Chullin 24a — vache rousse et génisse (chehita ou arifa), et les disqualifications du Cohen et du Levi

Chullin 24a

Sougya : La sougya établit d'abord que la vache rousse (para aduma) n'est rendue apte que par l'abattage (chehita), non par la nuque brisée (arifa), tiré du verset 'il l'égorgera' joint au mot 'houka' (statut). La Guemara demande si le mot 'houka' bloque toujours le raisonnement à fortiori (kal va-homer), et montre, par le bouc de Yom Kippour, qu'il ne le bloque pas à lui seul : il faut un mot restrictif explicite ('ve-asahou', 'zot', 'ha-arufa', 've-arefou' redoublé).

On établit symétriquement que la génisse (egla arufa) n'est valide que par la nuque brisée, non par l'abattage. La michna passe alors aux disqualifications du service : le Cohen (prêtre) est invalidé par les défauts (moumin) mais non par les années ; le Levi par les années mais non par les défauts.

La braita le dérive de 'zot acher la-leviim' (les années seules, et nul autre défaut, pour les Leviim) et de 'acher la-leviim' (et non aux prêtres). Au désert (portage), les années invalident le Levi de 30 à 50 ans ; à Chilo et au Temple éternel, où le service leviy n'est plus que chant et garde, il n'est invalidé que par la voix (kol).

Enfin la confrontation des versets (25 ans / 30 ans) donne 25 ans pour l'apprentissage (talmoud) et 30 ans pour le service ; d'où la règle sur l'élève qui ne voit pas de bon signe dans son étude après cinq ans (Rabbi Yossi : trois ans).

Vache rousse (para) et génisse à la nuque brisée (egla arufa) : chehita ou arifa ? Vache rousse (para aduma) abattage (chehita) : OUI nuque brisée (arifa) : NON verset : 'il l'égorgera' (ve-chahat) + 'houka' (statut, ce qui bloque le k.v.h.) le 'houka' empêche d'inférer la validité de l'arifa par kal va-homer Génisse (egla arufa) nuque brisée (arifa) : OUI abattage (chehita) : NON 'ha-arufa' (celle-ci, et non une autre) 've-arefou ha-egla' redit -> pour bloquer redoublement du verbe 'briser la nuque' arifa OUI, chehita NON
Segments 0 à 5 : la vache rousse n'est valide que par l'abattage, la génisse que par la nuque brisée ; chaque exclusion est ancrée dans un verset.
Quand un verset 'houka' / 'zot' bloque-t-il le kal va-homer (à fortiori) ? Yom Kippour (bouc) 'houka' est écrit, et pourtant on inférerait le k.v.h. (désignation = tirage) sans 've-asahou' -> 'houka' seul ne bloque pas le k.v.h. La règle qui s'en dégage le k.v.h. fonctionne même avec 'houka' ; il faut un mot restrictif (mi'out) explicite 've-asahou', 'zot', 'ha-arufa'... Application à la vache rousse / génisse para : 'zot' (sur la génisse) ferme la nuque brisée aux autres ; egla : 've-arefou' redoublé ferme l'abattage. Sans ces mots -> k.v.h. l'emporterait.
Segments 1 à 4 : le mot 'houka' ne suffit pas à bloquer le kal va-homer ; il faut un terme restrictif explicite (mi'out).
Cohen (prêtre) et Levi : ce qui invalide chacun pour le service Cohen (prêtre) défauts (moumin) : INVALIDENT années (chanim) : n'invalident pas apte dès 'deux poils' (puberté) jusqu'à la vieillesse, sans limite d'âge verset : 'zot acher la-leviim' 'aux Leviim et non aux prêtres' Levi défauts (moumin) : n'invalident pas années (chanim) : INVALIDENT apte de 30 à 50 ans au désert (service de portage) à Chilo / Temple éternel : invalidés seulement par la voix (kol)
Segments 6 à 14 : Cohen invalidé par les défauts (non par les années), Levi invalidé par les années (non par les défauts) ; particularité de Chilo et du Temple.
1
אמר קרא ״ושחט״ וחוקה: בשחיטה אין, בעריפה לא.

Le verset dit 'il l'égorgera' (ve-chahat), et [il y a aussi] 'houka' (statut) : par l'abattage (chehita), oui [elle est apte] ; par la nuque brisée (arifa), non.

📜 Rachi (1)
ושחט וחוקה ושחט אותה לפניו וכתיב זאת חוקת התורה:
'Il l'égorgera' et 'houka' — 'et il l'égorgera devant lui' [est écrit], et il est écrit 'ceci [est] le statut (houka) de la Torah'.
🗂️ Tossefot (1)
אמר קרא ושחט וחוקה אומר רבינו תם דמשמע בפרק שני דזבחים (דף יח.) דחוקה לא הוי עיכוב ממשמעו אלא מגזרה שוה דילפינן התם מגזרה שוה דלא רחוץ ידים חילל מגזירה שוה חוקה חוקה משתויי יין:
Le verset dit 'il l'égorgera' et 'houka' — Rabbenou Tam dit qu'il ressort, au chapitre deux de Zevahim (page 18a), que le 'houka' ne constitue pas un empêchement (ikouv) de par son sens propre, mais [seulement] par une analogie verbale (guezera chava) que nous tirons la d'une guezera chava : 'celui qui n'a pas les mains lavées [le service] a profane' — par guezera chava 'houka'-'houka' tirée de celui qui [a bu] du vin.
💡 Explication

Réponse à une question posée plus haut : pourquoi ne pas valider la vache rousse (para aduma) aussi par la nuque brisée (arifa) ? Parce que l'Écriture dit 'et il l'égorgera' (ve-chahat, Nb 19:3) et la qualifie de 'houka' (statut, Nb 19:2) : seul l'abattage (chehita) la rend apte, non l'arifa.

2
וכל היכא דכתיב ביה חוקה, לא דרשינן קל וחומר? והא גבי יום הכפורים, דכתיב ביה חוקה, ותניא: ״ועשהו חטאת״ – הגורל עושה חטאת, ואין השם עושה חטאת.

Et partout où 'houka' est écrit à son sujet, ne déduisons-nous pas un raisonnement à fortiori (kal va-homer) ? Mais voici, à propos de Yom Kippour, où 'houka' est écrit à son sujet — et il est enseigné [dans une braita] : 'et il le rendra sacrifice expiatoire (chatat)' — le tirage au sort (goral) rend [le bouc] sacrifice expiatoire, et la désignation [verbale] (chem) ne [le] rend pas sacrifice expiatoire.

📜 Rachi (3)
וכל היכא דכתיב חוקה לעיכובא ואיכא לרבויי מלתא אחריתא בק"ו מי לא דרשינן ק"ו לרבויי ועיכובא דחוקה למילי אחרנייתא:
'Et partout où houka est écrit' — [c'est-à-dire] pour [marquer] un empêchement (ikouv) ; et [s'i]l'y a à inclure une autre chose par kal va-homer, ne déduisons-nous pas un kal va-homer pour inclure, [tout en gardant] l'empêchement du 'houka' pour d'autres choses ?
הא גבי יום הכפורים דכתיב גורל ונתן אהרן על שני וגו' וכתיב חוקה בסוף הפרשה ואי לאו דכתיב מיעוטא בהדיא דלא מקדיש בלא גורל הוה מרבינן בק"ו דקדיש על ידי קריאת שם בלא גורל:
'Voici à propos de Yom Kippour' — où il est écrit 'tirage au sort' : 'et Aaron placera sur les deux [boucs]...' et il est écrit 'houka' à la fin de la section ; et si ce n'était qu'un mot restrictif (mi'out) est écrit explicitement [enseignant] qu'il ne se consacre pas sans tirage, nous aurions inclus par kal va-homer qu'il se consacre par la désignation verbale (kriat chem) sans tirage.
דתניא הגורל לה' ועשהו חטאת דמשמע הגורל עושהו חטאת בנפילתו עליו ואין קריאת השם עושהו חטאת שאם אמר זה לשם וזה לעזאזל אין נקבעים בכך ומגריל עליהם אם הגורל משנה את קביעות קריאת שם הולכים אחר הגורל:
'Comme il est enseigné' — 'le sort pour l'Éternel' 'et il le rendra sacrifice expiatoire' — ce qui signifie [que] le sort le rend sacrifice expiatoire par sa chute (nefila) sur lui, et que la désignation verbale ne le rend pas sacrifice expiatoire ; car s'il a dit 'celui-ci pour l'Éternel et celui-ci pour Azazel', ils ne sont pas fixés par cela, et il [doit] tirer au sort sur eux ; [et] si le sort change la fixation de la désignation verbale, on suit le sort.
💡 Explication

Objection : le mot 'houka' bloque-t-il toujours le raisonnement à fortiori (kal va-homer) ? À Yom Kippour, 'houka' est écrit, et pourtant une braita doit enseigner que c'est le tirage au sort (goral) — et non la simple désignation verbale (chem) — qui fait du bouc un sacrifice expiatoire (chatat). Signe que sans ce verset explicite, on aurait infère autrement, malgré le 'houka'.

3
שיכול, והלא דין הוא: ומה במקום שלא קדש הגורל, קדש השם, מקום שקדש הגורל, אינו דין שקדש השם? תלמוד לומר: ״ועשהו חטאת״, הגורל עושה חטאת, ואין השם עושה חטאת.

Car on pourrait [croire que] — n'est-ce pas un raisonnement [logique] : et si, la où le tirage ne consacre pas, la désignation [verbale] consacre, la où le tirage consacre, n'est-il pas logique (din) que la désignation consacre ? L'Écriture [vient] enseigner 'et il le rendra sacrifice expiatoire' — le tirage rend [le bouc] sacrifice expiatoire, et la désignation ne [le] rend pas sacrifice expiatoire.

📜 Rachi (3)
שיכול והלא דין הוא אי לא כתיב הגורל ועשהו אלא קרא קמא דונתן אהרן על שני וגו' הייתי יכול לומר והלא דין הוא דהואיל והגורל קובען יהא אף קריאת השם קובען:
'Car on pourrait, et n'est-ce pas un raisonnement' — si 'le sort' 'et il le rendra' n'était pas écrit, mais seulement le premier verset 'et Aaron placera sur les deux...', j'aurais pu dire : et n'est-ce pas un raisonnement, puisque le sort les fixe, que la désignation verbale aussi les fixe ?
ומה במקום שלא קדש הגורל כגון קיני זבים ויולדות דאחד לחטאת וא' לעולה שאם הגריל עליהם שכתבו על אבן אחת חטאת ועל אבן אחת עולה והטילו עליהם בגורל לא מצינו שיהא הגורל קובען ואם רצה לשנותן הרשות בידו:
'Et si, la où le tirage ne consacre pas' — comme les couples [d'oiseaux] des zavim et des accouchées, dont l'un [est] pour le sacrifice expiatoire et l'un pour l'holocauste : car s'il a tiré au sort sur eux — [c'est-à-dire] qu'il a écrit sur une pierre 'expiatoire' et sur une [autre] pierre 'holocauste' et les a jetés sur eux par tirage — nous ne trouvons pas que le sort les fixe, et s'il a voulu les changer, le droit [est] en sa main.
קידש השם דמאחר שפירש זה לחטאת וזה לעולה אם שינה פסול דכתיב (דברים כג) מוצא שפתיך תשמור אלמא שם קבע ואם משנה נמצאת חטאת למעלה ועולה למטה. מקום שקדש כו':
'La désignation consacre' — car, dès lors qu'il a spécifié celui-ci pour le sacrifice expiatoire et celui-ci pour l'holocauste, s'il [les] change [c'est] invalidé, car il est écrit (Deut 23) 'l'issue de tes lèvres, tu garderas' — d'où [il ressort que] la désignation fixe, et s'il change il se trouve [que] le sacrifice expiatoire [serait offert] en haut et l'holocauste en bas. 'La où consacre etc.'
🗂️ Tossefot (1)
ומה במקום שלא קדש הגורל כו' ואם תאמר קינים גופייהו מנא לן שלא קדש הגורל אימא ק"ו איפכא ויש לומר דאיכא שום מיעוט:
'Et si, la où le tirage ne consacre pas etc.' — et si tu dis : les couples [d'oiseaux] eux-mêmes, d'où [savons]-nous que le sort ne [les] consacre pas ? dis [plutôt] le kal va-homer en sens inverse ! Et l'on peut dire qu'il y a [là] un mot restrictif (mi'out).
💡 Explication

La braita expose le kal va-homer qu'il a fallu écarter : la où le tirage ne consacre pas (les couples d'oiseaux du zav et de l'accouchée, fixés par la seule désignation), la désignation consacre ; donc à Yom Kippour, où le tirage consacre, ne devrait-elle pas à plus forte raison consacrer ? Le verset 'et il le rendra sacrifice expiatoire' coupe court : c'est le tirage qui fixe, non la désignation.

4
טעמא דכתב רחמנא ״ועשהו חטאת״, הא לאו הכי דרשינן קל וחומר!

La raison [en est donc] que le Miséricordieux a écrit 'et il le rendra sacrifice expiatoire' ; sinon (ha lav hakhi), nous déduirions un raisonnement à fortiori (kal va-homer) !

📜 Rachi (2)
טעמא דכתיב הגורל ועשהו דאמעיט ליה להא מלתא בהדיא:
'La raison [est] que [le verset] est écrit' — 'le sort' 'et il le rendra', [par quoi] cette chose a été exclue (im'eit) explicitement.
הא לאו הכי הוה מרבינן מקל וחומר ומוקמינן לחוקה למילי אחרנייתא:
'Sinon, nous aurions inclus par kal va-homer' — et nous aurions établi le 'houka' pour d'autres choses.
🗂️ Tossefot (1)
טעמא דכתב רחמנא ועשהו הא לאו הכי דרשינן ק"ו תימה דבפרק טרף בקלפי (יומא דף מא.) מוקי האי ברייתא כרבי יהודה משום דסתם ספרי רבי יהודה היא ורבי יהודה אית ליה בפרק הוציאו לו דלא כתיב חוקה אלא בדברים הנעשים בפנים בבגדי לבן והגרלה בחוץ הויא ואין לומר דשום תנא לא פליג אדרשא דועשהו ולא פליג עליה רבי נחמיה דאית ליה דכתיב חוקה אנעשה בחוץ דהא אשכחן רבי שמעון בפרק טרף בקלפי (יומא דף מ. ושם) דסבר דהגרלה לא מיעכבא וי"ל דפריך משום דבפרק טרף בקלפי (יומא דף לט:) דריש רבי ינאי מאשר עלה אשר עלה תרי זמני לעכב ופריך אלמא דרשינן ק"ו אע"ג דאיכא עיכובא אלא אמרת נוקמה אשר עלה לדרשא אחריתי משום ק"ו והשר מקוצי תירץ דהתם יליף מדכתיב זאת דלא כתיב חוקה אלא בדברים הנעשים בבגדי לבן בפנים והשתא פריך הכא שפיר דאי לא דרשינן ק"ו אמאי אצטריך זאת למעוטי דלא קאי חוקה בדברים הנעשים בחוץ דהא על כרחך לא כתיב חוקה אלא בדברים הנעשים בפנים דאי כתיב נמי בדברים הנעשים בחוץ אמאי אצטריך ועשהו אלא ודאי אע"ג דכתיב חוקה דרשינן ק"ו ואפילו כתיב נמי בחוץ הוה דרשינן ק"ו אי לאו דכתיב ועשהו ולכך אצטריך בזאת אבל מכל מקום הקשה ה"ר מנוח דמאי פריך והא לא כתיב חוקה אלא אעבודה והגרלה לאו עבודה היא וצריך עיון שם:
'La raison [est] que le Miséricordieux a écrit ve-asahou, sinon nous déduisons un kal va-homer' — c'est étonnant, car au chapitre Taraf ba-Kalpi (Yoma 41a) on établit cette braita selon Rabbi Yehouda, parce qu'un Sifri anonyme [suit] Rabbi Yehouda ; et Rabbi Yehouda tient, au chapitre Hotzi'ou Lo, que 'houka' n'est écrit qu'à propos des choses accomplies à l'intérieur, en habits blancs, et [que] le tirage au sort se fait au-dehors. Et l'on ne peut dire qu'aucun Tana ne diverge de l'exposition de 've-asahou', et que Rabbi Nehemia — qui tient que 'houka' est écrit à propos de ce qui se fait au-dehors — ne diverge pas à son sujet, car voici [que] nous trouvons Rabbi Chimon, au chapitre Taraf ba-Kalpi (Yoma 40a), qui tient que le tirage n'est pas un empêchement (lo me'akva). Et l'on peut dire qu'il objecte parce que, au chapitre Taraf ba-Kalpi (Yoma 39b), Rabbi Yannai expose, de 'acher ala' 'acher ala' [redit] deux fois, [un] empêchement, et l'on objecte : voici donc que nous déduisons un kal va-homer bien qu'il y ait un empêchement — [à quoi] tu dis [qu'il faut] établir 'acher ala' pour une autre exposition, à cause du kal va-homer. Et le Sar de Coucy a répondu que là-bas on déduit de ce qui est écrit 'zot' — car 'houka' n'est écrit qu'à propos de ce qui se fait en habits blancs à l'intérieur — et maintenant on objecte bien ici : car si nous ne déduisions pas le kal va-homer, pourquoi faudrait-il 'zot' pour exclure que 'houka' ne porte pas sur ce qui se fait au-dehors ? car de toute façon 'houka' n'est écrit qu'à propos de ce qui se fait à l'intérieur, car s'il était aussi écrit à propos de ce qui se fait au-dehors, pourquoi faudrait-il 've-asahou' ? Plutôt, certainement, bien que 'houka' soit écrit, nous déduisons un kal va-homer, et même s'il était aussi écrit [à propos de ce qui se fait] au-dehors nous déduirions un kal va-homer, n'était que 've-asahou' est écrit ; et c'est pourquoi 'zot' est nécessaire. Mais malgré tout, Rabbi Manoah a objecté : que vient objecter [le Talmud], puisque 'houka' n'est écrit qu'à propos du service (avoda), et le tirage au sort n'est pas un service ? et cela demande examen [là-bas].
💡 Explication

L'inférence du Talmud : c'est seulement parce que le verset 'et il le rendra sacrifice expiatoire' est écrit que l'on ne fait pas le kal va-homer ; sinon, on le ferait — et ce, malgré la présence du mot 'houka' à Yom Kippour. Donc 'houka' à lui seul ne bloque pas le à fortiori.

5
מיעט רחמנא גבי עגלה הערופה, ״זאת״ בעריפה, ואין אחרת בעריפה.

Le Miséricordieux a restreint (mi'et), à propos de la génisse à la nuque brisée (egla arufa), 'celle-ci' (zot) — [seule celle-ci est mise à mort] par la nuque brisée, et nulle autre par la nuque brisée.

📜 Rachi (1)
הערופה משמע זו ערופה ואין אחרת ערופה:
'Ha-arufa' (celle à la nuque brisée) — [cela] signifie : celle-ci [est] mise à mort par la nuque brisée, et nulle autre [n'est] mise à mort par la nuque brisée.
💡 Explication

Application à la para aduma. À propos de la génisse à la nuque brisée (egla arufa), le verset dit 'la génisse à la nuque brisée (ha-arufa)' (Deut 21:6) — le terme 'celle-ci' (zot / ha-) restreint : cette génisse-là est tuée par la nuque brisée, et aucune autre bête (ainsi la vache rousse) ne l'est. Voilà pourquoi on n'infère pas l'arifa pour la para.

6
ותהא עגלה כשרה בשחיטה מקל וחומר: ומה פרה שלא הוכשרה בעריפה – כשרה בשחיטה, עגלה שכשרה בעריפה – אינו דין שהוכשרה בשחיטה? אמר קרא: ״וערפו העגלה״ – בעריפה אין, בשחיטה לא.

Et que la génisse soit apte par l'abattage (chehita) par raisonnement à fortiori : et si la vache [rousse], qui n'a pas été rendue apte par la nuque brisée, est apte par l'abattage, la génisse, qui est apte par la nuque brisée, n'est-il pas logique qu'elle soit rendue apte par l'abattage ? L'Écriture dit 'et ils briseront la nuque de la génisse' (ve-aréfou ha-egla) — par la nuque brisée, oui ; par l'abattage, non.

📜 Rachi (1)
וערפו העגלה שנה עליה הכתוב לעכב:
'Et ils briseront la nuque de la génisse' — l'Écriture l'a redit à son sujet pour [marquer] un empêchement (ikouv).
💡 Explication

Symétrie inverse : par kal va-homer, la génisse devrait pouvoir être validée par l'abattage (si la vache rousse, inapte à l'arifa, est apte à la chehita, à plus forte raison la génisse...). Mais le verset 'et ils briseront la nuque de la génisse' (Deut 21:4), redoublé par rapport au premier verset, sert d'empêchement : pour la génisse, c'est l'arifa seulement, jamais la chehita.

7
מתני׳ כשר בכהנים פסול בלוים, כשר בלוים פסול בכהנים.

MICHNA. Il y a [un cas] valide chez les prêtres [et] invalide chez les Leviim, [et un cas] valide chez les Leviim [et] invalide chez les prêtres.

💡 Explication

La michna ouvre une série de paradoxes. Pour le service du Temple, il existe un critère valide chez les Cohanim (prêtres) mais invalidant chez les Leviim, et inversement. La Guemara précisera : les défauts (moumin) et les années (chanim) jouent en sens inverse pour les deux groupes.

8
גמ׳ תנו רבנן: כהנים, במומין – פסולים, בשנים – כשרים. לוים, במומין – כשרים, בשנים – פסולים. נמצא כשר בכהנים – פסול בלוים, כשר בלוים – פסול בכהנים.

GUEMARA. Nos Maîtres ont enseigné : les prêtres, par les défauts (moumin) — [sont] invalides, par les années — [sont] valides.

Les Leviim, par les défauts — [sont] valides, par les années — [sont] invalides. Il se trouve [donc qu'il y a un cas] valide chez les prêtres [et] invalide chez les Leviim, [et un cas] valide chez les Leviim [et] invalide chez les prêtres.

📜 Rachi (1)
לוים בשנים פסולים פחות מבן שלשים ויותר מבן נ' כדכתיב זאת אשר ללוים וגו' זאת משמע מיעוטא:
'Les Leviim, par les années [sont] invalides' — [pour] moins de trente ans et plus de cinquante ans, comme il est écrit 'ceci (zot) [est ce] qui [revient] aux Leviim...' : 'zot' signifie [un terme] restrictif (mi'outa).
💡 Explication

La braita explicite (voir le schéma). Le Cohen est invalide par les défauts (moumin, Lev 21) mais reste valide quel que soit son âge. Le Levi est valide malgré un défaut, mais invalide par les années (apte seulement de 30 à 50 ans). D'où les deux cas opposés de la michna.

9
מנא הני מילי? דתנו רבנן: ״זאת אשר ללוים״ – מה תלמוד לומר? לפי שנאמר: ״ומבן חמשים שנה ישוב״, למדנו ללוים שהשנים פוסלין בהם. יכול מומין פוסלין בהם? ודין הוא: ומה כהנים שאין השנים פוסלין בהן, מומין פוסלין בהן – לוים שהשנים פוסלין בהם, אינו דין שיהו מומין פוסלין בהם? תלמוד לומר: ״זאת אשר ללוים״ – זאת ללוים, ואין אחרת ללוים.

D'où ces choses [sont-elles tirées] ? Comme nos Maîtres ont enseigné : 'ceci [est ce] qui [revient] aux Leviim' (zot acher la-leviim) — que vient enseigner l'Écriture ?

Puisqu'il est dit 'et à partir de cinquante ans il se retirera' (Nb 8:25), nous avons appris, pour les Leviim, que les années les invalident. On pourrait [croire que] les défauts les invalident [aussi] ?

Et c'est un raisonnement : et si les prêtres, que les années n'invalident pas, les défauts les invalident, les Leviim, que les années invalident, n'est-il pas logique que les défauts les invalident ? L'Écriture [vient] enseigner 'ceci [est ce] qui [revient] aux Leviim' (zot acher la-leviim) — 'ceci' [revient] aux Leviim, et nulle autre [chose ne revient] aux Leviim.

📜 Rachi (2)
ומה כהנים שאין השנים פוסלין בהם כדיליף לקמיה אשר ללוים ולא אשר לכהנים:
'Et si les prêtres, que les années n'invalident pas' — comme on le déduit plus loin : 'acher la-leviim' (qui [revient] aux Leviim) et non 'acher la-cohanim' (qui [revient] aux prêtres).
זאת אשר ללוים כוליה יתירא הוא דכולה פרשתא בלוים היא והוה ליה למכתב מבן חמש ועשרים כו':
'Zot acher la-leviim' — c'est entièrement superflu, car toute la section [traite] des Leviim, et il aurait fallu écrire 'à partir de vingt-cinq ans...'.
🗂️ Tossefot (1)
זאת ללוים ולא אחרת ללוים תימה דבפרק כיצד הרגל (ב"ק דף כד.) דריש מוזאת תהיה טומאתו למעוטי זבה מראיות ופריך ואימא למעוטי זב מימים ומשני קאי בראיות ממעט ראיות קאי בראיות ממעט ימים ואמאי לא קאמר קאי בזב ממעט זב קאי בזב וממעט זבה דהכי מסתבר טפי כדמשמע פשטיה דקרא וזאת תהיה טומאתו ולא אחרת כדדרשינן הכא זאת ללוים ולא אחרת ללוים ויש לומר דהכא נמי הוה דרשינן זאת אשר ללוים ולא לכהנים אי לאו דדריש ליה מאשר ללוים אי נמי הכא דרשינן הכי משום דמזכיר ללוים בקרא אבל התם אי למעוטי זב קא אתי הוה ליה למכתב זאת שהיא טומאת הזב להזכיר הזב בקרא ור"י תירץ דזב וזבה שם אחד הוא ולהכי לא שייך למימר קאי בזב ממעט זב כו' דכך יש לי למעט זבה כמו זב:
'Zot [revient] aux Leviim et nulle autre [chose] aux Leviim' — c'est étonnant, car au chapitre Keitzad ha-Reguel (Baba Kama 24a) on expose, de 'et ceci (ve-zot) sera son impureté', [un terme] restrictif [pour] exclure la zava des 'visions' (ré'iyot), et l'on objecte : dis [plutôt] qu'il [vient] exclure le zav des 'jours' (yamim) ; et l'on répond : [puisque le verset] traite des visions, il exclut les visions ; [puisqu'il] traite des visions, il exclut les jours. Et pourquoi ne dit-on pas : [puisqu'il] traite du zav, il exclut le zav ; [puisqu'il] traite du zav, il exclut la zava — ce qui serait plus logique, comme l'implique le sens simple du verset 'et ceci sera son impureté et non une autre', ainsi que nous exposons ici 'zot [revient] aux Leviim et non une autre [chose] aux Leviim' ? Et l'on peut dire qu'ici aussi nous exposerions 'zot acher la-leviim et non aux prêtres', n'était que [le Talmud] l'expose de 'acher la-leviim'. Ou bien [encore], ici nous exposons ainsi parce qu'il mentionne 'la-leviim' dans le verset, mais là-bas, s'il venait exclure le zav, il aurait fallu écrire 'ceci [est] l'impureté du zav' pour mentionner le zav dans le verset. Et le Ri a répondu que 'zav' et 'zava' [sont] un seul nom, et c'est pourquoi il ne convient pas de dire '[puisqu'il] traite du zav, il exclut le zav etc.', car j'ai [autant lieu] d'exclure la zava que le zav.
💡 Explication

Dérivation. On sait que les années invalident le Levi ('à partir de cinquante ans il se retirera'). On pourrait croire, par kal va-homer, que les défauts aussi l'invalident (puisqu'ils invalident le prêtre, que les années n'atteignent pourtant pas). Le verset 'ceci [est ce] qui revient aux Leviim' (zot acher la-leviim, Nb 8:24) restreint : seule cette cause-la (les années) invalide le Levi, et nulle autre (donc pas les défauts).

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יכול יהו הכהנים פסולין בשנים? והלא דין הוא: ומה לוים שאין מומין פוסלין בהם – שנים פוסלין בהם, כהנים שהמומין פוסלין בהם – אינו דין שיהו שנים פוסלין בהם? תלמוד לומר: ״אשר ללוים״ – ולא אשר לכהנים.

On pourrait [croire] que les prêtres seraient invalides par les années ? Et n'est-ce pas un raisonnement : et si les Leviim, que les défauts n'invalident pas, les années les invalident, les prêtres, que les défauts invalident, n'est-il pas logique que les années les invalident [aussi] ?

L'Écriture dit 'qui [revient] aux Leviim' (acher la-leviim) — et non 'qui [revient] aux prêtres' (acher la-cohanim).

💡 Explication

L'inverse, pour le prêtre. Par kal va-homer, on pourrait croire que les années invalident le prêtre (si elles invalident le Levi, que les défauts pourtant n'atteignent pas, à plus forte raison le prêtre que les défauts atteignent...). Le verset 'qui revient aux Leviim' (acher la-leviim) le limite : les années invalident les Leviim, non les prêtres.

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יכול אף בשילה ובבית עולמים כן? תלמוד לומר ״לעבד עבדת עבודה ועבדת משא״, לא אמרתי אלא בזמן שהעבודה בכתף.

On pourrait [croire qu'il en est] de même à Chilo et au Temple éternel (beit olamim) ? L'Écriture dit 'pour accomplir le travail du service et le travail de portage' (Nb 4:47) — je n'ai dit [cela] qu'au temps où le service [se fait] à l'épaule (be-katef).

📜 Rachi (1)
יכול אף בשילה ובית עולמים שאין עבודת לוים אלא שוערים ומשוררים יהו נפסלין בשנים:
'On pourrait [croire qu'il en est] de même à Chilo et au Temple éternel' — où le service des Leviim n'est que [d'être] portiers (cho'arim) et chantres (méchorérim) : [on pourrait croire] qu'ils seraient invalides par les années.
🗂️ Tossefot (1)
יכול אף בשילה ובית עולמים כן משמע דאי לאו מיעוט הוו גמרי מהדדי וכן בריש עירובין (ד' ב.) דפריך והא קרא במשכן כתיב ומשני אשכחן מקדש דאיקרי משכן ומשכן דאיקרי מקדש ותימה דבפ' ידיעות (שבועות דף טז: ושם) משמע דלא גמרינן מהדדי אי לאו דכתיב תרי קראי דקאמר התם לכתוב או אידי ואידי מקדש או אידי ואידי משכן וכן בסוטה בפרק היה מביא (סוטה ד' טז.) מצריך תרי קראי לאתויי שילה ובית עולמים ובפרק שני שעירי (יומא ד' סז:) גבי מדבר המדברה ובפרק טרף בקלפי (יומא ד' מד.) גבי וכל אדם לא יהיה באהל מועד ובפרק הוציאו לו (יומא נג.) גבי מעלה עשן ותירץ ה"ר נתנאל דבעירובין לא צריך קרא למקדש דעיקר דרשא באה על המקדש דבמשכן לא היו דלתות והא דהכא סברא היא אם לא היה הפסוק שיפסלו אף בשילה ובית עולמים הואיל ואינו תלוי בקדושת המשכן [וע"ע תוס' עירובין ב. ד"ה אשכחן ותוס' יומא דף מד. ד"ה בשילה ותוס' סוטה ד' טז. ד"ה ובית ותוס' שבועות טז: ד"ה או אידי]:
'On pourrait [croire qu'il en est] de même à Chilo et au Temple éternel' — [cela] implique que, sans le mot restrictif, on les aurait déduits l'un de l'autre ; et de même au début de Erouvin (2a), où l'on objecte : mais voici [que] le verset est écrit à propos du Tabernacle (michkan) ! et l'on répond : nous trouvons [que] le Temple (mikdach) est appelé 'michkan' et [que] le Tabernacle est appelé 'mikdach'. Et c'est étonnant, car au chapitre Yédi'ot (Chevouot 16b) il ressort que nous ne [les] déduisons pas l'un de l'autre n'était que deux versets sont écrits, car on y dit : qu'[il] écrive ou bien l'un et l'autre 'mikdach', ou bien l'un et l'autre 'michkan'. Et de même dans Sota, au chapitre Haya Mevi (16a), [le Talmud] requiert deux versets pour inclure Chilo et le Temple éternel ; et au chapitre Chnei Se'irei (Yoma 67b) à propos de 'midbar' 'ha-midbara' ; et au chapitre Taraf ba-Kalpi (Yoma 44a) à propos de 'et nul homme ne sera dans la tente d'assignation' ; et au chapitre Hôtzi'ou Lo (Yoma 53a) à propos de 'ma'aleh achan'. Et Rabbi Netanel a répondu que, dans Erouvin, point n'est besoin de verset pour le Temple, car l'exposition principale porte sur le Temple, puisque dans le Tabernacle il n'y avait pas de portes (delatot) ; et ce qui [est dit] ici [relève] du raisonnement (sevara) : sans le verset, ils seraient invalides aussi à Chilo et au Temple éternel, puisque cela ne dépend pas de la sainteté du Tabernacle. [Voir encore les Tossefot d'Erouvin 2a 'achkahan', de Yoma 44a 'be-Chilo', de Sota 16a 'û-veit', de Chevouot 16b 'o idi'.]
💡 Explication

L'invalidité par l'âge est-elle permanente ? On pourrait croire que les Leviim sont invalides par les années aussi à Chilo et au Temple éternel (beit olamim). Le verset 'pour accomplir le travail du service et le travail de portage' (Nb 4:47) restreint : cette règle ne vaut qu'au temps du portage (be-katef, sur l'épaule), c'est-à-dire au désert. À Chilo et au Temple, où il n'y a plus de portage, l'âge n'invalide plus.

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כתוב אחד אומר: ״מבן חמש ועשרים שנה ומעלה״, וכתוב אחד אומר: ״מבן שלשים״, אי אפשר לומר שלשים, שכבר נאמר חמש ועשרים, ואי אפשר לומר חמש ועשרים, שכבר נאמר שלשים. הא כיצד? חמש ועשרים לתלמוד, ושלשים לעבודה.

Un verset dit 'à partir de vingt-cinq ans et au-dessus' (Nb 8:24), et un [autre] verset dit 'à partir de trente ans' (Nb 4:47). Il est impossible de dire trente, puisqu'il est déjà dit vingt-cinq ; et il est impossible de dire vingt-cinq, puisqu'il est déjà dit trente.

Comment cela [se concilie-t-il] ? Vingt-cinq pour l'apprentissage (talmoud), et trente pour le service.

📜 Rachi (1)
ללמוד ללמוד הלכות עבודה:
'Pour apprendre' — pour apprendre les lois du service (hilkhot avoda).
💡 Explication

Confrontation de deux versets sur l'âge léviy : 25 ans (Nb 8:24) et 30 ans (Nb 4:3). On ne peut effacer ni l'un ni l'autre. Conciliation : à 25 ans commence l'apprentissage (talmoud, l'étude des lois du service) ; à 30 ans commence le service effectif. Cinq ans d'apprentissage précèdent donc le service.

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מכאן לתלמיד שלא ראה סימן יפה במשנתו חמש שנים – שוב אינו רואה. רבי יוסי אומר: שלש שנים, שנאמר: ״ולגדלם שנים שלש״, ״וללמדם ספר ולשון כשדים״.

De là [on apprend] qu'un élève (talmid) qui n'a pas vu de bon signe (siman yafe) dans son étude (michna) en cinq ans, ne [le] verra plus [désormais]. Rabbi Yossi dit : [en] trois ans, comme il est dit 'et pour les élever trois ans' (Daniel 1:5), 'et pour leur enseigner l'écriture et la langue des Chaldéens' (Daniel 1:4).

📜 Rachi (2)
שלא ראה סימן יפה לומד ושוכחו:
'Qui n'a pas vu de bon signe' — il apprend et [l']oublie.
רבי יוסי אומר בשלשה שנים צריך שיהא רואה סימן יפה במשנתו:
'Rabbi Yossi dit : en trois ans' — il faut qu'il voie un bon signe dans son étude.
💡 Explication

Application morale : un élève qui, après cinq ans d'étude, n'a pas vu de 'bon signe' (siman yafe, un fruit, un progrès) dans son étude n'en verra plus — qu'il s'oriente autrement. Rabbi Yossi abaisse le délai à trois ans, d'après Daniel et ses compagnons, élevés trois ans et instruits dans la langue chaldéenne.

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ואידך – שאני לשון כשדים, דקליל. ואידך – שאני הלכות עבודה, דתקיפין.

Et l'autre [Tana, qui dit cinq ans, comment lit-il Daniel] ? La langue des Chaldéens (lechon kasdim) est différente, car elle [est] facile (kalil).

Et l'autre [Rabbi Yossi, comment lit-il les versets des Leviim] ? Les lois du service (hilkhot avoda) sont différentes, car elles [sont] ardues (takifin).

📜 Rachi (1)
דתקיפין להוריד המשכן לפרקו ולנטותו להעמיד קרסיו וקרשיו והשיר לקרבן בפה ובכלי:
'Car elles [sont] ardues' — [il faut] descendre le Tabernacle, le démonter et le dresser, ériger ses crochets et ses planches, et [exécuter] le chant pour le sacrifice, à la voix et avec l'instrument.
💡 Explication

Chaque Tana répond à la preuve de l'autre. Celui qui dit cinq ans écarte Daniel : la langue chaldéenne est facile (kalil), donc trois ans y suffisent, sans valeur de règle générale. Et Rabbi Yossi (trois ans) écarte les versets des Leviim : les lois du service sont particulièrement ardues (takifin), d'où les cinq ans dans ce cas précis.

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תנו רבנן: כהן משיביא שתי שערות עד שיזקין – כשר לעבודה, ומומין פוסלין בו. בן לוי מבן שלשים ועד בן חמשים כשר לעבודה, ושנים פוסלין בו. במה דברים אמורים? באהל מועד שבמדבר, אבל בשילה ובבית עולמים אין נפסלין אלא בקול. אמר רבי יוסי: מאי קרא?

Nos Maîtres ont enseigné : un prêtre (cohen), depuis qu'il fait paraître deux poils (puberté) jusqu'à ce qu'il vieillisse — [est] valide pour le service, et les défauts (moumin) l'invalident. Un fils de Levi, de trente ans jusqu'à cinquante ans, [est] valide pour le service, et les années (chanim) l'invalident.

En quel cas cela est-il dit ? Pour la tente d'assignation (ohel mo'ed) qui [était] au désert ; mais à Chilo et au Temple éternel (beit olamim), ils ne sont invalides que par la voix (kol).

Rabbi Yossi a dit : quel [est] le verset ?

📜 Rachi (2)
משיביא שתי שערות אבל מקמי הכי לא כדיליף לקמן איש איש מזרעך וגו':
'Depuis qu'il fait paraître deux poils' — mais avant cela, non, comme on le déduit plus loin : 'tout homme de ta descendance...'.
במה דברים אמורים שהשנים פוסלות בהן: ירושלים נקראת בית עולמים דמשנחרבה לא היתה אחריה היתר לשאר מקומות אבל קדושת שילה היתה אחריה היתר לבמות כל ימי נוב וגבעון:
'En quel cas cela est-il dit' — que les années les invalident. Jérusalem est appelée 'beit olamim' (Temple éternel), car depuis qu'elle fut détruite il n'y eut plus, après elle, de permission [d'offrir] dans d'autres lieux ; mais [pour] la sainteté de Chilo il y eut, après elle, permission [d'offrir] sur les hauts-lieux (bamot) tous les jours de Nov et de Guiv'on.
💡 Explication

Récapitulation. Le Cohen est apte dès la puberté ('deux poils') jusqu'à la vieillesse ; seuls les défauts l'invalident. Le Levi est apte de 30 à 50 ans ; les années l'invalident. Mais cette limite d'âge vaut seulement au désert (portage). À Chilo et au Temple éternel, où le Levi ne fait plus que chanter et garder, il n'est invalide que par la voix (kol) qui change [et ne lui permet plus de chanter]. La sougya reste suspendue sur la question de Rabbi Yossi : 'quel est le verset ?'

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).