Chullin 21a — la melika de l'oiseau-sacrifice et le seuil où la bête (ou l'homme) devient carcasse

Chullin 21a

Sougya : La sougya part de la melika (pincement de la nuque à l'ongle) du sacrifice d'oiseau : on coupe la colonne et la vertèbre sans la majorité de la chair, jusqu'aux simanim (oesophage/trachée), puis un siman pour l'expiatoire (chatat, ou 'lo yavdil' interdit de séparer la tête) et deux pour l'holocauste (ola, où l'on sépare). La Guemara discute de quel Tana relève la braita (les Rabbanan exigent deux simanim entiers ; R.

Elazar fils de R. Chimon la majorité des deux).

Suit une série sur le seuil où un corps est réputé mort bien qu'il frémisse encore : vertèbre brisée avec la majorité de la chair (impur sous la tente, sur l'homme), le cas de Eli le prêtre (la vieillesse est différente), fendu comme un poisson, rendu gistera (tesson, coupé en deux) ou cuisse ôtée à cavité visible (nevela). Enfin la michna d'Oholot 'hutzu rasheihen' (les têtes enlevées, impures bien que frémissantes, comme la queue du lézard) : Rech Lakich lit un enlèvement réel, R.

Assi 'comme la séparation de l'olat ha-of', d'où un débat sur l'accord ou le désaccord entre eux ; et la fin du daf dérive de 'va-asa ka-michpat' la règle de l'expiatoire d'oiseau à partir de celle de l'expiatoire de bétail.

La melika (pincement de la nuque) de l'oiseau-sacrifice on coupe par la nuque, de l'arrière vers l'avant, jusqu'aux simanim Chatat ha-of (expiatoire) 1re phase : colonne (chidra) + vertèbre (mafreket), SANS la majorité de la chair 2e phase : UN siman (ou sa majorité) + majorité de la chair 'lo yavdil' : ne pas séparer la tête reste attachée Olat ha-of (holocauste) 1re phase : colonne + vertèbre, SANS la majorité de la chair 2e phase : DEUX simanim (ou la majorité des deux) 've-hivdil' : on sépare la tête est détachée
La melika (segments 2-4) : phases de la coupe à la nuque, et différence entre l'expiatoire d'oiseau (un siman, sans séparer la tête) et l'holocauste d'oiseau (deux simanim, on sépare).
Quand l'animal (ou l'homme) est déjà 'mort' bien qu'il frémisse encore cas où le statut de nevela (carcasse) / d'impureté par la tente s'impose malgré le tremblement Mafreket + majorité de la chair vertèbre brisée AVEC la majorité de la chair (Chmouel, sur l'homme) -> impur sous la tente Fendu comme un poisson (par le dos) ouvert dans la longueur, depuis le dos (R. Yo'hanan ; R. Chmouel b. Yitzhak : du dos) -> impur sous la tente Gistera / cuisse ôtée coupé en deux (largeur, cou ou colonne) ; cuisse ôtée, cavité visible (Chmouel ; R. Elazar) -> nevela (carcasse)
Les cas (segments 5-8) où un corps est déjà 'mort' (nevela / impur sous la tente) bien qu'il frémisse encore.
'Hutzu rasheihen' (les têtes ont été enlevées) : que signifie l'enlèvement ? Rech Lakich enlèvement réel et complet (mamach) R. Assi au nom de R. Mani comme la séparation de l'olat ha-of Que vaut 'comme la séparation de l'olat ha-of' ? (question de R. Yirmeya) selon les Rabbanan tous les simanim coupés (comme nuque + majorité seule) -> PAS de désaccord selon R. Elazar b. R. Chimon majorité des deux simanim (pas un enlèvement réel total) -> DÉSACCORD avec Rech Lakich
Le débat 'hutzu rasheihen' (segments 10-13) : sens de l'enlèvement de la tête et accord/désaccord entre Rech Lakich et R. Assi.
1
מִכָּל מָקוֹם קַשְׁיָא! אָמַר רָבָא, אֵימָא: וְכֵן הוּא עוֹשֶׂה – חוֹתֵךְ שִׁדְרָה וּמַפְרֶקֶת בְּלֹא רֹוב בָּשָׂר.

En tout cas [c'est] difficile ! Rava a dit : dis [ainsi] : et de même procédé-t-il [en pinçant] — il coupe la colonne (chidra) et la vertèbre (mafreket) sans la majorité de la chair.

📜 Rachi (2)
מ"מ קַשְׁיָא וְכִי מֵתָה עוֹמֵד וּמוֹלֵק:
En tout cas [c'est] difficile — or est-ce, [une fois] morte, [qu']il se met à pincer (molek) ?
בְּלֹא רֹוב רֹוחַב הַבָּשָׂר שֶׁל מַפְרֶקֶת דְּאַכַּתִּי לָאו מֵתָה הִיא דְּהָא זְעֵירִי מַפְרֶקֶת וְרֹוב בָּשָׂר קָאָמַר:
Sans la majorité — la largeur de la chair de la vertèbre (mafreket) ; car elle n'est pas encore morte, puisque Zeiri dit 'vertèbre et majorité de la chair'.
💡 Explication

Suite d'une difficulté sur l'enseignement de Zeiri (16b-20b) : Zeiri parlait d'un oiseau déjà mort, or on ne pince (molek) qu'un oiseau vivant. Rava résout : la formule de Zeiri ('vertèbre et majorité de la chair') ne décrit pas une bête morte ; lis-la comme la manière correcte de pincer — on coupe la colonne et la vertèbre (mafreket) sans la majorité de la chair, puis on tranche les simanim (oesophage/trachée).

2
כִּי סָלֵיק רַבִּי זֵירָא, אַשְׁכְּחֵיהּ לְרַבִּי אַמֵּי דְּיָתֵיב וְקָאָמַר לַהּ לְהָא שְׁמַעְתָּא. אֲמַר לֵיהּ: וְכִי מֵתָה עוֹמֵד וּמוֹלֵק? אֶשְׁתּוֹמַם כְּשָׁעָה חֲדָא, אֲמַר לֵיהּ: אֵימָא, כָּךְ הוּא עוֹשֶׂה: חוֹתֵךְ שִׁדְרָה וּמַפְרֶקֶת בְּלֹא רֹוב בָּשָׂר.

Lorsque Rabbi Zeira monta [en Terre d'Israël], il trouva Rabbi Ami assis et énonçant cet enseignement (chmaata). Il lui dit : or est-ce, [une fois] morte, [qu']on se met à pincer ?

Il fut frappé de stupeur (echtomem) l'espace d'un instant, [puis] il lui dit : dis [ainsi] : voici comment il procède — il coupe la colonne et la vertèbre sans la majorité de la chair.

📜 Rachi (3)
לְהָא שְׁמַעְתָּא דִּזְעֵירִי:
Cet enseignement — [celui] de Zeiri.
א"ל הוֹאִיל וּמֵתָה חָשׁוּב כָּל מְלִיקוֹת דְּאָמַר רַחֲמָנָא דְּבָעֵי לַחְתֹּוךְ סִימָנִים וְכִי מֵתָה עוֹמֵד וּמוֹלֵק:
Il lui dit — puisque, [si] elle est morte, toute melika (pincement) que le Miséricordieux a prescrite — laquelle requiert de couper les simanim — [serait inapplicable] : or est-ce, [une fois] morte, [qu']on se met à pincer ?
אֶשְׁתּוֹמַם שָׁתַק וְהָיָה מְחַשֵּׁב מַה יַּעֲנֶה:
Il fut frappé de stupeur — il se tut et réfléchissait à ce qu'il répondrait.
🗂️ Tossefot (1)
כִּי סָלֵיק ר' זֵירָא אַשְׁכְּחֵיהּ לְרַבִּי אַמֵּי דְּקָאָמַר לְהָא שְׁמַעְתָּא פֵּירוּשׁ דִּזְעֵירִי. וְרַבִּי אַמִּי גָּרְסִי' וְלָא גָּרְסִי' אַסִּי דְּרַבִּי אָתֵי הוּא דְּאָמַר לְקַמָּן גַּבֵּי הֻותְּזוּ רָאשֵׁיהֶן דְּהַייְנוּ כְּהַבְדָּלַת עוֹלַת הָעוֹף:
Lorsque Rabbi Zeira monta, il trouva Rabbi Ami énonçant cet enseignement — c'est-à-dire [celui] de Zeiri. Et l'on lit bien 'Rabbi Ami' et non 'Assi', car c'est Rabbi [Ami] qui dit plus loin, à propos de 'leurs têtes ont été enlevées', [que c'est] comme la séparation de l'holocauste d'oiseau (havdalat olat ha-of).
💡 Explication

Récit parallèle : monté en Terre d'Israël, R. Zeira trouve R. Ami enseignant la halakha de Zeiri. Même objection ('pince-t-on une bête déjà morte ?'). R. Ami reste interdit (echtomem, cf. Daniel 4:16) un instant, puis donne la même réponse que Rava : on coupe colonne et vertèbre sans la majorité de la chair (la bête est donc encore vivante quand on pince).

3
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: כֵּיצַד מוֹלְקִין חַטַּאת הָעוֹף? חוֹתֵךְ שִׁדְרָה וּמַפְרֶקֶת בְּלֹא רֹוב בָּשָׂר עַד שֶׁמַּגִּיעַ לַווֶּשֶׁט אוֹ לַקָּנֶה; הִגִּיעַ לַווֶּשֶׁט אוֹ לַקָּנֶה, חוֹתֵךְ סִימָן אֶחָד אוֹ רֻובּוֹ וְרֹוב בָּשָׂר עִמּוֹ, וּבְעוֹלָה שְׁנַיִם אוֹ רֹוב שְׁנַיִם.

Il est de même enseigné [dans une braita] : comment pince-t-on l'expiatoire d'oiseau (chatat ha-of) ? Il coupe la colonne et la vertèbre sans la majorité de la chair, jusqu'à ce qu'il parvienne à l'oesophage (veshet) ou à la trachée (kaneh) ; parvenu à l'oesophage ou à la trachée, il coupe un siman ou sa majorité, et la majorité de la chair avec lui ; et pour l'holocauste (ola), deux [simanim] ou la majorité des deux.

📜 Rachi (3)
בְּחַטַּאת הָעוֹף כְּתִיב וְלֹא יַבְדִּיל גַּבֵּי שְׁמִיעַת הַקּוֹל בְּוַיִּקְרָא הִילְכָּךְ בְּחַד סִימָן סַגִּי דְּעוֹף הֶכְשֵׁרוֹ בְּסִימָן אֶחָד:
Pour l'expiatoire d'oiseau il est écrit 'il ne séparera pas' (lo yavdil) à propos de [celui que l'on apporte pour] l'audition de la voix [serment de témoignage], dans le [livre de] Vayikra ; dès lors un seul siman suffit, car la validation de l'oiseau [se fait] par un seul siman.
וְרֹוב בָּשָׂר עִמּוֹ לְאַחַר מְלִיקַת הַסִּימָן:
Et la majorité de la chair avec lui — après le pincement du siman.
וּבְעוֹלָה דְּבָעֵי הַבְדָּלָה כְּדִלְקַמָּן שְׁנַיִם אוֹ רֹוב שְׁנַיִם:
Et pour l'holocauste — qui requiert la séparation (havdala), comme [il sera dit] plus loin : deux ou la majorité des deux.
💡 Explication

Braita confirmant la lecture (voir le schéma). Le pincement de l'expiatoire d'oiseau : on coupe colonne et vertèbre (sans majorité de la chair) jusqu'aux simanim, puis un siman (ou sa majorité) avec la majorité de la chair. Pour l'holocauste d'oiseau : deux simanim (ou leur majorité). L'expiatoire suffit avec un siman car 'lo yavdil' (Lv 5:8) interdit d'y séparer la tête ; l'holocauste, lui, requiert la séparation (ola).

4
מַנִּי? אִי רַבָּנָן – הָא אָמְרִי: שְׁנַיִם דַּוְקָא! אִי כְּרַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן – הָאָמַר: רֹוב שְׁנַיִם!

De qui [est cette braita] ? Si [c'est] des Rabbanan — or ils disent : deux [simanim] précisément !

Si [c'est] selon Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon — or il a dit : la majorité des deux !

📜 Rachi (2)
פְּלֻוגְתָּא דר' אֶלְעָזָר בַּר ר"ש וְרַבָּנָן לְקַמָּן בִּשְׁמַעְתִּין:
[C'est] le différend de Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon et des Rabbanan, plus loin dans notre sougya.
הָאָמַר רֹוב שְׁנַיִם דַּוְקָא וְלֹא יוֹתֵר כִּדְקָתָנֵי לְקַמָּן (חוֹלִין דַּף כב.) דְּבָעֵינַן שֶׁיְּהֵא אוֹחֵז בָּרֹאשׁ וּבַגּוּף כְּשֶׁהוּא מִזֶּה:
Or il a dit 'la majorité des deux' — précisément, et non plus, comme il est enseigné plus loin (Houlin 22a) : nous exigeons qu'il tienne [la victime] par la tête et par le corps lorsqu'il asperge [le sang].
💡 Explication

Difficulté sur l'attribution de la braita (qui dit 'deux ou la majorité des deux'). Les Rabbanan exigent deux simanim précisément (entiers). R. Elazar fils de R. Chimon exige la majorité des deux (pas plus). Aucun des deux ne dit 'deux ou la majorité des deux' — d'où la braita ne semble s'accorder avec personne.

5
אֵימָא: שְׁנַיִם – לְרַבָּנָן, רֹוב שְׁנַיִם – לְרַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן, וְאִיבָּעֵית אֵימָא: הָא וְהָא רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן, וּמַאי שְׁנַיִם – שֶׁדּוֹמִין לִשְׁנַיִם.

Dis [ainsi] : 'deux' — selon les Rabbanan ; 'la majorité des deux' — selon Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon. Et si tu veux, dis [autrement] : ceci et cela [sont] selon Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon, et que [signifie] 'deux' ?

[Une coupe] qui ressemble à deux.

📜 Rachi (1)
שֶׁדּוֹמִים לִשְׁנַיִם דִּלְכַתְּחִלָּה בָּעֵינַן שֶׁיַּחְתֹּוךְ רֹוב לְהֶדְיָא שֶׁיְּהֵא נִרְאֶה לָעֵינַיִם שֶׁהוּא רֹוב אוֹ רֹוב שְׁנַיִם וְאַפֵּי' רֹוב מְצֻומְצָם:
Qui ressemble à deux — car à priori (le-khatehila) nous exigeons qu'il coupe nettement une majorité, de sorte qu'il apparaisse aux yeux que c'est [bien] une majorité, ou la majorité des deux, et même une majorité tout juste atteinte (metsoumtsam).
💡 Explication

Deux résolutions. Soit la braita est composite : 'deux' = avis des Rabbanan, 'la majorité des deux' = avis de R. Elazar b. R. Chimon. Soit elle est entièrement de R. Elazar b. R. Chimon, et 'deux' signifie une coupe qui ressemble à deux — c'est-à-dire, à priori, une majorité franche et visible à l'œil, fût-elle une majorité tout juste atteinte.

6
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: נִשְׁבְּרָה מַפְרֶקֶת וְרֹוב בָּשָׂר עִמָּהּ – מְטַמֵּא בְּאֹהֶל.

Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : [si] la vertèbre (mafreket) [d'un homme] s'est brisée et la majorité de la chair avec elle — il rend impur sous la tente (ohel).

📜 Rachi (1)
נִשְׁבְּרָה מַפְרֶקֶת בָּאָדָם:
[Si] la vertèbre s'est brisée — chez l'homme.
💡 Explication

Application au corps humain. Chmouel : si la vertèbre du cou se brise avec la majorité de la chair environnante, l'homme a déjà le statut de cadavre — il rend impur sous la tente (quiconque est sous le même toit que lui devient impur), bien qu'il frémisse encore.

7
וְאִם תֹּאמַר: אוֹתוֹ מַעֲשֶׂה דְּעֵלִי, מַפְרֶקֶת בְּלֹא רֹוב בָּשָׂר הֲוַאי! זְקֵנָה שָׁאנֵי, דִּכְתִיב: ״וַיְהִי כְּהַזְכִּירוֹ אֶת אֲרוֹן הָאֱ-לֹהִים וַיִּפֹּל מֵעַל הַכִּסֵּא אֲחֹרַנִּית בְּעַד יַד הַשַּׁעַר וַתִּשָּׁבֵר מַפְרַקְתּוֹ וַיָּמֹת כִּי זָקֵן הָאִישׁ וְכָבֵד וְגוֹ׳״.

Et si tu dis : cet épisode de Eli — [sa] vertèbre [s'était brisée] sans la majorité de la chair ! [Réponse :] la vieillesse, c'est différent, car il est écrit : 'et il advint, lorsqu'il mentionna l'Arche de Dieu, qu'il tomba de son siège à la renverse, du côté de la porte, sa vertèbre se brisa et il mourut, car l'homme était âgé et lourd, etc.' (I Samuel 4:18).

📜 Rachi (1)
וא"ת הָא עָלַי מַפְרֶקֶת בְּלֹא רֹוב בָּשָׂר הֲוָה וְקָרֵי לֵיהּ מֵת וַתִּשָּׁבֵר מַפְרַקְתּוֹ וַיָּמָת:
Et si tu dis — or [pour] Eli [c'était] une vertèbre sans la majorité de la chair, et [le verset] l'appelle 'mort' : 'sa vertèbre se brisa et il mourut'.
💡 Explication

Objection : Eli le prêtre est mort d'une vertèbre brisée sans qu'il soit dit que la majorité de la chair l'accompagnait — et pourtant le verset dit 'il mourut' aussitôt. Réponse : la vieillesse est différente — le verset souligne 'car l'homme était âgé et lourd' ; un vieillard meurt d'une simple fracture de la vertèbre, ce qui n'établit pas la règle générale.

8
אָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: קְרָעוֹ כַּדָּג – מְטַמֵּא בְּאֹהֶל. אָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר יִצְחָק: וּמִגַּבּוֹ.

Rabbi Chmouel bar Nahmani a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : [si] on l'a fendu comme un poisson (dag) — il rend impur sous la tente. Rabbi Chmouel bar Yitzhak a dit : et [c'est] par son dos (mi-gabo).

📜 Rachi (1)
מְטַמֵּא בְּאֹהֶל וְאַפֵּי' מְפַרְכֵּס:
Il rend impur sous la tente — et même [s']il frémit encore.
💡 Explication

Autre seuil. R. Yo'hanan : si on a fendu le corps comme un poisson (ouvert dans la longueur), il a le statut de cadavre et rend impur sous la tente, même s'il frémit. R. Chmouel bar Yitzhak précise : seulement si la fente est faite par le dos (le long de la colonne).

9
אָמַר שְׁמוּאֵל: עֲשָׂאָהּ גִּיסְטְרָא – נְבֵלָה. אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: נִיטַּל הַיָּרֵךְ וְחָלָל שֶׁלָּהּ (נִיכָּר) – נְבֵלָה. הֵיכִי דָּמֵי חָלָל שֶׁלָּהּ (נִיכָּר)? אָמַר רָבָא: כֹּל שֶׁרְבוּצָה וְנִרְאֵית חֲסֵרָה.

Chmouel a dit : [si] on l'a rendue [comme] un tesson (gistera) — [c'est une] carcasse (nevela). Rabbi Elazar a dit : [si] la cuisse (yarekh) a été ôtée et que sa cavité (halal) [est visible] — [c'est une] carcasse.

À quoi ressemble [le cas où] sa cavité [est visible] ? Rava a dit : tout [cas] où, [la bête] étant accroupie, on la voit pourtant manquante (haserah).

📜 Rachi (5)
עֲשָׂאָהּ גִּיסְטְרָא שֶׁחֲתָכָהּ לְרָחְבָּהּ אוֹ בְּצַוָּארָהּ כֻּולּוֹ אוֹ בַּשִּׁדְרָה עַד הֶחָלָל. כָּל דָּבָר הֶחָלוּק לִשְׁנַיִם קָרֵי גִּיסְטְרָא:
[Si] on l'a rendue tesson — [c'est-à-dire] qu'on l'a coupée dans sa largeur, soit à son cou en entier, soit à la colonne jusqu'à la cavité. Tout objet fendu en deux est appelé 'gistera'.
נִיטַּל הַיָּרֵךְ מִמְּקוֹם חִיבּוּרוֹ בְּבוּקָא דְּאַטְמָא:
[Si] la cuisse a été ôtée — de son point d'attache, à l'articulation de la hanche (bouka de-atma).
וְחָלָל שֶׁלָּהּ כְּלוֹמַר לֹא שֶׁנִּיטַּל הָעֶצֶם עִם קְצָת הַבָּשָׂר הַפְּנִימִי וְנִשְׁאַר בָּשָׂר הָעֶלְיוֹן וְהָעוֹר עַד חֲצִי הַיָּרֵךְ אוֹ שְׁלִישִׁיתוֹ וְחוֹפֶה אֶת הַמַּכָּה דְּהָתָם טְרֵפָה הוּא דְּהָוְיָא כְּדִתְנַן (לְקַמָּן חֻולִּין דַּף עו.) בְּהֵמָה שֶׁנֶּחְתְּכוּ רַגְלֶיהָ דְּהַיְינוּ אַחֲרוֹנִים מִן הָאַרְכֻּובָּה וּלְמַעְלָה טְרֵפָה אֲבָל כְּשֶׁנָּטַל כָּל הַבָּשָׂר עַד שֶׁנִּרְאֵית גּוּפָהּ שֶׁל מְקוֹם הַחֲתָךְ כְּעֵין חָלָל קיבדור"א בְּלַעַ"ז:
Et sa cavité — c'est-à-dire non pas [le cas] où l'on a ôté l'os avec un peu de la chair intérieure, et [où] il reste la chair supérieure et la peau jusqu'à la moitié de la cuisse ou son tiers, recouvrant la plaie — là c'est une tereifa, comme nous avons appris (plus loin, Houlin 76a) : une bête dont les pattes ont été coupées, c'est-à-dire les [pattes] arrière à partir de l'articulation du genou (arkouba) et au-dessus, [est] tereifa — mais [le cas visé ici, c'est] lorsqu'on a ôté toute la chair au point que se voie le corps même de l'endroit de la coupe, comme une cavité : 'kibdura' en langue vernaculaire.
נְבֵלָה וְאַפֵּי' בְּחַיֶּיהָ מְטַמְּאָה:
Carcasse — et même de son vivant elle rend impur.
כֹּל שֶׁרְבוּצָה וְנִרְאֵית חֲסֵרָה דֶּרֶךְ הַבְּהֵמָה לִרְבֹּוץ עַל יְרֵיכָהּ וּמִתְכַּסַּת יְרֵיכָהּ בִּרְבִיצָתָהּ וְאִם נִרְאֵית חֶסְרוֹנָהּ כְּשֶׁהִיא רְבוּצָה:
Tout [cas] où, accroupie, on la voit manquante — il est habituel à la bête de s'accroupir sur sa cuisse et que sa cuisse soit recouverte par son accroupissement ; [le critère est] que l'on voie son manque alors même qu'elle est accroupie.
⚖️ Rosh (1)
גְּמ' תָּנֵי רָמֵי בַּר יְחֶזְקֵאל אֵין עִיקּוּר סִימָנִין לָעוֹף אָמַר רָבִינָא אֲמַר לִי רָבָא בַּר קִיסִי הָא דְּתָנֵי רָמֵי בַּר יְחֶזְקֵאל אֵין עִיקּוּר סִימָנִין לָעוֹף לָא אֲמַרַן אֶלָּא בִּמְלִיקָה אֲבָל בִּשְׁחִיטָה יֵשׁ עִיקּוּר וְקַייְמָא לָן כְּרָבִינָא וּכְהַהִיא בָּרַיְיתָא לְקַמָּן (חֻולִּין דַּף כֹּח.) שָׁחַט אֶת הַוֶּשֶׁט וְנִמְצֵא הַגַּרְגֶּרֶת שְׁמוּטָה דְּאַיְירֵי בְּעוֹף: אָמַר זְעֵירִי נִשְׁבְּרָה מַפְרֶקֶת וְרֹוב בָּשָׂר עִמָּהּ נְבֵלָה א"ר יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל נִשְׁבְּרָה מַפְרֶקֶת וְרֹוב בָּשָׂר עִמָּהּ מְטַמֵּא בְּאֹהֶל וא"ת מַעֲשֶׂה דְּעֵלִי דְּמַפְרֶקֶת בְּלֹא רֹוב בָּשָׂר הֲוַאי. זְקֵנָה שָׁאנֵי דִּכְתִיב כִּי זָקֵן הָאִישׁ וְכָבֵד וְגוֹ' א"ר שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי א"ר יוֹנָה קְרָעוֹ כַּדָּג מְטַמֵּא בְּאֹהֶל וְאָמַר רַב שְׁמוּאֵל בַּר רַב יִצְחָק וּמִגַּבּוֹ. אָמַר חִזְקִיָּה עֲשָׂאָהּ גִּיסְטְרָא נְבֵלָה. א"ר אֶלְעָזָר נִיטַּל יָרֵךְ וְחָלָל שֶׁלָּהּ נְבֵילָה. הֵיכִי דָּמֵי חָלָל שֶׁלָּהּ. אָמַר רָבָא כֹּל שֶׁרְבוּצָה וְנִרְאֵית חֲסֵירָה :
Guemara. Rami bar Ye'hezkel a enseigné [dans une braita] : il n'y a pas d'arrachement des simanim (ikkour simanin — les simanim, c'est-à-dire l'oesophage et la trachée, déplacés de leur place) pour l'oiseau. Ravina a dit : Rava bar Kisi m'a dit : ce qu'a enseigné Rami bar Ye'hezkel, 'il n'y a pas d'arrachement des simanim pour l'oiseau', nous ne l'avons dit qu'à propos de la melika (pincement de la nuque à l'ongle), mais dans la chehita (égorgement rituel) il y a [invalidation par] arrachement. Et nous tenons [la halakha] selon Ravina et selon cette braita plus loin (Houlin 28a) : 's'il a égorgé l'oesophage (veshet) et [que] la trachée (gargeret) s'est trouvée arrachée (chemouta)' — laquelle traite de l'oiseau. Zeiri a dit : [si] la vertèbre (mafreket) s'est brisée et la majorité de la chair avec elle, [c'est une] carcasse (nevela). Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : [si] la vertèbre s'est brisée et la majorité de la chair avec elle, [l'homme] rend impur sous la tente (ohel). Et si tu dis : l'épisode de Eli, où [sa] vertèbre [s'était brisée] sans la majorité de la chair [et pourtant le verset l'appelle mort] — [réponse :] la vieillesse, c'est différent, car il est écrit : 'car l'homme était âgé et lourd, etc.' (I Samuel 4:18). Rabbi Chmouel bar Nahmani a dit au nom de Rabbi Yona : [si] on l'a fendu comme un poisson (dag), il rend impur sous la tente. Et Rav Chmouel bar Rav Yitzhak a dit : et [c'est] par son dos (mi-gabo). Hizkiya a dit : [si] on l'a rendue [comme] un tesson (gistera), [c'est une] carcasse (nevela). Rabbi Elazar a dit : [si] la cuisse (yarekh) a été ôtée et que sa cavité (halal) [est visible], [c'est une] carcasse. À quoi ressemble [le cas où] sa cavité [est visible] ? Rava a dit : tout [cas] où, [la bête] étant accroupie, on la voit pourtant manquante (haserah).
💡 Explication

Retour à la bête. Chmouel : la rendre gistera (tesson — coupée en deux, en largeur, au cou ou à la colonne jusqu'à la cavité) en fait une nevela (carcasse, impure et interdite) même vivante. R. Elazar : si la cuisse (patte arrière) est arrachée de son articulation et que la cavité du corps est mise à nu, c'est une nevela. Rava précise le critère : même lorsque la bête est accroupie (posture qui d'ordinaire masque la cuisse), on la voit manquer de cette partie.

10
תְּנַן הָתָם: הֻותְּזוּ רָאשֵׁיהֶן, אַף עַל פִּי שֶׁמְּפַרְכְּסִין – טְמֵאִים, כִּזְנַב הַלְּטָאָה שֶׁמְּפַרְכֶּסֶת.

Nous avons appris là (Oholot 1:6) : [si] leurs têtes ont été enlevées (houtzou rasheihen), bien qu'ils frémissent — [ils sont] impurs, comme la queue du lézard (zenav ha-letaa) qui frémit.

📜 Rachi (3)
הֻותְּזוּ רָאשֵׁיהֶן בִּשְׁמֹנָה שְׁרָצִים קָמַיְירֵי בְּסֵדֶר טְהָרוֹת:
[Si] leurs têtes ont été enlevées — il parle des huit reptiles (chemonah cheratzim), dans l'ordre Taharot.
טְמֵאִים דְּכֵיוָן דַּעֲשׂוּיִין גִּיסְטְרָא אע"פ שֶׁלֹּא הֻובְדְּלוּ לְגַמְרֵי כְּדִמְפָרֵשׁ וְאָזֵיל הֲרֵי הֵם כְּמֵתִים:
Impurs — car, dès lors qu'ils sont rendus gistera (tesson), bien qu'ils n'aient pas été entièrement séparés, comme [le texte] l'explique en poursuivant, ils sont comme morts.
כִּזְנַב הַלְּטָאָה שֶׁמְּפַרְכֶּסֶת כְּלוֹמַר דאע"פ שֶׁמְּפַרְכֶּסֶת אֵין זֶה חַיּוּת שֶׁהֲרֵי זָנָב הַלְּטָאָה חוֹתֵךְ אוֹתָהּ לְגַמְרֵי וְהִיא מְפַרְכֶּסֶת חִיתּוּךְ הַזָּנָב מְפַרְכֵּס:
Comme la queue du lézard qui frémit — c'est-à-dire que, bien qu'elle frémisse, ce n'est pas là une vie : car la queue du lézard, on la coupe entièrement et elle frémit, [c'est] le frémissement [propre à] la section de la queue.
🗂️ Tossefot (1)
הֻותְּזוּ רָאשֵׁיהֶן גַּבֵּי בְּהֵמָה חַיָּה וְעוֹף מִיתַּנְיָא בְּמַסֶּכֶת אֹהָלוֹת וְלֹא גַּבֵּי שְׁרָצִים כִּדְפֵירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס:
[Si] leurs têtes ont été enlevées — à propos de la bête domestique, de la bête sauvage et de l'oiseau, c'est enseigné dans le traité Oholot, et non à propos des reptiles, contrairement à ce qu'a expliqué [Rachi] dans le commentaire (kountras).
💡 Explication

Une michna du traité Oholot. Si la tête d'un être a été enlevée, il a le statut de cadavre et est impur bien qu'il frémisse encore — comme la queue du lézard coupée, qui continue de remuer alors qu'elle n'a plus de vie propre. La Guemara va demander ce que recouvre exactement 'enlevé' (houtaz).

11
מַאי הֻותְּזוּ? רֵישׁ לָקִישׁ אָמַר: הֻותְּזוּ מַמָּשׁ, רַבִּי אַסִּי אָמַר רַבִּי מָנִי: כְּהַבְדָּלַת עוֹלַת הָעוֹף.

Que signifie 'ont été enlevées' (houtzou) ? Rech Lakich a dit : enlevées réellement (mamach).

Rabbi Assi a dit au nom de Rabbi Mani : comme la séparation de l'holocauste d'oiseau (havdalat olat ha-of).

📜 Rachi (1)
כְּהַבְדָּלַת עוֹלַת הָעוֹף לְרַבָּנַן דְּבָעוּ כָּל הַסִּימָנִין:
Comme la séparation de l'holocauste d'oiseau selon les Rabbanan — qui exigent tous les simanim.
🗂️ Tossefot (1)
הֻותְּזוּ מַמָּשׁ נִרְאֶה דִּפְלִיגִי אַזְּעֵירִי דִּלְעֵיל דְּסַגִּי לֵיהּ בַּמַּפְרֶקֶת וְרֹוב בָּשָׂר לְחוּד:
Enlevées réellement — il apparaît qu'[en cela R. Assi] est en désaccord avec Zeiri ci-dessus, pour qui [la vertèbre] et la majorité de la chair, à elles seules, suffisent.
💡 Explication

Deux lectures du mot 'enlevé' (voir le schéma). Rech Lakich : la tête est réellement et entièrement détachée. R. Assi au nom de R. Mani : 'enlevé' au sens de la séparation de l'holocauste d'oiseau (havdalat olat ha-of) — c'est-à-dire la coupe des simanim qui marque la melika de l'ola, sans détachement total.

12
אֲמַר לֵיהּ רַבִּי יִרְמְיָה לְרַבִּי אַסִּי: כְּהַבְדָּלַת עוֹלַת הָעוֹף לְרַבָּנַן, וְלָא פְּלִיגִיתוּ, אוֹ דִּלְמָא כְּהַבְדָּלַת עוֹלַת הָעוֹף לְרַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן, וּפָלְגִיתוּ?

Rabbi Yirmeya dit à Rabbi Assi : [veux-tu dire] comme la séparation de l'holocauste d'oiseau selon les Rabbanan — et [alors] vous n'êtes pas en désaccord ; ou bien peut-être comme la séparation de l'holocauste d'oiseau selon Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon — et [alors] vous êtes en désaccord ?

📜 Rachi (1)
וְלָא פְּלִיגִיתוּ אֶת ור"ל דְּהַיְינוּ נָמֵי הֻותְּזוּ מַמָּשׁ:
Et vous n'êtes pas en désaccord — toi et Rech Lakich, car cela aussi [revient à] 'enlevées réellement'.
💡 Explication

R. Yirmeya presse R. Assi de préciser. Si 'comme la séparation de l'olat ha-of' s'entend selon les Rabbanan (qui coupent tous les simanim, ne laissant que la peau — ce qui équivaut à briser le cou tout entier), alors R. Assi et Rech Lakich ne divergent pas. Mais si c'est selon R. Elazar b. R. Chimon (majorité des deux simanim seulement, tête non réellement ôtée), alors ils divergent.

13
אֲמַר לֵיהּ: כְּהַבְדָּלַת עוֹלַת הָעוֹף לְרַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן, וּפְלִיגִינַן.

Il lui dit : comme la séparation de l'holocauste d'oiseau selon Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon, et nous sommes en désaccord.

💡 Explication

Réponse de R. Assi : j'entends 'comme la séparation de l'olat ha-of' selon R. Elazar b. R. Chimon (majorité des deux simanim) — donc Rech Lakich et moi divergeons bel et bien sur le sens de 'enlevé'.

14
אִיכָּא דְאָמְרִי: רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ אָמַר: הֻותְּזוּ מַמָּשׁ, רַבִּי אַסִּי אָמַר רַבִּי מָנִי: כְּהַבְדָּלַת עוֹלַת הָעוֹף לְרַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בְּרֹוב שְׁנַיִם.

Il y a [ceux] qui disent [autrement] : Rabbi Chimon ben Lakich a dit : enlevées réellement ; Rabbi Assi a dit au nom de Rabbi Mani : comme la séparation de l'holocauste d'oiseau selon Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon, par la majorité des deux [simanim].

📜 Rachi (1)
אִיכָּא דְאָמְרִי דִּבְהֶדְיָא אָמַר רַב אַסִּי לְמִילְּתֵיהּ כְּהַבְדָּלַת רַבִּי אֶלְעָזָר בְּר"ש וְלָא בָּעֵי רַבִּי יִרְמְיָה מִינֵּיהּ:
Il y a [ceux] qui disent — [à savoir] que R. Assi a énoncé explicitement sa parole '[comme] la séparation [selon] Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon', et [que] Rabbi Yirmeya ne [l']a pas interrogé.
💡 Explication

Version alternative (ika de-amri) du même échange : R. Assi aurait d'emblée énoncé explicitement 'comme la séparation de l'olat ha-of selon R. Elazar b. R. Chimon, par la majorité des deux simanim' — sans que R. Yirmeya ait eu besoin de l'interroger.

15
מַאי רַבָּנַן וּמַאי רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן? דְּתַנְיָא: ״וְאֶת הַשֵּׁנִי יַעֲשֶׂה עֹלָה כַּמִּשְׁפָּט״ – כְּמִשְׁפַּט חַטַּאת בְּהֵמָה.

Qu'[est-ce que l'avis des] Rabbanan et qu'[est-ce que l'avis de] Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon ? — Car il est enseigné [dans une braita] : 'et il fera du second un holocauste selon l'ordonnance (ka-michpat)' (Lévitique 5:10) — selon l'ordonnance de l'expiatoire de bétail (chatat behema).

📜 Rachi (2)
וְאֶת הַשֵּׁנִי וְגוֹ' בְּעוֹלַת הָעוֹף שֶׁל חוֹבָה כְּתִיב גַּבֵּי שְׁמִיעַת הַקּוֹל כְּשֶׁהוּא מֵבִיא בְּדַלּוּת. בְּפָרָשָׁה עֶלְיוֹנָה כְּשֶׁהוּא מֵבִיא בַּעֲשִׁירוּת דִּיבֵּר בְּחַטַּאת בְּהֵמָה:
'Et il fera du second, etc.' — c'est écrit à propos de l'holocauste d'oiseau d'obligation, à propos de l'audition de la voix [du serment], lorsqu'on l'apporte dans la pauvreté ; dans la section supérieure, lorsqu'on apporte dans la richesse, [l'Écriture] a parlé de l'expiatoire de bétail.
כַּמִּשְׁפָּט מַשְׁמַע שֶׁקָּצוּב הַמִּשְׁפָּט בְּמָקוֹם אַחֵר וְאַהֵיכָא קָאֵי אַחַטָּאת בְּהֵמָה דִּלְעֵיל קָאֵי שֶׁהֲרֵי עוֹלָה זוֹ בָּאָה חֲלִיפִין לָהּ הִלְכָּךְ לָהּ אַקְשֶׁה וְיָלֵיף מִינֵּיהּ כְּדִמְפָרֵשׁ לְקַמֵּיהּ דְּאֵינָהּ בָּאָה אֶלָּא מִן הַחֻולִּין כו':
Selon l'ordonnance (ka-michpat) — [cela] implique que l'ordonnance est fixée ailleurs ; et à quoi se rapporte-t-elle ? à l'expiatoire de bétail [mentionné] plus haut, puisque cet holocauste vient en remplacement de [l'expiatoire de bétail] ; dès lors c'est à lui qu'[on] la rapproche [par hekech] et c'est de lui qu'[on] dérive, comme [le texte] l'explique ensuite, qu'[il] ne vient que du profane (houlin), etc.
💡 Explication

La Guemara remonte à la source du différend. La braita interprète 'il fera du second [oiseau] un holocauste ka-michpat (selon l'ordonnance)' (Lv 5:10), dans le sacrifice gradué du pauvre : 'selon l'ordonnance' renvoie à l'ordonnance de l'expiatoire de bétail (chatat behema) — dont la règle sert de référence, l'holocauste d'oiseau étant amené en remplacement de cet expiatoire.

16
אַתָּה אוֹמֵר כְּמִשְׁפַּט חַטַּאת בְּהֵמָה, אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא כְּמִשְׁפַּט חַטַּאת הָעוֹף? כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר ״וְהִקְרִיבוּ״, חָלַק הַכָּתוּב בֵּין חַטַּאת הָעוֹף לְעוֹלַת הָעוֹף, וּמָה אֲנִי מְקַיֵּים ״כַּמִּשְׁפָּט״ – כְּמִשְׁפַּט חַטַּאת בְּהֵמָה. מָה חַטַּאת בְּהֵמָה אֵינָהּ בָּאָה

Tu dis 'selon l'ordonnance de l'expiatoire de bétail', ou [bien] n'est-ce que 'selon l'ordonnance de l'expiatoire d'oiseau' ? Lorsqu'il dit 've-hikrivo' (et il l'offrira) (Lévitique 1:15), le verset a distingué entre l'expiatoire d'oiseau et l'holocauste d'oiseau ; et comment maintiens-je 'selon l'ordonnance' ? — selon l'ordonnance de l'expiatoire de bétail.

De même que l'expiatoire de bétail ne vient

📜 Rachi (2)
אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא כְּמִשְׁפַּט חַטַּאת הָעוֹף שֶׁלֹּא תִּיטָּעֵן הַבְדָּלָה בִּמְלִיקָתָהּ כְּדִכְתִיב (וַיִּקְרָא ה) בְּחַטַּאת הָעוֹף מִמּוּל עָרְפּוֹ וְלֹא יַבְדִּיל:
Ou [bien] n'est-ce que selon l'ordonnance de l'expiatoire d'oiseau — [de sorte] qu'il ne soit pas requis de séparation (havdala) dans son pincement, comme il est écrit (Lévitique 5) à propos de l'expiatoire d'oiseau : 'à [la nuque,] face à sa nuque, et il ne séparera pas (lo yavdil)'.
כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר וְהִקְרִיבוּ בְּעוֹלַת הָעוֹף שֶׁל נְדָבָה בְּוַיִּקְרָא וְהִקְרִיבוֹ הַכֹּהֵן אֶל הַמִּזְבֵּחַ וּמָלַק אֶת רֹאשׁוֹ וְגוֹמֵר מִדְּלָא כְּתִיב הִקְרִיב אֶלָּא וְהִקְרִיבוּ מַשְׁמַע חֲלֻוקָּה הַקְרָבָתוֹ שֶׁל זֶה מֵהַקְרָבַת אֲחֵרִים גִּילָּה לְךָ הַכָּתוּב שֶׁלֹּא תִּלְמַד מְלִיקַת עוֹלָה מִמְּלִיקַת חַטָּאת:
Lorsqu'il dit 've-hikrivo' — à propos de l'holocauste d'oiseau de don, dans [le livre de] Vayikra : 've-hikrivo ha-kohen el ha-mizbeah ou-malak et rocho ve-gomer' [et il l'offrira... et il pincera sa tête...] ; du fait qu'il n'écrit pas 'hikriv' mais 've-hikrivo', cela implique que l'offrande de celui-ci est distincte de l'offrande des autres : le verset t'a révélé de ne pas dériver le pincement de l'holocauste du pincement de l'expiatoire.
🗂️ Tossefot (2)
כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר וְהִקְרִיבוֹ חִילֵּק הַכָּתוּב כו' פֵּירוּשׁ לְהַצְרִיךְ הַבְדָּלָה בְּעוֹלַת הָעוֹף וא"ת דִּבְפֶרֶק קָדְשֵׁי קָדָשִׁים (זְבָחִים דַּף סה.) דְּרֵישׁ לֵיהּ לְמִילְּתָא אַחֲרִיתִי דְּקָאָמַר לְפִי שֶׁנֶּאֱמַר מִן הַתֹּורִים אוֹ מִן בְּנֵי הַיּוֹנָה יָכוֹל לֹא יִפְחֹות מב' פְּרִידִים ת"ל וְהִקְרִיבוּ וְי"ל דְּהָכָא מִדְּסָמַךְ וְהִקְרִיבוּ לוֹמָלָק דָּרְשִׁינַן דַּחֲלוּקָה מְלִיקַת עוֹלַת הָעוֹף מִמְּלִיקַת חַטָּאת עוֹף לְעִנְיַן הַבְדָּלָה:
Lorsqu'il dit 've-hikrivo', le verset a distingué, etc. — c'est-à-dire [il l'a distingué] pour requérir la séparation (havdala) dans l'holocauste d'oiseau. Et si tu dis : au chapitre Kodchei Kodachim (Zevahim 65a) [le verset] est exposé pour autre chose, [le Talmud] disant : puisqu'il est dit 'des tourterelles ou des jeunes colombes', on pourrait [croire] qu'il ne diminuera pas de deux pigeons — [c'est pourquoi] l'enseignement dit 've-hikrivo' [pour permettre même un seul]. Et l'on peut dire : ici, du fait qu'il accole 've-hikrivo' à 'ou-malak', nous dérivons que le pincement de l'holocauste d'oiseau est distinct du pincement de l'expiatoire d'oiseau quant à la séparation.
כְּמִשְׁפַּט חַטַּאת בְּהֵמָה הִקְשָׁה בַּקּוּנְטְרֵס לָמָּה לֵיהּ לְהַאי תַּנָּא לְמֵימַר כְּמִשְׁפַּט חַטַּאת בְּהֵמָה לוֹקֶמְיָה בְּחַטַּאת הָעוֹף דְּסָלֵיק מִינֵּיהּ דְּבָאָה מִן הַחֻולִּין וְכוּלְּהוּ אִיתַנְהוּ בָּהּ וְחִילּוּק דְּוַהַקְרִיבוּ לְמִילְּתֵיהּ אֲתָא כִּדְקָאָמַר חֲלֻוקָּה עוֹלָה מֵחַטָּאת לְעִנְיַן הַבְדָּלָה כִּדְקָאָמַר רַבִּי יִשְׁמָעֵאל ור"א בר"ש וְתֵירֵץ דִּבְחַטָּאת הָעוֹף לָא כְּתִיב בָּהּ חֻולִּין בְּהֶדְיָא אֶלָּא בִּבְהֵמָה כְּתִיב כְּדִלְקַמָּן וּבְהֶיקֵּשָׁא יָלֵיף מִדְּאִיקְּרִי חַטָּאת וְדָבָר הַלָּמֵד בְּהֶיקֵּשׁ אֵינוֹ חוֹזֵר וּמְלַמֵּד בְּהֶיקֵּשׁ גַּבֵּי קָדָשִׁים וְהַדִּין עִמּוֹ דַּחֲשִׁיב כְּמִשְׁפַּט הֶיקֵּשׁ וְלֹא כָּתוּב בְּהֶדְיָא דְּהָא כַּאֲשֶׁר יוֹרָם וְכֵן יַעֲשֶׂה לַפָּר כַּאֲשֶׁר עָשָׂה לְפַר הַחַטָּאת חֲשִׁיב לֵיהּ הֶיקֵּשׁ פֶּרֶק אֵיזֶהוּ מְקוֹמָן (זְבָחִים דַּף מט:) וְקַשְׁיָא לְפֵירוּשׁוֹ דא"כ מֵחַטַּאת בְּהֵמָה גּוּפֵיהּ הֵיכִי יָלֵיף הָא כְּמִשְׁפַּט חַטַּאת בְּהֵמָה דְּקָאָמַר ע"כ לָאו אֶפְרוֹ שֶׁל אַהֲרֹן קָאֵי דְּמֶה עִנְיָנוֹ לְכָאן אֶלָּא אַחַטָּאת בְּהֵמָה דִּלְעֵיל קָאֵי כִּדְפֵירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס שֶׁהֲרֵי עוֹלָה זוֹ בָּאָה חֲלִיפִים לָהּ וְחַטַּאת בְּהֵמָה מִפָּרוֹ שֶׁל אַהֲרֹן יָלֵיף מִדְּאִיקְרֵי חַטָּאת וְהַייְנוּ נָמֵי לָמֵד מִן הַלָּמֵד וְאַמַּאי חֲשִׁיב חַטַּאת הָעוֹף לָמַד בְּהֶיקֵּשׁ יוֹתֵר מִן בְּהֵמָה וְעוֹד דבפ"ב דְּבֵיצָה (דַּף כ.) דְּרֵישׁ וַיַּקְרֵב אֶת הָעֹולָה וַיַּעֲשֶׂהָ כַּמִּשְׁפָּט לִימֵּד עַל עוֹלַת חוֹבָה שֶׁטְּעוּנָה סְמִיכָה כְּעוֹלַת נְדָבָה וְהַשְׁתָּא ל"ל כַּמִּשְׁפָּט תִּיפּוֹק לֵיהּ מִדְּאִיקְרֵי עוֹלָה וְעוֹד דבפ"ק דִּזְבָחִים (דַּף ח.) לָא יָלְפִינַן חַטַּאת נָזִיר מֵחַטַּאת חֵלֶב וְלָא גָּמְרִי מֵהֲדָדֵי מִדְּאִיקְרֵי חַטָּאת כֵּיוָן דְּאִיכָּא לְמִיפְרַךְ וה"נ חַטַּאת הָעוֹף הֵיכִי יָלֵיף מִפָּרוֹ שֶׁל אַהֲרֹן דְּאִיכָּא לְמִיפְרַךְ שֶׁכֵּן טְעוּנָה כְּלִי בִּשְׁחִיטָה וְד' מַתָּנוֹת עַל ד' קְרָנוֹת וְשֶׁכֵּן כַּפָּרָתוֹ מְרֻובָּה וְנִכְנַס דָּמָהּ לִפְנַי וְלִפְנִים דְּהָכִי פָּרִיךְ פֶּרֶק קַמָּא דִּשְׁבוּעוֹת (דַּף ט.) וע"ק דְּחַטַּאת בְּהֵמָה גּוּפֵיהּ הֵיכִי יָלְפִינַן מִפָּרוֹ שֶׁל אַהֲרֹן דְּאִי בְּמַה מָצִינוּ אִיכָּא לְמִיפְרַךְ שֶׁכֵּן כַּפָּרָתוֹ מְרֻובָּה וְנִכְנַס דָּמָהּ לִפְנַי וְלִפְנִים כִּדְפָרֵישִׁית וְאִי מֵהֶיקֵּשָׁא דְּזֹאת הַתּוֹרָה מֵהָתָם נָמֵי תִּיפּוֹק לֵיהּ עוֹלַת הָעוֹף ול"ל כַּמִּשְׁפָּט וְנִרְאֶה לְפָרֵשׁ דְּמִיִּתּוּרָא דָּרְשִׁינַן דְּגַבֵּי פָּרוֹ שֶׁל אַהֲרֹן לָא הֲוָה צָרִיךְ לְמִכְתַּב אֶת פַּר הַחַטָּאת אֲשֶׁר לוֹ אֶלָּא אֶת פַּר הַחַטָּאת וְתוּ לָא דְּפָרוֹ שֶׁל אַהֲרֹן יָדְעִינַן שַׁפִּיר דְּאֵינוֹ בָּא אֶלָּא מִן הַחֻולִּין כֵּיוָן דְּנִשְׂרַף מִידֵּי דַּהֲוָה אַעוֹלוֹת דְּאֵין בָּאִין אֶלָּא מִן הַחֻולִּין כִּדְאָמְרִינַן בְּסִיפְרֵי בְּפָרָשַׁת רָאָה מִשּׁוּם דְּמַעֲשֵׂר טָעוּן אֲכִילָה וְעוֹלָה אֵינָהּ נֶאֱכֶלֶת אֶלָּא כְּתִיב (וַיִּקְרָא ט) הַחַטָּאת אֲשֶׁר לוֹ לְלַמֵּד עַל כָּל חַטָּאת אֲפִילּוּ עַל חַטַּאת הָעוֹף שֶׁיְּהֵא מִשֶּׁלּוֹ וְלֹא מִשֶּׁל מַעֲשֵׂר וּמִיהוּ קָשֶׁה ל"ל כַּמִּשְׁפָּט לְעִנְיַן חֻולִּין בְּעוֹלַת הָעוֹף תִּיפּוֹק לִי מִדְּרָשָׁא דְּסִיפְרֵי דְּהָא אֵינָהּ נֶאֱכֶלֶת וְי"ל דְּס"ד דַּאֲתָא וְהִקְרִיבוּ לְחַלֵּק אַף לְעִנְיַן חֻולִּין וא"ת א"כ מַאי פָּרִיךְ לְקַמָּן (חֻולִּין דַּף כב.) מִבְּיוֹם צַוֹּתוֹ נָפְקָא דִּלְמָא הָיִיתִי מְחַלֵּק מִוְּהִקְרִיבוּ וי"ל דִּבְיוֹם צַוֹּתוֹ כְּתִיב עַל זֹאת הַתּוֹרָה לְעוֹלָה וּמַשְׁמַע כָּל עוֹלָה אֲפִילּוּ עוֹלַת הָעוֹף וא"ת כִּי הֵיכִי דְּיָלְפִי' הָכָא הַבְדָּלָה בְּעוֹלַת הָעוֹף חוֹבָה מִוְּהִקְרִיבוּ אע"ג דִּכְתִיב בְּעוֹלַת עוֹף נְדָבָה אַמַּאי לָא יָלְפִינַן נָמֵי בפ"ב דְּבֵיצָה (דַּף כ.) עוֹלַת חוֹבָה מִנְּדָבָה לְעִנְיַן סְמִיכָה וי"ל דִּסְמִיכָה מִילְּתָא אַחֲרִיתִי הִיא אֲבָל הָכָא שְׁנֵיהֶן צְרִיכִין מְלִיקָה וְאֵינוֹ אֶלָּא גִּילּוּי מִילְּתָא בְּעָלְמָא דִּמְגִלָּה לָנוּ הֶכְשֵׁר מְלִיקַת הָעוֹף וְהַבְדָּלָה הָוְיָא כְּמוֹ גְּמַר מְלִיקָה וּבְהֶקֵּישָׁא דְּזֹאת הַתּוֹרָה לָא יָלְפִינַן לְעִנְיַן סְמִיכָה דְּלָא יָלְפִינַן בְּהֶקֵּישָׁא אֶלָּא לְעִנְיַן דָּבָר שֶׁיָּכוֹל לִנְהֹוג בְּכָל הַנִּזְכָּרִים בַּפָּסוּק וּסְמִיכָה לֵיכָּא בִּבְכוֹר וּמַעֲשֵׂר כְּדִתְנַן בְּפֶ' ב' מִדּוֹת (מְנָחוֹת דַּף צב:) קָרְבָּנוֹ וְלֹא הַבְּכוֹר קָרְבָּנוֹ וְלֹא הַמַּעֲשֵׂר [וּבִזְבָחִים (ז:)] מִלְּהַקְרִיב אֶת קָרְבְּנֵיהֶם דָּרְשִׁינַן זֶה בְּכוֹר וּמַעֲשֵׂר וָפֶסַח:
Selon l'ordonnance de l'expiatoire de bétail — [Rachi] a objecté dans le commentaire (kountras) : pourquoi ce Tana dit-il 'selon l'ordonnance de l'expiatoire de bétail' ? qu'il l'établisse [d'après] l'expiatoire d'oiseau dont il [vient de] traiter, lequel vient du profane et possède toutes [ces qualités] en lui, et [que] la distinction tirée de 've-hikrivo' vienne pour son propre objet, comme il dit [que] l'holocauste se distingue de l'expiatoire quant à la séparation, ainsi que le disent Rabbi Yichmael et R. Elazar fils de R. Chimon ; et il a répondu que, pour l'expiatoire d'oiseau, [le fait qu'il vient] du profane n'est pas écrit explicitement en lui, mais [c'est] à propos du bétail [que] c'est écrit, comme [il sera dit] plus loin, et [c'est] par hekech [qu'on le] dérive, du fait qu'il est appelé 'expiatoire' — or une chose dérivée par hekech ne revient pas enseigner [à son tour] par hekech à propos des sacrifices ; et il a raison, car cela compte comme 'l'ordonnance d'un hekech' et n'est pas écrit explicitement, puisque 'comme il a été prélevé' et 'ainsi fera-t-il pour le taureau comme il a fait pour le taureau de l'expiatoire' [le Talmud] le compte [comme] un hekech au chapitre Eizehou Mekoman (Zevahim 49b). Et c'est difficile pour son explication : car, s'il en est ainsi, comment dérive-t-il de l'expiatoire de bétail lui-même ? car 'selon l'ordonnance de l'expiatoire de bétail' qu'il dit ne se rapporte pas, forcément, au taureau d'Aaron — quel rapport aurait-il ici ? — mais se rapporte à l'expiatoire de bétail [mentionné] plus haut, comme [Rachi] l'a expliqué dans le commentaire, puisque cet holocauste vient en remplacement de lui ; or l'expiatoire de bétail [lui-même] se dérive du taureau d'Aaron, du fait qu'il est appelé 'expiatoire', et c'est là aussi 'dérivé du dérivé' [par hekech] ; et pourquoi tiendrait-on l'expiatoire d'oiseau pour 'dérivé par hekech' plus que [l'expiatoire de] bétail ? En outre, au chapitre 2 de Betsa (20a), [le Talmud] expose 'va-yikrav et ha-ola va-yaaseha ka-michpat' : [cela] a enseigné, à propos de l'holocauste d'obligation, qu'il requiert l'imposition des mains (semikha) comme l'holocauste de don ; or [alors], pourquoi [a-t-on besoin de] 'ka-michpat' ? qu'on le dérive du fait qu'il est appelé 'holocauste' ! En outre, au chapitre premier de Zevahim (8a), nous ne dérivons pas l'expiatoire du nazir de l'expiatoire [apporté pour la consommation] de graisse (helev), et ils ne se dérivent pas l'un de l'autre du fait qu'ils sont appelés 'expiatoire', dès lors qu'il y a [matière à] objecter (pirka) ; et ici de même, comment l'expiatoire d'oiseau se dérive-t-il du taureau d'Aaron, alors qu'il y a [matière à] objecter : [le taureau] requiert un ustensile pour l'égorgement, et quatre dons sur quatre cornes, et que son expiation est majeure et que son sang pénètre dans le [Saint] des saints — comme [le Talmud] objecte au chapitre premier de Chevouot (9a) ? Autre difficulté : comment l'expiatoire de bétail lui-même se dérive-t-il du taureau d'Aaron ? car [si c'est] par 'ce que nous trouvons' (bina-yan-av), il y a [matière à] objecter : son expiation est majeure et son sang pénètre dans le [Saint] des saints, comme je l'ai expliqué ; et [si c'est] par le hekech de 'zot ha-tora', de là aussi [on] dérivera l'holocauste d'oiseau, et pourquoi [aurait-on besoin de] 'ka-michpat' ? Et il paraît [bon] d'expliquer que c'est d'un [mot] superflu (yitoura) que nous dérivons : car, à propos du taureau d'Aaron, il n'était pas nécessaire d'écrire 'le taureau de l'expiatoire qui est à lui' (acher lo), mais [seulement] 'le taureau de l'expiatoire' et rien de plus — car, pour le taureau d'Aaron, nous savons bien qu'il ne vient que du profane, puisqu'il est brûlé, à l'instar des holocaustes qui ne viennent que du profane, comme nous le disons dans le Sifri, section Ré'eh : parce que la dîme requiert d'être mangée et que l'holocauste n'est pas mangé ; or [au lieu de cela] il est écrit 'l'expiatoire qui est à lui' (Lévitique 9), pour enseigner à propos de tout expiatoire, même l'expiatoire d'oiseau, qu'il soit du sien (de l'offrant) et non [provenant] de la dîme. Mais il y a [encore] une difficulté : pourquoi [a-t-on besoin de] 'ka-michpat' quant au [fait de venir du] profane pour l'holocauste d'oiseau ? qu'on le dérive de l'exégèse du Sifri, [à savoir] qu'il n'est pas mangé ! Et l'on peut dire : on aurait pu penser que 've-hikrivo' vient distinguer [l'holocauste d'oiseau] même quant au profane [le dispensant de cette exigence]. Et si tu dis : si oui, que [le Talmud] objecte-t-il plus loin (Houlin 22a) [à savoir] que [cela] découle de 'be-yom tsavoto' — peut-être aurais-je distingué [l'holocauste] à partir de 've-hikrivo' ! Et l'on peut dire que 'be-yom tsavoto' est écrit à propos de 'zot ha-tora... la-ola', et [cela] implique tout holocauste, même l'holocauste d'oiseau. Et si tu dis : de même que nous dérivons ici la séparation (havdala) dans l'holocauste d'oiseau d'obligation à partir de 've-hikrivo', bien que ce soit écrit à propos de l'holocauste d'oiseau de don, pourquoi ne dérivons-nous pas non plus, au chapitre 2 de Betsa (20a), l'holocauste d'obligation [à partir] du [holocauste] de don quant à l'imposition des mains (semikha) ? Et l'on peut dire que la semikha est une autre chose [extrinsèque], tandis qu'ici tous deux requièrent le pincement (melika), et [ve-hikrivo] n'est qu'une simple révélation de la chose (giluy milta) qui nous découvre la validité du pincement de l'oiseau, la séparation étant comme l'achèvement du pincement ; et par le hekech de 'zot ha-tora' nous ne dérivons pas quant à la semikha, car nous ne dérivons par hekech que pour une chose qui peut s'appliquer à tous [les cas] mentionnés dans le verset, or il n'y a pas de semikha pour le premier-né (bekhor) et la dîme (maaser), comme nous avons appris au chapitre Chte Midot (Menahot 92b) : 'korbano' — et non le premier-né, 'korbano' — et non la dîme ; et [dans Zevahim (7b)], de 'le-hakriv et korbeneihem' nous exposons [qu'il s'agit] du premier-né, de la dîme et du [sacrifice] pascal.
💡 Explication

Le raisonnement se précise (et reste ouvert, la suite étant au daf suivant). Objection : 'selon l'ordonnance' ne pourrait-il renvoyer à l'ordonnance de l'expiatoire d'oiseau ? Réponse : le mot 've-hikrivo' (et il l'offrira, Lv 1:15) a distingué entre expiatoire et holocauste d'oiseau (notamment quant à la séparation, havdala) ; on ne peut donc dériver le pincement de l'holocauste de celui de l'expiatoire. Reste donc : 'selon l'ordonnance' = celle de l'expiatoire de bétail. 'De même que l'expiatoire de bétail ne vient...' [que du profane — la phrase se poursuit au daf 21b].

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).