Sougya : La sougya part de la melika (pincement de la nuque à l'ongle) du sacrifice d'oiseau : on coupe la colonne et la vertèbre sans la majorité de la chair, jusqu'aux simanim (oesophage/trachée), puis un siman pour l'expiatoire (chatat, ou 'lo yavdil' interdit de séparer la tête) et deux pour l'holocauste (ola, où l'on sépare). La Guemara discute de quel Tana relève la braita (les Rabbanan exigent deux simanim entiers ; R.
Elazar fils de R. Chimon la majorité des deux).
Suit une série sur le seuil où un corps est réputé mort bien qu'il frémisse encore : vertèbre brisée avec la majorité de la chair (impur sous la tente, sur l'homme), le cas de Eli le prêtre (la vieillesse est différente), fendu comme un poisson, rendu gistera (tesson, coupé en deux) ou cuisse ôtée à cavité visible (nevela). Enfin la michna d'Oholot 'hutzu rasheihen' (les têtes enlevées, impures bien que frémissantes, comme la queue du lézard) : Rech Lakich lit un enlèvement réel, R.
Assi 'comme la séparation de l'olat ha-of', d'où un débat sur l'accord ou le désaccord entre eux ; et la fin du daf dérive de 'va-asa ka-michpat' la règle de l'expiatoire d'oiseau à partir de celle de l'expiatoire de bétail.
En tout cas [c'est] difficile ! Rava a dit : dis [ainsi] : et de même procédé-t-il [en pinçant] — il coupe la colonne (chidra) et la vertèbre (mafreket) sans la majorité de la chair.
Suite d'une difficulté sur l'enseignement de Zeiri (16b-20b) : Zeiri parlait d'un oiseau déjà mort, or on ne pince (molek) qu'un oiseau vivant. Rava résout : la formule de Zeiri ('vertèbre et majorité de la chair') ne décrit pas une bête morte ; lis-la comme la manière correcte de pincer — on coupe la colonne et la vertèbre (mafreket) sans la majorité de la chair, puis on tranche les simanim (oesophage/trachée).
Lorsque Rabbi Zeira monta [en Terre d'Israël], il trouva Rabbi Ami assis et énonçant cet enseignement (chmaata). Il lui dit : or est-ce, [une fois] morte, [qu']on se met à pincer ?
Il fut frappé de stupeur (echtomem) l'espace d'un instant, [puis] il lui dit : dis [ainsi] : voici comment il procède — il coupe la colonne et la vertèbre sans la majorité de la chair.
Récit parallèle : monté en Terre d'Israël, R. Zeira trouve R. Ami enseignant la halakha de Zeiri. Même objection ('pince-t-on une bête déjà morte ?'). R. Ami reste interdit (echtomem, cf. Daniel 4:16) un instant, puis donne la même réponse que Rava : on coupe colonne et vertèbre sans la majorité de la chair (la bête est donc encore vivante quand on pince).
Il est de même enseigné [dans une braita] : comment pince-t-on l'expiatoire d'oiseau (chatat ha-of) ? Il coupe la colonne et la vertèbre sans la majorité de la chair, jusqu'à ce qu'il parvienne à l'oesophage (veshet) ou à la trachée (kaneh) ; parvenu à l'oesophage ou à la trachée, il coupe un siman ou sa majorité, et la majorité de la chair avec lui ; et pour l'holocauste (ola), deux [simanim] ou la majorité des deux.
Braita confirmant la lecture (voir le schéma). Le pincement de l'expiatoire d'oiseau : on coupe colonne et vertèbre (sans majorité de la chair) jusqu'aux simanim, puis un siman (ou sa majorité) avec la majorité de la chair. Pour l'holocauste d'oiseau : deux simanim (ou leur majorité). L'expiatoire suffit avec un siman car 'lo yavdil' (Lv 5:8) interdit d'y séparer la tête ; l'holocauste, lui, requiert la séparation (ola).
De qui [est cette braita] ? Si [c'est] des Rabbanan — or ils disent : deux [simanim] précisément !
Si [c'est] selon Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon — or il a dit : la majorité des deux !
Difficulté sur l'attribution de la braita (qui dit 'deux ou la majorité des deux'). Les Rabbanan exigent deux simanim précisément (entiers). R. Elazar fils de R. Chimon exige la majorité des deux (pas plus). Aucun des deux ne dit 'deux ou la majorité des deux' — d'où la braita ne semble s'accorder avec personne.
Dis [ainsi] : 'deux' — selon les Rabbanan ; 'la majorité des deux' — selon Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon. Et si tu veux, dis [autrement] : ceci et cela [sont] selon Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon, et que [signifie] 'deux' ?
[Une coupe] qui ressemble à deux.
Deux résolutions. Soit la braita est composite : 'deux' = avis des Rabbanan, 'la majorité des deux' = avis de R. Elazar b. R. Chimon. Soit elle est entièrement de R. Elazar b. R. Chimon, et 'deux' signifie une coupe qui ressemble à deux — c'est-à-dire, à priori, une majorité franche et visible à l'œil, fût-elle une majorité tout juste atteinte.
Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : [si] la vertèbre (mafreket) [d'un homme] s'est brisée et la majorité de la chair avec elle — il rend impur sous la tente (ohel).
Application au corps humain. Chmouel : si la vertèbre du cou se brise avec la majorité de la chair environnante, l'homme a déjà le statut de cadavre — il rend impur sous la tente (quiconque est sous le même toit que lui devient impur), bien qu'il frémisse encore.
Et si tu dis : cet épisode de Eli — [sa] vertèbre [s'était brisée] sans la majorité de la chair ! [Réponse :] la vieillesse, c'est différent, car il est écrit : 'et il advint, lorsqu'il mentionna l'Arche de Dieu, qu'il tomba de son siège à la renverse, du côté de la porte, sa vertèbre se brisa et il mourut, car l'homme était âgé et lourd, etc.' (I Samuel 4:18).
Objection : Eli le prêtre est mort d'une vertèbre brisée sans qu'il soit dit que la majorité de la chair l'accompagnait — et pourtant le verset dit 'il mourut' aussitôt. Réponse : la vieillesse est différente — le verset souligne 'car l'homme était âgé et lourd' ; un vieillard meurt d'une simple fracture de la vertèbre, ce qui n'établit pas la règle générale.
Rabbi Chmouel bar Nahmani a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : [si] on l'a fendu comme un poisson (dag) — il rend impur sous la tente. Rabbi Chmouel bar Yitzhak a dit : et [c'est] par son dos (mi-gabo).
Autre seuil. R. Yo'hanan : si on a fendu le corps comme un poisson (ouvert dans la longueur), il a le statut de cadavre et rend impur sous la tente, même s'il frémit. R. Chmouel bar Yitzhak précise : seulement si la fente est faite par le dos (le long de la colonne).
Chmouel a dit : [si] on l'a rendue [comme] un tesson (gistera) — [c'est une] carcasse (nevela). Rabbi Elazar a dit : [si] la cuisse (yarekh) a été ôtée et que sa cavité (halal) [est visible] — [c'est une] carcasse.
À quoi ressemble [le cas où] sa cavité [est visible] ? Rava a dit : tout [cas] où, [la bête] étant accroupie, on la voit pourtant manquante (haserah).
Retour à la bête. Chmouel : la rendre gistera (tesson — coupée en deux, en largeur, au cou ou à la colonne jusqu'à la cavité) en fait une nevela (carcasse, impure et interdite) même vivante. R. Elazar : si la cuisse (patte arrière) est arrachée de son articulation et que la cavité du corps est mise à nu, c'est une nevela. Rava précise le critère : même lorsque la bête est accroupie (posture qui d'ordinaire masque la cuisse), on la voit manquer de cette partie.
Nous avons appris là (Oholot 1:6) : [si] leurs têtes ont été enlevées (houtzou rasheihen), bien qu'ils frémissent — [ils sont] impurs, comme la queue du lézard (zenav ha-letaa) qui frémit.
Une michna du traité Oholot. Si la tête d'un être a été enlevée, il a le statut de cadavre et est impur bien qu'il frémisse encore — comme la queue du lézard coupée, qui continue de remuer alors qu'elle n'a plus de vie propre. La Guemara va demander ce que recouvre exactement 'enlevé' (houtaz).
Que signifie 'ont été enlevées' (houtzou) ? Rech Lakich a dit : enlevées réellement (mamach).
Rabbi Assi a dit au nom de Rabbi Mani : comme la séparation de l'holocauste d'oiseau (havdalat olat ha-of).
Deux lectures du mot 'enlevé' (voir le schéma). Rech Lakich : la tête est réellement et entièrement détachée. R. Assi au nom de R. Mani : 'enlevé' au sens de la séparation de l'holocauste d'oiseau (havdalat olat ha-of) — c'est-à-dire la coupe des simanim qui marque la melika de l'ola, sans détachement total.
Rabbi Yirmeya dit à Rabbi Assi : [veux-tu dire] comme la séparation de l'holocauste d'oiseau selon les Rabbanan — et [alors] vous n'êtes pas en désaccord ; ou bien peut-être comme la séparation de l'holocauste d'oiseau selon Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon — et [alors] vous êtes en désaccord ?
R. Yirmeya presse R. Assi de préciser. Si 'comme la séparation de l'olat ha-of' s'entend selon les Rabbanan (qui coupent tous les simanim, ne laissant que la peau — ce qui équivaut à briser le cou tout entier), alors R. Assi et Rech Lakich ne divergent pas. Mais si c'est selon R. Elazar b. R. Chimon (majorité des deux simanim seulement, tête non réellement ôtée), alors ils divergent.
Il lui dit : comme la séparation de l'holocauste d'oiseau selon Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon, et nous sommes en désaccord.
Réponse de R. Assi : j'entends 'comme la séparation de l'olat ha-of' selon R. Elazar b. R. Chimon (majorité des deux simanim) — donc Rech Lakich et moi divergeons bel et bien sur le sens de 'enlevé'.
Il y a [ceux] qui disent [autrement] : Rabbi Chimon ben Lakich a dit : enlevées réellement ; Rabbi Assi a dit au nom de Rabbi Mani : comme la séparation de l'holocauste d'oiseau selon Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon, par la majorité des deux [simanim].
Version alternative (ika de-amri) du même échange : R. Assi aurait d'emblée énoncé explicitement 'comme la séparation de l'olat ha-of selon R. Elazar b. R. Chimon, par la majorité des deux simanim' — sans que R. Yirmeya ait eu besoin de l'interroger.
Qu'[est-ce que l'avis des] Rabbanan et qu'[est-ce que l'avis de] Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon ? — Car il est enseigné [dans une braita] : 'et il fera du second un holocauste selon l'ordonnance (ka-michpat)' (Lévitique 5:10) — selon l'ordonnance de l'expiatoire de bétail (chatat behema).
La Guemara remonte à la source du différend. La braita interprète 'il fera du second [oiseau] un holocauste ka-michpat (selon l'ordonnance)' (Lv 5:10), dans le sacrifice gradué du pauvre : 'selon l'ordonnance' renvoie à l'ordonnance de l'expiatoire de bétail (chatat behema) — dont la règle sert de référence, l'holocauste d'oiseau étant amené en remplacement de cet expiatoire.
Tu dis 'selon l'ordonnance de l'expiatoire de bétail', ou [bien] n'est-ce que 'selon l'ordonnance de l'expiatoire d'oiseau' ? Lorsqu'il dit 've-hikrivo' (et il l'offrira) (Lévitique 1:15), le verset a distingué entre l'expiatoire d'oiseau et l'holocauste d'oiseau ; et comment maintiens-je 'selon l'ordonnance' ? — selon l'ordonnance de l'expiatoire de bétail.
De même que l'expiatoire de bétail ne vient
Le raisonnement se précise (et reste ouvert, la suite étant au daf suivant). Objection : 'selon l'ordonnance' ne pourrait-il renvoyer à l'ordonnance de l'expiatoire d'oiseau ? Réponse : le mot 've-hikrivo' (et il l'offrira, Lv 1:15) a distingué entre expiatoire et holocauste d'oiseau (notamment quant à la séparation, havdala) ; on ne peut donc dériver le pincement de l'holocauste de celui de l'expiatoire. Reste donc : 'selon l'ordonnance' = celle de l'expiatoire de bétail. 'De même que l'expiatoire de bétail ne vient...' [que du profane — la phrase se poursuit au daf 21b].
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).