Chullin 129a — la chair du membre pendant, l'impureté d'un lieu caché et le principe 'en œuvre de bois il a servi'

Chullin 129a

Sougya : La sougya part d'une difficulté : comment la chair séparée d'un membre pendant reçoit-elle l'impureté, alors que son contact avec la source impure se fait en lieu caché (bet ha-setarim), lequel ne transmet pas l'impureté ? R.

Abba bar Memel y voit Rabbi Meir (pour qui le lieu caché rend impur), mais R. Assi le rejette : R.

Meir distingue selon que l'impureté requiert ou non le hekhcher. Rava dégage alors son grand principe : un aliment dont la fin est de transmettre l'impureté grave est dispensé de hekhcher — mais seulement s'il a servi en tant qu'aliment ; s'il a servi 'en œuvre de bois' (maase etz), il redevient aliment à visage neuf et requiert le hekhcher.

Ce principe éclaire une série de cas (Abaye, Rav Papa, Rav Mattana) où une impureté grave portée par un aliment se révèle d'ordre rabbinique : pain de levain destiné au siège, offrande idolâtre, aliments liés aux vases, graisse de charogne, maison toiturée de graines. La sougya passe enfin à la michna : Rabbi Chimon déclare pur — non la clause finale (impossible) mais la clause initiale du membre pendant dans la bête vivante ; R.

Yo'hanan en donne la raison par le verset 'de tout aliment qui se mange'.

Le principe de Rava : 'quand il a servi, c'est en œuvre de bois qu'il a servi' kachehimech maase etz chimech — l'aliment qui transmettra l'impureté grave dispense de hekhcher (mais seulement s'il a servi COMME aliment) Règle de base (Tana de R. Yichmael, 121a) aliment dont la fin est l'impureté grave -> dispense de hekhcher Réserve de Rava vrai SI l'impureté grave fut transmise EN TANT QU'ALIMENT A servi comme BOIS (non aliment) -> visage neuf : redevient aliment, REQUIERT hekhcher Cas 'maase etz' (impureté rabbinique) - chair sur le membre : a servi à faire 'membre' - pain de levain destiné au siège - offrande idolâtre / aliments liés aux vases - graisse gardienne du rognon / maison toiturée de graines -> ces impuretés sont d'ordre rabbinique A servi comme ALIMENT -> pas de visage neuf : DISPENSE de hekhcher Cas 'aliment' (impureté de la Torah) - charogne d'oiseau pur : transmet l'impureté grave PAR INGESTION (elle a toujours été aliment) -> dispensée de hekhcher de la Torah
Le principe central de Rava (segments 5-12) : 'à servi comme aliment' (dispense de hekhcher, Torah) face à 'a servi comme bois' (requiert hekhcher, impureté rabbinique).
La difficulté initiale : impureté d'un lieu caché (tumat bet ha-setarim) Mère (behema vivante) membre pendant (foetus / membre) point de contact = CACHÉ Question (R. Zera) la chair reçoit l'impureté du membre, mais le contact est en lieu caché -> ne devrait PAS rendre impur Réponse (R. Abba bar Memel) la braita suit Rabbi Meir, pour qui l'impureté d'un lieu caché REND impur (rejetée par R. Assi : R. Meir distingue selon le hekhcher)
La difficulté d'ouverture (segments 0-1) : l'impureté reçue en lieu caché (bet ha-setarim) et la réponse par Rabbi Meir.
Sur quelle clause Rabbi Chimon déclare-t-il pur ? Lecture écartée : sur la clause finale (membre pendant, après mort de la bête) de toute façon, difficulté : - si la mort fait 'chute' -> impur (membre du vif) - si non -> impur (membre de charogne) comment R. Chimon le déclarerait-il pur ? Lecture retenue : sur la clause initiale 'le membre et la chair pendants dans la bête' (bête encore vivante) les Sages : impurs comme aliment (avec hekhcher) R. Chimon : PURS (inaptes à l'impureté d'aliment) raison (R. Yo'hanan) : 'aliment que tu peux donner à manger à autrui' — ce qui tient au vivant en est exclu
Sur quelle clause Rabbi Chimon déclare pur (segments 13-16) : non la clause finale, mais la clause initiale du membre pendant.
1
טומאת בית הסתרים היא, וטומאת בית הסתרים לא מטמיא.

[Pourquoi la chair serait-elle impure ?] C'est une impureté d'un lieu caché (tumat bet ha-setarim), et l'impureté d'un lieu caché ne rend pas impur.

📜 Rachi (1)
טומאת בית הסתרים היא היאך קבל טומאה במחובר והלא מגעו בסתר וקיי"ל בנדה (דף מא:) מקרא דטומאת בית הסתרים לא מטמיא:
C'est une impureté d'un lieu caché — comment a-t-elle reçu l'impureté alors qu'[elle était] attachée ? Or son contact [se fait] en caché, et nous tenons pour établi, dans [le traité] Nidda (41b), d'un verset, que l'impureté d'un lieu caché ne rend pas impur.
🗂️ Tossefot (1)
וטומאת בית הסתרים לא מטמא פירושה בפרק בהמה המקשה (לעיל חולין עב: ד"ה בשעת):
Et l'impureté d'un lieu caché ne rend pas impur — son explication [se trouve] au chapitre Behema Ha-makcha (plus haut, Houlin 72b, au dibour 'be-cheat').
💡 Explication

Suite d'une difficulté (depuis 128b). La chair séparée d'un membre pendant reçoit son impureté du membre, mais le point de contact entre le membre et la chair est caché (bet ha-setarim) et non visible. Or la règle est que le contact avec une source impure en un lieu caché du corps ne transmet pas l'impureté. Comment alors la chair devient-elle impure ?

🖼️ Schéma
La difficulté initiale : impureté d'un lieu caché (tumat bet ha-setarim) Mère (behema vivante) membre pendant (foetus / membre) point de contact = CACHÉ Question (R. Zera) la chair reçoit l'impureté du membre, mais le contact est en lieu caché -> ne devrait PAS rendre impur Réponse (R. Abba bar Memel) la braita suit Rabbi Meir, pour qui l'impureté d'un lieu caché REND impur (rejetée par R. Assi : R. Meir distingue selon le hekhcher)
La difficulté : le contact entre membre et chair est caché (bet ha-setarim), donc ne devrait pas transmettre l'impureté.
2
אמר ליה: אף לדידי קשיא לי, ושאילתיה לרבי אבא בר ממל, ואמר לי: הא מני? רבי מאיר היא, דאמר: טומאת בית הסתרים מטמיא.

Il lui dit : à moi aussi cela faisait difficulté, et je l'ai demandé à Rabbi Abba bar Memel, et il m'a dit : celle-ci [cette braita], de qui [est-elle] ? C'est Rabbi Meir, qui dit : l'impureté d'un lieu caché rend impur.

📜 Rachi (1)
ר"מ היא בבהמה המקשה (לעיל חולין עב.) הוציא עובר את ידו ושחט את אמו ואח"כ חתכו בשר העובר מגע נבילה שקבל טומאה מאבר היוצא שהיה מחובר לו והוא מטמא כאבר מן החי:
C'est Rabbi Meir — dans [le chapitre] Behema Ha-makcha (plus haut, Houlin 72a) : [si] un foetus a sorti sa patte et [que l'on] a abattu sa mère, puis [que] l'on a découpé la chair du foetus — [c'est] un contact de charogne (nevela) qui a reçu l'impureté du membre sorti, lequel était attaché à lui, et il rend impur comme [un] membre [provenant] du vivant (ever min ha-haï).
💡 Explication

R. Assi répond à R. Zera : lui aussi était embarrassé, et il a interrogé R. Abba bar Memel, qui a rattaché la braita à Rabbi Meir — l'opinion selon laquelle l'impureté reçue en un lieu caché rend bel et bien impur.

3
אמר ליה: ולאו זימנין סגיאין אמרה קמאי, ואמרי ליה: שני ליה לרבי מאיר בין טומאה דבעיא הכשר ובין טומאה דלא בעיא הכשר.

Il lui dit : mais ne l'ai-je pas dite de nombreuses fois devant eux [ceux qui enseignaient], et ne leur ai-je pas dit : Rabbi Meir distingue entre une impureté qui requiert le hekhcher (préparation par contact avec un liquide) et une impureté qui ne requiert pas le hekhcher ?

📜 Rachi (2)
א"ל רבי אסי לר' זירא בהא דר' אבא בר ממל לא איכפת לי דהא זימנין סגיאין אמרה להאי טעמא קמאי ואמרי ליה אנא:
Il lui dit — Rabbi Assi a Rabbi Zera : de cette [réponse] de Rabbi Abba bar Memel, je n'ai cure, car de nombreuses fois j'ai énoncé ce raisonnement-ci devant eux et je leur ai dit, moi[-même cette objection].
שני ליה לר"מ בין טומאה דבעיא הכשר כו' ההיא דבהמה המקשה הוכשר העובר בשחיטת אמו ועדיין האבר הטמא מחובר בו וטמאו אבל משנתינו תנן הבשר צריך הכשר וכיון דצריך הכשר לא הוכשר קודם חתיכה והיאך מקבל טומאה מאביו:
Rabbi Meir distingue entre une impureté qui requiert le hekhcher etc. — ce [cas]-là de Behema Ha-makcha : le foetus a été rendu réceptif (hukhchar) par l'abattage de sa mère, et [tandis qu']encore le membre impur lui [était] attaché, il l'a rendu impur ; mais notre michna, nous avons appris [que] la chair requiert le hekhcher, et dès lors qu'elle requiert le hekhcher, [or] elle n'a pas été rendue réceptive avant la découpe — comment recevrait-elle l'impureté de son père [le membre] ?
🗂️ Tossefot (1)
ולא שני ליה לר' מאיר בין טומאה דבעי הכשר כו' הלשון אין מיושב דלא ה"ל למימר טפי אלא הכא לא הוכשר:
Et il ne distingue pas, pour Rabbi Meir, entre une impureté qui requiert le hekhcher etc. — la formulation n'est pas bien posée, car il n'aurait pas fallu dire davantage que : 'ici elle n'a pas été rendue réceptive (lo hukhchar)'.
💡 Explication

R. Assi rejette la réponse de R. Abba bar Memel : elle ne résout pas la braita. Car Rabbi Meir distingue entre une impureté qui requiert le hekhcher (rendre l'aliment réceptif par contact avec un liquide) et une qui n'en requiert pas. Dans le cas de la braita, la chair n'avait pas été rendue réceptive (hekhcher) au moment de sa séparation ; R. Meir concéderait alors que l'impureté d'un lieu caché ne s'applique pas.

4
אמר רבא: ומאי קושיא? דלמא בשהוכשר.

Rava dit : et quelle [est la] difficulté ? Peut-être [parle-t-on] d'un cas où [la chair] a été rendue réceptive (hukhchar) [avant la découpe].

📜 Rachi (1)
בשהוכשר קודם חתיכה קתני הך ברייתא דטמאה:
Ou [la chair] a été rendue réceptive — avant la découpe : c'est [ce cas-là qu']enseigne cette braita qui [la déclare] impure.
💡 Explication

Rava s'étonne de l'objection de R. Assi : il n'y a pas de difficulté. Peut-être la braita parle-t-elle d'un cas où la chair a été rendue réceptive (hukhchar) avant d'être séparée du membre — et alors l'impureté s'applique sans problème.

5
אמר ליה רבה בר רב חנן לרבא: למה לי הכשר, הרי מטמא טומאה חמורה אגב אביו?

Rabba bar Rav Hanan dit à Rava : pourquoi me faut-il le hekhcher ? Or [la chair] transmet une impureté grave en raison de son père [le membre] !

📜 Rachi (1)
הרי מטמא טומאה חמורה אגב אביו בעודו מחובר באבר היה אב הטומאה לטמא אדם וכלים ותנא דבי ר' ישמעאל לעיל בפירקין (חולין דף קכא.) מה זרעים שאין סופן לטמא טומאה חמורה צריך הכשר אף כל שאין סופו לטמא טומאה חמורה צריך הכשר אבל מי שסופו לטמא טומאה חמורה כגון נבלת עוף טהור לא וכ"ש זה שכבר טימא:
Or [elle] transmet une impureté grave en raison de son père — tant qu'elle était attachée au membre, elle était 'père de l'impureté' (av ha-tum'a) pour rendre impurs hommes et vases ; et le Tana de l'école de Rabbi Yichmael a enseigné plus haut, dans notre chapitre (Houlin 121a) : de même que les graines (zera'im), dont la fin n'est pas de transmettre une impureté grave, requièrent le hekhcher, de même tout [aliment] dont la fin n'est pas de transmettre une impureté grave requiert le hekhcher ; mais ce dont la fin est de transmettre une impureté grave — comme la charogne d'un oiseau pur (nivlat of tahor) — non ; et à plus forte raison celui-ci, qui a déjà rendu impur.
🗂️ Tossefot (1)
למה לי הכשר והא מטמא טומאה חמורה אגב אביו תימה אמאי לא פריך למה ליה לאוקומיה כר"מ הא מטמא טומאה חמורה אגב אביו ואין צריך לא הכשר מים ולא הכשר שרץ כדאמר פרק בא סימן (נדה דף נ:):
Pourquoi me faut-il le hekhcher, or [elle] transmet une impureté grave en raison de son père — c'est étonnant : pourquoi n'objecte-t-il pas 'pourquoi l'établir selon Rabbi Meir, or [elle] transmet une impureté grave en raison de son père et ne requiert ni hekhcher d'eau ni hekhcher de [contact avec] un reptile (cherets)', comme il est dit au chapitre Ba Siman (Nidda 50b) ?
💡 Explication

Rabba bar Rav Hanan objecte à Rava : pourquoi exiger le hekhcher ? La chair qui se trouve sur un membre du vivant transmet déjà une impureté grave (qui se communique aux hommes et aux vases) en raison du membre dont elle provient. Or la règle est que tout aliment qui finira par transmettre une impureté grave est dispensé du contact avec un liquide (hekhcher).

6
אמר ליה: כששימש, מעשה עץ שימש.

Il lui dit : quand elle a servi [à transmettre l'impureté grave], c'est en œuvre de bois (maase etz) qu'elle a servi.

📜 Rachi (1)
כששימש אותו שמוש טומאה חמורה לאו בתורת אוכל שמשה שאין האבר מטמא כלום ע"י אותו בשר אלא בתורת עץ שימש שנחשב ונמנה עם הגידין והעצמות ליעשות אבר והן כעץ והשתא אתעביד ליה אוכל ופנים חדשות באו לכאן ולא דמי לנבלת עוף טהור שהיא מטמאה אדם על ידי אכילה:
Quand elle a servi — ce service [d']impureté grave, ce n'est pas à titre d'aliment qu'elle [l']a rendu, car le membre ne rend rien impur par l'intermédiaire de cette chair[-là], mais c'est à titre de bois qu'elle a servi, [en ce] qu'elle était comptée et dénombrée avec les tendons et les os pour devenir 'membre', et ils sont comme du bois ; et maintenant elle est devenue aliment, et un visage neuf (panim hadachot) est arrivé ici. Et [cela] ne ressemble pas à la charogne d'un oiseau pur, qui rend l'homme impur par l'ingestion (akhila).
🗂️ Tossefot (1)
כששימש מעשה עץ שימש פירוש מאותו שם שהיה מטמא טומאה חמורה דהיינו משום אבר מן החי עתה אין אבר מן החי שאין בו אלא בשר ואין קרוי אבר ול"ד לנבלת עוף טהור ופרים הנשרפים שכשטימא טומאה חמורה היה משום שורף פרים והשתא נמי הם פרים וה"פ כששימש מעשה עץ שימש לא מתורת אוכל כמו שהוא עתה אלא מתורת עץ בעלמא וא"ת אע"ג דמעשה עץ שימש ליטמא דנגמר מזרעים שאין סופן לטמא טומאה חמורה בשום ענין וי"ל דזרעים נמי סופן לטמא טומאה חמורה ע"י שמוש עץ כדאמר בסמוך כופת שאור שיחדה לישב עליה בטלה ומטמאה טומאת מדרס:
Quand elle a servi, c'est en œuvre de bois qu'elle a servi — explication : par ce nom-là par lequel elle transmettait l'impureté grave, c'est-à-dire en raison du membre du vivant — [or] maintenant il n'y a plus de membre du vivant, qui n'a en lui que de la chair et n'est pas appelé 'membre' ; et [cela] ne ressemble pas à la charogne d'un oiseau pur ni aux taureaux qui sont brûlés (parim ha-nisrafim), qui, quand ils transmettaient l'impureté grave, [c'était] à titre de 'celui qui brûle les taureaux', et maintenant aussi ce sont [encore] des taureaux. Et voici l'explication : quand elle a servi, c'est en œuvre de bois qu'elle a servi — non à titre d'aliment comme elle l'est maintenant, mais à titre de bois ordinaire. Et si tu objectes : bien que ce soit en œuvre de bois qu'elle ait servi, qu'elle [devienne] impure, car [cela] se déduit des graines, dont la fin n'est en aucune façon de transmettre une impureté grave ! On peut dire : les graines aussi, leur fin est de transmettre une impureté grave par l'intermédiaire d'un service de bois, comme il est dit ci-après : un pain de levain (kofet seor) que l'on a destiné à s'y asseoir est annulé et transmet l'impureté du foulé-aux-pieds (midras).
💡 Explication

Rava répond : la règle de dispense ne vaut que lorsque l'impureté grave fut transmise par l'aliment en tant qu'aliment. Or ici, lorsque la chair faisait partie du membre, elle servait en œuvre de bois (maase etz) : elle avait le statut de chair du membre — nécessaire pour donner au membre le statut de membre du vivant (cf. 128b) — mais elle n'était pas impure à titre d'aliment. Une fois séparée, elle redevient aliment à visage neuf (panim hadachot) et requiert donc le hekhcher.

7
אמר אביי: הרי אמרו כופת שאור שיחדה לישיבה – בטלה.

Abaye dit : voici, ils ont dit : un pain de levain (kofet seor) que l'on a destiné au siège (yechiva) — il est annulé [du statut d'aliment].

📜 Rachi (3)
הרי אמרו בפסחים באלו עוברין (פסחים דף מה:):
Voici, ils ont dit — dans [le traité] Pessahim, au [chapitre] Elou Ovrin (Pessahim 45b).
כופת שאור מוטיי"ל בלע"ז:
Pain de levain (kofet seor) — 'moutil' en langue vernaculaire.
שיחדה לישיבה בטלה מתורת חמץ ואינו עובר עליו בפסח משום שאור לא ימצא בבתיכם אלמא לאו אוכל הוא ונעשית כלי ומטמאה מושב הזב שהרי אין אומרין לו עמוד ונעשה מלאכתנו שהרי יחדה לכך אומר אני דטומאה שאנו מטמאין אותו משום מושב הזב לאו דאורייתא אלא דרבנן היא דאמור רבנן בטלה ונעשת כלי:
Que l'on a destiné au siège, il est annulé — du statut de hamets, et l'on ne transgresse pas à son sujet, à Pessa'h, l'interdit '[du] levain ne se trouvera pas dans vos maisons' ; preuve que ce n'est pas un aliment, et il est devenu un vase (keli) et transmet [l'impureté] du siège du zav, car on ne lui dit pas 'lève-toi que nous fassions notre travail', puisqu'il l'a destiné à cela. Je dis [donc] que l'impureté par laquelle nous le rendons impur à titre de siège du zav n'est pas de la Torah mais d'ordre rabbinique, car les Sages ont dit qu'il est annulé et devenu un vase.
💡 Explication

Abaye rapporte une série de cas illustrant le même raisonnement. Premier cas (Pessahim 45b) : un pain de levain durci (kofet seor) que l'on a destiné à s'y asseoir dessus, et non à être mangé, est annulé de son statut d'aliment. On ne transgresse plus à son sujet l'interdit du levain à Pessa'h, et il devient un siège susceptible de l'impureté du foulé-aux-pieds (midras) si un zav s'y assoit.

8
טומאתה לאו דאורייתא, דאי סלקא דעתך דאורייתא, מצינו לאכלין שמטמאין טומאה חמורה, כששימש – מעשה עץ שימש.

Son impureté n'est pas de la Torah ; car si tu t'imagines [qu'elle est] de la Torah, [alors] nous trouverions des aliments qui transmettent une impureté grave [tout en requérant le hekhcher] ! — Quand il a servi, c'est en œuvre de bois qu'il a servi.

📜 Rachi (2)
דאי ס"ד דאורייתא א"כ מצינו אוכלין שסופן לטמא טומאה חמורה מאחר שירדו לתורת אוכלים ואנן אמרינן מה זרעים שאין סופן לטמא טומאה חמורה כו':
Car si tu t'imagines [qu'elle est] de la Torah — si [c'est] ainsi, nous trouverions des aliments dont la fin est de transmettre une impureté grave, dès lors qu'ils sont descendus dans le statut d'aliments ; or nous disons : de même que les graines, dont la fin n'est pas de transmettre une impureté grave, etc. [requièrent le hekhcher].
ומשני לעולם טומאתם דאורייתא ודקאמרת מצינו לאוכלים שמטמאים כו' כששימש אותו שימוש טומאה חמורה לאו בתורת אוכל שימשה אלא מעשה עץ שימש ע"י מעשה עץ הוא עושה אותה שבטל מתורת אוכל ונעשה עץ:
Et [le Talmud] résout : en réalité leur impureté est de la Torah, et ce que tu disais 'nous trouverions des aliments qui transmettent [une impureté grave]' [se résout par :] quand il a servi ce service [d']impureté grave, ce n'est pas à titre d'aliment qu'il a servi, mais c'est en œuvre de bois qu'il a servi — par une œuvre de bois il le rend [tel], [en ce] qu'il l'a annulé du statut d'aliment et [qu']il est devenu bois.
💡 Explication

Abaye explique : l'impureté du pain-siège est forcément rabbinique. Car si elle était de la Torah, on aurait alors un aliment qui transmet une impureté grave (donc dispensé de hekhcher) — ce qui contredirait la règle, puisque cet aliment requiert pourtant le hekhcher avant son détournement. Réponse (selon le principe de Rava) : l'impureté est bien de la Torah, car quand le levain a servi de siège, il n'était pas aliment mais servait en œuvre de bois.

9
אמר אביי: הרי אמרו תקרובת עבודה זרה של אכלין מטמאין באוהל, טומאתה לאו דאורייתא, דאי סלקא דעתך דאורייתא – מצינו לאכלין שמטמאין טומאה חמורה! כששימש – מעשה עץ שימש.

Abaye dit : voici, ils ont dit : une offrande idolâtre (tikrovet avoda zara) faite d'aliments rend impur sous une tente (be-ohel). Son impureté n'est pas de la Torah ; car si tu t'imagines [qu'elle est] de la Torah, [alors] nous trouverions des aliments qui transmettent une impureté grave ! — Quand il a servi, c'est en œuvre de bois qu'il a servi.

📜 Rachi (3)
הרי אמרו תקרובת עבודת כוכבים של אוכלין מטמא באהל וקאמר אביי אומר אני טומאה זו לאו דאורייתא וקרא אסמכתא בעלמא:
Voici, ils ont dit : une offrande idolâtre faite d'aliments rend impur sous une tente — et Abaye dit : je dis [que] cette impureté-là n'est pas de la Torah, et le verset [n'est qu']un simple appui (asmakhta).
דאי דאורייתא מצינו אוכלין שסופן לטמא אדם:
Car si [c'était] de la Torah — nous trouverions des aliments dont la fin est de rendre l'homme impur.
מעשה עץ שאסורים בהנאה ובטלו מאכילה ונעשו כעצים הנעבדים:
En œuvre de bois — [car] ils sont interdits à tout profit (asurim be-hana'a) et annulés de la consommation, et devenus comme les bois qu'on adore.
🗂️ Tossefot (1)
טומאתה לאו דאורייתא תימה דאי לאו מדאורייתא בטלה אמאי מותר להניחה בביתו:
Son impureté n'est pas de la Torah — c'est étonnant : car si [ce n']est pas de la Torah qu'elle est annulée [de son statut d'aliment], pourquoi est-il permis de la déposer dans sa maison [à Pessa'h, dans le cas du pain de levain] ?
💡 Explication

Deuxième cas : une offrande idolâtre (tikrovet avoda zara) constituée d'aliments transmet l'impureté sous une tente (impureté grave, comme un cadavre). Mêmes deux temps : si c'était de la Torah, on aurait un aliment à impureté grave — impossible ; réponse : ces aliments sont interdits à tout profit, annulés de la consommation, donc devenus comme du bois idolâtre (maase etz).

10
אמר אביי: הרי אמרו חבורי אכלין ככלים דמו, טומאתן לאו דאורייתא, דאי סלקא דעתך דאורייתא – מצינו לאוכל שמטמא טומאה חמורה! כששימש – מעשה עץ שימש.

Abaye dit : voici, ils ont dit : des aliments liés [à des vases] (hibourei okhlin) sont considérés comme les vases. Leur impureté n'est pas de la Torah ; car si tu t'imagines [qu'elle est] de la Torah, [alors] nous trouverions un aliment qui transmet une impureté grave ! — Quand il a servi, c'est en œuvre de bois qu'il a servi.

📜 Rachi (2)
הרי אמרו באלו עוברין (פסחים מה:):
Voici, ils ont dit — au [chapitre] Elou Ovrin (Pessahim 45b).
חבורי אוכלים שבכלים הרי הם ככלים ואם נגעה טומאה באוכל נטמא הכלי דתנן (שם) בצק שבסדקי עריבה לענין הטומאה אם רוצה בקיומו הרי הן כעריבה ואומר אני טומאתו זו שהוא נעשה כלי ואם נגע במת חוזר ומטמא אדם לאו דאורייתא:
Des aliments liés — [à des vases], qui sont [en attache] aux vases, sont considérés comme les vases ; et si une impureté a touché l'aliment, le vase devient impur, car nous avons appris (là-bas) : de la pâte dans les fentes d'un pétrin (avira) — quant à l'impureté, s'il [la] veut maintenir, elle est considérée comme le pétrin. Et je dis [que] cette impureté-là, [par laquelle] elle devient un vase et, si elle a touché un cadavre, revient rendre l'homme impur, n'est pas de la Torah.
💡 Explication

Troisième cas : des aliments liés aux vases (hibourei okhlin) — par exemple de la pâte prise dans les fentes d'un pétrin, que l'on veut y maintenir — sont considérés comme faisant partie du vase. Si une impureté touche cette pâte, le vase devient impur de l'impureté grave (qui se communique aux hommes et aux autres vases). Mêmes deux temps : réponse : la pâte, quand elle servait de liaison au vase, n'était pas aliment mais œuvre de bois.

11
אמר ליה רב פפא לרבא: הא דתניא, חלב נבלה בכפרים צריך מחשבה והכשר, טומאתו אגב כוליא לאו דאורייתא, דאי סלקא דעתך דאורייתא, מצינו לאוכל שמטמא טומאה חמורה!

Rav Papa dit à Rava : ce qui est enseigné [dans une michna] : la graisse de charogne (helev nevela), dans les villages (kefarim), requiert [une] intention (mahshava) et [le] hekhcher — son impureté en raison du rognon (kulya) n'est pas de la Torah ; car si tu t'imagines [qu'elle est] de la Torah, [alors] nous trouverions un aliment qui transmet une impureté grave !

📜 Rachi (4)
חלב נבלה דבהמה טהורה אינו מטמא כנבלה דנפקא לן מיעשה לכל מלאכה ולענין לקבל טומאה מן הנבלה או מן השרץ:
La graisse de charogne — d'une bête pure ne rend pas impur comme [la] charogne, ce que nous déduisons de '[la graisse... pourra être employée] à tout travail' (Lévitique 7:24) ; [il s'agit ici] de [la question de] recevoir l'impureté de la charogne ou du reptile.
כפרים שעמם מועטין וחלב לאו בר אכילה הוא אפילו לעובד כוכבים אלא ע"י דחק:
Dans les villages — dont les gens sont peu nombreux, et [où] la graisse n'est pas chose comestible, même pour un idolâtre, sinon par contrainte (dohek).
צריך מחשבה והוי אוכל וכיון דחלב יורד לתורת אוכל אומר אני טומאתו אגב כוליא מה שהוא מטמא אדם משום מגע נבלה שהוא שומר הכוליא כשהכוליא טמונה בו כדאמר לעיל (חולין דף קכו:) כמה חוטין נמשכים הימנה לאו דאורייתא דאי דאורייתא מצינו דבר שיורד לתורת אוכל כגון חלב שחישב עליו ועדיין הכוליא טמונה בו:
Requiert [une] intention — et [alors] elle devient aliment ; et dès lors que la graisse est descendue dans le statut d'aliment, je dis [que] son impureté en raison du rognon — ce par quoi elle rend l'homme impur à titre de contact de charogne, [en ce] qu'elle est gardienne (chômer) du rognon lorsque le rognon est enfoui en elle, comme il est dit plus haut (Houlin 126b) 'combien de fils s'en étirent' — n'est pas de la Torah ; car si [c'était] de la Torah, nous trouverions une chose qui descend dans le statut d'aliment — telle la graisse sur laquelle on a eu une intention alors que le rognon y est encore enfoui.
מטמא טומאה חמורה ואנן תנן כל שסופו לטמא טומאה חמורה אין צריך הכשר וזה לענין טומאת אוכלין אוכל הוא וקתני צריך הכשר:
Transmet une impureté grave — or nous avons appris [que] tout [aliment] dont la fin est de transmettre une impureté grave ne requiert pas le hekhcher ; et celui-ci, quant à l'impureté d'aliment, [est] un aliment, et il est enseigné [qu']il requiert le hekhcher.
💡 Explication

Quatrième cas (Oktzin 3:3), posé par Rav Papa. La graisse de charogne (helev nevela) d'une bête pure ne transmet pas l'impureté comme la charogne elle-même. Dans les villages (population réduite, où la graisse n'est consommée que par contrainte), elle requiert une intention (mahshava) de la traiter comme aliment, plus le hekhcher. Or cette graisse, gardienne du rognon (kulya), rend l'homme impur par contact de charogne tant que le rognon y est enveloppé. Mêmes deux temps : si c'était de la Torah, on aurait un aliment à impureté grave.

12
כששימש – מעשה עץ שימש.

Quand elle a servi, c'est en œuvre de bois qu'elle a servi.

📜 Rachi (1)
מעשה עץ שימש לאו בתורת אוכל הוא מטמא אלא בתורת שומר לאוכל כעצם וכקרנים וכטלפים:
En œuvre de bois elle a servi — ce n'est pas à titre d'aliment qu'elle rend impur, mais à titre de gardienne (chômer) de l'aliment, comme l'os, les cornes et les sabots.
💡 Explication

Réponse au cas de Rav Papa : la graisse de charogne transmet l'impureté grave de la Torah. Mais quand elle servait au rognon, c'était à titre de gardienne (chômer) de l'aliment — comme un os, des cornes, des sabots — et non à titre d'aliment ; en œuvre de bois elle a servi.

13
אמר רב מתנה: הרי אמרו בית שסככו בזרעים – טהרו. טומאתו לאו דאורייתא, דאי סלקא דעתך דאורייתא – מצינו לזרעים שמטמאין טומאה חמורה! כששימש – מעשה עץ שימש.

Rav Mattana dit : voici, ils ont dit : une maison que l'on a toiturée (sikkekha) avec des graines (zera'im) — elles ont été rendues pures (taharu). Son impureté n'est pas de la Torah ; car si tu t'imagines [qu'elle est] de la Torah, [alors] nous trouverions des graines qui transmettent une impureté grave ! — Quand il a servi, c'est en œuvre de bois qu'il a servi.

📜 Rachi (3)
הרי אמרו בית שסככו בזרעים כלומר הרי הזכירו בית המסוכך בזרעים דהוי בית. ולא ידענא היכן אמרו:
Voici, ils ont dit : une maison que l'on a toiturée avec des graines — c'est-à-dire : voici, ils ont mentionné une maison couverte de graines, qui constitue [bien] une maison. Et je ne sais où ils l'ont dit.
המסכך בזרעים כגון שסיכך ביתו בשבלים ובהם הזרעים וכיון שעשה מהם סכך בטל הזרעים ונעשה אהל חשוב ואם פרחה צרעת באותו בית הרי כל הבית טמא כתליו ואהל שלו לטמא אדם וכלים:
Celui qui toiture avec des graines — par exemple [s']il a toiture sa maison avec des épis dans lesquels [il y a] les graines ; et dès lors qu'il en a fait un toit, les graines sont annulées et il s'est formé une tente (ohel) considérable ; et si la lèpre a fait éruption dans cette maison, voici toute la maison impure — ses murs et sa tente — pour rendre impurs hommes et vases.
טומאתו לאו דאורייתא אותה טומאה שהבית חשוב אהל לטמא אדם לאו דאורייתא היא. ואית דגרסי בית שסיככו בזרעים טהרו כלומר טהרו מטומאת אוכלים ונעשו עץ דבטלו אצל הסיכוך טומאתו לאו דאורייתא כדפרישית:
Son impureté n'est pas de la Torah — cette impureté[-là], [par laquelle] la maison est considérée comme une tente pour rendre l'homme impur, n'est pas de la Torah. Et il en est qui lisent : 'une maison que l'on a toiturée avec des graines — elles ont été rendues pures', c'est-à-dire : elles ont été rendues pures de l'impureté d'aliments et sont devenues bois, car elles sont annulées auprès de la toiture ; son impureté n'est pas de la Torah, comme je l'ai expliqué.
🗂️ Tossefot (1)
בית שסככו בזרעים טהרו מכאן קשה על פירוש רבינו שמואל בפ"ק דסוכה (דף יג:) דאמר ירקות שאדם יוצא בהן ידי חובתו בפסח אין חוצצין בפני הטומאה אבל מביאין הטומאה ופוסלין הסוכה משום אויר פירוש ולא משום סכך פסול דסכך פסול בארבעה ואויר בשלשה ואמר התם מאי טעמא כיון דכי יבשי נפלי כמאן דמפרשי דמו ופירש רבינו שמואל דהא דקאמר מאי טעמא לאו אאין חוצצין בפני הטומאה קאי משום דהוי אוכל ומקבל טומאה ואין חוצץ בפני הטומאה אלא אפוסלים את הסוכה קאי וקשה לפירושו דהכא משמע דבטלי לגבי בית ולא מקבלי טומאה ומיהו יש לומר לפירושו דמילי מילי קתני ואין חוצצין לאו כשסכך בהם קאמר אבל מכל מקום לא היה צריך לפרש כן דאיכא לפרושי כשסיכך בהן ולא מקבלי טומאה והאי דאין חוצצין כדמפרש התם משום דכי יבשי נפלי וכן פירש בקונטרס שם:
Une maison que l'on a toiturée avec des graines — elles ont été rendues pures — de là [il y a] une difficulté contre l'explication de Rabbenou Chmouel, au chapitre premier de Soukka (13b), qui dit [que] des légumes par lesquels un homme s'acquitte [de son obligation] à Pessa'h ne font pas obstacle (en hotsetsin) devant l'impureté, mais introduisent l'impureté et invalident la soukka à cause de [l']'air' (avir) — explication : et non à titre de couverture invalide (sekhakh pasoul), car une couverture invalide [invalide] sur quatre [tefahim] et l'air sur trois ; et il dit là-bas : quelle [en est la] raison ? puisque, lorsqu'ils sèchent, ils tombent, ils sont considérés comme [déjà] séparés (ke-man de-mefarchi) ; et Rabbenou Chmouel a expliqué [que] ce 'quelle raison' ne se rapporte pas à 'ils ne font pas obstacle devant l'impureté' — du fait qu'[ils sont] aliment et reçoivent l'impureté et ne font pas obstacle devant l'impureté — mais se rapporte à 'ils invalident la soukka' ; et [cela] fait difficulté à son explication, car ici il ressort qu'ils sont annulés auprès de la maison et ne reçoivent pas l'impureté. Toutefois on peut dire, selon son explication, que [la michna] enseigne des choses distinctes (mili mili), et 'ils ne font pas obstacle' n'est pas dit [du cas] où il en a toiture [la soukka] ; mais de toute façon il n'avait pas besoin d'expliquer ainsi, car on peut [l']expliquer [du cas] où il en a toiture [la soukka] et [alors] ils ne reçoivent pas l'impureté, et ce 'ils ne font pas obstacle' [s'explique] comme il [l']explique là-bas, parce que, lorsqu'ils sèchent, ils tombent ; et ainsi a-t-il expliqué dans le Commentaire (Kountras) là-bas.
💡 Explication

Cinquième cas, par Rav Mattana : une maison toiturée de graines (sikkekha be-zera'im) — par exemple des épis avec leurs grains. Une fois devenues toit, les graines sont annulées de leur statut d'aliment (et donc rendues pures de l'impureté d'aliment) ; elles font désormais partie de la maison. Si la lèpre (tsaraat) atteint la maison, toute la maison devient impure (murs et tente, rendant hommes et vases impurs). Réponse : ces graines servent en œuvre de bois.

14
רבי שמעון מטהר.

Rabbi Chimon déclare pur.

💡 Explication

Retour à la michna (sur le membre ou la chair pendants d'une bête vivante). Après les Sages et la position de Rabbi Meir (le membre pendant rend impur comme membre du vif, mais non comme charogne), Rabbi Chimon déclare pur. La Guemara va chercher à quelle clause se rapporte cette déclaration.

15
מה נפשך: אי מיתה עושה ניפול – ליטמא משום אבר מן החי, אי אין מיתה עושה ניפול – ליטמא משום אבר מן הנבלה!

[Cela fait difficulté] de toute façon : si la mort fait 'chute' (nipoul) — qu'[il] devienne impur à titre de membre du vivant (ever min ha-haï) ; si la mort ne fait pas 'chute' — qu'[il] devienne impur à titre de membre de charogne (ever min ha-nevela) !

📜 Rachi (1)
אי אין מיתה עושה ניפול והרי נתנבל עמה לטמא משום נבלה:
Si la mort ne fait pas 'chute' — or voici qu'[il] est devenu charogne avec elle [la bête], pour rendre impur à titre de charogne (nevela).
💡 Explication

Difficulté si l'on rapporte 'Rabbi Chimon déclare pur' à la clause finale (membre pendant, après la mort naturelle de la bête). De toute façon : ou bien la mort fait 'tomber' le membre rétroactivement (nipoul) — il est alors impur comme membre du vivant ; ou bien elle ne le fait pas — il est alors impur comme membre de charogne. Comment R. Chimon le déclarerait-il pur ?

🖼️ Schéma
Sur quelle clause Rabbi Chimon déclare-t-il pur ? Lecture écartée : sur la clause finale (membre pendant, après mort de la bête) de toute façon, difficulté : - si la mort fait 'chute' -> impur (membre du vif) - si non -> impur (membre de charogne) comment R. Chimon le déclarerait-il pur ? Lecture retenue : sur la clause initiale 'le membre et la chair pendants dans la bête' (bête encore vivante) les Sages : impurs comme aliment (avec hekhcher) R. Chimon : PURS (inaptes à l'impureté d'aliment) raison (R. Yo'hanan) : 'aliment que tu peux donner à manger à autrui' — ce qui tient au vivant en est exclu
Pourquoi 'Rabbi Chimon déclare pur' ne peut se rapporter à la clause finale, mais à la clause initiale.
16
רבי שמעון ארישא קאי: האבר והבשר המדולדלין בבהמה מטמא טומאת אכלין במקומן, וצריכין הכשר, ורבי שמעון מטהר.

Rabbi Chimon se rapporte à la clause initiale (recha) : le membre et la chair pendants dans la bête transmettent l'impureté d'aliment à leur place [tout en restant attachés], et requièrent le hekhcher ; et Rabbi Chimon déclare pur.

💡 Explication

Réponse : Rabbi Chimon ne répond pas à Rabbi Meir dans la clause finale, mais se rapporte à la clause initiale de la michna : 'le membre et la chair pendants dans la bête [vivante] transmettent l'impureté d'aliment à leur place, tout en restant attachés, et requièrent le hekhcher'. Sur cette clause, R. Chimon déclare pur — pour lui, ce qui tient encore au vivant n'est pas du tout réceptif à l'impureté d'aliment.

17
אמר רבי אסי, אמר רבי יוחנן: מאי טעמא דרבי שמעון? אמר קרא ״מכל האכל אשר יאכל״, אוכל שאתה יכול להאכילו לאחרים – קרוי אוכל, אוכל שאי אתה יכול להאכילו

Rabbi Assi dit, [au nom de] Rabbi Yo'hanan : quelle [est] la raison de Rabbi Chimon ? Le verset dit : 'de tout aliment qui se mange' (Lévitique 11:34) — un aliment que tu peux donner à manger à autrui est appelé aliment ; un aliment que tu ne peux donner à manger [à autrui...].

📜 Rachi (1)
מ"ט דרבי שמעון דמטהר המעורה בבעלי חיים:
Quelle [est] la raison de Rabbi Chimon — qui déclare pur ce qui est attaché (me'ora) à des êtres vivants.
💡 Explication

R. Assi au nom de R. Yo'hanan donne la raison de R. Chimon, tirée du verset 'de tout aliment qui se mange' (Lev 11:34). La répétition 'aliment qui se mange' enseigne que seul est appelé aliment (réceptif à l'impureté) ce que tu peux donner à manger à autrui (y compris à un non-Juif) ; mais ce que tu ne peux donner à manger — comme la chair encore attachée à la bête vivante, qui n'est pas consommable en l'état — n'est pas appelé aliment. [La phrase se poursuit au daf suivant.]

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).