Chullin 27b — l'abattage 'depuis le cou' (hekech behema/of) et la question de l'abattage de l'oiseau d'ordre toranique

Chullin 27b

Sougya : La sougya cherche la source scripturaire de la chehita (abattage) faite au cou. Un Tana la tire du verset 'voici la loi de la bête et de l'oiseau' (Lev 11:46) : en quoi la bête et l'oiseau sont-ils assimilés ?

Non en impureté (leurs règles diffèrent), mais en abattage — de même que la bête s'abat, l'oiseau aussi ; le mot 'zot' (voici) limite ce rapprochement, de sorte qu'un seul siman suffit pour l'oiseau. R.

Eliezer en tire plutôt que, comme la melika de l'oiseau se fait depuis le cou, l'abattage de la bête aussi. Bar Kapara situe l'oiseau entre la bête et le poisson (un seul siman).

Suit une longue digression sur la création : la bête vient de la terre sèche, l'oiseau de la boue (rekak), le poisson de l'eau — d'où le nombre de simanim requis — avec l'échange entre Rabban Yo'hanan ben Zakai et l'hegemon. Enfin R.

Yehouda au nom de R. Yitzhak ben Pinhas soutient que l'abattage de l'oiseau n'est pas d'ordre toranique ('il versera' — un simple versement suffit), et la Guemara confronte cette thèse à la bête sauvage, à l'oiseau et à deux braitot sur la couverture du sang.

'Voici la loi de la bête et de l'oiseau' : le rapprochement (hekech) En quoi la bête (behema) est-elle assimilée à l'oiseau (of) ? Pas en impureté (les règles diffèrent) -> en abattage. Behema (bête domestique) Of (oiseau) hekech PAS en impureté (les règles ne concordent pas) souille au contact et au portage souille les habits dans le gosier seulement EN abattage (chehita) -> la bête s'abat, donc l'oiseau aussi 'zot' (voici) limite : pas en tout point -> un seul siman suffit pour l'oiseau R. Eliezer : 'depuis le cou' (min ha-tzavar) -> comme la melika de l'oiseau se fait au cou, l'abattage aussi
Le rapprochement bête/oiseau (segments 1-5) : non en impureté mais en abattage ; et la lecture de R. Eliezer 'depuis le cou'.
Origine de la créature -> nombre de simanim à couper Bête (yabacha) créée de la terre sèche DEUX simanim veshet (oesophage) + kaneh (trachée) Oiseau (rekak) créé de la boue (terre + eau) UN seul siman entre bête et poisson (écailles aux pattes : indice) Poisson (mayim) créé de l'eau RIEN aucun abattage (la simple capture suffit)
L'origine de chaque créature (segments 9-10) détermine le nombre de simanim à couper à l'abattage.
L'abattage de l'oiseau est-il d'ordre toranique ? R. Yehouda au nom de R. Yitzhak b. Pinhas : 'il versera' (ve-chafakh) -> un simple versement suffit Objection : la haya (sauvage) ? rapprochée des consacrés invalides -> elle requiert l'abattage Objection : l'oiseau ? rapproché de la bête ('zot torat...') mais 'il versera son sang' est écrit Pourquoi appliquer 'il versera' à l'oiseau et non à la haya ? parce que le verset s'achève sur lui (de-salik mineih) : 'ou un oiseau... il versera son sang'
L'abattage de l'oiseau est-il toranique (segments 13-15) : la thèse de 'il versera' et les objections de la haya et de l'oiseau.
1
וּפֶדֶר קַמָּא דִּכְתַב רַחֲמָנָא לָמָּה לִי? מִיבְּעֵי לֵיהּ לְכִדְתַנְיָא: כֵּיצַד הוּא עוֹשֶׂה? חוֹפֶה אֶת הַפֶּדֶר עַל בֵּית הַשְּׁחִיטָה וּמַעֲלֵהוּ, וְזֶהוּ דֶּרֶךְ כָּבוֹד שֶׁל מַעְלָה.

Et le suif (peder) premier que le Miséricordieux a écrit, pourquoi m'[est-il nécessaire] ? Il [le] faut pour ce qui est enseigné [dans une braita] : comment fait-il [le prêtre] ?

Il couvre le suif sur le lieu de l'abattage (beit ha-chehita) et [l']élève [à l'autel] ; et c'est [là] une manière respectueuse envers le Très-Haut.

📜 Rachi (2)
וּפֶדֶר קַמָּא לָמָּה לִי בִּשְׁלָמָא רֹאשׁ אִיצְטְרִיךְ לְרַבּוּיֵי מִשּׁוּם שֶׁכְּבָר הֻותַּז אֶלָּא הַפֶּדֶר לָמָּה לִי:
Et le suif premier, pourquoi m'[est-il nécessaire] ? — admettons [que] la tête [ait] été nécessaire [pour] inclure, du fait qu'elle a déjà été tranchée ; mais le suif, pourquoi m'[est-il nécessaire] ?
דֶּרֶךְ כָּבוֹד שֶׁכְּשֶׁמַּקְרִיב הָרֹאשׁ חוֹפֶה הַפֶּדֶר עַל מְקוֹם חֲתָךְ מִפְּנֵי שֶׁמְּלֻוכְלָךְ בַּדָּם:
Manière respectueuse — car, lorsqu'il offre la tête, il couvre le suif sur le lieu de la coupe parce qu'il est souillé de sang.
🗂️ Tossefot (1)
וּפֶדֶר קַמָּא לְמַאי אֲתָא מַה שֶׁמַּקְּשִׁינַן לִכְתֹּוב חַד רֹאשׁ וּתְרֵי פֶּדֶר דְּמֵחַד רֹאשׁ יָדְעִינַן שֶׁהוּא בִּכְלַל עֲרִיכָה וּפֶדֶר קַמָּא דְּדָרְשִׁינַן מִינֵּיהּ שֶׁחוֹפֵהוּ עַל בֵּית הַשְּׁחִיטָה יָדְעִינַן דְּרֹאשׁ קוֹדֵם לְכָל אֵבָרִים נִרְאֶה דְּאִי לָא כְּתִיב אֶלָּא חַד רֹאשׁ לָא הֲוָה דָּרְשִׁינַן מִינֵּיהּ שֶׁכְּבָר הֻותַּז אֶלָּא הֲוָה דָּרְשִׁינַן [מִינֵּיהּ שֶׁחוֹפֵהוּ עַל בֵּית הַשְּׁחִיטָה וַהֲוָה שָׁמְעִינַן מִינֵּיהּ] שֶׁקֹּודֶם לְכָל הָאֵבָרִים אֲבָל הַשְׁתָּא מִיִּתּוּרָא דִּכְתִיב רֹאשׁ שֵׁנִי אַשְׁמוֹעִינַן דִּשְׁחִיטָה מִן הַצַּוָּאר:
Et le suif premier, pour quoi vient-il ? — ce que nous objectons : qu'il écrive une seule [fois] 'tête' et deux [fois] 'suif', car d'une seule 'tête' nous savons qu'elle est dans le cadre de l'arrangement [des membres sur l'autel], et [du] suif premier, dont nous déduisons qu'il [le] couvre sur le lieu de l'abattage, nous savons que la tête précède tous les membres. Il apparaît que si seul 'tête' [au] singulier avait été écrit, nous n'en aurions pas déduit qu'elle a déjà été tranchée, mais nous en aurions déduit [qu'il la couvre sur le lieu de l'abattage et nous aurions appris d'elle] qu'elle précède tous les membres ; mais maintenant, du surplus de ce qui est écrit 'tête' une seconde [fois], il nous enseigne que l'abattage [se fait] depuis le cou.
💡 Explication

Reliquat d'une discussion sur le verset 'les morceaux, la tête et le suif' (Lev 1:8). Pourquoi le mot 'suif' (peder) figure-t-il une première fois ? Réponse : il enseigne que le prêtre couvre de suif le lieu de l'abattage (le cou ensanglanté) avant d'élever la tête à l'autel — par respect pour le Très-Haut.

2
וְהַאי תַּנָּא מַייְתֵי לַהּ מֵהָכָא, דְּתַנְיָא: ״זֹאת תּוֹרַת הַבְּהֵמָה וְהָעוֹף״, וְכִי בְּאֵיזוֹ תּוֹרָה שָׁווְתָה בְּהֵמָה לְעוֹף וְעוֹף לִבְהֵמָה? בְּהֵמָה מְטַמְּאָה בְּמַגָּע וּבְמַשָּׂא, עוֹף אֵינוֹ מְטַמֵּא בְּמַגָּע וּבְמַשָּׂא! עוֹף מְטַמֵּא בְּגָדִים אַבֵּית הַבְּלִיעָה, בְּהֵמָה אֵינָהּ מְטַמְּאָה בְּגָדִים אַבֵּית הַבְּלִיעָה!

Et ce Tana[-là] la tire d'ici [d'un autre verset], car il est enseigné [dans une braita] : 'voici la loi de la bête et de l'oiseau' (Lev 11:46) — or en quelle loi la bête à-t-elle été assimilée à l'oiseau et l'oiseau à la bête ? [Pas en impureté :] la bête souille au contact et au portage, l'oiseau ne souille pas au contact et au portage !

L'oiseau souille les habits dans le gosier (beit ha-bleia), la bête ne souille pas les habits dans le gosier !

📜 Rachi (4)
מַייְתֵי לָהּ מֵהָכָא שְׁחִיטָה מִן הַצַּוָּאר:
La tire d'ici — l'abattage [se fait] depuis le cou.
זֹאת תּוֹרַת הַבְּהֵמָה לְעֵיל מִינֵּיהּ אַייְרֵי בְּטֻומְאַת נְבֵילוֹת:
'Voici la loi de la bête' — ce qui [le] précède traite de l'impureté des charognes (nevelot).
עוֹף אֵינוֹ מְטַמֵּא בְּמַגָּע וּבְמַשָּׂא דִּכְתִיב לְטָמְאָה בָהּ אֵין לְךָ אֶלָּא מַה שֶּׁאָמוּר בָּהּ לֹא יֹאכַל לְטָמְאָה בָהּ:
L'oiseau ne souille pas au contact et au portage — car il est écrit (Lev 11) 'pour s'en souiller' (le-tum'a bah) : tu n'as [d'impureté] que ce qui est dit à son sujet 'il ne sera pas mangé, pour s'en souiller'.
בְּהֵמָה אֵינָהּ מְטַמְּאָה בְּבֵית הַבְּלִיעָה אִם תְּחָבָהּ לוֹ חֲבֵרוֹ דְּתַנְיָא יָכוֹל תְּהֵא נִבְלַת בְּהֵמָה מְטַמְּאָה בְּבֵית הַבְּלִיעָה תַּ"ל לֹא יֹאכַל לְטָמְאָה מִי שֶׁאֵין לָהּ טֻומְאָה אֶלָּא דֶּרֶךְ אֲכִילָתָהּ יָצְתָה זוֹ שֶׁיֵּשׁ לָהּ טֻומְאָה קֹודֶם שֶׁיֹּאכְלֶנּוּ:
La bête ne souille pas dans le gosier — si son compagnon [la] lui a enfoncée [dans la gorge] ; car il est enseigné : 'pourrait-on [croire que] la charogne d'une bête souille dans le gosier ? — l'enseignement [le] dit : 'il ne [le] mangera pas, pour s'en souiller' (Lev 22) : [seul] ce qui n'a d'impureté que par sa voie de consommation ; en est exclue celle-ci, qui a une impureté avant qu'on [ne] la mange'.
🗂️ Tossefot (1)
בְּאֵיזוֹ תּוֹרָה שָׁוְותָה בְּהֵמָה לְעוֹף בְּפֶרֶק חַטַּאת הָעוֹף בִּזְבָחִים (דַּף סט:) דָּרְשִׁינַן מִינָּהּ מַה בְּהֵמָה דָּבָר שֶׁמַּכְשִׁירָהּ לַאֲכִילָה מְטַהֵר טְרֵפָתָהּ מִטֻּומְאָתָהּ אַף עוֹף כו' תַּרְתֵּי שְׁמַע מִינָּה:
En quelle loi la bête à-t-elle été assimilée à l'oiseau — au chapitre 'Hatat ha-of' dans Zevahim (folio 69b) nous en déduisons : de même que la bête [est] une chose qui, [par] ce qui la rend apte à la consommation, purifie sa tereifa de son impureté, ainsi l'oiseau, etc. — deux [choses], apprends-en deux.
💡 Explication

Un autre Tana dérive l'abattage 'depuis le cou' d'un autre verset : 'voici la loi de la bête et de l'oiseau' (Lev 11:46) — qui les assimile (hekech). Mais en quoi se ressemblent-ils ? Pas en impureté : leurs lois de souillure diffèrent (la bête souille au contact et au portage ; l'oiseau ne souille pas ainsi mais souille les habits quand on l'avalé, ce que ne fait pas la bête).

3
בְּאֵיזוֹ תּוֹרָה שָׁווְתָה בְּהֵמָה לְעוֹף וְעוֹף לִבְהֵמָה? לוֹמַר לָךְ: מַה בְּהֵמָה בִּשְׁחִיטָה – אַף עוֹף בִּשְׁחִיטָה. אִי מַה לְהַלָּן בְּרֹוב שְׁנַיִם – אַף כָּאן בְּרֹוב שְׁנַיִם? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״זֹאת״.

En quelle loi la bête à-t-elle été assimilée à l'oiseau et l'oiseau à la bête ? [C'est] pour te dire : de même que la bête [se rend apte] par l'abattage, ainsi l'oiseau [se rend apte] par l'abattage.

Si [tu dis] : de même que là-bas [pour la bête c'est] par la majorité des deux [simanim], ainsi ici [pour l'oiseau ce serait] par la majorité des deux [simanim] ? L'enseignement [le] dit : 'voici' (zot).

📜 Rachi (3)
מַה בְּהֵמָה בִּשְׁחִיטָה יוֹצְאָהּ מִידֵי נְבֵלָה דִּכְתִיב (וַיִּקְרָא א) וְשָׁחַט אֶת בֶּן הַבָּקָר:
De même que la bête [se rend apte] par l'abattage — apte, [au sens où] elle sort de l'état de charogne, car il est écrit (Lev 1) 'il abattra le jeune taureau'.
אִי מַה בְּהֵמָה בְּרֹוב שְׁנַיִם מִדְּאִצְטְרִיךְ לְעֵיל לְרַבּוֹת אֶת הָרֹאשׁ שֶׁכְּבָר הֻותַּז דְּאִי בְּסִימָן אֶחָד לָאו הֻותַּז קָרְיָא לֵיהּ וְלָא אִיצְטְרִיךְ לְרִבּוּיָיהּ:
Si [tu dis] : de même que la bête [c'est] par la majorité des deux [simanim] — du fait qu'il a fallu, plus haut, inclure la tête déjà tranchée : car si [c'était] par un seul siman, on ne l'appellerait pas 'déjà tranchée', et il n'aurait pas fallu l'inclure.
זֹאת מִיעוּטָא הוּא:
'Voici' — c'est une limitation (mi'outa).
💡 Explication

La réponse : la bête et l'oiseau se ressemblent en abattage — de même que la bête devient apte (cachere) par la chehita, l'oiseau aussi. Objection : faudra-t-il alors, comme pour la bête, couper la majorité des deux simanim (trachée + oesophage) ? Le mot 'zot' (voici) limite le rapprochement : non en tout point — d'où (plus loin) un seul siman suffit pour l'oiseau.

4
רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: בְּאֵיזוֹ תּוֹרָה שָׁווְתָה בְּהֵמָה לְעוֹף וְעוֹף לִבְהֵמָה? לוֹמַר לָךְ: מָה עוֹף הֶכְשֵׁרוֹ מִן הַצַּוָּאר, אַף בְּהֵמָה הֶכְשֵׁרָהּ מִן הַצַּוָּאר.

Rabbi Eliezer dit : en quelle loi la bête à-t-elle été assimilée à l'oiseau et l'oiseau à la bête ? [C'est] pour te dire : de même que l'oiseau [se rend] apte depuis le cou (min ha-tzavar), ainsi la bête [se rend] apte depuis le cou.

📜 Rachi (2)
מָה עוֹף הֶכְשֵׁרוֹ מִן הַצַּוָּאר מְלִיקָתוֹ:
De même que l'oiseau [se rend] apte depuis le cou — sa melika [se fait au cou].
אַף בְּהֵמָה הֶכְשֵׁרָהּ מִן הַצַּוָּאר שְׁחִיטָתָהּ וְהַייְנוּ דַּאֲמָרָן וְתַנָּא מַיְיתֵי לַהּ מֵהָכָא:
Ainsi la bête [se rend] apte depuis le cou — [par] son abattage ; et c'est ce que nous avons dit ['et ce Tana la tire d'ici'].
💡 Explication

R. Eliezer tire du même verset une autre leçon : de même que l'oiseau se rend apte (par la melika, pincement) depuis le cou (min ha-tzavar), ainsi la bête se rend apte (par l'abattage) depuis le cou. C'est donc de là qu'on apprend que la chehita se fait au cou.

5
אִי מַה לְהַלָּן ״מִמּוּל עֹורֶף״, אַף כָּאן ״מִמּוּל עֹורֶף״? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וּמָלַק אֶת רֹאשׁוֹ מִמּוּל עָרְפּוֹ וְלֹא יַבְדִּיל״ – רֹאשׁוֹ שֶׁל זֶה מִמּוּל עֹורֶף, וְאֵין רֹאשׁוֹ שֶׁל אַחַר מִמּוּל עֹורֶף.

Si [tu objectes] : de même que là-bas [pour l'oiseau c'est] 'à la nuque' (mi-moul oref), ainsi ici [pour la bête ce serait] 'à la nuque' ? L'enseignement [le] dit : 'il pincera sa tête à la nuque (mi-moul orfo) et ne [la] séparera pas' (Lev 5:8) — [c'est] la tête de celui-ci [l'oiseau, qui se fait] à la nuque, mais la tête d'un autre [la bête] n'[est] pas [traitée] à la nuque.

💡 Explication

Objection à R. Eliezer : si l'on assimile bête et oiseau quant au 'cou', faudra-t-il aussi abattre la bête à la nuque (mi-moul oref), comme se fait la melika de l'oiseau ? Réponse : le verset 'il pincera sa tête à la nuque' (Lev 5:8) dit la tête de celui-ci (l'oiseau) — exclusivement ; la tête d'un autre (la bête) ne se traite pas à la nuque.

6
וְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר, הַאי ״זֹאת״ מַאי עֲבִיד לֵיהּ? אִי לָאו ״זֹאת״ הֲוָה אֲמִינָא: מָה עוֹף בְּסִימָן אֶחָד, אַף בְּהֵמָה בְּסִימָן אֶחָד, כְּתַב רַחֲמָנָא ״זֹאת״.

Et Rabbi Eliezer, ce 'zot' (voici), qu'en fait-il ? S'il n'y avait pas 'zot', j'aurais dit : de même que l'oiseau [c'est] par un seul siman, ainsi la bête [c'est] par un seul siman ; [aussi] le Miséricordieux a-t-il écrit 'zot' [pour limiter].

📜 Rachi (2)
זֹאת מַאי עָבֵיד לֵיהּ כֵּיוָן דְּעוֹף לָאו מִבְּהֵמָה יָלֵיף אֶלָּא בְּהֵמָה מֵעוֹף יָלְפָא מִיעוּטָא מַאי נִיהוּ:
'Zot', qu'en fait-il ? — puisque l'oiseau ne se déduit pas de la bête mais [que c'est] la bête [qui] se déduit de l'oiseau, [alors] la limitation [exprimée par 'zot'], qu'est-elle [à quoi sert-elle] ?
בְּסִימָן אֶחָד דִּכְתִיב בְּחַטָּאת (וַיִּקְרָא ה) וְלֹא יַבְדִּיל זֹאת מְמַעֵט שֶׁלֹּא לְכָל דִּבְרֵיהֶם הֻוקְּשׁוּ אֶלָּא לְדָבָר אֶחָד:
Par un seul siman — comme il est écrit à propos du [sacrifice] expiatoire [d'oiseau] (Lev 5) 'et il ne [la] séparera pas' [un seul siman] ; 'zot' limite, [pour dire] qu'ils n'ont pas été assimilés en tout point mais en une seule chose.
🗂️ Tossefot (1)
מָה עוֹף בְּסִימָן אֶחָד דִּכְתִיב וּמָלַק וְלֹא יַבְדִּיל:
De même que l'oiseau [c'est] par un seul siman — car il est écrit 'il pincera et ne [la] séparera pas' [un seul siman suffit].
💡 Explication

Question : si R. Eliezer tire le 'depuis le cou' de l'assimilation, à quoi lui sert le mot 'zot' ? Réponse : sans 'zot', on aurait assimilé à l'oiseau au point de dire que la bête aussi se suffit d'un seul siman. 'Zot' limite : la bête requiert bien la majorité des deux simanim.

7
תָּנֵי בַּר קַפָּרָא: ״זֹאת תּוֹרַת הַבְּהֵמָה וְהָעוֹף״ – הֵטִיל הַכָּתוּב לְעוֹף בֵּין בְּהֵמָה לְדָגִים, לְחַיְּיבוֹ בִּשְׁנֵי סִימָנִין אִי אֶפְשָׁר – שֶׁכְּבָר הֻוקַּשׁ לְדָגִים, לְפָוטְרוֹ בְּלֹא כְּלוּם אִי אֶפְשָׁר – שֶׁכְּבָר הֻוקַּשׁ לִבְהֵמָה. הָא כֵיצַד הֶכְשֵׁרוֹ? בְּסִימָן אֶחָד.

Bar Kapara enseigne : 'voici la loi de la bête et de l'oiseau' — l'Écriture a placé l'oiseau entre la bête et les poissons. [Le] charger de deux simanim, [c'est] impossible — car il a déjà été assimilé aux poissons ; [l']exempter de tout, [c'est] impossible — car il a déjà été assimilé à la bête.

Comment donc [se rend-il] apte ? Par un seul siman.

📜 Rachi (3)
הַבְּהֵמָה וְהָעוֹף וְכֹל נֶפֶשׁ חַיָּה הָרוֹמֶשֶׂת בְּמַיִם דָּגִים:
'La bête et l'oiseau' — [et le verset continue] 'et tout être vivant qui se meut dans les eaux' : [ce sont] les poissons.
לְחַייְּבוֹ בִּשְׁנֵי סִימָנִים כִּבְהֵמָה דְּנָפְקָא לָן מִמִּנְיָן לְרַבּוֹת אֶת הָרֹאשׁ שֶׁכְּבָר הֻותַּז:
[Le] charger de deux simanim — comme la bête, [chose] que nous déduisons de 'des nombres' [le pluriel], [pour] inclure la tête déjà tranchée.
אִי אֶפְשָׁר שֶׁכְּבָר הֻוקְּשׁוּ לְדָגִים דְּלָאו בְּנֵי שְׁחִיטָה נִינְהוּ כְּדִלְקַמָּן:
[C'est] impossible, car il a déjà été assimilé aux poissons — qui ne sont pas aptes à l'abattage, comme [il est dit] plus loin.
🗂️ Tossefot (1)
דָּרַשׁ בַּר קַפָּרָא לְדִידֵיהּ אִיצְטְרִיךְ זֹאת לְשׁוּם דְּרָשָׁא:
Bar Kapara enseigne — pour lui, il a fallu [que] 'zot' [serve] à quelque exégèse.
💡 Explication

Bar Kapara : le verset complet ('la bête, l'oiseau, et tout être vivant qui se meut dans les eaux') situe l'oiseau entre la bête et les poissons. Lui imposer deux simanim est impossible (il est aussi rapproché des poissons, qui ne s'abattent pas) ; l'exempter de tout est impossible (il est rapproché de la bête). Donc : un seul siman.

8
דָּגִים דְּלָאו בְּנֵי שְׁחִיטָה נִינְהוּ, מִנָּלַן? אִילֵימָא מִשּׁוּם דִּכְתִיב: ״הֲצֹאן וּבָקָר יִשָּׁחֵט לָהֶם אִם אֶת כָּל דְּגֵי הַיָּם יֵאָסֵף לָהֶם״, בַּאֲסִיפָה בְּעָלְמָא סַגִּי לְהוּ.

Les poissons, [le fait] qu'ils ne sont pas aptes à l'abattage, d'où [le savons-nous] ? Si tu dis [que c'est] parce qu'il est écrit : 'le petit et le gros bétail sera-t-il abattu (yichahet) pour eux... si tous les poissons de la mer étaient rassemblés (yeacef) pour eux' (Nb 11:22) [d'où il ressort que] pour eux [les poissons] une simple capture (assifa) suffit.

💡 Explication

D'où sait-on que les poissons ne requièrent pas d'abattage ? Première tentative : le verset (Nb 11:22) oppose le bétail 'abattu' (yichahet) aux poissons 'rassemblés' (yeacef) — pour les poissons, une simple capture (assifa) suffit. (La Guemara rejettera cette preuve au segment suivant.)

9
אֶלָּא מֵעַתָּה, גַּבֵּי שְׂלָיו דִּכְתִיב: ״וַיַּאַסְפוּ אֶת הִשְׁלִיו״, הָכִי נָמֵי דְּלָאו בִּשְׁחִיטָה? וְהָא אָמַרְתָּ: לְפָוטְרוֹ בִּוְלֹא כְּלוּם אִי אֶפְשָׁר, שֶׁכְּבָר הֻוקַּשׁ לִבְהֵמָה! הָתָם לָא כְּתִיבָא אֲסִיפָה בִּמְקוֹם שְׁחִיטָה דְּאַחֲרִינֵי, הָכָא כְּתִיבָא אֲסִיפָה בִּמְקוֹם שְׁחִיטָה דְּאַחֲרִינֵי.

Or [s'il en était] ainsi, à propos de la caille (selav), dont il est écrit 'et ils rassemblèrent (vayaasfou) la caille' (Nb 11:32), ainsi [dirais-tu] aussi qu'[elle ne se rend] pas [apte] par l'abattage ? Mais n'as-tu pas dit [toi-même] : '[l']exempter de tout, [c'est] impossible, car il a déjà été assimilé à la bête' !

Là-bas [pour la caille], la capture (assifa) n'est pas écrite à la place de l'abattage d'autrui ; ici [pour les poissons], la capture est écrite à la place de l'abattage d'autrui.

📜 Rachi (1)
הָכָא כְּתִיבָא אֲסִיפָה דִּידְהוּ אֵצֶל שְׁחִיטַת בְּהֵמָה וּמִדְּשַׁנִּי בְּדִיבּוּרֵיהּ וּכְתִיב בְּהוּ אֲסִיפָה ש"מ דַּוְקָא הוּא:
Ici, la capture est écrite — la leur [celle des poissons] auprès de l'abattage de la bête ; et du fait qu'il a changé dans son expression et a écrit à leur sujet 'capture', apprends-en que [c'est] précis [voulu].
💡 Explication

Réfutation : si 'rassembler' impliquait l'absence d'abattage, alors la caille (un oiseau) 'rassemblée' (Nb 11:32) ne s'abattrait pas non plus — ce qui contredit l'assimilation à la bête ! La distinction : pour la caille, 'capture' n'est pas écrite à côté de l'abattage d'autrui ; pour les poissons, 'rassemblés' est écrit à côté du bétail 'abattu' — le contraste prouve que la capture y remplace l'abattage.

10
דָּרַשׁ עֻובַּר גָּלִילָאָה: בְּהֵמָה שֶׁנִּבְרֵאת מִן הַיַּבָּשָׁה – הַכְּשֵׁרָה בִּשְׁנֵי סִימָנִים, דָּגִים שֶׁנִּבְרְאוּ מִן הַמַּיִם – הֶכְשֵׁירָן בִּוְלֹא כְּלוּם, עוֹף שֶׁנִּבְרָא מִן הָרְקָק – הֶכְשֵׁרוֹ בְּסִימָן אֶחָד. אָמַר רַב שְׁמוּאֵל קַפּוֹטְקָאָה: תֵּדַע, שֶׁהֲרֵי עוֹפוֹת יֵשׁ לָהֶן קַשְׂקֶשֶׂת בְּרַגְלֵיהֶם כַּדָּגִים.

Over le Galiléen a exposé : la bête, qui a été créée de la terre sèche (yabacha) — son aptitude [se fait] par deux simanim ; les poissons, qui ont été créés des eaux — leur aptitude [se fait] par rien du tout ; l'oiseau, qui a été créé de la boue (rekak) — son aptitude [se fait] par un seul siman. Rav Chmouel de Cappadoce dit : sache[-le], car voici, les oiseaux ont des écailles (kaskeset) à leurs pattes, comme les poissons.

📜 Rachi (3)
מִן הַיַּבָּשָׁה לְפִיכָךְ יֵשׁ לוֹ חַיּוּת בָּרִיא וְחָזָק:
De la terre sèche — c'est pourquoi il a une vitalité saine et vigoureuse.
רָקַק גרביל"א שֶׁיֵּשׁ בָּהּ מַיִם וִיבֵשָׁה:
Rekak — [boue, en langue vernaculaire], où il y a de l'eau et de la terre sèche.
תֵּדַע שֶׁמִּן הָרְקָק נִבְרְאוּ:
Sache[-le] — qu'ils ont été créés de la boue.
🗂️ Tossefot (1)
תֵּדַע שֶׁהֲרֵי יֵשׁ לָהֶם קַשְׂקֶשֶׂת תֵּימַהּ מַה צָרִיךְ רְאָיָה עַל זֶה דִּקְרָא כְּתִיב בְּהֶדְיָא יִשְׁרְצוּ הַמַּיִם שֶׁרֶץ נֶפֶשׁ חַיָּה וְעוֹף וי"ל דְּמַיְיתִי רְאָיָה דְּכֵיוָן דִּבְרִיאַת הַמַּיִם נִיכֶּרֶת בָּהֶם רָאוּי לְדַמּוֹתָם לְדָגִים לְעִנְיַן שְׁחִיטָה:
Sache[-le], car voici qu'ils ont des écailles — [c'est] étonnant : quelle preuve faut-il à cela, puisque le verset l'écrit explicitement, 'les eaux feront foisonner un foisonnement d'êtres vivants, et des oiseaux' (Gen 1:20) ? Et l'on peut dire qu'il apporte la preuve que, puisque [leur] création des eaux est manifeste en eux, il convient de les comparer aux poissons quant à l'abattage.
🪔 Ben Yehoyada (1)
דָּגִים שֶׁנִּבְרְאוּ מִן הַמַּיִם הֶכְשֵׁרָן בְּלֹא כְלוּם. נִרְאֶה לִי בס"ד לְכָךְ מִלּוּי מַיִם מִ" ם י וְ " ד מֵ" ם הוּא 'דּוֹמֵם' רֶמֶז כֹּחַ חַיּוּת הַנִּבְרָא מִן הַמַּיִם הוּא דּוֹמֵם שֶׁאֵינוֹ בָּרִיא וְחָזָק. גַּם נִרְאֶה לִי בס"ד מַיִם הֵם חֶסֶד וְלָכֵן דּוֹחִין כֹּחַ הַטֻּומְאָה מִכָּל הַטּוֹבֵל בָּהֶם וְלָכֵן כָּל כִּשּׁוּף נִפְשַׁר וּבָטֵל בַּמַּיִם וְלָכֵן הַדָּגִים שֶׁנִּבְרָאִים מִן הַמַּיִם אֵין נִדְבָּקִים בָּהֶם רוּחוֹת הַטֻּומְאָה בְּחֹוזֶק וְלָכֵן אֲסִיפָתָן מִן הַמַּיִם מִכְּשֶׁיָּרְתָן וְאֵין צְרִיכִין שְׁחִיטָה וְעַל כֵּן כַּאֲשֶׁר הוֹרָה יַעֲקֹב אִישׁ כְּפַר נִבְרְאֵי בְּצוֹר שֶׁהַדָּגִים צְרִיכִין שְׁחִיטָה שָׁלַח לֵיהּ רַב חַגַּי תָּא לָקֵי וְהַיְינוּ שֶׁרָצָה לְהַלְקוֹתוֹ מִפְּנֵי כִּי שְׁלִיטַת כּוֹחוֹת הַחִיצוֹנִים בְּאֵיזֶה דָּבָר נֶחְשָׁב זֶה לְמַלְקוּת בְּאוֹתוֹ דָּבָר וְכֵיוָן שֶׁהוֹרָה שֶׁצָּרִיךְ שְׁחִיטָה לְדָגִים מוּכָח דִּסְבִירָא לֵיהּ שֶׁהַדָּגִים לוֹקִין בִּשְׁלִיטַת הַחִיצוֹנִים וּבֶאֱמֶת זֶה אֵינוֹ וְלָא הָוֵי הָכִי לְדָגִים לְכָךְ שָׁלַח לֵיהּ תָּא לָקֵי כְּנֶגֶד מַה שֶׁהַחְלָטַת מַלְקוֹת לְדָגִים בִּשְׁלִיטַת הַחִיצוֹנִים.
« Les poissons, qui ont été créés des eaux — leur aptitude [se fait] par rien du tout. » Il me semble, avec l'aide du Ciel, que c'est pourquoi le remplissage (milouy) des lettres de 'mayim' (eau) — mem [écrit mem-mem], yod [yod-vav-dalet], mem [mem-mem] — forme [les lettres de] 'domem' (inerte, minéral) : une allusion [au fait que] la force vitale de ce qui est créé des eaux est 'domem' (inerte), [c'est-à-dire] qu'elle n'est pas saine et vigoureuse. Il me semble aussi, avec l'aide du Ciel, que les eaux sont [de l'ordre du] 'hessed (bonté), et c'est pourquoi elles repoussent la force de l'impureté loin de quiconque s'y immerge ; c'est pourquoi toute sorcellerie se dissout et s'annule dans l'eau ; c'est pourquoi les poissons, qui sont créés des eaux, les esprits d'impureté ne s'attachent pas fortement à eux ; et c'est pourquoi leur [simple] capture depuis les eaux les rend aptes, et ils n'ont pas besoin d'abattage. Aussi, lorsque Yaakov, homme de Kefar Nivrai, à Tyr, enseigna que les poissons requièrent l'abattage, Rav Haggai lui envoya [dire] : « viens [et] reçois les coups » (ta laki). Et voici pourquoi il voulut le faire fouetter : parce que la domination des forces extérieures (kohot ha-hitzonim) sur une chose est comptée comme un 'fouet' (malkout) sur cette chose ; et puisqu'il enseigna que les poissons requièrent l'abattage, il est prouvé qu'il tient que les poissons sont 'fouettés' par la domination des forces extérieures — or en vérité il n'en est rien, et il n'en va pas ainsi pour les poissons ; c'est pourquoi il lui envoya « viens [et] reçois les coups », en regard de ce qu'il avait tranché [en attribuant] un 'fouet' aux poissons par la domination des forces extérieures.
💡 Explication

Drache d'Over le Galiléen rattachant le nombre de simanim à l'origine de chaque créature (voir le schéma) : la bête vient de la terre sèche -> deux simanim ; les poissons des eaux -> rien ; l'oiseau de la boue (rekak, mélange de terre et d'eau) -> un seul siman. Rav Chmouel de Cappadoce : preuve que l'oiseau participe de l'eau — il a des écailles aux pattes comme les poissons.

11
וְעוֹד שָׁאֲלוּ, כָּתוּב אֶחָד אוֹמֵר: ״וַיֹּאמֶר אֱ-לֹהִים יִשְׁרְצוּ הַמַּיִם שֶׁרֶץ נֶפֶשׁ חַיָּה וְעוֹף יְעוֹפֵף״, אַלְמָא מִמַּיָּא אִיבְּרוּ, וּכְתִיב: ״וַיִּצֶר ה׳ אֱ-לֹהִים מִן הָאֲדָמָה כָּל חַיַּת הַשָּׂדֶה וְאֵת כָּל עוֹף הַשָּׁמַיִם״, אַלְמָא מֵאַרְעָא אִיבְּרוּ!

Et de plus ils [l']interrogèrent : un verset dit 'et Dieu dit : que les eaux foisonnent d'un foisonnement d'êtres vivants, et des oiseaux voleront' (Gen 1:20) — il en ressort qu'ils ont été créés des eaux ; et il est écrit : 'et l'Éternel Dieu forma de la terre tout animal des champs et tout oiseau des cieux' (Gen 2:19) — il en ressort qu'ils ont été créés de la terre !

📜 Rachi (2)
וְעוֹד שֶׁאֵלּוּ קוֹנְטְרִיקוּן הַהֶגְמוֹן אֶת רַבָּן גַּמְלִיאֵל שְׁאֵלוֹת הַרְבֵּה וְהֵן בִּבְכוֹרוֹת (דַּף ה.) וְגַם זֹאת שָׁאֲלוּ וְהָכָא תָּנְיִי' מִשּׁוּם גְּרָרָא דְּעוֹפוֹת:
Et de plus ils [l']interrogèrent — le gouverneur (hegemon) Kontrikon [posa] à Rabban Gamliel de nombreuses questions, et elles [figurent] dans Bekhorot (folio 5a) ; et celle-ci aussi ils [la] demandèrent, et [c'est] ici qu'elle est enseignée, par voie d'association, à propos des oiseaux.
שֶׁרֶץ נֶפֶשׁ חַיָּה וְעוֹף אַלְמָא מִמַּיָּא אִיתַּבְּרִיאוּ עוֹפוֹת:
'Un foisonnement d'êtres vivants et des oiseaux' — il en ressort que les oiseaux ont été créés des eaux.
🗂️ Tossefot (1)
וְעוֹד שֶׁאֵלּוּ פֵּירוּשׁ קוֹנְטְרִיקוּן הַהֶגְמוֹן אֶת רַבָּן יוֹחָנָן בֶּן זַכַּאי וְלֹא כְּמוֹ שֶׁפֵּירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס אֶת רַבָּן גַּמְלִיאֵל וּבְכָל דֻּוכְתֵי דְּאִיכָּא וְעוֹד שָׁאֲלוּ עָלֶיהָ קָאֵי ואע"ג דְּלָא מַיְיתֵי הָתָם כְּמוֹ בּוֹ בַּיּוֹם שֶׁבְּכָל הַשַּׁ"ס דְּהָוֵי בַּיּוֹם שֶׁמִּינּוּ בּוֹ אֶת רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה נָשִׂיא כִּדְאָמְרִינַן בְּפֶרֶק תְּפִלַּת הַשַּׁחַר (בְּרָכוֹת דַּף כֹּח.):
Et de plus ils [l']interrogèrent — c'est-à-dire que le gouverneur Kontrikon [interrogea] Rabban Yo'hanan ben Zakai, et non comme [Rachi] l'a expliqué dans le commentaire, [que c'était] Rabban Gamliel ; et partout où il y a 'et de plus ils [l']interrogèrent', cela se rapporte à lui [Rabban Yo'hanan ben Zakai]. Et bien qu'il [ne le] rapporte pas là [dans Bekhorot] comme [le] 'ce jour-là' qui [se trouve] dans tout le Talmud, qui [désigne] le jour où ils installèrent Rabbi Elazar ben Azaria comme Nassi, comme nous [le] disons au chapitre Tefilat ha-Chahar (Berakhot 28a).
💡 Explication

L'hegemon (gouverneur romain) interroge Rabban Yo'hanan ben Zakai sur une contradiction : un verset dit les oiseaux créés des eaux (Gen 1:20), un autre les dit formés de la terre (Gen 2:19). Lequel des deux ?

12
אָמַר לוֹ: מִן הָרְקָק נִבְרְאוּ. רָאָה תַּלְמִידָיו מִסְתַּכְּלִים זֶה בָּזֶה, אָמַר לָהֶם: קָשֶׁה בְּעֵינֵיכֶם שֶׁדָּחִיתִי אֶת אוֹיְבִי בְּקַשׁ? מִן הַמַּיִם נִבְרְאוּ, וְלָמָּה הֱבִיאָן אֶל הָאָדָם? לִקְרוֹת לָהֶן שֵׁם.

Il leur dit : ils ont été créés de la boue (rekak). [Puis] il vit ses disciples se regarder l'un l'autre ; il leur dit : il vous est pénible que j'aie écarté mon ennemi avec un brin de paille (be-kach) ?

[En vérité,] ils ont été créés des eaux ; et pourquoi [le verset] les a-t-il amenés vers l'homme ? Pour leur donner un nom.

📜 Rachi (2)
וְלָמָּה הֱבִיאָן אֶל הָאָדָם ר"ג קָאָמַר לָהּ כְּלוֹמַר וְלָמָּה נִכְתְּבוּ כָּאן מִשּׁוּם קְרִיאַת שֵׁם:
Et pourquoi [le verset] les a-t-il amenés vers l'homme ? — c'est Rabban Gamliel [qui] le dit, c'est-à-dire : et pourquoi ont-ils été écrits ici ? à cause de la dénomination.
לִקְרוֹת לָהֶם שֵׁם וְהָכִי קָאָמַר וַיָּצַר מִן הָאֲדָמָה כָּל חַיַּת הַשָּׂדֶה וְאֵת כָּל עוֹף הַשָּׁמַיִם לִרְאוֹת מַה יִּקְרָא לוֹ וְלֹא אַיְּצִירָה קָאֵי:
Pour leur donner un nom — et voici ce qu'[il] dit : 'et il forma de la terre tout animal des champs et tout oiseau des cieux' [c'est] 'pour voir comment il les nommerait', et [cela] ne se rapporte pas à la formation [à partir de la terre].
💡 Explication

Devant l'hegemon, Rabban Yo'hanan ben Zakai répond 'créés de la boue' (conciliant les deux versets). Voyant ses disciples perplexes, il avoue avoir esquivé l'adversaire 'avec un brin de paille' : en vérité ils furent créés des eaux ; s'ils sont aussi mentionnés avec la terre (Gen 2:19), c'est seulement parce qu'ils furent amenés à Adam pour être nommés, non parce qu'ils en furent formés.

13
וְיֵשׁ אוֹמְרִים: בְּלָשׁוֹן אַחֵר אָמַר לְאוֹתוֹ הֶגְמוֹן, וּבַלָּשׁוֹן הָרִאשׁוֹן אָמַר לָהֶן לְתַלְמִידָיו, מִשּׁוּם דִּכְתִיב עַל ״וַיָּצַר״.

Et certains disent : c'est dans une formulation autre qu'il parla à ce gouverneur, et dans la première formulation qu'il parla à ses disciples, parce qu'il est écrit 'forma' (vayitzer) au sujet de [l'oiseau].

📜 Rachi (1)
מִשּׁוּם דִּכְתִיב וְאֵת כָּל עוֹף הַשָּׁמַיִם עַל וַיָּצַר דְּמַשְׁמַע דְּאַיְּצִירָה נָמֵי קָאֵי. לִישָּׁנָא אַחְרִינָא מִשּׁוּם דִּכְתִיב עַל כְּלוֹמַר מִקְּרָא קַמָּא גּוּפֵיהּ מִשְׁתְּמַע דְּמִן הָאָרֶץ נִבְרְאוּ דִּכְתִיב עַל הָאָרֶץ דְּמַשְׁמַע דְּמִינָּהּ אִיתַּבְרִיאוּ וּכְתִיב נָמֵי בִּקְרָא בָּתְרָא וַיֵּצֶר מִן הָאֲדָמָה זֶה שָׁמַעְתִּי וְרִאשׁוֹן נִרְאֶה בְּעֵינַי:
Parce qu'il est écrit — 'et tout oiseau des cieux' sur 'forma', ce qui implique que cela se rapporte aussi à la formation [à partir de la terre]. Autre version : 'parce qu'il est écrit 'sur'' — c'est-à-dire que le premier verset lui-même implique qu'ils ont été créés de la terre, car il est écrit 'sur la terre' (al ha-aretz), ce qui implique que d'elle ils ont été créés ; et il est aussi écrit dans le verset suivant 'forma de la terre'. Ceci [je l']ai entendu, et le premier [sens] me paraît [meilleur] à mes yeux.
💡 Explication

Variante : selon 'certains disent', Rabban Yo'hanan ben Zakai dit à l'hegemon qu'ils furent créés des eaux, et à ses disciples la première formulation (créés de la boue) — car il est écrit 'forma' (vayitzer) à propos de l'oiseau, ce qui suggère qu'ils participent aussi de la terre.

14
אָמַר רַב יְהוּדָה מִשּׁוּם רַבִּי יִצְחָק בֶּן פִּנְחָס: אֵין שְׁחִיטָה לָעוֹף מִן הַתּוֹרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְשָׁפַךְ״ – בִּשְׁפִיכָה בְּעָלְמָא סַגִּי.

Rav Yehouda a dit au nom de Rabbi Yitzhak ben Pinhas : il n'y a pas d'abattage [d'ordre toranique] pour l'oiseau, car il est dit : 'il versera (ve-chafakh) [son sang et le couvrira de poussière]' (Lev 17:13) — un simple versement (chefikha) suffit.

📜 Rachi (1)
אֵין שְׁחִיטָה לָעוֹף מִן הַתּוֹרָה וְהֶיקֵּשָׁא דְּזֹאת תּוֹרַת לְאַקּוֹשֵׁי בְּהֵמָה לִמְלִיקַת הָעוֹף שֶׁתְּהֵא שְׁחִיטָתָהּ מִן הַצַּוָּאר כִּדְאָמְרִינַן לְעֵיל וַאֲפִילּוּ מִתּוֹרָה שֶׁבְּעַל פֶּה מֵהֲלָכָה לְמֹשֶׁה מִסִּינַי אֵין לוֹ אֶלָּא מִדִּבְרֵי סוֹפְרִים וְאֵין נִבְלַת עוֹף קְרוּיָה נְבֵלָה אֶלָּא אִם כֵּן מֵתָה מֵאֵלֶיהָ אוֹ הֲרָגָהּ בַּמַּכָּה שֶׁלֹּא עַל יְדֵי סִימָנִים אֲבָל נְחִירָה אוֹ עִיקּוּר סִימָנִין כָּשֵׁר בּוֹ:
Il n'y a pas d'abattage [d'ordre toranique] pour l'oiseau — et l'assimilation de 'voici la loi de [la bête et de l'oiseau]' [sert] à rapprocher la bête de la melika de l'oiseau, [pour dire] que son abattage [se fait] depuis le cou, comme nous [l']avons dit plus haut ; et même [au titre] de la loi orale, [tradition] de Moché au Sinaï, il n'a [d'abattage] que par les paroles des Scribes (divrei soferim). Et la charogne d'oiseau n'est appelée charogne que si elle est morte d'elle-même, ou s'il l'a tuée par un coup, sans passer par les simanim ; mais [par] perforation (nehira) ou arrachement des simanim (ikkour), il [est] apte (cachere).
🗂️ Tossefot (1)
בִּשְׁפִיכָה בְּעָלְמָא וַאֲפִילּוּ לְר' מֵאִיר דְּיָלֵיף לְקַמָּן בְּפֶרֶק כִּסּוּי הַדָּם (חֻולִּין דַּף פֹּה.) דִּשְׁחִיטָה שֶׁאֵינָהּ רְאוּיָה שְׁמָהּ שְׁחִיטָה דְּגָמַר שְׁפִיכָה שְׁפִיכָה מִשְּׁחוּטֵי חוּץ מִכָּל מָקוֹם אֵין מִקְרָא יוֹצֵא מִידֵי פְשׁוּטוֹ:
Par un simple versement — et même selon Rabbi Meir, qui déduit plus loin, au chapitre Kisouy ha-Dam (Houlin 85a), qu'un abattage impropre [à rendre la bête consommable] est [néanmoins] appelé abattage, [car] il déduit 'versement'-'versement' des [bêtes] abattues hors [du parvis] (chehoutei houtz) — néanmoins, un verset ne sort pas de son sens littéral.
💡 Explication

Rav Yehouda au nom de R. Yitzhak ben Pinhas : l'abattage de l'oiseau n'est pas d'ordre toranique — le verset sur la couverture du sang dit 'il versera son sang' (ve-chafakh, Lev 17:13), donc un simple versement (sans chehita rituelle au sens strict) suffirait selon la Torah ; l'exigence d'abattage de l'oiseau serait d'ordre rabbinique.

15
אִי הָכִי, חַיָּה נָמֵי! אִיתַּקַּשׁ לִפְסוּלֵי הַמֻּוקְדָּשִׁין. עוֹף נַמֵּי! אִיתַּקַּשׁ לִבְהֵמָה, דִּכְתִיב: ״זֹאת תּוֹרַת הַבְּהֵמָה וְהָעוֹף״. הָא כְתִיב: ״וְשָׁפַךְ אֶת דָּמוֹ״.

[Si] cela [est] ainsi, la [bête] sauvage (haya) aussi [n'aurait pas besoin d'abattage] ! Elle a été assimilée aux consacrés invalidés (pessoulei ha-moukdachin).

[Mais] l'oiseau aussi [a été assimilé à la bête] ! Il a été assimilé à la bête, car il est écrit : 'voici la loi de la bête et de l'oiseau' (Lev 11:46).

[Mais] voici qu'il est écrit : 'il versera son sang' (ve-chafakh et damo) !

📜 Rachi (3)
חַיָּה נָמֵי דְּהָא חַיָּה נָמֵי בְּהַאי קְרָא כְּתִיבָא:
La [bête] sauvage aussi — car la [bête] sauvage aussi est écrite dans ce verset[-là].
לִפְסוּלֵי הַמֻּוקְדָּשִׁין כִּדְאָמְרִינַן לְקַמָּן בִּשְׁמַעְתִּין מַקִּישׁ צְבִי וְאַיָּל לִפְסוּלֵי הַמֻּוקְדָּשִׁין:
Aux consacrés invalidés — comme nous [le] disons plus loin dans notre sougya : on rapproche le cerf et le daim (tzvi ve-ayal) des consacrés invalidés.
אִיתַּקַּשׁ לִבְהֵמָה וְנֵימָא אֵין הֶיקֵּשׁ לְמֶחֱצָה:
Il a été assimilé à la bête — disons donc [qu']il n'y a pas d'assimilation à moitié [et que l'oiseau requiert l'abattage] !
⚖️ Rosh (1)
גְּמָ' הַשּׁוֹחֵט דִּיעֲבַד אִין לְכִתְחִלָּה לָא עַד כַּמָּה לִשְׁחוֹט וְלֵיזַל. אִי בָּעֵית אֵימָא אַאֶחָד בְּעוֹף. וְאִי בָּעֵית אֵימָא אַרֻובּוֹ שֶׁל אֶחָד כָּמוֹהוּ. וּמִסְתַּבֵּר כֵּיוָן דְּאִיכָּא תְּרֵי שִׁינּוּיֵי עָבְדִינַן לְחוּמְרָא. דִּלְכַתְּחִלָּה צָרִיךְ לִשְׁחֹוט שְׁנֵי סִימָנִין אַף בְּעוֹף וְהָא דְּאָמְרִינַן לְקַמָּן גַּבֵּי הַהוּא דַּהֲוָה מִמַּסְמֵס קוֹעֵיהּ דְּמָא דְּקָאָמַר נִבְדָּקֶיהָ לַקָּנֶה וְלִישְׁחֲטֵיהּ. הָתָם כְּדִיעֲבַד דָּמֵי כֵּיוָן דְּאֵין לוֹ הֶיתֵּר אֶלָּא בִּשְׁחִיטַת סִימָן אֶחָד. וְרַב אִלְפָּס זַ"ל כָּתַב וְרֻובּוֹ שֶׁל אֶחָד כָּמוֹהוּ דַּווְקָא בְּדִיעֲבַד אֲבָל לְכַתְּחִלָּה מִיבְּעֵי לֵיהּ לְמִישְׁחֲטֵיהּ כּוּלֵּיהּ סִימָן. מַשְׁמַע דס"ל כְּלִישָּׁנָא בָּתְרָא לְקֻולָּא. מִשּׁוּם דְּהָנֵי תְּרֵי לִישָּׁנֵי פְּלִיגִי בִּמְדֻרְבָּנָן דְּמִדְּאוֹרַייְתָּא בְּסִימָן א' סַגִּי וְאָזְלִינַן לְקֻולָּא בְּשֶׁל סוֹפְרִים. תָּנֵי בַּר קַפָּרָא זֹאת תּוֹרַת הַבְּהֵמָה וְהָעוֹף וְכֹל נֶפֶשׁ הַחַיָּה הָרֹומֶשֶׂת בַּמָּיִם הִטִּילוּ הַכָּתוּב לְעוֹף בֵּין בְּהֵמָה לְדָגִים. לְחַיְּיבוֹ בִּשְׁנֵי סִימָנִים אִי אֶפְשָׁר שֶׁכְּבָר הֻוקַּשׁ לְדָגִים. לְפָטְרוֹ בְּלֹא כְּלוּם אִי אֶפְשָׁר שֶׁכְּבָר הֻוקַּשׁ לִבְהֵמָה הָא כֵּיצַד הֶכְשֵׁירוֹ בְּסִימָן אֶחָד. תַּנְיָא רַבִּי אוֹמֵר וְזָבַחְתָּ כַּאֲשֶׁר צִוִּיתִיךָ מְלַמֵּד שֶׁנִּצְטַוָּוה מֹשֶׁה עַל הַווֶּשֶׁט וְעַל הַקָּנֶה וְעַל רֹוב אֶחָד בָּעוֹף וְעַל רֹוב שְׁנַיִם בַּבְּהֵמָה:
Guemara. « Celui qui abat » [la Michna dit qu'il faut abattre la majorité d'un siman pour l'oiseau et la majorité des deux pour la bête] : à posteriori (be-diavad), oui, mais a priori (le-khatehila) non. Jusqu'où [au minimum] doit-il continuer à abattre ? Si tu veux, dis : [le-khatehila il faut couper] un [siman entier] pour l'oiseau. Et si tu veux, dis : [il suffit de] la majorité d'un [siman], laquelle vaut comme lui [comme le siman entier]. Et il est raisonnable [de statuer que], puisqu'il y a deux réponses (chinouyei) [deux versions], nous agissons par rigueur (le-houmra) : à savoir qu'a priori (le-khatehila) il faut abattre les deux simanim, même pour l'oiseau. Et ce que nous disons plus loin, à propos de celui dont la trachée (kaneh) était gorgée de sang (memasmes koeih dema), qu'[on] dit : « qu'on examine la trachée et qu'on l'abatte [par elle seule] » — la [ce cas] est comparable à un [abattage] a posteriori (di-avad), puisqu'il n'a de permission (heter) [de la consommer] que par l'abattage d'un seul siman. Et Rav Alfassi (le Rif) de mémoire bénie a écrit : « et la majorité d'un [siman] vaut comme lui » [n'est vrai que] spécifiquement a posteriori (be-diavad), mais a priori (le-khatehila) il faut abattre le siman en son entier — ce qui implique qu'il tient (savar) selon la seconde version (lichana batra), par indulgence (le-koula). [Cela] parce que ces deux versions divergent [seulement] sur ce qui est d'ordre rabbinique (mi-derabbanan), car du point de vue de la Torah (mi-de-oraita), un seul siman suffit ; et [en matière] rabbinique — chose des Scribes (chel soferim) — nous suivons l'indulgence (le-koula). Bar Kapara enseigne : « Voici la loi (zot torat) de la bête et de l'oiseau, et de tout être vivant qui se meut dans les eaux » (Lev 11:46) — l'Écriture a placé l'oiseau entre la bête et les poissons. Le charger de deux simanim, [c'est] impossible, car il a déjà été assimilé aux poissons ; l'exempter de tout, [c'est] impossible, car il a déjà été assimilé à la bête. Comment donc [se rend-il] apte ? Par un seul siman. Il est enseigné [dans une braita] : Rabbi dit : « et tu abattras... comme je te l'ai ordonné » (Deut 12:21) — [cela] enseigne que Moché a reçu l'ordre au sujet de l'oesophage (veshet), de la trachée (kaneh), et [au sujet] de la majorité d'un [siman] pour l'oiseau, et de la majorité des deux [simanim] pour la bête.
💡 Explication

Objection : si 'il versera' dispense d'abattage, alors la bête sauvage (haya), mentionnée au même verset, en serait dispensée aussi ! Réponse : la haya est assimilée aux consacrés invalidés (qui requièrent l'abattage). On rétorque : l'oiseau aussi est assimilé à la bête ('voici la loi de la bête et de l'oiseau') — il devrait donc requérir l'abattage ! Réponse : mais 'il versera son sang' est explicitement écrit [à son propos].

16
וּמַאי חָזֵית דְּשָׁדֵית לֵיהּ עַל עוֹף? שַׁדְייֵהּ אָחִיהָ! מִסְתַּבְּרָא, מִשּׁוּם דְּסָלֵיק מִינֵּיהּ.

Et qu'as-tu vu [qui te conduit] à [le] jeter sur l'oiseau ? Jette-le sur la [bête] sauvage !

Il est raisonnable [de le faire], du fait qu'[il] s'achève sur lui (de-salik mineih).

📜 Rachi (1)
דְּסָלֵיק מִינֵּיהּ אוֹ עוֹף אֲשֶׁר יֵאָכֵל וְשָׁפַךְ אֶת דָּמוֹ:
[Du fait qu'il] s'achève sur lui — '...ou un oiseau qui peut être mangé, il versera son sang' [le verset s'achève sur l'oiseau, juste avant 'il versera'].
💡 Explication

Dernière objection : pourquoi appliquer 'il versera son sang' à l'oiseau (le dispensant ainsi d'abattage toranique) plutôt qu'à la sauvage ? Réponse : c'est raisonnable, parce que le verset s'achève sur l'oiseau (de-salik mineih) : '...ou un oiseau qui peut être mangé, il versera son sang' — le 'il versera' suit immédiatement la mention de l'oiseau.

17
(סִימָן: נִתְנַבֵּל, דָּם, בִּמְלִיקָה.)

(Signe [mnémotechnique] : devenue-charogne, sang, par-melika.)

💡 Explication

Bref signe mnémotechnique (siman) annonçant les trois preuves à venir, par leurs mots-clés : 'devenue charogne' (la braita du segment 17), 'sang' (le besoin de sang du segment 18), et 'par melika' (l'exigence de melika pour l'oiseau consacré, plus loin).

18
מֵיתִיבִי: הַשּׁוֹחֵט וְנִתְנַבְּלָה בְּיָדוֹ, הַנּוֹחֵר וְהַמְעַקֵּר – פָּטוּר מִלְּכַסּוֹת. וְאִי אָמְרַתְּ אֵין שְׁחִיטָה לָעוֹף מִן הַתּוֹרָה, נְחִירָתוֹ זוֹ הִיא שְׁחִיטָתוֹ, לִיבְעֵי כִּסּוּי! מִי סָבְרַתְּ בְּעוֹף? לֹא, בְּחַיָּה.

On objecte [d'une braita] : celui qui abat et [dont la bête] est devenue charogne (nitnabela) sous sa main, celui qui perfore (ha-noher) et celui qui arrache les simanim (ha-meaker) — [sont] dispensés de couvrir [le sang]. Or si tu dis [qu']il n'y a pas d'abattage [toranique] pour l'oiseau, sa perforation, c'est cela son abattage — qu'[elle] requière donc la couverture !

Penses-tu [que cela parle] de l'oiseau ? Non, de la [bête] sauvage.

📜 Rachi (5)
וְנִתְנַבְּלָה בְּיָדוֹ שֶׁלֹּא מִדַּעַת:
Et [dont la bête] est devenue charogne sous sa main — par inadvertance (chelo mi-daat).
הַנּוֹחֵר וְהַמְעַקֵּר מִדַּעַת:
Celui qui perfore et celui qui arrache — [agissant] sciemment (mi-daat).
פָּטוּר מִלְּכַסּוֹת דַּאֲשֶׁר יֹאכַל כְּתִיב (וַיִּקְרָא יז):
Dispensés de couvrir — car il est écrit 'qui peut être mangé' (acher yeakhel) (Lev 17).
לִיבְעֵי כִּסּוּי דְּהָא כְּתִיבָא כִּסּוּי אַנְּחִירָה דִּידֵיהּ וּמֵהֵיכִי תַּיְתֵי לְמִיפְטְרֵיהּ:
Qu'[elle] requière la couverture — car voici, la couverture est écrite à propos de sa propre perforation [si la perforation tient lieu d'abattage] ; d'où viendrait[-il] de l'[en] dispenser ?
מִי סָבְרַתְּ בְּעוֹף קָאֵי בְּחַיָּה קָאֵי דְּכִסּוּי דִּידֵהּ כִּי כְּתִיב אַהַכְּשֵׁרָה כְּתִיב וְהֶכְשֵׁרָהּ דִּידָּה שְׁחִיטָה הִיא:
Penses-tu [que cela parle] de l'oiseau ? — [non,] cela traite de la [bête] sauvage : sa couverture [à elle], lorsqu'elle est écrite, [c'est] sur ce qui la rend apte qu'elle est écrite, et ce qui la rend apte, [c'est] l'abattage.
💡 Explication

Objection (1re preuve) : une braita dispense de couvrir le sang celui dont l'abattage échoue (bête devenue charogne), celui qui perfore (noher) ou arrache les simanim (meaker). Or, si l'oiseau n'a pas d'abattage toranique, sa perforation tient lieu d'abattage — la couverture devrait donc s'imposer ! Réponse : la braita parle de la bête sauvage, pas de l'oiseau.

19
תָּא שְׁמַע: הַשּׁוֹחֵט וְצָרִיךְ לְדָם – חַייָּב לְכַסּוֹת. כֵּיצַד הוּא עוֹשֶׂה? אוֹ נוֹחֲרוֹ אוֹ עוֹקְרוֹ.

Viens [et] entends [une autre braita] : celui qui abat et [qui] a besoin du sang — [est] tenu de couvrir [le reste]. Comment fait-il ?

Ou il [la] perfore, ou il [l']arrache.

📜 Rachi (4)
הַשּׁוֹחֵט דָּבָר הַצָּרִיךְ כִּסּוּי:
Celui qui abat — une chose qui requiert la couverture.
וְצָרִיךְ לְדָם כְּדִמְפָרֵשׁ:
Et [qui] a besoin du sang — comme [le texte l']explique.
חַייָּב לְכַסּוֹת עַל כָּרְחוֹ וְשׁוּב לֹא יֵרָאֶה לִמְלָאכָה:
[Est] tenu de couvrir — malgré lui ; et il ne pourra plus [le] réserver pour un travail.
כֵּיצַד עוֹשֶׂה לְהִפָּטֵר מִן הַכִּסּוּי נוֹחֲרוֹ אוֹ עוֹקְרוֹ:
Comment fait-il — pour se dispenser de la couverture : il [la] perfore ou il [l']arrache.
💡 Explication

Deuxième preuve (par une autre braita) : celui qui abat en ayant besoin du sang [pour un autre usage] reste tenu de couvrir [ce qui en reste]. Comment procéder [pour utiliser le sang sans le couvrir d'abord] ? Il perfore (noher) ou arrache (oker) — [montrant que perforation et arrachement ne sont pas un abattage qui obligerait la couverture].

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).