Chullin 133a — les rites réservés aux fils d'Aaron, prendre ou recevoir les dons du sacerdoce (matanot), et enseigner à un élève indigne

Chullin 133a

Sougya : La braita achève d'énumérer les services réservés aux descendants d'Aaron (réception du sang, aspersions, breuvage de la sota, nuque de la génisse, purification du lépreux, bénédiction des mains), tous tirés de 'mibnei Aharon' ; et tout prêtre qui ne les reconnaît pas n'a pas de part au sacerdoce — ce qui fait difficulté à Rav Hisda (il suffit de reconnaître, sans être expert). Vient ensuite la règle de Rav : les veines de la mâchoire sont interdites (à cause du sang), et l'on ne donne pas ce don à qui ne sait pas les ôter ; la Guemara écarte la crainte (rôti ou salaison évacuent le sang).

Puis la grande question de Rav Yossef à Rava : le prêtre qui saisit (hatifa) les dons honore-t-il la mitsva ou la méprise-t-il ? Réponse par 'venatan' : c'est au propriétaire de donner, non au prêtre de prendre.

Abaye raconte son évolution : il saisissait, puis demandait, puis n'a plus rien pris (sauf la veille de Kippour, pour s'affirmer prêtre). Rav Yossef permet au prêtre de transférer ses dons à un sage pauvre du voisinage, même avant de les avoir reçus, par 'makirei kehouna ou-leviya'.

L'histoire de Rava et Rav Safra chez Mar Yohana (le serviteur-prêtre accorde les dons ; Rava mange, Rav Safra s'abstient et un verset de remontrance lui est lu en songe) illustre les limites de cette permission. Enfin, le sens simple du verset (Proverbes 25:20) introduit la sévérité contre celui qui enseigne la Torah à un élève indigne.

La sougya se clôt par le retour à la michna : qui s'associe à un prêtre doit marquer la bête, et l'on oppose une braita sur l'association avec un non-Juif.

Quels rites sont réservés aux fils d'Aaron ? (mibnei Aharon) la fin du verset 'mibnei Aharon' englobe tout service nommé aux fils d'Aaron Réservé au kohen réception du sang (kabalot) aspersions (hazaot) breuvage de la sota nuque de la génisse (egla aroufa) purification du metzora bénédiction des mains (dedans/dehors) Valable même par un zar (non-prêtre, étranger au sacerdoce) l'abattage (chehita) non compté ici : valide même par un zar la jecion (yetzika / hagachat) selon une braita, valide par un zar (notre michna : pas comme R. Chimon) Tout prêtre qui ne reconnaît pas ces règles n'a pas de part au sacerdoce il suffit de les reconnaître (modeh), point n'est besoin d'en être expert (baki)
Segments 0-1 : les services réservés aux fils d'Aaron (tirés de 'mibnei Aharon'), face à ce qui vaut même par un non-prêtre ; et la règle 'qui ne reconnaît pas n'a pas de part'.
Le prêtre doit-il saisir les dons (matanot) ou attendre qu'on les lui donne ? 'venatan' (qu'il donne) -> ce n'est pas au prêtre de prendre de lui-même Saisir (hatifa) arracher le don de soi-même mépris de la mitsva (zilzoul) -> interdit Abaye a cessé de saisir Demander (havou li) réclamer de la bouche aussi écarté (fils de Chmouel : 'après le gain', demande) les discrets retirent la main Recevoir si on donne attendre qu'on lui donne conduite idéale Abaye prenait seulement la veille de Kippour, pour s'affirmer comme prêtre
Segments 4-6 : saisir, demander ou recevoir les dons du sacerdoce — la conduite idéale dégagée de 'venatan' et l'évolution d'Abaye.
Enseigner la Torah à un élève indigne (talmid che-eino hagoun) Le verset 'chir al lev ra' vêtement usé par temps de froid vinaigre sur le natron (le gâte) -> chanter pour un cœur mauvais enseigner à qui ne comprend pas Deux sentences (Rav) Rav Yehouda : il tombe en gehinom ('yera sarid' : sarid = sage) Rabbi Zeira : comme jeter une pierre au Markoulis (idolâtrie)
Segments 13-15 : la gravité d'enseigner la Torah à un élève indigne, par le verset des Proverbes et les deux sentences de Rav.
1
וקבלות, הזאות, והשקאת סוטה, ועריפת עגלה ערופה, וטהרת מצורע, ונשיאות כפים – בין מבפנים בין מבחוץ, תלמוד לומר ״מבני אהרן״ – עבודה האמורה לבני אהרן.

[...] et les réceptions [du sang] (kabalot), les aspersions (hazaot), le breuvage de la sota (femme soupçonnée), la nuque [brisée] de la génisse à la nuque brisée (egla aroufa), la purification du lépreux (taharat metzora), et la bénédiction des mains (nessiat kapayim) — que [ce soit] au-dedans [du Temple] ou au-dehors : le verset enseigne 'parmi les fils d'Aaron' (mibnei Aharon) — [c'est-à-dire] le service qui est dit [réservé] aux fils d'Aaron.

📜 Rachi (7)
קבלות קבלת הדם:
Réceptions — la réception du sang (kabalat ha-dam).
הזאות היא זריקת דם הנזרקים במזבח בין הניתזין בפנים על הפרוכת ועל מזבח הזהב בין הניתזין בחוץ. שחיטה לא קחשיב שאף הזר כשר בה:
Aspersions — c'est l'aspersion (zerika) du sang de ceux que l'on asperge sur l'autel, soit ceux que l'on projette au-dedans, sur le voile (parokhet) et sur l'autel d'or, soit ceux que l'on projette au-dehors. [Quant à] l'abattage (chehita), [la braita] ne le compte pas, car même un non-prêtre (zar) y est apte.
עריפת העגלה בכהנים היא כדכתיב (דברים כ״א:ה׳) ונגשו הכהנים בני לוי:
La nuque de la génisse — [elle se fait] par les prêtres, comme il est écrit (Deut 21:5) 'et les prêtres, fils de Levi, s'approcheront'.
טהרת מצורע בצפרים להזות:
Purification du lépreux — par les oiseaux, pour [en] asperger [le sang].
בין מבפנים במקדש כדכתיב (ויקרא ט׳:כ״ב) וישא אהרן את ידיו וגו':
Au-dedans — au Temple (mikdach), comme il est écrit (Lévitique 9:22) 'et Aaron leva ses mains [vers le peuple et les bénit]'.
בין מבחוץ בגבולין בכל עיר ועיר בבית הכנסת:
Au-dehors — en province (gevoulin), dans chaque ville, à la synagogue (beit ha-knesset).
מבני אהרן סיפיה דקרא דלעיל הוא:
Mibnei Aharon — c'est la fin du verset cité plus haut.
🗂️ Tossefot (2)
קבלות וא"ת תיפוק ליה קבלות מהמקריב את דם השלמים דהקרבה הוי לשון קבלה כדאמרינן פרק הקומץ [רבה] (מנחות דף יט.) והקריבו בני אהרן מקבלה ואילך מצות כהונה וי"ל דהכא כיון דכתיב המקריב את דם השלמים ואת החלב ובחלב לא שייך קבלה דם נמי לא משתעי בקבלה:
Réceptions — et si tu objectes : qu'il déduise [la règle des] réceptions de [ce qui est écrit] 'celui qui offre le sang des [sacrifices de] paix' (Lévitique 7:33), car l'offrande (hakrava) est un terme [valant pour] la réception, comme nous le disons au chapitre Ha-Kometz [Rabba] (Menahot 19a) : 'et les fils d'Aaron offriront' (Lev 1:5) — à partir de la réception et au-delà [c'est] le commandement de la prêtrise (mitsvat kehouna) ! Et l'on peut dire : ici, puisqu'il est écrit 'celui qui offre le sang des paix et la graisse' (Lev 7:33), et que pour la graisse la réception n'a pas lieu d'être, le sang non plus ne parle pas [là] de réception.
היציקות בריש הקומץ [רבה] (שם דף יח:) פריך מינה להא דאמר התם לא יצק כהן אלא זר כשר והכא קאמר שהיא עבודה המסורה לבני אהרן ומסקינן דלא כר"ש:
Les jecions (yetzikot) — au début de Ha-Kometz [Rabba] (là, Menahot 18b), on objecte de là à ce qu'on dit là-bas : 'si ce n'est pas un prêtre qui a versé (yatzak), mais un non-prêtre (zar), [c'est] valide' ; et ici il dit que c'est un service confié [exclusivement] aux fils d'Aaron. Et nous concluons [que notre michna] n'est pas [conforme] à Rabbi Chimon.
💡 Explication

Fin de la braita (commencée en 132b) qui énumère les services réservés aux descendants d'Aaron : recevoir le sang, l'asperger, faire boire la sota, briser la nuque de la génisse, purifier le lépreux, lever les mains pour la bénédiction sacerdotale (que ce soit au Temple ou en province). Tous se déduisent de la fin du verset 'mibnei Aharon' : tout service nommé 'aux fils d'Aaron' leur est réservé.

🖼️ Schéma
Quels rites sont réservés aux fils d'Aaron ? (mibnei Aharon) la fin du verset 'mibnei Aharon' englobe tout service nommé aux fils d'Aaron Réservé au kohen réception du sang (kabalot) aspersions (hazaot) breuvage de la sota nuque de la génisse (egla aroufa) purification du metzora bénédiction des mains (dedans/dehors) Valable même par un zar (non-prêtre, étranger au sacerdoce) l'abattage (chehita) non compté ici : valide même par un zar la jecion (yetzika / hagachat) selon une braita, valide par un zar (notre michna : pas comme R. Chimon) Tout prêtre qui ne reconnaît pas ces règles n'a pas de part au sacerdoce il suffit de les reconnaître (modeh), point n'est besoin d'en être expert (baki)
Les rites réservés aux fils d'Aaron, et ce qui vaut même par un non-prêtre (chehita, et selon une braita la jecion).
2
וכל כהן שאינו מודה בה – אין לו חלק בכהונה. טעמא דאינו מודה בה, הא מודה בה – אף על גב דאינו בקי בהן.

[Et la michna enseigne :] et tout prêtre qui ne reconnaît pas [la validité de ces rites] (eino modeh bah) — il n'a pas de part au sacerdoce (kehouna). [La Guemara infère :] la raison [en est] qu'il ne [la] reconnaît pas, mais [si] il [la] reconnaît — bien qu'il ne soit pas expert (baki) en [ces règles, il a une part].

[Cela fait difficulté à Rav Hisda.]

💡 Explication

Inférence sur la michna : seul le prêtre qui ne reconnaît pas (eino modeh) la validité de ces services perd sa part au sacerdoce ; mais celui qui les reconnaît garde sa part même s'il n'en est pas expert (baki). Cela contredit Rav Hisda (qui exigeait l'expertise, non la simple reconnaissance).

3
אמר רבי אבא, אמר רב הונא, אמר רב: חוטין שבלחי אסורים, וכל כהן שאינו יודע ליטלן – אין נותנין לו מתנה.

Rabbi Abba a dit, [au nom de] Rav Houna, [au nom de] Rav : les veines (houtin) qui [sont] dans la mâchoire (lehi) sont interdites [à la consommation, à cause du sang qu'elles contiennent] ; et tout prêtre qui ne sait pas les ôter (litlan) — on ne lui donne pas [ce] don (matana).

📜 Rachi (1)
חוטין שבלחי אסורים משום דם:
Les veines qui sont dans la mâchoire sont interdites — à cause du sang.
⚖️ Rosh (1)
וא"ר אבא א"ר יהודה אמר שמואל חוטין שביד אסורין ואין להן היתר במליחה כמו לשאר בשר כי המלח אינו מפליט דם הכנוס בחוטין אם לא חתכו. הילכך אפילו לצלי אסור בלא חתיכה דכמו שאין המלח מפליט הדם כך אין הצלי מפליטו. ואפילו אם מלחו וצלאו אסור. דהוי כמו מליחה אחר מליחה. ודם הכנוס בחוטים אינו כדם הנבלע באיברים כי הוא כנוס בחוטין. ואם צלאו בלא חתיכה החוטין אסורין והבשר מותר ואפילו קליפה לא בעי וכ"כ בעל הלכות האי מאן דמטוי רישא צריך לאנוחי בית השחיטה לתתא כי היכי דנידוב דמא. והיכא דמשתלי והפכיה מוקרא הוא דאסור. רישא גופא שרי אלמא דאינו אסור אלא המוח המתבשל בתוך הקרום אבל הראש מותר ואפי' קליפה אין צריך. והיינו טעמא לפי שהקרום מפסיק בין הדם שבתוכה לבשר ואין הדם נפלט לחוץ ואפילו אם קצת מן הדם נפלט ונכנס לתוך הבשר כבולעו כך פולטו. ואי חתכיה ומלחיה אפילו לקדירה נמי שפיר דמי מדקאמרינן אפילו לקדירה ולא קאמר חתכיה ומלחיה שפיר דמי מכלל דעד השתא איירי לצלי ובלא חתיכה כדפרישית. והא דאמר לקמן (חולין דף צג:) האי אומצא דאסמיק חתכיה ומלחיה אפילו לקדירה שפיר דמי שפדיה בשפודא מידב דייב ופירש רש"י תליה בשפודא בתוך התנור בלא חתיכה ומליחה ועלה קאמר וכן ביעי וכן מזריקי. פשיטא דחתיכה צריך אף לצלי כדמוכח הכא. ומה שפירש רש"י דאי שפדיה בשפודא שרי בלא חתיכה ומליחה רוצה לומר שלא עשה שתיהן. ואדלעיל קאי חתכיה ומלחיה אפילו לקדירה שפיר דמי ועלה קאי דאי שפדיה בשפודא לא בעי תרוייהו חתיכה ומליחה אבל מילתא דפשיטא היא דחתיכה בעי אף לצלי כדמוכח הכא. ומיהו לכאורה משמע דגבי אומצא דאסמיק איירי בלא חתיכה. מדקאמר רבינא דאי שדייה אגומרי נורא מיצמת צמית. ואי חתכיה לא מסתבר למימר דמצמית צמית שהרי הדם היה נפלט דרך החתך והא דדייקינן הכא דבעי חתיכה לצלי היינו בחוטין שבתוך היד שהן נבלעין בתוך הבשר ואין הדם יוצא בלא חתיכה אבל אומצא דאסמיק ומזריקי דהיינו גידי צואר שהוציאו מן הבשר עצמו הנהו לא בעי חתיכה לצלי. ומיהו מה שמדקדק ר"י מדקאמר אפילו לקדירה ולא קאמר חתכיה ומלחיה שפיר דמי מכלל דעד השתא איירי לצלי אין זה כל כך דקדוק דהא לקמן גבי בשרא דאסמיק בתחלת הסוגיא קאמר חתכיה ומלחיה אפילו לקדירה שפיר דמי. אע"ג דלא איירי בצלי מעיקרא. ומיהו איכא למימר משום דבתר הכי איירי בדין צלי פתח תחלה אפי' לקדירה. אבל הכא לא הוי ליה למימר אפילו לקדירה אי לאו דאיירי עד השתא בצלי. ומיהו בפרק הזרוע (חולין דף קלג.) א"ר אבא א"ר הונא א"ר חוטין שבלתי אסורין. כל כהן שאינו יודע ליטלן אין נותנים לו מתנה. ולא היא אי מטוי להו מידב דייב אי לקדירה איידי דמחתך להו מידב דייב ומדלא הזכיר חתוך לצלי אלמא לא בעי לצלי לא חתיכה ולא מליחה. וכן שדר רב עמרם ז"ל דכל שהוא משום דם לקדירה אסור ולצלי מותר. כל שהוא משום חלב בין לקדירה בין לצלי אסור. וכן נמצא בתשובת הגאונים בר יונה או בר אווזא דמטוי ליה לא בעי קריעה ומליחה. ולא עדיף מכבדא ולא אשכחן צלי דבעי מליחה כלל. ושדרו ממתיבתא באתרא דלית להו מילחא ליטוי טוויה דשייב ליה נורא. ובתר דמטוי פלגא אי בעי לבשולי בקדירה שפיר דמי. והלכך חוטין של יד לצלי לא בעי לא חתיכה ולא מליחה. ומתוך זה נדחו דברי ר"ת שהיה אומר שמותר לבשל הכבד אחר מליחה כמו שנהגו לבשל אחר צלייה. דמליחה הרי הוא כרותח דצלי. ולכך פירשו הלכות גדולות דשיעור שהיית מליחה כשיעור צלייה. דכיון דחזינן דלמליחה בעי חתיכה ולצלי לא בעי חתיכה אלמא דצלי מפליט יותר ממליחה וכן עמא דבר שאין לבשל הכבד אחר מליחה:
Et Rabbi Abba a dit au nom de Rav Yehouda au nom de Chemouel : les filaments (« houtin », veines/nerfs sanguins) qui se trouvent dans la patte (le membre antérieur) sont interdits, et ils n'ont pas de remède par le salage (« méliha ») comme le reste de la viande, car le sel ne fait pas sortir le sang accumulé (« kanous ») dans ces filaments s'ils ne les a pas coupés. C'est pourquoi, même pour le rôti (« tsli »), ils sont interdits sans découpe (« hatikha »), car de même que le sel ne fait pas sortir le sang, de même le rôtissage ne le fait pas sortir. Et même s'il les a salés puis rôtis, c'est interdit, car cela revient à un salage après salage (« méliha ahar méliha »). Et le sang accumulé dans les filaments n'est pas comme le sang absorbé (« niv'la ») dans les membres, car il est concentré (« kanous ») dans les filaments. Et s'il l'a rôti sans découpe, les filaments sont interdits mais la viande est permise, et elle ne requiert même pas de raclage superficiel (« klipa »). Ainsi a écrit aussi le Baal Halakhot : celui qui rôtit une tête doit poser l'endroit de l'égorgement (« bet ha-chehita ») vers le bas, afin que le sang s'écoule (« nidov dema »). Et là où il a été distrait et l'a retournée (endroit de l'égorgement vers le haut), c'est le cerveau (« moah ») qui est interdit, mais la tête elle-même est permise — preuve que seul est interdit le cerveau qui a cuit à l'intérieur de la membrane (« kroum »), mais la tête est permise et ne requiert même pas de raclage superficiel (« klipa »). Et la raison en est que la membrane fait séparation entre le sang qui est à l'intérieur et la chair, et le sang n'est pas rejeté vers l'extérieur ; et même si une partie du sang est rejetée et entre dans la chair, « de même qu'elle l'absorbe, ainsi elle le rejette » (« keboul'ô kakh pol'to »). Et s'il l'a coupé et salé, même pour la marmite (« kdéra », cuisson) c'est également permis, car de ce que l'on dit « même pour la marmite » et que l'on ne dit pas « il l'a coupé et salé, c'est permis », il ressort que jusqu'ici on parlait du rôti et sans découpe, comme je l'ai expliqué. Et ce qui est dit plus loin (Houlin 93b) : « ce morceau de viande (« oumtsa ») qui a rougi (« asmik », gorgé de sang), il l'a coupé et salé, même pour la marmite c'est permis ; il l'a embroché sur la broche (« chpoud »), le sang s'écoule (« midav dayiv) » — et Rachi a expliqué : suspendu à la broche dans le four sans découpe ni salage ; et là-dessus il dit « et de même pour les testicules (« bei'ei »), et de même pour les vaisseaux/tendons (« mazriki ») » — il est évident qu'une découpe est requise même pour le rôti, comme il ressort ici. Et ce que Rachi a expliqué, que s'il l'a embroché sur la broche c'est permis sans découpe ni salage, cela veut dire qu'il n'a pas fait les deux (à la fois). Et cela se rapporte à ce qui précède « il l'a coupé et salé, même pour la marmite c'est permis » ; et cela se rapporte à : que s'il l'a embroché sur la broche, il ne requiert pas les deux ensemble, découpe et salage — mais il est évident (« pchita ») qu'une découpe est requise même pour le rôti, comme il ressort ici. Toutefois, à première vue il semblerait qu'à propos du morceau qui a rougi (« oumtsa de-asmik ») on parle sans découpe, puisque Ravina dit que s'il l'a jeté sur des braises ardentes, le feu « resserre » (« mitsmat tsamit », contracte les pores et emprisonne le sang) ; or s'il l'avait coupé, il n'est pas logique de dire qu'il « resserre », car alors le sang serait rejeté par l'entaille (« hatakh »). Et ce dont nous déduisons ici qu'une découpe est requise pour le rôti, cela vaut pour les filaments qui se trouvent à l'intérieur de la patte, qui sont absorbés dans la chair et dont le sang ne sort pas sans découpe ; mais le morceau qui a rougi et les « mazriki » — c'est-à-dire les tendons du cou que l'on a extraits de la chair elle-même — ceux-là ne requièrent pas de découpe pour le rôti. Toutefois, ce que le Ri déduit finement de ce que l'on dit « même pour la marmite » et que l'on ne dit pas « il l'a coupé et salé, c'est permis », d'où il ressortirait que jusqu'ici on parlait du rôti — cette déduction n'est pas si probante, car plus loin, à propos de la viande qui a rougi, au début de la sougya, on dit « il l'a coupé et salé, même pour la marmite c'est permis », bien que l'on n'ait pas d'abord parlé du rôti. Toutefois, on peut répondre : parce qu'ensuite on parle de la loi du rôti, il a commencé d'emblée par « même pour la marmite » ; mais ici il n'aurait pas eu à dire « même pour la marmite » si l'on n'avait pas parlé jusqu'ici du rôti. Toutefois, dans le chapitre « Ha-zeroa » (Houlin 133a) : Rabbi Abba a dit au nom de Rav Houna au nom de Rav : les filaments qui sont dans la mâchoire (« lehi ») sont interdits ; tout kohen qui ne sait pas les retirer, on ne lui donne pas de don (« matana »). Et ce n'est pas ainsi : s'il les rôtit, le sang s'écoule (« midav dayiv ») ; si c'est pour la marmite, puisqu'il les coupe, le sang s'écoule. Et de ce qu'il n'a pas mentionné de découpe pour le rôti, il ressort que pour le rôti il ne faut ni découpe ni salage. Et de même a tranché Rav Amram, de mémoire bénie : tout ce qui est à cause du sang (« dam ») est interdit pour la marmite mais permis pour le rôti ; tout ce qui est à cause de la graisse interdite (« helev ») est interdit aussi bien pour la marmite que pour le rôti. Et de même on trouve dans une réponse (« techouva ») des Guéonim : un pigeon (« bar yona ») ou une oie (« bar avaza ») que l'on rôtit ne requiert ni fendage (« kri'a ») ni salage ; et cela n'est pas supérieur au foie (« kavda »), et nous ne trouvons pas de rôti qui requière le moindre salage. Et ils ont envoyé de la yechiva (« metivta ») : dans un endroit où ils n'ont pas de sel, qu'il rôtisse un rôtissage tel que le feu le lèche ; et après qu'il a rôti à moitié, s'il veut cuire dans la marmite, c'est permis. Donc, les filaments de la patte, pour le rôti, ne requièrent ni découpe ni salage. Et de ceci se trouvent réfutées les paroles de Rabbeinou Tam, qui disait qu'il est permis de cuire le foie après salage, comme on a coutume de le cuire après rôtissage, car le salage est comme la chaleur bouillante du rôti (« rote'ah de-tsli »). Et c'est pourquoi les Halakhot Guedolot ont expliqué que la durée du salage est comme la durée du rôtissage ; car puisque nous voyons que pour le salage une découpe est requise et que pour le rôti une découpe n'est pas requise, il ressort que le rôti fait sortir (le sang) plus que le salage. Et ainsi le peuple a coutume de ne pas cuire le foie après salage.
💡 Explication

Rav : les veines de la mâchoire (la 'joue' fait partie des dons donnés au prêtre) sont interdites car gorgées de sang ; aussi ne donne-t-on pas ce don à un prêtre qui ne sait pas en extraire les veines, de peur qu'il n'en mange le sang.

4
ולא היא, אי בטויא – מידב דייבי, ואי לקדרה – אי דמיחתך להו ומלח להו – מידב דייבי.

Mais ce n'est pas [ainsi] : si [c'est] par rôti (betavya) — [le sang] s'écoule de lui-même ; et si [c'est] pour la marmite (lekedeira) — s'il les a coupés (mehatekh) et salés (malah), [le sang] s'écoule de lui-même.

📜 Rachi (1)
בטויא בצלי:
Betavya — au rôti (tzeli).
💡 Explication

La Guemara écarte la crainte : tout mode de cuisson évacue le sang. Au rôti, le feu fait couler le sang ; pour la marmite, le découpage et le salage (obligatoires avant toute cuisson) le font couler. Donc nul besoin de savoir ôter les veines.

5
אמר רבא: בדק לן רב יוסף, האי כהנא דחטיף מתנתא – חבובי קא מחבב מצוה, או זלזולי קא מזלזל במצוה? ופשטנא ליה ״ונתן״ – ולא שיטול מעצמו.

Rava a dit : Rav Yossef nous a interrogés [pour nous éprouver] : ce prêtre qui saisit [de force] les dons (de-hatif matnata) — montre-t-il de l'affection pour la mitsva (haboubei ka-mehabev mitsva) ou méprise-t-il la mitsva (zilzoulei ka-mezalzel be-mitsva) ? Et nous le lui avons résolu [par] 'et il donnera' (venatan) — et non [pas] qu'il prenne de lui-même.

📜 Rachi (2)
בדק לן מנסה אותנו אם נדע להשיב ורבא כהן היה:
Nous a interrogés — il nous éprouve [pour voir] si nous saurons répondre ; et Rava était prêtre (kohen).
דחטיף מתנתא מתינוקות שנושאין אותם לכהנים:
Qui saisit les dons — des enfants qui les portent aux prêtres.
⚖️ Rosh (1)
אמר רבא בדיק לן רב יוסף האי כהנא דחטיף מתנתא חבובי מצוה הוא או זלזולי מצוה הוא. ופשטינן ליה ונתן ולא שיטול מעצמו. אמר אביי מריש הוה חטיפנא מתנתא כיון דשמענא ונתן ולא שיטול מעצמו מיחטף לא חטיפנא מימר אמינא הבו לי. כיון דשמענא להא דתניא ויטו אחרי הבצע ר"מ אומר חלקם שאלו בפיהם מימר נמי לא אמינא כי יהבו לי שקילנא כיון דשמענא להא דתניא הצנועין מושכין ידיהם והגרגרנים חולקין משקל נמי לא שקילנא בר ממעלי יומא דכפורי לאחזוקי נפשאי בכהנא. ולפרוס ידיה. אנסו ליה עידניה כלומר חולי במעים הוה ולא היה יכול לשהות נקביו לפיכך לא פירס ידיו: אמר רב יוסף האי כהנא דאית ליה צורבא מרבנן בשיבבותיה ודחיקא ליה מילתא ליזכי ליה מתנתא. ואע"ג דלא אתא לידיה במכירי כהונה ולוייה. רבא ורב ספרא איקלעו לבי מר יוחנא בר חנא בר אבא וא"ל למר יוחנא בר חנא בר ביזנא עבד להו עגלא תלתא. אמר ליה רבא לשמעיה זכי לי מתנתא דבעינא למיכל לישנא בחרדלא. זכי ליה. רבא אכל רב ספרא לא אכל אקריוהו לרב ספרא בחלמיה מעדה בגד ביום קרה. אתא לקמיה דרב יוסף אמר ליה דילמא משום דעברית אשמעתיה דמר אקריון הכי. א"ל כי אמרי אנא אחר שמעיה על כרחיך מזכי ליה וכי אמרי אנא למאן דלא איפשר ליה רבא אפשר ליה אלא מאי טעמא אקריון הכי כלפי רבא ולקריוהו לרבא. נזיף הוה. מההוא מעשה דתענית דף כד: דאטרח קמי שמיא ואתא מטרא בתקופת תמוז ואיתחזי ליה אבוהי בחילמיה ואמר איכא דאטרח קמי שמיא כולי האי ושני דוכתיה ואשכח לדוכתיה דמרושם בסכיני. יש מפרשים נזוף הוה בשביל זה המעשה והכי מסתבר טפי דבההוא עובדא דתענית קאמר ההוא גברא דמתחייב נגידא בבי דינא דרבא נגדיה רבא ומית. אישתמע מילתא בי שבור מלכא בעא לצעוריה וכו' ועל ידי אותו מעשה בקש רחמים ובא מטר. ובימי רב יוסף לא היה רבא ראש בית דין להלקות. כי אביי מלך אחר רב יוסף ורבא אחר אביי:
Rava a dit : Rav Yossef nous a interrogés : ce kohen qui saisit (« hatif », s'empare vivement) le don (« matana ») — est-ce qu'il chérit la mitsva (« hibouvi mitsva »), ou bien méprise-t-il la mitsva (« zilzouli mitsva ») ? Et nous lui avons résolu (la question) par « ‘et il donnera’ (‘venatan’) » — et non qu'il prenne de lui-même. Abaye a dit : au début je saisissais le don ; lorsque j'ai entendu « ‘et il donnera’ et non qu'il prenne de lui-même », je ne saisissais plus, mais je disais « donnez-moi ». Lorsque j'ai entendu ce qui est enseigné (« de-tania ») : « ‘et ils se détournèrent après le gain’ (‘vayitou aharei ha-batsa’) », Rabbi Meir dit : ils réclamèrent leur part de leur bouche — je ne disais plus (rien) non plus, mais lorsqu'on me donnait, je prenais. Lorsque j'ai entendu ce qui est enseigné : « les discrets (« ha-tsnou'in ») retirent leur main et les gloutons (« ha-gargeranim ») partagent », je ne prenais plus (rien) non plus, sauf la veille de Yom Kippour, pour m'affirmer (me maintenir) comme kohen. « Et qu'il étende ses mains (pour la bénédiction sacerdotale) » — son temps l'a contraint, c'est-à-dire qu'il avait une maladie des intestins et ne pouvait retenir ses selles ; c'est pourquoi il n'étendait pas ses mains. Rav Yossef a dit : ce kohen qui a un érudit (« tsourva me-rabbanan ») dans son voisinage et qui est à l'étroit financièrement (« dahika lei milta »), qu'il lui attribue (« lizki lei », lui cède le droit à) le don. Et bien qu'(le don) ne soit pas venu dans sa main (physiquement), (cela vaut) par l'institution des « familiers de la kehouna et de la lewiya » (« makhirei kehouna ou-lewiya », ceux qui ont l'habitude de donner à un kohen déterminé). Rava et Rav Safra sont arrivés à la maison de Mar Yohana bar Hana bar Abba, et on leur dit — à Mar Yohana bar Hana bar Bizna — qu'on leur prépara un veau de qualité (« egla tilta », veau au tiers de sa croissance). Rava dit à son serviteur : attribue-moi le don, car je veux manger la langue à la moutarde. Il le lui attribua. Rava mangea ; mais Rav Safra ne mangea pas. On fit lire à Rav Safra en rêve (le verset) : « il ôte le vêtement au jour du froid » (« ma'ade beged be-yom kara »). Il vint devant Rav Yossef ; il lui dit : peut-être est-ce parce que j'ai transgressé l'enseignement du maître que l'on m'a fait lire ceci ? Il lui dit : lorsque moi j'ai dit « après (l'égorgement) que le serviteur (a fait) », tu es forcément tenu de le lui attribuer ; et lorsque moi j'ai dit « à celui pour qui ce n'est pas possible » (financièrement) — (or) pour Rava c'est possible. Alors quelle est la raison pour laquelle on lui a fait lire ceci ? À l'encontre de Rava (le reproche visait Rava, non Rav Safra). Mais alors, qu'on l'eût fait lire à Rava (lui-même) ! (Réponse :) il était sous réprimande (« nazif », en état de blâme céleste). À cause de cet épisode de Ta'anit (24b) où il a importuné (« atrah ») devant le Ciel et que la pluie est venue à la saison de Tamouz, et son père lui apparut en rêve et dit : « y a-t-il quelqu'un qui importune ainsi le Ciel à ce point ? », et il changea sa place (de sa sépulture) et trouva que sa place était rayée (marquée) par des couteaux. Il y a qui expliquent qu'il était sous réprimande à cause de cet épisode-là, et cela est plus vraisemblable, car dans cet épisode de Ta'anit on dit : un certain homme qui était passible de flagellation (« nagida ») au tribunal de Rava, Rava le fit flageller et il mourut ; l'affaire parvint à la maison du roi Chapour (« Chevor malka »), qui voulut le faire souffrir, etc. ; et par le biais de cet épisode il implora miséricorde et la pluie vint. Or aux jours de Rav Yossef, Rava n'était pas chef du tribunal (« roch bet din ») pour flageller, car Abaye régna (dirigea l'académie) après Rav Yossef, et Rava après Abaye.
💡 Explication

Question d'examen posée par Rav Yossef : le prêtre qui saisit (hatifa) les dons (la cuisse, la joue, la caillette : Deut 18:3) honore-t-il la mitsva par empressement, ou la méprise-t-il ? Réponse par le verset 'venatan' (que [le propriétaire] donne) : c'est au donateur de donner, non au prêtre de prendre de lui-même — donc saisir, c'est mépriser.

🖼️ Schéma
Le prêtre doit-il saisir les dons (matanot) ou attendre qu'on les lui donne ? 'venatan' (qu'il donne) -> ce n'est pas au prêtre de prendre de lui-même Saisir (hatifa) arracher le don de soi-même mépris de la mitsva (zilzoul) -> interdit Abaye a cessé de saisir Demander (havou li) réclamer de la bouche aussi écarte (fils de Chmouel : 'après le gain', demande) les discrets retirent la main Recevoir si on donne attendre qu'on lui donne conduite idéale Abaye prenait seulement la veille de Kippour, pour s'affirmer comme prêtre
Saisir, demander ou recevoir les dons : la conduite idéale dégagée de 'venatan'.
6
אמר אביי: מריש הוה חטיפנא מתנתא, אמינא: חבובי קא מחביבנא מצוה. כיון דשמענא להא ״ונתן״ – ולא שיטול מעצמו, מיחטף לא חטיפנא, מימר (אמרי) [אמינא]: הבו לי. וכיון דשמענא להא דתניא: ״ויטו אחרי הבצע״, רבי מאיר אומר: בני שמואל חלקם שאלו בפיהם, מימר נמי לא אמינא, ואי יהבו לי – שקילנא.

Abaye a dit : au début je saisissais les dons, [car] je [me] disais : je montre de l'affection pour la mitsva. Dès que j'ai entendu cela — 'venatan', et non qu'il prenne de lui-même — je ne saisissais plus ; je disais : 'donnez-moi' (havou li).

Et dès que j'ai entendu cela qui est enseigné : 'mais ils se détournèrent après le gain' (vayitou aharei ha-betza, I Samuel 8:3) — Rabbi Meir dit : les fils de Chmouel ont réclamé leur part de leur bouche (be-fihem) — je ne disais plus rien non plus ; et si on me donnait — je prenais.

📜 Rachi (4)
מי אמרינן חבובי קא מחבב המצוה ויפה הוא עושה:
Disons-nous [qu']il montre de l'affection pour la mitsva — et [qu']il fait bien ?
ונתן לכהן ולא שיטול הכהן מעצמו:
Venatan — au prêtre (la-kohen), et non que le prêtre prenne de lui-même.
מימר אמרי הבו לי הייתי שואלו בפה מלא שהייתי סבור שהוא חיבוב מצוה:
Je disais : 'donnez-moi' — je [le] lui demandais à pleine bouche, car je pensais que c'était [là] de l'affection pour la mitsva.
חלקם שאלו בפיהם דמגני להו קרא לבני שמואל ויטו אחרי הבצע אמר רבי מאיר שלא היה עבירת גזל בידם אלא חלק לויה כגון מעשר ראשון היו שואלין בפיהם:
Ils ont réclamé leur part de leur bouche — car le verset blâme les fils de Chmouel : 'mais ils se détournèrent après le gain' ; Rabbi Meir dit qu'il n'y avait pas de transgression de rapine (gzel) entre leurs mains, mais [seulement qu']ils réclamaient de leur bouche une part de lévite, comme la première dîme (maaser richon).
💡 Explication

Abaye (lui-même prêtre) raconte son évolution en trois étapes : (1) il saisissait, croyant honorer la mitsva ; (2) après avoir entendu 'venatan', il cessa de saisir et se contentait de demander ('donnez-moi') ; (3) après la braita sur les fils de Chmouel (qui péchèrent en réclamant leur part de leur bouche), il cessa même de demander — il prenait seulement si on lui donnait.

7
כיון דשמענא להא דתניא: הצנועים מושכין את ידיהם, והגרגרנים חולקים – משקל נמי לא שקילנא, לבר ממעלי יומא דכיפורי, לאחזוקי נפשאי בכהני.

Dès que j'ai entendu cela qui est enseigné : 'les discrets (ha-tzenouim) retirent leurs mains, et les gloutons (ha-gargeranim) partagent' — je ne prenais plus rien non plus, hormis la veille de Yom Kippour (maaleh yoma de-kippourei), pour m'affirmer [comme l'un] des prêtres (le-ahzoukei nafchai be-khahanei).

📜 Rachi (2)
הצנועים מושכין את ידיהם בחילוק לחם הפנים קאמר במס' יומא בטרף בקלפי (יומא דף לט.) משמת שמעון הצדיק נשתלחה מארה בלחם הפנים:
Les discrets retirent leurs mains — il parle du partage des pains de proposition (le'hem ha-panim), au traité Yoma, [chapitre] Be-taraf ba-kalpi (Yoma 39a) : 'depuis la mort de Chimon le Juste, une malédiction (mera) fut envoyée dans les pains de proposition'.
לאחזוקי נפשאי בכהני שלא ישתכח הדבר שאני כהן:
Pour m'affirmer parmi les prêtres — pour qu'on n'oublie pas que je suis prêtre.
🗂️ Tossefot (2)
משקל נמי לא שקילנא שלא אקרא גרגרן ולא אגזול ממי שצריך יותר ממני אע"פ שגם הוא לא היה עשיר:
Je ne prenais plus rien non plus — pour qu'on ne m'appelle pas glouton (gargeran), et que je ne spolie pas (ezgol) celui qui en a plus besoin que moi, bien que lui non plus ne fût pas riche.
לבר ממעלי יומא דכפורי שיום טוב הוא כדאמר בפרק אותו ואת בנו (לעיל חולין דף פג.) ומתנות מרובות וכהנים מתאספין ואילו לא היה נוטל היו אומרים שאינו כהן:
Hormis la veille de Yom Kippour — car c'est un jour de fête, comme il est dit au chapitre Oto ve-et beno (plus haut, Houlin 83a), et [alors] les dons [sont] nombreux et les prêtres se rassemblent ; or s'il ne prenait pas, on dirait qu'il n'est pas prêtre.
💡 Explication

Quatrième étape : après la braita sur le partage des pains de proposition ('les discrets retirent leurs mains, les gloutons se partagent [tout]'), Abaye cessa de prendre même ce qu'on lui offrait — sauf la veille de Yom Kippour (jour de fête, dons nombreux), pour s'affirmer comme prêtre (qu'on n'oublie pas qu'il l'est).

8
ולפרוס ידיה! אנסיה ליה עידניה.

Mais qu'il étende ses mains (ve-lifrous yedeih) [pour la bénédiction sacerdotale, tout au long de l'année, et ainsi l'on saura qu'il est prêtre] ! Son temps [d'étude] le contraignait (anseih leh idneih).

📜 Rachi (2)
ופריך וליפרוס ידיה כיון שאינו עושה אלא שלא ישתכח שם כהן מעליו יפרוס ידיו לדוכן כל השנה ומחזיק נפשיה בכהני:
Et [la Guemara] objecte : mais qu'il étende ses mains ! — puisqu'il n'agit [ainsi] que pour qu'on n'oublie pas qu'il porte le nom de prêtre, qu'il étende ses mains à l'estrade (doukhan) toute l'année, et [il] s'affirmera parmi les prêtres.
אנסיה ליה עידניה עתים שקבע לתלמידיו היו טורדים אותו מלישא את כפיו שהיה עוסק לתלמידיו בעת שהצבור נאספים לבית הכנסת:
Son temps le contraignait — les heures qu'il avait fixées pour ses élèves le détournaient de lever ses mains [pour la bénédiction], car il étudiait avec ses élèves au moment où la communauté se rassemblait à la synagogue.
💡 Explication

Objection : pour s'affirmer comme prêtre, Abaye n'avait qu'à étendre les mains pour la bénédiction sacerdotale (nessiat kapayim) toute l'année ! Réponse : son horaire d'étude le retenait — fixé à enseigner à ses élèves au moment où la communauté se rassemblait à la synagogue, il manquait l'heure de la bénédiction.

9
אמר רב יוסף: האי כהנא דאית ליה צורבא מרבנן בשבבותיה, ודחיקא ליה מילתא – ליזכי ליה מתנתא, ואף על גב דלא אתי לידיה, במכרי כהונה ולויה.

Rav Yossef a dit : ce prêtre qui a un disciple des sages (tzourva me-rabbanan) dans son voisinage (chevaboutei), et [pour qui] la chose est difficile (de-dahika leh milta) [c'est-à-dire qui est dans la gêne] — qu'il lui acquière [ses] dons (lizki leh matnata), et bien qu'ils ne soient pas [encore] venus en sa main, [cela vaut] dans [le cas] des familiers (makirei) du sacerdoce et de la levie.

📜 Rachi (3)
ודחיקא ליה מלתא לההוא צורבא מרבנן והכהן רוצה לההנותו יתן לו חלק מתנותיו לקבל זרוע ולחיים מבני העיר בשביל הכהן והוא יאכלם:
Et [pour qui] la chose est difficile — pour ce disciple des sages ; et le prêtre voulant lui faire du bien lui donne une part de ses dons, [à savoir] de recevoir la cuisse (zeroa) et la joue (lehayayim) des habitants de la ville à la place du prêtre, et c'est lui [le sage] qui les mangera.
ואע"ג דלא אתי לידיה דכהן יכול לזכות לו:
Et bien qu'ils ne soient pas venus en sa main — car le prêtre peut [les] lui acquérir.
במכרי כהונה ולויה בכהן שהיה ניכר בעיר ורוב בני אדם אוהבים אותו ונותנין לו המתנות ובאותו כהן אמרינן דיכול לזכות מעשרותיו לאחר אף על גב דלא אתי לידיה. מכרי לשון (מלכים ב יב) איש מאת מכרו:
Dans [le cas] des familiers du sacerdoce et de la lévie — [il s'agit] d'un prêtre qui était connu dans la ville et que la plupart des gens aimaient et à qui ils donnaient les dons ; et à propos d'un tel prêtre nous disons qu'il peut acquérir [à un autre] ses dîmes, bien qu'elles ne soient pas [encore] venues en sa main. 'Makiri' [est] un terme [comme dans] (II Rois 12) 'chacun de son familier (makaro)'.
💡 Explication

Rav Yossef permet au prêtre ayant un disciple des sages pauvre dans son voisinage de lui transférer ses dons (le sage les recevra à la place du prêtre). Cela vaut même avant que le prêtre ne les ait reçus, dans le cas des 'makirei kehouna ou-leviya' : un prêtre (ou lévite) bien connu et aimé, à qui les gens donnent régulièrement, de sorte que la réception est certaine.

10
רבא ורב ספרא איקלעו לבי מר יוחנא בריה דרב חנא בר אדא, ואמרי לה לבי מר יוחנא בריה דרב חנא בר ביזנא. עביד להו עגלא תילתא, אמר ליה רבא לשמעיה: זכי לן מתנתא, דבעינא למיכל לישנא בחרדלא.

Rava et Rav Safra arrivèrent à la maison de Mar Yohana fils de Rav Hana bar Adda — et certains disent : à la maison de Mar Yohana fils de Rav Hana bar Bizna. Il leur prépara un veau d'un tiers [de sa croissance] (egla tilta).

Rava dit à son serviteur (chamaeh) [à celui de l'hôte, qui était prêtre] : acquiers-nous les dons (zaki lan matnata), car je veux manger de la langue à la moutarde (lichana be-hardela).

📜 Rachi (2)
אמר ליה רבא לשמעיה לשמשו של בעה"ב והוא כהן ובעה"ב נותן לו מתנותיו:
Rava dit à son serviteur — au serviteur du maître de maison, lequel [serviteur] était prêtre, et le maître de maison lui donnait ses dons.
זכי לי מתנתא תן לי רשות ליקח מתנותיך לאוכלם מפני שהלשון עם הלחיים ניתן לכהנים ובעינן למיכל לישנא בחרדלא שהוא דבר חשוב וה"נ אמרינן בהשוכר את הפועלים (בבא מציעא דף פו:) כדי להאכילם שלש לשונות בחרדל. ואף על גב דרבא נמי כהן הוה דקיימא לן (ראש השנה דף יח.) דמבני עלי אתא ובבכורות (דף כז.) נמי אמרינן רבא הוה מבטל תרומת חוצה לארץ ברוב ואכיל לה בימי טומאתו מיהו מנפשיה לא מצי שקיל דכתיב ונתן ולא שיטול מעצמו ומימר נמי לא בעי למימר הבו לי דתניא חלקם שאלו בפיהם להכי שקלם בתורת זר על ידי נתינת כהן ואף על גב דלא מטא לידיה דשמעא סמך רבא אדרב יוסף דלעיל:
Acquiers-moi les dons — donne-moi la permission de prendre tes dons pour les manger, parce que la langue [se donne] avec la joue [et] est donnée aux prêtres ; et nous voulons manger de la langue à la moutarde, qui est chose de prix. Et de même disons-nous au [chapitre] Ha-sokher et ha-poalim (Baba Metzia 86b) 'afin de les nourrir de trois langues à la moutarde'. Et bien que Rava aussi fut prêtre — car nous tenons (Roch Hachana 18a) qu'il descend [de la maison] d'Eli, et au [traité] Bekhorot (27a) nous disons aussi [que] Rava annulait la terouma de l'étranger [au pays d'Israël] dans une majorité [profane] et la mangeait dans ses jours d'impureté — néanmoins, de lui-même il ne pouvait [la] prendre, car il est écrit 'venatan', et non qu'il prenne de lui-même ; et 'donnez-moi' non plus il ne voulait dire, car il est enseigné [que] les fils de Chmouel ont réclamé leur part de leur bouche ; c'est pourquoi il les a prises à titre de non-prêtre (be-torat zar), par le don d'un prêtre. Et bien qu'elles ne soient pas venues en la main du serviteur, Rava s'est appuyé sur [la règle de] Rav Yossef ci-dessus.
🗂️ Tossefot (1)
אמר ליה רבא לשמעיה כו' רבא גרסי' דרבה כהן הוה כדאמר פרק עד כמה (בכורות דף כז.) (רבא) [רבה] הוה מבטל לה ברוב ואמרי' נמי (ר"ה דף יח.) אביי ורבה מדבית עלי קא אתו:
Rava dit à son serviteur, etc. — nous lisons 'Rava', car Rabba était prêtre, comme on le dit au chapitre Ad kama (Bekhorot 27a) : '[Rabba] l'annulait dans une majorité' ; et nous disons aussi (Roch Hachana 18a) [qu']Abaye et Rabba descendent de la maison d'Eli.
💡 Explication

Récit illustrant la règle précédente. Chez Mar Yohana, on sert un veau gras ('d'un tiers'). Rava demande au serviteur-prêtre de l'hôte (qui reçoit habituellement les dons de Mar Yohana) de lui 'acquérir les dons' — c'est-à-dire de lui céder le droit aux dons (dont la joue avec la langue) — car il veut manger de la langue à la moutarde, mets de choix.

11
זכי ליה. רבא אכל, ורב ספרא לא אכל. אקריוה לרב ספרא בחלמא: ״מעדה בגד ביום קרה חמץ על נתר ושר בשירים על לב רע״.

Il [le serviteur] les lui acquit. Rava mangea, mais Rav Safra ne mangea pas.

On lut à Rav Safra [en songe] : 'qui ôte un vêtement par jour de froid, [comme] du vinaigre sur du natron, ainsi est celui qui chante des chants pour un cœur mauvais' (Proverbes 25:20).

📜 Rachi (4)
רב ספרא לא אכל משום דלא מטא לידיה דשמעא:
Rav Safra ne mangea pas — parce que [les dons] n'étaient pas venus en la main du serviteur.
מעדה בגד ביום קרה בגד בלוי ונרקב כמו (ישעיהו סד) וכבגד עדים. בעת הקור אינו שוה כלום:
Qui ôte un vêtement par jour de froid — un vêtement usé et pourri, comme (Isaie 64) 'comme un vêtement souillé (beged idim)' ; au temps du froid il ne vaut rien.
וכמו חומץ על נתר שאינו אלא מפסידו. נתר הוא מין צריף אלו"ם בלע"ז:
Et comme du vinaigre sur du natron — car il ne fait que le gâter. Le natron (neter) est une espèce de [substance de] blanchisseur, 'aloun' en langue vernaculaire.
כן שר בשירים על לב רע כן האומר דברי תורה למי שאינו יודע להבין בהן:
Ainsi celui qui chante des chants pour un cœur mauvais — ainsi [en est-il de] celui qui dit des paroles de Torah à qui ne sait pas les comprendre.
💡 Explication

Le serviteur cède les dons ; Rava en mange, mais Rav Safra s'abstient (le serviteur, contraint, n'avait pas de droit assuré sur ces dons). En songe, on lit à Rav Safra le verset de remontrance (Proverbes 25:20) — applique allégoriquement à qui étudie sans comprendre, ou qu'on traite à tort.

12
אתא לקמיה דרב יוסף, אמר ליה: דלמא משום דעברי אשמעתא דמר אקריין הכי? אמר ליה: כי אמרי אנא – באחר, שמעא – בעל כרחיה מזכי, וכי אמרי אנא – למאן דלא אפשר ליה, הא אפשר ליה.

Il vint devant Rav Yossef [et] lui dit : peut-être est-ce parce que j'ai transgressé l'enseignement du Maître (de-avri a-chmaata de-mar) qu'on m'a lu ainsi ? Il lui dit : quand j'ai dit [cela, c'était] pour un autre (be-aher) ; [mais] un serviteur acquiert [les dons] malgré lui (be-al korheih).

Et [encore], quand j'ai dit [cela, c'était] pour celui à qui [autrement la chose] n'est pas possible (de-lo efchar leh) ; [or] à celui-ci [Rava] la chose est possible (ha efchar leh).

📜 Rachi (3)
משום דעברי אשמעתא דמר שלא סמכתי על שמועתך שאמרת דמותר לצורבא מרבנן לקבלה אף על גב דלא אתו לידיה דכהן:
Parce que j'ai transgressé l'enseignement du Maître — [à savoir] que je ne me suis pas appuyé sur ton enseignement, [selon lequel] tu as dit qu'il est permis à un disciple des sages de [le] recevoir, bien qu'[il] ne soit pas venu en la main du prêtre.
כי אמרי אנא באחר היכא דמזכי ליה כהן אחר שאינו כפוף לו אבל שמעא דבעל הבית על כרחו מזכי ליה לאדם חשוב שהוא בא בביתו של בעל הבית. אי נמי אימר דאמרי אנא דיכול לזכות מתנתא לאחר אף על גב דלא אתו לידיה:
Quand j'ai dit, [c'était] pour un autre — [dans le cas] où c'est un autre prêtre qui [le] lui acquiert, [un prêtre] qui ne lui est pas soumis ; mais un serviteur, [c'est] le maître de maison [qui], malgré lui, [le] lui fait acquérir, [au profit d']un homme de marque (adam hachouv) qui vient dans la maison du maître de maison. Ou bien [encore] : disons que [ce que] j'ai dit, [c'est] qu'il peut acquérir les dons à un autre, bien qu'ils ne soient pas [encore] venus en sa main.
דלא אפשר ליה כלומר לאיש שהוא עני ודחוק אבל רבא אפשר ליה ולא דחיקא ליה מילתא:
À qui [cela] n'est pas possible — c'est-à-dire pour un homme qui est pauvre et dans la gêne ; mais à Rava la chose est possible, et la chose ne lui est pas difficile [il n'est pas dans le besoin].
💡 Explication

Rav Safra craint d'avoir transgressé l'enseignement de Rav Yossef en s'abstenant. Rav Yossef le rassure : sa permission valait pour un prêtre cédant les dons de son plein gré à un tiers de son choix — non pour un serviteur qui cède contraint (par déférence à l'hôte). De plus, elle ne visait que le pauvre ('à qui la chose n'est pas possible') — or Rava, lui, n'était pas dans la gêne.

13
ואלא מאי טעמא אקריין הכי? כלפי רבא! ולקריוה לרבא? רבא נזוף הוה.

Mais alors, pour quelle raison m'a-t-on lu [ce verset] ainsi ? [Il était dirigé] envers Rava (kelapei Rava) !

Mais qu'on [le] lise à Rava [lui-même] ! Rava était [sous] remontrance (nazouf).

📜 Rachi (3)
כיון דלא עבר רב ספרא אשמעתיה דרב יוסף מאי טעמא אקריוה בחלמיה:
[On demande :] puisque Rav Safra n'a pas transgressé l'enseignement de Rav Yossef, pour quelle raison [le verset] lui a-t-il été lu en son songe ?
כלפי רבא כלומר על רבא שלא ידע להבין בטעמו של רב יוסף הקרוהו לרב ספרא כך:
Envers Rava — c'est-à-dire [que c'est] à propos de Rava, qui n'a pas su comprendre le raisonnement de Rav Yossef, [qu']on l'a lu ainsi à Rav Safra.
נזוף הוה אני שמעתי משום דהטיח כלפי מעלה במסכת תענית (דף כד:) דבעא מיטרא ללא צורך משום יקרא דאמיה דשבור מלכא ואמרינן התם דאיתחזי ליה אבוה בחלמיה וא"ל מי איכא דמיטרח קמי שמיא אשני דוכתיך אשני דוכתיה למחר אשכחיה לפורייה דמרשם בסכיני שנועדו מלאכי חבלה להורגו בלילה. ולי נראה נזוף משום האי מעשה:
Était [sous] remontrance — moi, j'ai entendu [que c'est] parce qu'il avait récriminé envers le Ciel (hetiah kelapei maala) au traité Taanit (24b) : [c'est] qu'il avait demandé la pluie sans nécessité, en l'honneur de la mère de Chapour le roi ; et nous disons là que son père lui apparut en songe et lui dit : 'y a-t-il quelqu'un qui dérange [ainsi] le Ciel ? change ton lieu' ; il changea son lieu, [et] le lendemain il trouva sa couche tailladée de coups de couteau, [signe] que des anges destructeurs s'étaient assemblés pour le tuer la nuit. Mais à moi il paraît [que] 'nazouf' [se rapporte] à cette affaire-ci.
💡 Explication

Rav Safra demande alors pourquoi ce verset lui fut lu, s'il n'a pas fauté. Réponse : il visait Rava (qui a mangé contre la règle). Objection : qu'on le lui lise donc directement ! Réponse : Rava était sous remontrance (nazouf) [céleste, à la suite de cet épisode], et ne reçut donc pas la communication onirique — d'où la lecture à Rav Safra.

14
אמר ליה אביי לרב דימי: ופשטיה דקרא במאי כתיב? אמר ליה: בשונה לתלמיד שאינו הגון.

Abaye dit à Rav Dimi : et le sens simple du verset (pechateih de-kra), de quoi parle-t-il ? Il lui dit : de celui qui enseigne à un élève indigne (talmid che-eino hagoun).

⚖️ Rosh (1)
אמר ליה אביי לרב דימי פשטיה דקרא במאי כתיב א"ל בשונה לתלמיד שאינו הגון דא"ר יהודה אמר רב השונה לתלמיד שאינו הגון נופל לגיהנם שנאמר כל חשך טמון לצפוניו תאכלהו אש לא נופח ירע שריד באהלו ואין שריד אלא תלמיד חכם שנאמר ובשרידים אשר ה' קורא: אמר רב הונא אם כהן שותף בראש פטור מן הלחי שותף ביד פטור מן הזרוע. שותף בבני מעיים פטור מן הקיבה. וחייא בר רב אמר אפילו שותף באחד מהן פטור מכולן והלכתא כרב הונא דהא אתותב חייא בר רב מהא דתניא הראש שלי וכולה שלך אפילו אחד ממאה בראש פטור מן הלחי וחייב בכולן וסלקא בתיובתא. ואם אמר כהן לישראל כולה שלי והראש שלך חייב דבתר חיובא אזלינן דתניא הלוקח גז צאנו של עובד כוכבים פטור מראשית הגז זה חומר בזרוע לחיים וקיבה מראשית הגז. אלמא בתר חיובא אזלינן. ואם א"ל חוץ מן המתנות חוץ שיורא הוי ולא מכר לו את המתנות ודכוותה בישראל לישראל מיחייב הלוקח דכיון דשחטיה עליה דידיה רמי למיתבינהו. אבל אם אמר כהן לישראל פרה זו מכורה לך על מנת שהמתנות שלי נותן לכל כהן שירצה. דעל מנת לאו שיורא הוא אלא תנאי שמכר לו הכל בתנאי שיהא המתנה שלו ואין בו כח להתנות זה שהתורה אמרה שיתנה לכל כהן שירצה. ולא אמר שהמכר בטל מאחר שאין התנאי מתקיים משום דהתנה על מה שכתוב בתורה והתנאי בטל ומעשה קיים. דכוותיה אמרינן בפרק המוכר את הבית (בבא בתרא דף סג.) בן לוי שמכר שדה ע"מ שמעשר ראשון שלו מעשר ראשון שלו משום דסבר הך תנא דע"מ שיורא הוא ושיורא שייר למקום מעשר. אבל בתנאי לא מצי לאתנויי שיתן לו המעשר בכל שנה ושנה דמתנה על מה שכתוב בתורה הוא: לקח ממנו במשקל נותנן לכהן ומנכה לו מן הדמים אמר רב לא שנו אלא ששקל לעצמו בהא אמר נותנו לכהן אבל שקל לו טבח הדין עם הטבח פי' אף עם הטבח דסבר רב מתנות כהונה נגזלות והוי ליה גזל ולא נתייאשו הבעלים ובא אחר ואכלו רצה מזה גובה רצה מזה גובה. ורב אסי אמר אפילו שקל לו הטבח הדין עמו דווקא ולא עם הטבח. דסבר מתנות כהונה נגזלות והלכתא כרב דרבו של רב אסי הוה:
Abaye dit à Rav Dimi : le sens simple du verset (« pchate de-kra ») — à propos de quoi est-il écrit ? Il lui dit : à propos de celui qui enseigne à un élève qui n'est pas digne (« talmid che-eino hagoun ») ; car Rabbi Yehouda a dit au nom de Rav : celui qui enseigne à un élève qui n'est pas digne tombe dans la Géhenne (« guehinam »), ainsi qu'il est dit : « toute ténèbre est cachée pour ses trésors, un feu non attisé le consumera, il fera du mal au survivant (‘sarid’) de sa tente » ; et « sarid » ne désigne qu'un érudit (« talmid 'hakham »), ainsi qu'il est dit : « et parmi les survivants (‘sridim’) que l'Éternel appelle ». Rav Houna a dit : si un kohen est associé (« choutaf », copropriétaire) dans la tête (de l'animal), il est exempt de (donner) la mâchoire (« lehi ») ; associé dans la patte (le membre antérieur), il est exempt de l'épaule/cuisseau (« zeroa ») ; associé dans les entrailles (« bnei me'ayim »), il est exempt de la caillette (« keiva »). Et Hiyya bar Rav a dit : même associé dans l'un d'eux, il est exempt de tous. Et la halakha est comme Rav Houna, car Hiyya bar Rav a été réfuté (« itototav ») à partir de ce qui est enseigné : « la tête est à moi et tout le reste est à toi » — même (pour) un centième de la tête, il est exempt de la mâchoire mais tenu (« hayav ») de tous les (autres) ; et cela aboutit à une réfutation (« teiyouvta »). Et si un kohen a dit à un Israélite « tout est à moi et la tête est à toi », il (l'Israélite) est tenu (des dons), car on suit l'obligation (« batar hiyouva azlinan », on suit sur qui pèse le devoir) ; comme il est enseigné : « celui qui achète la toison du troupeau d'un non-Juif (‘oved kokhavim’) est exempt des prémices de la toison (‘reichit ha-gez’) ; ceci est une rigueur du (cuisseau) zeroa, des joues (‘lehayaim’) et de la caillette (‘keiva’) par rapport aux prémices de la toison » — preuve que l'on suit l'obligation. Et s'il (le kohen) lui a dit « hormis les dons » (« houts min ha-matanot »), « hormis » constitue une réserve (« chiyoura », exclusion) et il ne lui a pas vendu les dons ; et de même, dans le cas d'un Israélite (vendant) à un Israélite, l'acheteur est tenu (des dons), car puisque le vendeur l'a égorgé à sa charge (pour lui), il incombe (à l'acheteur) de les donner. Mais si un kohen a dit à un Israélite : « cette vache t'est vendue à condition (‘al menat’) que les dons soient à moi », il donne à tout kohen qu'il voudra ; car « à condition » n'est pas une réserve mais une condition (« tenai ») — il lui a vendu le tout à la condition que le don soit à lui, mais il n'a pas le pouvoir de poser cette condition, puisque la Torah a dit qu'il (l'acheteur) doit donner à tout kohen qu'il voudra ; et on ne dit pas que la vente est annulée du fait que la condition ne tient pas, car il a posé une condition contraire à ce qui est écrit dans la Torah (« matneh al ma che-katouv ba-Torah ») : la condition est nulle mais l'acte (la vente) demeure valable. De même nous disons au chapitre « Ha-mokher et ha-bayit » (Baba Batra 63a) : un léwi qui a vendu un champ à condition que la première dîme (« ma'aser richon ») soit à lui — la première dîme est à lui, parce que ce tanna tient que « à condition » est une réserve, et il a réservé (pour lui) l'emplacement de la dîme ; mais par une condition (proprement dite) il ne pourrait pas stipuler qu'on lui donne la dîme chaque année, car ce serait poser une condition contraire à ce qui est écrit dans la Torah. « Celui qui a pris de lui (la viande) au poids (‘be-michkal’) la donne au kohen et lui déduit (la valeur) du prix (‘damim’) » : Rav a dit — on n'a enseigné (cela) que lorsqu'il a pesé pour lui-même ; dans ce cas il dit qu'il la donne au kohen. Mais si le boucher (« tabah ») a pesé pour lui, le droit est avec le boucher — c'est-à-dire (l'action en justice se fait) aussi avec le boucher — car Rav tient que les dons de la kehouna sont sujets à spoliation (« nigzalot », peuvent être volés/soustraits), et c'est comme (le cas de) « volé et les propriétaires n'ont pas désespéré (‘lo nityaachou ha-bealim’) et un autre est venu et l'a mangé » : s'il veut, il recouvre de celui-ci, s'il veut, il recouvre de celui-là. Et Rav Assi a dit : même si le boucher a pesé pour lui, le droit est avec lui (le kohen) exclusivement, et non avec le boucher ; car il tient que les dons de la kehouna (ne) sont (pas) sujets à spoliation. Et la halakha est comme Rav, car il était le maître de Rav Assi.
💡 Explication

Abaye demande le sens simple (pchat) du verset 'qui chante des chants pour un cœur mauvais' (Prov 25:20). Rav Dimi : il parle de celui qui enseigne la Torah à un élève indigne (che-eino hagoun) — comme le vêtement usé est inutile par grand froid, et le vinaigre gâte le natron, ainsi l'enseignement est gaspillé sur un cœur qui ne veut pas comprendre.

15
דאמר רב יהודה אמר רב: כל השונה לתלמיד שאינו הגון – נופל בגיהנם, שנאמר ״כל חשך טמון לצפוניו תאכלהו אש לא נפח ירע שריד באהלו״, ואין ״שריד״ אלא תלמיד חכם, שנאמר ״ובשרידים אשר ה׳ קרא״.

Comme [le] dit Rav Yehouda au nom de Rav : quiconque enseigne à un élève indigne tombe dans la géhenne (gehinom), comme il est dit : 'toute ténèbre est en réserve pour ses trésors, un feu non attisé le dévore, il va mal pour qui demeure (sarid) dans sa tente' (Job 20:26) ; et 'sarid' (rescapé) ne [désigne] qu'un disciple des sages (talmid 'hakham), comme il est dit : 'et parmi les rescapés (serridim) que l'Éternel appelle' (Joël 3:5).

📜 Rachi (2)
ירע שריד באהלו למי שירע שריד באהלו תלמיד רע:
Il va mal pour qui demeure (sarid) dans sa tente — pour celui qui a [chez lui] un mauvais 'sarid' dans sa tente, [c'est-à-dire] un mauvais élève.
תאכלהו אש לא נופח אשו של גיהנם:
Un feu non attisé le dévore — le feu de la géhenne (gehinom).
🪔 Ben Yehoyada (2)
כל השונה לתלמיד שאינו הגון נופל בגיהנם (איוב כ, כו) . אמר 'נופל' ולא אמר נידון כי אין לו עונש בדין גיהנם ורק מפילים אותו שם לפי שעה שיראה בעיניו גדולים שלו שגידל אותם בתורה בעולם הזה שעשה את התלמיד חכם להרע ובנפילתו שם ודאי יהיה נכוה באש גיהנם לפי שעה תחת אשר לימד תורה הנקראת אש ה' לתלמיד שאינו הגון.
« Quiconque enseigne à un élève indigne tombe (« nofel ») dans la Géhenne » (Job 20:26). Il a dit « tombe » et n'a pas dit « il est jugé (‘nidon’) », car il n'a pas de châtiment dans le jugement de la Géhenne ; on l'y précipite seulement pour un moment, afin qu'il voie de ses yeux ses « grands » — ceux qu'il a fait grandir dans la Torah en ce monde — [alors] qu'il a rendu l'érudit (« talmid 'hakham ») mauvais. Et dans sa chute là, il sera assurément brûlé par le feu de la Géhenne pour un moment, en échange de ce qu'il a enseigné la Torah, appelée « feu de l'Éternel » (« ech Hachem »), à un élève indigne.
אין 'שריד' אלא תלמידי חכמים (יואל ג, ה) . נראה לי בס"ד הטעם דקורא אותו בשם 'שריד' כי לא המדרש עיקר אלא המעשה וידוע כי המעשה תתייחס לידים וידוע שביד יש י"ז פרקים כמנין טוב [17] ובזה פרשתי הטעם דהתורה נקראת טוב לרמוז לא המדרש עיקר אלא המעשה שהתייחס ליד שיש בה טו"ב פרקים ובתורה כתיב בי שרים ישרו (משלי ח, טז) נמצא התלמיד חכם נקרא בשם שר ונקרא בשם מלך אך שר בתורה ואין לו מעשים טובים שמתייחסים ליד אינו כלום לכך נקרא 'שריד' חלק התיבה לשתים וקרי בה 'שר יד' רצונו לומר שררתו בתורה יוצאה מן הכח לפועל על ידי קיום המעשה ביד.
« ‘Sarid’ ne désigne qu'un érudit » (Joël 3:5). Il me semble, avec l'aide du Ciel, [voici] la raison pour laquelle [le verset] l'appelle du nom de « sarid » : car ce n'est pas l'étude (« midrach ») qui est l'essentiel, mais l'acte (« maasse ») ; et il est connu que l'acte se rapporte aux mains ; et il est connu que dans la main il y a dix-sept articulations (« perakim »), soit la valeur numérique de « tov » (bon) [= 17]. Et par là j'ai expliqué la raison pour laquelle la Torah est appelée « tov », pour faire allusion [au fait] que ce n'est pas l'étude qui est l'essentiel mais l'acte, qui se rapporte à la main, laquelle a « TO-V » (17) articulations. Et de la Torah il est écrit « par moi les princes gouvernent (‘bi sarim yassorou’) » (Proverbes 8:16) : il se trouve donc que l'érudit est appelé du nom de « prince (‘sar’) » et du nom de « roi » — mais [c'est] un prince dans la Torah ; or s'il n'a pas de bonnes actions, qui se rapportent à la main, il n'est rien. C'est pourquoi il est appelé « sarid » : divise le mot en deux et lis-le « ‘sar yad’ » (prince de [la] main), c'est-à-dire que sa principauté dans la Torah passe de la puissance à l'acte par l'accomplissement de l'acte par la main.
💡 Explication

Première sentence de Rav (par Rav Yehouda) : qui enseigne à un élève indigne tombe en gehinom, d'après Job 20:26 'yera sarid be-aholo'. Le mot 'sarid' (rescapé) désigne un sage (cf. Joël 3:5) ; et 'yera' (proche de 'ra', mauvais) vise donc le mauvais qui 'demeure' [comme disciple] dans la tente du maître — sur lui s'abat le feu.

16
אמר רבי זירא אמר רב: כל השונה לתלמיד שאינו הגון – כזורק אבן למרקוליס, שנאמר: ״כצרור אבן במרגמה כן נותן לכסיל כבוד״, וכתיב: ״לא נאוה לכסיל תענוג״.

Rabbi Zeira dit au nom de Rav : quiconque enseigne à un élève indigne [est] comme celui qui jette une pierre au Markoulis (Mercure, idole), comme il est dit : 'comme [celui qui] lie une pierre dans une fronde (margema), ainsi [celui qui] donne de l'honneur à un sot' (Proverbes 26:8), et il est écrit : 'le délice ne sied pas à un sot' (Proverbes 19:10).

📜 Rachi (1)
כזורק אבן למרקוליס זו היא עבודתו כדאמרינן במסכת ע"ז (דף מט:):
Comme celui qui jette une pierre au Markoulis — c'est [là] son culte (avoda), comme nous le disons au traité Avoda Zara (49b).
🪔 Ben Yehoyada (1)
כל השונה לתלמיד שאינו הגון כזורק אבן למרקוליס (משלי כו, ח) . נראה לי בס"ד טעם לזה ולמה זכר עבודה זרה זו טפי והוא דידוע שהתורה מכונית בשם אבן דכתיב 'לחת אבן' (שמות לא, יח) וכנזכר בגמרא דערובין, וידוע דעבודה זרה של מרקוליס עבודתה היא לסקלה באבנים וחייבים על זה מאחר דעבודתה בכך וזה המלמד תורה שנקראת אבן לאדם רשע חושב שעושה טוב בזה לסקול הקליפה הדבוקה באדם רשע זה באבנים הם דברי תורה אך באמת אינו שאדרבה זה מגביר כח הקליפה כמו ענין זריקת אבן למרקוליס שחושב שהוא מבזה אותה ואפילו הכי חייב מן הדין. ומה שאמר ' עושה טובה למי שאינו יודעה ' רצונו לומר אינו מאמין שניתנה לו בהשגחת הבורא יתברך אלא תולה אותה בנדיבות הנותן או בכחו ועוצם ידו הרי זה כזורק אבן וכו' כיון דכופר בהשגחה כופר בכל התורה וחשיב עובד עבודה זרה.
« Quiconque enseigne à un élève indigne est comme celui qui jette une pierre au Markoulis » (Proverbes 26:8). Il me semble, avec l'aide du Ciel, [voici] une raison à cela et pourquoi [le verset] a mentionné cette idolâtrie-ci plutôt [qu'une autre] : c'est qu'il est connu que la Torah est désignée du nom de « pierre » (« even »), comme il est écrit « les tables de pierre (‘louhot even’) » (Exode 31:18), et comme il est rappelé dans la Guemara de Erouvin. Et il est connu que l'idolâtrie du Markoulis, son culte consiste à la lapider (« le-sokla ») de pierres, et l'on est passible [de mort] pour cela, puisque son culte se fait ainsi. Et celui-ci, qui enseigne la Torah — appelée « pierre » — à un homme mauvais, pense faire le bien en cela : lapider de pierres la « écorce » (« kelipa », force impure) attachée à cet homme mauvais, ces pierres étant les paroles de la Torah. Mais en vérité il n'en est rien, car au contraire cela renforce la puissance de la kelipa — comme l'affaire du jet de pierre au Markoulis, [où] l'on pense l'avilir et [où] pourtant l'on est passible selon la loi. Et ce qu'il [le verset] a dit « qui fait du bien à qui ne la connaît pas » [Proverbes 19:10 ‘le délice ne sied pas au sot’] veut dire : [celui qui] ne croit pas qu'elle [la Torah] lui a été donnée par la providence (« hachgaha ») du Créateur, béni soit-Il, mais l'attribue à la générosité de Celui qui donne, ou à sa [propre] force et à la vigueur de sa main — celui-là est comme celui qui jette une pierre [au Markoulis], etc. : puisqu'il renie la providence, il renie toute la Torah et est considéré comme un idolâtre.
💡 Explication

Seconde sentence de Rav (par Rabbi Zeira) : enseigner à un élève indigne, c'est comme jeter une pierre au Markoulis (le culte de cette idole consistait précisément à y lancer des pierres : ce qu'on croit lui rendre honneur n'est qu'idolâtrie). De même, 'donner de l'honneur à un sot' (Prov 26:8) — alors que 'le délice ne sied pas au sot' (Prov 19:10).

17
והמשתתף עמהן צריך לרשום, ואפילו עם הגוי. ורמינהו: המשתתף עם כהן – צריך לרשום, והמשתתף עם הגוי ופסולי המוקדשים – אין צריך לרשום!

[La michna :] et celui qui s'associe avec eux [prêtres] doit marquer (lirchom) [la bête pour la distinguer], et même avec un non-Juif (goy). Et [la Guemara] oppose [une braita] : celui qui s'associe avec un prêtre — doit marquer ; et celui qui s'associe avec un non-Juif ou [qui vend] les [animaux] consacrés devenus invalides (pessoulei ha-moukdachin) — n'a pas besoin de marquer !

📜 Rachi (3)
ואפילו עם העובד כוכבים בתמיה. ורמינהי המשתתף עם הכהן כו':
Et même avec un non-Juif (oved kokhavim) — [c'est dit] sur le ton de l'étonnement (be-timhâ). 'Et [la Guemara] oppose [la braita] : celui qui s'associe avec le prêtre, etc.'
עם העובד כוכבים או המוכר פסולי המוקדשין שנפדו ושחטן ומכרן והן פטורין מן המתנות כדאמר במתניתין דצבי ואיל כתיב בהו:
Avec un non-Juif — ou celui qui vend les [animaux] consacrés devenus invalides, qui ont été rachetés, [puis] les a abattus et vendus : ils sont exempts des dons (matanot), comme [on le] dit dans la michna, car 'cerf et gazelle' (tzvi ve-ayal) [y] sont écrits à leur sujet.
אינו צריך לרשום ולקמן מפרש:
N'a pas besoin de marquer — et [la Guemara] explique plus loin [le pourquoi].
💡 Explication

Retour à la michna : qui s'associe avec un prêtre [pour du bétail] doit marquer la bête [exempte de dons, pour qu'on n'imagine pas qu'il esquive les dons] — et même s'il s'associe avec un non-Juif. La Guemara oppose une braita : avec un prêtre, on marque ; mais avec un non-Juif ou pour les consacrés invalides (rachetés), pas besoin de marquer — d'où une contradiction à résoudre [au daf suivant].

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).