Chullin 21b — la melika de l'holocauste d'oiseau : séparer tête et corps, et d'où dérivent ses règles

Chullin 21b

Sougya : La sougya étudie l'holocauste d'oiseau (olat ha-of) et son rite de melika (pincement de la nuque à l'ongle). La braita enseigne, par analogie avec le hatat (sacrifice expiatoire), qu'il vient du profane, de jour, et avec la main droite du prêtre.

On demande s'il suffit, comme pour la bête, de couper la majorité des deux simanim : le verset 've-hiktir' (et il fera fumer) enseigne que, de même que la combustion sépare la tête du corps, de même la melika les sépare — il faut donc couper les deux simanim. Rabbi Yichmael lit 'ke-michpat' (selon l'ordonnance) comme rapportant l'holocauste d'oiseau au hatat d'oiseau (melika face à la nuque).

On objecte : peut-être, comme pour le hatat, doit-on pincer sans séparer (un seul siman) ? Le verset 've-hikrivo' (et il l'approchera) distingue l'holocauste du hatat : ici on sépare, la non.

Un long Tossefot déploie le débat de Zevahim et Meila sur 'lo yavdil' (il ne séparera pas), le mitsouy (expression du sang) et la haza'a (aspersion) selon Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon. Le daf se clôt sur l'ouverture de la position de ce dernier, qui dérive 'face à la nuque' par gezera chava (la suite est au daf 22a).

La melika de l'oiseau : holocauste (ola) face au sacrifice expiatoire (hatat) Olat ha-of (holocauste) tête corps on SÉPARE (mavdil) : tête à part, corps à part on coupe les DEUX simanim (veshet + kaneh) verset : ve-hikrivo (la distingue) Hatat ha-of (expiatoire) tête corps (reste attaché) on NE SÉPARE PAS (lo yavdil) : tête et corps tiennent ensemble un seul siman coupé verset : lo yavdil (Lev 5:8)
La différence de rite (segments 1-3) : pour l'holocauste on sépare tête et corps (deux simanim, ve-hikrivo) ; pour l'expiatoire on ne sépare pas (un siman, lo yavdil).
D'où dérive-t-on les règles de l'holocauste d'oiseau ? Trois lectures Tana kama profane, jour, main droite = comme le hatat de BÊTE ve-hiktir -> tête à part, corps à part (havdala) ve-hikrivo -> ola distincte du hatat deux simanim requis Rabbi Yichmael 'ke-michpat' (Lev 5:10) = comme le hatat d'OISEAU -> melika mimoul oref (face à la nuque) profane/jour/droite : hekech de Zot ha-Torah (tout rapporté au hatat) R. Elazar b. R. Chimon 'ke-michpat' = comme le hatat d'OISEAU 'comme la-bas...' il dérive mimoul oref par gezera chava (suite au daf 22a)
Les trois lectures (segments 0, 2, 4) : d'où chaque Tana tire les règles de l'holocauste d'oiseau — du hatat de bête, ou du hatat d'oiseau.
1
אלא מן החולין, וביום, ובידו הימנית, אף עולת העוף אינה באה אלא מן החולין וביום ובידו הימנית.

...mais [seulement] du profane (houlin), [il est offert] de jour, et avec la main droite [du prêtre] ; de même l'holocauste d'oiseau (olat ha-of) ne vient que du profane, [il est offert] de jour, et avec la main droite.

📜 Rachi (3)
אלא מן החולין ולא ממעות מעשר שני ולקמן (חולין דף כב.) יליף לה בחטאת גופה מנלן:
Mais [seulement] du profane — et non de l'argent de la seconde dîme (maaser cheni) ; et plus loin (Houlin 22a) on le dérive pour le hatat lui-même : 'd'où cela [se tire-t-il] ?'.
וביום שאין חטאת קרבה אלא ביום כדכתיב בפרשת יה"כ (ויקרא ט״ז:ל׳) כי ביום הזה יכפר עליכם וגו':
Et de jour — car le hatat n'est offert que de jour, comme il est écrit dans la section de Yom ha-Kippourim (Lévitique 16:30) 'car en ce jour il fera l'expiation sur vous, etc.'.
ובידו הימנית שאין עבודותיו כשרות אלא בימין דכתיב בה (שם ד) ולקח הכהן מדם החטאת באצבעו וקיימא לן במנחות בפ"ק (דף י.) כל מקום שנאמר אצבע וכהונה אינו אלא ימין. ואי קשיא למה ליה להאי תנא למימר כמשפט חטאת בהמה לוקמיה אחטאת העוף דסליק מיניה ולילף להא מילתא מה חטאת העוף מן החולין כו' דהא כולהו נמי איתנהו בה וחלוק דוהקריבו למלתיה אתא כדאמר חלוקה עולה מחטאת לענין הבדלה לאו פירכא היא דהא חטאת העוף לא כתיבא ביה חולין בהדיא אלא בבהמה כתיב כדלקמן ובהיקש ילפא מדאיקרי חטאת ודבר הלמד בהיקש אינו חוזר ולומד בהיקש בקדשים דקיימא לן (זבחים דף מט:) בכל התורה למידין למד מלמד חוץ מקדשים:
Et avec la main droite — car ses services ne sont valides qu'avec la [main] droite, comme il est écrit à son sujet (Lévitique 4) 'et le prêtre prendra du sang du hatat avec son doigt' ; et nous tenons pour acquis dans Menahot, au premier chapitre (Menahot 10a) : partout où il est dit 'doigt' et 'sacerdoce' (kehouna), [ce] n'est que [la main] droite. Et si tu objectes : pourquoi a-t-il fallu à ce Tana de dire 'comme l'ordonnance (kemichpat) du hatat de bête' ? qu'il [le] rapporte au hatat d'oiseau, dont il vient de traiter, et qu'il dérive cette chose [par] 'de même que le hatat d'oiseau [vient] du profane, etc.', car toutes [ces règles] s'y trouvent [aussi] ! Et [quant à] la distinction de 've-hikrivo' (et il l'approchera), [elle] vient pour son [propre] objet, comme il [le] dit, [que] l'holocauste se distingue du hatat quant à la séparation (havdala) — [ce] n'est pas une objection ; car le hatat d'oiseau, le 'profane' n'y est pas écrit explicitement, mais [c'est] pour la bête qu'il est écrit, comme [il sera dit] plus loin, et [le hatat d'oiseau] le dérive par analogie (hekech), du fait qu'il est appelé 'hatat' ; or une chose apprise par analogie (hekech) ne revient pas enseigner [à son tour] par analogie en matière de [choses] consacrées (kodachim), car nous tenons pour acquis (Zevahim 49b) [que] dans toute la Torah on apprend [le] dérivé à partir [d'un autre] dérivé, sauf [en matière de] consacrés.
💡 Explication

Suite d'une braita comparant l'holocauste d'oiseau (olat ha-of) au sacrifice expiatoire (hatat). De même que le hatat ne provient que du profane (houlin) — et non d'un animal acheté avec l'argent de la seconde dîme —, qu'il est offert de jour, et avec la main droite du prêtre, de même l'holocauste d'oiseau partage ces trois règles.

2
אי מה להלן ברוב שנים, אף כאן ברוב שנים? תלמוד לומר ״ומלק והקטיר״ – מה הקטרה הראש בעצמו והגוף בעצמו, אף מליקה הראש בעצמו והגוף בעצמו.

Si [c'est ainsi], de même que là-bas [pour le hatat de bête l'abattage est valide] par la majorité [de coupe] des [deux] simanim, de même ici [pour l'holocauste d'oiseau la melika serait valide] par la majorité des simanim ? Le verset enseigne (Lévitique 1:15) 'et il pincera (oumalak) [sa tête] et il fera fumer (ve-hiktir)' : de même que la combustion (hektara) — la tête par elle-même et le corps par lui-même —, de même la melika [pincement] — la tête par elle-même et le corps par lui-même.

📜 Rachi (3)
אי מה בהמה כשרה ברוב שנים אף עולת העוף ברוב שנים:
Si [c'est ainsi] de même que là-bas — [pour] une bête, [elle est] valide par la majorité des simanim, de même l'holocauste d'oiseau [serait valide] par la majorité des simanim.
ת"ל בעולת נדבה ומלק את ראשו והקטיר המזבחה ונמצה דמו וכי אפשר לומר כן מאחר שהוא מקטיר הוא מוצה אלא מולקו כדרך הקטרתו מה הקטרה הראש בעצמו והגוף בעצמו כו' כך שנויה בת"כ והתם מפרש מנין להקטרה שהראש בעצמו והגוף בעצמו כשהוא אומר לאחר הקטרה זו ושסע אותו בכנפיו והקטיר אותו הרי הקטרת הגוף אמורה הא מה אני מקיים הקטרה ראשונה בהקטרת הראש אלמא ב' הקטרות הן והשסוע מבדיל ביניהן:
Le verset enseigne — pour l'holocauste volontaire (olat nedava) : 'et il pincera sa tête et il fera fumer vers l'autel et son sang sera exprimé' (Lévitique 1:15) ; or peut-on dire ainsi [, qu'il fait fumer puis exprime] alors qu'il fait fumer [seulement] après avoir exprimé ? plutôt, il [le] pince à la manière de sa combustion : de même que la combustion [se fait] la tête par elle-même et le corps par lui-même, etc. Ainsi est-ce enseigné dans le Torat Kohanim ; et là-bas il explique : d'où [sait-on] que la combustion [se fait] la tête par elle-même et le corps par lui-même ? lorsqu'il dit, après cette combustion[-ci], 'et il le fendra par ses ailes et il le fera fumer' (Lévitique 1:17), voici que la combustion du corps [y] est énoncée — comment alors maintiens-je la première combustion ? [comme] la combustion de la tête ; il y a donc deux combustions, et la fente (chissoua) sépare entre elles.
אף מליקת עולת העוף הראש בעצמו וכו' והיינו שנים ואפילו מחובר בעור הבדלה חשיבא כדאמרן לעיל (חולין דף כ:) דבמליקה כתב רחמנא הך הבדלה ומליקה כשחיטה וכל שישנו בשחיטה ישנו בהבדלה ועור שאין שחיטה נזכרת בו בהבדלה נמי לא מעכב. ולקמן (חולין דף כב.) פריך כיון דנפקא ליה הבדלה בעולה מהכא ל"ל והקריבו לחלק בין חטאת לעולה הא הכא בהדיא כתיב דיבדיל והכא בהדיא כתיב דלא יבדיל:
De même la melika de l'holocauste d'oiseau, la tête par elle-même, etc. — et c'est [cela] 'deux' [simanim] ; et même [si la tête est] encore attachée par la peau, [cela] compte comme séparation (havdala), comme nous l'avons dit plus haut (Houlin 20b) : pour la melika le Miséricordieux a écrit cette séparation, et la melika [est] comme l'abattage (chehita), et tout ce qui est [requis] pour l'abattage est [requis] pour la séparation ; et la peau, où l'abattage n'est pas mentionné, n'empêche pas non plus pour la séparation. Et plus loin (Houlin 22a) il objecte : puisque la séparation pour l'holocauste se déduit pour lui d'ici, pourquoi [a-t-on besoin de] 've-hikrivo' (et il l'approchera) pour distinguer entre le hatat et l'holocauste, alors qu'ici il est explicitement écrit [pour le hatat] 'qu'il séparera (yavdil)' et qu'ici il est explicitement écrit [pour l'holocauste] 'qu'il ne séparera pas (lo yavdil)' ?
💡 Explication

Objection : pour le hatat de bête, l'abattage est valide dès qu'on a coupé la majorité des deux simanim (veshet, l'oesophage, et kaneh, la trachée). Faudrait-il dire de même pour l'holocauste d'oiseau ? Réponse par le verset 'oumalak ve-hiktir' (il pincera et il fera fumer) : de même que la combustion (hektara) se fait tête à part et corps à part, de même la melika doit séparer entièrement la tête du corps — donc on coupe les deux simanim et non la seule majorité.

3
רבי ישמעאל אומר: ״כמשפט״ – כמשפט חטאת העוף, מה חטאת העוף ממול עורף, אף עולת העוף ממול עורף.

Rabbi Yichmael dit : '[selon] l'ordonnance (kemichpat)' (Lévitique 5:10) — comme l'ordonnance du hatat d'oiseau : de même que le hatat d'oiseau [se fait] face à la nuque (mimoul oref), de même l'holocauste d'oiseau [se fait] face à la nuque.

📜 Rachi (1)
ר' ישמעאל אומר כמשפט חטאת העוף דסליק מיניה ולהכי אתקש משום דבחטאת כתיב (ויקרא ה) ממול ערפו ובמליקת עולת נדבה לא כתיב אלא ומלק את ראשו והקטיר (שם א) ואין מליקה כתיב בעולה אלא בשל נדבה וזו למידה מזו. ולקמן פריך ת"ק הא מנא ליה. והך סברא דמן החולין וביום ובידו הימנית נפקא ליה לרבי ישמעאל בעולת חובה בהיקשא דוזאת התורה לעולה ולמנחה וגו' דאיתקש כולהו להדדי וילפי כולהו מחטאת והכי גמרי ליה בשילהי התודה (מנחות דף פב:) ומשתמע ליה בין עולת בהמה בין עולת העוף ות"ק לא משמע ליה מההיא היקשא אלא קרבנות בהמה דומיא דשלמים ואשם:
Rabbi Yichmael dit '[selon] l'ordonnance du hatat d'oiseau' — dont il vient de traiter ; et [c'est] pourquoi il l'[y] rattache par analogie, parce que pour le hatat il est écrit (Lévitique 5) 'face à sa nuque (mimoul orpo)', tandis que pour la melika de l'holocauste volontaire il n'est écrit que 'et il pincera sa tête et il fera fumer' (Lévitique 1) ; et la melika n'est écrite pour l'holocauste que pour celui [qui est] volontaire (nedava), et celle-ci s'apprend de celle-là. Et plus loin il objecte : le Tana kama, d'où [tire-t-il] cela ? Et cette donnée, [à savoir] 'du profane, de jour, et avec la main droite', Rabbi Yichmael la tire pour l'holocauste obligatoire (olat hova) par l'analogie de 'et voici la loi (vezot ha-Torah) de l'holocauste, de l'offrande de farine, etc.' (Lévitique 7), où toutes [les offrandes] sont rapprochées les unes des autres et toutes se dérivent du hatat ; et ainsi l'apprend-on a la fin de [chapitre] ha-Toda (Menahot 82b) ; et il [le] comprend [comme valant] tant pour l'holocauste de bête que pour l'holocauste d'oiseau. Et le Tana kama ne comprend pas, de cette analogie[-là], [autre chose] que les offrandes de bête à l'instar des sacrifices de paix (chelamim) et du sacrifice de culpabilité (acham).
🗂️ Tossefot (1)
מה חטאת העוף ממול עורף פי' בקונטרס דהא סברא דמן החולין נפקא ליה לרבי ישמעאל בעולת חובה בהקישא דזאת התורה דאיתקש כולהו להדדי וילפי' כולהו מחטאת והכי גמרינן בשילהי התודה (מנחות פב.) ומשמע ליה בין עולת העוף בין עולת בהמה ות"ק לא משמע ליה מההוא היקישא אלא קרבנות בהמה דומיא דאשם ושלמים וקשה דבסמוך פריך מביום צותו נפקא אלמא עולת העוף נמי בכלל ונראה דטעמייהו דרבנן דקסברי דלא מתוקמא הקישא דזאת התורה לחולין משום דלא שייך בכל הקרבנות דאיכא קרבנות נדבה דלא אתו מחולין כדאשכחן נמי לר"א בסוף התודה (מנחות דף פב:) ד פסח דורות חולין מפסח מצרים אע"ג דפסח כתיב בההיא הקישא כדדרשינן (זבחים דף ז:) להקריב את קרבניהם זה הבכור מעשר ופסח וש"מ היינו טעמא כדפרישית לעיל משום דאיכא קרבנות נדבה דלא אתו מחולין ור' ישמעאל סבר דגמרינן הקישא לחולין כיון דמ"מ כל קרבנות חובה או נדר אתו מחולין:
'De même que le hatat d'oiseau [se fait] face à la nuque' — Rachi (Kountras) a expliqué que cette donnée 'du profane' (min ha-houlin), Rabbi Yichmael la tire pour l'holocauste obligatoire (olat hova) par l'analogie de 'et voici la loi (zot ha-Torah)', où toutes [les offrandes] sont rapprochées les unes des autres et toutes se dérivent du hatat ; et ainsi l'apprend-on a la fin de [chapitre] ha-Toda (Menahot 82a), et il [le] comprend [comme valant] tant pour l'holocauste d'oiseau que pour l'holocauste de bête ; et le Tana kama ne comprend pas, de cette analogie[-là], [autre chose] que les offrandes de bête à l'instar du acham et des chelamim. Et [c'est] difficile, car plus loin il objecte 'cela se tire de [il sera offert] le jour où il [l]'ordonne (be-yom tsavoto)', ce qui implique [que] l'holocauste d'oiseau [est] lui aussi inclus [dans l'analogie]. Et il semble [que] la raison des Rabbanan [est] qu'ils tiennent [que] l'analogie de 'zot ha-Torah' ne s'établit pas [comme valant] pour le profane (houlin), parce qu'elle ne s'applique pas à tous les sacrifices : car il y a des sacrifices volontaires (nedava) qui ne viennent pas du profane, comme nous [le] trouvons aussi selon Rabbi Eliezer à la fin de ha-Toda (Menahot 82b), [à savoir] que le pessa'h des générations [vient] du profane [se dérive] du pessa'h d'Égypte, bien que le pessa'h soit [pourtant] écrit dans cette analogie[-là], comme nous [l']exposons (Zevahim 7b) 'pour offrir leurs offrandes (korbeneihem)' — c'est le premier-né, la dîme [du bétail] et le pessa'h ; et apprends-en [que] telle [est] la raison, comme je l'ai expliqué plus haut, parce qu'il y a des sacrifices volontaires qui ne viennent pas du profane. Et Rabbi Yichmael tient [que] nous apprenons l'analogie [comme valant aussi] pour le profane, puisque, de toute façon, tous les sacrifices obligatoires ou de vœu (neder) viennent du profane.
💡 Explication

Rabbi Yichmael tire les règles d'une autre source. Le mot 'ke-michpat' (selon l'ordonnance, Lévitique 5:10, écrit à propos du hatat d'oiseau à échelle de moyens) signifie 'selon l'ordonnance du hatat d'oiseau' mentionné au verset précédent : de même que le hatat d'oiseau se pince face à la nuque (mimoul oref, sous l'os occipital), de même l'holocauste d'oiseau.

4
אי מה להלן, מולק ואינו מבדיל בסימן אחד, אף כאן מולק ואינו מבדיל בסימן אחד? תלמוד לומר ״והקריבו״.

Si [c'est ainsi], de même que là-bas [pour le hatat d'oiseau] il pince et ne sépare pas (mavdil), [se contentant] d'un seul siman, de même ici [pour l'holocauste] il pincerait et ne séparerait pas, [se contentant] d'un seul siman ? Le verset enseigne 'et il l'approchera (ve-hikrivo)'.

📜 Rachi (2)
ואינו מבדיל בסימן אחד שמחובר בסי' אחד דכיון דכתיב ולא יבדיל ועוף הכשרו בסימן אחד כל מה דעביד טפי מהכשר הבדלה היא וכל הסימן הוי מצות שחיטה בעוף לכתחלה הלכך במליקה כי מליק לכולו סימן לאו הבדלה היא אבל בסימן ב' אפי' מצוה לכתחלה ליכא כדתניא לקמן (חולין כז:) לחייבו בב' סימנין א"א שכבר הוקש לדגים:
Et il ne sépare pas (mavdil), [avec] un seul siman — [le hatat] étant [encore] attaché par un seul siman ; car, puisqu'il est écrit 'il ne séparera pas (lo yavdil)' et que l'oiseau a sa validité [d'abattage] avec un seul siman, tout ce qu'il fait au-delà de la validité [requise] est [déjà] une séparation, et tout [le] siman [entier coupé] constitue le précepte (mitsva) de l'abattage de l'oiseau à priori (lekhatchila) ; dès lors, dans la melika, lorsqu'il pince tout le siman, [ce] n'est pas une séparation ; mais [pour] le second siman, il n'y a même pas de précepte à priori [à le couper], comme il est enseigné plus loin (Houlin 27b) : '[on aurait pu penser] le rendre obligatoire avec deux simanim ' — [mais c'est] impossible, car [l'oiseau] a déjà été rapproché (houkach) des poissons.
ת"ל והקריבו משמע שנתן לה הכתוב הקרבה לעצמה וחלוקה מדין הקרבת חטאת ומאחר שכתוב אחד הקישן וכתוב אחד חלקן מסתבר כי אקשינהו למול עורף אקשינהו וכי פלגינהו מהבדלה פלגינהו דרבי ישמעאל נמי אומלק והקטיר דת"ק סמיך ונפקא ליה מיניה הראש בעצמו והגוף בעצמו והא דנקט טעמיה מוהקריבו משום דמומלק והקטיר לחודיה בלא והקריבו לא מצי יליף כדאמר לקמן (חולין דף כב.) אליבא דת"ק דהא ע"כ ס"ל לר' ישמעאל שנים דוקא כרבנן דכיון דמוקי היקשא דכמשפט אמול עורף וחילוקא דוהקריבו אהבדלה ליכא למימר מסימן אחד פלגיה ואוקמיה ארוב שנים דהא לא שנים כתיב בקרא ולא רוב שנים כתיב בקרא אלא הבדלה כתיבא ולא יבדיל וכי כתיב והקריבו בעולה לחלק וליתן לה הקרבה אחרת להטעינה הבדלה בא וכל שישנו בשחיטה צריך להבדילה ומיעוט ב' סימנין דישנו בשחיטה ישנו בהבדלה דבשלמא לרבי אלעזר ברבי שמעון דגמר מול עורף מגזירה שוה כדלקמן לא מיבעי ליה היקישא דכמשפט אמול עורף וכמשפט חטאת בהמה לא ניחא ליה למימר משום דמעוף סליק גמרה מהיקשא דכמשפט אחיזת חיבור ראש וגוף במיעוט סימנים כדלקמן וחילוקא לרוב שנים דלא מתכשר בסימן אחד אלא לרבי ישמעאל דמפיק היקשא למול עורף והבדלה לגמרי משמע אחיזת ראש וגוף במיעוט סימנים מנא תיתי אלא כרבנן ס"ל:
Le verset enseigne 've-hikrivo' (et il l'approchera) — [cela] implique que l'Écriture lui a donné une approche (hakrava) à part, distincte du régime de l'approche du hatat ; et puisqu'un verset les a rapprochés [par hekech] et qu'un [autre] verset les a distingués, il est logique [de dire que], lorsqu'il les a rapprochés, c'est quant à 'face à la nuque' (moul oref) qu'il les a rapprochés, et [que], lorsqu'il les a distingués, c'est quant à la séparation (havdala) qu'il les a distingués ; car Rabbi Yichmael aussi s'appuie sur 'et il pincera et il fera fumer (oumalak ve-hiktir)' du Tana kama, et il en tire 'la tête par elle-même et le corps par lui-même', et le fait qu'il énonce sa raison à partir de 've-hikrivo' [c'est] parce que de 'oumalak ve-hiktir' seul, sans 've-hikrivo', il ne pourrait [rien] tirer, comme il est dit plus loin (Houlin 22a) selon le Tana kama ; car forcément Rabbi Yichmael tient [comme requis] 'deux [simanim]' précisément, comme les Rabbanan : puisqu'il établit l'analogie de 'ke-michpat' sur 'face à la nuque' et la distinction de 've-hikrivo' sur la séparation (havdala), il n'y a pas lieu de dire qu'il [l']a distingué d'un seul siman et qu'il [l']a établi sur la majorité des simanim, car ni 'deux' n'est écrit dans le verset, ni 'la majorité des simanim' n'est écrit dans le verset, mais [c'est] la séparation [qui] est écrite, 'il ne séparera pas (lo yavdil)'. Et lorsqu'il est écrit 've-hikrivo' pour l'holocauste, [c'est] pour distinguer et lui donner une autre approche (hakrava), afin de la grever de la séparation (havdala) : tout ce qui est [requis] pour l'abattage doit [aussi] être séparé ; et la minorité des deux simanim qui est [requise] pour l'abattage est [requise] pour la séparation. Car, certes, selon Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon, qui dérive 'face à la nuque' par gezera chava comme [il sera dit] plus loin, il n'a pas besoin de l'analogie de 'ke-michpat' sur 'face à la nuque', et 'l'ordonnance du hatat de bête' ne lui plaît pas [comme source] parce que [l'holocauste] vient d'achever [le sujet] de l'oiseau ; il dérive [donc] de l'analogie de 'ke-michpat' la préhension [conjointe] (ahizat hibour) de la tête et du corps par la minorité des simanim , comme [il sera dit] plus loin, et la distinction [pour] la majorité des simanim , [à savoir] qu'il n'est pas valide avec un seul siman . Mais selon Rabbi Yichmael, qui fait sortir l'analogie pour 'face à la nuque' et [le mot] de séparation (havdala) tout entier, d'où viendrait la préhension [conjointe] de la tête et du corps par la minorité des simanim ? Plutôt, il tient comme les Rabbanan.
🗂️ Tossefot (2)
ואינו מבדיל בסימן אחד פ"ה דכיון דכתיב לא יבדיל ועוף הכשרו בסימן אחד כל כמה דעביד טפי מהכשרו הבדלה הוא וכל הסימן הוי מצוה בעוף לכתחלה הילכך במליקה כי מליק כל הסימן לאו הבדלה הוא אבל סימן השני אפי' מצוה לכתחלה ליכא וקשה לפירושו דלקמן בריש פ"ב (חולין דף כז.) אמרינן בהדיא דהא דקתני השוחט דיעבד אאחד בעוף ונראה לפרש כיון דדיעבד לא בעי שחיטה בסימן שני שייך בו הבדלה אבל במיעוט הנשאר בסימן ראשון לא חיישינן כיון דבעי שחיטת רוב אותו הסימן וא"ת דהכא משמע דלר' אלעזר בר' שמעון אינו מולק בחטאת העוף אלא סימן אחד והשני מניח מחובר דיליף מיניה עולת העוף שאין חותך אלא רוב שנים ובזבחים פרק קדשי קדשים (זבחים דף סה:) תניא א"ר אלעזר בר' שמעון שמעתי שמבדילין בחטאת העוף והאי דכתיב לא יבדיל מפרש התם היינו דאין צריך להבדיל ואין לפרש דהא דקאמר דכשהוא אוחז הראש בגוף מזה היינו אם ירצה והא דקאמר אי מה להלן בסימן אחד היינו נמי אם ירצה לא יחתוך אלא סימן אחד דהא אברייתא דלעיל דקתני שנים או רוב שנים מפרש ב' לרבנן או רוב ב' לר' אלעזר ב"ר שמעון ולוקמה כולה כראב"ש ואי בעי ב' ואי בעי רוב ב' ובפרק העור והרוטב (לקמן חולין דף קכג.) נמי גבי טלית שנקרע רובה שוב אינו חיבור וטהורה ומוקי לה בטלית טבולת יום דכיון דלא חס עליה ולא טבלה ליכא למיגזר דלמא חייס ולא קרע רובה ופריך אלא מעתה עולת העוף לראב"ש לגזור דלמא לא אתי למעבד רובא והשתא בשלמא אי אמרת שאסור לחתוך כל הסימנים פריך שפיר דלא סגי ברוב מצומצם עד שיפסוק רוב. הנראה לעינים פן יחוש לצמצם לפי שירא שלא יחתוך כל הב' אלא אי שרי לחתוך כל הב' למה יש לגזור שם כלל דדלמא חייס ונראה לפרש דדוקא ר"ש בן אליקים הוא דאית ליה האי סברא אליבא דראב"ש דאית ליה בזבחים (דף סה:) דלא יבדיל היינו דאין צריך להבדיל כל השנים ויכול להבדיל כל השנים אפילו קודם הזאה והסוגיא דלעיל ודהעור והרוטב לא אתיא כותיה אלא כרב חסדא ורבא ואביי דהתם ומוקמינן לא יבדיל לראב"ש קודם הזאה ואם הבדיל פסיל ליה ולא מפרש ליה קרא אין צריך להבדיל אחר הזאה אלא מוקמי לה קודם הזאה והכי איתא התם הבדיל בחטאת העוף ולא הבדיל בעולה פסולה וקאמר בגמרא מתני' דלא כראב"ש דתנן א"ר אלעזר בר"ש שמעתי שמבדילין בחטאת העוף מאי בינייהו אמר רב חסדא מיצוי חטאת העוף מעכב איכא בינייהו דמצות חטאת העוף מולק מזה (בו) ומוצה ובעולה מולק ומוצה ואינו מזה כדתנן התם השתא קא סברי רבנן מיצוי חטאת העוף מעכב וכשהזה עדיין לא נגמרה כל מצותו הלכך כשהבדיל סימן שני לאחר הזאה לא חשיב מחתך בשר בעלמא ופסול שעשה מעשה עולה בחטאת שיש כאן הבדלה ומיצוי כמו גבי עולה ור"א בר' שמעון סבר מיצוי חטאת העוף לא מעכב וכבר נגמר כל מצותו וכשמבדיל אחר הזאה אינו אלא מחתך בשר בעלמא ורבא מפרש התם שהייה בסימן שני בעולת העוף מעכב איכא בינייהו דלרבנן לא מעכב ולרבי אלעזר בר"ש מעכב דא"א לעשות הזאה בין סימן ראשון לסימן שני שלא ישהה ואביי מפרש התם רוב בשר עם סימן העוף מעכב איכא בינייהו דלרבנן לא מעכב ולכך זימנין לא חתיך רוב בשר עם סימן הראשון דקודם הזאה וכשמבדיל אחר הזאה יש כאן מעשה עולה בחטאת ואפי' חתך רוב בשר סימן הראשון גזרינן אטו היכא דלא חתך ופסול ור"א ב"ר שמעון סבר דרוב בשר מעכב ולכך לא פסול דאין כאן מעשה עולה דכיון דחתך רוב בשר עם סימן הראשון כשמבדיל אחר ההזאה מתה עומד ומבדיל וכי האי גוונא בעולה לאו הבדלה היא ואביי לטעמיה דס"ל דמתה אינו עומד ומבדיל דהא פריך לעיל ותקשי לך עולת העוף דבעי ב' סימנין וכי מתה עומד ומולק ולית ליה טעמא כדי לקיים מצות הבדלה והדר קאמר אמרוה קמיה ר' ירמיה פי' הנך טעמי דרב חסדא ורבא ואביי אמר להו לא שמיע להו הא דאמר ר"ש בן אליקים כו' מאי לא יבדיל אין צריך להבדיל ואפילו קודם הזאה פליגי וא"ת לרב חסדא ולרבא ואביי אמאי מוקמי מתניתין דלא כר"א ב"ר שמעון הא לכאורה מתניתין קודם הזאה איירי דומיא דרישא דקתני חטאת העוף כיצד הוא עושה מולק ראשו ממול ערפו ואינו מבדיל ומזה כו' וי"ל דמשמע ליה דמתניתין פוסל בכל ענין אפילו לאחר הזאה משום דקא"ר אלעזר ב"ר שמעון שמעתי שמבדילין ומשמע דקאי אמתניתין ובא לחלוק עליה ור"ת פירש דהא דקאמר רבי שמעון בן אליקים מאי לא יבדיל דקרא אינו צריך להבדיל היינו בשעת מצוי דלדם הוא צריך וכשמבדיל כל שכן שמוציא דם ובשעת הזאה דוקא קאמר קרא לא יבדיל כלל אבל אשעת מיצוי קאמר קרא לא יבדיל אין צריך להבדיל ושבקינן לקרא דאיהו דחיק ומוקי אנפשיה ותרווייהו משתמעי מיניה דמדאפקיה בלשון לאו קדריש דבשעת הזאה לא יבדיל ולאסור אף בשעת מיצוי לא אתא קרא דמוהקריבו נפקא דחילק הכתוב בין חטאת העוף לעולת העוף ולכך י"ל דאתא קרא למימר נמי דבשעת מיצוי אם ירצה לא יבדיל והא דקאמר לא שמיע להו דר"ש בן אליקים דמשמע שבא לחלוק על רב חסדא ורבא ואביי היינו משום דלר"ש בן אליקים אין לחוש כשמבדיל אחר הזאה שעושה מעשה עולה בחטאת דמצות חטאת נמי כך היא דקרא אין צריך להבדיל קאמר וא"ת ולרב הונא דאמר משמיה דרב במעילה בפרק חטאת העוף (מעילה דף ח:) דמיצוי חטאת העוף לא מעכב אמאי פסלי רבנן כשמבדיל אחר הזאה והא אין כאן מעשה עולה דמחתך בשר בעלמא הוא כדפרישית לעיל ולמאי דפירשתי ניחא דדלמא רב הונא סבר כרשב"א דפי' קודם הזאה ופליגי קודם הזאה אבל לפירוש ר"ת קשה דאפילו לרשב"א לא פליג אלא לאחר הזאה וליכא למימר דלרבנן דמתניתין דזבחים (דף סד:) מיצוי חטאת העוף מעכב דרב הונא סבר כר"א ברבי שמעון דהא מהדר הש"ס במעילה לאוקמי כל סתמא דמתניתין כוותיה וי"ל דיעמיד מתניתין דקתני הבדיל פסול קודם הזאה ואתי אפילו כר"א ברבי שמעון וסוגיא דזבחים דקאמר מתניתין דלא כראב"ש אתי כרב אדא בר אהבה דקאמר במעילה דדם מיצוי חטאת העוף מעכב ואיכא רבנן דפליגי עליה דראב"ש אפילו לרב הונא דמדקאמר שמעתי שמבדילין משמע דפליגי רבנן עליה וסברי דמיצוי מעכב אבל סתם מתניתין דזבחים אתי שפיר כוותיה כדפירשנו:
Et il ne sépare pas, [avec] un seul siman — Rachi (Kountras) [a expliqué] : puisqu'il est écrit 'il ne séparera pas (lo yavdil)' et que l'oiseau a sa validité [d'abattage] avec un seul siman, tout ce qu'il fait au-delà de sa validité est une séparation, et tout [le] siman constitue un précepte (mitsva) dans l'oiseau à priori ; dès lors, dans la melika, lorsqu'il pince tout le siman, [ce] n'est pas une séparation, mais [pour] le second siman , il n'y a même pas de précepte à priori [à le couper]. Et son explication fait difficulté, car plus loin, au début du second [chapitre] (Houlin 27a), on dit explicitement [que] cette [michna] qui enseigne 'celui qui abat (ha-chohet)' [pour l'oiseau] — [c'est] à posteriori (be-diavad) [valide] avec un [seul siman ] ; et il semble [bon] d'expliquer [autrement] : puisque, à posteriori, on n'a pas besoin d'abattage [complet] sur le second siman, la séparation (havdala) s'y rattache [à ce second siman ] ; mais pour la minorité restante du premier siman, on ne s'en soucie pas, puisqu'on requiert l'abattage de la majorité de ce siman. Et si tu objectes : car ici il ressort que, selon Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon, on ne pince, dans le hatat d'oiseau, qu'un seul siman, et l'autre on [le] laisse attaché, [puisque] de là on dérive l'holocauste d'oiseau, [à savoir] qu'on ne coupe que la majorité des [deux] simanim ; or dans Zevahim, au chapitre Kodchei Kodachim (Zevahim 65b), il est enseigné [que] Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon a dit : 'j'ai entendu qu'on sépare (mavdilin) dans le hatat d'oiseau' — et ce qui est écrit 'il ne séparera pas (lo yavdil)', on l'explique là-bas [en ce sens] qu'on n'a pas besoin de séparer ! Et il ne faut pas expliquer que ce qu'il dit, [à savoir] que lorsqu'il tient la tête avec le corps il asperge (mazeh) de [son sang], [c'est seulement] s'il [le] veut, et que ce qu'il dit 'si [c'est ainsi], de même que là-bas [il se contente] d'un seul siman ' [signifie] aussi 's'il [le] veut, qu'il ne coupe qu'un seul siman ' — car la braita ci-dessus, qui enseigne 'deux' ou 'la majorité des deux', on l'explique [comme suit :] 'deux' selon les Rabbanan, ou 'la majorité des deux' selon Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon ; et [si tel était le cas] qu'il [l']établisse tout entière selon Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon, [et que] s'il [le] veut [il en coupe] deux, et s'il [le] veut [il en coupe] la majorité de deux ! Et au chapitre ha-Or ve-ha-Rotev (Houlin 123a) également, à propos d'un manteau (talit) dont la majorité s'est déchirée, [qui] n'est plus [considéré comme] uni (hibour) et [est] pur, on l'établit [comme parlant] d'un manteau [appartenant à] un tevoul yom (impur immergé le jour même) : car, puisqu'il ne l'a pas épargné et ne l'a pas immergé, il n'y a pas à craindre [qu'il l'épargne, et l'on objecte] : 'mais alors, l'holocauste d'oiseau selon Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon, décrétons [d'interdire] de peur qu'on ne vienne à ne pas faire la majorité' ! Or maintenant, certes, si tu dis qu'il est interdit de couper tous les simanim , l'objection est bonne, car il ne suffit pas d'une majorité tout juste [atteinte] tant qu'on n'a pas tranché la majorité visible à l'œil, de peur qu'on [ne] craigne de mesurer au plus juste parce qu'on redoute de ne pas couper la totalité des deux [simanim ] ; mais si l'on permet de couper la totalité des deux, pourquoi y aurait-il lieu de décréter là-bas le moindre [interdit] 'de peur qu'on n'épargne' ? Et il semble [bon] d'expliquer [que] c'est précisément Rabbi Chimon ben Eliakim qui tient cette opinion selon Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon, lequel tient dans Zevahim (65b) que 'il ne séparera pas (lo yavdil)' [signifie] qu'on n'a pas besoin de séparer tous les simanim et [qu']on peut séparer tous les simanim , même avant l'aspersion (haza'a) ; mais la sougya ci-dessus et celle de ha-Or ve-ha-Rotev ne s'accordent pas avec lui, mais avec Rav Hisda, Rava et Abaye [cités] là-bas, et l'on établit 'il ne séparera pas' selon Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon [comme valant] avant l'aspersion : s'il a séparé, [le hatat est] invalide, et l'on n'explique pas le verset [comme disant] qu'on n'a pas besoin de séparer après l'aspersion, mais on l'établit avant l'aspersion. Et ainsi est-ce là-bas : 's'il a séparé dans le hatat d'oiseau, ou s'il n'a pas séparé dans l'holocauste, [c'est] invalide' ; et l'on dit dans la guemara : notre michna [n'est] pas selon Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon, car nous avons appris [que] Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon a dit 'j'ai entendu qu'on sépare dans le hatat d'oiseau' ; quelle [différence y a-t-il] entre eux ? Rav Hisda a dit : le mitsouy (expression du sang) du hatat d'oiseau empêche [la validité] — voilà ce qui [les sépare] ; car le précepte du hatat d'oiseau [est] qu'il pince, asperge de son [sang] et [l']exprime, tandis que pour l'holocauste il pince et exprime mais n'asperge pas, comme nous l'avons appris là-bas. Or [les Rabbanan] tiennent [que] le mitsouy du hatat d'oiseau empêche, et [donc] lorsqu'il a aspergé, tout son précepte n'est pas encore achevé ; dès lors, lorsqu'il sépare le second siman après l'aspersion, [cela] n'est pas considéré comme un simple découpage de chair (mehatekh bassar bealma) [licite], et [c'est] invalide, parce qu'il a accompli un acte d'holocauste dans le hatat, [à savoir] qu'il y a la séparation et mitsouy comme pour l'holocauste. Et Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon tient [que] le mitsouy du hatat d'oiseau n'empêche pas, et tout son précepte est déjà achevé [après l'aspersion], et lorsqu'il sépare après l'aspersion, [ce] n'est qu'un simple découpage de chair. Et Rava explique là-bas : la halte (chehiya) sur le second siman dans l'holocauste d'oiseau empêche — voilà ce qui [les sépare] ; car pour les Rabbanan [elle] n'empêche pas, et pour Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon [elle] empêche, [du fait qu']il est impossible de faire l'aspersion entre le premier siman et le second sans faire de halte. Et Abaye explique là-bas : la majorité de la chair avec le siman de l'oiseau empêche — voilà ce qui [les sépare] : car pour les Rabbanan [elle] n'empêche pas, et [donc] parfois il ne coupe pas la majorité de la chair avec le premier siman , [ce qui est] avant l'aspersion, et lorsqu'il sépare après l'aspersion, il y a là un acte d'holocauste dans le hatat ; et même s'il a coupé la majorité de la chair [avec] le premier siman , nous décrétons à cause du cas où il ne [l']a pas coupée, et [c'est] invalide. Et Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon tient [que] la majorité de la chair empêche, et [donc cela] n'est pas invalide, car il n'y a pas là d'acte d'holocauste : puisqu'il a coupé la majorité de la chair avec le premier siman , lorsqu'il sépare après l'aspersion, [la bête] est déjà morte (méta), [il] se tient debout et sépare — et un tel [cas], dans l'holocauste, n'est pas [appelé] séparation (havdala). Et Abaye [argumente] selon son [propre] raisonnement, [à savoir] qu'il tient [que la bête] morte, [il] ne se tient pas debout et [ne] sépare [pas] ; car il objecte plus haut 'mais alors l'holocauste d'oiseau, qui requiert deux simanim , et qui [, la bête] morte, se tient debout et pince !' — et il n'admet pas ce raisonnement [de dire que c'est] pour accomplir le précepte de la séparation. Et ensuite [la guemara] dit : on [l']énonça devant Rabbi Yirmeya — c'est-à-dire ces raisons de Rav Hisda, de Rava et d'Abaye — ; il leur dit : ils n'ont pas entendu ce qu'a dit Rabbi Chimon ben Eliakim, etc., [à savoir] : que [signifie] 'il ne séparera pas (lo yavdil)' ? qu'on n'a pas besoin de séparer — et [c'est] même avant l'aspersion qu'ils divergent. Et si tu objectes : selon Rav Hisda, Rava et Abaye, pourquoi établissent-ils notre michna [comme n'étant] pas selon Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon, alors que de prime abord la michna semble traiter [du cas] d'avant l'aspersion, à l'instar du début [de la michna] qui enseigne 'le hatat d'oiseau, comment fait-on ? il pince sa tête face à sa nuque (moul orpo) et ne sépare pas, et asperge, etc.' ? Et l'on peut dire [qu']il leur semble [que] la michna invalide en tout état de cause, même après l'aspersion, parce que Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon dit 'j'ai entendu qu'on sépare', ce qui implique qu'il se rapporte à la michna et vient diverger d'avec elle. Et Rabbenou Tam a expliqué [que] ce que dit Rabbi Chimon ben Eliakim, '[que signifie] 'il ne séparera pas' ? [qu']on n'a pas besoin de séparer', [c'est] au moment du mitsouy, où il a besoin du sang, et [où], lorsqu'il sépare, à plus forte raison fait-il sortir le sang ; et c'est au moment de l'aspersion (haza'a) précisément que le verset dit 'il ne séparera pas [du tout]', tandis qu'au moment du mitsouy le verset dit 'il ne séparera pas' [au sens d''] on n'a pas besoin de séparer ; et nous laissons le verset [s'expliquer] de lui-même, [verset] qui se contraint et s'établit lui-même, et les deux [sens] se déduisent de lui : car, du fait qu'il [l']a énoncé en termes d'interdit (lav), il expose [que] c'est au moment de l'aspersion qu'il ne séparera pas ; et pour interdire [la séparation] même au moment du mitsouy, le verset ne vient pas, car [cela] se déduit de 've-hikrivo', [verset] qui a distingué l'Écriture entre le hatat d'oiseau et l'holocauste d'oiseau ; et c'est pourquoi l'on peut dire [que] le verset vient aussi enseigner [qu']au moment du mitsouy, s'il [le] veut, il ne sépare pas. Et ce qu'il dit 'ils n'ont pas entendu [le propos] de Rabbi Chimon ben Eliakim', ce qui implique qu'il vient diverger d'avec Rav Hisda, Rava et Abaye — [c'est] parce que, selon Rabbi Chimon ben Eliakim, il n'y a pas à craindre, lorsqu'il sépare après l'aspersion, qu'il accomplisse un acte d'holocauste dans le hatat, car le précepte du hatat [est] lui aussi ainsi, puisque le verset dit 'on n'a pas besoin de séparer'. Et si tu objectes : selon Rav Houna, qui dit au nom de Rav, dans Meila, au chapitre Hatat ha-Of (Meila 8b), [que] le mitsouy du hatat d'oiseau n'empêche pas, pourquoi les Rabbanan invalident-ils lorsqu'il sépare après l'aspersion, alors qu'il n'y a pas là d'acte d'holocauste, [ce] n'étant qu'un simple découpage de chair, comme je [l']ai expliqué plus haut ? Selon ce que j'ai expliqué, [tout] se résout, car peut-être Rav Houna tient[-il] comme Rabbi Chimon ben Eliakim, qui [l']explique [comme valant] avant l'aspersion, et ils divergent [donc] avant l'aspersion ; mais selon l'explication de Rabbenou Tam, [c'est] difficile, car même selon Rabbi Chimon ben Eliakim il ne diverge qu'après l'aspersion. Et l'on ne peut dire que, selon les Rabbanan de la michna de Zevahim (64b), le mitsouy du hatat d'oiseau empêche, [et] que Rav Houna tiendrait comme Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon, car le Talmud, dans Meila, s'efforce d'établir toute michna anonyme (setam) selon lui ; et l'on peut dire qu'il établira la michna qui enseigne 's'il a séparé, [c'est] invalide' [comme parlant] d'avant l'aspersion, et [qu']elle s'accorde même avec Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon ; et la sougya de Zevahim, qui dit que la michna [n'est] pas selon Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon, s'accorde avec Rav Ada bar Ahava, qui dit dans Meila [que] le sang du mitsouy du hatat d'oiseau empêche, et il y a des Rabbanan qui divergent d'avec Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon même selon Rav Houna ; car, du fait qu'il dit 'j'ai entendu qu'on sépare', [cela] implique [que] des Rabbanan divergent d'avec lui et tiennent [que] le mitsouy empêche ; mais la michna anonyme de Zevahim s'accorde bien avec lui, comme nous l'avons expliqué.
ת"ל והקריבו מה שפירש בקונטרס דאיפכא ליכא למימר דרבי ישמעאל אקרא דומלק והקטיר סמיך אין נראה דמומלק והקטיר ליכא לאוכוחי מיניה דלא נימא איפכא דהא איצטריך לראשו של מזבח אלא מסברא בעלמא אית ליה לרבי ישמעאל דלמול עורף אקשינהו תדע דלת"ק ורבי אלעזר לא בעו קרא למול עורף אלא ילפינן במה מצינו מליקה ממליקה:
Le verset enseigne 've-hikrivo' (et il l'approchera) — quant à ce que Rachi (Kountras) a expliqué, [à savoir] qu'on ne peut dire l'inverse [et soutenir] que Rabbi Yichmael s'appuie sur le verset 'oumalak ve-hiktir' (et il pincera et il fera fumer), [cela] ne semble pas [exact], car de 'oumalak ve-hiktir' on ne peut [rien] prouver, de [sorte] que nous ne dirions pas l'inverse, puisqu'il est [déjà] requis pour [enseigner que la melika se fait] à la tête de l'autel ; mais [c'est] d'un simple raisonnement (sevara) que Rabbi Yichmael tient [que] c'est quant à 'face à la nuque' qu'il les a rapprochés. Sache[-le] : car selon le Tana kama et Rabbi Elazar [fils de Rabbi Chimon] on n'a pas besoin de verset pour 'face à la nuque', mais on [le] dérive par [le procédé] 'comme nous [l']avons trouvé (be-ma matsinou)' — la melika [d'un cas] à partir de la melika [de l'autre].
💡 Explication

Nouvelle objection contre Rabbi Yichmael : si l'on rapproche entièrement l'holocauste du hatat d'oiseau, alors, de même que pour le hatat on pince sans séparer (lo mavdil) tête et corps, en ne coupant qu'un seul siman, de même pour l'holocauste ? Réponse par le verset 've-hikrivo' (et il l'approchera) : ce mot donne à l'holocauste une approche (hakrava) propre, distincte du hatat — ici on sépare (deux simanim), là non.

5
רבי אלעזר ברבי שמעון אומר: ״כמשפט״ – ״כמשפט חטאת העוף״, מה להלן

Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon dit : '[selon] l'ordonnance (kemichpat)' — comme l'ordonnance du hatat d'oiseau : de même que là-bas...

💡 Explication

Ouverture de la position de Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon, qui lit lui aussi 'ke-michpat' comme renvoyant à l'ordonnance du hatat d'oiseau, mais dérivera 'face à la nuque' par une autre voie (gezera chava). La phrase 'de même que là-bas...' s'interrompt ; le développement se poursuit au daf suivant (Houlin 22a).

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).