Chullin 20b — ikkour simanim pour l'oiseau, la vertèbre brisée (nevela), et la melika au couteau

Chullin 20b

Sougya : La sougya poursuit le débat sur l'arrachement des simanim (ikkour) chez l'oiseau : si la chehita de l'oiseau vient de la Torah (Rabbi), il y a ikkour ; Rav Achi soutient l'inverse, et si elle ne vient que des Sages elle suit en tout la bête. Ravina rapporte Ravin bar Kisi (l'absence d'ikkour ne vaut qu'en melika, non en chehita), contre Chmouel.

Zeiri pose ensuite : vertèbre brisée + la majeure partie de la chair = nevela (charogne), et Rav Hisda le prouve par la melika au couteau (Zevahim 68a) qui rend impur dans la gorge — donc nevela, et non simple tereifa que le couteau purifierait. La Guemara objecte que la melika au couteau n'est pas du tout une chehita : pour Rav Houna c'est mahlid (lame cachée, haldah), pour Rava c'est dores (pression) ; chacun justifie pourquoi il rejette l'autre motif.

Enfin, départ d'une discussion sur l'olat ha-of qui requiert deux simanim et la hevdela (séparation tête/corps) : le critère retenu est qu'est requis à la séparation tout ce qui est 'dans la chehita', non ce qui l'invalide.

Y a-t-il ikkour simanim (arrachement) pour l'oiseau ? la réponse dépend de la source de la chehita de l'oiseau Chehita de l'oiseau = de la Torah (halakha le-Moche mi-Sinaï, Rabbi) Rabbi : il y a ikkour (arrachement des simanim invalide aussi l'oiseau) Rav Achi (à l'inverse) : pas d'ikkour ; l'oral a pu enseigner que l'oiseau diffère ici de la bête (behema) Chehita de l'oiseau = des Sages (mi-divrei soferim, rabbinique) d'où l'ont-ils appris ? de la bête. donc tout suit la bête y compris l'ikkour : il y en a (la bête, elle, connaît l'ikkour)
Segments 0-2 : l'existence de l'ikkour (arrachement des simanim) chez l'oiseau dépend de la source — Torah ou Sages — de sa chehita.
Nevela ou tereifa ? La preuve de Rav Hisda (melika au couteau) Zeiri vertèbre brisée (mafreket) + la majeure partie de la chair = NEVELA (charogne) déjà morte ; impure aussitôt, une chehita ultérieure ne la purifie pas Preuve : melika au couteau (Zevahim 68a) on pince un oiseau consacré AVEC UN COUTEAU -> il rend les vêtements impurs dans la gorge (signe d'une nevela d'oiseau pur) si c'était seulement tereifa (et non nevela), la melika au couteau = sa chehita -> purifierait ! or elle ne purifie pas -> donc bien NEVELA
Segments 4-5 : Zeiri (vertèbre brisée = nevela) et la preuve de Rav Hisda par la melika au couteau qui ne purifie pas.
Pourquoi la melika au couteau n'est-elle pas une chehita ? Rav Houna : mahlid (il cache) os disloqué, immobile ; la lame se glisse SOUS l'os, dissimulée -> haldah (lame cachée, comme la houlda terrée dans les murs) pour lui, mener-ramener (holikh ve-mevi) est VALIDE en melika, donc le défaut n'est pas derissa Rava : dores (il presse) il enfonce la lame (derissa), il ne mène-ramène pas comme l'exige la melika (kotzetz ve-yored) pour lui, pas de haldah : la coupe part de la nuque, la lame reste VISIBLE (megalia), pas dissimulée comme une houlda
Segments 6-7 : pourquoi la melika au couteau n'est pas une chehita — mahlid (Rav Houna) contre dores (Rava).
1
אֲבָל לְמַאן דְּאָמַר יֵשׁ שְׁחִיטָה לָעוֹף מִן הַתּוֹרָה, יֵשׁ עִיקּוּר.

Mais pour celui qui dit qu'il y a [une source pour] la chehita (abattage) de l'oiseau dans la Torah, il y a [aussi] ikkour (disqualification par arrachement des simanim).

📜 Rachi (1)
אֲבָל לְמ"ד יֵשׁ שְׁחִיטָה לָעוֹף מִן הַתּוֹרָה מִתּוֹרָה שֶׁנִּמְסְרָה לְמֹשֶׁה עַל פֶּה דְּהַייְנוּ הֲלָכָה לְמֹשֶׁה מִסִּינַי. וְרַבִּי אֲמָרָהּ דִּפְלִיג אַדְּרַבִּי אֶלְעָזָר בְּפֶ' הַשּׁוֹחֵט (לְקַמָּן חֻולִּין דַּף כֹּח.) דְּתַנְיָא רַבִּי אוֹמֵר וְזָבַחְתָּ כַּאֲשֶׁר צִוִּיתִיךָ מְלַמֵּד שֶׁנִּצְטַווָּה מֹשֶׁה עַל הִלְכוֹת שְׁחִיטָה בְּעַל פֶּה ואע"פ שֶׁלֹּא כְּתָבוֹ בַּתּוֹרָה עַל הַוֶּושֶׁט וְעַל הַקָּנֶה וְעַל רֹוב אֶחָד בָּעוֹף וְעַל רֹוב שְׁנַיִם בַּבְּהֵמָה אַלְמָא יֵשׁ שְׁחִיטָה לָעוֹף:
Mais pour celui qui dit qu'il y a [une source pour] la chehita de l'oiseau dans la Torah — [c'est-à-dire] de [la] Torah qui fut transmise à Moche oralement, soit une halakha [transmise] à Moche au Sinaï. Et [c'est] Rabbi [qui] l'a dit, lequel diverge de Rabbi Elazar au chapitre Ha-Chohet (plus loin, Houlin 28a), [la] où il est enseigné : Rabbi dit 'et tu égorgeras... comme je te l'ai ordonné' (Deut 12:21) — [cela] enseigne que Moche fut commandé, oralement, sur les règles de l'abattage (hilkhot chehita), et bien qu'il ne [les] ait pas écrites dans la Torah : sur l'oesophage (veshet) et sur la trachée (kaneh), et sur la majeure partie d'un [siman] pour l'oiseau, et sur la majeure partie de deux [simanim] pour la bête (behema) ; d'où [il ressort qu']il y a [une source pour] la chehita de l'oiseau.
💡 Explication

Suite d'un débat (depuis 20a) sur l'ikkour : l'arrachement des simanim (trachée et oesophage détachés au lieu d'être tranchés) invalide-t-il l'abattage de l'oiseau comme celui de la bête ? Pour celui qui tient que la chehita de l'oiseau a une source dans la Torah (par une halakha transmise oralement à Moche au Sinaï), oui : l'ikkour invalide aussi l'oiseau.

🖼️ Schéma
Y a-t-il ikkour simanim (arrachement) pour l'oiseau ? la réponse dépend de la source de la chehita de l'oiseau Chehita de l'oiseau = de la Torah (halakha le-Moche mi-Sinaï, Rabbi) Rabbi : il y a ikkour (arrachement des simanim invalide aussi l'oiseau) Rav Achi (à l'inverse) : pas d'ikkour ; l'oral a pu enseigner que l'oiseau diffère ici de la bête (behema) Chehita de l'oiseau = des Sages (mi-divrei soferim, rabbinique) d'où l'ont-ils appris ? de la bête. donc tout suit la bête y compris l'ikkour : il y en a (la bête, elle, connaît l'ikkour)
L'existence de l'ikkour chez l'oiseau selon la source de sa chehita (de la Torah ou des Sages).
2
אֲמַר לֵיהּ: אַדְּרַבָּה, אִיפְּכָא מִסְתַּבְּרָא! לְמַאן דְּאָמַר יֵשׁ שְׁחִיטָה לָעוֹף מִן הַתּוֹרָה, אִיכָּא לְמֵימַר דְּהָכִי אַגְמְרֵיהּ דְּאֵין עִיקּוּר, וַאֲפִילּוּ לְמַאן דְּאָמַר כִּבְהֵמָה, לְעִנְיַן עִיקּוּר לָא לֶיהֱוֵי כִּבְהֵמָה.

[Rav Achi] lui dit : au contraire, l'inverse est plus logique ! Pour celui qui dit qu'il y a [une source pour] la chehita de l'oiseau dans la Torah, il y a lieu de dire que c'est ainsi qu'Il [le] lui a enseigné — qu'il n'y a pas d'ikkour ; et même pour celui qui dit [que le statut de l'oiseau est] comme [celui de] la bête, quant à l'ikkour, qu'il ne soit pas comme la bête.

📜 Rachi (2)
אַדְּרַבָּה אִפְּכָא מִסְתַּבְּרָא לָמֶ"ד [יֵשׁ] שְׁחִיטַת הָעוֹף מִן הַתּוֹרָה אִיכָּא לְמֵימַר דְּהָכִי אַגְמְרֵיהּ דְּאֵין עִיקּוּר:
Au contraire, l'inverse est plus logique : pour celui qui dit qu'il y a [une source pour] la chehita de l'oiseau dans la Torah, il y a lieu de dire que c'est ainsi qu'Il [le] lui a enseigné — qu'il n'y a pas d'ikkour.
וְאַפֵּי' לָמֶ"ד דְּיָלֵיף לֵיהּ הָתָם בְּהֶיקֵּישָׁא מִזֹּאת תּוֹרַת הַבְּהֵמָה וְהָעוֹף וְגָמַר לָעוֹף מִבְּהֵמָה מָצֵי' לְמֵימַר דְּכֵיוָן דְּהֻוזְכְּרָה שְׁחִיטַת הָעוֹף בְּסִינַי דְּהָא הֶיקֵּישָׁא בְּסִינַי נֶאֶמְרָה אַגְּמָרֵיהּ רַחֲמָנָא לְמֹשֶׁה עַל פֶּה דִּלְעִנְיַן עִיקּוּר לָא לֶיהֱוֵי כִּבְהֵמָה:
Et même pour celui qui dit — qui le dérive là-bas par un rapprochement (hekech), de 'telle [est] la loi de la bête et de l'oiseau' (Lev 11:46), et apprend [le cas de] l'oiseau à partir de la bête : on peut dire que, puisque la chehita de l'oiseau a été mentionnée au Sinaï — car le hekech [aussi] a été énoncé au Sinaï — le Miséricordieux [le] lui a enseigné oralement, [à savoir] que, quant à l'ikkour, [l'oiseau] ne sera pas comme la bête.
💡 Explication

Rav Achi renverse : justement parce que la chehita de l'oiseau tient à un enseignement oral (non explicite), on peut soutenir que cet enseignement comportait qu'il n'y a pas d'ikkour pour l'oiseau. Et même pour celui qui dérive le statut de l'oiseau de celui de la bête (par hekech), Dieu a pu enseigner que, pour l'ikkour, l'oiseau ne se conforme pas à la bête.

3
אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר: אֵין שְׁחִיטָה לָעוֹף מִן הַתּוֹרָה אֶלָּא מִדִּבְרֵי סוֹפְרִים, מֵהֵיכָא גְּמִירִי לָהּ? מִבְּהֵמָה, כֻּולָּהּ מִילְּתָא כִּבְהֵמָה!

Mais pour celui qui dit qu'il n'y a pas [de source pour] la chehita de l'oiseau dans la Torah, mais seulement des paroles des Scribes (mi-divrei soferim) — d'où l'apprennent-ils ? De la bête : [donc] toute la chose [est] comme [pour] la bête !

📜 Rachi (1)
אֶלָּא לְמ"ד אֵין שְׁחִיטָה לָעוֹף מִן הַתּוֹרָה אֶלָּא מִדִּבְרֵי סוֹפְרִים מֵהֵיכָן גָּמַר לָהּ כְּלוֹמַר אַהֵיכָא סָמְכִי דַּאֲנַן דְּתַקּוּן לֵיהּ שְׁחִיטָה מִבְּהֵמָה גָּמְרוּ הִילְכָּךְ כֻּולָּהּ מִלְּתָא כִּבְהֵמָה תַּקּוּן:
Mais pour celui qui dit qu'il n'y a pas [de source pour] la chehita de l'oiseau dans la Torah, mais seulement des paroles des Scribes — d'où l'a-t-il apprise ? C'est-à-dire : sur quoi s'appuient-ils, eux qui lui ont institué une chehita ? C'est de la bête qu'ils [l']ont apprise ; aussi ont-ils institué toute la chose comme [pour] la bête.
💡 Explication

À l'opposé : pour celui qui tient que la chehita de l'oiseau n'est que d'institution rabbinique (divrei soferim), sur quoi les Sages se sont-ils appuyés ? Sur le modèle de la bête. Dès lors, ils l'ont institué en tout point comme la bête — y compris l'ikkour, qui invalide donc aussi l'oiseau.

4
אָמַר רָבִינָא, אָמַר לִי רָבִין בַּר קִיסִי: הָא דְּתָנֵי רָמֵי בַּר יְחֶזְקֵאל, אֵין עִיקּוּר סִימָנִין בָּעוֹף – לָא אֲמַרַן אֶלָּא בִּמְלִיקָה, אֲבָל בִּשְׁחִיטָה יֵשׁ עִיקּוּר. וְהָאָמַר רַבִּי יִרְמְיָה אָמַר שְׁמוּאֵל: כָּל הַכָּשֵׁר בִּשְׁחִיטָה כְּנֶגְדּוֹ בָּעֹורֶף כָּשֵׁר בִּמְלִיקָה, הָא פָּסוּל – פָּסוּל! הַהִיא פְּלִיגָא.

Ravina a dit : Ravin bar Kisi m'a dit : ce qu'enseigne Rami bar Ye'hezkel, [qu']il n'y a pas d'ikkour des simanim pour l'oiseau — nous ne l'avons dit que pour la melika (pincement), mais pour la chehita, il y a ikkour. Or Rabbi Yirmeya n'a-t-il pas dit au nom de Chmouel : tout ce qui est apte (kacher) à la chehita, son vis-à-vis sur la nuque est apte à la melika ; [donc] ce qui [est] invalide [à la chehita est] invalide [à la melika] !

Celle-là (l'opinion de Rabbi Yirmeya au nom de Chmouel) diverge.

📜 Rachi (5)
רָבִין בַּר קִיסִּי שֵׁם חָכָם:
Ravin bar Kisi — nom d'un sage.
לָא אֲמַרַן אֶלָּא בִּמְלִיקָה דְּכֵיוָן דְּדָרְסָה וַחֲלֻדָּה לָא פָּסְלִי בָּהּ עִיקּוּר סִימָנִים נָמֵי לָא פָּסְלִי בָּהּ אֲבָל בִּשְׁחִיטָה כו':
Nous ne l'avons dit que pour la melika — car, puisque la derissa (pression) et la haldah (lame cachée) n'y invalident pas, l'ikkour des simanim n'y invalide pas non plus ; mais pour la chehita, etc.
כָּל הֶכְשֵׁר כו' כָּל הַצַּוָּאר הַכָּשֵׁר לִשְׁחִיטָה כָּשֵׁר לִמְלִיקָה מֵאֲחוֹרָיו:
Tout ce qui est apte etc. — tout le cou apte à la chehita est apte à la melika par-derrière.
הָא פָּסוּל פָּסוּל וְאִי צַוָּאר שֶׁנֶּעֶקְרוּ סִימָנִין פָּסוּל לִשְׁחִיטָה הֵיכִי מִתַּכְשַׁר בִּמְלִיקָה:
Ce qui [est] invalide [est] invalide — or si un cou dont les simanim ont été arrachés [est] invalide à la chehita, comment serait-il rendu apte par la melika ?
הַהוּא דְּרַבִּי יִרְמְיָה פְּלִיגָא אַדְּרָבִין בַּר קִיסִּי דְּרַבִּי יִרְמְיָה סָבַר דְּאַף לִשְׁחִיטָה אֵין עִיקּוּר וְלֵית הִילְכְתָא כַּמַּתְנִיתָא דְּרָמֵי בַּר יְחֶזְקֵאל דְּהָא תַּנְיָא בְּפִירְקִין דִּלְקַמָּן (חֻולִּין דַּף כֹּח.) שָׁחַט אֶת הַווֶּשֶׁט וְאַחַ"כּ נִשְׁמְטָה הַגַּרְגֶּרֶת כְּשֵׁרָה נִשְׁמְטָה הַגַּרְגֶּרֶת וְאַחַ"כּ שָׁחַט אֶת הַוֶּושֶׁט פְּסוּלָה שָׁחַט אֶת הַווֶּשֶׁט וְנִמְצֵאת הַגַּרְגֶּרֶת שְׁמוּטָה וְאֵין יָדוּעַ אִם קֹודֶם שְׁחִיטָה נִשְׁמְטָה אוֹ לְאַחַר שְׁחִיטָה זֶה הָיָה מַעֲשֶׂה וְאָמְרוּ כָּל סָפֵק בִּשְׁחִיטָה פְּסוּלָה אַלְמָא יֵשׁ עִיקּוּר בְּעוֹף דְּהָא בְּעוֹף קָמַיְירֵי מִדְּקָתָנֵי שָׁחַט אֶת הַווֶּשֶׁט וְאַחַ"כּ נִשְׁמְטָה הַגַּרְגֶּרֶת כְּשֵׁרָה דְּעוֹף הֻכְשְׁרוּ בְּסִימָן אֶחָד. וְאִי קַשְׁיָא לָךְ מַתְנִיתָא אַמַּתְנִיתָא דְּהָא דְּרָמֵי בַּר יְחֶזְקֵאל מַתְנִיתָא הִיא תָּרֵיץ הָא כְּמַאן דְּאָמַר יֵשׁ שְׁחִיטָה בְּעוֹף מִן הַתּוֹרָה. וְכֵיוָן דְּלָא אִיפְּסִיק הִילְכְתָא קַייְמָא לַן בְּשֶׁל תּוֹרָה הַלֵּךְ אַחַר הַמַּחְמִיר:
Celle-là — [l'opinion] de Rabbi Yirmeya diverge de Ravin bar Kisi ; car Rabbi Yirmeya tient que, même pour la chehita, il n'y a pas d'ikkour, et la halakha n'[est] pas comme la braita de Rami bar Ye'hezkel. Car il est enseigné au chapitre suivant (Houlin 28a) : [s']il a égorgé l'oesophage puis [que] la trachée s'est détachée (nichmeta) — [c'est] apte ; [si] la trachée s'est détachée puis [qu']il a égorgé l'oesophage — [c'est] invalide ; [s']il a égorgé l'oesophage et [que] la trachée s'est trouvée détachée, sans qu'on sache si elle s'est détachée avant la chehita ou après la chehita — ceci fut un fait [réel], et ils dirent : tout doute dans la chehita [est] invalide ; d'où [il ressort qu']il y a ikkour pour l'oiseau, car c'est de l'oiseau qu'il traite, puisqu'il enseigne '[s']il a égorgé l'oesophage puis [que] la trachée s'est détachée — [c'est] apte', or l'oiseau, son aptitude [est] par un seul siman. Et si tu objectes [une] braita contre [une] braita — car cet [enseignement] de Rami bar Ye'hezkel est [aussi] une braita — résous : ceci [est] selon celui qui dit qu'il y a [une source pour] la chehita de l'oiseau dans la Torah. Et puisque la halakha n'a pas été tranchée, nous tenons : en [matière] de Torah, suis l'avis le plus rigoureux (le-humra).
💡 Explication

Ravina rapporte Ravin bar Kisi : l'enseignement de Rami bar Ye'hezkel ('pas d'ikkour pour l'oiseau') ne vaut que pour la melika (mise à mort des consacrés par pincement de l'ongle à la nuque), non pour la chehita — où l'ikkour invalide bel et bien. Objection par Chmouel : tout ce qui est apte à la chehita (au cou) l'est à la melika (à la nuque), donc l'invalide d'un côté l'est de l'autre — ce qui contredit Ravin bar Kisi. Réponse : l'enseignement de Chmouel diverge (ne suit pas Rami bar Ye'hezkel).

5
אָמַר זְעֵירִי: נִשְׁבְּרָה מַפְרֶקֶת וְרֹוב בָּשָׂר עִמָּהּ – נְבֵלָה.

Zeiri a dit : [si] la vertèbre [du cou] (mafreket) s'est brisée et la majeure partie de la chair avec elle — [c'est une] nevela (charogne).

📜 Rachi (2)
וְרֹוב בָּשָׂר שֶׁעַל הַמַּפְרֶקֶת מֵאֲחוֹרֵי הַצַּוָּאר נִפְסְקָה עִמּוֹ:
Et la majeure partie de la chair — qui [est] sur la vertèbre, derrière le cou, s'est rompue avec elle.
נְבֵלָה וּמְטַמְּאָה מִיָּד אע"פ שֶׁהִיא מְפַרְכֶּסֶת דְּמֵתָה מַמָּשׁ הִיא וּשְׁחִיטָה דִּלְאַחַר מִכָּאן לֹא מְטַהֲרָהּ לָהּ מִידֵי נְבֵלָה:
Nevela — et elle rend impur aussitôt, bien qu'elle s'agite [encore] (mefarkeset), car elle est véritablement morte, et une chehita [pratiquée] après cela ne la purifie en rien du [statut de] nevela.
💡 Explication

Zeiri : si la vertèbre cervicale (mafreket) se brise et que la majeure partie de la chair qui l'entoure est sectionnée avec elle, la bête (ou l'oiseau) devient une nevela — une charogne, déjà morte, non une simple tereifa.

6
אָמַר רַב חִסְדָּא: אַף אֲנַן נָמֵי תְּנֵינָא, מָלַק בְּסַכִּין – מְטַמֵּא בְּגָדִים אַבֵּית הַבְּלִיעָה, וְאִי אָמְרַתְּ טְרֵפָה הָוְיָא, מְלִיקָתָהּ זוֹ הִיא שְׁחִיטָתָהּ – תְּהַנֵּי לָהּ סַכִּין לְטַהֲרָהּ מִידֵי נְבֵלָה.

Rav Hisda a dit : nous aussi, nous l'avons appris [dans une michna, Zevahim 68a] : [si] l'on a fait la melika avec un couteau — [l'oiseau] rend impurs les vêtements dans la gorge (bet ha-beli'a) ; or si tu dis [qu'une vertèbre brisée avec la majeure partie de la chair n'est que] tereifa, [alors,] sa melika étant sa chehita, que le couteau lui serve à [la] purifier du [statut de] nevela !

📜 Rachi (4)
מָלַק עוֹף קָדָשִׁים בְּסַכִּין נְבֵלָה הִיא וְהָאוֹכֵל נִבְלַת עוֹף טָהוֹר מְטַמֵּא בְּגָדִים שֶׁהוּא לָבוּשׁ בְּשָׁעָה שֶׁבּוֹלְעָהּ וְלֹא בְּגָדִים שֶׁקֹּודֶם לָכֵן וְלֹא בְּגָדִים שֶׁלָּבַשׁ אַחַר שֶׁהִיא בְּמֵעָיו וְאֵין לָהּ טֻומְאַת מַגָּע לְגַמְרֵי אֶלָּא טֻומְאַת בְּלִיעָה זוֹ לְבַדָּהּ וְכֻולָּהּ יָלְפִינַן לָהּ בְּתוֹרַת כֹּהֲנִים מִנְּבֵלָה וּטְרֵפָה לֹא יֹאכַל לְטָמְאָה בָהּ (וַיִּקְרָא כב) וּכְתִיב נָמֵי (שָׁם יז) וְהַנֶּפֶשׁ אֲשֶׁר תֹּאכַל נְבֵלָה וּטְרֵפָה בָּאֶזְרָח וּבַגֵּר וְכִבֶּס בְּגָדָיו וְרָחַץ בַּמַּיִם וְטָמֵא עַד הָעֶרֶב וְטָהֵר וּבָעוֹף מִשְׁתַּעֵי קְרָא דְּתַנְיָא (לְקַמָּן חֻולִּין דַּף ק) יָכוֹל תְּהֵא נִבְלַת בְּהֵמָה מְטַמְּאָה אַבֵּית הַבְּלִיעָה כְּגוֹן תָּחַב לוֹ חֲבֵירוֹ בְּבֵית בְּלִיעָתוֹ וְהוּא לֹא נָגַע בָּהּ שֶׁלֹּא נִטְמָא בְּמַגָּעָהּ וְטֻומְאַת בֵּית הַסְּתָרִים לָא מְטַמְּיָא טֻומְאַת מַגָּע וּבְטֻומְאַת מַשָּׂא נָמֵי אֵינוֹ טָמֵא שֶׁלֹּא זָז עַד שֶׁבְּלָעָהּ ת"ל לֹא יֹאכַל לְטָמְאָה בָהּ בָהּ מַשְׁמַע מִיעוּטָא מִי שֶׁאֵין לָהּ טֻומְאָה אֶלָּא אֲכִילָתָהּ כְּדִכְתִיב לֹא יֹאכַל וּכְתִיב בָּהּ כְּלוֹמַר בָּזוֹ בִּבְלִיעָה וְלֹא בְּאַחֶרֶת יָצָאת נִבְלַת בְּהֵמָה שֶׁמְּטַמְּאָה בְּמַגָּע כְּדִכְתִיב (וַיִּקְרָא יא) וְהַנּוֹגֵעַ בְּנִבְלָתָהּ וְגוֹ' הִלְכָּךְ עַל כָּרְחָךְ בְּעוֹף מִשְׁתַּעֵי יָכוֹל נִבְלַת הָעוֹף תְּטַמֵּא מִן הַכָּתוּב מֵהַאי קְרָא וְנִבְלַת בְּהֵמָה מק"ו מֶה הָעוֹף שֶׁאֵינוֹ מְטַמֵּא בְּמַגָּע וּבְמַשָּׂא מְטַמֵּא בְּבֵית הַבְּלִיעָה בְּהֵמָה שֶׁמְּטַמְּאָה כו' ת"ל בָּהּ בָּהּ אַתָּה מִיטַּמֵּא בְּבֵית הַבְּלִיעָה וְאִי אַתָּה מִיטַּמֵּא בְּנִבְלַת בְּהֵמָה בְּבֵית הַבְּלִיעָה וְאִם כֵּן לָמָּה נֶאֱמַר בַּבְּהֵמָה וְהָאוֹכֵל מִנִּבְלָתָהּ (שָׁם) לִיתֵּן שִׁיעוּר לְנוֹגֵעַ וּלְנוֹשֵׂא כְּשִׁיעוּר אֲכִילָה דְּהַיְינוּ כַּזַּיִת וְכֻולָּהּ מִילְּתָא מְפָרֵשׁ הָתָם דְּאֵין לָהּ טֻומְאָה לְנִבְלַת עוֹף טָהוֹר אֶלָּא זוֹ בִּלְבַד:
[Si] l'on a fait la melika — [d']un oiseau consacré avec un couteau, [c'est] une nevela, et celui qui mange une charogne d'oiseau pur rend impurs les vêtements qu'il porte au moment où il l'avalé, mais non les vêtements [portés] auparavant, ni les vêtements qu'il revêt après qu'elle [est] dans ses entrailles ; et elle n'a pas du tout d'impureté de contact (touma'at maga), mais cette seule impureté de déglutition (touma'at beli'a). Et nous le dérivons en entier dans le Torat Kohanim de '[la] nevela et [la] tereifa, il n'[en] mangera pas pour s'en rendre impur' (Lev 22:8), et il est écrit aussi 'et la personne qui mangera une nevela ou une tereifa, [qu'elle soit] indigène ou étranger, lavera ses vêtements et se baignera dans l'eau et sera impure jusqu'au soir, puis sera pure' (Lev 17:15) — et le verset traite de l'oiseau, car il est enseigné (plus loin, Houlin 100b) : on aurait pu [croire] que la charogne d'une bête rendrait impur dans la gorge — par exemple [le cas où] un autre [la] lui a fourrée dans la gorge, sans qu'il [ne] l'ait touchée, de sorte qu'il ne s'est pas rendu impur par son contact, [car] l'impureté des organes internes (bet ha-setarim) ne rend pas impur d'impureté de contact, et par l'impureté de portage non plus il n'est pas impur, puisqu'elle n'a pas bougé avant qu'il [ne] l'avalé — [aussi] l'enseignement dit 'il n'[en] mangera pas pour s'en rendre impur par elle (bah)' : '[par] elle' indique une restriction [réservant cette impureté à] ce qui n'a d'impureté que par sa consommation, comme il est écrit 'il n'[en] mangera pas' et il est écrit '[par] elle', c'est-à-dire [par] celle-ci, par la déglutition, et non par une autre — [ce qui] exclut la charogne d'une bête, qui rend impur par contact, comme il est écrit 'et celui qui touche leur charogne, etc.' (Lev 11) ; dès lors, force [est] que le verset traite de l'oiseau. On aurait pu [croire que] la charogne de l'oiseau rendrait impure par l'Écriture, à partir de ce verset, et la charogne de la bête par [un raisonnement] a fortiori (kal va-homer) — de même que l'oiseau, qui ne rend pas impur par contact ni par portage, rend impur dans la gorge, la bête, qui rend impure [par contact], etc. — [aussi] l'enseignement dit '[par] elle' : par elle tu es rendu impur dans la gorge, et tu n'es pas rendu impur par la charogne d'une bête dans la gorge. Et s'il en est ainsi, pourquoi a-t-il été dit pour la bête 'et celui qui mange de sa charogne' (Lev 11:40) ? [Pour] donner une mesure à celui qui touche et à celui qui porte, [à savoir] la mesure de la consommation, soit un kazayit (la taille d'une olive). Et toute la chose [est] expliquée là-bas, [à savoir] que la charogne d'un oiseau pur n'a d'autre impureté que celle-ci seule.
וְאִי אָמְרַתְּ נִשְׁבְּרָה מַפְרֶקֶת וְרֹוב בָּשָׂר עִמָּהּ טְרֵפָה בְּעָלְמָא הֲוָה וְלֹא נְבֵלָה וְהָא מְלִיקַת סַכִּין כֵּיוָן דְּלָאו מְלִיקָה הִיא הֲוָה כְּשׁוֹבֵר מַפְרַקְתּוֹ כְּשֶׁמַּגִּיעַ לְסִימָנִין וְחוֹתְכָן בְּסַכִּין הֲרֵי זוֹ כְּשׁוֹחֵט אֶת הַטְּרֵפָה וְקַיְימָא לָן בְּהָעוֹר וְהָרֹוטֶב (לְקַמָּן חֻולִּין דַּף קכח:) טְרֵפָה שֶׁשְּׁחָטָהּ אֵינָהּ מְטַמְּאָה ואע"ג דִּבְשֶׁל מֻוקְדָּשִׁים אָמְרִינַן הָתָם (קכג:) דִּמְטַמְּאָה וְהַאי עוֹף נַמֵּי דְּקָדָשִׁים הִיא הַהִיא מִדְּרַבָּנָן הִיא וּבְהֵמָה אֲבָל טֻומְאַת בֵּית הַבְּלִיעָה דְּעוֹף דְּמִדְּאוֹרַייְתָּא הִיא לֵית לָהּ דְּהָתָם אָמְרִינַן דְּטֻומְאָה מִדְּרַבָּנָן בְּעָלְמָא הוּא:
Or si tu dis — [que si] la vertèbre s'est brisée avec la majeure partie de la chair, [ce n'est qu'une] tereifa ordinaire et non une nevela, or cette melika au couteau, puisqu'elle n'[est] pas une [véritable] melika, [revient à] celui qui brise sa vertèbre, [puis] lorsqu'il parvient aux simanim [et] les tranche au couteau, [se trouve] comme celui qui égorge une tereifa ; et nous tenons pour acquis dans [le chapitre] Ha-Or ve-ha-Rotev (plus loin, Houlin 128b) [qu']une tereifa qu'on a égorgée ne rend pas impure. Et bien que, pour [les bêtes] consacrées, on dise là-bas (128a) qu'elle rend impure — et cet oiseau aussi est consacré — cette [impureté-]là [est] rabbinique, et [vaut pour la] bête ; mais l'impureté de la gorge pour l'oiseau, qui [est] de la Torah, [la tereifa égorgée] ne l'a pas, car [pour] la-bas nous disons que [c'est] une impureté purement rabbinique.
מְלִיקָתָהּ זוֹ הִיא שְׁחִיטָתָהּ דְּהָא בְּסַכִּין הָיָה וְכָשֵׁר לִשְׁחִיטָה:
Sa melika [est] sa chehita — car [elle] s'est faite au couteau, [instrument] apte à la chehita.
תְּהַנֵּי לָהּ סַכִּין כְּשֶׁמּוֹלֵק הַסִּימָן בְּסַכִּין לְטַהֲרָהּ מִידֵי נְבֵלָה. וְאִי קַשְׁיָא לוֹתְבֵיהּ מִמַּתְנִי' דְּקָתָנֵי בְּמָתְנֵי' הַשּׁוֹחֵט מִן הָעֹורֶף שְׁחִיטָתוֹ פְּסוּלָה טַעְמָא מִשּׁוּם שְׁבִירַת מַפְרֶקֶת הִיא וְאִיכָּא לְמֵימַר דִּטְרֵפָה הִיא וְלֹא נְבֵלָה:
Que le couteau lui serve — lorsqu'il pince le siman au couteau, à [la] purifier du [statut de] nevela. Et si tu objectes : qu'il [le] réfute par la michna (plus loin, Houlin 19b) [qui] enseigne 'celui qui égorge depuis la nuque (oref), sa chehita [est] invalide' — [c'est que] la raison [en est] le bris de la vertèbre, et il y a lieu de dire [qu']elle [est] tereifa et non nevela.
💡 Explication

Rav Hisda étaie Zeiri par une michna (Zevahim 68a) : pincer un oiseau consacré avec un couteau (au lieu de l'ongle) le rend une nevela qui rend impurs les vêtements dans la gorge de celui qui l'avalé. Or si une vertèbre brisée n'était que tereifa (et non nevela), alors — la melika de cet oiseau valant chehita (faite au couteau, instrument apte) — le couteau devrait le purifier du statut de nevela, une tereifa proprement abattue ne transmettant pas l'impureté. Puisqu'il ne le purifie pas, c'est bien une nevela.

🖼️ Schéma
Nevela ou tereifa ? La preuve de Rav Hisda (melika au couteau) Zeiri vertèbre brisée (mafreket) + la majeure partie de la chair = NEVELA (charogne) déjà morte ; impure aussitôt, une chehita ultérieure ne la purifie pas Preuve : melika au couteau (Zevahim 68a) on pince un oiseau consacré AVEC UN COUTEAU -> il rend les vêtements impurs dans la gorge (signe d'une nevela d'oiseau pur) si c'était seulement tereifa (et non nevela), la melika au couteau = sa chehita -> purifierait ! or elle ne purifie pas -> donc bien NEVELA
La preuve de Rav Hisda : la melika au couteau ne purifie pas -> vertèbre brisée = nevela, et non tereifa.
7
אָמְרִי: הָתָם מִשּׁוּם דְּלָאו שְׁחִיטָה הִיא כְּלָל. מַאי טַעְמָא? רַב הוּנָא אָמַר: מִפְּנֵי שֶׁהוּא מַחֲלִיד, רָבָא אָמַר: מִפְּנֵי שֶׁהוּא דּוֹרֵס.

[Les Sages] disent : là-bas, [c'est] parce que ce n'est pas du tout une chehita. Quelle [en est] la raison ?

Rav Houna dit : parce qu'il cache (mahlid) ; Rava dit : parce qu'il presse (dores).

📜 Rachi (2)
שֶׁהוּא מַחֲלִיד לְאַחַר שֶׁנִּתְפָּרְקוּ פִּרְקֵי הָעֶצֶם נִנְעָץ הַסַּכִּין תַּחַת הָעֶצֶם לְפִי שֶׁאֵין הָעֶצֶם מִתְפַּשֵּׁט לְכָאן וּלְכָאן כְּדֶרֶךְ שְׁאָר בֵּית הַשְּׁחִיטָה כְּשֶׁחוֹתְכִין אוֹתוֹ אֶלָּא עוֹמֵד בִּמְקוֹמוֹ וּכְשֶׁחוֹתֵךְ הַסַּכִּין תַּחַת הָעֶצֶם הָוְיָא לָהּ חֲלָדָה:
Parce qu'il cache (mahlid) — après que les jointures de l'os se sont disloquées, la lame se plante sous l'os, car l'os ne s'écarte pas de part et d'autre à la manière du reste du lieu de l'abattage (bet ha-chehita) quand on le coupe, mais demeure en place ; et quand il coupe avec la lame sous l'os, c'est [là] une haldah.
מִפְּנֵי שֶׁהוּא דּוֹרֵס מַמָּשׁ וְלֹא מוֹלִיךְ וּמֵבִיא כְּדַאֲמָרָן לְעֵיל (חוֹלִין דַּף כ.) קוֹצֵץ וְיוֹרֵד וְזוֹ הִיא מִצְוָתָהּ:
Parce qu'il presse (dores) — véritablement, et il ne mène ni ne ramène (molikh u-mevi) comme nous l'avons dit plus haut (Houlin 20a) : il tranche en descendant (kotzetz ve-yored), et telle [est] la manière [prescrite] de sa [mitsva].
🗂️ Tossefot (1)
מִפְּנֵי שֶׁהוּא מַחֲלִיד פֵּירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס לְאַחַר שֶׁנִּפְרְקוּ פִּרְקֵי הָעֶצֶם כְּשֶׁנָּעַץ הַסַּכִּין תַּחַת הָעֶצֶם לְפִי שֶׁאֵין הָעֶצֶם מִתְפַּשֵּׁט לְכָאן וּלְכָאן כְּדֶרֶךְ שְׁאָר בֵּית הַשְּׁחִיטָה כְּשֶׁחוֹתְכִין אוֹתוֹ אֶלָּא עוֹמֵד בִּמְקוֹמוֹ וּכְשֶׁחוֹתֵךְ הַסַּכִּין תַּחַת הָעֶצֶם הָוְיָא חֲלָדָה (וּלְפִיכָךְ) [וּלְפֵירוּשׁוֹ] לָא אַייְרֵי בְּסַכִּין רְחָבָה וְנִרְאֶה דַּחֲשִׁיב חֲלָדָה לְפִי שֶׁשּׁוֹחֵט הַסִּימָנִין מִמַּטָּה לְמַעְלָה וְאַפֵּי' בְּסַכִּין רְחָבָה וּבִזְבָחִים פֶּרֶק חַטַּאת הָעוֹף (זְבָחִים דַּף סח:) פֵּי' בַּקּוּנְטְרֵס דְּמַחֲלִיד לְפִי שֶׁנּוֹעֵץ רֹאשׁוֹ שֶׁל סַכִּין מִשּׁוּם שֶׁאֵינוֹ רוֹצֶה לַחְתֹּוךְ רֹוב בָּשָׂר קֹודֶם הַסִּימָנִים וְכָאן א"א לוֹמַר כֵּן דְּקָרֵי לֵיהּ מַחֲלִיד אַף עַל גַּב דס"ד שֶׁחוֹתֵךְ רֹוב בָּשָׂר:
Parce qu'il cache (mahlid) — Rachi a expliqué : après que les jointures de l'os se sont disloquées, quand il plante la lame sous l'os, car l'os ne s'écarte pas de part et d'autre à la manière du reste du lieu de l'abattage quand on le coupe, mais demeure en place ; et quand il coupe avec la lame sous l'os, c'est une haldah. Or, selon [cette explication], il ne traite pas d'un couteau large ; et il semble [plutôt] qu'on tienne [cela] pour une haldah du fait qu'il égorge les simanim de bas en haut, et [ce serait haldah] même avec un couteau large. Et au chapitre Hatat ha-Of, dans Zevahim (68b), Rachi a expliqué [que c'est] mahlid parce qu'il plante la tête de la lame, du fait qu'il ne veut pas couper la majeure partie de la chair avant les simanim ; et ici, il n'est pas possible de dire ainsi, car [la Guemara] l'appelle mahlid bien qu'il vienne à l'esprit (sad da'atin) qu'il coupe la majeure partie de la chair.
💡 Explication

Réfutation de la preuve de Rav Hisda : la melika au couteau ne purifie pas, mais ce n'est pas parce que l'oiseau serait nevela — c'est parce qu'elle n'est pas du tout une chehita valide. Pourquoi ? Rav Houna : parce qu'il y a haldah (mahlid — la lame se glisse cachée sous l'os). Rava : parce qu'il y a derissa (dores — il enfonce la lame d'une pression au lieu de la mener et la ramener).

🖼️ Schéma
Pourquoi la melika au couteau n'est-elle pas une chehita ? Rav Houna : mahlid (il cache) os disloqué, immobile ; la lame se glisse SOUS l'os, dissimulée -> haldah (lame cachée, comme la houlda terrée dans les murs) pour lui, mener-ramener (holikh ve-mevi) est VALIDE en melika, donc le défaut n'est pas derissa Rava : dores (il presse) il enfonce la lame (derissa), il ne mène-ramène pas comme l'exige la melika (kotzetz ve-yored) pour lui, pas de haldah : la coupe part de la nuque, la lame reste VISIBLE (megalia), pas dissimulée comme une houlda
Les deux motifs d'invalidité de la melika au couteau : mahlid (Rav Houna) et dores (Rava).
8
מַאן דְּאָמַר מִפְּנֵי שֶׁהוּא מַחְלִיד, מַאי טַעְמָא לָא אָמַר מִפְּנֵי שֶׁהוּא דּוֹרֵס? קָסָבַר: מוֹלִיךְ וּמֵבִיא בִּמְלִיקָה כָּשֵׁר. וּמַאן דְּאָמַר מִפְּנֵי שֶׁהוּא דּוֹרֵס, מַאי טַעְמָא לָא אָמַר מִפְּנֵי שֶׁהוּא מַחְלִיד? אָמַר לָךְ: חֲלָדָה הֵיכִי דָמֵי? כְּחֻולְדָּה הַדָּרָה בְּעִיקְּרֵי בָתִּים דְּמִכַּסְּיָא, הָכָא הָא מִיגַּלְּיָא.

Celui qui dit 'parce qu'il cache (mahlid)', quelle [est sa] raison [de] ne pas dire 'parce qu'il presse (dores)' ? Il tient : mener et ramener (molikh u-mevi) en melika [est] apte.

Et celui qui dit 'parce qu'il presse (dores)', quelle [est sa] raison [de] ne pas dire 'parce qu'il cache (mahlid)' ? Il peut te dire : la haldah, comment se présente-t-elle ?

[Comme] une houlda (belette/rat) qui se terre dans les fondations des maisons, qui [est] dissimulée ; ici, [au contraire, la lame est] découverte.

📜 Rachi (3)
מוֹלִיךְ וּמֵבִיא בִּמְלִיקָה כָּשֵׁר וְהַהִיא דְּמָלַק בְּסַכִּין סְתָמָא קָתָנֵי לָא שְׁנָא קוֹצֵץ וְיוֹרֵד וְלָא שְׁנָא מוֹלִיךְ וּמֵבִיא:
Mener et ramener en melika [est] apte — et cet [enseignement] de 'l'on a fait la melika au couteau' a été énoncé de manière générale (setama) : il ne fait pas de différence entre 'trancher en descendant' (kotzetz ve-yored) et 'mener et ramener'.
בְּעִיקְּרֵי בָּתִּים קרו"ט בְּלַעַז:
Dans les fondations des maisons — 'crot' en langue vernaculaire [terriers].
הָא מִיגַּלְּיָא דאע"פ שֶׁאֵין הָעֶצֶם מִתְפַּשֵּׁט כָּל כָּךְ לְגַלּוֹת בֵּית הַשְּׁחִיטָה מִיהוּ הַסַּכִּין נִרְאֶה וּמִגּוֹלָה כָּל זְמַן חֲתִיכָתוֹ:
Ici, [la lame est] découverte — car, bien que l'os ne s'écarte pas suffisamment pour découvrir le lieu de l'abattage, néanmoins la lame est visible et découverte tout le temps qu'il [la] coupe.
💡 Explication

Pourquoi chacun rejette le motif de l'autre. Rav Houna (mahlid) ne retient pas dores, car selon lui mener-ramener (molikh u-mevi) est valide en melika — donc il n'y a pas de derissa. Rava (dores) ne retient pas mahlid car la haldah se définit comme une lame dissimulée — telle la houlda terrée dans les murs (étymologie du mot) ; or ici, la coupe partant de la nuque, la lame reste visible tout du long, donc pas de haldah.

9
אָמַר רָבָא: אִי קַשְׁיָא לִי הָא קַשְׁיָא לִי, וְכִי מֵתָה עוֹמֵד וּמוֹלֵק?

Rava a dit : si une chose me fait difficulté, c'est ceci qui me fait difficulté : est-ce donc une fois morte qu'il se tient debout et fait la melika ?

📜 Rachi (3)
אִי קַשְׁיָא בְּהָא מִילְּתָא דִּזְעֵירִי:
Si une chose me fait difficulté — dans cette affaire de Zeiri.
הָא קַשְׁיָא לִי כֵּיוָן דַּאֲמַרְתְּ נְבֵלָה אַלְמָא מֵתָה הִיא הָא דְּאָמַר רַחֲמָנָא מְלִיקָה כְּשֵׁרָה בְּקָדָשִׁים וּבָעֵינַן חֲתִיכַת סִימָנִין כְּדִלְקַמָּן (חֻולִּין דַּף כא.):
C'est ceci qui me fait difficulté — puisque tu dis [qu'elle est] nevela, c'est donc qu'elle est morte ; or [voici] ce que le Miséricordieux a dit, [que] la melika [est] apte pour les [bêtes] consacrées, et [que] nous requérons le tranchage des simanim, comme [il sera dit] plus loin (Houlin 21a).
וְכִי לְאַחַר שֶׁהִיא כְּמֵתָה בִּשְׁבִירַת הָעֶצֶם וְרֹוב בָּשָׂר לָמָּה עוֹמֵד וּמוֹלֵק שׁוּב הַסִּימָנִין אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא טְרֵפָה בְּעָלְמָא הֲוַאי אִי נִשְׁבְּרָה בְּלֹא מְלִיקָה אֲבָל חַיּוּתָא מִיהָא אִית בָּהּ מש"ה הָוְיָא מְלִיקַת סִימָנִין מְלִיקָה וּטְרֵפָה לֵיכָּא לְמֵימַר שֶׁזֶּה דֶּרֶךְ הַכְּשֵׁרָה דְּאִם לֹא שָׁהָה וְהִנִּיחָהּ לְאַחַר שֶׁעָשָׂה בָּהּ מַעֲשֶׂה אֵין כָּאן טְרֵפוֹת וְכֵן בְּכָל הַשּׁוֹחֲטִין מִשֶּׁנָּקַב הַוֶּושֶׁט יֵשׁ כָּאן מַעֲשֵׂה טְרֵפָה וְכִי גָּמַר שְׁחִיטָתוֹ מִיתַּכְשְׁרָא אִם לֹא שָׁהָה שִׁיעוּר שְׁהִייָּה אֶלָּא לִזְעֵירִי דְּחָשֵׁיב לָהּ מֵתָה מָה הוּא עוֹמֵד וּמוֹלֵק:
Est-ce donc [une fois morte] — après qu'elle est comme morte par le bris de l'os et de la majeure partie de la chair, pourquoi se tient-il debout et pince-t-il encore les simanim ? Si tu dis [que] cela va [dans le cas où elle n'était que] tereifa ordinaire — [à savoir] si elle s'est brisée sans melika, mais [qu']il y a en elle quelque vitalité (hiyouta) — c'est pourquoi la melika des simanim [serait] une melika [valide] ; et l'on ne peut dire qu'elle [est] tereifa, car c'est [là] la manière [normale] de la rendre apte : car si l'on n'a pas tardé (chaha) et [qu']on l'a laissée après avoir accompli en elle [l']acte, il n'y a là aucune tereifa ; et de même pour tous ceux qui égorgent — dès qu'il a perforé l'oesophage, il y a là un acte [potentiel] de tereifa, et lorsqu'il achève sa chehita elle est rendue apte, pourvu qu'il n'ait pas tardé la durée d'une interruption (chehiya). Mais selon Zeiri, qui la tient pour morte, qu'est-ce qu'il se tient debout et pince ?
💡 Explication

Rava soulève la vraie difficulté que pose Zeiri : si la vertèbre brisée avec la majeure partie de la chair rend la bête nevela (déjà morte), comment comprendre la melika des consacrés ? La melika exige le bris de la nuque puis le tranchage des simanim ; or, l'animal étant dès lors déjà mort, quel sens y a-t-il à se tenir debout et pincer encore les simanim d'une bête morte ?

10
אָמַר לֵיהּ אַבַּיֵּי: וְתִקְשֵׁי לָךְ עוֹלַת הָעוֹף, דְּבָעֲיָא שְׁנֵי סִימָנִין, וְכִי מֵתָה עוֹמֵד וּמוֹלֵק? אֲמַר לֵיהּ: הָתָם כְּדֵי לְקַיֵּים בָּהּ מִצְוַת הַבְדָּלָה.

Abaye lui dit : et que te fasse [aussi] difficulté l'holocauste d'oiseau (olat ha-of), qui requiert deux simanim — est-ce donc une fois morte qu'il se tient debout et fait la melika ? Il lui dit : là-bas, [c'est] afin d'accomplir en lui la mitsva de la séparation (hevdala).

📜 Rachi (3)
וְתִקְשֵׁי לָךְ עוֹלַת הָעוֹף דְּאָמְרִינַן לְקַמָּן בִּשְׁמַעְתִּין דְּבָעֲיָא ב' סִימָנִים:
Et que te fasse difficulté l'holocauste d'oiseau — dont nous dirons plus loin dans notre sougya (Houlin 21a) qu'il requiert deux simanim.
וְכִי מֵתָה עוֹמֵד וּמוֹלֵק דְּהָא וַדַּאי עוֹף בְּחַד סִימָן מֵתָה וְאַמַּאי מְעַכֵּב שֵׁנִי:
Est-ce donc une fois morte qu'il se tient debout et fait la melika — car assurément l'oiseau meurt par un seul siman, alors pourquoi le second fait-il obstacle (me'akev) ?
הָתָם לָאו מִשּׁוּם מְלִיקָה הוּא אֶלָּא לְקַייֵּם מִצְוַת הַבְדָּלָה כִּדְיָלְפִינַן לְקַמָּן בִּשְׁמַעְתִּין מִוְּמָלַק וְהִקְטִיר מָה הַקְטָרָה הָרֹאשׁ בְּעַצְמוֹ וְהַגּוּף בְּעַצְמוֹ אַף מְלִיקָה הָרֹאשׁ בְּעַצְמוֹ וְהַגּוּף בְּעַצְמוֹ:
Là-bas — [ce] n'[est] pas à cause de la melika, mais afin d'accomplir la mitsva de la séparation (hevdala), comme nous le dérivons plus loin dans notre sougya de 'et il fera la melika et fera fumer' (Lev 1:15) : de même que [pour] le fait-fumer (haktara) la tête [est traitée] à part et le corps à part, de même [pour] la melika la tête [est traitée] à part et le corps à part.
🗂️ Tossefot (1)
וְתִיקְשֵׁי לָךְ עוֹלַת הָעוֹף דְּבָעֲיָא שְׁנֵי סִימָנִין בֵּין לְרַבָּנָן בֵּין לֵר' אֶלְעָזָר פָּרִיךְ כִּדְפֵי' בַּקְּוַנְט':
Et que te fasse difficulté l'holocauste d'oiseau, qui requiert deux simanim — c'est aussi bien selon les Sages que selon Rabbi Elazar qu'il objecte, comme Rachi l'a expliqué.
⚖️ Rosh (1)
גְּמ' תָּנֵי רָמֵי בַּר יְחֶזְקֵאל אֵין עִיקּוּר סִימָנִין לָעוֹף אָמַר רָבִינָא אֲמַר לִי רָבָא בַּר קִיסִי הָא דְּתָנֵי רָמֵי בַּר יְחֶזְקֵאל אֵין עִיקּוּר סִימָנִין לָעוֹף לָא אֲמַרַן אֶלָּא בִּמְלִיקָה אֲבָל בִּשְׁחִיטָה יֵשׁ עִיקּוּר וְקַייְמָא לָן כְּרָבִינָא וּכְהַהִיא בָּרַיְיתָא לְקַמָּן (חֻולִּין דַּף כֹּח.) שָׁחַט אֶת הַוֶּשֶׁט וְנִמְצֵא הַגַּרְגֶּרֶת שְׁמוּטָה דְּאַיְירֵי בְּעוֹף: אָמַר זְעֵירִי נִשְׁבְּרָה מַפְרֶקֶת וְרֹוב בָּשָׂר עִמָּהּ נְבֵלָה א"ר יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל נִשְׁבְּרָה מַפְרֶקֶת וְרֹוב בָּשָׂר עִמָּהּ מְטַמֵּא בְּאֹהֶל וא"ת מַעֲשֶׂה דְּעֵלִי דְּמַפְרֶקֶת בְּלֹא רֹוב בָּשָׂר הֲוַאי. זְקֵנָה שָׁאנֵי דִּכְתִיב כִּי זָקֵן הָאִישׁ וְכָבֵד וְגוֹ' א"ר שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי א"ר יוֹנָה קְרָעוֹ כַּדָּג מְטַמֵּא בְּאֹהֶל וְאָמַר רַב שְׁמוּאֵל בַּר רַב יִצְחָק וּמִגַּבּוֹ. אָמַר חִזְקִיָּה עֲשָׂאָהּ גִּיסְטְרָא נְבֵלָה. א"ר אֶלְעָזָר נִיטַּל יָרֵךְ וְחָלָל שֶׁלָּהּ נְבֵילָה. הֵיכִי דָּמֵי חָלָל שֶׁלָּהּ. אָמַר רָבָא כֹּל שֶׁרְבוּצָה וְנִרְאֵית חֲסֵירָה :
Guemara. Rami bar Ye'hezkel enseigne : il n'y a pas d'ikkour (disqualification par arrachement) des simanim pour l'oiseau. Ravina a dit : Rava bar Kisi m'a dit : ce qu'enseigne Rami bar Ye'hezkel, [à savoir] qu'il n'y a pas d'ikkour des simanim pour l'oiseau — nous ne l'avons dit que pour la melika (mise à mort des consacrés par pincement de l'ongle à la nuque), mais pour la chehita (abattage rituel), il y a ikkour. Et nous tenons [la halakha] comme Ravina et comme cette braita [rapportée] plus loin (Houlin 28a) : [s']il a égorgé l'oesophage (veshet) et [que] la trachée (gargeret) s'est trouvée détachée (chemouta) — qui traite de l'oiseau. Zeiri a dit : [si] la vertèbre [du cou] (mafreket) s'est brisée et la majeure partie de la chair avec elle — [c'est une] nevela (charogne). Rabbi Yehouda a dit au nom de Chmouel : [si] la vertèbre s'est brisée et la majeure partie de la chair avec elle — [le corps] rend impur par [couverture sous] une tente (be-ohel). Et si tu dis [d'objecter par] l'épisode d'Eli — [où] la vertèbre [s'est brisée] sans la majeure partie de la chair : [réponse,] une [personne] âgée [est] différente, car il est écrit 'car l'homme était âgé et lourd, etc.' (I Samuel 4:18) [de sorte qu'il est mort par la seule fracture de la vertèbre]. Rabbi Chmouel bar Nahmani a dit au nom de Rabbi Yona : [s']il l'a fendue comme un poisson (kadag) — [le corps] rend impur sous une tente ; et Rav Chmouel bar Rav Yits'hak a dit : [même s'il l'a fendue] depuis son dos (mi-gabo). Hizkiya a dit : [s']il en a fait un gistra (deux morceaux) — [c'est] une nevela. Rabbi Elazar a dit : [si] la cuisse (yarekh) et sa cavité (halal chelah) ont été ôtées — [c'est] une nevela. Comment se présente sa cavité ? Rava a dit : tout [cas] où [la bête], accroupie (revoutza), paraît manquante (haserah).
💡 Explication

Abaye étend la difficulté, indépendamment de Zeiri : l'olat ha-of (holocauste d'oiseau) requiert le tranchage des deux simanim. Or l'oiseau meurt dès le premier siman tranché — pourquoi alors continuer à pincer le second, sur une bête déjà morte ? Réponse de Rava : là, le second siman n'est pas requis comme melika à proprement parler, mais pour accomplir la mitsva de hevdala — la séparation de la tête et du corps de l'oiseau.

11
אִי הָכִי, עוֹר נָמֵי! כָּל הַמְעַכֵּב בִּשְׁחִיטָה מְעַכֵּב בְּהַבְדָּלָה, וְכֹל שֶׁאֵינוֹ מְעַכֵּב בִּשְׁחִיטָה אֵינוֹ מְעַכֵּב בְּהַבְדָּלָה.

[Difficulté :] s'il en est ainsi, la peau (or) aussi [devrait être requise à la séparation] ! [Réponse :] tout ce qui fait obstacle (me'akev) à la chehita fait obstacle à la séparation (hevdala), et tout ce qui ne fait pas obstacle à la chehita ne fait pas obstacle à la séparation.

📜 Rachi (2)
אִי הָכִי עוֹר נָמֵי לִבְדִיל וְיַחְתֹּוךְ כָּל הָרֹאשׁ אַלְּמָה תַּנְיָא לְקַמָּן (חֻולִּין דַּף כא.) שְׁנַיִם לְרַבָּנָן וְרֹוב שְׁנַיִם לֵר' אֶלְעָזָר בַּר ר"ש אֲבָל עוֹר לֵיכָּא לָמֶ"ד:
S'il en est ainsi, la peau aussi — [qu']il sépare et tranche toute la tête ! Pourquoi donc est-il enseigné plus loin (Houlin 21a) 'deux [simanim] selon les Sages, et la majeure partie de deux selon Rabbi Elazar bar Rabbi Chimon', mais [pour] la peau, il n'[est] personne qui [le] dise ?
כָּל הַמְעַכֵּב בַּשְּׁחִיטָה עוֹר אֵינוֹ מְעַכֵּב בִּשְׁחִיטָה שֶׁאִילּוּ קֹודֶם שְׁחִיטָה נִיטַּל כָּל הָעוֹר כְּשֵׁרָה אֲבָל סִימָנִין שְׁחִיטָה תָּלָה בְּהוּ רַחֲמָנָא וּלְכַתְּחִלָּה כּוּלְּהוּ בָּעֵי כְּדִתְנַן לְקַמָּן בְּהַשּׁוֹחֵט (חֻולִּין דַּף כז.) הִלְכָּךְ גַּבֵּי הַבְדָּלָה מְעַכְּבִי:
Tout ce qui fait obstacle à la chehita — la peau ne fait pas obstacle à la chehita, car si, avant la chehita, toute la peau a été ôtée, [la chehita est] apte ; mais les simanim, le Miséricordieux a suspendu à eux la chehita, et a priori (le-khathila) il les requiert tous, comme nous l'avons appris plus loin dans [le chapitre] Ha-Chohet (Houlin 27a) ; aussi, quant à la séparation, font-ils obstacle.
💡 Explication

Objection : si la hevdala (séparation tête/corps) impose de poursuivre au-delà du premier siman, il faudrait aussi trancher la peau (or) pour séparer entièrement la tête ! Réponse — un premier critère : ce qui invalide la chehita (me'akev) est requis à la hevdala, et ce qui n'invalide pas la chehita ne l'est pas. Or omettre la peau n'invalide pas la chehita ; elle n'est donc pas requise à la séparation.

🖼️ Schéma
Olat ha-of : que faut-il séparer (hevdel) au-delà du premier siman ? l'oiseau meurt dès un seul siman ; pourquoi pincer le second et plus ? Deux simanim requis pour la hevdela (séparation tête/corps) font partie de la mitsva de chehita -> requis ON SÉPARE La peau (or) n'invalide pas la chehita (ôtée avant : valide) hors de la mitsva de chehita ON NE SÉPARE PAS Minorité des simanim (selon les Sages) n'invalide pas la chehita, mais oblige la hevdela : la 1re formule tombe -> on reformule critère : être DANS la chehita (et non l'invalider)
Olat ha-of et hevdala : quel critère détermine ce qui doit être séparé au-delà du premier siman.
12
וְהָא מִיעוּט סִימָנִין לְרַבָּנַן, דְּלָא מְעַכְּבִי בִּשְׁחִיטָה, וּמְעַכְּבִי בְּהַבְדָּלָה! אֶלָּא אֵימָא: כֹּל שֶׁיֶּשְׁנוֹ בִּשְׁחִיטָה יֶשְׁנוֹ בְּהַבְדָּלָה, וְכֹל שֶׁאֵינוֹ בִּשְׁחִיטָה אֵינוֹ בְּהַבְדָּלָה.

Mais [il y a] la minorité des simanim, [qui], selon les Sages, ne fait pas obstacle à la chehita et fait [pourtant] obstacle à la séparation ! Plutôt, dis [ainsi] : tout ce qui est [présent] dans la chehita est [présent] dans la séparation, et tout ce qui n'est pas dans la chehita n'est pas dans la séparation.

📜 Rachi (1)
וְהָא מִיעוּט סִימָנִים לְרַבָּנָן דִּפְלִיגִי לְקַמָּן בִּשְׁמַעְתִּין אַדְּרַבִּי אֶלְעָזָר בַּר ר"ש וְאָמְרִי דְּלָא תִּסְגֵּי בְּרוֹב שְׁנַיִם אֶלָּא א"כ גָּמַר כֻּולָּן וְאַף עַל גַּב דְּלָא מְעַכְּבִי בִּשְׁחִיטָה:
Mais [il y a] la minorité des simanim, selon les Sages — qui divergent plus loin dans notre sougya de Rabbi Elazar bar Rabbi Chimon, et disent qu'il ne suffit pas de la majeure partie de deux [simanim], à moins qu'on [ne] les achève tous, et [cela] bien qu'ils ne fassent pas obstacle à la chehita.
💡 Explication

Le premier critère est réfuté : la minorité des simanim (la part au-delà de la majeure partie) n'invalide pas la chehita selon les Sages — l'abattage de la majeure partie suffit — et pourtant elle fait obstacle à la hevdala (qui exige les simanim entiers). On reformule donc le critère : est requis à la séparation tout ce qui fait partie de la chehita (les simanim, même leur minorité), et n'y est pas requis ce qui en est étranger (la peau).

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).