Chullin 37a — la bête en péril (mesukenet) abattue, et la preuve scripturaire qu'elle est permise

Chullin 37a

Sougya : Le daf s'ouvre sur la fin du dilemme de Resh Lakich (la regard du sacré, hibat ha-kodech, rend-il apte à compter premier et second degrés d'impureté, ou seulement à invalider l'objet ?) — laissé en suspens (teikou). Vient ensuite la michna de la mesukenet, la bête en péril de mort imminente : que faut-il pour que son abattage soit valide ?

Rabban Chimon ben Gamliel exige un sursaut (pirkus) de la patte avant et de la patte arrière ; Rabbi Eliezer se contente du jaillissement du sang (zinuk), position à laquelle Rabbi Chimon se rallie par le cas des murs trouvés pleins de sang ; les Sages admettent un sursaut de la patte avant ou arrière, ou un battement de la queue. La michna distingue petite et grande bête, et précise qu'une bête réputée saine est valide même sans aucun de ces signes.

La Guemara cherche alors d'où l'on sait que la mesukenet est permise : elle écarte successivement 'nevela lo tochal', puis 'tereifa lo tochal', puis l'hypothèse que nevela, tereifa et mesukenet soient une seule catégorie, pour conclure du verset 'helev nevela ve-helev tereifa' (Lev 7:24) que nevela et tereifa sont des interdits distincts, la mesukenet demeurant permise par l'abattage.

La mesukenet (bête en péril) abattue : quel signe de vie exige-t-on ? problème : la bête était-elle encore vivante au moment de l'abattage, ou déjà une charogne ? Rabban Chimon b. Gamliel il faut un sursaut (pirkus) de la patte avant ET de la patte arrière exigence la plus stricte avant + arrière Rabbi Eliezer il suffit que le sang ait jailli (zinek) Rabbi Chimon s'y rallie : murs trouvés pleins de sang jaillissement du sang Les Sages (Hakhamim) un sursaut de la patte avant OU de la patte arrière, OU un battement de la queue l'un des trois suffit Petite ou grande bête (seg 2) petite bête qui étend la patte sans la ramener -> INVALIDE (simple sortie de l'âme, pas un vrai sursaut) mais si la bête était réputée SAINE : valide même sans aucun de ces signes
La michna (segments 1-2) : les trois positions sur le signe de vie exigé pour valider l'abattage d'une bête en péril, et la distinction petite/grande bête.
D'où sait-on que la mesukenet est permise par l'abattage ? la Guemara cherche le verset, écarte trois pistes, puis conclut Hava amina (point de départ) : 'zot ha-haya... vous mangerez' (Lev 11:2) mange ce qui est 'vivant' (haya) -> la mesukenet, qui n'est pas 'vivante', serait interdite Piste 1 : 'nevela lo tochal' (Dt 14:21) si interdite vivante, pourquoi l'interdire morte ? ECARTEE : nevela = morte seulement (Lev 11:39) Piste 2 : 'tereifa lo tochal' (Ex 22:30) si la mesukenet entière est interdite, pourquoi la tereifa ? ECARTEE : peut-être une seule et même catégorie Piste 3 : nevela = tereifa = mesukenet, une seule chose (deux interdits + un commandement) aucune des trois ne se distingue : l'inférence s'effondre Conclusion : 'helev nevela ve-helev tereifa' (Lev 7:24) l'interdit de nevela et de tereifa vient se poser sur l'interdit de graisse (helev) -> nevela et tereifa sont distinctes ; la mesukenet, elle, reste permise par l'abattage mesukenet = bête malade en péril mais NON amputée : permise une fois abattue
La sougya de la Guemara (segments 3-10) : la recherche du verset qui permet la mesukenet, les trois pistes écartées et la conclusion par 'helev nevela ve-helev tereifa'.
1
מַאי? כִּי מַהְנְיָא חִבַּת הַקֹּדֶשׁ לִפְסוּלָא דְּגוּפֵיהּ, אֲבָל לְמִימְנֵא בֵּיהּ רִאשׁוֹן וְשֵׁנִי לָא, אוֹ דִּלְמָא לָא שְׁנָא? תֵּיקוּ.

Quoi [la conclusion du dilemme de Resh Lakich] ? Lorsque l'attachement au sacré (hibat ha-kodech) est efficace, [est-ce] pour l'invalidité [de l'objet] lui-même [seulement], mais pour [pouvoir] compter en lui un premier et un second [degré d'impureté], non ; ou peut-être [n'y a-t-il] pas de différence ?

[La question] demeure (teikou).

📜 Rachi (1)
מַאי לְגוּפֵיהּ הוּא דְּאַהֲנֵי אֲבָל דְּלִיטַמֵּי אִיהוּ אַחֲרֵינִי לָא אוֹ דִּלְמָא ל"ש:
Quoi — [est-ce] pour [l'objet] lui-même qu'elle est efficace, mais pour qu'il en rende d'autres impurs, non ; ou peut-être [n'y a-t-il] pas de différence ?
🗂️ Tossefot (1)
כִּי מַהְנְיָא חִיבַּת הַקֹּדֶשׁ לִפְסוּלֵי גּוּפֵיהּ הַשְׁתָּא מַסְּקִינַן דְּמִדְּאוֹרַיְיתָּא קָמִיבְּעֵי לֵיהּ אֲבָל מִדְּרַבָּנָן מוֹדוֹ דְּמוֹנִין בּוֹ רִאשׁוֹן וְשֵׁנִי וְכֵן מַשְׁמַע נָמֵי פֶּרֶק הַמְּנָחוֹת וְהַנְּסָכִים (מְנָחוֹת דַּף קב:) דְּקָאָמַר נוֹתָר עַפְרָא בְּעָלְמָא הוּא אַמַּאי מְטַמֵּא טֻומְאַת אֳוכָלִין וּמְשַׁנֵּי בְּחִיבַּת הֶקְדֵּשׁ תִּפְשׁוֹט דְּבָעֵי ר"ל כּוּ' וּמְשַׁנֵּי קָמִיבַּעְיָא לֵיהּ דְּאוֹרָייְתָא כִּי אָמְרִינַן דְּרַבָּנָן וְהָא דְּאָמַר בפ"ק דִּפְסָחִים (דַּף כ.) גַּבֵּי מַחַט שֶׁנִּמְצֵאת בַּבָּשָׂר הַבָּשָׂר טָמֵא הַאי בָּשָׂר דְּאִתַּכְשַׁר בְּמַאי אִי בְּחִיבַּת הֶקְדֵּשׁ אֵימַר דִּמְהַנֵּי חִיבַּת הַקֹּדֶשׁ לִפְסוּלָא דְּגוּפֵיהּ לְמִימְנֵי בֵּיהּ רִאשׁוֹן וְשֵׁנִי מִי מְהַנֵּי וכ"ת ה"נ תִּפְשׁוֹט הָא דְּבָעֵי ר"ל כּוּ' הֲוָה מָצֵי לְשַׁנּוּיֵי הָא דר"ל מִדְּאוֹרַיְיתָּא בָּעֵי אֶלָּא שַׁפִּיר מְשַׁנֵּי שָׁם כְּגוֹן שֶׁהֶעֱבִירָהּ בַּנָּהָר וְעוֹד מִשּׁוּם דִּלְרַב יוֹסֵף דִּלְעֵיל בָּעֵי נָמֵי מִינֵּיהּ מִדְּרַבָּנָן וא"ת תִּפְשׁוֹט דר"ל מִדְּרַבִּי יוֹסֵי ב"ר חֲנִינָא דְּאָמַר מִשְׁקֵי בַּיִת הַמִּטְבָּחַיִם אֵינוֹ מַכְשִׁיר וְאִם מְהַנֵּי חִיבַּת הַקֹּדֶשׁ לְמִימְנֵי בֵּיהּ רִאשׁוֹן וְשֵׁנִי מנ"מ בְּהֶכְשֵׁרוֹ וְי"ל דְּנָפְקָא מִינָּהּ לְעִנְיַן כַּמָּה דְּבָרִים שֶׁהָיוּ מְבִיאִים בָּעֲזָרָה וְגַם חֻולִּין הָיוּ מְבִיאִים לֶאֱכֹול עִם הַמְּנָחוֹת וְהַזְּבָחִים כְּדֵי שֶׁיְּהוּ נֶאֱכָלִים עַל הַשֹּׂובַע כִּדְאָמַר בְּהַקּוֹמֵץ רַבָּה (מְנָחוֹת דַּף כא:):
'Lorsque l'attachement au sacré est efficace pour l'invalidité [de l'objet] lui-même' — maintenant nous concluons [que] c'est selon la Torah (mi-de-oraita) qu'il [s']interroge ; mais selon les rabbins (mi-de-rabbanan), [tous] admettent qu'on y compte un premier et un second [degré]. Et ainsi [cela] ressort aussi au chapitre Ha-menahot ve-ha-nessakhim (Menahot 102b), où il dit : le notar (reste de sacrifice) n'est que poussière ! pourquoi rend-il impur de l'impureté des aliments ? et il répond : par l'attachement au sacré. Résous [donc] ce que demande Resh Lakich etc. ! et il répond : [c'est] selon la Torah qu'il [s']interroge, alors que nous disons [là-bas que c'est] selon les rabbins. Et ce qu'il dit au chapitre premier de Pessahim (20a), à propos d'une aiguille trouvée dans de la chair, [que] la chair [est] impure : cette chair, par quoi a-t-elle été rendue apte [à l'impureté] ? si [c'est] par l'attachement au sacré — admettons que l'attachement au sacré soit efficace pour l'invalidité [de l'objet] lui-même, [mais] pour compter en lui un premier et un second [degré], est-elle efficace ? et si tu dis : ici aussi, résous ce que demande Resh Lakich etc. — il aurait pu répondre [que] ce [propos] de Resh Lakich, [c'est] selon la Torah qu'il [l']interroge ; mais [le Talmud] répond bien là-bas : par exemple [le cas] où on l'a fait passer dans une rivière [= mouillée, donc rendue apte autrement]. Et de plus, [c'est] parce que, pour Rav Yossef [cité] plus haut, il [l']interroge aussi selon les rabbins. Et si tu dis : résous [le dilemme] de Resh Lakich à partir de [l'enseignement] de Rabbi Yossi bar Rabbi Hanina, qui dit [que] les liquides des abattoirs (machkéi beit ha-mitbahayim) ne rendent pas apte [à l'impureté] ; or, si l'attachement au sacré est efficace pour compter en lui un premier et un second [degré], quelle différence [son aptitude] fait-elle ? — et l'on peut dire [que] cela fait une différence quant à plusieurs choses qu'on apportait dans le parvis (azara), et [que] l'on apportait aussi des [bêtes] profanes (houlin) a manger avec les offrandes de farine (menahot) et les sacrifices (zevahim), afin qu'ils soient mangés à satiété (al ha-sova), comme il [le] dit au chapitre Ha-kometz Rabba (Menahot 21b).
💡 Explication

Fin du dilemme de Resh Lakich (ouvert plus haut). La regard du sacré (hibat ha-kodech) rend les aliments consacrés susceptibles d'impureté sans qu'ils aient été mouillés. Question : cette aptitude vaut-elle seulement pour invalider l'objet lui-même, ou aussi pour qu'il transmette l'impureté et qu'on y compte un premier et un second degré ? Teikou : non tranché.

2
מַתְנִי׳ הַשּׁוֹחֵט אֶת הַמְסֻוכֶּנֶת, רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: עַד שֶׁתְּפַרְכֵּס בַּיָּד וּבָרֶגֶל. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: דַּיָּה אִם זִינְּקָה. אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן: הַשּׁוֹחֵט בַּלַּיְלָה, וּלְמָחָר הִשְׁכִּים וּמָצָא כְּתָלִים מְלֵאִים דָּם – כְּשֵׁרָה, שֶׁזִּינְּקָה, וּכְמִדַּת רַבִּי אֱלִיעֶזֶר. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: עַד שֶׁתְּפַרְכֵּס אוֹ בַיָּד אוֹ בָרֶגֶל, אוֹ עַד שֶׁתְּכַשְׁכֵּשׁ בִּזְנָבָהּ.

MICHNA. Celui qui abat la [bête] en péril (mesukénet) : Rabban Chimon ben Gamliel dit — [son abattage n'est valide] qu'à [la condition] qu'elle sursaute de la patte avant et de la patte arrière.

Rabbi Eliezer dit : il lui suffit [que le sang] ait jailli (zinka). Rabbi Chimon a dit : celui qui abat de nuit, et le lendemain s'est levé de bon matin et a trouvé les murs pleins de sang — [l'abattage est] valide, parce que [le sang] a jailli ; et [c'est] selon la mesure de Rabbi Eliezer.

Et les Sages disent : [il faut] qu'elle sursaute soit de la patte avant soit de la patte arrière, ou qu'elle batte de sa queue.

📜 Rachi (6)
מַתְנֵי' עַד שֶׁתְּפַרְכֵּס דְּאִי לֹא מְפַרְכֵּס קִים לְהוּ לְרַבָּנַן דִּנְטוּלָה נִשְׁמָתָהּ קֹודֶם גְּמַר שְׁחִיטָתָהּ כִּדְאָמְרִינַן בַּגְּמָרָא:
MICHNA. Qu'elle sursaute — car, si elle ne sursaute pas, les Sages tiennent pour certain (kim lehou) que son âme s'en est allée avant l'achèvement de son abattage, comme nous [le] disons dans la Guemara.
אִם זִינְּקָה כְּדֶרֶךְ שֶׁהַבְּהֵמוֹת נוֹפְחוֹת בִּגְרוֹנָם וְהַדָּם מְקַלֵּחַ וּמְזַנֵּק בְּכֹחַ:
[Que le sang] ait jailli — à la manière dont les bêtes soufflent par la gorge et [dont] le sang gicle et jaillit avec force.
זִינּוּק קִילּוּחַ:
Zinuk [signifie] giclement (kiloual).
הַשּׁוֹחֵט בַּלַּיְלָה בְּהֵמָה מְסֻוכֶּנֶת שֶׁצְּרִיכָה פִּירְכּוּס וְלֹא יָדַע אִי פִּירְכְּסָה:
Celui qui abat de nuit — une bête en péril, qui requiert le sursaut, et [il] ne savait pas si elle avait sursauté.
וּלְמָחָר הִשְׁכִּים וּמָצָא כָּותְלֵי בֵּית שְׁחִיטַת הַצַּוָּאר מְלֵאִים דָּם כְּשֵׁרָה מִפְּנֵי שֶׁזִּינְּקָה:
Et le lendemain s'est levé de bon matin et a trouvé — les murs de l'emplacement de l'égorgement du cou pleins de sang : [l'abattage est] valide, parce que [le sang] a jailli.
וּכְמִדַּת ר"א דְּמַכְשַׁר לָהּ בְּזִינּוּק אֲמָרָהּ ר"ש:
Et [c'est] selon la mesure de Rabbi Eliezer — [Rabbi Chimon] qui le valide par le jaillissement [du sang], a [énoncé cela] selon Rabbi Eliezer.
🗂️ Tossefot (1)
הַשּׁוֹחֵט אֶת הַמְסֻוכֶּנֶת אֲפִילּוּ לְכַתְּחִלָּה שָׁרִי וּנְקַט לָשׁוֹן דִּיעֲבַד מִשּׁוּם דְּבָעֵי לְמִיתְנֵי עַד שֶׁתְּפַרְכֵּס:
Celui qui abat la [bête] en péril — [c'est permis] même à priori (lekhatchila), et [si la michna] emploie une formule de [validation] à posteriori (di'avad), [c'est] parce qu'elle veut enseigner '[qu'il faut] qu'elle sursaute'.
⚖️ Rosh (1)
הַשּׁוֹחֵט אֶת הַמְסֻוכֶּנֶת רַבָּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר עַד שֶׁתְּפַרְכֵּס בַּיָּד וּבָרֶגֶל. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר דַּיָּיהּ אִם זִינְּקָה. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר הַשּׁוֹחֵט בַּלַּיְלָה וּלְמָחָר הִשְׁכִּים וּמָצָא כְּתָלִים מְלֵאִים דָּם כְּשֵׁירָה. בְּיָדוּעַ שֶׁזִּינְּקָה וּכְמִדַּת רַבִּי אֱלִיעֶזֶר. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים עַד שֶׁתְּפַרְכֵּס בַּיָּד אוֹ בָּרֶגֶל אוֹ עַד שֶׁתְּכַשְׁכֵּשׁ בִּזְנָבָהּ. אַחַת בְּהֵמָה דַּקָּה וְאַחַת בְּהֵמָה גַּסָּה. בְּהֵמָה דַּקָּה שֶׁפָּשְׁטָה יָדָהּ וְלֹא הֶחְזִירָה פְּסוּלָה שֶׁאֵינוֹ אֶלָּא הוֹצָאַת נֶפֶשׁ. בד"א שֶׁהָיְתָה בְּחֶזְקַת מְסֻוכֶּנֶת אֲבָל אִם הָיְתָה בְּחֶזְקַת בְּרִיאָה אֲפִילּוּ אֵין בָּהּ אֶחָד מִכָּל סִימָנִין הַלָּלוּ כְּשֵׁירָה:
Celui qui abat (fait la chehita d') une bête mesukénet (en danger de mort, moribonde) : Rabban Gamliel dit — jusqu'à ce qu'elle se convulse (tefarkes, qu'elle s'agite d'un mouvement d'agonie) de la patte antérieure et de la patte postérieure. Rabbi Eliezer dit : il lui suffit que le sang ait giclé (zinqa, jailli sous pression). Rabbi Chimon dit : celui qui abat la nuit et qui, le lendemain, se lève de bon matin et trouve les parois pleines de sang — [la bête est] kachère (kacher, permise à la consommation), car il est établi (be-yadoua) que [le sang] a giclé, ce qui est conforme à l'avis (mida) de Rabbi Eliezer. Et les Sages disent : jusqu'à ce qu'elle se convulse soit de la patte antérieure, soit de la patte postérieure, ou jusqu'à ce qu'elle agite (tekhachkech) sa queue. [Cela vaut] aussi bien pour du menu bétail (behema daka) que pour du gros bétail (behema gassa). [S'agissant] du menu bétail : si elle a tendu sa patte antérieure et ne l'a pas ramenée, [elle est] passoul (invalide, impropre), car ce n'est là qu'une sortie de l'âme (hotsaat néfech, le simple râle de l'agonie, et non un signe de vitalité). En quels cas cela est-il dit (bameh devarim amourim) ? Lorsqu'elle avait le statut établi (be-hézkat) de mesukénet ; mais si elle avait le statut établi de bien portante, même s'il ne se trouve en elle aucun de tous ces simanim (signes [de vitalité]), elle est kachère.
💡 Explication

La mesukénet est une bête malade, en péril de mort imminente (voir le schéma). On craint qu'elle soit déjà morte (une charogne) avant la fin de l'abattage ; on exige donc un signe de vie, le pirkus (sursaut, convulsion). RaShBaG : patte avant et arrière. Rabbi Eliezer : le seul jaillissement du sang (zinuk) suffit ; Rabbi Chimon illustre par les murs trouvés pleins de sang. Les Sages : patte avant ou arrière, ou un battement de queue.

3
אֶחָד בְּהֵמָה דַּקָּה וְאֶחָד בְּהֵמָה גַּסָּה, בְּהֵמָה דַּקָּה שֶׁפָּשְׁטָה יָדָהּ וְלֹא הֶחְזִירָה – פְּסוּלָה, שֶׁאֵינָהּ אֶלָּא הוֹצָאַת נֶפֶשׁ בִּלְבָד. בַּמֶּה דְבָרִים אֲמוּרִים? שֶׁהָיְתָה בְּחֶזְקַת מְסֻוכֶּנֶת, אֲבָל אִם הָיְתָה בְּחֶזְקַת בְּרִיאָה, אֲפִילּוּ אֵין בָּהּ אֶחָד מִכָּל הַסִּימָנִים הַלָּלוּ – כְּשֵׁרָה.

[C'est la règle] tant pour une petite bête (behema daka) que pour une grande bête (behema gassa). Une petite bête qui a étendu sa patte [avant] et ne l'a pas ramenée — [son abattage est] invalide, car ce n'est là qu'une sortie de l'âme (hotzaat nefech), [et] rien de plus.

En quel cas cela est-il dit ? Lorsqu'elle était réputée en péril (be-hezkat mesukénet) ; mais si elle était réputée saine (be-hezkat beria), même s'il n'y a en elle aucun de tous ces signes, [son abattage est] valide.

📜 Rachi (3)
אֶחָד בְּהֵמָה דַּקָּה וְאֶחָד בְּהֵמָה גַּסָּה צְרִיכוֹת פִּירְכּוּס אִם הִיא מְסֻוכֶּנֶת:
[C'est la règle] tant pour une petite bête que pour une grande bête — elles requièrent le sursaut si elle est en péril.
שֶׁפָּשְׁטָה יָדָהּ בִּגְמַר שְׁחִיטָתָהּ:
Qui a étendu sa patte [avant] — à l'achèvement de son abattage.
וְלֹא הֶחֱזִירָהּ פְּסוּלָה אִם הָיְתָה מְסֻוכֶּנֶת לְפִי שֶׁאֵין זֶה פִּירְכּוּס אֶלָּא כֵּן דַּרְכָּהּ בִּשְׁעַת צֵאת נַפְשָׁהּ אֲבָל גַּסָּה לָאו אוֹרְחָהּ בְּהָכִי:
Et ne l'a pas ramenée, [son abattage est] invalide — si elle était en péril, car ce n'est pas là un sursaut, mais ainsi est sa manière à l'heure où son âme s'en va ; tandis que pour une grande bête, ce n'est pas sa manière [d'agir] ainsi.
💡 Explication

Précision : l'exigence de pirkus vaut pour petite et grande bête. Mais pour une petite bête, étendre la patte avant sans la ramener n'est pas un vrai sursaut — c'est seulement le mouvement naturel de la sortie de l'âme (hotzaat nefech) : invalide. Surtout, tout cela ne vaut que pour une bête réputée en péril ; une bête réputée saine est valide même sans aucun signe.

4
גְּמָ׳ מְסֻוכֶּנֶת מִמַּאי דְּשַׁרְיָא? וּמִמַּאי תִּיסַּק אַדַּעְתִּין דַּאֲסִירָא? דִּכְתִיב: ״זֹאת הַחַיָּה אֲשֶׁר תֹּאכְלוּ״, חַיָּה אֱכֹול, וְשֶׁאֵינָהּ חַיָּה לֹא תֹּאכַל. וְהָא מְסֻוכֶּנֶת אֵינָהּ חַיָּה?

GUEMARA. La [bête] en péril (mesukénet), d'où [sait-on] qu'elle est permise ?

Et d'où nous serait-il venu à l'esprit qu'elle [serait] interdite ? Parce qu'il est écrit : 'voici la [bête] vivante (haya) que vous mangerez' (Lev 11:2) — [d'où l'on déduit :] une [bête] vivante, mange[-la] ; et celle qui n'est pas vivante, ne [la] mange pas.

Or la [bête] en péril n'est-elle pas [précisément] non vivante ?

📜 Rachi (3)
גְּמ' מִמַּאי דְּשָׁרְיָא וַאֲפִילּוּ בְּפִירְכּוּס:
GUEMARA. D'où [sait-on] qu'elle est permise — et [cela] même avec le sursaut.
וּמְהַדְּרִינַן וּמִמַּאי תִּיסַּק אַדַּעְתִּין לִמְיַסְּרִי דְּבָעֵי קְרָא לִמְשָׁרְיָא:
Et nous répondons : et d'où nous serait-il venu à l'esprit de [l']interdire — [au point] qu'un verset soit requis pour [la] permettre ?
לָאו חַיָּה הִיא וַאֲפִילּוּ מְפַרְכֶּסֶת וּמְנָא לָן דְּשָׁרְיָא:
Elle n'est pas vivante — et [cela] même [si] elle sursaute ; d'où [tenons]-nous donc qu'elle est permise ?
🗂️ Tossefot (1)
שֶׁאֵינָהּ חַיָּה לֹא תֹּאכַל בְּרֵישׁ אֵלּוּ טְרֵפוֹת (לְקַמָּן חֻולִּין דַּף מב.) דָּרֵישׁ מֵהַאי קְרָא דִּטְרֵפָה אֵינָהּ חַיָּה וְהַיְינוּ לְפִי הַמַּסְּקָנָא דִּשְׁמַעְתִּין דְּלָא מִיתּוֹקְמָא בִּמְסֻוכֶּנֶת:
Celle qui n'est pas vivante, ne [la] mange pas — au début de [chapitre] Elou Tereifot (plus loin, Houlin 42a), il expose, de ce même verset, que la tereifa n'est pas vivante ; et [c'est] conformément à la conclusion de notre sougya, où [le verset] ne se laisse pas établir [comme parlant] de la [bête] en péril.
💡 Explication

La Guemara cherche la source permettant la mesukénet. On aurait pu la croire interdite à partir de 'voici la [bête] vivante (haya) que vous mangerez' : mange ce qui est 'vivant', non ce qui ne l'est pas — or la bête en péril, justement, n'est pas vivante. D'où la nécessité d'un verset qui la permette.

5
מִדְּאָמַר רַחֲמָנָא נְבֵלָה לֹא תֹּאכֵל, מִכְּלָל דִּמְסֻוכֶּנֶת שָׁרְיָא, דְּאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ מְסֻוכֶּנֶת אֲסִירָא – הַשְׁתָּא מֵחַיִּים אֲסִירָא, לְאַחַר מִיתָה מִיבְּעֵי?

Du fait que le Miséricordieux a dit 'tu ne mangeras pas de charogne (nevela)', [on infère] par voie de conséquence que la [bête] en péril est permise. Car, si tu te figures que la [bête] en péril [est] interdite — voici que [si] elle [est] interdite de son vivant, après [sa] mort, est-ce [encore] nécessaire [de le dire] ?

📜 Rachi (2)
מִדְּאָמַר רַחֲמָנָא נְבֵלָה לֹא תֹּאכֵל וּסְתָם נְבֵלָה מְסֻוכֶּנֶת הֲוַאי קֹודֶם מִיתָתָהּ:
Du fait que le Miséricordieux a dit 'tu ne mangeras pas de charogne' — et la charogne ordinaire (stam nevela) était [une bête] en péril avant sa mort.
מִכְּלָל דְּקֹודֶם מִיתָה כִּי הֲוָה מְסֻוכֶּנֶת שָׁרְיָא דְּאִי קֹודֶם מִיתָה אֲסִירָא מִזֹּאת הַחַיָּה לְאַחַר מִיתָה מִיבַּעְיָא מִיתָה מִי שָׁרְיָא לָהּ:
Par voie de conséquence — [à savoir] qu'avant la mort, lorsqu'elle était en péril, elle [était] permise ; car si, avant la mort, elle [était] interdite [à partir] de 'voici la [bête] vivante', après la mort, est-ce [encore] nécessaire [de dire que] la mort la rend permise ?
🗂️ Tossefot (1)
הַשְׁתָּא מֵחַיִּים אֲסוּרָה לְאַחַר מִיתָה מִיבַּעְיָא הַשְׁתָּא סָבַר דִּסְתָם נְבֵלָה מְסֻוכֶּנֶת הִיא קֹודֶם מִיתָה וּלְהָכִי דָּיֵיק שַׁפִּיר דְּאִי קֹודֶם מִיתָה אֲסוּרָה פְּשִׁיטָא דְּמִיתָה לָא שָׁרְיָא לָהּ כִּדְפֵירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס וּמִיָּד הֲוָה מָצֵי לְמִפְרַךְ דִּלְמָא אָתֵי קְרָא לִנְבֵלָה דְּלָא מִכֹּחַ מְסֻוכֶּנֶת וּכְגוֹן שֶׁעֲשָׂאָהּ גִּיסְטְרָא אֶלָּא דְּנָטַר עַד סוֹף הַמַּסְּקָנָא אֲבָל אֵין לְפָרֵשׁ דַּאֲפִילּוּ אֶפְשָׁר לִנְבֵלָה שֶׁלֹּא הָיְתָה מְסֻוכֶּנֶת מֵעִיקָּרָא מ"מ דִּייֵּק דְּמִדְּאָסַר רַחֲמָנָא מְסֻוכֶּנֶת מִשּׁוּם דִּקְרוֹבָה לְמִיתָה כ"ש בְּהֵמָה שֶׁמֵּתָה לְגַמְרֵי דאע"ג דְּאָסַר רַחֲמָנָא טְרֵפָה אַפֵּ"ה אִיצְטְרִיךְ לֶאֱסֹור נְבֵלָה מִשּׁוּם דִּטְרֵפָה מִיחַסְּרָא אֵין לְפָרֵשׁ כָּךְ דְּא"כ אַמַּאי פָּרִיךְ בַּמַּסְּקָנָא דִּלְמָא אֲתָא קְרָא לְהַךְ נְבֵלָה דְּלָא אֲתָא מִכֹּחַ מְסֻוכֶּנֶת מֵעִיקָּרָא כְּגוֹן שֶׁעֲשָׂאָהּ גִּיסְטְרָא אֶלָּא פְּשִׁיטָא דְּאֵין זֶה קַל וָחֹומֶר דְּאִיסּוּר מְסֻוכֶּנֶת חֲמִיר דְּחָל מֵחַיִּים כִּדְאָמַר בִּזְבָחִים בְּפֶרֶק חַטַּאת הָעוֹף (זְבָחִים דַּף ע.) דְּלָא יָלְפִינַן נְבֵלָה מִטְּרֵפָה מִשּׁוּם דַּחֲמִירָא דַּאֲסוּרָה מֵחַיִּים וא"ת לְמַאי דְּפָרִיךְ אִי אָמְרַתְּ נָמֵי מְסֻוכֶּנֶת שָׁרְיָא תִּקְשֵׁי אַמַּאי אִצְטְרִיךְ קְרָא לֶאֱסֹור נְבֵלָה הָא אֲסוּרָה מֵחַיִּים מִשּׁוּם אִיסּוּר שֶׁאֵינָהּ זְבוּחָה דְּרַחֲמָנָא אָמַר וְזָבַחְתָּ וְזוֹ לֹא נִשְׁחֲטָה דממ"נ אַף לְאַחַר שֶׁנִּתְנַבְּלָה אִיכָּא עֲשֵׂה דְּשֶׁאֵינָהּ זְבוּחָה כִּדְמַשְׁמַע בְּפֶרֶק כָּל שָׁעָה (פְּסָחִים דַּף לו.) ובפ"ק דְּנָזִיר (דַּף ד.) דר"ש אוֹמֵר הָאוֹכֵל נְבֵלָה ביוה"כ פָּטוּר מִשּׁוּם דְּאֵין אִיסּוּר חָל עַל אִיסּוּר מַשְׁמַע אֲפִילּוּ נִתְנַבְּלָה ביוה"כ פָּטוּר מִשּׁוּם דְּאֵין אִיסּוּר חָל עַל אִיסּוּר וְהַשְׁתָּא כְּשֶׁמֵּתָה פָּקְעָה אִיסּוּר אֵבֶר מִן הַחַי אַמַּאי לֹא חָל אִיסּוּר יוה"כ עִם אִיסּוּר נְבֵלָה בְּבַת אַחַת אֶלָּא וַדַּאי לְעוֹלָם אִיכָּא אִיסּוּר דְּשֶׁאֵינָהּ זְבוּחָה וּלְהָכִי לָא חָיֵיל עֲלֵיהּ אִיסּוּר יוה"כ דְּמֵחַיִּים נָמֵי הֲוָה בָּהּ אִיסּוּר זֶה וְאַכַּתִּי לֹא פָּקַע וְיֵשׁ לוֹמַר דַּהֲוָה מָצֵי לְמֵימַר וּלְטַעְמִיךְ:
'Voici que de son vivant elle [est] interdite, après [sa] mort, est-ce [encore] nécessaire [de le dire] ?' — maintenant [la Guemara] tient que la charogne ordinaire est [une bête] en péril avant sa mort, et c'est pourquoi elle infère bien [que], si avant la mort elle [est] interdite, il va de soi (pechita) que la mort ne la rend pas permise, comme l'explique le commentaire [de Rachi]. Et d'emblée, elle aurait pu objecter : peut-être le verset vient[-il pour] une charogne qui ne procède pas d'une [bête] en péril, par exemple [le cas] où on l'a faite morceau (gistra) [tranchée en deux] — mais [le Talmud] a attendu jusqu'à la fin de la conclusion. Toutefois, il ne faut pas expliquer [ainsi] : que, même s'il était possible que la charogne n'ait pas été en péril au départ, néanmoins [la Guemara] infère que, du fait que le Miséricordieux a interdit la [bête] en péril parce qu'elle est proche de la mort, à plus forte raison une bête complètement morte [serait interdite] ; et bien que le Miséricordieux ait [déjà] interdit la tereifa, [il] a tout de même fallu interdire la charogne, parce que la tereifa est amputée — il ne faut pas expliquer ainsi, car alors pourquoi objecte-t-elle dans la conclusion 'peut-être le verset vient[-il pour] cette charogne qui ne procède pas d'une [bête] en péril au départ, par exemple où on l'a faite morceau' ? Mais [c'est] manifestement [qu'il] n'y a pas là de raisonnement a fortiori (kal va-homer), car l'interdit de la [bête] en péril [est] plus grave, [puisqu']il prend effet de son vivant, comme il [le] dit dans Zevahim, au chapitre Hatat ha-Of (Zevahim 70a), [à savoir] que nous ne dérivons pas [le statut de] la charogne [de celui] de la tereifa parce qu'[elle est] plus grave, [vu] qu'elle est interdite de [son] vivant. Et si tu dis : selon ce qu'objecte [la Guemara], 'même si tu dis [que] la [bête] en péril [est] permise', il y aurait à se demander pourquoi un verset a été nécessaire pour interdire la charogne, puisqu'elle est interdite de [son] vivant en raison de l'interdit de '[bête] non égorgée (eina zevuha)', car le Miséricordieux a dit 'tu égorgeras' et celle-ci n'a pas été égorgée — de sorte que, de toute façon (mi-mah nafchakh), même après qu'elle est devenue charogne, il y a [le] commandement positif de '[bête] non égorgée', comme [cela] ressort au chapitre Kol Chaa (Pessahim 36a) et au chapitre premier de Nazir (4a), [où] Rabbi Chimon dit [que] celui qui mange une charogne le jour de Kippour est exempt [d'une seconde peine] parce qu'un interdit ne prend pas effet sur un [autre] interdit — [ce qui] implique [que], même [si] elle est devenue charogne le jour de Kippour, [il est] exempt parce qu'un interdit ne prend pas effet sur un [autre] interdit ; or maintenant, lorsqu'elle est morte, l'interdit du membre [arraché] du vivant (ever min ha-haï) s'est dissipé : pourquoi l'interdit de Kippour n'a-t-il pas pris effet avec l'interdit de charogne d'un seul coup (be-vat ahat) ? — mais [c'est] manifestement [qu']il y a toujours l'interdit de '[bête] non égorgée', et c'est pourquoi l'interdit de Kippour n'a pas pris effet sur elle, puisque de [son] vivant aussi il y avait déjà en elle cet interdit, qui ne s'est pas encore dissipé. Et l'on peut dire [que la Guemara] aurait pu répondre 'et selon ton raisonnement (u-le-taamekh)' [= l'objection vaut aussi pour ta thèse].
💡 Explication

Première piste. Le verset 'tu ne mangeras pas de charogne (nevela)' [Dt 14:21] suppose que la nevela typique était une bête en péril avant de mourir. Si la mesukénet était déjà interdite vivante, il serait superflu de l'interdire une fois morte (a fortiori) — donc, vivante, elle est permise.

6
וְדִלְמָא הַייְנוּ נְבֵלָה הַיְינוּ מְסֻוכֶּנֶת? לָא סָלְקָא דַעְתָּךְ, דִּכְתִיב: ״וְכִי יָמוּת מִן הַבְּהֵמָה אֲשֶׁר הִיא לָכֶם לְאָכְלָה הַנֹּגֵעַ בְּנִבְלָתָהּ״, לְאַחַר מִיתָה הוּא דְּקַרְייַהּ רַחֲמָנָא נְבֵלָה, מֵחַיִּים לָא אִקְּרַי נְבֵלָה.

Mais peut-être la charogne et la [bête] en péril sont-elles une seule et même [chose] ? [Non,] cela ne [te] viendra pas à l'esprit, car il est écrit : 'et si meurt une bête parmi celles que vous avez à manger, celui qui touche sa charogne [sera impur]' (Lev 11:39) — [d'où il ressort que] c'est après la mort que le Miséricordieux l'a nommée charogne ; de son vivant, elle n'est pas nommée charogne.

📜 Rachi (2)
וּפָרְכִינַן דִּלְמָא הַיְינוּ נְבֵלָה הַיְינוּ מְסֻוכֶּנֶת וְקֹודֶם מִיתָה מִשֶּׁנִּסְתַּכְּנָה קָרֵי לָהּ נְבֵלָה וְאַשְׁמוֹעִינַן רַחֲמָנָא דְּקָאֵי עֲלָהּ בְּלָאו נָמֵי דְּאִי מִזֹּאת לָאו הַבָּא מִכְּלַל עֲשֵׂה עֲשֵׂה:
Et nous objectons : peut-être la charogne et la [bête] en péril sont-elles une seule [chose] — et, avant la mort, dès qu'elle est tombée en péril, [le verset] la nomme charogne ; et le Miséricordieux nous enseigne [qu']on encourt aussi à son sujet un interdit [exprimé par] un 'lo taasse' (ne fais pas), car [un interdit déduit] de 'voici [la bête vivante]' [n'est qu'] un commandement positif dérivé d'un interdit [implicite] — [donc] un commandement positif.
מֵחַיִּים לָא אִיקְּרַי נְבֵלָה וְהִלְכָּךְ לָמָּה לִי לְאַזְהוֹרֵי עֲלָהּ דִּנְבֵלָה פְּשִׁיטָא דְּאִיסּוּר מְסֻוכֶּנֶת לְהֵיכָא אָזֵיל:
De son vivant elle n'est pas nommée charogne — et dès lors, à quoi bon m'avertir à son sujet [au titre] de charogne ? [Il est] manifeste [que cet avertissement n'est requis] que pour [savoir] où est allé [se loger] l'interdit de la [bête] en péril.
🗂️ Tossefot (1)
דִּלְמָא הַייְנוּ נְבֵלָה הַיְינוּ מְסֻוכֶּנֶת אֵין לְפָרֵשׁ כְּהַהִיא דִּבְסָמוּךְ דְּהַשְׁתָּא בָּעֵי לְמֵימַר דְּקֹודֶם מִיתָה מִשֶּׁנִּסְתַּכְּנָה קָרֵי לָהּ נְבֵלָה:
Peut-être la charogne et la [bête] en péril sont-elles une seule [chose] — il ne faut pas [l']expliquer comme [le passage] qui suit aussitôt, car maintenant [la Guemara] veut dire qu'avant la mort, dès qu'elle est tombée en péril, [le verset] la nomme charogne.
💡 Explication

Objection : peut-être 'charogne' (nevela) et 'bête en péril' désignent-elles une seule catégorie (la bête devenant nevela dès qu'elle est en péril) ? Réponse : le verset 'et si meurt une bête... celui qui touche sa charogne' (Lev 11:39) montre que c'est après la mort que la Torah nomme l'animal charogne ; de son vivant, il n'est pas une charogne. La piste de l'identité est donc écartée.

7
וְדִלְמָא לְעוֹלָם אֵימָא לָךְ: הַיְינוּ נְבֵלָה הַיְינוּ מְסֻוכֶּנֶת, מֵחַיִּים – בַּעֲשֵׂה, לְאַחַר מִיתָה – בְּלָאו.

Mais peut-être, en vérité, te dirai-je [que] la charogne et la [bête] en péril sont une seule [chose] : de son vivant — par un commandement positif (asse) ; après [sa] mort — par un interdit (lav).

📜 Rachi (1)
דִּלְמָא לְעוֹלָם הַיְינוּ נְבֵלָה הַיְינוּ מְסֻוכֶּנֶת כְּלוֹמַר לְעוֹלָם כִּדְקָאָמַר דִּנְבֵלָה הַיְינוּ בְּהֵמָה שֶׁנִּסְתַּכְּנָה וְנֶאֶסְרָה קֹודֶם מִיתָה וְאַפֵּ"ה אִיצְטְרִיךְ קְרָא דְּאִילּוּ מֵחַיִּים אִיסּוּר מְסֻוכֶּנֶת עֲשֵׂה בְּעָלְמָא הוּא וְאַשְׁמוֹעִינַן קְרָא דִּלְאַחַר מִיתָה קָאֵי נָמֵי בְּלָאו:
Peut-être, en vérité, la charogne et la [bête] en péril sont une seule [chose] — c'est-à-dire : en vérité, comme [il a été] dit, [que] la charogne, c'est la bête qui est tombée en péril et a été interdite avant la mort ; et même ainsi le verset a été nécessaire, car de son vivant l'interdit de la [bête] en péril n'est qu'un simple commandement positif, et le verset nous enseigne qu'après la mort on encourt aussi un interdit ['lav'].
💡 Explication

Nouvelle défense de l'identité : nevela et mesukénet sont bien une seule chose, mais à deux niveaux. De son vivant, elle est interdite par un simple commandement positif ('voici la bête vivante') ; après sa mort, par un interdit formel ('tu ne mangeras pas de charogne'). Le verset de la charogne resterait alors nécessaire pour ajouter ce 'lav'.

8
אֶלָּא, מִדְּאָמַר רַחֲמָנָא טְרֵפָה לֹא תֹּאכַל – מִכְּלָל דִּמְסֻוכֶּנֶת שָׁרְיָא, דְּאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ מְסֻוכֶּנֶת אֲסִירָא, הַשְׁתָּא מְסֻוכֶּנֶת דְּלָא מְחַסְּרָא אֲסִירָא, טְרֵפָה מִיבַּעְיָא?

Plutôt, du fait que le Miséricordieux a dit 'tu ne mangeras pas de [bête] déchirée (tereifa)', [on infère] par voie de conséquence que la [bête] en péril est permise. Car, si tu te figures que la [bête] en péril [est] interdite — voici maintenant que la [bête] en péril, qui n'est pas amputée (de-lo mehasra), [serait] interdite ; la [bête] déchirée, est-ce [encore] nécessaire [de le dire] ?

📜 Rachi (4)
טְרֵפָה נִיקַּב קְרוּם שֶׁל מוֹחַ אוֹ נֶחְתְּכוּ רַגְלֶיהָ מְחֻוסֶּרֶת הִיא:
[Bête] déchirée — [par exemple] la membrane du cerveau a été perforée, ou ses pattes ont été coupées : elle est amputée.
וְאִי ס"ד מְסֻוכֶּנֶת מֵחֲמַת חֹולִי דְּלָא מִחַסְּרָא אֲסוּרָה דְּדָרְשִׁינַן שֶׁאֵינָהּ חַיָּה לֹא תֹּאכַל:
Et si tu te figures [que] la [bête] en péril — du fait d'une maladie, qui n'est pas amputée, [est] interdite, car nous exposons 'celle qui n'est pas vivante, ne [la] mange pas'.
מְסֻוכֶּנֶת מֵחֲמַת טְרֵפוֹת שֶׁחֲסֵרָה הִיא:
[Bête] en péril — du fait d'une lésion-tereifa, qui est amputée.
מִיבַּעְיָא דְּהַךְ טְרֵפָה נַמֵּי אֵינָהּ חַיָּה אֶלָּא מִדְּאִיצְטְרִיךְ לְמֵיסַר טְרֵפָה ש"מ מְסֻוכֶּנֶת מֵחֲמַת טְרֵפוֹת דְּמִיחַסְּרָא אֲסוּרָה אֲבָל שְׁאָר מְסֻוכֶּנֶת שָׁרְיָא דְּלָא דָּרְשִׁינַן שֶׁאֵינָהּ חַיָּה לֹא תֹּאכַל:
Est-ce [encore] nécessaire — car cette tereifa-là non plus n'est pas vivante ; plutôt, du fait qu'[il] a fallu interdire la tereifa, apprends-en que la [bête] en péril du fait d'une lésion-tereifa, qui est amputée, [est] interdite, mais [que] le reste des [bêtes] en péril [est] permis, car nous n'exposons pas 'celle qui n'est pas vivante, ne [la] mange pas'.
🗂️ Tossefot (1)
הַשְׁתָּא מְסֻוכֶּנֶת דְּלָא מְחַסְּרָא אֲסוּרָה טְרֵפָה מִיבַּעְיָא וכ"ת אִצְטְרִיךְ לִטְרֵפָה דְּלָא מִחַסְּרָא כְּגוֹן דְּיַתִּיר כֵּיוָן דְּכֹל יָתֵר כְּנָטוּל דָּמֵי הָא נָמֵי מִיחַסַּר וְנָפְלָה נָמֵי חֲשׁוּבָה כִּמְחַסְּרָא:
'Voici maintenant que la [bête] en péril, qui n'est pas amputée, [est] interdite ; la [bête] déchirée, est-ce [encore] nécessaire [de le dire] ?' — et si tu dis : [le verset] a été nécessaire pour une tereifa qui n'est pas amputée, par exemple [une bête] qui a un membre surnuméraire (yatir), puisque 'tout [organe] surnuméraire est comme [s'il était] retranché' (kol yatir ke-natoul dami) — celle-ci aussi est amputée ; et [une bête] qui est tombée (nafla) est, elle aussi, considérée comme amputée.
💡 Explication

Deuxième piste. Le verset 'tu ne mangeras pas de tereifa' [Ex 22:30] suppose la mesukénet permise. Car la mesukénet est malade mais non amputée (entière de corps) ; la tereifa, elle, est amputée / lésée. Si même l'entière (la mesukénet) était interdite, il serait superflu d'interdire l'amputée (la tereifa) — donc la mesukénet est permise.

9
וְדִלְמָא הַייְנוּ טְרֵפָה הַיְינוּ מְסֻוכֶּנֶת, וְלַעֲבֹור עָלָיו בַּעֲשֵׂה וְלֹא תַעֲשֶׂה! אִם כֵּן, נְבֵלָה דִּכְתַב רַחֲמָנָא לָמָּה לִי? וּמַה מֵחַיִּים קָאֵי עֲלַהּ בְּלָאו וַעֲשֵׂה, לְאַחַר מִיתָה מִיבַּעְיָא?

Mais peut-être la [bête] déchirée et la [bête] en péril sont-elles une seule [chose], et [le verset vient] pour qu'on transgresse à son sujet [à la fois] par un commandement positif et par un interdit ! [Réponse :] s'il en est ainsi, la charogne que le Miséricordieux a [explicitement] écrite, pourquoi m'[est-elle nécessaire] ?

Et [si] de son vivant on encourt à son sujet un interdit et un commandement positif, après [sa] mort, est-ce [encore] nécessaire [de le dire] ?

📜 Rachi (4)
וְדִלְמָא הַייְנוּ טְרֵפָה הַיְינוּ מְסֻוכֶּנֶת וּבֵין מִחַסְּרָא וּבֵין לָא מִחַסְּרָא מִשָּׁעָה שֶׁאֵינָהּ חַיָּה טְרֵפָה קָרֵי לָהּ דִּטְרֵפָה לְשׁוֹן מְסֻוכֶּנֶת הִיא כְּלוֹמַר קְרוֹבָה לָמוּת וְאִיצְטְרִיךְ לַעֲבֹור עָלֶיהָ בַּעֲשֵׂה דְּשֶׁאֵינָהּ חַיָּה וְלֹא תַּעֲשֶׂה דִּטְרֵפָה:
Mais peut-être la [bête] déchirée et la [bête] en péril sont-elles une seule [chose] — et, qu'elle soit amputée ou non amputée, dès l'instant où elle n'est plus vivante [le verset] la nomme tereifa, car 'tereifa' est un terme [signifiant] '[bête] en péril', c'est-à-dire proche de mourir ; et [le verset] a été nécessaire pour qu'on transgresse à son sujet [par] le commandement positif de 'celle qui n'est pas vivante' et [par] l'interdit de la tereifa.
אִם כֵּן נְבֵלָה דְּאוֹקְמָא לְעֵיל דְּמִשּׁוּם לַעֲבֹור עָלֶיהָ בְּלָאו נָמֵי אִצְטְרִיךְ:
S'il en est ainsi, la charogne — que nous avons établie plus haut [comme] nécessaire afin qu'on encoure aussi à son sujet un interdit ['lav'].
ל"ל הַשְׁתָּא מֵחַיִּים כְּשֶׁהִיא מְסֻוכֶּנֶת קַרְייֵהּ רַחֲמָנָא טְרֵפָה וְקָאֵי עֲלָהּ בְּלָאו וַעֲשֵׂה:
Pourquoi m'[est-elle nécessaire] ? Voici maintenant que de son vivant — lorsqu'elle est en péril, le Miséricordieux l'a nommée tereifa et on encourt à son sujet un interdit et un commandement positif.
לְאַחַר מִיתָה מִיבַּעְיָא אִיסּוּרָא לְהֵיכָא אֲזַל:
Après [sa] mort, est-ce [encore] nécessaire — où est allé [se loger] l'interdit [de la charogne] ?
🗂️ Tossefot (1)
וְדִלְמָא הַייְנוּ טְרֵפָה הַיְינוּ מְסֻוכֶּנֶת הָא פֵּירוּשׁוֹ כְּהַהִיא דִּלְעֵיל דְּהַשְׁתָּא בָּעֵי לְמֵימַר דְּכָל מְסֻוכֶּנֶת קָרֵי לָהּ טְרֵפָה דִּטְרֵפָה לְשׁוֹן מְסֻוכֶּנֶת כְּלוֹמַר קְרוֹבָה לָמוּת בֵּין מִיחַסְּרָא בֵּין לָא מִיחַסְּרָא וק"ק דִּלְעֵיל דְּפָרִיךְ הַיְינוּ נְבֵלָה הַיְינוּ מְסֻוכֶּנֶת לָא קָאָמַר לַעֲבֹור עָלָיו בַּעֲשֵׂה וְלֹא תַעֲשֶׂה כִּדְקָאָמַר הָכָא:
Mais peut-être la [bête] déchirée et la [bête] en péril sont-elles une seule [chose] — son explication [est] comme celle [du passage] plus haut, car maintenant [la Guemara] veut dire [que] toute [bête] en péril, [le verset] la nomme tereifa, 'tereifa' étant un terme [signifiant] '[bête] en péril', c'est-à-dire proche de mourir, qu'elle soit amputée ou non amputée. Et [il y a] une petite difficulté : car plus haut, lorsqu'elle objecte 'la charogne et la [bête] en péril sont une seule [chose]', elle ne dit pas 'pour qu'on transgresse à son sujet [à la fois] par un commandement positif et par un interdit', comme elle [le] dit ici.
💡 Explication

Objection : peut-être tereifa et mesukenet sont-elles une seule catégorie, le verset de la tereifa servant à la frapper à la fois d'un asse et d'un lav. Réponse : alors le verset de la charogne deviendrait superflu — car si la bête est déjà, de son vivant, interdite par un asse et un lav, il est inutile de l'interdire après sa mort (à fortiori).

10
וְדִלְמָא הַייְנוּ נְבֵלָה, הַיְינוּ טְרֵפָה, הַיְינוּ מְסֻוכֶּנֶת, וְלַעֲבֹור עָלָיו בִּשְׁנֵי לָאוִין וַעֲשֵׂה!

Mais peut-être la charogne, la [bête] déchirée et la [bête] en péril sont-elles une seule [chose], et [le verset vient] pour qu'on transgresse à son sujet par deux interdits et un commandement positif !

📜 Rachi (1)
וְדִלְמָא הַייְנוּ נְבֵלָה הַיְינוּ טְרֵפָה הַיְינוּ מְסֻוכֶּנֶת כְּלוֹמַר אֲפִילּוּ בִּנְבֵלָה שֶׁמֵּתָה לְאַחַר שֶׁנִּטְרְפָה וְנִסְתַּכְּנָה מָצֵית מוֹקְמַת לָהּ וְאַפֵּ"ה אִיצְטְרִיךְ וּלְמֵיקַם עֲלָהּ לְאַחַר מִיתָה בִּשְׁנֵי לָאוְיָן לָאו דִּנְבֵלָה וְלָאו דִּטְרֵפָה וַעֲשֵׂה דְּחִיָּה אֱכוֹל:
Mais peut-être la charogne, la [bête] déchirée et la [bête] en péril sont-elles une seule [chose] — c'est-à-dire : tu peux [même] établir [le tout comme parlant] d'une charogne qui est morte après être devenue tereifa et tombée en péril, et même ainsi [le verset] a été nécessaire, [à savoir] pour encourir à son sujet, après la mort, deux interdits — l'interdit de charogne et l'interdit de tereifa — et le commandement positif de 'mange [la bête] vivante'.
💡 Explication

Troisième piste, qui fait tout s'effondrer : peut-être nevela, tereifa et mesukenet sont-elles une seule catégorie. Alors chacun des deux versets (charogne, tereifa) sert à empiler les interdits : on transgresserait, après la mort, deux interdits (charogne + tereifa) et un commandement positif ('voici la bête vivante'). Aucune des trois ne se distingue : l'inférence précédente ne tient plus.

11
אֶלָּא מֵהָכָא, ״וְחֵלֶב נְבֵלָה וְחֵלֶב טְרֵפָה יֵעָשֶׂה לְכָל מְלָאכָה וְאָכֹל לֹא תֹאכְלֻהוּ״, וְאָמַר מַר: לְמַאי הִלְכְתָא אָמְרָה הַתּוֹרָה? יָבֹא אִיסּוּר נְבֵלָה וְיָחוּל עַל אִיסּוּר חֵלֶב, יָבֹא אִיסּוּר טְרֵפָה וְיָחוּל עַל אִיסּוּר חֵלֶב.

Plutôt, [c'est] de ceci [qu'on le tire] : 'et la graisse (helev) d'une charogne et la graisse d'une [bête] déchirée pourra servir à tout usage, mais vous n'en mangerez point' (Lev 7:24) ; et le Maître a dit : en vue de quelle loi (le-mai hilkheta) la Torah a-t-elle dit [cela] ? [Pour que] vienne l'interdit de charogne et qu'il prenne effet sur l'interdit de graisse ; [que] vienne l'interdit de [bête] déchirée et qu'il prenne effet sur l'interdit de graisse.

📜 Rachi (2)
וְאָמַר מַר בִּזְבָחִים בְּפֶרֶק חַטַּאת הָעוֹף (זְבָחִים דַּף ע.):
Et le Maître a dit — dans Zevahim, au chapitre Hatat ha-Of (Zevahim 70a).
לְמַאי הִלְכְתָא כְּלוֹמַר הַאי וְאָכַל לֹא תֹּאכְלוּהוּ לֹא צָרִיךְ דְּהָא כְּתִיב (וַיִּקְרָא ג) כָּל חֵלֶב וְכָל דָּם לֹא תֹאכֵלוּ וּמִשּׁוּם דְּנִתְנַבְּלָה אוֹ נִטְרְפָה מִי אָזֵיל לֵיהּ אִיסּוּר חֵלֶב וּלְמַאי אִצְטְרִיךְ אֶלָּא הַתּוֹרָה אָמְרָה דְּחַייָּב מִשּׁוּם שְׁנֵי לָאוְיָן מִשּׁוּם לָאו דְּחֵלֶב וּמִשּׁוּם לָאו דִּטְרֵפָה דְּלָא תֵּימָא אֵין אִיסּוּר חָל עַל אִיסּוּר:
En vue de quelle loi — c'est-à-dire : ce 'mais vous n'en mangerez point' n'est pas requis, car il est [déjà] écrit (Lev 3) 'toute graisse et tout sang, vous n'en mangerez point' ; et du fait qu'elle est devenue charogne ou tereifa, l'interdit de graisse s'en irait-il [donc] ? En vue de quoi [ce verset] a-t-il [donc] été nécessaire ? Plutôt, la Torah a dit qu'on encourt deux interdits — au titre de l'interdit de graisse et au titre de l'interdit de tereifa — afin que tu ne dises pas [qu']un interdit ne prend pas effet sur un [autre] interdit.
💡 Explication

Conclusion. La preuve vient de 'la graisse (helev) d'une charogne et la graisse d'une tereifa pourra servir à tout usage, mais vous n'en mangerez point' (Lev 7:24). Le Maître explique : ce verset apprend que l'interdit de charogne et l'interdit de tereifa viennent se poser sur l'interdit de graisse (helev) déjà existant — celui qui mange la graisse d'une charogne ou d'une tereifa est doublement coupable. Nevela et tereifa sont donc des interdits distincts, chacun nommé séparément ; la mesukenet, elle, demeure permise par l'abattage.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).