Chullin 2b — 'hakol' a priori ou a posteriori ; la lecture de Rabba bar Oulla (tameh dans la houlin et dans les consacrés)

Chullin 2b

Sougya : La sougya achève la dispute sur le vœu (Rabbi Yehouda n'admet 'vouer et accomplir' que pour 'hareh zo', non pour 'hareh alai'), puis poursuit le va-et-vient sur le mot 'hakol' : il existe des 'tous' à priori (souka, tsitsit, semikha) et des 'tous' à posteriori. Rav Achi tranche que c'est la redondance 'leur abattage est cacher' qui force à lire 'tous abattent' comme a priori.

Rabba bar Oulla résout alors la Michna : 'tous abattent' a priori vise l'homme impur abattant de la houlin préparée selon la pureté du qodech (au long couteau) ; 'leur abattage est cacher' (a posteriori) vise l'impur abattant des consacrés ; et le cheresh/choteh/katan sont exclus même a posteriori (chehiya, derassa, haldama). La Guemara analyse enfin 'et tous ceux-là sous surveillance', rattache le tameh des consacrés à la michna de Zevahim 31b, et commence à préciser de quelle impureté il s'agit.

Comment Rabba bar Oulla lit la Michna Clause de la Michna de quel cas s'agit-il statut Hakol shochtin (tous abattent) tameh, houlin de pureté (al taharat ha-qodech) à priori au long couteau ushchitatan kesherah (leur abattage est cacher) tameh, consacrés (mukdachim) a priori NON a posteriori OUI si 'beri li' (n'a pas touché) chutz mi-cheresh, choteh, katan même houlin ordinaire même a posteriori NON
La résolution de Rabba bar Oulla (segments 5-8) : chaque clause de la Michna vise un cas différent.
1
אֲבָל אָמַר ״הֲרֵי עָלַי״ – לֹא.

Mais s'il a dit 'voici sur moi' (hareh alai, je m'engage à apporter un sacrifice) — non [même Rabbi Yehouda concède qu'il vaut mieux ne pas vouer]. Il ressort donc que 'tous évaluent' et 'tous vouent' (Arakhin) ne sont pas à priori.

📜 Rachi (1)
אֲבָל אָמַר הֲרֵי עָלַי לֹא דִּלְמָא פָּשַׁע וְלֹא מְקַייֵּם וְהָכִי מוֹקְמִינַן לָהּ בִּנְדָרִים בפ"ק (דַּף י.) לְר' יְהוּדָה תָּנֵי נוֹדֵב וּמְשַׁלֵּם. אַלְמָא מַעֲרִיכִין וְנוֹדְרִין לְכַתְּחִלָּה לֹא דַּהֲרֵי עָלַי הוּא דְּלֵיכָּא לְמֵימַר בְּהוּ הֲרֵי זוֹ עַד דְּאָמַר בְּרֵישָׁא עֶרְכִּי עָלַי וַהֲדַר יָהֵיב כְּפִי הַקָּצוּב בַּפָּרָשָׁה וְדָמֵי עָלַי נָמֵי דְּבָעֵי לִמְשַׁיְּימֶיהָ כְּעַבְדָּא דְּהֵיכִי מָצֵי לְמֵימַר הֲרֵי אֵלּוּ לַעֲרָכִים אִם לֹא נָדַר תְּחִלָּה בְּעֵרֶךְ:
Mais s'il a dit 'voici sur moi' — non, de peur qu'il ne néglige et n'accomplisse pas. Ainsi l'établit-on dans Nedarim, premier chapitre (10a) : selon Rabbi Yehouda on enseigne 'il voue (nodev) et accomplit'. Il ressort que 'évaluer' et 'vouer' [d'Arakhin] ne sont pas à priori, car c'est du 'hareh alai' (voici sur moi), où l'on ne peut dire 'hareh zo' : il dit d'abord 'mon erekh m'incombe' puis donne selon le montant fixé par la section ; et 'sa valeur m'incombe' aussi, qu'il faut évaluer comme [le prix d'] un esclave — comment pourrait-il dire 'voici ceci pour les erekhim' s'il n'a pas d'abord voué un erekh ?
🗂️ Tossefot (1)
אֲבָל אָמַר הֲרֵי עָלַי לֹא הַךְ סֻוגְיָא כְּלִישָּׁנָא בָּתְרָא דפ"ק דִּנְדָרִים (דַּף י.) דְּקָאָמַר דִּפְלִיגִי בְּנוֹדֵב אֲבָל לְלִישָּׁנָא קַמָּא דְּקָאָמַר דִּפְלִיגִי בְּנוֹדֵר אֲבָל בְּנוֹדֵב מוֹדֶה רַבִּי מֵאִיר וא"ת כֵּיוָן דִּקְרָא בְּנֶדֶר כְּתִיב מְנָא לֵיהּ לְרַבִּי מֵאִיר דְּאֵין נוֹדֵב טוֹב מִנּוֹדֵר וּמְשַׁלֵּם וּלְרַבִּי יְהוּדָה נָמֵי אַמַּאי אִם אָמַר הֲרֵי עָלַי לֹא הָא כָּל הֵיכָא דִּכְתִיב נֶדֶר הָוֵי נֶדֶר דַּוְקָא וּנְדָבָה הָוֵי נְדָבָה דַּוְקָא כִּדְמוֹכַח בְּרֵישׁ מְנָחוֹת (דַּף ב.) וּזְבָחִים (דַּף ב.) גַּבֵּי כַּאֲשֶׁר נָדַרְתָּ לַה' אֱ-לֹהֶיךָ נְדָבָה דְּפָרִיךְ הַאי נְדָבָה נֶדֶר הוּא וי"מ דְּהָתָם פָּרֵיךְ מִשּׁוּם דִּשְׁנֵי קְרָא בְּדִבּוּרֵיהּ וְי"ל דְּקָסָבַר כֵּיוָן דְּחָייֵשׁ קְרָא לְתַקָּלָה בְּנֶדֶר ה"ה בִּנְדָבָה דְּהָא אִיכָּא לְמֵיחַשׁ לְתַקָּלָה דְּאַפֵּי' מְבִיאָהּ לָעֲזָרָה וּמַקְדִּישָׁהּ יָכוֹל לֵהָנוֹת וְלִמְעֹול בָּהּ וְלָבֹא לִידֵי תַּקָּלָה בְּכַמָּה עִנְייָנִים דכ"ע לָא בְּקִיאֵי כְּהִלֵּל דְּמֵעוֹלָם לֹא מָעַל אָדָם בְּעוֹלָתוֹ (פְּסָחִים דַּף סו:) וּלְרַבִּי יְהוּדָה נָמֵי מַשְׁמַע לֵיהּ קְרָא דַּוְקָא בִּנְדָבָה אע"ג דִּבְנֶדֶר כְּתִיב דְּהָא בְּנֶדֶר לָא מָצֵי לְמֵימַר דְּנוֹדֵר וּמְשַׁלֵּם טוֹב שֶׁהֲרֵי כְּתִיב וְכִי תֶחְדַּל לִנְדֹּור לֹא יִהְיֶה בְךָ חֵטְא הָא אִם תָּדוּר יִהְיֶה בְּךָ חֵטְא וּלְלִישָּׁנָא קַמָּא דִּנְדָרִים מְפָרְשִׁינַן לִקְרָא הָא אִם תָּדוּר אֶפְשָׁר שֶׁיִּהְיֶה בְּךָ חֵטְא אִם לֹא תְּשַׁלֵּם וא"ת לְרַבִּי מֵאִיר דְּאֵין טוֹב שֶׁיְּהֵא נוֹדֵב וּמְשַׁלֵּם כָּל עִיקָּר אֲפִילּוּ מֵבִיא כִּבַּשְׁתּוֹ לָעֲזָרָה לְהַאי לִישָּׁנָא בָתְרָא דִּנְדָרִים הֵיאַךְ אָכְלוּ יִשְׂרָאֵל שְׁלָמִים בַּמִּדְבָּר וְי"ל כֵּיוָן שֶׁנֶּאֶסְרוּ בְּעִנְיָן אַחֵר בְּבָשָׂר הָווּ כְּאִילּוּ צִוָּה לָהֶם הַמָּקוֹם לֶאֱכֹול עַל יְדֵי שְׁלָמִים וא"ת וְהָא כְּתִיב (בְּרֵאשִׁית כ״ח:כ׳) וַיִּדַּר יַעֲקֹב נֶדֶר וּכְתִיב (יוֹנָה ב׳:י׳) אֶת אֲשֶׁר נָדַרְתִּי אֲשַׁלְּמָה וי"ל דְּבִשְׁעַת צָרָה שָׁרִי כִּדְאָמְרִינַן בִּבְרֵאשִׁית רַבָּה וַיִּדַּר יַעֲקֹב נֶדֶר לֵאמֹר לֵאמֹר לְדוֹרוֹת שֶׁיִּהְיוּ נוֹדְרִים בְּעֵת צָרָה:
'Mais s'il a dit hareh alai, non' — cette sougya suit la seconde version (lichna batra) du premier chapitre de Nedarim (10a), qui dit qu'ils [Meir et Yehouda] divergent sur le 'nodev' (hareh alai) ; mais selon la première version, qui dit qu'ils divergent sur le 'noder' (hareh zo) tandis que pour le nodev Rabbi Meir concède. On pourrait objecter : puisque le verset est écrit à propos du neder, d'où Rabbi Meir tire-t-il que le nodev n'est pas meilleur que celui qui voue et accomplit ? Et selon Rabbi Yehouda aussi, pourquoi 'si hareh alai, non' ? Car partout où il est écrit 'neder' c'est un neder au sens strict, et 'nedava' une nedava au sens strict, comme le prouve le début de Menahot (2a) et de Zevahim (2a) à propos de 'comme tu l'as voué (nadarta) à l'Éternel ton Dieu, une nedava', où l'on objecte 'cette nedava est pourtant un neder !'. Et certains expliquent que là-bas on objecte parce que le verset a changé son expression. On peut répondre : il estime que, puisque le verset craint la faute (taqala) dans le neder, il en va de même pour la nedava, car il y a aussi à craindre une faute — même s'il l'amène au parvis et la consacre, il peut en tirer profit, commettre un meila et en venir à la faute de bien des manières, car tous ne sont pas experts comme Hillel, dont 'jamais personne ne commit de meila avec son holocauste' (Pessahim 66b). Et selon Rabbi Yehouda aussi, le verset lui paraît viser précisément la nedava, bien qu'il soit écrit pour le neder, car pour le neder on ne peut dire que 'vouer et accomplir' est meilleur, puisqu'il est écrit 'et si tu t'abstiens de vouer il n'y aura pas de faute en toi' — d'où : mais si tu voués, il y aura une faute en toi ; et selon la première version de Nedarim, on lit le verset 'si tu voués, il PEUT y avoir une faute en toi, si tu n'accomplis pas'. On pourrait objecter : selon Rabbi Meir, pour qui vouer-et-accomplir n'est aucunement bon, même s'il amène sa brebis au parvis (selon cette seconde version de Nedarim), comment les Israélites ont-ils mangé des chelamim au désert ? On répond : puisqu'il leur était interdit autrement de manger de la viande, c'est comme si l'Omniprésent leur avait ordonné de manger par le biais des chelamim. On pourrait encore objecter : il est écrit (Gen 28:20) 'et Yaakov fit un vœu' et (Yona 2:10) 'ce que j'ai voué, je l'accomplirai' ! On répond : en temps de détresse c'est permis, comme dans Bereshit Rabba : 'et Yaakov fit un vœu, lemor' — pour dire aux générations qu'elles vouent en temps de détresse.
💡 Explication

Rabbi Yehouda n'admet la supériorité du vœu accompli que pour 'hareh zo' (cette bête-ci, sans responsabilité ultérieure). Pour 'hareh alai' (je m'engage à apporter), où l'on reste tenu jusqu'à l'exécution, même lui préfère ne pas vouer. Or les 'tous' d'Arakhin sont des formules 'alai' : ils ne sont donc pas à priori.

2
וְכָל ״הַכֹּל״ לָאו לְכַתְּחִלָּה הוּא? אֶלָּא ״הַכֹּל חַייָּבִים בַּסֻּוכָּה״, ״הַכֹּל חַייָּבִין בְּצִיצִית״, הָכִי נָמֵי דְּלָאו לְכַתְּחִלָּה?

[Rav Achi répond :] Et tout 'tous' (hakol) serait-il [forcément] non à priori ? Mais alors : 'tous sont tenus à la souka', 'tous sont tenus aux tsitsit' — là aussi serait-ce non à priori ?

📜 Rachi (3)
וְכֹל הַכֹּל לָאו לְכַתְּחִלָּה הוּא וְכִי אֵין לְךָ הַכֹּל שֶׁהוּא לְכַתְּחִלָּה:
Et tout 'tous' serait-il non à priori — n'as-tu donc aucun 'tous' qui soit a priori ?
הַכֹּל חַייָּבִים בַּסֻּוכָּה לְאֵתוֹיֵי קָטָן שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ לְאִמּוֹ:
Tous sont tenus à la souka — [le 'tous'] vient inclure le mineur qui n'a plus besoin de sa mère (katan she-eino tzarikh le-imo).
הַכֹּל חַייָּבִים בְּצִיצִית לְאֵתוֹיֵי קָטָן הַיּוֹדֵעַ לְהִתְעַטֵּף:
Tous sont tenus aux tsitsit — vient inclure le mineur qui sait se draper [du vêtement].
💡 Explication

Rav Achi renverse l'argument : si 'hakol' n'était jamais a priori, que dire de 'tous sont tenus à la souka / aux tsitsit', des obligations qu'on accomplit évidemment a priori ?

3
חַייָּבִין – לָא קָאָמֵינָא. אֶלָּא מֵעַתָּה, ״הַכֹּל סוֹמְכִין, אֶחָד הָאֲנָשִׁים וְאֶחָד הַנָּשִׁים״ – הָכִי נָמֵי דְּלָאו לְכַתְּחִלָּה? וְהָא כְּתִיב: ״וְסָמַךְ יָדוֹ … וְנִרְצָה״!

[Rav Aha :] Je ne parle pas [des cas] 'sont tenus' [une obligation s'accomplit évidemment a priori]. [Rav Achi :] Mais alors : 'tous posent les mains (somekhin), tant les hommes que les femmes' (Menahot 93a) — là aussi serait-ce non à priori ?

Or il est écrit (Lev 1:4) : 'Et il posera sa main... et il sera agréé' !

📜 Rachi (2)
חַייָּבִין לָא קָאָמֵינָא הֵיכָא דְּתָנֵי חַייָּבִין מוּכָח וַדַּאי דִּלְכַתְּחִלָּה קָאָמַר:
Je ne parle pas de 'sont tenus' — là où l'on enseigne 'sont tenus', il est certain que c'est à priori.
הַכֹּל סוֹמְכִין לַאֲתוּיֵי יוֹרֵשׁ וְהָא וַדַּאי לְכַתְּחִלָּה קָאָמַר דְּמִצְוָה רַמְיָא עֲלֵיהּ עַל כָּרְחֵיהּ:
Tous posent les mains — [le 'tous'] vient inclure l'héritier ; et c'est assurément a priori, car la mitsva lui incombe contre son gré (il doit poser les mains sur le sacrifice dont il a hérité).
💡 Explication

Rav Aha précise : les formules 'sont tenus' sont évidemment a priori, il ne les visait pas. Rav Achi rétorque avec 'tous posent les mains (semikha)' — un 'hakol' qui n'est pas 'hayavin' et qui est pourtant a priori (Lev 1:4).

4
אִין, אִיכָּא ״הַכֹּל״ לְכַתְּחִלָּה, וְאִיכָּא ״הַכֹּל״ דִּיעֲבַד. אֶלָּא ״הַכֹּל״ דְּהָכָא, מִמַּאי דִּלְכַתְּחִלָּה הוּא דְּתִקְשֵׁי לָךְ? דִּלְמָא דִּיעֲבַד הוּא, וְלָא תִּקְשֵׁי לָךְ.

[Rav Aha :] En effet, il y a des 'tous' à priori et des 'tous' à posteriori. Mais alors, le 'tous' d'ici [notre Michna], d'où [sais-tu] qu'il est à priori, pour que cela te fasse difficulté ?

Peut-être est-il a posteriori, et il n'y a pas de difficulté !

💡 Explication

Concession : 'hakol' peut être tantôt a priori, tantôt a posteriori. Rien n'oblige donc à lire 'tous abattent' comme a priori — peut-être est-ce à posteriori, et la contradiction disparaît.

5
אֲמַר לֵיהּ: אֲנָא ״שְׁחִיטָתָן כְּשֵׁרָה״ קַשְׁיָא לִי, מִדְּקָתָנֵי שְׁחִיטָתָן כְּשֵׁרָה דִּיעֲבַד, מִכְּלָל ד״הַכֹּל״ לְכַתְּחִלָּה הוּא, דְּאִי דִּיעֲבַד – תַּרְתֵּי דִּיעֲבַד לָמָּה לִי?

[Rav Achi] lui dit : c'est 'leur abattage est cacher' qui me fait difficulté. Du fait qu'il enseigne 'leur abattage est cacher' — à posteriori — on conclut que 'tous [abattent]' est à priori ; car si [le début était déjà] à posteriori, pourquoi deux [énoncés] à posteriori ?

📜 Rachi (1)
תַּרְתֵּי דִּיעֲבַד לָמָּה לִי הָכִי אִיבְּעִי לֵיהּ לְמִיתְנֵי שְׁחִיטַת הַכֹּל כְּשֵׁרָה חוּץ מחש"ו דְּמַשְׁמַע שַׁפִּיר דְּהָנָךְ דְּמִרַבֵּינַן מֵהַכֹּל דִּיעֲבַד קָמִרַבֵּינַן אֲבָל לֹא לְכַתְּחִלָּה א"נ נִיתְנֵי הַכֹּל שׁוֹחֲטִין לְחוּדֵיהּ כְּדִתְנַן גַּבֵּי מַעֲרִיכִין וְנוֹדְרִין וְלֹא מְפָרֵשׁ לָמָּה לִי לְמִיתְנֵי הַכֹּל שׁוֹחֲטִין וְאִצְטְרִיךְ לְפָרוֹשֵׁי וּשְׁחִיטָתָן כְּשֵׁרָה לְמֵימַר דְּשׁוֹחֲטִין דְּרֵישָׁא דִּיעֲבַד הוּא. וְאִי קַשְׁיָא בִּתְמוּרָה נָמֵי הָא תָּנֵי וַהֲדַר מְפָרֵשׁ הָתָם לָא קָתָנֵי כה"ג הַכֹּל מְמִירִין וּתְמוּרָתָן תְּמוּרָה בַּהֲדֵי הֲדָדֵי וְאִי מִשּׁוּם לֹא שֶׁאָדָם רַשַּׁאי מִשּׁוּם דְּבָעֵי לְאַסּוֹקֵי וְסוֹפֵג אֶת הָאַרְבָּעִים לְאַשְׁמוֹעִינַן דְּלוֹקִין עַל לָאו שֶׁאֵין בּוֹ מַעֲשֶׂה:
Pourquoi deux [énoncés] à posteriori — il aurait dû enseigner 'l'abattage de tous est cacher, sauf le cheresh/choteh/katan', ce qui aurait bien indiqué que ceux que 'tous' inclut, on les inclut à posteriori et non à priori ; ou bien enseigner 'tous abattent' seul, comme pour 'évaluer' et 'vouer', sans s'expliquer. Or il a eu besoin d'enseigner 'tous abattent' puis de préciser 'et leur abattage est cacher' pour dire que le 'abattent' du début est à posteriori. Et si tu objectes : dans Temoura aussi il enseigne puis explique — là-bas il n'enseigne pas de cette manière 'tous substituent et leur substitution est valable' côté à côté ; et si [le double y est] à cause de 'non que l'homme ait le droit', c'est parce qu'il veut conclure 'et il reçoit les quarante coups', pour nous apprendre qu'on est flagellé sur un interdit sans acte.
🗂️ Tossefot (1)
אֲנָא שְׁחִיטָתָן כְּשֵׁרָה קָא קַשְׁיָא לִי מַשְׁמַע שֶׁרַב אַשִּׁי הִקְשָׁה אוֹתָהּ קֻושְׁיָא ואע"פ שֶׁהִיא סֻוגְייַת הַגְּמָרָא וּמִכָּאן רְאָיָה שֶׁרַב אַשִּׁי סִידֵּר הַגְּמָרָא אע"ג דְּאַבַּיֵּי וְרָבָא נָמֵי אָתוּ לְשַׁנּוֹיֵי הַךְ קוּשְׁיָא וְהֵם קָדְמוּ הַרְבֵּה לְרַב אַשִּׁי שֶׁמָּא גַּם בִּימֵיהֶם הַקַּשְׂוָה כְּבָר:
'C'est leur abattage est cacher qui me fait difficulté' — il ressort que c'est Rav Achi qui a soulevé cette difficulté, bien qu'elle fasse partie de la trame de la Guemara ; et de là, une preuve que Rav Achi a ordonné (rédigé) la Guemara. Et bien qu'Abaye et Rava viennent aussi résoudre cette difficulté, et qu'ils soient bien antérieurs à Rav Achi, peut-être l'avait-on déjà soulevée de leur temps.
💡 Explication

Rav Achi recentre sur la redondance : si 'tous abattent' valait déjà 'à posteriori', 'leur abattage est cacher' ferait double emploi. Donc 'tous abattent' est à priori — et la tension revient.

6
אָמַר רַבָּה בַּר עֻולָּא: הָכִי קָתָנֵי – הַכֹּל שׁוֹחֲטִין, וַאֲפִילּוּ טָמֵא בְּחֻולִּין. טָמֵא בְּחֻולִּין מַאי לְמֵימְרָא? בְּחֻולִּין שֶׁנַּעֲשׂוּ עַל טָהֳרַת הַקֹּדֶשׁ, וְקָסָבַר: חֻולִּין שֶׁנַּעֲשׂוּ עַל טָהֳרַת הַקֹּדֶשׁ כְּקֹדֶשׁ דָּמוּ.

Rabba bar Oulla dit : voici ce qu'enseigne [la Michna] — tous abattent, même un homme impur (tameh) [abattant] de la houlin. Un tameh pour de la houlin, qu'y a-t-il à enseigner [c'est évident] ?

[Il s'agit] de houlin préparée selon la pureté du qodech (al taharat ha-qodech), et [le Tana] estime que la houlin préparée selon la pureté du qodech est assimilée au qodech.

📜 Rachi (4)
הָכִי קָתָנֵי לְכַתְּחִלָּה וְדִיעֲבַד דְּמַתְנִיתִין הַכֹּל שׁוֹחֲטִין לְכַתְּחִלָּה לַאֲתוּיֵי טָמֵא בְּחֻולִּין:
Voici ce qu'enseigne — le 'à priori' et le 'à posteriori' de la Michna : 'tous abattent' à priori, pour inclure le tameh [abattant] de la houlin.
פְּשִׁיטָא דְּהָא לֹא הֻוזְהֲרוּ יִשְׂרָאֵל עַל טָהֳרַת חֻולֵּיהֶן:
C'est évident — car les Israélites n'ont pas été enjoints sur la pureté de leur houlin.
שֶׁנַּעֲשׂוּ עַל טָהֳרַת קֹדֶשׁ דְּקִבֵּל עָלֶיהָ לֶאֱכֹול בְּטָהֳרַת קֹדֶשׁ שֶׁרוֹצֶה לְהַרְגִּיל עַצְמוֹ בְּטָהֳרַת קָדָשִׁים שֶׁאִם יֹאכַל שְׁלָמִים אוֹ תּוֹדָה יְהֵא בָּקִי בִּשְׁמִירָתָן:
Préparée selon la pureté du qodech — [le cas où] il s'est engagé à manger [sa houlin] dans la pureté du qodech, voulant s'habituer à la pureté des consacrés, afin que, s'il mange un jour des chelamim ou une toda, il soit expert dans leur garde.
כְּקֹדֶשׁ דָּמוֹ וְחַייָּב לְהִבָּדֵל מִדְּרַבָּנָן מִכָּל טֻומְאוֹת הַפּוֹסְלוֹת בָּהֶן וַאֲפִילּוּ הָכֵי (שָׁחֵיט טָמֵא) לְכַתְּחִלָּה וּבְסַכִּין אֲרֻוכָּה כְּדִמְפָרֵשׁ:
Assimilée au qodech — et il est tenu, de-rabbanan, de s'écarter de toutes les impuretés qui les disqualifient ; et même ainsi, [un tameh] abat à priori, avec un long couteau, comme [la Guemara] l'explique.
🗂️ Tossefot (1)
טָמֵא בְּחֻולִּין מַאי לְמֵימְרָא ואע"ג דְּאָסוּר לִגְרֹום טֻומְאָה לְחֻולִּין שבא"י הַיְינוּ דַּוְקָא בְּפֵירוֹת דְּשַׁייְכָא בְּהוּ תְּרוּמָה אֲבָל בָּשָׂר לֹא וַאֲפִילּוּ יְהֵא אָסוּר לְטֻמְאוֹת גּוּפוֹ בָּאֳוכָלִין טְמֵאִין כִּדְדָרְשִׁינַן וְהִתְקַדִּשְׁתֶּם וִהְיִיתֶם קְדֹושִׁים אַזְהָרָה לִבְנֵי יִשְׂרָאֵל שֶׁיֹּאכְלוּ חֻולֵּיהֶן בְּטָהֳרָה מִכָּל מָקוֹם יָכוֹל לְטַמְּאוֹתָן וּלְאוֹכְלָן בִּימֵי טֻומְאָתוֹ:
'Un tameh pour de la houlin, qu'y a-t-il à enseigner' — bien qu'il soit interdit de provoquer l'impureté d'une houlin en Terre d'Israël, c'est uniquement pour les fruits, où s'applique la teroumah, mais non pour la viande ; et même s'il était interdit de souiller son corps par des aliments impurs (comme nous l'exégètons : 'et vous vous sanctifierez et vous serez saints' — avertissement aux Israélites de manger leur houlin en pureté), il peut tout de même les rendre impurs et les manger en ses jours d'impureté.
💡 Explication

Résolution : 'tous abattent' (à priori) inclut l'impur abattant de la houlin. Comme rendre de la viande profane impure n'est pas interdit, il s'agit de houlin traitée aux règles de pureté du qodech — assimilée au consacré pour ce qui est de ne pas la souiller.

🖼️ Schéma
Comment Rabba bar Oulla lit la Michna Clause de la Michna de quel cas s'agit-il statut Hakol shochtin (tous abattent) tameh, houlin de pureté (al taharat ha-qodech) à priori au long couteau ushchitatan kesherah (leur abattage est cacher) tameh, consacrés (mukdachim) à priori NON à posteriori OUI si 'beri li' (n'a pas touché) chutz mi-cheresh, choteh, katan même houlin ordinaire même à posteriori NON
La lecture de Rabba bar Oulla, clause par clause.
7
כֵּיצַד הוּא עוֹשֶׂה? מֵבִיא סַכִּין אֲרֻוכָּה וְשׁוֹחֵט בָּהּ, כְּדֵי שֶׁלֹּא יִגַּע בַּבָּשָׂר.

Comment fait-il ? Il apporte un long couteau et abat avec, afin de ne pas toucher la chair.

💡 Explication

L'impur abat la houlin-de-pureté avec un long couteau pour ne pas en toucher la chair et la rendre impure.

8
וּבַמֻּוקְדָּשִׁים לֹא יִשְׁחֹוט, שֶׁמָּא יִגַּע בַּבָּשָׂר, וְאִם שָׁחַט וְאוֹמֵר ״בָּרִי לִי שֶׁלֹּא נָגַעְתִּי״ – שְׁחִיטָתוֹ כְּשֵׁרָה.

Et pour des [animaux] consacrés (mukdachim), il n'abattra pas [à priori], de peur qu'il ne touche la chair ; mais s'il a abattu et dit 'il m'est certain que je n'ai pas touché' — son abattage est cacher [à posteriori].

📜 Rachi (2)
וּבַמֻּוקְדָּשִׁין לְכַתְּחִלָּה לֹא יִשְׁחֹוט וַאֲפִילּוּ בְּסַכִּין אֲרֻוכָּה כֵּיוָן דְּמֻוזְהָר מִן הַתּוֹרָה שֶׁלֹּא יִטַּמָּא כְּדִכְתִיב (בַּמִּדְבָּר יח) וַאֲנִי הִנֵּה נָתַתִּי לְךָ אֶת מִשְׁמֶרֶת תְּרוּמֹותָי אַלְמָא בָּעֵינַן שְׁמִירָה גְּזוּר בְּהוּ רַבָּנָן לְכַתְּחִלָּה מִשּׁוּם לָךְ לָךְ אָמְרִינַן נְזִירָא סְחוֹר סְחוֹר לְכַרְמָא לָא תִּקְרַב:
Et pour des consacrés — il n'abattra pas à priori, même au long couteau, puisqu'il est enjoint par la Torah de ne pas les souiller, comme il est écrit (Nb 18) 'et moi, voici, je t'ai donné la garde de mes prélèvements' — d'où : on exige une garde (chemira). Les Sages [le] décrètent à priori, selon le principe 'va, va, dit-on au nazir, contourne, contourne, n'approche pas du vignoble' (qu'on s'éloigne de l'interdit).
שְׁחִיטָתָן כְּשֵׁרָה וְהַייְנוּ דִּיעֲבַד דְּמַתְנִיתִין. וּלְקַמָּן מְפָרֵשׁ אַמַּאי לָא מְטַמֵּא גַּבְרָא לְסַכִּין וַהֲדַר נִיטַמְּייֵהּ לְבָשָׂר:
Son abattage est cacher — c'est le 'à posteriori' de la Michna. Et plus loin [la Guemara] explique pourquoi l'homme ne rend pas le couteau impur, qui rendrait ensuite la chair impure.
🗂️ Tossefot (2)
וּבְמֻוקְדָּשִׁין לֹא יִשְׁחֹוט שֶׁמָּא יִגַּע בַּבָּשָׂר אע"ג דְּאָמְרִינַן לְקַמָּן (חֻולִּין דַּף קכא:) דִּמְפַרְכֶּסֶת הֲרֵי הִיא כְּחַיָּה חָיְישִׁינַן שֶׁמָּא יִגַּע אַחַר פִּירְכּוּס א"נ דַּוְקָא לְעִנְיַן הַעֲמָדָה וְהַעֲרָכָה הָוְיָא כְּחַיָּה אֲבָל לְעִנְיַן טֻומְאָה כֵּיוָן שֶׁשָּׁחַט שְׁנַיִם אוֹ רֹוב שְׁנַיִם מְקַבֶּלֶת טֻומְאָה דַּחֲשִׁיב אֹוכֶל כִּדְאָמַר בְּהָעוֹר וְהָרֹוטֶב (לְקַמָּן שָׁם) הַשּׁוֹחֵט בְּהֵמָה טְמֵאָה לְעוֹבֵד כּוֹכָבִים וּמְפַרְכֶּסֶת מְטַמְּאָה טֻומְאַת אֳוכָלִין אֲבָל לֹא טֻומְאַת נְבֵילוֹת:
'Et pour des consacrés il n'abattra pas, de peur qu'il ne touche la chair' — bien que nous disions plus loin (Houlin 121b) qu'une bête encore convulsante (mefarkeset) est comme vivante, on craint qu'il ne la touche après les convulsions ; ou bien : c'est seulement pour la 'haamada ve-haarakha' qu'elle est comme vivante, mais pour l'impureté, dès lors qu'il a tranché les deux simanim ou leur majorité, elle reçoit l'impureté car elle est considérée comme aliment, comme dans 'Ha-or ve-ha-rotev' : celui qui égorge une bête impure pour un idolâtre, alors qu'elle convulse encore, communique l'impureté des aliments mais non celle des charognes.
שֶׁמָּא יִגַּע בַּבָּשָׂר אע"ג דְּדַם קָדָשִׁים אֵינוֹ מַכְשִׁיר חִיבַּת הַקֹּדֶשׁ מַכְשֶׁרֶת אוֹ שֶׁהֶעֱבִירָהּ בַּנָּהָר וַעֲדַייִן מַשְׁקֶה טוֹפֵחַ עָלֶיהָ כִּדְקָאָמַר בפ"ק דִּפְסָחִים (דַּף כ.) וא"ת וְאַמַּאי לָא קָאָמַר דְּלָא יִשְׁחֹוט מִשּׁוּם דִּלְמָא אָתֵי לִימָּשֵׁךְ בִּפְנִים דַּאֲפִילּוּ טָהוֹר גָּמוּר לְבֶן זוֹמָא דְּאָמַר (יוֹמָא דַּף ל.) הַנִּכְנָס לַמִּקְדָּשׁ טָעוּן טְבִילָה וְאָסוּר לִשְׁחֹוט בְּסַכִּין אֲרֻוכָּה דִּלְמָא אָתֵי לְאִמְּשׁוּכֵי וי"ל דִּבְטָהוֹר אִיכָּא לְמִגְזַר טְפֵי דִּילְמָא אָתֵי לְאִמְּשׁוֹכֵי אֲבָל טָמֵא מַזְהַר זָהִיר וּמִידְּכַר אִי נָמֵי נְקַט הָכָא שֶׁמָּא יִגַּע בַּבָּשָׂר מִשּׁוּם דְּבָעֵי לְמֵימַר וְאִם שָׁחַט וְאָמַר בָּרִי לִי שֶׁלֹּא נָגַעְתִּי הִקְשָׁה רַבֵּינוּ אֶפְרַיִם אֵיךְ יִתָּכֵן שֶׁתְּהֵא סַכִּין אֲרֻוכָּה כָּל כָּךְ מֵהַר הַבַּיִת עַד עֶזְרַת יִשְׂרָאֵל דְּהַאי טָמֵא מוֹקְמִינַן לָהּ בְּסָמוּךְ אַף בִּטְמֵא מֵת וּתְנַן בפ"ק דְּכֵלִים (מ"ח) הַחֵיל מְקֻודָּשׁ מֵהַר הַבַּיִת שֶׁאֵין טָמֵא מֵת וְעוֹבְדֵי כּוֹכָבִים נִכְנָסִים לְשָׁם עֶזְרַת נָשִׁים מְקֻודֶּשֶׁת הֵימֶנּוּ שֶׁאֵין טְבוּל יוֹם נִכְנָס לְשָׁם וַאֲפִילּוּ לְמָאֵן דְּמוּקֵי לָהּ בְּנִטְמָא בְּשֶׁרֶץ וַהֲלֹא עֶזְרַת נָשִׁים אֲרֻוכָּה קל"ה אַמָּה וְאֵיךְ יִתָּכֵן שֶׁתְּהֵא סַכִּין אֲרֻוכָּה כָּל כָּךְ וי"ל דִּלְמַאי דפיר"ת בְּעָלְמָא דְּלָא גְּזוּר הֵיכָא דְּנִטְמָא בִּפְנִים נִיחָא וְכֵן לְפֵירוּשׁ ר"י דְּפֵירֵשׁ דְּלָא הֶחְמִירוּ אֶלָּא בְּעֶזְרַת נָשִׁים שֶׁהוּא מְקוֹם כְּנִיסָה וִיצִיאָה אֲבָל בִּשְׁאָר מְקוֹמוֹת יָכוֹל לִיכָּנֵס עַד סָמוּךְ לְמַחֲנֵה שְׁכִינָה מַמָּשׁ אָתֵי נָמֵי שַׁפִּיר וְאֵין כָּאן מְקוֹמוֹ וי"מ דְּהָכָא מַיְירֵי בְּבָמָה וּבָזֶה יִתְיַישֵּׁב נָמֵי בְּסָמוּךְ:
'De peur qu'il ne touche la chair' — bien que le sang des consacrés ne rende pas [la viande] apte à l'impureté, l'affection du qodech (hibat ha-qodech) la rend apte ; ou bien [le cas où] on l'a fait passer dans une rivière et qu'un liquide la mouille encore (Pessahim 20a). On pourrait objecter : pourquoi ne dit-on pas qu'il n'abattra pas de peur qu'il en vienne à se laisser entraîner à l'intérieur [du parvis] — car même un homme parfaitement pur, selon Ben Zoma (Yoma 30a) qui dit 'celui qui entre au Temple requiert une immersion', il serait interdit d'abattre au long couteau de peur qu'il ne se laisse entraîner ? On répond : pour un [homme] pur il y a davantage lieu de décréter, de peur qu'il ne se laisse entraîner ; mais l'impur, lui, est vigilant et se souvient [de son état]. Ou bien : on a pris ici 'de peur qu'il ne touche la chair' parce qu'on veut dire 'et s'il a abattu et dit il m'est certain que je n'ai pas touché'. Rabbenou Ephraim a objecté : comment un couteau pourrait-il être assez long [pour aller] du Har ha-Bayit jusqu'à l'Ezrat Yisrael, puisqu'on établit bientôt cet impur même comme impur-par-le-mort, et que nous avons appris (Kelim 1:8) : le Hel est plus saint que le Har ha-Bayit, car les impurs-par-le-mort et les idolâtres n'y entrent pas ; l'Ezrat Nachim est plus sainte que lui, car un teval-yom n'y entre pas — et même selon celui qui l'établit [comme impur] par un sheretz, l'Ezrat Nachim ne mesure-t-elle pas 135 coudées ? Comment un couteau serait-il aussi long ? On répond : selon l'explication générale de Rabbenou Tam, qu'on n'a pas décrété là où il s'est souillé à l'intérieur, cela se comprend ; de même selon Ri, qui explique qu'on n'a aggravé que pour l'Ezrat Nachim, lieu d'entrée et de sortie, mais qu'ailleurs il peut entrer jusqu'auprès du camp de la Chekhina même — cela aussi se comprend, et ce n'est pas ici le lieu d'en traiter. Et certains expliquent qu'il s'agit ici d'un bama (autel privé), ce qui résout aussi [la difficulté] plus loin.
⚖️ Rosh (1)
אָמַר רַבִּי זֵירָא לִיבֵּן סַכִּין וְשָׁחַט בָּהּ שְׁחִיטָתָהּ כְּשֵׁירָה שֶׁחִדּוּדָהּ קֹודֶם לְלִיבּוּנָהּ. וְהָא אִיכָּא צְדָדִין בֵּית הַשְּׁחִיטָה מִירְווָח רָווַח. רַב אַלְּפֻם לֹא הֵבִיא הַךְ דְּר' זֵירָא. וְגַם הָרַמְבַּ"ם זַ"ל כָּתַב לִיבֵּן סַכִּין וְשָׁחַט בָּהּ שְׁחִיטָתוֹ פְּסוּלָה. וְטַעְמַיְיהוּ מִשּׁוּם דְּאָמְרִינַן לְקַמָּן בְּפִרְקִין (חֻולִּין דַּף יז:) רַב יֵימַר אָמַר אַבִּישְׂרָא וְאַטֻּופְרָא צְרִיכָה וְאַתִּלְתָּא רוּחָתָא לָא צְרִיכָה מִי לָא אָמַר רַבִּי זֵירָא לִיבֵּן סַכִּין וְשָׁחַט בָּהּ שְׁחִיטָתוֹ כְּשֵׁירָה שֶׁחִדּוּדָהּ קֹודֶם לְלִיבּוּנָהּ וְקָשֶׁה לָן וְהָא אִיכָּא צְדָדִין וְאָמְרִינַן בֵּית הַשְּׁחִיטָה מִירְוָח רָוַוח. וְקַייְמָא לָן כְּרַב אַשִּׁי דְּמַצְרִיךְ אַבִּשְׂרָא וְאַטֻּופְרָא וְאַתְּלָתָא רוּחָתָא א"כ לֵית לָן בֵּית הַשְּׁחִיטָה מִרְוָוח רָווַח וְאִיכָּא צְדָדִין וּטְרֵיפָה. וה"ר יוֹנָה זַ"ל דִּקְדֵּק מִדְּקָאָמַר מִי לֹא אָמַר ר' זֵירָא וְלָא קָאָמַר דְּאָמַר רַבִּי זֵירָא אַלְמָא הֲלָכָה פְּסוּקָה הָיְתָה בִּימֵיהֶם וּמַקְשֶׁה מִמֶּנָּה כְּמוֹ מִמִּשְׁנָה וּבָרַיְיתָא. וי"ל דְּאֶפְשָׁר דַּהֲלָכָה כַּר' זֵירָא דְּמִירְווַח רָווַח לְהִנָּצֵל מִכְּוִוייַּת הַלִּבּוּן שֶׁאֵין מִתְפַּשֵּׁט לִצְדָדִין. אֲבָל מֻורְשָׁא שֶׁל סַכִּין יוֹצְאָהּ וּמִתְפַּשֶּׁטֶת וְנִרְוַוחַת בְּצִידֵּי הַשְּׁחִיטָה וְקוֹרַעְתּוֹ. וּמַה שֶׁלֹּא הֵשִׁיבוּ כֵּן מִשּׁוּם שֶׁנִּרְאֶה לָהֶם דָּבָר פָּשׁוּט וְקַל לְחַלֵּק וְלֹא חָשׁוּ לַהֲשִׁיבוֹ וְעוֹד יֵשׁ לְחַלֵּק דְּשָׁאנֵי הָתָם שֶׁיּוֹדֵעַ שֶׁהַסַּכִּין מְלֻובָּן וּמְכַוֵּין שֶׁלֹּא יַטֶּנּוּ לִצְדָדִין אֲבָל פְּגִימָה שֶׁבַּצְּדָדִין אִם לֹא יִבְדֹּוק תְּחִלָּה פְּעָמִים שֶׁיֵּשׁ שָׁם פְּגִימָה וְאֵין יוֹדֵעַ וְלֹא יִזָּהֵר מִלְּהַטּוֹת. וְכֵן כָּתַב הָרָאָבָ"ד זַ"ל דְּעַד כָּאן לָא שָׁרֵי רַבִּי זֵירָא אֶלָּא בְּדִיעֲבַד אֲבָל לְכַתְּחִילָּה לָא לְפִיכָךְ צָרִיךְ בְּדִיקָה אַתְּלָתָא רוּחָתָא שֶׁאֵין סוֹמְכִין עַל זְהִירָתוֹ אֲפִילּוּ הוּא אוֹמֵר אֲנִי אֶשְׁחֹוט וְלֹא אַטֶּה. כְּדֶרֶךְ שֶׁאָמְרוּ לְעֵיל (חֻולִּין דַּף ב:) וּבְמֻוקְדָּשִׁין לֹא יִשְׁחֹוט שֶׁמָּא יִגַּע בַּבָּשָׂר וְכָל שֶׁכֵּן כָּאן שֶׁאֵין יוֹדֵעַ שֶׁיֵּשׁ שָׁם פְּגִימָה שֶׁאֵין נִזְהָר מִלְּהַטּוֹת. וַאֲפִילּוּ בְּדִיעֲבַד אִם לֹא בָּדַק אַתְּלָתָא רוּחָתָא פּוֹסְלִין אוֹתָהּ שֶׁמָּא הִטָּה. וְהָא אִיכָּא צְדָדִין. מִכָּאן מַשְׁמַע שֶׁאִם בִּשְׁעַת שְׁחִיטָה אִיתְרַמִּי נֶקֶב בַּוֶּשֶׁט כְּנֶגֶד מַה שֶׁשָּׁחַט טְרֵיפָה כִּי הָכָא דְּבָעֵי לְמֵיסַר מִשּׁוּם צְדָדִין:
Rabbi Zeira a dit : [si] l'on a rougi au feu un couteau (libben sakin, chauffé le couteau au rouge) et que l'on a abattu avec lui, sa chehita (abattage rituel) est kechera (valide), car son tranchant [agit] avant son échauffement au rouge (libboun) [c'est-à-dire que la lame coupe avant que la chaleur ne brûle la trachée et l'œsophage]. Or n'y a-t-il pas [le problème des] côtés (tsedadim) [les parois latérales de l'incision, échauffées, qui brûleraient et rendraient treifa] ? [Réponse :] l'endroit de la chehita s'élargit largement (beit ha-chehita mirvach ravach) [en s'ouvrant, la chair s'écarte de la lame, si bien que les côtés ne sont pas brûlés]. Le Rav Alfas (le Rif) n'a pas rapporté cet [enseignement] de Rabbi Zeira. Et de même le Rambam z"l a écrit : [si] l'on a rougi au feu un couteau et que l'on a abattu avec lui, sa chehita est pessoula (invalide). Et leur raison est fondée sur ce que nous disons plus loin dans notre chapitre (Houlin, folio 17b) : Rav Yeimar a dit — [l'examen du couteau] sur la chair (a-bisra) et sur l'ongle (a-toufra) est nécessaire, mais sur les trois côtés (a-tilta rouchata, les trois directions/faces de la lame) ce n'est pas nécessaire. [Objection :] Rabbi Zeira n'a-t-il pas dit : [si] l'on a rougi au feu un couteau et que l'on a abattu avec lui, sa chehita est kechera, car son tranchant [agit] avant son échauffement au rouge ? Et nous avons objecté [là-bas] : mais n'y a-t-il pas [le problème des] côtés ? Et nous avons répondu : l'endroit de la chehita s'élargit largement. Or nous tranchons la halakha (règle) comme Rav Achi qui exige [l'examen] sur la chair, sur l'ongle et sur les trois côtés ; si c'est ainsi, nous ne tenons pas [le principe que] l'endroit de la chehita s'élargit largement, et il y a [donc bien le problème des] côtés, et [l'animal] est treifa [en cas de couteau rougi]. Et notre maître Rabbi Yona z"l a inféré [une précision] : de ce qu'il dit « Rabbi Zeira n'a-t-il pas dit » (mi lo amar) et qu'il ne dit pas « puisque Rabbi Zeira a dit » (de-amar), il ressort que [l'enseignement de Rabbi Zeira] était une halakha tranchée (halakha pessouka) de leur temps, et l'on objecte à partir d'elle comme [on objecte] à partir d'une michna ou d'une baraïta. Et l'on peut répondre qu'il est possible que la halakha soit comme Rabbi Zeira — que [l'endroit de la chehita] s'élargit largement pour se préserver de la brûlure de l'échauffement au rouge (libboun), laquelle ne se répand pas vers les côtés ; mais la protubérance (mourcha) du couteau [une ébréchure saillante] sort, se répand, s'élargit sur les côtés de la chehita et le déchire. Et s'ils n'ont pas répondu ainsi [en distinguant les deux cas dans le passage du folio 17b], c'est parce que cela leur paraissait chose évidente et facile à distinguer, et ils ne se sont pas souciés d'y répondre. Et de plus, on peut [encore] distinguer : car là-bas [dans le cas du couteau rougi] c'est différent, puisqu'il sait que le couteau est rougi au feu et qu'il fait attention à ne pas l'incliner vers les côtés ; mais l'ébréchure (pegima) qui est sur les côtés, s'il n'examine pas d'abord [le couteau], parfois il y a là une ébréchure et il ne le sait pas, et il ne prend pas garde de l'incliner. Et ainsi a écrit le Raavad z"l : que Rabbi Zeira n'a permis [le couteau rougi] que à posteriori (be-diavad), mais à priori (le-khatehila) non ; c'est pourquoi il faut un examen sur les trois côtés, car on ne se fie pas à sa vigilance, même s'il dit « moi, j'abattrai et je n'inclinerai pas ». À la manière de ce qu'ils ont dit plus haut (Houlin, folio 2b) : « et pour les [animaux] consacrés (moukdachim) il n'abattra pas [à priori], de peur qu'il ne touche la chair » — et à fortiori (kol chekhen) ici, où il ne sait pas qu'il y a là une ébréchure, [de sorte qu']il ne prend pas garde de l'incliner. Et même à posteriori (be-diavad), s'il n'a pas examiné [le couteau] sur les trois côtés, on la déclare pessoula (invalide), de peur qu'il ait incliné [le couteau]. « Mais n'y a-t-il pas [le problème des] côtés » — de là il ressort que si, au moment de la chehita, il s'est trouvé fortuitement une perforation (nekev) dans l'œsophage (veched) en face de l'endroit qu'il a abattu, [l'animal est] treifa, comme ici où [la guemara] a voulu interdire à cause des côtés.
💡 Explication

Pour de vrais consacrés, l'impur ne doit pas abattre à priori (interdit toranique de les souiller), même au long couteau. Mais s'il l'a fait et affirme n'avoir pas touché la chair, c'est valable à posteriori — voilà le 'bedi'avad' de la Michna.

9
חוּץ מֵחֵרֵשׁ שׁוֹטֶה וְקָטָן, דַּאֲפִילּוּ בְּחֻולִּין גְּרִידִי, דִּיעֲבַד נָמֵי לָא, שֶׁמָּא יִשְׁהוּ, שֶׁמָּא יִדְרְסוּ, וְשֶׁמָּא יַחֲלִידוּ.

Sauf le cheresh, le choteh et le katan, qui, même pour de la houlin ordinaire (sans pureté particulière), [leur abattage] n'est pas [valable] même à posteriori — de peur qu'ils ne marquent un arrêt (chehiya), qu'ils n'appuient (derassa), ou qu'ils ne dissimulent le couteau (haldama).

📜 Rachi (3)
גְּרִידִי שֶׁלֹּא קִבֵּל עָלָיו טָהֳרַת כֹּהֵן:
Ordinaire (geridi) — [houlin] pour laquelle il ne s'est pas engagé à la pureté [du qodech].
שֶׁמָּא יִשְׁהוּ וְהָוֵי נְבֵלָה כְּדִתְנַן לְכוּלְּהוּ בפ"ב:
De peur qu'ils ne marquent un arrêt — [l'animal] devient alors nevela, comme nous l'enseignons pour tous [ces défauts] au chapitre 2.
דִּיעֲבַד נָמֵי לָא שֶׁמָּא יִשְׁהוּ כְּלוֹמַר שֶׁמָּא שָׁהוּ. וּלְקַמָּן (חֻולִּין דַּף יב:) מְפָרֵשׁ אַמַּאי נְקַט שֶׁמָּא יְקַלְקְלוּ בְּמַתְנִיתִין לְשׁוֹן עָתִיד לְאַשְׁמוֹעִינַן שֶׁאֵין מוֹסְרִין לָהֶן חֻולִּין לְכַתְּחִלָּה וַאֲפִילּוּ אֲחֵרִים רוֹאִין אוֹתָם דְּמוּעָדִים הֵן לְקַלְקֵל תָּמִיד:
Même à posteriori non, de peur qu'ils ne marquent un arrêt — c'est-à-dire 'de peur qu'ils [n']aient marqué un arrêt'. Et plus loin (Houlin 12b) [la Guemara] explique pourquoi la Michna a pris 'de peur qu'ils ne gâchent' au futur : pour nous apprendre qu'on ne leur confie pas de houlin a priori, même si d'autres les surveillent, car ils sont enclins (mou'adim) à gâcher constamment.
🗂️ Tossefot (1)
שֶׁמָּא יִשְׁהוּ וּלְהַגָּרְמָה וְעִיקּוּר לָא חָיְישִׁינַן דְּמִינְּכַר וּמִיהוּ עִיקּוּר דְּסַכִּין פְּגוּמָה לָא מִינְּכַר:
De peur qu'ils ne marquent un arrêt — mais on ne craint pas la 'hagrama' (entaille hors zone) ni le 'iqour' (arrachement des simanim), car cela se remarque ; toutefois le iqour [dû à] un couteau ébréché, lui, ne se remarque pas.
💡 Explication

L'exclusion vaut même pour de la houlin ordinaire et même à posteriori, par crainte des trois défauts : chehiya (arrêt), derassa (appuyer/hacher), haldama (enfouir la lame sous les simanim) — chacun rend la bête nevela.

🖼️ Schéma
Cheresh, choteh, katan : 3 risques qui invalident (même à posteriori) Chehiya marquer un temps d'arrêt en pleine coupe Derasa appuyer / hacher au lieu de trancher Haldama enfouir la lame sous les simanim -> l'animal devient nevela (charogne)
Les trois risques d'un abattage par un incapable.
10
וְכֻולָּן שֶׁשָּׁחֲטוּ, אַהֵיָיא? אִילֵּימָא אַחֵרֵשׁ שׁוֹטֶה וְקָטָן – עֲלָהּ קָאֵי, ״וְאִם שְׁחָטוֹ״ מִיבְּעֵי לֵיהּ! אֶלָּא אַטְּמֵא בְּחֻולִּין – הָא אָמַרְתָּ: לְכַתְּחִלָּה נָמֵי שְׁחִיט!

'Et tous ceux-là, s'ils ont abattu' — à quoi [cela se rapporte-t-il] ? Si l'on dit : au cheresh/choteh/katan — [la phrase] se tient juste après eux, [donc] il aurait fallu dire 'et s'ils ont abattu' [non 'et tous ceux-là'] !

Plutôt, au tameh [abattant] de la houlin — mais tu as dit qu'il abat même à priori !

📜 Rachi (1)
דַּעֲלֵהּ קָאֵי מִינַּייְהוּ קָא סָלֵיק מַאי וְכֻולָּן דְּמַשְׁמַע דְּקָאֵי נָמֵי אַאַחֲרֵינִי וְאִם שָׁחֲטוּ מִבְּעֵי לֵיהּ:
[La phrase] se tient juste après [eux] — c'est d'eux qu'elle vient ; que signifie alors 'et tous ceux-là', qui implique qu'elle porte aussi sur d'autres ? Il aurait fallu [dire] 'et s'ils ont abattu'.
🗂️ Tossefot (1)
אִילֵּימָא אחש"ו עֲלָהּ קָאֵי פֵּירוּשׁ עֲלָהּ לְחוּדָהּ קָאֵי אֲבָל הָא פְּשִׁיטָא דַּעֲלַיְיהוּ נָמֵי קָאֵי דְּדָייְקִינַן עֲלָהּ לְקַמָּן (חֻולִּין דַּף יב:) מַאן תַּנָּא דְּלָא בָּעֵי כַּוָּונָה לִשְׁחִיטָה:
Si l'on dit qu'elle porte sur le cheresh/choteh/katan — c'est-à-dire qu'elle porterait sur eux SEULS ; mais qu'elle porte aussi sur eux, c'est évident, puisque nous en déduisons plus loin (Houlin 12b) 'quel est le Tana qui n'exige pas d'intention (kavana) pour l'abattage ?'.
💡 Explication

À qui renvoie 'et tous ceux-là (ve-khulan), sous surveillance' ? Pas au cheresh/choteh/katan (on aurait dit 'et s'ils ont abattu'), ni au tameh de houlin (qui abat déjà à priori). La Guemara cherche le référent.

11
וְאֶלָּא, אַטָּמֵא בְּמֻוקְדָּשִׁים – בְּ״בָּרִי לִי״ סַגִּי! דְּלֵיתֵיהּ קַמַּן דְּנִשְׁיְילֵיהּ.

Plutôt, au tameh [abattant] des consacrés — mais [pour lui] 'il m'est certain [que je n'ai pas touché]' suffit [sans surveillance] ! [Réponse :] dans le cas où il n'est pas devant nous pour l'interroger [la surveillance est requise].

📜 Rachi (1)
וְאֶלָּא אַטָּמֵא בְּמֻוקְדָּשִׁין דַּאֲמַרְתְּ דְּאַיְירֵי בָּהּ מַתְנִיתִין וְאָמַר לֹא יִשְׁחֹוט מַאי אִירְיָא אֲחֵרִים רוֹאִין אוֹתָן הָא אֲמַרְתְּ אִיהוּ מְהֵימַן אִי אָמַר בָּרִי לִי:
Plutôt, au tameh des consacrés — dont tu as dit que la Michna traite et qu'elle dit 'il n'abattra pas' : pourquoi spécifier 'd'autres les surveillent' ? Tu as pourtant dit qu'il est cru s'il dit 'il m'est certain' !
🗂️ Tossefot (1)
דְּלֵיתֵיהּ קַמַּן דְּנִשְׁיְילֵיהּ ואע"ג דַּעֲזָרָה רה"ר הִיא כִּדְאָמַר בפ"ק דִּפְסָחִים (דַּף יט:) וְהָיָה לָנוּ לְטַהֵר כָּאן מִסָּפֵק הַאי סָפֵק לָא דָּמֵי לִשְׁאָר סְפֵק טֻומְאָה בִּרה"ר מִשּׁוּם דְּרֹוב פְּעָמִים לֹא יָכוֹל לְהִזָּהֵר מִלִּיגַע וְאִי אַיְירֵי בְּבָמָה אָתֵי שַׁפִּיר:
Dans le cas où il n'est pas devant nous pour l'interroger — bien que le parvis (azara) soit un domaine public (Pessahim 19b), et qu'on aurait dû le déclarer pur ici en cas de doute, ce doute-ci ne ressemble pas aux autres doutes d'impureté en domaine public, parce que le plus souvent il ne peut s'empêcher de toucher ; et si l'on parle d'un bama (autel privé), cela se comprend bien.
💡 Explication

Référent restant : le tameh des consacrés — mais son témoignage 'beri li' suffit d'ordinaire. La surveillance n'est requise que s'il n'est plus là pour être interrogé.

12
הַאי טָמֵא בְּמֻוקְדָּשִׁים, מֵהָכָא נָפְקָא? מֵהָתָם נָפְקָא: כָּל הַפְּסוּלִין שֶׁשָּׁחֲטוּ – שְׁחִיטָתָן כְּשֵׁרָה, שֶׁהַשְּׁחִיטָה כְּשֵׁרָה בְּזָרִים, בְּנָשִׁים, וּבַעֲבָדִים, וּבִטְמֵאִים, וַאֲפִילּוּ בְּקָדְשֵׁי קָדָשִׁים, וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יִהְיוּ טְמֵאִין נוֹגְעִין בַּבָּשָׂר.

Ce tameh des consacrés — est-ce d'ici qu'on l'apprend ? C'est de là-bas qu'on l'apprend (Zevahim 31b) : tous les disqualifiés (pessoulim) qui ont abattu — leur abattage est cacher ; car l'abattage est valable [même] par des non-kohanim (zarim), des femmes, des esclaves, des impurs, et même pour les offrandes très saintes (qodchei qodachim), pourvu que les impurs ne touchent pas la chair.

📜 Rachi (4)
מֵהָכָא נָפְקָא כְּלוֹמַר הָכָא סָתְמוּ רַבִּי בְּמַתְנִיתִין הָא בִּשְׁחִיטַת קָדָשִׁים סְתָמֵיהּ דִּלְכַתְּחִלָּה לֹא וְדִיעֲבַד כָּשֵׁר:
Est-ce d'ici qu'on l'apprend — c'est-à-dire : ici Rabbi [Yehouda ha-Nassi] l'a enseigné anonymement dans la Michna, alors que pour l'abattage des consacrés l'énoncé anonyme est 'à priori non, à posteriori cacher'.
כָּל הַפְּסוּלִין כְּגוֹן זָר וְאוֹנֵן טָמֵא וּבַעַל מוּם וְכַיּוֹצֵא בָּהֶן:
Tous les disqualifiés — par exemple un non-kohen (zar), un onen, un impur, un [kohen] taré (baal moum) et leurs semblables.
שֶׁשָּׁחֲטוּ קָרְבָּן:
Qui ont abattu — un sacrifice (korban).
בְּזָרִים דִּכְתִיב (וַיִּקְרָא א) וְשָׁחַט אֶת בֶּן הַבָּקָר לִפְנֵי ה' וְהִקְרִיבוּ בְּנֵי אַהֲרֹן מִקַּבָּלָה וְאֵילָךְ מִצְוַת כְּהֻונָּה לִימֵּד עַל שְׁחִיטַת קָדָשִׁים שֶׁכְּשֵׁרָה בְּזָרִים וה"ה לִשְׁאָר פְּסוּלִין:
Par des non-kohanim — car il est écrit (Lev 1) 'et il égorgera le jeune taureau devant l'Éternel, et les fils d'Aharon offriront' : à partir de la collecte du sang et au-delà, c'est une mitsva réservée à la kehouna — ce qui enseigne que l'abattage des consacrés est valable par des non-kohanim, et de même pour les autres disqualifiés.
💡 Explication

La règle du tameh-des-consacrés vient non de notre Michna mais de Zevahim 31b : la chehita des qodachim est valable par tout disqualifié (non-kohen, femme, esclave, impur), même pour les offrandes les plus saintes, à condition que l'impur ne touche pas la chair.

🖼️ Schéma
Chehita des qodachim : valable même par... (Zevahim 31b) Zar Femme Esclave Impur (tameh) ...et même pour les offrandes les plus saintes (qodchei qodachim) Seule condition (pour l'impur) : ne pas toucher la chair
La règle générale de Zevahim 31b.
13
הָכָא עִיקָּר. הָתָם, אַייְּדֵי דִּתְנָא שְׁאָר פְּסוּלִין – תְּנָא נָמֵי טָמֵא בְּמֻוקְדָּשִׁים. וְאִיבָּעֵית אֵימָא: הָתָם עִיקָּר, דִּבְקָדָשִׁים קָאֵי. הָכָא, אַיְּידֵי דִּתְנָא טָמֵא בְּחֻולִּין – תָּנֵי נָמֵי טָמֵא בְּמֻוקְדָּשִׁים.

[Réponse :] Ici est l'enseignement principal (iqar) ; là-bas, puisque [le Tana] enseignait les autres disqualifiés, il a enseigné aussi le tameh des consacrés. Ou si tu veux : là-bas est le principal, car [ce traité] porte sur les consacrés ; ici, puisque [le Tana] enseignait le tameh [de] la houlin, il a enseigné aussi le tameh des consacrés.

📜 Rachi (1)
הָכָא עִיקָּר דְּכֻולָּהּ פִּרְקִין בְּתוֹרַת שְׁחִיטָה אַיְירֵי:
Ici est le principal — car tout notre chapitre traite des lois de l'abattage.
💡 Explication

Lequel est la source primaire ? Deux options : ici (notre Michna, sur l'abattage), Zevahim le reprenant par contexte ; ou là-bas (Zevahim, sur les consacrés), notre Michna l'ajoutant par contexte.

14
הַאי טָמֵא, דְּאִיטְּמָא בְּמַאי? אִילֵּימָא דְּאִיטַּמִּי בְּמֵת, ״בַּחֲלַל חֶרֶב״ אֲמַר רַחֲמָנָא,

Ce tameh, de quoi s'est-il rendu impur ? Si l'on dit : il s'est rendu impur par un mort (met) — [or] le Miséricordieux a dit 'be-chalal cherev' (par un tué par l'épée)...

[la suite sur 3a].

💡 Explication

De quelle impureté s'agit-il ? Si c'est l'impureté d'un mort, le verset 'be-chalal cherev' (Nb 19:16) enseigne que le métal [le couteau] touchant le mort devient impur au plus haut degré, comme le mort lui-même — d'où une difficulté qui se poursuit sur 3a.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).