Chullin 26b — purifier le temed impur, puis trois michnas 'kol makom' qui clôturent Hakol Chochtin

Chullin 26b

Sougya : Le daf achève d'abord la sougya sur le temed (vin trempé, fait de marc et d'eau) : tant qu'il n'a pas fermenté on peut le purifier par contact (hachaka) avec un mikve, et Rava restreint cela au cas où l'eau était pure puis devenue impure, non à l'eau impure dès le départ ; Rav Geviha objecte que, l'eau et les résidus étant mélangés (mevalbeli), le contact devrait valoir dans les deux cas. Puis s'enchaînent trois michnas bâtiES sur la même forme 'partout où il y a A, il n'y a pas B'.

(1) Vente (mekher) et amende (knass) : pour Rabbi Meir ils s'excluent selon que la fille est ketana ou naara, mais les Sages admettent l'amende dès trois ans. (2) Refus (miun) et halitza : même structure, Rabbi Yehouda repoussant le seuil du refus 'jusqu'à ce que le noir l'emporte sur le blanc'.

(3) Sonnerie du chofar (tekia) la veille de chabbat et havdala à son issue : la Guemara discute comment sonner (Rav Yehouda, Rav Assi), où placer la formule 'bein kodech le-kodech' (Rav Yehouda, Rav Nahman contre Rav Chechet), rejette Rabbi Dossa, et conclut par Rabbi Zera sur l'ordre des distinctions au sortir d'un yom tov en semaine. Le chapitre se clôture (Hadran).

Purifier le temed (vin trempé) impur par contact (hachaka) avec le mikve Pur au départ, devenu impur (avant fermentation : c'est de l'eau) eau + résidus MÉLANGES (mevalbeli) le contact atteint tout -> hachaka EFFICACE Impur dès le départ (eau impure d'emblée) résidus (légers) flottent eau (lourde) au fond Rava : -> hachaka INEFFICACE Rav Geviha objecte (seg 1-2) : si tout est mélangé, le contact devrait valoir dans les deux cas.
La fin de la sougya du temed (segments 0-2) : le contact (hachaka) avec le mikve purifie-t-il l'eau impure du temed ? Rava distingue, Rav Geviha objecte par le mélange.
Trois michnas 'kol makom' : deux statuts qui s'excluent selon l'âge de la fille 1. Vente / amende ketana : VENTE, pas d'amende (knass) naara : AMENDE (50 sela), plus de vente 2. Refus / halitza ketana : REFUS (miun), pas de halitza naara : HALITZA, plus de refus 3. Tekia / havdala YT veille de chabbat : TEKIA, pas de havdala issue de chabbat : HAVDALA, pas de tekia Forme commune : 'partout où il y a A, il n'y a pas B ; partout où il y a B, il n'y a pas À' Rav (sur 1 et 2) : c'est l'avis de Rabbi Meir ; mais les Sages disent qu'A et B coexistent. Seuils : 1er jour -> 2 poils (chetei searot) -> bagrout (6 mois plus tard). Sages : l'amende vaut dès 3 ans (apte au rapport), donc amende ET vente coexistent.
Les trois michnas 'kol makom' (segments 3-17) : deux statuts mutuellement exclusifs selon l'âge, et la critique de Rav au nom des Sages.
Yom tov et chabbat : tekia ou havdala selon le sens du passage YT la veille de chabbat on entre dans le plus grave (le chabbat qui vient > le YT) on SONNE (tekia) on n'écarte PAS (pas de havdala) arrêt du travail de bouche (okhel nefech) YT à l'issue de chabbat on sort du plus grave (le chabbat qui part > le YT) on ÉCARTE (havdala) on ne SONNE pas (pas de tekia) formule 'bein kodech le-kodech' Principe : ce qui sort (ha-yotse) est plus grave que ce qui entre (ha-nikhnas), ou l'inverse selon le cas.
Troisième michna (segments 9-11) : pourquoi sonner du chofar en entrant dans le chabbat, mais réciter la havdala en en sortant.
1
משיקו במים, משהחמיץ – אין משיקו במים. אמר רבא: לא שנו אלא שתמדו במים טהורים ונטמאו, אבל טמאים מעיקרא – לא.

On le met en contact (machikou) avec de l'eau [par immersion du récipient dans un mikve, ce qui purifie le temed] ; une fois qu'il a fermenté — on ne le met pas en contact avec de l'eau. Rava a dit : on n'a enseigné [cette règle] que [dans le cas] où l'on a trempé [le marc] dans de l'eau pure et [où] elle est [ensuite] devenue impure ; mais [si l'eau était] impure dès le départ — non.

📜 Rachi (4)
משיקו במים אם נטמא דמיא בעלמא הוא:
On le met en contact avec de l'eau — s'il est devenu impur, [c'est] de l'eau ordinaire [donc purifiable par contact].
משהחמיץ אין משיקו במים דחמרא הוא וכלים ואדם ניתנה להם תורת טהרה במקוה אבל באוכל ומשקה לא נאמר בהן טבילה ומים מיטהרים בהשקה שאם יש לו מים יפים לשתיה ונטמאו נותנן בכלי ומשקען במי המקוה עד שנושקין המים והוי חיבור ובטלי לגבי מקוה כתרומה טמאה שזרעה בקרקע שבטלה טומאתה והיא טהורה והכי מפרש בכל שעה (פסחים דף לד.) אבל יין במים לאו זריעה היא דטעמא לא בטיל:
Une fois qu'il a fermenté, on ne le met pas en contact avec de l'eau — car [c'est désormais] du vin ; et [c'est] aux ustensiles et à l'homme qu'a été donnée une règle de purification dans un mikve, mais pour un aliment et une boisson il n'a pas été dit d'immersion (tevila) [à leur sujet] ; et les eaux se purifient par contact (hachaka), de sorte que, si l'on a de belles eaux à boire et qu'elles sont devenues impures, on les met dans un récipient et on les fait s'immerger dans les eaux du mikve jusqu'à ce que les eaux [se] touchent — et [il y a] alors jonction (hibour) et elles s'annulent au regard du mikve, comme [pour] la teroumah impure que l'on a semée dans le sol, dont l'impureté s'est annulée et [qui] est pure ; et ainsi est-ce expliqué [au chapitre] Be-khôl Chaa (Pessahim 34a) ; mais [pour] le vin [mélangé] dans l'eau, ce n'est pas un ensemencement, car le goût (taam) ne s'annule pas.
לא שנו דמשיקו במים:
On n'a enseigné — que l'on le met en contact avec de l'eau.
אבל טמאין מעיקרא לא ורב גביהה פריך עלה מאי שנא:
Mais [si elles étaient] impures dès le départ — non. Et Rav Geviha objecte là-dessus : en quoi [est-ce] différent ?
💡 Explication

Suite de la michna de Teroumot sur le temed (boisson faite de marc de raisin trempé dans l'eau). Tant qu'il n'a pas fermenté, il a encore statut d'eau : s'il est devenu impur on peut le purifier par contact (hachaka) avec un mikve — on plonge le récipient jusqu'à ce que ses eaux touchent celles du bain. Une fois fermenté, c'est du vin (un aliment-boisson), que le contact ne purifie pas. Rava restreint : la purification ne vaut que si l'eau était pure au départ puis souillée, non si elle était impure d'emblée.

🖼️ Schéma
Purifier le temed (vin trempé) impur par contact (hachaka) avec le mikve Pur au départ, devenu impur (avant fermentation : c'est de l'eau) eau + résidus MÉLANGES (mevalbeli) le contact atteint tout -> hachaka EFFICACE Impur dès le départ (eau impure d'emblée) résidus (légers) flottent eau (lourde) au fond Rava : -> hachaka INEFFICACE Rav Geviha objecte (seg 1-2) : si tout est mélangé, le contact devrait valoir dans les deux cas.
Eau pure devenue impure (contact efficace) face à eau impure dès le départ (selon Rava, contact inefficace, car l'eau lourde se dépose et les résidus flottent).
2
אזל רב גביהה מבי כתיל, אמרה לשמעתא קמיה דרב אשי, מאי שנא טמאין מעיקרא דלא, דאמרינן: איידי דמיא יקירי שכני תתאי, ופירא קפי מלעיל, ולא קא סלקא להו השקה למיא. אי הכי, טהורים ולבסוף נטמאו נמי.

Rav Geviha de Bei Katil s'en alla [et] énonça [cet] enseignement devant Rav Achi : en quoi [le cas où l'eau est] impure dès le départ est-il différent, [au point] que non — car nous disons : du fait que les eaux [sont] lourdes, elles se logent en dessous, et le fruit (le résidu) surnage au-dessus, et le contact ne profite pas aux eaux ? [Mais] s'il en est ainsi, [le cas] 'pures puis devenues impures' [devrait] aussi [valoir non] !

📜 Rachi (3)
לשמעתא כלומר טעמא דהא מתניתין בעא מיניה מרב אשי:
[Cet] enseignement — c'est-à-dire [que] c'est la raison de cette michna qu'il demanda à Rav Achi.
יקירי כבדין:
Lourdes — pesantes.
קפי צף. ויצף הברזל מתרגמינן וקפא פרזלא (מלכים ב ו):
Surnage — flotte. 'Et le fer surnagea' (II Rois 6) — nous [le] traduisons [en araméen] 've-kafa parzela' [et le fer flotta].
💡 Explication

Rav Geviha rapporte la raison de Rava devant Rav Achi : si l'eau est impure d'emblée, le contact échoue parce que l'eau lourde se dépose au fond tandis que les résidus (perot) flottent au-dessus, faisant écran. Mais alors, objecte-t-il, ce raisonnement vaudrait aussi pour l'eau devenue impure après coup : la différence posée par Rava ne tient pas.

3
אלא, מבלבלי; הכא נמי – מבלבלי.

Plutôt, [la raison pour laquelle le contact profite dans le cas 'pure puis impure' est qu'] ils sont mélangés (mevalbeli) ; ici aussi [eau impure dès le départ] ils sont mélangés [donc le contact devrait également profiter].

📜 Rachi (1)
מבלבלי הכל יחד המים והיין של תמד הלכך מהניא ליה השקה:
Mélangés — le tout ensemble, l'eau et le vin du temed ; c'est pourquoi le contact lui profite.
🗂️ Tossefot (1)
הכא נמי מבלבלי ורבא סלקא דעתך דכי נטמאו מעיקרא בפני עצמן אינו מועיל להן השקה אלא בפני עצמן הקשה ה"ר אליעזר ממיץ למה לי טעמא דמבלבלי כי נמי קפי פרי מלעיל סלקא להו השקה כדאשכחן בפרק התערובת (זבחים עח:) גבי יין וחלב לחין אין חוצצין שדרך היין עוברים המים אל גוף האדם ועלתה לו טבילה ונראה דלא קשה מידי דלא דמי דודאי אגבא דגברא או אגבא דמנא מחלחלי בהו מיא אבל דרך השקה לא:
Ici aussi ils sont mélangés — or Rava, [il] te [serait] venu à l'esprit [de penser] que, lorsqu'elles sont devenues impures dès le départ par elles-mêmes [à part], le contact ne leur profite que [si elles sont] par elles-mêmes. Le Rabbi Eliezer de Metz a objecté : pourquoi me [faut-il] la raison du 'mélange' ? même si le fruit (le résidu) flotte au-dessus, le contact leur profite, comme nous [le] trouvons au chapitre Ha-Taarovet (Zevahim 78b) au sujet du vin et du lait humides [qui] ne font pas écran (hatsitsa), car la voie [normale] du vin [est que] les eaux passent [à travers] jusqu'au corps de l'homme et son immersion lui est valable. Et il semble [pourtant] que [cela] ne fait nulle difficulté, car [ce] n'est pas comparable : car assurément, sur le dos d'un homme ou sur le dos d'un ustensile, les eaux s'infiltrent (mehalheli) en eux ; mais par voie de contact (hachaka), non.
💡 Explication

Résolution : la raison véritable n'est pas la stratification, mais le mélange (mevalbeli) — l'eau et le vin du temed sont intimement mêlés, c'est pourquoi le contact profite. Et puisque, dans les deux cas, le tout est mélangé, le contact devrait opérer aussi pour l'eau impure dès le départ — ce qui réfute la distinction de Rava.

4
מתני׳ כל מקום שיש מכר, אין קנס, וכל מקום שיש קנס, אין מכר.

MICHNA. Partout où il y a [la possibilité de] vente (mekher) [d'une fille comme servante hébraïque], il n'y a pas d'amende (knass) ; et partout où il y a [une] amende, il n'y a pas de vente.

📜 Rachi (4)
מתני' כל מקום שיש מכר כל זמן שהבת קטנה ואביה זכאי למוכרה:
MICHNA. Partout où il y a [la possibilité de] vente — tout le temps que la fille est mineure (ketana) et que son père est en droit de la vendre.
אין קנס אם נאנסה או נתפתתה אין לאביה חמשים כסף דנערה כתיב (דברים כב) ונתן האיש השוכב עמה לאבי הנערה חמשים כסף:
Il n'y a pas d'amende — si elle a été violée ou séduite, son père n'a pas [droit aux] cinquante [sicles d']argent, car 'naara' (jeune fille) est écrit (Deut 22) : 'l'homme qui a couché avec elle donnera au père de la jeune fille cinquante [sicles d']argent'.
וכל מקום שיש קנס דהיינו כשהיא נערה:
Et partout où il y a [une] amende — c'est-à-dire lorsqu'elle est [une] jeune fille (naara).
אין מכר דתניא בערכין (דף כט:) יכול ימכור אדם בתו כשהיא נערה אמרת ק"ו ומה מכורה כבר יוצאה עכשיו בסימני נערות שאינה מכורה אינו דין שלא תימכר:
Il n'y a pas de vente — car il est enseigné dans [le traité] Erkhin (29b) : on pourrait [croire] qu'un homme peut vendre sa fille lorsqu'elle est [déjà une] jeune fille ; tu dis [alors] un à-fortiori (kal va-homer) : si [une fille] déjà vendue [comme servante] sort [à présent libre] grâce aux signes de la puberté (simanei naarout), [celle] qui n'a pas été vendue, n'est-il pas juste qu'elle ne soit pas [du tout] vendue [à présent] ?
💡 Explication

Première des trois michnas de forme 'kol makom'. La vente d'une fille comme servante hébraïque n'est possible que pendant sa minorité (ketana). L'amende de cinquante sicles versée au père en cas de viol ou de séduction n'échoit qu'à la jeune fille (naara), car le verset dit 'naara'. Les deux statuts s'excluent : tant qu'on peut la vendre, pas d'amende ; dès qu'il y a amende, plus de vente.

5
גמ׳ אמר רב יהודה אמר רב: זו דברי רבי מאיר, אבל חכמים אמרו: יש קנס במקום מכר, דתניא: קטנה מבת יום אחד עד שתביא שתי שערות – יש לה מכר ואין לה קנס, משתביא שתי שערות עד שתיבגר – יש לה קנס ואין לה מכר, דברי רבי מאיר, שהיה רבי מאיר אומר: כל מקום שיש מכר – אין קנס, וכל מקום שיש קנס – אין מכר.

GUEMARA. Rav Yehouda a dit au nom de Rav : ceci [est] l'avis de Rabbi Meir ; mais les Sages ont dit : il y a [une] amende dans [un cas] où il y a [aussi possibilité de] vente.

Car il est enseigné [dans une braita] : une mineure, depuis l'âge d'un jour jusqu'à ce qu'elle produise deux poils (chetei searot) — il y a pour elle [possibilité de] vente et il n'y a pas pour elle d'amende ; depuis qu'elle produit deux poils jusqu'à ce qu'elle devienne adulte (chetivgar) — il y a pour elle [une] amende et il n'y a pas pour elle [de] vente ; [ce sont] les paroles de Rabbi Meir, car Rabbi Meir disait : partout où il y a [une] vente, il n'y a pas d'amende, et partout où il y a [une] amende, il n'y a pas de vente.

📜 Rachi (1)
גמ' זו דברי ר"מ דאמר קטנה אין לה קנס אבל חכמים אומרים יש לה קנס לקטנה וטעמא מפרש בכתובות (דף מ:) כל מקום שנאמר נער בלא ה"א אפילו קטנה במשמע:
GUEMARA. Ceci [est] l'avis de Rabbi Meir — qui dit [qu']une mineure n'a pas [droit à une] amende ; mais les Sages disent [qu']il y a [une] amende pour une mineure, et la raison [en] est exposée dans [le traité] Ketoubot (40b) : partout où il est dit 'naar' sans [la lettre] hé, même une mineure est sous-entendue.
🗂️ Tossefot (1)
אבל חכמים אומרים יש מיאון במקום חליצה דתניא מתני' דבא סימן הוה מצי לאתויי אבל מייתי ברייתא משום דמפורש בה ר' מאיר:
Mais les Sages disent : il y a refus (miun) dans [un cas] où il y a halitza — car il est enseigné [une braita] : la michna 'celle qui a produit un signe' [Rav] aurait pu l'apporter [comme preuve], mais il apporte [plutôt] la braita, parce que Rabbi Meir y est explicite.
💡 Explication

Rav attribue la michna à Rabbi Meir seul, et lui oppose les Sages : pour eux l'amende peut coexister avec la vente. La braita pose les seuils de Rabbi Meir : du premier jour aux deux poils (chetei searot, signe de naarout), vente sans amende ; dès les deux poils jusqu'à l'adulte (bogeret), amende sans vente — les deux se succèdent et ne se chevauchent jamais.

6
וחכמים אומרים: קטנה מבת שלש שנים ויום אחד עד שתיבגר – יש לה קנס.

Et les Sages disent : une mineure, depuis l'âge de trois ans et un jour jusqu'à ce qu'elle devienne adulte — il y a pour elle [une] amende.

📜 Rachi (2)
בת שלש שנים ראויה לביאה:
Trois ans — apte au rapport (reouya le-bia).
הכי גרסינן קטנה מבת יום אחד עד שתביא שתי שערות יש לה מכר ואין לה קנס וחכמים אומרים קטנה בת ג' שנים שהיא ראויה לביאה יש לה קנס:
Voici la version [à retenir] : une mineure, depuis l'âge d'un jour jusqu'à ce qu'elle produise deux poils, il y a pour elle [possibilité de] vente et il n'y a pas pour elle d'amende ; et les Sages disent : une mineure de trois ans, qui est apte au rapport, il y a pour elle [une] amende.
💡 Explication

Position des Sages : l'amende échoit dès l'âge de trois ans et un jour — âge auquel la fille est déjà apte au rapport (reouya le-bia) — et jusqu'à la majorité. L'amende coexiste donc avec la période où la vente reste possible (jusqu'aux deux poils), contredisant l'exclusion de Rabbi Meir.

7
קנס – אין, מכר – לא? אימא: אף קנס במקום מכר.

[L']amende — oui, [mais la] vente — non ? [Cela peut-il être ?] Dis [plutôt] : il y a aussi [une] amende [même] dans [un cas] où il y a [possibilité de] vente.

📜 Rachi (2)
מכר לא בתמיה והלא קטנה היא עד שתביא שתי שערות:
[La] vente — non ? — [c'est dit] avec étonnement : n'est-elle pas [encore] mineure jusqu'à ce qu'elle produise deux poils ?
אימא אף קנס יש לה ואע"פ שיש מכר משתראה לביאה עד שתביא ב' שערות וקודם שתראה לביאה יש מכר ואין קנס ומשתביא שתי שערות ועד שתיבגר יש קנס ולא מכר ובין בגרות לנערות ששה חדשים:
Dis [plutôt] : il y a aussi [une] amende — pour elle, et bien qu'il y ait [possibilité de] vente, depuis qu'elle est apte au rapport jusqu'à ce qu'elle produise deux poils ; et avant qu'elle ne soit apte au rapport, il y a [possibilité de] vente et pas d'amende ; et depuis qu'elle produit deux poils jusqu'à ce qu'elle devienne adulte, il y a [une] amende et pas de vente ; et entre la majorité (bagrout) et la naarout [il y a] six mois.
💡 Explication

Objection à la formulation des Sages : dire qu'à partir de trois ans 'il y a amende' impliquerait-il qu'il n'y a plus de vente ? Or elle reste mineure jusqu'aux deux poils, donc vendable ! Réponse : il faut lire les Sages comme disant qu'il y a aussi amende, sans pour autant exclure la vente — les deux statuts coexistent entre trois ans et l'apparition des deux poils.

8
מתני׳ כל מקום שיש מיאון – אין חליצה, וכל מקום שיש חליצה – אין מיאון.

MICHNA. Partout où il y a [la possibilité de] refus (miun), il n'y a pas de halitza ; et partout où il y a [la] halitza, il n'y a pas de refus.

📜 Rachi (1)
מתני' מיאון ביתומה שקדשוה אמה או אחיה ואפילו לדעתה יכולה למאן ויוצאה בלא גט עד שתביא שתי שערות וכל ימי קטנותה אינה ראויה לחליצה אם יבמה היא דאיש כתיב בפרשה ואם לא יחפוץ האיש ומקשינן אשה לאיש ומשנראית לחליצה אינה יכולה למאן:
MICHNA. Refus — [il s'agit] d'une orpheline que sa mère ou ses frères ont fiancée, et même avec son consentement elle peut refuser et sortir [du mariage] sans guet (lettre de divorce) jusqu'à ce qu'elle produise deux poils ; et tous les jours de sa minorité elle n'est pas apte à la halitza si elle est [soumise au] lévirat, car 'ich' (homme) est écrit dans la section [du lévirat] : 'et si l'homme ne veut pas' (Deut 25), et nous rapprochons (makchinan) la femme de l'homme ; et dès qu'elle devient apte à la halitza, elle ne peut plus refuser.
💡 Explication

Deuxième michna, même forme. Le refus (miun) permet à une orpheline mineure, mariée par sa mère ou ses frères, de rompre le mariage sans guet, tant qu'elle est mineure (avant les deux poils). La halitza (déliage du lévirat) n'est possible que dès qu'elle est apte, car le verset parle d'un 'homme' (ich) et l'on rapproche la femme de l'homme. Les deux s'excluent.

9
גמ׳ אמר רב יהודה, אמר רב: זו דברי רבי מאיר, אבל חכמים אומרים: יש מיאון במקום חליצה, דתניא: עד מתי הבת ממאנת? עד שתביא שתי שערות, דברי רבי מאיר. רבי יהודה אומר: עד שירבה השחור על הלבן.

GUEMARA. Rav Yehouda a dit au nom de Rav : ceci [est] l'avis de Rabbi Meir ; mais les Sages disent : il y a [la possibilité de] refus dans [un cas] où il y a [aussi] halitza.

Car il est enseigné [une braita] : jusqu'à quand la fille peut-elle refuser ? Jusqu'à ce qu'elle produise deux poils ; [ce sont] les paroles de Rabbi Meir.

Rabbi Yehouda dit : jusqu'à ce que le noir l'emporte sur le blanc.

📜 Rachi (3)
גמ' זו דברי ר"מ דאמר נערה לא ממאנת:
GUEMARA. Ceci [est] l'avis de Rabbi Meir — qui dit [qu']une jeune fille (naara) ne refuse pas.
במקום חליצה דאפילו נערה יכולה למאן:
Dans [un cas] où il y a halitza — [c'est-à-dire que] même une jeune fille peut refuser.
עד שירבה השחור שיוקף אותו מקום בשער ובמסכת נדה (דף נב:) מפרש לא שירבה ממש אלא שיהו שתי שערות ארוכות שוכבות ונראה כמו שריבה השחור:
Jusqu'à ce que le noir l'emporte — que cet endroit soit entouré de poil ; et au traité Nidda (52b) il est expliqué [que ce] n'est pas qu'il [le] l'emporte réellement, mais qu'il y ait deux longs poils couchés, [ce qui] paraît comme si le noir l'emportait.
🗂️ Tossefot (1)
עד שירבה השחור על הלבן פירוש הבשר לבן הוא וקאמר ר' יהודה דבעי שישחיר אותו המקום מן השערות ובשתי שערות סגי כדמפורש בפרק בא סימן ולא שירבה ממש אלא שיהו שתי שערות שוכבות ונראה כמו שריבה השחור כלומר דומה כמו שיש שם שערות הרבה ושם פירש בקונטרס דלא גרסינן על הלבן:
Jusqu'à ce que le noir l'emporte sur le blanc — explication : la chair est blanche, et Rabbi Yehouda dit qu'il faut que cet endroit noircisse de poils ; et deux poils suffisent, comme [c'est] expliqué au chapitre Ba Siman ; et [ce] n'est pas qu'il [le] l'emporte réellement, mais qu'il y ait deux poils couchés, [ce qui] paraît comme si le noir l'emportait, c'est-à-dire [que cela] ressemble [au cas] où il y aurait là beaucoup de poils ; et là [le maître] explique dans son commentaire que l'on ne lit pas 'sur le blanc'.
💡 Explication

Même structure que pour la michna précédente. Rav attribue l'exclusion à Rabbi Meir ; les Sages admettent le refus même là où la halitza est déjà possible. La braita oppose Rabbi Meir (refus jusqu'aux deux poils) à Rabbi Yehouda (refus jusqu'à ce que 'le noir l'emporte sur le blanc', c'est-à-dire que la pilosité couvre l'endroit) — seuil plus tardif.

10
מתני׳ כל מקום שיש תקיעה – אין הבדלה, וכל מקום שיש הבדלה – אין תקיעה.

MICHNA. Partout où il y a [la] sonnerie [du chofar] (tekia), il n'y a pas de havdala ; et partout où il y a [la] havdala, il n'y a pas de sonnerie.

📜 Rachi (2)
מתני' תקיעה ערבי שבתות וימים טובים להבטיל את העם מן המלאכה ובין השמשות תוקעין להבדיל בין קדש לחול:
MICHNA. Sonnerie — les veilles de chabbats et de jours de fête, pour faire cesser le peuple du travail ; et au crépuscule (bein ha-chmachot) on sonne pour séparer entre le sacré et le profane.
הבדלה בתפלה ועל הכוס במוצאי שבתות וימים טובים:
Havdala — dans la prière et sur la coupe (al ha-koss), aux issues des chabbats et des jours de fête.
💡 Explication

Troisième michna, même forme. La tekia (sonnerie du chofar) se fait les veilles de chabbat et de fête, au crépuscule, pour faire cesser le peuple du travail et séparer le sacré du profane. La havdala (bénédiction de séparation) se récite à l'issue du chabbat et des fêtes, dans la prière et sur la coupe. Les deux ne se rencontrent pas dans une même transition.

11
יום טוב שחל להיות בערב שבת – תוקעין, ולא מבדילין; במוצאי שבת – מבדילין, ולא תוקעין.

Un jour de fête (yom tov) qui tombe la veille de chabbat — on sonne et l'on ne fait pas la havdala ; à l'issue de chabbat — on fait la havdala et l'on ne sonne pas.

📜 Rachi (3)
תוקעין אע"פ שגם היום יו"ט היה ואין בו מלאכה תוקעין להבדיל ממלאכת אוכל נפש:
On sonne — bien que ce jour-là soit aussi un jour de fête et qu'il n'y ait pas [d'interdit de] travail [absolu], on sonne pour séparer du travail de bouche (okhel nefech, la préparation de la nourriture, permise le yom tov mais non chabbat).
ולא מבדילין מפני שהנכנס חמור מן היוצא:
Et l'on ne fait pas la havdala — parce que [le jour] qui entre est plus grave que [celui] qui sort.
חל להיות במוצאי שבת מבדילין לפי שהיוצא חמור מן הנכנס ותקיעה אין כאן:
[S']il tombe à l'issue de chabbat, on fait la havdala — parce que [le jour] qui sort est plus grave que [celui] qui entre ; et de sonnerie, il n'y en a pas ici.
💡 Explication

Application (voir le schéma). Une fête tombant un vendredi : on sonne (pour faire cesser les travaux permis le yom tov mais interdits chabbat) mais on ne fait pas la havdala, car on entre dans une sainteté plus grave (le chabbat surpasse la fête). Une fête tombant à l'issue du chabbat : on fait la havdala (on sort du plus grave vers le moins grave) mais on ne sonne pas.

🖼️ Schéma
Yom tov et chabbat : tekia ou havdala selon le sens du passage YT la veille de chabbat on entre dans le plus grave (le chabbat qui vient > le YT) on SONNE (tekia) on n'écarte PAS (pas de havdala) arrêt du travail de bouche (okhel nefech) YT à l'issue de chabbat on sort du plus grave (le chabbat qui part > le YT) on ÉCARTE (havdala) on ne SONNE pas (pas de tekia) formule 'bein kodech le-kodech' Principe : ce qui sort (ha-yotse) est plus grave que ce qui entre (ha-nikhnas), ou l'inverse selon le cas.
Yom tov la veille de chabbat (on entre dans le plus grave : tekia, pas de havdala) face à yom tov à l'issue de chabbat (on sort du plus grave : havdala, pas de tekia).
12
כיצד מבדילין? ״המבדיל בין קודש לקודש״. רבי דוסא אומר: ״בין קודש חמור לקודש הקל״.

Comment fait-on la havdala ? '[Béni sois-Tu...] qui sépare entre le sacré et le sacré' (ha-mavdil bein kodech le-kodech). Rabbi Dossa dit : 'entre un sacré grave et un sacré léger' (bein kodech hamour le-kodech ha-kal).

📜 Rachi (1)
כיצד מבדילין בין שבת ליום טוב כשהוא במוצאי שבת:
Comment fait-on la havdala — entre chabbat et jour de fête, lorsque [le yom tov tombe] à l'issue de chabbat.
💡 Explication

Formule de la havdala dans ce cas (passage du chabbat à la fête) : 'qui sépare entre le sacré et le sacré' — au lieu du 'entre le sacré et le profane' ordinaire de l'issue du chabbat. Rabbi Dossa propose une variante : 'entre un sacré grave et un sacré léger'. La Guemara la rejettera (segment 16).

13
גמ׳ היכי תוקע? אמר רב יהודה: תוקע ומריע מתוך תקיעה, ורב אסי אמר: תוקע ומריע בנשימה אחת. אתקין רב אסי בהוצל כשמעתיה.

GUEMARA. Comment sonne-t-on ?

Rav Yehouda a dit : on sonne [la tekia] et l'on sonne la teroua au sein de [la fin de] la tekia ; et Rav Assi a dit : on sonne [la tekia] et l'on sonne la teroua en une seule respiration (be-nechima ahat). Rav Assi institua à Houtsal [cette pratique] selon son enseignement.

📜 Rachi (3)
גמ' היכי תוקע ביו"ט שבע"ש כשהוא תוקע להבדיל בין קדש לחול דבעי שינוי משאר ערבי שבתות שהרי אין קדושה הנכנסת חמורה מקדושה דיוצאה כל כך:
GUEMARA. Comment sonne-t-on — un jour de fête [tombant] la veille de chabbat, lorsqu'on sonne pour séparer entre le sacré et le profane ; car [cela] requiert un changement par rapport aux autres veilles de chabbat, puisque la sainteté qui entre n'est pas tellement plus grave que la sainteté qui sort.
מתוך תקיעה קודם שיסיים התקיעה הוא מריע בסופה:
Au sein de la tekia — avant qu'il n'achève la tekia, il sonne la teroua à sa fin.
בנשימה אחת ומכל מקום מפסיק הוא בינתיים:
En une seule respiration — et néanmoins il interrompt [malgré tout] entre [les deux].
💡 Explication

Comment exécuter la sonnerie d'un yom tov tombant un vendredi, qui doit différer de la veille ordinaire de chabbat (le passage y est moins marqué) ? Rav Yehouda : on enchaîne la teroua (sons brisés) avant de finir la tekia (son tenu) — sans interruption nette. Rav Assi : tekia et teroua en une seule respiration (avec malgré tout un arrêt entre les deux). Rav Assi institua sa méthode dans la ville de Houtsal.

14
מיתיבי: יום טוב שחל להיות בערב שבת, תוקעין ולא מריעין. מאי לאו לא מריעין כלל? לא, רב יהודה מתרץ לטעמיה ורב אסי מתרץ לטעמיה. רב יהודה מתרץ לטעמיה: לא מריעין בפני עצמה, אלא מתוך תקיעה. ורב אסי מתרץ לטעמיה: לא מריעין בשתי נשימות, אלא בנשימה אחת.

On objecte [une braita] : un jour de fête qui tombe la veille de chabbat, on sonne [la tekia] et l'on ne sonne pas [de] teroua. N'[est-ce] pas [que cela signifie] : on ne sonne pas du tout [de] teroua ?

Non : Rav Yehouda explique [la braita] selon son enseignement, et Rav Assi explique [la braita] selon son enseignement. Rav Yehouda explique selon son enseignement : on ne sonne pas [de] teroua par elle-même, mais [seulement] au sein de [la] tekia.

Et Rav Assi explique selon son enseignement : on ne sonne pas [tekia et teroua] en deux respirations, mais en une seule respiration.

💡 Explication

Objection à partir d'une braita : 'on sonne la tekia mais pas de teroua' — ce qui semble exclure toute teroua, contre les deux Amoraim. Réponse : chacun lit la braita selon sa position. Rav Yehouda : pas de teroua isolée, seulement fondue dans la tekia. Rav Assi : pas de teroua en deux respirations, seulement en une seule. La braita ne nie donc pas la teroua, mais en règle l'exécution.

15
ובמוצאי שבת כו׳. היכא אמר לה? אמר רב יהודה: בחתימתה, וכן אמר רב נחמן: בחתימתה.

'Et à l'issue de chabbat, etc.' Où la dit-on [la formule 'entre le sacré et le sacré'] ? Rav Yehouda a dit : à sa conclusion (be-hatimata) ; et de même Rav Nahman a dit : à sa conclusion.

📜 Rachi (2)
היכא אמר לה להאי בין קדש לקדש:
Où la dit-on — ce 'entre le sacré et le sacré'.
בחתימתה של הבדלה אבל בפתיחתה הוא אומר בין קדש לחול וכך אנו נוהגים:
À sa conclusion — de la havdala ; mais à son ouverture (petihata) il dit 'entre le sacré et le profane', et ainsi [c'est] notre usage.
💡 Explication

Retour à la michna ('à l'issue de chabbat on fait la havdala'). Question : à quel endroit de la bénédiction place-t-on la formule 'entre le sacré et le sacré' ? Rav Yehouda et Rav Nahman : à la conclusion (hatima) de la bénédiction ; mais dans le corps de la bénédiction on dit, comme à chaque issue de chabbat, 'qui sépare entre le sacré et le profane, entre la lumière et l'obscurité', etc.

16
ורב ששת בריה דרב אידי אמר: אף בפתיחתה, ולית הלכתא כוותיה.

Et Rav Chechet fils de Rav Idi a dit : même à son ouverture (be-petihata) [on dit déjà 'entre le sacré et le sacré'] ; et la halakha n'est pas selon lui.

📜 Rachi (2)
אף בפתיחתה מתחיל המבדיל בין קדש לקדש בין אור לחושך:
Même à son ouverture — il commence [par] 'qui sépare entre le sacré et le sacré, entre la lumière et l'obscurité'.
ולית הלכתא כוותיה שהרי למנות סדר הבדלות הוא בא בתחלה והבדלה דכתיבה באורייתא בקודש וחול כתיבה וכרבי דוסא נמי לית (ליה) הלכתא דלא מזלזלינן ביום טוב לקרותו קודש הקל:
Et la halakha n'est pas selon lui — car [la bénédiction] vient au début énumérer l'ordre des distinctions (seder havdalot), et la havdala écrite dans la Torah est écrite en termes de sacré et de profane ; et selon Rabbi Dossa non plus la halakha n'[est pas], car nous ne rabaissons pas le jour de fête au point de l'appeler 'sacré léger'.
💡 Explication

Avis divergent de Rav Chechet fils de Rav Idi : on dit la formule 'entre le sacré et le sacré' dès l'ouverture de la bénédiction, et non seulement à la conclusion. La Guemara tranche : la halakha n'est pas selon lui — l'ouverture garde le 'bein kodech le-hol' ordinaire.

17
רבי דוסא אומר: ״בין קדש חמור לקדש הקל״, ולית הלכתא כוותיה.

'Rabbi Dossa dit : entre un sacré grave et un sacré léger' — et la halakha n'est pas selon lui.

💡 Explication

La Guemara revient sur la variante de Rabbi Dossa ('entre un sacré grave et un sacré léger', segment 11) et la rejette : on ne déprécie pas le yom tov en le qualifiant de 'sacré léger'.

18
אמר רבי זירא: יום טוב שחל להיות באמצע שבת, אומר ״המבדיל בין קדש לחול ובין אור לחשך ובין ישראל לגוים ובין יום השביעי לששת ימי המעשה״, מאי טעמא? סדר הבדלות הוא מונה.

Rabbi Zera a dit : un jour de fête qui tombe au milieu de la semaine (be-emtsa chabbat), on dit 'qui sépare entre le sacré et le profane, entre la lumière et l'obscurité, entre Israël et les nations, et entre le septième jour et les six jours de l'œuvre'. Quelle [en est] la raison ?

[C'est] l'ordre des distinctions (seder havdalot) qu'il énumère.

📜 Rachi (2)
באמצע שבת אפ"ה אמרינן בין יום השביעי אע"ג דלא שייך יום השביעי הכא כלל:
Au milieu de la semaine — même ainsi nous disons 'entre le septième jour', bien que [la mention du] septième jour ne se rapporte ici en rien [au jour présent].
סדר הבדלות האמורות בתורה הוא מונה ולהבדיל בין הקדש וגו'. ויבדל בין האור ובין החושך. ואבדיל אתכם מן העמים להיות לי. ובין יום השביעי כו' היינו בין קדש לחול ומשום דבעי למימר מעין חתימה סמוך לחתימתה:
L'ordre des distinctions — celles qui sont dites dans la Torah, il [les] énumère : 'pour séparer entre le sacré et [le profane]' (Lev 10), 'et Il sépara entre la lumière et l'obscurité' (Gen 1), 'et Je vous ai séparés d'avec les peuples pour être à Moi' (Lev 20), et 'entre le septième jour [et les six jours de l'œuvre]' — c'est [la même chose qu']entre le sacré et le profane ; et parce qu'il faut dire [quelque chose] proche de la formule de clôture [du thème], près de sa conclusion.
💡 Explication

Rabbi Zera : à l'issue d'une fête tombant en semaine (non rattachée à un chabbat), on récite la havdala complète — y compris 'entre le septième jour et les six jours de l'œuvre', bien que ce ne soit pas chabbat. Raison : on n'énonce pas la distinction propre à ce jour-là, mais on énumère l'ordre des distinctions instituées par la Torah (sacré/profane, lumière/obscurité, Israël/nations, septième jour/jours ouvrables).

19
הדרן עלך הכל שוחטין.

Nous avons achevé [le chapitre] Hakol Chochtin ['tous abattent'] (Hadran alakh).

💡 Explication

Formule de clôture du premier chapitre de Houlin, 'Hakol Chochtin' ('Tous abattent'). 'Hadran alakh' — 'nous sommes revenus sur toi', expression marquant l'achèvement de l'étude du chapitre.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).