Chullin 113b — les trois 'gedi' du verset : ce que la viande dans le lait inclut et exclut (Chmouel)

Chullin 113b

Sougya : Fin du chapitre Kol ha-Bassar sur l'interdit de la viande dans le lait, dérivé du verset 'tu ne cuiras pas un chevreau (gedi) dans le lait de sa mère', écrit trois fois. La Guemara établit d'abord que 'gedi' non précisé vise toute bête cachere (et non le seul chevreau), car ailleurs la Torah ajoute 'des chevreaux des chèvres' — deux exclusions face à la règle des 'deux versets venant comme un seul'.

Chmouel tire ensuite des trois 'gedi' six enseignements : trois INCLUSIONS (graisse interdite helev, bête morte neveila, foetus chalil) et trois EXCLUSIONS (sang, placenta, bête impure), plus trois précisions sur 'le lait de sa mère' (ni lait de mâle, ni d'abattue, ni d'impure). La Guemara montre comment trois versets écrits donnent six derachot grâce au principe 'l'interdit s'ajoute à l'interdit' (issour hal al issour).

Une contradiction avec un propos de Chmouel sur la terouma impure est résolue de trois manières. Suivent le cas du lait d'une chèvre qui n'a pas encore allaité, et la mahloket de Rabbi Ami et Rabbi Assi sur celui qui cuit du helev dans du lait : flagellé ou non.

Les trois 'gedi' du verset (Chmouel) : six enseignements 'tu ne cuiras pas un chevreau (gedi) dans le lait de sa mère' — répété trois fois dans la Torah gedi : pour INCLURE le helev (graisse interdite) la bête morte (neveila) le foetus (chalil) l'interdit s'ajoute gedi : pour EXCLURE le sang (dam) le placenta (chilya) la bête impure (teme'a) pas d'interdit b. b/lait 'lait de sa mère' non lait de mâle non lait d'abattue non lait d'impure qualifie le lait Le calcul : trois 'gedi' écrits, six enseignements (segment 7) helev ET neveila — un seul 'gedi' (l'interdit s'ajoute à l'interdit ; tous deux du genre 'gedi') dam — sans verset (le sang n'est pas 'gedi') ; chilya — sans verset (simple sécrétion) restent deux 'gedi' : l'un INCLUT le foetus, l'autre EXCLUT la bête impure 3 versets écrits, mais 6 derachot grâce au principe 'l'interdit s'ajoute à l'interdit'
Les six derachot de Chmouel (segments 4-7) : trois inclusions, trois exclusions, et la qualification du lait ; puis le calcul ramenant trois versets à six enseignements.
Chmouel tient-il 'l'interdit s'ajoute à l'interdit' ? Trois réponses Contradiction : ici il inclut helev+neveila (l'interdit s'ajoute) ; mais sur la terouma il dit qu'il ne s'ajoute pas 1re réponse En général : OUI, l'interdit s'ajoute. La terouma diffère : le verset 'oumetou vo' l'exclut expressément déjà profanée (mechoulelet ve-omedet) 2e réponse En général : NON, il ne s'ajoute pas. Notre cas diffère : le verset 'gedi' inclut expressément helev et neveila par ribbouy 3e réponse Deux auteurs : bassar be-halav = avis de Chmouel terouma = avis de son maître (Rabbi Eleazar)
La contradiction sur 'l'interdit s'ajoute à l'interdit' (segments 8-10) et ses trois résolutions.
Cuire du helev dans du lait : flagellé ou non ? (segments 12-13) Tous s'accordent : pour la consommation, pas de flagellation (l'interdit ne s'ajoute pas). On diverge sur la CUISSON. 'Il est flagellé' La cuisson n'a qu'UN interdit : cuire bassar be-halav. Cuire du helev seul est permis, donc nul interdit préalable. -> pas de superposition d'interdits 'Il n'est pas flagellé' Le verset dit l'interdit de MANGER en termes de CUIRE : la cuisson est en réalité un interdit de consommation. -> l'interdit ne s'ajoute pas au helev
La mahloket Rabbi Ami / Rabbi Assi (segments 12-13) : pourquoi l'un flagellé et l'autre non celui qui cuit du helev dans du lait.
1
כאן גדי עזים, הא כל מקום שנאמר גדי סתם – אפילו פרה ורחל במשמע.

Ici [le verset] parle d'un chevreau de chèvres (gedi izim) ; mais [il s'ensuit que] partout où il est dit 'chevreau' (gedi) sans précision — même une vache et une brebis sont sous-entendues [dans le terme].

📜 Rachi (2)
כאן פירש לך הכתוב שגדי זה מעזים היה:
Ici — l'Écriture t'a précisé que ce chevreau-là était des chèvres.
הא אם לא פירש יש במשמע אף שאר בהמה מדאיצטריך ביה לפרושי:
[D'où il s'ensuit que] si [le verset] n'avait pas précisé, [le terme] sous-entendrait aussi le reste du bétail — du fait qu'il a eu besoin, en ce [verset], de [le] préciser.
💡 Explication

Le chapitre s'achève sur l'interdit de la viande dans le lait (bassar be-halav), tiré du verset 'tu ne cuiras pas un chevreau (gedi) dans le lait de sa mère'. Ici la Guemara raisonne à partir d'un verset (Genèse 38:17) où la Torah a précisé 'un chevreau de chèvres' : si le mot 'gedi' désignait toujours le seul chevreau, cette précision serait superflue. Donc gedi sans précision englobe toute bête cachere — vache, brebis comprises ; l'interdit de la viande dans le lait s'applique à toutes.

2
ולילף מיניה? כתיב קרא אחרינא: ״ואת ערת גדיי העזים״ – כאן ״גדיי העזים״, הא כל מקום שנאמר ״גדי״ סתם – אפילו פרה ורחל במשמע.

Et que l'on dérive de [ce verset] [par analogie verbale, que 'gedi' désigne toujours un chevreau de chèvres] ? [Réponse :] un autre verset est écrit : 'et les peaux des chevreaux des chèvres (gedayei ha-izim)' (Genèse 27:16) — ici [aussi] 'des chevreaux des chèvres' [est précisé] ; [d'où il s'ensuit que] partout où il est dit 'chevreau' (gedi) sans précision — même une vache et une brebis sont sous-entendues.

📜 Rachi (1)
ונילף גזירה שוה מיניה מה גדי האמור כאן עזים אף גדי האמור בבשר וחלב עזים הוא:
Et que l'on dérive — une analogie verbale (guezera chava) de [ce verset] : de même que le chevreau dit ici [est] des chèvres, de même le chevreau dit à propos de la viande dans le lait est des chèvres.
💡 Explication

Objection : pourquoi ne pas faire une guezera chava (analogie de mots) du verset précédent — de même que là, 'gedi' veut dire chevreau de chèvres, de même partout, y compris pour la viande dans le lait ? Réponse : un second verset précise lui aussi 'chevreaux des chèvres'. Le fait que la Torah ait dû le préciser deux fois prouve qu'à défaut de précision, 'gedi' englobe toute bête.

3
ולילף מיניה? הוו להו שני כתובין הבאין כאחד, וכל שני כתובים הבאים כאחד – אין מלמדין.

Et que l'on dérive de [ce second verset] [que 'gedi' est toujours des chèvres] ? [Réponse :] ce sont là deux versets qui viennent comme un seul (chenei ketouvim ha-baim ke-ehad), et tous deux versets qui viennent comme un seul — n'enseignent pas [à d'autres cas].

💡 Explication

On pourrait alors dériver de l'un ou l'autre des deux versets que 'gedi' signifie toujours 'des chèvres'. Réponse : ces deux versets enseignant la même chose (que 'gedi' = chevreau de chèvres) forment 'deux versets venant comme un seul', et la règle veut que de tels versets n'enseignent pas à d'autres cas. Donc on ne peut pas étendre cette signification à la viande dans le lait.

4
הניחא למאן דאמר אין מלמדין, אלא למאן דאמר מלמדין, מאי איכא למימר? תרי מיעוטי כתיבי: ״עזים״, ״העזים״.

Cela convient selon celui qui dit [que deux versets venant comme un seul] n'enseignent pas ; mais selon celui qui dit qu'ils enseignent, qu'y a-t-il à dire ? [Réponse :] deux exclusions (mi'outim) sont écrites : 'des chèvres' (izim), 'les chèvres' (ha-izim).

📜 Rachi (1)
תרי מיעוטי כתיבי ה"א דכתיב בכל חד מיעוטא הוא:
Deux exclusions sont écrites — le 'hé' [l'article] écrit dans chacun [des deux mots] est une exclusion.
🗂️ Tossefot (2)
אלא למאן דאמר שני כתובים כו' טובא כתיבי אלא כל הנהו דרבקה חשיב להו כחד וכן הנהו דיהודה כחד:
'Mais selon celui qui dit deux versets etc.' [n'enseignent pas] — il y en a beaucoup d'écrits [de tels 'gedi'], mais tous ceux [écrits à propos] de Rivka, [la Guemara] les compte comme un seul, et de même ceux [écrits à propos] de Yehouda [elle les compte] comme un seul.
עזים העזים תימה דבחד מיעוטא סגי וכן לקמן בסוף פרקין (חולין דף קיז:) גבי תרומת הדשן:
'Izim, ha-izim' — [c'est] étonnant, car une seule exclusion suffirait ; et de même plus loin à la fin de notre chapitre (Houlin 117b) à propos du prélèvement des cendres (teroumat ha-dechen).
💡 Explication

La règle 'deux versets comme un seul n'enseignent pas' est contestée : certains tiennent qu'ils enseignent tout de même. Pour eux, comment écarter l'extension ? Réponse : chacun des deux versets contient une exclusion (mi'out) — l'un dit 'izim', l'autre 'ha-izim' (avec l'article). Chaque précision restreint 'gedi' à un chevreau de chèvres en ce seul endroit, et empêche d'étendre cette restriction ailleurs.

5
אמר שמואל: ״גדי״ – לרבות את החלב, ״גדי״ – לרבות את המתה, ״גדי״ – לרבות את השליל.

Chmouel a dit : 'gedi' — pour inclure la graisse interdite (helev) ; 'gedi' — pour inclure la bête morte (méta, neveila) ; 'gedi' — pour inclure le foetus (chalil).

📜 Rachi (3)
אמר שמואל קרא יתירא כתיב לדרשה ודרשינן להו. ולקמן פריך תלתא קראי כתיבי ושמואל שיתא דריש:
Chmouel a dit — un verset surnuméraire est écrit pour une deracha, et nous l'exposons. Et plus loin [la Guemara] objecte : trois versets sont écrits, et Chmouel en expose six !
לרבות את החלב שאם בשל חלב בחלב ואכלו עובר משום חלב ומשום בשר בחלב:
Pour inclure la graisse interdite — que si l'on a cuit du helev dans du lait et qu'on l'a mangé, on transgresse à la fois pour le helev et pour la viande dans le lait.
את המתה שאם בשל בשר נבלה בחלב ואכלו עובר משום בשר בחלב ואף על גב דבעלמא אין איסור חל על איסור וכאן הרי קדמו איסור חלב ואיסור נבלה לאיסור בשר בחלב אתא קרא ורבינהו:
La bête morte — que si l'on a cuit de la viande de neveila dans du lait et qu'on l'a mangé, on transgresse pour la viande dans le lait ; et bien qu'en général l'interdit ne s'ajoute pas à l'interdit, et qu'ici l'interdit de helev et l'interdit de neveila aient précédé l'interdit de la viande dans le lait, le verset est venu et les a inclus.
💡 Explication

Chmouel lit dans les trois mentions de 'gedi' six enseignements (voir le schéma de synthèse). Première série, trois inclusions : si l'on cuit dans du lait de la graisse interdite (helev), de la bête morte (neveila) ou un foetus (chalil, le petit trouvé dans le ventre de sa mère abattue) — on transgresse aussi l'interdit de la viande dans le lait, qui s'ajoute à l'interdit déjà présent.

6
״גדי״ – להוציא את הדם, ״גדי״ – להוציא את השליא, ״גדי״ – להוציא את הטמאה.

'Gedi' — pour exclure le sang (dam) ; 'gedi' — pour exclure le placenta (chilya) ; 'gedi' — pour exclure la bête impure (teme'a).

📜 Rachi (1)
להוציא את הטמאה בשר בהמה טמאה שבשל אפילו בחלב בהמה טהורה:
Pour exclure la bête impure — la viande d'une bête impure que l'on a cuite, fût-ce dans du lait d'une bête cachere [n'engage pas l'interdit de la viande dans le lait].
💡 Explication

Seconde série, trois exclusions : le mot 'gedi' enseigne aussi ce qui n'est pas soumis à l'interdit de la viande dans le lait — le sang, le placenta, et la bête impure (cuire dans du lait, fût-il de bête cachere, la viande d'une bête impure n'engage pas l'interdit de bassar be-halav).

7
״בחלב אמו״ – ולא בחלב זכר, ״בחלב אמו״ – ולא בחלב שחוטה, ״בחלב אמו״ – ולא בחלב טמאה.

'Dans le lait de sa mère' — et non dans le lait d'un mâle (zakhar) ; 'dans le lait de sa mère' — et non dans le lait d'une [bête] abattue (chehouta) ; 'dans le lait de sa mère' — et non dans le lait d'une [bête] impure (teme'a).

📜 Rachi (3)
ולא בחלב זכר שהיה לו חלב מועט מן הדדים כגון אם נשתנה והיו לו דדים:
Et non dans le lait d'un mâle — qui aurait un peu de lait aux mamelles, par exemple s'il s'est transformé et a eu des mamelles.
ולא בחלב שחוטה דאמו משמע הראויה להיות אם ולא משנשחטה:
Et non dans le lait d'une [bête] abattue — car 'sa mère' sous-entend [une bête] apte à être mère, et non [une bête déjà] abattue.
בחלב אמו משמע שלא נאסר חלב אלא ממין שנאסר בשר וגדי הא איתרבאי ביה כל בהמה טהורה ולא טמאה הלכך חלב כגדי דהא אמו כתיב וקא ממעט חלב טמאה אפילו הבשר טהור:
Dans le lait de sa mère — [cela] sous-entend que le lait n'a été interdit que [s'il provient] d'une espèce dont la viande [aussi] est interdite [en mélange] ; or 'gedi' a inclus en lui toute bête cachere et non l'impure — dès lors le lait [suit la règle] du 'gedi', puisque 'sa mère' est écrit, et [le verset] exclut le lait d'impure, même si la viande [cuite avec] est cachere.
💡 Explication

Troisième série, tirée de la triple mention de 'le lait de sa mère' : l'interdit ne vaut pas pour le lait d'un mâle (cas rare où un mâle produit un peu de lait), ni pour le lait d'une bête abattue (ce n'est du lait que tant que la bête vit, 'mère' supposant une bête apte à être mère), ni pour le lait d'une bête impure.

8
הא תלתא ״גדי״ כתיבי, ואנן שיתא דרשינן! קסבר שמואל איסור חל על איסור, ואיסור חלב ומתה מחד קרא נפקי. דם נמי לאו ״גדי״ הוא, ושליא נמי פירשא בעלמא הוא. פשו להו תרי: חד לרבות את השליל, וחד למעוטי בהמה טמאה.

Or trois 'gedi' [seulement] sont écrits, et nous en exposons six ! [Réponse :] Chmouel tient [que] l'interdit s'ajoute à l'interdit (issour hal al issour), et [donc] l'interdit du helev et [celui] de la bête morte se déduisent d'un seul verset.

Le sang non plus n'est pas un 'gedi', et le placenta aussi n'est qu'une simple sécrétion (pircha be-alma). Il en reste donc deux : l'un pour inclure le foetus, et l'un pour exclure la bête impure.

📜 Rachi (3)
איסור חל על איסור אני שמעתי דגרס ליה והכי פירושו איסור חל על איסור ולא אצטריך קרא לא לחלב ולא למתה:
L'interdit s'ajoute à l'interdit — j'ai entendu qu'on lit [ainsi], et voici son sens : l'interdit s'ajoute à l'interdit, et il n'a pas fallu de verset ni pour le helev ni pour la bête morte.
מחד קרא כלומר מההוא קרא דאתא לגופיה נפקי דאם בשל חלב או בשר נבלה בחלב אף הם במשמע. וקשיא לי הא דאמרינן לקמן בפירקין (חולין דף קטז.) לר"ע משום דאית ליה איסור חל על איסור מייתרי ליה כולהו תלתא גדי לדרשה ואמרינן חלב ומתה לא צריכי קרא והכא לשמואל נמי דאית ליה איסור חל על איסור אמרינן חלב ומתה מחד קרא נפקי ולא מייתרי כולהו אלא תרי. ונראה בעיני דלא גרסינן להאי קסבר שמואל איסור חל על איסור אלא הכי גרסינן חלב ומתה מחד קרא נפקי כו' דכולהו תלתא גדי מייתרי לדרשה דהוה ליה למיכתב לא תבשל בחלב אמו כל מי שיש לו חלב אם בהמה כיון דסופינו להביא במשמע גדי אף עגל וטלה כדאמרן לעיל ומדכתב גדי לדרשה אתי חד לחלב ומתה לאשמועינן שיהא איסור חל על איסור ואיתרבו להו תרוייהו דהא מין גדי הן והי מינייהו מפקת וחד לשליל וחד למעוטי טמאה ולקמן נמי בשמעתין אמרינן שאני הכא דרבי רחמנא גדי אלמא איסור חל על איסור לשמואל הכא מגדי נפקא ליה מריבויא והא דפריך לקמן וסבר שמואל איסור חל על איסור הא קשיא ליה דמדרבי שמואל חלב ומתה אלמא איסור חל על איסור:
D'un seul verset — c'est-à-dire qu'ils se déduisent de ce verset-là [même] qui est venu pour lui-même [pour l'interdit de base], car si l'on a cuit du helev ou de la viande de neveila dans du lait, eux aussi sont sous-entendus. Et ceci m'embarrasse : ce que nous disons plus loin dans notre chapitre (Houlin 116a), selon Rabbi Akiva, que c'est parce qu'il tient 'l'interdit s'ajoute à l'interdit' que les trois 'gedi' lui sont surnuméraires pour une deracha, et nous disons [que] le helev et la bête morte n'ont pas besoin de verset — alors qu'ici, pour Chmouel aussi qui tient 'l'interdit s'ajoute à l'interdit', nous disons [que] le helev et la bête morte se déduisent d'un seul verset, et que tous [les trois] ne sont pas surnuméraires, mais [seulement] deux. Et il me semble qu'il ne faut pas lire ce 'Chmouel tient l'interdit s'ajoute à l'interdit', mais qu'il faut lire ainsi : 'le helev et la bête morte se déduisent d'un seul verset etc.', car les trois 'gedi' sont surnuméraires pour une deracha — puisqu'il aurait suffi d'écrire 'tu ne cuiras pas dans le lait de sa mère', [pour] quiconque a du lait d'une bête-mère, dès lors que notre conclusion est d'inclure dans le terme 'gedi' même le veau et l'agneau comme nous l'avons dit plus haut ; et du fait qu'il a écrit 'gedi' pour une deracha, l'un [des 'gedi'] vient pour le helev et la bête morte, pour nous enseigner que l'interdit s'ajoute à l'interdit, et tous deux ont été inclus puisqu'ils sont du genre 'gedi' — lequel des deux exclurais-tu ? — et l'un [vient] pour le foetus et l'un pour exclure l'impure. Et plus loin aussi dans notre passage nous disons 'ici c'est différent, car le Miséricordieux a inclus par 'gedi'' — d'où [il ressort que] 'l'interdit s'ajoute à l'interdit' [vaut] pour Chmouel ici à partir de 'gedi', par inclusion (ribbouy). Et ce que [la Guemara] objecte plus loin 'et Chmouel tient-il l'interdit s'ajoute à l'interdit ?' — voici ce qui l'embarrasse : du fait que Chmouel inclut le helev et la bête morte, [il en ressort] que l'interdit s'ajoute à l'interdit.
דם ושליא לא בעיא קרא למעוטינהו דהא לאו גדי נינהו ומהיכא תיתי לאיסורא:
Le sang et le placenta n'ont pas besoin de verset pour les exclure, car ils ne sont pas 'gedi' [= viande], et d'où viendrait-on les interdire ?
🗂️ Tossefot (2)
קסבר שמואל איסור חל על איסור בחנם מוחק בקונטרס זאת הגירסא דלהכי קאמר דקסבר שמואל איסור חל על איסור דאי הוה ס"ל בעלמא דאין איסור חל על איסור אלא הוה יליף מהכא לא הוה מפיק חלב ומתה תרוייהו מחד קרא אלא הוה מוקי קרא בדדמי ולמאי דמשני בסמוך דבעלמא קסבר אין איסור חל על איסור נפקי תרוייהו מחד קרא כדפירש בקונט' משום דתרוייהו מין גדי הם:
L'interdit s'ajoute à l'interdit, tient Chmouel — c'est en vain que [Rachi] dans son commentaire efface cette leçon ; car [la Guemara] dit précisément que Chmouel tient 'l'interdit s'ajoute à l'interdit', [parce que] s'il avait tenu qu'en général l'interdit ne s'ajoute pas à l'interdit, mais qu'il [l']eût déduit d'ici, il n'aurait pas fait sortir le helev et la bête morte tous deux d'un seul verset, mais aurait établi le verset [comme parlant] de cas semblables (be-de-dami). Et selon ce qu'on répond plus loin, [à savoir] qu'en général il tient que l'interdit ne s'ajoute pas à l'interdit, ils se déduisent tous deux d'un seul verset comme l'a expliqué [Rachi] dans son commentaire, du fait que tous deux sont du genre 'gedi'.
דם לאו גדי הוא ואם תאמר מכל מקום לא אמעיט אלא מגדי וי"ל דאפילו לא הוה כתיב אלא לא תבשל בשר בחלב אמו הוה ממעטינן דם דלא איקרי בשר כדאמר בפ' כל שעה (פסחים דף כג:) כשהותרה נבלה היא וחלבה וגידה הותרה אבל דמה לא קאמר שהותרה דלאו בכלל נבלה היא:
Le sang n'est pas un 'gedi' — et si tu dis : de toute façon il ne serait exclu que de [l'interdit de] 'gedi' [donc on devrait un verset pour l'exclure d'un interdit éventuel] ! On peut dire que, même si seul 'tu ne cuiras pas de la viande dans le lait de sa mère' avait été écrit, nous aurions [déjà] exclu le sang, qui n'est pas appelé 'viande' — comme il est dit au chapitre Kol Cha'a (Pessahim 23a) : 'lorsque la neveila a été permise [au gentil], elle-même, sa graisse et son tendon ont été permis, mais on n'a pas dit que son sang fût permis', car il n'est pas compris dans la [catégorie] neveila.
💡 Explication

Difficulté : trois mots 'gedi', mais six derachot. Réponse (voir le bas du schéma) : (1) Chmouel admet que 'l'interdit s'ajoute à l'interdit' (issour hal al issour) — donc un seul 'gedi' suffit pour helev et neveila ensemble (toutes deux du genre 'gedi'). (2) Les exclusions du sang (qui n'est pas 'gedi', donc viande) et du placenta (simple sécrétion) n'ont pas besoin de verset. Restent ainsi deux 'gedi' : l'un inclut le foetus, l'autre exclut la bête impure.

9
וסבר שמואל איסור חל על איסור? והאמר שמואל משום רבי אלעזר: מנין לכהן טמא שאכל תרומה טמאה שאינו במיתה? שנאמר ״ומתו בו כי יחללהו״ – פרט לזו שמחוללת ועומדת.

Et Chmouel tient-il [que] l'interdit s'ajoute à l'interdit ? Mais Chmouel n'a-t-il pas dit au nom de Rabbi Eleazar : d'où [sait-on] qu'un cohen impur (tame) qui a mangé de la terouma impure (teme'a) n'est pas [passible] de mort [par la main du Ciel] ?

De ce qu'il est dit : 'et ils mourront pour cela s'ils la profanent' (Lévitique 22:9) — à l'exclusion de celle-ci, qui est déjà profanée et le demeure (mehoulelet ve-omedet).

📜 Rachi (2)
ומתו בו באוכל תרומה בטומאת גופו כתיב דהא לעיל מיניה כתיב איש איש מזרע וגו':
Et ils mourront pour cela — [ce verset] est écrit à propos de celui qui mange de la terouma dans l'impureté de son corps, car juste avant il est écrit 'tout homme de la descendance [d'Aharon...]'.
פרט לזו כו' אלמא לא אתי איסור טומאת הגוף שהוא במיתה בידי שמים וחייל אאיסור טומאת תרומה שאסורה ועומדת עליו באיסור עשה כדמפרש ביבמות בפ' הערל (יבמות דף עג:) מבשעריך תאכלנו הטמא והטהור דמשמע טמא וטהור אוכלין בקערה אחת בשר פסולי המוקדשין לאחר פדיונן דאין בהן איסור טומאה וכתיב תאכלנו לזה ולא לאחר כלומר בזה התרתי לטהור לאכול עם הטמא ואע"פ שאוכל בשר טמא שמותר לאכול פסולי המוקדשין בין בטומאת הגוף ובין בטומאת עצמן אבל בתרומה לא התרתי לך לאכול בטומאת עצמה ולאו הבא מכלל עשה עשה. אבל אוכל תרומה בטומאת הגוף מפורש בו לא תעשה דכתיב בקדשים לא יאכל וכתיב בתריה ובא השמש וטהר ואחר יאכל וגו' ומוקמינן ליה בתרומה ביבמות (דף עד:):
À l'exclusion de celle-ci etc. — d'où [il ressort] que l'interdit d'impureté du corps, qui est [passible] de mort par la main du Ciel, ne vient pas s'ajouter à l'interdit d'impureté de la terouma, laquelle lui est déjà interdite et le demeure par un interdit positif (issour aseh), comme [le texte] l'explique dans Yevamot au chapitre Hé-Arel (Yevamot 73b) : de 'dans tes portes tu la mangeras, l'impur et le pur' — [ce qui] sous-entend [que] l'impur et le pur mangent dans un même plat la viande des consacrés invalidés (pessoulei ha-moukdachin) après leur rachat, où il n'y a pas d'interdit d'impureté, et il est écrit 'tu la mangeras', [c'est-à-dire] celle-ci et non une autre — c'est-à-dire : en celle-ci j'ai permis au pur de manger avec l'impur, et bien qu'il mange de la viande impure, car il est permis de manger des consacrés invalidés tant dans l'impureté du corps que dans leur propre impureté ; mais pour la terouma je ne t'ai pas permis de [la] manger dans sa propre impureté, et un interdit déduit d'un terme positif est [lui-même] positif (lav ha-ba mi-kelal aseh, aseh). Or, manger de la terouma dans l'impureté du corps, [le caractère d']interdit négatif y est explicite, car il est écrit à propos des [choses] consacrées 'il n'en mangera pas', et il est écrit ensuite 'et le soleil se couchera et il sera pur, et après il mangera...', que nous établissons [comme parlant] de la terouma dans Yevamot (74b).
💡 Explication

Objection contre Chmouel : il tient ailleurs que l'interdit ne s'ajoute pas. Au nom de Rabbi Eleazar, il enseigne qu'un cohen impur qui mange de la terouma déjà impure n'encourt pas la mort céleste — car le verset 'ils mourront s'ils la profanent' exclut une terouma déjà profanée (par son impureté) : le nouvel interdit (manger en état d'impureté) ne s'ajoute pas à l'interdit déjà existant.

10
איבעית אימא: בעלמא איסור חל על איסור, ושאני התם דמיעט רחמנא ״ומתו בו״. איבעית אימא: בעלמא קסבר שמואל אין איסור חל על איסור, ושאני הכא דרבי רחמנא ״גדי״.

Si tu veux, dis : en général l'interdit s'ajoute à l'interdit, et c'est là-bas [pour la terouma] que c'est différent, car le Miséricordieux a exclu par 'et ils mourront pour cela'. Et si tu veux, dis : en général Chmouel tient [que] l'interdit ne s'ajoute pas à l'interdit, et c'est ici [pour la viande dans le lait] que c'est différent, car le Miséricordieux a inclus par 'gedi'.

📜 Rachi (1)
ה"ג בעלמא סבר שמואל איסור חל על איסור ושאני הכא דגלי רחמנא ומתו בו כי יחללוהו ואבע"א בעלמא קסבר אין איסור חל על איסור ושאני הכא דרבי רחמנא גדי ולשון ששמעתי קשיא לי כיון דחד לגופיה הי רבי והי מייתר והא דרשינהו:
La leçon est : en général Chmouel tient [que] l'interdit s'ajoute à l'interdit, et c'est ici que c'est différent car le Miséricordieux a révélé par 'et ils mourront pour cela s'ils la profanent' ; et si tu veux, dis : en général il tient [que] l'interdit ne s'ajoute pas à l'interdit, et c'est ici que c'est différent car le Miséricordieux a inclus par 'gedi'. Et la leçon que j'ai entendue m'embarrasse : puisque l'un [des 'gedi'] est [requis] pour lui-même, lequel inclut et lequel est surnuméraire ? — et pourtant [Chmouel] les a tous exposés.
🗂️ Tossefot (1)
ושאני הכא דרבי רחמנא גדי אי לאו גדי לא הוה ילפינן שיחול איסור בשר בחלב על איסור חלב מדאמרינן סוף פרק גיד הנשה (לעיל חולין דף קג.) יבא איסור נבלה ואיסור טרפה ויחול על איסור חלב דשאני נבלה דמטמאה וטרפה נמי משום דמחיים דכה"ג אמרינן בזבחים פרק חטאת העוף (זבחים דף ע.) והא דאמר בפ' גיד הנשה (לעיל חולין דף קג.) דאיסור טרפה חל על איסור אבר מידי דהוה אאיסור חלב אע"ג דאבר מן החי מטמא מ"מ כיון דחלב בכרת ואפ"ה חייל עליה כל שכן אאבר מן החי:
Et c'est ici que c'est différent, car le Miséricordieux a inclus par 'gedi' — si ce n'était 'gedi', nous n'aurions pas appris que l'interdit de la viande dans le lait s'ajoute à l'interdit du helev, du fait que nous disons à la fin du chapitre Guid ha-Naché (ci-dessus Houlin 103a) : 'que vienne l'interdit de neveila et l'interdit de terefa et qu'il s'ajoute à l'interdit du helev' — car la neveila est différente puisqu'elle rend impur, et la terefa aussi parce que [son interdit la frappe] de son vivant, comme nous le disons de même dans Zevahim au chapitre Hatat ha-Of (Zevahim 70a). Et ce qui est dit au chapitre Guid ha-Naché (ci-dessus Houlin 103a), [à savoir] que l'interdit de terefa s'ajoute à l'interdit de membre [arraché d'un vivant], à l'instar de l'interdit du helev — bien que le membre arraché d'un vivant rende impur, néanmoins, puisque le helev [est passible] de karet et que pourtant [l'interdit de la viande dans le lait] s'ajoute à lui, à plus forte raison [s'ajoute-t-il] au membre arraché d'un vivant.
💡 Explication

Deux premières résolutions (voir le schéma). (1) En règle générale, pour Chmouel, l'interdit s'ajoute ; la terouma fait exception, le verset 'oumétou vo' l'excluant expressément. (2) À l'inverse : en général l'interdit ne s'ajoute pas, et c'est ici (viande dans le lait) que le verset 'gedi' inclut expressément helev et neveila par ribbouy.

11
ואיבעית אימא: הא דידיה, הא דרביה.

Et si tu veux, dis : ceci [le propos sur la viande dans le lait] est de lui-même [l'avis propre de Chmouel], et cela [le propos sur la terouma] est de son maître.

📜 Rachi (1)
הא דרביה רבי אלעזר שאמר לעיל שמואל משמו וכל היכא דקתני משום פלוני לא שמע מפיו אלא מפי אחרים שאמרו מפיו ושמואל לא ראה את רבי אלעזר מימיו דר' אלעזר בחורבן היה (גיטין דף נו.) מתלמידי רבן יוחנן בן זכאי ושמואל מדורות האחרונים היה בסוף שנותיו דרבי:
De son maître — Rabbi Eleazar, dont [Chmouel] a dit plus haut [le propos] en son nom ; et partout où il enseigne 'au nom d'un tel', il ne [l']a pas entendu de sa bouche mais de la bouche d'autres qui [l']ont dit en son nom. Et Chmouel n'a jamais vu Rabbi Eleazar, car Rabbi Eleazar [vivait] au temps de la destruction [du Temple] (Guitin 56a), [étant] des disciples de Rabban Yo'hanan ben Zakkai, tandis que Chmouel était des dernières générations, à la fin des années de Rabbi [Yehouda ha-Nassi].
💡 Explication

Troisième résolution : il n'y a aucune contradiction, car les deux propos ne sont pas du même auteur. Le propos sur la viande dans le lait est l'avis propre de Chmouel (l'interdit s'ajoute), tandis que le propos sur la terouma est celui de son maître Rabbi Eleazar (l'interdit ne s'ajoute pas), que Chmouel ne fait que rapporter.

12
בעא מיניה רב אחדבוי בר אמי מרב: המבשל בחלב גדי שלא הניקה, מהו? אמר ליה: מדאיצטריכא לשמואל למימר ״בחלב אמו״ – ולא בחלב זכר, זכר הוא דלא אתי לכלל אם, אבל האי, כיון דבא לכלל אם – אסור.

Rav Ahadvoi bar Ami demanda à Rav : celui qui cuit [de la viande] dans le lait d'un chevreau [d'une chèvre] qui n'a pas [encore] allaité (chelo hénika), quoi [son statut] ? Il lui dit : du fait qu'il a été nécessaire à Chmouel de dire ''dans le lait de sa mère' — et non dans le lait d'un mâle', [il s'ensuit que] c'est le mâle qui [est exclu parce qu']il ne parvient pas à [la condition de] mère ; mais celle-ci, dès lors qu'elle parvient à [la condition de] mère — [c'est] interdit.

📜 Rachi (1)
שלא הניקה לא ילדה מעולם ויש לה חלב כשהיא קרובה לימי לידתה מי דייקינן אמו שהיתה אמו כבר או לא:
Qui n'a pas [encore] allaité — qui n'a jamais mis bas, mais a du lait lorsqu'elle est proche de ses jours de mise bas : disons-nous [que] 'sa mère' [exige] qu'elle ait déjà été mère, ou non ?
💡 Explication

Question de Rav Ahadvoi : le lait d'une chèvre qui n'a jamais allaité (qui n'a jamais mis bas, mais a du lait à l'approche de la mise bas) — son lait tombe-t-il sous l'interdit ? Le mot 'sa mère' exige-t-il une bête déjà mère ? Réponse de Rav : l'exclusion de Chmouel ne vise que le mâle, qui ne peut jamais devenir mère ; mais cette chèvre, destinée à devenir mère, est déjà concernée — son lait est interdit.

13
אתמר: המבשל חלב בחלב, רבי אמי ורבי אסי – חד אמר: לוקה, וחד אמר: אינו לוקה. לימא בהא קמיפלגי, דמאן דאמר לוקה קסבר: איסור חל על איסור, ומאן דאמר אינו לוקה קסבר: אין איסור חל על איסור.

Il a été dit : celui qui cuit du helev dans du lait — Rabbi Ami et Rabbi Assi : l'un dit [qu']il est flagellé (lokeh), et l'un dit [qu']il n'est pas flagellé. Dirons-nous [qu']ils divergent sur ceci : celui qui dit [qu']il est flagellé tient [que] l'interdit s'ajoute à l'interdit, et celui qui dit [qu']il n'est pas flagellé tient [que] l'interdit ne s'ajoute pas à l'interdit ?

📜 Rachi (2)
חד אמר לוקה קס"ד דאאכילה קאמר (והם) התרו בו משום בשר בחלב:
L'un dit [qu']il est flagellé — on suppose [qu'il parle] de la consommation, et [que] les témoins l'ont averti au titre de la viande dans le lait.
אין איסור חל על איסור ולא נפיק מקרא דלגופיה וקרא יתירא לית לן לרבויי דאיכא למימר חד לרבויי שליל אתא דחד איסור הוא דאיכא וחד למעוטי שליא אתא דלא ס"ל פירשא הוא ובעי קרא למעוטי דאילו למעוטי דם וטמאה לא איצטריך דכיון דאין איסור חל על איסור מהיכא תיתי לן דליתסרו דבעי למעוטינהו:
L'interdit ne s'ajoute pas à l'interdit — et [le surnuméraire] ne ressort pas du verset venu pour lui-même ; et un verset surnuméraire, nous n'avons pas [de raison] de [l']utiliser pour inclure, car on peut dire [que] l'un [des 'gedi'] est venu pour inclure le foetus — car là il n'y a qu'un seul interdit — et l'un est venu pour exclure le placenta — car il ne tient pas [que] c'est une simple sécrétion, et il faut un verset pour l'exclure ; tandis que pour exclure le sang et l'impure, il n'a pas été nécessaire [d'un verset], car dès lors que l'interdit ne s'ajoute pas à l'interdit, d'où viendrait-on les interdire, [au point] qu'il faille un verset pour les exclure ?
💡 Explication

Une mahloket de Rabbi Ami et Rabbi Assi (voir le schéma) : celui qui cuit du helev dans du lait est-il flagellé ou non ? On propose d'y voir le débat sur 'l'interdit s'ajoute à l'interdit' : flagellé = l'interdit (viande dans le lait) s'ajoute à celui du helev ; non flagellé = il ne s'ajoute pas.

14
לא, דכולי עלמא אין איסור חל על איסור, אאכילה דכולי עלמא לא פליגי דלא לקי, כי פליגי אבשול. מאן דאמר לוקה – חד איסורא הוא, ומאן דאמר אינו לוקה – להכי אפקה רחמנא לאכילה בלשון בישול,

Non : de l'avis de tous l'interdit ne s'ajoute pas à l'interdit ; sur la consommation, de l'avis de tous ils ne divergent pas [pour dire] qu'il n'est pas flagellé ; lorsqu'ils divergent, c'est sur la cuisson (bichoul). Celui qui dit [qu']il est flagellé — [tient que] c'est un interdit unique [à la cuisson] ; et celui qui dit [qu']il n'est pas flagellé — [tient que] c'est pour cela que le Miséricordieux a exprimé [l'interdit de] la consommation en langage de cuisson,

📜 Rachi (1)
כי פליגי אבשול שהרי החלב וכל שאר איסורין לא נאסרו לבשל אלא בשר בחלב הלכך גבי בשול אין כאן אלא איסור בשר בחלב:
Lorsqu'ils divergent, c'est sur la cuisson — car le helev et tous les autres interdits n'ont pas été interdits à la cuisson ; seule la viande dans le lait [l'a été] ; dès lors, quant à la cuisson, il n'y a là que l'interdit de la viande dans le lait.
💡 Explication

Réfutation : tous tiennent que l'interdit ne s'ajoute pas, et tous conviennent que pour la consommation il n'y a pas de flagellation (l'interdit du helev préexiste). Le débat porte sur la cuisson (voir le schéma). Flagellé : cuire du helev seul étant permis, la cuisson dans le lait n'a qu'un seul interdit (bassar be-halav), sans superposition. Non flagellé : si la Torah a exprimé l'interdit de manger en termes de cuire, c'est que la cuisson elle-même relève de l'interdit de consommation — et là, le helev préexistant empêche l'interdit de s'ajouter.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).