Chullin 29b — l'abattage est-il un abattage dès le début ou seulement à sa fin ? (Resh Lakich contre Rabbi Yohanan)

Chullin 29b

Sougya : La sougya part de l'achèvement de l'abattage (mirouk) le jour de Kippour : s'il fallait qu'un autre l'achève, ce serait un service fait par un autre, or tout le service de Kippour n'est valide que par le grand prêtre. La Guemara conclut qu'il n'y a même pas d'invalidation rabbinique, et que l'achèvement n'est qu'une mitsva (pour le sang).

Vient alors la grande mahloket : pour Resh Lakich au nom de Levi Sava, l'abattage n'est [un abattage] qu'à sa fin ; pour Rabbi Yo'hanan, du début à la fin. Rava dégage le champ du litige : tous concèdent qu'un siman par un non-Juif puis un siman par un Juif est invalide (acte de tereifa par le non-Juif), et de même pour l'holocauste d'oiseau ou un siman a été pincé en bas (à la manière du sacrifice expiatoire d'oiseau) ; ils ne divergent que [pour] celui qui abat un siman dehors et un siman dedans.

Rabba bar Chimi rapporte que Rav Yossef plaait le litige sur la minorité des simanim coupée dehors et achevée dedans. Rabbi Zera objecte depuis la michna de la vache rousse (para aduma) ; Rava répond qu'un abattage raté se révèle rétroactivement n'avoir jamais été un abattage, puis soulève sa propre difficulté (deux hommes pour un même abattage), à quoi Rav Yossef oppose le derach de 'tizbachehou' : pas deux qui abattent un seul sacrifice, pas un qui abat deux sacrifices ; et Abaye rattache cela à Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon.

Quand l'abattage est-il un abattage ? La mahloket centrale Resh Lakich (au nom de Levi Sava) Rabbi Yo'hanan l'abattage n'est [un abattage] qu'à sa FIN (be-sof) l'abattage est [un abattage] du DÉBUT à la fin Cas-test (Rava, seg 5-7) minorité des simanim dehors, fin dedans non coupable la fin (décisive) est dedans coupable le début dehors est déjà abattage
La mahloket centrale (segment 2) et son cas-test retenu par Rava (segments 5-7) : l'abattage vaut-il dès son début ou seulement à sa fin ?
L'objection de la vache rousse (para aduma) — qui rend les habits impurs ? règle : tous ceux qui s'occupent de la vache, du début à la fin, rendent leurs habits impurs Défaut à l'ABATTAGE avant OU après le défaut : N'IMPURIFIE PAS aucune distinction faite Défaut à l'ASPERSION avant le défaut : impurifie après le défaut : n'impurifie pas distinction faite L'objection de Rabbi Zera (seg 10) et la réponse de Rava (seg 11) Zera : si l'abattage vaut du début, distingue donc 'avant / après le défaut' à l'abattage aussi ! Rava : ce n'est pas comparable — un abattage raté (nitkalkela) se révèle rétroactivement n'avoir jamais été un abattage du tout (lavo chehita kelal)
L'objection de la vache rousse (segments 8-11) : qui rend les habits impurs selon que le défaut survient à l'abattage ou à l'aspersion.
Le verset 'tizbachehou' (Lev 19:5) et ses deux derach tizbachehou tizbach (tu abattras) pas DEUX qui abattent un seul sacrifice hou (lui) pas UN qui abat deux sacrifices
Le double derach de 'tizbachehou' (segments 13-14) : pas deux qui abattent un sacrifice, pas un qui abat deux sacrifices.
1
אם כן הויא ליה עבודה באחר, ותניא: כל עבודת יום הכפורים אינן כשרות אלא בו.

Si [c'était] le cas [qu'il fallût un autre pour achever], [l']achèvement serait un service [fait] par un autre ; or il est enseigné : tout le service du jour des Expiations (Yom ha-Kippourim) n'est valide que par lui (le grand prêtre).

🗂️ Tossefot (1)
אם כן הוי ליה עבודה באחר הוה מצי נמי למיפרך א"כ הויא ליה שחיטה בשנים כיון דאם לא מירק פסול ואין שנים שוחטין בזבח אחד אפילו בזה אחר זה כדמוכח לקמן בשמעתין וא"ת ומאי קשיא ליה מעבודה באחר הא בפרק טרף בקלפי (יומא דף מב.) איכא מאן דסבר אפילו שחיטת פר כ"ג בזר ואפילו מאן דפסיל היינו דוקא פרו דקאתי לחובת יה"כ וקאי עליה אהרן וחוקה אבל תמיד דלא שייך לחובת יה"כ ולא קאי עליה אהרן וחוקה לא וי"ל דמ"מ פסול מדרבנן:
Si [c'était] le cas, [l']achèvement serait un service [fait] par un autre — [le Talmud] aurait pu aussi objecter : si [c'était] le cas, [l']abattage serait [fait] à deux (be-chnayim), puisque, s'il n'a pas achevé (mirek), [c'est] invalide, et deux n'abattent pas un seul sacrifice, même l'un après l'autre, comme [cela] ressort plus loin dans notre sougya. Et si tu dis : qu'a-t-il de difficile [dans le fait que ce soit] un service [fait] par un autre ? car au [chapitre] Taraf ba-Kalpi (Yoma 42a) il y a [un sage] qui tient que même l'abattage du taureau du grand prêtre [est valide] par un [simple] étranger (zar), et même celui qui [l']invalide, c'est spécifiquement [pour] son taureau, qui vient [comme] obligation du jour de Kippour et au sujet duquel s'appliquent [le commandement] 'Aharon' et [le terme] 'houka' (statut perpétuel) ; mais le [sacrifice] quotidien (tamid), qui ne relève pas de l'obligation de Kippour et au sujet duquel ne s'appliquent ni 'Aharon' ni 'houka', non [il ne requiert pas le grand prêtre] ! Et l'on peut dire que de toute façon [c'est] invalide d'ordre rabbinique (mi-derabbanan).
💡 Explication

Suite de 29a. On discutait du grand prêtre qui, le jour de Kippour, abat son taureau : faut-il qu'un autre achève la coupe des simanim (le mirouk) ? Si oui, l'achèvement de l'abattage serait un service accompli par un autre — ce qui est impossible, car tout le service de Kippour n'est valide que par le grand prêtre lui-même.

2
הכי קאמר: יכול יהא פסול מדרבנן, דסלקא דעתך אמינא איכא פסול מדרבנן, לכך שנינו: ״רוב אחד בעוף ורוב שנים בבהמה״, ומאחר דאפילו פסולא דרבנן ליכא, למה לי למרק? מצוה למרק.

Voici ce qu'il dit : on aurait pu [croire] qu'il serait invalide d'ordre rabbinique, car il te viendrait à l'esprit de dire qu'il y a une invalidation rabbinique ; c'est pourquoi nous avons appris [dans la michna] : 'la majorité de l'un [des simanim] pour un oiseau, et la majorité des deux pour une bête domestique' ; et puisqu'il n'y a même pas d'invalidation rabbinique, pourquoi [faut-il] achever (le-marek) ? [Réponse :] c'est une mitsva d'achever.

📜 Rachi (1)
מצוה למרק משום דם. ואני שמעתי ביומא משום ברוב עם הדרת מלך ואין לבי כך דא"כ כל עבודות נמי והרי הכתוב הקפיד בכ"ג וגירש את רוב עם:
C'est une mitsva d'achever — à cause du sang. Et moi, j'ai entendu [dire], dans [le traité] Yoma, [que c'est] à cause de 'dans la multitude du peuple [est] la splendeur du roi' (be-rov am hadrat melekh) ; mais mon cœur n'[adhère] pas à cela, car s'il en était ainsi, tous les services [le requerraient] aussi, or voici que l'Écriture a été pointilleuse [à exiger] le grand prêtre et a écarté la multitude du peuple.
🗂️ Tossefot (1)
למה לי למרק ואע"ג דבחולין נמי בעינן כל השנים לכתחלה מ"מ כיון שיש דוחק בדבר לא היה לנו לעשות ע"י אחר:
Pourquoi [faut-il] achever — et bien que pour les [bêtes] profanes (houlin) aussi nous requérions tous les simanim à priori (lekhatchila), néanmoins, dès lors qu'il y a contrainte (dohak) dans l'affaire [le grand prêtre ne pouvant déléguer], nous n'aurions pas dû [le] faire faire par un autre.
💡 Explication

La Guemara recadre la difficulté de Resh Lakich (29a) : on aurait pu penser qu'un abattage non achevé par mirouk serait invalide d'ordre rabbinique ; la michna ('la majorité d'un siman pour l'oiseau, la majorité des deux pour une bête') enseigne que la coupe de la majorité suffit — il n'y a même pas d'invalidation rabbinique. Dès lors, pourquoi achever ? Réponse : c'est seulement une mitsva (pour faire écouler le sang).

3
אמר רבי שמעון בן לקיש משום לוי סבא: אינה לשחיטה אלא בסוף, ורבי יוחנן אמר: ישנה לשחיטה מתחלה ועד סוף.

Rabbi Chimon ben Lakich a dit au nom de Levi l'Ancien (Levi Sava) : l'abattage n'est [un abattage] qu'à sa fin (be-sof). Et Rabbi Yo'hanan a dit : l'abattage est [un abattage] du début jusqu'à la fin.

📜 Rachi (2)
אינה לשחיטה אין השחיטה קרויה שחיטה אלא בסופה ולקמיה מפרש למאי הלכתא:
L'abattage n'est [un abattage] — l'abattage n'est appelé abattage qu'à sa fin ; et plus loin [le Talmud] explique à quel effet [halakhique cela importe].
ישנה לשחיטה הכל קרוי שחיטה:
L'abattage est [un abattage] — tout [l'acte] est appelé abattage.
🗂️ Tossefot (1)
אמר ר"ל משמיה דלוי סבא אינה לשחיטה אלא בסוף אע"ג דרבא ס"ל הכי בפ"ב דזבחים (דף ל.) אפ"ה לא חשיב ליה בהדי תלת דהלכה כר"ל לגבי רבי יוחנן בריש פרק החולץ (יבמות דף לו.) משום דהך משמיה דלוי אמרה ר"ל:
Rabbi Chimon ben Lakich a dit au nom de Levi Sava : l'abattage n'est [un abattage] qu'à sa fin — bien que Rava tienne ainsi au 2e [chapitre] de Zevahim (30a), néanmoins il ne l'a pas compté parmi les trois [cas] où la halakha [suit] Resh Lakich contre Rabbi Yo'hanan, au début du chapitre Hé-Holetz (Yevamot 36a), parce que ce [propos], Resh Lakich l'a dit au nom de Levi [Sava] [et non en son nom propre].
💡 Explication

La grande mahloket de tout le daf (voir le schéma de synthèse). Pour Resh Lakich (au nom de Levi Sava), l'acte n'est appelé 'abattage' (chehita) qu'à sa fin : seul l'instant où les simanim sont coupés à la mesure requise définit l'abattage. Pour Rabbi Yo'hanan, tout l'acte, du premier coup de lame jusqu'au dernier, est appelé 'abattage'.

4
אמר רבא: הכל מודים, היכא דשחט סימן אחד גוי, וסימן אחד ישראל – שהיא פסולה, שהרי נעשה בה מעשה טרפה ביד גוי.

Rava a dit : tous concèdent [que], dans le cas où un non-Juif (goy) a abattu un siman et un Juif (Israël) [a abattu] un siman, [la bête] est invalide, car un acte [rendant] tereifa a été accompli en elle par la main d'un non-Juif.

📜 Rachi (2)
פסולה ואפילו למ"ד אינה לשחיטה אלא לבסוף ולא מיקרי שחיטת עובד כוכבים מיהו שחיטת ישראל נמי לא הויא והויא לה כקוץ בעלמא ואיטרפא לה:
Invalide — et même pour celui qui dit que l'abattage n'est [un abattage] qu'à la fin, et [même si] cela n'est pas appelé un abattage de non-Juif [à proprement parler] : néanmoins l'abattage du Juif n'est pas [un abattage valide] non plus, et [le siman coupé par le non-Juif] est devenu pour elle comme une simple épine (ke-kotz be-alma), et la voilà devenue tereifa.
מעשה טרפה מעשה שהיה כדי וכשיעור לטורפה בו נעשה בה ביד עובד כוכבים:
Un acte [rendant] tereifa — un acte qui a été [accompli] de quantité et de mesure suffisantes pour la rendre tereifa par lui, a été accompli en elle par la main du non-Juif.
💡 Explication

Rava délimite le champ du litige. Tous conviennent — même Resh Lakich, pour qui l'abattage ne vaut qu'à sa fin — que si un non-Juif coupe un siman puis un Juif l'autre, [la bête] est invalide : la coupe par le non-Juif constitue déjà un acte rendant tereifa (mesure suffisante pour la blesser), et la coupe du Juif ne sauve pas une bête déjà devenue tereifa.

5
בעולת העוף נמי, היכא דמלק סימן אחד למטה וסימן אחד למעלה – פסולה, שהרי עשה בה מעשה חטאת העוף למטה.

Pour l'holocauste d'oiseau (olat ha-of) aussi, dans le cas où l'on a pincé (malak) un siman en bas et un siman en haut, [c'est] invalide, car on a accompli en elle l'acte du sacrifice expiatoire d'oiseau (hatat ha-of) en bas.

📜 Rachi (2)
עולת העוף למעלה מחוט הסיקרא חטאת העוף למטה כדאמר בזבחים (דף סד: סה.):
L'holocauste d'oiseau [se fait] en haut du fil rouge (hout ha-sikra), [et] le sacrifice expiatoire d'oiseau en bas, comme il est dit dans [le traité] Zevahim (64b-65a).
שהרי עשה בה [מעשה חטאת העוף] למטה במקום פסולה מעשה שהוא חשוב בחטאת העוף להכשירו בכך שמליקת חטאת העוף בסימן אחד הילכך ה"נ חשיב לפסול אע"ג דבעולה לא הוי סוף מליקה עד גמר השני:
Car on a accompli en elle [l'acte du sacrifice expiatoire d'oiseau] en bas — à l'endroit de [son] invalidité [comme holocauste] ; un acte qui, pour le sacrifice expiatoire d'oiseau, est considéré comme le rendant apte (le-hakhchiro) par cela même — car la melika du hatat d'oiseau [se fait] avec un seul siman ; aussi, ici de même, [cet acte] compte pour [le] rendre invalide, bien que, pour l'holocauste, la fin de la melika ne [soit] qu'à l'achèvement du second [siman].
💡 Explication

Deuxième cas où tous concèdent. Pour l'holocauste d'oiseau, la melika (pincement de la nuque à l'ongle) se fait en haut du fil rouge (hout ha-sikra) ; pour le sacrifice expiatoire d'oiseau, en bas, et avec un seul siman. Si l'on pince un siman en bas puis l'autre en haut, c'est invalide : avoir pincé un siman en bas a déjà accompli l'acte du hatat d'oiseau, ce qui disqualifie l'oiseau comme holocauste.

6
לא נחלקו אלא כגון ששחט סימן אחד בחוץ וסימן אחד בפנים, למאן דאמר ישנה לשחיטה מתחלה ועד סוף – מיחייב, למאן דאמר אינה לשחיטה אלא בסוף – לא מיחייב.

Ils n'ont divergé que dans un cas tel que [celui où] l'on a abattu un siman dehors (ba-houtz) et un siman dedans (bi-fenim) : pour celui qui dit que l'abattage est [un abattage] du début jusqu'à la fin — il est coupable (mihayev) ; pour celui qui dit que l'abattage n'est [un abattage] qu'à sa fin — il n'est pas coupable.

📜 Rachi (1)
מיחייב משום שחוטי חוץ:
Il est coupable — au titre des 'abattus du dehors' (chehoutei houtz).
🗂️ Tossefot (1)
כגון ששחט סימן אחד בחוץ פי' בקונטרס בעוף קדשים וקשה לפירושו דמ״ט דמאן דפטר כיון דבמליקה בחוץ לא מחייב אלא בשחיטה והרי עשה הכשר שחיטה בחוץ ורב יוסף נמי למה ליה למינקט שהרי עשה בה מעשה חטאת העוף הוה ליה למימר משום דהכשר שחיטת העוף בסימן אחד ועוד דנקט רב יוסף דאחד בחוץ ואחד בפנים נמי פסולה משמע הא שניהם בפנים כשרה ואי בעוף הא אין הכשרו אלא במליקה וחייב ה״ל למינקט ולא פסולה ונראה לפרש דאיירי בבהמה ופסולה דנקט רב יוסף לאו דוקא דחייב נמי לכולי עלמא דאי חיובא ליכא א״כ לוקי פלוגתייהו בסימן אחד בחוץ וסימן אחד בפנים ופליגי בחיובא ואמאי מוקי לה במיעוט סימנין בחוץ וגמרו בפנים וא״ת ובסוף פרקין (חולין דף מ:) גבי הא דתניא השוחט חטאת בשבת בחוץ לעבודת כוכבים חייב ג' חטאות ומוקי לה בחטאת העוף שהיה חצי קנה פגום והוסיף עליו כל שהוא דאתו כולהו בהדי הדדי ולהכי נקט חטאת ולא נקט זבח שבשאר זבח מכי שחט סימן אחד לעבודת כוכבים אסרה ותו לא מחייב משום שחוטי חוץ והשתא אכתי כיון דבבהמה נמי מיחייב בסימן אחד משום שחוטי חוץ לשמעינן זבח ובחצי קנה פגום ואע״ג דסימן אחד לא מיחייב משום שבת שלא תקן כלום מה בכך מ״מ כשיגמור סימן שני מיהא ליחייב משום שבת ויש לומר דהא דמחייב בסימן אחד הכא היינו משום דגמר השני בפנים אבל התם דאיירי בשוחט לעבודת כוכבים מכיון דנאסרה בסימן ראשון לא חשיב סימן שני אלא כמחתך בעפר והוי כמו נתקלקלה בשחיטה דאמר בסמוך דאגלאי מילתא למפרע דלאו שחיטה היא כלל גבי פרה לכך נקט עוף דהכשרו בסימן אחד וכן פירש לקמן בקונטרס:
Dans un cas tel que [celui où] l'on a abattu un siman dehors — [Rachi] a expliqué [cela] dans son commentaire [comme parlant] d'un oiseau consacré (of kodachim) ; et [cette explication] est difficile : car quelle [serait] la raison de celui qui exempte, puisque, pour la melika dehors, [on n']est coupable qu'à [partir de] l'abattage, et voici qu'il a accompli [ce qui rend] apte l'abattage dehors ? Et Rav Yossef aussi, pourquoi a-t-il besoin de prendre 'car on a accompli en elle l'acte du sacrifice expiatoire d'oiseau' ? il aurait dû dire : parce que [ce qui] rend apte l'abattage de l'oiseau [se fait] avec un seul siman ! Et de plus, le fait que Rav Yossef ait pris [le cas où] 'l'un dehors et l'un dedans' [est] aussi invalide — [cela] implique [que] les deux dedans [serait] valide ; or s'il s'agit d'un oiseau, voici que [ce qui] le rend apte n'est que par melika, et [il serait alors] coupable, [si bien qu']il aurait dû prendre 'et non invalide'. Il paraît donc [préférable] d'expliquer qu'il s'agit d'une bête domestique (behema), et que [le terme] 'invalide' qu'a pris Rav Yossef n'est pas exact, car [il serait] de même coupable pour tout le monde [selon les deux avis] ; car s'il n'y a pas [là] de culpabilité [encourue], alors qu'il établisse leur litige [dans le cas] d'un siman dehors et un siman dedans, et qu'ils divergent quant à la culpabilité — or pourquoi [Rava] l'établit-il [dans le cas] de la minorité des simanim dehors et achevée dedans ? Et si tu dis : à la fin de notre chapitre (Houlin 40b), à propos de ce qui est enseigné [que] 'celui qui abat un sacrifice expiatoire (hatat) le chabbat, dehors, pour [le compte d']une idole (avoda zara), est coupable de trois [sacrifices] expiatoires', et [le Talmud] l'établit [dans le cas] d'un hatat d'oiseau dont une moitié de la trachée (hatzi kaneh) était entaillée (pagoum) et [auquel] il a ajouté une chose minime, en sorte que tous [les actes] viennent ensemble — et pour cela il a pris [le cas du] hatat et n'a pas pris [un autre] sacrifice, car pour tout autre sacrifice, dès qu'il a abattu un siman pour l'idole il l'a [déjà] interdite, et il n'est plus coupable au titre des 'abattus du dehors' [pour le second siman] — or maintenant [d'après notre sougya], puisque pour une bête domestique aussi il est coupable dès un siman au titre des 'abattus du dehors', qu'on nous enseigne [le cas d']un [autre] sacrifice avec une demi-trachée entaillée ! et bien que pour un siman il ne soit pas coupable au titre du chabbat, n'ayant rien réparé, qu'importe ? de toute façon, lorsqu'il achèvera le second siman, qu'il soit à tout le moins coupable au titre du chabbat ! Et l'on peut dire : ce pour quoi il est coupable dès un siman ici, c'est parce qu'il achève le second [siman] dedans ; mais là, où il s'agit de celui qui abat pour [le compte d']une idole, dès lors qu'[elle] est interdite dès le premier siman, le second siman ne compte plus que comme [quelqu'un qui] découpe dans la poussière (ke-mehatekh be-afar), et c'est comme '[la bête] s'est gâtée à l'abattage' (nitkalkela bi-chehita), dont [le Talmud] dit ci-après que la chose se révèle rétroactivement n'avoir pas été un abattage du tout, à propos de la vache [rousse] ; c'est pourquoi il a pris [le cas d']un oiseau, dont [ce qui] le rend apte [se fait] avec un seul siman ; et ainsi [Rachi] l'a expliqué plus loin dans son commentaire.
💡 Explication

Le point de divergence réel. Cas : on abat un siman hors du parvis (azara) et l'autre dans le parvis. L'interdit des 'abattus du dehors' (chehoutei houtz) frappe qui abat un sacrifice hors du Temple. Pour Rabbi Yo'hanan (l'abattage vaut dès le début), abattre le premier siman dehors est déjà un abattage -> coupable. Pour Resh Lakich (l'abattage ne vaut qu'à la fin), seule la fin compte, et elle a eu lieu dedans -> non coupable.

7
אמר ליה רבה בר שימי: מר לא אמר הכי, ומנו רב יוסף? היכא דשחט סימן אחד בחוץ וסימן אחד בפנים – נמי פסול, שהרי עשה בה מעשה חטאת העוף בחוץ.

Rabba bar Chimi lui dit : le Maître n'a pas dit ainsi — et qui [est ce Maître] ? Rav Yossef.

[Il a dit que,] dans le cas où l'on a abattu un siman dehors et un siman dedans, [c'est] invalide aussi (et il est coupable pour tous), car on a accompli en elle l'acte du sacrifice expiatoire d'oiseau dehors.

📜 Rachi (1)
מר לא אמר הכי דאילו בעוף אם שחט סימן ראשון בחוץ מיחייב שהרי דכוותה כשר בפנים במליקת חטאת העוף. השוחט עוף קדשים בחוץ חייב דיליף מריבויא דאשר ישחט בשחיטת קדשים בפרק השוחט (דף קז.) אבל המולק את העוף פטור:
Le Maître n'a pas dit ainsi — car, [s'il s'agit] d'un oiseau, s'il a abattu le premier siman dehors, il est coupable, puisque, [pour] son équivalent, [il serait] valide dedans par la melika du hatat d'oiseau. Celui qui abat un oiseau consacré dehors est coupable, [comme on le] dérive du redoublement [du verset] 'qui sera abattu' (acher yichahet) [enseignant] l'abattage des [bêtes] consacrées, au chapitre Ha-Chohet (Houlin 107a) ; mais celui qui pince (molek) l'oiseau [dehors] est exempt.
💡 Explication

Rabba bar Chimi corrige Rava : le 'Maître' (Rav Yossef) ne plaait pas là le point de litige. Pour Rav Yossef, le cas 'un siman dehors, un siman dedans' est invalide pour tous — y compris coupable selon les deux avis — car couper le premier siman dehors a déjà accompli l'acte du hatat d'oiseau (qui ne requiert qu'un siman) en lieu impropre.

8
לא נחלקו אלא כגון ששחט מיעוט סימנין בחוץ וגמרו בפנים, למאן דאמר ישנה לשחיטה מתחלה ועד סוף – מיחייב, למאן דאמר אינה לשחיטה אלא בסוף – לא מיחייב.

Ils n'ont divergé que dans un cas tel que [celui où] l'on a abattu la minorité des simanim dehors et qu'on l'a achevé dedans : pour celui qui dit que l'abattage est [un abattage] du début jusqu'à la fin — il est coupable ; pour celui qui dit que l'abattage n'est [un abattage] qu'à sa fin — il n'est pas coupable.

💡 Explication

La version de Rav Yossef du point de litige (voir le schéma). Cas : on coupe la minorité de chaque siman dehors, puis on achève dedans. Pour Rabbi Yo'hanan (abattage dès le début) : commencer dehors rend déjà coupable de 'abattus du dehors'. Pour Resh Lakich (abattage seulement à la fin) : la fin valide ayant eu lieu dedans, non coupable.

9
מתיב רבי זירא: כל העסוקין בפרה מתחלה ועד סוף – מטמאין בגדים, ופוסלין אותה במלאכה אחרת.

Rabbi Zera objecta [depuis une michna] : tous ceux qui s'occupent de la vache [rousse] (para), du début jusqu'à la fin, rendent [leurs] habits impurs, et [ils] l'invalident par un [autre] travail (melakha aheret).

📜 Rachi (4)
כל העסוקין בפרה אדומה:
Tous ceux qui s'occupent de la vache — rousse (aduma).
מתחלה ועד סופה באחת עבודותיה בין באמצע ובין בתחלה ובין בסוף:
Du début jusqu'à sa fin — dans l'une de ses opérations (avodot), que ce soit au milieu, au début ou à la fin.
מטמאין את הבגדים כדכתיב (במדבר יט) עץ ארז ואזוב ושני תולעת והשליך אל תוך שריפת הפרה וסמיך ליה וכבס בגדיו הכהן וגו' וכתיב בשריפתה והשורף אותה וגו' ותניא בסיפרי אם המשליך את האזוב מטמא בגדים השורף לא כ"ש מה ת"ל והשורף בא הכתוב ולימד על כל העסוקים בפרה מתחלה ועד סוף שיהו טעונים תכבוסת בגדים:
Rendent les habits impurs — comme il est écrit (Nombres 19) 'du bois de cèdre, de l'hysope et du cramoisi, et il [les] jettera au milieu de l'embrasement de la vache', et à la suite [il est écrit] 'et le prêtre lavera ses habits, etc.', et il est écrit à propos de sa combustion 'et celui qui la brûle, etc.' ; et il est enseigné dans le Sifri : si celui qui jette l'hysope rend les habits impurs, celui qui [la] brûle, n'est-ce pas à plus forte raison ? que vient donc enseigner 'et celui qui la brûle' ? l'Écriture est venue enseigner, au sujet de tous ceux qui s'occupent de la vache du début jusqu'à la fin, qu'ils requièrent le lavage des habits.
ופוסלין אותה במלאכה אם נתעסקו עמה במלאכה אחרת כגון ששחט וחתך עמה דלעת דתניא (ספרי חקת יט ג) ושחט אותה בא הכתוב ולימד על הפרה שתהא מלאכה פוסלתה בשחיטתה ושרף את הפרה בא הכתוב ולימד שתהא מלאכה פוסלת בשריפתה:
Et l'invalident par un travail — s'ils se sont occupés avec elle d'un autre travail, par exemple [s'il a] abattu et coupé avec elle [pendant ce temps] une courge (delaat), comme il est enseigné (Sifri Houkat 19,3) : 'et il l'abattra' — l'Écriture est venue enseigner, au sujet de la vache, qu'un travail l'invalide pendant son abattage ; 'et il brûlera la vache' — l'Écriture est venue enseigner qu'un travail [l']invalide pendant sa combustion.
💡 Explication

Objection de Rabbi Zera contre Resh Lakich, depuis la michna de la vache rousse (Para 4:4). Deux règles : (1) tous ceux qui s'occupent de la vache rousse, du début à la fin de l'une de ses opérations, rendent leurs habits impurs ; (2) ils l'invalident s'ils accomplissent simultanément un autre travail (melakha) étranger au rite.

10
אירע בה פסול בשחיטתה, בין קודם פסולה בין לאחר פסולה – אינה מטמאה בגדים; בהזאתה: קודם פסולה – מטמאה בגדים, לאחר פסולה – אינה מטמאה בגדים.

[Si] un défaut (pessoul) lui est survenu pendant son abattage — que ce soit avant le défaut, que ce soit après le défaut — elle ne rend pas [les] habits impurs ; pendant son aspersion (haza'a) : avant le défaut — elle rend [les] habits impurs ; après le défaut — elle ne rend pas [les] habits impurs.

📜 Rachi (4)
בשחיטתה כגון שנתנבלה:
Pendant son abattage — par exemple [si] elle est devenue charogne (nitnabela).
אינה מטמאה בגדים שאין כאן עבודה ואם אסף אפרה או שרפה ולא נגע בה או אפילו נגע בה בפשוטי כלי עץ שלא טמאתו משום נבלה אינו טמא משום מתעסק בפרה שאין כאן פרה אדומה:
Elle ne rend pas les habits impurs — car il n'y a pas là de service (avoda) ; et s'il a recueilli ses cendres, ou [s'il l]'a brûlée sans [l]'avoir touchée, ou même [s'il l]'a touchée par un ustensile de bois plat (pechoutei klei ets) qui ne le rend pas impur au titre de charogne (nevela), il n'est pas impur au titre de 'celui qui s'occupe de la vache', car il n'y a pas là de vache rousse [valide].
בהזאתה בהזאת דמה שהיה מזה הימנה ז' פעמים כנגד פתח של היכל כדכתיב (שם יט) והזה אל נכח פני וגו':
Pendant son aspersion — l'aspersion de son sang, qu'il aspergeait d'elle sept fois face à l'ouverture du Sanctuaire (Heikhal), comme il est écrit (là, 19) 'et il aspergera vers le devant de la face, etc.'.
קודם פסולה מטמאה בגדים דמתעסק בפרה הוא וכבר נעשית שחיטתה בהכשר:
Avant le défaut, elle rend les habits impurs — car il s'occupe [bien] de la vache, et son abattage a déjà été accompli de manière valide (be-hekhcher).
🗂️ Tossefot (1)
אירע פסול בשחיטתה פ"ה כגון נתנבלה ור"ת מפרש פסול של מלאכה אחרת דומיא דהזאה דאי אמרת בשחיטה נמי יש חילוק במלאכה בין קודם פסולה בין לאחר פסולה א"כ לפלוג בשחיטה עצמה ואמאי נקט הזאה ואע"ג דאיירי בפסול מלאכה מ"מ קאמר שפיר בסמוך שאני נתקלקלה בשחיטה דאגלאי מילתא למפרע דלאו שחיטה היא כלל דכיון דנתקלקלה א"כ לא נעשה עדיין כלום לשם פרה בכשרות אבל אירע פסול בהזאתה אין לחוש דכבר נעשית השחיטה בכשרות:
Un défaut lui est survenu pendant son abattage — Rachi a expliqué [cela] : par exemple [si] elle est devenue charogne ; et Rabbenou Tam explique [qu'il s'agit] du défaut d'un autre travail (melakha aheret), à l'instar de l'aspersion. Car si tu dis [qu'il s'agit] aussi d'un défaut à l'abattage [au sens d'une bête devenue charogne], il y aurait une distinction, dans le travail, entre 'avant le défaut' et 'après le défaut' [à l'abattage aussi] ; et s'il en est ainsi, qu'il distingue [donc] dans l'abattage lui-même, et pourquoi prend-il l'aspersion ? Et bien qu'il s'agisse [chez Rabbenou Tam] du défaut d'un [autre] travail, néanmoins [le Talmud] dit fort bien ci-après : 'il en va autrement [quand] elle s'est gâtée à l'abattage (nitkalkela bi-chehita), car la chose se révèle rétroactivement n'avoir pas été un abattage du tout' — car dès lors qu'elle s'est gâtée, voici que rien n'a encore été accompli au titre de [la] vache [rousse] de manière valide ; mais [si] un défaut est survenu pendant son aspersion, il n'y a pas à s'[en] soucier, car l'abattage a déjà été accompli de manière valide.
💡 Explication

La michna distingue selon le moment du défaut (voir le schéma). Si le défaut survient à l'abattage, aucune distinction n'est faite : ni avant ni après le défaut elle n'impurifie les habits. Si le défaut survient à l'aspersion du sang, on distingue : ceux qui s'en occupent avant le défaut impurifient leurs habits, ceux qui s'en occupent après ne les impurifient pas.

11
ואי אמרת ישנה לשחיטה מתחלה ועד סוף, לפלוג נמי בשחיטתה: אירע בה פסול בשחיטה – קודם פסולה מטמאה בגדים, לאחר פסולה – אינה מטמאה בגדים!

Et si tu dis que l'abattage est [un abattage] du début jusqu'à la fin, qu'on distingue aussi pendant son abattage : [si] un défaut lui est survenu pendant l'abattage — avant le défaut, elle rend [les] habits impurs ; après le défaut, elle ne rend pas [les] habits impurs !

💡 Explication

Rabbi Zera déroule l'objection. Si, comme dit Rabbi Yo'hanan, l'abattage vaut du début, alors la michna aurait dû distinguer aussi pendant l'abattage : ceux qui s'occupent de la vache avant le défaut (l'abattage étant déjà commencé et donc déjà un 'service') devraient impurifier leurs habits, ceux qui s'en occupent après non. Or la michna ne fait aucune distinction à l'abattage — preuve apparente contre Rabbi Yo'hanan.

12
אמר רבא: נתקלקלה שחיטה קאמרת? שאני התם, דאגלאי מלתא למפרע דלאו שחיטה היא כלל.

Rava dit : tu parles [du cas où] l'abattage s'est gâté (nitkalkela chehita) ? Là, [c'est] différent, car la chose se révèle rétroactivement (le-mafrea) n'avoir pas été un abattage du tout.

📜 Rachi (1)
דלאו שחיטה היא כלל שהרי סופה הוכיח אבל היכא דנגמרה שחיטה ממש אימא לך דכולה קרויה שחיטה מתחלה ועד סוף:
N'avoir pas été un abattage du tout — car sa fin [l']a prouvé ; mais là où l'abattage a été achevé véritablement, je [peux] te dire que tout [l'acte] est appelé abattage, du début jusqu'à la fin.
💡 Explication

Rava écarte l'objection. La michna ('défaut à l'abattage') vise le cas où l'abattage lui-même s'est gâté (la bête est devenue charogne) : là, c'est différent, car un abattage raté se révèle rétroactivement n'avoir jamais été un abattage. Aucune phase n'ayant été un abattage valide, rien n'impurifie — même pour Rabbi Yo'hanan. Le litige porte donc bien sur un abattage achevé valablement, divisé entre deux lieux où deux personnes.

13
אמר רבא: אי קשיא לי הא קשיא לי, למאן דאמר אינה לשחיטה אלא בסוף, לפלוג בהכשרה דפרה, כגון דשחטוה בתרי גברי, דגברא קמא לא מטמאה, וגברא בתרא מטמאה!

Rava dit : si quelque chose m'est difficile, voici ce qui m'est difficile : pour celui qui dit que l'abattage n'est [un abattage] qu'à sa fin, qu'on distingue dans la préparation valide (hekhcher) de la vache — par exemple [le cas] où deux hommes l'ont abattue — de sorte que [pour] le premier homme elle ne rend pas [les habits] impurs, et [pour] le second homme elle rend [les habits] impurs !

📜 Rachi (1)
לפלוג נמי האי תנא בהכשרא דפרה אפילו בפרה שלא נפסלה יש לחלק בין בגדים לבגדים:
Qu'on distingue — que ce Tana, lui aussi, [distingue] dans la préparation valide de la vache : même pour une vache qui n'a pas été disqualifiée, il y a [lieu] de distinguer entre des habits et des habits [selon la personne].
💡 Explication

Rava soulève sa propre difficulté, cette fois contre Resh Lakich. Si l'abattage ne vaut qu'à sa fin, la michna aurait dû distinguer, même pour une vache non disqualifiée, le cas de deux hommes qui l'abattent ensemble : le premier (qui commence, avant que l'abattage 'compte') ne devrait pas impurifier ses habits, tandis que le second (qui achève, au moment où l'acte devient abattage) devrait les impurifier.

14
אמר רב יוסף: תרי גברי בחד זיבחא קאמרת? בר מיניה דההוא דתנינא: ״תזבח״ – שלא יהו שנים שוחטין זבח אחד, ״תזבחהו״ – שלא יהא אחד שוחט שני זבחים.

Rav Yossef dit : tu parles [du cas de] deux hommes pour un seul sacrifice ? Hormis cela [ce cas excepté], car nous avons appris : '[tu] sacrifieras' (tizbach) — [pour enseigner] qu'il n'y aura pas deux [personnes] qui abattent un seul sacrifice ; 'tu le sacrifieras' (tizbachehou) — [pour enseigner] qu'un seul [homme] n'abattra pas deux sacrifices.

🗂️ Tossefot (1)
תרי גברי בחד זיבחא קאמרת תימה הא ע"כ שלא יהיו ב' שוחטין זבח אחד היינו לכתחלה אבל בדיעבד כשר כמו אחד שוחט ב' זבחים דמוקי לעיל מתניתין דשוחט ב' ראשים כאחד שחיטתו כשרה בקדשים וא"כ אכתי לפלוג בהכשר דפרה וי"ל דכיון דלכתחלה אסור מילתא דלא שכיחא היא אע"ג דפריך לפלוג בב' סודרים הא שכיחא טפי:
Tu parles [du cas de] deux hommes pour un seul sacrifice ? — [c'est] étonnant : [car] forcément, [le derach] 'qu'il n'y aura pas deux [personnes] qui abattent un seul sacrifice' [vaut] a priori (lekhatchila), mais a posteriori (be-di'avad) [c'est] valide, de même qu'[il en va pour] un seul [homme] qui abat deux sacrifices, [cas dans] lequel [le Talmud] établit plus haut [la michna :] 'celui qui abat deux têtes [à la fois], son abattage est valide' [même] pour les [bêtes] consacrées ; et s'il en est ainsi, qu'on distingue encore dans la préparation valide de la vache ! Et l'on peut dire : dès lors que c'est interdit à priori, c'est une chose qui n'est pas fréquente (lo chekhiha) ; et bien qu'[ici] il objecte 'qu'on distingue [le cas] de deux linges (tarte soudarim)' [pour l'aspersion], cela [c'est] plus fréquent.
💡 Explication

Rav Yossef écarte la difficulté de Rava. Le cas de deux hommes pour un seul abattage est exclu d'office, car un derach l'interdit (voir le schéma) : le mot 'tizbachéhou' (Lev 19:5) se décompose en 'tizbach' (tu abattras) -> pas deux qui abattent un seul sacrifice, et 'hou' (lui) -> un seul homme n'abat pas deux sacrifices. La michna n'avait donc pas à envisager ce cas irrégulier.

15
ואמר רב כהנא: ״תזבחהו״ כתיב.

Et Rav Kahana a dit : '[tu] le sacrifieras' (tizbachéhou) est écrit [sans waw].

💡 Explication

Rav Kahana étaye le premier derach. Le mot, vocalisé au pluriel ('tizbachouhou', vous le sacrifierez — ce qui suggérerait que deux peuvent abattre), est écrit sans waw ; on le lit donc au singulier 'tizbachéhou' (tu le sacrifieras, toi seul) — d'où : pas deux qui abattent un seul sacrifice.

16
אמר ליה אביי: לאו אתמר עלה, אמר רבה בר בר חנה אמר רבי יוחנן: זו דברי רבי אלעזר ברבי שמעון

Abaye lui dit : n'a-t-il pas été dit à ce sujet, [que] Rabba bar bar Hana a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : ceci [est] la parole de Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon,

💡 Explication

Abaye objecte à Rav Yossef. Le derach interdisant que deux abattent un seul sacrifice n'est pas une règle admise de tous : Rabba bar bar Hana, au nom de Rabbi Yo'hanan, l'a attribué à Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon [seul]. La suite, qui montre que d'autres Tanaim l'autorisent, se poursuit au daf suivant (30a).

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).