Chullin 20a — chehita et melika : mahzir, moulikh oumevi, racho, et la règle de Chmouel sur les lieux

Chullin 20a

Sougya : La sougya poursuit la comparaison entre chehita (abattage au couteau, sur la gorge) et melika (pincement à l'ongle du cohen, sur la nuque). On cherche ce que la michna exclut en disant 'ce qui est valide en chehita est invalide en melika' : la Guemara écarte successivement mahzir simanim (ramener les simanim derrière la nuque), shen et tsiporen (dent et ongle non détachés, déjà enseignés), pour retenir avec Rabbi Yirmeya moulikh oumevi (le va-et-vient), invalide en melika selon les fils de Rabbi Hiyya.

Rav Kahana enseigne que la mitsva de melika est de trancher en descendant (kotsets ve-yored) ; Rabbi Yirmeya en déduit qu'à plus forte raison le va-et-vient serait valide, et l'on lit 'telle est sa mitsva' comme 'cela aussi est sa mitsva'. Rabbi Yirmeya au nom de Chmouel pose la règle : tout lieu valide en chehita, en face sur la nuque, est valide en melika — pour exclure quoi ?

Pas l'eqour simanim (Rami bar Ye'hezkel : pas d'eqour pour l'oiseau), mais selon Rav Papa 'racho', précise comme le déclive de la tête (chipouy racho), invalide à l'instar de la chehita où commencer en haut disqualifie (Rav Houna au nom de Rav Assi). Enfin Rav Aha précise que Rami bar Ye'hezkel ne vaut que pour qui dit 'pas de chehita pour l'oiseau depuis la Torah'.

Chehita (gorge) contre melika (nuque) : ce qui vaut pour l'une, pas pour l'autre Chehita (abattage) au couteau, sur la gorge (tsavar) Melika (pincement) à l'ongle du cohen, sur la nuque (oref) mahzir simanim (ramène les simanim à la nuque) valide en chehita invalide en melika moulikh oumevi (va-et-vient de l'ongle) valide en chehita invalide en melika (R. Yirmeya) racho (la tête / oref mamach) 'mimoul orpo' et non la tête valide en chehita (cou) invalide en melika règle de Chmouel tout lieu valide en chehita... ...vaut, en face sur la nuque, pour la melika
Vue d'ensemble : les opérations valides en chehita mais invalides en melika, et la règle de correspondance des lieux de Chmouel.
Que vise 'racho' (la tête) chez Rav Papa ? Le 'chipouy racho' (le déclive de la tête) tête (racho) déclive (chipouy) nuque (oref) lieu des simanim, en bas il commence au déclive (haut) -> descend Rav Houna au nom de Rav Assi : a entamé un tiers (au déclive) puis abattu deux tiers (au bon endroit) -> INVALIDE : le début au mauvais lieu disqualifie
Segment 7 : 'racho' = le déclive de la tête (chipouy racho) ; comme en chehita (Rav Houna au nom de Rav Assi), entamer au mauvais lieu disqualifie.
1
וְאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ מַחְזִיר דַּוְקָא, מַאי אִירְיָא מוֹלֵק? אֲפִילּוּ שׁוֹחֵט נָמֵי! אֶלָּא לָאו שְׁמַע מִינַּהּ אַף מַחְזִיר, וּמַתְנִיתִין בִּדְלָא אַהְדַּר.

Et si cela te montait à l'esprit [que la mitsva consiste] spécifiquement à ramener (mahzir) [les simanim derrière la nuque et à [les] pincer là], pourquoi [le tana] a-t-il [parlé] précisément de [celui qui] pince — même [celui qui] abat aussi [serait valide] ! Plutôt, n'est-ce pas qu'il faut en conclure [que la melika est valide] même [pour celui qui] ramène, et [que] notre michna [traite du cas] où il n'a pas ramené.

📜 Rachi (1)
וְאִי ס"ד מַחֲזִיר דַּוְקָא וּמַתְנִי' דְּקָתָנֵי מְלִיקָה כְּשֵׁרָה בְּשֶׁהֶחֱזִיר קָמַייְרֵי דְּאִי לֹא הֶחֱזִיר פְּסוּלָה שׁוֹחֵט אַמַּאי פְּסוּלָה מַאי שְׁנָא עֹורֶף מִצְּדָדִין אֶלָּא לָאו ש"מ אַף מַחֲזִיר קָאָמְרִי וּמַתְנִי' בִּדְלָא אַהְדַּר וְלָא הָוְיָא מַתְנֵי' לָא תְּיוּבְתַּיְיהוּ וְלָא סִיַּיעְתַּייְהוּ:
Et si cela te montait à l'esprit [que c'est] spécifiquement [pour celui qui] ramène — et [que] notre michna, qui enseigne [que la] melika [est] valide, traite [du cas] où il a ramené, car s'il n'a pas ramené [c'est] invalide — [alors] celui qui abat, pourquoi [serait-il] invalide ? en quoi la nuque (oref) diffère-t-elle des côtés (tsedadin) ? Plutôt, n'est-ce pas qu'il faut en conclure [qu'on] dit [la melika valide] même [pour celui qui] ramène, et [que] notre michna [traite du cas] où il n'a pas ramené ; et [ainsi] notre michna n'est ni une réfutation pour eux ni un appui pour eux.
💡 Explication

Fin d'une preuve (commencée en 19b) sur la melika (pincement de la nuque à l'ongle du cohen, pour l'oiseau du sacrifice). Si la mitsva n'était valide que pour celui qui ramène (mahzir) les simanim derrière la nuque, pourquoi distinguer la melika ? Même abattre (chehita) là serait valide. Donc la melika vaut même sans ramener, et la michna parle du cas où l'on n'a pas ramené (be-delà ahadar).

2
אָמַר רַבִּי יַנַּאי: יְקַבְּלוּ הָרוֹבִין אֶת תְּשׁוּבָתָן, דְּקָתָנֵי: נִמְצָא כָּשֵׁר בִּשְׁחִיטָה – פָּסוּל בִּמְלִיקָה, כָּשֵׁר בִּמְלִיקָה – פָּסוּל בִּשְׁחִיטָה. לִמְעוּטֵי מַאי? לָאו לְמַעוֹטֵי מַחֲזִיר סִימָנִין לַאֲחוֹרֵי הָעֹורֶף, דְּלָא?

Rabbi Yannai a dit : que les jeunes (rovin) [les fils de Rabbi Hiyya] reçoivent leur réponse, de ce qui est enseigné [dans la michna] : il se trouve [que] ce qui est valide en chehita [est] invalide en melika, [et ce qui est] valide en melika [est] invalide en chehita. Pour exclure quoi ?

N'est-ce pas pour exclure [celui qui] ramène les simanim derrière la nuque, [pour enseigner] que non [il n'est pas valide en melika] ?

📜 Rachi (3)
יְקַבְּלוּ הָרוֹבִין אֶת תְּשׁוּבָתָן הַנְּעָרִים בְּנֵי ר' חַיָּיא:
Que les jeunes reçoivent leur réponse — les garçons, fils de Rabbi Hiyya.
לִמְעוּטֵי מַאי אִי מִשּׁוּם דְּעוֹרֵף פָּסוּל בִּשְׁחִיטָה וְכָשֵׁר לִמְלִיקָה וְצַוָּאר כָּשֵׁר לִשְׁחִיטָה וּפָסוּל בִּמְלִיקָה הָא תְּנָא לֵיהּ:
Pour exclure quoi — si [c'est] parce que la nuque [est] invalide en chehita et valide en melika, et [que] le cou (tsavar) [est] valide en chehita et invalide en melika — cela, [le tana] l'a [déjà] enseigné.
לָאו לְמַעוּטֵי חֲזָרַת סִימָנִים דְּכָשֵׁר בִּשְׁחִיטָה וּפָסוּל בִּמְלִיקָה וְאַיְּידֵי דִּתְנָא כָּשֵׁר בִּשְׁחִיטָה וּפָסוּל בִּמְלִיקָה תַּנָּא נָמֵי כָּשֵׁר בִּמְלִיקָה פָּסוּל בִּשְׁחִיטָה:
N'est-ce pas pour exclure le fait de ramener les simanim — qui [est] valide en chehita et invalide en melika ; et puisqu'[il] a enseigné 'valide en chehita, invalide en melika', il a aussi enseigné 'valide en melika, invalide en chehita'.
💡 Explication

Rabbi Yannai veut réfuter les fils de Rabbi Hiyya (les 'jeunes', rovin) à partir de la michna : 'ce qui est valide en chehita est invalide en melika'. Que vient exclure cette clause ? Selon Rabbi Yannai, elle exclut mahzir simanim (ramener les simanim derrière la nuque) — valide en chehita, invalide en melika — preuve qu'on ne ramène pas pour la melika.

3
אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה: לָא, לִמְעוּטֵי שֵׁן וְצִפֹּורֶן. שֵׁן וְצִפֹּורֶן בְּהֶדְיָא קָתָנֵי לְהוּ.

Rabba bar bar Hana a dit : non, [c'est] pour exclure [la] dent et [l']ongle (chen ve-tsiporen) [non détachés, valides en melika et invalides en chehita]. [Objection :] dent et ongle, [le tana] les enseigne explicitement [ailleurs] !

📜 Rachi (2)
לָא לְמַעוֹטֵי שֵׁן וְצִפֹּורֶן וּמִשּׁוּם סֵיפָא נְקַט לָהּ כָּשֵׁר בִּמְלִיקָה פָּסוּל בִּשְׁחִיטָה לְמַעוֹטֵי שֵׁן מְחֻובֶּרֶת וְצִפֹּורֶן מְחֻובֶּרֶת דִּפְסוּלָה בִּשְׁחִיטָה וְהָכִי קָאָמַר כָּשֵׁר בִּמְלִיקָה כְּגוֹן צִפֹּורֶן מְחֻובֶּרֶת פָּסוּל בִּשְׁחִיטָה וְכֵיוָן דְּאַשְׁמוֹעֵי' צִפֹּורֶן הוּא הַדִּין לְשֵׁן דְּטַעְמָא מִשּׁוּם מְחֻובָּר הוּא וְאַיְּידֵי דִּתְנָא סֵיפָא תְּנָא נָמֵי רֵישָׁא:
Non, [c'est] pour exclure dent et ongle — et [c'est] à cause de la fin (sefa) qu'il [l']a pris : 'valide en melika, invalide en chehita', pour exclure une dent attachée et un ongle attaché, qui [sont] invalides en chehita ; et voici ce qu'il dit : 'valide en melika', par exemple un ongle attaché, '[est] invalide en chehita' ; et puisqu'il nous a enseigné [pour] l'ongle, il en va de même pour la dent, car la raison [est] qu'[ils sont] attachés ; et [c'est] parce qu'il a enseigné la fin [qu']il a aussi enseigné le début.
שֵׁן וְצִפֹּורֶן בְּהֶדְיָא תְּנָא לְהוּ לְעֵיל (חוֹלִין דַּף טו:) בְּמָתְנֵי' חוּץ מִמַּגַּל קָצִיר וְהַמְּגֵירָה וְהַשִּׁינַּיִם וְהַצִּפֹּורֶן וְאוֹקְמִינַן בִּמְחֻובֶּרֶת. וְאִית דִּמְפָרְשִׁי דְּמֵרֵישָׁא מְמַעֵט שֵׁן תְּלוּשָׁה וְצִפֹּורֶן תְּלוּשָׁה דְּכָשֵׁר בִּשְׁחִיטָה וּפָסוּל בִּמְלִיקָה וְלֹא הִיא דא"כ לָמָּה הֻוזְכַּר שֵׁן וְצִפֹּורֶן לֵימָא הָכִי לִמְעוּטֵי תָּלוּשׁ דְּפָסוּל בִּמְלִיקָה אֶלָּא תָּלוּשׁ לָאו מִילְּתָא הִיא דְּנֵימָא כָּשֵׁר בִּשְׁחִיטָה וּפָסוּל בִּמְלִיקָה דְּהָא בְּתָלוּשׁ לָא מִיקַּרְיָא מְלִיקָה וְאַפֵּי' מְלִיקָה פְּסוּלָה לָא מִיקַּרְיָא דְּהָא פֵּירֵשׁ לָן קְרָא דִּמְלִיקָה בְּעַצְמוֹ שֶׁל כֹּהֵן הָיְתָה וּבִכְלִי לָא מִיקַּרְיָא מְלִיקָה דְּלָא אַשְׁכְּחַן בִּכְלִי דְּמִיקַּרְיָא מְלִיקָה וּמְנָא תִּימְרָא דִּמְלִיקָה בְּעַצְמוֹ שֶׁל כֹּהֵן דְּתַנְיָא בִּשְׁחִיטַת קָדָשִׁים בְּפֶרֶק קָדְשֵׁי קָדָשִׁים (זְבָחִים דַּף סה.) וְהִקְרִיבוֹ הַכֹּהֵן אֶל הַמִּזְבֵּחַ וְכִי תַּעֲלֶה עַל דַּעְתְּךָ שֶׁזָּר קָרֵב גַּבֵּי מִזְבֵּחַ אֶלָּא מַגִּיד שֶׁלֹּא תְּהֵא מְלִיקָה אֶלָּא בְּעַצְמוֹ שֶׁל כֹּהֵן וּלְהַהוּא לִישָּׁנָא פָּרְכִינַן שֵׁן וְצִפֹּורֶן בְּהֶדְיָא קָתָנֵי לְהוּ בְּתוֹרַת כֹּהֲנִים כִּדְפָרֵישִׁית וְהָא נָמֵי לֵיתָא דְּלָא פָּרְכִינַן בְּהֶדְיָא קָתָנֵי לָהּ אֶלָּא א"כ שְׁנוּיָה בַּמִּשְׁנָה דְּרֹוב בָּרָייְתוֹת שֶׁבְּתוֹרַת כֹּהֲנִים וְשֶׁבַּתּוֹסֶפְתָּא שְׂנָאוּם חֲכָמִים בְּמִשְׁנָתֵינוּ וְלָא פָּרְכִינַן הָכִי אֶלָּא הֵיכָא דְּסָתַם בְּמַתְנִיתִין תְּרֵי זִמְנֵי אוֹ בְּחַד מַסֶּכְתָּא אוֹ בָּתַרְתִּי:
Dent et ongle, [le tana] les enseigne explicitement — plus haut (Houlin 15b) dans la michna : 'à l'exception de la faucille à moissonner, de la scie, des dents et de l'ongle', et nous [l']avons établi [pour le cas où ils sont] attachés. Et certains expliquent que [c'est] du début (recha) qu'il exclut une dent détachée et un ongle détaché, qui [seraient] valides en chehita et invalides en melika ; et [ce] n'est pas [ainsi], car s'il en était ainsi, pourquoi 'dent et ongle' ont-ils été mentionnés ? qu'il dise donc ainsi : 'pour exclure [l'instrument] détaché, qui [est] invalide en melika' ; or [l'instrument] détaché n'est pas une chose [telle] que l'on dise '[il est] valide en chehita et invalide en melika', car [un acte] avec [un instrument] détaché ne s'appelle pas melika, et [il] ne s'appelle même pas melika invalide, car le verset nous a expliqué que la melika [se faisait] avec le [corps] même du cohen, et [un acte] avec un instrument ne s'appelle pas melika, car nous ne trouvons pas qu'[un acte] avec un instrument s'appelle melika ; et d'où [le] dis-tu, que la melika [se fait] avec le [corps] même du cohen ? car il est enseigné dans [le traité de] Chehitat Kodachim, au chapitre Kodchei Kodachim (Zevahim 65a) : 'et le cohen [l']approchera de l'autel' — or t'imaginerais-tu qu'un étranger [non-cohen] s'approche de l'autel ? plutôt, [cela] enseigne que la melika ne [se fait] qu'avec le [corps] même du cohen ; et c'est selon cette version que nous objectons '[la] dent et [l']ongle, [le tana] les enseigne explicitement' dans le Torat Kohanim, comme je [l']ai expliqué ; et ceci non plus n'est pas [exact], car nous n'objectons pas '[le tana] les enseigne explicitement' à moins que [la chose] ne soit enseignée dans une michna, car la plupart des braitot du Torat Kohanim et de la Tossefta, les Sages les ont énoncées dans notre michna ; et nous n'objectons ainsi que là où [le tana] a [enseigné la chose] de manière anonyme (setam) dans la michna deux fois, soit dans un [même] traité, soit dans deux [traités].
🗂️ Tossefot (1)
לָא לְמַעוֹטֵי שֵׁן וְצִפֹּורֶן מַה שֶּׁהִקְשָׁה בַּקּוּנְטְרֵס לְאוֹתָן שֶׁמְּפָרְשִׁים דְּאַיְירֵי בִּתְלוּשִׁים לֹא שַׁייָּךְ לְמִפְרַךְ תְּנֵינָא מִבָּרַיְיתָא אֶלָּא אִם כֵּן שְׁנוּייָה בַּמִּשְׁנָה נִרְאֶה דְּלָא קָשֶׁה דְּהָא נָמֵי שָׁמְעִינַן מִמַּתְנִי' בִּזְבָחִים בְּפֶרֶק חַטַּאת הָעוֹף (זְבָחִים דַּף סח.) דִּתְנַן מָלַק בְּסַכִּין מְטַמֵּא בְּגָדִים אַבֵּית הַבְּלִיעָה אַלְמָא תָּלוּשׁ פָּסוּל בִּמְלִיקָה וּמִיהוּ קָשֶׁה קֻושְׁיָא אַחֶרֶת שֶׁהִקְשָׁה דה"ל לְמֵימַר לִמְעוּטֵי תָּלוּשׁ וְהָוֵי כָּל תָּלוּשׁ בִּכְלַל וא"ת וּלְפֵירוּשׁוֹ דְּאַיְירֵי בִּמְחֻובָּרִין הֵיאַךְ שֵׁן כְּשֵׁרָה בִּמְלִיקָה הָא בָּעֵי יָמִין דְּמָלַק בִּשְׂמֹאל פָּסוּל כְּדִתְנַן בְּפֶרֶק חַטַּאת הָעוֹף (ג"ז שָׁם) וי"ל דְּלָא נְקַט שֵׁן שֶׁיְּהֵא שֵׁן כְּשֵׁרָה לִמְלִיקָה אֶלָּא כְּלוֹמַר דְּלָא מִיפְסָל מִטַּעַם מְחֻובָּר כְּמוֹ בִּשְׁחִיטָה ועי"ל דִּשְׂמֹאל גָּרַע מִשֵּׁן כִּדְאַשְׁכְּחַן לְעִנְיַן חֲלִיצָה דְּאָמְרִינַן בְּפֶרֶק מִצְוַת חֲלִיצָה (יְבָמוֹת דַּף קה.) דְּגִידֶּמֶת חוֹלֶצֶת בְּשִׁינֶּיהָ וּבַיְּרוּשַׁלְמִי מַשְׁמַע דַּחֲלִיצָה בָּעֵי יָמִין דְּאָמְרִינַן בִּירוּשַׁלְמִי כֵּיצַד הִיא עוֹשָׂה מַתִּירָתוֹ בְּיָמִין וְתוֹפַסְתּוֹ בִּשְׂמֹאל וְגוֹרַרְתּוֹ בְּיָמִין כְּדֵי שֶׁתְּהֵא חֲלִיצָה בְּיָמִין וְהִתְרָה בְּיָמִין וְשֶׁמָּא אֵין כָּל כָּךְ רְאָיָה דְּדִלְמָא לֵיכָּא עִיכּוּבָא בְּיָמִין אֶלָּא לְכַתְּחִלָּה בָּעֵי יָמִין וְהוּא הַדִּין אִם חָלְצָה בִּשְׂמֹאל דַּחֲלִיצָתָהּ כְּשֵׁירָה וְהָא דְּלָא קָאָמַר לִמְעוּטֵי דּוֹרֵס דְּכָשֵׁר לִמְלִיקָה וּפָסוּל לִשְׁחִיטָה מִשּׁוּם דִּבְהֶדְיָא קָתָנֵי לָהּ גַּבֵּי שְׁחִיטָה בְּפֶ' ב' (לְקַמָּן חֻולִּין ל:) דִּפְסוּלָה דִּתְנַן אִם הִתִּיז אֶת הָרֹאשׁ בְּבַת אַחַת פְּסוּלָה וְאִי אַשְׁמְעִינַן דְּכָשֵׁר בִּמְלִיקָה א"כ ה"ל לְמִתְנֵי אִפְכָּא פָּסוּל בִּשְׁחִיטָה כָּשֵׁר בִּמְלִיקָה דַּהֲוָה מַשְׁמַע שֶׁפָּשׁוּט לָנוּ בִּשְׁחִיטָה:
Non, [c'est] pour exclure dent et ongle — ce que le Commentaire (Rachi) a objecté à ceux qui expliquent que [la michna] traite [d'instruments] détachés — [à savoir] qu'il ne convient pas d'objecter 'nous [l']avons [déjà] appris' depuis une braita à moins que [la chose] ne soit enseignée dans une michna — il apparaît que [cette objection] ne tient pas, car cela aussi, nous [l']apprenons d'une michna dans [le traité] Zevahim, au chapitre Hatat ha-Of (Zevahim 68a), où il est enseigné : '[s']il a fait la melika avec un couteau, [la bête] rend les vêtements impurs au [contact de la] gorge' — ce qui implique [qu'un instrument] détaché [est] invalide en melika. Toutefois subsiste l'autre difficulté qu'il a objectée, [à savoir] qu'il aurait fallu dire 'pour exclure [l'instrument] détaché', et [alors] tout [instrument] détaché [serait] inclus. Et si tu objectes : selon son explication, qui traite [d'instruments] attachés, comment une dent serait-elle valide en melika ? car [la melika] requiert la [main] droite, puisque [si] l'on a fait la melika de la [main] gauche [c'est] invalide, comme il est enseigné au chapitre Hatat ha-Of (ibid.) ! Et l'on peut dire qu'[il] n'a pas pris la dent [pour dire] que la dent [soit] valide en melika, mais [pour dire] qu'elle n'est pas invalidée du fait [d'être] attachée, comme [c'est le cas] en chehita. Et l'on peut [aussi] dire que la [main] gauche [est] pire que la dent, comme nous trouvons à propos de la halitsa, car nous disons au chapitre Mitsvat Halitsa (Yevamot 105a) qu'une [femme] manchote (gidemet) fait la halitsa avec ses dents ; et dans le Yerouchalmi il ressort que la halitsa requiert la [main] droite, car nous disons dans le Yerouchalmi : comment fait-elle ? elle le délie de la [main] droite, le saisit de la [main] gauche, et le tire de la [main] droite, afin que la halitsa [se fasse] de la [main] droite et le déliage de la [main] droite ; et peut-être n'y a-t-il pas là une preuve si forte, car peut-être n'y a-t-il pas [d'exigence] indispensable [de] la [main] droite, mais [seulement] à priori [la halitsa] requiert la [main] droite, et il en va de même [que] si elle a fait la halitsa de la [main] gauche, sa halitsa [est] valide. Et ce pourquoi [le tana] ne dit pas 'pour exclure [celui qui] presse (dores), qui [est] valide en melika et invalide en chehita' — [c'est] parce qu'il [l']enseigne explicitement à propos de la chehita au chapitre 2 (plus loin, Houlin 30b), qu'elle [est] invalide, comme il est enseigné : 's'il a tranché la tête d'un seul coup, [c'est] invalide' ; et s'il nous avait enseigné que [celui qui presse (dores) est] valide en melika, alors il aurait fallu enseigner l'inverse, 'invalide en chehita, valide en melika', ce qui aurait implique qu'[il] nous [est] évident [qu'elle est invalide] en chehita.
💡 Explication

Rabba bar bar Hana répond à Rabbi Yannai : la clause n'exclut pas mahzir, mais (par sa seconde moitié) la dent et l'ongle (chen ve-tsiporen) encore attachés (au corps), qui sont invalides en chehita (un instrument détaché est requis) mais valides en melika (faite à l'ongle du cohen). Objection : cela est déjà enseigné explicitement [michna 15b], inutile de le répéter.

4
אֶלָּא אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה: לִמְעוּטֵי מוֹלִיךְ וּמֵבִיא. הָנִיחָא לְמַאן דְּאָמַר מוֹלִיךְ וּמֵבִיא בִּמְלִיקָה – פָּסוּל, אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר כָּשֵׁר, מַאי אִיכָּא לְמֵימַר? בְּנֵי רַבִּי חִייָּא סָבְרִי לַהּ כְּמַאן דְּאָמַר מוֹלִיךְ וּמֵבִיא בִּמְלִיקָה – פָּסוּל.

Plutôt, Rabbi Yirmeya a dit : [c'est] pour exclure [celui qui] mène et ramène (moulikh oumevi) [le va-et-vient, valide en chehita et invalide en melika]. Cela va bien selon celui qui dit [que] mener et ramener en melika [est] invalide ; mais selon celui qui dit [que c'est] valide, qu'y a-t-il à dire ?

Les fils de Rabbi Hiyya tiennent comme celui qui dit [que] mener et ramener en melika [est] invalide.

📜 Rachi (3)
לִמְעוּטֵי מוֹלִיךְ וּמֵבִיא דְּכָשֵׁר בִּשְׁחִיטָה וּפָסוּל בִּמְלִיקָה וּמִשּׁוּם רֵישָׁא נְקַט לָהּ וְאַיְּידֵי דִּתְנָא רֵישָׁא תְּנָא סֵיפָא:
Pour exclure [celui qui] mène et ramène — qui [est] valide en chehita et invalide en melika ; et [c'est] à cause du début (recha) qu'il [l']a pris ; et [c'est] parce qu'il a enseigné le début [qu']il a aussi enseigné la fin.
הָנִיחָא לְמַאן דְּאָמַר כוּ' פְּלוּגְתָּא דְרַב הוּנָא וְרַבָּה הִיא לְקַמָּן בִּשְׁמַעְתִּין:
Cela va bien selon celui qui dit etc. — [c'est] la controverse de Rav Houna et Rabba, plus loin dans notre sougya.
סָבְרִי לָהּ כמ"ד פָּסוּל וּמוֹקְמִינַן לְמִתְנֵי' לִמְעוּטֵי מוֹלִיךְ וּמֵבִיא:
[Les fils de Rabbi Hiyya] tiennent comme celui qui dit [que c'est] invalide — et nous établissons notre michna [comme venant] exclure [celui qui] mène et ramène.
💡 Explication

Rabbi Yirmeya tranche : la clause exclut moulikh oumevi (le va-et-vient de l'ongle), valide en chehita, invalide en melika — où la melika doit se faire en tranchant droit en descendant (kotsets ve-yored). Mais c'est une mahloket (Rav Houna / Rabba, plus bas) : la preuve de Rabbi Yannai ne vaut que pour celui qui tient le va-et-vient invalide en melika ; les fils de Rabbi Hiyya tiennent ainsi.

5
אָמַר רַב כָּהֲנָא: מִצְוַת מְלִיקָה קוֹצֵץ וְיוֹרֵד, וְזוֹ הִיא מִצְוָתָהּ. סָבַר רַבִּי אָבִין לְמֵימַר: קוֹצֵץ וְיוֹרֵד – אִין, מוֹלִיךְ וּמֵבִיא – לֹא. אָמַר לֵיהּ רַבִּי יִרְמְיָה: כָּל שֶׁכֵּן דְּמוֹלִיךְ וּמֵבִיא בִּמְלִיקָה כָּשֵׁר, וּמַאי זוֹ הִיא מִצְוָתָהּ? אֵימָא: אַף זוֹ הִיא מִצְוָתָהּ.

Rav Kahana a dit : la mitsva de la melika [consiste à] trancher en descendant (kotsets ve-yored), et telle est sa mitsva. Rabbi Avin pensa dire : trancher en descendant — oui ; mener et ramener — non.

Rabbi Yirmeya lui dit : à plus forte raison [que] mener et ramener en melika [est] valide ! Et que [signifie alors] 'et telle est sa mitsva' [qui implique : spécifiquement de cette manière] ?

Dis [plutôt] : cela aussi est sa mitsva.

📜 Rachi (2)
קוֹצֵץ וְיוֹרֵד בְּלֹא הוֹלָכָה וְהוֹבָאָה:
Trancher en descendant — sans mener ni ramener.
כ"ש כּוּ' דְּכָל כַּמָּה דְּלָא מְמַעֵט קְרָא בְּהֶדְיָא כְּדִמְמַעֵט סַכִּין וְצַוָּאר כִּי עֲבִיד מְלִיקָה בִּשְׁחִיטָה טְפֵי עָדִיף:
À plus forte raison etc. — car tant que le verset n'exclut pas explicitement [une manière], comme il exclut le couteau et le cou, [alors] lorsqu'on fait la melika [à la manière] de la chehita, [c'est] même préférable.
💡 Explication

Rav Kahana : la mitsva de la melika est de trancher en descendant (kotsets ve-yored), sans va-et-vient. Rabbi Avin en déduit : seul le tranchage droit vaut, pas le va-et-vient. Rabbi Yirmeya corrige : à fortiori (kol cheken) le va-et-vient est valide [tant que le verset ne l'exclut pas, plus on agit comme la chehita, mieux c'est]. La formule 'telle est sa mitsva' se relit donc : 'cela aussi est sa mitsva' (et non : exclusivement cela).

6
אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה אָמַר שְׁמוּאֵל: כָּל הַכָּשֵׁר בִּשְׁחִיטָה – כְּנֶגְדּוֹ בָּעֹורֶף כָּשֵׁר בִּמְלִיקָה, הָא פָּסוּל בִּשְׁחִיטָה – פָּסוּל בִּמְלִיקָה. לִמְעוּטֵי מַאי? אִילֵּימָא לְמַעוֹטֵי עִיקּוּר סִימָנִין, וְהָא תָּנֵי רָמֵי בַּר יְחֶזְקֵאל: אֵין עִיקּוּר סִימָנִין בָּעוֹף!

Rabbi Yirmeya a dit au nom de Chmouel : tout [lieu] valide en chehita, en face [de lui] sur la nuque [est] valide en melika ; [donc] ce qui [est] invalide en chehita [est] invalide en melika. Pour exclure quoi ?

Si l'on dit [que c'est] pour exclure l'arrachement des simanim (éqour simanim) — mais Rami bar Ye'hezkel a enseigné : il n'y a pas d'arrachement des simanim pour l'oiseau (of) !

📜 Rachi (4)
אָמַר שְׁמוּאֵל כָּל הַכָּשֵׁר כו' שְׁמוּאֵל לָאו בְּהִלְכוֹת שְׁחִיטָה אַייְרֵי דא"כ אִיכָּא לְמִפְרַךְ טוּבָא דְּאִי סָבַר מוֹלִיךְ וּמֵבִיא בִּמְלִיקָה פָּסוּל הָא אִיכָּא מוֹלִיךְ וּמֵבִיא דְּכָשֵׁר בִּשְׁחִיטָה וּפָסוּל בִּמְלִיקָה וְאִיכָּא תָּלוּשׁ וְאִי קָסָבַר מוֹלִיךְ וּמֵבִיא בִּמְלִיקָה כָּשֵׁר וְכָל שֶׁכֵּן קוֹצֵץ וְיוֹרֵד כִּדְאָמְרִינַן קַשְׁיָא סֵיפָא דְּדָיְיקִינַן הָא פָּסוּל פָּסוּל וְהָא אִיכָּא קוֹצֵץ וְיוֹרֵד דְּפָסוּל בִּשְׁחִיטָה וְכָשֵׁר בִּמְלִיקָה אֶלָּא שְׁמוּאֵל בְּהֶכְשֵׁר מְקוֹם שְׁחִיטָה קָא מַיְירֵי כָּל מָקוֹם הָרָאוּי בַּצַּוָּאר לִשְׁחִיטָה רָאוּי לִמְלִיקָה לְעֻומָּתוֹ מֵאֲחוֹרָיו בְּמוּל עֹורֶף:
Chmouel a dit : tout [lieu] valide etc. — Chmouel ne traite pas des lois de la chehita, car s'il en était ainsi, il y aurait beaucoup à objecter : s'il tient [que] mener et ramener en melika [est] invalide, or il y a [le cas du] mener et ramener qui [est] valide en chehita et invalide en melika, et il y a [l'instrument] détaché ; et s'il tient [que] mener et ramener en melika [est] valide, [et] à plus forte raison trancher en descendant, comme nous [l']avons dit, [alors] la fin [est] difficile, car nous déduisons '[ce qui est] invalide [en chehita est] invalide [en melika]', or il y a [le cas du] trancher en descendant qui [est] invalide en chehita et valide en melika. Plutôt, Chmouel traite de la validité du lieu de la chehita : tout lieu apte, sur le cou, à la chehita [est] apte à la melika en face de lui, par derrière, sur le renflement de la nuque.
וּפָרְכִינַן הָא פָּסוּל פָּסוּל דְּעַל כְּרִחְיַן שְׁמוּאֵל מִשּׁוּם הַךְ דִּיּוּקָא נְקַט לָהּ דְּאִי מִשּׁוּם הִיא גּוּפָהּ לְאַשְׁמוֹעִינַן דְּכָל מוּל הָעֹורֶף כָּשֵׁר לִמְלִיקָה הָא בְּהֶדְיָא תָּנֵי לָהּ בְּמָתְנֵי' אֶלָּא שְׁמוּאֵל פָּסוּל אֲתָא לְאַשְׁמוֹעֵי' וְלִמְעוּטֵי מַאי דְּכֵיוָן דְּפָסוּל בִּשְׁחִיטָה יְהֵא פָּסוּל בִּמְלִיקָה לִמְעוּטֵי לְמַעְלָה מִן הַצַּוָּאר דְּפָסוּל בִּמְלִיקָה לָא אִצְטְרִיךְ דְּהַיְינוּ עֹורֶף מַמָּשׁ וּבְהֶדְיָא כְּתִיב מִמּוּל עָרְפּוֹ וְלֹא עָרְפּוֹ:
Et nous objectons : '[ce qui est] invalide [est] invalide' — car force est [de dire que] Chmouel [l']a énoncé à cause de cette déduction, car si [c'était] pour la chose elle-même, [pour] nous enseigner que tout le renflement de la nuque [est] valide en melika — cela, [le tana] l'enseigne explicitement dans la michna ! Plutôt, Chmouel vient enseigner '[l'] invalide', et pour exclure quoi ? Car puisque [c'est] invalide en chehita, [ce serait] invalide en melika — pour exclure au-dessus du cou, qui [serait] invalide en melika ? [cela] n'était pas nécessaire, car [c'est] la nuque proprement dite, et il est écrit explicitement 'depuis l'en-face de sa nuque (mimoul orpo)' et non 'sa nuque'.
אִילֵּימָא לִמְעוּטֵי סִימָנִים שֶׁנֶּעֶקְרוּ דְּכֵיוָן דְּאֵין אוֹתוֹ צַוָּאר כָּשֵׁר לִשְׁחִיטָה אֵין עֹורֶף כְּנֶגְדּוֹ כָּשֵׁר לִמְלִיקָה:
Si l'on dit [que c'est] pour exclure les simanim qui ont été arrachés — car puisque ce cou-là [n'est] pas valide en chehita, la nuque en face de lui [n'est] pas valide en melika.
וְהָא תָּנֵי רָמֵי דְּאַפֵּי' לִשְׁחִיטָה כָּשֵׁר:
Mais Rami a enseigné — [que] même en chehita [c'est] valide.
🗂️ Tossefot (1)
אִילֵּימָא לִמְעוּטֵי עִיקּוּר סִימָנִים לְפֵירוּשׁ הַקּוּנְטְרֵס דִּבְעִיקּוּר סִימָנִין הָוֵי טְרֵפָה תֵּימַהּ אַמַּאי אִצְטְרִיךְ לְאַשְׁמוֹעֵי' דְּכִי הֵיכִי דְּעִיקּוּר פָּסוּל בִּשְׁחִיטָה פָּסוּל נָמֵי בִּמְלִיקָה מֵאַיִן הָיָה לָנוּ לְהַכְשִׁיר בִּמְלִיקָה יוֹתֵר מִבְּשֶׁחִיטָּה וַהֲלֹא מָלַק וְנִמְצָא טְרֵפָה פָּסוּל לְכֻולֵּי עָלְמָא אֶלָּא דִּפְלִיגִי בִּזְבָחִים בְּפֶרֶק (קָדְשֵׁי קָדָשִׁים) (דַּף סט.) אִי מְלִיקָה מְטַהֶרֶת מִטֻּומְאַת נִבְלַת עוֹף טָהוֹר אוֹ לָאו וְכֵן תֵּימַהּ לְרָבָא בַּר קִיסִּי דְּקָאָמַר לֹא אָמַר רָמֵי בַּר יְחֶזְקֵאל אֵין עִיקּוּר סִימָנִים לָעוֹף אֶלָּא בִּמְלִיקָה וְלֹא בִּשְׁחִיטָה מַאי שְׁנָא דִּנְקַט עִיקּוּר מִכָּל שְׁאָר טְרֵיפוֹת וְכֵן תֵּימַהּ דְּקָאָמַר בְּסָמוּךְ [אֶלָּא] לָמֶ"ד אֵין שְׁחִיטָה לָעוֹף מִן הַתּוֹרָה אֵין עִיקּוּר (אֲבָל לְמ"ד יֵשׁ שְׁחִיטָה לָעוֹף מִן הַתּוֹרָה יֵשׁ עִיקּוּר) הֵיאַךְ תָּלוּי זֶה בָּזֶה מ"מ הוּא אָסוּר מִשּׁוּם טְרֵפָה דְּמַה לִי טְרֵפָה זוֹ וּמַה לִי טְרֵפָה אַחֶרֶת דְּכֵיוָן שֶׁנִּטְרַף הָעוֹף שׁוּב אֵין מוֹעִיל לוֹ נְחִירָה אֶלָּא לְהוֹצִיא מִידֵי נְבֵילָה לְמַאן דְּאָמַר אֵין שְׁחִיטָה לָעוֹף מִן הַתּוֹרָה כִּדְמוֹכַח בְּרֵישׁ הַשּׁוֹחֵט (לְקַמָּן חֻולִּין כח.) אֲבָל לְדִבְרֵי הֲלָכוֹת גְּדוֹלוֹת אָתְיָא כֻּולָּהּ סוּגְיָא שַׁפִּיר דְּלָא הָוֵי טְרֵפָה עַל יְדֵי שְׁחִיטַת סִימָנִין וּלְהָכִי קָאָמַר אִילֵּימָא לְמַעוֹטֵי עִיקּוּר סִימָנִין כִּי הֵיכִי דְּהִלְכְתָא גְּמִירִי לָהּ דְּאֵין הַשְּׁחִיטָה מוֹעֶלֶת שָׁם אַף עַל פִּי שֶׁאֵינוֹ נִטְרָף בְּכָךְ כְּמוֹ כֵן בִּמְלִיקָה שׁוּב אֵינוֹ נִמְלַק אַף עַל פִּי שֶׁאֵינוֹ טְרֵפָה וְהָא תָּנֵי רָמֵי בַּר יְחֶזְקֵאל כו' וּפְלִיג אַהַהִיא דְּנִשְׁמְטָה הַגַּרְגֶּרֶת כִּדְפֵירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס אֲבָל אַהַךְ דְּתָנֵי לֵוִי כָּל טְרֵפוֹת שֶׁמָּנוּ חֲכָמִים בַּבְּהֵמָה כְּנֶגְדּוֹ בָּעוֹף לָא פְּלִיג דַּאֲפִילּוּ בִּבְהֵמָה אֵינָהּ טְרֵפָה בְּכָךְ אֲבָל לְפֵירוּשׁ הַקּוּנְטְרֵס פְּלִיג נָמֵי אַלֵּוִי וְנִיחָא הַשְׁתָּא דְּרָבָא בַּר קִיסִּי וְכֻולָּהּ סֻוגְיָא:
Si l'on dit [que c'est] pour exclure l'arrachement des simanim — selon l'explication du Commentaire (Rachi), [à savoir] que par l'arrachement des simanim [la bête] devient tereifa, [c'est] étonnant : pourquoi a-t-il fallu nous enseigner que, de même que l'arrachement [est] invalide en chehita, [il est] invalide aussi en melika ? d'où aurions-nous [voulu] valider en melika plus qu'en chehita ? or [si] l'on a fait la melika et [que la bête] s'est trouvée tereifa, [c'est] invalide de l'avis de tous ! Plutôt, [c'est] qu'ils divergent dans [le traité] Zevahim, au chapitre Kodchei Kodachim (Zevahim 69a), [pour savoir] si la melika purifie de l'impureté de la charogne d'un oiseau pur (nivlat of tahor) ou non. De même [c'est] étonnant selon Rabba bar Kissi, qui dit : Rami bar Ye'hezkel n'a dit 'il n'y a pas d'arrachement des simanim pour l'oiseau' qu'en melika et non en chehita — en quoi l'arrachement diffère-t-il de toutes les autres tereifot [pour qu'il le] prenne [particulièrement] ? De même [c'est] étonnant [pour] ce qu'il dit plus loin : selon celui qui dit 'il n'y a pas de chehita pour l'oiseau depuis la Torah', il n'y a pas d'arrachement ; mais selon celui qui dit 'il y a chehita pour l'oiseau depuis la Torah', il y a arrachement — comment ceci dépend-il de cela ? car de toute façon [la bête] est interdite au titre de tereifa, [et] que m'importe cette tereifa-ci ou une autre tereifa, car dès lors que l'oiseau est devenu tereifa, la nehira (perforation) ne lui sert plus de rien, si ce n'est pour [l']extraire de [l'état de] charogne, selon celui qui dit 'il n'y a pas de chehita pour l'oiseau depuis la Torah', comme [cela] ressort au début de [chapitre] Ha-Chohet (plus loin, Houlin 28a). Mais selon les Halakhot Guedolot, toute la sougya s'explique bien, car [la bête] ne devient pas tereifa par la chehita des simanim, et c'est pourquoi il dit 'si l'on dit [que c'est] pour exclure l'arrachement des simanim' : de même que c'est une halakha reçue [par tradition] que la chehita n'opère pas la [à cet endroit], bien que [la bête] ne devienne pas tereifa par cela, de même en melika [la bête] n'est plus 'pincée' [valablement], bien qu'elle ne soit pas tereifa ; et [c'est] 'Rami bar Ye'hezkel a enseigné etc.', et il diverge de celle [-là, la règle] de 'la trachée qui s'est détachée', comme [l']a expliqué le Commentaire ; mais sur celle qu'a enseignée Levi : 'toutes les tereifot que les Sages ont dénombrées pour la bête [domestique], en face d'elles pour l'oiseau', il ne diverge pas, car même pour la bête [domestique] elle n'est pas tereifa par cela ; mais selon l'explication du Commentaire, il diverge aussi de Levi. Et [tout] s'arrange à présent, [tant pour] Rabba bar Kissi que [pour] toute la sougya.
⚖️ Rosh (1)
גְּמ' תָּנֵי רָמֵי בַּר יְחֶזְקֵאל אֵין עִיקּוּר סִימָנִין לָעוֹף אָמַר רָבִינָא אֲמַר לִי רָבָא בַּר קִיסִי הָא דְּתָנֵי רָמֵי בַּר יְחֶזְקֵאל אֵין עִיקּוּר סִימָנִין לָעוֹף לָא אֲמַרַן אֶלָּא בִּמְלִיקָה אֲבָל בִּשְׁחִיטָה יֵשׁ עִיקּוּר וְקַייְמָא לָן כְּרָבִינָא וּכְהַהִיא בָּרַיְיתָא לְקַמָּן (חֻולִּין דַּף כֹּח.) שָׁחַט אֶת הַוֶּשֶׁט וְנִמְצֵא הַגַּרְגֶּרֶת שְׁמוּטָה דְּאַיְירֵי בְּעוֹף: אָמַר זְעֵירִי נִשְׁבְּרָה מַפְרֶקֶת וְרֹוב בָּשָׂר עִמָּהּ נְבֵלָה א"ר יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל נִשְׁבְּרָה מַפְרֶקֶת וְרֹוב בָּשָׂר עִמָּהּ מְטַמֵּא בְּאֹהֶל וא"ת מַעֲשֶׂה דְּעֵלִי דְּמַפְרֶקֶת בְּלֹא רֹוב בָּשָׂר הֲוַאי. זְקֵנָה שָׁאנֵי דִּכְתִיב כִּי זָקֵן הָאִישׁ וְכָבֵד וְגוֹ' א"ר שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי א"ר יוֹנָה קְרָעוֹ כַּדָּג מְטַמֵּא בְּאֹהֶל וְאָמַר רַב שְׁמוּאֵל בַּר רַב יִצְחָק וּמִגַּבּוֹ. אָמַר חִזְקִיָּה עֲשָׂאָהּ גִּיסְטְרָא נְבֵלָה. א"ר אֶלְעָזָר נִיטַּל יָרֵךְ וְחָלָל שֶׁלָּהּ נְבֵילָה. הֵיכִי דָּמֵי חָלָל שֶׁלָּהּ. אָמַר רָבָא כֹּל שֶׁרְבוּצָה וְנִרְאֵית חֲסֵירָה :
Guemara. Rami bar Ye'hezkel a enseigné : il n'y a pas d'arrachement des simanim (éqour simanim, le fait d'arracher les organes de la chehita — trachée et oesophage — de leur place) pour l'oiseau. Ravina a dit : Rava bar Kissi m'a dit : ce que Rami bar Ye'hezkel a enseigné — 'il n'y a pas d'arrachement des simanim pour l'oiseau' — nous ne l'avons dit qu'en melika (pincement de la nuque à l'ongle du cohen), mais en chehita (abattage au couteau) il y a arrachement [qui disqualifie]. Et nous tenons pour la halakha (règle tranchée) comme Ravina et comme cette braita [enseignée] plus loin (Houlin 28a) : 's'il a abattu l'oesophage (vechet) et que la trachée (gargeret) s'est trouvée détachée (chemouta)', laquelle traite de l'oiseau. Zeeri a dit : [si] la moelle épinière (mafreket, la nuque avec la colonne vertébrale) s'est brisée et [que] la majeure partie de la chair [était rompue] avec elle — [c'est] une nevela (charogne, cadavre transmettant l'impureté). Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : [si] la moelle épinière s'est brisée et [que] la majeure partie de la chair [était] avec elle, [la bête] rend impur par [le fait d'être sous un même] toit (be-ohel, impureté de tente propre au cadavre). Et si tu objectes : l'épisode d'Eli [Chmouel I, 4:18], où la moelle épinière [s'était brisée] sans [rupture de] la majeure partie de la chair [et il mourut néanmoins] ! [Réponse :] un vieillard, [c'est] différent, car il est écrit 'car l'homme était âgé et lourd etc.' [de sorte que le bris de la nuque seul suffit à le tuer]. Rabbi Chmouel bar Nahmani a dit au nom de Rabbi Yona : [s']il l'a fendu comme un poisson (méfroché dans la longueur), [la bête] rend impur par le toit. Et Rav Chmouel bar Rav Yits'haq a dit : et [même s'il l'a fendu] par le dos. 'Hizkiya a dit : [s']il en a fait une gistra (l'a coupée en deux morceaux), [c'est] une nevela. Rabbi Elazar a dit : [si] la cuisse a été ôtée et [avec elle] la cavité (halal, la paroi de la cavité abdominale attenante) — [c'est] une nevela. Comment se présente le cas de 'sa cavité' ? Rava a dit : tout [cas] où [la bête], étant couchée, apparaît manquante (défectueuse, creusée du fait de l'ablation).
💡 Explication

Chmouel pose une règle de correspondance des lieux : tout endroit de la gorge valide pour la chehita est, en face sur la nuque, valide pour la melika ; et inversement un lieu invalide en chehita l'est en melika. Que vient exclure le second volet ('invalide en chehita -> invalide en melika') ? Pas l'éqour simanim (arracher les simanim de leur place avant de couper), car Rami bar Ye'hezkel enseigne qu'il n'y a pas d'éqour [disqualifiant] pour l'oiseau.

7
אָמַר רַב פָּפָּא: לִמְעוּטֵי רֹאשׁוֹ. רֹאשׁוֹ פְּשִׁיטָא? ״מִמּוּל עָרְפּוֹ״ אֲמַר רַחֲמָנָא, וְלֹא בְּרֹאשׁוֹ!

Rav Papa a dit : [c'est] pour exclure sa tête (racho). [Objection :] sa tête [est] évident ! 'Depuis l'en-face de sa nuque (mimoul orpo)' a dit le Miséricordieux, et non sur sa tête !

📜 Rachi (1)
רֹאשׁוֹ פְּשִׁיטָא קְרָא בְּהֶדְיָא כְּתִיב:
Sa tête [est] évident — le verset [l']écrit explicitement.
💡 Explication

Rav Papa : la règle de Chmouel exclut racho (la tête) — la melika faite sur la tête plutôt que sur la nuque [est invalide]. Objection : c'est évident, le verset dit explicitement 'mimoul orpo' (à l'en-face de la nuque) et non sur la tête — pas besoin de la règle de Chmouel pour le savoir.

8
מַאי ״רֹאשׁוֹ״? שִׁיפּוּי רֹאשׁוֹ, כְּגוֹן דְּנָקֵט מִשִּׁיפּוּי רֹאשׁוֹ וְהִגְרִים וַאֲזַל עַד דִּמְטָא תַּתַּאי, וְכִדְרַב הוּנָא אָמַר רַב אַסִּי, דְּאָמַר רַב הוּנָא אָמַר רַב אַסִּי: הִגְרִים שְׁלִישׁ וְשָׁחַט שְׁנֵי שְׁלִישׁ – פְּסוּלָה.

Que [signifie] 'sa tête' [ici] ? Le déclive de sa tête (chipouy racho) — par exemple [le cas] où il a saisi [son ongle] depuis le déclive de sa tête, a dévié (higrim) et est allé jusqu'à parvenir en bas.

Et [c'est] selon Rav Houna au nom de Rav Assi, car Rav Houna a dit au nom de Rav Assi : [s']il a dévié [pour] un tiers et abattu deux tiers [dans le bon lieu], [c'est] invalide.

📜 Rachi (2)
שִׁיפּוּי רֹאשׁוֹ מִשֶּׁהִתְחִיל הָרֹאשׁ לַשֶּׁפַע וְאִי נָמֵי שִׁיפַּע מְלִיקָתוֹ:
Le déclive de sa tête — depuis que la tête commence à s'incliner ; ou bien [le cas où] sa melika a [été faite en] biais.
וְהִגְרִים וַאֲזַל עַד דִּמְטָא תַּתַּאי לְסִימָנִים נֶגֶד מְקוֹם שְׁחִיטָה וְגָמַר מְלִיקָתוֹ שָׁם דְּאִי עֲבַד רֻובָּא בְּשִׁיפּוּי הָרֹאשׁ דְּהַיְינוּ עֹורֶף מַמָּשׁ לֹא אִיצְטְרִיכָא לֵיהּ לִשְׁמוּאֵל דְּהָא מוּל בְּהֶדְיָא כְּתִיב אֶלָּא מִיעוּטָא הוּא דַּעֲבַד הָתָם וְאַשְׁמוֹעֵי' שְׁמוּאֵל דְּכִי הֵיכִי דְּמִיפַּסְלָא שְׁחִיטָה מִשּׁוּם הַתְחָלַת אוֹתוֹ מָקוֹם וְכִדְרַב הוּנָא כוּ' אַף עַל גַּב דְּרֻובָּא בִּמְקוֹם שְׁחִיטָה מִיפַּסְלָא נָמֵי מְלִיקָה:
À dévié et est allé jusqu'à parvenir en bas — aux simanim, en face du lieu de la chehita, et il a achevé sa melika là ; car s'il avait fait la majeure partie [de l'acte] sur le déclive de la tête, c'est-à-dire la nuque proprement dite, [cela] n'aurait pas été nécessaire à Chmouel, puisque '[depuis] l'en-face' est écrit explicitement ; plutôt, [c'est] une minorité [de l'acte] qu'il a faite là, et Chmouel nous enseigne que, de même que la chehita [est] invalidée à cause du commencement à cet endroit-là — et [c'est] selon Rav Houna etc. — bien que la majeure partie [ait été faite] au lieu de la chehita, la melika aussi [est] invalidée.
💡 Explication

Réponse : 'racho' ne vise pas la tête proprement dite, mais le déclive de la tête (chipouy racho) — là où la tête commence à descendre vers la nuque. Cas : on commence au déclive, on dévie (higrim), puis on atteint le bon lieu (les simanim) en bas. La règle de Chmouel apprend que c'est invalide, exactement comme en chehita : Rav Houna au nom de Rav Assi enseigne que commencer au mauvais endroit (un tiers dévié, deux tiers au bon lieu) disqualifie.

🖼️ Schéma
Que vise 'racho' (la tête) chez Rav Papa ? Le 'chipouy racho' (le déclive de la tête) tête (racho) déclive (chipouy) nuque (oref) lieu des simanim, en bas il commence au déclive (haut) -> descend Rav Houna au nom de Rav Assi : a entamé un tiers (au déclive) puis abattu deux tiers (au bon endroit) -> INVALIDE : le début au mauvais lieu disqualifie
'Racho' = le déclive de la tête : commencer la haut puis descendre disqualifie, comme en chehita (un tiers dévié suffit à invalider).
9
אֲמַר לֵיהּ רַב אַחָא בְּרֵיהּ דְּרָבָא לְרַב אָשֵׁי: הָא דְּתָנֵי רָמֵי בַּר יְחֶזְקֵאל אֵין עִיקּוּר סִימָנִין בָּעוֹף, לָא אֲמַרַן אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר אֵין שְׁחִיטָה לָעוֹף מִן הַתּוֹרָה,

Rav Aha fils de Rava dit à Rav Achi : ce que Rami bar Ye'hezkel a enseigné — il n'y a pas d'arrachement des simanim pour l'oiseau — nous ne [l']avons dit qu'au nom de celui qui dit [qu']il n'y a pas de chehita pour l'oiseau depuis la Torah,

📜 Rachi (1)
לָמֶ"ד אֵין שְׁחִיטָה לָעוֹף מִן הַתּוֹרָה אֶלָּא מִדִּבְרֵי סוֹפְרִים. רַבִּי אֶלְעָזָר אֲמָרָהּ בְּפֶרֶק הַשּׁוֹחֵט (לְקַמָּן חֻולִּין דַּף כֹּח.):
Selon celui qui dit [qu']il n'y a pas de chehita pour l'oiseau depuis la Torah — mais [seulement] depuis les paroles des Scribes (divrei sofrim). [C'est] Rabbi Elazar [qui] l'a dit au chapitre Ha-Chohet (plus loin, Houlin 28a).
🗂️ Tossefot (1)
לָא אֲמַרַן אֶלָּא לָמֶ"ד אֵין שְׁחִיטָה לָעוֹף מִן הַתּוֹרָה אֵין לְהַקְשׁוֹת לְדִידֵיהּ הֵיכִי מַשְׁכַּחַת נִבְלַת עוֹף טָהוֹר דִּמְטַמֵּא בְּגָדִים אַבֵּית הַבְּלִיעָה דִּנְהִי דְּלָא בָּעֵי שְׁחִיטָה נְחִירָה מִיהָא בָּעֵי בְּסִימָנִין כִּדְמוֹכַח לְקַמָּן בְּרֵישׁ פֶּרֶק ב' (חֻולִּין דַּף כֹּח.) דְּקָאָמַר מָלַק בְּסַכִּין מְטַמֵּא בְּגָדִים אַבֵּית הַבְּלִיעָה וְאִי אָמְרַתְּ אֵין שְׁחִיטָה לָעוֹף מִן הַתּוֹרָה כֵּיוָן דִּתְבַר שִׁדְרָה וּמַפְרֶקֶת הָוְיָא טְרֵפָה תֶּיהֱנֵי לָהּ סַכִּין לְטַהֲרָהּ מִידֵי נְבֵלָה אַלְמָא סִימָנִין דַּוְקָא מְטַהֲרִין וּבְשִׁדְרָה וּמַפְרֶקֶת חֲשִׁיב טְרֵפָה וְהַשְׁתָּא (מַשְׁכַּחַת נִבְלַת עוֹף טָהוֹר כְּשֶׁחָתַךְ שִׁדְרָה וּמַפְרֶקֶת וְרֹוב בָּשָׂר קֹודֶם שֶׁהִגִּיעַ לְסִימָן) תִּיהַנֵּי לֵיהּ סַכִּין לְטִהוּרֵי מִידֵי נְבֵילָה וְהָא דִּנְקַט בְּהַתְּכֵלֶת (מְנָחוֹת מה.) גַּבֵּי נְבֵלָה וּטְרֵפָה לֹא יֹאכְלוּ הַכֹּהֲנִים דְּאִצְטְרִיךְ סד"א הוֹאִיל וְאִשְׁתְּרִי מְלִיקָה גַּבַּיְיהוּ אִשְׁתְּרִי נָמֵי נְבֵלָה לָאו דַּוְקָא דִּנְבֵלָה לָא הָוֵי כִּדְמוֹכַח לְקַמָּן כְּמוֹ שֶׁהֵבֵאתִי מִפֶּרֶק ב' (לְקַמָּן חֻולִּין דַּף כֹּח.) אֶלָּא כְּלוֹמַר טְרֵפָה וּקְרָא נְקַט נְבֵלָה אַגַּב טְרֵפָה:
Nous ne [l']avons dit qu'au nom de celui qui dit [qu']il n'y a pas de chehita pour l'oiseau depuis la Torah — il ne faut pas objecter : selon lui, comment trouve-t-on la charogne d'un oiseau pur (nivlat of tahor) qui rend les vêtements impurs au [contact de la] gorge ? car, [même s'il est vrai] qu'[elle] ne requiert pas de chehita, elle requiert tout de même la nehira (perforation) au [niveau des] simanim, comme [cela] ressort plus loin au début du chapitre 2 (Houlin 28a) où il dit : '[s']il a fait la melika au couteau, [la bête] rend les vêtements impurs au [contact de la] gorge' ; et si tu dis 'il n'y a pas de chehita pour l'oiseau depuis la Torah', [alors] dès lors qu'il a brisé l'échine (chidra) et la moelle épinière (mafreket), [la bête] devient tereifa, [et] le couteau devrait lui servir à la purifier de [l'état de] charogne — [ce qui] implique [que] ce [sont] spécifiquement les simanim [qui] purifient, et [que] par [le bris de] l'échine et la moelle épinière elle [est] considérée tereifa ; et à présent [on] trouve la charogne d'un oiseau pur lorsqu'il a coupé l'échine et la moelle épinière et la majeure partie de la chair avant de parvenir au siman — [alors] le couteau lui sert à la purifier de [l'état de] charogne. Et ce qu'il prend dans [le chapitre] Ha-Tekhelet (Menahot 45a) à propos de '[la] charogne et [la] tereifa, les cohanim ne [les] mangeront pas', [à savoir] qu'il [a] fallu [le dire] car j'aurais pu penser : puisque la melika leur a été permise, la charogne aussi leur a été permise — [cela] n'est pas exact, car [ce] n'est pas une charogne, comme [cela] ressort plus loin, ainsi que je [l']ai apporté depuis le chapitre 2 (plus loin, Houlin 28a) ; plutôt, [cela] veut dire tereifa, et le verset a pris 'charogne' à propos de [et en même temps que la] tereifa.
💡 Explication

Rav Aha précise la portée de Rami bar Ye'hezkel : 'pas d'éqour simanim [disqualifiant] pour l'oiseau' ne vaut que selon l'opinion 'il n'y a pas de chehita pour l'oiseau depuis la Torah' (la chehita de l'oiseau est de source rabbinique). [La suite, au daf suivant : selon l'autre opinion, l'éqour disqualifierait.]

✉ Signaler une erreur de traduction

Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).