Sougya : La sougya achève l'exégèse de la melika (pincement du cou à l'ongle) : on apprend par hekech (rapprochement) que, de même que pour la hatat ha-of (expiatoire) on tient la tête attachée au corps lors de l'aspersion, de même pour l'olat ha-of (holocauste) ; mais 've-hikrivo' (Lev 1) impose à l'holocauste deux simanim coupés (séparation) là où l'expiatoire n'en pince qu'un (sans séparer). La Guemara articule trois versets (ve-hikrivo, ve-malak ve-hiktir, ka-michpat) entre le tana kama et Rabbi Elazar b.
Rabbi Chimon. Puis Rav Hisda établit que la hatat behema ne vient que du profane (acher lo : ni du public ni de la dîme) ; on écarte 'de jour' (dérivé de be-yom tsavoto, cité par hasard) et 'main droite' (dérivé de Rabba bar bar Hana au nom de Rech Lakich : etsba ou kehouna = toujours la droite).
Le tana kama et R. Elazar tirent la melika à la nuque (mi-mul ha-oref) par melika-melika.
Vient enfin la michna : ce qui est kacher pour les tourterelles (âgés) est passoul pour les pigeonneaux (jeunes) et inversement ; au début du jaunissement (tehilat ha-tsihouv), l'oiseau est passoul des deux côtés. La braita dérive 'torim' = grands et non petits, contre un raisonnement à fortiori (kal va-homer).
[De même que là-bas, pour l'expiatoire,] il tient [l'oiseau] par la tête et par le corps et il asperge — de même ici [pour l'holocauste], il tient par la tête et par le corps et il asperge.
Suite (depuis 21b) de l'exégèse par hekech (rapprochement) entre l'olat ha-of (holocauste d'oiseau) et la hatat ha-of (expiatoire d'oiseau). On enseigne que, comme pour l'expiatoire le prêtre tient ensemble la tête et le corps de l'oiseau au moment de l'aspersion du sang (haza'a), de même pour l'holocauste. La tête ne doit donc pas être entièrement détachée au moment de l'aspersion.
Que dit-il [que veut dire cette braita] ? Voici ce qu'il dit : de même que là-bas, lorsque la tête est tenue au corps il asperge, de même ici, lorsque la tête est tenue au corps il asperge.
La Guemara objecte : la formule 'il tient par la tête et par le corps' donne l'impression qu'il faudrait saisir les deux dans le creux de la main — or il n'y a pas une telle exigence pour l'expiatoire. Réponse : le sens est seulement que la tête soit attachée au corps (et non séparée) lors de l'aspersion, car il est écrit pour l'expiatoire 'vélo yavdil' ([il pince] sans séparer). C'est cela que rapportait plus haut Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon : pour l'holocauste on coupe la majorité des deux simanim, et non les deux simanim en entier.
Si [l'on disait] : de même que là-bas [pour l'expiatoire la melika se fait] par un seul siman, de même ici par un seul siman ? L'enseignement [du verset] dit : 've-hikrivo' (et il l'offrira).
On pourrait croire que le hekech aligne entièrement l'holocauste sur l'expiatoire, donc une melika sur un seul siman (trachée ou oesophage). Le verset 've-hikrivo' (Lev 1:15, propre à l'holocauste) écarte cela : l'holocauste requiert une séparation partielle (havdala be-miktsat), donc la coupe des deux simanim.
Et le premier tana : du moment que cela nous vient de 've-malak... ve-hiktir' (et il pincera... et il fera fumer), 've-hikrivo', pour quoi en ai-je besoin ?
Le premier tana (tana kama) dérive déjà la coupe complète des deux simanim de l'holocauste du verset 've-malak et rocho... ve-hiktir' (Lev 1:15 : 'il pincera sa tête... et il fera fumer'). Question : à quoi sert alors 've-hikrivo' ?
Sans 've-hikrivo', j'aurais dit : quel est [le sens de] 'ka-michpat' (selon la règle) ? Comme la règle de l'expiatoire d'oiseau.
Réponse : sans 've-hikrivo', on aurait interprété le mot 'ka-michpat' (selon la règle, Lev 5:10, employé pour l'holocauste d'oiseau) comme renvoyant à la règle de l'expiatoire d'oiseau qui le précède dans le texte — donc une melika sur un seul siman, sans séparation.
Et si [tu objectes] : à cause de 've-malak... ve-hiktir' [on saurait déjà distinguer] — j'aurais dit : de même que la combustion [se fait] au sommet de l'autel, de même la melika [se fait] au sommet de l'autel.
Objection anticipée : même sans 've-hikrivo', le verset 've-malak ve-hiktir' (qui rapproche melika et combustion) suffirait à distinguer l'holocauste. Réponse : non, car ce verset servirait à une autre dérivation — il enseignerait que, comme la combustion se fait en haut de l'autel, la melika de l'holocauste aussi se fait en haut (au-dessus du fil de craie, hout ha-sikra), alors que la melika de l'expiatoire se fait en bas. Ce verset étant 'occupé' ailleurs, il ne peut pas à lui seul écarter le hekech 'ka-michpat'.
Maintenant que le Miséricordieux a écrit 've-hikrivo', expose aussi par lui ceci.
Conclusion pour le tana kama : puisque le verset 've-hikrivo' est écrit [et impose la distinction], on libère le verset 've-malak ve-hiktir' pour tout en dériver — non seulement le lieu (sommet de l'autel) mais aussi la séparation complète de la tête et du corps. 've-malak ve-hiktir' rapproche entièrement combustion et melika.
L'expiatoire de gros bétail (hatat behema), qui ne vient que du profane (houlin), d'où [le tenons-]nous ? Rav Hisda a dit : car le verset dit 'et Aaron offrira le taureau de l'expiatoire qui est à lui (acher lo)' (Lévitique 16) — du sien, et non du public ; du sien, et non de la dîme (maasser).
La braita dérivait, du hekech entre l'olat ha-of et l'expiatoire de gros bétail, que l'holocauste d'oiseau ne vient que du profane (non consacré). La Guemara remonte à la source : pourquoi l'expiatoire de gros bétail lui-même ne vient-il que du profane ? Rav Hisda : 'le taureau de l'expiatoire qui est à lui (acher lo)' enseigne 'du sien' — donc ni de la caisse publique ni de l'argent de la dîme (maasser).
'De jour' — cela vient de 'le jour où Il l'a ordonné' (be-yom tsavoto) ! [Réponse :] c'est cité par hasard (kedi nessava).
La braita listait aussi que l'holocauste d'oiseau se fait de jour, en le tirant de l'expiatoire. Objection : cette loi vient en réalité du verset général 'le jour où Il l'a ordonné aux enfants d'Israël d'offrir leurs sacrifices' (Lev 7:38), qui vaut pour tous les sacrifices. Réponse : oui, et la braita ne l'a citée dans sa liste que par hasard (kedi nessava), sans nécessité.
'Avec sa main droite' — cela vient [de l'enseignement] de Rabba bar bar Hana, car Rabba bar bar Hana a dit au nom de Rabbi Chimon ben Lakich : partout où il est dit 'doigt' (etsba) ou 'sacerdoce' (kehouna), ce n'est que [de] la [main] droite.
De même, la loi que le service se fait de la main droite n'a pas besoin d'être tirée de l'expiatoire : elle découle de la règle de Rabba bar bar Hana au nom de Rech Lakich — partout où la Torah mentionne le doigt ou le sacerdoce à propos du service, c'est la main droite. Or pour l'holocauste d'oiseau le terme 'kohen' (sacerdoce) figure.
Et l'autre (le premier tana) [pourquoi a-t-il besoin de le tirer de l'expiatoire] ? [Pour lui,] le 'sacerdoce' requiert [aussi] le 'doigt' ; le 'doigt' ne requiert pas le 'sacerdoce'.
Pourquoi le premier tana, lui, dérive-t-il quand même la main droite du hekech avec l'expiatoire (et non de la règle de Rech Lakich) ? Parce qu'il tient une position différente : pour qu'un verset enseigne la main droite, le mot 'sacerdoce' (kehouna) seul ne suffit pas — il faut qu'il s'y joigne le mot 'doigt' (etsba). (En revanche le 'doigt' seul suffit.) Or pour l'holocauste d'oiseau seul 'prêtre' figure, sans 'doigt' ; le tana kama doit donc tirer la main droite de l'expiatoire de gros bétail.
Et le premier tana et Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon, [que la melika se fait] à la nuque (mi-mul ha-oref), d'où le tiennent-ils ? Ils dérivent melika de melika.
La braita enseignait que Rabbi Yichmael tirait du mot 'ka-michpat' que la melika de l'holocauste se fait à la nuque (mi-mul ha-oref), comme pour l'expiatoire. Mais le premier tana et Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon, qui ont 'occupé' ce mot à d'autres enseignements, d'où tirent-ils la nuque ? Réponse : ils dérivent melika de melika (be-ma matsinou) — la melika de l'holocauste ('ve-malak et rocho', Lev 1:15) de la melika de l'expiatoire, où le verset précise 'mi-moul orpo' (à sa nuque, Lev 5:8).
MICHNA. Ce qui est kacher pour les tourterelles (torim) est passoul (invalide) pour les pigeonneaux (bnei yona) ; ce qui est kacher pour les pigeonneaux est passoul pour les tourterelles.
Le début du jaunissement (tehilat ha-tsihouv), pour celles-ci comme pour ceux-là, est passoul.
La Torah prescrit les offrandes d'oiseaux 'd'entre les tourterelles (torim) ou d'entre les pigeonneaux (bnei yona)' (Lev 1:14). La michna pose l'inversion : l'âge qui rend une tourterelle propre (les torim sont valides grands) rend un pigeonneau impropre (les bnei yona sont valides petits), et inversement. À l'état intermédiaire du début du jaunissement du plumage (tehilat ha-tsihouv), l'oiseau est passoul des deux côtés : trop grand pour un pigeonneau, trop petit pour une tourterelle.
GUEMARA. Nos Maîtres ont enseigné : les tourterelles, grandes — kacher, petites — passoul ; les pigeonneaux, petits — kacher, grands — passoul.
Il se trouve donc que ce qui est kacher pour les tourterelles est passoul pour les pigeonneaux, [et] ce qui est kacher pour les pigeonneaux est passoul pour les tourterelles.
La braita explicite la michna : les tourterelles sont valides grandes (âgés), invalides petites ; les pigeonneaux sont valides petits (jeunes), invalides grands. D'où l'inversion énoncée par la michna.
Nos Maîtres ont enseigné : 'torim' (tourterelles) — grandes et non petites. Car on pourrait [croire] : et n'est-ce pas un raisonnement [à fortiori] (kal va-homer)...
La braita dérive du mot 'torim' que seules les tourterelles grandes (et non petites) conviennent. Elle introduit un raisonnement à fortiori (kal va-homer) qui aurait pu suggérer le contraire (cf. les pigeonneaux valides petits), raisonnement que le verset 'torim' vient écarter. Le développement se poursuit au daf suivant.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).