Chullin 125b — contact et toit (maga et ohel) : un seul concept ? l'impureté pressée, et le toit qui 'touche'

Chullin 125b

Sougya : La Guemara examine si l'impureté par contact (maga, nogea) et l'impureté par recouvrement (ohel, maahil) forment un seul et même concept, comme le soutient Rabbi Yo'hanan. La michna semble se contredire : la clause d'ouverture joint un demi-kazaït touché à un demi-kazaït recouvert (donc impur), mais la clause finale, où un tiers recouvre les deux, déclare pur.

Rabbi Zera résout par le cas de l'impureté pressée (retsutsa) entre deux buffets sans vide d'un tefah, où tout est tenu pour contact. La Guemara cherche alors quel Tana appelle le toit 'nogea' (touche) : c'est Rabbi Yossi, qui dit qu'une cuillerée de poussière de mort (rakav) rend impur par contact, par portage et par toit.

Aboye et Rava divergent sur l'étendue de cet 'ohel-nogea' : pour Aboye il se limite à moins d'un tefah au-dessus de l'impureté, pour Rava il vaut même au-dessus d'un tefah, le 'toit pur et simple' n'étant que par hamshakha (un tiers qui conduit l'impureté). Rava étaye sa lecture par les liens de lit et les grillages de fenêtres tendus au-dessus d'un mort, puis par la mishna du buffet à compartiment : l'impureté a vocation à sortir mais non à entrer, et Rabbi Yossi déclare pur ce qui peut être sorti par moitiés ou brûlé sur place.

Aboye contre Rava : quand un toit (ohel) compte-t-il comme un contact (nogea) ? Rabbi Yossi appelle 'nogea' (touche) une impureté transmise par toit (ohel). Jusqu'où ? Aboye Toit à MOINS d'un tefah (< un palme) = ohel-nogea (toit-contact) : impur Toit à PLUS d'un tefah (> un palme) = ohel grida (toit pur et simple) Donc 'nogea' du verset de Rabbi Yossi vise le toit collé (< un tefah). La michna ne suit PAS Rabbi Yo'hanan. Rava MÊME à plus d'un tefah = ohel-nogea (toit-contact) : impur ohel grida = SEULEMENT par hamshakha (un tiers conduit) Donc la michna SUIT Rabbi Yo'hanan (contact et toit = un seul concept) ; c'est Rabbi Yossi.
Le coeur de la mahloket (segments 5-6) : Aboye limite l'ohel-nogea à moins d'un tefah, Rava l'étend au-delà, ne réservant 'ohel grida' qu'à la hamshakha.
Les trois géométries de l'impureté au-dessus du corps Moins d'un tefah le voile collé au mort voile (sarig) le mort < 1 = 'mort dans son vêtement' le voile ne fait pas écran IMPUR partout Plus d'un tefah vide d'un palme dessous voile (sarig) le mort > 1 Aboye : toit pur et simple Rava : encore 'contact' impur seulement face au trou Par hamshakha un tiers conduit l'impureté une planche / un toit l'homme le mort ni l'homme ni le mort ne couvrent l'autre : un tiers le fait = ohel grida (Rava)
Les trois géométries du voile au-dessus du mort (segments 9-12) : collé (mort dans son vêtement), séparé de plus d'un tefah, et par tiers conducteur.
Le compartiment du buffet : l'impureté sort, elle n'entre pas vide intérieur d'un tefah, mais ouverture vers la maison de moins d'un tefah Impureté DANS le buffet impureté la maison est IMPURE l'impureté a vocation à sortir (rabbinique) Impureté DANS la maison le buffet n'entre pas ce qui est dedans est PUR l'impureté n'a pas vocation à entrer
La mishna du buffet à compartiment (segments 13-16) : l'impureté a vocation à sortir (la maison est impure) mais non à entrer (ce qui est dedans reste pur).
1
הנוגע בכחצי זית, ודבר אחר מאהיל עליו ועל כחצי זית – טהור.

Celui qui touche un demi-kazaït (un demi-volume d'olive de chair d'un mort), et un tiers (un autre objet) recouvre à la fois lui-même et un [autre] demi-kazaït — [il est] pur.

📜 Rachi (1)
ודבר אחר מאהיל עליו ועל כחצי זית כגון חצי זית מוטל ע"ג קרקע והוא עומד אצלו ודף אחד מאהיל על שניהם:
Et un tiers recouvre à la fois lui-même et un demi-kazaït — par exemple [le cas où] un demi-kazaït est posé sur le sol, [où] lui [l'homme] se tient à côté, et [où] une seule planche (daf) [les] recouvre tous deux.
💡 Explication

Fin de la michna (commencée en 125a). On joint deux modes d'impureté sur un seul homme : il touche un demi-kazaït de chair de mort, et en même temps un objet le recouvre (fait ohel, toit) ainsi qu'un second demi-kazaït. La michna tranche : pur — les deux demi-mesures ne se joignent pas pour former le kazaït requis, car contact et toit seraient deux concepts distincts.

2
ואי חד שמא הוא, אמאי טהור? אלא, קשיא רישא.

Or si [contact et toit] sont un seul et même concept (had chma hou), pourquoi [serait-il] pur ? [Il devrait être impur, les deux demi-kazaït se joignant.] Plutôt, [c'est] la clause d'ouverture (recha) [qui] fait difficulté.

📜 Rachi (1)
אמאי טהור הלא זה אהל גמור ועיקר אהל האמור בתורה זה הוא כל הבא אל האהל (במדבר י״ט:י״ד) שהבית מאהיל עליו ועל מת כאחד:
Pourquoi [serait-il] pur — n'est-ce pas là un toit accompli (ohel gamour) ? et c'est là le toit essentiel énoncé dans la Torah, [savoir] 'quiconque vient dans la tente' (Nombres 19:14), [le cas] où la maison le recouvre, lui et un mort, comme un seul [ensemble].
💡 Explication

Raisonnement à rebours. Si l'on tient, avec Rabbi Yo'hanan, que contact (maga) et toit (ohel) sont un seul concept, alors les deux demi-kazaït devraient se joindre et l'homme être impur — or la clause finale dit pur ! Donc, à l'inverse, c'est la clause d'ouverture (qui, elle, déclarait impur en joignant un demi-kazaït touché et un demi-kazaït recouvert) qui devient difficile à expliquer.

3
אמר רבי זירא: בטומאה רצוצה בין שני מגדלים עסקינן, ואין ביניהן פותח טפח, דכולה נגיעה היא.

Rabbi Zera a dit : nous traitons [dans la clause d'ouverture] d'une impureté pressée (retsutsa) entre deux buffets (migdalim), sans qu'il y ait entre eux une ouverture d'un tefah — de sorte que [le] tout [est] contact (négiaa).

📜 Rachi (3)
רצוצה כל דבר שאין לו מקום ריוח קרי רצוץ ופחות מטפח לאו חלל הוא ונקרא מה שבתוכו רצוץ:
Pressée — toute chose qui n'a pas d'espace libre est dite 'pressée' ; moins d'un tefah n'est pas un creux (halal), et ce qui s'y trouve à l'intérieur est dit 'pressé'.
מגדלים של עץ:
Buffets — de bois.
דכולה נגיעה היא אפילו הוא מאהיל למעלה מן הבשר הרבה כגון שהיו המגדלים גבוהים והטומאה למטה והוא מאהיל סמוך לראשיהן קרי נגיעה דכיון דהלמ"מ היא דטומאה רצוצה בוקעת הוי כמאן דמלי טומאה כל חלל שבין שני המגדלים ומהא לא תסייעיה לרבי יוחנן:
De sorte que le tout est contact — même [s']il recouvre [l'impureté] bien au-dessus de la chair, par exemple [le cas] où les buffets étaient hauts, [où] l'impureté [était] en bas et [où] il recouvre près de leurs sommets, [cela] est appelé contact ; car, puisque [c'est] une halakha de Moché au Sinaï (halakha le-Moche mi-Sinaï) que l'impureté pressée perce [et monte], [c'est] comme si l'impureté remplissait tout le creux qui [s'étend] entre les deux buffets ; et de cela tu ne peux apporter de soutien à Rabbi Yo'hanan.
🗂️ Tossefot (1)
אמר ר' זירא רישא בטומאה רצוצה בין ב' מגדלים עסקינן הוה מצי למימר בטומאה למטה מטפח עסקינן כדאמרינן בסמוך אלא משמעות אהל משמע ליה למעלה מטפח אי נמי לית ליה סברא דלקמן וא"ת אי בטומאה רצוצה דווקא עסקינן אמאי נקט בסיפא המשכה ע"י דבר אחר טהור ה"ל למינקט אבל אם אינה רצוצה טהור וי"ל דאתא לאשמועינן דאפילו בין שני מגדלים דומיא דרישא לא הוי טומאה רצוצה בהמשכה ע"י דבר אחר דתרתי בעינן בין ב' מגדלים וגם שהוא עצמו מאהיל על הטומאה או הטומאה עליו:
Rabbi Zera a dit : la clause d'ouverture, nous traitons d'une impureté pressée entre deux buffets — il aurait pu dire 'nous traitons d'une impureté [située] à moins d'un tefah', comme nous [le] disons plus loin ; mais le sens de 'toit' s'entend pour lui [comme] au-dessus d'un tefah ; ou bien il ne tient pas le raisonnement [énoncé] plus loin. Et si tu objectes : si nous traitons précisément d'une impureté pressée, pourquoi enseigne-t-[on] dans la clause finale [que], par conduction (hamchakha) au moyen d'un tiers, [c'est] pur ? il aurait fallu enseigner 'mais si [l'impureté] n'est pas pressée, [c'est] pur' ! On peut dire [qu'il] vient nous apprendre [que] même entre deux buffets, à l'instar de la clause d'ouverture, il n'y a pas d'impureté pressée par conduction au moyen d'un tiers ; car il faut deux [conditions] : entre deux buffets, et aussi que lui-même recouvre l'impureté ou que l'impureté [le] recouvre.
💡 Explication

Rabbi Zera résout : la clause d'ouverture parle d'une impureté pressée (tum'a retsutsa) coincée entre deux buffets (migdalim, armoires de bois) sans vide d'un tefah (un palme) entre eux. Une impureté pressée 'perce et monte' (par halakha de Moché au Sinaï) : c'est comme si tout le creux était rempli d'impureté. Tout est donc tenu pour contact, et la michna ne prouve plus l'opinion de Rabbi Yo'hanan.

4
ומאן תנא דקרי לאהל ״נוגע״? רבי יוסי היא, דתניא: רבי יוסי אומר: מלא תרווד רקב מטמא במגע, ובמשא, ובאהל.

Et quel Tana appelle le toit (ohel) 'celui qui touche' (nogea) ? C'est Rabbi Yossi, comme il est enseigné : Rabbi Yossi dit : une pleine cuillerée (tarvad) de poussière de décomposition (rakav) rend impur par contact (be-maga), par portage (be-massa) et par toit (be-ohel).

📜 Rachi (3)
ומאן תנא דמתניתין לרבי יוחנן דאוקי דהנוגע היינו מאהיל:
Et quel Tana — de notre michna, selon Rabbi Yo'hanan qui a établi que 'celui qui touche' [signifie] celui qui recouvre (maahil).
תרווד כף:
Tarvad — une cuiller (kaf).
רקב עפר הנמצא בארון של מת שהוא רקבוביתו של מת. ושיעור מלא תרווד הלמ"מ:
Rakav — la poussière qui se trouve dans le cercueil d'un mort, [savoir] sa décomposition (rikbouvito) ; et la mesure de 'pleine cuillerée' [est] une halakha de Moché au Sinaï.
🗂️ Tossefot (1)
ומאן תנא דקרי לאהל נוגע רבי יוסי היא פי' בקונט' דלא מייתי ראיה אלא אליבא דרבא וכן עיקר דהא לאביי מאי משני דע"כ צריך לאוקומי מתניתין בכל ענין דאם לא כן מאי דחה רבי זירא לעיל בטומאה בין שני מגדלים נוקי נמי מתניתין בכה"ג אלא ע"כ צריך לפרש בכל ענין דלא תקשה אכתי נוגע אין מאהיל בלא טומאה רצוצה לא הילכך אליבא דאביי לא מיתוקמא כיון דאיכא אהל למעלה מטפח דלא הוי נגיעה אבל רבא דלא מפיק אלא אהל דהמשכה ליכא למיפרך מידי דמתני' לא איירי בהמשכה מדקתני הנוגע משמע אהל דומיא דנוגע דאיהו גופיה ולא ע"י דבר אחר ואביי ורבא לית להו דרבי זירא דשני לעיל בטומאה בין שני מגדלים דאי אית להו מנא לן לפרש כדמפרש דלמא בטומאה רצוצה בין שני מגדלים עסקינן אלא ודאי לית להו וא"ת וכיון דלית להו דרבי זירא וההוא דלעיל מתוקמא לאביי כדאית ליה ולרבא כדאית ליה ואתיא טפי שפיר לרבא דמתוקמא בפשיטות דרישא מצטרפין דכאילו נגיעה היא כיון שאין בהמשכה ובסיפא דאין מצטרפין כיון דע"י המשכה היא וא"כ אמאי איצטריך להביא מהכא מההיא דלעיל יכול להביא ראיה דקרי לאהל מגע לפי סברת רבא וי"ל דניחא ליה טפי לאתויי מהכא שנזכר בה שם חכם:
Et quel Tana appelle le toit 'celui qui touche' ? C'est Rabbi Yossi — Rachi a expliqué [qu'il] n'apporte de preuve que selon Rava ; et ainsi [est-ce l'essentiel], car selon Aboye, par quoi résout-il [la difficulté] ? car nécessairement il faut établir la michna en toute hypothèse — sinon, [qu'en est-il de] ce que Rabbi Zera a écarté plus haut par l'impureté entre deux buffets ? établissons aussi la michna de cette manière ! Plutôt, nécessairement il faut [l']expliquer en toute hypothèse, pour qu'il ne reste pas à objecter : 'celui qui touche', oui ; 'celui qui recouvre' sans impureté pressée, non. Aussi, selon Aboye, [la michna] ne se laisse pas établir, puisqu'il y a un toit au-dessus d'un tefah, qui n'est pas un contact ; mais Rava, qui ne fait sortir [du domaine du contact] que le toit par conduction, [pour lui] il n'y a rien à objecter, car la michna ne traite pas de conduction, puisqu'elle enseigne 'celui qui touche', [ce qui] indique un toit à l'instar du contact, [savoir] lui-même et non par l'intermédiaire d'un tiers. Et Aboye et Rava ne tiennent pas [l'enseignement] de Rabbi Zera qui a résolu plus haut par l'impureté entre deux buffets ; car, s'ils le tenaient, d'où nous [viendrait-il] d'expliquer comme il [l']explique ? peut-être traitons-nous d'une impureté pressée entre deux buffets ! Plutôt, assurément, ils ne le tiennent pas. Et si tu objectes : puisqu'ils ne tiennent pas [l'enseignement] de Rabbi Zera, et que celui de plus haut s'établit pour Aboye selon son opinion et pour Rava selon la sienne, et [que cela] convient mieux à Rava, chez qui [la michna] s'établit avec aisance — la clause d'ouverture, [les demi-mesures] se joignent comme si [c'était] un contact, puisqu'il n'y a pas de conduction, et la clause finale, [elles] ne se joignent pas puisque [c'est] par conduction — si [c'est] ainsi, pourquoi a-t-[on] eu besoin d'apporter [la preuve] d'ici [le rakav] [plutôt que] de celle de plus haut ? on pouvait apporter la preuve qu'[on] appelle le toit 'contact' selon le raisonnement de Rava ! On peut dire qu'il lui est plus aisé d'apporter [la preuve] d'ici, où se trouve mentionné le nom d'un sage (chem 'hakham).
💡 Explication

La Guemara cherche un Tana pour qui le toit peut être appelé nogea ('touche') — nécessaire pour lire la michna selon Rabbi Yo'hanan. C'est Rabbi Yossi : une pleine cuillerée de rakav (la poussière de décomposition trouvée dans le cercueil d'un mort) rend impur de trois manières — contact, portage, toit.

5
בשלמא במשא ובאהל, הא קא טעין ליה לכוליה, והא קא מאהיל אכוליה. אלא נוגע – הא לא נגע בכוליה! אלא לאו שמע מינה: מאי ״נוגע״ – מאהיל.

Soit, pour [l'impureté] par portage et par toit [tout va bien] : celui-ci porte le tout (kouléih), et celui-là recouvre le tout. Mais 'celui qui touche' — or il n'a pas touché le tout !

Plutôt, n'est-ce pas [qu']il faut en conclure (chma minah) : que signifie 'celui qui touche' ? [c'est] celui qui recouvre.

📜 Rachi (1)
הא לא נגע בכוליה דהא כל העפר אינו מחובר יחד והנוגע בצד זה לא נגע בצד זה וכל חד וחד עפרא באפי נפשיה הוא:
Or il n'a pas touché le tout — car toute la poussière n'est pas réunie ensemble, et celui qui touche d'un côté n'a pas touché de l'autre côté, et chaque grain de poussière [est] à part soi (be-apei nafcheih).
💡 Explication

Difficulté interne à l'enseignement de Rabbi Yossi sur le rakav. Le portage et le toit se conçoivent : on porte ou l'on recouvre toute la cuillerée de poussière. Mais le contact ? La poussière étant un amas de grains séparés, on n'en touche jamais la totalité requise. Force est de conclure que, chez Rabbi Yossi, 'celui qui touche' désigne en réalité celui qui recouvre (maahil) — le toit est appelé contact.

6
והא קתני ״נוגע״, והא קתני ״מאהיל״! אמר אביי: למטה מטפח – אהל נגיעה, למעלה מטפח – אהל גרידא.

Mais [la braita] enseigne 'celui qui touche' et enseigne [aussi] 'celui qui recouvre' [séparément, comme deux choses distinctes] ! Aboye a dit : à moins d'un tefah — [c'est] un toit-contact (ohel négiaa) ; à plus d'un tefah — [c'est] un toit pur et simple (ohel grida).

📜 Rachi (1)
אמר אביי המאהיל למטה מטפח שאין טפח בין ידו לטומאה קרי לה אהל נגיעה. ולאביי לא מיתוקמא מתניתין כרבי יוחנן דלא מיקרי מאהיל נוגע אלא למטה מטפח דהוי כנגיעה ואכתי הדר דוקיין קמא לדוכתיה נוגע אין אבל מאהיל אהל גרידא למעלה מטפח לא ואי דאיכא כזית באהל נמי ליטמא. ואביי לא מהדר לאוקמא לדרבי יוחנן דהא אביי אוקמה למתניתין בשאין בה כזית ובששיפה והכא קא מהדר לתרוצי מילתיה דרבי יוסי דקתני גבי רקב מגע ואהל וקשיא לן הא לא נגע בכוליה ומוקי ליה אביי באהל נגיעה:
Aboye a dit — celui qui recouvre à moins d'un tefah, [de sorte] qu'il n'y a pas un tefah entre sa main et l'impureté, [Rabbi Yossi] l'appelle 'toit-contact'. Et selon Aboye, la michna ne s'établit pas selon Rabbi Yo'hanan, car 'celui qui recouvre' n'est appelé 'touche' qu'à moins d'un tefah, [hauteur] qui est comme un contact ; et de nouveau la déduction première revient à sa place : 'celui qui touche', oui, mais 'celui qui recouvre' [savoir] un toit pur et simple à plus d'un tefah, non — et [pourtant], s'il y a un kazaït, par toit aussi [l'homme] devrait être impur ! Et Aboye ne s'attache pas à établir [la michna] selon Rabbi Yo'hanan, car Aboye a établi la michna [dans un cas] où il n'y a pas de kazaït et où [le couvercle] est poli (chipa) ; et ici il s'attache à résoudre le propos de Rabbi Yossi, qui enseigne à propos du rakav 'contact' et 'toit', et [auquel] nous objectons 'or il n'a pas touché le tout' — et Aboye l'établit [comme parlant] d'un toit-contact.
💡 Explication

Objection : si 'celui qui touche' = 'celui qui recouvre', pourquoi Rabbi Yossi énumère-t-il les deux séparément (contact ET toit) ? Aboye répond par une distinction de hauteur (voir le schéma) : à moins d'un tefah au-dessus de l'impureté, le recouvrement est un ohel-nogea (toit-contact, appelé 'touche') ; à plus d'un tefah, c'est un ohel grida (toit pur et simple, appelé 'recouvre'). Les deux termes sont donc bien distincts.

7
רבא אמר: אפילו למעלה מטפח נמי אהל נגיעה הוא, והיכי דמי אהל גרידא? בהמשכה.

Rava a dit : même à plus d'un tefah, [c'est] aussi un toit-contact ; et qu'est-ce qu'un toit pur et simple ? [c'est] par conduction (be-hamchakha).

📜 Rachi (2)
רבא אמר אפי' למעלה מטפח אהל נגיעה מיקרי ושפיר מיתוקמא מתני' כר' יוחנן ורבי יוסי היא:
Rava a dit : même à plus d'un tefah [c'est] un toit-contact — [ainsi] l'appelle-t-[on], et la michna s'établit fort bien selon Rabbi Yo'hanan, et c'est Rabbi Yossi.
בהמשכה דבר אחר מאהיל עליו ועל הטומאה דהוא אינו מאהיל על הטומאה ולא הטומאה מאהלת עליו אלא דבר אחר ממשיך את הטומאה עליו:
Par conduction — un tiers recouvre lui [l'homme] et l'impureté, [de sorte] que lui ne recouvre pas l'impureté et que l'impureté ne le recouvre pas, mais [qu']un tiers conduit (mamchikh) l'impureté sur lui.
💡 Explication

Rava élargit (voir le schéma) : même au-dessus d'un tefah, le recouvrement direct reste un ohel-nogea (toit-contact). Le toit pur et simple (ohel grida) ne se rencontre que dans la hamshakha : un objet tiers recouvre à la fois l'homme et l'impureté, sans que ni l'homme ni l'impureté ne se recouvrent l'un l'autre — c'est ce tiers qui conduit l'impureté jusqu'à lui.

8
אמר רבא: מנא אמינא לה? דתנן, רבי יוסי אומר: חבילי מטה וסריגי חלונות חוצצין בין הבית לעלייה, שלא להכניס טומאה לצד שני.

Rava a dit : d'où dis-je [cela] ? De ce que nous avons appris : Rabbi Yossi dit : les liens d'un lit (havilei mita) et les grillages de fenêtres (serigei halonot) font écran (hotzetzin) entre la maison et l'étage, pour ne pas introduire l'impureté dans l'autre côté.

📜 Rachi (3)
מנא אמינא לה דאפילו למעלה מטפח קרי ליה רבי יוסי אהל נגיעה:
D'où dis-je [cela] — que même à plus d'un tefah Rabbi Yossi l'appelle 'toit-contact'.
חבלי מטה המסורגים שמסרגים מטות כמין קליעה. וכן סריגי חלונות שנותנים עצים דקים או טסי ברזל בחלונות בסירוג בקליעה שלא יכנס אדם בהן:
Liens d'un lit — les [sangles] tressées dont on cordent les lits en manière de tresse ; et de même les grillages de fenêtres, où l'on dispose de fines lattes ou des plaques de fer dans les fenêtres, en tresse [et] en treillis, pour qu'un homme n'y pénètre pas.
חוצצין בין בית לעליה אם שטחו מקורה לחברתה נעשו תקרה ובטלו ואין מקבלין טומאה וחוצצין בפני הטומאה שלא תכנס טומאה לצד שני שעליה כלומר לעליה ואע"פ שנקובים הרי אין בנקבים פותח טפח וכל נקב העשוי לאויר שיעורו כמלא אגרוף וכל נקב שבין בית לבית או בין בית לעליה שיעורו בפותח טפח ואף הנוגע כנגד הנקב טהור:
Font écran entre la maison et l'étage — si on les a étalés, couverts [pour faire plafond] de l'un à l'autre, ils sont devenus une couverture (tikra) et se sont annulés [comme ustensiles], ne reçoivent plus l'impureté et font écran devant l'impureté, [de sorte] qu'elle ne pénètre pas dans l'autre côté, [savoir] l'étage ; c'est-à-dire vers l'étage, et bien qu'[ils soient] percés, il n'y a pas dans les trous une ouverture d'un tefah ; et tout trou aménagé pour l'air, sa mesure [est] comme la plénitude d'un poing, et tout trou [qui est] entre maison et maison ou entre maison et étage, sa mesure [est] en une ouverture d'un tefah ; et même celui qui touche en face du trou [est] pur.
💡 Explication

Rava étaye sa lecture par une braita. Des liens de lit (sangles tressées d'un cadre de lit) et des grillages de fenêtres (treillis de lattes ou de fer), une fois étalés comme plafond entre le rez-de-chaussée et l'étage, deviennent partie du bâtiment, cessent de recevoir l'impureté et font écran (hatsitsa) : l'impureté d'un mort en bas ne monte pas à l'étage, bien que le treillis soit ajouré (les trous faisant moins d'un tefah).

9
פרסן על פני המת באויר, הנוגע כנגד הנקב – טמא, שלא כנגד הנקב – טהור.

[Mais s']il les a étalés sur la face du mort en plein air (ba-avir), celui qui touche en face du trou — [est] impur ; [celui qui touche] non en face du trou — [est] pur.

📜 Rachi (2)
היו פורסים על המת באויר שנטלו מן המטה כמו שהן מסורגות ופורסן על המת באויר:
[S']il les étalait sur le mort en plein air — [le cas où] on les a pris du lit tels qu'ils sont tressés et [où] on les étale sur le mort à l'air libre.
הנוגע כנגד הנקב טמא דעכשיו לא נעשו תקרה להיות הכל כסתום לפיכך הנוגע כנגד הנקב טמא שהרי מאהיל על המת. שלא כנגד הנקב טהור דחבלים בלא מטה אינן מקבלין טומאה הילכך חוצצין:
Celui qui touche en face du trou [est] impur — car maintenant ils ne sont pas devenus une couverture pour que le tout soit comme bouche (satoum) ; c'est pourquoi celui qui touche en face du trou [est] impur, puisqu'il recouvre le mort. [Celui qui touche] non en face du trou [est] pur, car des sangles sans le lit ne reçoivent pas l'impureté, [et] dès lors elles font écran.
🗂️ Tossefot (1)
שלא כנגד הנקב טהור וא"ת כיון דלא מבטל להו כדפי' בקונטרס יהא טמא אפילו שלא כנגד הנקב כדאמרינן פרק לא יחפור (ב"ב דף יט:) דכל מידי דלא מבטל ליה אין חוצץ בפני הטומאה ומיהו שם פירש דכל דבר שסותם כל החלון א"צ בטול ושם (כ. ד"ה היא) מפורש:
Non en face du trou [est] pur — et si tu objectes : puisqu'il ne [les] annule pas, comme Rachi [l']a expliqué, [il devrait être] impur même non en face du trou, comme nous [le] disons au chapitre 'Lo Yahpor' (Baba Batra 19b) [que] tout ce qu'on n'annule pas ne fait pas écran devant l'impureté ! Mais là [même] il a expliqué [que] toute chose qui bouche entièrement la fenêtre n'a pas besoin d'annulation, et là-bas (20a, [au passage commençant] 'elle') [c'est] explicite.
💡 Explication

Cas inverse : si l'on tend ces mêmes treillis au-dessus d'un mort, à l'air libre (de façon non permanente, sans en faire un plafond fixe), ils ne font plus écran. Celui qui recouvre le mort en face d'un trou est impur (il recouvre directement le mort) ; hors d'un trou, il est pur (les sangles, détachées du lit, ne reçoivent pas l'impureté et font donc écran à cet endroit).

10
היכי דמי? אילימא למטה מטפח, שלא כנגד הנקב – אמאי טהור? מת בכסותו היא, ומת בכסותו מטמא!

Quel est le cas (heikhi dami) ? Si tu dis [qu'il les a étalés] à moins d'un tefah [au-dessus du mort], [celui qui touche] non en face du trou — pourquoi [serait-il] pur ?

[Dans ce cas] c'est 'un mort dans son vêtement' (met bi-khessouto), et un mort dans son vêtement rend impur !

📜 Rachi (1)
אילימא ששוטחן על המת למטה מטפח שאין מהן ולמת טפח:
Si tu dis — [le cas où] on les étale sur le mort à moins d'un tefah, [de sorte] qu'il n'y a pas un tefah entre eux et le mort.
💡 Explication

Analyse de l'avant-dernier cas. Si le treillis est tendu à moins d'un tefah du mort, il en est trop proche : c'est comme un mort dans son vêtement (met bi-khessouto), le vêtement ne faisant pas écran. L'homme qui recouvre, même hors d'un trou, devrait donc être impur — contre ce qu'enseigne la braita. Ce n'est donc pas de ce cas qu'elle parle.

11
אלא לאו למעלה מטפח, וקא קרי ליה ״נוגע״.

Plutôt, n'est-ce pas [qu'il les a étalés] à plus d'un tefah, et [pourtant Rabbi Yossi] l'appelle 'celui qui touche' ?

💡 Explication

Conclusion de Rava : la braita parle donc forcément d'un treillis tendu à plus d'un tefah au-dessus du mort, et c'est là que Rabbi Yossi appelle le recouvrement 'celui qui touche'. Preuve, contre Aboyé, que l'ohel-nogea vaut même au-dessus d'un tefah.

12
אמר אביי: לעולם למטה מטפח, ודקאמרת: מת בכסותו הוא – מת בכסותו מבטל ליה, האי לא מבטל ליה.

Aboyé a dit : en réalité (le-olam) [il les a étalés] à moins d'un tefah ; et ce que tu dis, [savoir] que c'est 'un mort dans son vêtement' — [non,] un mort dans son vêtement, on l'[a] annulé (mevatel leih), [tandis qu']ici on ne l'annule pas (là mevatel leih).

📜 Rachi (1)
לא מבטל ליה להיות כסותו של מת:
On ne l'annule pas — pour être le vêtement du mort.
💡 Explication

Aboyé réfute la preuve de Rava : on peut maintenir que le treillis est à moins d'un tefah. La différence avec le mort dans son vêtement tient à l'intention : le vêtement du mort est annulé (mevatel) — voué à rester sur lui, donc il ne fait pas écran ; mais ces treillis, on entend les retirer ensuite, on ne les annule pas — ils gardent leur statut d'ustensile et font écran. La preuve de Rava ne tient donc pas.

13
ותהוי כטומאה טמונה בוקעת ועולה? קסבר רבי יוסי: טומאה טמונה אינה בוקעת.

Mais que [cela] soit comme une impureté enfouie (tmouna) [qui] perce et monte (bokaat ve-ola) ? [Réponse :] Rabbi Yossi tient [que] l'impureté enfouie ne perce pas.

📜 Rachi (1)
ותהוי כטומאה טמונה אי למטה מטפח עסקינן נהי נמי דלא מבטל ליה תיהוי מיהא טומאה טמונה שאין לה חלל טפח דקי"ל (אהלות פי"ד מ"ו) בוקעת ועולה עד לרקיע אא"כ תמצא חציצה למעלה מטפח:
Mais que [cela] soit comme une impureté enfouie — si nous traitons d'un [cas] à moins d'un tefah, [alors] même [s']il ne l'annule pas, que [cela] soit du moins une impureté enfouie qui n'a pas de creux d'un tefah, [impureté] dont nous tenons pour établi (Oholot 14:6) [qu'elle] perce et monte jusqu'au firmament, à moins que tu ne trouves un écran (hatsitsa) au-dessus d'un tefah.
🗂️ Tossefot (1)
קסבר רבי יוסי טומאה אינה בוקעת ועולה וא"ת היכי מוקמינן לעיל מתניתין כוותיה והא מתניתין סבר דבוקעת ועולה דקתני בקולית סתומה הנוגע בה טמא ואוקמינן דמאי נוגע מאהיל וי"ל אע"ג דסבר רבי יוסי טומאה טמונה אינה בוקעת מודה בקולית סתומה שמטמא באהל כמו במת בכסותו דמודה רבי יוסי דמטמא:
Rabbi Yossi tient [que] l'impureté [enfouie] ne perce pas et ne monte pas — et si tu objectes : comment établit-on plus haut la michna selon lui, alors que la michna tient [que l'impureté] perce et monte, puisqu'elle enseigne à propos d'un os [du fémur] bouche (koulit setouma) [que] celui qui le touche [est] impur, et [que] nous avons établi [que] 'celui qui touche' [signifie] 'celui qui recouvre' ? On peut dire : bien que Rabbi Yossi tienne [que] l'impureté enfouie ne perce pas, il admet, pour un os bouche, qu'il rend impur par toit, comme pour 'un mort dans son vêtement', où Rabbi Yossi admet qu'il rend impur.
💡 Explication

Nouvelle objection à Aboyé : si le treillis est à moins d'un tefah du mort sans l'annuler, l'impureté d'en dessous devrait être une impureté enfouie (tum'a tmouna) qui n'a pas de vide d'un tefah — or une telle impureté 'perce et monte' (bokaat ve-ola) jusqu'au ciel, donc elle rendrait impur même hors d'un trou ! Réponse : Rabbi Yossi tient que l'impureté enfouie ne perce pas — d'où la pureté hors du trou.

14
ומנא תימרא? דתנן: תיבת המגדל שיש בה פותח טפח ואין ביציאתה פותח טפח, טומאה בתוכה – הבית טמא; טומאה בבית – מה שבתוכה טהור.

Et d'où [le] dis-tu (mena teima) ? De ce que nous avons appris : le coffre d'un buffet (teivat ha-migdal) qui a [un creux intérieur d']une ouverture d'un tefah mais dont la sortie (yetsiata) n'a pas une ouverture d'un tefah — [s'il y a de] l'impureté à l'intérieur, la maison [est] impure ; [s'il y a de] l'impureté dans la maison, ce qui [est] à l'intérieur [du coffre est] pur.

📜 Rachi (5)
תיבת מגדל של עץ משטיי"ר ועושין אותו תיבות תיבות קטנות להצניע בהן כלים ומשקין:
Le coffre d'un buffet — de bois ; [un meuble qu'on appelle 'maître' en langue vernaculaire,] et l'on en fait de petits coffres, coffre après coffre, pour y serrer ustensiles et boissons.
שיש בה בחלל פותח טפח. ה"ג לה במשנה דאהלות שיש בה פותח טפח דלא הויא טומאה טמונה:
Qui a — dans son creux une ouverture d'un tefah. Ainsi faut-il lire dans la michna d'Oholot : 'qui a une ouverture d'un tefah', [de sorte] que ce ne soit pas une impureté enfouie.
ואין ביציאתה בחור פתח אין בו טפח:
Mais dont la sortie — le trou d'ouverture n'a pas un tefah.
טומאה בתוכה הבית טמא ואע"פ שפתחה קטן כדמפרש טעמא מפני שדרך טומאה לצאת על כרחך סופה לצאת דרך פתח זה לפיכך מטמאה מיד דרך יציאתה ומדרבנן:
[De] l'impureté à l'intérieur, la maison [est] impure — et bien que son ouverture [soit] petite, comme [le texte] en explique la raison : parce qu'il est dans la nature de l'impureté de sortir, force lui est de finir par sortir par cette ouverture, c'est pourquoi elle rend impur aussitôt par sa voie de sortie ; et [c'est] de [par les] rabbins (mi-de-rabbanan).
מה שבתוכה טהור הואיל ואין ביציאתה פותח טפח והרי אין סופו להכניס לה מת:
Ce qui [est] à l'intérieur [est] pur — puisque sa sortie n'a pas une ouverture d'un tefah, et [que] sa fin n'est pas d'y introduire un mort.
🗂️ Tossefot (1)
טומאה בבית מה שבתוכה טהור שהמגדל חוצץ בין הטומאה ובין מה שבתוכו דאינו מקבל טומאה דעשוי לנחת הוא:
[De] l'impureté dans la maison, ce qui [est] à l'intérieur [est] pur — car le buffet fait écran entre l'impureté et ce qui est en lui, car il ne reçoit pas l'impureté, [étant] fait pour reposer [à demeure] (assouy le-nahat).
💡 Explication

Source de la règle 'l'impureté enfouie ne perce pas' chez Rabbi Yossi. Un coffre de buffet (compartiment d'armoire) ayant un creux intérieur d'au moins un tefah mais une ouverture vers la maison de moins d'un tefah (voir le schéma) : si l'impureté est dedans, la maison est impure (l'impureté a vocation à sortir) ; si l'impureté est dans la maison, ce qui est dans le coffre reste pur (l'ouverture étroite empêche l'entrée).

15
מפני שדרך טומאה לצאת, ואין דרך טומאה ליכנס.

Parce qu'il est dans la nature de l'impureté de sortir, et qu'il n'est pas dans la nature de l'impureté d'entrer.

💡 Explication

La raison de l'asymétrie (voir le schéma) : l'impureté a vocation à sortir (la maison devient impure quand l'impureté est dans le coffre), mais elle n'a pas vocation à entrer (ce qui est dans le coffre reste pur quand l'impureté est dans la maison). Tel est le principe du Tana premier de cette mishna.

16
ורבי יוסי מטהר, מפני שיכול הוא להוציאה לחצאין, או לשורפה במקומה.

Et Rabbi Yossi déclare pur (metaher), parce qu'il peut la sortir par moitiés (le-hatsaïn), ou la brûler à sa place (bi-mkoma).

📜 Rachi (1)
רבי יוסי מטהר כדמפרש דשמא אין סופה לצאת דרך פתח זה שיהא בה שיעור טומאה שיכול להוציאה לחצאין או לשורפה במקומה:
Rabbi Yossi déclare pur — comme [le texte] l'explique : car peut-être sa fin n'est-elle pas de sortir par cette ouverture avec, en elle, la mesure [requise] d'impureté, [puisqu']il peut la sortir par moitiés ou la brûler à sa place.
🗂️ Tossefot (1)
יכול הוא להוציאה ולשורפה במקומה נראה דמודה רבי יוסי בהא דאמרינן בביצה (דף י.) המת בבית ולו פתחים הרבה כולן טמאים מפני שסוף טומאה לצאת דרך שם דהתם במת שלם דאין דרך לשורפו ולנתחו פחות מכזית:
Il peut la sortir et la brûler à sa place — il apparaît que Rabbi Yossi admet ce que nous disons dans [le traité] Betsa (10a) : le mort [est] dans une maison qui a de nombreuses ouvertures, toutes [sont] impures, parce que la fin de l'impureté [est] de sortir par l'une d'elles ; car là-bas [il s'agit] d'un mort entier (met chalem), qu'il n'est pas d'usage de brûler ni de découper en [morceaux de] moins d'un kazaït.
💡 Explication

Position de Rabbi Yossi : même quand l'impureté est dans le coffre, il déclare la maison pure — car il n'est pas certain que l'impureté sortira par cette ouverture étroite en quantité suffisante : on peut la sortir par moitiés (en morceaux chacun inférieur à la mesure d'impureté) ou la brûler sur place. C'est l'indice que, pour Rabbi Yossi, l'impureté enfouie (qui pourrait ne pas 'sortir') ne perce pas nécessairement.

17
וקתני סיפא: העמידה בפתח, ופתחה לחוץ – טומאה בתוכה, הבית טהור; טומאה בבית, מה שבתוכה טהור.

Et [la mishna] enseigne dans la clause finale (sefa) : [s']il l'a placée dans l'entrée (be-petah) et que son ouverture [est] vers l'extérieur (la-houtz) — [s'il y a de] l'impureté à l'intérieur, la maison [est] pure ; [s'il y a de] l'impureté dans la maison, ce qui [est] à l'intérieur [est] pur.

📜 Rachi (2)
וקתני סיפא העמידה בפתח וכולה בבית אלא שפתחה לחוץ:
Et [la mishna] enseigne dans la clause finale : [s']il l'a placée dans l'entrée — et [que] tout [le buffet est] dans la maison, sauf que son ouverture [est] vers l'extérieur.
טומאה בתוכה הבית טהור דמשום מאי איכא לטמויי הא טומאת אהל ליכא דיש בה פותח טפח ולא טמונה היא ומשום יציאה נמי לא מטמיא דהא אין יציאתה לפנים:
[De] l'impureté à l'intérieur, la maison [est] pure — car, pour quel motif y aurait-il à [la] rendre impure ? il n'y a pas là d'impureté de toit, puisqu'il y a en lui une ouverture d'un tefah, et ce n'est pas [non plus] une [impureté] enfouie ; et au titre de la sortie non plus elle ne rend pas impur, puisque sa sortie n'[est] pas vers l'intérieur.
💡 Explication

Clause finale de la mishna d'Oholot. Si l'on place le buffet dans l'entrée de la maison, son ouverture tournée vers l'extérieur : impureté dedans -> la maison reste pure (l'impureté sortira vers le dehors, non vers la maison) ; impureté dans la maison -> ce qui est dans le coffre reste pur (l'impureté n'entre pas). Cette clause confirme la règle 'l'impureté sort, elle n'entre pas', et donc que Rabbi Yossi tient l'impureté enfouie pour non perçante.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).