Chullin 28a — l'abattage de l'oiseau (de la Torah ou rabbinique ?) et 'un siman' : oesophage ou trachée

Chullin 28a

Sougya : La sougya poursuit le débat sur l'abattage de l'oiseau (chehita de l'of). On cherche d'abord à prouver que l'oiseau requiert l'abattage de la Torah : du sang dispense de couverture (rejeté), puis du sacrifice d'oiseau dont on coupe la nuque au couteau et qui souille les vêtements (la chehita seule purifie de la charogne).

La Guemara répond que Rabbi Yits'hak ben Pin'has suit Rabbi Elazar HaKappar, qui rapproche (hekech) le cerf et la gazelle des consacrés invalides — eux par abattage, donc le cerf et la gazelle par abattage, mais l'oiseau n'a d'abattage que des Sages (mi-divrei sofrim). Rabbi (Yehouda ha-Nassi) diverge : 'tu égorgeras comme je te l'ai commandé' enseigne que Moché fut commandé de vive voix sur l'oesophage (veshet) et la trachée (kaneh), sur la majorité d'un pour l'oiseau et de deux pour la bête.

De là, le cœur du daf : pour l'oiseau, 'un siman' — Rav Nahman dit l'oesophage OU la trachée ('un' = un quelconque), Rav Adda bar Ahava dit l'oesophage et non la trachée ('un' = le distingué). Six 'ta chema' (preuves) s'enchaînent ; le dernier, tiré de la melika du sacrifice d'oiseau ('arrive à l'oesophage ou à la trachée'), réfute Rav Adda bar Ahava (teyouvta), mais la Guemara objecte que la melika est différente (échine et nuque sont d'abord coupées) et laisse la question ouverte, jusqu'au cas du caneton de Rava au cou ensanglanté.

L'abattage de l'oiseau : de la Torah ou des Sages ? Rabbi Elazar HaKappar l'oiseau n'a pas d'abattage de la Torah, mais des Sages 'comme se mange le cerf et la gazelle' hekech : cerf-gazelle = consacrés invalides consacrés invalides -> par abattage donc cerf-gazelle -> par abattage l'oiseau n'est pas inclus : abattage rabbinique seulement Rabbi (Yehouda ha-Nassi) l'oiseau a un abattage de la Torah 'tu égorgeras... comme je te l'ai commandé' Moché fut commandé, de vive voix : sur l'oesophage et sur la trachée, sur la majorité d'UN pour l'oiseau, sur la majorité de DEUX pour la bête. abattage de la Torah aussi pour l'oiseau
Le statut de l'abattage de l'oiseau (segments 2-4) : rabbinique pour Rabbi Elazar HaKappar (hekech du cerf et de la gazelle), de la Torah pour Rabbi (Yehouda ha-Nassi).
L'oiseau, 'un siman' : lequel ? (Rav Nahman vs Rav Adda bar Ahava) Rav Nahman soit l'oesophage SOIT la trachée 'echad' = un quelconque Rav Adda bar Ahava l'oesophage et NON la trachée 'echad' = le distingué (l'oesophage) Les six 'ta chema' (preuves) 1. trachée déplacée après oesophage coupé -> les braitot ne parlent que d'oesophage 2. deux demi-simanim -> invalide ; 3. moitié de trachée + pause -> 'achevé' 4. demi-trachée défectueuse + un rien -> 'achevé' ; tous repoussés (bête, pas oiseau) 5. melika du sacrifice d'oiseau : 'arrive à l'oesophage OU à la trachée' -> comme Rav Nahman réfutation de Rav Adda bar Ahava (teyouvta) ; mais 'la melika est différente' (échine+nuque)
La mahloket Rav Nahman / Rav Adda bar Ahava (segment 5) et l'enchaînement des six preuves (segments 7-12) jusqu'à la réfutation.
1
מַאי לַָאו בְּעוֹף, דְּקָא בָּעֵי לֵיהּ לִדְמֵיהּ לְיָנִיכָא? לֹא, בְּחַיָּה דְּקָא בָּעֵי לֵיהּ לִדְמֵיהּ לְלַכָּא.

Est-ce que [ce n'est] pas [le cas] d'un oiseau, où il requiert son sang pour [tuer] la teigne (linikha) [de ses vêtements] ? [Si oui, l'oiseau requiert l'abattage de la Torah ; sinon, même perfore, il faudrait couvrir le sang.] Non, [c'est le cas] d'une bête sauvage (haya), où il requiert son sang pour [en faire] une teinture (lelakka).

📜 Rachi (2)
מַאי לַָאו בְּעוֹף קָאֵי שֶׁהֲרֵי דָּמוֹ רָאוּי לְיָנִיכָא לְתוֹלַעַת הַגְּדֵלָה בְּבִגְדֵי צֶמֶר שֶׁקּוֹרִין טיני"א כְּדִכְתִיב כְּבֶגֶד אֲכָלוֹ עָשׁ וְקָאָמַר נוֹחֲרוֹ וְיִפָּטֵר מִן הַכִּסּוּי וְאִי אֵין שְׁחִיטָה לָעוֹף נוֹחֲרוֹ צָרִיךְ כִּסּוּי שֶׁזּוֹ הִיא שְׁחִיטָתוֹ:
Est-ce que [ce n'est] pas [le cas] d'un oiseau — [la question] porte [sur cela], car son sang convient à [tuer] la teigne (linikha), le ver qui se développe dans les vêtements de laine, qu'on appelle 'tinia', comme il est écrit (Isaie 50) 'comme un vêtement la teigne les consume' ; et il dit [que] [s']il le perfore il est dispensé de la couverture ; or si l'oiseau n'a pas d'abattage, [alors quand] il le perfore il [faudrait] couvrir, car telle est son [mode d']abattage.
לְלַכָּא צֶבַע עוֹר אָדֹום שֶׁקּוֹרִין פרק"א:
Lelakka — une teinture de cuir rouge qu'on appelle 'parka'.
💡 Explication

Suite (depuis 27b) de la tentative de prouver que l'oiseau requiert l'abattage de la Torah. La braita parle de quelqu'un qui veut le sang : si c'est un oiseau (dont il veut le sang pour tuer la teigne de ses lainages), et qu'on le dispense de couvrir le sang quand il le perfore (nehira), cela montrerait que la perforation tient lieu d'abattage — donc l'oiseau n'aurait pas d'abattage toranique. La Guemara rejette : non, il s'agit d'une bête sauvage (dont on veut le sang comme teinture rouge), cas qui ne prouve rien sur l'oiseau.

2
תָּא שְׁמַע: מָלַק בְּסַכִּין, מְטַמֵּא בְּגָדִים אַבֵּית הַבְּלִיעָה. וְאִי אָמְרַתְּ אֵין שְׁחִיטָה לָעוֹף מִן הַתּוֹרָה, נְהִי נָמֵי דְּכִי תָּבַר לֵיהּ שִׁדְרָה וּמַפְרֶקֶת הָוְיָא לַהּ טְרֵפָה, תְּהַנֵּי לָהּ סַכִּין לְטַהֲרָהּ מִידֵי נְבֵלָה!

Viens [et] entends : [si] l'on a coupé la nuque (malak) au couteau, [le sacrifice d'oiseau] souille les vêtements [de celui qui le mange] au moment où il est dans la gorge (a-beit ha-beli'a). Or si tu dis [que] l'oiseau n'a pas d'abattage de la Torah, [alors] même s'il est vrai que, lorsqu'il a brisé l'échine (chidra) et la nuque (mafreket) [au couteau], elle devient tereifa, le couteau devrait néanmoins lui être efficace pour la purifier du statut de charogne (nevela) !

📜 Rachi (4)
מָלַק עוֹף קָדָשִׁים בְּסַכִּין נְבֵילָה דְּאֵין מְלִיקָה אֶלָּא בְּצִיפֹּורֶן:
Malak — un oiseau consacré [coupé] au couteau [est] charogne, car il n'y a de melika [valide] qu'à l'ongle (tsipporen).
נְהִי נָמֵי [דְּכִי תְּבַר] שִׁדְרָה וּמַפְרֶקֶת בְּלֹא רֹוב בָּשָׂר כִּדְאָמְרִינַן בפ"ק (לְעֵיל חֻולִּין דַּף כא.) הָוְיָא טְרֵפָה מִשּׁוּם דְּסַכִּין לָאו מְלִיקָה הוּא:
Même s'il est vrai que, lorsqu'il a brisé l'échine et la nuque — sans la majorité de la chair, comme nous le disons au premier chapitre (plus haut, Houlin 21a), elle devient tereifa, parce que le couteau n'est pas [un instrument de] melika.
תֶּיהֱנֵי לָהּ סַכִּין שֶׁחוֹתֵךְ סִימָנִין לְאַחַר שֶׁנִּטְרְפָה:
Le couteau devrait lui être efficace — qui coupe les simanim après qu'elle est devenue tereifa.
לְטַהֲרָהּ מִידֵי נְבֵילָה דְּהָא טְרֵפָה שֶׁשְּׁחָטָהּ אֵינָהּ מְטַמְּאָה וְעוֹד נְחִירָתוֹ זוֹ הִיא שְׁחִיטָתוֹ וְהַךְ שְׁחִיטָה מִן הָעֹורֶף בֵּין שֶׁהוּא מַחֲלִיד וּבֵין שֶׁהוּא דּוֹרֵס כִּדְאָמְרִינַן בפ"ק (שָׁם דַּף כ:) מ"מ לָא גָּרְעָה מִנְּחִירָה וּטְרֵפָה מִיהָא הָוְיָא דְּמוֹדֶה רַבִּי יִצְחָק שֶׁיֵּשׁ טְרֵיפָה לָעוֹף כְּדִתְנַן (לְקַמָּן חֻולִּין דַּף נו.) אֵלּוּ טְרֵפוֹת בְּעוֹף וְאֵין כָּשֵׁר בּוֹ אֶלָּא נְחִירָה שֶׁהִיא בַּסִּימָנִין כְּדִכְתִיב וְשָׁפַךְ אוֹ עִיקּוּר אֲבָל הֲרִיגָה בְּעָלְמָא לֹא:
Pour la purifier du statut de charogne — car une tereifa qu'on a abattue ne souille pas ; et de plus, sa perforation tient lieu de son abattage ; et cet abattage [par] la nuque (oref), qu'il y ait dissimulation (mahlid) ou écrasement (dores), comme nous le disons au premier chapitre (là, Houlin 20b), n'est en tout cas pas inférieur à une perforation, et elle [n']est [donc que] tereifa — car Rabbi Yits'hak admet qu'il y a une tereifa pour l'oiseau, comme nous l'avons appris (plus loin, Houlin 56a) 'voici les tereifot pour l'oiseau' ; et n'est valide pour lui que la perforation, qui [se fait] dans les simanim, comme il est écrit 'et il versera', ou l'arrachement (ikkour) ; mais une simple mise à mort (harigah), non.
🗂️ Tossefot (1)
תֶּיהֱנֵי לָהּ סַכִּין לְטַהֲרָהּ מִידֵי נְבֵלָה הַךְ פִּירְכָא לֵיתָא לְר' יוֹסֵי דְּאָמַר בִּזְבָחִים פֶּרֶק חַטַּאת הָעוֹף (זְבָחִים דַּף סט:) גַּבֵּי מָלַק וְנִמְצֵאת טְרֵפָה דְּאֵין מְלִיקָה מְטַהֶרֶת מִידֵי נְבֵלָה דְּדַוְוקָא שְׁחִיטָה מְטַהֶרֶת בִּבְהֵמָה אֶלָּא לְרַבִּי מֵאִיר פָּרִיךְ דְּקָאָמַר הָתָם נָמֵי דִּמְלִיקָה מְטַהֶרֶת:
Le couteau devrait lui être efficace pour la purifier du statut de charogne — cette objection n'est pas valable selon Rabbi Yossi, qui dit dans [le chapitre] Hatat ha-Of (Zevahim 69b), au sujet de la melika où [la bête] s'est trouvée tereifa, que la melika ne purifie pas du statut de charogne ; car seul l'abattage purifie [ainsi] pour une bête [domestique]. C'est plutôt à Rabbi Meir qu'[on] objecte, qui dit là-bas aussi que la melika purifie [du statut de charogne].
💡 Explication

Nouvelle preuve, tirée d'une michna (Zevahim 68a). La melika (coupe de la nuque à l'ongle) du sacrifice d'oiseau le rend consommable ; mais si on coupe la nuque au couteau, l'oiseau est nevela (charogne) et souille les vêtements de celui qui en mange (a-beit ha-beli'a). Raisonnement : si l'oiseau n'avait pas d'abattage toranique, alors même si briser l'échine et la nuque la rend tereifa, le fait de couper ensuite les simanim au couteau devrait au moins la purifier de la charogne (une tereifa abattue ne souille pas) — or elle souille : preuve que seule la chehita est efficace.

3
הוּא דְּאָמַר כִּי הַאי תַּנָּא, דְּתַנְיָא: רַבִּי אֶלְעָזָר הַקַּפָּר בְּרַבִּי אוֹמֵר: מַה תַּלְמוּד לוֹמַר ״אַךְ כַּאֲשֶׁר יֵאָכֵל אֶת הַצְּבִי וְגוֹ׳״? וְכִי מַה לָמַדְנוּ מִצְּבִי וְאַיָּל מֵעַתָּה?

C'est lui [Rabbi Yits'hak ben Pin'has] qui parle selon ce Tana, car il est enseigné : Rabbi Elazar HaKappar be-Rabbi dit : que vient enseigner le verset 'mais comme se mange le cerf et la gazelle, etc.' (Deut 12:22) ? Or qu'avons-nous donc appris du cerf et de la gazelle désormais [si ce verset ne fait que les comparer] ?

📜 Rachi (4)
הוּא דְּאָמַר רַבִּי יִצְחָק בֶּן פִּנְחָס דְּאָמַר כִּי הַאי תַּנָּא עוֹף אֵין לוֹ שְׁחִיטָה וְכוּ':
C'est lui qui parle — Rabbi Yits'hak ben Pin'has, qui parle selon ce Tana : l'oiseau n'a pas d'abattage, etc.
בְּרַבִּי גָּדוֹל בְּדוֹרוֹ:
Be-Rabbi — un grand de sa génération.
אַךְ כַּאֲשֶׁר יֹאכַל וְגוֹ' בִּפְסוּלֵי הַמֻּוקְדָּשִׁין שֶׁנִּפְדּוּ בְּמוּמָן קָאֵי:
'Mais comme se mange, etc.' — [le verset] porte sur les consacrés invalides qui ont été rachetés par leur défaut.
מַה לָמַדְנוּ מִצְּבִי וְאַיָּל הֲכִי לִכְתֹּוב אַךְ הַטָּמֵא וְהַטָּהוֹר יַחְדָּו יֹאכְלֶנּוּ:
Qu'avons-nous appris du cerf et de la gazelle — [le verset] aurait dû écrire ainsi : 'mais l'impur et le pur le mangeront ensemble'.
💡 Explication

La Guemara répond que Rabbi Yits'hak ben Pin'has suit un Tana précis : Rabbi Elazar HaKappar ('be-Rabbi' : un grand de sa génération), pour qui l'oiseau n'a pas d'abattage toranique. Son enseignement part d'un verset (Deut 12:22) qui parle des consacrés invalides (pessoulei ha-moukdachin) rachetés par un défaut : pourquoi comparer au cerf et à la gazelle ? Le verset aurait pu dire simplement 'l'impur et le pur le mangeront ensemble'.

4
הֲרֵי זֶה בָּא לְלַמֵּד וְנִמְצָא לָמֵד, מַקִּישׁ צְבִי וְאַיָּל לִפְסוּלֵי הַמֻּוקְדָּשִׁין: מַה פְּסוּלֵי הַמֻּוקְדָּשִׁין בִּשְׁחִיטָה – אַף צְבִי וְאַיָּל בִּשְׁחִיטָה; וְעוֹף אֵין לוֹ שְׁחִיטָה מִדִּבְרֵי תוֹרָה, אֶלָּא מִדִּבְרֵי סוֹפְרִים.

[Plutôt,] le voici venant enseigner et se trouvant enseigné [lui-même] : il rapproche (makich) le cerf et la gazelle des consacrés invalides — de même que les consacrés invalides [se rendent consommables] par l'abattage, de même le cerf et la gazelle [se rendent consommables] par l'abattage ; et l'oiseau n'a pas d'abattage [tiré] des paroles de la Torah, mais [seulement] des paroles des Scribes (mi-divrei sofrim).

📜 Rachi (1)
מַה פְּסוּלֵי הַמֻּוקְדָּשִׁין בִּשְׁחִיטָה דִּלְעֵיל מֵהַהוּא קְרָא כְּתִיב וְזָבַחְתָּ מִבְּקָרְךָ וְגוֹ'. בְּסִפְרֵי גָּרְסִינַן מַקִּישׁ צְבִי וְאַיָּל לִבְהֵמָה מַה בְּהֵמָה בִּשְׁחִיטָה כו' וְלָא מוּקֵי לְהַאי קְרָא דְּכִי יַרְחִיב בִּפְסוּלֵי הַמֻּוקְדָּשִׁין אֶלָּא בִּבְשַׂר תַּאֲוָה שֶׁל חֻולִּין:
De même que les consacrés invalides [se rendent consommables] par l'abattage — car plus haut, [à partir] de ce même verset, il est écrit 'tu égorgeras de ton gros bétail, etc.'. Dans le Sifri nous lisons : il rapproche le cerf et la gazelle de la bête [domestique] — de même que la bête [se rend consommable] par l'abattage, etc. ; et il n'établit pas ce verset 'lorsque [l'Éternel] élargira' [comme parlant] des consacrés invalides, mais de la viande de désir (bessar taava) profane (houlin).
💡 Explication

La clé du hekech. Le verset, en comparant le cerf et la gazelle aux consacrés invalides, établit que ces bêtes sauvages se rendent consommables par l'abattage (comme les consacrés invalides, dont le verset précédent dit 'tu égorgeras'). Mais l'oiseau n'est pas inclus dans ce rapprochement : son abattage n'est donc pas de la Torah, mais seulement des Scribes (rabbinique).

5
מַאן תְּנָא דִּפְלִיג עֲלֵיהּ דְּרַבִּי אֶלְעָזָר הַקַּפָּר? רַבִּי הִיא, דְּתַנְיָא: רַבִּי אוֹמֵר: ״וְזָבַחְתָּ … כַּאֲשֶׁר צִוִּיתִךָ״ – מְלַמֵּד שֶׁנִּצְטַוָּה מֹשֶׁה עַל הַוֶּושֶׁט וְעַל הַקָּנֶה, וְעַל רֹוב אֶחָד בָּעוֹף, וְעַל רֹוב שְׁנַיִם בִּבְהֵמָה.

Quel est le Tana qui diverge d'avec Rabbi Elazar HaKappar [et tient que l'oiseau a un abattage de la Torah] ? C'est Rabbi (Yehouda ha-Nassi), car il est enseigné : Rabbi dit : 'tu égorgeras... comme je te l'ai commandé' (Deut 12:21) — [cela] enseigne que Moché fut commandé sur l'oesophage (veshet) et sur la trachée (kaneh), et sur la majorité d'un [siman] pour l'oiseau, et sur la majorité de deux [simanim] pour la bête.

📜 Rachi (3)
מַאן תְּנָא דִּלְעֵיל דְּקָתָנֵי נוֹחֲרוֹ אוֹ עוֹקְרוֹ דִּפְלִיג עֲלֵיהּ דְּרַבִּי אֶלְעָזָר הַקַּפָּר:
Quel est le Tana — [de la braita] ci-dessus, qui enseigne 'il le perfore ou il l'arrache', [et] qui diverge d'avec Rabbi Elazar HaKappar.
כַּאֲשֶׁר צִוִּיתִיךָ לָמַד שֶׁנִּתְפָּרְשָׁה לוֹ מִצְוַת שְׁחִיטָה עַל פֶּה דְּהֵיכָן צִיוָּהוּ בִּכְתָב:
'Comme je te l'ai commandé' — [cela] enseigne que l'ordre de l'abattage lui fut précisé oralement, car où [donc] le lui a-t-Il commandé par écrit ?
רֹוב אֶחָד כוּ' לָאו מִקְּרָא יָלֵיף אֶלָּא כְּלוֹמַר עַל הִלְכוֹת שְׁחִיטָה נִצְטַוָּה:
La majorité d'un, etc. — [il] ne [le] déduit pas du verset, mais [veut dire] : c'est sur les règles de l'abattage qu'il fut commandé.
🗂️ Tossefot (2)
רַבִּי הִיא דְּתַנְיָא כּוּ' הֲוָה מָצֵי לְמֵימַר בַּר קַפָּרָא הִיא אֶלָּא דְּנִיחָא לֵיהּ לְאוֹקֻמֵי מִשְׁנָיוֹת דִּלְעֵיל כְּרַבִּי הִקְשָׁה רַבֵּינוּ אֶפְרַיִם דְּהָכָא ס"ל לְרַבִּי דְּיֵשׁ שְׁחִיטָה לָעוֹף מִן הַתּוֹרָה וּבְפֶרֶק מִי שֶׁאָמַר הֲרֵינִי נָזִיר וְשָׁמַע חֲבֵירוֹ וְאָמַר וַאֲנִי (נָזִיר כט:) קָאָמַר גַּבֵּי פְּלוּגְתָּא דְרַבִּי וְרַבָּנָן דכ"ע כְּדֵי לְחַנְּכוֹ בְּמִצְוֹת וא"כ לְרַבִּי הָא קָא אָכִיל כֹּהֵן מְלִיקָה דה"נ פָּרֵיךְ לְעֵיל מִינֵּיהּ לָמֶ"ד כְּדֵי לְחַנְּכוֹ בְּמִצְוֹת קָאֲכִיל כֹּהֵן מְלִיקָה וּמְשַׁנֵּי קָסָבַר אֵין שְׁחִיטָה לָעוֹף מִן הַתּוֹרָה וּלְרַבִּי לֵיכָּא לְשַׁנּוּיֵי הָכִי אִם כֵּן תִּיקְשֵׁי וַאֲפִילּוּ יַחֲזִיר סִימָנִין וְיוֹלִיךְ וְיָבִיא נְבֵלָה הִיא לְרַבִּי דְּבָעֵי שְׁחִיטָה בְּתָלוּשׁ בפ"ק (לְעֵיל חֻולִּין טז.) מִוַּיַּקַּח אֶת הַמַּאֲכֶלֶת וְעוֹד דמ"ד מַחֲזִיר קָסָבַר מוֹלִיךְ וּמֵבִיא בִּמְלִיקָה פָּסוּל דִּבְעִנְיָן אַחֵר לָא מִיתּוֹקְמָא מַתְנִיתִין דפ"ק (שָׁם יט:) דְּנִמְצָא כָּשֵׁר בִּשְׁחִיטָה וא"כ ה"ל דּוֹרֵס וְי"ל דְּהָתָם בְּנָזִיר דִּיחוּיָא בְּעָלְמָא הוּא דְּמֵהַהִיא לֵיכָּא לְמֵידַק דְּתֶהֱוֵי פְּלוּגְתָּא דְּתַנָּאֵי אִי הֲלָכָה הוּא בְּנָזִיר אוֹ כְּדֵי לְחַנְּכוֹ אֲבָל מ"מ אֱמֶת הוּא דְּרַבִּי סָבַר דַּהֲלָכָה הוּא בְּנָזִיר כֵּיוָן דְּסָבַר דְּיֵשׁ שְׁחִיטָה לָעוֹף מִן הַתּוֹרָה א"נ קָסָבַר כְּדֵי לְחַנְּכוֹ וּמֵבִיא חַטַּאת הָעוֹף וְאֵינוֹ נֶאֱכָל מִידִי דַּהֲוָה אַחַטָּאת הָעוֹף הַבָּאָה עַל הַסָּפֵק:
C'est Rabbi, car il est enseigné, etc. — [la Guemara] aurait pu dire [que] c'est Bar Kappara, mais il lui plaît d'établir les michnayot ci-dessus selon Rabbi. Rabbenou Efraim a objecté : ici Rabbi tient que l'oiseau a un abattage de la Torah, alors que dans le chapitre 'Mi che-amar hareini nazir ve-chama haveiro ve-amar va-ani' (Nazir 29b), au sujet de la divergence de Rabbi et des Sages, il dit que de l'avis de tous [c'est] 'afin de l'éduquer aux commandements' ; et s'il en est ainsi, selon Rabbi le prêtre mangerait [de la] melika ! car là-bas aussi [la Guemara] objecte, pour celui qui dit 'afin de l'éduquer aux commandements', [que] le prêtre mangerait [de la] melika, et [elle] répond [que ce Tana] tient [que] l'oiseau n'a pas d'abattage de la Torah ; or pour Rabbi on ne peut répondre ainsi. S'il en est ainsi, on objectera [aussi] : 'et même s'il rend les simanim et mène et ramène, [c'est] charogne' pour Rabbi, qui exige l'abattage [avec un instrument] détaché, au premier chapitre (plus haut, Houlin 16a), de 'il prit le couteau' ; et de plus, celui qui dit 'on rend [les simanim]' tient que 'mener et ramener' dans la melika [est] invalide, car autrement la michna du premier chapitre (là, 19b) — où il se trouve valide par l'abattage — ne tiendrait pas, et alors [il] serait [un cas d']écrasement (dores). Et l'on peut dire que là-bas, dans Nazir, [ce] n'est qu'une réfutation passagère (dihuya be-alma), dont on ne peut rien déduire pour [dire] qu'il y a une divergence de Tannaim [sur la question de savoir] si [le sacrifice du nazir] est une halakha [obligatoire] ou [seulement] 'afin de l'éduquer' ; mais en tout cas il est vrai que Rabbi tient [que c'est] une halakha pour le nazir, puisqu'il tient [que] l'oiseau a un abattage de la Torah. Ou bien il tient [que c'est] 'afin de l'éduquer' et [qu']il apporte un sacrifice d'oiseau qui ne se mange pas, à l'instar du sacrifice d'oiseau apporté en cas de doute.
וְעַל רֹוב אֶחָד בָּעוֹף וְעַל רֹוב שְׁנַיִם בַּבְּהֵמָה י"מ דְּדָרֵישׁ בְּגֵימַטְרְיָא דְּכַאֲשֶׁר אָלֶ"ף אֶחָד בָּעוֹף שִׁי"ן שְׁנַיִם בַּבְּהֵמָה רֵי"שׁ רֻובּוֹ שֶׁל אֶחָד כָּמוֹהוּ רֹוב אֶחָד בָּעוֹף וְרֹוב שְׁנַיִם בַּבְּהֵמָה רָאשֵׁי תֵּיבוֹת לְמַפְרֵעַ שֶׁל כַּאֲשֶׁר הָוֵי רֻובּוֹ שֶׁל אֶחָד כָּמוֹהוּ:
Et sur la majorité d'un pour l'oiseau et sur la majorité de deux pour la bête — certains expliquent [qu']il le dérive par guematria : 'ka-acher' (comme) — alef : 'un' pour l'oiseau ; chin : 'deux' pour la bête ; resh : 'la majorité d'un comme lui (en valeur)' ; les premières lettres à rebours de 'ka-acher' donnent 'rouvo chel echad ka-mohou' (la majorité d'un [vaut] comme lui).
⚖️ Rosh (1)
גְּמָ' הַשּׁוֹחֵט דִּיעֲבַד אִין לְכִתְחִלָּה לָא עַד כַּמָּה לִשְׁחוֹט וְלֵיזַל. אִי בָּעֵית אֵימָא אַאֶחָד בְּעוֹף. וְאִי בָּעֵית אֵימָא אַרֻובּוֹ שֶׁל אֶחָד כָּמוֹהוּ. וּמִסְתַּבֵּר כֵּיוָן דְּאִיכָּא תְּרֵי שִׁינּוּיֵי עָבְדִינַן לְחוּמְרָא. דִּלְכַתְּחִלָּה צָרִיךְ לִשְׁחֹוט שְׁנֵי סִימָנִין אַף בְּעוֹף וְהָא דְּאָמְרִינַן לְקַמָּן גַּבֵּי הַהוּא דַּהֲוָה מִמַּסְמֵס קוֹעֵיהּ דְּמָא דְּקָאָמַר נִבְדָּקֶיהָ לַקָּנֶה וְלִישְׁחֲטֵיהּ. הָתָם כְּדִיעֲבַד דָּמֵי כֵּיוָן דְּאֵין לוֹ הֶיתֵּר אֶלָּא בִּשְׁחִיטַת סִימָן אֶחָד. וְרַב אִלְפָּס זַ"ל כָּתַב וְרֻובּוֹ שֶׁל אֶחָד כָּמוֹהוּ דַּווְקָא בְּדִיעֲבַד אֲבָל לְכַתְּחִלָּה מִיבְּעֵי לֵיהּ לְמִישְׁחֲטֵיהּ כּוּלֵּיהּ סִימָן. מַשְׁמַע דס"ל כְּלִישָּׁנָא בָּתְרָא לְקֻולָּא. מִשּׁוּם דְּהָנֵי תְּרֵי לִישָּׁנֵי פְּלִיגִי בִּמְדֻרְבָּנָן דְּמִדְּאוֹרַייְתָּא בְּסִימָן א' סַגִּי וְאָזְלִינַן לְקֻולָּא בְּשֶׁל סוֹפְרִים. תָּנֵי בַּר קַפָּרָא זֹאת תּוֹרַת הַבְּהֵמָה וְהָעוֹף וְכֹל נֶפֶשׁ הַחַיָּה הָרֹומֶשֶׂת בַּמָּיִם הִטִּילוּ הַכָּתוּב לְעוֹף בֵּין בְּהֵמָה לְדָגִים. לְחַיְּיבוֹ בִּשְׁנֵי סִימָנִים אִי אֶפְשָׁר שֶׁכְּבָר הֻוקַּשׁ לְדָגִים. לְפָטְרוֹ בְּלֹא כְּלוּם אִי אֶפְשָׁר שֶׁכְּבָר הֻוקַּשׁ לִבְהֵמָה הָא כֵּיצַד הֶכְשֵׁירוֹ בְּסִימָן אֶחָד. תַּנְיָא רַבִּי אוֹמֵר וְזָבַחְתָּ כַּאֲשֶׁר צִוִּיתִיךָ מְלַמֵּד שֶׁנִּצְטַוָּוה מֹשֶׁה עַל הַווֶּשֶׁט וְעַל הַקָּנֶה וְעַל רֹוב אֶחָד בָּעוֹף וְעַל רֹוב שְׁנַיִם בַּבְּהֵמָה:
Guemara. « Celui qui abat (ha-cho'het) » — cela implique : à posteriori (be-di'avad, une fois l'acte accompli), oui [c'est valide], mais à priori (le-khat'hila, dès le départ), non. Jusqu'à quel point [de section incomplète] peut-on continuer à abattre sans s'inquiéter ? Si tu veux, dis : au sujet de « l'un [des simanim = organes de la che'hita, oesophage/trachée] pour la volaille » [c'est-à-dire qu'à posteriori il suffit d'un seul organe]. Et si tu veux, dis : au sujet de « la majorité de l'un [des organes] est comme lui en entier ». Et il est logique, puisqu'il y a deux réponses [deux explications possibles], que nous agissions par rigueur (le-'houmra) : à savoir qu'à priori il faut abattre les deux simanim même pour la volaille. Et ce que nous disons plus loin au sujet de celui dont la gorge suintait de sang, où l'on dit « qu'on examine la trachée (kaneh) et qu'on l'abatte » — là, cela est considéré comme un cas à posteriori (di'avad), puisqu'il n'a de permission [de rendre l'animal kacher = apte à la consommation] que par la che'hita (abattage rituel) d'un seul siman. Et Rav Alfas (le Rif) — que sa mémoire soit une bénédiction — a écrit : « et la majorité de l'un [des organes] est comme lui en entier » — cela s'applique précisément à posteriori (be-di'avad), mais à priori il lui faut abattre le siman en entier. Cela implique qu'il tient conformément à la dernière version [de la sougya] par indulgence (le-'houla). Parce que ces deux versions divergent sur un point de rabbinique (mi-derabbanan) [c'est-à-dire d'ordre rabbinique], car selon la Torah (mi-de-orayta) un seul siman suffit, et nous suivons l'indulgence dans une matière relevant des Sages (soferim). Bar Kappara a enseigné : « Telle est la loi (torat) de la bête (behema), de l'oiseau ('of) et de tout être vivant qui se meut dans les eaux » — l'Écriture a placé l'oiseau entre la bête et les poissons. Le rendre passible [d'abattage] par deux simanim, c'est impossible, car il est déjà comparé aux poissons [qui ne requièrent aucune che'hita]. L'exempter sans rien, c'est impossible, car il est déjà comparé à la bête [qui requiert deux simanim]. Comment donc ? Son aptitude (hekhchero) se fait par un seul siman. Il a été enseigné : Rabbi dit : « et tu abattras (ve-zava'hta) comme je te l'ai ordonné » — cela enseigne que Moche — que la paix soit sur lui — reçut le commandement au sujet de l'oesophage (vechet) et de la trachée (kaneh), et au sujet de la majorité de l'un [des organes] pour la volaille, et de la majorité des deux [organes] pour la bête.
💡 Explication

Le Tana qui s'oppose à Rabbi Elazar HaKappar est Rabbi (Yehouda ha-Nassi). Du mot 'comme je te l'ai commandé' (Deut 12:21), il déduit que les règles de l'abattage furent transmises à Moché de vive voix (puisqu'elles ne sont pas écrites explicitement) : sur l'oesophage et la trachée, sur la majorité d'un siman pour l'oiseau, et la majorité de deux pour la bête — donc l'oiseau a bien un abattage toranique.

6
אֶחָד בָּעוֹף אִיתְּמַר: רַב נַחְמָן אָמַר: אוֹ ווֶשֶׁט אוֹ קָנֶה, רַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה אָמַר: וֵושֶׁט וְלֹא קָנֶה. רַב נַחְמָן אָמַר: אוֹ וֶושֶׁט אוֹ קָנֶה – ״אֶחָד״ קָתָנֵי, ״אֶחָד״ כָּל דְּהוּ. רַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה אָמַר: וֵושֶׁט וְלֹא קָנֶה – מַאי ״אֶחָד״? מְיֻוחָד.

['L'on abatte] un [siman] pour l'oiseau' — il a été énoncé : Rav Nahman dit : soit l'oesophage soit la trachée ; Rav Adda bar Ahava dit : l'oesophage et non la trachée. Rav Nahman dit : soit l'oesophage soit la trachée — '[c'est] un' qu'il enseigne, 'un' [signifiant] quel qu'il soit.

Rav Adda bar Ahava dit : l'oesophage et non la trachée — quel est [le sens de] 'un' ? Le distingué (meyouhad) [l'oesophage].

📜 Rachi (1)
ווֵשֶׁט מְיֻוחָד שֶׁבַּסִּימָנִים הוּא שְׁחִיּוֹת הַבְּהֵמָה תָּלוּי בּוֹ דְּהָא בְּנֶקֶב בְּמַשֶּׁהוּ מִיטַּרְפָא וְאִילּוּ קָנֶה עַד דְּמִיפְסַק רֻובָּא:
L'oesophage — [c'est lui] le distingué parmi les simanim, car la vie de la bête dépend de lui : en effet, [s']il est perforé d'un rien il devient tereifa, alors que la trachée [ne l'est que] lorsque sa majorité est coupée.
⚖️ Rosh (1)
הַשּׁוֹחֵט אֶחָד בָּעוֹף. אִיתְּמַר רַב נַחְמָן אָמַר. אוֹ ווֶשֶׁט אוֹ קָנֶה. אֶחָד תְּנַן אוֹ הַאי אוֹ הַאי. וְרַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה אָמַר וֶושֶׁט וְלֹא קָנֶה מַאי אֶחָד מְיֻוחָד וְהִלְכְתָא כְּרַב נַחְמָן דְּאָמַר וֵושֶׁט אוֹ קָנֶה דְּהָהוּא בַּר אֲווָזָא דַּהֲוָה בֵּי רָבָא דְּנִפְקוֹאָתָא כִּי מְמַסְמַס קוֹעֵיהּ דְּמָא. אָמַר רָבָא הֵיכִי נַעֲבֵיד נִישְׁחֲטֵיהּ וַהֲדַר נִיבְדְּקֵיהּ דִּילְמָא בִּמְקוֹם נֶקֶב קָא שָׁחֵיט. נִיבְדְּקֵיהּ וַהֲדַר נִשְׁחֲטֵיהּ הָאָמַר רַבָּה ווֶשֶׁט אֵין לוֹ בְּדִיקָה מִבַּחוּץ אֶלָּא מִבִּפְנִים. אֲמַר לֵיהּ רַב יוֹסֵף בְּרֵיהּ נִיבְדְּקֵיהּ לְקָנֶה וְנִשְׁחֲטֵיהּ וַהֲדַר נֶהְפָּכֶיהָ לְוֵושֶׁט וְלִיבְדְּקֵיהּ. פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י דְּהַךְ בְּדִיקָה הֲוַאי לֵידַע אִם נִקַּב הַווֶּשֶׁט אוֹ נִפְסַק הַקָּנֶה. אֲבָל מִשּׁוּם סְפֵק דְּרוּסָה לָא הֲוָה צָרִיךְ לְמִיבְדָּקֶיהָ דְּתָלֵינַן בְּכַלְבָּא אוֹ בְּקַנְיָא כִּדְאָמַר בְּפֶרֶק אֵלּוּ טְרֵיפוֹת (חֻולִּין דַּף נג.) סְפֵק כַּלְבָּא סְפֵק שׁוּנָרָא אֵימַר כַּלְבָּא. וא"ת הָא דְּאָמְרִינַן הָתָם הָהוּא בַּר אֲווָזָא דַּהֲוָה בֵּי רַב אָשֵׁי אֲזַל לְבֵי קָנֵי אֲתָא כִּי מְמַסְמַס קוֹעֵיהּ דְּמָא אָמַר רַב אָשֵׁי לָא אֲמַרְתְּ סְפֵק כַּלְבָּא סְפֵק שׁוּנָרָא אֵימוֹר כַּלְבָּא ה"נ סְפֵק דְּרוּסָה סָפֵק קַנְיָא אֵימוֹר קַנְיָא מַחְיֵיהּ. וְהַשְׁתָּא מַאי נ"מ בְּמַה שֶׁאָנוּ תּוֹלִין בְּקַנְיָא וַהֲלֹא בֵּין כָּךְ וּבֵין כָּךְ בָּעֵי בְּדִיקָה וְי"ל דְּנָפְקָא מִינָּהּ דְּלָא בָּעֵי בְּדִיקָה אֶלָּא הֵיכָא דְּמִמַּסְמֵס דְּמָא. וְאִי הֲוָה תָּלֵינַן בְּשֻׁונָּרָא הֲוָה צָרִיךְ בְּדִיקָה כְּנֶגֶד כָּל הֶחָלָל אע"ג דְּלֵיכָּא רֵיעוּתָא אֶלָּא בְּסִימָנִין. א"נ לְעִנְיַן סְפֵק דְּרוּסָה אֲפִילּוּ הֶאֱדִימָה גַּרְגֶּרֶת מַשֶּׁהוּ טְרֵיפָה דְּזִיהֲרָא מִיקְלָא קָלִי. וְרִיבָ"א פֵּירֵשׁ הֵיכָא דְּתָלֵינַן בְּקַנְיָא אוֹ בְּכַלְבָּא לָא בָּעֵינַן בְּדִיקָה כְּלָל דְּלָא חָיְישִׁינַן לִנְקִיבָה וּבִשְׁמַעְתִּין אַייְרֵי בִּסְפֵק דְּרוּסָה כְּגוֹן שֶׁרָאוּ חָתוּל רוֹדֵף אַחֲרָיו. וְהַשְׁתָּא נִיחָא דְּקָאָמַר עֲלָהּ וֶושֶׁט אֵין לוֹ בְּדִיקָה מִבַּחוּץ אֶלָּא מִבִּפְנִים מִשּׁוּם דְּיֵשׁ לְוֵושֶׁט שְׁנֵי עוֹרוֹת חִיצוֹן אָדֹום וּפְנִימִי לָבָן וְאֵין אַדְמוּמִית הַדְּרִיסָה נִיכָּר בְּאָדֹום. אֲבָל אִם נִיקַּב נִיכָּר בַּחִיצוֹן כְּמוֹ בַּלָּבָן. וְכֵן מַשְׁמַע בְּאֵלּוּ טְרֵיפוֹת דַּף מג דְּאָמַר רָבָא רַבָּה ווֶשֶׁט אֵין לוֹ בְּדִיקָה מִבַּחוּץ אֶלָּא מִבִּפְנִים לְמַאי נָפְקָא מִינַּהּ לִסְפֵק דְּרוּסָה וְלָא קָאָמַר לִסְפֵק נְקוּבָה: רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר עַד שֶׁיִּשְׁחֹוט אֶת הַווְּרִידִין. אָמַר רַב חִסְדָּא לֹא אָמַר רַבִּי יְהוּדָה אֶלָּא בְּעוֹף הוֹאִיל וְצוֹלֵיהוּ כֻּולּוֹ כְּאֶחָד. וְאִם לֹא שָׁחַט הַווְּרִידִין הָיָה דָּם נִשְׁאַר בְּתוֹכָן וּמֵחֲמַת רִיבּוּי הַדָּם שֶׁבְּתוֹכָן אֵין הָאוּר מַסְפִּיק לְשׁוֹאֲבוֹ וּלְהוֹצִיאוֹ כֻּולּוֹ. וְלָא הָוֵי כְּדַם הָאֵיבָרִים שֶׁלֹּא פֵּירֵשׁ. לְפִי שֶׁבְּעֵת הַשְּׁחִיטָה הַדָּם מְקַלֵּחַ וּמְזַנֵּק דֶּרֶךְ מְקוֹם הַשְּׁחִיטָה וְנֶעֱקַר וְנִזְדַּעְזַע מִמְּקוֹמוֹ כָּל דַּם הַנֶּפֶשׁ לָצֵאת. וּכְשֶׁלֹּא נֶחְתְּכוּ הַוְּורִידִין נִשְׁאַר הַדָּם בָּהֶם וְגַם מִתְפַּשֵּׁט לַבָּשָׂר שֶׁסְּבִיב הַווְּרִידִין וְאֵינוֹ יוֹצֵא לֹא ע"י מְלִיחָה וְלֹא ע"י צָלִי כָּל זְמַן שֶׁהָעוֹף שָׁלֵם. אֲבָל ע"י חֲתִיכָה וּמְלִיחָה יוֹצֵא הַדָּם. וְאַפֵּי' לִקְדֵירָה שַׁפִּיר דָּמֵי. דִּכְוָותֵיהּ אָמְרִינַן לְקַמָּן (חֻולִּין דַּף לג:) הָרוֹצֶה לֶאֱכֹול מִן הַבְּהֵמָה קֹודֶם שֶׁתֵּצֵא נַפְשָׁהּ חוֹתֵךְ כְּזַיִת בָּשָׂר מִבֵּית הַשְּׁחִיטָה וּמוֹלְחוֹ יָפֶה יָפֶה וּמְדִיחוֹ יָפֶה יָפֶה. וַאֲפִילּוּ לֶאֱכֹול מִמֶּנּוּ בְּאֻומְצָא צָרִיךְ מְלִיחָה לְפִי שֶׁהַדָּם נִבְהָל לָצֵאת וְלֹא יָצָא וַהֲוָה לֵיהּ כְּדַם הָאֵיבָרִים שֶׁפֵּירֵשׁ וְעַל יְדֵי מְלִיחָה יוֹצֵא וְרַבֵּינוּ אֶפְרַיִם זַ"ל כָּתַב שָׁמְעִינַן מִיהָא דְּלָא שָׁרוּ רַבָּנָן לְמִיעְבְּדֵיהּ לָעוֹף כֻּולּוֹ בְּלֹא נִתּוּחַ אֶלָּא צָלִי כִּדְאָמְרִינַן הוֹאִיל וְצוֹלֵיהוּ כֻּולּוֹ כְּאֶחָד אֲבָל לְבַשֵּׁל בָּעֵי נִיתּוּחַ וְאַעְדּוֹיֵי מִזְּרִיקִי דִּדְמָא. א"נ לְחַתְכִינְהוּ שַׁפִּיר. וְשָׁמְעִינַן מִינָּהּ דְּכִי לָא בָּעֲיָא בִּבְהֵמָה חֲתִיכַת ווְרִידִין מִשּׁוּם דִּמְנַתֵּחַ לֵיהּ אֵבֶר אֵבֶר ה"מ לְצָלִי. אֲבָל לְבַשֵּׁל לָא סַגִּי עַד דְּמִנֶּקֶב לְהוּ לַוְּורִידִין בִּשְׁעַת שְׁחִיטָה וְכֵן הִילְכְתָא. אע"ג דְּרַבָּנָן פְּלִיגִי עֲלֵיהּ דְּרַבִּי יְהוּדָה בִּווְרִידִין. כֵּיוָן דְּמַשְׁכַּחַת לֵיהּ בְּרָכוֹת דַּף ח: לְרִיבָּ"ל דַּאֲמַר לֵיהּ לִבְרֵיהּ הִזָּהֲרוּ בַּווְּרִידִין כְּר' יְהוּדָה שָׁמְעִינַן מִינָּהּ דִּכְרַבִּי יְהוּדָה ס"ל וְאִיסּוּרָא דְּאוֹרָייְתָא הוּא. וְאֵין דְּבָרָיו מְחֻווָּרִין דא"כ גַּם בִּבְהֵמָה צָרִיךְ שְׁחִיטַת ווְרִידִין אֶלָּא וַדַּאי לֹא מַצְרִיךְ ר' יְהוּדָה שְׁחִיטַת וְורִידִין אֶלָּא בְּעוֹף אֲפִילּוּ אִם רוֹצֶה לְחָותְכוֹ אֵבֶר אֵבֶר וּלְבַשְּׁלוֹ הוֹאִיל וְדֶרֶךְ לִצְלוֹתוֹ כֻּולּוֹ כְּאַחַת אֲבָל בִּבְהֵמָה שֶׁאֵין דֶּרֶךְ לִצְלוֹתָהּ כְּאַחַת לָא בָּעֵי חֲתִיכַת וְורִידִין כְּלָל אֲבָל גְּדָיִים וּטְלָאִים אִם צוֹלֶה אוֹתָן שְׁלֵימִים צָרִיךְ שְׁחִיטַת ווְרִידִין. וְאִם לֹא שְׁחָטָן וְלֹא חָתַךְ הַווְּרִידִין וְהַבָּשָׂר הַסָּמוּךְ לָהֶם וּצְלַאן שְׁלֵימִים אֲסוּרִין. מִיהוּ בִּכְדֵי נְטִילַת מָקוֹם סָבִיב הַוְּורִידִין שָׁרִי שֶׁאֵין הַדָּם מְפַעְפֵּעַ בְּכֻולָּהּ. וּמַה שֶׁכָּתַב דְּבָעֵינַן אַעְדּוֹיֵי מִזְּרִיקִי לְבַשֵּׁל אוֹ לְחַתְכִינְהוּ לֵיתָא. דְּלָא אַשְׁכְּחַן חוּטֵי דַּאֲסִירִי מִשּׁוּם דְּמָא וּצְרִיכִי חֲתִיכָה אֶלָּא דִּידָא וּדְלוֹעָא לְקַמָּן בְּפֶרֶק גִּיד הַנָּשֶׁה (חֻולִּין דַּף צג.) אֲבָל גִּידֵי צַוַּאר בְּהֵמָה דִּמְנַתַּח לֵיהּ אֵבֶר אֵבֶר לָא בָּעֵי מִידֵּי טְפֵי מִשְּׁאָר בָּשָׂר. אֶלָּא דַּוְקָא בְּנִצְלָה הָעוֹף כֻּולּוֹ כְּאֶחָד צָרִיךְ שְׁחִיטַת ווְרִידִין אוֹ לְנִקְבָּן בִּשְׁעַת שֶׁהַבָּשָׂר חַם אוֹ שֶׁיֵּחָתְכוּ הַבָּשָׂר שֶׁסְּבִיבוֹתֵיהֶן. תַּנְיָא כְּוָותֵיהּ דְּרַב חִסְדָּא שָׁחַט שְׁנֵי חֲצָאֵי סִימָנִים בְּעוֹף פְּסוּלָה וְאֵין צ"ל בִּבְהֵמָה. ר' יְהוּדָה אוֹמֵר בְּעוֹף עַד שֶׁיִּשְׁחֹוט אֶת הַווֶּשֶׁט וּשְׁנֵי וְורִידִין:
« Celui qui abat l'un [des organes] pour la volaille ». Il a été dit : Rav Na'hman dit : ou l'oesophage (vechet) ou la trachée (kaneh) [l'un des deux suffit]. « L'un » (é'had), avons-nous enseigne [dans la Michna] : soit celui-ci soit celui-là. Et Rav Adda bar Ahava dit : l'oesophage et non la trachée ; que signifie donc « é'had » ? Le [organe] spécifique/désigné (meyou'had). Et la halakha (la loi tranchée) est comme Rav Na'hman qui a dit : l'oesophage ou la trachée. Car il y eut cette oie qui se trouvait chez Rava de Nifko'ata, dont la gorge (koaè) suintait de sang. Rava dit : comment ferons-nous ? Si nous l'abattons puis l'examinons — peut-être abat-il à l'endroit d'une perforation [préexistante, ce qui invaliderait l'examen]. Si nous l'examinons puis l'abattons — mais Rabba a dit : l'oesophage n'a pas d'examen depuis l'extérieur, seulement depuis l'intérieur [la lésion n'étant visible que sur la paroi interne]. Rav Yossef son fils lui dit : qu'on examine la trachée et qu'on l'abatte, puis qu'on retourne l'oesophage [pour voir sa face interne] et qu'on l'examine. Rachi a expliqué : cet examen avait pour but de savoir si l'oesophage était perforé (nikkav) ou la trachée sectionnée (nifsak). Mais en raison d'un doute de derousa (blessure par un prédateur), il n'aurait pas eu besoin de l'examiner, car nous imputons [la cause] à un chien ou à une branche (kanya), comme il est dit au chapitre « Elou Terefot » (Houlin 53a) : doute chien / doute chat — dis : chien [par indulgence]. Et si tu objectes : ce que nous disons là-bas [à propos de] cette oie qui se trouvait chez Rav Achi, qui alla parmi les roseaux et revint la gorge suintant de sang, [et où] Rav Achi dit : n'as-tu pas dit « doute chien / doute chat, dis : chien » ? De même ici : doute derousa / doute branche, dis : c'est une branche qui l'a frappée. Or maintenant, quelle est la différence pratique (nafka mina) dans le fait que nous imputions à une branche, puisque de toute façon il faut un examen (bedika) ? On peut répondre : la différence en découle, car on n'exige un examen que là où il y a suintement de sang. Et si nous avions imputé à un chat, il aurait fallu un examen le long de toute la cavité, bien qu'il n'y ait pas d'anomalie (reaouta) [visible] sinon aux simanim. Ou encore : quant au doute derousa, même si la trachée (gargeret) a rougi tant soit peu, [la bête est] terefa (impropre par lésion mortelle), car le venin brûle. Et Riva a expliqué : là où nous imputons à une branche ou à un chien, nous n'exigeons aucun examen, car nous ne craignons pas de perforation ; et dans notre sougya il s'agit d'un doute derousa, par exemple lorsqu'on a vu un chat le poursuivre. Et maintenant cela se comprend bien, car on dit à ce sujet : « l'oesophage n'a pas d'examen depuis l'extérieur, seulement depuis l'intérieur », parce que l'oesophage a deux membranes — l'externe rouge et l'interne blanche — et la rougeur de la derousa n'est pas perceptible sur [la membrane] rouge, tandis que s'il est perforé cela est perceptible sur l'externe comme sur la blanche. Et de même il ressort à « Elou Terefot » folio 43, où Rava dit : Rabba [enseigna] : l'oesophage n'a pas d'examen depuis l'extérieur, seulement depuis l'intérieur — pour quelle différence pratique ? Pour un doute derousa ; et il n'a pas dit « pour un doute de perforation ». « Rabbi Yehouda dit : jusqu'à ce qu'on abatte aussi les veines (veridin) ». Rav 'Hisda dit : Rabbi Yehouda n'a parlé que de la volaille, puisqu'on la rôtit tout entière d'un seul tenant, et que si l'on n'abat pas les veines, le sang y demeurerait, et à cause de l'abondance du sang qu'elles contiennent le feu ne suffit pas à l'aspirer et à le faire sortir entièrement. Et ce [sang] n'est pas comme le sang des membres qui ne s'est pas détaché [du corps, lequel est permis], car au moment de la che'hita le sang jaillit et gicle par l'endroit de l'abattage, et tout le sang de la vie (dam ha-nefech) est arraché et ébranlé de sa place pour sortir. Et lorsque les veines ne sont pas tranchées, le sang y demeure et se répand aussi dans la chair qui entoure les veines, et il ne sort ni par le salage (méli'ha) ni par le rôtissage (tsli) tant que l'oiseau est entier. Mais par découpage et salage, le sang sort, et même pour [cuire dans] une marmite c'est tout à fait bien. De façon semblable nous disons plus loin (Houlin 33b) : celui qui veut manger de la bête avant que son âme soit sortie coupe un morceau de la taille d'une olive (ke-zayit) de chair à l'endroit de l'abattage, le sale très bien et le rince très bien ; et même pour en manger cru (oumtsa) il faut le salage, parce que le sang était pressé de sortir et n'est pas sorti, et il est [alors] comme le sang des membres qui s'est détaché, lequel sort par le salage. Et Rabbeinou Efraim — que sa mémoire soit une bénédiction — a écrit : nous apprenons du moins que les Sages n'ont permis de traiter l'oiseau tout entier sans découpage (nitou'ha) qu'[en le] rôtissant, comme nous disons « puisqu'on le rôtit tout entier d'un seul tenant » ; mais pour [le] cuire, il faut le découpage et l'élimination des [conduits] qui projettent le sang. Ou encore : les découper convenablement. Et nous en apprenons que si l'on n'exige pas pour la bête le découpage des veines parce qu'on la sectionne membre par membre — cela vaut pour le rôtissage ; mais pour [la] cuire cela ne suffit pas, jusqu'à ce qu'on perfore les veines au moment de la che'hita ; et telle est la halakha. Bien que les Sages divergent de Rabbi Yehouda sur les veines, puisqu'on trouve à Berakhot folio 8b [au sujet de] Rabbi Yehochoua ben Levi qui dit à son fils « prenez garde aux veines », conformément à Rabbi Yehouda, nous en apprenons qu'il tient comme Rabbi Yehouda, et que c'est un interdit d'ordre toranique (issoura de-orayta). Mais ses paroles ne sont pas limpides, car s'il en était ainsi, même pour la bête il faudrait la che'hita des veines ; mais assurément Rabbi Yehouda n'exige la che'hita des veines que pour la volaille, même si l'on veut la couper membre par membre et la cuire, puisque l'usage est de la rôtir tout entière d'un coup ; mais pour la bête, dont l'usage n'est pas de la rôtir d'un coup, il n'exige aucun découpage de veines. En revanche les chevreaux et les agneaux, si on les rôtit entiers, il faut la che'hita des veines ; et si on ne les a pas abattues [les veines] ni coupé les veines et la chair qui leur est adjacente, et qu'on les a rôtis entiers, ils sont interdits. Toutefois, en retirant l'espace [nécessaire] autour des veines, c'est permis, car le sang ne diffuse pas dans la totalité. Et ce qu'il a écrit — qu'il faut éliminer les [conduits] qui projettent [le sang] pour cuire ou les découper — cela n'est pas [exact], car nous ne trouvons pas de filaments (vaisseaux) interdits à cause du sang et qui requièrent un découpage, sinon ceux de la main (l'avant-bras) et de la gorge (loaa), plus loin au chapitre « Guid ha-Naché » (Houlin 93a). Mais les tendons/vaisseaux du cou de la bête, qu'on sectionne membre par membre, ne requièrent rien de plus que le reste de la chair. Mais uniquement lorsque l'oiseau est rôti tout entier d'un seul tenant, il faut la che'hita des veines, ou les perforer pendant que la chair est chaude, ou que l'on découpe la chair qui les entoure. Il a été enseigné conformément à Rav 'Hisda : s'il a abattu deux moitiés de simanim pour la volaille, [elle est] passoul (invalide) ; et il n'est pas besoin de le dire pour la bête. Rabbi Yehouda dit : pour la volaille, jusqu'à ce qu'on abatte l'oesophage et les deux veines.
💡 Explication

Le cœur du daf (voir le schéma). La michna dit que, pour l'oiseau, couper un siman suffit. Mais lequel ? Rav Nahman : l'oesophage OU la trachée — 'un' veut dire un quelconque. Rav Adda bar Ahava : l'oesophage et non la trachée — 'un' veut dire le distingué (meyouhad), c'est-à-dire l'oesophage, car la vie de la bête dépend de lui (une simple perforation le rend tereifa).

7
(סִימָן: שָׁחַט, חֲצָאִין, גַּרְגֶּרֶת, פְּגִימָה, דְּחַטַּאת הָעוֹף.)

(Signe [mnémotechnique] : 'à égorgé', 'moitiés', 'trachée', 'défaut', 'du sacrifice d'oiseau'.)

💡 Explication

Signe mnémotechnique (siman) annonçant les cinq preuves à venir : 'à égorgé' (segment 7), 'moitiés' (segment 9), 'trachée' (segment 10), 'défaut' (segment 11), 'du sacrifice d'oiseau' (segment 12).

8
מֵיתִיבִי: שָׁחַט אֶת הַווֶּשֶׁט וְאַחַר כָּךְ נִשְׁמְטָה הַגַּרְגֶּרֶת – כְּשֵׁרָה, נִשְׁמְטָה הַגַּרְגֶּרֶת וְאַחַר כָּךְ שָׁחַט אֶת הַוֶּושֶׁט – פְּסוּלָה, שָׁחַט אֶת הַווֶּשֶׁט וְנִמְצֵאת גַּרְגֶּרֶת שְׁמוּטָה וְאֵינוֹ יוֹדֵעַ אִם קֹודֶם שְׁחִיטָה נִשְׁמְטָה אִם לְאַחַר שְׁחִיטָה נִשְׁמְטָה – זֶה הָיָה מַעֲשֶׂה, וְאָמְרוּ: כָּל סָפֵק בַּשְּׁחִיטָה – פְּסוּלָה, וְאִילּוּ שְׁחִיטָה בְּגַרְגֶּרֶת לָא קָתָנֵי.

On objecte : [si] l'on a égorgé l'oesophage puis [que] la trachée s'est déplacée (nichmeta) — valide ; [si] la trachée s'est déplacée puis [qu']il a égorgé l'oesophage — invalide ; [si] l'on a égorgé l'oesophage et [que] la trachée s'est trouvée déplacée, et [qu']il ne sait pas si elle s'est déplacée avant l'abattage ou après l'abattage — [tel] fut un fait, et ils dirent : tout doute dans l'abattage [rend] invalide. Or l'abattage par la trachée n'est [justement] pas enseigné !

📜 Rachi (2)
שָׁחַט אֶת הַוֶּושֶׁט בְּעוֹף:
[Si] l'on a égorgé l'oesophage — d'un oiseau.
וְאִילּוּ שְׁחִיטָה בְּגַרְגֶּרֶת לָא קָתָנֵי דְּנֵימָא שָׁחַט גַּרְגֶּרֶת וְאַחַ"כּ נִשְׁמַט הַוֶּושֶׁט כְּשֵׁרָה אַלְמָא לָא מִיתַּכְשְׁרָא בַּקָּנֶה לְחוּדֵיהּ:
Or l'abattage par la trachée n'est pas enseigné — [à savoir] que l'on dirait : [s']il a égorgé la trachée puis [que] l'oesophage s'est déplacé, [c'est] valide ; preuve qu'elle ne se rend pas valide par la trachée seule.
⚖️ Rosh (2)
גְּמ' תָּנֵי רָמֵי בַּר יְחֶזְקֵאל אֵין עִיקּוּר סִימָנִין לָעוֹף אָמַר רָבִינָא אֲמַר לִי רָבָא בַּר קִיסִי הָא דְּתָנֵי רָמֵי בַּר יְחֶזְקֵאל אֵין עִיקּוּר סִימָנִין לָעוֹף לָא אֲמַרַן אֶלָּא בִּמְלִיקָה אֲבָל בִּשְׁחִיטָה יֵשׁ עִיקּוּר וְקַייְמָא לָן כְּרָבִינָא וּכְהַהִיא בָּרַיְיתָא לְקַמָּן (חֻולִּין דַּף כֹּח.) שָׁחַט אֶת הַוֶּשֶׁט וְנִמְצֵא הַגַּרְגֶּרֶת שְׁמוּטָה דְּאַיְירֵי בְּעוֹף: אָמַר זְעֵירִי נִשְׁבְּרָה מַפְרֶקֶת וְרֹוב בָּשָׂר עִמָּהּ נְבֵלָה א"ר יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל נִשְׁבְּרָה מַפְרֶקֶת וְרֹוב בָּשָׂר עִמָּהּ מְטַמֵּא בְּאֹהֶל וא"ת מַעֲשֶׂה דְּעֵלִי דְּמַפְרֶקֶת בְּלֹא רֹוב בָּשָׂר הֲוַאי. זְקֵנָה שָׁאנֵי דִּכְתִיב כִּי זָקֵן הָאִישׁ וְכָבֵד וְגוֹ' א"ר שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי א"ר יוֹנָה קְרָעוֹ כַּדָּג מְטַמֵּא בְּאֹהֶל וְאָמַר רַב שְׁמוּאֵל בַּר רַב יִצְחָק וּמִגַּבּוֹ. אָמַר חִזְקִיָּה עֲשָׂאָהּ גִּיסְטְרָא נְבֵלָה. א"ר אֶלְעָזָר נִיטַּל יָרֵךְ וְחָלָל שֶׁלָּהּ נְבֵילָה. הֵיכִי דָּמֵי חָלָל שֶׁלָּהּ. אָמַר רָבָא כֹּל שֶׁרְבוּצָה וְנִרְאֵית חֲסֵירָה :
Guemara. Rami bar Yé'hezkel a enseigné : il n'y a pas d'« arrachement des simanim » (ikkour simanim, déracinement des organes) pour la volaille [c'est-à-dire que le déracinement de la trachée n'invalide pas la volaille de la même manière]. Ravina dit : Rava bar Kissi m'a dit : ce qu'a enseigné Rami bar Yé'hezkel — « il n'y a pas d'arrachement des simanim pour la volaille » — nous ne l'avons dit que pour la melika (décollement de la nuque à l'ongle, mode d'abattage des oiseaux offerts), mais pour la che'hita il y a un arrachement [invalidant]. Et nous établissons [la loi] comme Ravina et comme cette baraita plus loin (Houlin 28a) : « il a abattu l'oesophage et l'on a trouvé la trachée déboîtée (chemouta) » — laquelle traite de la volaille. Zeaïri dit : si la nuque (mafreket) s'est brisée avec la majorité de la chair avec elle, [c'est une] nevela (charogne, bête morte sans che'hita valide). Rav Yehouda dit au nom de Chmouel : si la nuque s'est brisée avec la majorité de la chair avec elle, [cela] rend impur sous une tente (ohel) [comme un cadavre]. Et si tu objectes : l'épisode de Aéli [I Samuel 4], où la nuque [se brisa] sans la majorité de la chair [et pourtant il mourut] — [réponse :] un vieillard est différent, car il est écrit « car l'homme était vieux et lourd, etc. ». Rav Chmouel bar Na'hmani dit au nom de Rav Yona : s'il l'a fendu comme un poisson [dans le sens de la longueur], cela rend impur sous une tente. Et Rav Chmouel bar Rav Yits'hak dit : et [aussi] par son dos. 'Hizkiya dit : s'il en a fait un « gistra » (deux fragments coupés), [c'est une] nevela. Rabbi Élaazar dit : si la cuisse (yarekh) et sa cavité ('halal) ont été enlevées, [c'est une] nevela. Quel est le cas de « sa cavité » ? Rava dit : tout [cas] où [la bête] est couchée et paraît manquante [creuse].
גְּמ' לְעֵיל (חֻולִּין דַּף כֹּח.) ת"ר שָׁחַט אֶת הַווֶּשֶׁט וְאַחַר כָּךְ נִשְׁמְטָה הַגַּרְגֶּרֶת כְּשֵׁירָה. נִשְׁמְטָה הַגַּרְגֶּרֶת וְאַחַר כָּךְ שָׁחַט אֶת הַוֶּושֶׁט פְּסוּלָה. שָׁחַט אֶת הַווֶּשֶׁט וְנִמְצֵא הַגַּרְגֶּרֶת שְׁמוּטָה וְאֵינוֹ יוֹדֵעַ אִם קֹודֶם שְׁחִיטָה נִשְׁמְטָה וְאִם לְאַחַר שְׁחִיטָה נִשְׁמְטָה זֶה הָיָה מַעֲשֶׂה וְאָמַר כָּל סָפֵק בִּשְׁחִיטָה פְּסוּלָה. לְקַמָּן (חֻולִּין דַּף נד.) אָמַר רַב שְׁמוּטָה וּשְׁחוּטָה כְּשֵׁירָה שֶׁאִי אֶפְשָׁר לִשְׁמוּעָה שֶׁתֵּיעָשֶׂה שְׁחוּטָה. רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר יָבִיא וְיַקִּיף פֵּירוּשׁ יָבִיא הַקָּנֶה הַשָּׁמוּט וְיִשְׁחֹוט וְיַחְתֹּוךְ בּוֹ חֲתָךְ אִם דּוֹמִין שְׁנֵי הֶחָתְכִין טְרֵיפָה וְאִם הָרִאשׁוֹן יוֹתֵר מַאְדִּים אָז הָיָה קֹודֶם הַשְּׁמִטָּה וּכְשֵׁרָה. אֲבָל כְּשֶׁשָּׁחַט אֶת הַווֶּשֶׁט וְנִמְצֵאת הַגַּרְגֶּרֶת שְׁמוּטָה אֵין מוֹעִיל הַקָּפָה שֶׁיַּחְתֹּוךְ הַווֶּשֶׁט. דְּמִמַּה נַפְשָׁךְ לֹא יְדַמּוּ הַחֲתָכִים זֶה לָזֶה אֲפִילּוּ נִשְׁמְטָה קֹודֶם שְׁחִיטָה. לְפִי שֶׁבַּחֲתָךְ הָרִאשׁוֹן עֲדַיִין הָיָה חַיּוּת בַּווֶּשֶׁט וְעַתָּה אֵין בּוֹ חַיּוּת כְּלָל. אֲבָל שְׁמוּטָה וּשְׁחוּטָה הַכֹּל בְּסִימָן אֶחָד הוּא. וְקָשֶׁה לְפֵירוּשׁ הֲלָכוֹת גְּדוֹלוֹת לְעֵיל פ"א סִי י"ג שֶׁפֵּירֵשׁ דִּשְׁמוּטָה לָאו טְרֵיפָה הִיא וא"כ חֲשִׁיב הַסִּימָן כְּחַי וַאֲפִילּוּ נִשְׁמְטָה קֹודֶם שְׁחִיטָה יַאְדִּים חֲתָךְ שֶׁל קֹודֶם שְׁחִיטָה יוֹתֵר מְחַתֵּךְ שֶׁל אַחַר שְׁחִיטָה. וּבְרוֹב סְפָרִים כָּתוּב יָבִיא בְּהֵמָה אַחֶרֶת וְיַקִּיף וְכָךְ הִיא גִּירְסַת הַגְּאוֹנִים. וּלְשׁוֹן יָבִיא מוֹרֶה עַל גִּירְסָא זוֹ. וְהַשְׁתָּא נִיחָא דִּלְכָךְ בָּעֵי בְּהֵמָה אַחֶרֶת לְפִי שֶׁאֵין יָכוֹל לְהַקִּיף בְּאוֹתָהּ בְּהֵמָה. וְאִם תֹּאמַר מַה מוֹעִיל הֶיקֵּף בְּהֵמָה אַחֶרֶת הָא אָמְרִינַן לְקַמָּן בְּפֶרֶק אֵלּוּ טְרֵפוֹת (חֻולִּין דַּף נ.) דְּאֵין מַקִּיפִין אַפֵּי' מֵחֻולְיָא לְבַר חֻולְיָא וכ"ש מִבְּהֵמָה אַחֶרֶת. וְכִי תֵּימָא מֵחֻולְיָא לְחֻולְיָא בִּבְהֵמָה אַחֶרֶת עָדִיף מֵהַקָּפַת חֻולְיָא לְבַר חֻולְיָא בְּאוֹתָהּ בְּהֵמָה. מ"מ קָשֶׁה גַּבֵּי שָׁחַט אֶת הַווֶּשֶׁט וְנִמְצֵאת הַגַּרְגֶּרֶת שְׁמוּטָה יָבִיא עוֹף אַחֵר וְיַקִּיף. אֶלָּא וַדַּאי מוּכָח הָתָם דְּאֵין הַקָּפָה מִבְּהֵמָה לִבְהֵמָה. וי"ל דְּגַם רַבִּי יוֹחָנָן מוֹדֶה דִּבְרֹוב פְּעָמִים אִי אֶפְשָׁר לַשְּׁמוּטָה שֶׁתֵּיעָשֶׂה שְׁחוּטָה כֵּיוָן שֶׁלֹּא תָּפַשׂ בַּסִּימָנִין וּמִן הַדִּין הָיָה לְהַתִּיר בְּלֹא הַקָּפָה אֶלָּא דְּר' יוֹחָנָן מַחְמִיר לְהַקִּיף בִּבְהֵמָה אַחֶרֶת וְיַעַקְרֶנָּה לְאַחַר שְׁחִיטָה אִם הַשְּׁנִיָּיה אֲדֻומָּה יוֹתֵר פְּסוּלָה דְּרַגְלַיִם לַדָּבָר דְּקֹודֶם שְׁחִיטָה נִשְׁמְטָה אֲבָל לְהָקֵל אֵין מַקִּיפִין מִבְּהֵמָה לִבְהֵמָה רַב נַחְמָן אָמַר לָא אֲמַרַן אֶלָּא שֶׁלֹּא תָּפַשׂ בַּסִּימָנִין וְשָׁחַט. אֲבָל תָּפַשׂ בַּסִּימָנִין וְשָׁחַט אֶפְשָׁר לַשְּׁמוּטָה שֶׁתֵּיעָשֶׂה שְׁחוּטָה. מַשְׁמַע דְּרַב נַחְמָן פְּלִיג אַדְּרַבִּי יוֹחָנָן וְסָבַר דְּהַקָּפָה אֵינָהּ מוֹצִיאָה מִידֵי סָפֵק אֶלָּא בְּשֶׁלֹּא תָּפַשׂ בַּסִּימָנִין אָז בָּדְקִינַן בְּהַקָּפָה כְּדֵי לֶאֱסֹור אֲבָל אִם תָּפַשׂ בַּסִּימָנִין אֶפְשָׁר לִשְׁמוּטָה שֶׁתִּישָּׁחֵט וְלָא סָמְכִינַן אַבְּדִיקַת הַקָּפָה. וּמַשְׁמַע מִתּוֹךְ דִּבְרֵי רַב אִלְפָּס זַ"ל שֶׁפּוֹסֵק הֲלָכָה כְּרַב נַחְמָן לְחוּמְרָא. וְיֵשׁ סְפָרִים דְּגָרְסִי אָמַר רַב נַחְמָן. וְלֹא בָּא רַב נַחְמָן לַחֲלֹוק אֶלָּא לְפָרֵשׁ דִּבְרֵיהֶם הָא דְּאָמַר רַב וְרַבִּי יוֹחָנָן מַכְשִׁיר לָהּ בִּבְדִיקַת הַקָּפָה בְּשֶׁלֹּא תָּפַשׂ בַּסִּימָנִים אֲבָל תָּפַשׂ בַּסִּימָנִים פְּסוּלָה לְרַב וְגַם לְרַבִּי יוֹחָנָן לָא מְהַנְּיָא הַקָּפָה. הִלְכָּךְ כְּשֶׁלֹּא תָּפַשׂ מְהַנְּיָא בְּדִיקָה כַּר' יוֹחָנָן. וּכְשֶׁתָּפַשׂ לָא מְהַנְּיָא בְּדִיקָה: גָּרְסִינַן בְּפֶרֶק מְפַנִּין (שַׁבָּת דַּף קכח:) אָמַר אַבָּיֵי הַאי מַאן דְּשָׁחֵיט תַּרְנְגוֹלָא נִכְבְּשִׁינְהוּ לְכִרְעִיָּה בְּאַרְעָא א"נ לִידְלִינְהוּ. דִּילְמָא מְהַדְּקֵי לְהוּ לְטֻופְרֵי בְּאַרְעָא וְעָקַר לְהוּ לְסִימָנִין:
Guemara. Plus haut (Houlin 28a) : nos Maîtres ont enseigné : il a abattu l'oesophage puis la trachée s'est déboîtée (nichmeta) — [c'est] kachère (apte). La trachée s'est déboîtée puis il a abattu l'oesophage — [c'est] passoul (invalide). Il a abattu l'oesophage et l'on a trouvé la trachée déboîtée, et il ne sait pas si elle s'est déboîtée avant la che'hita ou après la che'hita — cela fut un cas réel, et il [le Maître] dit : tout doute dans la che'hita [rend] passoul. Plus loin (Houlin 54a) : Rav dit : « déboîtée puis abattue » (chemouta ou-che'houta) [est] kachère, car il est impossible qu'une [trachée] déboîtée devienne abattue [le déboîtement empêchant une coupe valable ; donc si la coupe est valable, le déboîtement est postérieur]. Rabbi Yo'hanan dit : il apporte et il compare (yavi ve-yakkif). Explication : il apporte la trachée déboîtée, l'abat et y pratique une entaille ; si les deux entailles se ressemblent, [c'est] terefa (impropre) ; et si la première est plus rouge, alors elle était [faite] avant le déboîtement et [la bête est] kachère. Mais lorsqu'il a abattu l'oesophage et qu'on a trouvé la trachée déboîtée, la comparaison (hakkafa) consistant à couper l'oesophage ne sert à rien, car de toute façon (mi-ma nafchakh) les entailles ne se ressembleront pas l'une à l'autre, même si elle [la trachée] s'est déboîtée avant la che'hita, parce qu'à la première entaille il y avait encore de la vitalité ('hiyout) dans l'oesophage, et maintenant il n'y a plus aucune vitalité en lui ; tandis que « déboîtée puis abattue » [ne concerne] qu'un seul et même siman. Et cela fait difficulté pour l'explication du Halakhot Guedolot plus haut, chapitre 1, siman 13, qui a expliqué qu'une [trachée] déboîtée n'est pas terefa ; et s'il en est ainsi, le siman est considéré comme vivant, et même si elle s'est déboîtée avant la che'hita, l'entaille d'avant la che'hita rougira plus que l'entaille d'après la che'hita. Et dans la plupart des livres il est écrit « il apporte une autre bête et il compare », et telle est la version des Gueonim ; et le terme « il apporte » (yavi) indique cette version. Et maintenant cela se comprend bien : si l'on a besoin d'une autre bête, c'est parce qu'on ne peut pas comparer sur cette [même] bête. Et si tu objectes : à quoi sert la comparaison [sur] une autre bête ? Or nous disons plus loin, au chapitre « Elou Terefot » (Houlin 50a), qu'on ne compare pas [de rougeur], même d'une vertèbre à la vertèbre voisine, à plus forte raison d'une autre bête. Et si tu dis : [comparer] d'une vertèbre à une vertèbre sur une autre bête est préférable à la comparaison d'une vertèbre à la vertèbre voisine sur cette [même] bête — quoi qu'il en soit cela reste difficile [à propos de] « il a abattu l'oesophage et l'on a trouvé la trachée déboîtée : qu'il apporte un autre oiseau et compare » [ce que la sougya ne dit pas]. Mais assurément il est prouvé là-bas qu'il n'y a pas de comparaison d'une bête à une [autre] bête. Et l'on peut répondre : Rabbi Yo'hanan aussi reconnaît que dans la plupart des cas il est impossible qu'une [trachée] déboîtée devienne abattue, puisqu'elle n'a pas été saisie dans les simanim [n'a pas tenu], et qu'en toute rigueur on aurait dû permettre sans comparaison ; mais Rabbi Yo'hanan est plus rigoureux : [il exige] de comparer sur une autre bête et de la déraciner après la che'hita ; si la seconde [entaille] est plus rouge, [la bête est] passoul, car il y a lieu de penser (raglayim la-davar) qu'elle s'est déboîtée avant la che'hita ; mais pour être indulgent, on ne compare pas d'une bête à une [autre] bête. Rav Na'hman dit : nous ne l'avons dit que lorsqu'elle n'a pas été saisie dans les simanim [et] qu'il a abattu ; mais si elle a été saisie dans les simanim et qu'il a abattu, il est possible qu'une [trachée] déboîtée devienne abattue. Cela implique que Rav Na'hman diverge de Rabbi Yo'hanan et estime que la comparaison ne lève le doute que lorsqu'elle n'a pas été saisie dans les simanim — alors nous examinons par comparaison afin d'interdire ; mais si elle a été saisie dans les simanim, il est possible qu'une [trachée] déboîtée soit abattue [valablement], et nous ne nous fions pas à l'examen par comparaison. Et il ressort des propos de Rav Alfas (le Rif) — que sa mémoire soit une bénédiction — qu'il tranche la halakha comme Rav Na'hman, par rigueur (le-'houmra). Et il y a des livres qui ont la version « Rav Na'hman dit » [sans divergence] : Rav Na'hman n'est pas venu diverger mais seulement expliquer leurs propos [de Rav et de Rabbi Yo'hanan] : ce que Rav a dit — et Rabbi Yo'hanan la rend apte par l'examen de comparaison — [c'est] lorsqu'elle n'a pas été saisie dans les simanim ; mais si elle a été saisie dans les simanim, [elle est] passoul selon Rav, et pour Rabbi Yo'hanan aussi la comparaison ne sert à rien. Par conséquent, lorsqu'elle n'a pas été saisie, l'examen sert, comme Rabbi Yo'hanan ; et lorsqu'elle a été saisie, l'examen ne sert pas. Nous lisons au chapitre « Mefanin » (Chabbat 128b) : Abbaye dit : celui qui abat un poulet, qu'il presse ses pattes contre le sol, ou bien qu'il les soulève ; [sinon] peut-être enfoncera-t-il ses griffes dans le sol et arrachera les simanim [par sa débattue].
💡 Explication

Première objection contre Rav Nahman, tirée d'une braita sur le déplacement (chemita) de la trachée. Trois cas : oesophage coupé puis trachée déplacée -> valide ; trachée déplacée puis oesophage coupé -> invalide ; et un cas de doute sur l'ordre -> invalide ('tout doute dans l'abattage rend invalide'). Argument : la braita ne mentionne que l'abattage de l'oesophage — elle ne dit jamais 'a coupé la trachée, valide' — ce qui suggère, contre Rav Nahman, que la trachée seule ne rend pas valide.

9
מִשּׁוּם דְּגַרְגֶּרֶת עֲבִידָא לְאִישְׁתְּמוֹטֵי.

[La Guemara répond :] parce que la trachée est susceptible de se déplacer [c'est elle qu'on a prise comme exemple].

📜 Rachi (1)
מִשּׁוּם דְּגַרְגֶּרֶת עֲבִידָא לְאִשְׁתְּמוֹטֵי לְהָכִי נְקַט שְׁחִיטָה בַּווֶּשֶׁט וְהַשְּׁמִטָּה בַּגַּרְגֶּרֶת:
Parce que la trachée est susceptible de se déplacer — c'est pourquoi [la braita] a pris l'abattage [par] l'oesophage et le déplacement [de] la trachée.
💡 Explication

Réponse à la première objection : si la braita parle de couper l'oesophage et de déplacer la trachée (et non l'inverse), ce n'est pas pour exclure la trachée comme siman valide, mais simplement parce que la trachée (cartilagineuse) est sujette à se déplacer (chemita), tandis que l'oesophage, mou, ne se déplace pas. La braita ne prouve donc rien contre Rav Nahman.

10
תָּא שְׁמַע: שָׁחַט שְׁנֵי חֲצָאֵי סִימָנִין בְּעוֹף – פְּסוּלָה, וְאֵין צָרִיךְ לוֹמַר בִּבְהֵמָה. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: בְּעוֹף – עַד שֶׁיִּשְׁחֹוט אֶת הַווֶּשֶׁט וְאֶת הַוְּרִידִין, מִשּׁוּם דְּוֶשֶׁט סָמוּךְ לִוְרִידִין.

Viens [et] entends : [si] l'on a égorgé deux demi-simanim (chnei hatzaei simanim) dans un oiseau — invalide ; et il n'est pas besoin de [le] dire pour une bête. Rabbi Yehouda dit : pour un oiseau — [ce n'est valide] que [si] l'on égorge l'oesophage et les veines (veridin), parce que l'oesophage est proche des veines.

📜 Rachi (4)
שְׁנֵי חֲצָאֵי סִימָנִין פָּסוּל דִּכְמוֹ דְּלָא עֲבִיד מִידִי דָּמֵי דְּזִיל הָכָא לֵיכָּא שִׁיעוּרָא וְזִיל הָכָא לֵיכָּא שִׁיעוּרָא:
Deux demi-simanim — [c'est] invalide, car c'est comme s'il n'avait rien fait : va d'ici [le premier], il n'y a pas la mesure [requise], et va de là [le second], il n'y a pas la mesure.
בְּעוֹף שֶׁצּוֹלֵהוּ כֻּולּוֹ כְּאֶחָד וְצָרִיךְ שֶׁיּוֹצִיא דָּמוֹ בִּשְׁחִיטָה יָפֶה:
Pour un oiseau — qu'on rôtit tout entier d'un coup, [aussi] faut-il qu'il en fasse sortir le sang par un bon abattage.
עַד שֶׁיִּשְׁחֹוט כו' ות"ק לָא פְּלִיג אֶלָּא אַוְּורִידִין:
[Ce n'est valide] que [si] l'on égorge, etc. — et le premier Tana ne diverge que sur les veines.
מִשּׁוּם דְּוֶשֶׁט סָמוּךְ לִוְורִידִין נְקַט לֵיהּ וּמִיהוּ הוּא הַדִּין לְקָנֶה. הַוֶּושֶׁט הָוֵי בֵּין קָנֶה לְמַפְרֶקֶת סָמוּךְ לַוְּורִידִין:
Parce que l'oesophage est proche des veines — [c'est pour cela qu']il [le] prend, mais il en va de même pour la trachée. L'oesophage se trouve entre la trachée et la nuque (mafreket), proche des veines.
💡 Explication

Deuxième objection (du siman : 'moitiés'). Couper deux demi-simanim (une moitié de chacun) dans un oiseau est invalide (il faut la majorité d'un siman entier), et à fortiori pour une bête (qui exige deux). Rabbi Yehouda ajoute : pour l'oiseau, il faut couper l'oesophage et les veines (afin que le sang s'écoule bien). La Guemara répond : Rabbi Yehouda ne mentionne l'oesophage (et non la trachée) que parce qu'il est proche des veines — non pour exclure la trachée.

11
תָּא שְׁמַע: שָׁחַט חֲצִי גַּרְגֶּרֶת, וְשָׁהָה כְּדֵי שְׁחִיטָה אַחֶרֶת, וְגָמַר שְׁחִיטָתוֹ – כְּשֵׁרָה. מַאי לַָאו בְּעוֹף, וּמַאי גָּמְרָה – גָּמְרָה לַגַּרְגֶּרֶת? לֹא, בִּבְהֵמָה, וּמַאי גָּמְרָה – גָּמְרָה לִשְׁחִיטָה כֻּולָּהּ.

Viens [et] entends : [si] l'on a égorgé la moitié de la trachée, [qu']il a fait une pause (chaha) le temps d'un autre abattage, puis [qu']il a achevé son abattage — valide. Est-ce que [ce n'est] pas [le cas] d'un oiseau, et quel est [le sens de] 'il l'a achevé' — il a achevé la trachée ?

[Cela prouverait Rav Nahman.] Non, [c'est le cas] d'une bête, et quel est [le sens de] 'il l'a achevé' — il a achevé l'abattage tout entier.

📜 Rachi (2)
וְשָׁהָה בָּהּ כוּ' כְּשֵׁרָה מִשּׁוּם דַּחֲצִי גַּרְגֶּרֶת לָאו הַתְחָלַת שְׁחִיטָה הִיא שֶׁאֲפִילּוּ נִקְרַע חֶצְיוֹ לָא מִיטַּרְפָא בְּהָכִי:
[Qu']il a fait une pause... valide — parce qu'une demi-trachée n'est pas un début d'abattage, car même si sa moitié est déchirée elle n'en devient pas tereifa.
לֹא בִּבְהֵמָה כְּלוֹמַר הָא אֲפִילּוּ בִּבְהֵמָה קָאָמַר דְּהָא גָּמְרָה לָאו אַגַּרְגֶּרֶת קָאֵי אֶלָּא אַכֻּולָּהּ שְׁחִיטָה קָאֵי:
Non, [c'est le cas] d'une bête — c'est-à-dire [que la braita] parle même d'une bête, car ce 'il l'a achevé' ne porte pas sur la trachée mais sur l'abattage tout entier.
💡 Explication

Troisième objection (du siman : 'trachée'), invoquée cette fois en faveur de Rav Nahman. Couper la moitié de la trachée, faire une pause (chehiya), puis achever -> valide. Si c'est un oiseau et que 'achever' = achever la trachée, alors la trachée seule rend valide (Rav Nahman). La Guemara répond : non, il s'agit d'une bête, et 'achever' = achever tout l'abattage (les deux simanim) — car couper une demi-trachée n'est même pas un début d'abattage qui rendrait la pause problématique.

12
תָּא שְׁמַע: הֲרֵי שֶׁהָיָה חֲצִי קָנֶה פָּגוּם, וְהוֹסִיף עָלָיו כָּל שֶׁהוּא וּגְמָרוֹ – שְׁחִיטָתוֹ כְּשֵׁרָה. מַאי לַָאו בְּעוֹף, וּמַאי גָּמְרוּ – גָּמְרוּ לַקָּנֶה? לֹא, בִּבְהֵמָה, וּמַאי גָּמְרוּ – גָּמְרוּ לְוֵושֶׁט.

Viens [et] entends : si l'on avait une moitié de trachée défectueuse (pagoum) et [qu']on lui a ajouté un rien (kol che-hou) et [qu']on l'a achevée — son abattage est valide. Est-ce que [ce n'est] pas [le cas] d'un oiseau, et quel est [le sens de] 'il l'a achevée' — il a achevé la trachée ?

[Cela prouverait Rav Nahman.] Non, [c'est le cas] d'une bête, et quel est [le sens de] 'il l'a achevée' — il a achevé l'oesophage.

📜 Rachi (2)
וְגָמְרוּ סָלְקָא דַּעְתִּין וְגָמְרוּ בְּהַאי כָּל שֶׁהוּא שֶׁהֲרֵי נִשְׁחַט הָרֹוב דִּפְגִימָה קַמַּיְיתָא כִּשְׁלֵימָה דָּמְיָא וְהָאִיכָּא רֹוב קַמַּן:
Et [qu']on l'a achevée — on aurait pu penser [que] 'on l'a achevée' [signifie : on l'a achevée] par ce 'rien' (kol che-hou), car voici que la majorité a été coupée, l'entaille première [comptant] comme [coupure] complète, et voilà la majorité devant nous.
גָּמְרוּ לְוֵושֶׁט וְהָכִי קָאָמַר וְהוֹסִיף עָלָיו כָּל שֶׁהוּא דה"ל רֻובָּא וְגָמְרוּ לוֹ לְוֵושֶׁט לְאַחַר מִכָּאן:
Il a achevé l'oesophage — et voici ce qu'il dit : on lui a ajouté un rien, en sorte qu'il y a la majorité [de la trachée], et on a achevé ensuite [en coupant] l'oesophage.
💡 Explication

Quatrième objection (du siman : 'défaut'), de nouveau en faveur de Rav Nahman. Une demi-trachée déjà entaillée (pagoum), à laquelle on ajoute une coupe infime pour atteindre la majorité et qu'on achève -> valide. Si c'est un oiseau et que 'achever' = achever la trachée, alors la trachée seule suffit. La Guemara répond de même : non, c'est une bête, et 'achever' = ensuite achever l'oesophage ; ce 'kol che-hou' a porté la trachée à sa majorité, puis on coupe l'oesophage.

13
תָּא שְׁמַע: כֵּיצַד מוֹלְקִין חַטַּאת הָעוֹף? חוֹתֵךְ שִׁדְרָה וּמַפְרֶקֶת בְּלֹא רֹוב בָּשָׂר עַד שֶׁמַּגִּיעַ לַווֶּשֶׁט אוֹ לַקָּנֶה; הִגִּיעַ לַווֶּשֶׁט אוֹ לַקָּנֶה – חוֹתֵךְ סִימָן אֶחָד וְרֹוב בָּשָׂר עִמּוֹ, וּבְעוֹלָה – שְׁנַיִם אוֹ רֹוב שְׁנַיִם. תְּיוּבְתָּא דְּרַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה, תְּיוּבְתָּא.

Viens [et] entends : comment coupe-t-on la nuque (molkin) du sacrifice d'oiseau (hatat ha-of) ? On coupe l'échine (chidra) et la nuque (mafreket) sans [couper] la majorité de la chair, jusqu'à ce que l'on arrive à l'oesophage ou à la trachée ; [une fois] arrivé à l'oesophage ou à la trachée, on coupe un siman et la majorité de la chair avec lui ; et pour l'holocauste [d'oiseau] (ola) — [on coupe] les deux [simanim] ou la majorité des deux.

[C'est] une réfutation de Rav Adda bar Ahava, une réfutation [définitive] !

📜 Rachi (2)
בְּלֹא רֹוב בָּשָׂר כְּדַאֲמָרָן בפ"ק (לְעֵיל חֻולִּין כא.) דְּאִי חָתֵיךְ רֹוב רֹוחַב הַבָּשָׂר עִם הַמַּפְרֶקֶת קֹודֶם לַסִּימָנִין הָוְיָא לָהּ מֵתָה קֹודֶם חֲתִיכַת הַסִּימָנִין וְתוּ מַאי מָלִיק:
Sans la majorité de la chair — comme nous l'avons dit au premier chapitre (plus haut, Houlin 21a) : car s'il coupait la majorité de la largeur de la chair avec la nuque avant les simanim, elle serait morte avant la coupe des simanim, et que [resterait]-il à couper (à 'meloker') ?
בְּעוֹלָה דְּבָעֵי הַבְדָּלָה כְּדַאֲמָרָן בפ"ק (שָׁם) חוֹתֵךְ שְׁנַיִם. קָתָנֵי מִיהָא לְוֵושֶׁט אוֹ לַקָּנֶה כר"נ:
Pour l'holocauste — qui requiert la séparation (havdala) [complète], comme nous l'avons dit au premier chapitre (là), on coupe les deux [simanim]. En tout cas [la braita] enseigne 'à l'oesophage ou à la trachée', comme Rav Nahman.
💡 Explication

Cinquième et dernière preuve (du siman : 'du sacrifice d'oiseau'), décisive. La braita décrit la melika du sacrifice expiatoire d'oiseau : on coupe échine et nuque jusqu'à arriver à l'oesophage OU à la trachée, puis on coupe un siman avec la majorité de la chair. Le fait qu'on dise 'l'oesophage ou la trachée' indifféremment soutient Rav Nahman (un siman quelconque) et constitue une réfutation (teyouvta) de Rav Adda bar Ahava (qui exigeait l'oesophage seul).

14
מַאי הָוֵי עֲלַהּ? מַאי הָוֵי עֲלַהּ?! כִּדְקָאָמְרַתְּ, דִּלְמָא שָׁאנֵי הָתָם, דְּאִיכָּא שִׁדְרָה וּמַפְרֶקֶת.

Qu'en est-il donc [advenu] [de la question] ? — 'Qu'en est-il donc [advenu] ?!' [N'est-ce pas] comme tu l'as dit [que Rav Adda fut réfuté] ? — [Pas tout à fait,] car peut-être est-ce différent là-bas [dans la melika], où il y a [d'abord la coupe de] l'échine et la nuque [si bien que couper la trachée seule suffit].

📜 Rachi (3)
מַאי הָוֵי עֲלַהּ לְעִנְיַן שְׁחִיטָה:
Qu'en est-il donc advenu — quant à l'abattage [profane].
כִּדְקָאָמְרַתְּ בִּמְלִיקָה:
Comme tu l'as dit — dans la melika.
דִּלְמָא מְלִיקָה שָׁאנֵי דְּאִיכָּא חֲתִיכַת שִׁדְרָה וּמַפְרֶקֶת וְאָזֵיל לֵיהּ חַיּוּתֵיהּ בְּכָל דְּהוּ:
Peut-être — la melika est différente, car il y a [d'abord] la coupe de l'échine et de la nuque, et sa vie s'en va pour un rien [ensuite].
💡 Explication

Reprise critique. La Guemara demande : 'qu'en est-il advenu' de la question, pour l'abattage profane ? Réponse provisoire : comme tu l'as dit, Rav Adda fut réfuté. Mais on nuance : la preuve de la melika n'est peut-être pas concluante pour la chehita, car la melika est différente — on y coupe d'abord l'échine et la nuque, ce qui affaiblit la vie de la bête, en sorte que couper ensuite la trachée seule peut suffire là, mais pas nécessairement dans l'abattage ordinaire.

15
מַאי? תָּא שְׁמַע: דְּהָהוּא בַּר אֲווָזָא דַּהֲוָה בֵּי רָבָא, אֲתָא כִּי מְמַסְמַס קוֹעֵיהּ דְּמָא. אָמַר רָבָא: הֵיכִי נַעֲבִיד?

[Alors] quoi ? Viens [et] entends : [le cas] de ce caneton (bar avaza) qui se trouvait dans la maison de Rava, [et] qui vint, son cou souillé de sang (memasmes kou'ei dama).

Rava dit : comment ferons-nous [pour le vérifier] ?

📜 Rachi (1)
מִמַּסְמֵס קוֹעֵיהּ מְלֻוכְלָךְ צַוָּארוֹ בִּדְמָא שֶׁנִּקְרַע צַוָּארוֹ וְצָרִיךְ לִבְדֹּוק בַּסִּימָנִין שֶׁמָּא נִפְסַק הַקָּנֶה אוֹ נִיקַּב הַווֶּשֶׁט. וּמִשּׁוּם סְפֵק דְּרוּסָה לָא בָּעֵי לְמִבְדְּקֵיהּ דְּתָלֵינַן בְּכַלְבָּא אוֹ בְּקַנְיָא כִּדְאָמְרִינַן הָתָם (לְקַמָּן חֻולִּין דַּף נג:) סְפֵק כַּלְבָּא סְפֵק שׁוּנָרָא אֵימַר כַּלְבָּא:
Son cou souillé de sang (memasmes kou'ei) — son cou étant maculé de sang parce que son cou s'est déchiré, et il faut examiner les simanim, de peur que la trachée ne se soit sectionnée ou que l'oesophage ne se soit perforé. Et pour [le seul] doute d'écrasement (derousa) on n'aurait pas besoin de l'examiner, car nous attribuons [le mal] à un chien ou à un roseau, comme nous le disons là-bas (plus loin, Houlin 53b) : doute [si c'est] un chien [ou] doute [si c'est] un chat, dis [que c'est] un chien.
🗂️ Tossefot (1)
אֲתָא כִּי מְמַסְמַס קוֹעֵיהּ דְּמָא פֵּירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס וְצָרִיךְ בְּדִיקָה בְּסִימָנִים שֶׁמָּא נִפְסַק הַקָּנֶה אוֹ נִיקַּב הַווֶּשֶׁט וּמִשּׁוּם סְפֵק דְּרוּסָה לָא בָּעֵי בְּדִיקָה דְּתָלֵינַן בְּכַלְבָּא אוֹ בְּקָנֶה דְּאָמַר בְּאֵלּוּ טְרֵיפוֹת (לְקַמָּן חֻולִּין נג.) סְפֵק כַּלְבָּא סְפֵק שׁוּנָרָא אֵימַר כַּלְבָּא וא"ת לְמַאי נָפְקָא מִינַּהּ אִי תָּלֵינַן בְּכַלְבָּא אוֹ בְּקַנְיָא כֵּיוָן דַּאֲפִילּוּ קַנְיָא בָּעֵי בְּדִיקָה וְי"ל דְּנָפְקָא מִינָּהּ דְּאִי הֲוָה תָּלֵינַן בְּשֻׁונָּרָא הֲוָה צָרִיךְ בְּדִיקָה כְּנֶגֶד כָּל הֶחָלָל אע"ג דְּלֵיכָּא רֵיעוּתָא אֶלָּא כְּנֶגֶד הַסִּימָנִין א"נ לְעִנְיַן סְפֵק דְּרוּסָה אַפֵּי' לֹא הֶאְדִּימוּ הַסִּימָנִין אֶלָּא מַשֶּׁהוּ טְרֵיפָה כִּדְאָמַר לְקַמָּן' (דַּף נד.) דְּגַרְגֶּרֶת דְּרוּסָתוֹ בְּמַשֶּׁהוּ דְּזִיהֲרָא מִיקְלָא קִלְיָא וְרִיבָ"א מְפָרֵשׁ דְּהָכָא בִּשְׁמַעְתִּין הָוְיָא מִשּׁוּם סְפֵק דְּרוּסָה וְאָתֵי שַׁפִּיר דְּקָאָמַר וֶושֶׁט אֵין לוֹ בְּדִיקָה מִבַּחוּץ אֶלָּא מִבִּפְנִים וְהַיְינוּ מִשּׁוּם דְּאֵין אַדְמוּמִית הַדְּרוּסָה נִיכֶּרֶת בְּעוֹר הַווֶּשֶׁט הַחִיצוֹן הָאָדֹום אֲבָל בִּנְקוּבָה יֵשׁ לְווֵשֶׁט בְּדִיקָה אַף מִבַּחוּץ וְכֵן מַשְׁמַע בְּאֵלּוּ טְרֵפוֹת (לְקַמָּן חֻולִּין דַּף מג.) דְּקָאָמַר רַבָּה ווֶשֶׁט אֵין לוֹ בְּדִיקָה מִבַּחוּץ אֶלָּא מִבִּפְנִים וּלְמַאי נָפְקָא מִינַּהּ לִסְפֵק דְּרוּסָה וְלָא קָאָמַר לִסְפֵק נָקוּב וְעוֹד אָמְרִינַן (שָׁם) שְׁנֵי עוֹרוֹת יֵשׁ לוֹ לַוֶּושֶׁט נִיקַּב זֶה בְּלֹא זֶה כָּשֵׁר וּכְשֶׁנִּיקַּב הַפְּנִימִי הֵיכִי יָדְעִינַן אִי נִיקַּב חִיצוֹן אִי לָאו כֵּיוָן דְּאֵין לוֹ בְּדִיקָה מִבַּחוּץ אֲפִילּוּ לְעִנְיַן נֶקֶב וְדֹוחַק לוֹמַר כְּגוֹן שֶׁנִּיקַּב הַפְּנִימִי מֵחֲמַת חֹולִי וּבַחִיצוֹן אֵין נִיכָּר שׁוּם חֹולִי והר"ר אֶלְחָנָן הִקְשָׁה אִי ווֵשֶׁט יֵשׁ לוֹ בְּדִיקָה מִבַּחוּץ אִם כֵּן מַאי פָּרִיךְ ור"מ הֵיכִי אָכַל בִּשְׂרָא דִּלְמָא בִּמְקוֹם נֶקֶב שָׁחַט וְנֵימָא דַּהֲוָה אָכִיל ע"י בְּדִיקָה וְנִרְאֶה לִי שֶׁיֵּשׁ שׁוּם חֹולִי שֶׁיַּאְדִּים כְּמוֹ דְּרוּסָה וְאֵין לוֹ בְּדִיקָה מִבַּחוּץ אִי נָמֵי הָכֵי פֵּירוּשׁוֹ וְכִי תֵּימָא דְּלָא הֲוָה אָכַל בְּלֹא בְּדִיקָה פֶּסַח וְקָדָשִׁים מַאי אִיכָּא לְמֵימַר דְּאִי אֶפְשָׁר לְהַפְרִיד הָעוֹר וְלִבְדֹּוק דְּאֵין מוּם גָּדוֹל מִזֶּה:
Il vint, son cou souillé de sang — Rachi a expliqué [qu']il faut un examen des simanim, de peur que la trachée ne se soit sectionnée ou que l'oesophage ne se soit perforé, et que pour le doute d'écrasement (derousa) [seul] on n'aurait pas besoin d'examen, car nous attribuons [le mal] à un chien ou à un roseau, comme il [le] dit dans [le chapitre] Elou tereifot (plus loin, Houlin 53a) 'doute [si c'est] un chien, doute [si c'est] un chat, dis [que c'est] un chien'. Et si tu objectes : quelle différence [cela fait-il] que nous attribuions à un chien ou à un roseau, puisque même [pour] un roseau il faut un examen ? On peut dire [que] la différence [est là] : si nous attribuions à un chat, il [faudrait] un examen contre tout le creux [du corps], bien qu'il n'y ait de défaut qu'en face des simanim ; ou bien, quant au doute d'écrasement, [il y a une différence], car même si les simanim n'ont rougi que d'un rien [c'est] tereifa, comme il [le] dit plus loin (Houlin 54a) [que] la trachée, son écrasement [la rend tereifa] pour un rien, car le venin (zihara) [la] brûle [et] consume. Et Ri ben Avraham (le Riva) explique qu'ici, dans notre passage, [le doute] porte sur l'écrasement, et cela s'accorde bien avec ce qu'il dit [plus loin] (Houlin 43a) [que] l'oesophage n'a pas d'examen par l'extérieur mais [seulement] par l'intérieur — et c'est parce que la rougeur de l'écrasement n'est pas reconnaissable dans le cuir extérieur rouge de l'oesophage, alors que pour une perforation l'oesophage a un examen [valable] même par l'extérieur. Et ainsi est-il sous-entendu dans Elou tereifot (là, 43a), où Rabba dit : l'oesophage n'a pas d'examen par l'extérieur mais par l'intérieur — et pour quoi [cela fait-il une] différence ? pour le doute d'écrasement, et il ne dit pas 'pour le doute de perforation'. Et de plus nous disons (là) [que] l'oesophage a deux cuirs (membranes) : [si] celui-ci s'est perforé sans celui-là, valide ; or quand l'[intérieur] se perfore, comment savons-nous si l'extérieur s'est perforé ou non, puisqu'[l'oesophage] n'a pas d'examen par l'extérieur, même pour la perforation ? et il est forcé de dire [que c'est le cas] où l'intérieur s'est perforé par maladie, et [qu']à l'extérieur aucune maladie n'est reconnaissable. Et Rabbenou El'hanan a objecté : si l'oesophage a un examen par l'extérieur, alors [à 43a] que [la Guemara] objecte-t-elle '[comment] Rabbi Meir mangeait-il de la viande, peut-être a-t-il abattu à l'endroit d'une perforation' — disons [qu']il mangeait au moyen d'un examen [extérieur] ! Et il me semble qu'il y a une maladie qui rougit comme l'écrasement et qui n'a pas d'examen par l'extérieur. Ou bien voici l'explication : et si tu dis [qu'il] ne mangeait pas sans examen, [alors] pour le [sacrifice] pascal et les consacrés, qu'y a-t-il à dire ? car il est impossible de séparer le cuir [extérieur] et d'examiner [l'intérieur], puisqu'il n'y a pas de défaut plus grand que cela.
💡 Explication

La sougya cherche une issue par un fait. Un caneton (bar avaza) de la maison de Rava se présente le cou ensanglanté (memasmes kou'ei dama) : on ignore si le sang vient de la trachée sectionnée ou de l'oesophage perforé (deux cas de tereifa). Rava se demande 'comment ferons-nous' pour examiner les simanim — le développement (l'examen de l'oesophage) se poursuit au daf suivant.

✉ Signaler une erreur de traduction

Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).