Chullin 22b — tourterelles et pigeonneaux : l'âge qui rend l'oiseau apte au sacrifice, et le début du jaunissement

Chullin 22b

Sougya : La braita dérive du verset le statut des deux oiseaux du sacrifice : les tourterelles (torim) ne sont valides que grandes, les pigeonneaux (bnei yona) seulement jeunes — contre le kal va-homer qui voudrait étendre chacune à l'autre âge. Rava montre que ces restrictions sont contraignantes (le'ikouva) du fait que l'Écriture n'écrit jamais 'bnei ha-torim' ni 'min ha-yona'.

Une autre braita exclut, par 'min ha-torim' (et non toutes) et 'min bnei ha-yona' (et non tous), le début du jaunissement (tehilat ha-tzihouv), invalide aussi bien comme tourterelle que comme pigeonneau ; on précise quand chacun devient apte (micheyazhivou pour les tourterelles, micheyitzhivou pour leur invalidation), et Yaakov Korha ajoute micheyaleou expliqué par Abaye (dès qu'on arrache une plume et que du sang sort). Rabbi Zira pose alors la question : celui qui a voué 'un holocauste de tourterelles ou de pigeonneaux' et a apporté le début du jaunissement des deux — est-ce un doute (et il s'acquitte) ou une entité à part (bria, et il ne s'acquitte pas) ?

Rava tranche, par la braita même, que c'est une bria, car il n'était pas nécessaire qu'un verset vienne exclure un simple doute.

Les deux oiseaux du sacrifice : valides selon l'âge Tourterelles (torim) jeunes INVALIDE -> grandes VALIDE valides quand elles ont grandi (dès que le plumage doré : micheyazhivou) grandes oui, petites non Pigeonneaux (bnei yona) jeunes VALIDE -> grands INVALIDE valides tant qu'ils sont petits (invalides dès qu'ils jaunissent : micheyitzhivou) petits oui, grands non Le verset fixe à chacun l'âge opposé : torim = grandes ; bnei yona = jeunes. Le kal va-homer est écarté (verset).
Le coeur du daf (segments 0-3) : chaque oiseau n'est valide qu'à l'âge que lui fixe le verset, le kal va-homer étant écarté.
La phase intermédiaire : le début du jaunissement (tehilat ha-tzihouv) Pigeonneau jeune valide comme bnei yona (depuis micheyaleou : on arrache une plume, du sang sort) Début du jaunissement INVALIDE comme l'un ET comme l'autre sorti des petits, pas encore parmi les grands entité à part (bria) ? Tourterelle adulte valide comme torim (depuis michéyazhivou : le plumage doré comme l'or) R. Zira : doute (safek) -> on s'acquitte ; ou bria -> on ne s'acquitte pas. Rava : c'est une bria.
La phase intermédiaire (segments 4-7) : le début du jaunissement, invalide des deux côtés, et la question de R. Zira (doute ou entité à part).
1
ומה בני יונה שלא הוכשרו בגדולים הוכשרו בקטנים, תורים שהוכשרו בגדולים אינו דין שהוכשרו בקטנים? תלמוד לומר: ״תורים״ – גדולים ולא קטנים.

Or, si les pigeonneaux (bnei yona), qui ne sont pas déclarés aptes [quand ils sont] grands, sont déclarés aptes [quand ils sont] petits, les tourterelles (torim), qui sont déclarées aptes [quand elles sont] grandes, n'est-il pas logique (din) qu'elles soient déclarées aptes [quand elles sont] petites ? L'enseignement [du] verset [vient] dire : 'tourterelles' — grandes et non petites.

📜 Rachi (2)
ומה בני יונה שלא הוכשרו בגדולים דהא בני קטנים משמע. ועיכובא דגדולים פסולין לקמן יליף:
Or, si les pigeonneaux, qui ne sont pas déclarés aptes [quand ils sont] grands — car '[bnei] = fils' implique les petits. Et le caractère contraignant (ikouva), [à savoir] que les grands [sont] invalides, [le tana le] dérive plus loin.
ת"ל תורים לקמיה מפרש מאי תלמודא:
L'enseignement [du] verset [vient] dire : 'tourterelles' — plus loin [le texte] explique quel [est] l'enseignement (talmuda).
🗂️ Tossefot (1)
ומה בני יונה שלא הוכשרו בגדולים כדמפרש בסמוך דלא לישתמיט קרא דליכתוב מן היונים:
Or, si les pigeonneaux, qui ne sont pas déclarés aptes [quand ils sont] grands — comme [le texte l']explique tout de suite : [c'est] pour que le verset ne se soit jamais dérobé [au point] d'écrire 'min ha-yonim' [des pigeons, sans le mot 'fils'].
💡 Explication

La braita examine les deux oiseaux du sacrifice d'oiseaux (voir le schéma de synthèse). Par un kal va-homer (raisonnement à fortiori), on voudrait déclarer les tourterelles (torim) valides même jeunes, puisque les pigeonneaux (bnei yona) le sont bien quand ils sont petits. Le verset 'torim' coupe court : les tourterelles ne valent que grandes, non petites.

🖼️ Schéma
Les deux oiseaux du sacrifice : valides selon l'âge Tourterelles (torim) jeunes INVALIDE -> grandes VALIDE valides quand elles ont grandi (dès que le plumage doré : michéyazhivou) grandes oui, petites non Pigeonneaux (bnei yona) jeunes VALIDE -> grands INVALIDE valides tant qu'ils sont petits (invalides dès qu'ils jaunissent : michéyitzhivou) petits oui, grands non Le verset fixe à chacun l'âge opposé : torim = grandes ; bnei yona = jeunes. Le kal va-homer est écarté (verset).
Tourterelles valides seulement grandes ; pigeonneaux valides seulement jeunes — le verset fixe à chacune l'âge, contre le kal va-homer.
2
״בני יונה״ – קטנים ולא גדולים, שיכול והלא דין הוא: ומה תורים שלא הוכשרו בקטנים – הוכשרו בגדולים, בני יונה שהוכשרו בקטנים – אינו דין שהוכשרו בגדולים? תלמוד לומר ״בני יונה״ – קטנים ולא גדולים.

'Pigeonneaux' — petits et non grands ; car on pourrait [raisonner ainsi] : n'est-ce pas logique (din) ? Or, si les tourterelles, qui ne sont pas déclarées aptes [quand elles sont] petites, sont déclarées aptes [quand elles sont] grandes, les pigeonneaux, qui sont déclarés aptes [quand ils sont] petits, n'est-il pas logique qu'ils soient déclarés aptes [quand ils sont] grands ?

L'enseignement [du] verset [vient] dire : 'pigeonneaux' — petits et non grands.

🗂️ Tossefot (1)
ומה תורים שלא הוכשרו בקטנים תימה כיון דאכתי לא קיימא לן דבני יונה הוי קטנים דוקא א"כ מנא ליה דתורים לא הוכשרו בקטנים דהיא גופה לא ידעינן אלא מדומיא דבני יונה ויש לומר דהכי קאמר דאי מצית למילף מדוכתא אחרינא דתורים משמע גדולים הוה אמינא מק"ו דבני יונה אפילו גדולים ובקונטרס פירש דלא בעי אלא לעיכוב מנלן דהוה לן למילף מק"ו דלא מעכבא אבל לעולם לשון תורים משמע גדולים וקשה לפירושו דאי משמע גדולים היכי בעי למדרש בק"ו לאפוקי קרא ממשמעותיה ולמימר דלא מעכב:
Or, si les tourterelles, qui ne sont pas déclarées aptes [quand elles sont] petites — [c'est] étonnant : puisque nous ne tenons pas encore pour acquis que 'pigeonneaux' [signifie] précisément les petits, comment [le tana] sait-il alors que les tourterelles ne sont pas déclarées aptes [quand elles sont] petites ? car cela même, nous ne le savons que par analogie (domia) avec les pigeonneaux ! Et l'on peut dire que voici ce qu'il dit : si tu pouvais dériver d'un autre endroit que 'tourterelles' implique les grandes, j'aurais dit, par le kal va-homer des pigeonneaux, [qu'elles sont valides] même [quand elles sont] grandes. Et dans le commentaire [de Rachi], il a expliqué [qu']il ne demande [la chose] que pour le caractère contraignant (ikouva) : d'où [le savons]-nous ? car nous aurions dû dériver par kal va-homer qu'il n'y a pas de caractère contraignant, mais [qu'en réalité] le terme 'tourterelles' implique toujours les grandes. Et [cela] fait difficulté à son explication : car si [le terme] implique les grandes, comment veut-[il] interpréter par kal va-homer [de manière] à faire sortir le verset de son sens [propre] et à dire qu'il n'est pas contraignant ?
💡 Explication

La même symétrie est appliquée dans l'autre sens : un kal va-homer voudrait déclarer les pigeonneaux valides même grands, puisque les tourterelles le sont bien grandes. Le verset 'bnei yona' (pigeonneaux = fils) coupe court : les pigeonneaux ne valent que petits, non grands.

3
מאי תלמודא? אמר רבא: לא לישתמיט קרא ולכתוב ״מן בני התורים או מן היונה״.

Quel [est] l'enseignement (talmuda) ? Rava a dit : que le verset ne se soit jamais dérobé [au point] d'écrire 'des fils des tourterelles, ou de la colombe' (min bnei ha-torim o min ha-yona).

📜 Rachi (2)
מאי תלמודא כלומר מאיזה מקרא אנו לומדים נהי נמי דבני משמע קטנים מיהו עיכובא מנלן דלא מרבינן גדולים מק"ו:
Quel [est] l'enseignement — c'est-à-dire : de quel verset apprenons-nous [cela] ? Admettons que 'fils' implique les petits ; mais le caractère contraignant (ikouva), d'où [vient-il, à savoir] que nous n'incluons pas les grands par kal va-homer ?
לא לישתמיט קרא אי סלקא דעתך גדולים נמי כשרים מכל הנך קראי דמשתעו בקינים כגון האי דנדבה ובשמיעת קול וביולדת ובזב ובזבה ובמצורע לא לשתמיט חד קרא דנכתוב מן בני התורים או מן היונה ומדכתיב בכולהו בני ש"מ לעכב:
Que le verset ne se soit jamais dérobé — si tu venais à penser que les grands aussi [sont] valides, [alors] de tous ces versets qui parlent des nids [d'offrandes d'oiseaux] — comme celui de l'offrande volontaire (nedava), et [ceux] de l'audition de la voix [serment], de la femme qui accouche (yoledet), du zav, de la zava et du metzora — le verset n'aurait pas dû, ne fût-ce qu'une fois, se dérober [au point] d'écrire 'des fils des tourterelles, ou de la colombe' ; et puisqu'il est écrit dans tous 'fils', apprends-en [le] caractère contraignant (le-akev).
🗂️ Tossefot (1)
לא לשתמיט קרא כו' על כרחיה לאו משום דאיכא הרבה מקראות קא דריש דאפילו לא היה כתוב אלא בחד דוכתא תורים ובני יונה הוי מצי למדרש מדכתיב בהאי בני יונה ובהאי לא כתיב בני דלמה יש לו לפסוק לייתר לשונו ולכתוב בני בחנם והא דנקט דלא לשתמיט לרבותא בעלמא נקטיה:
Que le verset ne se soit jamais dérobé, etc. — nécessairement [ce] n'est pas parce qu'il y a beaucoup de versets qu'il [le] dérive, car même s'il n'avait été écrit qu'à un seul endroit 'tourterelles' et 'pigeonneaux', il aurait pu [le] dériver de ce qu'il est écrit ici 'pigeonneaux' et que là il n'est pas écrit 'fils' — pourquoi [le verset] devrait-il abréger son expression et écrire 'fils' en vain ? Et le fait qu'il a pris '[le verset] ne s'est jamais dérobé', [ce n']est qu'à titre d'argument supplémentaire (rabouta) [qu']il l'a pris.
💡 Explication

Question : d'où tire-t-on que ces restrictions d'âge sont contraignantes (et non un simple usage) ? Rava répond : nulle part l'Écriture n'écrit l'inverse — jamais 'fils des tourterelles' (torim jeunes) ni 'la colombe' (yona adulte, sans 'fils'). Cette constance prouve que les tourterelles doivent être grandes et les pigeonneaux jeunes.

4
אימא: בני יונה דכתב בהו רחמנא ״בני״ – קטנים אין, גדולים לא, תורים – אי בעי גדולים לייתי, אי בעי קטנים לייתי! דמיא דבני יונה: מה בני יונה – קטנים אין, גדולים לא, אף תורים – גדולים אין, קטנים לא.

Dis [plutôt] : les pigeonneaux, au sujet desquels le Miséricordieux a écrit 'fils' — petits oui, grands non ; les tourterelles — s'il le veut qu'il apporte des grandes, s'il le veut qu'il apporte des petites ! [Réponse :] [les tourterelles] sont semblables aux pigeonneaux : de même que les pigeonneaux — petits oui, grands non, de même les tourterelles — grandes oui, petites non.

📜 Rachi (3)
ואימא בני היונה דכתיב בהו בני לעיכובא ודאי גדולים פסולין אבל תורים בין גדולים בין קטנים משמע הלכך אי בעי גדולים לייתי אי בעי קטנים לייתי:
Dis [plutôt] : les pigeonneaux, au sujet desquels il est écrit 'fils' — pour le caractère contraignant, certes les grands [sont] invalides ; mais les tourterelles impliquent aussi bien les grandes que les petites — par conséquent, s'il le veut qu'il apporte des grandes, s'il le veut qu'il apporte des petites.
מה בני יונה אינם כשרים בהכשר תורים:
De même que les pigeonneaux — ne sont pas déclarés aptes par l'aptitude des tourterelles.
אף תורים אינם כשרין בהכשר בני יונה:
De même les tourterelles — ne sont pas déclarées aptes par l'aptitude des pigeonneaux.
💡 Explication

Objection : le mot 'fils' restreint bien les pigeonneaux aux petits, mais pour les tourterelles, rien n'interdit à priori les jeunes — alors pourquoi pas au choix ? Réponse : par la juxtaposition constante des deux dans le verset, leur loi se calque l'une sur l'autre, mais en miroir : pigeonneaux = jeunes seulement, donc tourterelles = grandes seulement.

5
תנו רבנן: יכול יהו כל התורים וכל בני היונה כשרים? תלמוד לומר: ״מן התורים״ – ולא כל התורים, ״מן בני היונה״ – ולא כל בני יונה, פרט לתחילת הציהוב שבזה ושבזה שפסול. מאימתי התורים כשרים – משיזהיבו, מאימתי בני יונה פסולין – משיצהיבו.

Nos Maîtres ont enseigné : on pourrait [croire] que toutes les tourterelles et tous les pigeonneaux [sont] valides ? L'enseignement [du] verset [vient] dire : 'des tourterelles' (min ha-torim) — et non toutes les tourterelles ; 'des pigeonneaux' (min bnei ha-yona) — et non tous les pigeonneaux ; [cela] pour exclure le début du jaunissement (tehilat ha-tzihouv), [qui est] dans celui-ci et dans celui-là, [et] qui [est] invalide.

À partir de quand les tourterelles [sont]-elles valides ? Dès qu'elles dorent (michéyazhivou).

À partir de quand les pigeonneaux [sont]-ils invalides ? Dès qu'ils jaunissent (michéyitzhivou).

📜 Rachi (5)
יכול יהו כל התורים כשרים משיצאו מכלל קטנות:
On pourrait [croire] que toutes les tourterelles [sont] valides — dès qu'elles sont sorties de la catégorie des petites.
ויהיו כל בני יונה כשרים כל זמן שלא באו לכלל גדולים:
Et que tous les pigeonneaux [soient] valides — tant qu'ils ne sont pas entrés dans la catégorie des grands.
תחלת הציהוב כשמתחילין לצהב כנפים שסביבות צוארם פסולים בזה ובזה דיצאו מכלל קטנים ונפסלו מבני יונה ולכלל גדולים לא באו שיוכשרו בתורים:
Le début du jaunissement — lorsqu'ils commencent à jaunir [du plumage] des ailes qui [sont] autour de leur cou, [ils sont] invalides dans celui-ci et dans celui-là, car ils sont sortis de la catégorie des petits et ont été invalidés [comme] pigeonneaux, et ils ne sont pas [encore] entrés dans la catégorie des grands [de sorte] qu'ils soient déclarés aptes [comme] tourterelles.
משיזהיבו שיהא כנפי גופן גדולים ואדומים ומזהיבים כזהב:
Dès qu'elles dorent — lorsque le plumage de leur corps [devient] grand, rouge, et doré comme l'or.
משיצהיבו משיתחילו לצהב:
Dès qu'ils jaunissent — dès qu'ils commencent à jaunir.
💡 Explication

Une autre braita exclut, par 'des tourterelles' / 'des pigeonneaux' (la préposition min, partitive : 'parmi', non 'toutes'), une phase intermédiaire (voir le schéma). Le début du jaunissement (tehilat ha-tzihouv), lorsque le plumage du cou commence à virer, est invalide des deux côtés : trop âgé pour un pigeonneau, trop jeune pour une tourterelle. Les bornes : la tourterelle vaut quand son plumage doré (michéyazhivou), le pigeonneau cesse de valoir dès qu'il jaunit (michéyitzhivou).

🖼️ Schéma
La phase intermédiaire : le début du jaunissement (tehilat ha-tzihouv) Pigeonneau jeune valide comme bnei yona (depuis michéyaleou : on arrache une plume, du sang sort) Début du jaunissement INVALIDE comme l'un ET comme l'autre sorti des petits, pas encore parmi les grands entité à part (bria) ? Tourterelle adulte valide comme torim (depuis michéyazhivou : le plumage doré comme l'or) R. Zira : doute (safek) -> on s'acquitte ; ou bria -> on ne s'acquitte pas. Rava : c'est une bria.
Le début du jaunissement : sorti des petits, pas encore parmi les grands — invalide aussi bien comme tourterelle que comme pigeonneau.
6
תני יעקב קרחה: מאימתי בני יונה כשרים? משיעלעו. הוא תני לה והוא אמר לה, ״אפרוחיו יעלעו דם״. אימת? אמר אביי: מכי שמיט גדפא מיניה ואתי דמא.

Yaakov Korha a enseigné : à partir de quand les pigeonneaux [sont]-ils valides ? Dès qu'ils [se remplissent de sang dans les côtés] (michéyaleou).

C'est lui [qui] l'a enseigné et c'est lui [qui] l'a dit [= expliqué] : '[lorsque] ses petits laperont le sang' (Job 39:30). Quand [cela] ?

Abaye a dit : dès qu'on arrache une plume de lui et [que] du sang vient.

📜 Rachi (3)
מאימתי בני יונה כשרים דביום שנולדו מאוסים הן ומאימתי כשרים:
À partir de quand les pigeonneaux [sont]-ils valides — car, le jour où ils naissent, ils sont répugnants (méousim) ; alors à partir de quand [sont]-ils valides ?
משיעלעו כדמפרש לקמיה:
Dès qu'ils [se remplissent de sang] — comme [le texte l']explique tout de suite.
הוא תני לה שונה היה המשנה מפי רבו משיעלעו והוא אמר לה מפרש המשנה מדעתו דמשיעלעו לשון אפרוחיו יעלעו דם משיהא להם דם מצוי בבשר דכי שמיט גדפא מיניה אתי מיניה דמא:
C'est lui [qui] l'a enseigné — il enseignait la michna de la bouche de son maître 'michéyaleou', et c'est lui [qui] l'a dit, [à savoir qu']il explique la michna selon son propre raisonnement : que 'michéyaleou' [est] un terme [de] 'ses petits laperont le sang' — dès qu'il y a chez eux du sang présent dans la chair, car, lorsqu'on arrache une plume de lui, du sang en vient.
🗂️ Tossefot (1)
יעלעו דם צלע מתרגמינן עילעא והיינו משיעלעו דשמיט גדפא ואתי דם מצלעות ומנחם פתר במחברת יעלעו דם ענין בליעה כמו (עובדיה א) ושתו ולעו:
[Ses petits] laperont le sang (yéaleou dam) — 'côté' (tsela) [se] traduit [en araméen] 'il'a' ; et c'est [le sens de] 'michéyaleou', dès qu'on arrache une plume et [que] du sang vient des côtés. Et Menahem [ben Sarouk] l'a interprété dans son recueil [comme] : 'yéaleou dam' [au] sens d'avalement (beli'a), comme (Ovadia 1) 'ils boiront et avaleront' (ve-chatou ve-laou).
💡 Explication

Yaakov Korha fixe la borne d'aptitude des pigeonneaux par un terme rare, michéyaleou, qu'il explique lui-même par le verset de Job 'ses petits laperont le sang' — c'est-à-dire dès que le sang est présent dans leur chair. Abaye donne le signe pratique : on arrache une plume et du sang en sort.

7
בעי רבי זירא: האומר ״הרי עלי עולה מן התורים או מן בני היונה״, והביא תחלת הציהוב שבזה ושבזה, מהו? ספיקא הוי ונפיק, או דילמא בריה הוי ולא נפיק?

Rabbi Zira a demandé : celui qui dit 'voici à ma charge un holocauste de tourterelles ou de pigeonneaux', et [qui] a apporté le début du jaunissement [qui est] dans celui-ci et dans celui-là — quoi [le statut] ? Est-ce un doute (safek), [auquel cas] il s'acquitte ; ou peut-être [est-ce] une entité à part (bria), [auquel cas] il ne s'acquitte pas ?

📜 Rachi (2)
מן התורים או מן בני היונה מאיזה מהן שארצה והביא משניהן תחלת הציהוב מהו יצא ידי נדרו או לא. הא דתנן תחלת הציהוב פסול בשניהם משום ספיקא הוא שמא גדולים שמא קטנים הלכך הנודר תורים לא יצא שמא קטנים הם והנודר בני יונה לא יצא שמא גדולים הם אבל זה שנדר איזה שירצה והביא שניהם יצא ממה נפשך אם גדולים הם יצא משום תורים ואם קטנים הם יצא משום בני יונה:
De tourterelles ou de pigeonneaux — de l'un d'eux que je voudrai ; et il a apporté des deux le début du jaunissement : quoi [le statut] — s'est-il acquitté de son vœu ou non ? Ce que nous avons appris, [que] le début du jaunissement [est] invalide dans les deux, [c'est] à cause du doute (safek) : peut-être [sont]-ils grands, peut-être [sont]-ils petits ; c'est pourquoi celui qui voue [des] tourterelles ne s'acquitte pas — peut-être [sont]-ils petits ; et celui qui voue [des] pigeonneaux ne s'acquitte pas — peut-être [sont]-ils grands. Mais celui-ci, qui a voué lequel il voudrait et a apporté les deux, s'acquitte de toute façon (mima nafchakh) : s'ils [sont] grands, il s'acquitte au titre des tourterelles ; et s'ils [sont] petits, il s'acquitte au titre des pigeonneaux.
או דלמא לא גדולים נינהו ולא קטנים הוו אלא בריה בעלמא הוו דיצאו מכלל קטנים ולכלל גדולים לא באו:
Ou peut-être — ils ne sont ni grands ni petits, mais [sont] une simple entité à part (bria), car ils sont sortis de la catégorie des petits et ne sont pas [encore] entrés dans la catégorie des grands.
🗂️ Tossefot (1)
והביא תחלת הציהוב שבזה ושבזה מהו ספיקא הוי ונפיק וא"ת כיון דממה נפשך האחד פסול היאך יכול להקריב וי"ל דמיבעיא ליה כגון דאם עבר כהן והקריב אי נמי כיון שהביאן ליד הכהן יצא ידי נדרו מאחר דמ"מ האחד מהן ראוי להקריב וי"מ דבבמה איירי דמשמע בירושלמי דמסכת מגילה שכל עופות כשרין בבמה ואפילו תרנגולים ואפילו חיה ולא מיעט אלא טמאין וליתא דהתם מיירי בבמה לבני נח דבהדיא יליף לה בסוף זבחים (דף קטו:) מויבן נח מזבח ויקח מכל הבהמה הטהורה וגומר אבל בשאר במות איכא למ"ד דאין שום עוף קרב בבמה ואפילו תורים ובני יונה ועוד דקאמר בירושלמי דעולה אינה צריכה הפשט ונתוח ובסוף זבחים (דף קכ.) חשיב דשוותה במה גדולה לבמה קטנה לענין הפשט ונתוח אלא ודאי בירושלמי איירי בבמת בני נח:
Et il a apporté le début du jaunissement [qui est] dans celui-ci et dans celui-là — quoi : est-ce un doute, [auquel cas] il s'acquitte — et si tu objectes : puisque de toute façon (mima nafchakh) l'un [des deux est] invalide, comment peut-il [l']offrir ? On peut dire [que] la question se pose [dans le cas] où, par exemple, un kohen a transgressé et [l']a offert ; ou bien [encore], des lors qu'il les a apportés en main du kohen, il s'est acquitté de son vœu, puisque de toute façon l'un d'eux [est] apte à être offert. Et certains expliquent [que cela] traite d'un haut-lieu (bama), car il ressort du [Talmud de] Jérusalem du traité Meguila que tous les oiseaux sont valides sur un haut-lieu, et même les coqs, et même une bête sauvage (haya), et [qu'on] n'exclut que les [animaux] impurs — et ce n'est pas [exact], car là-bas [le Talmud] traite d'un haut-lieu pour les fils de Noé, comme il [le] dérive explicitement à la fin de Zevahim (page 115b) de 'et Noé bâtit un autel et prit de toute bête pure, etc.' ; mais quant aux autres hauts-lieux, il y a celui qui dit qu'aucun oiseau n'est offert sur un haut-lieu, et même pas les tourterelles et les pigeonneaux. Et de plus, [le Talmud] dit dans le [Talmud de] Jérusalem qu'un holocauste [offert sur un haut-lieu] ne requiert ni l'écorchement (hefchet) ni le découpage (nitouah), alors qu'à la fin de Zevahim (page 120a) il compte [parmi les choses] où le grand haut-lieu [est] égal au petit haut-lieu l'écorchement et le découpage — mais assurément, dans le [Talmud de] Jérusalem, [il] traite du haut-lieu des fils de Noé.
💡 Explication

Question de Rabbi Zira (voir le schéma). Quelqu'un voue 'un holocauste de tourterelles ou de pigeonneaux' (au choix), puis apporte deux oiseaux au début du jaunissement, l'un comme tourterelle, l'autre comme pigeonneau. Deux lectures : si la phase est un simple doute (peut-être grand, peut-être petit), il s'acquitte (l'un des deux convient forcément) ; mais si c'est une entité à part (bria, ni grand ni petit), aucun ne convient et il ne s'acquitte pas.

8
אמר רבא, תא שמע: פרט לתחילת הציהוב שבזה ושבזה, שפסול. אי אמרת בשלמא בריה הוי – שפיר, אלא אי אמרת ספיקא הוי, איצטריך קרא למעוטי ספיקא?

Rava a dit : viens [et] écoute : 'pour exclure le début du jaunissement [qui est] dans celui-ci et dans celui-là, [qui est] invalide'. Si tu dis qu'admettons [que c'est] une entité à part (bria) — fort bien ; mais si tu dis [que c'est] un doute (safek), un verset était-il [vraiment] nécessaire pour exclure un doute ?

📜 Rachi (4)
אמר רבא תא שמע מדאיצטריך קרא למעוטינהו:
Rava a dit : viens [et] écoute — de ce qu'un verset a été nécessaire pour les exclure.
אי אמרת בשלמא אשמועינן קרא דבריה נינהו ואפילו היכא דליכא למיחש לספיקא כגון בבעיא דידן דפסול שפיר אתא קרא:
Si tu dis qu'admettons [que c'est une bria] — le verset nous enseigne [que] c'[est] une entité à part (bria), et même là où il n'y a pas lieu de craindre un doute, comme dans notre question, où [il est] invalide — fort bien vient le verset.
אלא אי אמרת ספיקא נינהו וקרא לא פסלינהו אלא היכא דמיחייב תורין בהדיא או בני יונה בהדיא:
Mais si tu dis [que c'est] un doute — et [que] le verset ne les invalide que là où il s'oblige à [apporter] des tourterelles expressément ou des pigeonneaux expressément.
איצטריך קרא למעוטי מי איכא ספיקא קמי קודשא בריך הוא אי פשיטא לך דגדולים נינהו אייתינהו בתורים ואי פשיטא לך דקטנים נינהו אייתינהו בבני יונה וכיון דלא פשיטא לן לא הא ולא הא מהיכא תיסק אדעתין לאכשורינהו:
Un verset était-il [vraiment] nécessaire pour exclure [un doute] — y a-t-il un doute devant le Saint, béni soit-Il ? S'il t'est évident qu'ils [sont] grands, apporte-les au titre de tourterelles ; et s'il t'est évident qu'ils [sont] petits, apporte-les au titre de pigeonneaux ; et puisqu'il ne nous est évident ni ceci ni cela, d'où nous viendrait-il à l'esprit de les déclarer aptes ?
🗂️ Tossefot (1)
איצטריך קרא למעוטי ספיקא תימה דגבי קפץ אחד מן המנויין לתוכו דריש פ"ק דב"מ (דף ו:) דכולן פטורין דעשירי ודאי אמר רחמנא ולא עשירי ספק וגבי ספק קדמה בהרת לשער לבן ספק שער לבן קדם דרשינן בסוף נזיר (דף סה:) דטהור מדפתח בה הכתוב בטהרה תחלה דכתיב לטהרו או לטמאו ומיהו מהכא לא קשיא דהכא הכי פירושו איצטריך קרא למעוטי ספיקא שלא מיעט אותם ודאי אלא מספק דקאמר ספקא הוי ונפיק כשהביא מזה ומזה אבל התם כולם פטורין ודאי ולא מספק וכן ספק קדמה בהרת לשער לבן ודאי טהור אבל גבי כוי בפרק בתרא דיומא (דף עד.) מכח פירכא מדאיצטריך קרא לרבויי ספקא קאמר דכוי בריה הויא ולא ספקא והשתא מנא ליה דלמא לעולם ספקא הוי ואצטריך לרבויי מכל חלבו לאסור ודאי חלבו ולא מספק וכן בפרק שתי מדות (מנחות דף צא:) גבי פלגס דבסמוך וי"ל דכל ספקא דאי אפשר להתברר כמו גבי בהרת ומעשר דלפעמים שהוא כך ולפעמים שהוא בענין אחר שייך למעוטי מקרא שפיר מטעם שהם ספק אבל הכא אפשר לברר ספקא זו דכל תחלת הציהוב שוין וקמי שמיא גליא אם הם קטנים או גדולים וכן בכוי ופלגס כולן שוין הלכך לא אתא קרא למעוטי מטעם שהם ספק שאינו ספקא קמי שמיא וכן בסוף על אלו מומין בבכורות (דף מא:) גבי הא דתניא כשהוא אומר למטה הזכר שאין ת"ל אלא להוציא טומטום ואנדרוגינוס ופריך מני אילימא ת"ק ספק הוא איצטריך קרא למעוטי ספקא התם נמי פריך מאנדרוגינוס שכולן שוין או כולן זכרים או כולן נקבות וקמי שמיא גליא וא"ת והא רב סבר דאנדרוגינוס ספק כדאמרינן בסוף המפלת (נדה דף כח.) מדמטמא בלובן ובאודם ובסוף הערל (יבמות דף פג.) פסיק כרבי יוסי דלא הכריעו בו חכמים אם זכר אם נקבה ובריה בפני עצמה דקא"ר יוסי בברייתא לאו דוקא ואפ"ה ממעט ליה רב לענין ביאת המקדש מדכתיב (במדבר ה) מזכר ועד נקבה תשלחו זכר ודאי נקבה ודאית ולא טומטום ואנדרוגינוס והיכי אתא קרא למעוטי ספקא וי"ל דבההיא דרב תרי מיעוטי כתיבי דה"מ למכתב מזכר ועד אדם או מנקבה ועד אדם ואתי חד מינייהו לאנדרוגינוס וחד לטומטום ואם אנדרוגינוס הוא זכר אתי מזכר למעוטי מטעם שהוא משונה ואם הוא נקבה אתיא מנקבה למעוטי מטעמא שהיא משונה והא דפריך בבכורות גבי הא דממעט אנדרוגינוס מזכר הזכר יתירא דכתיב גבי עולה מני אי ת"ק ספקא הוא אתי קרא למעוטי ספקא התם פריך שפיר דאם בא למעוטי אפילו הוא זכר משום דמשונה הוא משאר זכרים א"כ מדממעט ליה מהזכר ש"מ דזכר הוא ולא ספק אלמא לא אתי כת"ק דאמר ספק הוא וא"ת והרי טומטום דיש מהן זכר ויש מהן נקבה וא"א לברר וקאמר רב חסדא בסוף על אלו מומין (בכורות דף מב.) סמי מכאן טומטום משמע דטעמא משום דספקא הוא ולא אצטריך קרא למעוטי וי"ל דקסבר רב חסדא דלא אתא קרא למעוטי מטעם ספק כיון דאם הוא זכר הרי הוא כשאר זכרים ולכך אין להעמיד המיעוט אטומטום כיון שיש להעמידו אאנדרוגינוס והכי פירושו התם מחלוקת באנדרוגינוס דלרבנן אינו בכור אבל טומטום דברי הכל קדוש מספק דהזכרים תקדיש דכתיב גבי בכור איכא לאוקומי למעוטי אנדרוגינוס ולא טומטום כדפירשנו ולכך פריך אלא מעתה בערכין יערך דלא נוקי הזכר אלא למעט אנדרוגינוס ולא טומטום אלמה תניא הזכר ולא טומטום ואנדרוגינוס ומשני סמי מכאן טומטום אע"ג דבערכין איכא תרין מיעוטי הזכר ואם נקבה צריכין תרווייהו לאנדרוגינוס דאי כתיב הזכר למעוטי ה"א דלא גרע מנקבה ויהיה בערך אשה וא"ת מאי פריך לרב חסדא מאם זכר ואם נקבה דכתיב גבי שלמים דאיכא תרי מיעוטי דאם מיעוט הוא כדאמרינן בפרק המפלת (נדה דף כח:) אם נקבה על כרחך למעוטי טומטום ויש לפרש דהתם גרסינן זכר או נקבה דכתיב בויקרא גבי שלמי צאן דהכי דרשינן להו בת"כ הנהו מיעוטי דכתיב בשלמים ובפ"ב דבכורות (דף טו:) ובתמורה (דף יז:) אבל אם זכר אם נקבה דכתיב גבי שלמי בקר דריש ליה בת"כ ובפרק ב' דבכורות (דף טו:) ובתמורה פרק אלו קדשים (תמורה דף יז:) לרבות ולד בעלי מומין ותמורת בעלי מומין והשתא פריך שפיר לרב חסדא דבההוא קרא לא כתיב אלא חד מיעוטא דהוי או למעט כמו או כשב פרט לכלאים וא"ת דלעיל אמרינן היכא דספק מחמת שאינו שוה איצטריך קרא למעוטי ובפ"ק דחגיגה (דף ד.) קאמר זכורך להוציא טומטום ופריך איצטריך קרא למעוטי ספיקא אע"ג דאין כולם שוין התם פריך משום דבלאו האי קרא הייתי פוטרו מן הראייה משום דאינו יכול לסמוך אע"ג דסמיכה לא מיעכבא מכל מקום לכתחלה צריך כדאשכחן בפסחים בפרק האשה (פסחים פח, ב) גבי חמשה שנתערבו עורות פסחיהם ונמצא יבלת באחד מהן דפטורין מלעשות פסח שני משום סמיכה ואע"ג דגבי בהמה שנמצאת מירושלים למגדל עדר אמרינן זכרים עולות נקבות זבחי שלמים ומקריב אותן בלא סמיכה לפי שאין מכירין מי הם בעלים שאני התם דקדושות כבר ואין להם תקנה בענין אחר וספק מצורע דמייתי אשמו ולוגו התם תיקון גברא שאני וא"ת דאשכחן קרא בשביל שלא נטעה אע"ג (דגבי) דקמי שמיא גליא בסוף אלו טרפות (חולין סו, ב) דפריך מכדי אנן אקשקשת סמכינן סנפיר דכתב רחמנא ל"ל ומשני אי כתב רחמנא קשקשת ולא סנפיר הוה אמינא מאי קשקשת סנפיר ואפילו דג טמא נמי השתא דכתב רחמנא סנפיר עד דאיכא סנפיר וקשקשת ויש לומר דלשון קשקשת משמע דבר שאינו שוה וחלק דבר שהיד מסכסכת בו וסנפיר כך הוא ונופל בו לשון קשקשת:
Un verset était-il [vraiment] nécessaire pour exclure un doute — [c'est] étonnant : car à propos de 'l'un des [animaux] déjà comptés [pour la dîme] a sauté parmi eux', [le Talmud] dérive au premier chapitre de Baba Metzia (page 6b) que tous [sont] exempts, car 'le dixième', a dit le Miséricordieux, et non le dixième [s'il y a] doute ; et à propos du doute [de savoir] si la tache claire (baheret) a précédé le poil blanc [ou si] le poil blanc a précédé [la tache], [le Talmud] dérive à la fin de Nazir (page 65b) qu'[il est] pur, du fait que l'Écriture a ouvert à son sujet par la pureté d'abord, comme il est écrit 'pour le déclarer pur ou pour le déclarer impur'. Toutefois, de là [page de Baba Metzia], il n'y a pas de difficulté, car voici ce que [signifie] ici 'un verset était nécessaire pour exclure un doute' : [à savoir] qu'il ne les a pas exclus de manière certaine (vadai) mais [seulement] par doute (safek), comme [le Talmud] dit 'c'[est] un doute et il s'acquitte' lorsqu'il en a apporté de celui-ci et de celui-là — alors que là-bas tous [sont] exempts de manière certaine et non par doute, de même [pour] le doute [de savoir] si la tache claire a précédé le poil blanc, [il est] pur de manière certaine. Mais à propos du koy, au dernier chapitre de Yoma (page 74a), [le Talmud] dit, en raison de l'objection [tirée] de ce qu'un verset [est] nécessaire pour inclure un doute, que le koy [est] une entité à part (bria) et non un doute — or [à présent], d'où [le sait-il] ? peut-être [est-ce] en réalité un doute, et [le verset] était nécessaire pour inclure 'de tout son suif' [afin] d'interdire son suif de manière certaine et non par doute ! Et de même au chapitre 'Chetei Midot' (Menahot page 91b), à propos du pilgas [animal d'âge intermédiaire] qui [vient] tout de suite. Et l'on peut dire [que] tout doute qui ne peut pas être clarifié, comme dans le cas de la tache claire et de la dîme — ou parfois c'[est] ainsi et parfois c'[est] autrement — il y a [bien] lieu de l'exclure d'un verset à juste titre, du fait qu'[il s'agit] d'un doute ; mais ici, il [est] possible de clarifier ce doute, car tous les débuts de jaunissement [sont] semblables, et il [est] révélé devant le Ciel s'ils [sont] petits ou grands ; et de même [pour] le koy et le pilgas, tous [sont] semblables — c'est pourquoi le verset n'est pas venu [les] exclure parce qu'[ils sont] un doute, puisque [ce] n'[est] pas un doute devant le Ciel. Et de même, à la fin [du chapitre] 'Al Elou Moumin' dans Bekhorot (page 41b), à propos de ce qui est enseigné : 'lorsqu'il dit en bas 'le mâle', [c'est] qu'il n'y a là rien à enseigner sinon [à venir] exclure le tomtom et l'androgyne' ; et [le Talmud] objecte : selon qui [est-ce] ? Si tu dis [que c'est] le premier tana, [or pour lui le tomtom est] un doute — un verset était-il nécessaire pour exclure un doute ? Là-bas aussi [le Talmud] objecte à partir de l'androgyne, qui [est] tout semblable, ou tous [sont] mâles ou tous [sont] femelles, et [c'est] révélé devant le Ciel. Et si tu objectes : mais Rav tient l'androgyne pour un doute, comme nous [le] disons à la fin [du chapitre] 'Ha-Mapelet' (Nidda page 28a) du fait qu'il rend impur par le blanc et par le rouge, et à la fin [du chapitre] 'Hé-Arel' (Yevamot page 83a) [le Talmud] tranche comme Rabbi Yossi qui [dit que] les sages n'ont pas tranché à son sujet s'il [est] mâle ou femelle, et [que c'est] une entité à part en soi — donc ce que Rabbi Yossi dit dans la braita ['androgyne est une bria'] n'[est] pas à prendre au pied de la lettre ; et même ainsi Rav l'exclut quant à l'entrée au Temple, du fait qu'il est écrit (Nombres 5) 'depuis le mâle jusqu'à la femelle vous renverrez' — mâle certain, femelle certaine, et non le tomtom et l'androgyne ; comment [alors] le verset vient-il exclure un doute ? On peut dire [que], dans cette [dérivation] de Rav, deux exclusions sont écrites : car [le verset] aurait pu écrire 'depuis le mâle jusqu'à l'homme' ou 'depuis la femelle jusqu'à l'homme', et l'une d'elles vient pour l'androgyne et l'autre pour le tomtom ; et si l'androgyne [est] mâle, [le mot] 'mâle' vient l'exclure parce qu'il [est] anormal (mechouneh), et s'il [est] femelle, [le mot] 'femelle' vient l'exclure parce qu'elle [est] anormale. Et ce que [le Talmud] objecte dans Bekhorot, a propos de ce qu'on exclut l'androgyne de [l'expression] 'le mâle' surnuméraire écrite à propos de l'holocauste — selon qui ? Si [c'est] le premier tana, [pour qui c'est] un doute, un verset vient[-il] exclure un doute ? — là-bas [le Talmud] objecte à juste titre, car si [le verset] venait l'exclure même s'il [est] mâle, parce qu'il [est] anormal par rapport aux autres mâles, alors, du fait qu'on l'exclut de 'le mâle', apprends-en qu'il [est] mâle et non un doute ; donc [cette dérivation] n'[est] pas selon le premier tana qui dit [que c'est] un doute. Et si tu objectes : mais voici le tomtom, dont il y a [des cas où il est] mâle et [d'autres où il est] femelle, et [qu']il [est] impossible de clarifier, et [pourtant] Rav Hisda dit à la fin [du chapitre] 'Al Elou Moumin' (Bekhorot page 42a) 'retire d'ici le tomtom' — [ce qui] implique que la raison [est] parce qu'[il est] un doute et [qu']un verset n'est pas nécessaire pour l'exclure ? On peut dire [que] Rav Hisda tient [que] le verset n'est pas venu l'exclure pour raison de doute, puisque, s'il [est] mâle, le voici comme les autres mâles ; et c'est pourquoi il ne faut pas établir l'exclusion sur le tomtom, puisqu'il y a [lieu] de l'établir sur l'androgyne ; et voici son explication : là-bas [il y a] une divergence sur l'androgyne, [car] selon les sages il n'[est] pas un premier-né, mais le tomtom — de l'avis de tous il [est] saint par doute, car [le verset] 'les mâles tu consacreras', écrit à propos du premier-né, [il y a lieu] de l'établir [comme] excluant l'androgyne et non le tomtom, comme nous [l']avons expliqué ; c'est pourquoi [le Talmud] objecte : mais alors, [pour] 'il sera évalué' [en matière] d'évaluations (erkhin), n'établirons-nous pas 'le mâle' sinon pour exclure l'androgyne et non le tomtom ? Pourquoi donc enseigne-t-on 'le mâle' — et non le tomtom et l'androgyne ? Et [le Talmud] répond : 'retire d'ici le tomtom', bien qu'aux évaluations il y ait deux exclusions, 'le mâle' et 'et si [c'est] une femelle', [car] toutes deux sont nécessaires pour l'androgyne : car si [le verset] avait écrit 'le mâle' pour [l']exclure, j'aurais dit qu'[il] n'[est] pas moindre qu'une femelle et serait dans l'évaluation d'une femme. Et si tu objectes : que objecte[-t-on] a Rav Hisda à partir de 'si [c'est] un mâle, si [c'est] une femelle' qui est écrit à propos des sacrifices de paix (chelamim), où il y a deux exclusions, [puisque] 'si' [est] un terme d'exclusion, comme nous [le] disons au chapitre 'Ha-Mapelet' (Nidda page 28b) 'si [c'est] une femelle' [vient] nécessairement exclure le tomtom ? On peut expliquer [que], là-bas, nous lisons 'mâle ou femelle' écrit dans [le Lévitique] à propos des sacrifices de paix [d'animaux] du petit bétail (chelamei tson), car ainsi les interprète-t-on dans le Torat Kohanim — ces exclusions écrites à propos des sacrifices de paix — et au chapitre 2 de Bekhorot (page 15b) et dans Temoura (page 17b) ; mais 'si [c'est] un mâle, si [c'est] une femelle' qui est écrit à propos des sacrifices de paix [d'animaux] du gros bétail (chelamei bakar), on l'interprète dans le Torat Kohanim, au chapitre 2 de Bekhorot (page 15b) et dans Temoura, au chapitre 'Elou Kodachim' (page 17b), [comme venant] inclure le rejeton d'[animaux] à défaut et l'échange d'[animaux] à défaut ; et maintenant [le Talmud] objecte à juste titre à Rav Hisda, car dans ce verset il n'[y a] d'écrit qu'une seule exclusion, [le mot] 'ou', [qui] vient exclure, comme 'ou un mouton' [vient] exclure le mélange d'espèces (kilayim). Et si tu objectes : plus haut nous avons dit [que], là où [il y a] un doute parce qu'[il] n'[est] pas semblable, un verset est nécessaire pour l'exclure, et au premier chapitre de Haguiga (page 4a) [le Talmud] dit 'ton mâle' [vient] exclure le tomtom, et objecte : un verset est-il nécessaire pour exclure un doute ? — bien qu'ils ne soient pas tous semblables ! Là-bas [le Talmud] objecte parce que, même sans ce verset, je l'aurais exempté de la comparution [au Temple], du fait qu'il ne peut pas s'appuyer (lismokh) — bien que l'imposition des mains (semikha) ne [soit] pas indispensable, néanmoins à priori (lekhatchila) elle est requise, comme nous [le] trouvons dans Pessahim, au chapitre 'Ha-Icha' (page 88b), à propos de cinq [personnes] dont les peaux de leurs [agneaux] pascaux se sont mélangées et [où] une verrue (yabelet) a été trouvée dans l'un d'eux, [qu'ils sont] exempts de faire un second Pessa'h, à cause de l'imposition des mains ; et bien qu'à propos d'une bête trouvée de Jérusalem jusqu'à Migdal Eder nous disions [que] les mâles [sont offerts en] holocaustes [et] les femelles [en] sacrifices de paix, et [qu']on les offre sans imposition des mains parce qu'on ne connaît pas qui [en sont] les propriétaires — là-bas, c'est différent, car elles sont déjà consacrées et n'ont pas de remède d'une autre manière ; et le metzora douteux qui apporte son sacrifice de culpabilité (acham) et son log [d'huile] — là-bas, [c'est] la réparation de l'homme (tikoun gavra) [qui est] différente. Et si tu objectes : nous trouvons [bien] un verset [donné] afin que nous ne nous trompions pas, bien que [ce soit] révélé devant le Ciel, à la fin [du chapitre] 'Elou Tereifot' (Houlin page 66b), où [le Talmud] objecte : puisque nous nous appuyons sur les écailles (kaskeset), pourquoi le Miséricordieux a-t-il écrit 'nageoire' (snapir) ? et [le Talmud] répond : si le Miséricordieux avait écrit 'écaille' et non 'nageoire', j'aurais dit [que] 'écaille' [signifie] 'nageoire', et même un poisson impur [serait permis] ; maintenant que le Miséricordieux a écrit 'nageoire', [ce n'est permis] que [s']il y a nageoire et écaille. Et l'on peut dire [que] le terme 'écaille' implique une chose qui n'[est] pas lisse et unie, une chose où la main accroche (mesakhseket), et la nageoire [est] ainsi, et le terme 'écaille' lui convient.
💡 Explication

Rava tranche la question de R. Zira par la braita elle-même (segment 4) : si le début du jaunissement était un simple doute, on n'aurait pas eu besoin d'un verset exprès pour l'exclure (un doute se résout par les règles ordinaires). Le fait que l'Écriture l'exclut prouve que c'est une entité à part (bria) — donc on ne s'acquitte pas.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).