Chullin 39a — abattre en vue d'un culte idolâtre : transfère-t-on l'intention d'un rite à l'autre ? (Rabbi Yohanan / Resh Lakich)

Chullin 39a

Sougya : La sougya ouvre sur l'idée qu'on dérive le dehors (houlin) du dedans (kodachim) : pour Rabbi Eliezer on dérive et l'intention du non-Juif propriétaire invalide ; pour Rabbi Yossi, même au-dedans on ne dit pas 'l'un pense et l'autre officie'. Puis le cœur du daf : celui qui abat une bête pour asperger son sang ou brûler sa graisse en l'honneur d'une idole — Rabbi Yo'hanan déclare l'abattage invalide (interdit à la jouissance), Resh Lakich le déclare permis.

Yo'hanan tient qu'on transfère l'intention d'un rite à un autre (me'avoda le'avoda) et qu'on dérive le dehors du dedans ; Resh Lakich nie les deux. Ils suivent leur ligne (azlou le-ta'amaihou) dans le cas parallèle du hatat abattu pour soi mais avec l'intention d'asperger son sang pour autre chose, dérive (ou non) de la pensée de pigoul.

La Guemara montre la nécessité des deux énoncés (tzricha). Enfin Rav Chechet objecte par le kal va-homer de Rabbi Yossi (michna) : si au-dedans l'intention invalide et que tout suit pourtant l'officiant, à plus forte raison au dehors tout suit celui qui abat.

Le dilemme du sens de 'l'intention n'invalide pas dans les profanes' embarrasse tour à tour Resh Lakich (le dedans) et Rabbi Yo'hanan (le dehors), jusqu'à ce que Rav Chechet résolve lui-même : le kal va-homer porte sur les quatre rites, non sur le transfert d'un rite à un autre.

Rabbi Yo'hanan vs Resh Lakich : abattre en vue d'un culte idolâtre Rabbi Yo'hanan : INVALIDE Resh Lakich : PERMISE Principe 1 on transfère l'intention d'un rite à un autre (me'avoda le'avoda) on ne transfère PAS l'intention d'un rite à un autre Principe 2 on DÉRIVE le dehors (houlin) du dedans (kodachim) : chutz mi-pnim on ne dérive PAS le dehors du dedans Cas abat la bête pour asperger son sang ou brûler sa graisse pour l'idole Les deux suivent leur ligne (azlou le-ta'amaihou) même clivage pour le hatat abattu lichma mais aspergé chelo lichma (segments 4-5)
Le coeur de la mahloket (segments 1-5) : ce que tient chacun sur le transfert d'intention et sur la dérivation dehors-dedans, applique aux deux cas parallèles.
Le kal va-homer de Rabbi Yossi (objection de Rav Chechet) DEDANS (consacrés) l'intention INVALIDE et pourtant tout suit celui qui officie (ha-oved) l'intention du propriétaire est sans effet DEHORS (profanes) l'intention N'INVALIDE PAS à plus forte raison tout suit celui qui abat (ha-chohet) l'intention du non-Juif propriétaire est sans effet à fortiori Conclusion (seg 13) : 'invalide' vise les QUATRE rites (chehita, kabala, holakha, zerika), non le transfert d'un rite à un autre — ce qui résout l'objection.
Le kal va-homer de Rabbi Yossi (segments 8-13) : objection de Rav Chechet et sa résolution finale par les quatre rites.
1
לא ילפינן. ואתא רבי אליעזר למימר: ילפינן חוץ מפנים, ואתא רבי יוסי למימר: אפילו בפנים נמי ״זה מחשב וזה עובד״ לא אמרינן.

[...] on ne dérive pas [le dehors du dedans]. Et Rabbi Eliezer vient dire : on dérive le dehors du dedans [donc l'intention du propriétaire idolâtre invalide l'abattage profane] ; et Rabbi Yossi vient dire : même au-dedans aussi, 'celui-ci pense et celui-là officie' — nous ne le disons pas [l'intention du propriétaire ne se substitue pas à celle de l'officiant].

📜 Rachi (3)
לא ילפינן למימר בעלים אוסרין אלא כדכתיב קרא (תהילים ק״ו:כ״ח) זבחי מתים שנזבח לעבודת כוכבים דבפנים הוא דכתיב (במדבר ט״ו:ד׳) והקריב המקריב דבעלים קרי מקריב אבל בחוץ לא אמרינן הכי:
On ne dérive pas — pour dire que le propriétaire rend [la bête] interdite ; mais [c'est] comme l'écrit le verset (Psaumes 106:28) 'les sacrifices des morts' [zivhei metim], qui [désigne ce] qui a été abattu pour un culte idolâtre, [or cela vaut] au-dedans, où il est écrit (Nombres 15:4) 'et celui qui offre offrira', [verset d'où l'on apprend] que le propriétaire est appelé 'offrant' ; mais au-dehors nous ne disons pas ainsi.
ור"א סבר ילפינן במה מצינו דבעלים פוסלים במחשבת עבודת כוכבים בחולין ואפילו אחר שוחט וגבי עובד כוכבים אפילו בסתמא דסתם מחשבת עובד כוכבים לעבודת כוכבים:
Et Rabbi Eliezer tient : on dérive — par 'ce que nous avons trouvé' (bema matzinou) [un raisonnement analogique], que le propriétaire invalide par une pensée de culte idolâtre dans les [bêtes] profanes, et même [si] un autre abat ; et pour un non-Juif [c'est ainsi] même dans un cas indéterminé (be-sitma), car la pensée indéterminée d'un non-Juif [se porte] vers le culte idolâtre.
זה מחשב וזה עובד לא אמרינן דהמקריב לא יחשב מקריב ממש קאמר:
'Celui-ci pense et celui-là officie' — nous ne le disons pas : car [le verset] 'et l'offrant offrira' (ve-hikriv ha-makriv), c'est de l'offrant réel [celui qui accomplit lui-même le rite] (makriv mamash) qu'il parle [et non de la pensée du propriétaire].
💡 Explication

Fin de la discussion ouverte au daf précédent. Trois positions sur la question : l'intention idolâtre du propriétaire (qui n'abat pas lui-même) invalide-t-elle l'abattage ? Le premier Tana dit qu'on ne dérive pas le profane (houlin, le dehors) du consacré (kodachim, le dedans). Rabbi Eliezer dit qu'on dérive (chutz mi-pnim), donc l'intention du propriétaire invalide. Rabbi Yossi dit que même au-dedans on ne dit pas 'l'un pense et l'autre officie' (ze mehachev ve-ze oved) : seule compte l'intention de celui qui accomplit le rite.

2
אתמר: השוחט את הבהמה לזרוק דמה לעבודה זרה, ולהקטיר חלבה לעבודה זרה – רבי יוחנן אמר: פסולה, רבי שמעון בן לקיש אמר: מותרת.

Il a été énoncé : celui qui abat la bête en vue d'asperger son sang pour un culte idolâtre, ou de brûler sa graisse pour un culte idolâtre — Rabbi Yo'hanan dit : [l'abattage est] invalide ; Rabbi Chimon ben Lakich dit : [la bête est] permise.

📜 Rachi (2)
לזרוק דמה לעבודת כוכבים ודאשחטה לשם עבודת כוכבים שהיה בדעתו לעובדה בשחיטה זו דברי הכל אסורה דהא זבחי מתים הוא אלא בשלא היה מתכוין להיות שחיטה זו עבודה לעבודת כוכבים אלא שחטה לעצמו ע"מ שיעבוד העבודת כוכבים בזריקת דמה או בהקטר חלבה:
En vue d'asperger son sang pour un culte idolâtre — or, [s']il l'a abattue au nom d'un culte idolâtre, ayant à l'esprit de le servir par cet abattage même, de l'avis de tous [elle est] interdite, car ce sont [des] 'sacrifices des morts' ; [le cas discuté est donc] plutôt [celui] où il n'avait pas l'intention que cet abattage[-ci] soit un service rendu au culte idolâtre, mais [où] il l'a abattue pour lui-même, à la condition de servir le culte idolâtre par l'aspersion de son sang ou par le brûlage de sa graisse.
פסולה אסורה בהנאה:
Invalide — interdite à la jouissance (hana'a).
🗂️ Tossefot (1)
ריש לקיש אמר מותרת מודה ר"ל דחייב מיתה כדאמרינן בפ' ד' מיתות (סנהדרין סא.) מידי דהוה אמשתחוה להר דהר מותר ועובדו בסייף ואין לתמוה היאך נהרג הא דלמא מימלך ולא זריק דם לעבודת כוכבים כדאמרינן בפרק ד' מיתות (ג"ז שם:) דמסית שאמר אלך ואעבוד פטור דמימלך ולא עביד הכא ודאי לא מימלך כיון דעביד מעשה ששחט ע"מ לזרוק ועוד דהכא אפילו ידוע ודאי שלא יזרוק חייב דחשיב עובד עבודת כוכבים בשחיטה זו מה ששוחט ע"מ לזרוק:
Resh Lakich dit : [elle est] permise — Resh Lakich admet [néanmoins] qu'il est passible de mort [par lapidation], comme nous le disons au chapitre 'Arba mitot' (Sanhédrin 61a), pareillement au cas de celui qui se prosterne devant une montagne : la montagne [reste] permise, mais celui qui la sert [est passible] de glaive. Et il ne faut pas s'étonner [en demandant] comment il est mis à mort : peut-être se ravisera-t-il (memlikh) et n'aspergera-t-il pas le sang pour le culte idolâtre, comme nous le disons au chapitre 'Arba mitot' (Sanhédrin, ibid.) [au sujet] de l'instigateur (mesit) qui dit 'j'irai et je servirai' — [il est] exempt, car il se ravise et n'agit pas. [Or] ici, assurément, il ne se ravise pas, puisqu'il a accompli un acte en abattant à la condition d'asperger ; et de plus, ici, même s'il est avéré de façon certaine qu'il n'aspergera pas, [il est] passible, car il est tenu pour servant le culte idolâtre par cet abattage [du fait] qu'il abat à la condition d'asperger.
💡 Explication

Le cas central du daf. On abat une bête (pour soi, validement) mais avec l'intention, lors de l'abattage, d'asperger ensuite son sang ou de brûler sa graisse en l'honneur d'une idole. Rabbi Yo'hanan : l'abattage est invalide (la bête est interdite à la jouissance). Resh Lakich : la bête reste permise.

3
רבי יוחנן אמר פסולה: מחשבין מעבודה לעבודה, וילפינן חוץ מפנים.

Rabbi Yo'hanan dit : [l'abattage est] invalide — [car] on transfère [l'intention] d'un rite à un autre, et nous dérivons le dehors du dedans.

📜 Rachi (3)
מחשבין מעבודה לעבודה כשחישב בשעת עבודה זו על עבודה אחרת כגון שחישב בשחיטה על הזריקה הויא מחשבה לגבי עבודת כוכבים:
On transfère [l'intention] d'un rite à un autre — lorsqu'il a pensé, durant ce rite[-ci], à un autre rite, par exemple [s']il a pensé, pendant l'abattage, à l'aspersion — c'est [déjà] une pensée à l'égard du culte idolâtre.
דגמרינן חוץ איסור עבודת כוכבים:
Que nous dérivons le dehors — l'interdit du culte idolâtre.
מפנים ממחשבת פיגול של פנים שהשוחט ע"מ לזרוק דם למחר או להקטיר אימורין למחר זהו עיקר פיגול:
Du dedans — de la pensée de pigoul du dedans : car celui qui abat à la condition d'asperger le sang le lendemain ou de brûler les graisses le lendemain — c'est [là] le pigoul par excellence [le modèle de l'invalidation par intention].
💡 Explication

Les deux fondements de la position de Rabbi Yo'hanan. Premier : on transfère l'intention d'un rite à un autre (mehachvin me'avoda le'avoda) — une intention illicite formée pendant l'abattage mais portant sur un autre rite (l'aspersion) invalide déjà l'abattage. Second : on dérive le dehors du dedans (chutz mi-pnim) — ce qui vaut pour les consacrés au Temple vaut pour les profanes hors du Temple.

4
ריש לקיש אמר מותרת: אין מחשבין מעבודה לעבודה, ולא גמרינן חוץ מפנים.

Rabbi Chimon ben Lakich dit : [la bête est] permise — [car] on ne transfère pas [l'intention] d'un rite à un autre, et nous ne dérivons pas le dehors du dedans.

💡 Explication

La position symétrique de Resh Lakich, niant point par point les deux fondements de Rabbi Yo'hanan : on ne transfère pas l'intention d'un rite à un autre (seule une intention illicite portant sur l'abattage lui-même l'invaliderait), et on ne dérive pas le dehors (profane) du dedans (consacré).

5
ואזדו לטעמייהו, דאתמר: שחטה לשמה לזרוק דמה שלא לשמה – רבי יוחנן אמר: פסולה, רבי שמעון בן לקיש אמר: כשרה.

Et ils suivent [chacun] leur ligne, car il a été énoncé : [un sacrifice expiatoire] qu'il a abattu pour son propre nom (lichma) [mais] en vue d'asperger son sang pour un autre nom (chelo lichma) — Rabbi Yo'hanan dit : [il est] invalide ; Rabbi Chimon ben Lakich dit : [il est] valide.

📜 Rachi (1)
שחטה לשמה בחטאת מיירי דכל שאר זבחים כשרין שלא לשמן אבל חטאת שנשחטה שלא לשמה פסולה וכן פסח שנשחט שלא לשמו. ואם שחט החטאת לשמה לזרוק דמה שלא לשמה:
Qu'il a abattu pour son nom — il s'agit d'un sacrifice expiatoire (hatat), car tous les autres sacrifices [demeurent] valides [même abattus] hors de leur nom (chelo lichman), mais un hatat abattu hors de son nom [est] invalide, de même [qu']un sacrifice pascal (pessa'h) abattu hors de son nom [est invalide] ; et [le cas est] qu'il a abattu le hatat pour son nom en vue d'asperger son sang hors de son nom.
💡 Explication

Le cas parallèle, qui montre que les deux Amoraim suivent leur ligne (azlou le-ta'amaihou). Il s'agit cette fois d'un sacrifice expiatoire (hatat), abattu correctement pour son nom (lichma), mais avec l'intention d'asperger son sang sous un autre nom (chelo lichma). Rabbi Yo'hanan : invalide (l'intention de l'aspersion remonte déjà à l'abattage). Resh Lakich : valide.

6
רבי יוחנן אמר פסולה: מחשבין מעבודה לעבודה, וגמרינן ממחשבת פיגול. רבי שמעון בן לקיש אמר כשרה: אין מחשבין מעבודה לעבודה, ולא גמרינן ממחשבת פיגול.

Rabbi Yo'hanan dit : [il est] invalide — on transfère [l'intention] d'un rite à un autre, et nous [le] dérivons de la pensée de pigoul. Rabbi Chimon ben Lakich dit : [il est] valide — on ne transfère pas [l'intention] d'un rite à un autre, et nous ne [le] dérivons pas de la pensée de pigoul.

📜 Rachi (1)
רבי יוחנן אמר פסולה דגמרינן מחשבת פסול שלא לשמה ממחשבת פיגול דעיקרו מעבודה לעבודה:
Rabbi Yo'hanan dit : [il est] invalide — car nous dérivons l'intention invalidante 'hors de son nom' (chelo lichma) de la pensée de pigoul, dont le principe même [opère] d'un rite à un autre.
💡 Explication

Application au cas du hatat. Rabbi Yo'hanan : on transfère l'intention d'un rite à un autre, dérivant cette règle de la pensée de pigoul (mahachevet pigoul — l'intention de consommer le sacrifice hors de son temps, dont le modèle même est une pensée passant d'un rite à un autre). Resh Lakich : on ne transfère pas, et on ne dérive pas du pigoul.

7
וצריכא, דאי איתמר בהא, בהא קאמר רבי שמעון בן לקיש, משום דחוץ מפנים לא ילפינן, אבל פנים מפנים – אימא מודי ליה לרבי יוחנן.

Et [les deux énoncés] sont nécessaires. Car si [le clivage] avait été énoncé dans ce [premier cas seulement], [on aurait dit que c'est] dans ce [cas-là] que Rabbi Chimon ben Lakich a dit [la bête permise], parce qu'on ne dérive pas le dehors du dedans ; mais [pour] dedans à partir de dedans — dis [que peut-être] il concède à Rabbi Yo'hanan.

📜 Rachi (4)
וצריכא לאשמועינן בתרווייהו מחלוקת דרבי יוחנן ור"ש:
Et [c'est] nécessaire — pour nous enseigner la dispute de Rabbi Yo'hanan et Rabbi Chimon dans les deux [cas].
דאי איתמר בהא מילתא קמייתא דהשוחט את הבהמה:
Car si [le clivage] avait été énoncé dans ce [cas-ci] — [à savoir] la première affaire, celle de 'celui qui abat la bête'.
בהא קאמר ר"ל דאין מחשבין:
Dans ce [cas-là] Resh Lakich a dit — qu'on ne transfère pas.
פנים מפנים פסול דחטאת שלא לשמה מפיגול:
Dedans à partir de dedans — l'invalidité du hatat 'hors de son nom', [dérivée] du pigoul.
💡 Explication

Premier volet du tzricha (nécessité des deux énoncés). Si la dispute n'avait porté que sur le premier cas (culte idolâtre, profane), on aurait pu croire que Resh Lakich n'y permet que parce qu'on ne dérive pas le dehors du dedans ; mais dans le cas du hatat, où l'on dérive dedans à partir de dedans (pnim mi-pnim, du pigoul), peut-être concède-t-il à Rabbi Yo'hanan que c'est invalide.

8
ואי אתמר בהך, בההיא קאמר רבי יוחנן, אבל בהא – אימא מודי ליה לרבי שמעון בן לקיש, צריכא.

Et si [le clivage] avait été énoncé dans ce [second cas], [on aurait dit que c'est] dans celui-là que Rabbi Yo'hanan a dit [le sacrifice invalide], mais [pour] ce [premier cas] — dis [que peut-être] il concède à Rabbi Chimon ben Lakich. [Donc les deux énoncés sont] nécessaires.

💡 Explication

Second volet du tzricha. Symétriquement, si la dispute n'avait porté que sur le cas du hatat (dedans à partir de dedans), on aurait pu croire que Rabbi Yo'hanan n'y invalide que parce qu'on dérive le dedans du dedans ; mais dans le premier cas (idolâtrie, dehors à partir du dedans), peut-être concède-t-il à Resh Lakich que c'est permis. D'où la nécessité d'énoncer les deux.

9
מתיב רב ששת: אמר רבי יוסי: קל וחומר הדברים, ומה במקום שמחשבה פוסלת במוקדשין – אין הכל הולך אלא אחר העובד, מקום שאין מחשבה פוסלת בחולין – אינו דין שלא יהא הכל הולך אלא אחר השוחט?

Rav Chechet objecta : Rabbi Yossi a dit — voici [le raisonnement] à fortiori (kal va-homer) : si la, où la pensée invalide dans les [bêtes] consacrées, rien ne suit que [l'intention de] celui qui officie [seul], [alors] la où la pensée n'invalide pas dans les [bêtes] profanes, n'est-il pas juste (eino din) que rien ne suive que [l'intention de] celui qui abat [seul] ?

💡 Explication

Rav Chechet objecte aux deux Amoraim à partir de la michna. Rabbi Yossi y tient un kal va-homer (voir le schéma) : dans les consacrés, où la pensée invalide, tout ne suit pourtant que celui qui officie (ha-oved) — l'intention du propriétaire est sans effet ; à plus forte raison dans les profanes, où la pensée n'invalide pas, tout ne devrait suivre que celui qui abat (ha-chohet). Donc l'intention idolâtre du propriétaire non-Juif est sans effet — ce qui semble heurter les deux positions.

10
מאי ״אין מחשבה פוסלת בחולין״? אילימא דלא פסלה כלל, אלא זביחה דעבודה זרה דמיתסרא, היכי משכחת לה?

Que signifie 'la pensée n'invalide pas dans les profanes' ? Si l'on dit [que cela veut dire] qu'elle n'invalide pas du tout — mais alors l'abattage [fait] pour un culte idolâtre, qui [pourtant] devient interdit, comment le trouves-tu [comment l'expliquer] ?

📜 Rachi (1)
אלא זביחה דעבודת כוכבים דמיתסרא בהנאה כדאמרינן במסכת עבודה זרה (דף כט:) תקרובת עבודת כוכבים מיקרי זבחי מתים כדכתיב ויאכלו זבחי מתים מה מת אסור בהנאה אף תקרובת עבודת כוכבים אסורה בהנאה ומת גופיה מנלן דאסור בהנאה אתיא שם שם נאמר כאן ותמת שם מרים ונאמר להלן גבי עגלה ערופה וערפו שם את העגלה מה עגלה ערופה אסורה בהנאה כדאמר שם תהא קבורתה אף מת אסור בהנאה ומה מת אסור בהנאה ומטמא באהל אף תקרובת עבודת כוכבים נמי:
Mais l'abattage [fait] pour un culte idolâtre, qui devient interdit — à la jouissance, comme nous le disons au traité Avoda Zara (29b) : l'offrande d'un culte idolâtre est appelée 'sacrifices des morts' (zivhei metim), comme il est écrit (Psaumes 106:28) 'et ils mangèrent les sacrifices des morts' — de même que le mort [cadavre] est interdit à la jouissance, de même l'offrande d'un culte idolâtre [l'est] ; et le mort lui-même, d'où [savons-nous qu'il est] interdit à la jouissance ? [Cela] vient [par guezera chava] 'là-là' (cham-cham) : il est dit ici (Nombres 20:1) 'et Miriam mourut là' (va-tamot cham), et il est dit là-bas, à propos de la génisse à la nuque brisée (egla aroufa, Deutéronome 21:4) 'et ils briseront là la nuque de la génisse' (ve-arefou cham) — de même que la génisse à la nuque brisée [est] interdite à la jouissance, comme on le dit là 'que là soit sa sépulture', de même le mort [est] interdit à la jouissance ; et de même que le mort [est] interdit à la jouissance et rend impur sous une tente (be-ohel), de même l'offrande d'un culte idolâtre aussi.
🗂️ Tossefot (1)
אלא זביחה דעבודת כוכבים דמיתסרא היכי משכחת לה תימה אי חשיב פיגול אף במחשבה בלא דיבור אם כן משכחת זביחת עבודת כוכבים דמתסרא בדיבור שפירש בפירוש ששוחט לעבודת כוכבים:
'Mais l'abattage pour un culte idolâtre, qui devient interdit, comment le trouves-tu' — il y a lieu de s'étonner : si l'on tient le pigoul [pour effectif] même par la pensée seule, sans parole, alors tu trouves un abattage pour un culte idolâtre qui devient interdit par une parole, [à savoir] qu'il a explicité expressément qu'il abat pour un culte idolâtre.
💡 Explication

La Guemara examine le sens de la prémisse 'la pensée n'invalide pas dans les profanes'. Première hypothèse : cela voudrait dire qu'elle n'invalide jamais. Objection : alors comment expliquer que l'abattage au nom d'une idole rende la bête interdite (à la jouissance) ? Une telle pensée invalide donc bien, parfois.

11
אלא פשיטא מעבודה לעבודה, והכי קאמר: ומה במקום שמחשבה פוסלת במוקדשין מעבודה לעבודה – אין הכל הולך אלא אחר העובד, מקום שאין מחשבה פוסלת בחולין מעבודה לעבודה, אלא באותה עבודה – אינו דין שלא יהא הכל הולך אלא אחר השוחט?

Plutôt, c'est évident [que cela signifie] d'un rite à un autre. Et voici ce qu'il dit : si la, où la pensée invalide dans les [bêtes] consacrées d'un rite à un autre, rien ne suit que [l'intention de] celui qui officie, [alors] la où la pensée n'invalide pas dans les [bêtes] profanes d'un rite à un autre, mais [seulement] dans ce même rite, n'est-il pas juste que rien ne suive que [l'intention de] celui qui abat ?

📜 Rachi (3)
אלא פשיטא האי אין מחשבה פוסלת בחולין מעבודה לעבודה קאמר:
Plutôt, c'est évident — ce 'la pensée n'invalide pas dans les profanes', [c'est] 'd'un rite à un autre' qu'il [le] dit.
שמחשבה פוסלת במוקדשין כדפרישית דעיקר פיגול מעבודה לעבודה הוא:
Que la pensée invalide dans les consacrés — comme je l'ai expliqué, que le principe du pigoul [opère] d'un rite à un autre.
אלא באותה עבודה בלבד אם אמר שחיטה עצמה לעבודת כוכבים:
Mais [seulement] dans ce même rite — [s']il a dit l'abattage lui-même pour un culte idolâtre.
💡 Explication

Reformulation forcée : 'la pensée n'invalide pas dans les profanes' veut dire pas d'un rite à un autre (me'avoda le'avoda). Le kal va-homer devient : dans les consacrés, où la pensée invalide même d'un rite à un autre, tout suit l'officiant ; à plus forte raison dans les profanes, où la pensée n'invalide pas d'un rite à un autre mais seulement dans le rite même (l'abattage), tout suit celui qui abat.

12
פנים קשיא לרבי שמעון בן לקיש, חוץ קשיא לרבי יוחנן!

[Or] le dedans fait difficulté pour Rabbi Chimon ben Lakich, [et] le dehors fait difficulté pour Rabbi Yo'hanan !

📜 Rachi (2)
פנים קשיא לריש לקיש דקתני מחשבה פוסלת במוקדשין ולא קתני מפגלת ש"מ בשאר פסולי פנים נמי כגון זריקת דם וחטאת שלא לשמה קתני דמחשבין:
Le dedans fait difficulté pour Resh Lakich — car [la michna] enseigne 'la pensée invalide dans les consacrés', et n'enseigne pas 'rend pigoul' (mefaguelet) ; [d'où] tu apprends que [pour] les autres invalidations du dedans aussi, par exemple l'aspersion du sang et le hatat 'hors de son nom', elle enseigne qu'on transfère [l'intention].
חוץ קשיא לרבי יוחנן דקתני הכא בחולין אין מחשבה פוסלת מעבודה לעבודה:
Le dehors fait difficulté pour Rabbi Yo'hanan — car [la michna] enseigne ici, dans les profanes, [que] la pensée n'invalide pas d'un rite à un autre.
🗂️ Tossefot (2)
פנים קשיא לר"ש בן לקיש פירש בקונטרס דלא מצי למימר ק"ו שלו מפגול דלא הויא ליה לומר פוסלת אלא מפגלת ואע"ג דמצינו דקרי ליה לפיגול פסול דתניא בפ"ב דזבחים (דף כח.) חוץ למקומו פסול ואין חייבין עליו כרת הכא דאיכא למטעי ה"ל למיתני מפגלת כדאמרינן בפ"ב דזבחים (גם זה שם) גבי הא דתנן שהזבח נפסל בד' דברים כו' ודייק בגמרא דיקא נמי דקתני שהזבח נפסל ולא קתני שהזבח מתפגל אבל קשה אמאי לא מוקי לה בשינוי בעלים דמודה ר"ל דמחשבינן מעבודה לעבודה אם אמר הריני שוחט ע"מ לזרוק דמו לשם פלוני דפסול כדאמרינן בפרק ב' דזבחים (ג"ז שם) לכ"נ דליכא לאוקמי ק"ו לא במחשבת פיגול ולא בשינוי בעלים דמה לתרווייהו שכן אינן באותה עבודה שאם אמר הריני שוחט לשם חוץ לזמנו או חוץ למקומו או לשם פלוני כשר כדאמרינן בפ"ק דזבחים (דף י.) ורבינו חננאל גריס פנים לריש לקיש לא קשיא דמוקי לה במחשבת פיגול:
'Le dedans fait difficulté pour Rabbi Chimon ben Lakich' — le Commentateur (Rachi) a expliqué qu'il ne pouvait pas dire [que] son kal va-homer [se tire] du pigoul, car [alors la michna] n'aurait pas dû dire 'invalide' (poséles) mais 'rend pigoul' (méfaguéles) ; et bien que nous trouvions qu'on appelle le pigoul une 'invalidation' (pessoul), comme il est enseigné au chapitre 2 de Zevahim (28a) 'hors de son lieu [est] invalide et l'on n'est pas passible de retranchement (karet) à son sujet' — ici, où il y a [risque] de se méprendre, [la michna] aurait dû enseigner 'rend pigoul', comme nous le disons au chapitre 2 de Zevahim (ibid.) à propos de ce qui est enseigné 'que le sacrifice est invalide par quatre choses, etc.', et la Guemara précise : 'une déduction aussi [le confirme], puisqu'elle enseigne que le sacrifice est invalide et n'enseigne pas que le sacrifice est rendu pigoul'. Mais il est difficile [de demander] : pourquoi ne l'établit-il pas dans un changement de propriétaire (chinouy be'alim), [cas] où Resh Lakich concède qu'on transfère d'un rite à un autre, [à savoir] s'il a dit 'me voici abattant en vue d'asperger son sang au nom d'un tel' — [c'est] invalide, comme nous le disons au chapitre 2 de Zevahim (ibid.) ? C'est pourquoi il faut dire qu'il n'y a pas lieu d'établir le kal va-homer ni dans la pensée de pigoul ni dans un changement de propriétaire, car qu'y a-t-il [à objecter] aux deux [cas] ? — qu'ils ne sont pas [opérants] dans ce rite même, car [s']il a dit 'me voici abattant au nom de hors-de-son-temps où hors-de-son-lieu ou au nom d'un tel', [c'est] valide, comme nous le disons au premier chapitre de Zevahim (10a). Et Rabbenou Hananel a la version : 'le dedans pour Resh Lakich ne fait pas difficulté', car il l'établit dans la pensée de pigoul.
חוץ קשיא לרבי יוחנן וא"ת ולימא דקאי רבי יוחנן כרבנן דכי היכי דילפי רבנן חוץ מפנים לענין דזה מחשב וזה עובד ה"נ ילפינן לענין דמחשבין מעבודה לעבודה וללישנא בתרא לימא דקאי כר"א וי"ל דלגבי זה מחשב וזה עובד שייך למילף חוץ מפנים דגלי רחמנא בפנים דבעלים קרוי מקריב והוא הדין בחוץ דכתיב (תהלים קו) זבחי מתים דאם בעלים מחשבין חשיב זבחי מתים כיון דבעלים קרוי מקריב בפנים ואין זה אלא גילוי מילתא בעלמא אבל לענין דמחשבין מעבודה לעבודה לא אשכחינן דילפינן כלל והא דמחשבין בפנים גזירת הכתוב בעלמא הוא:
'Le dehors fait difficulté pour Rabbi Yo'hanan' — et si tu dis : qu'il dise que Rabbi Yo'hanan se tient selon les Rabbanan [maîtres], car de même que les Rabbanan dérivent le dehors du dedans quant à [la règle] que 'celui-ci pense et celui-là officie', de même nous dérivons[-nous] quant à [la règle] qu'on transfère d'un rite à un autre ; et selon la seconde version [du daf], qu'il dise qu'il se tient selon Rabbi Eliezer ! Et l'on peut dire : à l'égard de 'celui-ci pense et celui-là officie', il convient de dériver le dehors du dedans, car le Miséricordieux a révélé au-dedans que le propriétaire est appelé 'offrant', et il en va de même au-dehors, où il est écrit (Psaumes 106) 'les sacrifices des morts' — [à savoir] que si les propriétaires pensent [à l'idole], [la bête] est tenue pour 'sacrifices des morts', puisque le propriétaire est appelé 'offrant' au-dedans ; et ce n'est là qu'une simple révélation [d'un sens déjà contenu] (gilouy milta be'alma) ; mais à l'égard de [la règle] qu'on transfère d'un rite à un autre, nous ne trouvons nullement qu'on [le] dérive, et le fait qu'on transfère au-dedans [n'est] qu'un décret de l'Écriture (guezerat ha-katouv be'alma).
💡 Explication

Cette lecture du kal va-homer embarrasse les deux Amoraim. Le dedans (les consacrés) fait difficulté à Resh Lakich : la michna pose que la pensée invalide les consacrés d'un rite à un autre, contre lui. Le dehors (les profanes) fait difficulté à Rabbi Yo'hanan : la michna pose qu'au dehors la pensée n'invalide pas d'un rite à un autre, contre lui.

13
בשלמא פנים, לרבי שמעון בן לקיש לא קשיא: הא מקמי דשמעה מרבי יוחנן, הא לבתר דשמעה מרבי יוחנן. אלא חוץ, קשיא לרבי יוחנן!

Soit, le dedans ne fait pas difficulté pour Rabbi Chimon ben Lakich : ceci [est] avant qu'il [ne] l'eût entendu de Rabbi Yo'hanan, cela [est] après qu'il [l']eut entendu de Rabbi Yo'hanan. Mais le dehors fait [encore] difficulté pour Rabbi Yo'hanan !

📜 Rachi (1)
בשלמא פנים לר"ל לא קשיא דאיכא למימר מקמי דשמעה להך מתניתין מרבי יוחנן רביה הוה פליג אסברא דרביה ואמר מסתברא דלא ילפינן ולבתר דשמעה להך מתניתין מרבי יוחנן רביה וידע דלאו סברא דרבי יוחנן רביה אלא מתניתא הוא דגמרינן פסול מפיגול איכא למימר דהדר ביה להכי נקט רבי יוחנן משום דרביה הוה ואגמריה משנה וברייתא. ל"א לבתר דשמעה לרבי יוחנן רביה דפליג עליה ואמר מחשבין איכא למימר דהדר ביה:
Soit, le dedans ne fait pas difficulté pour Resh Lakich — car il y a lieu de dire qu'avant d'avoir entendu cette michna de Rabbi Yo'hanan son maître, il divergeait du raisonnement de son maître et disait : il est logique qu'on ne dérive pas ; mais après avoir entendu cette michna de Rabbi Yo'hanan son maître, et [après] qu'il sut que [ce] n'[était] pas [seulement] le raisonnement de Rabbi Yo'hanan son maître, mais une braita d'où nous dérivons l'invalidité à partir du pigoul, il y a lieu de dire qu'il s'est rétracté ; et si Rabbi Yo'hanan [le] mentionne [encore en son nom], c'est parce qu'il était son maître et lui avait enseigné michna et braita. Autre version : après qu'il eut entendu Rabbi Yo'hanan son maître qui divergeait de lui et disait qu'on transfère, il y a lieu de dire qu'il s'est rétracté.
🗂️ Tossefot (1)
הא מקמי דשמעיה מר' יוחנן תימה מאי תירוץ הוא זה שמתרץ שאמר ריש לקיש קודם שלמד המשנה:
'Ceci [est] avant qu'il [ne] l'eût entendu de Rabbi Yo'hanan' — il y a lieu de s'étonner : quelle réponse est-ce là, de dire que Resh Lakich a parlé avant d'avoir appris la michna ?
💡 Explication

On écarte la difficulté du dedans pour Resh Lakich par une chronologie : son énoncé niant le transfert d'intention précède le moment où il entendit la michna de la bouche de Rabbi Yo'hanan, son maître ; après l'avoir entendue, il s'est rétracté (sur le dedans). Reste donc une seule difficulté non résolue : le dehors, contre Rabbi Yo'hanan.

14
הוא מותיב לה והוא מפרק לה, בארבע עבודות, והכי קאמר: ומה במקום שמחשבה פוסלת במוקדשין בארבע עבודות – אין הכל הולך אלא אחר העובד,

[En réalité,] c'est lui [Rav Chechet] qui soulève l'objection et c'est lui qui la résout : [le kal va-homer porte] sur les quatre rites (be-arba avodot). Et voici ce qu'il dit : si la, où la pensée invalide dans les [bêtes] consacrées lors des quatre rites, rien ne suit que [l'intention de] celui qui officie,

📜 Rachi (2)
בארבע עבודות הא דקתני אין מחשבה פוסלת בחולין לאו מעבודה לעבודה קאמר אלא בארבע עבודות קאמר:
Sur les quatre rites — ce qui est enseigné 'la pensée n'invalide pas dans les profanes', [ce] n'[est] pas 'd'un rite à un autre' qu'il [le] dit, mais 'lors des quatre rites' qu'il [le] dit.
וה"ק ומה מוקדשין שנפסלין במחשבה בארבע עבודות שחיטה וקבלה זריקה והולכה באיזו מאלו שחישב ע"מ לאכול מן הזבח חוץ לזמנו פיגול הוא אין מחשבה הולכת אלא אחר העובד:
Et voici ce qu'il dit : si la — [à savoir] les consacrés, qui sont invalidés par la pensée lors des quatre rites, [savoir] abattage (chehita), réception (kabala), aspersion (zerika) et acheminement (holakha), [de sorte que] par lequel de ceux-ci qu'il pense en vue de manger du sacrifice hors de son temps — c'est [du] pigoul — rien ne suit que celui qui officie.
💡 Explication

Résolution finale, par Rav Chechet lui-même (voir le schéma). Le kal va-homer de Rabbi Yossi ne porte pas sur le transfert d'un rite à un autre, mais sur les quatre rites (arba avodot : chehita l'abattage, kabala la réception du sang, holakha son acheminement, zerika son aspersion). Sens : dans les consacrés, où une pensée illicite lors de n'importe lequel de ces quatre rites invalide, tout ne suit pourtant que l'officiant ; et donc, à fortiori, au dehors tout suit celui qui abat. Ainsi l'objection tombe : la michna ne dit rien sur le transfert d'intention, et n'embarrasse plus ni Resh Lakich ni Rabbi Yo'hanan.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).