Chullin 38a — le pirkous (convulsion) comme signe de vie, et à quel moment de l'abattage il doit survenir

Chullin 38a

Sougya : Suite de la michna sur la bête moribonde (mesukenet) : pour que son abattage soit valide, elle doit donner un signe de vie (pirkous) pendant la chehita. La sougya précise quels mouvements comptent : Rav (Abba) admet le mugissement, l'expulsion de crottes, le remuement de l'oreille ; Chmouel exige davantage.

Rav Anan rapporte au nom de Chmouel le critère de la patte (repliée puis tendue = sortie de l'âme ; tendue puis repliée = pirkous). Une braita de Rabbi Yossei semble contredire Rav sur le mugissement et les crottes ; la Guemara concilie par la distinction voix forte / voix faible et crottes projetées / crottes en filet.

Puis trois Amoraim disputent du moment requis : Rav Hisda (au milieu, ce qu'il nomme 'fin'), Rava (à la fin au sens propre, vie attestée après l'abattage), Rav Nahman bar Yitzhak (dès le début). Chacun apporte une preuve, notamment de la michna sur le sang qui gicle (zinuk) la nuit et que l'on retrouve au matin, selon la mesure de Rabbi Eliezer.

La discussion situe le zinuk dans la hiérarchie des signes (Rabban Gamliel, les Sages, Rabbi Eliezer) et s'achève sur l'ouverture d'une braita ('chor...') appuyant Rava.

Quels mouvements comptent comme pirkous (signe de vie) ? bête mesukenet (moribonde) abattue : un mouvement de vie rend l'abattage valide Signe de VIE (pirkous) mugit d'une voix forte (épaisse) expulse les crottes avec force remue l'oreille remue la queue (selon Rav) patte tendue puis repliée = ce que la mort ne fait pas -> abattage VALIDE PAS un pirkous mugit d'une voix faible (terne) les crottes coulent en filet patte repliée puis tendue sans la replier ensuite = simple sortie de l'âme -> abattage INVALIDE
Quels mouvements comptent comme pirkous (segments 0-5) : signes de vie qui valident contre simple agonie qui invalide.
À quel moment de l'abattage le pirkous doit-il survenir ? début milieu fin (après section des simanim) Rav Nahman b. Yitzhak dès le DÉBUT de l'abattage, le pirkous suffit preuve : le sang gicle (zinuk) Rav Hisda au MILIEU (ce qu'il nomme 'fin' veut dire milieu), pas au tout début Rava à la FIN au sens propre : vie attestée après l'abattage preuve : braita 'chor...'
La mahloket sur le moment requis (segments 6-16) : Rav Hisda (milieu), Rava (fin), Rav Nahman bar Yitzhak (début).
Le giclement du sang (zinuk) — hiérarchie des signes de vie Rabban Gamliel patte ET patte (les deux) les Sages (Rabbanan) patte OU patte OU queue Rabbi Eliezer il suffit que le sang gicle le zinuk est plus LÉGER que Rabban Gamliel, mais plus FORT que les Sages d'où la difficulté : si le zinuk dépasse les Sages, pourquoi ceux-ci disent-ils 'jusqu'à ce que' (ad) ? -> conclusion : le zinuk est léger, et pourtant il suffit même au début de l'abattage
Le giclement du sang (zinuk) et sa place dans la hiérarchie des signes de vie (segments 10-15).
1
גּוֹעָה וְהֵטִילָה רֶיעִי וְכִשְׁכְּשָׁה בְּאָזְנָהּ – הֲרֵי זֶה פִּירְכּוּס. אֲמַר לְהוּ: אִצְטְרִיכָא לֵיהּ לְאַבָּא לְאֹזוֹזֵי אֻונֵּי, שֶׁאֲנִי אוֹמֵר כֹּל שֶׁאֵינָהּ [עוֹשָׂה] דְּבָרִים שֶׁהַמֵּתָה עוֹשֶׂה.

[Si la bête] à mugi, ou a expulsé des crottes, ou a remué l'oreille — ceci est un pirkous (convulsion, signe de vie). [Chmouel] leur dit : il a fallu à Abba (Rav) [le critère de] remuer l'oreille [a-t-on vraiment besoin de cela] ? car je dis [pour ma part] : tout ce qu['une bête] ne fait pas [parmi] les choses que la mort [elle-même] fait [est un signe de vie suffisant].

📜 Rachi (4)
גָּוְעָה וְהִטִּילָה רֵיעִי אוֹ זֶה אוֹ זֶה. גָּוְעָה צוֹעֶקֶת כְּמוֹ אִם יִגְעֶה שּׁוֹר עַל בְּלִילוֹ (אִיּוֹב ו׳:ה׳):
Soit l'un, soit l'autre. 'À mugi' [signifie] crie, comme 'un bœuf mugit-il sur son fourrage ?' (Job 6:5).
לְאַבָּא לְרַב הֲוָה קָרֵי לֵיהּ שְׁמוּאֵל הָכִי מִשּׁוּם כָּבוֹד:
Chmouel appelait ainsi Rav (Abba), par [marque d']honneur.
לַאֲזוֹזֵי אוֹנִי לְפַרְכֵּס הָאֹוזֶן בִּתְמִיהַּ דְּפִירְכּוּס חַיּוּת גָּדוֹל הוּא זֶה. אַזּוּזֵי לָשׁוֹן מְזִיזִין אוֹתוֹ מִמְּקוֹמוֹ (אָבוֹת פ"ג מי"ז):
[Le critère de] remuer l'oreille — [Chmouel parle] par étonnement : car le pirkous [de l'oreille] est [signe d']une grande vitalité. 'Azouzei' [est] un terme [de] 'on le déplace (mezizin) de sa place' (Avot 3:17).
שֶׁאֲנִי אוֹמֵר שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה כָּל כָּךְ אֶלָּא כָּל פִּירְכּוּס שֶׁמְּסֻוכֶּנֶת מְפַרְכֶּסֶת שֶׁאֵינָהּ עוֹשָׂה דָּבָר שֶׁהוּא הוֹצָאַת נֶפֶשׁ הָוֵי פִּירְכּוּס כְּדִלְקַמָּן:
[Chmouel dit :] car je dis qu'elle ne requiert pas tant [de vitalité] ; mais tout pirkous que fait une [bête] en danger, qui ne soit pas une chose [relevant] de la sortie de l'âme, est un pirkous, comme [il sera expliqué] plus loin.
🗂️ Tossefot (2)
גָּוְעָה אוֹ הֵטִילָה רֵיעִי וְכִשְׁכְּשָׁה בְּאָזְנָהּ ה"ז פִּירְכּוּס אֲפִילּוּ לר"ג דְּמַחְמִיר וּבָעֵי פִּירְכּוּס יָד וָרֶגֶל חֲשִׁיב הַאי פִּירְכּוּס וּלְהָכִי פָּרִיךְ שַׁפִּיר מִבָּרַייְתָא דְּקָתָנֵי בְּסָמוּךְ גָּוְעָה וְהִטִּילָה רֵיעִי אֵין זֶה פִּירְכּוּס וּשְׁמוּאֵל דְּאָמַר אִיצְטְרִיךְ לֵיהּ לְאַבָּא אַזּוּזֵי אֻונֵּי סָבַר כְּרַבָּנָן דְּאָמְרִי אוֹ יָד אוֹ רֶגֶל וּלְהָכִי פָּרִיךְ עֲלֵיהּ דְּרַב עָנָן דִּמְפָרֵשׁ מִילְּתֵיהּ דִּשְׁמוּאֵל תְּנֵינָא דִּפְשִׁיטָא דְּאַלִּיבָּא דְּרַבָּנָן פְּשׁוּטָה וְכָפְפָה ה"ז פִּירְכּוּס כְּפוּפָה וּפְשָׁטָהּ לָא הָוֵי פִּירְכּוּס:
Même selon Rabban Gamliel, qui est rigoureux et exige un pirkous de la patte [antérieure] et de la [patte] postérieure, ce [genre de] pirkous compte [comme signe de vie] ; et c'est pourquoi [la Guemara] objecte à bon droit, à partir de la braita enseignée plus loin, [où] il est enseigné 'à mugi ou a expulsé des crottes — ceci n'est pas un pirkous'. Et Chmouel, qui dit qu'il a fallu à Abba [le critère de] remuer l'oreille, tient comme les Sages, qui disent 'soit la patte [antérieure], soit la [patte] postérieure' ; et c'est pourquoi [la Guemara] objecte à Rav Anan, qui explique le propos de Chmouel : nous l'avons [déjà] appris [c'est évident], car selon les Sages il est évident que [patte] tendue puis repliée est un pirkous, [tandis que patte] repliée puis tendue n'est pas un pirkous.
אִצְטְרִיךְ לֵיהּ לְאַבָּא פִּי' בַּקּוֹנְטְר' דִּשְׁמוּאֵל הֲוָה קָרֵי הָכִי לְרַב בִּלְשׁוֹן כָּבוֹד וּבֶעָרוּךְ פֵּירֵשׁ שֶׁכָּךְ שְׁמוֹ וְרַב הָיוּ קוֹרִין אוֹתוֹ עַל שֵׁם חֲשִׁיבוּתוֹ כְּמוֹ דִּבְכָל דֻּוכְתֵי הֲווּ קָרוּ לֵיהּ רַבִּי לְר' יְהוּדָה הַנָּשִׂיא וּשְׁמוּאֵל שֶׁהָיָה חֲבֵירוֹ הָיָה קוֹרֵהוּ בִּשְׁמוֹ וְכֵן לְקַמָּן אִי הָכִי אָמַר אַבָּא לָא יָדַע בִּטְרֵפוֹת כְּלוּם וּבְעַרְבֵי פְּסָחִים (פְּסָחִים דַּף קיט:) גַּבֵּי גּוֹזָלַיָּיא וְאַרְזִילְיָיא לְאַבָּא וּבְפֶרֶק כָּל גַּגּוֹת (עֵירוּבִין דַּף צַד.) אִי קָפֵיד אַבָּא קְטַרוּ בֵּיהּ הֶמְייָנָא וּבְפֵירוּשׁ מַשְׁמַע סוֹף פֶּרֶק רֵאשִׁית הַגֵּז (לְקַמָּן חֻולִּין דַּף קלז:) דְּאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן לְאִיסִי מַאן רֵישׁ סִדְרָא בְּבָבֶל א"ל אַבָּא אֲרִיכָא וְכָעַס עָלָיו ר' יוֹחָנָן עַל שֶׁקָּרְאוּ כֵּן מַשְׁמַע בְּהֶדְיָא דְּאַבָּא לָאו לְשׁוֹן חֲשִׁיבוּת וּמִיהוּ מִמַּה שֶׁהָיָה קוֹרֵהוּ בִּשְׁמוֹ לְחוּדֵיהּ לֹא הָיָה כּוֹעֵס אִי לָאו מִשּׁוּם דְּאָמַר אֲרִיכָא שֶׁזֶּהוּ לְשׁוֹן גְּנַאי דְּר' יוֹחָנָן גּוּפֵיהּ הָיָה קוֹרֵהוּ אַבָּא בְּפֶרֶק כִּסּוּי הַדָּם (לְקַמָּן חֻולִּין פד.) אַבָּא מִמִּשְׁפַּחַת בְּרִיאִים הֲוָה אע"פ שֶׁרַב הָיָה חָשׁוּב הַרְבֵּה מַר' יוֹחָנָן מִיהוּ עַל רַב הַמְנוּנָא דְּאָמַר בְּפָ' יה"כ (יוֹמָא דַּף פז.) קָא אָזֵיל אַבָּא לְמִיקְטַל גַּבְרָא קָשֶׁה שֶׁהָיָה תַּלְמִידוֹ וְקוֹרֵהוּ בִּשְׁמוֹ וְאָמַר בְּחֵלֶק (סַנְהֶדְרִין ק.) מִפְּנֵי מֶה הָיָה נֶעֱנַשׁ גֵּחֲזִי מִפְּנֵי שֶׁקּוֹרֵהוּ לְרַבּוֹ בִּשְׁמוֹ וּלְפֵירוּשׁ הַקְּוַנְט' דְּאַבָּא לְשׁוֹן חֲשִׁיבוּת נִיחָא:
[L'expression] 'il a fallu à Abba' — Rachi a expliqué que Chmouel appelait ainsi Rav par [marque d']honneur ; mais le Aroukh a expliqué que tel était son nom, et [que] Rav, on l'appelait [Abba] en raison de son importance — de même que partout on appelait Rabbi [Yehouda ha-Nassi] 'Rabbi', et Chmouel, qui était son collègue, l'appelait par son nom. Et de même plus loin 'si Abba a dit cela, il ne connaît rien aux tereifot' ; et au [chapitre] Arvei Pessahim (Pessahim 119b) à propos des oisillons et des [petits] cerfs [envoyés] à Abba ; et au chapitre Kol Gaggot (Erouvin 94a) 'si Abba s'en soucie, qu'on lui ceigne la ceinture'. Et il ressort explicitement [d'un passage] à la fin du chapitre Rechit ha-Guez (plus loin, Houlin 137b), où Rabbi Yo'hanan dit à Issi : qui est le chef de la yechiva (rich sidra) en Babylonie ? Il lui répondit : Abba Aricha (le Grand) ; et Rabbi Yo'hanan se fâcha contre lui de l'avoir appelé ainsi — d'où il ressort clairement que 'Abba' n'est pas un terme [marquant] l'importance. Toutefois, de ce qu'il l'appelait par son nom seul il ne se serait pas fâché, n'eût été qu'il dit 'Aricha', qui est un terme de mépris ; car Rabbi Yo'hanan lui-même l'appelait 'Abba' au chapitre Kissouy ha-Dam (plus loin, Houlin 84a) : 'Abba était d'une famille de [gens] robustes'. Bien que Rav fût bien plus important que Rabbi Yo'hanan ; toutefois, au sujet de Rav Hamnouna, dont il est dit au [chapitre] Yom ha-Kippourim (Yoma 87a) 'voici qu'Abba va faire tuer un homme [par sa] sévérité', [Rav Hamnouna] était son disciple et [pourtant Rav] l'appelait par son nom ; et il est dit au [chapitre] Helek (Sanhédrin 100a) : pourquoi Guehazi fut-il puni ? parce qu'il appelait son maître par son nom. Et selon l'explication de Rachi, [pour qui] 'Abba' est un terme [marquant] l'importance, [tout] s'accorde bien.
💡 Explication

Suite de la michna sur la bête moribonde (mesukenet) : pour valider son abattage, elle doit manifester un signe de vie (pirkous) pendant la chehita. Rav (que Chmouel nomme Abba par déférence) admet comme signes : mugir, expulser des crottes, remuer l'oreille. Chmouel juge que le critère de Rav est trop exigeant : pour lui, suffit tout mouvement que la mort elle-même ne produit pas.

🖼️ Schéma
Quels mouvements comptent comme pirkous (signe de vie) ? bête mesukenet (moribonde) abattue : un mouvement de vie rend l'abattage valide Signe de VIE (pirkous) mugit d'une voix forte (épaisse) expulse les crottes avec force remue l'oreille remue la queue (selon Rav) patte tendue puis repliée = ce que la mort ne fait pas -> abattage VALIDE PAS un pirkous mugit d'une voix faible (terne) les crottes coulent en filet patte repliée puis tendue sans la replier ensuite = simple sortie de l'âme -> abattage INVALIDE
Les signes de vie qui valident l'abattage d'une bête moribonde, opposés à la simple agonie qui ne vaut pas pirkous.
2
מַאי נִינְהוּ דְּבָרִים שֶׁהַמֵּתָה עֹושָׂה? אָמַר רַב עָנָן: לְדִידִי מִפָּרְשָׁא לִי מִינֵּיהּ דְּמָר שְׁמוּאֵל – הָיְתָה יָדָהּ כְּפוּפָה וּפְשָׁטַתָּה – דָּבָר שֶׁהַמֵּתָה עוֹשֶׂה, פְּשׁוּטָה וּכְפָפָתָהּ – דְּבָרִים שֶׁאֵין הַמֵּתָה עוֹשָׂה.

Quelles sont ces choses que la mort [elle-même] fait ? Rav Anan dit : à moi cela m'a été expliqué par Maître Chmouel lui-même — [si] sa patte était repliée et [qu']elle l'a tendue, [c'est] une chose que la mort fait ; [si elle était] tendue et [qu']elle l'a repliée, [ce sont] des choses que la mort ne fait pas.

📜 Rachi (1)
שֶׁאֵין הַמִּיתָה עוֹשָׂה בִּשְׁעַת הוֹצָאַת נֶפֶשׁ קָרֵי לָהּ מֵתָה וּבִבְהֵמָה דַּקָּה קָאֵי דְּאִילּוּ גַּסָּה אֲפִילּוּ כְּפוּפָה וּפְשָׁטַתָּה הָוֵי פִּירְכּוּס:
'Que la mort ne fait pas' — au moment de la sortie de l'âme [la bête] est appelée 'morte'. Et [ceci] vise une bête menue (dakka), car pour une [bête] grosse (gassa), même [patte] repliée puis tendue est un pirkous.
💡 Explication

Rav Anan précise, au nom de Chmouel, le critère de la patte antérieure : patte repliée puis tendue = simple sortie de l'âme (la mort étend les membres), donc pas un pirkous ; patte tendue puis repliée = mouvement que la mort ne produit pas, donc pirkous (signe de vie).

3
מַאי קָא מַשְׁמַע לַן? תְּנֵינָא: בְּהֵמָה דַּקָּה שֶׁפָּשְׁטָה יָדָהּ וְלֹא הֶחְזִירָה – פְּסוּלָה, שֶׁאֵינָהּ אֶלָּא הוֹצָאַת נֶפֶשׁ; הָא הֶחֱזִירָהּ – כְּשֵׁרָה.

Que nous enseigne[-t-il par la] ? Nous l'avons [déjà] appris [dans la michna] : une bête menue qui a tendu sa patte et ne l'a pas ramenée [repliée] — [son abattage est] invalide, car ce n'est rien d'autre que la sortie de l'âme ; [d'où l'on infère :] mais [si] elle l'a ramenée — [son abattage est] valide.

💡 Explication

Objection : l'enseignement de Chmouel (rapporté par Rav Anan) ne serait-il pas superflu ? La michna l'enseigne déjà : la bête menue qui tend la patte sans la replier -> invalide (simple agonie) ; d'où l'on déduit a contrario que si elle la replie ensuite -> valide.

4
אִי מִמַּתְנִיתִין, הֲוָה אֲמִינָא: דַּוְקָא דְּכַיְיפָה וּפָשְׁטָה וַהֲדַר כָּייְפָה לַהּ, אֲבָל פְּשׁוּטָה וּכְפִפְּתָה – לֹא, קָא מַשְׁמָע לַן.

[Réponse :] si [c'était] de la michna [seule], j'aurais dit : c'est spécifiquement [le cas] où elle l'a repliée, puis tendue, puis l'a de nouveau repliée [qui vaut pirkous] ; mais [le cas où la patte était déjà] tendue [au départ] et [qu']elle l'a repliée — non [ce ne serait pas un pirkous]. [C'est pourquoi Chmouel] nous enseigne [que ce dernier cas vaut pirkous].

📜 Rachi (3)
אִי מִדֻּוקְיָא דְּמַתְנִיתִין הֲוָה גָּמְרִינַן לָהּ כִּדְקָדָייְקַתְּ הָא הֶחֱזִירָהּ כְּשֵׁרָה מַשְׁמַע שֶׁפְּשַׁטְתַּהּ מִכְּפִיפוּתָהּ וְהֶחֱזִירָהּ:
[Si c'était] par déduction de la michna, nous l'aurions appris, comme tu l'as déduit : 'mais [si] elle l'a ramenée, [c'est] valide' implique qu'elle l'a tendue depuis son état replié puis l'a ramenée.
אֲבָל פְּשׁוּטָה מֵעִיקָּרָא וּכְפִפְּתָה לֹא:
Mais [si la patte était] tendue au départ et [qu']elle l'a repliée — non.
קמ"ל דְּהֵיכָא דְּהָוְיָא פְּשׁוּטָה מֵעִיקָּרָא וּכְפִפְּתָה הָוֵי פִּירְכּוּס:
[Chmouel] nous enseigne que là où [la patte] était tendue au départ et [qu']elle l'a repliée, [c'est] un pirkous.
💡 Explication

Réponse : de la michna seule on aurait pu restreindre — n'aurait valu pirkous que la séquence repliée, tendue, puis de nouveau repliée ; on aurait exclu le cas d'une patte tendue d'emblée puis repliée. Chmouel enseigne donc que ce dernier cas vaut bien pirkous.

5
מֵיתִיבִי: רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר, הָיָה רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: גָּוְעָה בִּשְׁעַת שְׁחִיטָה – אֵין זֶה פִּירְכּוּס. רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר מִשְּׁמוֹ: אֲפִילּוּ הֵטִילָה רֶיעִי וְכִשְׁכְּשָׁה בִּזְנָבָהּ – אֵין זֶה פִּירְכּוּס. קַשְׁיָא גּוֹעָה אַגּוֹעָה, קַשְׁיָא רֵיעִי אַרֵיעִי!

On objecte : Rabbi Yossei dit : Rabbi Meir disait — [si la bête] à mugi pendant l'abattage, ce n'est pas un pirkous. Rabbi Elazar fils de Rabbi Yossei dit en son nom (au nom de Rabbi Yossei) : même [si] elle a expulsé des crottes ou remué la queue, ce n'est pas un pirkous.

[Voici une] difficulté : mugir contre mugir, [et une] difficulté : crottes contre crottes !

📜 Rachi (1)
מִשְּׁמוֹ שֶׁל ר' יוֹסֵי:
[Au nom] de Rabbi Yossei.
💡 Explication

Objection contre Rav, tirée d'une braita : selon Rabbi Meir (rapporté par Rabbi Yossei), mugir n'est pas un pirkous ; selon Rabbi Elazar b. Rabbi Yossei au nom de son père, expulser des crottes ou remuer la queue non plus. Or Rav tenait l'inverse : double contradiction — mugir contre mugir et crottes contre crottes.

6
גּוֹעָה אַגּוֹעָה לָא קַשְׁיָא: הָא דְּעָבֵי קַלָּה, הָא דְּעַמֵּי קַלָּה. רֶיעִי אַרֶיעִי נָמֵי לָא קַשְׁיָא: כָּאן בְּשׁוֹתֶתֶת, כָּאן בְּמַתְרֶזֶת.

Mugir contre mugir, [ce n'est] pas une difficulté : ceci [où c'est un pirkous, c'est] quand sa voix [est] épaisse [forte], ceci [où ce n'en est pas un, c'est] quand sa voix [est] terne [faible]. Crottes contre crottes [ce n'est] pas non plus une difficulté : ici [quand ce n'est pas un pirkous, c'est] quand [elles] coulent [en filet] ; là [quand c'en est un, c'est] quand [elle les] projette [avec force].

📜 Rachi (5)
הָא דְּאָמַר רַב לְעֵיל גּוֹעָה הָוֵי פִּירְכּוּס:
Ceci — [c'est] ce que Rav a dit plus haut : mugir est un pirkous.
דְּעָבֵי קַלָּה שֶׁהָיָה קוֹלָהּ עָבָה וַחֲזָקָה דְּוַדַּאי אָתֵי מִכֹּחַ חַיּוּת:
Quand sa voix [est] épaisse — que sa voix était épaisse et forte, car alors elle provient assurément de la vitalité.
דְּעַמֵּי קַלָּה כֵּהָה מְתַרְגְּמִינַן עָמְיָא (וַיִּקְרָא יג):
Quand sa voix [est] terne — 'terne' (keha) se traduit [en araméen] 'amia' (Lévitique 13).
שׁוֹתֶתֶת בְּסָמוּךְ:
[Crottes] qui coulent — [expliqué] plus loin.
מַתְרֶזֶת לְמֵרָחוֹק וְחַיּוֹת הוּא זֶה:
[Crottes] projetées — au loin ; et ceci est [signe de] vitalité.
💡 Explication

Conciliation. Mugir : c'est un pirkous quand la voix est épaisse et forte (signe certain de vitalité), pas quand elle est terne et faible. Crottes : pas un pirkous quand elles coulent en filet (passif), mais un pirkous quand la bête les projette au loin avec force.

7
אָמַר רַב חִסְדָּא: פִּירְכּוּס שֶׁאָמְרוּ – בְּסוֹף שְׁחִיטָה. מַאי בְּסוֹף שְׁחִיטָה? בְּאֶמְצַע שְׁחִיטָה, לְאַפּוֹקֵי תְּחִלַּת שְׁחִיטָה דְּלָא.

Rav Hisda dit : le pirkous dont ils ont parlé [vaut] à la fin de l'abattage. Qu'est-ce que 'à la fin de l'abattage' ?

[En réalité] au milieu de l'abattage — [le mot 'fin'] pour exclure le début de l'abattage, qui [lui] ne [vaut] pas.

📜 Rachi (1)
אָמַר רַב חִסְדָּא פִּירְכּוּס שֶׁאָמְרוּ אֲנִי שָׁמַעְתִּי בְּסוֹף שְׁחִיטָה וַאֲנִי מְפָרֵשׁ מַאי סוֹף שֶׁשָּׁמַעְתִּי אֶמְצַע שְׁחִיטָה הִיא וְהַאי דְּקָרֵי לֵיהּ סוֹף לְאַפּוֹקֵי אִם בִּתְחִלַּת שְׁחִיטָה פִּירְכְּסָה כֵּיוָן דִּבְאֶמְצַע שְׁחִיטָה לֹא פִּירְכְּסָה לָא הָוֵי לָהּ חַיּוּתָא כִּי הַאי אֲסִיר מִשּׁוּם נְטִילַת נְשָׁמָה:
Rav Hisda dit : le pirkous dont ils ont parlé — j'ai entendu [qu'il vaut] 'à la fin de l'abattage', et j'explique ce qu'est cette 'fin' que j'ai entendue : [c'est] le milieu de l'abattage ; et s'il l'appelle 'fin', [c'est] pour exclure [le cas] où elle a convulsé au début de l'abattage : puisqu'au milieu de l'abattage elle n'a pas convulsé, elle n'a pas en elle de vitalité [suffisante] — un tel [cas est] interdit, du fait de la sortie de l'âme.
💡 Explication

Rav Hisda ouvre la mahloket sur le moment requis du pirkous (voir le schéma). Selon lui, le pirkous vaut 'à la fin de l'abattage' — mais il précise aussitôt que par 'fin' il entend en fait au milieu ; le terme 'fin' sert seulement à exclure le tout début de l'abattage, où un pirkous ne suffirait pas.

8
אָמַר רַב חִסְדָּא: מְנָא אֲמִינָא לַהּ? דִּתְנַן: בְּהֵמָה דַּקָּה שֶׁפָּשְׁטָה יָדָהּ וְלֹא הֶחְזִירָה – פְּסוּלָה. אֵימַת? אִילֵּימָא בְּסוֹף שְׁחִיטָה, כֹּל הָכִי תֵּיחֵי וְתֵיזִיל? אֶלָּא לָאו בְּאֶמְצַע שְׁחִיטָה?

Rav Hisda dit : d'où est-ce que je dis cela ? De ce que nous avons appris [dans la michna] : une bête menue qui a tendu sa patte et ne l'a pas ramenée — [son abattage est] invalide.

Quand [s'agit-il] ? Si tu dis [que c'est] à la fin de l'abattage — tant [de temps] vivrait-elle encore et continuerait[-elle à vivre] [pour pouvoir replier sa patte après la fin] ?

Plutôt, n'est-ce pas [forcément] au milieu de l'abattage ?

📜 Rachi (3)
מְנָא אֲמִינָא לַהּ דְּהַאי סוֹף שֶׁשָּׁמַעְתִּי אֶמְצַע הוּא:
D'où est-ce que je dis cela — que cette 'fin' que j'ai entendue est [en réalité] le milieu.
אֵימַת פָּשְׁטָה וְלֹא הֶחֱזִירָהּ דְּאָמְרִינַן פְּסוּלָה:
Quand [s'agit-il] — [qu']elle a tendu [la patte] et ne l'a pas ramenée, ce dont nous disons [que c'est] invalide.
כָּל הֵיכִי תֵּיחֵי וְתֵיזִיל דִּלְאַחַר שֶׁשְּׁחָטָהּ לָא תִּסְגֵּי בִּפְשִׁיטַת יָד בְּלֹא כְּפִיפָה וְחָזְרָה בִּתְמִיהַּ:
Tant [de temps] vivrait-elle encore et continuerait[-elle à vivre] — [par étonnement :] car, après qu'on l'a abattue, il ne suffirait pas [pour valider] qu'elle tende la patte sans [la] replier ni [la] ramener ?
🗂️ Tossefot (1)
אִילֵּימָא בְּסוֹף שְׁחִיטָה כֹּל הֵיכִי תֵּיחֵי וְתֵיזִיל וּמְפָרֵשׁ רַבֵּינוּ תָּם דְּמִדְּקָתָנֵי שֶׁאֵינָהּ אֶלָּא הוֹצָאַת נֶפֶשׁ דִּייֵּק דְּאַטּוּ מִי לֹא חָיְתָה הַרְבֵּה אִם לֹא הוֹצִיאָה נַפְשָׁהּ עַד סוֹף שְׁחִיטָה:
'Si tu dis [que c'est] à la fin de l'abattage, tant [de temps] vivrait-elle encore et continuerait[-elle à vivre]' — Rabbenou Tam explique [qu']il [le] déduit de ce qu'il est enseigné 'car ce n'est rien d'autre que la sortie de l'âme' : car ne vivrait-elle pas longtemps [encore] si elle n'avait pas exhalé son âme [seulement] à la fin de l'abattage ?
💡 Explication

Preuve de Rav Hisda : la michna invalide la bête qui tend la patte sans la ramener. À quel moment ? Pas à la fin de l'abattage — car alors il faudrait que la bête vive encore longtemps après la section des simanim pour replier sa patte, ce qui est absurde. Donc forcément au milieu : c'est là qu'un pirkous (replier la patte) est exigé et compté.

9
אֲמַר לֵיהּ רָבָא: לְעוֹלָם בְּסוֹף שְׁחִיטָה, שֶׁאֲנִי אוֹמֵר: כֹּל שֶׁאֵינָהּ עוֹשֶׂה כֵּן בְּסוֹף שְׁחִיטָה – בְּיָדוּעַ שֶׁנִּשְׁמָתָהּ נְטוּלָה הֵימֶנָּה קֹודֶם לָכֵן.

Rava lui dit : en réalité [c'est] à la fin de l'abattage [au sens propre] ; car je dis : tout [ce qui] ne fait pas ainsi à la fin de l'abattage — il est certain que son âme lui a été retirée avant cela.

📜 Rachi (2)
א"ל רָבָא לְעוֹלָם סוֹף שְׁחִיטָה דַּוְקָא. וּדְקָאָמְרַתְּ כָּל הֵיכִי תֵּיחֵי וְתֵיזִיל לְאַחַר שְׁחִיטָה שֶׁתִּפְשׁוֹט וְתַחֲזִיר:
Rava lui dit : en réalité [c'est] à la fin de l'abattage — spécifiquement. Et ce que tu dis 'tant [de temps] vivrait-elle encore et continuerait[-elle à vivre]' après l'abattage, [au point] qu'elle tende et ramène [la patte] —
שֶׁאֲנִי אוֹמֵר כֹּל שֶׁאֵינָהּ עוֹשֶׂה כֵּן פָּשְׁטָה וְחָזְרָה לְאַחַר שְׁחִיטָה בְּיָדוּעַ כו':
[Rava répond :] car je dis [que] tout [ce qui] ne fait pas ainsi — [à savoir] tendre et ramener après l'abattage — il est certain [que son âme lui a été retirée avant cela].
🗂️ Tossefot (1)
רָבָא אָמַר פִּירְכּוּס שֶׁאָמְרוּ בְּסוֹף שְׁחִיטָה וְהָא דְּלָא חָייְשִׁינַן דִּלְמָא בִּתְחִלַּת שְׁחִיטָה זִינֵּק מִשּׁוּם דְּלָא שְׁכִיחָא שֶׁיִּהְיֶה זִינּוּק אֶלָּא בַּסּוֹף:
[Selon] Rava, le pirkous dont ils ont parlé [vaut] à la fin de l'abattage ; et si nous ne craignons pas que [le sang] ait peut-être giclé au début de l'abattage, [c'est] parce qu'il n'est pas fréquent qu'il y ait un giclement [autrement] qu'à la fin.
💡 Explication

Rava réfute la preuve de Rav Hisda : la michna parle bien de la fin de l'abattage au sens propre. Le raisonnement : si la bête ne replie pas sa patte au terme de l'abattage, c'est la preuve que son âme l'avait déjà quittée auparavant — donc elle était morte avant la fin de la chehita, et l'abattage est invalide.

10
רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אָמַר: פִּירְכּוּס שֶׁאָמְרוּ – בִּתְחִלַּת שְׁחִיטָה.

Rav Nahman bar Yitzhak dit : le pirkous dont ils ont parlé [vaut] au début de l'abattage.

📜 Rachi (1)
בִּתְחִלַּת שְׁחִיטָה כְּלוֹמַר אַפֵּי' פִּירְכְּסָה בִּתְחִלַּת שְׁחִיטָה דַּיָּיהּ:
Au début de l'abattage — c'est-à-dire : même [si] elle a convulsé au début de l'abattage, cela lui suffit.
💡 Explication

Rav Nahman bar Yitzhak tranche à l'opposé des deux précédents : le pirkous suffit dès le début de l'abattage — même une convulsion survenue au tout début atteste la vitalité et valide la chehita.

11
אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: מְנָא אֲמִינָא לַהּ? דִּתְנַן, אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן: הַשּׁוֹחֵט בַּלַּיְלָה, וּלְמָחָר מָצָא כְּתָלִים מְלֵאִים דָּם – כְּשֵׁרָה, שֶׁזִּינְּקָה, וּכְמִדַּת רַבִּי אֱלִיעֶזֶר. וְאָמַר שְׁמוּאֵל: כָּותְלֵי בֵּית שְׁחִיטָה שָׁנִינוּ. אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא בִּתְחִלַּת שְׁחִיטָה – שַׁפִּיר, אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ בְּסוֹף שְׁחִיטָה, לֵיחוּשׁ דִּלְמָא בִּתְחִלַּת שְׁחִיטָה זִינְּקָה.

Rav Nahman bar Yitzhak dit : d'où est-ce que je dis cela ? De ce que nous avons appris [dans la michna] : Rabbi Chimon dit — celui qui abat de nuit, et [qui] au matin a trouvé les murs pleins de sang, [l'abattage est] valide, car [le sang] a giclé (zinka), [et c'est] selon la mesure de Rabbi Eliezer.

Et Chmouel a dit : ce sont 'les murs du lieu de l'abattage' [le cou] que nous avons appris [non les murs de la maison]. [Or] s'il te plaît d'admettre [que le pirkous vaut] au début de l'abattage — fort bien ; mais si tu dis [qu'il vaut seulement] à la fin de l'abattage, craignons : peut-être [le sang] a-t-il giclé au début de l'abattage [auquel cas, selon Rav Hisda et Rava, ce ne serait pas valide] !

📜 Rachi (5)
כְּשֵׁרָה אע"ג דְּהָוְיָא מְסֻוכֶּנֶת כֵּיוָן דִּמְלֵאִים כָּותְלֵי בֵּית הַשְּׁחִיטָה דָּם בְּיָדוּעַ שֶׁזִּינְּקָה:
[L'abattage est] valide — bien qu'elle ait été [une bête] en danger, puisque les murs du lieu de l'abattage sont pleins de sang, il est certain que [le sang] a giclé.
וּכְמִידַּת ר"א דְּאָמַר זִינּוּק הָוֵי פִּירְכּוּס:
Et [c'est] selon la mesure de Rabbi Eliezer — qui dit [que] le giclement (zinuk) est un pirkous.
וְאָמַר שְׁמוּאֵל כוּ' לְהָכִי אִיצְטְרִיךְ לְפָרוּשֵׁי דְּכוֹתָלָים דְּהָכָא לָא הָווּ כּוֹתָלִים מַמָּשׁ אֶלָּא כָּותְלֵי בֵּית הַשְּׁחִיטָה דְּאִי הָווּ כּוֹתָלִים מַמָּשׁ לְמָחָר הָיִינוּ יְכוֹלִים לְהָבִין אִי הַאי זִינּוּק הֲוָה בִּתְחִלַּת שְׁחִיטָה אוֹ בְּאֶמְצַע שְׁחִיטָה דְּאִי הֲוָה בִּתְחִלַּת שְׁחִיטָה יִמָּצֵא הַזִּינּוֹק לְמַעְלָה בַּכֹּותֶל דְּמֵחֲמַת כֹּחַ וְחַיּוֹת שֶׁהָיָה עֲדַיִין בַּבְּהֵמָה זִינְּקָה לְמֵרָחוֹק וְאִם יִמָּצֵא הַזִּינּוֹק לְמַטָּה בַּכֹּותֶל בְּיָדוּעַ שֶׁבְּאֶמְצַע שְׁחִיטָה זִינְּקָה שֶׁלֹּא הָיָה בָּהּ כֹּחַ כָּל כָּךְ לְזָנַק הַדָּם לְמֵרָחוֹק אֲבָל הַשְׁתָּא דְּאָמַר שְׁמוּאֵל דְּהָנֵי כָּותְלֵי לָא הָווּ כָּותְלֵי מַמָּשׁ אֶלָּא כָּותְלֵי בֵּית הַשְּׁחִיטָה לֹא מָצִינוּ לְמִידַּע אִי תְּחִלַּת שְׁחִיטָה זִינְּקָה אוֹ לְאַחַר שְׁחִיטָה וּלְהָכִי קָאָמַר אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא כָּל כַּמָּה דְּפִירְכֵּס אֲפִילּוּ בִּתְחִלַּת שְׁחִיטָה הָוֵי פִּירְכּוּס:
Et Chmouel a dit etc. — [Chmouel] a dû préciser que les 'murs' [dont parle la michna] ici ne sont pas des murs au sens propre, mais les murs du lieu de l'abattage ; car s'il s'agissait de murs au sens propre, on pourrait au matin discerner si ce giclement [a eu lieu] au début de l'abattage ou au milieu de l'abattage : si [c'était] au début de l'abattage, on trouverait le giclement haut sur le mur, car par la force et la vitalité encore présentes dans la bête [le sang] a giclé au loin ; et si l'on trouve le giclement bas sur le mur, il est certain que [c'est] au milieu de l'abattage qu'[il] a giclé, car [la bête] n'avait plus assez de force pour faire gicler le sang au loin. Mais maintenant que Chmouel dit que ces 'murs' ne sont pas des murs au sens propre mais les murs du lieu de l'abattage, nous ne pouvons pas savoir si [le sang] a giclé au début de l'abattage ou après l'abattage ; et c'est pourquoi [Rav Nahman bar Yitzhak] dit : 's'il te plaît d'admettre' que, dès lors qu'elle a convulsé, même au début de l'abattage, c'est un pirkous [tout va bien].
שַׁפִּיר דְּהָא חָזֵינַן לְמָחָר ע"י זִינּוּק דְּפַרְכֵּיס בְּאֻורְתָּא:
Fort bien — car voici que nous voyons au matin, par le giclement, qu'elle a convulsé pendant la nuit.
אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ בְּאֶמְצַע שְׁחִיטָה בָּעֵינַן מַאן לֵימָא לָן לְמָחָר דְּזִינּוּק דִּלְאֻורְתָּא בְּאֶמְצַע שְׁחִיטָה הֲוָה דִּלְמָא בִּתְחִלַּת שְׁחִיטָה זִנֵּיק:
Mais si tu dis — [qu']il nous faut [un pirkous] au milieu de l'abattage : qui nous dira, au matin, que le giclement [survenu] dans la nuit [a eu lieu] au milieu de l'abattage ? peut-être a-t-il giclé au début de l'abattage !
💡 Explication

Preuve de Rav Nahman bar Yitzhak, tirée d'une michna : selon Rabbi Chimon, celui qui abat de nuit et trouve au matin les murs pleins de sang -> abattage valide, car le sang a giclé (zinuk), selon la mesure de Rabbi Eliezer. Chmouel précise : 'murs' = ceux du lieu de l'abattage (les parois du cou), non les murs de la maison. Or, si seul un pirkous final validait, il faudrait craindre que le sang ait giclé au début — ce qui ne vaudrait pas. Que la michna valide quand même prouve que le pirkous vaut dès le début.

12
וְדִלְמָא שָׁאנֵי זִינּוּק, דְּעָדִיף.

[Réponse :] mais peut-être le giclement (zinuk) est-il différent, car il est supérieur [comme signe de vie] !

📜 Rachi (1)
וְדִלְמָא לְעוֹלָם שְׁאָר פִּירְכּוּסִין לָא הָווּ פִּירְכּוּס אֶלָּא בְּאֶמְצַע אוֹ בִּגְמַר שְׁחִיטָה וְשָׁאנֵי זִינּוּק דְּעָדִיף חַיּוּתֵיהּ וּפִירְכּוּס גָּדוֹל הוּא הִלְכָּךְ אֲפִילּוּ בִּתְחִלַּת שְׁחִיטָה זִינְּקָה שַׁפִּיר דָּמֵי:
Mais peut-être — en réalité les autres pirkousim ne sont des pirkousim qu'au milieu ou à l'achèvement de l'abattage ; et le giclement (zinuk) est différent, car sa vitalité [qu'il atteste] est supérieure et [que] c'est un grand pirkous — c'est pourquoi, même [si] elle a giclé au début de l'abattage, [c'est] valide.
💡 Explication

Réfutation de la preuve : peut-être le zinuk (giclement du sang) constitue-t-il un signe de vie supérieur aux autres. Ainsi, même si les autres pirkousim ne valent qu'au milieu ou à la fin, le zinuk, lui, suffirait même au début — sans qu'on puisse en déduire la règle générale de Rav Nahman bar Yitzhak.

13
וּמִי עָדִיף? וְהִתְנָן, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: דַּיָּיהּ אִם זִינְּקָה, קַל מִדְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל, וְעָדִיף מִדְּרַבָּנָן.

Et [le zinuk] est-il [vraiment] supérieur ? Mais n'avons-nous pas appris [dans la michna] : Rabbi Eliezer dit — il lui suffit que [le sang] ait giclé ?

[Réponse :] [le zinuk est] plus léger que [le critère de] Rabban Gamliel, et [pourtant] supérieur à [celui des] Sages.

📜 Rachi (3)
דַּייָּהּ אִם זִינְּקָה וּמִדְּקָתָנֵי דַּייָּהּ מִכְּלָל דְּקִיל:
Il lui suffit que [le sang] ait giclé — et de ce qu'il enseigne 'il lui suffit', on infère [que ce critère est] léger.
קִיל מִדְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל דְּבָעֵי בַּיָּד וּבָרֶגֶל בִּשְׁנֵיהֶם:
Plus léger que [le critère de] Rabban Gamliel — qui exige [le mouvement] de la patte [antérieure] et de la [patte] postérieure, des deux ensemble.
וְעָדִיף מִדְּרַבָּנָן דְּאָמְרִי בַּיָּד אוֹ בָּרֶגֶל:
Et supérieur à [celui des] Sages — qui disent [le mouvement] de la patte [antérieure] ou de la [patte] postérieure.
💡 Explication

Difficulté contre la supériorité du zinuk : la michna dit que Rabbi Eliezer se contente du giclement ('il lui suffit que le sang ait giclé'), formulation qui marque un critère allégé. Réponse : le zinuk est plus léger que le critère de Rabban Gamliel (qui exige le mouvement des deux pattes), mais reste supérieur à celui des Sages (une seule patte ou la queue).

14
אָמַר רָבִינָא: אָמַר לִי סַמָּא בַּר חִילְקַאי, אַקְשִׁי בַּהּ אֲבוּהּ דְּבַר אַבּוּבְרָם, וְאָמְרִי לַהּ אֲחוּהּ דְּבַר אַבּוּבְרָם: וּמִדְּרַבָּנָן מִי עָדִיף? וְהָא תְנַן: וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: עַד שֶׁתְּפַרְכֵּס אוֹ בַיָּד אוֹ בָרֶגֶל.

Ravina dit : Sama bar Hilkai m'a dit [que] le père de Bar Avouvram lui objecta — et certains rapportent : le frère de Bar Avouvram — et le zinuk serait-il supérieur à [celui des] Sages ? Mais n'avons-nous pas appris [dans la michna] : et les Sages disent — jusqu'à ce qu'elle convulse, soit de la patte [antérieure], soit de la [patte] postérieure !

📜 Rachi (3)
אַבּוּבַּרְם שֵׁם הָאִישׁ:
Avouvram — le nom de l'homme.
אַבֹּוהַּ בַּר אַבּוּבַּרְם זֶהוּ אֲבוֹבְרַם עַצְמוֹ וּמַכִּירִין הָיוּ אֶת הַבֵּן וְלֹא אֶת הָאָב וְהָיוּ קוֹרִין אוֹתוֹ עַל שֵׁם בְּנוֹ שֶׁעָשׂוּ אֶת בְּנוֹ סִימָן לוֹ:
Le père de Bar Avouvram — c'est Avouvram lui-même ; et l'on connaissait le fils mais non le père, et on l'appelait du nom de son fils, ayant fait de son fils un signe [de reconnaissance] pour lui.
עַד מַשְׁמַע דַּחֲמִיר הַאי פִּירְכּוּס דְּרַבָּנָן מֵהָנָךְ דִּלְעֵיל וְאִי דר"א עָדִיף מַאי עַד דְּרַבָּנָן מַשְׁמַע דְּעָדִיף כֵּיוָן מִיבְּעֵי לְהוּ לְמֵימַר אֶלָּא ש"מ זִינּוּק קִיל וְאַפֵּ"ה סַגְיָא לֵיהּ כִּי הָוֵי בִּתְחִלַּת שְׁחִיטָה:
'Jusqu'à' [ad] — implique que ce pirkous des Sages est plus rigoureux que ceux [mentionnés] plus haut ; or si [celui] de Rabbi Eliezer [était] supérieur, que [signifierait] 'jusqu'à' [dans la bouche] des Sages, [formulation] qui implique [un critère] supérieur — puisqu'ils auraient dû dire 'dès lors que' ? Plutôt, conclus-en [que] le zinuk est [un critère] léger, et [que] malgré cela il lui suffit [même] lorsqu'[il survient] au début de l'abattage.
💡 Explication

Nouvelle difficulté (rapportée par Ravina au nom de Sama bar Hilkai, citant le père — ou le frère — de Bar Avouvram) : le zinuk est-il vraiment supérieur au critère des Sages ? Car la michna formule l'avis des Sages avec 'jusqu'à ce qu'elle convulse de la patte antérieure ou postérieure' — formulation qui suggère un critère plus exigeant, donc supérieur, ce qui contredirait la hiérarchie précédente.

15
רַבָּנָן אַהֵי קָיְימִי? אִילֵּימָא אַדְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל – ״כֵּיוָן שֶׁפִּירְכְּסָה״ מִיבְּעֵי לֵיהּ!

[Demande Ravina :] à quoi les Sages se réfèrent-ils [à quel avis répliquent-ils] ? Si tu dis [qu'ils répliquent] à Rabban Gamliel — il aurait fallu [qu'ils disent] 'dès lors qu'elle a convulsé' [et non 'jusqu'à ce qu'elle convulse'] !

💡 Explication

Ravina analyse à qui répondent les Sages. Si c'est à Rabban Gamliel (le plus exigeant) : les Sages, qui sont moins exigeants, auraient dû employer la formule allégée 'dès lors qu'elle a convulsé' — et non 'jusqu'à ce qu'elle convulse', qui marque au contraire une exigence accrue. Donc ils ne répondent pas à Rabban Gamliel.

16
אֶלָּא פְּשִׁיטָא אַדְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר, וְאִי עָדִיף, מַאי ״עַד״?

Plutôt, il est évident [qu'ils répliquent] à Rabbi Eliezer ; et si [le critère de Rabbi Eliezer était] supérieur, que [signifie] 'jusqu'à' [ad] ? [Donc le zinuk est léger ; et pourtant il suffit même au début de l'abattage.]

💡 Explication

Conclusion : les Sages répliquent donc forcément à Rabbi Eliezer. Or, si l'avis de Rabbi Eliezer (le zinuk) était supérieur au leur, ils n'auraient pas dit 'jusqu'à ce que' (ad). On en déduit que le zinuk est un critère léger — et néanmoins il suffit, même au début de l'abattage : la preuve de Rav Nahman bar Yitzhak tient.

17
רָבָא אָמַר: פִּירְכּוּס שֶׁאָמְרוּ – בְּסוֹף שְׁחִיטָה. אָמַר רָבָא: מְנָא אֲמִינָא לַהּ? דְּתַנְיָא: ״שׁוֹר

Rava dit : le pirkous dont ils ont parlé [vaut] à la fin de l'abattage. Rava dit : d'où est-ce que je dis cela ?

De ce qu'il est enseigné [dans une braita au sujet du verset] : 'Un bœuf [ou un mouton ou une chèvre, lorsqu'il naîtra...]' (Lévitique 22:27).

📜 Rachi (1)
בְּסוֹף שְׁחִיטָה סוֹף מַמָּשׁ שֶׁתְּפַרְכֵּס בִּגְמַר שְׁחִיטָה דְּתֶהֱוֵי בָּהּ חַיּוּת אַחַר שְׁחִיטָה:
À la fin de l'abattage — la fin au sens propre : qu'elle convulse à l'achèvement de l'abattage, de sorte qu'il y ait en elle de la vitalité après l'abattage.
⚖️ Rosh (1)
גְּמ' הֵיכִי דָמֵי מְסֻוכֶּנֶת. אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב כָּל שֶׁמַּעֲמִידִין אוֹתָהּ וְאֵינָהּ עוֹמֶדֶת וַאֲפִילּוּ אוֹכֶלֶת בְּקָעִיּוֹת רַב הוּנָא בַּר שֶׁלֶמְיָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב אָמַר אֲפִילּוּ אוֹכֶלֶת קוֹרוֹת. אָמַר רָבָא הִילְכְתָא כִּי הָא מַתְנִיתָא דְּתַנְיָא בְּהֵמָה שֶׁפָּשְׁטָה יָדָהּ וְלֹא הֶחְזִירָה פְּסוּלָה. בד"א בַּיָּד אֲבָל בָּרֶגֶל בֵּין שֶׁפָּשְׁטָה וְלֹא כָּפְפָה בֵּין שֶׁכָּפְפָה וְלֹא פָּשְׁטָה כְּשֵׁירָה. בד"א בְּדַקָּה אֲבָל בְּגַסָּה בֵּין בַּיָּד בֵּין בָּרֶגֶל בֵּין שֶׁכָּפְפָה וְלֹא פָּשְׁטָה בֵּין שֶׁפָּשְׁטָה וְלֹא כָּפְפָה כְּשֵׁירָה. וְעוֹף אֲפִילּוּ לֹא רִיפְרֵף אֶלָּא בְּגַפּוֹ וְלֹא כִּשְׁכֵּשׁ אֶלָּא בִּזְנָבוֹ הֲרֵי זֶה פִּירְכּוּס. וְכֵן נָמֵי בְּהֵמָה אִם כִּשְׁכְּשָׁה בִּזְנָבָהּ כְּדִתְנַן בְּמַתְנִיתִין. וְאָמְרִינַן בפ"ק דְּמַסֶּכֶת עֲבוֹדָה זָרָה דַּף טז. אָמַר רַב חָנָן בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי חִיָּיא חַיָּה גַּסָּה הֲרֵי הִיא כִּבְהֵמָה דַּקָּה לְפִירְכּוּס. לְעֵיל (חֻולִּין דַּף לח.) וְאָמַר רָבָא פִּירְכּוּס שֶׁאָמְרוּ בְּסוֹף שְׁחִיטָה. וְאִם לָאו בְּיָדוּעַ שֶׁנִּשְׁמָתָהּ נִיטְּלָה הֵימֶנָּה קֹודֶם לָכֵן. וְהַאי דִּמְהַנֵּי אִם הִשְׁכִּים וּמָצָא כְּתָלִים מְלֵיאִים דָּם. מִשּׁוּם דְּאֵין דֶּרֶךְ בְּהֵמָה לְזַנֵּק כִּי אִם בִּגְמַר הַשְּׁחִיטָה:
Guemara. Comment se présente [une bête] en danger (mesukenet) ? Rav Yehouda dit au nom de Rav : toute [bête] que l'on met debout et [qui] ne tient pas debout, et même [si] elle mange des [copeaux de] bois (bekaiyot). Rav Houna bar Chelemya dit au nom de Rav : même [si] elle mange des poutres. Rava dit : la halakha (règle tranchée) est comme cette braita, où il est enseigné : une bête qui a tendu sa patte [antérieure] et ne l'a pas ramenée [repliée] — [son abattage est] passoul (invalide). En quoi cela s'applique-t-il ? À la patte antérieure (yad) ; mais pour la patte postérieure (regel), qu'elle l'ait tendue sans la replier, ou qu'elle l'ait repliée sans la tendre — [c'est] kacher (valide). En quoi cela s'applique-t-il ? À une [bête] menue (dakka) ; mais pour une [bête] grosse (gassa), que ce soit de la patte antérieure ou de la patte postérieure, qu'elle l'ait repliée sans la tendre ou qu'elle l'ait tendue sans la replier — [c'est] kacher. Et [pour] la volaille (of), même [si] elle n'a battu que de son aile et n'a remué que de sa queue — ceci est un pirkous (convulsion, signe de vie). Et de même aussi pour une bête, si elle a remué de sa queue, comme il est enseigné dans notre michna. Et nous disons au premier chapitre du traité Avoda Zara (folio 16a) : Rav Hanan bar Abba dit au nom de Rabbi Hiya : un animal sauvage gros (chaya gassa) est comme une bête menue (behema dakka) au regard du pirkous. Plus haut (Houlin 38a) Rava a [aussi] dit : le pirkous dont ils ont parlé [vaut] à la fin de l'abattage (chehita) ; et si [elle ne convulse] pas [à la fin], il est certain que son âme lui a été retirée avant cela. Et si cela est efficace [pour valider l'abattage] lorsqu'on s'est levé tôt [le matin] et que l'on a trouvé les murs pleins de sang — [c'est] parce qu'il n'est pas dans la manière d'une bête de faire gicler [le sang] (lezannek) sinon à l'achèvement de l'abattage.
💡 Explication

Rava réaffirme sa position : le pirkous vaut à la fin de l'abattage au sens propre (la vie doit être attestée une fois la chehita achevée). Il annonce sa preuve à partir d'une braita exégèse du verset 'Un bœuf [ou un mouton...]' (Lev 22:27) — dont le développement se poursuit au daf suivant (38b).

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).