Sougya : Suite de la sougya sur l'impureté des récipients. Le récipient de terre (chères) s'impurifie par son air intérieur (avir) mais non par son dos (gav) ; les autres récipients (klei chetef) c'est l'inverse.
Rav Adda bar Ahava veut déduire par kal va-homer que le chères s'impurifierait aussi par le dos, mais le verset 'tout récipient ouvert sans couvercle scellé' (Nb 19:15) l'écarte : seul le chères voit son impureté dépendre de son ouverture, et le couvercle scellé ne le protège que lui. La Guemara essaie ensuite, toujours par kal va-homer, d'étendre l'impureté par l'air à tous les récipients, puis de la restreindre, mais chaque déduction est neutralisée par un verset : 'tokho' (Lev 11:33), écrit quatre fois, fournit quatre enseignements (le corps de la loi, la guezera chava, 'l'air de celui-ci et non d'un autre', 'son air et non l'air d'un récipient dans le récipient' — d'où même un kli chetef fait écran).
Vient enfin la michna 'pur dans le bois, impur dans le métal' : la braita l'explique par les ébauches (golmei) et les ustensiles plats — le bois est assimilé au sac, le métal non —, puis énumère les travaux qui restent à faire sur une ébauche de bois et conclut sur les ébauches de métal.
Et même [s'il est] plein de moutarde.
Fin de l'enseignement (commencé en 24b) : le récipient de terre rend impur tout ce qui se trouve dans son air (avir), et ce, même s'il est plein de grains de moutarde, alors que la plupart des grains ne touchent pas les parois — tous deviennent néanmoins impurs.
Rav Adda bar Ahava dit à Rava : mais que le récipient de terre (kli chères) s'impurifie par son dos (gabo), [et cela] par un raisonnement à fortiori (kal va-homer) : si tous les [autres] récipients, qui ne s'impurifient pas par leur air, s'impurifient par leur dos, le récipient de terre, qui s'impurifie par son air — n'est-ce pas justice (eino din) qu'il s'impurifie par son dos ?
Rav Adda bar Ahava propose un kal va-homer : les autres récipients ne s'impurifient pas par l'air mais bien par le dos (gav, par contact extérieur) ; le récipient de terre (chères), qui a la propriété plus forte de s'impurifier par l'air, devrait à fortiori s'impurifier par son dos. La Guemara va réfuter cette déduction au segment suivant.
Le verset dit : 'et tout récipient ouvert sans couvercle scellé dessus' (Nombres 19:15). Quel est le récipient dont l'impureté précède [dépend de] son ouverture ?
C'est, dois-tu dire, le récipient de terre. Or [c'est] lorsqu'il n'y a pas de couvercle scellé dessus qu'il est impur — donc s'il y a un couvercle scellé dessus, [il est] pur.
Réfutation du kal va-homer par un verset : 'tout récipient ouvert sans couvercle scellé' (Nb 19:15). Seul le récipient de terre voit son impureté dépendre de son ouverture (le mort, dans la tente, impurifie par le haut). Et le verset enseigne que le couvercle scellé (tzamid patil) le protège — preuve qu'il ne s'impurifie pas par son dos : sinon le couvercle ne servirait à rien.
Mais que tous les [autres] récipients s'impurifient par leur air, [et cela] par un raisonnement à fortiori (kal va-homer) : si le récipient de terre, qui ne s'impurifie pas par son dos, s'impurifie par son air, tous les [autres] récipients, qui s'impurifient par leur dos — n'est-ce pas justice qu'ils s'impurifient par leur air ?
Kal va-homer inverse : le chères ne s'impurifie pas par le dos, et pourtant il s'impurifie par l'air ; les autres récipients, qui ont le trait plus fort (impurs par le dos), devraient à fortiori s'impurifier par leur air. La Guemara va de nouveau écarter cette déduction au segment suivant.
Le verset dit : 'son intérieur' (toukho) — l'intérieur de celui-ci, et non l'intérieur d'un autre.
Réfutation : à propos des reptiles impurs (Lev 11:33), il est écrit 'tout récipient de terre dans l'intérieur (toukho) duquel tombera [l'un d'eux]' — d'où l'on infère 'l'air de celui-ci [le chères], et non l'air d'un autre récipient'. L'impureté par l'air reste donc propre au récipient de terre.
Mais ces [occurrences de] 'toukho', voici qu'on les a [déjà] interprétées !
Objection : comment dériver cette loi de 'toukho' alors que les Sages ont déjà interprété ces mots — 'de même qu'il est dit toukho pour impurifier [l'aliment dans l'air sans contact], de même toukho pour [que] le récipient [s'impurifie sans contact]' ? Le mot semble donc déjà employé ailleurs.
Quatre [occurrences de] 'toukho' sont écrites : 'toukho', 'tokh' ; 'toukho', 'tokh'.
Réponse : il y a en réalité quatre occurrences exploitables. Le mot est écrit 'toukho' (avec le suffixe) alors qu'on aurait pu écrire 'tokh' (sans suffixe), deux fois — soit quatre enseignements (le suffixe surnuméraire compte chaque fois).
Une [occurrence] pour la loi elle-même (gufeih), une pour la guezera chava, une [pour] 'l'intérieur de celui-ci et non l'intérieur d'un autre', et une [pour] 'son intérieur et non l'intérieur de son intérieur' (tokh toukho) — et [là], même un récipient rincable (kli chetef) [fait écran].
Les quatre enseignements (voir le schéma) : (1) la loi elle-même — le récipient rend impur ce qui est dans son air ; (2) la guezera chava — le récipient prend l'impureté de l'air sans contact ; (3) 'l'air de celui-ci, non d'un autre' — propre au chères ; (4) 'son air, non l'air d'un récipient dans le récipient' (tokh tokho) : un récipient posé dans le chères protège son contenu, et même un kli chetef (rincable, lui-même impurifiable par le dos) fait écran.
Mais que tous les [autres] récipients ne s'impurifient pas par leur dos, mais seulement par leur intérieur et par contact, [et cela] par un raisonnement à fortiori : si le récipient de terre, qui s'impurifie par son air, ne s'impurifie pas par son dos, tous les [autres] récipients, qui ne s'impurifient pas par leur air — n'est-ce pas justice qu'ils ne s'impurifient pas par leur dos ?
Nouveau kal va-homer : le chères, malgré son trait fort (impur par l'air), ne s'impurifie pas par le dos ; donc les autres récipients, plus faibles (purs par l'air), ne devraient pas non plus s'impurifier par le dos, mais seulement par leur intérieur avec contact. Cette déduction est écartée au segment suivant.
Le verset dit : 'et tout récipient ouvert sans couvercle scellé dessus, il est impur' (Nombres 19:15). [C'est] celui-ci (hou) qui, lorsqu'il n'y a pas de couvercle scellé dessus, [est] impur — donc s'il y a un couvercle scellé dessus, [il est] pur.
Mais tous les [autres] récipients, qu'il y ait ou qu'il n'y ait pas de couvercle scellé dessus, s'impurifient.
Réfutation par le mot 'il est' (hou) du verset : ce mot restreint au récipient de terre la protection du couvercle scellé. Pour tous les autres récipients, le couvercle ne protège pas : qu'il y ait ou non un couvercle scellé, ils s'impurifient — preuve qu'ils s'impurifient bien par leur dos.
MICHNA. [Ce qui est] pur dans un récipient de bois [est] impur dans un récipient de métal ; [ce qui est] pur dans un récipient de métal [est] impur dans un récipient de bois.
La michna pose un contraste paradoxal entre le bois et le métal : le même état (achevé ou non, plat ou creux) rend l'objet pur dans l'un et impur dans l'autre. La Guemara va l'expliquer par les ébauches (golmei) et les ustensiles plats.
GUEMARA. Nos Maîtres ont enseigné : les ébauches (golmei) de récipients de bois [sont] impures, leurs [ustensiles] plats [sont] purs ; les ébauches de récipients de métal [sont] pures, leurs [ustensiles] plats [sont] impurs.
Il se trouve [donc] que [ce qui est] pur dans un récipient de bois [est] impur dans un récipient de métal, [et que ce qui est] pur dans un récipient de métal [est] impur dans un récipient de bois.
La braita explique la michna. Pour le bois : l'ébauche (golem, récipient creux pas encore fini) est déjà impure, mais l'ustensile plat (pachout, sans réceptacle) est pur — car le bois est assimilé au sac (chak), qui se transporte plein et vide. Pour le métal, c'est l'inverse : l'ébauche est pure, le plat est impur — le métal n'étant pas assimilé au sac. D'où le contraste de la michna.
Et voici quelles sont les ébauches de récipients de bois : tout [récipient] qu'on prévoit de polir (lachouf), de sertir (lechabetz), de raboter (legarer), de border (lekharkev), de frotter avec [la peau d'un] tunas (le-hatiah be-tounas), [ou qui] manque [encore] de socle (ken), de rebord (ogen) ou d'anse (ozen) — [est] impur ; [s'il] manque [encore] de creusement (hatita) — [il est] pur.
La braita énumère les finitions qui peuvent rester à faire sans empêcher l'impureté : polir, sertir (incruster des ornements), raboter, border, frotter avec la peau d'un poisson tunas (pour lisser), ou même l'absence de socle, rebord ou anse — tant que ces travaux sont décoratifs, le récipient est déjà impur. Mais s'il manque le creusement (hatita) qui fait le réceptacle, ce n'est pas encore un récipient : il est pur.
[S'il] manque [encore] de creusement (hatita) — [c'est] évident ! [Pourquoi le dire ?] Cela n'était nécessaire que [dans le cas] où il a creusé [la mesure d']un kefiza dans un kav.
La Guemara objecte : qu'un récipient sans creusement ne soit pas impur va de soi (ce n'est pas un récipient) ! Réponse : la règle vise un cas précis — celui qui a creusé seulement un kefiza (trois log) dans une pièce destinée à contenir un kav (six log). Bien que ce creux soit déjà utilisable, le travail n'est pas achevé à la mesure visée : l'objet reste donc pur.
Et voici quelles sont les ébauches de récipients de métal : tout [récipient] qu'on prévoit
La braita ouvre l'énumération des ébauches de récipients de métal — par symétrie avec celle du bois — dont le détail se poursuit au daf suivant (25b).
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).