Chullin 24b — l'âge d'aptitude des Lévites et des Cohanim, et l'impureté du récipient de terre cuite par son air

Chullin 24b

Sougya : La sougya achève l'examen des âges d'aptitude au service : le Levi est écarté du chant des qu'il vieillit (jusqu'au tremblement des mains), tandis qu'un appui rabbinique (la non-émission d'urine après le bain) distingue le vieillard du jeune ; Rabbi Hanina, octogénaire encore alerte, l'attribue aux soins de sa mère. Une braita fixe l'aptitude du Cohen : barbe pleine pour être officiant public et bénir, deux poils pour le service, et selon Rabbi vingt ans (appuyé sur le verset d'Ezra, dérivé aux Cohanim car ils sont vingt-quatre fois nommés 'Lévites').

Le verset 'un homme de ta descendance' exclut le mineur, même sans défaut. La michna passe à la tohorat ha-kelim : ce qui est pur dans un récipient de terre cuite (kli hères) est impur dans tous les autres, et inversement — la terre cuite reçoit l'impureté par son air intérieur (avir) et non par son dos, les autres par leur dos et non par leur air.

La Guemara le dérive du mot 'tokho' (en lui) par une guezera chava : de même qu'il transmet sans contact, il reçoit sans contact.

Lévites et Cohanim : à partir de quand, jusqu'à quand sont-ils aptes ? Levi (le chant, chir) début : à 30 ans (apprentissage 5 ans avant) fin : seule la VOIX (kol) l'invalide, pas un défaut du corps (moum) 'jusqu'à ce qu'il vieillisse' = jusqu'au tremblement Cohen (le service, avoda) début : des deux poils (chetei searot) un mineur (katan) est invalide, même sans défaut fin : seul un défaut (moum) l'invalide, pas l'âge (il ne vieillit pas du service) Les trois âges du Cohen pour le service deux poils apte d'après la Torah barbe pleine officiant public, bénédiction vingt ans (Rabbi) les autres Cohanim ne le laissent pas servir avant
Levi et Cohen : à quel âge l'aptitude commence et ce qui l'invalide (segments 1-8).
Terre cuite (kli hères) contre tous les autres récipients : où se prend l'impureté ? Récipient de terre cuite la source d'impureté tombe dans l'AIR (avir) intérieur (avir) : IMPUR dos / paroi extérieure (gav) : PUR Tous les autres récipients contact par le dos intérieur (avir) : PUR dos extérieur (gav) : IMPUR terre cuite : par l'air, jamais par le dos ; autres : par le dos, jamais par l'air -> statuts inverses
La michna et sa braita (segments 9-10) : statuts inverses de la terre cuite et des autres récipients.
1
״ויהי כאחד למחצצרים ולמשררים להשמיע קול אחד״.

[Il est écrit :] 'et ce fut comme un seul [homme], pour les sonneurs de trompette et les chantres, [pour] faire entendre une seule voix' (II Chroniques 5:13). [De là on apprend que les Lévites doivent pouvoir chanter d'une seule voix, et celui qui ne le peut pas est invalide pour le service.]

📜 Rachi (2)
ויהי כאחד אפילו זקנים במשמע:
Et ce fut comme un seul — même les anciens (zekenim) sont compris [dans le sens du verset, c'est-à-dire que le verset englobe aussi les Lévites âgés].
קול אחד שצריכין לבשם את קולם שיהא נראה כקול אחד:
Une seule voix — car ils doivent affiner (lessamem) leur voix de sorte qu'elle paraisse [comme] une seule voix.
💡 Explication

Conclusion de la règle précédente sur l'aptitude du Levi au chant (chir) : le verset des Chroniques exige une seule voix (kol ehad) commune. Ce qui invalide le Levi, ce n'est donc pas un défaut du corps (moum) mais l'altération de la voix.

2
עד שיזקין – עד כמה? אמר רבי אלעא אמר רבי חנינא: עד שירתת.

'Jusqu'à ce qu'il vieillisse' — jusqu'à quand [le Levi reste-t-il apte] ? Rabbi Ela a dit au nom de Rabbi Hanina : jusqu'à ce qu'il tremble.

📜 Rachi (1)
שירתת ידיו ורגליו רותתין מאין כח:
Jusqu'à ce qu'il tremble — ses mains et ses pieds tremblent par manque de force.
💡 Explication

La braita disait que le Levi sert 'jusqu'à ce qu'il vieillisse' (yazkin). Jusqu'à quel point ? Rabbi Hanina précise : jusqu'au tremblement (ritta) des mains et des pieds, qui empêche le service par perte de force.

3
תנן התם: בעל קרי שטבל ולא הטיל מים, לכשיטיל – טמא. רבי יוסי אומר: בחולה ובזקן – טמא, בילד ובבריא – טהור.

Nous avons appris là (Mikvaot 8:4) : celui qui a eu une émission séminale (baal keri), qui s'est immergé (taval) et n'a pas urine, lorsqu'il urinera — [il est] impur. Rabbi Yossi dit : chez un malade et chez un vieillard — impur ; chez un jeune et chez un [homme] bien portant — pur.

📜 Rachi (3)
ולא הטיל מים קודם טבילה:
Et n'a pas urine — avant l'immersion.
לכשיטיל מים טמא שמא נשאר בפי האמה צחצוח קרי ויוצא עם מי רגלים ושכבת זרע מטמאה בכל שהוא אפילו בכעין חרדל כדתנן במסכת נדה (דף מ.):
Lorsqu'il urinera [il est] impur — car peut-être est-il reste, à l'orifice du membre, un suintement (tzihtzouah) de semence, qui sort avec l'urine ; et la semence rend impur en quelque quantité que ce soit, même [d'une quantité] comme [un grain de] moutarde, ainsi que nous l'avons appris au traité Nidda (page 40a).
בילד ובבריא טהור דמעיקרא נפיק כוליה:
Chez un jeune et chez un [homme] bien portant [il est] pur — car dès le début tout est sorti.
💡 Explication

Digression sur les âges, par une michna de Mikvaot. Un baal keri qui s'immerge sans avoir urine : quand il urinera ensuite, un résidu de semence sort avec l'urine et le rend de nouveau impur. Rabbi Yossi distingue selon la vigueur : chez le malade ou le vieillard (corps faible, résidu) impur, chez le jeune ou le bien portant (tout est sorti d'emblée) pur.

4
ילד עד כמה? אמר רבי אלעא אמר רבי חנינא: כל שעומד על רגלו אחת וחולץ מנעלו ונועל מנעלו. אמרו עליו על רבי חנינא, שהיה בן שמונים שנה והיה עומד על רגלו אחת וחולץ מנעלו ונועל מנעלו. אמר רבי חנינא: חמין ושמן שסכתני אמי בילדותי הן עמדו לי בעת זקנותי.

Un jeune (yeled), jusqu'à quel [âge] ? Rabbi Ela a dit au nom de Rabbi Hanina : tout [homme] qui se tient sur une seule jambe et [parvient à] ôter sa chaussure et à chausser sa chaussure.

On a dit à propos de Rabbi Hanina qu'il avait quatre-vingts ans et se tenait sur une seule jambe et ôtait sa chaussure et chaussait sa chaussure. Rabbi Hanina a dit : l'eau chaude et l'huile dont ma mère m'a enduit dans mon enfance, ce sont elles qui m'ont soutenu au temps de ma vieillesse.

💡 Explication

Définition du 'jeune' (yeled) de Rabbi Yossi : non par les années mais par la vigueur — qui peut, sur une seule jambe, se chausser et se déchausser. Rabbi Hanina lui-même, à quatre-vingts ans, en était capable, et l'attribue aux soins de sa mère (eau chaude et huile) dans son enfance.

5
תנו רבנן: נתמלא זקנו, ראוי ליעשות שליח ציבור, ולירד לפני התיבה, ולישא את כפיו. מאימתי כשר לעבודה? משיביא שתי שערות. רבי אומר: אומר אני, עד שיהא בן עשרים.

Nos Maîtres ont enseigné : [celui dont] la barbe s'est remplie (nitmallé zekano) est digne d'être fait officiant public (cheliah tzibour), de descendre devant l'arche (la-teva), et de lever ses mains (lissa et kapav, la bénédiction sacerdotale). À partir de quand [le Cohen] est-il apte au service ?

Dès qu'il produit deux poils (chetei searot). Rabbi dit : je dis [qu'il ne l'est pas] avant d'avoir vingt ans.

📜 Rachi (2)
שליח ציבור לכל צרכיהם לתקוע שופר ולנדות ולמנות פרנס:
Officiant public — pour tous leurs besoins : sonner du chofar, prononcer la mise au ban (lénadot), et désigner un administrateur (parnass).
משיביא שתי שערות אבל קטן לא דכתיב איש מזרעך כדלקמן:
Dès qu'il produit deux poils — mais un mineur (katan) non, car il est écrit 'un homme de ta descendance', comme [expliqué] plus loin.
🗂️ Tossefot (1)
נתמלא זקנו ראוי ליעשות שליח ציבור ולירד לפני התיבה ולישא את כפיו תימה דבפ' הקורא את המגילה (מגילה דף כד.) אמרינן קטן קורא בתורה ואינו פורס על שמע ולא יורד לפני התיבה ולא נושא את כפיו משמע הא הביא שתי שערות יורד לפני התיבה ונושא את כפיו ויש לומר דכשהביא ב' שערות יכול לירד לפני התיבה אבל ליעשות שליח ציבור קבוע או להתפלל בתעניות ובמעמדות אינו נעשה עד שיתמלא זקנו כדאמרי' במסכת תענית (דף טו.) אין מורידין לפני התיבה אלא זקן ורגיל וא"ת דבסוף לולב הגזול (סוכה דף מב.) משמע דאפילו קטן נושא את כפיו דאמרינן קטן שיודע לישא את כפיו מחלקין לו תרומה בבית הגרנות ובקונטרס פירש לאו דוקא קטן אלא מיירי כשהביא שתי שערות ולא משמע הכי אלא קטן ממש דומיא דקטן היודע לדבר אביו מלמדו תורה והיודע לשחוט אוכלין משחיטתו דמוקי לה בגדול עומד על גביו וי"ל דהא דקטן נושא את כפיו היינו עם הגדולים כדאמרינן גבי שיר בין רגלי הלוים היו עומדין וצערי הלוים היו נקראים בפ' אין בערכין (ערכין יג:) אבל בפני עצמו אינו נושא את כפיו עד שיביא ב' שערות:
[Celui dont] la barbe s'est remplie est digne d'être fait officiant public, de descendre devant l'arche et de lever ses mains — c'est étonnant, car au chapitre 'Celui qui lit la Meguila' (Meguila 24a) nous disons [qu']un mineur lit dans la Torah mais ne récite pas [le pores al] le Chema, ne descend pas devant l'arche et ne lève pas ses mains, ce qui implique que, dès qu'il a produit deux poils, il descend devant l'arche et lève ses mains. Et l'on peut dire que, lorsqu'il a produit deux poils, il peut descendre devant l'arche, mais pour être fait officiant public attitré (kavoua), ou prier lors des jeûnes publics (taaniyot, jours de jeûne) et des maamadot, il ne le devient pas avant que sa barbe se soit remplie, comme nous disons au traité Taanit (page 15a) : on ne fait descendre devant l'arche qu'un [homme] âgé (zaken) et rompu [à la prière]. Et si tu objectes : à la fin de [chapitre] 'Loulav ha-gazoul' (Soukka 42a) il est implique que même un mineur lève ses mains, car nous disons [qu']un mineur qui sait lever ses mains, on lui partage la terouma aux aires [de battage] ; et dans le commentaire (Rachi) il a expliqué [que] 'mineur' n'[est] pas à prendre au sens strict, mais qu'il s'agit [d'un cas] où il a produit deux poils — or cela n'est pas implique [par le texte], mais [il s'agit] d'un mineur véritable, à l'instar de 'le mineur qui sait parler, son père lui enseigne la Torah' et 'celui qui sait abattre, on mange de son abattage', que [le Talmud] établit [dans le cas] où un adulte se tient au-dessus de lui [pour surveiller]. Et l'on peut dire que ce [cas] où un mineur lève ses mains, c'est avec les adultes, comme nous disons à propos du chant : ils se tenaient entre les pieds des Lévites et étaient appelés les 'cadets (tzoarei) des Lévites' [les jeunes assistants qui rehaussaient le chant], au chapitre 'Ein be-arakhin' (Erkhin 13b) ; mais seul, il ne lève pas ses mains avant d'avoir produit deux poils.
💡 Explication

Braita sur le Cohen. Pour être cheliah tzibour, descendre 'devant la teva' (mener la prière) et faire la bénédiction sacerdotale (nessiat kapayim), il faut la barbe pleine. Pour le service au Temple, il suffit des deux poils (signe de puberté) ; mais Rabbi exige vingt ans.

6
אמר רב חסדא: מאי טעמא דרבי? דכתיב: ״ויעמידו [את] הלוים מבן עשרים שנה ומעלה לנצח על מלאכת בית ה׳״, ואידך – ״לנצח״ שאני.

Rav Hisda a dit : quelle est la raison de Rabbi ? Car il est écrit : 'et ils établirent les Lévites depuis l'âge de vingt ans et au-dessus pour diriger (lénatseah) le travail de la Maison de l'Éternel' (Ezra 3:8).

Et l'autre [Tana, qui dit deux poils] ? — 'pour diriger' (lénatseah) est différent.

📜 Rachi (1)
לנצח שאני דמשמע לעבוד עבודות כבדות הצריכות ניצוח:
'Pour diriger' est différent — car [le terme] implique [qu'il s'agit] d'accomplir des travaux lourds (avodot kevedot) qui requièrent direction (nitsouah).
💡 Explication

Rav Hisda fonde l'avis de Rabbi (vingt ans) sur le verset d'Ezra : on n'établit les Lévites pour 'diriger' le travail du Temple qu'à partir de vingt ans. L'autre Tana répond : le verset parle de 'diriger' (lénatseah), c'est-à-dire les travaux lourds qui exigent direction et force, donc cela n'enseigne rien sur l'âge du service ordinaire.

7
והא האי קרא בלוים כתיב? כדרבי יהושע בן לוי, דאמר רבי יהושע בן לוי: בעשרים וארבעה מקומות נקראו כהנים ״לוים״, וזה אחד מהן: ״והכהנים הלוים בני צדוק״.

Mais ce verset n'est-il pas écrit à propos des Lévites ? — [Il s'applique aux Cohanim] selon [l'enseignement de] Rabbi Yehochoua ben Levi ; car Rabbi Yehochoua ben Levi a dit : en vingt-quatre endroits les Cohanim ont été appelés 'Lévites', et celui-ci [en] est l'un d'eux : 'et les Cohanim, les Lévites, fils de Tsadok' (Ezechiel 44:15).

📜 Rachi (2)
והא האי קרא בלוים כתיב ואמרן בהו דאין נפסלים אלא בקול:
Mais ce verset n'est-il pas écrit à propos des Lévites — et nous avons dit à leur sujet qu'ils ne sont invalides que par la voix [non par l'âge, donc comment en déduire vingt ans pour les Cohanim] ?
וזה אחד מהם והכהנים הלוים בני צדוק דע"כ צדוק כהן הוה וקרי להו לבניו לוים על שם שמשבט לוי הם. ואני שמעתי לשון לוים שמשים כמו (במדבר יח) וילוו עליך וגו':
Et celui-ci [est] l'un d'eux, 'les Cohanim, les Lévites, fils de Tsadok' — car forcément Tsadok était Cohen, et [le verset] appelle ses fils 'Lévites' parce qu'ils sont de la tribu de Levi. Et moi, j'ai entendu [que] le terme 'Lévites' [signifie] serviteurs (chamachim), comme (Nombres 18) 'et ils se joindront (veyilavou) à toi etc.'.
💡 Explication

Objection : le verset d'Ezra parle des Lévites, pas des Cohanim ! Réponse : selon Rabbi Yehochoua ben Levi, l'Écriture nomme les Cohanim 'Lévites' en vingt-quatre endroits (l'un d'eux : 'les Cohanim, les Lévites, fils de Tsadok', Tsadok étant un Cohen) ; le verset d'Ezra est un autre de ces endroits.

8
תנו רבנן: ״איש מזרעך לדרתם״, מכאן אמר רבי אלעזר: קטן פסול לעבודה, ואפילו תם. מאימתי כשר לעבודה? משיביא שתי שערות, אבל אחיו הכהנים אין מניחין אותו לעבוד עד שיהא בן עשרים.

Nos Maîtres ont enseigné : 'un homme de ta descendance, dans leurs générations' (Lévitique 21:17) — de là, Rabbi Elazar a dit : un mineur (katan) est invalide pour le service, et [cela] même [s'il est] intègre (tam, sans défaut). À partir de quand est-il apte au service ?

Dès qu'il produit deux poils. Mais ses frères les Cohanim ne le laissent pas servir avant qu'il ait vingt ans.

📜 Rachi (2)
איש ולא קטן דהכי משמע איש הוא דבעי מומא לאיפסולי ואשר יהיה בו מום לא יגש הא קטן אפילו תם לא יגש:
Un homme, et non un mineur — car ainsi [le verset] implique : c'est un homme qui requiert un défaut (moum) pour être invalide, [comme il est écrit] 'et celui en qui il y aura un défaut ne s'approchera pas' ; or un mineur, même intègre (tam), ne s'approche pas.
אבל אין אחיו הכהנים הוא דאין מניחין אותו אבל רבנן לא פסלוהו:
Mais ses frères les Cohanim — ce sont eux qui ne le laissent pas [servir], mais les Maîtres (rabbanan) ne l'ont pas [pour autant] invalidé.
💡 Explication

Source scripturaire de l'invalidité du mineur : 'un homme (ich) de ta descendance' — il faut un homme, donc le katan est invalide pour le service même sans défaut (tam). Il devient apte d'après la Torah dès les deux poils ; mais en pratique ses frères les Cohanim ne le laissent pas servir avant vingt ans.

9
איכא דאמרי: הא רבי היא, ואפילו פסול דרבנן לית ליה. ואיכא דאמרי: רבי אית ליה פסול מדרבנן, והא רבנן היא, ולכתחלה הוא דלא, אבל דיעבד – עבודתו כשרה.

Certains disent : ceci [est l'avis de] Rabbi, et il ne tient pas [non plus] l'invalidité [édictée] par les Maîtres [d'ordre rabbinique]. Et certains disent : Rabbi tient l'invalidité d'ordre rabbinique, et ceci [la braita précédente est l'avis] des Maîtres ; et c'est à priori (lekhatchila) que [le mineur de plus de deux poils] ne [sert] pas, mais à posteriori (bediavad) — son service est valide.

📜 Rachi (3)
איכא דאמרי הא רבי היא דאמר לעיל אומר אני עד שיהיה בן כ' ואשמועינן הכא דרבי גופיה לא פסיל ליה בדיעבד ואפילו מדרבנן אלא שאין אחיו הכהנים מניחין אותו לכתחלה:
Certains disent : ceci [est l'avis de] Rabbi — qui a dit plus haut 'je dis [qu'il ne l'est pas] avant d'avoir vingt ans', et [la braita] nous enseigne ici que Rabbi lui-même ne l'invalide pas à posteriori, [et cela] même d'ordre rabbinique, mais seulement [que] ses frères les Cohanim ne le laissent pas [servir] à priori.
ואיכא דאמרי לרבי פסול מדרבנן אפילו בדיעבד עד שיהא בן כ':
Et certains disent : pour Rabbi [il y a] invalidité d'ordre rabbinique — même à posteriori, jusqu'à ce qu'il ait vingt ans.
והא מתניתין דמכשיר ליה אלא שאין אחיו הכהנים מניחין אותו רבנן היא ואשמעינן דאפילו רבנן מודו דלכתחלה לא והא דמכשרו לעיל בדיעבד:
Mais ceci — la michna [la braita] qui le déclare apte, sauf [que] ses frères les Cohanim ne le laissent pas [servir], [est l'avis] des Maîtres ; et [le texte] nous enseigne que même les Maîtres concèdent qu'à priori [il sert] non, et ce [qu'ils] déclarent apte plus haut [c'est] à posteriori.
💡 Explication

Deux lectures de la braita. Version 1 : c'est l'avis de Rabbi, qui ne reconnaît aucune invalidité (même rabbinique) entre les deux poils et vingt ans — seuls les frères Cohanim l'empêchent à priori. Version 2 : Rabbi tient une invalidité rabbinique [même à posteriori] ; la braita est l'avis des Maîtres, pour qui c'est interdit seulement à priori, mais à posteriori son service est valide.

10
מתני׳ טהור בכלי חרש – טמא בכל הכלים, טהור בכל הכלים – טמא בכלי חרש.

MICHNA : ce qui est pur dans un récipient de terre cuite (kli hères) est impur dans tous les [autres] récipients ; ce qui est pur dans tous les [autres] récipients est impur dans un récipient de terre cuite.

💡 Explication

Nouvelle michna, sur l'impureté des récipients (tohorat ha-kelim). Le récipient de terre cuite (kli hères) et tous les autres récipients ont des statuts inverses : ce qui rend impur l'un laisse l'autre pur, et réciproquement. La guemara qui suit en donne la clé : la terre cuite par son air intérieur, les autres par leur dos.

11
גמ׳ תנו רבנן: אויר כלי חרש טמא, וגבו טהור. אויר כל הכלים טהור, וגבן טמא. נמצא, טהור בכלי חרש טמא בכל הכלים, טהור בכל הכלים טמא בכלי חרש.

GUEMARA : nos Maîtres ont enseigné : l'air (avir) d'un récipient de terre cuite [est] impur, et son dos (gav) [est] pur ; l'air de tous les [autres] récipients [est] pur, et leur dos [est] impur. Il se trouve [donc] que ce qui est pur dans un récipient de terre cuite [est] impur dans tous les [autres] récipients, et ce qui est pur dans tous les [autres] récipients [est] impur dans un récipient de terre cuite.

📜 Rachi (3)
אויר הגיע טומאה לאוירו ולא נגעה:
L'air — l'impureté a atteint son air [intérieur] et ne [l']a pas touché.
וגבו טהור אפילו נגעה טומאה בגבו אינו מקבל טומאה בכך:
Et son dos [est] pur — même [si] l'impureté a touché son dos, il ne contracte pas l'impureté par cela.
אויר כל הכלים טהור כל זמן שלא נגעה בהן הטומאה אע"פ שנתלית באוירו:
L'air de tous les [autres] récipients [est] pur — tant que l'impureté ne les a pas touchés, bien qu'elle ait été suspendue dans leur air.
🗂️ Tossefot (1)
וגבו טהור היינו דלא מיטמא מגבו אבל אם נטמא מתוכו נטמא נמי גבו ומטמא אחרים כדאמרינן בת"כ מרובה מדת דלטמא מליטמא שכלי חרס מטמא אחרים מאחוריו ואינו מיטמא מאחוריו ואמרינן נמי בפרק על אלו מומין (בכורות דף לח.) כלי חרס נטמא תוכו נטמא גבו ונראה דגבו טהור אפילו נגע שרץ ביד שבו דלא אמר יד להכניס בכלי חרס והא דפריך בריש העור והרוטב (לקמן חולין דף קיח.) ואימא יד להוציא אבל להכניס לא ומשני יד יתירא כתיב תנור וכירים יותץ טמאים הם וטמאים יהיו לכם לרבות את הידות ה"ק לרבות את הידות להוציא ואייתר יד דזרעים להכניס אבל יד דתנור וכירים לא מכניס כדמשמע בתוספתא דכלים דאמר אין טומאה לכלי חרס אלא מאוירו ובהיסט (הזב) ע"ג אבן מסמא ולא חשיב שיש לו טומאה מידו ועוד דקרא דמטהר כלי חרס המוקף צמיד פתיל משמע אפילו יש לו ידים:
Et son dos [est] pur — c'est-à-dire qu'il ne contracte pas l'impureté par son dos ; mais s'il a été rendu impur par son intérieur (toukho), son dos aussi devient impur, et il rend [alors] d'autres [objets] impurs, comme nous disons dans le Torat Cohanim : 'plus grande est la mesure de [pouvoir] rendre impur que celle de [pouvoir] être rendu impur', car le récipient de terre cuite rend d'autres [objets] impurs par son dos mais ne devient pas impur par son dos. Et nous disons aussi au chapitre 'Al elou moumin' (Bekhorot 38a) : un récipient de terre cuite [dont] l'intérieur a été rendu impur, son dos [aussi] a été rendu impur. Et il apparaît que son dos [est] pur même [si] un reptile (cherets) a touché l'anse (yad) qui s'y trouve, car on ne dit pas '[l']anse pour faire entrer (lehakhniss)' à propos d'un récipient de terre cuite. Et ce que [le Talmud] objecte au début de '[chapitre] Ha-or veha-rotev' (plus loin, Houlin 118a) : 'mais dis [donc que] l'anse [sert] à faire sortir (lehotsi), mais pas à faire entrer' — et [le Talmud] résout : '[c'est qu']une anse surnuméraire (yad yetera) est écrite, [à savoir] : four et fourneau seront détruits, ils sont impurs et seront impurs pour vous, pour inclure les anses' ; ainsi dit-[il] : pour inclure les anses [au sens de] faire sortir, et l'anse [du verset] des semences (zeraïm) est surnuméraire pour faire entrer ; mais l'anse du four et du fourneau ne fait pas entrer, comme il est implique dans la Tossefta de Kelim, où il est dit : 'il n'y a d'impureté pour un récipient de terre cuite que par son air, et par le déplacement (heset) [du zav] au-dessus d'une pierre scellante (even messama)', et il n'y compte pas qu'il ait une impureté par son anse. Et de plus, [parce que] le verset qui déclare pur un récipient de terre cuite entouré d'un couvercle bien fermé (tsamid patil) implique [qu'il reste pur] même s'il a des anses.
💡 Explication

La braita explicite la michna (voir le schéma). La terre cuite reçoit l'impureté par son air intérieur (avir : l'impureté pénètre l'espace intérieur, sans même toucher) et non par son dos (gav, paroi extérieure). Les autres récipients : l'inverse — par le dos au contact, jamais par l'air. D'où les statuts inverses de la michna.

🖼️ Schéma
Terre cuite (kli hères) contre tous les autres récipients : où se prend l'impureté ? Récipient de terre cuite la source d'impureté tombe dans l'AIR (avir) intérieur (avir) : IMPUR dos / paroi extérieure (gav) : PUR Tous les autres récipients contact par le dos intérieur (avir) : PUR dos extérieur (gav) : IMPUR terre cuite : par l'air, jamais par le dos ; autres : par le dos, jamais par l'air -> statuts inverses
Terre cuite : impure par l'air intérieur, pure par le dos. Autres récipients : l'inverse.
12
מנהני מילי? דתנו רבנן: ״תוכו״, ואף על פי שלא נגע.

D'où ces choses [sont-elles tirées] ? Car nos Maîtres ont enseigné : 'en lui (tokho)' — et [cela] même s'il n'a pas touché.

📜 Rachi (1)
תוכו וכל כלי חרס אשר יפול מהם וגו':
'En lui (tokho)' — '[et tout] récipient de terre cuite dans lequel tombe l'un d'eux etc.'.
💡 Explication

Recherche de la source biblique. La braita lit le mot 'tokho' (en lui, dans son intérieur) du verset 'tout récipient de terre cuite dans lequel tombe l'un d'eux...' (Lev 11:33) : le récipient devient impur même sans contact direct de l'impureté avec ses parois — il suffit que l'impureté soit dans son air intérieur.

13
אתה אומר אף על פי שלא נגע, או אינו אלא אם כן נגע? רבי יונתן בן אבטולמוס אומר: נאמר ״תוכו״ לטמא, ונאמר ״תוכו״ ליטמא, מה ״תוכו״ האמור לטמא אף על פי שלא נגע, אף ״תוכו״ האמור ליטמא אף על פי שלא נגע.

Tu dis [que c'est] même s'il n'a pas touché, ou [est-ce] seulement [le cas] s'il a touché ? Rabbi Yonatan ben Avtolemos dit : il est dit 'en lui (tokho)' pour rendre impur (le-tame), et il est dit 'en lui (tokho)' pour [le récipient qui] devient impur (le-ittame) ; de même que 'tokho' énonce pour rendre impur [vaut] même s'il n'a pas touché, de même 'tokho' énonce pour [le récipient qui] devient impur [vaut] même s'il n'a pas touché.

📜 Rachi (5)
נאמר תוכו לטמא כשהכלי מטמא אוכלין שבתוכו דכתיב (ויקרא יא) כל אשר בתוכו יטמא:
Il est dit 'tokho' pour rendre impur — lorsque le récipient rend impurs les aliments qui sont en lui (be-toukho), car il est écrit (Lévitique 11) 'tout ce qui est en lui (be-toukho) deviendra impur'.
ונאמר תוכו ליטמא כשהכלי מקבל טומאה מן השרץ דכתיב כל אשר יפול מהם אל תוכו:
Et il est dit 'tokho' pour [le récipient qui] devient impur — lorsque le récipient reçoit l'impureté du reptile (cherets), car il est écrit 'tout [ce] qui tombe d'eux en lui (el toukho)'.
מה תוכו האמור לטמא אע"פ שלא נגע הכלי למה שבתוכו הוא מטמא כל אוכלין ומשקין הנתונין באוירו כדמפרש לקמיה:
De même que 'tokho' énonce pour rendre impur [vaut] même s'il n'a pas touché — le récipient, ce qui est en lui, il le rend impur ; [il] rend impurs tous les aliments et boissons placés dans son air, comme [il l']explique plus loin.
אף תוכו האמור לענין הורדת טומאה לכלי:
De même 'tokho' énonce — pour ce qui concerne la descente de l'impureté dans le récipient.
אע"פ שלא נגעה טומאה בו:
Même s'il n'a pas touché — [si] l'impureté [ne l']a pas [touché] en lui.
🗂️ Tossefot (2)
או אינו אלא אם כן נגע וא"ת והא מדכתב רחמנא תוכו ולא תוך תוכו שמע מינה דמקבל טומאה מאוירו וי"ל דאפילו לא מקבל טומאה מאוירו כיון דמטמא אחרים מאוירו אצטריך שפיר לאוכלים הנתלים תוך תוכו דטהורין ומיהו קשה מדכתיב תוכו של זה ולא תוכו של אחר ש"מ דמטמאין מאוירן וי"ל דה"א אם אינו ענין ליטמא תנהו ענין לטמא תוכו של זה מטמא אחרים מאוירו ולא תוכו של אחר אי נמי ה"א תוכו של זה מקבל טומאה במגע ולא תוכו של אחר ולא יקבלו טומאה שאר כלים אפילו במגע אלא מגבן (ולי נראה דקרא קמא [הוי] מוקמינן שמקבל טומאה מאויר ולא דרשינן תוכו של זה ולא תוכו של אחר אלא [בתר] (בתרא) דקיימא לן מקרא אחרינא שמקבל טומאה מאוירו) (גליון):
Ou [est-ce] seulement [le cas] s'il a touché — et si tu objectes : mais du fait que le Miséricordieux écrit 'tokho' (en lui) et non 'tokh toukho' (dans l'intérieur de son intérieur), apprends-en qu'il contracte l'impureté par son air ! On peut dire que, même s'il ne contractait pas l'impureté par son air, puisqu'il rend d'autres [objets] impurs par son air, il fallait bien [ce mot] pour [enseigner que] les aliments suspendus dans l'intérieur de son intérieur (tokh toukho) sont purs. Toutefois c'est difficile, car du fait qu'il est écrit 'tokho' de celui-ci et non 'tokho' d'un autre, apprends-en qu'ils [les récipients] contractent l'impureté par leur air ! Et l'on peut dire que [sans cela] j'aurais dit : si [ce] n'[est] pas pertinent pour [le récipient qui] devient impur, applique-le pour rendre impur — 'tokho' de celui-ci rend d'autres [objets] impurs par son air, et non 'tokho' d'un autre. Ou bien [encore] j'aurais dit : 'tokho' de celui-ci contracte l'impureté par contact, et non 'tokho' d'un autre, et les autres récipients ne contracteraient l'impureté même par contact que par leur dos. (Et il me semble que le premier verset, nous l'établissons [comme enseignant] qu'il contracte l'impureté par l'air, et nous n'interprétons pas 'tokho' de celui-ci et non 'tokho' d'un autre, sinon [qu']après avoir établi, d'un autre verset, qu'il contracte l'impureté par son air.) (note marginale)
אלא א"כ נגע ותוכו דכתב רחמנא ע"כ למעוטי גבו וא"ת והא מקרא דצמיד פתיל נפקא ועוד הקשה הר"י כהן אם כלי חרס אינו מקבל טומאה מאויר למה לי הוא דכתיב גבי צמיד פתיל למימר הא שאר כלים אפילו מוקפות צמיד פתיל טמאים הא כיון דכלי חרס אינו מטמא מאוירו תו ליכא למעבד ק"ו שלא יהו שאר כלים מיטמאין מגבן אלא מתוכן ובנגיעה ומיהו לשינויא קמא שפירשנו לעיל דה"א אם אינו ענין ליטמא תנהו ענין לטמא אתי שפיר דאכתי איכא ק"ו שלא יהו שאר כלים מיטמאין מגבן ומה כלי חרס שמטמא אחרים מאויר אינו מקבל טומאה מגבו שאר כלים לא כ"ש אבל למה דפריך דה"א תוכו של זה מקבל טומאה במגע ולא תוכו של אחר קשה וי"ל דכל כמה דלא ידעינן דכלי חרס מיטמא מאוירו לא מצינן למידרש מכל כלי פתוח הא דדרשינן בסמוך איזהו כלי שטומאתו קודמת לפתחו והשתא ודאי לא היינו יודעים היאך לדרוש הפסוק:
Seulement [le cas] s'il a touché — et le 'tokho' que le Miséricordieux a écrit [sert] forcément à exclure son dos (gabo). Et si tu objectes : mais cela ressort [déjà] du verset du couvercle bien fermé (tsamid patil) ! Et de plus, le Rav Yossef Cohen a objecté : si un récipient de terre cuite ne contracte pas l'impureté par l'air, pourquoi me faut-il ce qui est écrit à propos du couvercle bien fermé, [à savoir] pour dire que les autres récipients, même entourés d'un couvercle bien fermé, sont impurs ? puisque, dès lors que le récipient de terre cuite ne rend pas impur par son air, il n'y a plus lieu de faire un raisonnement à fortiori (kal va-homer) [pour dire] que les autres récipients ne contracteraient pas l'impureté par leur dos mais seulement par leur intérieur et par contact. Toutefois, selon la première réponse que nous avons expliquée plus haut, [à savoir] que j'aurais dit 'si [ce] n'[est] pas pertinent pour [le récipient qui] devient impur, applique-le pour rendre impur', cela va bien, car il y a encore [matière à] un raisonnement à fortiori [pour dire] que les autres récipients ne contracteraient pas l'impureté par leur dos : si le récipient de terre cuite, qui rend d'autres [objets] impurs par l'air, ne contracte pas l'impureté par son dos, les autres récipients, à plus forte raison [non] ! Mais selon ce que [le Talmud] objecte, [à savoir] 'j'aurais dit : tokho de celui-ci contracte l'impureté par contact et non tokho d'un autre', c'est difficile ; et l'on peut dire que, tant que nous ne savons pas que le récipient de terre cuite contracte l'impureté par son air, nous ne pouvons pas interpréter [le verset] 'tout récipient ouvert' [dont] nous interprétons plus loin 'quel est le récipient dont l'impureté précède [l'entrée par] son ouverture', et maintenant nous ne saurions assurément pas comment interpréter le verset.
💡 Explication

Une guezera chava (voir le schéma). Le mot 'tokho' figure deux fois : (1) 'tout ce qui est en lui deviendra impur' — le récipient rend impurs (le-tame) les aliments suspendus dans son air, sans contact ; (2) 'dans lequel (be-tokho) tombe l'un d'eux' — le récipient devient impur (le-ittame). On apprend l'un de l'autre : comme le premier vaut sans contact, le second aussi vaut sans contact.

🖼️ Schéma
La guezera chava de 'tokho' (en lui) : même mot, deux fois 'tokho' pour TRANSMETTRE le-tame (le récipient rend impurs) 'tout ce qui est en lui deviendra impur' (Lev 11:33) la nourriture suspendue dans l'air même sans contact 'tokho' pour RECEVOIR le-ittame (le récipient devient impur) 'dans lequel tombe l'un d'eux' (Lev 11:33) le récipient devient impur même sans contact on apprend l'un de l'autre : l'air (avir) suffit, le contact (maga) n'est pas requis
La guezera chava 'tokho/tokho' : sans contact pour transmettre, donc sans contact pour recevoir.
14
והתם מנלן? אמר רבי יונתן: התורה העידה על כלי חרס

Et la (pour rendre impurs les aliments dans l'air), d'où [le tenons-]nous ? Rabbi Yonatan a dit : la Torah a témoigné au sujet du récipient de terre cuite

📜 Rachi (1)
העידה דכתיב כל אשר בתוכו:
A témoigné — car il est écrit 'tout ce qui est en lui (be-toukho) deviendra impur'.
🗂️ Tossefot (1)
התורה העידה על כלי חרס ואפי' מלא חרדל לפי מה שמפרש ר"ת דאין אוכל מקבל טומאה מדאורייתא פחות מכביצה לא נקט חרדל דוקא אלא כלומר ואפילו מלא ביצים ונקט חרדל משום דמדרבנן מקבל טומאה בכל שהוא הקשה רבינו אפרים מנלן דהיינו מטעם אויר דלמא הוי מטעם שכלי חרס מצרף כשכולן נוגעין זה בזה ונוגעין בכלי אבל נתלים באויר לא וכ"ת אם כן צירוף דכתיב גבי קדשים למה לי דדרשינן (פסחים דף יט.) כף אחת הפסוק עשה לכל מה שבכף אחת איצטריך משום כלי שטף ויש לומר מדכתיב הכא כל משמע אפילו נתלה באויר ועוד התם דרשינן צירוף מדכתיב אחת משמע שהכף מצרף ועשה לכל אחת אבל הכא לא כתיב אחת:
La Torah a témoigné au sujet du récipient de terre cuite, et même [s'il est] plein de [grains de] moutarde — selon ce qu'explique Rabbenou Tam, qu'un aliment ne contracte pas l'impureté d'ordre [biblique] (de-orayta) en deçà de [la taille d']un œuf (ke-betsa) : [le Talmud] n'a pas pris [le grain de] moutarde au sens strict, mais [veut dire] 'et même [s'il est] plein d'œufs' ; et il a pris [le grain de] moutarde parce que, d'ordre rabbinique (mi-derabbanan), [un aliment] contracte l'impureté en quelque quantité que ce soit. Rabbenou Efraim a objecté : d'où [savons-]nous que c'est en raison de l'air ? peut-être est-ce parce que le récipient de terre cuite joint (metsaref) [son contenu] lorsque tous [les grains] se touchent l'un l'autre et touchent le récipient, mais [que ceux] suspendus dans l'air [ne se joignent] pas ? Et si tu dis : s'il en [était] ainsi, pourquoi me faut-il [la règle de] jonction (tserouf) écrite à propos des choses saintes (kodachim), que nous interprétons (Pessahim 19a) [à partir de] 'une cuiller (kaf ahat)' — le verset a fait [de] tout ce qui [est] dans une cuiller [une seule chose] ? [Réponse :] elle est nécessaire pour un récipient de rinçage (kli chetef). Et l'on peut dire que, du fait qu'il est écrit ici 'tout (kol)', [cela] implique même [ce qui est] suspendu dans l'air ; et de plus, là-bas nous interprétons la jonction de [ce qui est] écrit 'une (ahat)', [ce qui] implique que la cuiller joint et fait de tout [son contenu] 'une' [chose] ; mais ici il n'est pas écrit 'une'.
💡 Explication

Question complémentaire : et pour le premier 'tokho' (le récipient rend impurs les aliments suspendus dans son air), d'où le sait-on ? Rabbi Yonatan répond : la Torah l'a attesté expressément — par 'tout ce qui est en lui (be-tokho) deviendra impur', le récipient transmet l'impureté à ce qui est dans son air [même rempli, fût-ce de petits grains comme la moutarde]. La phrase reste ouverte, l'énoncé se poursuit au daf suivant.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).