Sougya : La sougya achève l'examen des âges d'aptitude au service : le Levi est écarté du chant des qu'il vieillit (jusqu'au tremblement des mains), tandis qu'un appui rabbinique (la non-émission d'urine après le bain) distingue le vieillard du jeune ; Rabbi Hanina, octogénaire encore alerte, l'attribue aux soins de sa mère. Une braita fixe l'aptitude du Cohen : barbe pleine pour être officiant public et bénir, deux poils pour le service, et selon Rabbi vingt ans (appuyé sur le verset d'Ezra, dérivé aux Cohanim car ils sont vingt-quatre fois nommés 'Lévites').
Le verset 'un homme de ta descendance' exclut le mineur, même sans défaut. La michna passe à la tohorat ha-kelim : ce qui est pur dans un récipient de terre cuite (kli hères) est impur dans tous les autres, et inversement — la terre cuite reçoit l'impureté par son air intérieur (avir) et non par son dos, les autres par leur dos et non par leur air.
La Guemara le dérive du mot 'tokho' (en lui) par une guezera chava : de même qu'il transmet sans contact, il reçoit sans contact.
[Il est écrit :] 'et ce fut comme un seul [homme], pour les sonneurs de trompette et les chantres, [pour] faire entendre une seule voix' (II Chroniques 5:13). [De là on apprend que les Lévites doivent pouvoir chanter d'une seule voix, et celui qui ne le peut pas est invalide pour le service.]
Conclusion de la règle précédente sur l'aptitude du Levi au chant (chir) : le verset des Chroniques exige une seule voix (kol ehad) commune. Ce qui invalide le Levi, ce n'est donc pas un défaut du corps (moum) mais l'altération de la voix.
'Jusqu'à ce qu'il vieillisse' — jusqu'à quand [le Levi reste-t-il apte] ? Rabbi Ela a dit au nom de Rabbi Hanina : jusqu'à ce qu'il tremble.
La braita disait que le Levi sert 'jusqu'à ce qu'il vieillisse' (yazkin). Jusqu'à quel point ? Rabbi Hanina précise : jusqu'au tremblement (ritta) des mains et des pieds, qui empêche le service par perte de force.
Nous avons appris là (Mikvaot 8:4) : celui qui a eu une émission séminale (baal keri), qui s'est immergé (taval) et n'a pas urine, lorsqu'il urinera — [il est] impur. Rabbi Yossi dit : chez un malade et chez un vieillard — impur ; chez un jeune et chez un [homme] bien portant — pur.
Digression sur les âges, par une michna de Mikvaot. Un baal keri qui s'immerge sans avoir urine : quand il urinera ensuite, un résidu de semence sort avec l'urine et le rend de nouveau impur. Rabbi Yossi distingue selon la vigueur : chez le malade ou le vieillard (corps faible, résidu) impur, chez le jeune ou le bien portant (tout est sorti d'emblée) pur.
Un jeune (yeled), jusqu'à quel [âge] ? Rabbi Ela a dit au nom de Rabbi Hanina : tout [homme] qui se tient sur une seule jambe et [parvient à] ôter sa chaussure et à chausser sa chaussure.
On a dit à propos de Rabbi Hanina qu'il avait quatre-vingts ans et se tenait sur une seule jambe et ôtait sa chaussure et chaussait sa chaussure. Rabbi Hanina a dit : l'eau chaude et l'huile dont ma mère m'a enduit dans mon enfance, ce sont elles qui m'ont soutenu au temps de ma vieillesse.
Définition du 'jeune' (yeled) de Rabbi Yossi : non par les années mais par la vigueur — qui peut, sur une seule jambe, se chausser et se déchausser. Rabbi Hanina lui-même, à quatre-vingts ans, en était capable, et l'attribue aux soins de sa mère (eau chaude et huile) dans son enfance.
Nos Maîtres ont enseigné : [celui dont] la barbe s'est remplie (nitmallé zekano) est digne d'être fait officiant public (cheliah tzibour), de descendre devant l'arche (la-teva), et de lever ses mains (lissa et kapav, la bénédiction sacerdotale). À partir de quand [le Cohen] est-il apte au service ?
Dès qu'il produit deux poils (chetei searot). Rabbi dit : je dis [qu'il ne l'est pas] avant d'avoir vingt ans.
Braita sur le Cohen. Pour être cheliah tzibour, descendre 'devant la teva' (mener la prière) et faire la bénédiction sacerdotale (nessiat kapayim), il faut la barbe pleine. Pour le service au Temple, il suffit des deux poils (signe de puberté) ; mais Rabbi exige vingt ans.
Rav Hisda a dit : quelle est la raison de Rabbi ? Car il est écrit : 'et ils établirent les Lévites depuis l'âge de vingt ans et au-dessus pour diriger (lénatseah) le travail de la Maison de l'Éternel' (Ezra 3:8).
Et l'autre [Tana, qui dit deux poils] ? — 'pour diriger' (lénatseah) est différent.
Rav Hisda fonde l'avis de Rabbi (vingt ans) sur le verset d'Ezra : on n'établit les Lévites pour 'diriger' le travail du Temple qu'à partir de vingt ans. L'autre Tana répond : le verset parle de 'diriger' (lénatseah), c'est-à-dire les travaux lourds qui exigent direction et force, donc cela n'enseigne rien sur l'âge du service ordinaire.
Mais ce verset n'est-il pas écrit à propos des Lévites ? — [Il s'applique aux Cohanim] selon [l'enseignement de] Rabbi Yehochoua ben Levi ; car Rabbi Yehochoua ben Levi a dit : en vingt-quatre endroits les Cohanim ont été appelés 'Lévites', et celui-ci [en] est l'un d'eux : 'et les Cohanim, les Lévites, fils de Tsadok' (Ezechiel 44:15).
Objection : le verset d'Ezra parle des Lévites, pas des Cohanim ! Réponse : selon Rabbi Yehochoua ben Levi, l'Écriture nomme les Cohanim 'Lévites' en vingt-quatre endroits (l'un d'eux : 'les Cohanim, les Lévites, fils de Tsadok', Tsadok étant un Cohen) ; le verset d'Ezra est un autre de ces endroits.
Nos Maîtres ont enseigné : 'un homme de ta descendance, dans leurs générations' (Lévitique 21:17) — de là, Rabbi Elazar a dit : un mineur (katan) est invalide pour le service, et [cela] même [s'il est] intègre (tam, sans défaut). À partir de quand est-il apte au service ?
Dès qu'il produit deux poils. Mais ses frères les Cohanim ne le laissent pas servir avant qu'il ait vingt ans.
Source scripturaire de l'invalidité du mineur : 'un homme (ich) de ta descendance' — il faut un homme, donc le katan est invalide pour le service même sans défaut (tam). Il devient apte d'après la Torah dès les deux poils ; mais en pratique ses frères les Cohanim ne le laissent pas servir avant vingt ans.
Certains disent : ceci [est l'avis de] Rabbi, et il ne tient pas [non plus] l'invalidité [édictée] par les Maîtres [d'ordre rabbinique]. Et certains disent : Rabbi tient l'invalidité d'ordre rabbinique, et ceci [la braita précédente est l'avis] des Maîtres ; et c'est à priori (lekhatchila) que [le mineur de plus de deux poils] ne [sert] pas, mais à posteriori (bediavad) — son service est valide.
Deux lectures de la braita. Version 1 : c'est l'avis de Rabbi, qui ne reconnaît aucune invalidité (même rabbinique) entre les deux poils et vingt ans — seuls les frères Cohanim l'empêchent à priori. Version 2 : Rabbi tient une invalidité rabbinique [même à posteriori] ; la braita est l'avis des Maîtres, pour qui c'est interdit seulement à priori, mais à posteriori son service est valide.
MICHNA : ce qui est pur dans un récipient de terre cuite (kli hères) est impur dans tous les [autres] récipients ; ce qui est pur dans tous les [autres] récipients est impur dans un récipient de terre cuite.
Nouvelle michna, sur l'impureté des récipients (tohorat ha-kelim). Le récipient de terre cuite (kli hères) et tous les autres récipients ont des statuts inverses : ce qui rend impur l'un laisse l'autre pur, et réciproquement. La guemara qui suit en donne la clé : la terre cuite par son air intérieur, les autres par leur dos.
GUEMARA : nos Maîtres ont enseigné : l'air (avir) d'un récipient de terre cuite [est] impur, et son dos (gav) [est] pur ; l'air de tous les [autres] récipients [est] pur, et leur dos [est] impur. Il se trouve [donc] que ce qui est pur dans un récipient de terre cuite [est] impur dans tous les [autres] récipients, et ce qui est pur dans tous les [autres] récipients [est] impur dans un récipient de terre cuite.
La braita explicite la michna (voir le schéma). La terre cuite reçoit l'impureté par son air intérieur (avir : l'impureté pénètre l'espace intérieur, sans même toucher) et non par son dos (gav, paroi extérieure). Les autres récipients : l'inverse — par le dos au contact, jamais par l'air. D'où les statuts inverses de la michna.
D'où ces choses [sont-elles tirées] ? Car nos Maîtres ont enseigné : 'en lui (tokho)' — et [cela] même s'il n'a pas touché.
Recherche de la source biblique. La braita lit le mot 'tokho' (en lui, dans son intérieur) du verset 'tout récipient de terre cuite dans lequel tombe l'un d'eux...' (Lev 11:33) : le récipient devient impur même sans contact direct de l'impureté avec ses parois — il suffit que l'impureté soit dans son air intérieur.
Tu dis [que c'est] même s'il n'a pas touché, ou [est-ce] seulement [le cas] s'il a touché ? Rabbi Yonatan ben Avtolemos dit : il est dit 'en lui (tokho)' pour rendre impur (le-tame), et il est dit 'en lui (tokho)' pour [le récipient qui] devient impur (le-ittame) ; de même que 'tokho' énonce pour rendre impur [vaut] même s'il n'a pas touché, de même 'tokho' énonce pour [le récipient qui] devient impur [vaut] même s'il n'a pas touché.
Une guezera chava (voir le schéma). Le mot 'tokho' figure deux fois : (1) 'tout ce qui est en lui deviendra impur' — le récipient rend impurs (le-tame) les aliments suspendus dans son air, sans contact ; (2) 'dans lequel (be-tokho) tombe l'un d'eux' — le récipient devient impur (le-ittame). On apprend l'un de l'autre : comme le premier vaut sans contact, le second aussi vaut sans contact.
Et la (pour rendre impurs les aliments dans l'air), d'où [le tenons-]nous ? Rabbi Yonatan a dit : la Torah a témoigné au sujet du récipient de terre cuite
Question complémentaire : et pour le premier 'tokho' (le récipient rend impurs les aliments suspendus dans son air), d'où le sait-on ? Rabbi Yonatan répond : la Torah l'a attesté expressément — par 'tout ce qui est en lui (be-tokho) deviendra impur', le récipient transmet l'impureté à ce qui est dans son air [même rempli, fût-ce de petits grains comme la moutarde]. La phrase reste ouverte, l'énoncé se poursuit au daf suivant.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).