Chullin 41b — laisser couler le sang (ne pas imiter les hérétiques) et abattre au nom d'un sacrifice (mahshava et mareit ayin)

Chullin 41b

Sougya : La fin de la michna précédente interdit de faire couler le sang de l'abattage dans les mers, fleuves ou récipients, mais [le] permet dans un creux d'eau : Rava précise [que c'est] avec de l'eau trouble (akhourin), où nul reflet (bavoua) n'apparaît, écartant l'apparence d'idolâtrie. Pour le trou, Abaye puis Rava distinguent le trou de la rue (interdit, usage des hérétiques) du trou chez soi (permis si l'on abat à côté et que le sang y coule), une braita appuyant Rava ; et celui qui imite les hérétiques en place publique 'requiert un examen après lui' [pour savoir s'il est un min].

La nouvelle michna pose la règle de la mahshava : celui qui abat des [bêtes] profanes 'au nom' d'un sacrifice qui vient par vœu ou don (olah, chelamim, acham talouy, pessa'h, toda) — invalide par crainte de la mareit ayin (apparence) ; au nom d'une offrande purement obligatoire (hatat, acham vadai, bekhor, maasser, temoura) — valide ; Rabbi Chimon valide dans tous les cas. La Guemara justifie l'inclusion de l'acham talouy (R.

Elazar : on en fait don chaque jour) et du pessa'h (R. Ochaaya : on le met à part toute l'année), discute du cas des [bêtes] à défaut (R.

Yannai vs R. Yo'hanan), exige 'lishma' explicite (mon expiatoire, mon substitut), et explicite le 'zeh ha-kelal' : il ajoute l'holocauste du nazir (côté invalide) et l'holocauste de l'accouchée (côté valide).

Où laisser couler le sang de l'abattage (et pourquoi) Mers / fleuves on dirait : 'il abat pour l'ange de la mer' INTERDIT Creux d'eau (ouga) eau trouble (akhourin) : pas de reflet PERMIS Trou (rue) usage des hérétiques (minim) INTERDIT Trou (maison) abattre à côté, le sang coule dans le trou PERMIS Deux craintes distinctes : l'apparence d'idolâtrie (reflet) -> eau claire interdite ; et l'usage des hérétiques -> le trou en place publique est interdit (mais permis chez soi).
Segments 1-6 : où l'on peut faire couler le sang de l'abattage, et les deux craintes (apparence d'idolâtrie ; usage des hérétiques).
Abattre 'au nom d'un sacrifice' : invalide ou valide ? le critère : l'offrande peut-elle venir par vœu ou don volontaire (nidar ve-nidav) ? Vient par vœu / don -> INVALIDE le spectateur croit : 'il consacre et abat dehors' olah (holocauste) zevahim (chelamim, paix) acham talouy (délit douteux) pessa'h (agneau pascal) toda (action de grâces) + 'zeh ha-kelal' ajoute : olat nazir (R. Chimon, lui, valide : nul ne fait tel vœu ainsi) Obligation seule -> VALIDE nul ne peut le consacrer maintenant : pas de méprise hatat (expiatoire) acham vadai (délit certain) bekhor (premier-né) maasser (dîme du bétail) temoura (substitut) + 'zeh ha-kelal' ajoute : olat yoledet (réserves : 'lishma' explicite, ou s'il a déjà un zevah / une épouse)
Segments 7-18 : abattre 'au nom de' un sacrifice — le critère nidar ve-nidav (voeu/don) sépare l'invalide du valide ; le 'zeh ha-kelal' ajoute un cas à chaque colonne.
1
יְחַקֶּה אֶת הַמִּינִין.

[De peur] qu'il n'imite les hérétiques (minim).

📜 Rachi (1)
יְחַקֶּה אֶת הַצָּדוֹקִים יַחֲזִיק יְדֵיהֶם בְּחֻוקּוֹתֵיהֶם. יְחַקֶּה לְשׁוֹן חוֹק:
Qu'il n'imite les sadducéens (tzedoukim) — [qu']il ne raffermisse pas leurs mains dans leurs usages. 'Yehakkeh' [est] un terme de 'hok' (règle, usage).
💡 Explication

Fin de la michna (commencée en 41a) : en place publique, on ne fait pas couler le sang dans un trou, de peur de paraître imiter les hérétiques (minim) — les sadducéens, qui avaient cet usage. 'Yehakkeh' [imiter] est de la racine 'hok' [règle, usage].

2
גּמ׳ אֵין שׁוֹחֲטִין לֹא לְתוֹךְ וְכוּ׳. מַאי שְׁנָא לְתוֹךְ יַמִּים דְּלָא? דְּאָמְרִי: לְשָׂרָא דְּיַמָּא קָא שָׁחֵיט. לְתוֹךְ עוּגָה שֶׁל מַיִם נָמֵי אָמְרִי: לְבָבוּאָה קָא שָׁחֵיט. אָמַר רָבָא: בַּעֲכוּרִים שָׁנוּ.

Guemara. 'On ne fait pas [couler le sang] dans... etc.' En quoi 'dans les mers' diffère[-t-il], [au point] que non ? [Réponse :] parce qu'on dirait : 'il abat pour l'ange (char) de la mer'. 'Dans un creux d'eau (ouga chel mayim)' aussi, on dirait : 'il abat pour [son] reflet (bavoua)' !

Rava a dit : on l'a enseigné [à propos] d'eau trouble (akhourin) [où nul reflet n'apparaît].

📜 Rachi (2)
גְּמ' לְבָבוּאָה פַּרְצוּף שֶׁלּוֹ הַנִּרְאֶה בַּמַּיִם:
Guemara. Pour [son] reflet (bavoua) — son visage qui apparaît dans l'eau.
עֲכוּרֵין לָא מִינְּכַר בְּהוּ בָּבוּאָה:
Trouble (akhourin) — le reflet n'y est pas reconnaissable.
⚖️ Rosh (1)
גְּמ' מ"ש לְתוֹךְ הַיָּמִים דְּלָא דְּאָמַר לְשַׂר דְּיַמָּא קָשְׁחִיט. לְעוּגָה שֶׁל מַיִם נָמֵי לָא דְּאָמַר לְבָבוּאָה קָשְׁחִיט. אָמַר רָבָא בְּעִכּוּרִין שָׁנוּ: אֲבָל עוֹשֶׂה גֻּומָּא וְכוּ'. וְהָא אָמְרַתְּ אֵין שׁוֹחֲטִין לַגֻּומָּא כְּלָל. אָמַר רָבָא הָכִי קָאָמַר אֵין שׁוֹחֲטִין לַגֻּומָּא כָּל עִיקָּר. וְהָרוֹצֶה לְנַקֵּר אֶת חֲצֵירוֹ כֵּיצַד הוּא עוֹשֶׂה עוֹשֶׂה מָקוֹם חוּץ לַגֻּומָּא וְהַדָּם שׁוֹתֵת וְיוֹרֵד לַגֻּומָּא וּבַשּׁוּק לֹא יַעֲשֶׂה כֵּן שֶׁלֹּא יְחַקֶּה אֶת הַצָּדוֹקִים:
Guemara. En quoi 'dans les mers' diffère[-t-il, au point] que non ? Parce qu'on dirait : 'il abat pour l'ange (char) de la mer'. 'Dans un creux d'eau (ouga chel mayim)' aussi, non [ce serait interdit], car on dirait : 'il abat pour [son] reflet (bavoua)'. Rava a dit : on l'a enseigné [à propos d'eau] trouble (ikkourin) [où nul reflet n'apparaît]. 'Mais on fait un trou (gouma), etc.' [objection :] or n'as-tu pas dit 'on ne fait pas du tout couler [le sang] dans un trou' ? Rava a dit : voici ce que [la michna] veut dire : on ne fait pas du tout couler [le sang] dans un trou ; et celui qui veut nettoyer (le-nakker) sa cour, comment fait-il ? Il aménage un emplacement hors du trou, et le sang ruisselle et descend dans le trou ; et sur la place publique (chouk) on n'agira pas ainsi, de peur qu'il n'imite les sadducéens (tzedoukim).
💡 Explication

La Guemara demande : pourquoi interdit-on les mers et fleuves ? Parce qu'un spectateur dirait qu'il abat 'pour l'ange de la mer' [apparence d'idolâtrie]. Mais alors le creux d'eau (ouga), permis par la michna, devrait l'être aussi : on dirait qu'il abat 'pour son reflet' (bavoua) ! Réponse de Rava : la michna permet le creux uniquement avec de l'eau trouble (akhourin), où aucun reflet ne se voit.

🖼️ Schéma
Où laisser couler le sang de l'abattage (et pourquoi) Mers / fleuves on dirait : 'il abat pour l'ange de la mer' INTERDIT Creux d'eau (ouga) eau trouble (akhourin) : pas de reflet PERMIS Trou (rue) usage des hérétiques (minim) INTERDIT Trou (maison) abattre à côté, le sang coule dans le trou PERMIS Deux craintes distinctes : l'apparence d'idolâtrie (reflet) -> eau claire interdite ; et l'usage des hérétiques -> le trou en place publique est interdit (mais permis chez soi).
Les deux craintes : l'apparence d'idolâtrie (reflet dans l'eau claire, ange de la mer) et l'usage des hérétiques (le trou). Le creux à eau trouble est permis car nul reflet ne s'y voit.
3
אֵין שׁוֹחֲטִין לַגֻּומָּא וְכוּ׳. וְהָא אָמַרְתָּ: אֵין שׁוֹחֲטִין לַגֻּומָּא כְּלָל? אָמַר אַבַּיֵּי: רֵישָׁא בְּגֻומָּא שֶׁבַּשּׁוּק.

'On ne fait pas [couler le sang] dans un trou (gouma)... etc.' Or n'as-tu pas dit : 'on ne fait pas du tout couler dans un trou' [comment alors la michna permet-elle ensuite le trou chez soi] ? Abaye a dit : le début [de la michna parle] d'un trou qui [est] sur la place publique (chouk).

📜 Rachi (1)
וְהָאָמְרַתְּ אֵין שׁוֹחֲטִין לַגֻּומָּא וַהֲדַר תָּנֵי אֲבָל עוֹשֶׂה גֻּומָּא:
Or n'as-tu pas dit 'on ne fait pas couler dans un trou' — et [la michna] enseigne ensuite 'mais on fait un trou' [chez soi].
💡 Explication

Difficulté sur la michna : elle interdit d'abord tout trou ('on ne fait pas du tout couler dans un trou'), puis permet de creuser un trou chez soi. Contradiction ? Réponse d'Abaye : le début interdit le trou de la place publique (chouk), la suite permet le trou privé.

4
אֲמַר לֵיהּ רָבָא: וְהָא מִדְּקָתָנֵי סֵיפָא ״וּבַשּׁוּק לֹא יַעֲשֶׂה כֵּן״, מִכְּלָל דְּרֵישָׁא לָאו בְּשׁוּק עָסְקִינַן!

Rava lui dit : mais du fait que la fin [de la michna] enseigne 'et sur la place publique (chouk) on n'agira pas ainsi', cela implique [par déduction] que dans le début nous ne traitons pas de la place publique !

💡 Explication

Rava réfute Abaye : si la michna précise à la fin 'et sur la place publique on n'agira pas ainsi', c'est donc que le début ne parlait pas de la place publique. L'interprétation d'Abaye (début = trou de la rue) ne tient pas.

5
אֶלָּא אָמַר רָבָא, הָכִי קָאָמַר: אֵין שׁוֹחֲטִין לַגֻּומָּא כָּל עִיקָּר, וְהָרוֹצֶה לְנַקֵּר חֲצֵרוֹ, כֵּיצַד הוּא עוֹשֶׂה? עוֹשֶׂה מָקוֹם חוּץ לַגֻּומָּא וְשׁוֹחֵט, וְדָם שׁוֹתֵת וְיוֹרֵד לַגֻּומָּא, וּבַשּׁוּק לֹא יַעֲשֶׂה כֵּן, שֶׁלֹּא יְחַקֶּה אֶת הַמִּינִין.

Plutôt, Rava a dit, voici ce que [la michna] veut dire : on ne fait pas du tout couler le sang dans un trou ; et celui qui veut nettoyer (le-nakker) sa cour, comment fait-il ? Il aménage un emplacement (un sillon) hors du trou et abat [là], et le sang ruisselle et descend dans le trou ; et sur la place publique on n'agira pas ainsi, de peur qu'il n'imite les hérétiques (minim).

📜 Rachi (1)
כָּל עִיקָּר וְאַפֵּי' בְּבַיִת דְּמִיחְזֵי כְּמִנְהַג צָדוֹקִים:
Du tout — et même dans la maison, car [cela] paraît [relever] de l'usage des sadducéens (tzedoukim).
⚖️ Rosh (1)
מַתְנִי' אֵין שׁוֹחֲטִין לֹא לְתוֹךְ הַיָּמִים וְלֹא לְתוֹךְ הַנְּהָרוֹת וְלֹא לְתוֹךְ הַכֵּלִים אֲבָל שׁוֹחֵט הוּא לְתוֹךְ עוּגָה שֶׁל מַיִם וּבִסְפִינָה ע"ג הַכֵּלִים. אֵין שׁוֹחֲטִין לְתוֹךְ הַגֻּומָּא אֲבָל עוֹשֶׂה הוּא גֻּומָּא בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ כְּדֵי שֶׁיִּכָּנֵס הַדָּם לְתוֹכוֹ וּבַשּׁוּק לֹא יַעֲשֶׂה כֵּן שֶׁלֹּא יְחַקֶּה אֶת הַצָּדוֹקִים:
Michna. On ne fait pas [couler le sang] ni dans les mers, ni dans les fleuves, ni dans les récipients (kelim) ; mais on fait couler dans un creux d'eau (ouga chel mayim), et sur un navire (sefina) au-dessus des récipients. On ne fait pas [couler le sang] dans un trou (gouma) ; mais on fait un trou à l'intérieur de sa maison afin que le sang y pénètre ; et sur la place publique (chouk) on n'agira pas ainsi, de peur qu'il n'imite les sadducéens (tzedoukim).
💡 Explication

Lecture de Rava : on n'abat jamais directement au-dessus d'un trou. Mais qui veut garder sa cour propre aménage un sillon à côté du trou, abat là, et laisse le sang ruisseler jusque dans le trou. En place publique, même cela est interdit : on imiterait les hérétiques.

6
תַּנְיָא כְּוָותֵיהּ דְּרָבָא: הָיָה מְהַלֵּךְ בִּסְפִינָה וְאֵין לוֹ מָקוֹם בַּסְּפִינָה לִשְׁחוֹט – מוֹצִיא יָדוֹ חוּץ לַסְּפִינָה וְשׁוֹחֵט, וְדָם שׁוֹתֵת וְיוֹרֵד עַל דָּופְנֵי הַסְּפִינָה, וְאֵין שׁוֹחֵט לַגֻּומָּא כָּל עִיקָּר.

Il est enseigné [dans une braita] conformément à [l'avis de] Rava : si quelqu'un cheminait sur un navire (sefina) et n'a pas de place sur le navire pour abattre, il sort sa main hors du navire et abat, et le sang ruisselle et descend sur les flancs (doffnei) du navire ; et l'on ne fait pas du tout couler le sang dans un trou.

📜 Rachi (1)
עַל דָּופְנֵי הַסְּפִינָה וּמְדֻופְּנֵי הַסְּפִינָה לַמַּיִם:
Sur les flancs du navire — et des flancs du navire [il descend] vers l'eau.
💡 Explication

Une braita appuie Rava : sur un navire sans place, on tient la bête hors-bord et l'on abat, le sang coulant le long des flancs (et non directement dans la mer). Et l'on ne fait jamais couler le sang directement dans un trou — exactement la règle de Rava.

7
וְהָרוֹצֶה לְנַקֵּר חֲצֵרוֹ, כֵּיצַד הוּא עוֹשֶׂה? עוֹשֶׂה מָקוֹם חוּץ לַגֻּומָּא וְשׁוֹחֵט, וְדָם שׁוֹתֵת וְיוֹרֵד לַגֻּומָּא. וּבַשּׁוּק לֹא יַעֲשֶׂה כֵּן, מִשּׁוּם שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּבְחֻקֹּתֵיהֶם לֹא תֵּלֵכוּ״, וְאִם עָשָׂה כֵּן – צָרִיךְ בְּדִיקָה אַחֲרָיו.

Et celui qui veut nettoyer sa cour, comment fait-il ? Il aménage un emplacement hors du trou et abat, et le sang ruisselle et descend dans le trou.

Et sur la place publique on n'agira pas ainsi, parce qu'il est dit : 'et vous ne suivrez pas leurs statuts' (Lévitique 18:3) ; et s'il a agi ainsi [en public], il requiert un examen après lui (bedika aharav) [pour savoir s'il est un hérétique].

📜 Rachi (4)
לְנַקֵּר לְנַקּוֹת:
Nettoyer (le-nakker) — nettoyer (le-nakkot).
מָקוֹם חָרִיץ קָטָן:
Emplacement (makom) — un petit sillon (harits).
וּבַשּׁוּק לֹא יַעֲשֶׂה שֶׁאֵין אָדָם חָשׁ לְנַקֵּר אֶת הַשּׁוּק:
Et sur la place publique on n'agira pas — car personne ne se soucie de nettoyer la place publique [donc qui le fait en public se trahit].
בְּדִיקָה אַחֲרָיו שֶׁמָּא מִין הוּא לַעֲבוֹדַת כּוֹכָבִים וְיִבָּדְלוּ מִפִּתּוֹ וּמִיֵּינוֹ:
Un examen après lui — [de peur] qu'il [ne] soit un hérétique [voué] à l'idolâtrie ; et [alors] on se séparera de son pain et de son vin.
💡 Explication

Suite de la braita : la règle du sillon dans la cour, et l'interdit en place publique appuyé sur le verset 'vous ne suivrez pas leurs statuts' (Lev 18:3). Celui qui, en public, agit à la manière des hérétiques requiert un examen après lui (bedika aharav) : on vérifie s'il est un min [voué à l'idolâtrie], auquel cas on s'écarte de son pain et de son vin.

8
מַתְנִי׳ הַשּׁוֹחֵט לְשֵׁם עוֹלָה, לְשֵׁם זְבָחִים, לְשֵׁם אָשָׁם תָּלוּי, לְשֵׁם פֶּסַח, לְשֵׁם תּוֹדָה – שְׁחִיטָתוֹ פְּסוּלָה, וְרַבִּי שִׁמְעוֹן מַכְשִׁיר.

Michna. Celui qui abat [une bête profane] au nom d'un holocauste (olah), au nom de sacrifices (zevahim, [chelamim]), au nom d'un sacrifice de délit douteux (acham talouy), au nom d'un [agneau] pascal (pessa'h), au nom d'une action de grâces (toda) — son abattage [est] invalide (passoul) ; et Rabbi Chimon [le] valide.

📜 Rachi (4)
מַתְנֵי' הַשּׁוֹחֵט חֻולִּין בַּחוּץ:
Michna. Celui qui abat — des [bêtes] profanes, au-dehors.
לְשֵׁם עוֹלָה דְּכֵיוָן דְּבָאָה בְּנֶדֶר וּבִנְדָבָה הָרוֹאֶה אוֹמֵר עַכְשָׁיו הוּא מַקְדִּישׁ וְשׁוֹחֲטָהּ לְעוֹלָה וְקָדָשִׁים בַּחוּץ מֻותָּרִים וּגְזוּר רַבָּנָן עָלֶיהָ פְּסוּל וְכֵן שְׁלָמִים וְכוּ':
Au nom d'un holocauste (olah) — puisqu'[un holocauste] vient par vœu et par don, celui qui [le] voit dit : 'maintenant il [le] consacre et l'abat en holocauste' — et les [animaux] consacrés [abattus] dehors sont [par ailleurs] permis [à la consommation, ce qui pourrait induire en erreur] ; aussi les Sages ont-ils décrété l'invalidité à son sujet. Et de même [pour les] chelamim, etc.
אָשָׁם תָּלוּי בָּא עַל סָפֵק חִיּוּב כָּרֵת כְּגוֹן ב' חֲתִיכוֹת לְפָנָיו וְאָכַל אַחַת מֵהֶן וּבָאוּ עֵדִים וְאָמְרוּ אַחַת מֵהֶן שֶׁל חֵלֶב הָיְתָה וְאֵין יָדוּעַ אֵיזוֹ אָכַל אִשְׁתּוֹ וַאֲחוֹתוֹ עִמּוֹ בַּבַּיִת כְּסָבוּר שֶׁבָּא עַל אִשְׁתּוֹ וְנֶחְלַף וְלֹא יָדַע לְמָחָר עַל אֵיזוֹ מֵהֶם בָּא שֶׁהָיוּ שְׁתֵּיהֶן בַּמִּטָּה וְהוּא לֹא הָיָה יוֹדֵעַ מֵבִיא אָשָׁם תָּלוּי לְהָגֵין מִן הַיִּסּוּרִין עַד שֶׁיִּוָּדַע לוֹ אִם חָטָא וַדַּאי מֵבִיא חַטָּאת. וּבַגְּמָ' פָּרִיךְ וְהָא לָאו נִידָּר וְנִידָּב הוּא וְהָרוֹאֶה יוֹדֵעַ שֶׁאֵין בִּדְבָרָיו כְּלוּם שֶׁאֵין שָׁם אָשָׁם תָּלוּי אא"כ הָיָה מְחֻוייָּב וְהַהוּא קָלָא אִית לֵיהּ וּפֶסַח נָמֵי בגמ' פָּרִיךְ:
Acham talouy (délit douteux) — il vient sur un doute [d'avoir encouru un] retranchement (karet) ; par exemple [s'il y avait] deux morceaux devant lui [l'un de graisse interdite, l'autre permis] et qu'il en a mangé un, et que des témoins sont venus dire que l'un d'eux était de graisse (helev) interdite, sans qu'on sache lequel il a mangé. [Ou bien] son épouse et sa sœur [sont] avec lui dans la maison, [il croit] être venu sur son épouse mais [elles] se sont substituées [l'une à l'autre] et il ne sait pas, le lendemain, sur laquelle il est venu, car elles étaient toutes deux au lit et il ne savait pas : il apporte un acham talouy pour [se] protéger des souffrances jusqu'à ce qu'il sache ; s'il a péché avec certitude, il apporte un [sacrifice] expiatoire (hatat). Et dans la Guemara on objecte : mais [l'acham talouy] n'est-il pas [un sacrifice qui ne vient] ni par vœu ni par don, et celui qui [le] voit sait qu'il n'y a rien dans ses paroles, car il n'y a pas d'acham talouy à moins qu'il n'[en] fut redevable, et cela fait du bruit (kala) [se sait] ! Et pour le pessa'h aussi, [la Guemara] objecte [pareillement].
וְר' שִׁמְעוֹן מַכְשִׁיר לָא חָייֵשׁ לְמַרְאִית הָעַיִן:
Et Rabbi Chimon [le] valide — il ne se soucie pas de l'apparence (mareit ayin).
🗂️ Tossefot (1)
וְרַבִּי שִׁמְעוֹן מַכְשִׁיר פִּי' הַקְּוַנְט' דְּלָא חָייֵשׁ לְמַרְאִית הָעַיִן וְרִיבָ"א מְפָרֵשׁ דְּלָא שַׁייָּךְ כְּלָל לְר' שִׁמְעוֹן מַרְאִית הָעַיִן דְּדוֹמֶה כְּמַקְדִּישׁ עַל מְנָת לִשְׁחֹוט בַּחוּץ וְר' שִׁמְעוֹן לְטַעְמֵיהּ דִּמְפָרֵשׁ בְּפֶ' הֲרֵי עָלַי עִשָּׂרוֹן (מְנָחוֹת דַּף קט.) הֲרֵי עָלַי עוֹלָה עַל מְנָת שֶׁאַקְרִיבֶנָּה בְּבֵית חוֹנְיוֹ יַקְרִיבֶנָּה לְבֵית הַמִּקְדָּשׁ ר"ש אוֹמֵר אֵין זֶה עוֹלָה וְטַעֲמָא שֶׁלֹּא הִתְנַדֵּב כְּדֶרֶךְ הַמִּתְנַדְּבִים כְּדִתְנַן בְּפֶ' הַמְּנָחוֹת וְהַנְּסָכִים (מְנָחוֹת דַּף קג.) הֲרֵי עָלַי מִנְחָה לְהָבִיא מִן הַשְּׂעוֹרִין כו' ר' שִׁמְעוֹן פּוֹטֵר שֶׁלֹּא הִתְנַדֵּב כְּדֶרֶךְ הַמִּתְנַדְּבִים וּבְהֶדְיָא תְּנָא בַּתּוֹסֶפְתָּא אַהַךְ דְּהָכָא ר' שִׁמְעוֹן מַכְשִׁיר שֶׁאֵין כַּיּוֹצֵא בָּזֶה מִתְנַדֵּב אָמַר ר' שִׁמְעוֹן וּמָה אִם אָמַר הֲרֵי עָלַי עוֹלָה לְשׁוֹחֲטָהּ בְּעֵבֶר הַיַּרְדֵּן שֶׁמָּא עוֹלָה הִיא:
Et Rabbi Chimon [le] valide — le Commentateur (Rachi) a expliqué [qu']il ne se soucie pas de l'apparence ; et le Ribba explique [qu']il n'y a pour Rabbi Chimon aucun rapport avec l'apparence, car [le cas] ressemble à [celui de] quelqu'un qui consacre afin d'abattre dehors, et Rabbi Chimon [est fidèle] à son raisonnement, lui qui explique au chapitre Harei Alay Issaron (Menahot 109a) : '[s']il a dit : sur moi un holocauste à condition de l'offrir dans la maison de Honyo (beit Honyo), qu'il l'offre dans la Maison du Temple ; Rabbi Chimon dit : ce n'est pas [là] un holocauste' ; et la raison [est] qu'il ne s'est pas porté volontaire à la manière de ceux qui se portent volontaires, comme nous avons appris au chapitre Ha-Menahot ve-ha-Nessakhim (Menahot 103a) : '[s']il a dit : sur moi une offrande de farine à apporter de l'orge, etc., Rabbi Chimon [l']exempte, car il ne s'est pas porté volontaire à la manière de ceux qui se portent volontaires'. Et explicitement on a enseigné dans la Tossefta, à propos de ce[t enseignement] de chez nous : 'Rabbi Chimon valide, car nul ne se porte volontaire de la sorte ; Rabbi Chimon a dit : et si [même] il a dit : sur moi un holocauste à l'abattre au-delà du Jourdain, [serait-ce] peut-être un holocauste ?' [— de même ici nul ne consacre ainsi].
💡 Explication

Nouvelle michna : celui qui abat des profanes en disant 'au nom de' [le-chem] un de ces sacrifices voit son abattage invalide, car un spectateur croirait qu'il consacre et abat un sacrifice hors du Temple (mareit ayin, l'apparence). Tous ces sacrifices ont en commun de pouvoir venir par vœu ou don. Rabbi Chimon valide : il ne craint pas l'apparence.

🖼️ Schéma
Abattre 'au nom d'un sacrifice' : invalide ou valide ? le critère : l'offrande peut-elle venir par vœu ou don volontaire (nidar ve-nidav) ? Vient par vœu / don -> INVALIDE le spectateur croit : 'il consacre et abat dehors' olah (holocauste) zevahim (chelamim, paix) acham talouy (délit douteux) pessa'h (agneau pascal) toda (action de grâces) + 'zeh ha-kelal' ajoute : olat nazir (R. Chimon, lui, valide : nul ne fait tel vœu ainsi) Obligation seule -> VALIDE nul ne peut le consacrer maintenant : pas de méprise hatat (expiatoire) acham vadai (délit certain) bekhor (premier-né) maasser (dîme du bétail) temoura (substitut) + 'zeh ha-kelal' ajoute : olat yoledet (réserves : 'lishma' explicite, ou s'il a déjà un zevah / une épouse)
Le critère de la michna : ce qui vient par vœu/don (gauche) invalide l'abattage par mareit ayin ; ce qui est purement obligatoire (droite) reste valide. R. Chimon valide partout.
9
שְׁנַיִם אוֹחֲזִין בְּסַכִּין וְשׁוֹחֲטִין, אֶחָד לְשׁוּם אֶחָד מִכָּל אֵלּוּ, וְאֶחָד לְשׁוּם דָּבָר כָּשֵׁר – שְׁחִיטָתוֹ פְּסוּלָה. הַשּׁוֹחֵט לְשֵׁם חַטָּאת, לְשֵׁם אָשָׁם וַדַּאי, לְשֵׁם בְּכוֹר, לְשֵׁם מַעֲשֵׂר, לְשֵׁם תְּמוּרָה – שְׁחִיטָתוֹ כְּשֵׁרָה.

[Si] deux [personnes] tiennent un couteau et abattent — l'une au nom de l'un de tous ceux-là [les sacrifices invalidants], et l'une au nom d'une chose valide [profane] — leur abattage [est] invalide. Celui qui abat au nom d'un [sacrifice] expiatoire (hatat), au nom d'un sacrifice de délit certain (acham vadai), au nom d'un premier-né (bekhor), au nom de la dîme [du bétail] (maasser), au nom d'un substitut (temoura) — son abattage [est] valide.

📜 Rachi (2)
אָשָׁם וַדַּאי אֲשַׁם גְּזֵילוֹת דְּהַייְנוּ נִשְׁבָּע לַשֶּׁקֶר לִכְפִירַת מָמוֹן אֲשַׁם מְעִילוֹת אֲשַׁם שִׁפְחָה חֲרוּפָה. וְעַל שֵׁם שֶׁאָשָׁם תָּלוּי בָּא עַל סְפֵיקוֹ קָרֵי לְהוּ לְהָנֵי אָשָׁם וַדַּאי:
Acham vadai (délit certain) — l'acham des vols (guezelot), c'est-à-dire [celui qui] a juré faussement pour [se] soustraire à une dette d'argent ; l'acham des détournements (meilot) [de biens consacrés] ; l'acham de la servante fiancée (chifha haroufa). Et parce que l'acham talouy vient sur son doute, on appelle ceux-ci 'acham vadai' [acham certain].
לְשֵׁם בְּכוֹר לְשֵׁם מַעֲשֵׂר מִידָּע יָדְעִי דְּשֶׁקֶר הוּא דִּבְכוֹר וּמַעֲשֵׂר מִידָּע יָדְעִי מִקַּמֵּי הָכִי דְּאִילּוּ הַהִיא שַׁעְתָּא לָאו בְּנֵי אַפְּרוּשֵׁי נִינְהוּ דְּנֵימָא הַשְׁתָּא קָמְקַדֵּישׁ לְהוּ:
Au nom d'un premier-né, au nom de la dîme — on sait que c'est faux, car le premier-né et la dîme, on les connaît d'avance [comme tels] ; or, à ce moment-là, ils ne sont pas [encore] objets à séparer (afrocha), pour que l'on dise 'maintenant il [les] consacre'.
💡 Explication

Deux mains sur un couteau, l'une visant un sacrifice invalidant et l'autre un but valide : l'abattage est invalide [l'intention disqualifiante l'emporte]. En revanche, abattre au nom d'une offrande purement obligatoire — hatat, acham vadai, bekhor, maasser, temoura — reste valide : ces offrandes ne viennent jamais par vœu ou don, donc nul ne croira à une consécration hors du Temple.

10
זֶה הַכְּלָל: כָּל דָּבָר שֶׁנִּידָּר וְנִידָּב – הַשּׁוֹחֵט לִשְׁמוֹ אָסוּר, וְשֶׁאֵינוֹ נִידָּר וְנִידָּב – הַשּׁוֹחֵט לִשְׁמוֹ כָּשֵׁר.

Voici la règle (zeh ha-kelal) : toute chose qui vient par vœu et par don (nidar ve-nidav) — celui qui abat en son nom [la bête est] interdite ; et ce qui ne vient ni par vœu ni par don — celui qui abat en son nom [la bête est] valide.

📜 Rachi (1)
זֶה הַכְּלָל בגמ' מְפָרֵשׁ לַאֲתוּיֵי מַאי דְּהָא חַשְׁבִינְהוּ לְכוּלְּהוּ:
Voici la règle — dans la Guemara [on] explique ce qu'[elle] vient inclure, puisqu'[elle] les a déjà tous comptés.
💡 Explication

Règle générale : nidar ve-nidav [vient par vœu ou don] -> abattage interdit (par crainte de l'apparence) ; offrande purement obligatoire -> abattage valide. La Guemara demandera ce que ce 'zeh ha-kelal' vient ajouter, puisque tous les cas semblent déjà énumérés.

11
גְּמָ׳ הַשּׁוֹחֵט לְשֵׁם עוֹלָה. אָשָׁם תָּלוּי בַּר נִידָּר וְנִידָּב הוּא? אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הָא מַנִּי? רַבִּי אֶלְעָזָר הִיא, דְּאָמַר: מִתְנַדֵּב אָדָם אָשָׁם תָּלוּי בְּכָל יוֹם.

Guemara. 'Celui qui abat au nom d'un holocauste... [au nom d'un acham talouy].' L'acham talouy est-il [un sacrifice qui vient] par vœu et par don ?

[interrogation étonnée — il ne vient que par obligation, sur un doute]. Rabbi Yo'hanan a dit : selon qui [est cette michna] ?

C'est Rabbi Elazar, qui dit : un homme fait don d'un acham talouy chaque jour.

📜 Rachi (2)
גמ' בַּר נִידָּר וְנִידָּב הוּא בִּתְמִיהַּ:
Guemara. Est-il [un sacrifice qui vient] par vœu et par don — [dit] avec étonnement.
בְּכָל יוֹם שֶׁבְּכָל יוֹם הוּא עוֹמֵד בִּסְפֵק חַטָּאת וְלִבּוֹ נוֹקְפוֹ שֶׁמָּא חָטָא וּמָצִינוּ שֶׁהִכְשִׁיר הַכָּתוּב אָשָׁם תָּלוּי לִיקָּרֵב וְלֵיאָכֵל הֵיכָא דְּהֻוחְזַק סָפֵק חֵטְא בְּעֵדִים וְהַאי נָמֵי אֲנַן סָהֲדֵי דְּכָל יוֹמָא בְּסָפֵק חֵטְא קָאֵי:
Chaque jour — car chaque jour il se tient dans le doute [d'avoir encouru] un [sacrifice] expiatoire, et son cœur le frappe [craignant] d'avoir peut-être péché ; et nous trouvons que l'Écriture a déclaré apte l'acham talouy à être offert et consommé là où un doute de faute a été établi par témoins ; et celui-ci aussi — nous [sommes] témoins que chaque jour il se tient dans un doute de faute.
⚖️ Rosh (1)
מַתְנִי' הַשּׁוֹחֵט לְשֵׁם עוֹלָה לְשֵׁם שְׁלָמִים לְשֵׁם אָשָׁם תָּלוּי לְשֵׁם פֶּסַח לְשֵׁם תּוֹדָה שְׁחִיטָתוֹ פְּסוּלָה. שְׁנַיִם אוֹחֲזִין בְּסַכִּין וְשׁוֹחֲטִין אֶחָד לְשֵׁם אֶחָד מִכָּל אֵלּוּ וְאֶחָד לְשֵׁם דָּבָר כָּשֵׁר שְׁחִיטָתוֹ פְּסוּלָה. הַשּׁוֹחֵט לְשֵׁם חַטָּאת לְשֵׁם אָשָׁם וַדַּאי לְשֵׁם בְּכוֹר לְשֵׁם מַעֲשֵׂר לְשֵׁם תְּמוּרָה שְׁחִיטָתוֹ כְּשֵׁירָה. זֶה הַכְּלָל דָּבָר הַנִּידָּר וְהַנִּידָּב הַשּׁוֹחֵט לִשְׁמוֹ פָּסוּל. וְשֶׁאֵינוֹ נִידָּר וְנִידָּב הַשּׁוֹחֵט לִשְׁמוֹ כָּשֵׁר:
Michna. Celui qui abat au nom d'un holocauste (olah), au nom de [sacrifices de] paix (chelamim), au nom d'un sacrifice de délit douteux (acham talouy), au nom d'un [agneau] pascal (pessa'h), au nom d'une action de grâces (toda) — son abattage (chehita) [est] invalide (passoul). [Si] deux [personnes] tiennent un couteau et abattent, l'une au nom de l'un de tous ceux-là, et l'une au nom d'une chose valide (kacher) — son abattage [est] invalide. Celui qui abat au nom d'un [sacrifice] expiatoire (hatat), au nom d'un sacrifice de délit certain (acham vadai), au nom d'un premier-né (bekhor), au nom de la dîme [du bétail] (maasser), au nom d'un substitut (temoura) — son abattage [est] valide (kacher). Voici la règle (zeh ha-kelal) : une chose qui vient par vœu et par don (nidar ve-nidav) — celui qui abat en son nom [la bête est] invalide ; et ce qui ne vient ni par vœu ni par don — celui qui abat en son nom [la bête est] valide.
💡 Explication

La Guemara s'étonne : l'acham talouy ne vient pas par vœu ni don, mais seulement sur un doute de faute — pourquoi figure-t-il parmi les sacrifices invalidants ? Réponse de Rabbi Yo'hanan : la michna suit Rabbi Elazar, pour qui l'on peut faire don d'un acham talouy chaque jour [par scrupule d'avoir peut-être péché] — il s'apparente donc à un don volontaire.

12
פֶּסַח בַּר נִידָּב וְנִידָּר הוּא? זִמְנָא קְבִיעָא לֵיהּ! אָמַר רַבִּי אוֹשַׁעְיָא: שָׁאנֵי פֶּסַח, הוֹאִיל וְהַפְרָשָׁתוֹ כָּל הַשָּׁנָה כֻּולָּהּ.

Le pessa'h est-il [un sacrifice qui vient] par vœu et par don ? Son temps lui [est] fixé !

[il ne s'offre que la veille de Pessa'h]. Rabbi Ochaaya a dit : le pessa'h [est] différent, puisqu'on peut le mettre à part toute l'année durant.

📜 Rachi (2)
זִימְנָא קְבִיעָא לֵיהּ בְּעֶרֶב הַפֶּסַח הִלְכָּךְ מִידָּע יָדְעִי דְּדִבְרֵי רוּחַ הֵן:
Son temps lui [est] fixé — la veille de Pessa'h ; aussi sait-on que ce sont paroles en l'air (divrei roua').
הוֹאִיל וְהַפְרָשָׁתוֹ כָּל הַשָּׁנָה כָּל יְמוֹת הַשָּׁנָה רָאוּי לְהַפְרִישׁוֹ וּלְהַנִּיחוֹ עַד זְמַנּוֹ הִלְכָּךְ הַשְׁתָּא נַמֵּי אָמְרִי הַשְׁתָּא מַפְרִישׁ לֵיהּ וְקָשְׁחִיט פֶּסַח בִּשְׁאָר יְמוֹת הַשָּׁנָה וקי"ל דִּשְׁלָמִים הוּא וְאָמְרִי קָשְׁחִיט שְׁלָמִים בַּחוּץ וְאָכִיל לְהוּ:
Puisqu'on peut le mettre à part toute l'année — [car] tous les jours de l'année, il est apte à être mis à part [et réservé] jusqu'à son temps ; aussi, maintenant aussi, [les spectateurs] disent : 'maintenant il [le] met à part, et il abat un pessa'h pendant le reste des jours de l'année' — or nous tenons [pour établi] qu'[un tel pessa'h hors-temps] est [un sacrifice de] paix (chelamim), et ils disent : 'il abat des chelamim dehors et les mange'.
💡 Explication

Même objection pour le pessa'h : son temps est fixé (la veille de Pessa'h), donc il ne vient ni par vœu ni par don — pourquoi invalide-t-il ? Réponse de Rabbi Ochaaya : on peut le désigner (afracha) à tout moment de l'année [en le réservant jusqu'à son temps] ; un spectateur peut donc croire qu'il consacre maintenant un futur pessa'h, qui devient chelamim hors temps — d'où la crainte d'apparence.

13
אָמַר רַבִּי יַנַּאי: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא תְּמִימִים, אֲבָל בַּעֲלֵי מוּמִין – מִידָּע יְדִיעַ. וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: אֲפִילּוּ בַּעֲלֵי מוּמִין נָמֵי, זִימְנִין דִּרְמֵי לֵיהּ מִידֵּי אַמּוּמָא וְלָא יְדִיעַ.

Rabbi Yannai a dit : on n'a enseigné [l'invalidité] que [pour des bêtes] sans défaut (temimim) ; mais [pour des bêtes] à défaut (baalei moumin) — on [le] sait [que c'est faux, et c'est valide]. Et Rabbi Yo'hanan a dit : même [pour des bêtes] à défaut aussi [c'est invalide], car parfois on a jeté quelque chose sur le défaut (moum) et [il] n'est pas [re]connu.

📜 Rachi (2)
מִידָּע יְדִיעַ דִּמְשַׁקֵּר וְלָא נָפֵיק חֻורְבָּה מִינֵּיהּ:
On [le] sait — qu'il ment, et nul dommage n'en sort.
דְּרָמֵי מִידִי אַמּוּמָא שֶׁיְּהֵא נִכְסֶה בְּצֶמֶר אוֹ בְּטִיט וְלָא חָזוּ לֵיהּ וְסָבְרִי תָּם הוּא:
On a jeté quelque chose sur le défaut — de sorte qu'il [soit] couvert de laine ou de boue, et [qu'on] ne le voie pas, et [que les spectateurs] pensent qu'[elle est] sans défaut (tam).
💡 Explication

Rabbi Yannai limite l'invalidité aux bêtes sans défaut (temimim, aptes au sacrifice) ; pour une bête à défaut (baal moum, inapte), chacun sait que la déclaration est vide — donc valide. Rabbi Yo'hanan étend l'invalidité même aux bêtes à défaut : il arrive qu'un corps étranger recouvre le défaut [laine, boue], de sorte que le spectateur la croit sans défaut.

14
הַשּׁוֹחֵט לְשֵׁם חַטָּאת, אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא שֶׁאֵינוֹ מְחֻוייָּב חַטָּאת, אֲבָל מְחֻוייָּב חַטָּאת – אֵימָא לְשׁוּם חַטָּאתוֹ הוּא עוֹשֶׂה. וְהָא לָא קָאָמַר ״לְשֵׁם חָטָאתִי״? אָמַר רַבִּי אָבָהוּ: בְּאוֹמֵר ״לְשֵׁם חָטָאתִי״.

'Celui qui abat au nom d'un [sacrifice] expiatoire (hatat)' [son abattage est valide]. Rabbi Yo'hanan a dit : on n'a enseigné [la validité] que [pour celui] qui n'est pas redevable d'un expiatoire ; mais [celui] qui est redevable d'un expiatoire — dis [que c'est invalide, car les spectateurs pourraient dire] : 'il [le] fait au nom de son [propre] expiatoire'.

Mais [objection :] n'a-t-il pas [seulement] dit 'au nom d'un expiatoire' [et] non 'au nom de mon expiatoire' ? Rabbi Abahou a dit : [c'est le cas] où il dit 'au nom de mon expiatoire'.

📜 Rachi (4)
לֹא שָׁנוּ אֶלָּא שֶׁאֵינוֹ מְחֻוייָּב חַטָּאת דְּלָא אָמְרִי אִינָשֵׁי הַשְׁתָּא מַפְרִישׁ לָהּ דְּהָא חַטָּאת לָאו בְּנֶדֶר וּבִנְדָבָה אָתֵי וְהָא לֹא חַשּׁוּ רַבָּנָן דִּלְמָא מַאן דְּחָזֵי סָבַר מְחֻוייָּב חַטָּאת הוּא דְּהַהוּא קָלָא אִית לֵיהּ דָּמֵי שֶׁבָּא לְיָדוֹ דְּבַר עֲבֵירָה בְּשׁוֹגֵג אֵינוֹ מְחַפֶּה עָלֶיהָ כְּדֵי שֶׁיִּתְבַּיֵּישׁ וּמִתְכַּפֵּר לוֹ:
On n'a enseigné [la validité] que [pour celui] qui n'est pas redevable d'un expiatoire — car les gens ne disent pas 'maintenant il [le] met à part', puisque l'expiatoire ne vient ni par vœu ni par don ; et les Sages n'ont pas craint, ici, que celui qui [le] voit pense 'il est redevable d'un expiatoire', car cela fait du bruit (kala), [puisque] celui à qui survient par mégarde une chose [comportant] transgression ne [la] dissimule pas, afin d'avoir honte et d'obtenir expiation.
אֲבָל מְחֻוייָּב חַטָּאת מַאן דְּחָזֵי סָבַר לְשֵׁם חַטָּאת הוּא מַפְרִישָׁהּ עַכְשָׁיו:
Mais [celui] qui est redevable d'un expiatoire — celui qui [le] voit pense : 'c'est au nom d'[un] expiatoire qu'il [le] met à part maintenant'.
וְהָא לָא קָאָמַר לְשֵׁם חַטָּאתִי דְּמַשְׁמַע שֶׁאֲנִי חַייָּב אֶלָּא לְשֵׁם חַטָּאת דְּמַשְׁמַע לְשׁוֹן נֶדֶר וּמֵידָע יְדִיעַ דְּאֵין בִּדְבָרָיו כְּלוּם דְּבִשְׁלָמָא דָּבָר הַנִּידָּר וְנִידָּב אִיכָּא לְמֵימַר הַשְׁתָּא מְקַבֵּל לָהּ עָלֶיהָ בִּשְׁעַת הַפְרָשָׁה וְלָא בָּעֵי לְמֵימַר לְשֵׁם עַוְלָתִי אֲבָל הָכָא כָּל כַּמָּה דְּלָא אָמַר לְשֵׁם חָטָאתִי לֹא מַשְׁמַע לְשֵׁם אוֹתָהּ שֶׁאֲנִי מְחֻוייָּב:
Mais n'a-t-il pas dit 'au nom de mon expiatoire' — [le fait de dire 'au nom d'un expiatoire'] implique 'celui dont je suis redevable' [seulement] ; mais [s'il dit] 'au nom d'un expiatoire' [sans 'mon'], [cela] implique un terme de vœu, et l'on sait qu'il n'y a rien dans ses paroles. Car, soit : pour une chose qui vient par vœu et par don, il y a lieu de dire 'maintenant il l'accepte sur lui au moment de la séparation', et il n'a pas besoin de dire 'au nom de mon holocauste' ; mais ici, tant qu'il n'a pas dit 'au nom de mon expiatoire', cela n'implique pas 'au nom de celui dont je suis redevable'.
בְּאוֹמֵר לְשֵׁם חָטָאתִי וְהֵיכָא דְּאֵינוֹ מְחֻוייָּב חַטָּאת אַפֵּי' [אָמַר] לְשֵׁם חָטָאתִי מִידָּע יָדְעִי דִּמְשַׁקֵּר:
[C'est le cas] où il dit 'au nom de mon expiatoire' — et là où il n'est pas redevable d'un expiatoire, même [s']il a dit 'au nom de mon expiatoire', on sait qu'il ment.
🗂️ Tossefot (1)
וְהָא לֹא אָמַר לְשֵׁם חָטָאתִי אִם לֹא אָמַר לְשֵׁם חַטָּאת וְאַפֵּי' אִם אָמַר הֲרֵי זוֹ חָטָאתִי לֹא אָמַר כְּלוּם כִּדְאָמְרִינַן בפ"ק דִּנְדָרִים (דַּף ו.):
Mais n'a-t-il pas dit 'au nom de mon expiatoire' — [même] s'il n'a pas dit 'au nom d'un expiatoire', et même s'il a dit 'celui-ci [est] mon expiatoire', il n'a rien dit [d'effectif], comme nous [le] disons au premier chapitre de Nedarim (6a).
💡 Explication

Sur le hatat valide : Rabbi Yo'hanan distingue. Si l'abatteur n'est pas redevable d'un expiatoire, valide [nul ne croit à une consécration]. Mais s'il est redevable, on craindrait qu'il abatte 'au nom de son expiatoire'. Objection : il n'a dit que 'au nom d'un expiatoire', non 'mon expiatoire' ! Réponse de Rabbi Abahou : il s'agit précisément du cas où il dit 'au nom de mon expiatoire'.

15
לְשֵׁם תְּמוּרָה, אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא שֶׁאֵין לוֹ זֶבַח בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ, אֲבָל יֵשׁ לוֹ זֶבַח בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ – אֵימָא אֲמוֹרֵי אֲמַיר בֵּיהּ. וְהָא לָא קָאָמַר ״לְשֵׁם תְּמוּרַת זִבְחִי״? אָמַר רַבִּי אָבָהוּ: בְּאוֹמֵר ״לְשֵׁם תְּמוּרַת זִבְחִי״.

'Au nom d'un substitut (temoura)' [son abattage est valide]. Rabbi Elazar a dit : on n'a enseigné [la validité] que [pour celui] qui n'a pas de sacrifice (zevah) dans sa maison ; mais [celui] qui a un sacrifice dans sa maison — dis [que c'est invalide, car on dira] : 'il a opéré une substitution sur lui'.

Mais [objection :] n'a-t-il pas [seulement] dit 'au nom d'un substitut' [et] non 'au nom du substitut de mon sacrifice' ? Rabbi Abahou a dit : [c'est le cas] où il dit 'au nom du substitut de mon sacrifice'.

📜 Rachi (4)
שֶׁאֵין לוֹ זֶבַח דְּלֵיכָּא לְמֵימַר הַשְׁתָּא עֲבִיד לָהּ תְּמוּרָה דִּבְמַאי מֵימָר לָהּ דְּהָא לֵיכָּא לְמִיגְזַר מַאן דְּחָזֵי סָבַר יֵשׁ לוֹ זֶבַח אַחֵר דְּהַהוּא קָלָא אִית לֵיהּ:
[Celui] qui n'a pas de sacrifice — car il n'y a pas lieu de dire 'maintenant il en fait un substitut', puisque par quoi le rendrait-il substitut [s'il n'a rien] ? et il n'y a [donc] rien à décréter ; celui qui [le] voit pense 'il a un autre sacrifice', et cela fait du bruit (kala).
אֵימַר אֱמוֹרִי אָמִיר בֵּיהּ וּמַאן דְּחָזֵי סָבַר הַשְׁתָּא מֵימָר לָהּ בְּהַךְ אֲמִירָה דְּבִשְׁעַת שְׁחִיטָה ואע"ג דְּלָא מוֹקֵי לָהּ בַּהֲדֵי זֶבַח חָייֵל עֲלָהּ שֵׁם תְּמוּרָה דִּתְנַן בִּתְמוּרָה (דַּף כז.) תַּחַת חַטָּאת תַּחַת עוֹלָה שֶׁיֵּשׁ לִי בַּבַּיִת הָיָה לוֹ דְּבָרָיו קַיָּימִין:
Dis : 'il a opéré une substitution sur lui' (amorei amir beh) — et celui qui [le] voit pense : 'maintenant il [le] rend substitut par cette déclaration faite au moment de l'abattage' ; et bien qu'il ne [le] mette pas en rapport avec [tel] sacrifice [précis], le nom de 'substitut' tombe sur lui [prend effet], car nous avons appris dans [le traité] Temoura (27a) : '[s'il dit] : à la place d'[un] expiatoire, à la place d'[un] holocauste que j'ai à la maison' — [s']il avait [un tel sacrifice], ses paroles sont valables.
וְהָא לָא קָאָמַר לְשֵׁם תְּמוּרַת זִבְחִי דְּלֶהֱוֵי מַשְׁמַע שֶׁיְּמִירֶנָּה בּוֹ אֶלָּא לְשֵׁם תְּמוּרָה דְּמַשְׁמַע דִּבְשֶׁמָּא בְּעָלְמָא בָּעֵי לְשַׁוּוֹיֵי תְּמוּרָה וְאִיהוּ לֵיתָא אֶלָּא הֵיכָא דְּמֵימֵר לָהּ בְּזֶבַח דִּתְנַן בִּתְמוּרָה (שָׁם) תַּחַת חַטָּאת תַּחַת עוֹלָה לֹא אָמַר כְּלוּם:
Mais n'a-t-il pas dit 'au nom du substitut de mon sacrifice' — [de sorte] que cela impliquerait qu'il le rende substitut par lui [un sacrifice précis] ; mais [s'il dit seulement] 'au nom d'un substitut', cela implique qu'il veut le rendre substitut par un simple nom [vide], et cela n'est rien (leita), si ce n'est là où il le rend substitut [en l'attachant] à un sacrifice — comme nous avons appris dans Temoura (là-même) : '[s'il dit] : à la place d'[un] expiatoire, à la place d'[un] holocauste' [sans plus], il n'a rien dit.
לְשֵׁם תְּמוּרַת זִבְחֵי וְאַשְׁמוֹעִינַן מַתְנֵי' דְּהֵיכָא דְּאֵין לוֹ זֶבַח כְּשֵׁרָה וְלָא חָייְשִׁינַן דִּלְמָא מַאן דְּחָזֵי סָבַר דְּאִית לֵיהּ מ"ט דְּאִי הֲוָה לֵיהּ מִידָּע הֲווּ יָדְעִי:
'Au nom du substitut de mon sacrifice' — et la michna nous enseigne que là où il n'a pas de sacrifice [c'est] valide, et nous ne craignons pas que celui qui [le] voit pense qu'il en a [un] ; quelle [en est] la raison ? car, s'il en avait [un], on [le] saurait.
💡 Explication

Sur la temoura (substitut) valide : Rabbi Elazar distingue selon qu'il possède ou non un sacrifice chez lui. S'il n'en a pas, valide [on ne peut substituer à rien]. S'il en a, on craindrait une vraie substitution [qui prend effet même sans désigner le sacrifice précis]. Objection 'au nom d'un substitut' n'est pas 'le substitut de mon sacrifice' ! Réponse de Rabbi Abahou : le cas est bien 'au nom du substitut de mon sacrifice'.

16
״זֶה הַכְּלָל״ לַאֲתוּיֵי מַאי? לַאֲתוּיֵי עוֹלַת נָזִיר, דְּמַהוּ דְּתֵימָא: הָא לֹא נָדַר, אֵימַר נָדַר בְּצִינְעָא.

'Voici la règle' — qu'[entend-il] inclure ? Inclure l'holocauste du nazir (olat nazir) : car [autrement] tu pourrais dire 'celui-ci n'a pas fait de vœu [de nazireat, donc nulle crainte]' — [contre cela la michna t'apprend :] dis [plutôt] : 'il a peut-être fait un vœu en privé (be-tzina)'.

📜 Rachi (2)
עוֹלַת נָזִיר דְּאִי אָמַר הֲרֵינִי שׁוֹחֵט לְשֵׁם עוֹלַת נָזִיר פְּסוּלָה דְּמַאן דַּחֲזֵי סָבַר נֶדֶר הוּא וְהַשְׁתָּא קָמְפָרֵישׁ וְשֶׁחַיָּט לָהּ. ואע"ג דְּנָזִיר נִידָּר וְנִידָּב הוּא דע"י נֶדֶר הוּא בָּא אִי לָא הֲוָה תָּנֵי זֶה הַכְּלָל לַאֲתוּיֵי לָא שָׁמְעִינַן לֵיהּ מֵעוֹלָה דְּרֵישָׁא:
L'holocauste du nazir (olat nazir) — car s'il dit 'me voici abattant au nom de l'holocauste du nazir', [c'est] invalide, car celui qui [le] voit pense : 'c'est un vœu, et maintenant il [le] met à part et l'abat'. Et bien que le nazir vienne par vœu et par don — car c'est par vœu qu'il vient — si [la michna] n'avait pas enseigné 'voici la règle, pour inclure', nous ne l'aurions pas appris de l'holocauste du début [de la michna].
דְּמַהוּ דְּתֵימָא לֵיכָּא לְמֵיחַשׁ לְחֻורְבָּה דְּמִידָּע יָדְעִי דְּהָא לֹא נָדַר:
Car [autrement] tu pourrais dire — il n'y a pas lieu de craindre un dommage, car on sait qu'il n'a pas fait de vœu.
🗂️ Tossefot (1)
אֵימַר נָדַר בְּצִינְעָא וּלְעֵיל דְּלָא חָייְשִׁינַן שֶׁמָּא יֵשׁ לוֹ זֶבַח בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ בְּצִינְעָא דְּאִית לֵיהּ קָלָא שֶׁרָגִיל לְהוֹדִיעַ שֶׁלֹּא יָבוֹאוּ לִידֵי מְעִילָה:
Dis : 'il a peut-être fait un vœu en privé' — et plus haut [où] nous ne craignons pas qu'il ait peut-être un sacrifice dans sa maison en privé, [c'est] parce que cela fait du bruit (kala), [car] il a coutume de [le] faire savoir afin qu'on n'en vienne pas à un détournement (meila).
💡 Explication

La Guemara explicite le 'zeh ha-kelal' (côté invalide) : il ajoute l'holocauste du nazir (olat nazir). On aurait pu croire : nul ne sait s'il a fait vœu de nazireat, donc nulle crainte. La michna l'inclut néanmoins : on dira qu'il a peut-être fait son vœu en privé (be-tzina) — d'où crainte d'apparence et invalidité.

17
וְשֶׁאֵינוֹ נִידָּר וְנִידָּב, לַאֲתוּיֵי עוֹלַת יוֹלֶדֶת.

'Et ce qui ne vient ni par vœu ni par don' — [vient] inclure l'holocauste de l'accouchée (olat yoledet).

📜 Rachi (2)
קָא מַשְׁמָע לַן דְּמֵימָר אָמְרִי דִּלְמָא נָדַר בְּצִינְעָא זֶה שְׁלֹשִׁים יוֹם שֶׁהוּא סְתָם נְזִירוּת וּבִשְׁלֹשִׁים יוֹם לָא מִינַּכְרָא מִילְּתֵיהּ לִשְׁכֵנָיו:
Il nous [l']enseigne — car [les spectateurs] disent : 'il a peut-être fait un vœu en privé', [à savoir] ces trente jours qui [sont] le nazireat ordinaire (setam nezirout), et en trente jours la chose n'est pas [forcément] connue de ses voisins.
לַאֲתוּיֵי עוֹלַת יוֹלֶדֶת שֶׁאִם אָמַר לְשֵׁם עוֹלַת יוֹלֶדֶת בְּפֵירוּשׁ כְּשֵׁרָה דְּמִידָּע יָדְעִי דְּהַשְׁתָּא לֹא נָדַר לָהּ וּכְדִמְפָרֵשׁ בְּשֶׁאֵין לוֹ אִשָּׁה:
Inclure l'holocauste de l'accouchée (olat yoledet) — car s'il a dit 'au nom de l'holocauste de l'accouchée' explicitement, [c'est] valide, puisque l'on sait que maintenant il n'a pas fait de vœu à son sujet ; et comme [la Guemara] [l']explique, [c'est] [dans le cas] où il n'a pas d'épouse.
⚖️ Rosh (1)
גְּמָ' מְפָרֵשׁ בגמ' דָּבָר שֶׁנִּידָּר וְנִידָּב לַאֲתוּיֵי עוֹלַת נָזִיר. וְשֶׁאֵינוֹ נִידָּר וְנִידָּב לְאֵתוֹיֵי עוֹלַת יוֹלֶדֶת אֲפִילּוּ יֵשׁ לוֹ אִשָּׁה דְּאִם אִיתָא דְּיָלְדָה אוֹ אֲפֵלָה קָלָא אִית לֵיהּ: הַדְרָן עֲלָךְ הַשּׁוֹחֵט אֶחָד בָּעוֹף
Guemara. [On] explique dans la Guemara : 'une chose qui vient par vœu et par don' — [c'est] pour inclure l'holocauste du nazir (olat nazir). Et 'ce qui ne vient ni par vœu ni par don' — [c'est] pour inclure l'holocauste de l'accouchée (olat yoledet), même s'il a une épouse ; car s'il était vrai qu'elle a accouché ou fait une fausse couche (afela), cela fait du bruit (kala) [se saurait]. Hadran alakh 'Ha-choche'et' [nous reviendrons vers toi, chapitre 'Celui qui abat'].
💡 Explication

L'autre versant du 'zeh ha-kelal' (côté valide) : il ajoute l'holocauste de l'accouchée (olat yoledet). Abattre 'au nom de l'holocauste de l'accouchée' est valide, car cette offrande est une obligation [liée à un accouchement], non un don volontaire — on sait que la déclaration est vide.

18
אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא שֶׁאֵין לוֹ אִשָּׁה, אֲבָל יֵשׁ לוֹ אִשָּׁה – אֵימַר לִשְׁמָהּ הוּא עוֹשֶׂה. וְהָא לָא קָאָמַר ״לְשֵׁם עוֹלַת אִשְׁתִּי״? אָמַר רַבִּי אָבָהוּ: בְּאוֹמֵר ״לְשֵׁם עוֹלַת אִשְׁתִּי״.

Rabbi Elazar a dit : on n'a enseigné [la validité] que [pour celui] qui n'a pas d'épouse ; mais [celui] qui a une épouse — dis [que c'est invalide, car on dira] : 'c'est en son nom (le-chmah) qu'il [le] fait'. Mais [objection :] n'a-t-il pas [seulement] dit 'au nom de l'holocauste de l'accouchée' [et] non 'au nom de l'holocauste de mon épouse' ?

Rabbi Abahou a dit : [c'est le cas] où il dit 'au nom de l'holocauste de mon épouse'.

🗂️ Tossefot (1)
לֹא שָׁנוּ אֶלָּא שֶׁאֵין לוֹ אִשָּׁה מַה שֶּׁהִקְשָׁה בַּקּוּנְטְרֵס אִי שֶׁאֵין לוֹ אִשָּׁה לָמָּה לוֹ לְמַתַּנְייָה זֶה הַכְּלָל פְּשִׁיטָא לְמַאי נָחוּשׁ לָהּ יֵשׁ לוֹמַר אֵין לוֹ אִשָּׁה הַייְנוּ שֶׁאֵין אָנוּ יוֹדְעִין אִם יֵשׁ לוֹ אִשָּׁה אִם לָאו וְכֵן אֵין לוֹ זֶבַח דִּלְעֵיל אֲבָל בְּיָדוּעַ דְּאֵין לוֹ לָא אִיצְטְרִיךְ:
On n'a enseigné [la validité] que [pour celui] qui n'a pas d'épouse — ce qu'a objecté le Commentateur (Rachi) : 's'il n'a pas d'épouse, pourquoi [la michna] a-t-elle besoin d'enseigner 'voici la règle' ? c'est évident, qu'aurions-nous à craindre !' — on peut dire : 'il n'a pas d'épouse' signifie que nous ne savons pas s'il a une épouse ou non ; et de même 'il n'a pas de sacrifice' [plus haut]. Mais s'il est connu qu'il n'[en] a pas, [la règle] n'était pas nécessaire.
💡 Explication

Sur l'olat yoledet valide : Rabbi Elazar distingue selon qu'il a ou non une épouse. S'il n'en a pas, valide. S'il en a [qui a accouché], on craindrait qu'il abatte en son nom à elle [le-chmah]. Objection : il n'a dit que 'l'holocauste de l'accouchée', non 'de mon épouse' ! Réponse de Rabbi Abahou : le cas visé est bien 'au nom de l'holocauste de mon épouse'.

19
פְּשִׁיטָא?

C'est évident (pechita) ? [pourquoi énoncer que, s'il a dit explicitement 'au nom de l'holocauste de mon épouse', c'est invalide ?].

💡 Explication

La Guemara objecte : c'est évident (pechita) ! Si l'abatteur a déclaré explicitement 'au nom de l'holocauste de mon épouse [qui a accouché]', il va de soi que l'abattage est invalide — quel besoin de l'énoncer ? [La discussion se poursuit au daf suivant.]

✉ Signaler une erreur de traduction

Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).