-ci il s'acquitte de son obligation, mรชme dans le sens de l'indulgence. Et ยซ son goรปt mais non sa substance ยป, c'est [le cas] oรน il n'y a pas [un] ke-zayit dans [la quantitรฉ d']un akhilat pras : bien que l'interdit ait donnรฉ du goรปt dans le permis, on n'en est pas passible de flagellation. Et bien que taam ke-ikar, nous l'apprenions d'un verset, il est raisonnable de dire que la Torah n'a pas รฉtรฉ rigoureuse quant ร  la donation de goรปt de l'interdit dans le permis, [au point] de le changer en interdit, lorsque le permis est tellement [plus abondant] que l'interdit que, si l'interdit รฉtait en nature et discernable ร  l'intรฉrieur du permis sans [mรชme] donation de goรปt, on n'en serait pas passible de flagellation โ€” ร  savoir [le cas oรน l'interdit est] ร  plus d'[un ke-zayit] dans [la quantitรฉ] d'un akhilat pras. Et dans ce [cas] de notre sougya, on peut expliquer taam ke-ikar [comme] un goรปt rรฉel (taam mamach). Car dans le bรฉlier [du nazirรฉen] il est permis, [parce] que parfois l'รฉpaule et une partie du bรฉlier sont hors de la sauce, et la graisse de l'รฉpaule donne un goรปt vรฉritable ร  ce qui est auprรจs d'elle hors de la sauce. Et dans les autres kodachim il est interdit dans un tel [cas], et il en va de mรชme dans les houlin, d'aprรจs le verset de ยซ michrat ยป ; et s'il [le] formule [en termes de] kodachim, c'est parce qu'il traite [prรฉcisรฉment] des kodachim. Et maintenant, selon la dรฉcision de Rabbenou Tam : si la sauce s'est renversรฉe et que l'on ne sait pas s'il y avait [dans] celle-ci soixante [fois de quoi annuler], c'est un doute [sur une loi] de la Torah (safek de-orayta), et nous l'interdisons. Et selon la dรฉcision de Rachi, c'est un doute [sur une loi] rabbinique (safek de-rabanan), et [c'est] permis.
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Et [en effet] l'apprenons-nous de l'รฉpaule cuite [du nazirรฉen] ? On objecte : ยซ Ceci est un [cas de] permis venant de la gรฉnรฉralitรฉ d'un interdit. ยป ยซ Ceci ยป โ€” pour exclure quoi ? N'est-ce pas pour exclure tous les interdits de la Torah ? Abaye a dit : cela n'est nรฉcessaire que pour [le cas] de Rabbi Yehouda, etc. Rava a dit : cela n'est nรฉcessaire que pour [le principe] taam ke-ikar (le goรปt [vaut] comme la substance) : que, s'agissant des offrandes consacrรฉes (kodachim), il est interdit, tandis qu'ici [l'รฉpaule du bรฉlier du nazirรฉen] il est permis. Rachi a expliquรฉ : ยซ [ce qui] donne du goรปt ยป (noten taam), nous tenons pour รฉtabli que, dans les kodachim, il est interdit comme la substance (ke-ikar) mรชme de l'interdit ; et c'est pour cela qu'[il] enseigne ยซ ceci ยป, pour exclure les autres kodachim ; mais pour les [aliments] profanes (houlin), nous l'apprenons bel et bien de la [viande-dans-le-lait] pour [exiger] cent ou soixante [fois]. Car nous tenons pour รฉtabli plus haut (chapitre 1, siman 17), d'aprรจs ยซ [tu] suivras la majoritรฉ pour [faire] pencher [le jugement] ยป (aharei rabim le-hattot), qu'ils s'annulent dans la majoritรฉ (batel be-rov) ; et de lร  nous apprenons ร  รชtre rigoureux [pour l'interdit-dans-son-espรจce], ร  savoir qu'il ne s'annule que dans cent [contre un]. Or Rava n'admet pas taam ke-ikar dans les houlin, comme il l'explique et le poursuit : que, selon la Torah (mi-de-orayta), il s'annule dans la majoritรฉ, et ce n'est que rabbiniquement (mi-de-rabanan) qu'il est interdit. Et de mรชme nous l'entendons de Rabbi Yo'hanan au traitรฉ Avoda Zara (67a) : ยซ tout ce dont [on a] le goรปt mais non la substance, on n'en est pas passible de flagellation ยป (ein lokin alav). Quant ร  ce que nous l'apprenons dans Pessahim (44b) du nazirรฉen [par le mot] ยซ michrat ยป (macรจre) โ€” pour poser taam ke-ikar โ€” les Amoraim postรฉrieurs tiennent que ce n'est qu'un simple appui scripturaire (asmakhta) et non un [vรฉritable] enseignement dรฉductif (ilf). Car il y aurait alors le nazirรฉen et les rรฉcipients souillรฉs des goyim (giouley akum), deux versets venant [ensemble] comme un seul [dont on ne dรฉduit rien]. Ou bien encore : les rรฉcipients souillรฉs des goyim sont une nouveautรฉ (hidouch), comme il est dit lร -bas au chapitre Elou ovrin ; et ยซ michrat ยป vient [enseigner] que le permis se combine ร  l'interdit (heter mitstaref le-issour). Et de plus il a apportรฉ une preuve de ce qui est dit plus loin au chapitre Kol ha-bassar (Houlin 108a) : Abaye a dit : ยซ conclus-en (chema mina) que ยซ son goรปt mais non sa substance ยป, en gรฉnรฉral, est de la Torah ยป ; car si tu venais ร  penser que [ce n']est que rabbinique โ€” de la viande-dans-le-lait, pour quelle raison ne l'apprend-on pas ? Parce que c'est une nouveautรฉ (hidouch). [Mais] si c'est une nouveautรฉ, alors mรชme quand il n'y a pas de quoi donner du goรปt, [cela devrait รชtre interdit] aussi ! Rava lui a dit : ยซ c'est par voie de cuisson (derech bichoul) que la Torah [l']a interdite ยป โ€” c'est-ร -dire : en vรฉritรฉ, [taam ke-ikar] est [pour les autres interdits] rabbinique, car de la viande-dans-le-lait nous n'apprenons pas, puisqu'elle est une nouveautรฉ ; et ce que nous exigeons du goรปt (be-noten taam) est un dรฉcret du verset (gezerat ha-katouv), car c'est par voie de cuisson que la Torah [l']a interdite, et il est impossible de cuire sans qu'il y ait donation de goรปt. Et maintenant, selon Rachi, il faut dire que le taam ke-ikar dont il parle ici โ€” [ร  savoir] qu'il est interdit dans les kodachim et permis dans le bรฉlier du nazirรฉen โ€” ne vise pas un goรปt rรฉel [au sens de substance], car [alors] il s'annulerait dans soixante ou dans cent ; il vise plutรดt un goรปt de quelque quantitรฉ que ce soit (taam kol de-hou). Et alors il est difficile [de comprendre] : qu'est-ce qui les a contraints d'expliquer que taam ke-ikar n'est pas de la Torah, et que le verset de ยซ michrat ยป est un appui scripturaire (asmakhta), et que les rรฉcipients souillรฉs des goyim sont [aussi] un appui โ€” puisque ici [Rava] ne traite que d'un goรปt de quelque quantitรฉ, [dans un cas] plus [diluรฉ] que soixante, tandis que ces versets-lร  ne traitent que d'une donation de goรปt vรฉritable (netinat taam gamour) ? Et une autre difficultรฉ : il est impossible de dire qu'une quelconque [trace] interdit dans les kodachim. Car au chapitre Ha-taarovot (78a), Rech Lakich dit : ยซ le pigoul, le notar et le [sacrifice devenu] impur (tame) qu'on a mรฉlangรฉs l'un ร  l'autre et mangรฉs โ€” [on en est] exempt ยป, et il dit : ยซ conclus-en (chema mina) que ยซ ce qui donne du goรปt dans la majoritรฉ ยป n'est pas de la Torah ยป ; d'oรน il ressort que mรชme jusqu'ร  la quantitรฉ d'une donation de goรปt, nous n'interdisons pas dans son espรจce (be-mino). Or l'รฉpaule cuite et le sacrifice pour le pรฉchรฉ (hatat) de notre sougya sont [interdits mรฉlangรฉs] dans leur espรจce (be-mino). Il est dit encore au chapitre Ha-kometz Rabba (Menahot 23a), ร  propos de deux offrandes de farine (menahot) qui se sont mรฉlangรฉes, qu'[elles] s'annulent dans la majoritรฉ selon les Sages qui disent : ยซ [l']espรจce-dans-son-espรจce (min be-mino) s'annule ยป ; d'oรน il ressort que la moindre [trace] n'interdit pas dans les kodachim. Et de plus, nous disons au chapitre Dam hatat (Zevahim 97a) et ร  la fin du traitรฉ Avoda Zara (76a) que chaque jour l'un [des sacrifices] souille (gioul) l'autre, et qu'il est permis de cuire un hatat puis ensuite des chelamim. Or c'est bien [comprรฉhensible] si nous exigeons du goรปt : dรจs lors, [l']espรจce-dans-son-espรจce, [qui est interdit] de la Torah, s'annule dans la majoritรฉ ; c'est pourquoi on a maintenu selon la Torah [l'usage] des ustensiles du Sanctuaire. Mais si tu dis [qu'il interdit] ร  la moindre [trace] (be-machehou), alors mรชme [l']espรจce-dans-son-espรจce serait interdit de la Torah โ€” et comment serait-il permis de cuire des chelamim aprรจs un hatat ? Car [cela] diminuerait la consommation des chelamim, les interdirait aux non-prรชtres (zarim) et aux femmes, et [les rendrait] disqualifiรฉs par sortie [hors des limites] (yotse). Rabbenou Tam, de mรฉmoire bรฉnie, a objectรฉ encore que forcรฉment taam ke-ikar dans les houlin est de la Torah, car nous disons au chapitre Ha-taarovot, ร  propos de ce que dit Rech Lakich (ยซ le pigoul, le notar, etc. ยป), lorsqu'il dit ยซ conclus-en que ยซ ce qui donne du goรปt dans la majoritรฉ ยป n'est pas de la Torah ยป : Rava objecte : ยซ celui qui fait une pรขte de blรฉ et de riz โ€” s'il s'y trouve un goรปt de cรฉrรฉale (taam dagan), il est astreint ร  la halla ยป โ€” [seulement] rabbiniquement ! ร‰nonce [donc] la fin : ยซ et l'homme s'en acquitte de son obligation ร  Pessa'h ยป. Plutรดt : [l']espรจce-dans-une-espรจce-diffรฉrente (min be-cheeino mino), [on va] par le goรปt ; [l']espรจce-dans-son-espรจce (min be-mino), [on va] par la majoritรฉ ; et ce [propos] de Rech Lakich traite de [l']espรจce-dans-son-espรจce. Et au dรฉpart il pensait [que c'รฉtait vrai] mรชme pour [l']espรจce-dans-une-espรจce-diffรฉrente, comme le sacrifice d'animal (zevah) et l'offrande de farine (minha). Voici donc que nous trouvons que, bien que la majeure partie de la pรขte soit de riz, du moment qu'il s'y trouve un goรปt de cรฉrรฉale, nous suivons le goรปt ; et s'il a mangรฉ un ke-zayit de cette pรขte, il s'est acquittรฉ de [l'obligation de] la matsa comme si elle รฉtait tout entiรจre de blรฉ. Et de plus, Rabbi Yo'hanan lui-mรชme, qui dit ยซ [tout ce dont on a] le goรปt mais non la substance, on n'en est pas passible de flagellation ยป, tient comme Rabbi Akiva au chapitre Elou ovrin (Pessahim 44b) et dans Nazir (37a), qui dit que taam ke-ikar est de la Torah et l'apprend des rรฉcipients souillรฉs des goyim. Et l'on ne peut pas dire que ce n'est qu'un simple appui scripturaire (asmakhta), car il objecte lร -bas : ยซ mais ยซ michrat ยป vient [enseigner] que le permis se combine ร  l'interdit (heter mitstaref le-issour) ! ยป โ€” or [le verset] lui est [aussi] nรฉcessaire pour taam ke-ikar ; d'oรน il ressort que taam ke-ikar est une exรฉgรจse complรจte (dracha gemoura), tout comme ยซ le permis se combine ร  l'interdit ยป, dont on est passible de flagellation. Et ce dont [Rava] a apportรฉ preuve n'est pas [rรฉellement] une preuve, mais seulement une simple repousse (dehiya), par laquelle il repousse le propos d'Abaye : c'est-ร -dire, d'ici on ne peut pas รฉtablir que ยซ son goรปt mais non sa substance ยป est de la Torah. Sache-le, car Rava lui-mรชme est celui qui dit dans Zevahim (79a) : ยซ les Sages ont dit [d'aller] par le goรปt, et les Sages ont dit [d'aller] par la majoritรฉ, et les Sages ont dit [d'aller] par l'aspect (hazouta) ยป โ€” et [l']espรจce-dans-son-espรจce [qui va] par la majoritรฉ, cela [est bien] de la Torah, comme il ressort plus haut au premier chapitre (Houlin 11a) de ยซ tu suivras la majoritรฉ pour faire pencher ยป. Et ยซ les Sages ont dit ยป n'est pas [ร  prendre] au sens strict, mais [signifie] qu'ils ont exposรฉ et fait sortir la chose des versets. Et certains repoussent [cela] et disent pour Rachi : ce [cas] de la pรขte [en] taam ke-ikar ne traite pas de [goรปt] sans substance, mais il y a [lร  ร  la fois] goรปt et substance. Car, par la farine de cรฉrรฉale qu'on a pรฉtrie dans la pรขte de riz, la pรขte s'est augmentรฉe, et il y a en elle [ร  la fois] goรปt et substance ; et [cela] ne ressemble pas au lait tombรฉ dans la marmite et [qui s'est] dissous, oรน il n'y a pas de substance du lait mais [seulement] du goรปt. Et il me semble que ce n'est pas une [bonne] repousse, car la substance de la cรฉrรฉale n'est pas discernable dans la pรขte de riz ; et si la pรขte s'est augmentรฉe, de mรชme la sauce (rotev) dans la marmite s'est augmentรฉe du lait dissous en elle. Et Abaye aussi โ€” bien que Rava ait repoussรฉ ses propos, [par lesquels] il voulait รฉtablir ร  partir de la viande-dans-le-lait que taam ke-ikar est de la Torah โ€” nous [le] trouvons au chapitre Chelocha minin dans Nazir (36a) tenant que taam ke-ikar est de la Torah : car il dit lร -bas : ยซ d'oรน [savons-nous] que ยซ michrat ยป vient [enseigner] que le permis se combine ร  l'interdit ? Peut-รชtre vient-il [enseigner] taam ke-ikar ! ยป Et au dรฉpart [Abaye] ne savait pas que c'รฉtait de la Torah, et voulait l'apprendre de la viande-dans-le-lait. Et Rabbenou Tam a expliquรฉ que taam ke-ikar dans [l']espรจce-dans-une-espรจce-diffรฉrente (min be-cheeino mino) est de la Torah : car du moment que l'interdit ร  donnรฉ du goรปt dans le permis, [ce dernier] se change tout entier pour devenir interdit, et l'on en est passible de flagellation pour un ke-zayit, comme s'il รฉtait tout entier interdit. Et mรชme dans le sens de l'indulgence (le-koula) nous suivons le goรปt : [ainsi] il s'acquitte de son obligation avec la pรขte de riz, du moment qu'il s'y trouve un goรปt [de cรฉrรฉale], et [cela] mรชme si la majeure partie est du riz. Et nous l'apprenons de ยซ michrat ยป ou des rรฉcipients souillรฉs des goyim. Et ce [propos] de Rabbi Yo'hanan ยซ tout ce dont [on a] le goรปt mais non la substance, on n'en est pas passible de flagellation ยป traite de [l']espรจce-dans-son-espรจce ; et ยซ son goรปt et sa substance ยป dont il dit qu'on est [alors] passible de flagellation, c'est [le cas] oรน l'interdit est en nature (be-ein) et discernable (makiro). ยซ Son goรปt mais non sa substance ยป est interdit rabbiniquement, et l'on n'en est pas passible de flagellation, car selon la Torah il s'annule dans la majoritรฉ. Et il en va de mรชme si la substance de l'interdit รฉtait en nature et ne s'est pas dissoute, mais [seulement] n'est pas discernable : on n'en est pas passible de flagellation, car il s'annule dans la majoritรฉ. Mais voici ce qu'[il vient] nous apprendre : que malgrรฉ cela il est interdit rabbiniquement. Et c'est pourquoi il [le] formule [comme] ยซ [l']espรจce-dans-son-espรจce [qui va] par le goรปt ยป, bien qu'[en fait] il ne donne pas [rรฉellement] ce goรปt dans l'autre : parce qu'il veut dire que ยซ son goรปt mais non sa substance ยป est interdit, et jusqu'oรน est-il interdit โ€” jusqu'ร  [la quantitรฉ qui] donnerait son goรปt dans [l']espรจce-dans-une-espรจce-diffรฉrente. Et Rabbenou Haim, de mรฉmoire bรฉnie, a expliquรฉ que [ce propos] traite bel et bien de [l']espรจce-dans-une-espรจce-diffรฉrente (min be-cheeino mino). Et ยซ son goรปt et sa substance ยป, on [l']appelle [ainsi] lorsqu'il y a un ke-zayit dans [la quantitรฉ consommรฉe] en temps d'ยซ aussitรดt [manger] un demi-pain ยป (kedei akhilat pras) โ€” car alors c'est comme la substance mรชme de l'interdit : du moment qu'il y a autant d'interdit qu'ร  l'intรฉrieur d'[un] akhilat pras on mange un ke-zayit [d'interdit], [le tout] devient tout entier interdit, et celui qui en mange un ke-zayit est passible de flagellation, comme nous [le] voyons ร  propos de la pรขte de riz, oรน avec un ke-zayit de celle-ci il s'acquitte de son obligation, mรชme dans le sens de l'indulgence. Et ยซ son goรปt mais non sa substance ยป, c'est [le cas] oรน il n'y a pas [un] ke-zayit dans [la quantitรฉ d']un akhilat pras : bien que l'interdit ait donnรฉ du goรปt dans le permis, on n'en est pas passible de flagellation. Et bien que taam ke-ikar, nous l'apprenions d'un verset, il est raisonnable de dire que la Torah n'a pas รฉtรฉ rigoureuse quant ร  la donation de goรปt de l'interdit dans le permis, [au point] de le changer en interdit, lorsque le permis est tellement [plus abondant] que l'interdit que, si l'interdit รฉtait en nature et discernable ร  l'intรฉrieur du permis sans [mรชme] donation de goรปt, on n'en serait pas passible de flagellation โ€” ร  savoir [le cas oรน l'interdit est] ร  plus d'[un ke-zayit] dans [la quantitรฉ] d'un akhilat pras. Et dans ce [cas] de notre sougya, on peut expliquer taam ke-ikar [comme] un goรปt rรฉel (taam mamach). Car dans le bรฉlier [du nazirรฉen] il est permis, [parce] que parfois l'รฉpaule et une partie du bรฉlier sont hors de la sauce, et la graisse de l'รฉpaule donne un goรปt vรฉritable ร  ce qui est auprรจs d'elle hors de la sauce. Et dans les autres kodachim il est interdit dans un tel [cas], et il en va de mรชme dans les houlin, d'aprรจs le verset de ยซ michrat ยป ; et s'il [le] formule [en termes de] kodachim, c'est parce qu'il traite [prรฉcisรฉment] des kodachim. Et maintenant, selon la dรฉcision de Rabbenou Tam : si la sauce s'est renversรฉe et que l'on ne sait pas s'il y avait [dans] celle-ci soixante [fois de quoi annuler], c'est un doute [sur une loi] de la Torah (safek de-orayta), et nous l'interdisons. Et selon la dรฉcision de Rachi, c'est un doute [sur une loi] rabbinique (safek de-rabanan), et [c'est] permis.
๐Ÿ’ก Explication

Abaye pose un principe gรฉnรฉral (voir le schรฉma) : 'son goรปt et non sa substance' (taam ke-ikar) โ€” le fait qu'un interdit qui a donnรฉ son goรปt ร  un permis le rende interdit, mรชme s'il n'y a plus de substance rรฉelle de l'interdit โ€” vaut de la Torah et partout (dans tous les interdits), pas seulement pour la viande-dans-le-lait.

4
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Car si tu venais ร  penser [qu'en fait] c'est rabbinique (de-rabanan) โ€” de la viande-dans-le-lait, pour quelle raison ne [l']apprend-on pas [comme Torah] ? Parce que c'est une nouveautรฉ (hidouch) [et l'on ne dรฉduit pas d'une nouveautรฉ].

[Mais] si c'est une nouveautรฉ, alors mรชme s'il n'y a pas de quoi donner du goรปt, [cela] aussi [devrait รชtre interdit] !

๐Ÿ“œ Rachi (3)
ื“ืื™ ืก"ื“ ื‘ื›ืœ ืฉืืจ ืื™ืกื•ืจื™ืŸ ื˜ืขืžื• ื“ืจื‘ื ืŸ ื”ื™ื ื“ืœื ื’ืžืจื™ื ืŸ ืœื”ื• ืžื‘ืฉืจ ื‘ื—ืœื‘:
Car si tu venais ร  penser โ€” [que] dans tous les autres interdits, 'son goรปt' [c'est] rabbinique, du fait qu'on ne l'apprend pas de la viande-dans-le-lait โ€”
ืž"ื˜ ืœื ื’ืžืจื™ื ืŸ ืžื™ื ื™ื” ืžืฉื•ื ื“ื—ื“ื•ืฉ ื”ื•ื ื“ืฉื ื™ื”ื ืžื™ืŸ ื”ื™ืชืจ ื–ื” ืœื‘ื“ื• ื•ื–ื” ืœื‘ื“ื• ื•ื›ืฉื ืชืขืจื‘ื• ื ืืกืจื• ื•ืขื•ื“ ืฉื“ืจืš ื‘ืฉื•ืœ ื ืืกืจื• ื‘ืœื ืื›ื™ืœื” ื”ื™ืœื›ืš ืœื ื’ืžืจื™ื ืŸ ื—ื•ืžืจื ืžื™ื ื™ื™ื”ื•:
Pour quelle raison ne l'apprend-on pas d'elle ? Parce que c'est une nouveautรฉ โ€” car tous deux sont d'espรจce permise, l'un seul et l'autre seul, et c'est lorsqu'ils se sont mรชlรฉs qu'ils sont devenus interdits ; et de plus, c'est par voie de cuisson qu'ils sont devenus interdits, sans [mรชme] consommation [rรฉelle de la substance] ; c'est pourquoi nous n'apprenons pas une rigueur ร  partir d'eux.
ืื™ ื—ื“ื•ืฉ ื”ื•ื ืืžืื™ ืงืชื ื™ ืžืชื ื™' ื“ื‘ืขื™ื ื˜ืขืžื ื‘ืœื ื ื•ืชืŸ ื˜ืขื ื ืžื™ ืืกื•ืจ ื“ื”ื ื—ื“ื•ืฉื ื—ื“ื™ืฉ ื‘ื™ื” ืจื—ืžื ื ื•ืืคื™' ื›ืœ ื“ื”ื• ื“ื”ื ื‘ืฉืจ ื‘ื—ืœื‘ ื”ื•ื ืืœื ืฉ"ืž ืœืื• ื—ื“ื•ืฉื ื“ืื”ื›ื™ ืงืคื™ื“ ืจื—ืžื ื ื“ื•ืžื™ื ื“ื›ืœืื™ ื”ื›ืจื ื“ืžืชืกืจื™ ื ืžื™ ืžืฉื•ื ื›ืœืื™ ืชืขืจื•ื‘ืช ื“ื›ื™ื•ืŸ ื“ืœืื• ื—ื“ื•ืฉ ื”ื•ื ื’ืžืจื™ื ืŸ ืœื™ื” (ืœืขื™ืœ ื—ื•ืœื™ืŸ ื“ืฃ ืฆื—.) ืžื–ืจื•ืข ื‘ืฉืœื” ื“ืžื™ืฉืชืจื™ ื›ืœ ื›ืžื” ื“ืœื™ื›ื ื˜ืขืžื:
[Mais] si c'est une nouveautรฉ โ€” pourquoi la michna enseigne-t-elle qu'il faut du goรปt ? [il devrait รชtre] interdit mรชme sans donner de goรปt, puisque le Misรฉricordieux y a introduit une nouveautรฉ, et [cela] mรชme pour la moindre [quantitรฉ], car c'est [bien] de la viande-dans-le-lait ! Plutรดt, conclus-en que ce n'est pas une nouveautรฉ [sur ce point], que le Misรฉricordieux y serait pointilleux [au point d'interdire sans goรปt] โ€” semblable au mรฉlange-interdit de la vigne (kilei ha-kerem) qui s'interdit lui aussi par mรฉlange ; puisque ce n'est pas une nouveautรฉ, nous l'apprenons (Houlin 98a plus haut) de l''รฉpaule cuite' (du nazirรฉen) qui est permise tant qu'il n'y a pas de goรปt.
๐Ÿ—‚๏ธ Tossefot (2)
ืžื‘ืฉืจ ื‘ื—ืœื‘ ืž"ื˜ ืœื ื’ืžืจื™ื ืŸ ื›ื•' ื•ื"ืช ื“ื”ื›ื ืžืฉืžืข ื“ื ืคืงื ืœื™ื” ืœืื‘ื™ื™ ื˜ืขื ื›ืขื™ืงืจ ืžื‘ืฉืจ ื‘ื—ืœื‘ ื•ืื™ืœื• ื‘ืค' ืืœื• ืขื•ื‘ืจื™ืŸ (ืคืกื—ื™ื ื“ืฃ ืžื“:) ื•ื‘ืค' ื’' ืžื™ื ื™ืŸ (ื ื–ื™ืจ ื“ืฃ ืœื–.) ืคืœื™ื’ื™ ืจ' ืขืงื™ื‘ื ื•ืจื‘ื ืŸ ืœืžืจ ื ืคืงื ืœื™ื” ื˜ืขื ื›ืขื™ืงืจ ืžืžืฉืจืช ื•ืœืžืจ ืžื’ื™ืขื•ืœื™ ืขื•ื‘ื“ื™ ื›ื•ื›ื‘ื™ื ื•ืื‘ื™ื™ ื“ืื™ื™ืจื™ ื‘ื”ื”ื™ื ืกื•ื’ื™ื ืžืฉืžืข ื“ื™ื“ืข ืœื”ื”ื™ื ื‘ืจื™ื™ืชื ื•ื™"ืœ ื“ืื‘ื™ื™ ืงื‘ืœื” ืžืจื‘ื ืฉื“ื—ื” ืœื• ื•ื—ื–ืจ ื‘ื•:
'De la viande-dans-le-lait, pour quelle raison ne l'apprend-on pas etc.' โ€” et si tu objectes : ici il ressort que, pour Abaye, 'taam ke-ikar' lui vient de la viande-dans-le-lait, alors qu'au chapitre Elou ovrin (Pessahim 44b) et au chapitre Chelocha minin (Nazir 37a), Rabbi Akiva et les Sages divergent โ€” pour l'un 'taam ke-ikar' lui vient de 'michrat' [le jus de raisin du nazirรฉen], et pour l'autre des 'rรฉcipients souillรฉs des idolรขtres' (guioulรฉi goyim) โ€” et Abaye, qui intervient dans cette sougya-lร , montre [bien] qu'il connaรฎt cette braita ! L'on peut dire qu'Abaye l'a reรงu de Rava, qui le lui a rรฉfutรฉ, et il s'est rรฉtractรฉ.
ื“ื—ื“ื•ืฉ ื”ื•ื ืคื™' ื‘ืงื•ื ื˜ืจืก ื“ืฉื ื™ื”ืŸ ืžื™ืŸ ื”ื™ืชืจ ื–ื” ืœื‘ื“ื• ื•ื–ื” ืœื‘ื“ื• ื•ื›ืฉื ืชืขืจื‘ื• ื ืืกืจื™ืŸ ื•ื˜ืขื ื–ื” ืœื ืงืืžืจ ื‘ืืœื• ืขื•ื‘ืจื™ืŸ (ืคืกื—ื™ื ื“ืฃ ืžื“:) ื•ื‘ืค' ื’' ืžื™ื ื™ื (ื ื–ื™ืจ ื“ืฃ ืœื–.) ื“ื”ื ื›ืœืื™ื ื ืžื™ ื”ื›ื™ ื”ื•ื• ื•ืžืกื™ืง ื“ื”ื™ื™ื ื• ื—ื“ื•ืฉื• ื“ืื™ ืชืจื• ืœื™ื” ื›ื•ืœื™ื” ื™ื•ืžื ื‘ื—ืœื‘ื ืฉืจื™ ืืข"ื’ ืฉื ื‘ืœืข ื”ื—ืœื‘ ื‘ื‘ืฉืจ ืืข"ืค ืฉื”ื•ื ืฆื•ื ืŸ ืœืคื™ ืฉื”ื•ื ืฆืœื•ืœ ื•ื”ื‘ืฉืจ ืฉื•ื”ื” ื‘ืชื•ื›ื• ื•ื›ื™ ื‘ืฉื™ืœ ืœื™ื” ืืกื•ืจ:
'Parce que c'est une nouveautรฉ' โ€” Rachi a expliquรฉ : car tous deux sont d'espรจce permise, l'un seul et l'autre seul, et lorsqu'ils se sont mรชlรฉs ils sont devenus interdits. Or ce motif-lร  n'est pas dit dans Elou ovrin (Pessahim 44b) ni au chapitre Chelocha minin (Nazir 37a), car le mรฉlange-interdit (kilaim) est lui aussi ainsi [deux choses permises sรฉparรฉment] ; et [lร -bas la guemara] conclut que voici en quoi consiste sa nouveautรฉ : que si l'on [la viande] y a trempรฉ tout un jour dans du lait, [c'est] permis โ€” bien que le lait ait รฉtรฉ absorbรฉ dans la viande, parce qu'il est froid, du fait qu'il est liquide et que la viande y a sรฉjournรฉ โ€” mais lorsqu'on l'a cuite, [c'est] interdit.
๐Ÿ’ก Explication

Preuve d'Abaye par l'absurde. Si l'on disait que 'taam ke-ikar' n'est que rabbinique pour les autres interdits, c'est qu'on refuserait de l'apprendre de la viande-dans-le-lait au motif qu'elle est un hidouch (une nouveautรฉ : chaque รฉlรฉment est permis seul, l'interdit ne naรฎt que du mรฉlange et de la cuisson, donc on n'en dรฉduit rien). Or, rรฉpond Abaye, si la viande-dans-le-lait รฉtait vraiment un pur hidouch, elle devrait interdire mรชme sans goรปt (la moindre trace suffirait). Puisque la michna exige du goรปt, c'est donc que ce n'est pas un hidouch sur ce point โ€” et l'on peut bien en dรฉduire 'taam ke-ikar' pour le reste, de la Torah.

5
ืืžืจ ืœื™ื” ืจื‘ื: ื“ืจืš ื‘ืฉื•ืœ ืืกืจื” ืชื•ืจื”.

Rava lui dit : [non !] c'est par voie de cuisson (derech bichoul) que la Torah [l']a interdite [, et toute cuisson donne forcรฉment du goรปt].

๐Ÿ“œ Rachi (1)
ืืžืจ ืœื™ื” ืจื‘ื ืœืขื•ืœื ืื™ืžื ืœืš ื—ื“ื•ืฉ ื”ื•ื ื•ื“ืงืืžืจืช ืืข"ื’ ื“ืœื™ื›ื ื˜ืขืžื ืœื™ืชืกืจ ื“ื”ื ืœื™ื›ื ืœืžื’ืžืจื™ื” ืžื–ืจื•ืข ื‘ืฉืœื” ืขืœ ื›ืจื—ืš ื‘ื’ื•ืคื™ื” ื’ืœื™ ืงืจื ื“ื‘ืขื™ื ืŸ ื˜ืขืžื ืžื“ืœื ืืกืจืชื• ืชื•ืจื” ืืœื ื“ืจืš ื‘ืฉื•ืœ ืฉืืกืจ ื”ื‘ืฉืจ ืœื”ืชื‘ืฉืœ ื‘ื—ืœื‘ ื•ืื™ืŸ ืœืš ื›ื’ื•ืŸ ื–ื• ืฉืœื ื™ืชืŸ ื˜ืขื:
Rava lui dit โ€” en vรฉritรฉ je te le dis, c'est une nouveautรฉ ; et ce que tu dis, [ร  savoir] que mรชme sans goรปt [cela] devrait รชtre interdit โ€” car il n'y a pas lร  de quoi l'apprendre de l''รฉpaule cuite' โ€” [eh bien] de force le verset l'a [lui-mรชme] rรฉvรฉlรฉ en son [propre] cas, [ร  savoir] que nous exigeons du goรปt, du fait que la Torah ne l'a interdit que par voie de cuisson, [le Misรฉricordieux] ayant interdit ร  la viande d'รชtre cuite dans du lait ; et il n'existe pas de cas semblable ร  celui-lร  oรน il ne donnerait pas de goรปt [donc l'exigence de goรปt vient de 'cuire', non d'un 'taam ke-ikar' gรฉnรฉral].
๐Ÿ—‚๏ธ Tossefot (1)
ืืžืจ ืจื‘ื ื“ืจืš ื‘ืฉื•ืœ ืืกืจื” ืชื•ืจื” ื“ื™ื—ื•ื™ื ื‘ืขืœืžื ื”ื•ื ื“ืžื”ื›ื ืœื™ื›ื ืœืžื™ืœืฃ ืื‘ืœ ื˜ืขื ื›ืขื™ืงืจ ื”ื•ื™ ื“ืื•ืจื™ื™ืชื ื›ื“ืคื™' (ื‘ืงื•ื ื˜ืจืก) ืค' ื’ื™ื“ ื”ื ืฉื” (ืœืขื™ืœ ื—ื•ืœื™ืŸ ื“ืฃ ืฆื—: ื“"ื” ืจื‘ื):
Rava a dit : 'c'est par voie de cuisson que la Torah l'a interdite' โ€” [ce n']est qu'une simple repousse, car de lร -mรชme [de la viande-dans-le-lait] il n'y a rien ร  apprendre ; mais 'taam ke-ikar' est [bien] de la Torah, comme [Rachi] l'a expliquรฉ au chapitre Guid ha-nache (Houlin 98b plus haut, au passage commenรงant par 'Rava').
๐Ÿ’ก Explication

Rava รฉcarte la preuve d'Abaye. La viande-dans-le-lait est bien un hidouch ; si la michna y exige du goรปt, ce n'est pas parce que le principe 'taam ke-ikar' s'y appliquerait par voie ordinaire, mais parce que la Torah n'a interdit que la voie de la cuisson (derech bichoul) โ€” et il n'existe pas de cuisson qui ne donne du goรปt. L'exigence de goรปt dรฉcoule donc du mot 'cuire' lui-mรชme, et l'on ne peut rien en dรฉduire pour les autres interdits.

6
ืืžืจ ืจื‘: ื›ื™ื•ืŸ ืฉื ืชืŸ ื˜ืขื ื‘ื—ืชื™ื›ื”, ื—ืชื™ื›ื” ืขืฆืžื” ื ืขืฉื™ืช ื ื‘ืœื”, ื•ืื•ืกืจืช ื›ืœ ื”ื—ืชื™ื›ื•ืช ื›ื•ืœืŸ, ืžืคื ื™ ืฉื”ืŸ ืžื™ื ื”.

Rav a dit : dรจs lors qu'[elle] a donnรฉ du goรปt au morceau, le morceau lui-mรชme devient nevela (charogne), et il interdit tous les morceaux entiรจrement, parce qu'ils sont de son espรจce (mino).

๐Ÿ“œ Rachi (2)
ืืžืจ ืจื‘ ื”ื ื“ืชื ืŸ ื‘ืžืชื ื™ืชื™ืŸ ืื ื™ืฉ ื‘ื ื•ืชืŸ ื˜ืขื ื‘ืื•ืชื” ื—ืชื™ื›ื” ืœืืกื•ืจ ืืช ื›ืœ ื”ืงื“ืจื” ื“ื›ื™ื•ืŸ ื“ื ืืกืจื” ื”ื—ืชื™ื›ื” ื”ื™ื ืขืฆืžื” ื›ื•ืœื” ื ืขืฉื™ืช ืื™ืกื•ืจ ื•ืื•ืกืจืช ื›ืœ ื”ื—ืชื™ื›ื•ืช ื›ื•ืœืŸ ื•ืืคื™ืœื• ื™ืฉ ื‘ื”ืŸ ื›ื“ื™ ืœื‘ื˜ืœ ื”ื—ืชื™ื›ื” ื›ื•ืœื” ื ืืกืจื•ืช ื›ื•ืœืŸ:
Rav a dit โ€” ceci que nous avons enseignรฉ dans la michna, 's'il y a de quoi donner du goรปt ร  ce morceau-lร ', [c'est] pour interdire toute la marmite ; car, dรจs lors que le morceau est devenu interdit, lui-mรชme en entier devient [substance] interdite et interdit tous les morceaux entiรจrement โ€” et mรชme s'il y a en eux de quoi annuler le morceau tout entier, ils deviennent tous interdits.
ืžืคื ื™ ืฉื”ืŸ ืžื™ื ื” ื•ืจื‘ ืกื‘ืจ ืœื” ื›ืจื‘ื™ ื™ื”ื•ื“ื” ื“ืืžืจ ืžื™ืŸ ื‘ืžื™ื ื• ืœื ื‘ื˜ื™ืœ:
'Parce qu'ils sont de son espรจce' โ€” et Rav tient comme Rabbi Yehouda, qui dit : [le] semblable dans [le] semblable ne s'annule pas (min be-mino lo batel).
โš–๏ธ Rosh (1)
ื“ืจืฉ ืจื‘ื” ื‘ืจ ื‘ืจ ื—ื ื” ื—ืชื™ื›ื” ืฉืœ ื ื‘ื™ืœื” ื•ืฉืœ ื“ื’ ื˜ืžื ืื™ืŸ ืื•ืกืจื™ืŸ ืขื“ ืฉื™ืชืŸ ื˜ืขื ื‘ืจื•ื˜ื‘ ื•ื‘ืงื™ืคื” ื•ื‘ื—ืชื™ื›ื•ืช. ื•ืื•ืงื™ ืจื‘ ืืžื•ืจื ืขืœื™ื” ื•ื“ืจืฉ ืืคื™ืœื• ืœื ื ืชืŸ ื˜ืขื ืืœื ื‘ื—ืชื™ื›ื” ื—ืชื™ื›ื” ืขืฆืžื” ื ืขืฉื™ืช ื ื‘ื™ืœื” ื•ืื•ืกืจืช ื›ืœ ื”ื—ืชื™ื›ื•ืช ื›ื•ืœืŸ ืžืคื ื™ ืฉื”ืŸ ืžื™ื ื” ื•ื”ื™ืœื›ืชื ื›ืจื‘ื” ื‘ืจ ื‘ืจ ื—ื ื” ื•ืื ืชืืžืจ ืœืžื” ืœื™ื” ืœืžื™ืžืจ ืฉืงื™ื‘ืœื” ื”ื—ืชื™ื›ื” ืฉืœ ื”ื™ืชืจ ื˜ืขื ื•ื”ื ื‘ื›ืœ ืฉื”ื•ื ืžืชืกืจื” ื‘ืžื™ื ื”. ื•ืžื“ืงืืžืจ ืืคื™ืœื• ืœื ื ืชื ื” ื˜ืขื ืืœื ื‘ื—ืชื™ื›ื” ืžืฉืžืข ืฉื ื‘ืœืข ื‘ื” ื›ืœ ื›ืš ืฉืื ื”ื™ืชื” ืฉืœื ื‘ืžื™ื ื” ืงื‘ืœื” ืžืžื ื” ื˜ืขื. ื•ืชื™ืจืฅ ืจ"ืช ื–"ืœ ื“ื ื”ื™ ื“ืžื™ืชืกืจื ืž"ืž ืœื ื”ื•ื” ืืžืจ ืฉืชืขืฉื” ื ื‘ื™ืœื” ืœืืกื•ืจ ื›ืœ ื”ื—ืชื™ื›ื•ืช ื›ื™ื•ืŸ ืฉื”ื™ื ืขืฆืžื” ืœื ื ืืกืจื” ืืœื ืข"ื™ ื›ืœ ืฉื”ื•. ื•ืจื‘ื™ื ื• ืืคืจื™ื ื”ื™ื” ืžื“ืงื“ืง ืžื›ืืŸ ื“ืœื ืืžืจื™ื ืŸ ื‘ื›ืœ ืื™ืกื•ืจื™ืŸ ืฉื‘ืชื•ืจื” ื—ืชื™ื›ื” ืขืฆืžื” ื ืขืฉื™ืช ื ื‘ื™ืœื” ืœื”ืฆืจื™ืš ืฉืฉื™ื ืœื‘ื˜ืœ ื›ืœ ื”ื—ืชื™ื›ื” ืฉื ืืกืจื” ืจืง ืฉื™ื”ื™ื” ื‘ื”ื™ืชืจ ืฉืฉื™ื ืœื‘ื˜ืœ ื”ืื™ืกื•ืจ ืฉื ื‘ืœืข ื‘ื—ืชื™ื›ื”. ื”ื™ืœื›ืš ืœืจื‘ ื“ืื™ืช ืœื™ื” ื”ื›ื ืžื™ืŸ ื‘ืžื™ื ื• ืœื ื‘ื˜ื™ืœ ืื™ ืœืื• ื“ื ืืกืจื” ื”ื—ืชื™ื›ื” ื‘ื ืชื™ื ืช ื˜ืขื ืืœื ื‘ื›ืœ ืฉื”ื•ื ืœื ื”ื™ืชื” ืื•ืกืจืช ืฉืืจ ื”ื—ืชื™ื›ื•ืช ืžืคื ื™ ืฉื”ืŸ ืžื™ื ื”. ืฉื”ืจื™ ื"ืฆ ืœื‘ื˜ืœ ืืœื ื”ืื™ืกื•ืจ ืœื‘ื“ ื•ื›ื™ื•ืŸ ื“ืœื ื ืชืŸ ื˜ืขื ื‘ื—ืชื™ื›ื” ื”ืจื™ ื”ื•ื ื›ืžืืŸ ื“ืœื™ืชื™ื” ื•ืœื ื—ืฉื™ื‘ ืžื™ืŸ ื‘ืžื™ื ื•. ืื‘ืœ ื›ืฉืงื‘ืœื” ื˜ืขื ืžืŸ ื”ืื™ืกื•ืจ ืžื™ืงืจื™ื ืžื™ืŸ ื‘ืžื™ื ื•. ื•ื”ื ื“ืืžืจื™ื ืŸ ืœืงืžืŸ ื‘ืค' ื›ืœ ื”ื‘ืฉืจ (ื—ื•ืœื™ืŸ ื“ืฃ ืงื—.) ื˜ื™ืคืช ื—ืœื‘ ืฉื ืคืœื” ืขืœ ื—ืชื™ื›ืช ื‘ืฉืจ ื›ื™ื•ืŸ ืฉื ืชื ื” ื˜ืขื ื‘ื—ืชื™ื›ื” ื—ืชื™ื›ื” ืขืฆืžื” ื ืขืฉื” ื ื‘ื™ืœื” ื•ืื•ืกืจืช ื•ืœื ืกื’ื™ ื‘ื‘ื™ื˜ื•ืœ ื”ื˜ื™ืคื” ืœื—ื•ื“ื™ื”. ื‘ืฉืจ ื‘ื—ืœื‘ ืฉืื ื™ ื“ื›ืœ ื—ื“ ืœื—ื•ื“ื™ื” ืฉืจื™ ื•ื›ื™ ืื™ืชื ื”ื• ื‘ื”ื“ื™ ื”ื“ื“ื™ ืืกื™ืจื™ ื”ื™ืœื›ืš ื”ืฉืชื ื ืขืฉื• ื‘ื™ืŸ ืฉื ื™ื”ื ื—ืชื™ื›ื” ื“ืื™ืกื•ืจื. ืื‘ืœ ืื™ืกื•ืจ ื”ื ื‘ืœืข ื‘ื”ื™ืชืจ ื•ืื•ืกืจื• ื‘ื ืชื™ื ืช ื˜ืขื ืœื ื ืืกืจื” ื—ืชื™ื›ืช ื”ื™ืชืจ ืืœื ืžื˜ืขื ื”ืืกื•ืจ ื”ื ื‘ืœืข ื‘ืชื•ื›ื• ื•ืื™ ืืคืฉืจ ืœื”ืคืจื“ ืžืžื ื• ื”ื™ืœื›ืš ืœื ื‘ืขื™ื ืŸ ืฉืฉื™ื ืืœื ืœื‘ื˜ืœ ื”ืื™ืกื•ืจ ื”ื ื‘ืœืข ื‘ืชื•ื›ื•. ื•ืขื™ืงืจ ืžื™ืœืชื™ื” ื“ืจื‘ ืœื”ืฉืžื™ืขื ื• ื“ื‘ืจ ื–ื”. ื“ืจื‘ ืฉื”ืขืžื™ื“ ืืžื•ืจื ืขืœื™ื” ืœืืคื•ืงื™ ืžืจื‘ื” ื‘ื‘"ื— ื“ืืžืจ ื“ืฆืจื™ืš ืฉืชืชืŸ ื”ื—ืชื™ื›ื” ื˜ืขื ื‘ื—ืชื™ื›ื•ืช ื‘ืงื™ืคื” ื•ื‘ืจื•ื˜ื‘ ื•ืจืฆื” ืœื”ื•ื“ื™ืข ื“ืžื™ืŸ ื‘ืžื™ื ื• ื‘ื›ืœ ืฉื”ื•ื ืœื ื”ื™ื” ืฆืจื™ืš ืœื•ืžืจ ืืœื ื—ืชื™ื›ื” ืฉืœ ื ื‘ื™ืœื” ืื•ืกืจืช ื›ืœ ื”ื—ืชื™ื›ื•ืช ืžืคื ื™ ืฉื”ืŸ ืžื™ื ื”. ื“ืžื” ืฉื”ืจืืฉื•ื ื” ื ืืกืจืช ื‘ื ืชื™ื ืช ื˜ืขื ื‘ื–ื” ืื™ืŸ ืฉื•ื ื—ื™ื“ื•ืฉ. ืืœื ืืชื ืœืืฉืžื•ืขื™ื ืŸ ื“ืืข"ื’ ื“ืจื‘ ืกื‘ืจ ื“ืžื™ืŸ ื‘ืžื™ื ื• ื‘ื›ืœ ืฉื”ื•ื ื“ื•ืงื ื‘ืฉื ืชื ื” ื˜ืขื ื‘ืฉืœ ืื™ืกื•ืจ ืื– ืžื™ืงืจื™ื ืžื™ืŸ ื‘ืžื™ื ื• ืœืืกื•ืจ ืฉืืจ ื”ื—ืชื™ื›ื•ืช. ืื‘ืœ ืื ื ืืกืจื” ื‘ื›ืœ ืฉื”ื•ื ื›ื™ื•ืŸ ืฉื"ืฆ ืœื‘ื˜ืœ ืืœื ืื™ืกื•ืจ ื”ืจืืฉื•ืŸ ืœื ื—ืฉื™ื‘ ืžื™ืŸ ื‘ืžื™ื ื• ื‘ื›ืœ ืฉื”ื•. ื•ืืข"ื’ ื“ืœื ืงื™"ืœ ื›ืจื‘ ื‘ื”ื ื“ืกื‘ืจ ื›ืจ' ื™ื”ื•ื“ื”. ืž"ืž ื‘ื”ืš ืกื‘ืจื ืœื™ื›ื ืžืืŸ ื“ืคืœื™ื’ ืขืœื™ื”. ื•ืขื•ื“ ื”ื‘ื™ื ืจืื™ื” ืœื“ื‘ืจื™ื• ืžื”ื ื“ืืžืจื™ื ืŸ ืœืขื™ืœ (ื—ื•ืœื™ืŸ ื“ืฃ ืฆื—.) ื”ื”ื™ื ื›ื–ื™ืชื ื“ืชืจื‘ื ื“ื ืคืœ ืœื“ื™ืงื•ืœื ื“ื‘ืฉืจื ื•ื“ื™ืงื•ืœื ื”ื•ื ืกืœ ืžืœื ื—ืชื™ื›ื•ืช ืฉืœ ื‘ืฉืจ ืจื•ืชื—. ื•ืœื ืืžืจ ืฉืชื™ืขืฉื” ื ื‘ื™ืœื” ืื•ืชื” ื—ืชื™ื›ื” ืฉื ืคืœ ืขืœื™ื” ื”ื–ื™ืช ื•ืœื ื”ื™ื” ื‘ื” ืก' ืœื‘ื˜ืœ ื”ื–ื™ืช ื•ืชื—ื–ื•ืจ ื•ืชืืกื•ืจ ืฉืืจ ื”ื—ืชื™ื›ื•ืช ืืœื ืžืฉืขืจื™ื ืŸ ื”ื–ื™ืช ื‘ื›ืœ ื”ื‘ืฉืจ ืฉื‘ืกืœ ื•ื“ื—ื• ืจืื™ื” ื–ื• ื“ืœืคื™ ืžื” ืฉืคืจืฉ"ื™ ืฉื“ื™ืงื•ืœื ื”ื™ื ืงืœื—ืช ืื™ืŸ ืจืื™ื”. ื•ืืคื™ืœื• ืื ื ืืžืจ ืฉื“ื™ืงื•ืœื ื”ื™ื ืกืœ ื›ืžื• ืฉื‘ืžืฉืžืขื” 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ื“ืืžืจื™ื ืŸ ื‘ืคืจืง ืงืžื ื“ืชืžื•ืจื” ื“ืฃ ื™ื‘. ืื™ืŸ ื”ืžื“ื•ืžืข ืžื“ืžืข ืืœื ืœืคื™ ื”ื—ืฉื‘ื•ืŸ ื•ืœื ืืžืจื™ื ืŸ ืฉืชื—ืฉื‘ ื”ื›ืœ ืชืจื•ืžื”. ื•ืžื™ื”ื• ื™ืฉ ืœื—ืœืง ื‘ื™ืŸ ื“ื‘ืจ ื™ื‘ืฉ ื•ื‘ื™ืŸ ื“ื‘ืจ ื”ื ืืกืจ ืข"ื™ ื ืชื™ื ืช ื˜ืขื ื•ืขื•ื“ ื ื™ื—ื ืœืคื™ืจื•ืฉื• ื”ื ื“ืืžืจื™ื ืŸ ื‘ืคืจืง ื‘ืชืจื ื“ืžืกื›ืช ืข"ื– ื“ืฃ ืขื’. ื’ื‘ื™ ื™ื™ืŸ ื ืกืš ืฉื ืคืœ ืœื‘ื•ืจ ื“ืืคื™ืœื• ื ืคืœ ืฉื ืงื™ืชื•ืŸ ืฉืœ ืžื™ื ืœื‘ืกื•ืฃ ืจื•ืื™ืŸ ืืช ื”ื”ื™ืชืจ ื›ืื™ืœื• ืื™ื ื• ื•ื”ืฉืืจ ืžื™ื ืจื‘ื™ื ืขืœื™ื• ื•ืžื‘ื˜ืœื™ืŸ ืื•ืชื•. ื•ืœื ืืžืจื™ื ืŸ ืฉืžืชื—ืœื” ื ืขืฉื” ื”ื™ื™ืŸ ืฉืœ ื”ื™ืชืจ ืขืฆืžื• ื ื‘ื™ืœื” ื•ื™ื”ื ืฆืจื™ืš ืžื™ื ืœื‘ื˜ืœ ืฉื ื™ื”ื ื•ืžื™ื”ื• ื™ืฉ ืœื•ืžืจ ื“ื”ืชื ืื™ื™ืจื™ ืฉืœื ื”ื™ื” ื‘ื™ื™"ื  ื›ื“ื™ ืœื™ืชืŸ ื˜ืขื ื‘ื™ื™ืŸ ื”ื”ื™ืชืจ ื•ืœื ื ืืกืจ ืืœื ืข"ื™ ื›ืœ ืฉื”ื•ื ื”ืื•ืกืจ ื‘ืžื™ื ื•. ื•ื‘ื“ื‘ืจ ื”ื ืืกืจ ืข"ื™ ื›ืœ ืฉื”ื•ื ืœื ืืžืจื™ื ืŸ ืฉื™ืขืฉื” ื”ื•ื ืขืฆืžื• ื ื‘ื™ืœื” ื›ื“ืคื™ืจืฉ ืจ"ืช. ื•ืืข"ื’ 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Rabba bar bar Hana a exposรฉ : un morceau (chatiha) de nevela (charogne) ou de poisson impur (dag tame) n'interdit [le reste] que lorsqu'il donne du goรปt dans la sauce (rotev), dans le sรฉdiment (kipa) et dans les [autres] morceaux (hatikhot). Et Rav a placรฉ un interprรจte (amora) auprรจs de lui [pour transmettre son enseignement] et a exposรฉ : mรชme s'il n'a donnรฉ du goรปt que dans [un seul] morceau, le morceau lui-mรชme devient nevela et interdit tous les morceaux entiers, parce qu'ils sont de son espรจce (mino). Et la halakha est comme Rabba bar bar Hana. Et si tu objectes : pourquoi lui [a-t-il] fallu dire que le morceau permis ร  reรงu du goรปt ? Or [mรชme] pour la moindre [quantitรฉ] (be-khรดl chehou) il devient interdit dans son espรจce [selon Rav qui suit Rabbi Yehouda que l'espรจce-dans-son-espรจce ne s'annule pas] ! Et du fait qu'il dit ยซ mรชme s'il n'a donnรฉ du goรปt que dans [un] morceau ยป, il ressort qu'il s'est absorbรฉ en lui suffisamment [de sorte] que, s'il [le morceau] avait รฉtรฉ d'une espรจce diffรฉrente, il aurait reรงu de lui du goรปt. Et Rabbenou Tam, de mรฉmoire bรฉnie, a rรฉpondu : quoiqu'[ร  la moindre quantitรฉ] il devienne interdit, nรฉanmoins il n'aurait pas dit qu'il devient nevela au point d'interdire tous les [autres] morceaux, du moment que lui-mรชme n'a รฉtรฉ rendu interdit que par la moindre [quantitรฉ]. Et Rabbenou Efraim tirait d'ici la dรฉduction que nous ne disons pas, pour tous les interdits de la Torah, que le morceau lui-mรชme devient nevela [au point] d'exiger soixante [fois de quoi] annuler tout le morceau qui a รฉtรฉ rendu interdit ; il suffit [seulement] qu'il y ait dans le permis soixante [fois de quoi] annuler l'interdit qui a รฉtรฉ absorbรฉ dans le morceau. Dรจs lors, pour Rav qui tient ici que l'espรจce-dans-son-espรจce (min be-mino) ne s'annule pas : si le morceau n'avait pas รฉtรฉ rendu interdit par une donation de goรปt mais [seulement] par la moindre [quantitรฉ], il n'aurait pas interdit les autres morceaux du fait qu'ils sont de son espรจce. Car il n'est besoin d'annuler que l'interdit seul, et du moment qu'il [l'interdit] n'a pas donnรฉ de goรปt dans le morceau, [ce dernier] est comme [quelque chose] qui n'existe pas (ke-man de-leteih), et n'est pas considรฉrรฉ comme espรจce-dans-son-espรจce. Mais lorsqu'[il] a reรงu du goรปt de l'interdit, il est appelรฉ espรจce-dans-son-espรจce. Et ce que nous disons plus loin au chapitre Kol ha-bassar (Houlin 108a) : ยซ une goutte de lait tombรฉe sur un morceau de viande โ€” du moment qu'elle a donnรฉ du goรปt dans le morceau, le morceau lui-mรชme devient nevela et interdit [le reste] ยป, et il ne suffit pas d'annuler la goutte seule : la viande-dans-le-lait est diffรฉrente, car chacun seul est permis, et lorsqu'ils sont ensemble ils sont interdits ; dรจs lors, maintenant, [tous deux] sont devenus entre eux [deux] un morceau d'interdit (hatikha de-issoura). Mais [pour] un interdit absorbรฉ dans un permis et qui le rend interdit par donation de goรปt, le morceau permis n'a รฉtรฉ rendu interdit qu'ร  cause du goรปt de l'interdit absorbรฉ en lui, et il est impossible de s'en sรฉparer ; dรจs lors, nous n'exigeons [que] soixante [fois de quoi] annuler l'interdit absorbรฉ en lui. Et l'essentiel du propos de Rav est de nous faire connaรฎtre cette chose[-ci]. Car Rav, qui a placรฉ un interprรจte auprรจs de lui pour [s'inscrire] ร  l'encontre de Rabba bar bar Hana โ€” lequel dit qu'il faut que le morceau donne du goรปt dans les [autres] morceaux, dans le sรฉdiment et dans la sauce โ€” et voulait faire savoir que l'espรจce-dans-son-espรจce [s'interdit] ร  la moindre [quantitรฉ] : il n'aurait eu besoin de dire que ยซ un morceau de nevela interdit tous les morceaux parce qu'ils sont de son espรจce ยป. Car [le fait] que le premier soit rendu interdit par une donation de goรปt, il n'y a en cela aucune nouveautรฉ (hidouch). Il vient plutรดt nous apprendre que, bien que Rav tienne que l'espรจce-dans-son-espรจce [s'interdit] ร  la moindre quantitรฉ, c'est [seulement] lorsqu'il a donnรฉ du goรปt dans [le morceau] d'interdit qu'alors [ce dernier] est appelรฉ espรจce-dans-son-espรจce [pouvant] interdire les autres morceaux ; mais s'il a รฉtรฉ rendu interdit par la moindre [quantitรฉ], du moment qu'il n'est besoin d'annuler que l'interdit premier, il n'est pas considรฉrรฉ comme espรจce-dans-son-espรจce ร  la moindre [quantitรฉ]. Et bien que nous ne tenions pas comme Rav en ceci qu'il tient comme Rabbi Yehouda, nรฉanmoins sur ce raisonnement[-ci] il n'y a personne qui diverge de lui. Et de plus, il a apportรฉ une preuve ร  ses propos de ce que nous disons plus haut (Houlin 98a) : ce [cas d']un ke-zayit de graisse (helev) tombe dans un ยซ dikoula ยป de viande โ€” et le dikoula est un panier plein de morceaux de viande bouillante โ€” et il n'a pas dit que le morceau sur lequel est tombรฉ le ke-zayit devient nevela, [alors qu']il n'y avait pas en lui soixante [fois de quoi] annuler le ke-zayit, et qu'[il] reviendrait interdire les autres morceaux ; mais [au contraire] nous mesurons le ke-zayit contre toute la viande du panier. Et l'on a repoussรฉ cette preuve : selon ce qu'a expliquรฉ Rachi, que le dikoula est une marmite (kalahat), il n'y a pas de preuve. Et mรชme si nous disons que le dikoula est un panier, comme [c'est] son sens partout, il n'y a pas de preuve de lร  : car de toute faรงon (mi-ma nafchakh) โ€” si la graisse ne se diffuse pas (mefaapea) d'un morceau ร  l'autre sans cuisson, alors [seul] le morceau sur lequel elle est tombรฉe est interdit et les autres sont permis ; et si elle se diffuse d'un morceau ร  l'autre, [alors] dรจs l'instant de la chute elle se diffuse dans tous, et [ils] aident ร  annuler le ke-zayit, et le morceau sur lequel elle est tombรฉe n'est pas rendu interdit plus que les autres. [Il en est] comme dans le cas de la goutte de lait tombรฉe sur un morceau de viande, oรน il dit : s'il y a de quoi donner du goรปt, [le morceau] devient nevela, et s'il n'y a pas de quoi donner du goรปt, mรชme ce morceau-lร  est permis. Et il n'a pas dit qu'au dรฉpart la goutte interdit l'endroit de sa chute et que la moitiรฉ du morceau devient nevela avant qu'elle ne se soit rรฉpandue dans tout [le morceau]. Toutefois, ce n'est pas une preuve si probante, car on peut distinguer entre un seul morceau โ€” [oรน] nous ne disons pas que sa moitiรฉ devient nevela โ€” et deux morceaux. Et c'est pourquoi, selon son explication [de Rabbenou Tam], se rรฉsout aisรฉment ce que nous disons au premier chapitre de Temoura (12a) : ยซ le [mรฉlange] contamine par teroumah (medouma) ne contamine que selon le calcul ยป โ€” et nous ne disons pas que le tout est considรฉrรฉ teroumah. Toutefois, on peut distinguer entre une chose sรจche (davar yavech) et une chose rendue interdite par donation de goรปt. Et de plus, se rรฉsout aisรฉment selon son explication ce que nous disons au dernier chapitre du traitรฉ Avoda Zara (73a) ร  propos du vin de libation (yayin nessekh) tombรฉ dans une cuve : que mรชme si une cruche d'eau y est tombรฉe ร  la fin, nous regardons le permis comme s'il n'existait pas, et [pour] le reste, les eaux nombreuses [venues] sur lui l'annulent. Et nous ne disons pas qu'au dรฉpart le vin permis lui-mรชme est devenu nevela et qu'il faudrait de l'eau pour annuler les deux [ensemble]. Toutefois, on peut dire que lร -bas [la sougya] traite [d'un cas] oรน il n'y avait pas dans le yayin nessekh de quoi donner du goรปt dans le vin permis, et [oรน celui-ci] n'a รฉtรฉ rendu interdit que par la moindre [quantitรฉ qui] interdit dans son espรจce (be-mino). Et pour une chose rendue interdite par la moindre [quantitรฉ], nous ne disons pas qu'elle devient elle-mรชme nevela, comme l'a expliquรฉ Rabbenou Tam. Et bien que cela [ne vaille] prรฉcisรฉment qu'ร  l'รฉgard de ce qu'[un tel morceau] n'interdit pas les autres morceaux, mais que lui-mรชme, du moment qu'il a รฉtรฉ rendu interdit, est interdit ร  jamais โ€” [c'est ainsi] pour l'opinion qui tient plus loin (Houlin 108a) ยซ ce qu'on pourrait essorer (efchar le-sohato) est interdit ยป ; car peut-รชtre celui qui tient ce raisonnement au traitรฉ Avoda Zara โ€” [celui] qui permet mรชme si de l'eau est tombรฉe ร  la fin โ€” tiendrait ยซ ce qu'on pourrait essorer est permis ยป, et permettrait aussi le morceau lui-mรชme. Et tout ceci est forcรฉ (dohak). Et se rรฉsout aussi aisรฉment selon son explication ce que nous disons lร -bas : ยซ du vin permis [tombรฉ] dans de l'eau interdite โ€” [on suit] la donation de goรปt (be-noten taam), et s'il n'y a pas de donation de goรปt, [c'est] permis ยป. Or pourquoi ? Voici que ce qui tombe en premier, [aussitรดt] tombรฉ est rendu interdit et devient comme s'il รฉtait [lui-mรชme] yayin nessekh, [au point] d'interdire aussi lui-mรชme ce qui vient aprรจs lui ! Mais si [le vin permis] n'est pas considรฉrรฉ comme s'il รฉtait lui-mรชme interdit, [cela] se rรฉsout aisรฉment. Et l'on peut dire que [la sougya] traite [d'un cas] oรน il est tombรฉ tellement de permis d'un [seul] coup que l'interdit s'est annulรฉ en son sein. Mais le langage n'indique pas ainsi. Et se rรฉsout aussi aisรฉment, selon son explication, ce que la Torah a ordonnรฉ : de ยซ dรฉgorger ยป (le-hagil) les ustensiles de Midian [le cas oรน ils sont] ยซ de leur jour ยป (bnei yoman, [c.-ร -d.] utilisรฉs dans les vingt-quatre heures). Car comment casheriser-t-on une grande chaudiรจre (yora) ? Or il n'y a pas dans l'eau soixante [fois] contre la chaudiรจre, et les [particules d']interdit dรฉgorgรฉes d'elle se mรชlent aux eaux qui sont dans la chaudiรจre et y donnent du goรปt, et [alors] toutes deviennent un morceau d'interdit (hatikha de-issoura), et [elles] reviennent s'absorber dans la chaudiรจre ! Mais selon son explication [cela] se rรฉsout : car toutes les eaux ne sont pas devenues nevela, et le peu d'interdit dรฉgorgรฉ de la chaudiรจre revient s'absorber en elle et la dรฉgorge une seconde fois, et ce peu d'interdit s'annule dans soixante [fois] d'eau. Et si tu objectes, selon son explication : ce que Rava rรฉpond ยซ [dans le cas] oรน l'on n'a pas devancรฉ en l'รดtant ยป [(oรน l'on n'a pas retirรฉ le morceau interdit ร  temps)] โ€” en quoi nous sert-il [de dire] que le morceau permis ร  d'abord รฉtรฉ rendu interdit et est devenu nevela ? Or on n'a jamais besoin [de mesurer] contre la sauce et le sรฉdiment que pour annuler le morceau de nevela [interdit lui-mรชme, non le permis] ! Et l'on peut dire que [la sougya] traite [d'un cas] oรน le morceau d'interdit รฉtait gros, et [oรน] une partie s'en est dissoute et absorbรฉe dans le morceau permis, et [oรน] il y a dans la sauce soixante [fois de quoi] annuler le morceau d'interdit aprรจs qu'il a diminuรฉ ; et il faut annuler aussi le morceau qui a absorbรฉ de lui, et si l'on ne sait pas combien il a absorbรฉ de lui, il faut soixante [fois de quoi] les annuler tous deux. Mais si l'interdit premier est connu โ€” par exemple un ke-zayit d'interdit tombรฉ sur un morceau permis qui a รฉtรฉ rendu interdit, puis a รฉtรฉ cuit avec les autres โ€” il ne faut soixante [fois] que contre le ke-zayit.
๐Ÿ’ก Explication

Rav lit ainsi la michna (voir le schรฉma) : dรจs que le lait a donnรฉ son goรปt ร  la chatiha (et qu'il n'y avait pas soixante dans ce morceau pour l'annuler), le morceau lui-mรชme devient nevela โ€” interdit en son entier, comme une substance interdite ร  part entiรจre. Dรจs lors, il interdit tous les autres morceaux, mรชme s'il y aurait soixante fois de quoi l'annuler, parce qu'ils sont de son espรจce : Rav suit Rabbi Yehouda, pour qui le semblable dans le semblable ne s'annule pas (min be-mino lo batel).

7
ืืžืจ ืœื™ื” ืžืจ ื–ื•ื˜ืจื ื‘ืจื™ื” ื“ืจื‘ ืžืจื™ ืœืจื‘ื™ื ื: ืžื›ื“ื™ ืจื‘ ื›ืžืืŸ ืืžืจ ืœืฉืžืขืชื™ื”? ื›ืจื‘ื™ ื™ื”ื•ื“ื”, ื“ืืžืจ ืžื™ืŸ ื‘ืžื™ื ื• ืœื ื‘ื˜ื™ืœ, ืœื™ืžื ืคืœื™ื’ื ืื“ืจื‘ื?

Mar Zoutra fils de Rav Mari dit ร  Ravina : or donc, Rav, selon qui a-t-il dit son enseignement ? Selon Rabbi Yehouda, qui dit '[le] semblable dans [le] semblable ne s'annule pas'.

[Si oui,] dirons-nous qu'il diverge d'avec Rava ?

๐Ÿ“œ Rachi (1)
ืœื™ืžื ืคืœื™ื’ื ืื“ืจื‘ื ื“ืืžืจ ื‘ืค' ื’ื™ื“ ื”ื ืฉื” (ืœืขื™ืœ ื—ื•ืœื™ืŸ ื“ืฃ ืง:) ืงืกื‘ืจ ืจื‘ื™ ื™ื”ื•ื“ื” ื›ืœ ืžื™ืŸ ื•ืžื™ื ื• ื•ื“ื‘ืจ ืื—ืจ ืฉืขื ืžื™ื ื• ื›ืœื•ืžืจ ืžื™ืŸ ื“ืื™ืกื•ืจ ืฉื ืชืขืจื‘ ืขื ืžื™ื ื• ื•ื‘ืฉืื™ื ื• ืžื™ื ื• ื“ื”ื™ืชืจ ืกืœืง ืืช ืžื™ื ื• ื“ื”ื™ืชืจ ื›ืžื™ ืฉืื™ื ื• ืžื•ืขื™ืœ ืœื ืœื‘ื˜ืœื• ืœืื™ืกื•ืจ ื“ืžื™ืŸ ื‘ืžื™ื ื• ืœื ื‘ื˜ื™ืœ ื•ืœื ืชื•ืกืคืช ื”ื•ื ื ื•ืกืฃ ืขืœื™ื• ืœื”ื™ื•ืช ืฉื ื™ื”ื ืื™ืกื•ืจ ื•ืœื ื™ื•ื›ืœ ืžื™ืŸ ื”ืื—ืจ ืœืจื‘ื•ืช ืขืœื™ื• ื•ืœื‘ื˜ืœื• ืืœื ืกืœืงื”ื• ื›ืื™ืœื• ืื™ื ื• ื›ืืŸ ื•ื™ืจื‘ื” ืฉืื™ื ื• ืžื™ื ื• ืฉืœ ื”ื™ืชืจ ืขืœ ื”ืื™ืกื•ืจ ื•ื™ื‘ื˜ืœื ื• ื•ื”ื›ื ื ืžื™ ื™ืฉ ื›ืืŸ ืจื•ื˜ื‘ ืฉื™ื•ื›ืœ ืœื‘ื˜ืœ ืืช ื›ืœ ื”ื—ืชื™ื›ื” ื”ื ืืกืจืช ื•ืืžืื™ ืื•ืกืจืช:
'[Si oui,] dirons-nous qu'il diverge d'avec Rava, qui a dit' โ€” au chapitre Guid ha-nache (Houlin 100b plus haut) : Rabbi Yehouda tient [que], pour 'tout ce qui est espรจce-et-son-espรจce avec une autre chose' โ€” c'est-ร -dire une espรจce interdite qui s'est mรชlรฉe ร  son espรจce [permise], et ร  une [espรจce] non-sienne [qui est] permise โ€” l'on รดte l'espรจce [permise] qui lui est sienne comme [si elle] n'[รฉtait] pas [lร ] : elle ne sert ni ร  l'annuler vers l'interdit, car '[le] semblable dans [le] semblable ne s'annule pas', ni ร  s'ajouter ร  lui pour que tous deux [soient] interdit[s], et l'autre espรจce ne peut [donc] se surajouter pour l'annuler ; plutรดt, รดte-la comme si elle n'รฉtait pas lร , et que l'[espรจce] non-sienne, [qui est] permise, se surajoute ร  l'interdit et l'annule. Et ici de mรชme, il y a [bien] de la sauce capable d'annuler tout le morceau interdit โ€” alors pourquoi [Rav dit-il qu'] il interdit ?
๐Ÿ’ก Explication

Mar Zoutra interroge Ravina. Rav s'appuie sur Rabbi Yehouda (min be-mino lo batel). Or Rava a exposรฉ l'avis de Rabbi Yehouda d'une maniรจre qui permettrait ici d'annuler le morceau (par la sauce, qui n'est pas de son espรจce). Rav contredit-il donc Rava dans sa comprรฉhension de Rabbi Yehouda ?

8
ื“ืืžืจ ืจื‘ื: ืงืกื‘ืจ ืจื‘ื™ ื™ื”ื•ื“ื”, ื›ืœ ืฉื”ื•ื ืžื™ืŸ ื•ืžื™ื ื• ื•ื“ื‘ืจ ืื—ืจ โ€“ ืกืœืง ืืช ืžื™ื ื• ื›ืžื™ ืฉืื™ื ื•, ื•ืฉืื™ื ื• ืžื™ื ื• ืจื‘ื” ืขืœื™ื• ื•ืžื‘ื˜ืœื•.

Car Rava a dit : Rabbi Yehouda tient [que], pour tout ce qui est espรจce-et-son-espรจce avec une autre chose (kol che-hou min ou-mino ve-davar aher) โ€” l'on รดte son espรจce comme [si elle] n'[รฉtait] pas [lร ], et la non-sienne se surajoute ร  lui et l'annule.

๐Ÿ—‚๏ธ Tossefot (1)
ื“ืืžืจ ืจื‘ื ืงืกื‘ืจ ืจื‘ื™ ื™ื”ื•ื“ื” ื›ื•' ืคื™' ื‘ืงื•ื ื˜ืจืก ื“ืืžืจ ืจื‘ื ื‘ืค' ื’ื™ื“ ื”ื ืฉื” (ื—ื•ืœื™ืŸ ื“ืฃ ืง:) ื•ืื™ืŸ ืœืฉื•ืŸ ื–ื” ืฉื ืื‘ืœ ื‘ืค' ื”ืงื•ืžืฅ ืจื‘ื” (ืžื ื—ื•ืช ื“ืฃ ื›ื’. ื•ืฉื ื“"ื” ืืžืจ) ืื™ืชื™ื” ื’ื‘ื™ ืจื‘ื™ ื™ื”ื•ื“ื” ืื•ืžืจ ืžื ื—ืช ื›ื”ื ื™ื ื›ืžื ื—ืช ื›ื”ืŸ ืžืฉื™ื— ื›ื•' ื•ืžื“ืจื‘ื ื“ืืžืจ ื”ื›ื™ ื‘ืค' ื’ื™ื“ ื”ื ืฉื” (ืœืขื™ืœ ื—ื•ืœื™ืŸ ื“ืฃ ืง:) ืืœื™ื‘ื ื“ืจื‘ ืœื ื‘ืขื™ ืœืืงืฉื•ื™ื™ ื”ื›ื ื“ืจื‘ ืื“ืจื‘ ื“ืื™ื›ื ืœืฉื ื•ื™ื™ ื›ื“ืžืฉื ื™ ืื‘ื™ื™ ื”ืชื ื›ืฉืงื“ื ื•ืกืœืงื• ืื‘ืœ ื‘ื”ื”ื™ื ื“ื”ืงื•ืžืฅ ืจื‘ื” (ืžื ื—ื•ืช ื“ืฃ ื›ื‘.) ืœื™ื›ื ื˜ืขืžื ืื—ืจื™ื ื ืœืจื‘ื™ ื™ื”ื•ื“ื” ืืœื ื›ืžื• ืฉืžืคืจืฉ ืจื‘ื ื•ืœื”ื›ื™ ืคืจื™ืš ืฉืคื™ืจ ืžื™ื ื” ื•ื"ืช ืืžืื™ ืœื ืคืจื™ืš ืžื“ืจื‘ื™ ื™ื”ื•ื“ื” ื’ื•ืคื™ื” ื“ืœืงืžืŸ ืงืืžืจ ืจื‘ื™ ื™ื”ื•ื“ื” ื‘ื‘ืจื™ื™ืชื ื”ืื™ ืœื™ืฉื ื ื’ื•ืคื™ื” ื“ืงืืžืจ ืจื‘ ื”ื›ื ืื“ืจื‘ื ื“ืžืคืจืฉ ื˜ืขืžื ื“ืจื‘ื™ ื™ื”ื•ื“ื” ื•ื™"ืœ ื“ืœื ืฉืžื™ืข ืœื™ื” ื‘ืจื™ื™ืชื ื›ื™ ื”ื™ื›ื™ ื“ืœื ืฉืžื™ืข ืœื™ื” ืœืจื‘ ื“ืื™ ื™ื“ืข ืœื™ื” ืจื‘ ืœื ื”ื•ื” ืœื™ื” ืœืžื™ืžืจ ืืœื ื”ืœื›ื” ื›ืจื‘ื™ ื™ื”ื•ื“ื” ื•ืชื• ืœื ื•ืขื•ื“ ื™"ืœ ื“ื‘ืจื™ื™ืชื ื“ืจื‘ื™ ื™ื”ื•ื“ื” ืžืฉืžืข ืฉืคื™ืจ ื“ืื™ืŸ ื‘ืจื•ื˜ื‘ ืฉืฉื™ื ืœื‘ื˜ืœ ื”ื—ืชื™ื›ื” ืžื“ืืžื•ืจ ืจื‘ื ืŸ ืขื“ ืฉืชืชืŸ ื˜ืขื ื‘ืจื•ื˜ื‘ ื•ื‘ื—ืชื™ื›ื•ืช ืžืฉืžืข ื“ืœื™ื›ื ื‘ืจื•ื˜ื‘ ืœื—ื•ื“ื™ื” ื›ื“ื™ ืœื‘ื˜ืœ:
'Car Rava a dit : Rabbi Yehouda tient etc.' โ€” Rachi a expliquรฉ : que Rava a dit [cela] au chapitre Guid ha-nache (Houlin 100b plus haut) ; or cette formulation ne s'y trouve pas, mais au chapitre Ha-kometz raba (Menahot 23a) elle figure ร  propos de '[selon] Rabbi Yehouda, l'oblation des prรชtres est comme l'oblation du prรชtre-oint [grand-prรชtre] etc.'. Et c'est de Rava, qui a dit cela au chapitre Guid ha-nache (Houlin 100b plus haut) selon l'avis de Rav, qu'[on ne saurait] objecter ici Rav contre Rav, car il y a de quoi rรฉpondre comme y rรฉpond Abaye : lorsqu'il a pris les devants et l'a รดtรฉ [le morceau de la marmite avant qu'il n'absorbe]. Mais dans ce passage de Ha-kometz raba (Menahot 22a) il n'y a pas d'autre motif pour Rabbi Yehouda que celui qu'expose Rava, et c'est pourquoi l'on objecte bien ร  partir de lui. Et si tu objectes : pourquoi n'objecte-t-on pas ร  partir de Rabbi Yehouda lui-mรชme, qui plus loin รฉnonce dans une braita cette formulation mรชme que Rav dit ici, [et qui contredirait] Rava qui expose le motif de Rabbi Yehouda ? L'on peut dire qu'[on] n'avait pas entendu [cette] braita, de mรชme qu'on ne l'avait pas entendue [au nom] de Rav โ€” car si Rav l'avait connue, il n'aurait eu qu'ร  dire 'la halakha [est] comme Rabbi Yehouda', et rien de plus. Et l'on peut encore dire que la braita de Rabbi Yehouda implique bien qu'il n'y a pas dans la sauce soixante [fois] de quoi annuler le morceau, puisque les Sages disent 'jusqu'ร  ce que [le morceau] donne du goรปt ร  la sauce et aux [autres] morceaux' โ€” ce qui implique qu'il n'y a pas dans la sauce seule de quoi [l']annuler.
๐Ÿ’ก Explication

L'รฉnoncรฉ de Rava citรฉ. Pour Rabbi Yehouda, dans un mรฉlange tripartite โ€” un interdit, du permis de son espรจce (min), et un autre permis d'une autre espรจce (davar aher) โ€” on รฉcarte le permis de mรชme espรจce 'comme s'il n'รฉtait pas lร ' (puisque min be-mino ne joue pas), et l'on compte le permis d'une autre espรจce : s'il est en majoritรฉ, il annule l'interdit. Appliquรฉ ร  notre cas : la sauce (autre espรจce que la viande) devrait annuler le morceau interdit. Pourquoi Rav dit-il qu'il interdit tout ?

9
ืืžืจ ืœื™ื”: ืื™ ื“ื ืคืœ ื‘ืจื•ื˜ื‘ ืจื›ื” โ€“ ื”ื›ื™ ื ืžื™, ื”ื›ื ื‘ืžืื™ ืขืกืงื™ื ืŸ โ€“ ื“ื ืคืœ ื‘ืจื•ื˜ื‘ ืขื‘ื”.

Il lui dit : si [c'est le cas] oรน [le morceau] est tombรฉ dans une sauce liquide (rotev raka) โ€” en effet [, il s'annule] ; ici, de quoi traitons-nous ? โ€” [du cas] oรน il est tombรฉ dans une sauce รฉpaisse (rotev avรฉ).

๐Ÿ“œ Rachi (1)
ื‘ืจื•ื˜ื‘ ืขื‘ื” ื“ืง ื“ืง ืฉืœ ื‘ืฉืจ ื•ืฉื•ืžืŸ ื“ื›ื•ืœื™ื” ืžื™ืŸ ื‘ืฉืจ ื”ื•ื:
'[Du cas] oรน il est tombรฉ dans une sauce รฉpaisse' โ€” [faite] de trรจs fines [particules] de viande et de graisse, le tout รฉtant d'espรจce viande.
๐Ÿ’ก Explication

Ravina rรฉpond ร  l'objection. Si le morceau interdit รฉtait tombรฉ dans une sauce liquide (rotev raka, d'une autre espรจce que la viande), Rav admettrait qu'elle l'annule. Mais notre cas vise une sauce รฉpaisse (rotev avรฉ), faite de fines particules de viande et de graisse โ€” donc de la mรชme espรจce que la viande ; elle ne peut donc annuler le morceau (min be-mino).

10
ื•ืžืื™ ืงืกื‘ืจ? ืื™ ืงืกื‘ืจ ืืคืฉืจ ืœืกื•ื—ื˜ื• ืžื•ืชืจ, ื—ืชื™ื›ื” ืืžืื™ ื ืขืฉื™ืช ื ื‘ืœื”? ืืœื ืงืกื‘ืจ ืืคืฉืจ ืœืกื•ื—ื˜ื• ืืกื•ืจ.

Et que tient-[il] ? Si [Rav] tient 'ce qu'on peut essorer (efchar le-sochtรด) est permis' โ€” pourquoi le morceau deviendrait-il nevela ?

Plutรดt, [il faut dire qu']il tient 'ce qu'on peut essorer est interdit'.

๐Ÿ“œ Rachi (4)
ื•ืžืื™ ืงืกื‘ืจ ืจื‘ ื‘ืืคืฉืจ ืœืกื•ื—ื˜ื• ื‘ืื™ืกื•ืจ ืฉื ื‘ืœืข ื‘ื”ื™ืชืจ ื•ื ืชืŸ ื‘ื• ื˜ืขื ื•ืืกืจื• ื•ื—ื–ืจ ื•ื‘ื™ืฉืœ ื”ื”ื™ืชืจ ื”ื–ื” ืขื ื”ื™ืชืจ ืื—ืจ ืฉืืคืฉืจ ื”ืื™ืกื•ืจ ื”ื ื‘ืœืข ื‘ื–ื” ืœื™ืกื—ื˜ ืžืžื ื• ื•ืœื™ื—ืœืง ื‘ื”ื™ืชืจ ื”ืื—ืจื•ืŸ ื•ืื™ืŸ ื‘ื• ื›ืฉื™ืขื•ืจ ืœืืกื•ืจ ืืช ื”ืื—ืจื•ืŸ:
'Et que tient-[il]' โ€” Rav, au sujet de 'ce qu'on peut essorer' : un interdit absorbรฉ dans un permis, qui lui a donnรฉ du goรปt et l'a interdit, et que l'on a recuit, ce permis [interdit], avec un autre permis, de sorte qu'il serait possible que l'interdit absorbรฉ dans le premier en soit essorรฉ et se reparte dans le permis final, sans qu'il y ait de quoi interdire le dernier โ€”
ืื™ ืงืกื‘ืจ ื”ื•ืชืจ ื’ื ื”ืจืืฉื•ืŸ ืžืคื ื™ ืฉื ืคืœื˜ ื”ืื™ืกื•ืจ ืžืžื ื• ื•ืœื›ืชื—ืœื” ื”ื•ื ื“ืืกื•ืจ ืฉืื™ืŸ ืžื‘ื˜ืœื™ืŸ ืื™ืกื•ืจ ืœื›ืชื—ืœื” ื•ืžื™ื”ื• ื“ื™ืขื‘ื“ ืฉืจื™ ืœืื›ื•ืœ ืืฃ ื”ืจืืฉื•ืŸ:
'Si [Rav] tient' โ€” [que] le premier aussi est devenu permis, du fait que l'interdit en a รฉtรฉ dรฉgorgรฉ โ€” et c'est ร  priori (le-khatehila) que c'[รฉtait] interdit, car on n'annule pas un interdit ร  priori ; mais ร  posteriori (di-aved) il est permis de manger mรชme le premier โ€”
ืืžืื™ ื—ืชื™ื›ื” ื ืขืฉืช ื ื‘ืœื” ื”ื ืืคืฉืจ ื”ื™ื ืœื™ืกื—ื˜ ืžืžื ื” ื•ืœื™ื—ืœืง ืœืื—ืจื™ื ืฉืœื ืงื‘ืœื• ืžืžื ื” ื›ืœื•ื ื•ืื™ืŸ ืœื ื• ืœืืกื•ืจ ืขื“ ืฉื™ืชืŸ ื”ื—ืœื‘ ื˜ืขื ื‘ื›ื•ืœืŸ ื“ืœื™ื›ื ืœืžื™ืžืจ ืืคืฉืจ ืœื™ืกื—ื˜ ืžื–ื” ื•ืœื™ื‘ืœืข ื‘ื–ื” ืฉื”ืจื™ ื›ื•ืœืŸ ืฉื•ื™ืŸ ื‘ื˜ืขืžื• ื•ืื™ื–ื” ืชืชื™ืจ ื•ืื™ื–ื” ืชืืกื•ืจ:
'Pourquoi le morceau deviendrait-il nevela' โ€” alors qu'il est possible de l'essorer hors de lui et de [le] rรฉpartir vers les autres [morceaux] qui n'ont rien reรงu de lui ! Et nous ne devrions [donc] interdire [le reste] que lorsque le lait leur donne du goรปt ร  tous ; car on ne peut pas dire 'qu'on l'essore de celui-ci et qu'il soit absorbรฉ dans celui-lร ', puisqu'ils sont tous รฉgaux quant ร  son goรปt โ€” lequel permettrais-tu et lequel interdirais-tu ?
ืืœื ืงืกื‘ืจ ืžืฉื ืืกืจื” ื”ื—ืชื™ื›ื” ืฉื•ื‘ ืื™ืŸ ืœื” ื”ื™ืชืจ ื‘ืกื—ื™ื˜ื” ื•ืืฉืžื•ืขื™ื ืŸ ืืฃ ื”ื”ื™ืชืจ ืฉื‘ื” ื ืขืฉื” ืื™ืกื•ืจ ืœื”ื™ื•ืช ื›ืืŸ ืฉื™ืขื•ืจ ื’ื“ื•ืœ ืœืืกื•ืจ ืื—ืจื™ื ื”ืจื‘ื”:
'Plutรดt, [il faut dire qu']il tient' โ€” [que] dรจs lors que le morceau a รฉtรฉ interdit, il n'a plus de remรจde par l'essorage ; et [Rav] nous enseigne [par lร ] que mรชme le permis qui est en lui devient interdit, de sorte qu'il y a ici une grande quantitรฉ [d'interdit] propre ร  interdire beaucoup d'autres [morceaux].
๐Ÿ—‚๏ธ Tossefot (1)
ืืคืฉืจ ืœืกื•ื—ื˜ื• ืžื•ืชืจ ืคื™' ื“ื™ืขื‘ื“ ืื™ ื ืกื—ื˜ ื”ืื™ืกื•ืจ ื•ื ืชื‘ื˜ืœ ืžื•ืชืจืช ืขื ื”ื—ืชื™ื›ื” ืฉื›ื‘ืจ ื ืืกืจืช ืื‘ืœ ืœื›ืชื—ืœื” ืื™ืŸ ืžื‘ื˜ืœื™ืŸ ืื™ืกื•ืจ ื›ื“ืคื™ืจืฉ ื‘ืงื•ื ื˜ืจืก:
'Ce qu'on peut essorer est permis' โ€” c'est-ร -dire ร  posteriori (di-aved) : si l'interdit ร  รฉtรฉ essorรฉ et annulรฉ, [le permis] est permis avec le morceau qui avait dรฉjร  รฉtรฉ interdit ; mais ร  priori (le-khatehila), on n'annule pas un interdit, comme Rachi l'a expliquรฉ.
โš–๏ธ Rosh (1)
ื“ืจืฉ ืจื‘ื” ื‘ืจ ื‘ืจ ื—ื ื” ื—ืชื™ื›ื” ืฉืœ ื ื‘ื™ืœื” ื•ืฉืœ ื“ื’ ื˜ืžื ืื™ืŸ ืื•ืกืจื™ืŸ ืขื“ ืฉื™ืชืŸ ื˜ืขื ื‘ืจื•ื˜ื‘ ื•ื‘ืงื™ืคื” ื•ื‘ื—ืชื™ื›ื•ืช. ื•ืื•ืงื™ ืจื‘ ืืžื•ืจื ืขืœื™ื” ื•ื“ืจืฉ ืืคื™ืœื• ืœื ื ืชืŸ ื˜ืขื ืืœื ื‘ื—ืชื™ื›ื” ื—ืชื™ื›ื” ืขืฆืžื” ื ืขืฉื™ืช ื ื‘ื™ืœื” ื•ืื•ืกืจืช ื›ืœ ื”ื—ืชื™ื›ื•ืช ื›ื•ืœืŸ ืžืคื ื™ ืฉื”ืŸ ืžื™ื ื” ื•ื”ื™ืœื›ืชื ื›ืจื‘ื” ื‘ืจ ื‘ืจ ื—ื ื” ื•ืื ืชืืžืจ ืœืžื” ืœื™ื” ืœืžื™ืžืจ ืฉืงื™ื‘ืœื” ื”ื—ืชื™ื›ื” ืฉืœ ื”ื™ืชืจ ื˜ืขื ื•ื”ื ื‘ื›ืœ ืฉื”ื•ื ืžืชืกืจื” ื‘ืžื™ื ื”. ื•ืžื“ืงืืžืจ ืืคื™ืœื• ืœื ื ืชื ื” ื˜ืขื ืืœื ื‘ื—ืชื™ื›ื” ืžืฉืžืข ืฉื ื‘ืœืข ื‘ื” ื›ืœ ื›ืš ืฉืื ื”ื™ืชื” ืฉืœื ื‘ืžื™ื ื” ืงื‘ืœื” ืžืžื ื” ื˜ืขื. ื•ืชื™ืจืฅ ืจ"ืช ื–"ืœ ื“ื ื”ื™ ื“ืžื™ืชืกืจื ืž"ืž ืœื ื”ื•ื” ืืžืจ ืฉืชืขืฉื” ื ื‘ื™ืœื” ืœืืกื•ืจ ื›ืœ ื”ื—ืชื™ื›ื•ืช ื›ื™ื•ืŸ ืฉื”ื™ื ืขืฆืžื” ืœื ื ืืกืจื” ืืœื ืข"ื™ ื›ืœ ืฉื”ื•. ื•ืจื‘ื™ื ื• ืืคืจื™ื ื”ื™ื” ืžื“ืงื“ืง ืžื›ืืŸ ื“ืœื ืืžืจื™ื ืŸ ื‘ื›ืœ ืื™ืกื•ืจื™ืŸ ืฉื‘ืชื•ืจื” 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Rabba bar bar Hana a exposรฉ : un morceau (chatihรข) de nevela (charogne) ou de poisson impur (dag tame) n'interdit [le reste] que lorsqu'il donne du goรปt dans la sauce (rotev), dans le sรฉdiment (kipa) et dans les [autres] morceaux (hatikhot). Et Rav a placรฉ un interprรจte (amora) auprรจs de lui [pour transmettre son enseignement] et a exposรฉ : mรชme s'il n'a donnรฉ du goรปt que dans [un seul] morceau, le morceau lui-mรชme devient nevela et interdit tous les morceaux entiers, parce qu'ils sont de son espรจce (mino). Et la halakha est comme Rabba bar bar Hana. Et si tu objectes : pourquoi lui [a-t-il] fallu dire que le morceau permis ร  reรงu du goรปt ? Or [mรชme] pour la moindre [quantitรฉ] (be-khรดl chehou) il devient interdit dans son espรจce [selon Rav qui suit Rabbi Yehouda que l'espรจce-dans-son-espรจce ne s'annule pas] ! Et du fait qu'il dit ยซ mรชme s'il n'a donnรฉ du goรปt que dans [un] morceau ยป, il ressort qu'il s'est absorbรฉ en lui suffisamment [de sorte] que, s'il [le morceau] avait รฉtรฉ d'une espรจce diffรฉrente, il aurait reรงu de lui du goรปt. Et Rabbenou Tam, de mรฉmoire bรฉnie, a rรฉpondu : quoiqu'[ร  la moindre quantitรฉ] il devienne interdit, nรฉanmoins il n'aurait pas dit qu'il devient nevela au point d'interdire tous les [autres] morceaux, du moment que lui-mรชme n'a รฉtรฉ rendu interdit que par la moindre [quantitรฉ]. Et Rabbenou Efraim tirait d'ici la dรฉduction que nous ne disons pas, pour tous les interdits de la Torah, que le morceau lui-mรชme devient nevela [au point] d'exiger soixante [fois de quoi] annuler tout le morceau qui a รฉtรฉ rendu interdit ; il suffit [seulement] qu'il y ait dans le permis soixante [fois de quoi] annuler l'interdit qui a รฉtรฉ absorbรฉ dans le morceau. Dรจs lors, pour Rav qui tient ici que l'espรจce-dans-son-espรจce (min be-mino) ne s'annule pas : si le morceau n'avait pas รฉtรฉ rendu interdit par une donation de goรปt mais [seulement] par la moindre [quantitรฉ], il n'aurait pas interdit les autres morceaux du fait qu'ils sont de son espรจce. Car il n'est besoin d'annuler que l'interdit seul, et du moment qu'il [l'interdit] n'a pas donnรฉ de goรปt dans le morceau, [ce dernier] est comme [quelque chose] qui n'existe pas (ke-man de-letรฉih), et n'est pas considรฉrรฉ comme espรจce-dans-son-espรจce. Mais lorsqu'[il] a reรงu du goรปt de l'interdit, il est appelรฉ espรจce-dans-son-espรจce. Et ce que nous disons plus loin au chapitre Kol ha-bassar (Houlin 108a) : ยซ une goutte de lait tombรฉe sur un morceau de viande โ€” du moment qu'elle a donnรฉ du goรปt dans le morceau, le morceau lui-mรชme devient nevela et interdit [le reste] ยป, et il ne suffit pas d'annuler la goutte seule : la viande-dans-le-lait est diffรฉrente, car chacun seul est permis, et lorsqu'ils sont ensemble ils sont interdits ; dรจs lors, maintenant, [tous deux] sont devenus entre eux [deux] un morceau d'interdit (hatikhรข de-issoura). Mais [pour] un interdit absorbรฉ dans un permis et qui le rend interdit par donation de goรปt, le morceau permis n'a รฉtรฉ rendu interdit qu'ร  cause du goรปt de l'interdit absorbรฉ en lui, et il est impossible de s'en sรฉparer ; dรจs lors, nous n'exigeons [que] soixante [fois de quoi] annuler l'interdit absorbรฉ en lui. Et l'essentiel du propos de Rav est de nous faire connaรฎtre cette chose[-ci]. Car Rav, qui a placรฉ un interprรจte auprรจs de lui pour [s'inscrire] ร  l'encontre de Rabba bar bar Hana โ€” lequel dit qu'il faut que le morceau donne du goรปt dans les [autres] morceaux, dans le sรฉdiment et dans la sauce โ€” et voulait faire savoir que l'espรจce-dans-son-espรจce [s'interdit] ร  la moindre [quantitรฉ] : il n'aurait eu besoin de dire que ยซ un morceau de nevela interdit tous les morceaux parce qu'ils sont de son espรจce ยป. Car [le fait] que le premier soit rendu interdit par une donation de goรปt, il n'y a en cela aucune nouveautรฉ (hidouch). Il vient plutรดt nous apprendre que, bien que Rav tienne que l'espรจce-dans-son-espรจce [s'interdit] ร  la moindre quantitรฉ, c'est [seulement] lorsqu'il a donnรฉ du goรปt dans [le morceau] d'interdit qu'alors [ce dernier] est appelรฉ espรจce-dans-son-espรจce [pouvant] interdire les autres morceaux ; mais s'il a รฉtรฉ rendu interdit par la moindre [quantitรฉ], du moment qu'il n'est besoin d'annuler que l'interdit premier, il n'est pas considรฉrรฉ comme espรจce-dans-son-espรจce ร  la moindre [quantitรฉ]. Et bien que nous ne tenions pas comme Rav en ceci qu'il tient comme Rabbi Yehouda, nรฉanmoins sur ce raisonnement[-ci] il n'y a personne qui diverge de lui. Et de plus, il a apportรฉ une preuve ร  ses propos de ce que nous disons plus haut (Houlin 98a) : ce [cas d']un ke-zayit de graisse (helev) tombe dans un ยซ dikoula ยป de viande โ€” et le dikoula est un panier plein de morceaux de viande bouillante โ€” et il n'a pas dit que le morceau sur lequel est tombรฉ le ke-zayit devient nevela, [alors qu']il n'y avait pas en lui soixante [fois de quoi] annuler le ke-zayit, et qu'[il] reviendrait interdire les autres morceaux ; mais [au contraire] nous mesurons le ke-zayit contre toute la viande du panier. Et l'on a repoussรฉ cette preuve : selon ce qu'a expliquรฉ Rachi, que le dikoula est une marmite (kalahat), il n'y a pas de preuve. Et mรชme si nous disons que le dikoula est un panier, comme [c'est] son sens partout, il n'y a pas de preuve de lร  : car de toute faรงon (mi-ma nafchakh) โ€” si la graisse ne se diffuse pas (mefaapรฉa) d'un morceau ร  l'autre sans cuisson, alors [seul] le morceau sur lequel elle est tombรฉe est interdit et les autres sont permis ; et si elle se diffuse d'un morceau ร  l'autre, [alors] dรจs l'instant de la chute elle se diffuse dans tous, et [ils] aident ร  annuler le ke-zayit, et le morceau sur lequel elle est tombรฉe n'est pas rendu interdit plus que les autres. [Il en est] comme dans le cas de la goutte de lait tombรฉe sur un morceau de viande, oรน il dit : s'il y a de quoi donner du goรปt, [le morceau] devient nevela, et s'il n'y a pas de quoi donner du goรปt, mรชme ce morceau-lร  est permis. Et il n'a pas dit qu'au dรฉpart la goutte interdit l'endroit de sa chute et que la moitiรฉ du morceau devient nevela avant qu'elle ne se soit rรฉpandue dans tout [le morceau]. Toutefois, ce n'est pas une preuve si probante, car on peut distinguer entre un seul morceau โ€” [oรน] nous ne disons pas que sa moitiรฉ devient nevela โ€” et deux morceaux. Et c'est pourquoi, selon son explication [de Rabbenou Tam], se rรฉsout aisรฉment ce que nous disons au premier chapitre de Temoura (12a) : ยซ le [mรฉlange] contaminรฉ par teroumah (medouma) ne contamine que selon le calcul ยป โ€” et nous ne disons pas que le tout est considรฉrรฉ teroumah. Toutefois, on peut distinguer entre une chose sรจche (davar yavech) et une chose rendue interdite par donation de goรปt. Et de plus, se rรฉsout aisรฉment selon son explication ce que nous disons au dernier chapitre du traitรฉ Avoda Zara (73a) ร  propos du vin de libation (yayin nessekh) tombรฉ dans une cuve : que mรชme si une cruche d'eau y est tombรฉe ร  la fin, nous regardons le permis comme s'il n'existait pas, et [pour] le reste, les eaux nombreuses [venues] sur lui l'annulent. Et nous ne disons pas qu'au dรฉpart le vin permis lui-mรชme est devenu nevela et qu'il faudrait de l'eau pour annuler les deux [ensemble]. Toutefois, on peut dire que lร -bas [la sougya] traite [d'un cas] oรน il n'y avait pas dans le yayin nessekh de quoi donner du goรปt dans le vin permis, et [oรน celui-ci] n'a รฉtรฉ rendu interdit que par la moindre [quantitรฉ qui] interdit dans son espรจce (be-mino). Et pour une chose rendue interdite par la moindre [quantitรฉ], nous ne disons pas qu'elle devient elle-mรชme nevela, comme l'a expliquรฉ Rabbenou Tam. Et bien que cela [ne vaille] prรฉcisรฉment qu'ร  l'รฉgard de ce qu'[un tel morceau] n'interdit pas les autres morceaux, mais que lui-mรชme, du moment qu'il a รฉtรฉ rendu interdit, est interdit ร  jamais โ€” [c'est ainsi] pour l'opinion qui tient plus loin (Houlin 108a) ยซ ce qu'on pourrait essorer (efchar le-sohatรด) est interdit ยป ; car peut-รชtre celui qui tient ce raisonnement au traitรฉ Avoda Zara โ€” [celui] qui permet mรชme si de l'eau est tombรฉe ร  la fin โ€” tiendrait ยซ ce qu'on pourrait essorer est permis ยป, et permettrait aussi le morceau lui-mรชme. Et tout ceci est forcรฉ (dohak). Et se rรฉsout aussi aisรฉment selon son explication ce que nous disons lร -bas : ยซ du vin permis [tombรฉ] dans de l'eau interdite โ€” [on suit] la donation de goรปt (be-noten taam), et s'il n'y a pas de donation de goรปt, [c'est] permis ยป. Or pourquoi ? Voici que ce qui tombe en premier, [aussitรดt] tombรฉ est rendu interdit et devient comme s'il รฉtait [lui-mรชme] yayin nessekh, [au point] d'interdire aussi lui-mรชme ce qui vient aprรจs lui ! Mais si [le vin permis] n'est pas considรฉrรฉ comme s'il รฉtait lui-mรชme interdit, [cela] se rรฉsout aisรฉment. Et l'on peut dire que [la sougya] traite [d'un cas] oรน il est tombรฉ tellement de permis d'un [seul] coup que l'interdit s'est annulรฉ en son sein. Mais le langage n'indique pas ainsi. Et se rรฉsout aussi aisรฉment, selon son explication, ce que la Torah a ordonnรฉ : de ยซ dรฉgorger ยป (le-hagรฎl) les ustensiles de Midian [le cas oรน ils sont] ยซ de leur jour ยป (bnei yoman, [c.-ร -d.] utilisรฉs dans les vingt-quatre heures). Car comment casheriser-t-on une grande chaudiรจre (yora) ? Or il n'y a pas dans l'eau soixante [fois] contre la chaudiรจre, et les [particules d']interdit dรฉgorgรฉes d'elle se mรชlent aux eaux qui sont dans la chaudiรจre et y donnent du goรปt, et [alors] toutes deviennent un morceau d'interdit (hatikhรข de-issoura), et [elles] reviennent s'absorber dans la chaudiรจre ! Mais selon son explication [cela] se rรฉsout : car toutes les eaux ne sont pas devenues nevela, et le peu d'interdit dรฉgorgรฉ de la chaudiรจre revient s'absorber en elle et la dรฉgorge une seconde fois, et ce peu d'interdit s'annule dans soixante [fois] d'eau. Et si tu objectes, selon son explication : ce que Rava rรฉpond ยซ [dans le cas] oรน l'on n'a pas devancรฉ en l'รดtant ยป [(oรน l'on n'a pas retirรฉ le morceau interdit ร  temps)] โ€” en quoi nous sert-il [de dire] que le morceau permis ร  d'abord รฉtรฉ rendu interdit et est devenu nevela ? Or on n'a jamais besoin [de mesurer] contre la sauce et le sรฉdiment que pour annuler le morceau de nevela [interdit lui-mรชme, non le permis] ! Et l'on peut dire que [la sougya] traite [d'un cas] oรน le morceau d'interdit รฉtait gros, et [oรน] une partie s'en est dissoute et absorbรฉe dans le morceau permis, et [oรน] il y a dans la sauce soixante [fois de quoi] annuler le morceau d'interdit aprรจs qu'il a diminuรฉ ; et il faut annuler aussi le morceau qui a absorbรฉ de lui, et si l'on ne sait pas combien il a absorbรฉ de lui, il faut soixante [fois de quoi] les annuler tous deux. Mais si l'interdit premier est connu โ€” par exemple un ke-zayit d'interdit tombรฉ sur un morceau permis qui a รฉtรฉ rendu interdit, puis a รฉtรฉ cuit avec les autres โ€” il ne faut soixante [fois] que contre le ke-zayit.
๐Ÿ’ก Explication

Retour ร  l'รฉnoncรฉ de Rav ('le morceau devient nevela'). Quel principe Rav adopte-t-il ? Si Rav tenait que 'ce qu'on peut essorer (efchar le-sochtรด) est permis' โ€” c'est-ร -dire que seul le goรปt absorbรฉ est interdit, thรฉoriquement extractible, et qu'ร  posteriori le morceau redevient permis une fois l'interdit diluรฉ โ€” alors pourquoi le morceau deviendrait-il nevela ร  part entiรจre ? Une fois rรฉ-cuit avec d'autres aliments, l'interdit qu'il contient s'y diluerait sans interdire. Donc Rav tient au contraire que 'ce qu'on peut essorer est interdit' : le morceau, une fois interdit, n'a plus de remรจde par essorage.

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ื“ืื™ืชืžืจ: ืจื‘ ื•ืจื‘ื™ ื—ื ื™ื ื ื•ืจื‘ื™ ื™ื•ื—ื ืŸ ื“ืืžืจื™: ืืคืฉืจ ืœืกื•ื—ื˜ื• โ€“ ืืกื•ืจ, ืฉืžื•ืืœ ื•ืจื‘ื™ ืฉืžืขื•ืŸ ื‘ืจ ืจื‘ื™ ื•ืจื™ืฉ ืœืงื™ืฉ ื“ืืžืจื™: ืืคืฉืจ ืœืกื•ื—ื˜ื• โ€“ ืžื•ืชืจ.

Car il a รฉtรฉ รฉnoncรฉ : Rav, Rabbi Hanina et Rabbi Yo'hanan disent : 'ce qu'on peut essorer โ€” interdit' ; Chmouel, Rabbi Chimon fils de Rabbi [Yehouda ha-Nassi] et Rech Lakich disent : 'ce qu'on peut essorer โ€” permis'.

๐Ÿ“œ Rachi (1)
ืžื•ืชืจ ืืฃ ื”ืจืืฉื•ืŸ ืฉื ืืกืจ:
'Permis' โ€” mรชme le premier qui avait รฉtรฉ interdit.
๐Ÿ’ก Explication

La controverse gรฉnรฉrale (qui justifie l'attribution faite ร  Rav). Un camp โ€” Rav, Rabbi Hanina, Rabbi Yo'hanan โ€” tient que 'ce qu'on peut essorer est interdit' (le permis imbibรฉ d'interdit reste interdit mรชme aprรจs dilution). L'autre โ€” Chmouel, Rabbi Chimon fils de Rabbi, Rech Lakich โ€” tient que 'ce qu'on peut essorer est permis' (ร  posteriori, une fois l'interdit diluรฉ, mรชme le premier aliment redevient permis).

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ื•ืกื‘ืจ ืจื‘ ืืคืฉืจ ืœืกื•ื—ื˜ื• ืืกื•ืจ? ื•ื”ืื™ืชืžืจ: ื›ื–ื™ืช ื‘ืฉืจ ืฉื ืคืœ ืœืชื•ืš ื™ื•ืจื” ืฉืœ ื—ืœื‘, ืืžืจ ืจื‘: ื‘ืฉืจ ืืกื•ืจ ื•ื—ืœื‘ ืžื•ืชืจ, ื•ืื™ ืกืœืงื ื“ืขืชืš ืืคืฉืจ ืœืกื•ื—ื˜ื• ืืกื•ืจ,

Et Rav tient-[il vraiment] 'ce qu'on peut essorer โ€” interdit' ? Mais voici qu'il a รฉtรฉ รฉnoncรฉ : un ke-zayit (volume d'olive) de viande qui est tombรฉ dans une chaudiรจre de lait (yora chel halav), Rav a dit : la viande [est] interdite et le lait [est] permis !

Or, s'il te venait ร  l'esprit [que, pour Rav,] 'ce qu'on peut essorer est interdit',

๐Ÿ“œ Rachi (1)
ื‘ืฉืจ ืืกื•ืจ ืฉื ืชืŸ ื”ื—ืœื‘ ื˜ืขื ื‘ื•:
'La viande [est] interdite' โ€” car le lait lui a donnรฉ du goรปt.
๐Ÿ’ก Explication

Objection contre l'attribution ร  Rav du principe 'efchar le-sochtรด interdit'. Un ke-zayit de viande tombรฉ dans une grande chaudiรจre de lait (assez grande pour que la viande ne lui donne pas de goรปt). Rav tranche : la viande est interdite (elle a absorbรฉ le goรปt du lait), mais le lait est permis (la viande ne lui a pas donnรฉ de goรปt). Or si Rav tenait 'ce qu'on peut essorer est interdit' [le lait absorbรฉ dans la viande, thรฉoriquement essorable, resterait interdit, et l'on ne pourrait pas trancher si nettement] โ€” [la suite de l'objection se poursuit au daf 108b].

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Texte hรฉbreu et aramรฉen vocalisรฉ : รฉdition numรฉrique William Davidson du Talmud Koren Noรฉ, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction franรงaise, notes et schรฉmas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).