Chullin 117b — le sang des offrandes (fin de Kol HaBasar), puis : la peau, la sauce et les os qui se rattachent à la viande pour l'impureté légère

Chullin 117b

Sougya : La fin du chapitre Kol HaBasar achève la discussion sur le sang des offrandes : trois occurrences du verset (Lev 17:11) écartent le sang du notar (reste périmé), de la meila (détournement du sacré) et de la touma (consommation en impureté) ; le pigoul, lui, n'a pas besoin de verset, car le sang est lui-même un facteur permettant (matir). Hadran sur Kol HaBasar.

Commence alors le chapitre HaOr VeHaRotev : la michna énumère huit annexes de la viande — peau, sauce figée, épices, rognures, os, tendons, cornes, sabots — qui, bien que non comestibles à elles seules, se rattachent (mitstarfin) à un morceau de viande pour compléter la mesure d'un œuf (kabeitsa) et transmettre l'impureté alimentaire (touma légère), mais ne se rattachent pas pour la mesure d'une olive (kazayit) de l'impureté de charogne (touma lourde). Cas parallèle : qui abat une bête impure pour un non-Juif, tant qu'elle palpite, transmet l'impureté alimentaire mais non celle de charogne, jusqu'à ce qu'elle meure ou qu'on lui tranche la tête.

Rabbi Yehouda : l'alal rassemblé en un seul endroit, s'il y a une olive, on en est passible. La Guemara dérive le principe : les protections (shomerim) se rattachent pour la touma légère ('toute semence à semer', le blé dans sa cosse) mais non pour la touma lourde ('sa charogne', et non la peau sans olive de chair).

Le sang des offrandes : trois versets, trois exclusions Lévitique 17:11 répète trois fois 'lakhem... lekhaper' : chaque occurrence écarte un interdit du sang Verset 1 écarte le NOTAR (reste sacré périmé) qui mange ce sang : passible pour le sang seul Verset 2 écarte la MEÏLA (détournement du sacré) le sang n'est pas soumis à la loi de meila Verset 3 écarte la TOUMA (consommation en impureté) mange en impureté : passible pour le sang seul Le PIGOUL, lui, n'a pas besoin de verset le sang est lui-même un 'facteur permettant' (matir) -> un matir n'est jamais soumis au pigoul
Fin de Kol HaBasar (segments 1-3) : les trois versets sur le sang et le statut du pigoul.
La michna : huit annexes de la viande et les deux niveaux d'impureté Morceau de viande moins d'un œuf (kabeitsa) à lui seul s'y rattachent (mitstarfin) : 1. la peau (or) 2. la sauce figée (rotev) 3. les épices (kipa) 4. les rognures (alal) 5. les os (atsamot) 6. les tendons (guidin) 7. les cornes (karnayim) 8. les sabots (telafayim) Impureté LEGÈRE (alimentaire) tumat okhlin : mesure = œuf (kabeitsa) les annexes SE RATTACHENT (shomer) Impureté LOURDE (charogne) tumat nevelot : mesure = olive (kazayit) les annexes NE SE RATTACHENT PAS
Le coeur de la michna (segments 5-6) : les huit annexes se rattachent pour l'impureté légère (oeuf), non pour l'impureté lourde (olive).
1
מיעוטי כתיבי: הכא כתיב ״ושמו״, התם כתיב ״הערופה״.

[Pour ces deux cas] des exclusions (mi'outim) sont écrites : ici [à propos du prélèvement des cendres] il est écrit 'et il [le] posera' (ve-samo, Lev 6:3), là [à propos de la génisse à la nuque brisée] il est écrit 'celle dont la nuque a été brisée' (ha-aroufa, Deut 21:6).

📜 Rachi (1)
מיעוטי כתיבי אפילו למ"ד בעלמא מלמדין הני אין מלמדין דמיעוטי כתיבי בהו דמשמע הני ולא אחריני:
Des exclusions sont écrites — même selon celui qui tient [que], d'ordinaire, [ces cas] enseignent [par analogie à d'autres], ceux-ci n'enseignent pas, car des exclusions y sont écrites, qui impliquent 'ceux-ci et non d'autres'.
🗂️ Tossefot (1)
תרי מיעוטי כתיבי תימה דבחד סגי וכן לעיל גבי העזים (דף קיג:):
Deux exclusions sont écrites — [c'est] étonnant, car une seule aurait suffi ; et de même plus haut à propos des chèvres (page 113b).
💡 Explication

Fin de la discussion (de 117a) sur la meila (le détournement du sacré) qui subsiste même après l'accomplissement d'une mitsva. Pour le prélèvement des cendres (teroumat ha-dechen) et la génisse à la nuque brisée (egla aroufa), un mot excluant (mi'out) est écrit : 'et il [le] posera' (ve-samo) et 'celle dont la nuque a été brisée' (ha-aroufa). Ces termes superflus enseignent que cette règle s'applique à ces cas seuls et non à d'autres.

2
ותלתא קראי למה לי בדם?

Et [ces] trois versets, pourquoi me [faut-il les avoir] à propos du sang ?

📜 Rachi (1)
תלתא קראי בדם לכם לכפר הוא:
Trois versets à propos du sang — [à savoir] 'pour vous, pour expier' (lakhem lekhaper).
💡 Explication

La Guemara revient sur les trois expressions du verset (Lev 17:11), citées plus haut comme enseignant que le sang des offrandes n'est pas soumis à la meila. Pourquoi trois versets [trois fois 'pour vous, pour expier'] à propos du sang ?

3
חד למעוטי מנותר, וחד למעוטי ממעילה, וחד למעוטי מטומאה.

L'un [sert] à [l']exclure du notar (reste périmé), l'un à [l']exclure de la meila (détournement du sacré), et l'un à [l']exclure de la touma (impureté).

📜 Rachi (2)
לנותר שאם נתותר ושגג בין בדם ובין בנותר ואכלו אינו חייב אלא משום דם:
Pour le notar — [signifie] que [si le sang] est devenu reste (notar) et [que], par inadvertance, [un homme] a confondu et l'a mangé, que [ce soit] à [cause du] sang ou à [cause du] notar, il n'est passible qu'à [cause du] sang.
מטומאה אם אכלו בטומאת הגוף אינו חייב אלא משום דם:
De la touma — s'il l'a mangé en état d'impureté du corps, il n'est passible qu'à [cause du] sang.
🗂️ Tossefot (1)
חד למעוטי מנותר וחד למעוטי מטומאה תימה דלנותר וטומאה סגי בחד מיעוטא דילפינן מהדדי חלול חלול אף לקולא כדמוכח בסוף פרק בית שמאי בזבחים (דף מה:):
L'un pour exclure du notar et l'un pour exclure de la touma — [c'est] étonnant, car pour le notar et la touma une seule exclusion aurait suffi, puisque nous [les] dérivons l'un de l'autre [par les mots] 'profanation-profanation' (hilloul hilloul), [et cela] même pour un allègement (koula), comme [cela] ressort à la fin du chapitre Beit Chammai dans Zevahim (page 45b).
💡 Explication

Réponse (voir le schéma) : chacune des trois occurrences écarte le sang d'un interdit. Notar : qui consomme ce sang [d'une offrande dont la chair est devenue notar] n'est passible que pour le sang, non pour le notar. Meila : le sang n'est pas soumis au détournement du sacré. Touma : qui consomme ce sang en état d'impureté corporelle n'est passible que pour le sang, non pour la consommation de sacré en impureté.

4
אבל מפגול לא צריך קרא, דתנן: כל שיש לו מתירין, בין לאדם ובין למזבח – חייבין עליו משום פגול, ודם גופיה מתיר הוא.

Mais pour le pigoul, [point] n'est besoin de verset, car nous avons appris (Zevahim 43a) : tout [sacrifice] qui a des facteurs permettants (matirin), que [ce soit] pour [la consommation par] un homme ou pour [la combustion sur] l'autel — on en est passible à [cause du] pigoul ; or le sang lui-même est un facteur permettant (matir).

📜 Rachi (3)
אבל מפגול לא צריך למעוטי דשאם היה הזבח פגול ואכל מדמו פשיטא לן דאין בו משום פגול:
Mais pour le pigoul, point n'est besoin — d'exclure, car si l'offrande était pigoul et [qu'un homme] a mangé de son sang, il nous [est] évident qu'il n'y a là rien [qui relève] du pigoul.
דתנן כל שיש לו מתירין שדבר אחר מתיר אותו בין שהוא מתירו לאדם כגון בשר קדשים שהדם מתירו לכהנים בזריקתו ובין שיש לו מתירין למזבח ולא לאדם כגון עולה שדמה מתירה למזבח דאם לא נזרק דמה אין אבריה נקטרים כדכתיב (ויקרא יז) וזרק הכהן את הדם על מזבח ה' והדר והקטיר החלב לריח ניחוח:
Car nous avons appris : tout [sacrifice] qui a des facteurs permettants — [c'est-à-dire] qu'une autre chose le rend permis, que [ce soit] le rendre permis à un homme — comme la chair des [animaux] consacrés, que le sang rend permise aux cohanim par son aspersion — ou [que ce soit] qu'il ait des facteurs permettants pour l'autel et non pour un homme — comme l'holocauste (ola), dont le sang rend [les chairs] permises à l'autel, car si son sang n'a pas été aspergé ses membres ne sont pas consumés, ainsi qu'il est écrit (Lev 17) 'et le cohen aspergera le sang sur l'autel de l'Éternel', puis 'et il fera fumer la graisse en odeur agréable'.
חייבין עליו משום פגול אם פיגל את הזבח באחת מארבע עבודות הדם ואח"כ אכל מן הבשר שהיה בכלל היתר הדם או מן האימורים שאף הן בהיתר הדם חייב כרת אבל כל דבר שאין אחר מתירו אלא הוא מתיר עצמו כגון הדם והקומץ והקטורת ומנחת כהנים שכולה כליל אין חייבין עליהם משום פגול משום דעיקר פגול בשלמים כתיב ומינייהו ילפינן מה שלמים יש להם מתירין לאדם ולמזבח חייבין עליהם משום פגול אף כל כו':
On en est passible à [cause du] pigoul — si [un homme] a rendu pigoul l'offrande par l'un des quatre services [du sang] et a ensuite mangé de la chair qui était dans l'ensemble [permis par] le permettant qu'est le sang, ou des emourim (parts brûlées) qui eux aussi [sont] dans le permis du sang, il est passible de karet ; mais toute chose qu'aucune autre ne rend permise, [chose] qui se rend permise elle-même — comme le sang, la poignée (kometz), l'encens et l'oblation des cohanim qui est intégralement consumée — on n'en est pas passible à [cause du] pigoul, car le pigoul principal est écrit à propos des chelamim (sacrifices de paix), et c'est d'eux que nous dérivons : de même que les chelamim ont des permettants pour un homme et pour l'autel [et] on en est passible à [cause du] pigoul, de même tout [sacrifice semblable], etc.
💡 Explication

Le pigoul (offrande rendue invalide par une intention de la consommer hors de son temps) n'exige aucun verset excluant le sang. La michna enseigne : seul ce qui possède un facteur permettant (matir) — qu'il rende permise la consommation par l'homme ou la combustion sur l'autel — tombe sous le pigoul. Or le sang est lui-même le matir (c'est son aspersion qui rend la chair permise) ; un matir ne tombe donc jamais sous le pigoul.

5
הדרן עלך כל הבשר.

Hadran alakh Kol HaBasar [nous sommes revenus sur toi, chapitre 'Toute la chair'].

💡 Explication

Formule de clôture du chapitre Kol HaBasar (le huitième chapitre de Houlin, sur le mélange de viande et de lait). S'ouvre ensuite le chapitre HaOr VeHaRotev (la peau et la sauce).

6
מתני׳ העור, והרוטב, והקיפה, והאלל, והעצמות, והגידין, והקרנים, והטלפים –

MICHNA. La peau (or), la sauce [figée] (rotev), les épices [le sédiment épicé] (kipa), les rognures de chair (alal), les os (atsamot), les tendons (guidin), les cornes (karnayim) et les sabots (telafayim) —

📜 Rachi (7)
מתני' העור והרוטב העור של בהמה שחוטה כגון פחות מכביצה בשר ועורה אדוק בה ומשלימה לכביצה מצטרף מפני שהוא שומר ובגמרא ילפינן שהשומרים מצטרפין לטומאה קלה טומאת אוכלין:
MICHNA. La peau et la sauce — la peau d'une bête abattue, par exemple [le cas où il y a] moins d'un œuf de chair et [ou] sa peau y adhère et la complète jusqu'à un œuf : elle se rattache parce qu'elle [est] une protection (shomer) ; et dans la Guemara nous dérivons que les protections se rattachent pour l'impureté légère [qu'est] l'impureté alimentaire.
רוטב גלייר"א שאינה אוכל לקבל טומאה בפני עצמה אבל מצטרפת להשלים לפי שדרך לאוכלה כשהיא קרושה על הבשר:
Sauce — 'glaire' [en vernaculaire] ; elle n'est pas une nourriture [apte] à recevoir l'impureté à elle seule, mais elle se rattache pour compléter, parce qu'il est d'usage de la manger lorsqu'elle est figée sur la viande.
הקיפה תבלין והן עצמן לאו אוכלין חשיבי אבל לאצטרופי מצטרפין:
Les épices (kipa) — des assaisonnements ; et eux-mêmes ne sont pas réputés nourriture, mais pour se rattacher ils se rattachent.
והאלל בגמרא מפרש:
Et les rognures (alal) — [cela] s'explique dans la Guemara.
והעצמות שיש בהן מוח והוא אוכל והעצם שומר לו לפיכך מצטרף עמו:
Et les os — où il y a de la moelle, qui est une nourriture, et l'os est sa protection (shomer) ; c'est pourquoi il se rattache avec elle.
והקרנים מפרש בגמרא כל שחותכו ויוצא מהם דם אצל עיקרן מלמטה שהן רכין ומיהו באנפי נפשייהו לאו אוכלא נינהו:
Et les cornes — [cela] s'explique dans la Guemara : tout ce que, lorsqu'on le coupe, il en sort du sang, près de leur racine, en bas, [partie] qui est tendre ; toutefois, à elles seules, [les cornes] ne sont pas une nourriture.
והטלפים משום שומר:
Et les sabots — à cause de [leur rôle de] protection (shomer).
🗂️ Tossefot (4)
מתני' העור והרוטב משום דתנן פרק בהמה המקשה (לעיל חולין דף עז.) אשליא ואינה מטמאה טומאת אוכלין ולא טומאת נבלות תנא העור והרוטב ומאי דאפסקיה משום דתנא פרק בהמה המקשה (לעיל חולין דף עד.) מצא בה בן ט' חי טעון שחיטה וחייב באותו ואת בנו תנא אח"כ אותו ואת בנו ואיידי דאיירי ביה בשחיטה שאינה ראויה תנא בתריה כסוי הדם ואיידי דתנא בכסוי הדם ונוהג בחיה ובעוף תנא גיד הנשה דנוהג בחיה ולא בעוף ואיידי דאיירי ביה בירך שנתבשל בה גיד הנשה בבליעת איסור תנא כל הבשר ובתריה הדר לעניינא קמייתא:
MICHNA. La peau et la sauce — parce que nous avons appris au chapitre Behema Ha-makcha (plus haut, Houlin 77a) au sujet du placenta (chilya) [qu']il ne transmet ni l'impureté alimentaire ni l'impureté de charogne, [le tana] a enseigné 'la peau et la sauce' ; et ce qui [l]'en a séparé, c'[est] parce qu'il a enseigné au chapitre Behema Ha-makcha (plus haut, Houlin 74a) 'qui a trouvé en elle un [foetus] de neuf [mois] vivant requiert l'abattage et est passible [de l'interdit] d'oto ve-et beno' [qu']il a enseigné ensuite 'oto ve-et beno' ; et, du fait qu'il y traitait d'un abattage non valable [pour la consommation], il a enseigné à sa suite [le chapitre du] recouvrement du sang (kissouy ha-dam) ; et, du fait qu'il a enseigné au [chapitre du] recouvrement du sang [qu'il] s'applique à la bête sauvage et à l'oiseau, il a enseigné [le chapitre] guid ha-nache, qui s'applique à la bête sauvage et non à l'oiseau ; et puisqu'il y traitait d'une cuisse dans laquelle a été cuit le nerf sciatique en y absorbant l'interdit, il a enseigné [le chapitre] Kol HaBasar, et à sa suite il est revenu au premier sujet.
האלל איכא דמפרש בגמרא אף מרטקא ופי' בקונטרס גיד הצואר ואי תנא גידין ולא מרטקא הוה אמינא דמרטקא שהיא קשה לא מצטרף דלא הוי בכלל שאר גידים ואי תנא אלל ה"א שאר גידים מטמו אפילו טומאת נבילות בצירוף:
L'alal — il y a [un avis] qui explique dans la Guemara [qu'il s'agit] aussi de la 'martka' (le gros tendon du cou) ; et le Qontres (Rachi) a expliqué : le tendon du cou. Et si [le tana] avait enseigné 'les tendons' et non 'la martka', j'aurais dit que la martka, qui est dure, ne se rattache pas, [n']étant pas dans l'ensemble des autres tendons ; et s'il avait enseigné [seulement] 'alal', j'aurais dit [que] les autres tendons transmettent même l'impureté de charogne par rattachement [d'où la nécessité des deux termes].
הקרנים בגמרא מפרש מקום שחותכו ויוצא דם:
Les cornes — dans la Guemara [le tana] explique : l'endroit où, lorsqu'on le coupe, il en sort du sang.
והטלפים ול"ג וצפרנים דלא שייכי אלא בעוף ומתניתין לא איירי במילי דעוף מדלא קתני והחרטום כדקתני במשנה דמייתי בגמרא (שם) ואפשר דגרס וצפרנים וחרטום דלא פירש הכא [פירש] במשנה אחריתי ועל צפרנים מפרש בגמרא מקום המובלע בבשר ועל טלפים לא מפרש מידי ואפשר דבטלפים אף מה שאין מובלע בבשר צריך לבשר טפי מבצפרנים:
Et les sabots — et l'on ne lit pas 'et les ongles (tsiparnayim)', car ils ne concernent que l'oiseau, et la michna ne traite pas des choses de l'oiseau, puisqu'elle n'enseigne pas 'et le bec (hartom)', comme [le] tana enseigne dans la michna qu'on apporte dans la Guemara (ibid.) ; et il est possible qu'on lise 'et les ongles et le bec', [le tana] n'ayant pas expliqué ici [ce qu'il a] expliqué dans une autre michna ; et au sujet des ongles [la Guemara] explique [qu'il s'agit de] l'endroit enfoui dans la chair, mais au sujet des sabots elle n'explique rien ; et il est possible que, pour les sabots, même ce qui n'est pas enfoui dans la chair ait besoin de la chair plus que les ongles [n'en ont besoin].
💡 Explication

Début de la michna (voir le schéma). Lorsqu'un morceau de viande mesure moins d'un œuf (kabeitsa) — mesure minimale pour que de la nourriture impure transmette l'impureté à d'autres aliments —, certaines annexes attachées à la viande, bien que non comestibles à elles seules, la complètent jusqu'à un œuf : la peau, la sauce figée qui adhère à la viande, les épices qui l'assaisonnent, les rognures de chair restées sur la peau après l'écorchage, les os, les tendons, le bas des cornes et le haut des sabots [parties tendres près de leur base].

7
מצטרפין לטמא טומאת אכלין, אבל לא טומאת נבלות.

— se rattachent (mitstarfin) pour transmettre l'impureté alimentaire (tumat okhlin), mais non l'impureté de charogne (tumat nevelot).

💡 Explication

Toutes ces annexes se rattachent à la viande pour compléter la mesure d'un œuf et transmettre l'impureté alimentaire ; mais elles ne se rattachent pas pour compléter la mesure d'une olive (kazayit) requise pour l'impureté de charogne.

8
כיוצא בו, השוחט בהמה טמאה לגוי ומפרכסת, מטמאה טומאת אכלין, אבל לא טומאת נבלות עד שתמות או עד שיתיז את ראשה. ריבה לטמא טומאת אכלין ממה שריבה לטמא טומאת נבלות.

De même (kayotse bo), qui abat une bête impure pour un non-Juif et [qu']elle palpite (mefarkesset) : elle transmet l'impureté alimentaire, mais non l'impureté de charogne, jusqu'à ce qu'elle meure ou qu'on lui tranche la tête. [La Torah] a inclus [davantage] pour transmettre l'impureté alimentaire que [ce qu']elle a inclus pour transmettre l'impureté de charogne.

📜 Rachi (6)
אבל לא טומאת נבלות אם מנבלה הן אין מטמאין ואין מצטרפין לכזית להשלים שיעור נבלה לטמא דתניא בנבלתה ולא בעצמות ולא בגידים ולא בעור ואע"ג דשומר הויא אין שומר מצטרף לטומאה חמורה כדמפרש בגמרא וכן קיפה ורוטב לאו מנבלה נינהו ואלל וגידים לאו בשר הן אבל אוכלין בעלמא הוו בהדי בשר:
Mais non l'impureté de charogne — si [ces annexes] proviennent d'une charogne (nevela), elles ne transmettent pas [l'impureté] et ne se rattachent pas pour [compléter] une olive [afin] de parfaire la mesure de la charogne et de transmettre [l'impureté], car il est enseigné : 'sa charogne' (be-nivlata) — et non les os, ni les tendons, ni la peau ; et bien qu'elles soient une protection (shomer), une protection ne se rattache pas pour une impureté grave, comme [cela] s'explique dans la Guemara ; et de même les épices et la sauce ne proviennent pas d'une charogne, et les rognures et les tendons ne sont pas de la chair, mais [ce sont] des aliments quelconques [se joignant] à la viande.
כיוצא בו יש שהוא מטמא טומאת אוכלין להיות מקבל טומאה מן השרץ ומטמא אוכלין אחרים ואינו מטמא מאליו טומאת נבלות לטמא אחרים:
De même (kayotse bo) — il est [une chose] qui transmet l'impureté alimentaire, [à savoir] qu'elle reçoit l'impureté d'un reptile (cherets) et transmet l'impureté à d'autres aliments, mais ne transmet pas d'elle-même l'impureté de charogne [pour] rendre d'autres [choses] impures.
השוחט בהמה טמאה לעובד כוכבים ודוקא ישראל ודוקא שחיטה ודוקא טמאה ודוקא לעובד כוכבים ישראל ששחט בהמה טמאה לצורך עובד כוכבים ועודה מפרכסת אף על גב דלא חזיא לעובד כוכבים דבמיתה תליא מילתא לבני נח ולא שריא להו שחיטה עד שתמות אפ"ה הואיל וישראל שחט שחיטה מעלייתא היא ואשכחן לגבי ישראל דשחיטה שריא לגביה בטהורה הלכך משויא ליה מחשבתו אוכלא בשחיטה אף בטמאה לעובד כוכבים אבל עובד כוכבים בשחיטה לא משויא ליה מחשבתו אוכלא דלא אשכחן שחיטה לגביה וכן ישראל בנחירה לאו אוכלא משויא לה דלא אשכחן נחירה גביה והכי תניא נחרה אין בה טומאה של כלום ובטהורה לישראל לא איצטריך למתני דכ"ש דהויא אוכלא מיד בשחיטתה וטמאה לישראל לא משויא ליה אוכלא דבטלה מחשבתו:
Qui abat une bête impure pour un non-Juif — et précisément un Juif, et précisément par abattage, et précisément [une bête] impure, et précisément pour un non-Juif : un Juif qui a abattu une bête impure pour le besoin d'un non-Juif et [qu']elle palpite encore — bien qu'elle ne convienne pas au non-Juif, car pour les fils de Noé la chose dépend de la mort et l'abattage ne la leur rend pas permise jusqu'à ce qu'elle meure, néanmoins, puisqu'un Juif [l']a abattue, c'est un abattage de plein droit, et nous trouvons que, pour un Juif, l'abattage la lui rend permise pour [une bête] pure ; dès lors, son intention en fait une nourriture par l'abattage, même [pour une bête] impure [abattue] pour un non-Juif. Mais un non-Juif, par [son] abattage, son intention n'en fait pas une nourriture, car nous ne trouvons pas d'abattage [valable] le concernant ; et de même un Juif, par perforation (nehira), n'en fait pas une nourriture, car nous ne trouvons pas de perforation [valable] le concernant ; et ainsi est-il enseigné : 'l'a-t-il perforée, il n'y a en elle aucune impureté'. Et [le cas d'une bête] pure abattue par un Juif, [le tana] n'a pas eu besoin de l'enseigner, car à plus forte raison [est-elle] une nourriture dès son abattage ; et [une bête] impure [abattue] par un Juif [non pour un non-Juif] n'en fait pas une nourriture, car son intention est nulle [et non avenue].
אבל לא טומאת נבלות עד שתמות דהא וכי ימות מן הבהמה כתיב (ויקרא יא):
Mais non l'impureté de charogne jusqu'à ce qu'elle meure — car 'et lorsque mourra [l'une] des bêtes' est écrit (Lev 11).
עד שיתיז את ראשה דהוה ליה גיסטרא ונבלה היא דחשובה מתה ואפילו היא מפרכסת:
Jusqu'à ce qu'on lui tranche la tête — car elle [devient] un tronçon (guistra) et c'est une charogne, étant réputée morte, et [cela] même [si] elle palpite.
ריבה הכתוב לטמא טומאת אוכלין ממה שריבה כו' דהא איכא כל הני דלגבי אוכלין אוכלא נינהו ונבלה לא מיקריא אע"ג דשייכי בה:
A inclus — l'Écriture, pour transmettre l'impureté alimentaire, plus qu'elle n'a inclus, etc. ; car voici qu'il y a toutes ces [annexes] qui, pour [ce qui est de] la nourriture, sont nourriture, et [qui pourtant] ne sont pas appelées charogne, bien qu'elles s'y rapportent.
💡 Explication

Cas parallèle. Un Juif qui abat (chehita) une bête impure [non cachere] pour un non-Juif, alors qu'elle palpite encore : par l'intention du Juif, l'abattage en fait une nourriture susceptible d'impureté alimentaire ; mais elle ne transmet pas l'impureté de charogne (nevela) tant qu'elle n'est pas morte ou qu'on ne lui a pas tranché la tête. La Torah a donc inclus plus de cas pour l'impureté légère que pour la lourde.

9
רבי יהודה אומר: האלל המכונס, אם יש בו כזית במקום אחד – חייב עליו.

Rabbi Yehouda dit : l'alal (rognures) rassemblé (ha-mekhounas), s'il y en a une olive (kazayit) en un seul endroit — on en est passible.

📜 Rachi (1)
המכונס הנאסף במקום אחד דהואיל ואחשביה לא בטיל וחשיב הבשר נבלה וחייב עליו אם נגע ונכנס למקדש או אכל קדש:
Rassemblé (ha-mekhounas) — celui qui est ramassé en un seul endroit ; puisqu'il [l']a jugé important (ahcheveih), il n'est pas annulé, et la chair est réputée charogne, et l'on en est passible si l'on [y] a touché et [qu'ensuite] on est entré au Temple ou [qu']on a mangé du sacré.
💡 Explication

Avis de Rabbi Yehouda sur les rognures (alal) restées sur la peau après l'écorchage. Rassemblées (mekhounas) en un seul endroit jusqu'à une olive, elles transmettent l'impureté de charogne, et celui qui s'en rend impur puis mange du sacré ou entre au Temple est passible [de karet]. En les rassemblant, l'homme manifeste qu'il les considère comme de la chair.

10
גמ׳ תנינא להא דתנו רבנן: שומרים לטומאה קלה, ולא שומרים לטומאה חמורה.

GUEMARA. Nous avons appris [dans notre michna] ce que les Maîtres ont enseigné [dans une braita] : les protections [se rattachent] pour l'impureté légère, et les protections ne [se rattachent] pas pour l'impureté grave.

📜 Rachi (2)
גמ' תנינא במתניתין דעור עצמו אין מצטרף לכזית דנבלה אע"ג דשומרין הן:
GUEMARA. Nous avons appris — dans la michna [le fait] que la peau elle-même ne se rattache pas à [compléter] une olive de charogne, bien qu'[elle soit] une protection (shomer).
להא דתנו רבנן שומרין יש לטומאה קלה ששומרין האוכל מצטרפין לכביצה לטומאת אוכלין אבל לא לכזית דנבלה שהיא טומאה חמורה לטמאות אדם וכלים:
Ce que les Maîtres ont enseigné : les protections — il y a [un cas où elles servent] pour l'impureté légère, [savoir] que les [protections] qui protègent la nourriture se rattachent pour [compléter] un œuf, pour l'impureté alimentaire, mais non pour [compléter] une olive de charogne, qui est une impureté grave [pouvant] rendre impurs des hommes et des ustensiles.
💡 Explication

La Guemara note que notre michna (la peau se rattache pour l'œuf mais non pour l'olive de charogne) enseigne déjà explicitement ce qu'une braita formule : une protection (shomer) se rattache à la nourriture pour l'impureté légère (impureté alimentaire, qui ne se transmet qu'à la nourriture), mais non pour l'impureté grave (impureté de charogne, qui se transmet même aux personnes et aux ustensiles).

11
שומרים לטומאה קלה מנלן? דתנא דבי רבי ישמעאל: ״על כל זרע זרוע״ – כדרך שבני אדם מוציאין לזריעה: חטה בקליפתה, ושעורה בקליפתה, ועדשים בקליפתן.

Les protections pour l'impureté légère, d'où nous [vient-il] ? Car l'école de Rabbi Yichmael a enseigné : 'sur toute semence à semer' (Lev 11:37) — de la manière dont les gens [la] sortent pour la semaille : le blé dans sa cosse, l'orge dans sa cosse, et les lentilles dans leur cosse.

📜 Rachi (2)
על כל זרע זרוע לגבי טומאת אוכלין כתיב ואע"ג דבההוא קרא טהור הוא כתיב ביה טעמא משום דלא הוכשר דסמיך ליה וכי יותן מים על זרע דהוכשר טמא הוא:
Sur toute semence à semer — [cela] est écrit à propos de l'impureté alimentaire ; et bien que, dans ce verset [même], il soit écrit 'elle est pure', le motif en est qu'elle n'a pas été rendue apte (houkhchar) [à l'impureté], car ce qui [le] suit [est] 'et lorsque de l'eau sera mise sur la semence', [signe que c'est] une fois rendue apte qu'elle [est] impure.
קליפה הוא שומר לאוכל והיא קליפה החיצונה החופה אותה בעודה שבולת אבל הנושרת כשכותשין במכתשת אוכל גמור הוא מדתנן לקמן (חולין דף קיט:) המלאין שבשבלין לא הוו שומר מכלל דהויא שומר וכן עדשין אותה קליפה שהעדשה חבויה לתוכה שאין מקפידין עליה בשעת זריעה אלא בשעת אכילה ומשום הכי נקט אשר יזרע:
Cosse (kelipa) — c'est la protection (shomer) de la nourriture, [à savoir] la cosse extérieure qui la couvre tant qu'elle est en épi ; mais celle qui tombe lorsqu'on [la] pile au mortier, [le grain] est une nourriture complète, comme [il ressort] de ce que nous avons appris plus loin (Houlin 119b) 'les [grains] pleins qui sont dans les épis ne sont pas une protection' — d'où [l'on infère] à contrario [que la cosse extérieure] est une protection ; et de même les lentilles : c'est cette cosse dans laquelle la lentille est cachée, [cosse] dont on ne se soucie pas au moment de la semaille mais [seulement] au moment de la consommation — et c'est pourquoi [le verset] emploie 'qui sera semée' (acher yizarea).
🗂️ Tossefot (2)
שומר לטומאה קלה מנלן דתנא דבי רבי ישמעאל וכו' ולהוציא ולהכניס לא אצטריך דמטמי דמיד נפיק כדמסיק וכי אצטריך לצירוף:
Les protections pour l'impureté légère, d'où nous [vient-il], car l'école de Rabbi Yichmael etc. — et [le verset] n'[était] pas nécessaire pour [enseigner que la cosse] fait sortir et fait entrer [l'impureté], car [la semence] devient impure dès qu'elle [en] sort, comme [la Guemara le] conclut [plus loin] ; il [n'était] nécessaire que pour le rattachement (tseirouf).
חטה בקליפתה והא דאמר בסוף כתובות (דף קיא:) חטה שנקברה ערומה ה"ק אף כשנקברה ערומה יוצאה בכמה לבושים:
Le blé dans sa cosse — et ce qui est dit à la fin de Ketoubot (page 111b) 'un grain de blé qui a été enseveli nu', voici ce que cela signifie : même lorsqu'il a été enseveli nu, il ressort revêtu de plusieurs vêtements [au temps messianique].
💡 Explication

Source de la règle pour l'impureté légère. L'école de R. Yichmael lit 'sur toute semence à semer' (Lev 11:37) : la semence est susceptible d'impureté telle qu'on la porte au champ pour la semaille — le blé dans sa cosse, l'orge dans sa cosse, les lentilles dans leur cosse. Donc l'enveloppe protectrice fait partie de la nourriture pour l'impureté légère.

12
ולא שומרים לטומאה חמורה מנלן? דתנו רבנן: ״בנבלתה״ – ולא בעור שאין עליו כזית בשר.

Et les protections [qui ne se rattachent] pas pour l'impureté grave, d'où nous [vient-il] ? Car les Maîtres ont enseigné : 'sa charogne' (be-nivlata, Lev 11:39) — et non la peau sur laquelle il n'y a pas une olive de chair.

🗂️ Tossefot (1)
ולא שומר לטומאה חמורה מנלן וא"ת ל"ל קרא דמזרעים לא אתי שכן טומאתן מרובה כדפריך בסמוך וי"ל דס"ד לרבויי מריבויא דיטמא וא"ת דאמר בפרק כל שעה (פסחים דף לג:) ענבים שנטמאו דורכן פחות פחות מכביצה דקסבר משקין מפקד פקידי ולא נטמאו המשקין עם האוכל ואמאי לא נטמאו בנגיעת הטומאה לקליפה משום שומר וי"ל דאין שם משקין עליהם עד שיצאו לחוץ:
Et les protections [qui ne se rattachent] pas pour l'impureté grave, d'où nous [vient-il] — et si tu objectes : à quoi bon un verset ? [cela] ne se déduirait-il pas des semences (zera'im) [à fortiori], dont l'impureté est plus étendue, comme [la Guemara] l'objecte plus loin ? On peut répondre [qu']il aurait pu venir à l'esprit d'inclure [la protection pour l'impureté grave] à partir de l'inclusion [du mot] 'yitma' (deviendra impur). Et si tu objectes : il est dit au chapitre Kol Cha'a (Pessahim 33b) que des raisins devenus impurs, on les foule [par quantités] de moins d'un œuf chacune, [le tana] tenant que les liquides sont [comme] déposés (mufkad pekidi) [à l'intérieur] et [que] les liquides n'ont pas été rendus impurs avec la nourriture — et pourquoi n'ont-ils pas été rendus impurs par le contact de l'impureté avec la cosse, à titre de protection (shomer) ? On peut répondre [qu']il n'y a pas sur eux d'appellation de liquide jusqu'à ce qu'ils sortent au-dehors.
💡 Explication

Source de l'exclusion pour l'impureté grave. Une braita lit 'qui touche sa charogne' (be-nivlata, Lev 11:39) : seul devient impur celui qui touche la chair de la charogne, mais non celui qui touche la peau sur laquelle il n'y a pas une olive de chair. La protection ne se rattache donc pas pour l'impureté de charogne.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).