Chullin 27a — combien de simanim couper, et d'où la Torah enseigne que la chehita se fait au cou

Chullin 27a

Sougya : La michna fixe le nombre de simanim à trancher : un seul (le veshet ou le kaneh) pour l'oiseau, deux pour la bête ; la majorité d'un siman vaut le siman entier ; R. Yehouda exige en outre les veines (veridin) pour l'oiseau.

La Guemara infère de 'ha-chohet' que c'est dilkhatchila non, bedi'avad oui, et résout l'objection sur les deux simanim de la bête. Puis trois deraches sur l'emplacement de l'abattage : Rav Kahana lit 've-chahat' = 'là où il se courbe (chah), purifie-le' ; Rav Yemar lit 've-zavachta' = 'là où cela coule (zav), brise-le' ; l'école de Rabbi Yichmael lit 've-chahat' comme 've-sahat' = 'là où il parle (sah), purifie-le'.

Chaque deracha est testée par 'pourquoi pas la queue / l'oreille / le nez / le cœur / la langue ?' puis ramenée à la règle : la chehita au cou est en réalité une halakha de Sinaï, le verset ne servant qu'à interdire de faire un tronron (guistra). Enfin un tana, Rabbi Hiyya, rattache la chose au verset 'les morceaux, la tête et la graisse' (Lev 1) : 'la tête déjà tranchée' prouve que l'abattage s'est fait au cou.

Combien de simanim couper (michna) Oiseau (of) un seul siman requis 1 siman entier -> valide majorité d'un siman -> valide moitié d'un siman -> INVALIDE R. Yehouda : il faut aussi couper les veines (veridin) Bête (behema) deux simanim requis 2 simanim entiers -> valide majorité des deux -> valide un siman + moitié -> INVALIDE veshet (oesophage) + kaneh (trachée)
La michna (segment 1) : combien de simanim couper pour l'oiseau et pour la bête, et la position de R. Yehouda.
D'où vient que la chehita se fait au cou (min ha-tsavar) ? trois derachot de mots, plus un appui tannaitique ; toutes lisent un verbe d'abattage en deux Rav Kahana ve-chahat = chah + chatehu 'là où il se courbe (chah), purifie-le (chatehu)' chatehu = purifier (dakei) Rav Yemar ve-zavachta = zav + chatehu 'là où cela coule (zav), brise-le (chatehu)' chatehu = briser (matbar) École de R. Yichmael ve-chahat -> ve-sahat 'là où il parle (sah), purifie-le (chatehu)' la voix sort de la gorge Mais en vérité : la chehita au cou est une halakha de Sinaï (gemara) le verset sert seulement à 'ne pas faire un tronron' (guistra) : ne pas trancher tout le cou Appui tannaitique : R. Hiyya 'la tête déjà tranchée' (Lev 1) -> la chehita s'est faite au cou
Les trois deraches scripturaires sur l'emplacement de l'abattage (segments 4, 8, 11) et leur véritable statut : halakha de Sinaï, le verset n'étant qu'un appui.
1
מַתְנִי׳ הַשּׁוֹחֵט אֶחָד בָּעוֹף וּשְׁנַיִם בַּבְּהֵמָה – שְׁחִיטָתוֹ כְּשֵׁרָה, וְרֻובּוֹ שֶׁל אֶחָד כָּמוֹהוּ. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: עַד שֶׁיִּשְׁחֹוט אֶת הַווְּרִידִין. חֲצִי אֶחָד בָּעוֹף וְאֶחָד וָחֵצִי בַּבְּהֵמָה – שְׁחִיטָתוֹ פְּסוּלָה. רֹוב אֶחָד בָּעוֹף וְרֹוב שְׁנַיִם בַּבְּהֵמָה – שְׁחִיטָתוֹ כְּשֵׁרָה.

MICHNA. Celui qui abat un [siman] dans un oiseau et deux [simanim] dans une bête — son abattage [est] valide ; et la majorité de l'un [vaut] comme lui [le tout].

Rabbi Yehouda dit : [il n'est valide] que [s']il abat aussi les veines (veridin). [Celui qui a coupé] la moitié de l'un dans un oiseau, ou l'un et demi dans une bête — son abattage [est] invalide.

La majorité de l'un dans un oiseau, ou la majorité des deux dans une bête — son abattage [est] valide.

📜 Rachi (5)
מַתְנֵי' הַשּׁוֹחֵט. שְׁחִיטָתוֹ כְּשֵׁרָה בַּגְּמָרָא פָּרִיךְ שְׁנַיִם בִּבְהֵמָה מַאי לְשׁוֹן דִּיעֲבַד שַׁיָּיךְ בֵּיהּ אֶלָּא כַּמָּה יִשְׁחֹוט וְיֵלֵךְ:
MICHNA. Celui qui abat. Son abattage [est] valide — dans la Guemara [le Talmud] objecte : 'deux dans une bête', quel sens d'à-posteriori (bedi'avad) y a-t-il ? plutôt, [il faut comprendre] : combien doit-il abattre et continuer [à abattre] ?
אֶחָד בָּעוֹף בַּגְּמָרָא תָּנֵי טַעְמָא:
Un [siman] dans un oiseau — dans la Guemara il en enseigne la raison.
וְרֻובּוֹ שֶׁל אֶחָד שֶׁל כָּל אֶחָד וְאֶחָד:
Et la majorité de l'un — de chacun et chacun [des simanim].
ווְרִידִין חוּטֵי הַצַּוָּאר שֶׁמְּקַלְּחִין אֶת הַדָּם וּבַגְּמָרָא (לְקַמָּן חֻולִּין דַּף כֹּח:) מְפָרֵשׁ דְּאַעוֹף קָאֵי וּמִשּׁוּם לְהוֹצִיא אֶת הַדָּם:
Les veines (veridin) — les fils [vaisseaux] du cou qui font jaillir le sang ; et dans la Guemara (plus loin, Houlin 28b) [le Talmud] explique que [cela] se rapporte à l'oiseau, et [que c'est] afin de faire sortir le sang.
רֹוב אֶחָד בָּעוֹף כּוּ' בַּגְּמָרָא (שָׁם דַּף כט.) פָּרִיךְ הָא תָּנָא לֵיהּ רֵישָׁא:
La majorité de l'un dans un oiseau etc. — dans la Guemara (là-bas, Houlin 29a) [le Talmud] objecte : mais [la michna] l'a déjà enseigné dans la première clause (recha) !
🗂️ Tossefot (2)
מַתְנֵי' הַשּׁוֹחֵט. ר' יְהוּדָה אוֹמֵר עַד שֶׁיִּשְׁחֹוט אֶת הַוְּורִידִין דַּוְקָא בְּעוֹף הוֹאִיל וְצוֹלֵהוּ כֻּולּוֹ כְּאֶחָד מוֹקֵי לָהּ בַּגְּמָרָא וּכְרַבִּי יְהוּדָה קַייְמָא לַן כִּדְאָמַר בפ"ק דִּבְרָכוֹת (דַּף ח:) הִזָּהֲרוּ בִּווְרִידִין כְּר' יְהוּדָה וְנִרְאֶה דְּדַוְקָא לְכַתְּחִלָּה קא"ר יְהוּדָה אֲבָל אִם צְלָאוֹ דִּיעֲבַד וְלֹא נֶחְתְּכוּ הַוְּורִידִין שָׁרִי כִּדְמוֹכַח בַּגְּמָרָא דְּקָאָמַר רַב פָּפָּא רֵישָׁא בְּחֻולִּין מֵהָכָא דְּקָאָמַר ר' יְהוּדָה עַד שֶׁיִּשְׁחֹוט אֶת הַווְּרִידִין וּפְלִיגִי רַבָּנַן עֲלֵיהּ וְאִי אָמְרַתְּ בְּקָדָשִׁים אַמַּאי פְּלִיגִי עֲלֵיהּ הוּא עַצְמוֹ לְדָם הוּא צָרִיךְ וְאִי ר' יְהוּדָה בְּדִיעֲבַד נָמֵי אָסַר דִּלְמָא לְכַתְּחִלָּה מוֹדוּ רַבָּנָן אֲבָל בְּדִיעֲבַד פְּלִיגִי עָלֶיהָ לְכָךְ נִרְאֶה דִּפְשִׁיטָא לֵיהּ דְּרַבִּי יְהוּדָה לָא קָאָמַר אֶלָּא לְכַתְּחִלָּה וְהָא דְּקָאָמַר בַּתּוֹסֶפְתָּא דְּרַבִּי יְהוּדָה פּוֹסֵל בְּעוֹף עַד שֶׁיִּשְׁחֹוט אֶת הַווֶּשֶׁט וְאֶת הַווְּרִידִין לָאו דַּוְקָא פּוֹסֵל בְּדִיעֲבַד אֶלָּא כְּלוֹמַר אָסוּר:
MICHNA. Celui qui abat. Rabbi Yehouda dit : [il n'est valide] que [s']il abat aussi les veines (veridin) — [c'est] uniquement pour l'oiseau, puisqu'on le rôtit tout entier d'un coup ; [ainsi] l'établit-il dans la Guemara. Et comme Rabbi Yehouda nous tranchons (kayma lan), ainsi qu'il est dit au premier chapitre de Berakhot (8b) : 'soyez attentifs aux veines, comme Rabbi Yehouda'. Et il apparaît [que c'est] précisément à priori (lekhatchila) que parle Rabbi Yehouda, mais [que] s'il [l']a rôti à posteriori (bedi'avad) et que les veines n'ont pas été coupées, [c'est] permis ; comme [cela] ressort de la Guemara, où Rav Papa dit : 'la première clause [traite] des [bêtes] profanes (houlin), [comme on le voit] de ce que Rabbi Yehouda dit '[il n'est valide] que [s']il abat aussi les veines' et [que] les Sages le contredisent ; or si tu dis [que c'est] dans les [animaux] consacrés (kodachim), pourquoi le contredisent-ils ? lui-même [a besoin du sang], car il a besoin du sang [pour l'aspersion] ! Et si Rabbi Yehouda interdisait aussi à posteriori, peut-être [serait-ce qu']à priori les Sages [lui] concèdent, mais [qu']à posteriori ils le contredisent. C'est pourquoi il apparaît [comme] évident pour lui [Rav Papa] que Rabbi Yehouda ne parle qu'à priori. Et ce que [la braita] dit dans la Tossefta, [que] 'Rabbi Yehouda invalide dans l'oiseau tant qu'il n'a pas abattu le veshet et les veines', [ce] n'est pas précisément [qu'il] invalide à posteriori, mais [cela veut dire] : c'est-à-dire [que c'est] interdit.
חֲצִי אֶחָד בָּעוֹף ה"ה חֲצִי כָּל אֶחָד וְאַגַּב רֹוב אֶחָד נְקַט חֲצִי אֶחָד וּמֵרֵישָׁא נָמֵי שֹׁמֵיעַ לֵיהּ דְּדַוְקָא רֹוב בָּעֵינַן וְלָא נַקְטֵיהּ אֶלָּא אַגַּב דְּבָעֵי לְמִתְנֵי אֶחָד וַחֲצִי בִּבְהֵמָה אע"ג דְּהָוֵי טְפֵי מֵרֹוב הַשְּׁנַיִם בֵּין הַכֹּל שְׁחִיטָה פְּסוּלָה:
La moitié de l'un dans un oiseau — il en va de même [pour] la moitié de chacun ; et c'est à cause de [la clause] 'la majorité de l'un' [qu']il prend 'la moitié de l'un'. Et de la première clause aussi on l'entendait déjà, [à savoir] que c'est précisément la majorité qu'il nous faut [et non la moitié] ; et il ne le prend que parce qu'il voulait enseigner 'l'un et demi dans une bête' : bien que [cela fasse] plus que la majorité des deux [simanim], au total l'abattage [est] invalide.
💡 Explication

La michna fixe le nombre de simanim (organes du cou : veshet [oesophage] et kaneh [trachée]) à trancher : un seul pour l'oiseau, deux pour la bête. Et la majorité d'un siman vaut le siman entier. R. Yehouda ajoute, pour l'oiseau, la coupe des veridin (veines du cou) afin que le sang s'écoule. Moitié d'un siman (oiseau) ou un siman et demi (bête) = invalide ; majorité d'un (oiseau) ou des deux (bête) = valide.

🖼️ Schéma
Combien de simanim couper (michna) Oiseau (of) un seul siman requis 1 siman entier -> valide majorité d'un siman -> valide moitié d'un siman -> INVALIDE R. Yehouda : il faut aussi couper les veines (veridin) Bête (behema) deux simanim requis 2 simanim entiers -> valide majorité des deux -> valide un siman + moitié -> INVALIDE veshet (oesophage) + kaneh (trachée)
Oiseau (un siman) face à bête (deux simanim) : ce qui rend l'abattage valide ou invalide, et l'ajout de R. Yehouda.
2
גְּמ׳ ״הַשּׁוֹחֵט״ – דִּיעֲבַד אִין, לְכַתְּחִלָּה לָא. שְׁנַיִם בַּבְּהֵמָה לְכִתְחִלָּה לָא? עַד כַּמָּה לִשְׁחוֹט וְלֵיזִיל? אִיבָּעֵית אֵימָא: אַאֶחָד בְּעוֹף, וְאִיבָּעֵית אֵימָא: אַרֻובּוֹ שֶׁל אֶחָד כָּמוֹהוּ.

GUEMARA. 'Celui qui abat' (ha-chohet) — à posteriori (bedi'avad), oui ; à priori (lekhatchila), non. 'Deux dans une bête', à priori non ? [mais] jusqu'à combien abattre et continuer ?

Si tu veux, dis [que cela se rapporte] à 'un [siman] dans un oiseau' ; et si tu veux, dis [que cela se rapporte] à 'la majorité de l'un [vaut] comme lui'.

📜 Rachi (2)
גמ' הַשּׁוֹחֵט עַל כָּרְחָךְ דִּיעֲבַד מַשְׁמַע הִלְכָּךְ קַשְׁיָא לָן ב' בִּבְהֵמָה לְכַתְּחִלָּה לָא סַגִּי בְּהָכִי בִּתְמִיהַּ:
GUEMARA. Celui qui abat — il signifie forcément [un sens d']à-posteriori (bedi'avad) ; aussi nous est-il difficile [d'admettre] '[pour] deux dans une bête, [ce serait] à priori non, [il ne] suffit pas [d'abattre] ainsi' — par étonnement.
אַאֶחָד בְּעוֹף קָאֵי הַשּׁוֹחֵט דִּלְכַתְּחִלָּה אַצְרְכוּהָ רַבָּנָן תַּרְוַיְיהוּ מִשּׁוּם הַרְחָקָה לַעֲבֵירָה דִּלְמָא לָא אָתֵי לְמֶיעְבַּד רֻובָּא דְּחַד:
[Cela se rapporte] à 'un dans un oiseau' — [le terme] 'celui qui abat' s'y rapporte : car à priori les Sages les ont requis tous deux [les deux simanim], au titre de l'éloignement de la transgression, de peur qu'il [n']en vienne pas à faire la majorité de l'un.
🗂️ Tossefot (1)
שְׁנַיִם בַּבְּהֵמָה לְכִתְחִלָּה לָא עַד כַּמָּה לִשְׁחוֹט וְלֵיזִיל וְאִי מִשּׁוּם ווְרִידִין אֲפִילּוּ ר' יְהוּדָה מוֹדֶה בִּבְהֵמָה הוֹאִיל וּמְנַתְּחָה אֵבֶר אֵבֶר כְּדִלְקַמָּן (חֻולִּין דַּף כֹּח:):
'Deux dans une bête, à priori non ? jusqu'à combien abattre et continuer ?' — et si [l'on disait que c'est] à cause des veines (veridin), même Rabbi Yehouda [l']accorde [le permet] pour la bête, puisqu'il la découpe membre par membre, comme [il est dit] plus loin (Houlin 28b).
⚖️ Rosh (2)
הַשּׁוֹחֵט אֶחָד בָּעוֹף וּשְׁנַיִם בַּבְּהֵמָה שְׁחִיטָתוֹ הַשִּׁירָה. וְרֻובּוֹ שֶׁל אֶחָד כָּמוֹהוּ. ר' יְהוּדָה אוֹמֵר עַד שֶׁיִּשְׁחֹוט אֶת הַווְּרִידִין. וְכַר' יְהוּדָה קַייְמָא לַן כִּדְאָמַר בְּפֶרֶק קַמָּא דִבְרָכוֹת דַּף ח: הִזָּהֲרוּ בַּווְּרִידִין כְּר' יְהוּדָה וְנִרְאֶה דְּר' יְהוּדָה דַּוְקָא לְכַתְּחִלָּה קָאָמַר. אֲבָל צְלָאוֹ בְּדִיעֲבַד וְלֹא נֶחְתְּכוּ הַוְּורִידִין שָׁרִי כִּדְמוֹכַח בַּגְּמָרָא דַּף כט. דְּקָאָמַר רַב פָּפָּא רֵישָׁא בְּחֻולִּין מֵהָכָא דְּקָאָמַר ר' יְהוּדָה עַד שֶׁיִּשְׁחֹוט אֶת הַווְּרִידִין וּפְלִיגִי רַבָּנַן עֲלֵיהּ וְאִי אָמְרַתְּ בְּקָדָשִׁים אַמַּאי פְּלִיגִי הוּא עַצְמוֹ לְדָם הוּא צָרִיךְ. וְאִי ר' יְהוּדָה בְּדִיעֲבַד נָמֵי אָסַר דִּילְמָא לְכַתְּחִלָּה מוֹדוּ רַבָּנָן אֲבָל בְּדִיעֲבַד פְּלִיגִי הִילְכָּךְ נִרְאֶה דִּפְשִׁיטָא לֵיהּ דְּרַבִּי יְהוּדָה לָא קָאָמַר אֶלָּא לְכַתְּחִלָּה. וְהָא דְּתָנֵי' בַּתּוֹסֶפְתָּא רַבִּי יְהוּדָה פּוֹסֵל בְּעוֹף עַד שֶׁיִּשְׁחֹוט אֶת הַווְּרִידִין. לָאו דַּוְקָא פּוֹסֵל בְּדִיעֲבַד אֶלָּא כְּלוֹמַר אוֹסֵר לְכַתְּחִלָּה. וְרַבִּי יְהוּדָה אַדִּיּוּקָא דְּמַתְנִיתִין קָאֵי הַשּׁוֹחֵט אֶחָד בְּעוֹף בְּדִיעֲבַד אֲבָל לְכַתְּחִלָּה בָּעֵי שְׁנַיִם. וּלְאִידָךְ לִישָּׁנָא קָאֵי הַשּׁוֹחֵט אַרֻובּוֹ שֶׁל אֶחָד כָּמוֹהוּ הָא לְהַתְחָלָה בָּעֵי סִימָן אֶחָד שָׁלֵם וְקָאָמַר רַבִּי יְהוּדָה לְכַתְּחִלָּה עַד שֶׁיִּשְׁחֹוט אֶת הַווְּרִידִין. וְגַם לְשׁוֹן פּוֹסֵל הַשָּׁנוּי בַּתּוֹסֶפְתָּא נ"ל שֶׁאֵין לְפָרֵשׁ בְּדִיעֲבַד. דְּכָל לְשׁוֹן פּוֹסֵל הַשָּׁנוּי אֵצֶל שְׁחִיטָה הַיְינוּ פּוֹסֵל מֵעַתָּה וְאֵין לוֹ תַּקָּנָה. וְאִם לֹא שָׁחַט הַווְּרִידִין עַל כָּרְחָךְ יֵשׁ תַּקָּנָה לָעוֹף בַּחֲתִיכַת אֵבֶר אֵבֶר. הִילְכָּךְ עַל כָּרְחָךְ אֵין לְפָרֵשׁ אֶלָּא בִּלְשׁוֹן אָסוּר שֶׁאָסוּר לִצְלוֹתוֹ כֻּולּוֹ כְּאֶחָד וא"כ אָסוּר לְכַתְּחִלָּה לִשְׁחֹוט בְּלֹא נְקִיבַת הַווְּרִידִין שֶׁמָּא יָבֹא לִצְלוֹתוֹ כֻּולּוֹ כְּאֶחָד הוֹאִיל שֶׁדַּרְכּוֹ כָּךְ וְעַל מַה שֶׁפֵּירֵשׁ ר"י שֶׁאִם צְלָאוֹ בְּדִיעֲבַד שָׁלֵם שֶׁמֻּותָּר קַשְׁיָא לָן שֶׁאִם אֵין הַדָּם שֶׁבַּווְּרִידִין נִפְלָט בְּצָלִי אָז יֵחָשֵׁב כִּשְׁאָר דַּם הָאֵיבָרִים שֶׁלֹּא פֵּירֵשׁ וַאֲפִילּוּ לְכַתְּחִלָּה יְהֵא מֻותָּר בְּלֹא שְׁחִיטַת הַווְּרִידִין וְאִם אֵינוֹ נִפְלָט בְּצָלִי וְגַם אֵין חָשׁוּב כִּשְׁאָר דַּם הָאֵיבָרִים שֶׁלֹּא פֵּירֵשׁ לְפִי שֶׁדָּם מִתְקַבֵּץ וְנִמְשָׁךְ שָׁם מִמְּקוֹמוֹת אֲחֵרִים מִידִי דַּהֲוָה אַאֻומְצָא דְּאַסְמִיק לְקַמָּן (חֻולִּין דַּף צג:) אִם כֵּן בְּדִיעֲבַד נָמֵי יְהֵא אָסוּר הִילְכָּךְ נִרְאֶה לְפָרֵשׁ מַתְנִיתִין לְכַתְּחִלָּה כְּמוֹ שֶׁפֵּירֵשׁ רִ"י וְאִם צְלָאוֹ שָׁלֵם אָסוּר וְהָכִי פֵּירוּשָׁא רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר בְּעוֹף עַד שֶׁיִּשְׁחֹוט אֶת הַווְּרִידִין לְכַתְּחִלָּה אֲפִילּוּ אִם רוֹצֶה לְנַתְּחוּ אֵבֶר אֵבֶר וּלְבַשְּׁלוֹ הוֹאִיל וְדֶרֶךְ לִצְלוֹתוֹ כֻּולּוֹ כְּאֶחָד וְאָז אָסוּר אִם שָׁחַט אֶת הַוְּורִידִין וְלִישָּׁנָא דִּגְמָרָא מוּכָח כָּךְ דְּקָאָמַר לֹא אָמַר רַבִּי יְהוּדָה אֶלָּא בְּעוֹף הוֹאִיל וְצוֹלֵיהוּ כֻּולּוֹ כְּאֶחָד וְלֹא אָמַר לְפִי שֶׁצּוֹלֵיהוּ כֻּולּוֹ כְּאֶחָד וְעוֹד אַדִּמְפַלֵּיג בֵּין עוֹף לִבְהֵמָה לִפְלוֹג בְּעוֹף גּוּפֵיהּ בֵּין צוֹלֵיהוּ כֻּולּוֹ כְּאֶחָד וּבֵין מְנַתְּחוֹ אֵבֶר אֵבֶר. אֶלָּא וַדַּאי הָכִי קָאָמַר לֹא אָמַר ר' יְהוּדָה אֶלָּא בְּעוֹף וַאֲפִילּוּ מְנַתְּחוֹ אֵבֶר אֵבֶר הוֹאִיל וּרְגִילוּת הוּא לִצְלוֹת כֻּולּוֹ כְּאֶחָד אֲבָל בְּהֵמָה הוֹאִיל וְדֶרֶךְ לְנַתְּחָהּ אֵבֶר אֵבֶר לֹא הֻוצְרַךְ לִשְׁחֹוט אֶת הַווְּרִידִין. חֲצִי אֶחָד בָּעוֹף וְאֶחָד וָחֵצִי בַּבְּהֵמָה שְׁחִיטָתוֹ פְסוּלָה. רֹוב אֶחָד בָּעוֹף וְרֹוב שְׁנַיִם בַּבְּהֵמָה שְׁחִיטָתוֹ כְּשֵׁירָה:
Celui qui abat un [siman] dans un oiseau et deux [simanim] dans une bête — son abattage [est] valide (kacher). Et la majorité de l'un [vaut] comme lui [le tout]. Rabbi Yehouda dit : [il n'est valide] que [s']il abat aussi les veines (veridin). Et comme Rabbi Yehouda nous tranchons (kayma lan), ainsi qu'il est dit au premier chapitre de Berakhot (8b) : 'soyez attentifs aux veines, comme Rabbi Yehouda'. Et il apparaît que c'est précisément à priori (lekhatchila) que parle Rabbi Yehouda ; mais s'il [l']a rôti à posteriori (bedi'avad) et que les veines n'ont pas été coupées, [c'est] permis (chari), comme [cela] ressort de la Guemara, folio 29a, où Rav Papa dit : 'la première clause (recha) [traite] des [bêtes] profanes (houlin), [comme on le voit] de ce que Rabbi Yehouda dit '[il n'est valide] que [s']il abat aussi les veines' et [que] les Sages (rabanan) le contredisent ; or si tu dis [que c'est] dans les [animaux] consacrés (kodachim), pourquoi le contredisent-ils ? lui-même a besoin du sang, car il a besoin du sang [pour l'aspersion] ! Et si Rabbi Yehouda interdisait aussi à posteriori, peut-être [serait-ce qu']à priori les Sages [lui] concèdent, mais [qu']à posteriori ils le contredisent. C'est pourquoi il apparaît [comme] évident pour lui [Rav Papa] que Rabbi Yehouda ne parle qu'à priori. Et ce que [la braita] enseigne dans la Tossefta, [que] 'Rabbi Yehouda invalide (possel) dans l'oiseau tant qu'il n'a pas abattu les veines' — [ce] n'est pas précisément [qu'il] invalide à posteriori, mais [cela veut dire] : c'est-à-dire qu'il interdit (osser) à priori. Et Rabbi Yehouda se rapporte à l'inférence (dioukka) de notre michna [dans un des sens] : 'celui qui abat un [siman] dans un oiseau' [c'est valide seulement] à posteriori, mais à priori il [en] faut deux. Et selon l'autre version (lichana), 'celui qui abat' se rapporte à 'la majorité de l'un [vaut] comme lui' : voilà qu'au départ il faut un siman entier, et Rabbi Yehouda dit qu'à priori [il faut abattre] jusqu'à ce qu'il abatte les veines. Et de même, quant au terme 'invalide' (possel) enseigné dans la Tossefta, il m'apparaît qu'on ne peut l'expliquer [comme] à posteriori. Car tout terme 'invalide' (possel) enseigné à propos de l'abattage (chehita), c'est [le sens de] 'invalide désormais et il n'y a plus de remède (takana)'. Or s'il n'a pas abattu les veines, il y a forcément un remède pour l'oiseau, [à savoir] en découpant [la chair] membre par membre (ever ever). C'est pourquoi il faut forcément ne l'expliquer que dans le sens d''interdit' (assour), [à savoir] qu'il est interdit de le rôtir tout entier d'un coup ; et [s'il en est] ainsi, il est interdit d'abattre à priori sans percer les veines, de peur qu'il n'en vienne à le rôtir tout entier d'un coup, puisque tel est son usage. Et quant à ce qu'a expliqué le Ri, [à savoir] que s'il l'a rôti entier à posteriori c'est permis, il nous est difficile [de l'admettre] : car si le sang qui est dans les veines ne s'échappe pas au rôtissage, alors il sera considéré comme le reste du sang des membres qui n'a pas afflué (n'a pas quitté sa place), et même à priori il serait permis sans abattage des veines. Et si [ce sang] ne s'échappe pas au rôtissage et [qu']il n'est pas non plus considéré comme le reste du sang des membres qui n'a pas afflué — parce que du sang se rassemble et se dirige là depuis d'autres endroits, de la même manière qu'au sujet du morceau de viande (oumtsa) qui a rougi, plus loin (Houlin 93b) — alors à posteriori aussi ce serait interdit. C'est pourquoi il apparaît [juste] d'expliquer la michna [comme parlant] à priori, comme l'a expliqué le Ri, et [que] s'il l'a rôti entier c'est interdit. Et voici l'explication : Rabbi Yehouda dit [que], dans l'oiseau, [il faut abattre] jusqu'à ce qu'il abatte les veines, à priori, même s'il veut le découper membre par membre et le cuire, puisque l'usage est de le rôtir tout entier d'un coup ; et alors [c'est] interdit s'il [n']a [pas] abattu les veines. Et le langage de la Guemara le prouve ainsi : car [elle] dit 'Rabbi Yehouda n'a parlé que dans l'oiseau, puisqu'il le rôtit tout entier d'un coup', et [elle] n'a pas dit 'parce qu'il le rôtit tout entier d'un coup'. Et de plus : au lieu de distinguer entre l'oiseau et la bête, qu'il distingue dans l'oiseau lui-même entre [le cas où] il le rôtit tout entier d'un coup et [celui où] il le découpe membre par membre ! Plutôt, [c'est] certainement ainsi qu'il dit : Rabbi Yehouda n'a parlé que dans l'oiseau, et [ce] même [s']il le découpe membre par membre, puisque l'usage est de [le] rôtir tout entier d'un coup ; mais [pour] la bête, puisque l'usage est de la découper membre par membre, il n'est pas nécessaire d'abattre les veines. [Celui qui a coupé] la moitié de l'un dans un oiseau, ou l'un et demi dans une bête — son abattage [est] invalide (passoul). La majorité de l'un dans un oiseau, ou la majorité des deux dans une bête — son abattage [est] valide (kacher).
גְּמָ' הַשּׁוֹחֵט דִּיעֲבַד אִין לְכִתְחִלָּה לָא עַד כַּמָּה לִשְׁחוֹט וְלֵיזַל. אִי בָּעֵית אֵימָא אַאֶחָד בְּעוֹף. וְאִי בָּעֵית אֵימָא אַרֻובּוֹ שֶׁל אֶחָד כָּמוֹהוּ. וּמִסְתַּבֵּר כֵּיוָן דְּאִיכָּא תְּרֵי שִׁינּוּיֵי עָבְדִינַן לְחוּמְרָא. דִּלְכַתְּחִלָּה צָרִיךְ לִשְׁחֹוט שְׁנֵי סִימָנִין אַף בְּעוֹף וְהָא דְּאָמְרִינַן לְקַמָּן גַּבֵּי הַהוּא דַּהֲוָה מִמַּסְמֵס קוֹעֵיהּ דְּמָא דְּקָאָמַר נִבְדָּקֶיהָ לַקָּנֶה וְלִישְׁחֲטֵיהּ. הָתָם כְּדִיעֲבַד דָּמֵי כֵּיוָן דְּאֵין לוֹ הֶיתֵּר אֶלָּא בִּשְׁחִיטַת סִימָן אֶחָד. וְרַב אִלְפָּס זַ"ל כָּתַב וְרֻובּוֹ שֶׁל אֶחָד כָּמוֹהוּ דַּווְקָא בְּדִיעֲבַד אֲבָל לְכַתְּחִלָּה מִיבְּעֵי לֵיהּ לְמִישְׁחֲטֵיהּ כּוּלֵּיהּ סִימָן. מַשְׁמַע דס"ל כְּלִישָּׁנָא בָּתְרָא לְקֻולָּא. מִשּׁוּם דְּהָנֵי תְּרֵי לִישָּׁנֵי פְּלִיגִי בִּמְדֻרְבָּנָן דְּמִדְּאוֹרַייְתָּא בְּסִימָן א' סַגִּי וְאָזְלִינַן לְקֻולָּא בְּשֶׁל סוֹפְרִים. תָּנֵי בַּר קַפָּרָא זֹאת תּוֹרַת הַבְּהֵמָה וְהָעוֹף וְכֹל נֶפֶשׁ הַחַיָּה הָרֹומֶשֶׂת בַּמָּיִם הִטִּילוּ הַכָּתוּב לְעוֹף בֵּין בְּהֵמָה לְדָגִים. לְחַיְּיבוֹ בִּשְׁנֵי סִימָנִים אִי אֶפְשָׁר שֶׁכְּבָר הֻוקַּשׁ לְדָגִים. לְפָטְרוֹ בְּלֹא כְּלוּם אִי אֶפְשָׁר שֶׁכְּבָר הֻוקַּשׁ לִבְהֵמָה הָא כֵּיצַד הֶכְשֵׁירוֹ בְּסִימָן אֶחָד. תַּנְיָא רַבִּי אוֹמֵר וְזָבַחְתָּ כַּאֲשֶׁר צִוִּיתִיךָ מְלַמֵּד שֶׁנִּצְטַוָּוה מֹשֶׁה עַל הַווֶּשֶׁט וְעַל הַקָּנֶה וְעַל רֹוב אֶחָד בָּעוֹף וְעַל רֹוב שְׁנַיִם בַּבְּהֵמָה:
GUEMARA. 'Celui qui abat' (ha-chohet) — à posteriori (bedi'avad), oui ; à priori (lekhatchila), non. 'Jusqu'à combien abattre et continuer ?' Si tu veux, dis [que cela se rapporte] à 'un [siman] dans un oiseau' ; et si tu veux, dis [que cela se rapporte] à 'la majorité de l'un [vaut] comme lui'. Et il est logique que, puisqu'il y a deux réponses (chinouyei), nous [tranchions] par la rigueur (le-houmra) : [à savoir] qu'à priori il faut abattre les deux simanim, même dans l'oiseau. Et ce que nous disons plus loin, à propos de celui dont la gorge était écrasée et sanglante (mimasmes koeh dema), [où] l'on dit 'qu'on examine (nivdekeha) la trachée (kaneh) et qu'on l'abatte' — là, [cela] est considéré comme [de] l'a-posteriori (bedi'avad), puisqu'il n'a de permission (heter) que par l'abattage d'un seul siman. Et Rav Alfas (le Rif), de mémoire bénie, a écrit : 'la majorité de l'un [vaut] comme lui' [c'est] précisément à posteriori, mais à priori il lui faut abattre le siman tout entier. [Cela] implique qu'il tient comme la dernière version (lichana batra), par indulgence (le-koula). Parce que ces deux versions (lichanei) sont en désaccord sur [une exigence] rabbinique (de-rabanan) — car de par la Torah (mi-de-oraita) un seul siman suffit — et [dans le doute] nous [tranchons] par indulgence (le-koula) en matière [de décrets] des Soferim (chel soferim). Bar Kappara a enseigné : 'ceci est la loi de la bête et de l'oiseau et de tout être vivant qui rampe dans les eaux' (Lévitique 11:46) — l'Écriture a placé l'oiseau entre la bête et les poissons. Le rendre passible de [couper] deux simanim, [c'est] impossible, car il a déjà été assimilé (hukach) aux poissons ; l'exempter de tout, [c'est] impossible, car il a déjà été assimilé à la bête. Comment donc [faire] ? Son aptitude (hekhchero) [se fait] par un seul siman. Il est enseigné (tania) : Rabbi (Rabbi Yehouda ha-Nassi) dit : 'et tu abattras (ve-zavachta) comme je te l'ai ordonné' (Deutéronome 12:21) — [cela] enseigne que Moché a reçu l'ordre au sujet du veshet (oesophage), du kaneh (trachée), de la majorité de l'un dans l'oiseau et de la majorité des deux dans la bête.
💡 Explication

La Guemara infère du terme 'ha-chohet' (celui qui a abattu, au passé) un sens d'à-posteriori : 'bedi'avad oui, lekhatchila non'. Difficulté : pour 'deux dans une bête', que voudrait dire 'à priori non' — combien de simanim de plus pourrait-il couper ? Réponse : la nuance lekhatchila/bedi'avad porte soit sur 'un dans un oiseau' (à priori on coupe les deux simanim de l'oiseau), soit sur 'la majorité vaut le tout' (à priori on coupe le siman entier).

3
(כּמ״שׁ סִימַן).

(KMCH — signe mnémotechnique).

💡 Explication

Signe mnémotechnique (les lettres kaf-mem-chin) pour retenir l'ordre des autorités de la discussion qui suit : Kahana (Rav Kahana), M [Yemar — Rav Yemar], CH [école de Rabbi Yichmael].

4
אָמַר רַב כָּהֲנָא: מִנַּיִן לִשְׁחִיטָה שֶׁהִיא מִן הַצַּוָּאר? שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְשָׁחַט אֶת בֶּן הַבָּקָר״, מִמָּקוֹם שֶׁשָּׂח חָטָהוּ. מִמַּאי דְּהַאי חַטֵּהוּ לִישָּׁנָא דְּדַכּוֹיֵי הוּא? דִּכְתִיב: ״וְחָטָא אֶת הַבַּיִת״, וְאִיבָּעֵית אֵימָא מֵהָכָא: ״תְּחַטְּאֵנִי בָּאֵזוֹב וְאֶטְהַר״.

Rav Kahana a dit : d'où [sait-on] que l'abattage [se fait] depuis le cou (min ha-tsavar) ? De ce qu'il est dit : 'et il abattra (ve-chahat) le jeune taureau' (Lévitique 1:5) — depuis l'endroit où il se courbe ( chah ), purifie-le (chatehu).

D'où [sait-on] que ce [mot] 'chatehu' est une expression de purification (dikouy) ? De ce qu'il est écrit : 'et il purifiera (ve-hitte) la maison' (Lévitique 14:52) ; et si tu veux, dis de ceci : 'purifie-moi (te-hatteeni) avec l'hysope et je serai pur' (Psaumes 51:9).

📜 Rachi (3)
מִן הַצַּוָּאר מִן הַגָּרוֹן:
Depuis le cou — depuis la gorge (garon).
שֶׁשָּׂח שֶׁכּוֹפֵף:
Qui se courbe (chah) — qui se ploie.
חִטָּהוֹ הִכְשִׁירָהוּ לַאֲכִילָה וְטִהֲרָהוּ. לִישָּׁנָא אַחְרִינָא חִטָּהוּ הוֹצִיא אֶת דָּמוֹ וְנִקָּהוּ. וּלְהַאי לִישָּׁנָא גָּרְסִינַן חַטֵּהוּ לִישָּׁנָא דְּדַכּוֹיֵי הוּא וּלְלִישָּׁנָא קַמָּא גָּרְסִינַן דְּאַכְּשׁוּרֵי הוּא:
Chatehu — rends-le apte à la consommation et purifie-le. Autre version : 'chatehu' [signifie] fais-en sortir le sang et nettoie-le. Et selon cette version on lit 'chatehu est une expression de purification', tandis que selon la première version on lit '[chatehu] est une expression d'aptitude (akhcharei)'.
💡 Explication

Première deracha (voir le schéma). Rav Kahana découpe le verbe ve-chahat en chah (se courber) + chatehu (purifie-le) : on abat 'la où [l'animal] se courbe' — c'est-à-dire au cou. Et 'chatehu' veut bien dire purifier (le rendre apte à la consommation), comme dans 've-hitte et ha-bayit' et 'te-hatteeni be-ezov'.

5
וְאֵימָא מִזְּנָבוֹ? שָׂח – מִכְּלָל שֶׁזָּקוּף בָּעֵינַן, וְהָא שָׁח וְעוֹמֵד הוּא. וְאֵימָא מֵאָזְנוֹ? בָּעֵינַן דַּם הַנֶּפֶשׁ, וְלֵיכָּא.

Et dis [plutôt : depuis] sa queue (zanav) ? [De] 'chah' (qui se courbe), il découle (mikhlal) que nous requérons [un membre normalement] dressé (zakouf) ; or celui-ci [la queue] est courbé et reste [tel].

Et dis [depuis] son oreille ? Nous requérons le sang de l'âme (dam ha-nefech), et il n'y en a pas.

📜 Rachi (4)
וְאֵימָא מִזְּנָבוֹ שֶׁכָּפוּף תָּמִיד:
Et dis [depuis] sa queue — qui est toujours ployée.
שֶׁשָּׂח מַשְׁמַע כּוֹפֵף וְלֹא כָּפוּף מִכְּלָל שֶׁבְּדֶרֶךְ הֲלִיכָתוֹ הוּא זוֹקֵף:
Qui se courbe (chah) — [le mot] signifie '[qui] se ploie' et non 'ployé', d'où il découle que c'est dans le cours normal de sa marche qu'il [se] dresse.
מֵאָזְנוֹ שֶׁהוּא כּוֹפְפָה כְּשֶׁהוּא רוֹצֶה:
Depuis son oreille — qu'il ploie quand il [le] veut.
דַּם הַנֶּפֶשׁ דְּהָא בְּקָדָשִׁים כְּתִיב וְדַם הַנֶּפֶשׁ בָּעֵינַן לִזְרִיקָה דִּכְתִיב דָּמוֹ בְּנַפְשׁוֹ הִוא וַאֲנִי נְתַתִּיו לָכֶם עַל הַמִּזְבֵּחַ וְגוֹ' דָּם שֶׁהַנֶּפֶשׁ יוֹצְאָה בּוֹ מְכַפֵּר:
Le sang de l'âme (dam ha-nefech) — car [le verset] est écrit à propos des [animaux] consacrés (kodachim), et nous requérons le sang de l'âme pour l'aspersion (zerika), comme il est écrit 'car c'est le sang qui, par l'âme, fait expiation' (litt. 'son sang, par son âme, c'est lui') 'et moi, je vous [l']ai donné sur l'autel etc.' — le sang par lequel l'âme sort fait expiation.
💡 Explication

On teste la deracha. Pourquoi pas la queue, elle aussi courbe ? Parce que 'chah' (se courber, par opposition à 'rester courbé') implique un membre habituellement dressé qui se ploie à l'occasion ; la queue, elle, est toujours courbée. Pourquoi pas l'oreille [dressée, qui se plie] ? Parce qu'il faut faire couler le sang de l'âme (dam ha-nefech), ce que l'oreille ne donne pas.

6
וְאֵימָא: דְּקָרַע וְאָזֵיל עַד דַּם הַנֶּפֶשׁ! וְתוּ, שְׁהִייָּה, דְּרָסָהּ, חֲלָדָה, הַגְרָמָה, וְעִיקּוּר – מִנָּלַן? אֶלָּא גְּמָרָא. שְׁחִיטָה מִן הַצַּוָּאר נָמֵי גְּמָרָא.

Et dis [plutôt] : qu'il déchire (de-kara) et progresse jusqu'au sang de l'âme ! Et de plus : l'interruption (chehiya), la pression (derassa), le glissement-sous (halada), le dérapage (hagrama) et l'arrachement (ikour) — d'où [les tenons-nous] ?

Plutôt, [c'est] une tradition (gemara). [Et] l'abattage depuis le cou aussi [est] une tradition.

📜 Rachi (1)
ה"ג וְתוּ שְׁהִייָּה דְּרָסָה חֲלָדָה כו' וְלָא גָּרְסִינַן וְלִיטַעֲמֵיךְ:
Ainsi lit-on : 'Et de plus : l'interruption, la pression, le glissement-sous etc.', et on ne lit pas 'et selon ton raisonnement (ou-le-ta'amekh)'.
🗂️ Tossefot (1)
וְתוּ שְׁהִייָּה דְּרָסָה וַחֲלֻדָּה כו' בְּכָל הַסְּפָרִים גָּרְסִינַן וְלִיטַעֲמֵיךְ וּבַקּוּנְטְרֵס הִגִּיהַּ וְתוּ וְקָשֶׁה לְפֵירוּשׁוֹ דְּאִי הַשַּׁ"ס קָאָמַר לָהּ וּמַסִּיק דִּקְרָא אֲתָא דְּלָא לְשַׁוְיָיה גִּיסְטְרָא וְכֵן בְּסָמוּךְ גַּבֵּי קְרָא דִּוְזָבַחְתָּ מוּקֵי לִקְרָא דְּלָא לְשַׁוְיָיה גִּיסְטְרָא לָמָּה לִי תְּרֵי קְרָאֵי לְהָכִי וְעוֹד דִּמְפָרֵשׁ דְּלָא לְשַׁוְיָיה גִּיסְטְרָא שֶׁלֹּא יַחְתֹּוךְ הַצַּוָּאר עִם הַסִּימָנִין הֵיכִי מַשְׁמַע מֻושְׁחָט וְעוֹד אַמַּאי ס"ד שֶׁיַּחְתֹּוךְ הַמַּפְרֶקֶת אַחַר שְׁחִיטַת הַסִּימָנִין וְנִרְאֶה כְּגִירְסַת הַסְּפָרִים דְּגָרְסִי וְלִיטַעֲמֵיךְ וְרַב כָּהֲנָא קָאָמַר לָהּ שְׁחִיטָה מִן הַצַּוָּאר נָמֵי גְּמָרָא וְלֹא מֵאָזְנוֹ וְלֹא מֵחָוטְמוֹ אֲבָל אַכַּתִּי לָא יָדְעִינַן מֵהֵיכָן מַתְחִיל אִי מִן הָעֹורֶף כַּמְּלִיקָה אוֹ מִצַּד הַגָּרוֹן בְּסִימָנִים וּלְהָכִי אֲתָא וְשָׁחַט לוֹמַר מִמָּקוֹם שֶׁשָּׂח וְקַיְימָא מִילְּתָא דְּרַב כָּהֲנָא דְּקָאָמַר מִנַּיִן לִשְׁחִיטָה מִן הַצַּוָּאר דְּהַיְינוּ גָּרוֹן כְּדִתְנַן לְעֵיל (חֻולִּין דַּף יט:) שֶׁכָּל הַצַּוָּאר כָּשֵׁר לִשְׁחִיטָה וְכָל הָעֹורֶף כָּשֵׁר לַמְּלִיקָה:
'Et de plus : l'interruption, la pression et le glissement-sous etc.' — dans tous les livres on lit 'et selon ton raisonnement (ou-le-ta'amekh)', et dans le commentaire (kontres = Rachi) [le maître] a corrigé 'et de plus (ve-tou)'. Et il y a une difficulté à son explication : car si c'est le Talmud (chas) qui [le] dit et [s']il conclut que le verset vient [enseigner] de 'ne pas faire un tronron (guistra)', et de même plus loin, à propos du verset 've-zavachta', [où le Talmud] établit le verset [comme enseignant] de 'ne pas faire un tronron' — pourquoi deux versets pour cela ? Et de plus, puisqu'il explique 'ne pas faire un tronron' [comme signifiant] qu'il ne tranche pas le cou avec les simanim — comment cela ressort-il de 've-chahat' ? Et de plus, pourquoi viendrait-il à l'esprit qu'il tranche la nuque (mafreket) après l'abattage des simanim ? Aussi apparaît-il [juste, selon] la version des livres qui lisent 'et selon ton raisonnement', [que] c'est Rav Kahana [qui] le dit : l'abattage depuis le cou aussi [est] une tradition, et non depuis son oreille ni depuis son nez ; mais nous ne savons pas encore d'où il commence — si depuis la nuque (oref) comme [pour] la melika [pincement de la nuque des oiseaux consacrés], ou depuis le côté de la gorge, aux simanim ; aussi vient 've-chahat' [enseigner] 'depuis l'endroit où il se courbe', et le propos de Rav Kahana tient bon, lui qui dit 'd'où [sait-on que] l'abattage [se fait] depuis le cou', à savoir la gorge, comme nous l'avons appris plus haut (Houlin 19b) [que] 'tout le cou est apte à l'abattage et toute la nuque est apte à la melika'.
💡 Explication

Objection plus radicale : pourquoi ne pas déchirer à partir de l'oreille jusqu'à atteindre le sang de l'âme ? Et d'où tenons-nous tous les invalidants de la chehita — chehiya (pause), derassa (appuyer au lieu de glisser), halada (passer la lame sous la peau), hagrama (couper hors zone), ikour (arracher les simanim) ? Réponse : tout cela est halakha de Sinaï (gemara, tradition orale). L'abattage au cou aussi est une telle tradition — le verset n'en est pas la véritable source.

7
וּקְרָא לְמַאי אֲתָא? דְּלָא לְשַׁוְיָיה גִּיסְטְרָא.

Et [si tel est le cas] le verset, pour quoi vient-il [enseigner] ? [Pour enseigner] qu'il n'en fasse pas un tronron (guistra).

📜 Rachi (2)
וּקְרָא לְמַאי אֲתָא כֵּיוָן דְּהִלְכוֹת שְׁחִיטָה הֲלָכָה לְמֹשֶׁה מִסִּינַי הֵן:
Le verset, pour quoi vient-il — puisque les lois de l'abattage sont [des] halakhot [transmises] à Moché au Sinaï.
דְּלָא לְשַׁוְיָיה גִּיסְטְרָא שֶׁלֹּא יַחְתֹּוךְ כָּל הַמַּפְרֶקֶת לִשְׁנַיִם דְּהָכִי מַשְׁמַע חֲטָהוֹ הוֹצֵא אֶת דָּמוֹ וְתוּ לָא וּלְאִידָךְ לִישָּׁנָא הֶכְשֵׁר אֲכִילָתוֹ דְּהַייְנוּ הַסִּימָנִין וְתוּ לָא. לִישָּׁנָא אַחְרִינָא דְּלָא לְשַׁוְויָה גִּיסְטְרָא שֶׁלֹּא יִדְרֹוס אע"ג דְּהִלְכוֹת שְׁחִיטָה הֲלָכָה לְמֹשֶׁה מִסִּינַי הֵם יֵשׁ מֵהֶם שֶׁנִּכְתְּבוּ כְּגוֹן דְּרָסָהּ דְּמַפְּקִינַן לְקַמָּן מֻושְׁחָט אֵין וְשָׁחַט אֶלָּא לְשׁוֹן וּמֶשֶׁךְ וְכִי גְּמִירִי הִלְכְתָא אַשְּׁאָרָא וְדָרְסָה קָרֵי גִּיסְטְרָא כְּדִתְנַן בְּמַתְנִיתִין הָיָה שׁוֹחֵט וְהִתִּיז אֶת הָרֹאשׁ בְּבַת אַחַת אַלְמָא דְּרָסָהּ לְשׁוֹן הַתָּזַת רֹאשׁ בְּבַת אַחַת קָרֵי לָהּ דְּהַיְינוּ גִּיסְטְרָא מִפְּנֵי שֶׁהַמּוֹלִיךְ וּמֵבִיא אֵינוֹ חוֹתֵךְ אֶלָּא לְפִי דַּעְתּוֹ וּכְשֶׁהוּא רוֹצֶה מוֹשֵׁךְ אֶת יָדָיו אֲבָל הַדּוֹרֵס זֶה הַחוֹתֵךְ כְּמוֹ שֶׁחוֹתְכִין מַקֵּל דַּק אוֹ דְּלַעַת אוֹ קַפְלוֹט שֶׁחוֹתֵךְ בְּכֹחַ וּמַתִּיז לְהַלָּן:
Qu'il n'en fasse pas un tronron (guistra) — qu'il ne tranche pas toute la nuque (mafreket) en deux ; car ainsi signifie 'chatehu' : fais-en sortir le sang et rien de plus ; et selon l'autre version, [c'est] l'aptitude de sa consommation, c'est-à-dire les simanim et rien de plus. Autre version : 'qu'il n'en fasse pas un tronron' [signifie] qu'il n'appuie pas (yidros) [sur la lame] ; car, bien que les lois de l'abattage soient [des] halakhot [transmises] à Moché au Sinaï, certaines d'entre elles ont été écrites — par exemple la pression (derassa), que nous dérivons plus loin de 've-chahat' : 've-chahat' [implique] 'oui' [un mouvement de glissement], car 've-chahat' n'est qu'une expression de tirage (mecheka) [glisser la lame] ; et [les Sages] ont reçu la tradition pour le reste. Et la pression, [le verset] l'appelle 'tronron', comme nous l'avons appris dans la michna : 's'il était en train d'abattre et qu'il a fait sauter la tête d'un seul coup' — preuve [qu']il appelle la pression 'expression d'un coup faisant sauter la tête d'un seul coup', c'est-à-dire un tronron ; parce que celui qui mène-et-ramène (molikh u-mevi) [la lame] ne coupe qu'à sa volonté et, quand il [le] veut, retire ses mains ; tandis que celui qui appuie (dores), celui-là coupe comme on coupe un bâton fin, une courge ou un poireau, qu'on tranche avec force et fait sauter au loin.
💡 Explication

Si l'abattage au cou est déjà connu par tradition, à quoi sert le verset 've-chahat' ? À enseigner qu'on ne tranche pas tout le cou jusqu'à séparer la tête : il ne faut couper que les simanim (veshet et kaneh), non sectionner aussi la nuque et faire de la bête un guistra (un tronçon).

8
רַב ייֵמַר אָמַר: אֲמַר קְרָא ״וְזָבַחְתָּ״, מִמָּקוֹם שֶׁזָּב חַתֵּהוּ. מַאי מַשְׁמַע דְּהַאי חַתֵּהוּ לִישָּׁנָא דְּמִתְבַּר הוּא? דִּכְתִיב: ״אַל תִּירָא וְאַל תֵּחָת״.

Rav Yemar a dit : le verset dit 'et tu abattras (ve-zavachta)' (Deutéronome 12:21) — depuis l'endroit où cela coule (zav), brise-le (chatehu). D'où ressort-il que ce [mot] 'chatehu' est une expression de brisure (metabar) ?

De ce qu'il est écrit : 'ne crains pas et ne sois pas brisé (te-hat)' (Deutéronome 1:21).

📜 Rachi (2)
שֶׁזָּב שֶׁדָּמוֹ זָב:
Qui coule (zav) — dont le sang coule.
חַתֵּהוּ שֶׁבְּרָהוּ כְּלוֹמַר חַתְּכֵהוּ:
Chatehu — brise-le, c'est-à-dire tranche-le.
💡 Explication

Deuxième deracha. Rav Yemar lit ve-zavachta = zav (couler) + chatehu : on abat 'la où [le sang] coule', c'est-à-dire au cou. Et 'chatehu' veut dire briser/couper, comme dans 'al tira ve-al te-hat' (ne sois pas brisé, c.-à-d. abattu).

9
וְאֵימָא מֵחָוטְמוֹ, זָב עַל יְדֵי חִתּוּי בָּעֵינַן, וְהַאי זָב מֵאֵלָיו הוּא. וְאֵימָא מִלִּבּוֹ, וְתוּ: שְׁהִיָּיה, דְּרָסָה, חֲלָדָה, הַגְרָמָה, וְעִיקּוּר – מִנָּלַן? אֶלָּא גְּמָרָא. שְׁחִיטָה מִן הַצַּוָּאר נָמֵי גְּמָרָא.

Et dis [plutôt : depuis] son nez (hotem) ? [Il faut que cela] coule par l'effet de l'entaillage (hitouy) [du couteau], et celui-ci [le nez] coule de lui-même.

Et dis [depuis] son cœur (lev) ? Et de plus : l'interruption (chehiya), la pression (derassa), le glissement-sous (halada), le dérapage (hagrama) et l'arrachement (ikour) — d'où [les tenons-nous] ?

Plutôt, [c'est] une tradition (gemara). [Et] l'abattage depuis le cou aussi [est] une tradition.

📜 Rachi (2)
מֵחָוטְמוֹ שֶׁהוּא זָב לֵיחָה תָּמִיד דְּהָא דָּם בִּקְרָא לָא כְּתִיב:
Depuis son nez (hotem) — qui coule de la glaire (lehah) en permanence ; car 'sang' n'est pas écrit dans le verset.
לִבּוֹ אִם תִּתְקַע בּוֹ סַכִּין הוּא זָב דָּם הַרְבֵּה:
Le cœur (lev) — si tu y plantes un couteau, il fait couler beaucoup de sang.
💡 Explication

On teste la deracha de Rav Yemar. Pourquoi pas le nez, qui 'coule' aussi ? Parce qu'il faut un écoulement provoqué par la coupe (hitouy), alors que le nez coule de lui-même. Pourquoi pas le cœur [riche en sang, par perforation] ? Et d'où les invalidants (chehiya, derassa, halada, hagrama, ikour) ? Même conclusion : tout cela est tradition de Sinaï, l'abattage au cou compris.

10
וּקְרָא לְמַאי אֲתָא? דְּלָא לְשַׁוְיָיה גִּיסְטְרָא.

Et le verset, pour quoi vient-il [enseigner] ? [Pour enseigner] qu'il n'en fasse pas un tronron (guistra).

📜 Rachi (1)
דְּלָא לְשַׁוְיָיה גִּיסְטְרָא וְלֹא יִדְרֹוס דְּהָכִי מַשְׁמַע חַתֵּהוּ עַד שֶׁיָּזוּב וְתוּ לָא אֲבָל דּוֹרֵס אֵין בְּיָדוֹ לִמְנֹועַ וְלִמְשֹׁוךְ יָדוֹ. וּבְלִישָּׁנָא אַחַרְיַנָא כִּדְפָרֵישִׁית חַתֵּהוּ עַד מָקוֹם שֶׁהוּא זָב וְתוּ לָא. מַר יָלֵיף מֵהַאי קְרָא וּמַר יָלֵיף מֵהַאי קְרָא:
Qu'il n'en fasse pas un tronron (guistra) — et qu'il n'appuie pas (yidros) ; car ainsi signifie 'chatehu' : [coupe] jusqu'à ce que [le sang] coule, et rien de plus, mais [pour] celui qui appuie il n'est pas en son pouvoir de [se] retenir et de retirer sa main. Et selon l'autre version, comme je l'ai expliqué : 'chatehu' [signifie coupe] jusqu'à l'endroit où cela coule, et rien de plus. [Tel] maître dérive [la loi] de ce verset, [tel] maître dérive [la loi] de cet [autre] verset.
💡 Explication

Comme précédemment : le verset 've-zavachta' ne sert pas à établir l'abattage au cou (déjà connu par tradition), mais à interdire de faire un guistra — de trancher tout le cou et de séparer la tête.

11
דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל תְּנָא: ״וְשָׁחַט״ – אַל תִּקְרֵי ״וְשָׁחַט״ אֶלָּא ״וְסָחַט״, מִמָּקוֹם שֶׁסָּח חִטָּהוּ.

L'école de Rabbi Yichmael a enseigné : 've-chahat' — ne lis pas 've-chahat' (et il abattra) mais 've-sahat' (et il pressera), [c'est-à-dire] depuis l'endroit où il parle (sah), purifie-le (chatehu).

📜 Rachi (1)
שֶׁסָּח שֶׁמּוֹצִיא קוֹל: לְשׁוֹן מְסַייֵּעַ לְהוֹצִיא קוֹל וּבִבְכוֹרוֹת (דַּף מ.) נָמֵי לְעִנְיַן מוּמִין בִּבְהֵמָה תְּנַן וְשֶׁנִּיטַּל רֹוב הַמְדַבֵּר בִּלְשׁוֹנוֹ:
Qui parle (sah) — qui fait sortir un son ; [c'est] une expression [signifiant qu'il] aide à faire sortir un son ; et dans [le traité] Bekhorot (40a) aussi, à propos des défauts (moumin) dans la bête, nous avons appris '[la bête] à qui l'on a ôté la majeure partie de l'organe de la parole (medaber) dans sa langue'.
💡 Explication

Troisième deracha. L'école de R. Yichmael lit ve-chahat comme ve-sahat (et il presse) et tire de la sah (parler) : on abat 'la où [l'animal] parle' — la voix sort de la gorge, donc l'abattage se fait au cou.

12
וְאֵימָא מִלְּשׁוֹנוֹ! בָּעֵינַן דַּם הַנֶּפֶשׁ וְלֵיכָּא, וְאֵימָא דְּקָרַע וְאָזֵיל עַד דַּם הַנֶּפֶשׁ! וְתוּ, שְׁהִיָּיה דְּרָסָה חֲלָדָה הַגְרָמָה וְעִיקּוּר מְנָלַן? אֶלָּא גְּמָרָא, שְׁחִיטָה מִן הַצַּוָּאר נָמֵי גְּמָרָא.

Et dis [plutôt : depuis] sa langue (lachon) ? Nous requérons le sang de l'âme (dam ha-nefech), et il n'y en a pas.

Et dis [plutôt] : qu'il déchire (de-kara) et progresse jusqu'au sang de l'âme ! Et de plus : l'interruption (chehiya), la pression (derassa), le glissement-sous (halada), le dérapage (hagrama) et l'arrachement (ikour) — d'où [les tenons-nous] ?

Plutôt, [c'est] une tradition (gemara) ; [et] l'abattage depuis le cou aussi [est] une tradition.

💡 Explication

On teste la deracha de l'école de R. Yichmael. Pourquoi pas la langue [d'où sort la voix] ? Parce qu'elle ne donne pas le sang de l'âme. Pourquoi ne pas déchirer depuis la langue jusqu'au sang de l'âme ? Et d'où les invalidants ? Même issue : c'est tradition de Sinaï, l'abattage au cou compris.

13
וּקְרָא לְמַאי אֲתָא? דְּלָא לְשַׁוְיָיה גִּיסְטְרָא.

Et le verset, pour quoi vient-il [enseigner] ? [Pour enseigner] qu'il n'en fasse pas un tronron (guistra).

💡 Explication

Conclusion identique pour la troisième deracha : le verset sert seulement à interdire de faire un guistra, et non à établir l'emplacement de l'abattage, qui relève de la tradition.

14
וְתַנָּא מַייְתֵי לַהּ מֵהָכָא, דְּתַנְיָא: רַבִּי חַייָּא אָמַר: מִנַּיִן לִשְׁחִיטָה מִן הַצַּוָּאר? שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְעָרְכוּ בְּנֵי אַהֲרֹן הַכֹּהֲנִים אֵת הַנְּתָחִים״.

Et un tana l'apporte de ceci : car il est enseigné (tania) : Rabbi Hiyya dit : d'où [sait-on que] l'abattage [se fait] depuis le cou ? De ce qu'il est dit : 'et les fils d'Aaron, les prêtres, disposeront les morceaux' (Lévitique 1:8).

📜 Rachi (1)
וְתַנָּא מַייְתֵי לַהּ מֵהָכָא אָמוֹרָאֵי מַייְתֵי לָהּ מִקְּרָאֵי דִּלְעֵיל אוֹ מִגְּמָרָא כְּדַאֲמָרָן אֲבָל תַּנָּא דְּתוֹרַת כֹּהֲנִים מַיְיתֵי לָהּ מֵהָכָא:
Et un tana l'apporte de ceci — les Amoraim l'apportent des versets ci-dessus, ou de la tradition (gemara) comme nous l'avons dit ; mais le tana du Torat Cohanim [Sifra] l'apporte de ceci.
💡 Explication

Après les Amoraim, un tana (R. Hiyya) tire la chose d'un autre verset : 've-arkhou bnei Aharon... et ha-netahim' (Lev 1:8). La suite (segment 14) montrera comment la mention 'la tête' prouve que l'abattage s'est fait au cou.

15
שֶׁאֵין תַּלְמוּד לוֹמַר ״אֶת הָרֹאשׁ וְאֶת הַפָּדֶר״, מַה תַּלְמוּד לוֹמַר ״אֶת הָרֹאשׁ וְאֶת הַפָּדֶר״? וַהֲלֹא רֹאשׁ וּפֶדֶר בִּכְלַל כָּל הַנְּתָחִים הָיוּ, לָמָּה יָצְאוּ? לְפִי שֶׁנֶּאֱמַר ״וְהִפְשִׁיט אֶת הָעֹלָה וְנִתַּח״, אֵין לִי אֶלָּא נְתָחִים שֶׁיֶּשְׁנָן בִּכְלַל הַפְשָׁטָה, מִנַּיִן לְרַבּוֹת אֶת הָרֹאשׁ שֶׁכְּבָר הֻותַּז? תַּלְמוּד לוֹמַר ״אֶת רֹאשׁוֹ וְאֶת פִּדְרוֹ וְעָרַךְ״.

Car il n'est pas besoin que [le verset] dise 'la tête et la graisse (pader)' ; que vient donc enseigner [le fait] que [le verset] dise 'la tête et la graisse' ? Or la tête et la graisse étaient [déjà] comprises dans l'ensemble de tous les morceaux — pourquoi sont-elles sorties [mentionnées à part] ?

Parce qu'il est dit 'et il dépouillera (ve-hifchit) l'holocauste et [le] découpera (ve-nitah)' — je n'ai [là] que [les] morceaux qui sont compris dans [l'opération de] dépouillement (hafchata) ; d'où inclure (le-rabot) la tête, qui a déjà été tranchée (houtaz) [à l'abattage et n'est donc pas dépouillée] ? [L']enseignement [vient] de ce qu'il dit 'sa tête et sa graisse, et il [les] disposera' (Lévitique 1:12).

📜 Rachi (4)
אֵין לִי שֶׁקֵּרוּייָן נְתָחִים:
Je n'ai [là] — que ceux qui sont appelés 'morceaux'.
אֶלָּא אוֹתָן שֶׁיֶּשְׁנָם בִּכְלַל הַפְשָׁטָה כְּדִכְתִיב וְהִפְשִׁיט וְנִתַּח וְגַבֵּי עֲרִיכָה דִּכְתִיב נְתָחִים בִּנְתָחִים הַנִּפְשָׁטִים מַשְׁמַע:
Que ceux qui sont compris dans [l'opération de] dépouillement — comme il est écrit 've-hifchit ve-nitah' (il dépouillera et découpera), et à propos de la disposition (arikha) où 'morceaux' est écrit ; [par] 'morceaux' [il] s'entend [les] morceaux dépouillés.
מִנַּיִן לְרַבּוֹת בִּכְלַל עֲרִיכָה גַּם אֶת הָרֹאשׁ שֶׁאֵינוֹ בִּכְלַל הַפְשָׁטָה שֶׁהֲרֵי הֻותַּז בִּשְׁחִיטָה קֹודֶם הַפְשָׁטָה דְּכֵיוָן דְּנֶחְתְּכוּ סִימָנִין קָרֵי לֵיהּ הֻותַּז מִפְּנֵי שֶׁכָּל חַיּוּתוֹ תָּלוּי בָּהֶן וּכְמַנַּח בְּדִיקּוּלָא דָּמְיָא וּבִכְלַל הַפְשָׁטָה אֵינוֹ אֶלָּא קָרֵב כְּמוֹת שֶׁהוּא כִּדְאָמְרִינַן בִּזְבָחִים (דַּף פֹּה:) צֶמֶר [שֶׁבְּרָאשֵׁי הַכְּבָשִׂים וְשֵׂעָר] שֶׁבִּזְקַן הַתְּיָישִׁים [וְהָעֲצָמוֹת וְהַגִּידִין] וְהַקַּרְנַיִם וְהַטְּלָפִים [שֶׁנֶּאֱמַר וְהִקְטִיר הַכֹּהֵן אֶת הַכֹּל הַמִּזְבֵּחָה]:
D'où inclure — dans l'ensemble de la disposition aussi la tête, qui n'est pas comprise dans [l'opération de] dépouillement, puisqu'elle a déjà été tranchée (houtaz) à l'abattage, avant le dépouillement ; car, dès lors que les simanim ont été coupés, [la tête] est dite 'tranchée', parce que toute la vie [de la bête] dépend d'eux, et [la tête] est comme posée dans une corbeille (dikoula) ; et dans [l'opération de] dépouillement [la tête] n'entre pas, mais elle est offerte (kareb) telle quelle, comme nous le disons dans [le traité] Zevahim (85b) : la laine [qui est sur les têtes des moutons et le poil] qui est dans la barbe des boucs [et les os et les tendons], les cornes et les sabots — [il est dit] 'et le prêtre fera fumer le tout sur l'autel'.
תַּלְמוּד לוֹמַר אֶת רֹאשׁוֹ וְאֶת פִּדְרוֹ וְגוֹ' וּלְקַמֵּיהּ פָּרִיךְ תַּלְמוּד לוֹמַר אֶת הָרֹאשׁ וְאֶת הַפָּדֶר מִיבְּעֵי לֵיהּ לְמִיתְנֵי דְּהָא בֵּיהּ קָייְמִינַן:
[L']enseignement [vient] de ce qu'il dit 'sa tête et sa graisse etc.' — et plus loin [le Talmud] objecte : c'est 'la tête et la graisse' qu'il aurait fallu enseigner, car c'est de cela que nous traitons.
🗂️ Tossefot (1)
מִנַּיִן לְרַבּוֹת אֶת הָרֹאשׁ שֶׁכְּבָר הֻותַּז כו' מַשְׁמַע דְּלָא הָוֵי בִּכְלַל וְנִתַּח אֹותָהּ לִנְתָחֶיהָ וְתֵימַהּ דבפ"ק (לְעֵיל חֻולִּין דַּף יא.) אָמַר אָתְיָא מֵרֹאשָׁהּ שֶׁל עוֹלָה דְּרַחֲמָנָא אָמַר לִנְתָחֶיהָ וְלֹא נְתָחֶיהָ לִנְתָחִים וְיֵשׁ לוֹמַר דַּהֲדַר עַרָּבֵיהּ וְעָרְכוּ בְּנֵי אַהֲרֹן הַכֹּהֲנִים אֵת הַנְּתָחִים וְאֶת הָרֹאשׁ:
D'où inclure la tête qui a déjà été tranchée etc. — [cela] implique qu'elle n'était pas comprise dans 'et il la découpera en ses morceaux (ve-nitah ôta li-ntaheha)' ; et c'est étonnant, car au premier chapitre (plus haut, Houlin 11a) [le Talmud] dit [qu']on [le] dérive de 'la tête de l'holocauste', [puisque] le Miséricordieux a dit 'en ses morceaux (li-ntaheha)' et non 'ses morceaux en morceaux (netaheha li-ntahim)' [c.-à-d. on ne redécoupe pas les morceaux déjà faits]. Et l'on peut dire [que le verset] revient et [les] combine : 'et les fils d'Aaron, les prêtres, disposeront les morceaux et la tête'.
💡 Explication

Raisonnement de R. Hiyya. Le verset 've-hifchit ve-nitah' (dépouille et découpe) ne couvrirait que les morceaux issus du dépouillement. Mais la tête, déjà tranchée à l'abattage (houtaz) — donc séparée avant le dépouillement — n'y serait pas comprise. C'est pourquoi le verset mentionne expressément 'la tête et la graisse' (Lev 1:8) puis 'sa tête et sa graisse, et il les disposera' (Lev 1:12) : pour l'inclure (le-rabot) dans la disposition sur l'autel.

16
מִדְּקָאָמַר ״אֶת הָרֹאשׁ שֶׁכְּבָר הֻותַּז״, מִכְּלָל דִּשְׁחִיטָה מִן הַצַּוָּאר.

Du fait qu'il dit 'la tête qui a déjà été tranchée (houtaz)', il découle (mikhlal) que l'abattage [se fait] depuis le cou.

📜 Rachi (1)
מִכְּלָל דִּשְׁחִיטָה מִן הַצַּוָּאר דְּאִי לָאו הָכִי בְּמַאי הֻותַּז:
Il découle que l'abattage [se fait] depuis le cou — car, sinon, par quoi aurait-elle été tranchée ?
🗂️ Tossefot (1)
מִדְּקָאָמַר אֶת הָרֹאשׁ שֶׁכְּבָר הֻותַּז מִכְּלָל דִּשְׁחִיטָה מִן הַצַּוָּאר לָא אֲתָא הַאי תַּנָּא אֶלָּא לְמַעוּטֵי זְנָבוֹ אֲבָל אַכַּתִּי לָא יָדְעִינַן אִי מִן הַצַּוָּאר אִי מִן הָעֹורֶף:
Du fait qu'il dit 'la tête qui a déjà été tranchée', il découle que l'abattage [se fait] depuis le cou — ce tana ne vient que [pour] exclure [la] queue ; mais nous ne savons toujours pas si [c'est] depuis le cou ou depuis la nuque (oref).
💡 Explication

La conclusion de R. Hiyya : puisqu'il parle de 'la tête déjà tranchée' au moment de l'abattage, c'est donc que la chehita a sectionné le cou — d'où il découle (mikhlal) que l'abattage se fait au cou. (Sinon, par quoi la tête aurait-elle été 'tranchée' ?)

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וְתַנָּא פָּתַח בְּ״רֹאשׁ וּפֶדֶר״, וּמְסַיֵּים בְּ״רֹאשׁוֹ וּפִדְרוֹ״? הָכִי קָאָמַר: מִנַּיִן לְרַבּוֹת אֶת הָרֹאשׁ שֶׁכְּבָר הֻותַּז? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״אֶת הָרֹאשׁ וְאֶת הַפָּדֶר״.

Et [comment se fait-il que] le tana ait ouvert par 'la tête et la graisse (roch u-fader)' et conclu par 'sa tête et sa graisse (rosho u-fadro)' ? Voici ce qu'il dit : d'où inclure (le-rabot) la tête qui a déjà été tranchée ?

[L']enseignement [vient] de ce qu'il dit 'la tête et la graisse' (Lévitique 1:8).

📜 Rachi (1)
וּפָרְכִינַן תְּנָא פָּתַח בְּרֹאשׁ וּפֶדֶר לָמָּה נֶאֱמַר אֶת הָרֹאשׁ וְאֶת הַפָּדֶר וְסִייֵּם בְּרֹאשׁוֹ וּפִדְרוֹ דְּקָאָמַר תַּלְמוּד לוֹמַר אֶת רֹאשׁוֹ וְאֶת פִּדְרוֹ וְעָרַךְ:
Et [le Talmud] objecte : le tana a ouvert par 'la tête et la graisse' — pourquoi 'la tête et la graisse' est-il dit [au départ], et [pourquoi le tana] a-t-il conclu par 'sa tête et sa graisse', disant '[l']enseignement [vient] de ce qu'il dit sa tête et sa graisse, et il [les] disposera' ?
💡 Explication

Difficulté de forme : la braita commence en citant 'la tête et la graisse' (Lev 1:8, formule de l'holocauste de gros bétail) mais conclut en citant 'sa tête et sa graisse' (Lev 1:12, formule de l'holocauste de menu bétail). Réponse : le tana veut dire que l'inclusion de la tête déjà tranchée se tire en réalité de 'la tête et la graisse' (Lev 1:8).

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וּ״רֹאשׁוֹ וּפִדְרוֹ״ לָמָּה לִי? מִיבְּעֵי לֵיהּ לְכִדְתַנְיָא: מִנַּיִן לְרֹאשׁ וּפֶדֶר שֶׁקּוֹדְמִין לְכָל הַנְּתָחִים? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״אֶת רֹאשׁוֹ וְאֶת פִּדְרוֹ וְעָרַךְ״.

Et [alors] 'sa tête et sa graisse (rosho u-fadro)', pour quoi me [faut]-il [ce verset] ? Il [le] faut pour ce qui est enseigné [dans une braita] : d'où [sait-on] que la tête et la graisse précèdent tous les [autres] morceaux ?

[L']enseignement [vient] de ce qu'il dit 'sa tête et sa graisse, et il [les] disposera' (Lévitique 1:12).

📜 Rachi (1)
הָכִי גָּרְסִינַן וְרֹאשׁוֹ וּפִדְּרוּ מִיבְּעֵי לֵיהּ לְכִדְתַנְיָא כו' וְהָכִי מְסַייֵּם תַּנָּא לְמַתְנִיתִין:
Ainsi lit-on : 'et sa tête et sa graisse, je [le] requiers pour ce qui est enseigné etc.' — et c'est ainsi que le tana conclut la michna [la braita].
💡 Explication

Reste à placer le second verset, 'sa tête et sa graisse' (Lev 1:12) : si l'inclusion de la tête vient du premier, à quoi sert le second ? Il enseigne un autre point : que la tête et la graisse précèdent tous les autres morceaux dans leur disposition sur l'autel — 've-arakh' (et il disposera) marquant la priorité.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).