Chullin 135b — l'association (chutafout) et les dons : singulier qui exclut, pluriel qui inclut

Chullin 135b

Sougya : Suite de la position de Rabbi Ilai : le pronom au singulier 'ton petit bétail' (tzônèkha) exempte de la première tonte (reshit hagèz) la brebis tenue en association. La Guemara débat de la manière dont Rabbi Ilai et les Sages lisent le verset (le 'vav' qui relie et le mot 'reshit' qui sépare), puis examine le statut de l'association avec un idolâtre pour la teruma (mahloket Rabbi / Rabban Chimon ben Gamliel sur la berera).

On propose enfin que, pour Rabbi Ilai, les deux exemptions (association juive et association idolâtre) sortent du seul mot 'tzônèkha'. Rava établit alors que Rabbi Ilai concède l'obligation de l'association dans toutes les autres mitsvot — teruma, halla, pea, bekhora, mezouza — car chacune possède un verset au pluriel qui inclut l'association, le singulier ne servant qu'à exclure l'association avec un idolâtre ; seule la reshit hagèz, dépourvue d'un tel pluriel, exempte aussi l'association entre deux Juifs.

Le procédé de Rabbi Ilai : singulier exclut, pluriel inclut Pronom au SINGULIER (ton...) tendrait à exclure l'association (chutafout) Pronom au PLURIEL (vos...) vient inclure l'association (chutafout) Donc, dans chaque mitsva, le singulier reste pour une autre fin : le singulier exclut l'association avec un IDOLÂTRE (goy) -> exempte Cas particulier : reshit hagèz (première tonte) pas de verset au pluriel -> le singulier 'ton petit bétail' (tzônèkha) exempte aussi l'association entre deux Juifs (la nouveauté de Rabbi Ilai) (les Sages : seule l'association avec un idolâtre est exemptée)
Le principe de Rabbi Ilai (segments 6-14) : un pronom singulier tend à exclure l'association, un pronom pluriel l'inclut ; ce qui distingue la reshit hagèz.
Rava : Rabbi Ilai concède que l'association est OBLIGÉE (sauf reshit hagèz) Mitsva Singulier (exclurait) Pluriel (inclut) -> oblige Teruma deganekha (ton grain) teroumotéikhem (vos teroumot) Halla analogie reshit-reshit arissoteikhem (vos pétrins) Pea sadkha (ton champ) artzekhem (votre terre) Bekhora bekarekha vetzônèkha bekarkhem vetzônèkhem Mezouza beitekha (ta maison) yeméikhem (vos jours) Reshit hagèz tzônèkha (ton petit bétail) aucun pluriel -> exempte Dans chaque mitsva le singulier survivant exclut l'association avec un IDOLÂTRE (goy). Seule la reshit hagèz exempte aussi l'association entre deux Juifs.
Le tableau de Rava (segments 6-14) : dans chaque mitsva un verset au pluriel oblige l'association, sauf pour la reshit hagèz qui n'en a pas.
1
ורבנן: לא נכתוב רחמנא לא וי״ו ולא ״ראשית״.

Et les Sages (rabbanan) [répondent à Rabbi Ilai] : que le Miséricordieux n'écrive ni le 'vav' (le 'et') ni 'reshit' (le mot 'la première [tonte]') !

📜 Rachi (1)
ורבנן לא לכתוב רחמנא לא וי"ו ולא ראשית רבנן אמרי לך אי ס"ד איתקוש למידי לא נכתוב לא ראשית לאפסוקינהו ולא וי"ו למהדר ערבינהו אלא ודאי אפסקינהו ולא תקשינהו להכי כי היכי דאייתר לך צאנך לשותפות ישראל אבל דגנך למעוטי שותפות עובד כוכבים מתרומה וצאנך לשותפות העובד כוכבים בגז אבל לשותפות ישראל לא אייתר קרא:
Et les Sages : que le Miséricordieux n'écrive ni le 'vav' ni 'reshit' — les Sages te disent : si tu venais à penser [qu'il y a] apparentement (heikech) à quelque chose, qu'il n'écrive pas 'reshit' pour les séparer, ni le 'vav' pour revenir les mêler ; or, assurément, il les a séparés et tu ne les apparenteras pas. C'est pourquoi, dès lors que 'ton petit bétail' (tzônèkha) reste en surplus pour toi [comme superflu], [il sert] pour [exempter] l'association d'Israélites ; mais 'ton grain' (deganekha) [sert] à exclure l'association avec un idolâtre de la teruma, et 'ton petit bétail' [sert] pour l'association avec un idolâtre dans la tonte ; mais pour l'association d'Israélites [dans la teruma], le verset ne reste pas en surplus.
🗂️ Tossefot (1)
ורבנן לא לכתוב לא וי"ו ולא ראשית וא"ת לרבנן נמי תקשי לא לכתוב צאנך ולא ראשית ואנא ילפינא מדגנך דשותפות עובד כוכבים פטור מראשית הגז דמדאמרי רבנן לעיל ראשית הפסיק הענין משמע הא לאו ראשית הוה ילפינן מרישיה דקרא וי"ל דרבנן לדבריו דר' אלעאי קא אמרי לדבריך דבעי למילף מרישיה דקרא הא ראשית הפסיק הענין:
Et les Sages : que le Miséricordieux n'écrive ni le 'vav' ni 'reshit' — et si tu objectes : pour les Sages aussi, qu'il y ait difficulté [à savoir] qu'il n'écrive ni 'tzônèkha' (ton petit bétail) ni 'reshit', et moi je déduirais de 'deganekha' (ton grain) que l'association avec un idolâtre est exempte de la première tonte — car, du fait que les Sages disent plus haut [que] 'reshit' a séparé le sujet, [cela] implique [que], n'était 'reshit', nous l'aurions déduit du début du verset. Et l'on peut dire [que] les Sages parlent selon les termes de Rabbi Ilai [pour le réfuter] : selon tes propos, [toi] qui veux déduire du début du verset, voici que 'reshit' a séparé le sujet.
💡 Explication

Réponse des Sages à Rabbi Ilai. Rabbi Ilai voulait apparenter (par hekech) la reshit hagèz (première tonte) à la teruma à partir du verset (Deut 18:4), en s'appuyant sur le 'vav' de liaison ('et la première [tonte]'). Les Sages rétorquent : si l'Écriture avait voulu apparenter les deux sujets, elle n'aurait écrit ni le 'vav' (qui relie) ni le mot 'reshit' (qui sépare) — la présence des deux montre au contraire qu'elle a d'abord séparé les sujets, sans les apparenter.

2
ורבי אלעאי, איידי דהאי קדושת דמים, והאי קדושת הגוף, פסיק להו, והדר ערבי להו.

Et Rabbi Ilai [répond] : puisque celle-ci [est] une sainteté de [sa] valeur (kedouchat damim) et celle-là une sainteté du corps (kedouchat haguf), [l'Écriture] les sépare, puis revient les mêler.

📜 Rachi (2)
תרומה קדושת הגוף שאסורה לזרים וראשית הגז קדושת דמים ממונא בעלמא וקדושה לאו דוקא:
La teruma [est] sainteté du corps, car elle est interdite aux profanes (zarim, non-cohanim) ; et la première tonte [est] sainteté de valeur, simple bien matériel — et 'sainteté' [n'est] pas au sens propre.
פסיק אורחיה לאפסקינהו והדר עריב להו למילף פטורא דשותפות דעובד כוכבים מהיקשא דתרומה והדר אייתר צאנך למיפטר שותפות דישראל:
Sépare — [c'est] sa manière de les séparer puis de revenir les mêler, pour déduire l'exemption de l'association avec un idolâtre de l'apparentement (heikech) à la teruma ; puis 'ton petit bétail' (tzônèkha) reste en surplus pour exempter l'association d'Israélites.
💡 Explication

Réponse de Rabbi Ilai aux Sages. La teruma a une 'sainteté du corps' (kedouchat haguf) : interdite aux profanes (zarim, non-cohanim), elle est sacrée en soi. La reshit hagèz n'a qu'une 'sainteté de valeur' (kedouchat damim) : c'est un simple bien matériel (mamon) donné au cohen, sans sainteté intrinsèque. Parce que les deux sont de natures différentes, l'Écriture les sépare par 'reshit' puis revient les mêler par le 'vav', afin qu'on dérive l'une de l'autre.

3
ואיבעית אימא: שותפות גוי בתרומה, רבנן חיובי מחייבי, דתניא: ישראל וגוי שלקחו שדה בשותפות – טבל וחולין מעורבים זה בזה, דברי רבי. רבן שמעון בן גמליאל אומר: של ישראל חייב, ושל גוי פטור.

Et si tu veux, dis [autrement] : l'association avec un idolâtre, dans la teruma, les Sages la déclarent bel et bien obligée ; car il est enseigné : un Israélite et un idolâtre qui ont acheté un champ en association — [le produit est] tevel et profane (houlin) mêlés l'un à l'autre, [tel est] l'avis de Rabbi [Yehouda Hanassi]. Rabban Chimon ben Gamliel dit : [la part] de l'Israélite [est] obligée, et [la part] de l'idolâtre [est] exempte.

📜 Rachi (3)
ואיבעית אימא שותפות עובד כוכבים בתרומה רבנן חיובי מחייבי חלקו של ישראל ולא מצי למפטר שותפות דעובד כוכבים בראשית הגז בהיקשא דתרומה הילכך צאנך למעוטי שותפות עובד כוכבים אתא ודגנך למעוטי דיגון עובד כוכבים כגון עובד כוכבים שלקח שדה של ישראל ומירחה הלוקח אותה תבואה מן העובד כוכבים פטור מלעשר ואף על פי שגדלה בשדה של ישראל כדאמרינן במנחות בפרק רבי ישמעאל (מנחות דף סז.) מירוח העובד כוכבים פוטר אי נמי דגנך ולא דגן עובד כוכבים ולאשמועינן דיש קנין לעובד כוכבים בארץ ישראל להפקיע מיד מעשר וחלקו של עובד כוכבים פטור שאם חזר ומכרו לישראל אינו חייב לעשר אבל חלקו של ישראל חייב ואע"ג דמצאנך משמע להו ולא שותפות עובד כוכבים לא משמע להו מדגנך למעוטי של שותפות עובד כוכבים דדגן כמאן דפליג דמי שהרי חולקין אותה במדה וקרינא ביה דגנך בחלקו של ישראל אבל צאן כל בהמה ובהמה יש לעובד כוכבים חלק בה ולא קרינא בחדא מינייהו צאנך:
Et si tu veux, dis [autrement] : l'association avec un idolâtre, dans la teruma, les Sages la déclarent bel et bien obligée — la part de l'Israélite ; et [Rabbi Ilai] ne peut [donc] pas exempter l'association avec un idolâtre dans la première tonte par l'apparentement (heikech) à la teruma. Dès lors, 'ton petit bétail' (tzônèkha) vient exclure l'association avec un idolâtre, et 'ton grain' (deganekha) [vient] exclure le 'lissage' (digoun, le parachèvement du grain) par un idolâtre — par exemple [le cas d']un idolâtre qui a acheté un champ d'un Israélite et l'a parachevé : celui qui achète ce grain de l'idolâtre est exempt de dîmer, bien qu'il ait poussé dans un champ d'Israélite, comme nous [le] disons dans Menahot, au chapitre Rabbi Ichmael (Menahot 67a) : le parachèvement [par] l'idolâtre exempte. Ou encore, 'ton grain' et non le grain d'un idolâtre, pour nous enseigner [qu']il y a acquisition (kinyan) à l'idolâtre en Terre d'Israël [au point] de soustraire [le produit] à [l'obligation] de la dîme ; et [pour] la part de l'idolâtre [il y a] exemption, car s'il [la] revend à un Israélite [celui-ci] n'est pas obligé de dîmer ; mais la part de l'Israélite [est] obligée. Et bien que de 'ton petit bétail' (mitzônèkha) ils comprennent [d'exclure] et non l'association avec un idolâtre, [c'est] de 'ton grain' [qu']ils comprennent [d'exclure] celle de l'association avec un idolâtre : car le grain [est] comme [chose] partagée, puisqu'ils le partagent à la mesure et qu'on lit en lui 'ton grain' pour la part de l'Israélite ; mais [pour] le petit bétail, [pour] chaque bête et bête l'idolâtre a une part en elle, et l'on ne lit en aucune d'elles 'ton petit bétail'.
שלקחו שדה שקנו שדה בשותפות:
Qui ont acheté un champ — qui ont acquis un champ en association.
טבל וחולין מעורבין זה בזה ואפילו לאחר שחלקו לא אמרינן יש ברירה וחלקו של עובד כוכבים הלך לו וזה חלק המגיע לישראל וטבל גמור הוא אלא אין ברירה וגם זה שנשאר חציו טבל וחציו חולין דיש קנין לעובד כוכבים בא"י להפקיע חלקו מיד מעשר. ואני שמעתי שאין לו תקנה לפי שאם בא להפריש נמצא מפריש מן הפטור על החיוב. ולי נראה שיש לו תקנה בשני צדדין אם יש לו טבל ממקום אחר מפריש על זה לפי חציו שאין חייב אלא חציו ואם אין לו טבל אחר מפריש מיניה וביה לפי כולו כגון אם יש לו עשרים מפריש שנים מהן שאם אין מפריש אלא אחד לא נפטר לפי שזה שהפריש יש חציו שאין שם מעשר חל עליו לפי שהוא פטור ועומד אבל כשמפריש שנים הרי השם חל על האחד ופוטר את העשרה המחוייבין והא ליכא למימר דילמא שניהם המופרשין בחלקו של עובד כוכבים גדלו ואין שם מעשר חל עליהם דתניא בגמרא דראש השנה (דף יב:) גבי חדש וישן המעורבין דקי"ל אין תורמין מזה על זה וקתני צובר את גרנו לתוכו ונמצא תורם מן החדש שבו על החדש שבו ומן הישן שבו על הישן שבו וכי היכי דפריש חדש וישן בחולין איכא נמי חדש וישן במעשר הכא נמי נמצא תורם מן החיוב שבו על החיוב שבו ומן הפטור שבו על הפטור שבו ואפילו למאן דפליג עליה דההוא הכא מודי דהתם הוא דאיכא למימר אין בילה לא נבללו יפה ושמא אין חדש במעשר לפי חשבון הנותר בחולין ואין ישן במעשר לפי חשבון הנותר בחולין אבל הכא יש בילה דהא בכל חטה וחטה יש לעובד כוכבים ולישראל חלק כיון דאין ברירה וכי אפריש מיניה וביה יש במעשר מן החיוב כפי החיוב ומן הפטור כפי הפטור. ובתוספתא דדמאי (פרק ה הי"ד) מצאתי דטבל וחולין שנתערבו אם יש לו פרנסה ממקום אחר מוציא לפי חשבון כלומר מפריש ממקום אחר לפי חשבון טבל זה המעורב ואם לאו נוטל מן החולין כפי תרומת מעשר שבטבל ואיני יודע מהו. ורבי ורשב"ג הכי פליגי רבי סבר אם יש לו טבל אחר מפריש על זה לפי חציו ואם הפריש לפי כולו דנמצא מרבה במעשרות ומעשרותיו מקולקלים וזה מתוקן ועוד נ"מ שאין מפרישים מזה על טבל אחר ור"ש [ב"ג] סבר יש ברירה וכיון שחלקו הרי חלקו של ישראל כולו חייב ואפילו הוא בא להפריש עליו ממקום אחר מפריש לפי כולו והשם חל על מעשרותיו ומתוקנים הם ואם רצה להפריש מזה על מקום אחר מותר:
Tevel et profane mêlés l'un à l'autre — et même après qu'ils ont partagé, nous ne disons pas [qu']il y a 'clarification' (berera) [rétroactive] et que la part de l'idolâtre s'en est allée et que ceci [est] la part qui revient à l'Israélite, [tevel] entièrement ; mais [il n'y a] pas de berera, et celle-ci [aussi] qui reste, sa moitié [est] tevel et sa moitié profane, car il y a acquisition à l'idolâtre en Terre d'Israël [au point] de soustraire sa part à [l'obligation] de la dîme. Et moi, j'ai entendu [dire] qu'il n'y a pas de remède pour cela, car s'il vient à prélever, il se trouve prélever du [côté] exempt sur l'[côté] obligé ; mais il me semble qu'il y a un remède [par] deux moyens : s'il a du tevel d'un autre endroit, il prélève sur celui-ci à la mesure de sa moitié, car seule sa moitié est obligée ; et s'il n'a pas d'autre tevel, il prélève de lui sur lui-même à la mesure de son tout — par exemple, s'il a vingt [mesures], il en prélève deux, car s'il n'en prélève qu'une, il n'est pas exempté, du fait que celle qu'il a prélevée a une moitié sur laquelle le nom [de dîme] ne s'applique pas, puisqu'elle est exempte d'emblée ; mais quand il prélève deux, voici que le nom [de dîme] s'applique sur l'une et exempte les dix [mesures] obligées. Et il n'y a pas à dire [qu']il se peut que les deux [mesures] prélevées aient poussé [toutes deux] dans la part de l'idolâtre et que le nom de dîme ne s'applique pas sur elles : car il est enseigné dans la Guemara de Roch Hachana (12b), à propos du [grain] nouveau et [du grain] ancien mêlés — où il est établi pour nous [qu']on ne prélève pas de l'un sur l'autre — et il enseigne [qu']il amasse son tas dans le [mélange], et il se trouve prélever du nouveau qui s'y trouve sur le nouveau qui s'y trouve, et de l'ancien qui s'y trouve sur l'ancien qui s'y trouve ; et de même que [le] nouveau et [l']ancien se séparent dans le profane, de même [le] nouveau et [l']ancien [se trouvent] dans la dîme — ici aussi il se trouve prélever de l'obligé qui s'y trouve sur l'obligé qui s'y trouve, et de l'exempt qui s'y trouve sur l'exempt qui s'y trouve. Et même selon celui qui conteste cela [là-bas], ici il admet : car là[-bas c'est le cas] où l'on peut dire [qu']il n'y a pas [parfaite] absorption (bila), [les deux] ne s'étant pas bien mêlés, et [que] peut-être il n'y a pas de nouveau dans la dîme à proportion du reste dans le profane, ni d'ancien dans la dîme à proportion du reste dans le profane ; mais ici il y a [parfaite] absorption, car dans chaque grain et grain l'idolâtre et l'Israélite ont une part, puisqu'il n'y a pas de berera ; et quand il prélève de lui sur lui-même, il y a dans la dîme de l'obligé à proportion de l'obligé et de l'exempt à proportion de l'exempt. Et dans la Tossefta de Demai (chap. 5) j'ai trouvé [que], [pour] tevel et profane qui se sont mêlés, s'il a une 'subsistance' (parnassa) d'un autre endroit, il fait sortir à proportion — c'est-à-dire [qu']il prélève d'un autre endroit à proportion du tevel mêlé ; et sinon, il prend du profane à proportion de la teroumat maasser qui [est] dans le tevel — et je ne sais pas ce que c'est. Et Rabbi et Rabban Chimon ben Gamliel divergent ainsi : Rabbi tient [que] s'il a un autre tevel il prélève sur celui-ci à la mesure de sa moitié, et [que] s'il a prélevé à la mesure de son tout, il se trouve multiplier les dîmes et ses dîmes [sont] gâtées, alors que celui-ci [le tevel mêlé] est réparé ; et il y a [encore] une différence [pratique], qu'on ne prélève pas de celui-ci sur un autre tevel. Et Rabban Chimon ben Gamliel tient [qu']il y a berera, et que, dès lors qu'ils ont partagé, voici [que] la part de l'Israélite [est] tout entière obligée ; et même s'il vient à prélever sur elle d'un autre endroit, il prélève à la mesure de son tout, et le nom [de dîme] s'applique sur ses dîmes et elles [sont] réparées ; et s'il veut prélever de celui-ci sur un autre endroit, [c'est] permis.
🗂️ Tossefot (1)
ואב"א שותפות עובד כוכבים בתרומה רבנן חיובי מחייבי מתוך פ"ה אחרון משמע דמדגנך ליכא למעוטי שותפות עובד כוכבים דסברא הוא לחלק בין של עובד כוכבים לגמרי בין של שותפות אבל בגז אין סברא לחלק שבכל בהמה ובהמה יש לעובד כוכבים חלק בה ולא קרינא בחדא מינייהו צאנך ותימה דא"כ מה איצטריך לרבנן קרא דצאנך הא מדגנך דרשינן ולא של עובד כוכבים וילפינן בגז דשל עובד כוכבים פטור וכיון דשל עובד כוכבים פטור של שותפות נמי פטור כדפרישית שאין סברא לחלק צ"ל דלאו סברא הוא כלל דאפילו ידעינן דשל עובד כוכבים פטור מ"מ לא ידעינן דשל שותפות פטור בשותפות עובד כוכבים והשתא מדגנך ילפינן בגז דשל עובד כוכבים פטור ואיצטריך צאנך לשל שותפות אך לפי' קמא בקונטרס דדגנך אתא ולא דיגון עובד כוכבים צ"ל האי סברא דאי לא תימא הכי לרבנן מנא להו דשותפות עובד כוכבים פוטר בראשית הגז אימא צאנך למעוטי של עובד כוכבים אבל שותפות עובד כוכבים חייב:
Et si tu veux, dis [autrement] : l'association avec un idolâtre, dans la teruma, les Sages la déclarent bel et bien obligée — d'après la dernière explication de Rachi (peirouch acharôn), il ressort que de 'ton grain' (deganekha) il n'y a pas à exclure l'association avec un idolâtre, car il est sensé (sevara) de distinguer entre [le cas] de l'idolâtre entièrement et [le cas] de l'association ; mais dans la tonte il n'est pas sensé de distinguer, car dans chaque bête et bête l'idolâtre a une part en elle, et l'on ne lit en aucune d'elles 'ton petit bétail' (tzônèkha). Et [c'est] étonnant : car s'il en est ainsi, à quoi sert aux Sages le verset 'ton petit bétail' ? — puisque de 'ton grain' nous dérivons [d'exclure] et non [le cas] de l'idolâtre, et nous déduisons dans la tonte que [le cas] de l'idolâtre [est] exempt, et dès lors que [le cas] de l'idolâtre [est] exempt, [le cas] de l'association [est] exempt aussi, comme je l'ai expliqué [qu']il n'est pas sensé de distinguer. Il faut dire [que] ce n'est pas du tout sensé : car même [si] nous savons que [le cas] de l'idolâtre [est] exempt, néanmoins nous ne savons pas que [le cas] de l'association [est] exempt dans l'association avec un idolâtre ; et maintenant, de 'ton grain' nous déduisons dans la tonte que [le cas] de l'idolâtre [est] exempt, et 'ton petit bétail' est nécessaire pour [le cas] de l'association. Mais selon la première explication du Kountras [Rachi], que 'ton grain' vient [exclure] et non le 'lissage' (digoun) d'un idolâtre, il faut [poser] ce raisonnement (sevara) : car si tu ne dis pas ainsi, pour les Sages, d'où [tiennent]-ils que l'association avec un idolâtre exempte dans la première tonte ? dis [plutôt que] 'ton petit bétail' [vient] exclure [le cas] de l'idolâtre, mais [que] l'association avec un idolâtre [est] obligée.
💡 Explication

Autre explication de la position des Sages. On ne peut pas déduire l'exemption de l'association de la tonte à partir de la teruma, car pour les Sages l'association avec un idolâtre est obligée dans la teruma. Preuve, une braita : un champ acheté en association par un Israélite et un idolâtre — pour Rabbi [Yehouda Hanassi], le produit est un mélange de tevel (non prélevé, donc obligé) et de houlin (profane, exempt) ; pour Rabban Chimon ben Gamliel, la part de l'Israélite est obligée et celle de l'idolâtre exempte.

4
עד כאן לא פליגי, אלא דמר סבר יש ברירה, ומר סבר אין ברירה, אבל שותפות דגוי – דברי הכל חייבת.

[Rabbi et Rabban Chimon ben Gamliel] ne divergent que sur ceci : l'un (Rabban Chimon ben Gamliel) tient [qu']il y a clarification (berera), et l'autre (Rabbi) tient [qu']il n'y a pas de clarification ; mais [pour] l'association avec un idolâtre, de l'avis de tous (divrei hakol), elle est obligée.

💡 Explication

La Guemara précise l'enjeu de la mahloket. Rabbi et Rabban Chimon ben Gamliel ne divergent que sur la berera (la clarification rétroactive : au moment du partage, peut-on dire que chacun a reçu rétroactivement sa part de l'origine ?). Rabban Chimon ben Gamliel : il y a berera (donc après partage la part de l'Israélite est entièrement obligée). Rabbi : il n'y a pas de berera (le mélange tevel/houlin persiste). Mais, sur le fond, tous s'accordent : l'association avec un idolâtre est obligée dans la teruma. C'est pourquoi on ne peut en exempter la tonte par apparentement.

5
ואי בעית אימא, תרוייהו לרבי אלעאי מ״צאנך״ נפקא.

Et si tu veux, dis [autrement] : les deux [exemptions], pour Rabbi Ilai, sortent de 'ton petit bétail' (tzônékha).

📜 Rachi (1)
ואי בעית אימא לא תדחק למימר הדר ערביה דתרוייהו בין שותפות עובד כוכבים בין שותפות ישראל לרבי אלעאי מצאנך נפקי דבעינן מיוחד לך ולא שותפות לא שנא דעובד כוכבים ולא שנא דישראל:
Et si tu veux, dis [autrement] — ne te force pas à dire '[l'Écriture] revient les mêler' : car les deux, tant l'association avec un idolâtre que l'association avec un Israélite, sortent pour Rabbi Ilai de 'ton petit bétail' (tzônékha), puisqu'il faut [qu'il soit] 'particulier à toi' et non [en] association — sans différence [qu'il s'agisse] d'un idolâtre ou d'un Israélite.
💡 Explication

Nouvelle explication de la position de Rabbi Ilai. Plutôt que de dire qu'il apparente la tonte à la teruma puis que 'tzônékha' reste en surplus, on dira que les deux exemptions — l'association avec un Israélite et l'association avec un idolâtre — sortent toutes deux du seul mot 'tzônékha' (ton petit bétail), qui exige que le bétail soit 'à toi' exclusivement.

6
שותפות דגוי מאי טעמא? דלא מייחדא ליה, לישראל נמי לא מייחדא ליה. ורבנן? גוי לאו בר חיובא הוא, ישראל בר חיובא הוא.

L'association avec un idolâtre, quelle [en est] la raison ? Parce qu'[il] ne lui [est] pas particulier (lo méyahada lei).

L'association avec un Israélite non plus ne lui [est] pas particulière ! Et les Sages [répondent] : un idolâtre n'[est] pas sujet à l'obligation (lav bar hiyouva), [tandis qu']un Israélite [est] sujet à l'obligation.

📜 Rachi (1)
ישראל בר חיובא הוא וכל ישראל נקראין בלשון יחיד ולא מיוחד בעינן ובלבד שאוכל לקרוא בה צאן של ישראל:
Un Israélite [est] sujet à l'obligation — et tout Israélite est désigné au singulier, et nous n'exigeons pas [qu'il soit] particulier [à un seul], pourvu que je puisse lire en lui 'petit bétail d'Israélite'.
💡 Explication

La Guemara explique comment un seul mot fonde les deux exemptions [selon Rabbi Ilai]. Pour l'association avec un idolâtre, la raison de l'exemption est que la bête ne lui appartient pas en propre (lo méyahada) ; or, dans l'association avec un Israélite aussi, la bête ne lui appartient pas en propre — donc le même mot exempte les deux. Les Sages rétorquent : on ne peut comparer les deux associations, car un idolâtre n'est pas sujet à la mitsva (lav bar hiyouva), alors qu'un Israélite l'est ; et tout Israélite est désigné au singulier — il suffit donc qu'on puisse lire 'le petit bétail d'Israélite'.

7
אמר רבא: מודה רבי אלעאי בתרומה, אף על גב דכתיב ״דגנך״ – דידך אין, דשותפות לא.

Rava a dit : Rabbi Ilai concède pour la teruma, [que l'association est obligée,] bien qu'il soit écrit 'ton grain' (deganekha) — [d'où l'on inférerait] : le tien, oui ; [mais] celui de l'association, non.

📜 Rachi (1)
אמר רבא אע"פ דפטר ר' אלעאי בשותפות דראשית הגז מודה הוא בכל הני דאמר לקמיה כל חד וחד כדמפרש טעמא:
Rava a dit — bien que Rabbi Ilai exempte dans l'association [pour] la première tonte, il concède [l'obligation] dans tous ces [cas] qu'il dit ci-après, chacun et chacun, comme il en explique la raison.
🗂️ Tossefot (1)
אמר רבא ומודה רבי אלעאי בתרומה נראה דסבר כלישנא בתרא דאין סברא למעט של עובד כוכבים טפי משל ישראל דללישנא קמא דלית לן למעוטי מחד קרא אלא שותפות עובד כוכבים ולא שותפות ישראל לא הוה צריך בכל הנהו דמייתי קרא לרבות שותפות ישראל:
Rava a dit : Rabbi Ilai concède pour la teruma — il semble qu'il tient comme la dernière explication (lichna batra), [selon laquelle] il n'est pas sensé d'exclure [le cas] de l'idolâtre plutôt que [le cas] de l'Israélite ; car selon la première explication (lichna kama), [pour laquelle] nous n'avons à exclure d'un seul verset que l'association avec un idolâtre et non l'association avec un Israélite, il n'aurait pas eu besoin, dans tous ces [versets] qu'il apporte, [d'un verset] pour inclure l'association avec un Israélite.
💡 Explication

Rava ouvre une série : malgré l'exemption qu'il professe pour la reshit hagéz, Rabbi Ilai concède que l'association est obligée dans toutes les autres mitsvot. Premier exemple, la teruma : il est écrit 'ton grain' (deganekha) au singulier, d'où l'on inférait que seul ton grain [exclusif] est obligé, mais non celui de l'association.

8
כתב רחמנא ״תרומתיכם״, אלא ״דגנך״ למה לי? למעוטי שותפות גוי.

[Mais] le Miséricordieux a écrit 'vos teroumot' (teroumotéikhem) [au pluriel, ce qui inclut l'association] ; alors 'ton grain' (deganekha), pourquoi [m'est-il nécessaire] ? Pour exclure l'association avec un idolâtre.

📜 Rachi (1)
תרומותיכם משמע לשנים:
'Vos teroumot' (teroumotéikhem) — [le pluriel] implique [au moins] deux [personnes].
💡 Explication

Réponse pour la teruma : le verset 'vos teroumot' (teroumotéikhem, Ezechiel 20:40) au pluriel inclut l'association [juive] dans l'obligation. Dès lors, 'ton grain' (deganekha) au singulier survit pour une autre fin : exclure l'association avec un idolâtre.

9
חלה, אף על גב דכתיב ״ראשית״, ואיכא למימר: נילף ״ראשית״ ״ראשית״ מראשית הגז – מה להלן דשותפות לא, אף כאן דשותפות לא. כתב רחמנא ״עריסותיכם״.

[Pour] la halla, bien qu'il soit écrit 'reshit' (la première [de votre pétrin]) — et [qu']il y aurait lieu de dire : dérivons [par analogie] 'reshit'-'reshit' de la première tonte (reshit hagéz), [c'est-à-dire] de même que là-bas l'association [est] non [obligée], de même ici l'association [est] non [obligée] — [néanmoins] le Miséricordieux a écrit 'vos pétrins' (arissoteikhem).

💡 Explication

Deuxième exemple, la halla (part de pâte donnée au cohen). Le verset emploie le mot 'reshit' ('la première de votre pétrin', Nombres 15:20), et l'on pourrait dériver une guezera chava 'reshit'-'reshit' à partir de la reshit hagéz : de même que la première tonte exempte l'association, de même la halla l'exempterait. Mais le verset écrit 'vos pétrins' (arissoteikhem) au pluriel, qui inclut l'association.

10
אלא טעמא דכתיב ״עריסותיכם״, הא לאו הכי הוה אמינא נילף ״ראשית״ ״ראשית״ מראשית הגז? אדרבה, נילף מתרומה!

Mais [si] la raison [en est] qu'il est écrit 'vos pétrins' (arissoteikhem), [cela implique que] sans cela j'aurais dit : dérivons [par analogie] 'reshit'-'reshit' de la première tonte ? Au contraire, dérivons[-la] de la teruma !

📜 Rachi (1)
אדרבה לילף מתרומה לחיובא דהא בתרומה נמי כתיב ראשית ושותפות חייבת בה וקולא וחומרא לחומרא מקשינן (יבמות דף ח:):
Au contraire, dérivons[-la] de la teruma — pour [l']obligation, car dans la teruma aussi 'reshit' est écrit et l'association y [est] obligée ; et [entre] indulgence et rigueur, [c'est] vers la rigueur que nous apparentons (Yevamot 8b).
💡 Explication

Objection. Si l'obligation de l'association dans la halla ne tient qu'au pluriel 'vos pétrins', cela suppose que, sans ce mot, on aurait exempté l'association par l'analogie 'reshit'-'reshit' avec la tonte. Mais pourquoi cette analogie-là ? Au contraire, dérivons l'analogie 'reshit'-'reshit' à partir de la teruma (où l'association est obligée) — d'autant que halla et teruma se ressemblent (toutes deux interdites aux profanes) ! Donc le pluriel serait superflu.

11
הכי נמי, אלא ״עריסותיכם״ למה לי? כדי עריסותיכם.

[La Guemara répond :] il en [est] bien ainsi ; alors 'vos pétrins' (arissoteikhem), pourquoi [m'est-il nécessaire] ? [Pour enseigner] : la mesure de vos pétrins (kedei arissoteikhem).

📜 Rachi (2)
למה לי קרא עריסותיכם לחיובא בשותפות:
Pourquoi [m'est-il nécessaire] — le verset 'vos pétrins' (arissoteikhem) pour [l']obligation dans l'association.
כדי עריסותיכם במדבר ניתנה להם תורה ושם נאמר להם כדי עריסותיכם של עכשיו חייב בחלה וכמה עיסת מדבר עומר לגלגלת והעומר עשירית האיפה והחשבון עולה לחמשה לוגין צפוריים שהן שבעה רבעים ועוד מדבריות שהן מ"ג ביצים וחומש ביצה כדאמרינן בעירובין בפ' כיצד משתתפין (עירובין דף פג:). איפה שלש סאין סאה ששת קבין הרי איפה י"ח קבין קב ד' לוגין הרי איפה ע"ב לוגין עשירית דידה כמה הוה שבעה לוגין לשבעים לוג ולשני לוגין שהן י"ב ביצים עשירית שלהן ביצה וחומש הרי שבעת לוגין וביצה וחומש ביצה והלוג ששה ביצים הרי מ"ג ביצים וחומש:
La mesure de vos pétrins (kedei arissoteikhem) — au désert la Torah leur fut donnée, et là il leur fut dit [que] la mesure de vos pétrins d'à présent [est] obligée en halla ; et de combien [était] le pétrin du désert ? un omer par tête, et l'omer [est] un dixième d'epha ; et le compte revient à cinq log de Tsippori, qui [font] sept revi'it et un peu, [mesures] du désert, lesquelles [font] quarante-trois œufs et un cinquième d'œuf, comme nous [le] disons dans Erouvin, au chapitre Keitzad Michtatfin (Erouvin 83b). [Calcul :] l'epha [vaut] trois sea, la sea [vaut] six kav, voici [que] l'epha [vaut] dix-huit kav ; le kav [vaut] quatre log, voici [que] l'epha [vaut] soixante-douze log ; son dixième, combien [vaut-il] ? sept log [donne le dixième] pour soixante-dix log, et [pour] les deux log [restants], qui [font] douze œufs, leur dixième [est] un œuf et un cinquième — voici sept log et un œuf et un cinquième d'œuf ; et le log [vaut] six œufs, voici [que cela fait] quarante-trois œufs et un cinquième.
💡 Explication

La Guemara concède : en effet, l'obligation de l'association dans la halla se dérive de la teruma [par l'analogie 'reshit'-'reshit']. Dès lors, 'vos pétrins' (arissoteikhem) survit pour une autre fin : enseigner la mesure (kedei arissoteikhem) — la quantité de pâte soumise à la halla, qui correspond au pétrin que les Israélites pétrissaient au désert (un omer par tête, soit un dixième d'epha).

12
פאה, אף על גב דכתיב ״שדך״ – דידך אין, שותפות לא – כתב רחמנא ״ובקצרכם את קציר ארצכם״. אלא ״שדך״ למה לי? למעוטי שותפות גוי.

[Pour] la pea, bien qu'il soit écrit 'ton champ' (sadkha) — le tien, oui ; [celui de] l'association, non — [néanmoins] le Miséricordieux a écrit 'et quand vous moissonnerez la moisson de votre terre' (ouvékotzrekhem et ketzir artzekhem). Alors 'ton champ' (sadkha), pourquoi [m'est-il nécessaire] ?

Pour exclure l'association avec un idolâtre.

📜 Rachi (1)
ארצכם של שנים הוא אומר:
'Votre terre' (artzekhem) — [le pluriel] parle de deux [personnes].
💡 Explication

Troisième exemple, la pea (coin du champ laissé aux pauvres). Le verset dit 'ton champ' (sadkha) au singulier — d'où l'on inférait que l'association n'est pas obligée. Mais 'et quand vous moissonnerez la moisson de votre terre' (artzekhem, Lévitique 19:9) emploie le pluriel, qui inclut l'association. Le singulier 'ton champ' survit alors pour exclure l'association avec un idolâtre.

13
בכורה, אף על גב דכתיב ״כל הבכור אשר יולד בבקרך ובצאנך״, דידך – אין, דשותפות – לא.

[Pour] la bekhora (le premier-né), bien qu'il soit écrit 'tout premier-né qui naîtra dans ton gros bétail et dans ton petit bétail' (kol habekhor acher yivaled bivkarekha ouvtzônékha) — le tien, oui ; [celui de] l'association, non.

📜 Rachi (1)
בקרך וצאנך כל הבכור וגו' הרי כתיב ובכורות בקרכם וצאנכם אפילו לשנים:
'Ton gros bétail et ton petit bétail' (bekarekha vetzônékha) — 'tout premier-né, etc.' ; or il est [par ailleurs] écrit 'les premiers-nés de votre gros bétail et de votre petit bétail' (bekhorot bekarkhem vetzônekhem), [pluriel valant] même pour deux [personnes].
💡 Explication

Quatrième exemple, la bekhora (sainteté du premier-né mâle d'une bête cachere). Le verset (Deut 15:19) dit 'ton gros bétail et ton petit bétail' (bivkarekha ouvtzônékha) au singulier, d'où l'on inférait que le premier-né d'une bête tenue en association ne serait pas consacré.

14
כתב רחמנא: ״ובכרת בקרכם וצאנכם״, אלא ״בקרך וצאנך״ למה לי? למעוטי שותפות גוי.

[Mais] le Miséricordieux a écrit 'les premiers-nés de votre gros bétail et de votre petit bétail' (oubekhorot bekarkhem vetzônekhem) [au pluriel]. Alors 'ton gros bétail et ton petit bétail' (bekarekha vetzônékha), pourquoi [m'est-il nécessaire] ?

Pour exclure l'association avec un idolâtre.

💡 Explication

Réponse pour la bekhora : le verset 'les premiers-nés de votre gros bétail et de votre petit bétail' (bekarkhem vetzônekhem, Deut 12:6) au pluriel inclut l'association dans la sainteté du premier-né. Le singulier 'ton gros bétail et ton petit bétail' survit alors pour exclure l'association avec un idolâtre.

15
מזוזה, אף על גב דכתיב ״ביתך״ – דידך אין, שותפות לא, כתב רחמנא ״למען ירבו ימיכם וימי בניכם״. ואלא ״ביתך״ למאי אתא? לכדרבה, דאמר רבה:

[Pour] la mezouza, bien qu'il soit écrit 'ta maison' (beitekha) — le tien, oui ; l'association, non — [néanmoins] le Miséricordieux a écrit 'afin que se multiplient vos jours et les jours de vos enfants' (lemaan yirbou yéméikhem viméi benéikhem). Mais alors 'ta maison' (beitekha), à quoi vient-il ?

À [enseigner] ce [qu'a dit] Rabba ; car Rabba a dit :

💡 Explication

Cinquième exemple, la mezouza. Le verset 'ta maison' (beitekha, Deut 6:9) au singulier laisserait croire qu'une maison tenue en association n'est pas obligée. Mais 'afin que se multiplient vos jours et les jours de vos enfants' (yéméikhem, Deut 11:21) au pluriel inclut l'association. Dès lors 'ta maison' (beitekha) survit pour la dérivation de Rabba (dont l'enseigne se poursuit au daf suivant : la maison habitée, à l'exclusion de celles qui ne servent pas à l'habitation).

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).