Chullin 12b — qui peut abattre, l'intention dans l'abattage, et acte vs pensée du mineur

Chullin 12b

Sougya : La contradiction entre les deux propos de Rabbi est résolue : il ne donne pas son propre avis mais précise sur quoi chacun concède (Rabbi Hanina concède l'interdit dans un tas d'ordures au marché ; Rabbi Yehouda concède la permission dans la maison) ; leur seul désaccord porte sur le tas d'ordures domestique. La michna exclut de l'abattage le sourd-muet, l'imbécile et le mineur 'de peur qu'ils ne gâchent' — Rava en déduit qu'on ne leur confie pas même une bête profane à abattre a priori.

Mais [s']ils ont abattu sous la surveillance d'autrui, leur abattage est valable : quel Tana n'exige pas d'intention (kavana) pour l'abattage ? Rava répond : Rabbi Natan, qui valide un couteau lancé qui abat dans les règles, et dont la halakha est tranchée comme lui.

Enfin, Rabbi Yo'hanan s'interroge : un mineur a-t-il une 'pensée' effective ? Rabbi Ami objecte qu'il devrait aussi s'interroger sur l'acte, et qu'il pourrait résoudre les deux à partir de la michna [de l'akron et de la grenade], où un mineur a [un] acte effectif mais pas [de] pensée.

Sourd-muet, imbécile, mineur (cheresh / shoteh / katan) et l'abattage A priori (lechatchila) on ne leur confie PAS de bête à abattre (même profane, même surveillés) de peur qu'ils ne gâchent l'abattage A posteriori (be-diavad) [s']ils ont abattu sous la surveillance d'autrui : leur abattage est VALABLE Pourquoi valable ? On n'exige PAS d'intention (kavana) pour l'abattage. Tana : Rabbi Natan — un couteau lancé qui abat dans les règles est valide (les Sages, eux, invalident sans intention).
Le sourd-muet, l'imbécile et le mineur à l'abattage (segments 1-3).
1
הָכִי קָאָמַר: נִרְאִין דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה לְרַבִּי חֲנִינָא בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי בְּאַשְׁפָּה שֶׁבַּשּׁוּק, שֶׁאַף רַבִּי חֲנִינָא בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי לֹא נֶחְלַק עָלָיו אֶלָּא בְּאַשְׁפָּה שֶׁבַּבַּיִת, אֲבָל בְּאַשְׁפָּה שֶׁבַּשּׁוּק מוֹדֵי לֵיהּ, וְנִרְאִין כו׳.

Voici ce qu'il dit (hachi kaamar) : les paroles de Rabbi Yehouda paraissent [justes] à Rabbi Hanina fils de Rabbi Yossi le Galiléen [dans le cas d']un tas d'ordures qui [est] au marché — car même Rabbi Hanina fils de Rabbi Yossi le Galiléen ne diverge de lui que [dans le cas d']un tas d'ordures qui [est] dans la maison, mais [dans le cas d']un tas d'ordures qui [est] au marché, il lui concède ; et les paroles [de Rabbi Hanina paraissent justes à Rabbi Yehouda dans la maison]...

📜 Rachi (1)
הָכִי קָאָמַר הַאי נִרְאִין דְּקָאָמַר לֹא סְבָרָא דִּידֵיהּ הוּא דְּאַשְׁמְעִינַן וְלֹא רוֹאֶה אֲנִי קָאָמַר אֶלָּא פְּלֻוגְתַּייְהוּ קמ"ל בְּמַאי פְּלִיגִי וְהָכִי קָאָמַר נִרְאִין דִּבְרֵי ר' יְהוּדָה הָאוֹסֵר אֲפִילּוּ לְר' חֲנִינָא כְּשֶׁמְּצָאָן בָּאַשְׁפָּה שֶׁבַּשּׁוּק דְּמוֹדֵי רַבִּי חֲנִינָא דַּאֲסִירִי וְדִבְרֵי רַבִּי חֲנִינָא כו' כְּלוֹמַר שֶׁאַף רַבִּי חֲנִינָא הַמַּתִּיר אֵינוֹ אֶלָּא כְּשֶׁמְּצָאָן בָּאַשְׁפָּה שֶׁבַּבַּיִת וּבָהּ חוֹלְקִין אֲבָל בָּאַשְׁפָּה שֶׁבַּשּׁוּק מוֹדֶה רַבִּי חֲנִינָא וּמִמֵּילָא שָׁמְעִינַן מִדְּאוֹקֵי פְּלֻוגְתַּייְהוּ בָּאַשְׁפָּה שֶׁבַּבַּיִת מִכְּלָל שֶׁבַּבַּיִת שָׁרוּ:
Voici ce qu'il dit — ce 'paraissent [justes]' qu'il dit n'est pas [pour] nous enseigner sa propre opinion, et il ne dit pas 'je suis [de l']avis [que]', mais il nous fait connaître leur divergence, [à savoir] sur quoi ils divergent. Et voici ce qu'il dit : les paroles de Rabbi Yehouda, qui interdit, paraissent [justes] même à Rabbi Hanina lorsqu'il les a trouvés dans un tas d'ordures qui est au marché, car Rabbi Hanina concède qu'[ils sont] interdits ; et les paroles de Rabbi Hanina, etc. — c'est-à-dire que même Rabbi Hanina, qui permet, [ne permet] que lorsqu'il les a trouvés dans un tas d'ordures qui est dans la maison, et c'est là qu'ils divergent ; mais [dans] un tas d'ordures qui est au marché, Rabbi Hanina concède. Et de soi-même nous apprenons, du fait qu'il a établi leur divergence dans un tas d'ordures qui est dans la maison, qu'a fortiori [dans] la maison [même] ils permettent.
💡 Explication

Résolution de la contradiction (12a) : 'hachi kaamar' — Rabbi ne donne pas son propre avis mais précise sur quoi chacun concède : les paroles de R. Yehouda (interdire) paraissent justes même à R. Hanina dans le tas d'ordures au marché (R. Hanina y concède) ; et celles de R. Hanina (permettre) paraissent justes même à R. Yehouda dans la maison. Le désaccord ne subsiste que pour le tas d'ordures domestique.

2
חוּץ מֵחֵרֵשׁ שׁוֹטֶה וְקָטָן, שֶׁמָּא יְקַלְקְלוּ אֶת שְׁחִיטָתָן. ״שֶׁמָּא קִלְקְלוּ״ לָא קָתָנֵי, אֶלָּא ״שֶׁמָּא יְקַלְקְלוּ״. אָמַר רָבָא: זֹאת אוֹמֶרֶת אֵין מוֹסְרִין לָהֶן חֻולִּין לְכַתְּחִלָּה.

[La michna a dit :] 'sauf un sourd-muet, un imbécile et un mineur, de peur qu'ils ne gâchent leur abattage'. On n'enseigne pas 'de peur qu'ils [n']aient gâché', mais 'de peur qu'ils ne gâchent'.

Rava dit : cela [vient] dire qu'on ne leur remet pas [d'animaux] profanes (houlin) a priori (lechathila).

📜 Rachi (3)
שֶׁמָּא קִלְקְלוּ לָא קָתָנֵי ואע"ג דִּבְדִיעֲבַד קָמַייְרֵי כִּדְקָתָנֵי וּשְׁחִיטָתָן כְּשֵׁרָה חוּץ מֵחֵרֵשׁ שׁוֹטֶה וְקָטָן:
On n'enseigne pas 'de peur qu'ils [n']aient gâché' — et bien qu'on traite [aussi] du [cas] a posteriori (be-diavad), comme on enseigne 'et leur abattage [est] valable', [le cas] 'sauf un sourd-muet, un imbécile et un mineur' [reste interdit à priori].
אֶלָּא שֶׁמָּא יְקַלְקְלוּ דְּמַשְׁמַע דְּמוֹעֲדִים הֵם לְקַלְקֵל:
Mais 'de peur qu'ils ne gâchent' — ce qui implique qu'ils sont enclins (mou'adim) à gâcher.
זֹאת אוֹמֶרֶת אֵין מוֹסְרִין לָהֶם חֻולִּין כְּלוֹמַר אַפֵּי' חֻולִּין לְכַתְּחִלָּה וַאֲפִילּוּ אֲחֵרִים עוֹמְדִים עַל גַּבָּן:
Cela [vient] dire qu'on ne leur remet pas [d'animaux] profanes — c'est-à-dire : même [des animaux] profanes, a priori, et même [si] d'autres se tiennent auprès d'eux [pour surveiller].
⚖️ Rosh (1)
שָׁכַח וְלֹא בֵּירֵךְ שְׁחִיטָתוֹ פְּסוּלָה וְכֵן כָּתַב הָרַמְבַּ"ם זַ"ל פ"ד מֹהַל' שְׁחִיטָה ה"ד דְּנָשִׁים וַעֲבָדִים אִם הָיוּ מֻומְחִין שׁוֹחֲטִין: שֶׁמָּא יְקַלְקְלוּ בִּשְׁחִיטָתָן. בַּגְּמָרָא דַּף יב: דִּייֵּק שֶׁמָּא קִלְקְלוּ לָא קָתָנֵי אֶלָּא שֶׁמָּא יְקַלְקְלוּ זֹאת אוֹמֶרֶת אֵין מוֹסְרִין לָהֶן חֻולִּין לְכַתְּחִלָּה. פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י אֲפִילּוּ אֲחֵרִים רוֹאִים אוֹתָם וְקָשֶׁה דְּמִוְּכוֹלָן שֶׁשָּׁחֲטוּ שָׁמְעִינַן דַּוְקָא בְּדִיעֲבַד. וּפֵירֵשׁ ר"ת דְּאֵין מוֹסְרִין לָהֶן חֻולִּין אֲפִילּוּ לְהַשְׁלִיכוֹ לִכְלָבִים דִּילְמָא אָתֵי לְמֵיכַל מִשְּׁחִיטָתָם שֶׁיִּטְעוּ לוֹמַר כְּשֵׁירָה הִיא מִתּוֹךְ שֶׁמּוֹסְרִין לָהֶן לִשְׁחֹוט כִּדְפָטְרִינַן לְקַמָּן (חֻולִּין דַּף פּוֹ.) שְׁחִיטָתָן מִכִּסּוּי דִּילְמָא אָתֵי לְמֵימַר שְׁחִיטָה מְעַלְּיָא הוּא:
[Si] on a oublié et [qu']on n'a pas béni [avant l'abattage], son abattage (chehita) est invalide (pessoula). Et ainsi a écrit le Rambam, de mémoire bénie, chapitre 4 des Hilkhot Chehita, halakha 4 : les femmes et les esclaves, s'ils étaient experts (moumhin), abattent. 'De peur qu'ils ne gâchent leur abattage' — dans la Guemara, feuillet 12b, on infère : on n'enseigne pas 'de peur qu'ils [n']aient gâché', mais 'de peur qu'ils ne gâchent' — cela [vient] dire qu'on ne leur remet pas [d'animaux] profanes (houlin) a priori (lechatchila). Rachi a expliqué : même [si] d'autres les voient. Et [cela] fait difficulté, car du [terme] 'et tous, [s']ils ont abattu', nous apprenons [qu'il ne s'agit] précisément [que] du [cas] a posteriori (be-diavad). Et Rabbenou Tam a expliqué : on ne leur remet pas [d'animaux] profanes, même pour le[s] jeter aux chiens — de peur qu'on ne vienne à manger de leur abattage, [les gens] se trompant à dire qu'il est kacher, du fait qu'on leur remet [des bêtes] à abattre ; comme nous [les] exemptons plus loin (Houlin 86a) de leur abattage [l'obligation] du recouvrement [du sang] (kissui) — de peur qu'on ne vienne à dire que [c'est] un abattage supérieur (valable).
💡 Explication

La michna (suite) : tous peuvent abattre sauf un sourd-muet, un imbécile et un mineur (cheresh, shoteh, katan), 'de peur qu'ils ne gâchent' leur abattage. On dit 'ne gâchent' (futur), non 'n'aient gâché' (passé). Rava en déduit : on ne leur confie pas même une bête profane à abattre d'emblée (lechathila) — même sous supervision.

3
וְכֻולָּן שֶׁשָּׁחֲטוּ וַאֲחֵרִים רוֹאִים אוֹתָם, שְׁחִיטָתָן כְּשֵׁרָה. מַאן תְּנָא דְּלָא בָּעֵינַן כַּוָּונָה לִשְׁחִיטָה?

[La michna a dit :] 'et tous, [s']ils ont abattu et que d'autres les voient, leur abattage [est] valable'. Quel Tana [enseigne] qu'on n'exige pas d'intention pour l'abattage (lo ba'inan kavana le-chehita) ?

📜 Rachi (1)
מַאן תְּנָא דְּלָא בָּעֵינַן כַּוָּונָה לִשְׁחִיטָה דְּהָא חֵרֵשׁ שׁוֹטֶה וְקָטָן לַחֲתִיכָה בְּעָלְמָא מְכַוְּונִי וְאֵין לָהֶם דַּעַת לְהִתְכַּוֵּין לִשְׁחִיטָה וְקָתָנֵי וְכֻולָּן שֶׁשָּׁחֲטוּ וְכוּ' דְּקָאֵי נָמֵי אַחֵרֵשׁ שׁוֹטֶה וְקָטָן. וְהָא דְּפָרְכִינַן בְּרֵישׁ פִּירְקִין (חֻולִּין דַּף ב:) אִי נֵימָא אַחֵרֵשׁ שׁוֹטֶה וְקָטָן עֲלַהּ קָאֵי וְאִם שָׁחֲטוּ מִבְּעֵי לֵיהּ הָכִי פָּרְכִינַן אִי נֵימָא אַחֵרֵשׁ שׁוֹטֶה וְקָטָן לְחוּדֵיהּ קָאֵי עֲלָהּ קָאֵי מִינֵּיהּ קָא סָלֵיק וְאִם שָׁחֲטוּ מִיבְּעֵי לֵיהּ:
Quel Tana [enseigne] qu'on n'exige pas d'intention pour l'abattage — car un sourd-muet, un imbécile et un mineur ont [bien] l'intention de couper [quelque chose] en général, mais n'ont pas le discernement de s'intentionner à l'abattage ; et l'on enseigne 'et tous, [s']ils ont abattu, etc.', ce qui se rapporte aussi au sourd-muet, à l'imbécile et au mineur. Et ce que nous objections au début du chapitre (Houlin 2b) 'si l'on dit [que cela] se rapporte au sourd-muet, à l'imbécile et au mineur, il aurait fallu [dire] 'et s'ils ont abattu' [au lieu de 'tous']' — voici ce que nous objections : si l'on dit [que cela] se rapporte au sourd-muet, à l'imbécile et au mineur seuls, [le fait que] cela s'y rapporte [signifierait que] c'est d'eux que [le Tana] part, [et alors] il aurait fallu [dire] 'et s'ils ont abattu'.
🗂️ Tossefot (1)
מַאן תְּנָא דְּלָא בָּעֵינַן כַּוָּונָה לִשְׁחִיטָה תֵּימַהּ דְּמַשְׁמַע הָכָא דְּחֵרֵשׁ שׁוֹטֶה וְקָטָן לָאו בְּנֵי כַּוָּונָה נִינְהוּ אֲפִילּוּ אֲחֵרִים עוֹמְדִים עַל גַּבָּן וּבְסוֹף פּ"ב דְּגִיטִּין (דַּף כב:) תְּנַן הַכֹּל כְּשֵׁרִים לִכְתֹּוב אֶת הַגֵּט אַפֵּי' חֵרֵשׁ שׁוֹטֶה וְקָטָן וּפָרִיךְ בַּגְּמָרָא וַהֲלֹא לָאו בְּנֵי דֵּעָה נִינְהוּ וּמְשַׁנֵּי שֶׁגָּדוֹל עוֹמֵד ע"ג אַלְמָא בְּנֵי כַּוָּונָה לִשְׁמָהּ נִינְהוּ כְּשֶׁגָּדוֹל עוֹמֵד ע"ג וי"ל בְּגָדוֹל עוֹמֵד ע"ג הַייְנוּ שֶׁמְּלַמְּדִין אוֹתָם וּמַזְהִירִין אוֹתָם לַעֲשׂוֹת לִשְׁמָהּ אֲבָל הָכָא אֲחֵרִים רוֹאִים אוֹתָם בְּעָלְמָא קָאָמַר אע"ג דִּבְרֵישׁ פִּירְקִין (לְעֵיל חֻולִּין דַּף ג.) קָרֵי לַאֲחֵרִים רוֹאִין אוֹתוֹ גָּדוֹל עוֹמֵד עַל גַּבָּיו וא"ת דִּבְפֶ' מִצְוַת חֲלִיצָה (יְבָמוֹת קד:) אָמַר הַחֵרֵשׁ שֶׁנֶּחְלַץ וְהַחֵרֶשֶׁת שֶׁחָלְצָה וְהַחוֹלֶצֶת מִן הַקָּטָן חֲלִיצָתָהּ פְּסוּלָה וּמְפָרֵשׁ הָתָם חֵרֵשׁ וְחֵרֶשֶׁת מִשּׁוּם דְּלָאו בְּנֵי קַרְיָיה נִינְהוּ וְקָטָן מִשּׁוּם דְּאִישׁ כְּתִיב בַּפָּרָשָׁה וְהַשְׁתָּא תִּיפּוֹק לֵיהּ דְּבָעֵינַן כַּווָּנָה כִּדְאָמְרִינַן הָתָם (דַּף קו.) דַּחֲלִיצָה פְּסוּלָה עַד שֶׁיְּכַווְּנוּ שְׁנֵיהֶם וי"ל דַּחֲלִיצָה בְּבֵית דִּין הֲוָה כְּגָדוֹל עוֹמֵד עַל גַּבָּיו שֶׁמַּזְהִירִין אוֹתוֹ לַעֲשׂוֹת לִשְׁמָהּ וּמִיהוּ קָשֶׁה מִדְּתַנְיָא בַּתּוֹסֶפְתָּא דְּשׁוֹטֶה לָאו בַּר חֲלִיצָה הוּא וְאִי חֲשִׁיבִי ב"ד כְּמוֹ גָּדוֹל עוֹמֵד עַל גַּבָּיו אֲפִילּוּ שׁוֹטֶה נָמֵי כְּמוֹ גַּבֵּי גֵּט וי"ל דִּלְגַבֵּי גֵּט מְהַנֵּי דִּבְגֵט מוֹכְחָא מִילְּתָא טְפֵי דַּעֲבִיד לִשְׁמָהּ כְּשֶׁמַּנִּיחִין לִכְתֹּוב שְׁמוֹ וּשְׁמָהּ וְשֵׁם עִירוֹ וְשֵׁם עִירָהּ הִלְכָּךְ אֲפִילּוּ בְּשׁוֹטֶה מְהַנֵּי כְּשֶׁגָּדוֹל עוֹמֵד עַל גַּבָּיו:
Quel Tana [enseigne] qu'on n'exige pas d'intention pour l'abattage — c'est étonnant, car il ressort ici qu'un sourd-muet, un imbécile et un mineur ne sont pas aptes à l'intention, même [si] d'autres se tiennent auprès d'eux ; or à la fin du deuxième chapitre de Guittin (22b) nous avons appris : 'tous sont aptes à écrire l'acte [de divorce], même un sourd-muet, un imbécile et un mineur', et la Guemara objecte 'mais ne sont-ils pas inaptes au discernement ?' et l'on répond '[le cas] où un adulte se tient auprès d'eux' — preuve qu'ils sont aptes à l'intention 'au nom de' (lichma) lorsqu'un adulte se tient auprès d'eux ! On peut répondre : 'un adulte se tient auprès' [signifie] là qu'on les instruit et qu'on les avertit d'agir 'au nom de' ; mais ici 'd'autres les voient' [signifie] simplement [qu'ils observent], bien qu'au début du chapitre (Houlin 3a) on appelle 'd'autres le voient' [un cas d']'adulte se tenant auprès de lui'. Et si tu objectes : au chapitre 'Mitsvat halitsa' (Yevamot 104b) on dit 'le sourd-muet qui a fait la halitsa, la sourde-muette qui a fait la halitsa, et celle qui fait la halitsa avec un mineur — sa halitsa est invalide', et on [l']explique : sourd-muet et sourde-muette parce qu'ils ne sont pas aptes à la lecture, et mineur parce que 'homme (ich)' est écrit dans la section — or qu'il [le] déduise [plutôt du fait] que nous exigeons l'intention, comme on dit (106à) que la halitsa est invalide tant que les deux ne s'intentionnent pas ! On peut répondre : la halitsa [se fait] au tribunal, ce qui est comme 'un adulte se tient auprès de lui', [puisqu']on l'avertit d'agir 'au nom de'. Toutefois, il est difficile, d'après ce qui est enseigné dans la Tossefta, qu'un imbécile n'est pas apte à la halitsa — et si le tribunal est considéré comme 'un adulte se tenant auprès', même un imbécile [devrait être apte] aussi, comme pour l'acte [de divorce] ! On peut répondre : pour l'acte [de divorce] cela vaut, car la chose y est plus manifeste [qu'il agit] 'au nom de', lorsqu'on [le] laisse écrire son nom (à lui), son nom (à elle), le nom de sa ville (à lui) et le nom de sa ville (à elle) ; c'est pourquoi, même pour un imbécile, cela vaut lorsqu'un adulte se tient auprès de lui.
⚖️ Rosh (1)
ת"ר הֲרֵי שֶׁאָבְדוּ לוֹ גְּדָיָיו וְתַרְנְגוֹלָיו וְהָלַךְ וּמְצָאָן שְׁחוּטִין רַבִּי יְהוּדָה אוֹסֵר. ר' חֲנִינָא בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי מַתִּיר. וּבַתּוֹסֶפְתָּא קָתָנֵי הֲרֵי שֶׁאָבְדוּ אוֹ שֶׁנִּגְנְבוּ. ואע"ג דְּגָנַב. לָא חֲשִׁיד לְמֵיכַל אִיסּוּרָא וּמַסִּיק דְּכֻולֵּי עָלְמָא רֹוב מְצוּיִין אֵצֶל שְׁחִיטָה מֻומְחִין הֵן. וּבְבַיִת דְּכֻולֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דִּשְׁרֵי. בָּאַשְׁפָּה שֶׁבַּשּׁוּק דכ"ע לָא פְלִיגִי דְּאָסוּר. כִּי פְּלִיגִי בְּאַשְׁפָּה שֶׁבַּבַּיִת מָר סָבַר אָדָם עָשׂוּי לְהַטִּיל נִבְלָתוֹ בְּאַשְׁפָּה שֶׁבַּבַּיִת וּמַר סָבַר אֵין אָדָם עָשׂוּי לְהַטִּיל נִבְלָתוֹ בְּאַשְׁפָּה שֶׁבַּבַּיִת. וּבְפֶרֶק אֵלּוּ מְצִיאוֹת (בָּבָא מְצִיעָא דַּף כֹּד:) מוּכָח דִּפְלִיגִי נָמֵי בַּשּׁוּק בְּלֹא אַשְׁפָּה. וַהֲלָכָה כְּרַבִּי חֲנִינָא בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי. דְּאָמַר הָתָם רַבִּי חֲנִינָא מָצָא גְּדִי שָׁחוּט בֵּין טְבֶרְיָא לְצִפּוֹרִי וְהִתִּירוּ לוֹ מִשּׁוּם שְׁחִיטָה כְּרַבִּי חֲנִינָא בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי דְּתַנְיָא הֲרֵי שֶׁאָבְדוּ גְּדָיָיו וְכוּ' וּמוּקֵי לָהּ בְּרוֹב יִשְׂרָאֵל אוֹ בְּרוֹב עוֹבְדֵי כּוֹכָבִים וְרֹוב טַבָּחֵי יִשְׂרָאֵל וְהַהוּא דְּאָבְדוּ לוֹ גְּדָיָיו מַיְירֵי דְּרֹוב גַּנָּבֵי הָעִיר יִשְׂרָאֵל נִינְהוּ: וְכֻולָּן שֶׁשָּׁחֲטוּ וַאֲחֵרִים רוֹאִין אוֹתָן וְכוּ' מַאן תְּנָא דְּלָא בָּעֵינַן כַּוָּונָה לִשְׁחִיטָה אָמַר רָבָא ר' נָתָן הִיא דְּתָנֵי אוֹשַׁעְיָא זְעֵירָא דְּמִן חַבְרַיָּא זָרַק סַכִּין לְנָעֳצָהּ בַּכֹּותֶל וְהָלְכָה וְשָׁחֲטָה כְּדַרְכָּהּ רַבִּי נָתָן מַכְשִׁיר וַחֲכָמִים פּוֹסְלִין. הוּא תָּנֵי לַהּ וְהוּא אָמַר לַהּ הֲלָכָה כְּר' נָתָן. וְדַוְקָא שֶׁזֹּרְקָה אוֹ הִפִּילָה. אֲבָל נָפְלָה וּשְׁחָטָהּ כְּדַרְכָּהּ פְּסוּלָה דִּזְבִיחָה מִכֹּחַ גַּבְרָא בָּעֵינַן:
Nos Maîtres ont enseigné (tanou rabbanan) : celui à qui ont été perdus ses chevreaux et ses poules, et qui est allé et les a trouvés abattus — Rabbi Yehouda interdit, Rabbi Hanina fils de Rabbi Yossi le Galiléen permet. Et dans la Tossefta on enseigne : celui à qui ont été perdus ou volés [ses bêtes]. Et bien qu'[il y ait eu] vol, [le voleur] n'est pas soupçonné de manger [de l']interdit. Et [la Guemara] conclut que, de l'avis de tous, la majorité de ceux qui fréquentent l'abattage sont experts (moumhin). Et [dans le cas d']une maison, de l'avis de tous [les Sages] ne divergent pas [: c'est] permis. [Dans un cas de] tas d'ordures qui [est] au marché, de l'avis de tous ils ne divergent pas [: c'est] interdit. Lorsqu'ils divergent, [c'est dans le cas d']un tas d'ordures qui [est] dans la maison : un Maître tient qu'un homme est enclin à jeter sa charogne (nevela) dans le tas d'ordures qui [est] dans la maison, et [l'autre] Maître tient qu'un homme n'est pas enclin à jeter sa charogne dans le tas d'ordures qui [est] dans la maison. Et au chapitre 'Elou metsiot' (Bava Metsia, feuillet 24b) il est prouvé qu'ils divergent aussi [pour un cas] au marché sans tas d'ordures. Et la halakha [est] comme Rabbi Hanina fils de Rabbi Yossi le Galiléen, car on dit là-bas : Rabbi Hanina trouva un chevreau abattu entre Tibériade et Sepphoris, et on le lui permit au titre de l'abattage, comme Rabbi Hanina fils de Rabbi Yossi le Galiléen, ainsi qu'il est enseigné : 'celui à qui ont été perdus ses chevreaux, etc.', et on l'établit [dans le cas d'une localité où il y a] majorité d'Israël, où [dans le cas d'une] majorité de païens [mais avec] majorité de bouchers d'Israël ; et ce [cas] de 'celui à qui ont été perdus ses chevreaux' traite [d'une localité] où la majorité des voleurs de la ville sont d'Israël. 'Et tous, [s']ils ont abattu et que d'autres les voient, etc.' — quel Tana [enseigne] qu'on n'exige pas d'intention (kavana) pour l'abattage ? Rava dit : c'est Rabbi Natan, car Ochaya le Jeune, du [groupe] des compagnons (chavraya), enseigne : [si] on a lancé un couteau pour le ficher dans le mur, et qu'il est allé abattre [une bête] selon [la manière] habituelle — Rabbi Natan valide, et les Sages invalident. Lui [même] l'enseigne, et lui [même] dit à son sujet : la halakha [est] comme Rabbi Natan. Et [c'est] précisément [dans le cas] où il l'a lancé ou fait tomber [le couteau] ; mais [si] il est tombé [de lui-même] et [qu']il a abattu selon [la manière] habituelle, [l'abattage est] passoul (invalide), car nous exigeons un abattage [issu] de la force d'un homme (koach gavra).
💡 Explication

La michna : 'tous, s'ils ont abattu sous la surveillance d'autrui, leur abattage est valable' (y compris cheresh/shoteh/katan, qui n'ont pas d'intention valable). La Guemara : quel Tana tient qu'on n'exige pas d'intention (kavana) pour l'abattage ?

4
אָמַר רָבָא: רַבִּי נָתָן הִיא, דְּתָנֵי אוֹשַׁעְיָא זְעֵירָא דְּמִן חַבְרַיָּא: זָרַק סַכִּין לְנָועֳצָהּ בַּכֹּותֶל, וְהָלְכָה וּשְׁחָטָהּ כְּדַרְכָּהּ – רַבִּי נָתָן מַכְשִׁיר, וַחֲכָמִים פּוֹסְלִין. הוּא תָּנֵי לָהּ, וְהוּא אָמַר לָהּ: הֲלָכָה כְּרַבִּי נָתָן.

Rava dit : c'est Rabbi Natan, car Ochaya le Jeune, du [groupe] des compagnons (chavraya), enseigne : [si] on a lancé un couteau pour le ficher dans le mur, et qu'il est allé abattre [une bête] selon [la manière] habituelle — Rabbi Natan valide, et les Sages invalident. Lui [Ochaya] l'enseigne, et lui [même] dit à son sujet : la halakha [est] comme Rabbi Natan.

📜 Rachi (4)
דְּמִן חַבְרַיָּא בְּנֵי הַיְּשִׁיבָה:
Du [groupe] des compagnons — les [membres] de la maison d'étude (yechiva).
כְּדַרְכָּהּ כַּהֹוגֶן:
Selon [la manière] habituelle — convenablement.
הוּא תָּנֵי לָהּ דְּאַשְׁכַּח מַתְנִיתָא וּגְרָסָהּ:
Lui l'enseigne — car il a trouvé cette braita et l'a apprise (transmise).
וְהוּא אָמַר לַהּ הֲלָכָה כְּרַבִּי נָתָן הוּא אָמַר לָהּ מִדַּעְתּוֹ שֶׁהֲלָכָה כְּרַבִּי נָתָן:
Et lui [même] dit à son sujet : la halakha [est] comme Rabbi Natan — il [le] dit de sa propre [autorité], que la halakha [est] comme Rabbi Natan.
🗂️ Tossefot (2)
דְּמִן חַבְרַיָּא שֵׁם מָקוֹם כִּדְאָמְרִינַן בִּבְרֵאשִׁית רַבָּה אֲבִימִי חַבְרַיָּא מְבַקֵּר בָּיְשַׁיָּא הֲוָה:
Du [groupe] des compagnons (de-min chavraya) — [c'est] un nom de lieu, comme nous disons dans Berechit Rabba 'Avimi de Chavraya était visiteur des malades'.
זָרַק סַכִּין לְנָועֳצָהּ בַּכֹּותֶל הָא חֲשִׁיב מִתְכַּוֵּין לַחֲתִיכָה כִּדְמוֹכַח לְקַמָּן בְּפ"ב (חֻולִּין דַּף לא.) גַּבֵּי נָפְלָה סַכִּין וּשְׁחָטָהּ וּנְקַט לִרְבוּתָא דְּרַבָּנָן דאע"ג דְּמִתְכַּוֵּין לַחֲתִיכָה פָּסְלִי עַד שֶׁיִּתְכַּוֵּין לַחֲתִיכַת סִימָנִין אֲבָל רַבִּי נָתָן מַכְשִׁיר אֲפִילּוּ לֹא מִתְכַּוֵּין לַחֲתִיכָה כְּגוֹן הִפִּיל אֶת הַסַּכִּין וְשָׁחַט כִּדְמוֹכַח לְקַמָּן בְּפ"ב (שָׁם):
[Si] on a lancé un couteau pour le ficher dans le mur — ceci est considéré comme [un cas où] il s'intentionne à [la] coupe, comme il ressort plus loin au deuxième chapitre (Houlin 31a) à propos de 'le couteau est tombé et a abattu' ; et on [l']a pris [ainsi] pour [montrer] le surcroît [d'exigence] des Sages, qui — bien qu'il s'intentionne à [la] coupe — invalident tant qu'il ne s'intentionne pas à la coupe des simanim ; mais Rabbi Natan valide même [s']il ne s'intentionne pas à [la] coupe, par exemple [s']il a [laissé] tomber le couteau et [qu']il a abattu, comme il ressort plus loin au deuxième chapitre (ibid.).
💡 Explication

Rava : c'est R. Natan, d'après une braita enseignée par Ochaya le Jeune : on lance un couteau pour le ficher dans le mur, et il abat une bête au passage, dans les règles — R. Natan valide (pas d'intention requise), les Sages invalident. Ochaya enseigne la braita et tranche lui-même : halakha comme R. Natan.

5
וְהָא בָּעֵינַן מוֹלִיךְ וּמֵבִיא? שֶׁהָלְכָה וּבָאָה כְּדַרְכָּהּ.

Mais n'exigeons-nous pas 'mener et ramener' (molich u-meivi) ? [Le cas] où il est allé et revenu selon [la manière] habituelle.

📜 Rachi (2)
וְהָא בָּעֵינַן מוֹלִיךְ וּמֵבִיא כְּדִתְנַן בְּפֶרֶק שֵׁנִי (לְקַמָּן חֻולִּין ל:):
Mais n'exigeons-nous pas 'mener et ramener' — comme nous avons appris au deuxième chapitre (Houlin 30b).
שֶׁהָלְכָה וּבָאָה כְּדַרְכָּהּ שֶׁחֲתָכָהּ בַּהֲלִיכָתוֹ וְהִכְּתָה בַּכֹּותֶל וְחָזַר וְחָתְכָה. וְהוּא הַדִּין נַמֵּי דְּמָצֵי לְתָרוֹצֵי בְּסַכִּין שֶׁיֵּשׁ בּוֹ חוּץ לַצַּוָּאר כִּמְלֹא צַוָּאר דְּסַגִּי לֵיהּ בַּהֲלִיכָתוֹ לְחֻודָּא כְּדִלְקַמָּן (חֻולִּין דַּף ל:) אֶלָּא בְּכָל דְּהוּ מַהְדַּר לְאוֹקוֹמֵי אֲפִילּוּ בְּאִיזְמֵל:
[Le cas] où il est allé et revenu selon [la manière] habituelle — qu'il a coupé à l'aller, à frappé le mur et est revenu couper. Et il en va de même [qu']on aurait pu répondre [avec] un couteau ayant, au-delà [de la largeur] du cou, [une longueur] aussi grande qu'un cou entier, [auquel cas] son aller seul suffit (Houlin 30b) ; mais on cherche à [l']établir avec le moins [possible], même avec un scalpel (izmel).
💡 Explication

Objection : l'abattage exige un mouvement de va-et-vient (molich u-meivi) du couteau ! Or un couteau lancé ne va que dans un sens. Réponse : le cas où le couteau est allé (coupant), a ricoché sur le mur, et est revenu couper — donc va-et-vient, dans les règles.

6
אָמַר רַבִּי חִייָּא בַּר אַבָּא, בָּעֵי רַבִּי יוֹחָנָן: קָטָן יֵשׁ לוֹ מַחְשָׁבָה, אוֹ אֵין לוֹ מַחְשָׁבָה?

Rabbi Hiyya bar Abba dit : Rabbi Yo'hanan a posé la question : un mineur a-t-il [une] pensée [effective] (machchava), ou n'a-t-il pas [de] pensée ?

📜 Rachi (1)
קָטָן יֵשׁ לוֹ מַחְשָׁבָה אוֹ אֵין לוֹ מַחְשָׁבָה כְּגוֹן בִּשְׁחִיטַת קָדָשִׁים דְּבָעֵי כַּוָּונָה כִּדְיָלְפִינַן בִּשְׁמַעְתָּא קַמַּייְתָא דִּזְבָחִים (דַּף ב.) וְשָׁחַט קָטָן עוֹלָה לִשְׁמָהּ מִי הָוְיָא כַּוָּונָה אוֹ לָא:
Un mineur a-t-il [une] pensée ou n'a-t-il pas [de] pensée — par exemple dans l'abattage des [animaux] consacrés, qui requiert une intention, comme nous [l']apprenons au premier enseignement de Zevahim (2a) : [si] un mineur a abattu un holocauste 'au nom de' (lichma) — est-ce une intention [valide] ou non ?
🗂️ Tossefot (1)
קָטָן יֵשׁ לוֹ מַחְשָׁבָה אוֹ אֵין לוֹ מַחְשָׁבָה פֵּירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס כְּגוֹן בִּשְׁחִיטַת קָדָשִׁים דְּיָלֵיף בְּרֵישׁ זְבָחִים (דַּף ב.) דְּבָעֲיָא לִשְׁמָהּ וְשָׁחַט קָטָן עוֹלָה לִשְׁמָהּ מִי הָוֵי כַּוָּונָה אוֹ לָאו וא"ת הָא הָתָם מַשְׁמַע דִּסְתָמָא נָמֵי כָּשֵׁר מִשּׁוּם דִּזְבָחִים סְתָמָא לִשְׁמָן קָיְימִי וְאֵינוֹ פּוֹסֵל עַד שֶׁיְּכַוֵּין שֶׁלֹּא לִשְׁמָן וְיֵשׁ לוֹמַר דִּסְתָמָא דְּקָטָן גָּרַע דְּאֵין לוֹ דַּעַת לְהָבִין שֶׁהֵם קָדָשִׁים וְסָבַר שֶׁהֵם חֻולִּין וַהֲוָה לֵיהּ מִתְעַסֵּק וּפָסוּל כִּדְאָמְרִינַן בִּזְבָחִים בְּסוֹף פֶּרֶק (ב' (דַּף מו) ב"ש אוֹמְרִים) לְשֵׁם חֻולִּין כְּשֵׁרָה מִשּׁוּם חֻולִּין פְּסוּלָה וַאֲפִילּוּ אוֹמֵר הַקָּטָן יוֹדֵעַ אֲנִי שֶׁהֵם קָדָשִׁים וְלִשְׁמָן אֲנִי מִתְכַּוֵּין מִבַּעְיָא לָן אִם כַּוָּונָתוֹ כַּוָּונָה וְדִילְמָא לָא מְהַנְּיָא אִם אֵין מַעֲשָׂיו מוֹכִיחִין:
Un mineur a-t-il [une] pensée ou non — le Kountras (Rachi) explique : par exemple dans l'abattage des [animaux] consacrés, dont on apprend au début de Zevahim (2a) [qu']il requiert 'au nom de', [et si] un mineur a abattu un holocauste 'au nom de', est-ce une intention ou non. Et si tu objectes : là-bas il ressort que [même] de manière indéterminée (setam) [c'est] valable aussi, parce que les sacrifices, de manière indéterminée, se tiennent 'en leur nom', et [cela] n'invalide pas tant qu'on ne s'intentionne pas 'hors de leur nom' ! On peut répondre que l'[abattage] indéterminé d'un mineur est pire (gara), car il n'a pas le discernement de comprendre que ce sont des [animaux] consacrés, et il pense que ce sont des [animaux] profanes, [de sorte] qu'il est [comme] 'celui qui s'affaire [sans intention]' (mit'assek) et [c'est] invalide, comme nous disons dans Zevahim à la fin du [deuxième] chapitre (46) : '[au] nom de profanes [c'est] valable, [au titre] de profanes [c'est] invalide' ; et même [si] le mineur dit 'je sais que ce sont des [animaux] consacrés et c'est en leur nom que je m'intentionne', cela nous fait question, [à savoir] si son intention est une intention [valide], et peut-être ne vaut-elle pas si ses actes ne [l']attestent pas.
💡 Explication

R. Hiyya bar Abba : R. Yo'hanan pose un dilemme — un mineur a-t-il une 'pensée' (machchava) effective, ou non ? (Ex. : un mineur abat un holocauste 'au nom de' [lichma] — son intention compte-t-elle ?)

7
אֲמַר לֵיהּ רַבִּי אַמֵּי: וְתִיבְעֵי לֵיהּ מַעֲשֶׂה? מַאי שְׁנָא מַעֲשֶׂה דְּלָא קָא מִבַּעְיָא לֵיהּ – דִּתְנַן: ״יֵשׁ לָהֶן מַעֲשֶׂה״? מַחְשָׁבָה נָמֵי לָא תִּיבְּעֵי לֵיהּ, דִּתְנַן: ״אֵין לָהֶן מַחֲשָׁבָה״!

Rabbi Ami lui dit : qu'il [s']interroge aussi sur l'acte (ma'asse) ! Qu'y a-t-il de différent [à propos de] l'acte, qu'il ne [s']interroge pas — [est-ce] parce que nous avons appris 'ils ont [un] acte' ?

[Mais alors] la pensée non plus, qu'il ne [s']interroge pas, car nous avons appris 'ils n'ont pas [de] pensée' !

📜 Rachi (3)
אֲמַר לֵיהּ רַבִּי אַמֵּי לֵר' חַייָּא בַּר אַבָּא וְתִבְעֵי לֵיהּ מַעֲשֶׂה אִי לָא שְׁמִיעַ לְר' יוֹחָנָן הַךְ מַתְנִיתִין דִּלְקַמָּן הָאַלּוֹן וְהָרִמּוֹן דִּתְנַן בָּהּ דְּיֵשׁ לָהֶן מַעֲשֶׂה תָּבְעִי לֵיהּ נָמֵי אֲפִילּוּ אִם יֵשׁ מַחֲשָׁבָה עִם מַעֲשֶׂה הַמּוֹכִיחַ עָלֶיהָ שֶׁכֵּן הוּא כְּגוֹן דְּקַייְמָא עוֹלָה בַּדָּרוֹם וְאָמַר הֲרֵינִי מֵבִיא לַצָּפוֹן לְשָׁחֲטָה לְעוֹלָה שֶׁאֵינָהּ כְּשֵׁרָה בַּדָּרוֹם תָּבְעִי לֵיהּ נָמֵי אִי מְשַׁוֵּי לְהַאי מַעֲשֶׂה כַּוָּונָה אוֹ לָא:
Rabbi Ami lui dit — à Rabbi Hiyya bar Abba : qu'il [s']interroge aussi sur l'acte ! Si Rabbi Yo'hanan n'avait pas entendu cette michna [citée] plus loin, [celle de] 'l'akron et la grenade', où l'on enseigne qu'ils 'ont [un] acte', il aurait pu aussi [s']interroger, même [pour le cas où] il y a [une] pensée accompagnée d'un acte qui [l']atteste — par exemple [le cas] où un holocauste se tient dans [la partie] sud [du parvis], et [qu']il dit 'voici, je [l']amène au nord pour l'abattre comme holocauste', [holocauste] qui n'est pas valable [s'il est abattu] dans le sud — qu'il [s']interroge aussi [pour savoir] s'il fait de cet acte une intention [valide] ou non.
מ"ש מַעֲשֶׂה דִּפְשִׁיטָא לֵיהּ מִשּׁוּם דִּשְׁמִיעַ לֵיהּ הָא דִּתְנַן בְּהָאַלּוֹן וְהָרִמּוֹן דְּיֵשׁ לָהֶם מַעֲשֶׂה:
Qu'y a-t-il de différent [à propos de] l'acte — qui lui est évident, parce qu'il a entendu ce qu'on enseigne dans 'l'akron et la grenade', [à savoir] qu'ils 'ont [un] acte'.
מַחְשָׁבָה נָמֵי לָא תִּבְּעֵי לֵיהּ וְתִיפְשֹׁוט לָהּ מֵהַהִיא מִשְׁנָה גּוּפָהּ דִּתְנַן בָּהּ אֵין לָהֶם מַחֲשָׁבָה:
La pensée non plus, qu'il ne [s']interroge pas — et qu'il la résolve à partir de cette michna même, où l'on enseigne qu'ils 'n'ont pas [de] pensée'.
🗂️ Tossefot (1)
וְתִיבְעֵי לֵיהּ מַעֲשֶׂה כָּל הַסֻּוגְיָא פֵּירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס דְּמַעֲשֶׂה עִם הַדִּבּוּר חֲשִׁיב מַעֲשֶׂה וּמַחְשָׁבָה גְּרֵידָא הַיְינוּ דִּבּוּר בְּלֹא מַעֲשֶׂה וּמַחֲשַׁבְתּוֹ נִיכֶּרֶת מִתּוֹךְ מַעֲשָׂיו הַיְינוּ מַעֲשֶׂה בְּלֹא דִּיבּוּר וְאֵין לְשׁוֹן הַשַּׁ"ס מַשְׁמַע כִּדְבָרָיו דְּיֵשׁ לָהֶם מַעֲשֶׂה מַשְׁמַע מַעֲשֶׂה גְּרֵידָא אַף ע"פ שֶׁלֹּא אָמְרוּ כְּלוּם דאת"ל שֶׁתָּלוּי בַּאֲמִירָה כְּמוֹ בְּמַעֲשֶׂה א"כ כִּי הֵיכִי דְּקָתָנֵי יֵשׁ לָהֶם מַעֲשֶׂה דְּהַיְינוּ מַעֲשֶׂה עִם הַמַּחֲשָׁבָה וְאֵין לָהֶן מַחְשָׁבָה הַייְנוּ מַחְשָׁבָה גְּרֵידָא הָכִי נָמֵי הֲוָה מָצֵי לְמֵימַר יֵשׁ לָהֶם מַחְשָׁבָה דְּהַייְנוּ מַחֲשָׁבָה עִם הַמַּעֲשֶׂה וְאֵין לָהֶם מַעֲשֶׂה גְּרֵידָא וְעוֹד דְּלָמָּה לֵיהּ לְמִינְקַט כִּי קָא מִיבַּעְיָא לֵיהּ מַחְשַׁבְתּוֹ נִיכֶּרֶת מִתּוֹךְ מַעֲשָׂיו כְּגוֹן דְּקַייְמָא עוֹלָה כו' ה"ל לְמֵימַר כְּגוֹן אֵלוֹן וְרִמּוֹן שֶׁחֲקָקוּם סְתָם וְלֹא פֵּירְשׁוּ לִמּוּד בָּהֶם עָפָר וּלְכַף מֹאזְנַיִם וּמִיהוּ לְפִי הַמַּסְּקָנָא דְּבָעֵי מִדְּאוֹרַיְיתָּא נִיחָא הָא דִּנְקַט דְּקַייְמָא עוֹלָה כו' וְעוֹד הָא דְּקָתָנֵי הֶעֱלוּם חֵרֵשׁ שׁוֹטֶה וְקָטָן אע"פ שֶׁנִּתְכַּוְּונוּ לְכָךְ אֵינָן בְּכִי יֻותַּן וַהֲלֹא יֵשׁ מַעֲשֶׂה וְדִבּוּר וּבַקּוּנְטְרֵס דָּחַק לְפָרֵשׁ אע"פ שֶׁנִּתְכַּוְּונוּ לְכָךְ אַחַר הַעֲלָאָה וְאֵין מַשְׁמַע כֵּן אֶלָּא מַשְׁמַע אֲפִילּוּ נִתְכַּוְּונוּ בִּשְׁעַת הַעֲלָאָה קָאָמַר וְעוֹד אֲפִילּוּ הֶעֱלוּם סְתָם וְלֹא פֵּירְשׁוּ מִפְּנֵי הַכְּנִימָה לֶיהֱוֵי בְּכִי יֻותַּן לְר' יוֹחָנָן דְּאָמַר מַחֲשָׁבָה נִיכֶּרֶת מִתּוֹךְ מַעֲשֶׂה מוֹעֶלֶת דְּהַייְנוּ מַעֲשֶׂה בְּלֹא דִּבּוּר וּמִיהוּ שֶׁמָּא אוֹתוֹ מַעֲשֶׂה גָּרַע יוֹתֵר מִדַּאי דְּשֶׁמָּא מִפְּנֵי הַכְּנִימָה הֶעֱלוּם וְעוֹד קָשֶׁה מִדְּקָאָמַר אוֹ דִּלְמָא מָקוֹם הוּא דְּלָא אִיתְרְמִי לֵיהּ מַשְׁמַע דְּאִי לָאו מִשּׁוּם דְּאִית לָן לְמִיתְלֵי בְּהָכִי לָא הֲוָה קָא מִיבַּעְיָא לָן אע"פ שֶׁהוּא מַעֲשֶׂה בְּלֹא דִּיבּוּר וְנִרְאֶה לְפָרֵשׁ דַּאֲמִירָתוֹ לֹא מוֹעֶלֶת וְלֹא מוֹרֶדֶת אֶלָּא מַעֲשֶׂה גָּמוּר כְּגוֹן הַהִיא דְּאֵלוֹן וְרִמּוֹן דִּפְשִׁיטָא דְּהֵם חוֹקְקִים לְצֹורֶךְ בֵּית קִיבּוּל וְלִמּוּד עָפָר וּלְכַף מֹאזְנַיִם דִּנְקַט אוֹרְחָא דְמִילְּתָא נְקַט וה"ה לְשׁוּם צֹורֶךְ אַחֵר וְכֵיוָן דְּאֵין חוֹקְקִים אֶלָּא כְּדֵי לְקַבֵּל חֲשִׁיב מַעֲשֶׂה גָּמוּר אע"פ שֶׁלֹּא פֵּירֵשׁ וּמַעֲשֶׂה גָּרוּעַ כְּמוֹ הַהִיא דְּהֶעֱלוּם חֵרֵשׁ שׁוֹטֶה וְקָטָן אֵינוֹ מוֹעִיל דִּבּוּר כִּדְקָתָנֵי אע"פ שֶׁנִּתְכַּוְּונוּ לְכָךְ אֵינָם בְּכִי יֻותַּן אֲבָל מַחְשַׁבְתּוֹ נִיכֶּרֶת מִתּוֹךְ מַעֲשָׂיו הַייְנוּ שֶׁמּוֹכִיחַ קְצָת כְּגוֹן עוֹלָה דְּקַיְימָא בַּדָּרוֹם וְאַתְייָה בַּצָּפוֹן וּשְׁחָטָהּ קָמִיבַּעְיָא לֵיהּ אִי חֲשִׁיב מַעֲשֶׂה שֶׁכֵּן נִרְאֶה יוֹתֵר שֶׁלְּכָךְ נִתְכַּוֵּין וּמְהַנֵּי אע"פ שֶׁלֹּא פֵּירֵשׁ אוֹ דִּילְמָא לָאו מַעֲשֶׂה גָּמוּר הוּא שֶׁאֲנִי יָכוֹל לִתְלוֹת מִשּׁוּם דְּמָקוֹם הוּא דְּלָא אִיתְרְמִי לֵיהּ וַאֲפִילּוּ פֵּירַשׁ לָא מְהַנֵּי כִּי הַהִיא דְּהֶעֱלוּם וּפְשִׁיט מֵהַהִיא דקא"ר יוֹחָנָן אִם הִיפֵּךְ בָּהֶן הֲרֵי הֵן בְּכִי יֻותַּן אע"פ שֶׁגַּם שָׁם יֵשׁ לִתְלוֹת קְצָת מִפְּנֵי הַכְּנִימָה כְּדֵי שֶׁיֵּצֵא לַצַּד הַשֵּׁנִי אֶלָּא שֶׁיּוֹתֵר רָאוּי לִתְלוֹת מִפְּנֵי הַטַּל כֵּיוָן דִּלְאַחַר שֶׁיָּרַד הַטַּל מִצַּד אֶחָד מְהַפֵּךְ לְצַד אַחֵר אֲבָל הַעֲלָאַת קָטָן סְתָם לָא הָוֵי בְּכִי יֻותַּן וַאֲפִילּוּ הַעֲלָאַת גָּדוֹל סְתָם שֶׁמָּא לֹא הָיְתָה מוֹעֶלֶת וְאֵין לְדַקְדֵּק מִפְּנֵי הַכְּנִימָה אֵינָן בְּכִי יֻותַּן הָא סְתָמָא הֲרֵי הוּא בְּכִי יֻותַּן דְּאַדְּרַבָּה דִּייֵּק מִסֵּיפָא דְּקָתָנֵי אִם נִתְכַּוְּונוּ לְכָךְ הֲרֵי הֵם בְּכִי יֻותַּן הָא סְתָמָא אֵינָן בְּכִי יֻותַּן וּמִיהוּ אִם בִּשְׁעַת הַטַּל הֶעֱלוּם הַתִּינוֹקוֹת מַשְׁמַע בַּיְּרוּשַׁלְמִי שֶׁהֵן בְּכִי יֻותַּן דִּבְרֵישׁ מַסֶּכֶת תְּרוּמוֹת מַיְיתֵי הַךְ מִשְׁנָה וּמְפָרֵשׁ וְאֵיזֶהוּ מַעֲשֶׂה שֶׁלָּהֶן אָמַר רַב הוּנָא בְּתָפוּשׂ בָּהֶן בָּטֵל וְשֶׁמָּא הַאי תְּפֹושׂ בָּהֶן בָּטֵל הַיְינוּ הִיפֵּךְ בָּהֶן דקא"ר יוֹחָנָן הָכָא אִי נָמֵי כְּשֶׁהַטַּל יוֹרֵד מַעֲלֶה אוֹתָן וּכְשֶׁהַטָּל פּוֹסֵק מוֹרִידָן וּבַיְּרוּשַׁלְמִי גַּבֵּי חֲמִשָּׁה לֹא יִתְרֹומוּ וְאִם תָּרְמוּ אֵין תְּרוּמָתָם תְּרוּמָה חֵרֵשׁ שׁוֹטֶה וְקָטָן כו' פָּרִיךְ וְיוֹכִיחַ מַעֲשֶׂה שֶׁלָּהֶן עַל מַחְשַׁבְתָּן דִּתְנֵינַן תַּמָּן הֶעֱלוּם חֵרֵשׁ שׁוֹטֶה וְקָטָן כו' וּקְצָת תֵּימַהּ מַה מַקְשֶׁה דְּבִתְחִלַּת סֻוגְיָא דְּרֵישׁ מִקְּרָאֵי דְּאֵין תְּרוּמָתָן תְּרוּמָה דַּבֵּר אֶל בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וְיִקְחוּ לִי תְּרוּמָה פְּרָט לְעוֹבֵד כּוֹכָבִים מֵאֵת כָּל אִישׁ פְּרָט לְקָטָן אֲשֶׁר יִדְּבֶנּוּ פְּרָט לְחֵרֵשׁ שׁוֹטֶה (וְקָטָן) וְשֶׁמָּא אַסְמַכְתָּא בְּעָלְמָא הִיא וּמְתָרֵץ שָׁם וְנֶחְשַׁב לָכֶם תְּרוּמַתְכֶם אֶת שֶׁכָּתוּב בּוֹ מַחֲשָׁבָה אֵין מַעֲשֶׂה שֶׁלּוֹ מוֹכִיחַ עַל מַחְשַׁבְתּוֹ וְשֶׁאֵין כָּתוּב בּוֹ מַחְשָׁבָה מַעֲשֶׂה שֶׁלּוֹ מוֹכִיחַ עַל מַחְשַׁבְתּוֹ פֵּירוּשׁ כֵּיוָן שֶׁעִיקַּר תְּרוּמָה בְּמַחְשָׁבָה וְקָטָן אֵין לוֹ מַחֲשָׁבָה לָא מִסְתַּבְּרָא שֶׁיּוֹכִיחַ הַמַּעֲשֶׂה עַל מַחְשַׁבְתּוֹ וַהֲדַר פָּרִיךְ רַבִּי יוֹסֵי קוּמִי דִּשְׁמוּאֵל וַהֲרֵי גִּיטִּין שֶׁאֵין כָּתוּב בּוֹ מַחְשָׁבָה וְאֵין מַעֲשֶׂה שֶׁלּוֹ מוֹכִיחַ עַל מַחְשַׁבְתּוֹ דִּתְנֵינָא הַכֹּל כְּשֵׁרִין לִכְתֹּוב אֶת הַגֵּט וְאַפֵּי' חש"ו וְאָמַר רַב הוּנָא וְהוּא שֶׁיֵּשׁ פִּקֵּחַ עוֹמֵד עַל גַּבָּיו כו' מְתָרֵץ תַּמָּן זֶה כּוֹתֵב וְזֶה מְגָרֵשׁ הָכָא הוּא הַחוֹשֵׁב וְהוּא הַתּוֹרֵם וְתֵימַהּ לר"י שֶׁבָּא לְתָרֵץ מִגֵּט אַתְּרוּמָה וּמִזֶּה לֹא הִקְשָׁה אֶלָּא הִקְשָׁה מִגֵּט אַהַהִיא דְּקָטָן יֵשׁ לוֹ מַעֲשֶׂה וּבְלֹא יְרוּשַׁלְמִי יֵשׁ לָנוּ לְדַקְדֵּק בִּדְבָרִים הַלָּלוּ דְּכֵיוָן דְּקָטָן יֵשׁ לוֹ מַעֲשֶׂה לְהוֹכִיחַ עַל מַחְשַׁבְתּוֹ לְעִנְיַן גֵּט נַמֵּי יוֹעִיל בְּלֹא גָּדוֹל עוֹמֵד עַל גַּבָּיו (וְלִתְרוּמָה נָמֵי יוֹעִיל בְּגָדוֹל עוֹמֵד עַל גַּבָּיו):
'Qu'il [s']interroge aussi sur l'acte' — le Kountras (Rachi) explique toute la sougya [ainsi] : 'un acte accompagne de parole' est considéré comme un acte, 'une pensée seule' c'est une parole sans acte, et 'sa pensée attestée par ses actes' c'est un acte sans parole. Mais le langage du Talmud n'implique pas comme ses paroles, car 'ils ont [un] acte' implique un acte seul, même [s']ils n'ont rien dit ; car si tu dis que [cela] dépend de la parole comme [de] l'acte, alors, de même qu'on enseigne 'ils ont [un] acte' (un acte avec la pensée) et 'ils n'ont pas [de] pensée' (la pensée seule), de même on aurait pu dire 'ils ont [une] pensée' (la pensée avec l'acte) et 'ils n'ont pas [d']acte' [seul]. Et de plus, pourquoi [le Talmud] aurait-il pris 'lorsque cela lui fait question, sa pensée attestée par ses actes, par exemple [le cas] où un holocauste se tient, etc.' ? il aurait dû dire 'par exemple [le cas] d'un akron et d'une grenade qu'on a creusés sans [rien] préciser'. Toutefois, selon la conclusion, qui exige [cela] de par la Torah, [le fait] qu'on ait pris '[le cas] où un holocauste se tient, etc.' s'accorde. Et de plus, ce qu'on enseigne 'un sourd-muet, un imbécile et un mineur les ont élevés, bien qu'ils se soient intentionnés à cela, ne sont pas [susceptibles d']être ki yutan (rendus aptes à l'impureté par un liquide [apposé] avec assentiment)' — or il y a [pourtant] un acte et une parole ! Et le Kountras s'est efforcé d'expliquer 'bien qu'ils se soient intentionnés à cela' [comme se rapportant à] après l'élévation ; mais cela ne ressort pas [ainsi], plutôt [il parle] même [s']ils se sont intentionnés au moment de l'élévation. Et de plus, [même s']ils les ont élevés sans [rien] préciser, à cause de la kenima (vermine) — qu'ils soient ki yutan selon Rabbi Yo'hanan, qui dit qu'une pensée attestée par un acte vaut (un acte sans parole) ! Toutefois, peut-être cet acte-là est-il trop déficient (gara tefei), car peut-être est-ce à cause de la kenima qu'ils les ont élevés. Et de plus, c'est difficile, du fait qu'on dit 'ou peut-être est-ce un lieu qui ne s'est pas trouvé [propice] pour lui', [ce qui] implique que, sans cela, cela ne nous ferait pas question, bien que ce soit un acte sans parole. Et il paraît [préférable] d'expliquer que sa parole ne vaut ni ne nuit, mais [seul] un acte complet [vaut] — par exemple celui de l'akron et de la grenade, dont il est évident qu'ils [les] creusent pour [former] un réceptacle, [le Talmud] ayant pris la manière usuelle de la chose, et il en va de même pour tout autre besoin ; et puisqu'ils ne [les] creusent que pour [y] contenir, [c'est] considéré comme un acte complet, bien qu'il n'ait rien précisé. Et un acte déficient, comme celui de 'un sourd-muet, un imbécile et un mineur les ont élevés', la parole ne [lui] sert pas, comme on enseigne 'bien qu'ils se soient intentionnés à cela, ils ne sont pas ki yutan' ; mais 'sa pensée attestée par ses actes', c'est [le cas où] cela atteste quelque peu — par exemple un holocauste qui se tient au sud et [qu']il a amené au nord et abattu — cela lui fait question : est-ce considéré comme un acte, [du fait] qu'il paraît davantage que c'est à cela qu'il s'est intentionné, et [cela] vaut bien qu'il n'ait rien précisé ; ou peut-être n'est-ce pas un acte complet, [car] je puis [l']attribuer [au fait] que c'est un lieu qui ne s'est pas trouvé [propice] pour lui ; et même [s']il a précisé, cela ne vaut pas, comme celui de 'les ont élevés'. Et [le Talmud] résout à partir de ce que Rabbi Yo'hanan dit 'si [le mineur] les a retournés (hipekh), les voici ki yutan' — bien que là aussi on puisse [l']attribuer quelque peu à la kenima, sinon qu'il est plus convenable de [l']attribuer à la rosée (tal), puisque, après que la rosée est descendue d'un côté, il [le] retourne de l'autre côté. Mais l'élévation d'un mineur sans [rien] préciser n'est pas ki yutan, et même l'élévation d'un adulte sans [rien] préciser, peut-être ne valait-elle pas ; et il ne faut pas déduire de '[si c'est] à cause de la kenima ils ne sont pas ki yutan' que, [si c'est] indéterminé, [ils] le seraient — au contraire, on déduit de la fin (sefa), qui enseigne '[s']ils se sont intentionnés à cela, les voici ki yutan', que [si c'est] indéterminé ils ne le sont pas. Toutefois, si des enfants les ont élevés au moment de la rosée, il ressort du Yerushalmi qu'ils sont ki yutan, car au début du traité Teroumot on apporte cette michna et on [l']explique : 'et quel est leur acte ? Rav Houna dit : [le cas] où la rosée s'y est saisie' — et peut-être ce 'la rosée s'y est saisie' est-il le 'il les a retournés' que dit ici Rabbi Yo'hanan ; ou bien : lorsque la rosée descend il les élève, et lorsque la rosée cesse il les abaisse. Et dans le Yerushalmi, à propos de 'cinq ne prélèvent pas, et [s']ils ont prélevé leur prélèvement n'[est] pas un prélèvement : un sourd-muet, un imbécile et un mineur, etc.', on objecte : 'mais que leur acte atteste leur pensée, comme nous avons appris : un sourd-muet, un imbécile et un mineur les ont élevés, etc.' ! Et c'est quelque peu étonnant : qu'objecte-t-il, puisqu'au début de la sougya on tire des versets que leur prélèvement n'[est] pas un prélèvement — 'parle aux enfants d'Israël et qu'ils prennent pour moi un prélèvement' [exclut] l'idolâtre, 'de la part de chaque homme' [exclut] le mineur, 'que son cœur incline' [exclut] le sourd-muet [et] l'imbécile ? Et peut-être est-ce une simple asmakhta. Et l'on résout la : 'et il vous sera compté comme votre prélèvement (machchava)' — [pour] celui chez qui [le terme] 'pensée' est écrit, son acte n'atteste pas sa pensée ; et [pour] celui chez qui 'pensée' n'est pas écrit, son acte atteste sa pensée — c'est-à-dire : puisque l'essence du prélèvement [tient] à la pensée, et [qu']un mineur n'a pas [de] pensée, il n'est pas logique que l'acte atteste sa pensée. Et ensuite Rabbi Yossi objecte devant Chemouel : 'mais les actes [de divorce], chez lesquels 'pensée' n'est pas écrit et [pourtant] leur acte n'atteste pas leur pensée, comme nous avons appris 'tous sont aptes à écrire l'acte, même un sourd-muet, un imbécile et un mineur', et Rav Houna dit '[le cas] où un [homme] avisé se tient auprès d'eux' !'. On résout : la-bas, celui-ci écrit et celui-là divorce [deux personnes distinctes] ; ici, c'est lui [même] qui pense et lui [même] qui prélève. Et il est étonnant, selon Rabbenou Yitzhak, qu'il vienne résoudre [l'objection tirée] de l'acte [de divorce] à propos du prélèvement, et [que] de celle-ci [le Yerushalmi] n'ait pas objecté, mais ait objecté de l'acte à propos de ce [cas] 'un mineur a [un] acte'. Et même sans le Yerushalmi, nous avons à déduire de ces [propos] : puisqu'un mineur a [un] acte [propre] à attester sa pensée, [cela] servira aussi quant à l'acte [de divorce] sans 'un adulte se tenant auprès de lui' (et pour la teroumah aussi cela servira [avec] un adulte se tenant auprès de lui).
💡 Explication

R. Ami objecte : qu'il s'interroge aussi sur l'acte (ma'asse) d'un mineur ! Pourquoi ne le fait-il pas — parce qu'on a appris (Kelim 17:15) qu'ils 'ont un acte' (effectif) ? Mais alors, pour la pensée non plus il ne devrait pas s'interroger, puisque la même michna dit qu'ils 'n'ont pas de pensée' ! (Le dilemme paraît déjà tranché — la sougya l'affine.)

🖼️ Schéma
Le mineur (katan) : acte vs pensée ACTE (ma'asse) : EFFECTIF gland / grenade / noix creusés -> récipient (susceptible d'impureté) PENSÉE (machchava) seule : NON leur simple intention ne rend pas l'objet récipient (même michna, Kelim 17:15) Dilemme de Rabbi Yo'hanan : et une pensée ATTESTÉE par l'acte (sans parole) ?
Acte vs pensée du mineur.
8
דִּתְנַן: הָאַלּוֹן, וְהָרִמּוֹן, וְהָאֱגוֹז שֶׁחֲקָקוּם תִּינוֹקוֹת לָמֹוד בָּהֶן עָפָר, אוֹ שֶׁהִתְקִינוּם לְכַף מֹאזְנַיִם – טְמֵאִין, מִפְּנֵי שֶׁיֵּשׁ לָהֶן מַעֲשֶׂה,

Car nous avons appris : l'akron, la grenade et la noix que des enfants ont creusés pour [y] mesurer de la terre, ou qu'ils ont aménagés [pour servir] de plateau de balance — [ils sont] impurs (susceptibles d'impureté), parce qu'ils ont [un] acte...

📜 Rachi (5)
הָאַלּוֹן פְּרִי הוּא שֶׁקּוֹרִין גלאנ"ץ:
L'akron (alon) — c'est un fruit qu'on appelle 'glanz' [gland, en langue vernaculaire].
שֶׁחֲקָקוּם נִקְּבוּ נֶקֶב קָטָן בְּצִדֵּיהֶן וְהוֹצִיאוֹ הָאֹוכֶל מִתּוֹךְ הַנֶּקֶב:
[Qu'ils ont] creusés — ils [y] ont percé un petit trou sur leurs côtés et [en] ont retiré la pulpe par le trou.
לִמּוּד בָּהֶם עָפָר כְּדֶרֶךְ שֶׁהַתִּינוֹקוֹת עוֹשִׂין לִשְׂחֹוק:
Pour [y] mesurer de la terre — à la manière dont les enfants [le] font pour jouer.
טְמֵאִין מְקַבְּלִין טֻומְאָה:
Impurs — [c'est-à-dire] : ils reçoivent l'impureté (deviennent susceptibles).
שֶׁיֵּשׁ לָהֶן מַעֲשֶׂה כְּגוֹן זֶה שֶׁמַּעֲשֵׂיהֶן מוֹכִיחִין דִּלְשֵׁם כְּלִי נִתְכַּווְּנוּ וְגַם הֵם אוֹמְרִים כֵּן וְיֵשׁ כָּאן מַעֲשֶׂה וּמַחְשָׁבָה הַמּוֹרִידִים אוֹתוֹ לְתוֹרַת כְּלִי:
Parce qu'ils ont [un] acte — comme celui-ci, dont les actes attestent qu'ils se sont intentionnés à [en faire] un récipient, et [où] eux aussi le disent : il y a là [à la fois] un acte et une pensée, qui [le] font descendre au statut de récipient.
💡 Explication

La michna (Kelim 17:15) prouvant que les mineurs 'ont un acte' : un gland, une grenade, une noix que des enfants ont creusés pour mesurer de la terre ou en faire un plateau de balance deviennent des récipients (susceptibles d'impureté) — parce que leur acte est effectif (à la différence de leur simple pensée, qui ne l'est pas).

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).