Chullin 108b — le lait absorbé par la viande, efshar lesochtô, et les demi-olives de viande et de lait

Chullin 108b

Sougya : La sougya poursuit le débat de bassar be-halav (viande cuite dans le lait). Question première : pourquoi le lait [de la marmite] serait-il permis, alors que le lait absorbé dans la viande est devenu 'lait de nevela' [interdit] et, ressortant, ne s'annule pas (min be-mino, Rav suivant Rabbi Yehouda) ?

Trois réponses sont tentées : (1) la Torah n'a interdit que 'le chevreau' et non 'le lait' (Deut 14:21) ; écartée, car Rav frappe pourtant qui mange une demi-olive de viande et une demi-olive de lait cuites ensemble — preuve qu'il tient le lait interdit. (2) Le lait est interdit, mais ici le morceau tombé dans une marmite bouillante : il absorbe (mevlâ bala) sans rejeter (meflâ lo pâlît), et l'on a retiré le morceau avant que la marmite ne refroidisse.

La Guemara examine ensuite la règle des demi-olives (Rav contre Levi sur la flagellation pour la cuisson), puis la braita de la goutte de lait tombée sur un morceau (Rabbi Yehouda : le morceau devient nevela et interdit tout ; les Sages : seulement s'il donne un goût dans la sauce, le résidu et les morceaux), et l'arbitrage de Rabbi selon que l'on a remué et couvert (niâr ve-kissâ) ou non. Le fil conducteur est la règle efshar lesochtô assour : ce qu'on pourrait essorer demeure interdit.

Efshâr lesochtô : un morceau qui a absorbé puis rejette l'interdit Goutte de lait sur un morceau elle donne un goût dans le morceau le morceau lui-même devient nevela (il est interdit en lui-même) il rejette son goût dans les autres min be-mino : pas annulé -> tout interdit Efshâr lesochtô ASSOUR même ce qu'on pourrait essorer reste interdit ; le goût absorbé a déjà rendu le tout interdit Efshâr lesochtô MOUTAR ce qu'on peut essorer / rejeter est compté comme déjà sorti : il s'annule dans le reste
Le principe efshar lesochtô (segments 0, 8, 13) : un morceau qui a absorbé l'interdit devient lui-même nevela ; 'on pourrait l'essorer' n'annule pas l'interdit selon Rav et Rabbi.
Demi-olive de viande + demi-olive de lait cuits ensemble Rav il est flagellé pour l'avoir mangé (une olive entière d'interdit avalée) il n'est PAS flagellé pour l'avoir cuit (demi + demi ne se joignent pas) manger : vient d'une grande marmite déjà interdite ; cuire : départ permis Levi flagellé aussi pour l'avoir cuit (les deux moitiés se joignent) de quelle cuisson parle-t-on ? d'une cuisson telle que d'autres en mangeraient du fait qu'elle est cuite (cuit à point)
La controverse Rav / Levi (segments 2, 5-7) sur la demi-olive de viande et la demi-olive de lait : flagellation pour la consommation, et pour la cuisson selon Levi seulement.
L'arbitrage de Rabbi : niâr ve-kissâ (a remué et couvert) Rabbi Yehouda on N'a PAS remué, on N'a PAS couvert le lait reste concentré sur le morceau le morceau devient nevela et interdit tous les autres (min be-mino) efshar lesochtô assour les Sages on a remué, on a couvert le lait se diffuse dans toute la marmite il faut un goût dans la sauce, le résidu et les morceaux sinon : annulé, tout permis
L'arbitrage de Rabbi (segments 8-13) entre Rabbi Yehouda et les Sages, selon que l'on a remué et couvert la marmite (niâr ve-kissâ).
1
חלב אמאי מותר? חלב נבלה הוא!

Le lait, pourquoi [serait-il] permis ? C'est du lait de nevela [d'une bête morte sans abattage, donc interdit] !

📜 Rachi (2)
חלב אמאי מותר הרי חלב מעט שנבלע בבשר נעשה נבלה שהרי נאסר וכשחזר ונפלט בשאר החלב הוה ליה מין במינו חלב אסור בחלב היתר ורב אית ליה מין במינו לא בטיל:
Le lait, pourquoi [serait-il] permis — voici que le peu de lait absorbé dans la viande est devenu nevela, car il a été interdit ; et lorsqu'il ressort de nouveau [et se mêle] au reste du lait, c'est min be-mino [une espèce dans son espèce], du lait interdit dans du lait permis ; et Rav tient que le min be-mino ne s'annule pas.
חלב נבלה הוא זה שנבלע ונסחט:
C'est du lait de nevela — ce [lait] qui a été absorbé puis essoré.
🗂️ Tossefot (1)
אמאי מותר חלב נבלה הוא מכאן היה מדקדק רבינו שמואל דלמ"ד מין במינו לא בטיל צריך תרי ששים ששים ברוטב לבטל טעם חתיכת נבלה וששים בחתיכת היתר לבטל רוטב היוצא מן הנבלה וקשה לר"י לדבריו דמשני גדי אסרה תורה ולא חלב והלא בעלמא חתיכה של היתר נעשית נבלה מדרבנן וצריך ששים כנגד כולה דמדאורייתא לא צריך ס' אלא כנגד האיסור הנבלע בה א"כ אע"ג דגדי אסרה תורה ולא חלב מ"מ מדרבנן החלב עצמו נאסר כשאר איסורין דמאי שנא משאר איסורין ויאסור כל חלב שביורה אלא ודאי כיון שהחלב הנפלט מן הבשר לא נעשה נבלה אלא מטעם בשר המעורב בו אין לו דין חלב טמא אלא מתבטל בחלב שביורה כמו שמתבטל טעם בשר האסור ולא חשיב מין במינו והכי נמי רוטב הנפלט מן הנבלה אין לו דין מים אסורין שלא להתבטל במים אחרים אלא יש לו דין בשר נבלה שמתבטל שפיר במים שבקדרה והא דקאמר חלב נבלה הוא וקאי הכי במסקנא היינו דוקא בבשר בחלב שכל אחד לבדו היתר וכשנתבשל יחד עשה הכתוב הכל כנבלה והוא כחלב היוצא מן הטרפה ולכך לוקה על חצי זית חלב הנבלע מחצי זית שמנונית בשר אבל מים הנפלטים מן הנבלה אין נאסרין אלא מחמת טעם הנבלה המעורב בהן ואין מצטרפין ללקות עליהן משום נבלה ומכאן יש להוכיח דתבלין הבלועים מחלב או מדם ונפלו לקדרה מתבטלין בששים ואע"ג דנותנין טעם אפי' באלף מותר דאינו חמור מן האיסור הנבלע בהן:
Pourquoi [serait-il] permis, c'est du lait de nevela — de là, Rabbenou Chmouel tirait par déduction que, pour celui qui tient [que] le min be-mino ne s'annule pas, il faut deux fois soixante : soixante dans la sauce pour annuler le goût du morceau de nevela, et soixante [encore] dans le morceau permis pour annuler la sauce qui sort de la nevela. Et cela fait difficulté au Ri selon ses propos : car [la Guemara] répond 'la Torah a interdit le chevreau et non le lait' — or, de manière générale, un morceau permis devient nevela [par interdit] rabbinique, et il faut soixante contre lui tout entier, alors que de la Torah il ne faut soixante que contre l'interdit absorbé en lui ! Si donc, bien que la Torah ait interdit le chevreau et non le lait, néanmoins, par [décret] rabbinique, le lait lui-même est interdit comme les autres interdits — car en quoi diffère-t-il des autres interdits ? — il devrait interdire tout le lait de la marmite ! Plutôt, assurément : puisque le lait essoré de la viande n'est devenu nevela qu'à cause de la viande mêlée à lui, il n'a pas le statut de lait impur, mais s'annule dans le lait de la marmite, de même que s'annule le goût de la viande interdite, et il n'est pas considéré min be-mino. Et de même ici, la sauce essorée de la nevela n'a pas le statut d'eaux interdites [qui] ne s'annuleraient pas dans d'autres eaux, mais elle a le statut de viande de nevela, qui s'annule bel et bien dans l'eau de la marmite. Et ce qu'il dit 'c'est du lait de nevela', et que cela tient ainsi dans la conclusion, c'est uniquement pour la viande dans le lait, où chacun seul est permis, et [où], lorsqu'ils ont été cuits ensemble, l'Écriture a tout rendu comme nevela ; et il est comme le lait qui sort de la tereifa, et c'est pourquoi l'on est flagellé pour une demi-olive de lait absorbée depuis une demi-olive de graisse de viande. Mais les eaux essorées de la nevela ne sont interdites qu'à cause du goût de la nevela mêlé en elles, et elles ne se joignent pas pour qu'on soit flagellé à leur sujet au titre de nevela. Et de là il y a à prouver que des épices ayant absorbé du lait ou du sang, et tombées dans une marmite, s'annulent dans soixante, et bien qu'elles donnent un goût même dans mille, [c'est] permis, car [cela] n'est pas plus grave que l'interdit absorbé en elles.
💡 Explication

Reprise du débat de bassar be-halav. On a appris [plus haut] que Rav permet le lait de la marmite où est tombé un morceau de viande. La Guemara s'en étonne : le peu de lait absorbé dans la viande est devenu nevela [interdit en lui-même] ; lorsqu'il ressort et se mêle au reste du lait, c'est du lait interdit dans du lait permis — donc min be-mino (une espèce dans son espèce), et Rav tient, comme Rabbi Yehouda, que le min be-mino ne s'annule pas [même dans une majorité]. Toute la marmite devrait être interdite.

2
לעולם קסבר רב אפשר לסוחטו אסור, ושאני התם דאמר קרא ״לא תבשל גדי בחלב אמו״ – גדי אסרה תורה, ולא חלב.

En réalité, Rav tient [que] 'ce qu'on peut essorer est interdit' (efshar lesochto assour) ; et là-bas [le lait de la marmite] est différent, car le verset dit 'tu ne cuiras pas un chevreau dans le lait de sa mère' (Deut 14:21) — la Torah a interdit le chevreau [la viande], et non le lait.

📜 Rachi (1)
גדי אסרה תורה ולא חלב ואפילו חלב מותר ואפילו היה בבשר שיעור גדול לתת טעם בשר בכל החלב ס"ל נמי לרב דחלב מותר:
La Torah a interdit le chevreau et non le lait — et le lait [est] permis même si la viande contenait une grande quantité [suffisante] pour donner un goût de viande dans tout le lait ; Rav tient lui aussi que le lait [est] permis.
🗂️ Tossefot (1)
גדי אסרה תורה ולא חלב והא דנקט כזית בשר בתוך יורה גדולה משום דאם נפל לתוך חלב מועט היה נחשב הכל כגדי משום שמנונית הבשר המעורב בחלב ולא נתבטל:
La Torah a interdit le chevreau et non le lait — et s'il a pris [pour exemple] une olive de viande dans une grande marmite, c'est parce que, si elle était tombée dans peu de lait, le tout aurait été considéré comme chevreau, du fait de la graisse de la viande mêlée au lait, [laquelle] ne se serait pas annulée.
💡 Explication

Première réponse. Rav tient bien efshar lesochto assour [ce qu'on pourrait essorer reste interdit], mais le cas du lait est différent : le verset n'interdit que la cuisson du chevreau dans le lait, c'est-à-dire la viande qui a absorbé le lait ; le lait qui a absorbé le goût de la viande, lui, n'est pas interdit par la Torah. Donc, lorsqu'il ressort, il s'annule normalement.

3
וסבר רב גדי אסרה תורה ולא חלב? והא איתמר: חצי זית בשר וחצי זית חלב שבשלן זה עם זה, אמר רב: לוקה על אכילתו, ואינו לוקה על בשולו. ואי סלקא דעתך גדי אסרה תורה ולא חלב, אאכילה אמאי לוקה? חצי שיעור הוא!

Et Rav tient-il [que] la Torah a interdit le chevreau et non le lait ? Mais il a été dit : une demi-olive de viande et une demi-olive de lait qu'on a cuites l'une avec l'autre, Rav dit : il est flagellé pour l'avoir mangée, mais il n'est pas flagellé pour l'avoir cuite.

Or, s'il te venait à l'esprit [que] la Torah a interdit le chevreau et non le lait, pour la consommation, pourquoi serait-il flagellé ? C'est une demi-mesure [de viande] !

📜 Rachi (3)
חצי זית חלב הכי משערינן יין וחלב וכל משקה לשערו בכזית מביא כוס מלא משקין ומביא זית ונותן לתוכו הזית והמשקה יוצא לחוץ וההוא דנפיק הוי כזית וכך היא שנויה בתוספתא בפרק נזיר שאכל:
Une demi-olive de lait — voici comment on mesure le vin, le lait et tout liquide pour [évaluer] une olive : on apporte un verre plein de liquide, on apporte [le volume d']une olive et on plonge cette olive dedans, le liquide déborde au-dehors, et ce qui déborde [vaut] une olive ; ainsi est-ce enseigné dans la Tossefta, au chapitre 'le nazir qui a mangé'.
לוקה על אכילתו דכזית איסור אכל:
Il est flagellé pour l'avoir mangée — car il a mangé une olive d'interdit.
ואינו לוקה על בשולו לקמן מפרש טעמא בשמעתין:
Mais il n'est pas flagellé pour l'avoir cuite — la Guemara en explique plus loin la raison, dans notre sougya.
💡 Explication

Objection contre la première réponse. Rav a aussi enseigné : qui mange une demi-olive de viande + une demi-olive de lait cuites ensemble est flagellé pour la consommation (il a avalé une olive entière d'interdit), mais pas pour la cuisson (il n'a cuit qu'une demi-mesure de chaque). Or si le lait n'était pas interdit, il n'y aurait qu'une demi-olive de viande interdite — une demi-mesure ! — et l'on ne serait pas flagellé pour la consommation. Donc Rav tient bien le lait interdit.

4
אלא, לעולם קסבר רב חלב נמי אסור, והכא במאי עסקינן? כגון שנפל לתוך יורה רותחת, דמבלע בלע, מפלט לא פלט.

Plutôt, en réalité Rav tient [que] le lait aussi est interdit ; et ici, de quoi s'agit-il ? Du cas où [le morceau de viande] est tombé dans une marmite bouillante, [de sorte] qu'absorber il absorbe, [mais que] rejeter il ne rejette pas.

📜 Rachi (2)
אלא לעולם קסבר רב חלב נמי אסור גרסי' היכא דיש בו טעם איסור או איסור מינו בלא טעם:
[Le texte se lit :] 'plutôt, en réalité Rav tient que le lait aussi est interdit' — là où il y a un goût d'interdit, ou bien [là où il y a] l'interdit de son espèce sans [même] un goût.
והכא במאי עסקינן דאמר רב לעיל בשר אסור חלב מותר כגון שנפל אותו זית לתוך יורה רותחת דמה שבולע אינו פולט שכל זמן שאינו נח מרתיחותיו אינו פולט:
Et ici, de quoi s'agit-il — [à savoir ce] que Rav a dit plus haut, [que] la viande est interdite [et] le lait permis : par exemple [le cas] où cette olive [de viande] est tombée dans une marmite bouillante, [de sorte] que ce qu'elle absorbe, elle ne le rejette pas — car, tant qu'elle ne se repose pas de son ébullition, elle ne rejette pas.
🗂️ Tossefot (1)
שנפל לתוך יורה רותחת דמבלע בלע מפלט לא פלט תימה דדבר הנראה לעינים הוא דפליט דכשנותנין ירק בקדרה רותחת משתנה מראית המים מן הירק וכן בשר שומן נימוח לתוכה ונראה השמנונית על הרוטב ופי' רבינו שמואל דהא דקאמר מפלט לא פליט היינו עד שיהא שבע מלבלוע אבל לאחר ששבע חוזר ופולט וכן פירש הרב רבינו שמעיה סוף סוף כי נייח הדר פליט היינו כי נייח מבליעתו ומשני שקדם וסלקו קודם שגמר בליעתו ואותן כלים וקערות האסורות כשמגעילים אותם בתוך יורה גדולה ומניחין אותן מבפנים כשהמים רותחין היה מצריך רבינו שמואל להניחם שעה גדולה עד כדי שיהא להם שהות לגמור בליעה ולחזור ולפלוט אח"כ ודבר תימה הוא דמי בקי לידע שיעור זה ואומר ר"ת דהא דקאמר הכא מבלע בלע מפלט לא פליט היינו לא פליט מה שבלע עכשיו אבל מה שהיה בלוע מקודם פליט ואין להתיר מטעם זה להגעיל כלי שהוא בן יומו כשאין במים ששים לבטל האיסור ולהניחן בפנים כשהן רותחין משום דמים מבלע בלעי האיסור שבכלי ולא פלטי דבמים שהן צלולים לא שייך לומר בליעה דלא בלעי אלא שמתערב בהן האיסור וגם אין סברא לומר דכי היכי דאמר מבלע בלע מפלט לא פליט מה שבלע הכי נמי מפלט פליט מבלע לא בלע מה שפלט ועוד דא"כ יהא אסור להגעיל שני כלים זה אחר זה דבהגעלת הראשון נאסרו המים והשני יבלע מן המים האסורין דודאי פליטת עצמו לא יבלע אבל פליטת כלי אחר יבלע וגם כלי הראשון אינו מכניס כולו בבת אחת במים רותחים וא"כ מה שנכנס תחלה פולט וצד השני שמכניס אח"כ בולע מה שפלט צדו הראשון לכך נראה דאין להגעיל כלי בן יומו כשאין במים ס' לבטל והגעלה דמדין דלא אסרה תורה אלא בן יומו לא הגעילו אלא כלים קטנים בתוך הגדולים שהיה במים ששים לבטל האיסור ובערב פסח קודם ארבע שעות מותר להגעיל כלי של חמץ אע"פ שאין במים ס' דאיכא ג' נותני טעם של היתר החמץ נ"ט בכלי והכלי נ"ט במים והמים חוזרין ונבלעין בכלי ועדיין הוא היתר שהוא קודם הפסח:
[Le morceau] est tombé dans une marmite bouillante, [de sorte] qu'absorber il absorbe, [mais que] rejeter il ne rejette pas — c'est étonnant, car c'est une chose visible à l'œil [qu']il rejette : lorsqu'on met un légume dans une marmite bouillante, la couleur de l'eau change à cause du légume ; de même la viande, sa graisse se fond à l'intérieur et la graisse paraît sur la sauce. Et Rabbenou Chmouel a expliqué : ce qu'il dit 'rejeter il ne rejette pas', c'est jusqu'à ce qu'il [le morceau] soit rassasié d'absorber, mais une fois rassasié, il rejette de nouveau. Et de même a expliqué Rav Rabbenou Chemaya : 'en fin de compte, lorsqu'il se repose, il rejette de nouveau', c'est-à-dire lorsqu'il se repose de son absorption ; et [la Guemara] répond [que c'est le cas] où l'on a devancé et retiré [le morceau] avant qu'il n'ait achevé son absorption. Et ces ustensiles et écuelles interdits, lorsqu'on les rince [par hagala, ébouillantage] dans une grande marmite et qu'on les y laisse à l'intérieur tandis que l'eau bout, Rabbenou Chmouel exigeait de les y laisser un long moment, le temps qu'ils aient le loisir d'achever leur absorption puis de rejeter ensuite. Et c'est une chose étonnante : qui est expert pour connaître cette mesure ? Et Rabbenou Tam dit : ce qu'il dit ici 'absorber il absorbe, rejeter il ne rejette pas', cela veut dire qu'il ne rejette pas ce qu'il vient d'absorber à l'instant, mais ce qui était absorbé auparavant, il [le] rejette. Et il n'y a pas à permettre, pour ce motif, d'ébouillanter un ustensile qui est 'fils de son jour' [utilisé dans les vingt-quatre heures] lorsqu'il n'y a pas dans l'eau soixante [fois le volume] pour annuler l'interdit, et de les y laisser à l'intérieur tandis qu'ils bouillent, sous prétexte que l'eau absorberait l'interdit de l'ustensile sans [le] rejeter ; car de l'eau qui est limpide, il n'y a pas lieu de dire 'absorption', car elle n'absorbe pas, mais l'interdit s'y mêle. Et il n'est pas non plus raisonnable de dire que, de même qu'il dit 'absorber il absorbe, rejeter il ne rejette pas' [pour] ce qu'il a absorbé, de même 'rejeter il rejette, absorber il n'absorbe pas' [pour] ce qu'il a rejeté. Et de plus, [s'il en était ainsi], il serait alors interdit d'ébouillanter deux ustensiles l'un après l'autre, car par l'ébouillantage du premier l'eau est devenue interdite, et le second absorberait de cette eau interdite — car certes il n'absorbe pas sa propre exsudation, mais l'exsudation d'un autre ustensile, il [l']absorbe ; et de plus, le premier ustensile lui-même ne pénètre pas tout entier d'un seul coup dans l'eau bouillante, et alors ce qui pénètre en premier rejette, et l'autre côté, qu'on introduit ensuite, absorbe ce qu'a rejeté son premier côté. C'est pourquoi il paraît qu'il n'y a pas à ébouillanter un ustensile 'fils de son jour' lorsqu'il n'y a pas dans l'eau soixante pour [l']annuler. Et l'ébouillantage [pratiqué au sujet] des Madianites — car la Torah n'a interdit que [l'ustensile] 'fils de son jour' — on n'a ébouillanté que de petits ustensiles à l'intérieur de grands, ou il y avait dans l'eau soixante pour annuler l'interdit. Et la veille de Pessa'h, avant la quatrième heure, il est permis d'ébouillanter un ustensile de hametz [pain levé] bien qu'il n'y ait pas dans l'eau soixante, car il y a là trois 'donneurs de goût' de permis : le hametz donne un goût dans l'ustensile, l'ustensile donne un goût dans l'eau, et l'eau retourne et est absorbée dans l'ustensile — et c'est encore permis, puisque c'est avant Pessa'h.
💡 Explication

Réponse retenue. En vérité Rav tient bien le lait interdit. Le cas où Rav permet le lait de la marmite est celui où le morceau de viande tombe dans une marmite bouillante : tant que le liquide bout, le morceau absorbe le lait (mevla bala) mais ne le rejette pas (mefla lo pâlit). Le lait interdit reste donc dans la viande et ne contamine pas le reste.

5
סוף סוף כי נייח, הדר פליט! כשקדם וסילקו.

En fin de compte, lorsque [la marmite] se repose, [le morceau] rejette de nouveau ! [Réponse :] [c'est le cas] où l'on a devancé et retiré [le morceau].

📜 Rachi (1)
כשקדם וסילקו לאותו זית קודם שתנוח:
[C'est le cas] où l'on a devancé et retiré [le morceau] — cette olive [de viande], avant qu'elle ne se repose.
💡 Explication

Difficulté : une fois la marmite refroidie, le morceau finit par rejeter le lait absorbé, lequel contaminerait alors le reste. Réponse : il s'agit du cas où l'on a retiré le morceau à temps, avant que la marmite ne se repose [de son ébullition].

6
גופא: חצי זית בשר וחצי זית חלב שבשלן זה עם זה, אמר רב: לוקה על אכילתו, ואינו לוקה על בשולו. מה נפשך? אי מצטרפין – אבשול נמי לילקי, אי לא מצטרפין – אאכילה נמי לא לילקי.

[Revenons] à la chose elle-même : une demi-olive de viande et une demi-olive de lait qu'on a cuites l'une avec l'autre, Rav dit : il est flagellé pour l'avoir mangée, mais il n'est pas flagellé pour l'avoir cuite. [Difficulté :] de quelque côté que tu [le] prennes : si [les deux demi-olives] se joignent, qu'il soit flagellé aussi pour la cuisson ; et si elles ne se joignent pas, que pour la consommation non plus il ne soit pas flagellé !

💡 Explication

Examen de l'énoncé de Rav lui-même. Difficulté par le 'de quelque côté' (ma nafchakh) : ou bien la demi-olive de viande et la demi-olive de lait se joignent en une olive entière — alors l'on devrait être flagellé aussi pour la cuisson ; ou bien elles ne se joignent pas — alors l'on ne devrait pas non plus être flagellé pour la consommation. Pourquoi Rav distingue-t-il les deux ?

7
לעולם לא מצטרפי, ובבא מיורה גדולה.

En réalité, elles ne se joignent pas, et [le cas de la consommation est celui] où [le mélange] provient d'une grande marmite.

📜 Rachi (1)
לעולם לא מצטרפי לעשות איסור אא"כ היה בו בתחלה כשיעור וכי אמר רב לוקה על אכילתו שבא מיורה גדולה ולצדדין אמר רב למילתיה אכל חצי זית בשר וחצי זית חלב הבא מיורה גדולה שנתבשל בה שיעור מזה ומזה ונאסרו לוקה על אכילתו שאכל שיעור שלם איסור של שם אחד ואין לוקה על בשולו דאם בשל כחצי זית בשר וכחצי זית חלב זה עם זה לפי שאין מצטרפין מכלל היתרן לקרות איסור עד שיהא בכל אחד ליעשות איסור לעצמו:
En réalité, elles ne se joignent pas — pour constituer un interdit, à moins qu'il n'y ait eu au départ la mesure [requise] ; et lorsque Rav dit 'il est flagellé pour l'avoir mangée', [c'est] qu'[elle] provient d'une grande marmite. Et Rav a dit son propos en distinguant les deux cas (le-tzedadin) : [s']il a mangé une demi-olive de viande et une demi-olive de lait provenant d'une grande marmite où a été cuite une mesure de ceci et de cela, et [où] elles sont devenues interdites — il est flagellé pour l'avoir mangée, car il a mangé une mesure complète d'un interdit d'un seul nom ; et il n'est pas flagellé pour l'avoir cuite, [car s']il a cuit comme une demi-olive de viande et comme une demi-olive de lait l'une avec l'autre, [c'est] parce qu'elles ne se joignent pas, depuis [leur état] permis, pour être appelées interdit, tant qu'il n'y a pas dans chacune [de quoi] devenir un interdit par elle-même.
💡 Explication

Réponse. En soi, une demi-olive de viande et une demi-olive de lait ne se joignent pas [pour constituer une mesure d'interdit]. Lorsque Rav dit qu'on est flagellé pour la consommation, il vise le cas où la bouchée provient d'une grande marmite où furent cuits ensemble une mesure de viande et une mesure de lait : le tout y est déjà devenu interdit, et l'on a mangé une olive pleine d'un interdit unique. Pour la cuisson, en revanche, il faut une mesure complète de chaque pour rendre l'acte passible de flagellation.

8
ולוי אמר: אף לוקה על בשולו, וכן תני לוי במתניתין: כשם שלוקה על אכילתו כך לוקה על בשולו, ובאי זה בשול אמרו? בבשול שאחרים אוכלין אותו מחמת בשולו.

Et Levi dit : il est flagellé même pour l'avoir cuite ; et ainsi Levi a-t-il enseigné dans son recueil [de braitot] : de même qu'il est flagellé pour l'avoir mangée, ainsi est-il flagellé pour l'avoir cuite. Et de quelle cuisson ont-ils parlé ?

D'une cuisson telle que d'autres en mangeraient du fait de sa cuisson.

📜 Rachi (1)
אחרים עובדי כוכבים. כלומר שנתבשל כל צרכו:
D'autres — des idolâtres. C'est-à-dire qu'elle a été cuite à satisfaction [à point].
💡 Explication

Position opposée. Levi tient que les deux demi-olives se joignent : l'on est donc flagellé même pour la cuisson. Et la cuisson qui rend passible de flagellation est celle qui rend l'aliment cuit à point, c'est-à-dire telle que d'autres [des non-Juifs] en mangeraient du fait qu'elle est cuite.

9
ואפשר לסוחטו עצמו – תנאי היא, דתניא: טפת חלב שנפלה על החתיכה, כיון שנתנה טעם בחתיכה – החתיכה עצמה נעשת נבלה, ואוסרת כל החתיכות כולן מפני שהן מינה, דברי רבי יהודה.

Et [la question de] ce qu'on peut essorer soi-même [efshar lesochto] est [l'objet d'une dispute] de Tanaim ; car il a été enseigné : une goutte de lait tombée sur le morceau [de viande], dès lors qu'elle a donné un goût dans le morceau, le morceau lui-même est devenu nevela, et il interdit tous les morceaux ensemble, parce qu'ils sont de son espèce — paroles de Rabbi Yehouda.

📜 Rachi (2)
כיון שנתנה טעם באותה חתיכה כלומר כיון שיש בה כדי ליתן טעם באותה חתיכה הכל אסור ואפילו ניער את הקדרה דאיכא למימר נחלק לכולן והרי אין בו כדי לאסור אפ"ה אסור וטעמא מפרש לקמיה:
Dès lors qu'elle a donné un goût dans ce morceau — c'est-à-dire dès lors qu'il y a en elle [assez] pour donner un goût dans ce morceau, le tout est interdit ; et même s'il a remué la marmite — bien qu'on puisse dire [que le goût] s'est réparti entre tous [les morceaux] et qu'il n'y a [donc] pas [assez] en lui pour [tout] interdire — il est néanmoins interdit ; et la Guemara en explique la raison plus loin.
מפני שהן מינה לפיכך אוסרת כולן ואפילו הן אלף שיש בהן כדי לבטל חתיכת האיסור כו' דכיון דמינו נינהו לא בטיל טעמא דבשר דנפיק מיניה שאף טעם הבשר נאסר:
Parce qu'ils sont de son espèce — c'est pourquoi elle [la goutte] interdit tous [les morceaux], fussent-ils mille [alors qu'il y a] en eux [assez] pour annuler le morceau interdit, etc. ; car, puisqu'ils sont de son espèce, le goût de la viande qui sort de lui ne s'annule pas, [le goût du morceau interdit] étant tel que le goût de la viande [permise] aussi est interdit.
💡 Explication

La règle efshar lesochto (ce qu'on pourrait essorer) est elle-même une controverse de Tanaim. Selon Rabbi Yehouda, une goutte de lait tombée sur un morceau de viande, dès qu'elle lui a donné un goût, rend ce morceau nevela [interdit en lui-même] ; ce morceau interdit alors tous les autres de la marmite, fussent-ils mille, car ils sont de son espèce (min be-mino) et ne s'annulent pas.

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וחכמים אומרים: עד שתתן טעם ברוטב ובקיפה ובחתיכות.

Et les Sages disent : [le morceau n'est pas interdit] tant qu'elle n'a pas donné un goût dans la sauce, dans le résidu et dans les morceaux.

📜 Rachi (2)
וחכ"א עד שתתן טעם כו' קס"ד דאטפה קיימי עד שיהא בה כדי ליתן טעם בכולם אין כאן איסור אפילו בחתיכה ראשונה מפני שהוא חוזר ונסחט:
Et les Sages disent : tant qu'elle n'a pas donné un goût, etc. — il vient à l'esprit que [les Sages] s'en tiennent à la goutte [elle-même] : tant qu'il n'y a pas en elle [assez] pour donner un goût dans tous [les morceaux], il n'y a pas là d'interdit, même dans le premier morceau, parce qu'[il est de ceux qu']on peut essorer de nouveau.
קיפה דק דק של בשר שיורד לשולי קדרה:
Le résidu (kipa) — les fines [particules] de viande qui descendent au fond de la marmite.
💡 Explication

Position des Sages : le morceau n'est interdit que si la goutte de lait est en quantité suffisante pour donner un goût dans toute la marmite — la sauce (rotev), le résidu de viande au fond (kipa) et les autres morceaux — car on suppose qu'elle se diffuse et que 'ce qu'on pourrait essorer' est compté comme déjà ressorti et réparti.

11
אמר רבי: נראין דברי רבי יהודה בשלא ניער ושלא כסה, ודברי חכמים בשניער וכסה.

Rabbi a dit : les paroles de Rabbi Yehouda paraissent [justes] dans [le cas] où l'on n'a pas remué et où l'on n'a pas couvert, et les paroles des Sages dans [le cas] où l'on a remué et couvert.

📜 Rachi (2)
נראין כו' מפרש לקמיה כולה מילתא דרבי:
[Les paroles de Rabbi Yehouda] paraissent [justes], etc. — la Guemara explique plus loin tout le propos de Rabbi.
ניער הגיס בה במגיס. המנער את הקדרה מתפשט הטעם בכולה וכן המכסה אותה מפני שמי השוליים עולין עד פה ויורדין:
A remué (niar) — il a brassé [la marmite] avec la louche. Celui qui remue la marmite, le goût se répand dans tout [son contenu] ; et de même celui qui la couvre, parce que les liquides du fond montent jusqu'à l'ouverture et redescendent.
💡 Explication

Arbitrage de Rabbi [Yehouda HaNassi] (voir le schéma). Les paroles de Rabbi Yehouda valent quand on n'a pas remué ni couvert la marmite [le lait reste concentré sur le morceau, qui devient nevela]. Les paroles des Sages valent quand on a remué et couvert [le lait se diffuse dans toute la marmite et s'y annule, sauf s'il donne un goût au tout].

12
מאי ״לא ניער ולא כסה״? אילימא לא ניער כלל, ולא כסה כלל – מבלע בלע, מפלט לא פלט.

Que signifie 'on n'a pas remué et on n'a pas couvert' ? Si l'on dit [que] l'on n'a pas remué du tout ni couvert du tout — [alors] absorber il absorbe, [mais] rejeter il ne rejette pas !

📜 Rachi (3)
אילימא לא ניער כלל אמאי נאסרות האחרות:
Si l'on dit [que] l'on n'a pas remué du tout — pourquoi les autres [morceaux] seraient-ils interdits ?
מבלע בלע ההיא חתיכה:
Absorber il absorbe — ce morceau-là.
מפלט לא פליט באחרות את טעם החלב שהחלב בגגה של חתיכה הוה:
Rejeter il ne rejette pas — dans les autres [morceaux] le goût du lait, car le lait était sur le dessus du morceau.
💡 Explication

Examen des termes de Rabbi. Si 'on n'a pas remué ni couvert' veut dire jamais, pas du tout, alors le morceau sur lequel la goutte est tombée absorbe le lait mais ne le rejette pas [vers les autres morceaux] — et il n'y aurait aucune raison d'interdire les autres morceaux, même selon Rabbi Yehouda.

13
ואלא, לא ניער בתחלה אלא בסוף, ולא כסה בתחלה אלא בסוף, אמאי? הא בלע והא פלט!

Mais plutôt [si tu dis que cela signifie] : on n'a pas remué au début mais [seulement] à la fin, et on n'a pas couvert au début mais [seulement] à la fin — pourquoi [serait-ce interdit] ? Voici [que le morceau] a absorbé et voici qu'il a rejeté !

📜 Rachi (2)
לא ניער בתחלה וקבלה החתיכה את הטעם ואח"כ ניער וחזרה ופלטתה באחרות:
On n'a pas remué au début — et le morceau a reçu le goût, puis ensuite on a remué et il l'a rejeté de nouveau dans les autres [morceaux].
הא בלע והא פלט מה שבלעה וחזרה להתירה והאיסור שיצא ממנה אין בו כשיעור לאסור:
Voici qu'il a absorbé et voici qu'il a rejeté — ce qu'il a absorbé, il l'a retourné à son [état] permis, et l'interdit qui est sorti de lui n'a pas la mesure [suffisante] pour [tout] interdire.
💡 Explication

Autre lecture, écartée aussi. Si 'on n'a pas remué [puis si]' veut dire : on a remué et couvert seulement à la fin [pas au début], alors le morceau a d'abord absorbé la goutte, puis, en remuant, l'a rejetée et répartie dans toute la marmite où elle s'annule. Pourquoi donc tout serait-il interdit, comme le veut Rabbi Yehouda ? L'interdit ressorti n'a plus la mesure d'interdire.

14
קסבר אפשר לסוחטו אסור.

[Rabbi] tient [que] 'ce qu'on peut essorer est interdit' (efshar lesochto assour).

📜 Rachi (1)
קסבר אפשר לסוחטו אסור מפני שכולה נעשית איסור וכל הנסחט ממנה אסור וכל הנשאר בה אסור וכיון דאף טעם בשר שבה נאסר חוזר ואוסר האחרות אפילו הן אלף דמין במינו לא בטיל:
[Rabbi] tient [que] 'ce qu'on peut essorer est interdit' — parce que [le morceau] tout entier est devenu interdit, et tout ce qui en est essoré est interdit, et tout ce qui y demeure est interdit ; et puisque le goût de la viande qui est en lui est interdit lui aussi, il retourne [et] interdit les autres [morceaux], fussent-ils mille, car le min be-mino [une espèce dans son espèce] ne s'annule pas.
💡 Explication

Conclusion : Rabbi tient efshar lesochto assour. Dès que le premier morceau a absorbé la goutte, il est devenu interdit en lui-même ; même après que le lait s'est annulé [en ressortant], le goût de la viande [devenue] interdite qu'il rejette interdit tous les autres morceaux, fussent-ils mille, car min be-mino ne s'annule pas [selon Rabbi Yehouda]. Voilà pourquoi 'on a remué à la fin' n'aide pas à permettre.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).