Chullin 43a — les huit catégories de tereifa du Sinaï (Oula), les huit perforations, et les deux tuniques de l'oesophage

Chullin 43a

Sougya : La sougya clôt le décompte des dix-huit tereifot puis ouvre la grande classification d'Oula : huit catégories de tereifa furent transmises à Moche au Sinaï — perforée (nekouva), tranchée (pessouka), prélevée (netoula), manquante (hassora), déchirée (keroua), griffée (derousa), tombée (nefoula), brisée (chevoura) — toute tereifa de la michna se rangeant dans l'une d'elles, à l'exclusion de la lésion (lekouta) du rein de Rakhich bar Papa. Hiya bar Rava dénombre huit perforations ; si l'on objecte neuf (avec la vésicule biliaire, mara), c'est l'avis isolé de Rabbi Yossi bar Rabbi Yehouda, que Rabbi Yo'hanan tranche pourtant comme halakha.

Suit la chaîne de Rabbi Yitzhak bar Rabbi Yossef au nom de Rabbi Yo'hanan (mnémotechnique : halakhot, haver, kazayit, mara, korkevan) : la réplique des collègues à partir de Job ('il déverse ma bile à terre'), écartée par 'on n'invoque pas un miracle' ; la halakha du kazayit pour le foie ; la difficulté de la michna anonyme ; la vésicule percée que le foie obture ; le gésier percé dont la poche tient. Enfin les questions sur les percées non vis-à-vis, et Rava sur les deux tuniques de l'oesophage (externe rouge, interne blanche), examinable seulement de l'intérieur.

Les huit catégories de tereifa transmises à Moche au Sinaï (Oula) toute tereifa de la michna se range dans l'une de ces huit ; en exclusion : la lésion (lekouta) de Rakhich bar Papa Nekouva perforée Pessouka tranchée (moelle) Netoula prélevée (foie ôté) Hassora manquante (membre) Keroua déchirée (chair) Derousa griffée (fauve) Nefoula tombée (du toit) Chevoura brisée (os) Rangements de Rachi : peau ôtée (gleouda) -> netoula ; pattes coupées -> hassora ; déboîtement -> netoula ; simanim disloqués, côte arrachée, crâne enfoncé -> chevoura ; chair couvrante déchirée -> keroua Exclu de la liste : la lésion (lekouta) du rein selon Rakhich bar Papa Oula la rejette ; un rein perforé (nekouva) reste cachere — c'est la lésion seule qui rendrait tereifa
Les huit catégories de tereifa du Sinaï selon Oula (segment 1) et les rangements de Rachi ; en exclusion, la lésion du rein de Rakhich bar Papa.
Les huit perforations (nekouva) selon Hiya bar Rava si l'on dit neuf (avec la vésicule biliaire), c'est l'avis isolé de Rabbi Yossi bar Rabbi Yehouda veshet oesophage kerom membrane du cerveau lev cœur réa poumon keva caillette dakin intestins grêles keres ha-penimi panse interne hemses + bet ha-kossot feuillet et bonnet = un seul 9e cas possible : mara (vésicule biliaire) braita : caillette ou intestins perforés -> tereifa ; Rabbi Yossi bar Rabbi Yehouda ajoute : même la vésicule Hiya ne compte que huit (la vésicule est un avis isolé) ; Rabbi Yo'hanan tranche comme R. Yossi (segment 4)
Les huit perforations de Hiya bar Rava (segment 2) ; le neuvième cas (vésicule biliaire) est l'avis isolé de Rabbi Yossi bar Rabbi Yehouda.
Les deux tuniques de l'oesophage (veshet) — Rava tunique externe : ROUGE tunique interne BLANCHE une seule percée (l'une sans l'autre) -> CACHERE si inverties (externe blanche, interne rouge) -> tereifa examen seulement de l'INTÉRIEUR (le rouge masque le sang) Rabba : une croûte formée par une plaie n'est pas une vraie membrane (elle ne tient pas)
Les deux tuniques de l'oesophage selon Rava (segment 10) : externe rouge, interne blanche ; une seule percée est cachere, l'inversion est tereifa.
1
אֶלָּא הָנָךְ תַּרְתֵּי דְּאַפֵּקְתְּ, לָא תַּפֵּיק.

Plutôt, ces deux [cas] que tu as retirés, ne [les] retire pas.

📜 Rachi (2)
אֶלָּא הָנָךְ דְּאַפַּקְתְּ בְּהֵמָה שֶׁנֶּחְתְּכוּ רַגְלֶיהָ וְהַגְּלוּדָה:
Plutôt, ceux que tu as retirés — la bête dont les pattes ont été coupées et la [bête] dépouillée (gleouda).
לָא תִּיפּוֹק כִּדְרַבָּנָן סְבִירָא לֵיהּ לְתַנָּא דְּבֵי ר' יִשְׁמָעֵאל וַחֲשִׁיב נְקוּבֵי וְהַךְ דְּרַב עֲוִירָא בְּחַד וּתְרֵין פְּסוּקֵי בְּחַד וּמַשְׁכַּחַת לְהוּ שַׁפִּיר וְכָל הָנָךְ טְרֵפוֹת דְּמָנֵינַן לְקַמָּן (חֻולִּין דַּף מז.) בְּרִיאָה כְּגוֹן חֲלֵיף דְּאֻונֵּי וְדָמְיָא לְבִשְׂרָא וּלְבֵיעֲתָא וְאָטוּם בְּרִיאָה כֻּולְּהוּ בִּכְלַל רֵיאָה שֶׁנִּיקְּבָה אוֹ שֶׁחֲסֵרָה נִינְהוּ. חֲלֵיף הַייְנוּ חֲסֵרָה מִמָּקוֹם שֶׁהִיא רְאוּיָה לִהְיוֹת שָׁם וְהָנָךְ חֲזוּתָא לָקוּתָא נִינְהוּ וְכָל לָקוּתָא סוֹפָהּ לִינָּקֵב וְהָוְיָא לָהּ נְקוּבָה וַחֲלֵיף דִּשְׁנֵי קְרוּמִים דְּווֵשֶׁט שְׁנֵיהֶם נְטוּלִים מִמָּקוֹם שֶׁהֵן רְאוּיִין לִהְיוֹת וְאֵין לְךָ נְקוּבָה גְּדוֹלָה מִזּוֹ:
Ne [les] retire pas — le Tana de l'école de Rabbi Yichmael tient comme les Sages, et il compte les [cas de] perforation et celui de Rav Avira en un [seul], et les deux [cas de] section (psoukei) en un [seul], et tu les retrouves [tous] convenablement ; et toutes ces tereifot que nous dénombrons plus loin (Houlin 47a) à propos du poumon — comme l'inversion des lobes (haliph de-ouni), et [le poumon] qui ressemble à de la chair (bisra) ou à un œuf (beata), et le poumon obstrué (atoum) — toutes [sont] comprises dans [la catégorie] poumon perforé ou manquant. 'Haliph' [= inversion], c'est-à-dire manquant à l'endroit où il devrait se trouver ; et ces [cas d']aspect [anormal] sont des lésions (lekouta), et toute lésion finit par se perforer et devient [donc] perforée ; et l'inversion des deux membranes de l'oesophage — les deux [étant] prises à l'endroit où elles devraient se trouver — et tu n'as pas de perforation plus grande que celle-là.
🗂️ Tossefot (1)
הָנָךְ דְּאַפַּקְתְּ לָא תִּיפּוֹק וא"ת לְמָאֵן דְּלֵית לֵיהּ לְקַמָּן (חֻולִּין דַּף נד.) הַהִיא דְּרַב מַתְנָא דְּבוּקָא דְּאַטְמָא מַאי נִינְהוּ י"ח טְרֵפוֹת וי"ל דִּבְאִיעַכּוּל נִיבֵי הָוֵי טְרֵפָה לְכֻולֵּי עָלְמָא וְאִם תֹּאמַר לְעֻולָּא דְּאָמַר בְּסָמוּךְ ח' מִינֵי טְרֵפוֹת יֵשׁ וְלֵית לֵיהּ דְּרָכִישׁ בַּר פָּפָּא מַאי נִיהוּ י"ח טְרֵפוֹת וי"ל דְּנִיטַּל צֹומֶת הַגִּידִין חֲשִׁיב חֲדָא וְלֵרָכֵישׁ הָוְיָא בִּכְלַל נֶחְתְּכוּ רַגְלֶיהָ וְעוֹד קָשֶׁה לָמֶ"ד נִקְרַע רֹוב חִיצוֹנָה זֶהוּ בָּשָׂר הַחוֹפֶה אֶת רֹוב הַכָּרֵס חָסֵר לְהוּ חֲדָא דְּהָכָא חֲשִׁיב לְהוּ בָּתַרְתִּי לָכֵן נִרְאֶה דְּעֻולָּא וְהַהִיא דִּלְקַמָּן סָבְרִי כְּמַתְנִי' וּכְרַבִּי יוֹחָנָן דְּאָמַר אֵלּוּ טְרֵפוֹת דַּווְקָא וַאֲתָא אֵלּוּ לִמְעוּטֵי דְּרַב מַתְנָא אע"ג דְּדָמְיָא לִנְטוּלָה בְּמָתְנֵי' וכ"ש דְּרָכִישׁ דְּלָא דָּמְיָא כְּלָל לְהָנָךְ דְּמַתְנִי' וְלֵית לֵיהּ י"ח טְרֵפוֹת נֶאֶמְרוּ לְמֹשֶׁה מִסִּינַי וּמָצֵי לְמֵימַר נָמֵי דְּלֵית לֵיהּ בָּשָׂר הַחוֹפֶה בָּתַרְתִּי וְאִם תֹּאמַר וְכִי הֵיכִי דַּחֲשִׁיב תְּרֵי פְּסוּקֵי כַּחֲדָא א"כ רֵיאָה שֶׁחֲסֵרָה וְחֶסְרוֹן דְּשִׁדְרָה נַחְשֹׁוב נָמֵי כְּחַד וְי"ל לְפִי דְּאֵין שִׁיעוּרָן שָׁוֶה דְּחִסָּרוֹן דְּרֵיאָה בְּכָל שֶׁהוּא וְחֶסְרוֹן דְּשִׁדְרָה פְּלוּגְתָּא ב"ש וב"ה אִי נָמֵי לְפִי שֶׁזֶּה בַּבָּשָׂר וְזֶה בְּעֶצֶם וְאִם תֹּאמַר נִקְרַע רֹוב הַחִיצוֹנָה וּבָשָׂר הַחוֹפֶה אֶת רֹוב הַכָּרֵס נָמֵי נַחְשֹׁוב כְּחַד וי"ל דְּרוֹב הַחִיצוֹנָה הוּא רֹוב הַכָּרֵס וּבָשָׂר הַחוֹפֶה אֶת רֹוב הַכָּרֵס אֵינוֹ רֹוב בָּשָׂר אֶלָּא רֹוב מִמַּה שֶׁכְּנֶגֶד רֹוב הַכָּרֵס וא"ת וְאַמַּאי לָא חֲשִׁיב חֶסְרוֹן הַגַּרְגֶּרֶת דְּהָוֵי בִּכְאִיסָּר וי"ל דְּטַעֲמָא דְּחִסָּרוֹן מִשּׁוּם דְּסוֹפָהּ לִיפָּסֵק דְּהָוֵי כְּרוֹב:
Ceux que tu as retirés, ne [les] retire pas — et si tu objectes : pour celui qui ne retient pas, plus loin (Houlin 54a), cet [enseignement] de Rav Matna sur la luxation de la hanche (bouka de-atma), quels sont [ses] dix-huit tereifot ? On peut répondre [que] par la corrosion des nerfs (ikoul nivei) [la bête] est tereifa pour tous. Et si tu objectes : pour Oula, qui dit plus bas [qu']il y a huit sortes de tereifot et qui ne retient pas [l'avis de] Rakhich bar Papa, quels sont [ses] dix-huit tereifot ? On peut répondre [que] le [cas du] retrait de la jonction des tendons (tsomet ha-guidin) compte pour un, et pour Rakhich il est compris dans [le cas de] la bête dont les pattes ont été coupées. Et il y a encore une difficulté pour celui qui dit [que] 'la déchirure de la majeure partie de [la membrane] externe' [et] 'la chair qui couvre la majeure partie de la panse' [sont] une [même chose] — il leur manque [alors] un [cas], car ici on les compte pour deux ; c'est pourquoi il paraît [préférable de dire] qu'Oula et cet [enseignement] de plus bas tiennent comme notre michna et comme Rabbi Yo'hanan qui dit 'ces tereifot-[là] exclusivement', et le mot 'ces' vient exclure [le cas] de Rav Matna, bien qu'il ressemble à [un cas de bête] prélevée dans la michna, et à plus forte raison [le cas] de Rakhich qui ne ressemble en rien à ceux de la michna ; et il ne tient pas [que] dix-huit tereifot furent dites à Moche au Sinaï, et il peut aussi soutenir qu'il ne tient pas [que] 'la chair couvrante' [compte] pour deux. Et si tu objectes : de même qu'on compte les deux [cas de] section pour un, ainsi 'le poumon manquant' et le manque de la colonne vertébrale (chidra), comptons-les aussi pour un ! On peut répondre [que] leur mesure n'est pas égale, car le manque du poumon [est] de la moindre quantité, et le manque de la colonne [fait l'objet d'une] divergence entre Beit Chammai et Beit Hillel ; ou bien parce que l'un [est] dans la chair et l'autre dans l'os. Et si tu objectes : 'la déchirure de la majeure partie de [la membrane] externe' et 'la chair qui couvre la majeure partie de la panse', comptons-les aussi pour un ! On peut répondre [que] la majeure partie de [la membrane] externe, c'est la majeure partie de la panse, tandis que 'la chair qui couvre la majeure partie de la panse' n'[est] pas la majeure partie de la chair, mais [seulement] la majeure partie de ce qui fait face à la majeure partie de la panse. Et si tu objectes : pourquoi ne compte-t-on pas [aussi] le manque de la trachée (gargueret), qui [est invalidant] dès [la mesure d']un issar ? On peut répondre [que] la raison du manque [est] qu'elle finira par se rompre, ce qui [revient à] la majeure partie.
💡 Explication

Conclusion du décompte des dix-huit tereifot (suite de 42b). Pour maintenir le total de dix-huit, il ne faut pas retirer les deux cas précédemment écartés — la bête dont les pattes ont été coupées et celle dont la peau a été ôtée (gleouda) ; on les laisse dans la liste pour préserver le compte.

2
אָמַר עֻולָּא: שְׁמֹנָה מִינֵי טְרֵפוֹת נֶאֶמְרוּ לוֹ לְמֹשֶׁה בְּסִינַי – נְקוּבָה, וּפְסוּקָה, נְטוּלָה, וַחֲסוּרָה, קְרוּעָה, וּדְרוּסָה, נְפוּלָה, וּשְׁבוּרָה. לְאַפּוֹקֵי לָקוּתָא דְּרָכִישׁ בַּר פָּפָּא.

Oula a dit : huit sortes de tereifot furent dites à [Moche] au Sinaï — perforée (nekouva), tranchée (pessouka), prélevée (netoula), manquante (hassora), déchirée (keroua), griffée (derousa), tombée (nefoula), [et] brisée (chevoura) — à l'exclusion de la lésion (lekouta) de Rakhich bar Papa.

📜 Rachi (3)
נְטוּלָה נִיטְּלָה הַכָּבֵד:
Prélevée (netoula) — [par exemple] le foie a été ôté.
נְפוּלָה נָפְלָה מִן הַגַּג. וּגְלוּדָה בִּכְלַל נְטוּלָה שֶׁנִּיטַּל עוֹרָהּ. וְנֶחְתְּכוּ רַגְלֶיהָ בִּכְלַל חִסּוּרָהּ. וְשָׁף מִדֻּוכְתֵּיהּ בִּכְלַל נְטוּלָה. וְכֵן נִדַּלְדְּלוּ סִימָנִים וַעֲקִירַת צֶלַע וַחֲבִיסַתְּ גֻּולְגֹּולֶת בִּכְלַל שְׁבוּרָה. וּבָשָׂר הַחוֹפֶה הַיְינוּ קְרוּעָה:
Tombée (nefoula) — elle est tombée du toit. Et la [bête] dépouillée (gleouda) [est] comprise dans 'prélevée', [son] cuir ayant été ôté ; et [la bête] dont les pattes ont été coupées [est comprise] dans 'manquante' ; et [la hanche] déboîtée de sa place (chaf mi-doukhteh) [est comprise] dans 'prélevée' ; et de même les simanim disloqués (nidaldelou), l'arrachement d'une côte (akirat tzela) et l'enfoncement du crâne (havissat goulgolet) [sont compris] dans 'brisée' ; et la chair couvrante (bissar ha-houfe), c'est [la catégorie] 'déchirée'.
לִמְעוּטֵי לָקוּתָא דְּרָכִישׁ דְּכוֹלְיָא שֶׁאֵינָהּ בִּכְלַל אֵלּוּ וּפְלִיג עֻולָּא עָלֶיהָ. וְאִם תֹּאמַר יֶשְׁנָהּ בִּכְלַל נְקוּבָה כִּי הֵיכִי דְּאָמְרִינַן בְּלָקוּתָא דְּרֵיאָה לָאו מִילְּתָא הִיא דַּהֲוָה לֵיהּ נִיקְּבָה הַכּוֹלְיָא וְהָא לֵיכָּא לָמֶ"ד דְּאַפֵּי' רָכִישׁ מוֹדֵי דְּנִיקְּבָה הַכּוֹלְיָא כְּשֵׁרָה וּבְלָקוּתָא הוּא דִּטְרִיף:
À l'exclusion de la lésion de Rakhich — du rein (koulya), qui n'[est] pas comprise dans celles-[ci] ; et Oula diverge avec lui. Et si tu objectes : elle est [pourtant] comprise dans 'perforée', comme nous disons à propos de la lésion du poumon [que ce n'est pas une catégorie distincte] — [réponds que] ce n'est rien, car [si c'était une perforation] cela reviendrait à 'le rein a été perforé', or il n'y a personne pour dire — pas même Rakhich [ne le] concède — [qu']un rein perforé [serait passoul], [car] un rein perforé [est] cachere ; c'est [seulement] par la lésion qu'[on le déclare] tereifa.
💡 Explication

La grande classification d'Oula (voir le schéma de synthèse) : huit catégories de tereifa furent transmises à Moche au Sinaï, et toute tereifa énumérée dans la michna se range dans l'une d'elles. La liste exclut la lésion (lekouta) du rein dont parlait Rakhich bar Papa : pour Oula, un rein perforé reste cachere, et la simple lésion ne rend pas tereifa.

3
אָמַר חִייָּא בַּר רָבָא: שְׁמֹנָה טְרֵפוֹת יֵשׁ בִּנְקוּבָה, אִם תֹּאמַר תֵּשַׁע – מָרָה רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה קָתָנֵי לַהּ, דְּתַנְיָא: נִיקְּבָה הַקֵּיבָה, נִיקְּבוּ הַדַּקִּים – טְרֵפָה, רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אַף נִיקְּבָה הַמָּרָה.

Hiya bar Rava a dit : il y a huit [cas de] tereifa dans [la catégorie] perforée (nekouva). Si tu dis [qu'il y en a] neuf — la vésicule biliaire (mara), [c'est] Rabbi Yossi bar Rabbi Yehouda [qui] l'enseigne ; comme il est enseigné [dans une braita] : [si] la caillette (keva) a été perforée, [si] les intestins grêles (dakin) ont été perforés — [la bête est] tereifa ; Rabbi Yossi bar Rabbi Yehouda dit : même [si] la vésicule biliaire (mara) a été perforée.

📜 Rachi (2)
שְׁמוֹנָה מִינֵי טְרֵפוֹת בִּנְקוּבָה נְקוּבַת הַווֶּשֶׁט וְהַקְּרוּם וְהַלֵּב וְהָרֵיאָה וְהַקֵּיבָה וְהַדַּקִּין כֶּרֶס הַפְּנִימִי וְהַמַּסָּס וּבֵית הַכּוֹסוֹת חֲדָא הוּא הָא תְּמָנְיָא:
Huit sortes de tereifa dans [la catégorie] perforée — la perforation de l'oesophage (veshet), de la membrane [du cerveau] (kerom), du cœur (lev), du poumon (réa), de la caillette (keva), des intestins grêles (dakin), [et] la panse interne (keres ha-penimi), le feuillet et le bonnet (hemses ou-vêt ha-kossot) [comptant pour] un — voilà huit.
וְאִם תֹּאמַר ט' יֵשׁ דְּהָא אִיכָּא נָמֵי מָרָהּ הַהִיא יְחִידָאָה הִיא וְלֵית הִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ וּדְרַב עֲוִירָא לֵית לֵיהּ לִחְיָיא:
Et si tu dis [qu'il y en a] neuf — il y a en effet aussi la vésicule biliaire (mara) ; [mais] celle-[là est] un avis isolé et la halakha n'[est] pas comme lui ; et [le cas] de Rav Avira, Hiya ne le retient pas.
💡 Explication

Hiya bar Rava dénombre huit perforations invalidantes (voir le schéma) : l'oesophage (veshet), la membrane du cerveau (kerom), le cœur (lev), le poumon (réa), la caillette (keva), les intestins grêles (dakin), la panse interne (keres ha-penimi), et le feuillet et bonnet (hemses et bet ha-kossot, comptés pour un). Le neuvième cas — la vésicule biliaire (mara) — n'est qu'un avis isolé, celui de Rabbi Yossi bar Rabbi Yehouda dans la braita.

4
(הִלְכוֹת חָבֵר כְּזַיִת מָרָה וְקֻורְקְבָן – סִימָן).

(Halakhot, haver [collègue], kazayit [olive], mara [vésicule] et korkevan [gésier] — signe [mnémotechnique].)

💡 Explication

Signe mnémotechnique (siman) qui résume les cinq enseignements suivants de Rabbi Yitzhak bar Rabbi Yossef au nom de Rabbi Yo'hanan : la halakha (comme R. Yossi bar R. Yehouda), le collègue (haver, la réplique des collègues sur Job), l'olive (kazayit, le foie), la vésicule (mara) obturée par le foie, et le gésier (korkevan) dont la poche tient.

5
אָמַר רַבִּי יִצְחָק בְּרַבִּי יוֹסֵף אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הֲלָכָה כְּרַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה.

Rabbi Yitzhak bar Rabbi Yossef a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : la halakha [est] comme Rabbi Yossi bar Rabbi Yehouda.

💡 Explication

Premier maillon de la chaîne : Rabbi Yo'hanan, contre Hiya bar Rava, tranche la halakha comme Rabbi Yossi bar Rabbi Yehouda — une vésicule biliaire perforée (mara) rend bien la bête tereifa.

6
וְאָמַר רַבִּי יִצְחָק בְּרַבִּי יוֹסֵף אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מַאי אַהְדַּרוּ לֵיהּ חַבְרֵיהּ לְרַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה? ״יִשְׁפֹּוךְ לָאָרֶץ מְרֵרָתִי״, וַעֲדַייִן אִיּוֹב קַייָּם. אָמַר לָהֶם: אֵין מַזְכִּירִין מַעֲשֵׂה נִסִּים, דְּאִי לָא תֵּימָא הָכִי ״יְפַלַּח כִּלְיוֹתַי וְלֹא יַחְמוֹל״ – מִי קָא חָיֵי? אֶלָּא נִיסָּא שָׁאנֵי, דִּכְתִיב: ״רַק אֶת נַפְשׁוֹ שְׁמֹר״. הָכָא נָמֵי נִיסָּא שָׁאנֵי.

Et Rabbi Yitzhak bar Rabbi Yossef a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : que répliquèrent les collègues à Rabbi Yossi bar Rabbi Yehouda ? '[Il] déverse ma bile à terre' (Job 16:13) — et pourtant Job demeurait en vie [donc une vésicule percée n'invalide pas] ! Il leur dit : on n'invoque pas un fait miraculeux ; car si tu ne dis pas ainsi, '[il] fend mes reins et n'épargne pas' (Job 16:13) — [un homme aux reins fendus] vit-il [donc] ?

Plutôt, le miracle [est] différent, car il est écrit 'préserve seulement sa vie' (Job 2:6) ; ici aussi, le miracle [est] différent.

📜 Rachi (3)
אֵין מַזְכִּירִין מַעֲשֵׂה נִסִּים לְהָבִיא רְאָיָיה מֵהֶן:
On n'invoque pas un fait miraculeux — pour en tirer une preuve.
יִפְלַח כִּלְיוֹתַי הַייְנוּ לָקוּתָא וּטְרֵפָה:
[Il] fend mes reins — c'est [un cas de] lésion (lekouta) et de tereifa.
רַק אֶת נַפְשׁוֹ שְׁמֹור מַכּוֹת מָוֶת הִכָּהוּ וּלְכָךְ נִצְטַווָּה לִשְׁמוֹר נַפְשׁוֹ כִּדְאָמְרִינַן בְּהַשֻּׁותָּפִין (ב"ב דַּף טז.) גָּדוֹל צַעֲרוֹ שֶׁל שָׂטָן מִשֶּׁל אִיּוֹב מָשָׁל לְאוֹמֵר לְעַבְדּוֹ שְׁבֹור חָבִית וּשְׁמֹור יֵינָהּ:
Préserve seulement sa vie — [le Satan] le frappa de coups [pouvant entraîner la] mort, c'est pourquoi il [lui] fut ordonné de préserver sa vie, comme nous disons dans [le chapitre] Ha-Choutafin (Baba Batra 16a) : la souffrance du Satan [était] plus grande que celle de Job ; parabole de celui qui dit à son serviteur 'brise le tonneau mais préserve son vin'.
🗂️ Tossefot (1)
יִפְלַח כִּלְיוֹתַי מִי קָא חָיֵי פֵּירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס וְהַאי לָקוּתָא הוּא וְקָשֶׁה דִּמְנָא לֵיהּ דְּהַאי לָקוּתָא דְּאִיּוֹב הָוֵי לָקוּתָא דְּהָוְיָא בֵּיהּ טְרֵפָה הָא אִיכָּא לָקוּתָא דִּכְשֵׁרָה כִּדְאָמַר לְקַמָּן (חֻולִּין דַּף נה:) מַלְיָא מֻוגְלָא טְרֵפָה מַיִם זַכִּים כְּשֵׁרָה אֶלָּא הָכִי פָּרֵיךְ יִפְלַח כִּלְיוֹתַי מִי קָא חָיֵי בְּלֹא רְפוּאָה הָא קָאָמַר לְקַמָּן (חֻולִּין דַּף נד.) דְּמָחוּ בְּכוֹלְיְתָא וְקַטְלֵיהּ וְאִי בְּדָרוּ לֵיהּ סַמָּא חָיֵי וְאִיּוֹב לֹא מָצִינוּ שֶׁעָשׂוּ לוֹ שׁוּם רְפוּאָה:
'[Il] fend mes reins, vit-il [donc] ?' — Rachi (Kountress) a expliqué [que] c'est un cas de lésion (lekouta) ; et [c'est] difficile, car d'où [sait-il] que cette lésion de Job [serait] une lésion qui rend tereifa ? il y a [bien] une lésion [qui laisse la bête] cachere, comme on dit plus loin (Houlin 55b) : [le rein] empli de pus (mougla) [est] tereifa, [empli] d'eaux claires (mayim zakkim) [est] cachere ! Plutôt, voici l'objection : 'il fend mes reins, vit-il [donc] ?' — [c'est-à-dire] sans remède ; or on dit plus loin (Houlin 54a) [que] s'ils ont frappé le rein et l'ont tué (mahou be-koulyeta ve-katleh) et qu'on lui a appliqué (badrou leh) un remède (samma), il vit ; mais pour Job nous ne trouvons pas qu'on lui ait fait aucun remède.
💡 Explication

La réplique des collègues à R. Yossi : le verset de Job 'il déverse ma bile à terre' montre un homme à la vésicule percée qui survit — preuve qu'elle n'invalide pas. Réponse de R. Yossi : 'on n'invoque pas un miracle' comme preuve générale, car le même verset dit 'il fend mes reins' — or des reins fendus ne laissent pas vivre. Si Job a survécu, c'est par miracle ('préserve seulement sa vie') ; cela ne fonde aucune règle.

7
וְאָמַר רַבִּי יִצְחָק בְּרַבִּי יוֹסֵף אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הֲלָכָה כְּדִבְרֵי הָאוֹמֵר כְּזַיִת.

Et Rabbi Yitzhak bar Rabbi Yossef a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : la halakha [est] comme celui qui dit 'une olive' (kazayit).

📜 Rachi (1)
הֲלָכָה כְּדִבְרֵי הָאוֹמֵר בִּכְזַיִת דְּבָעֵינַן כַּזַּיִת שִׁיּוּר בְּנִיטַּל הַכָּבֵד וּפְלוּגְתָּא הִיא בְּפִרְקִין (ד' מו.) דְּרָמֵינַן סְתָמֵי דְּמַתְנִי' אַהֲדָדֵי דְּקָתָנֵי רֵישָׁא אֵלּוּ טְרֵפוֹת נִיטַּל הַכָּבֵד וְלֹא נִשְׁתַּייֵּר מִמֶּנָּה כְּלוּם הָא נִשְׁתַּייֵּר כְּשֵׁרָה ואע"ג דְּלֵיכָּא כַּזַּיִת וַהֲדַר תָּנֵי אֵלּוּ כְּשֵׁרוֹת נִיטַּל הַכָּבֵד וְנִשְׁתַּייֵּר מִמֶּנָּה כַּזַּיִת וּמוֹקְמִינַן לָהּ כְּתַנָּאֵי וְהָכָא מַייְתֵי לָהּ מִשּׁוּם שְׁמַעְתָּתָא דְּרַבִּי יִצְחָק בַּר יוֹסֵף מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן:
La halakha [est] comme celui qui dit 'une olive' — car nous exigeons qu'il subsiste une olive (kazayit) lorsque le foie a été ôté ; et c'est une divergence dans notre chapitre (46a), car on oppose les [enseignements] anonymes (setamim) de la michna l'un à l'autre : il enseigne au début 'voici les tereifot : [si] le foie a été ôté et qu'il n'en est rien resté' — [d'où il ressort que] s'il en est resté [quelque chose, la bête est] cachere, et [cela] même s'il n'y a pas une olive ; puis il enseigne 'voici les [bêtes] cacheres : [si] le foie a été ôté et qu'il en est resté une olive' ; et on l'établit [comme relevant] de Tanaim [en divergence]. Et ici on l'apporte à cause de l'enseignement de Rabbi Yitzhak bar Yossef au nom de Rabbi Yo'hanan.
💡 Explication

Troisième enseignement : la halakha suit l'avis qui exige, lorsque le foie a été ôté (netoula), qu'il en reste au moins le volume d'une olive (kazayit) pour que la bête reste cachere — divergence rapportée plus loin (46a).

8
וּמִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן הָכִי? וְהָאָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הֲלָכָה כִּסְתָם מִשְׁנָה, וּתְנַן: נִיטְּלָה הַכָּבֵד וְלֹא נִשְׁתַּייֵּר הֵימֶנָּה כְּלוּם – הָא נִשְׁתַּייֵּר כְּשֵׁרָה, אַף עַל גַּב דְּלָא הָוֵי כְּזַיִת! אָמוֹרָאֵי נִינְהוּ וְאַלִּיבָּא דְּרַבִּי יוֹחָנָן.

Mais Rabbi Yo'hanan a-t-il [vraiment] dit ainsi ? Or Rabba bar bar Hana a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : la halakha [est] comme la michna anonyme (setam michna) ; et nous avons appris [dans la michna] : '[si] le foie a été ôté et qu'il n'en est rien resté' — [d'où il ressort que] s'il en est resté [quelque chose, la bête est] cachere, bien qu'il n'y ait pas une olive !

[Réponse :] ce sont des Amoraim [en divergence], [tous deux rapportant] selon Rabbi Yo'hanan.

📜 Rachi (2)
וְהָא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן הֲלָכָה כִּסְתָם מִשְׁנָה וְהָא נָמֵי סְתָמָא הִיא וּמַאי אֻולְמָא דְּסֵיפָא מֵרֵישָׁא:
Or Rabbi Yo'hanan a dit [que] la halakha [est] comme la michna anonyme — et celle-[ci] aussi [est] anonyme ; et en quoi la clause finale (seifa) [serait-elle] plus forte que la clause initiale (recha) ?
אָמוֹרָאֵי נִינְהוּ וְרַבִּי יִצְחָק סָבַר דְּלָא כָּייֵל רַבִּי יוֹחָנָן לְמֵימַר הֲלָכָה כִּסְתָם מִשְׁנָה אֶלָּא הֵיכָא דִּסְבִירָא לֵיהּ אָמַר בְּהֶדְיָא הֲלָכָה כְּמִשְׁנָה זוֹ וְאָמוֹרָא אַחַרְיַנָא אָמַר מִשְּׁמֵיהּ דְּר' יוֹחָנָן הֲלָכָה כִּסְתָם מִשְׁנָה וְהֵיכָא דְּאִיכָּא תְּרֵי סְתָמֵי דְּסָתְרָן אַהֲדָדֵי אִי אִיכָּא טַעְמָא לְאַלּוֹמֵי חֲדָא מֵחֲבֶרְתָּהּ כִּי הַהִיא דְּסַנְהֶדְרִין דְּאֶחָד דִּינֵי מָמוֹנוֹת (דַּף לד:) אָזֵיל רַבִּי יוֹחָנָן בָּתְרָהּ וְאִי לָא מְסַפְּקָא לֵיהּ וְלָא קָבַע בְּהוּ הִלְכְתָא כְּחַד מִנַּייְהוּ וּבְהָנֵי תְּרֵי אִי הֲוָה מַשְׁכְּחִינַן טַעְמָא בְּהָא דְּרַבִּי יִצְחָק לָא הֲוָה מוֹקְמִינַן לָהּ בְּאָמוֹרָאֵי וּמִשּׁוּם דְּלֵיכָּא לְאַלּוֹמֵי אִיצְטְרִיךְ לָן לְשַׁנּוֹיֵי דְּרַבִּי יִצְחָק לֵית לֵיהּ הַאי כְּלָלָא דְּר' יוֹחָנָן:
Ce sont des Amoraim [en divergence] — et Rabbi Yitzhak tient [que] Rabbi Yo'hanan n'a pas posé en règle générale [que] la halakha [est] comme la michna anonyme, mais [seulement] là où [tel] était son avis il a dit explicitement 'la halakha [est] comme cette michna' ; et un autre Amora a dit en son nom [que] la halakha [est] comme la michna anonyme. Et là où il y a deux [enseignements] anonymes qui se contredisent l'un l'autre, s'il y a une raison de renforcer l'un par rapport à l'autre — comme dans [le passage] de Sanhédrin, au [chapitre] Ehad Dinei Mamonot (Sanhédrin 34b) — Rabbi Yo'hanan suit celui-[là] ; et sinon, il [reste] dans le doute et ne fixe pas la halakha comme l'un d'eux. Et dans ces deux [enseignements anonymes], si nous avions trouvé une raison dans cet [enseignement] de Rabbi Yitzhak, nous ne l'aurions pas établi [comme relevant] d'Amoraim [en divergence] ; mais parce qu'il n'y a pas [de moyen] de renforcer [l'un], il nous a fallu répondre [que] Rabbi Yitzhak ne tient pas ce principe de Rabbi Yo'hanan.
🗂️ Tossefot (1)
וְהָא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן הֲלָכָה כִּסְתָם מִשְׁנָה אע"ג דְּסֵיפָא דְּמַתְנִי' (לְקַמָּן חֻולִּין דַּף נד.) דְּאֵלּוּ כְּשֵׁרוֹת מְסַיַּיע לֵיהּ מִכָּל מָקוֹם פָּרִיךְ מִכֹּחַ דְּמַאי אֻולְמֵיהּ הַךְ סְתָמָא מֵהַךְ סְתָמָא כִּדְפֵירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס וְאִי מִשּׁוּם שֶׁהָאַחֲרוֹן הוּא עִיקָּר בְּמָקוֹם שֶׁיֵּשׁ סֵדֶר לַמִּשְׁנָה כְּגוֹן בַּחֲדָא מַסֶּכְתָּא מ"מ הַךְ מִשְׁנָה דְּאֵלּוּ טְרֵפוֹת וְאֵלּוּ כְּשֵׁרוֹת כַּחֲדָא בָּבָא חֲשִׁיב וְאֵין סֵדֶר וה"ר יַעֲקֹב מאורליינ"ש תֵּירֵץ דְּהָכִי פָּרֵיךְ וְהָא אָמַר ר' יוֹחָנָן הֲלָכָה כִּסְתָם מִשְׁנָה וע"כ סְתָמָא דְּאֵלּוּ כְּשֵׁרוֹת לָאו סְתָמָא מְעַלַּיְיתָא הִיא דְּאִי סְתָמָא מְעַלַּיְיתָא הִיא אַמַּאי אִיצְטְרִיךְ ר"י לוֹמַר הֲלָכָה כְּמוֹתוֹ הָא אָמַר ר' יוֹחָנָן חֲדָא זִימְנָא דַּהֲלָכָה כִּסְתָם מִשְׁנָה:
Or Rabbi Yo'hanan a dit [que] la halakha [est] comme la michna anonyme — bien que la clause finale de la michna (plus loin, Houlin 54a) 'voici les [bêtes] cacheres' l'appuie, on objecte malgré tout, en raison de ['en quoi] cet [enseignement] anonyme [serait-il] plus fort que cet [autre enseignement] anonyme', comme l'a expliqué Rachi (Kountress) ; et si [l'on veut dire que c'est] parce que le dernier [énoncé] fait autorité là où il y a un ordre [rédactionnel] dans la michna, comme dans un [même] traité — quoi qu'il en soit, cette michna de 'voici les tereifot' et 'voici les cacheres' compte comme une seule clause (bava) et il n'y a pas [là] d'ordre [rédactionnel]. Et Rabbi Yaakov d'Orléans a répondu [autrement] : voici l'objection — or Rabbi Yo'hanan a dit [que] la halakha [est] comme la michna anonyme, et nécessairement l'[enseignement] anonyme de 'voici les cacheres' n'[est] pas un anonyme de plein droit (setama maalyeta) ; car s'il était un anonyme de plein droit, pourquoi Rabbi Yitzhak aurait-il eu besoin de dire 'la halakha [est] comme lui' ? puisque Rabbi Yo'hanan a déjà dit une fois [que] la halakha [est] comme la michna anonyme.
💡 Explication

Difficulté : Rabbi Yo'hanan tiendrait-il le kazayit, alors qu'il pose ailleurs que 'la halakha suit la michna anonyme' ? Or la michna anonyme implique qu'il suffit qu'il reste un peu du foie (sans olive entière). Réponse : il s'agit de deux Amoraim qui rapportent différemment l'avis de Rabbi Yo'hanan — l'un retient le principe 'halakha comme la michna anonyme', l'autre non.

9
דְּאָמַר רַבִּי יִצְחָק בְּרַבִּי יוֹסֵף אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מָרָה שֶׁנִּיקְּבָה, וְכָבֵד סוֹתַמְתָּהּ – כְּשֵׁרָה.

[En effet] Rabbi Yitzhak bar Rabbi Yossef a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : [si] la vésicule biliaire (mara) a été perforée et [que] le foie l'obture — [la bête est] cachere.

📜 Rachi (2)
וְכָבֵד סוֹתַמְתָּהּ שֶׁנְּקוּבָה בִּמְקוֹם דִּיבּוּקָהּ בַּכָּבֵד וְחִבּוּר הַכָּבֵד סוֹתֵם אֶת הַנֶּקֶב:
Et le foie l'obture — [c'est-à-dire] qu'elle a été perforée à l'endroit de son adhérence au foie, et la jonction du foie obture la perforation.
כְּשֵׁרָה אֲפִילּוּ לְר' יוֹסֵי בְּר' יְהוּדָה:
Cachere — et même selon Rabbi Yossi bar Rabbi Yehouda.
⚖️ Rosh (1)
תַּנְיָא רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר בְּנֵי מֵעַיִים שֶׁנִּיקְּבוּ וְלֵיחָה סוֹתַמְתָּן כְּשֵׁירָה וְלֵית הִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ: לְעֵיל (חֻולִּין דַּף מג.) נִיקְּבָה הַמָּרָה אָמַר רַב יִצְחָק בַּר יוֹסֵף א"ר יוֹחָנָן מָרָה שֶׁנִּקְּבָה וְכָבֵד סוֹתַמְתָּהּ כְּשֵׁירָה. א"ר שִׁימִי בַּר חַיָּיא מַקִּיפִין בִּבְנֵי מֵעַיִים הָנְהוּ בְּנֵי מֵעַיִים דְּאִייָּתוֹ לְקַמֵּיהּ דְּרָבָא אַקְּפִינְהוּ וְלָא אִידְּמוֹ אֲתָא רַב מְשַׁרְשְׁיָא בְּרֵיהּ מְשַׁמֵּשׁ בְּהוּ וְאַקְּפִינְהוּ וְאִידְּמוּ א"ל מְנָא לָךְ הָא. א"ל מִסְּבָרָא כַּמָּה יְדָא מִמְּשַׁמְּשֵׁי בְּהוּ מִקַּמֵּי דְּלֵיתוּ קַמֵּיהּ דְּמַר אָמַר רָבָא חַכִּים בָּרִי בִּטְרֵיפוֹת כַּר' יוֹחָנָן. כָּתַב בַּעַל הָעִיטּוּר זַ"ל דה"ה בְּלֵב וְקֻורְקְבָן דְּאִינְהוּ בְּנֵי מֵעַיִים אִיקְּרוֹ כִּדְאָמְרִינַן לְקַמָּן (חֻולִּין דַּף נו:) גַּבֵּי נֶחְמְרוּ בְּנֵי מֵעֶיהָ לֹא שָׁנוּ אֶלָּא בְּלֵב וְקֻרְקְבָן וְכָבֵד. ור"י פֵּירֵשׁ לְקַמָּן דִּנְהִי דְּבִלְשׁוֹן מִשְׁנָה וּבָרַיְיתָא הָוֵי בִּכְלַל בְּנֵי מֵעַייִם בִּלְשׁוֹן הָאָמוֹרָאִים לָא הָוֵי בִּכְלַל מֵעַיִים. כִּדְאָמְרִינַן לְקַמָּן (חֻולִּין דַּף נא:) גַּבֵּי נְפוּלָה דְּאָמַר אָמֵימָר נְפוּלָה שֶׁאָמְרוּ צְרִיכָה בְּדִיקָה כְּנֶגֶד בְּנֵי מֵעַייִם מַר זוּטְרָא מוֹסִיף כְּנֶגֶד כָּל הֶחָלָל. וְכֵן נָמֵי גַּבֵּי דְּרוּסָה דַּף נג: מַשְׁמַע דִּלְאָמֵימָר בְּנֵי מֵעַיִים הַכָּרֵס וְהַדַּקִּין וַאֲתָא מַר זוּטְרָא לְהוֹסִיף כְּנֶגֶד הַדְּפָנוֹת כְּגוֹן רֵיאָה וְלֵב וְכָבֵד הִילְכָּךְ בְּנֵי מֵעַיִם דְּהָכָא הַייְנוּ כֶּרֶס וְדַקִּין. רַבִּי יוֹחָנָן וְרַבִּי אֶלְעָזָר דְּאָמְרִי תַּרְוַייְהוּ מַקִּיפִין בָּרֵיאָה אָמַר רָבָא לָא אֲמַרַן אֶלָּא בְּאוֹתָהּ עֲרוּגָה אֲבָל מֵעֲרוּגָה לַעֲרוּגָה לָא וְהִלְכְתָא אֲפִילּוּ מֵעֲרוּגָה לַעֲרוּגָה מִדַּקָּה לְדַקָּה וּמִגַּסָּה לְגַסָּה. פֵּירוּשׁ מֵרֵיאָה שֶׁל צֹאן לְצֹאן וּמִשֶּׁל שׁוֹר לְשׁוֹר אַחֵר. אֲבָל מִדַּקָּה לְגַסָּה וּמִגַּסָּה לְדַקָּה לֹא. רַבָּה וְרָבָא דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ מַקִּיפִין בַּקָּנֶה. א"ר פָּפָּא לָא אֲמַרַן אֶלָּא בְּאוֹתָהּ חֻולְיָא אֲבָל מֵחֻולְיָא לְחֻולְיָא לָא וְהִילְכְתָא אֲפִילּוּ מֵחֻולְיָא לְחֻולְיָא וּמִבַּר חֻולְיָא לְבַר חֻולְיָא. אֲבָל לָא מֵחֻולְיָא לְבַר חֻולְיָא וּמִבַּר חֻולְיָא לְחֻולְיָא. פירש"י חֻולְיָא שְׁלֹשָׁה טַבָּעוֹת כִּדְאָמְרִינַן מְנָחוֹת דַּף לט. גַּבֵּי צִיצִית דְּקָרֵי חֻולְיָא לְשָׁלֹשׁ כְּרִיכוֹת וּבַר חֻולְיָא הַייְנוּ מֵחֶצְייָן שֶׁל הַטַּבָּעוֹת וּלְמַטָּה כְּשֶׁמַּתְחִילִין לִהְיוֹת דַּקִּין. וי"מ חֻולְיָא הַייְנוּ הַטַּבָּעוֹת וּבַר חֻולְיָא הָעוֹר שֶׁבֵּין הַטַּבָּעוֹת וְרַשִׁ"י פֵּירֵשׁ מִדַּקָּה לְדַקָּה וּמִגַּסָּה לְגַסָּה מֵאֻונָּא לְאַוָּנָא וּמֵאוּמָא לְאוּמָא אֲבָל לֹא מֵאוּמָא לְאַוָּנָא וּמֵאֻונָּא לְאוּמָא. וְהֵבִיא רְאָיָה מִבַּעַל הֲלָכוֹת שֶׁכָּתַב בָּתַר שְׁמַעְתָּא וְכֵן בְּקָנֶה אַלְמָא רֵיאָה דֻּומְיָא דְּקָנֶה מַה קָנֶה בְּאוֹתוֹ קָנֶה עַצְמוֹ אַף רֵיאָה בְּאוֹתָהּ רֵיאָה עַצְמָהּ. דְּלָא מִיסְתַּבֵּר לֵיהּ לְהָקֵל כֻּולֵּי הַאי לְהַקִּיף מִבְּהֵמָה לִבְהֵמָה. וְלִישָּׁנָא דְּמִדַּקָּה לְדַקָּה מַשְׁמַע כְּפֵירוּשׁ רַב אִלְפָּס זַ"ל דִּלְפֵירוּשׁ רַשִׁ"י הֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר מִקְּטַנָּה לִגְדוֹלָה. כִּדְקָאָמַר ר' יְהוּדָה בְּכָרֵס לְעֵיל (חֻולִּין דַּף מב.) וּמִיהוּ לְקַמָּן (חֻולִּין דַּף נד.) גַּבֵּי שְׁמוּטָה וּשְׁחוּטָה הוֹכִיחַ ר"י מֵהַהוּא דְּשָׁחַט הַוֶּושֶׁט וְנִמְצֵאת הַגַּרְגֶּרֶת שְׁמוּטָה דְּאֵין מַקִּיפִין מִבְּהֵמָה לַבְּהֵמָה:
Il est enseigné [dans une braita] : Rabban Chimon ben Gamliel dit — [si] les intestins (bnei meayim) ont été perforés et [que] du mucus (leikha) les obture, [la bête est] cachere (kechera) ; mais la halakha n'[est] pas comme lui. Plus haut (Houlin 43a) : « [si] la vésicule biliaire (mara) a été perforée » — Rav Yitzhak bar Yossef a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : [si] la vésicule a été perforée et [que] le foie (kaved) l'obture, [la bête est] cachere. Rabbi Chimi bar Hiya a dit : on procède par juxtaposition (makifin) sur les intestins [c.-à-d. on compare la perforation douteuse à une perforation certaine faite à côté pour voir si elles se ressemblent]. Ces intestins que l'on apporta devant Rava — il les juxtaposa (akfinhou) et ils ne se ressemblèrent pas ; vint Rav Mecharcheya son fils, il les manipula (mechamech, palpa/tripota) et les juxtaposa, et ils se ressemblèrent. Il lui dit : d'où te [vient] cela ? Il lui répondit : par raisonnement (mi-sevara) — combien de mains les ont manipulés avant qu'ils ne viennent devant le maître [ce qui a modifié leur aspect] ! Rava dit : mon fils est expert (hakim) en [matière de] tereifot comme Rabbi Yo'hanan. Le Baal ha-Itour, de mémoire bénie, a écrit qu'il en va de même (de-hou ha-din) pour le cœur (lev) et le gésier (korkevan), car ils sont [aussi] appelés « intestins » (bnei meayim), comme nous disons plus loin (Houlin 56b) à propos de « [si] ses intestins ont été échaudés (nehmerou) » : on n'a enseigné [cela] qu'à propos du cœur, du gésier et du foie. Et Ri (Rabbenou Yitzhak) a expliqué plus loin que, bien que dans la langue de la michna et de la braita [le cœur et le gésier] soient compris dans [l'expression] « intestins », dans la langue des Amoraim ils ne [sont] pas compris dans « intestins » (meayim). Comme nous disons plus loin (Houlin 51b) à propos de la [bête] tombée (nefoula), où Ameimar a dit : la [bête] tombée dont ils ont parlé requiert un examen (bedika) en regard des intestins (bnei meayim) ; Mar Zoutra ajoute : en regard de toute la cavité (halal). Et de même aussi à propos de la [bête] griffée (derousa), [feuillet] 53b, il ressort que pour Ameimar les « intestins » [sont] la panse (keres) et les intestins grêles (dakin), et Mar Zoutra vint ajouter [l'examen] en regard des parois (defanot), tels le poumon (réa), le cœur et le foie. Par conséquent, les « intestins » d'ici, c'est [précisément] la panse et les intestins grêles. Rabbi Yo'hanan et Rabbi Eleazar, qui disent tous deux : on procède par juxtaposition (makifin) sur le poumon — Rava a dit : nous n'avons dit [cela] que sur une même rangée (aruga) [de lobes], mais d'une rangée à une [autre] rangée, non. Et la halakha [est] : même d'une rangée à une [autre] rangée, [et même] d'une [bête] menue à une [bête] menue et d'une [bête] grosse à une [bête] grosse. Explication : du poumon d'un ovin (tson) à [celui d']un [autre] ovin, et de celui d'un bovin (chor) à [celui d']un autre bovin ; mais d'une [bête] menue à une [bête] grosse et d'une grosse à une menue, non. Rabba et Rava, qui disent tous deux : on procède par juxtaposition sur la trachée (kaneh) — Rav Papa a dit : nous n'avons dit [cela] que sur un même anneau (houlya), mais d'un anneau à un [autre] anneau, non. Et la halakha [est] : même d'un anneau à un [autre] anneau et d'un sous-anneau (bar houlya) à un [autre] sous-anneau ; mais non d'un anneau à un sous-anneau ni d'un sous-anneau à un anneau. Rachi a expliqué : « houlya » [= ensemble de] trois anneaux (tabaot), comme nous disons dans Menahot (39a) à propos des tsitsit, où l'on appelle « houlya » trois enroulements (kerikhot) ; et « bar houlya » c'est [la partie située] à partir de la moitié des anneaux vers le bas, là où [les anneaux] commencent à devenir fins. Et certains expliquent : « houlya » ce sont les anneaux [eux-mêmes], et « bar houlya » la peau (or) [située] entre les anneaux. Et Rachi a expliqué « d'une menue à une menue et d'une grosse à une grosse » [comme voulant dire] : d'un lobe (ouna) à un [autre] lobe et d'un côté (ouma) [du poumon] à un [autre] côté, mais non d'un côté à un lobe ni d'un lobe à un côté. Et il a apporté une preuve du Baal Halakhot [Guedolot], qui a écrit après cet enseignement : « et de même pour la trachée (kaneh) » — d'où [il ressort que] le poumon [est] semblable à la trachée : de même que la trachée, [on juxtapose seulement] sur cette trachée-là elle-même, ainsi le poumon, [on juxtapose seulement] sur ce poumon-là lui-même. Car il ne lui paraît pas raisonnable d'alléger à ce point [au point] de juxtaposer d'une bête à une [autre] bête. Et la formulation « d'une menue à une menue » [ki mi-daka le-daka] évoque l'explication de Rav Alfas (Rif), de mémoire bénie ; car selon l'explication de Rachi il aurait fallu dire « d'une [bête] petite à une [bête] grande », comme le dit Rabbi Yehouda à propos de la panse plus haut (Houlin 42a). Toutefois plus loin (Houlin 54a), à propos de la [trachée] arrachée (chemouta) et de la [bête] égorgée (chehouta), Ri a démontré, à partir de ce [cas] de celui qui égorgea l'oesophage (veshet) et [chez qui] la trachée (gargueret) se trouva arrachée, que l'on ne procède pas par juxtaposition d'une bête à une [autre] bête.
💡 Explication

Quatrième enseignement (et preuve que R. Yo'hanan suit bien R. Yossi bar R. Yehouda) : même une vésicule biliaire percée (qui en principe rend tereifa selon R. Yo'hanan) reste cachere si la perforation se trouve à l'endroit où la vésicule adhère au foie et que celui-ci obture le trou.

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וְאָמַר רַבִּי יִצְחָק בְּרַבִּי יוֹסֵף אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: נִיקַּב הַקֻּורְקְבָן וְכִיס שֶׁלּוֹ קַיָּים – כָּשֵׁר.

Et Rabbi Yitzhak bar Rabbi Yossef a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : [si] le gésier (korkevan) a été perforé mais [que] sa poche (kiss) est intacte — [la bête est] cachere.

📜 Rachi (1)
כִּיס שֶׁלּוֹ קְלִיפָּה הַפְּנִימִית:
Sa poche (kiss) — la pellicule intérieure (kelipa penimit).
⚖️ Rosh (1)
נִיקַּב הַקֻּרְקְבָן לְעֵיל (חֻולִּין מג.) אָמַר רַב יִצְחָק בַּר יוֹסֵף א"ר יוֹחָנָן קֻרְקְבָן שֶׁנִּיקַּב וְכִיס שֶׁלּוֹ קַיָּים כָּשֵׁר. אִיבַּעְיָא לְהוּ נִיקַּב הַכִּיס וְקֻרְקְבָן קַייָּם מַהוּ. ת"ש דְּאָמַר רַב הוּנָא נִיקַּב זֶה בְּלֹא זֶה כָּשֵׁר וְאִם נִיקְּבוּ שְׁנֵיהֶם זֶה שֶׁלֹּא כְּנֶגֶד זֶה כָּשֵׁר מַאי טַעְמָא כֵּיוָן דְּקֻרְקְבָן מֵינָח נְייָח כִּדְקָאֵי קָאֵי וְלָא מִיתְרַמֵּי אַהֲדָדֵי וּכְנִיקַּב זֶה שֶׁלֹּא כְּנֶגֶד בְּלֹא זֶה דָּמֵי וְכָשֵׁר:
« [Si] le gésier (korkevan) a été perforé » — plus haut (Houlin 43a) Rav Yitzhak bar Yossef a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : [si] le gésier a été perforé mais [que] sa poche (kiss) est intacte (kayam), [la bête est] cachere (kacher). On posa la question (ibaya lehou) : [si] la poche a été perforée et [que] le gésier [lui-même] est intact, quoi [le statut] ? Viens entendre (ta chema), car Rav Houna a dit : [si] l'une [a été] percée sans l'autre, [la bête est] cachere ; et si toutes deux ont été percées, l'une non vis-à-vis de l'autre, [elle est] cachere. Quelle [en est] la raison ? Puisque le gésier demeure au repos (meinah nayah) et se tient comme il se tient (ki-de-kai kai) [c.-à-d. il reste immobile], [les deux perforations] ne s'alignent pas (lo mitrami) l'une [avec] l'autre, et [ce cas] est semblable à [celui où] l'une [a été] percée, non vis-à-vis [de l'autre], sans l'autre — et [la bête est donc] cachere.
💡 Explication

Cinquième enseignement : bien que la michna (56a) déclare tereifa un gésier perforé (korkevan, chez l'oiseau), si seul le muscle externe est percé mais que la poche interne (kiss, la pellicule intérieure) demeure intacte, la bête reste cachere.

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אִיבַּעְיָא לְהוּ: נִיקַּב הַכִּיס וְקֻורְקְבָן קַייָּם, מַאי? תָּא שְׁמַע, דְּאָמַר רַב נַחְמָן: נִיקַּב זֶה בְּלֹא זֶה – כָּשֵׁר. אָמַר רָבָא: שְׁנֵי עוֹרוֹת יֵשׁ לוֹ לַוֶּושֶׁט, חִיצוֹן אָדֹום וּפְנִימִי לָבָן, נִיקַּב זֶה בְּלֹא זֶה – כָּשֵׁר. לָמָּה לִי לְמֵימַר חִיצוֹן אָדֹום וּפְנִימִי לָבָן? דְּאִי חֲלֵיף – טְרֵפָה.

On posa la question : [si] la poche (kiss) a été perforée et [que] le gésier (korkevan) [lui-même] est intact, quoi [le statut] ? Viens entendre, car Rav Nahman a dit : [si] l'une [a été] percée sans l'autre — cachere.

Rava a dit : l'oesophage (veshet) a deux tuniques (orot), l'externe rouge et l'interne blanche ; [si] l'une [a été] percée sans l'autre — cachere. Pourquoi me faut-il dire 'l'externe rouge et l'interne blanche' ? — car si elles [sont] inverties (haliph), [la bête est] tereifa.

💡 Explication

Question symétrique : et si c'est la poche qui est percée, le gésier restant intact ? Réponse par Rav Nahman : une seule des deux couches percée (sans l'autre) laisse la bête cachere. Rava généralise sur l'oesophage (veshet), qui a deux tuniques (voir le schéma) : l'externe rouge, l'interne blanche ; une seule percée est cachere. Pourquoi préciser les couleurs ? Pour enseigner que si elles sont inverties (externe blanche, interne rouge), la bête est tereifa.

12
אִבַּעְיָא לְהוּ: נִיקְּבוּ שְׁנֵיהֶם זֶה שֶׁלֹּא כְּנֶגֶד זֶה, מַהוּ? אָמַר מָר זוּטְרָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב פָּפָּא: בַּוֶּושֶׁט – כָּשֵׁר, בַּקֻּורְקְבָן – פָּסוּל. מַתְקִיף לַהּ רַב אַשִּׁי: אַדְּרַבָּה, וֶושֶׁט דְּאָכְלָה בֵּיהּ וּפָעְיָא בֵּיהּ רָווַח, גָּמְדָא לֵיהּ וּפָשְׁטָה לֵיהּ, זִמְנִין דְּמִיהַנְדְּזִין בַּהֲדֵי הֲדָדֵי; קֻורְקְבָן דְּמֵינַח נְייָח, כִּדְקָאֵי קָאֵי! אֲמַר לֵיהּ רַב אַחָא בְּרֵיהּ דְּרַב יוֹסֵף לְרַב אָשֵׁי: הָכִי אָמְרִינַן מִשְּׁמֵיהּ דְּמָר זוּטְרָא, דְּאָמַר מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב פָּפָּא כְּוָותָיךְ.

On posa la question : [si] toutes deux ont été percées, l'une non vis-à-vis de l'autre, qu'en est-il ? Mar Zoutra a dit au nom de Rav Papa : dans l'oesophage (veshet) — cachere ; dans le gésier (korkevan) — passoul [impropre].

Rav Achi objecte : au contraire ! l'oesophage, avec lequel [la bête] mange et crie, est spacieux ; elle le contracte et l'étend, [si bien qu']il arrive parfois que [les deux percées] s'alignent (mihandzin) l'une [avec] l'autre [donc passoul] ; [tandis que] le gésier, qui demeure au repos, se tient comme il se tient [les percées ne s'alignent jamais, donc cachere] ! Rav Aha fils de Rav Yossef dit à Rav Achi : ainsi disons-nous au nom de Mar Zoutra, qui a dit au nom de Rav Papa comme toi.

📜 Rachi (5)
זֶה שֶׁלֹּא כְּנֶגֶד זֶה כְּגוֹן זֶה לְמַעְלָה וְזֶה לְמַטָּה:
L'une non vis-à-vis de l'autre — par exemple celle-ci en haut et celle-là en bas.
בַּקֻּורְקְבָן פָּסוּל הָכִי ס"ל מִשּׁוּם שֶׁהַמַּאֲכָל מִתְאַסֵּף שָׁם וּמְחַלְחֲלָן וְנִכְנַס בַּנֶּקֶב עַד שֶׁיּוֹצֵא דֶּרֶךְ נֶקֶב הַשֵּׁנִי:
Dans le gésier — passoul : tel est son avis, parce que la nourriture s'y rassemble et la fait s'infiltrer (mehalhelan) et pénètre par la [première] perforation jusqu'à ressortir par la seconde perforation.
וּפַעְיָא בֵּיהּ צוֹעֶקֶת שאע"פ שֶׁהַקָּנֶה מוֹצִיא קוֹל אִי אֶפְשָׁר שֶׁלֹּא יְהֵא הַוֶּושֶׁט מִתְפַּשֵּׁט עִמּוֹ. וַאֲנִי שָׁמַעְתִּי פָּעֲיָא מִנִּשְׁמַת:
Et crie avec lui (ou-faya beh) — elle crie [= elle beugle] ; car bien que [ce soit] la trachée (kaneh) [qui] émette la voix, il est impossible que l'oesophage ne se dilate pas avec elle. Et moi, j'ai entendu [que] 'paya' [vient] de [la racine] respiration (nechima).
גָּמְדָא כְּווּצַת רטי"ר בְּלַעַ"ז:
Gamda — elle [le] contracte ; 'retir' en langue vernaculaire.
מיהנדזין מִיתְרַמָּן דְּמִיכַּווְּנִי אַהֲדָדֵי:
Mihandzin — [c'est-à-dire] qu'il advient qu'elles se trouvent alignées (mitkavnin) l'une [avec] l'autre.
💡 Explication

Cas des deux couches percées mais non vis-à-vis (l'une plus haut, l'autre plus bas). Mar Zoutra au nom de Rav Papa : oesophage cachere, gésier passoul. Rav Achi renverse le raisonnement : l'oesophage bouge (il se contracte et s'étend pour manger et crier), donc les deux trous risquent de s'aligner -> passoul ; le gésier reste immobile, les trous décalés ne se rejoignent jamais -> cachere. Rav Aha confirme : la tradition de Mar Zoutra au nom de Rav Papa va précisément dans le sens de Rav Achi.

13
וְאָמַר רַבָּה: קְרוּם שֶׁעָלָה מֵחֲמַת מַכָּה בַּוֶּושֶׁט, אֵינוֹ קְרוּם. וְאָמַר רַבָּה: ווֶשֶׁט אֵין לוֹ בְּדִיקָה מִבַּחוּץ, אֶלָּא בִּפְנִים. לְמַאי נָפְקָא מִינַּהּ?

Et Rabba a dit : une membrane qui s'est formée à la suite d'une plaie dans l'oesophage (veshet) n'[est] pas une membrane [valide]. Et Rabba a dit : l'oesophage (veshet) n'a pas d'examen de l'extérieur, mais [seulement] de l'intérieur.

Pour quoi [cela fait-il une] différence pratique (nafka mina) ?

📜 Rachi (2)
אֵינוֹ קְרוּם וְאִם נִיקַּב וְנִסְתַּם אֲפִילּוּ עָלְתָה בּוֹ סְתִימָה עָבָה אֵינָהּ מִתְקַייֶּמֶת כִּדְאָמְרִינַן בִּיבָמוֹת (דַּף עו.) בִּכְרוֹת שָׁפְכָה נִיקַּב פָּסוּל נִסְתַּם כָּשֵׁר וְזֶהוּ פְּסוּל שֶׁחוֹזֵר לְהֶכְשֵׁרוֹ זֶהוּ לְמַעוֹטֵי קְרוּם שֶׁעָלָה מֵחֲמַת מַכָּה בָּרֵיאָה שֶׁאֵינוֹ קְרוּם דְּכָל נְקוּבֵי דְּטַרְפוּת לָא מְהַנְּיָא לְהוּ סְתִימָה דְּסָלְקָא בְּהוּ לְאַחַר זְמַן וְלָא דָּמֵי לְרֵיאָה שֶׁנִּיקְּבָה וְדֹופֶן סוֹתַמְתָּהּ וְלִסְתִימַת כָּבֵד בַּמָּרָה וְלִסְתִימָה דִּירֵכַיִם בְּחַלְחֹולֶת דִּלְקַמָּן (חֻולִּין דַּף נ.) דְּהַהִיא סְתִימָה מֵעִיקָּרָא הִיא:
N'[est] pas une membrane — et si [l'oesophage] a été perforé puis obturé, même [s']il s'y est formée une obturation épaisse, elle ne tient pas, comme nous disons dans Yevamot (76a) à propos de celui dont le canal [séminal] est sectionné (kerout chofkha) : perforé — passoul ; obturé — cachere ; et c'est un [cas] passoul qui revient à son état cachere. Ceci [vient] exclure une membrane qui s'est formée à la suite d'une plaie dans le poumon (réa), qui n'[est] pas une membrane, car toutes les perforations [entraînant] tereifa, l'obturation ne leur sert de rien, car elle se détache (salka) en elles après un [certain] temps ; et [cela] ne ressemble pas au poumon perforé que la paroi (dofen) obture, ni à l'obturation du foie sur la vésicule (mara), ni à l'obturation des cuisses (yerekhayim) dans le gros intestin (halhalet) [mentionnées] plus loin (Houlin 50a), car cette obturation-là [existe] dès l'origine (me-ikara).
אֵין לוֹ בְּדִיקָה מִבַּחוּץ לְפִי שֶׁהָעוֹר הַחִיצוֹן אָדֹום וְאֵין טִפַּת דָּם נִכְרָת בּוֹ:
N'a pas d'examen de l'extérieur — parce que la tunique externe [est] rouge et [qu']une goutte de sang ne s'y distingue pas.
⚖️ Rosh (2)
גְּמ' אָמַר רַבָּה שְׁנֵי עוֹרוֹת יֵשׁ לוֹ לַוֶּושֶׁט הַחִיצוֹן אָדֹום וְהַפְּנִימִי לָבָן נִיקַּב זֶה בְּלֹא זֶה כָּשֵׁר. לָמָּה לִי לְמֵימַר הַחִיצוֹן אָדֹום וְהַפְּנִימִי לָבָן. דְּאִי חֲלֵיף טְרֵיפָה. וְאִם שְׁנֵיהֶם אֲדֻומִּים אוֹ שְׁנֵיהֶם לְבָנִים כָּתַב בַּעַל הָעִיטּוּר זַ"ל דְּמִיסְתַּבֵּר דְּכָשֵׁר דְּאֶחָד מֵהֶן לָקָה וַחֲבֵירוֹ מֵגֵין עָלָיו וַהֲוָה לֵיהּ כְּנֶקֶב זֶה בְּלֹא זֶה וְאִיכָּא מַאן דְּאָמַר דִּטְרֵיפָה וְכֵן נ"ל דְּלָא דָּמֵי לְנֶקֶב קָטָן דְּחַבְרֵיהּ מֵגֵין עֲלוֹהִי אֲבָל כָּאן שֶׁכֻּולּוֹ לָקוּי אֵין מִתְקַייֵּם ע"י הַשֵּׁנִי וְאִם נִקְּבוּ זֶה שֶׁלֹּא כְּנֶגֶד זֶה טְרֵיפָה. דְּכֵיוָן דְּאָכְלָה בֵּיהּ גָּמְדָא לֵיהּ וּפָשְׁטָה לֵיהּ זִימְנִין דְּמִתְרַמֵּי בַּהֲדֵי הֲדָדֵי:
Guemara. Rabba a dit : l'oesophage (veshet) a deux tuniques (orot), l'externe rouge et l'interne blanche ; [si] l'une [a été] percée sans l'autre, [la bête est] cachere. Pourquoi me faut-il dire « l'externe rouge et l'interne blanche » ? — car si elles [sont] inverties (haliph), [la bête est] tereifa. Et si toutes deux [sont] rouges ou toutes deux blanches — le Baal ha-Itour, de mémoire bénie, a écrit qu'il paraît raisonnable [de dire] qu'[elle est] cachere, car l'une d'elles [seulement] est lésée (laka) et sa compagne la protège (meguen alav), et [le cas] revient à « une perforation de l'une sans l'autre ». Et il y a qui dit qu'[elle est] tereifa ; et ainsi me paraît-il [correct] à moi [aussi], car [ce cas] ne ressemble pas à une petite perforation dont sa compagne la protège ; mais ici, où tout [le tissu] est lésé (lakouy), [la tunique perforée] ne se maintient pas (ein mitkayem) grâce à la seconde. Et si elles ont été percées l'une non vis-à-vis de l'autre — [la bête est] tereifa ; car, puisque [la bête] mange avec [l'oesophage], elle le contracte (gamda leh) et l'étend (pachta leh), [si bien qu']il arrive parfois que [les deux percées] s'alignent (mitrami) l'une [avec] l'autre.
וְאָמַר רַבָּה קְרוּם שֶׁעָלָה מֵחֲמַת מַכָּה בַּוֶּושֶׁט אֵינוֹ קְרוּם דְּסוֹפוֹ לִיפָּסֵק. וְאָמַר רַבָּה ווֶשֶׁט אֵין לוֹ בְּדִיקָה מִבַּחוּץ אֶלָּא מִבִּפְנִים לְמַאי נָפְקָא מִינַּהּ לִסְפֵק דְּרוּסָה כֵּיוָן דְּדָם אָדֹום וְגַם ווֵשֶׁט מִבַּחוּץ אָדֹום לָא מִינְּכַר עַד דִּבְדִיק לֵיהּ מִבִּפְנִים שֶׁהוּא לָבָן. תָּמֵיהַּ לִי כֵּיוָן דְּאֵין לוֹ בְּדִיקָה מִבַּחוּץ הֵיאַךְ מַכְשְׁרִינַן לֵיהּ ע"י בְּדִיקָה מִבִּפְנִים דִּילְמָא אִי הֲוָה מָצֵי לְמִיבְדָּקֶיהָ מִבַּחוּץ הָיוּ מוֹצְאִין הָאֶרֶס וְסוֹפוֹ לְקַלְקֵל לִפְנִים. וְדֹוחַק הוּא לוֹמַר דְּהָא דְּאָמַר לְקַמָּן עַד הֶאְדִּימוּ הַסִּימָנִין עַצְמָן ר"ל שֶׁיַּאְדִּימוּ מִבִּפְנִים. דְּהָא מִדְּקָאָמַר עַד שֶׁיַּאְדִּיס בָּשָׂר כְּנֶגֶד בְּנֵי מֵעַייִם מַשְׁמַע דְּהַאי דְּקָאָמַר סִימָנִים עַצְמָן אֲתָא לְאַפּוּקֵי שֶׁאִם הֶאְדִּים הָעוֹר וְהַבָּשָׂר כְּנֶגֶד הַסִּימָנִים אֵין לָחוּשׁ. אֲבָל מִכָּל מָקוֹם אִם הֶאְדִּימוּ הַסִּימָנִין עַצְמָן אֲפִילּוּ מִבַּחוּץ טְרֵיפָה. וְעוֹד אִי לָא מִטָּרְפִי סִימָנִין בְּאַדְמוּמִיּוּת שֶׁמִּבַּחוּץ מַאי קָאָמַר הָכָא וֶושֶׁט אֵין לוֹ בְּדִיקָה מִבַּחוּץ אֶלָּא מִבִּפְנִים וְנָפְקָא מִינָּהּ לִסְפֵק דְּרוּסָה וַאֲפִילּוּ אִם יֵשׁ לוֹ בְּדִיקָה מִבַּחוּץ לָמָּה יִבְדְּקֶנּוּ הוֹאִיל וְלָא מִיטְרָף בְּהָכִי וְצָרִיךְ לוֹמַר דְּהֵקֵלּוּ בִּסְפֵק דְּרוּסָה הוֹאִיל וְאִי אֶפְשָׁר בְּעִנְיָן אַחֵר. וְגַם יֵשׁ לוֹמַר דְּרֹוב פְּעָמִים אֶיפְשָׁר שֶׁיְּהֵא נִיכָּר טִיפַּת דַּם הָאֶרֶס אַף עַל הַווֶּשֶׁט מִבַּחוּץ אֶלָּא לְהַחְמִיר קָאָמַר דְּאֵין לִסְמֹוךְ עַל בְּדִיקַת חוּץ לְפִי שֶׁהַחִיצוֹן אָדֹום וּפְעָמִים שֶׁאֵין נִיכָּר וְצָרִיךְ לְבָודְקוֹ אַף מִבִּפְנִים כִּי הָאֶרֶס נִתְקַלְקֵל לִפְנִים וְלֹא נִשְׁאַר מִבַּחוּץ אֶלָּא רוֹשֶׁס אַדְמוּמִית שֶׁל הָאֶרֶס וְאוֹתוֹ אֵינוֹ נִיכָּר מֵחֲמַת אַדְמוּמִית הַווֶּשֶׁט. אֲבָל בְּעוֹד שֶׁלֹּא נִתְקַלְקֵל הָאֶרֶס וְעָבַר לִפְנִים טִיפַּת דָּם הָאֶרֶס נִיכֶּרֶת יָפֶה בְּעוֹדָהּ מֻונַּחַת עַל הַווֶּשֶׁט. וּסְפֵק דְּרוּסָה דַּאֲתַאי לְקַמֵּיהּ דְּרַבָּה בָּדַק מִבַּחוּץ וְעָשָׂה כְּאִילּוּ לֹא הָיָה רוֹצֶה לִבְדֹּוק יוֹתֵר לְחַדּוּדֵי לְאַבַּיֵּי: הָהִיא סְפֵק דְּרוּסָה דַּאֲתַאי לְקַמֵּיהּ דְּרַבָּה הֲוָה בְּדִיק מֵאַבָּרַאי. א"ל אַבָּיֵי וְהָא מָר הוּא דְּאָמַר וֶושֶׁט אֵין לוֹ בְּדִיקָה מִבַּחוּץ אֶלָּא מִבִּפְנִים. אַפְכֵיהּ וּדְדַקֵּיהּ וְאַשְׁכַּח עֲלֵיהּ תְּרֵי קֻורְטֵי דְּמָא וְטַרְפֵיהּ וְרַבָּה לְחַדּוּדֵי דְּאַבַּיֵּי הוּא דְּבָעֲיָא:
Et Rabba a dit : une membrane (kerom) qui s'est formée à la suite d'une plaie (maka) dans l'oesophage (veshet) n'[est] pas une membrane [valide], car elle finira par se rompre (sofo li-pasek). Et Rabba a dit : l'oesophage n'a pas d'examen (bedika) de l'extérieur, mais [seulement] de l'intérieur. Pour quoi [cela fait-il une] différence pratique (nafka mina) ? Pour [le cas de] la [bête] dont il y a doute qu'elle ait été griffée (sfek derousa) : puisque le sang [est] rouge et [que] l'oesophage, de l'extérieur, [est] lui aussi rouge, [le sang] ne se distingue pas (lo minkar) jusqu'à ce qu'on l'examine de l'intérieur, qui est blanc. Cela m'étonne (tamiah li) : puisqu'il n'a pas d'examen de l'extérieur, comment le déclarons-nous cachere au moyen d'un examen de l'intérieur ? Peut-être [que] si l'on avait pu l'examiner de l'extérieur, on aurait trouvé le venin (ères), qui finira par corrompre [le tissu] vers l'intérieur ! Et [c'est] forcé (dohak) de dire que ce qui est dit plus loin, « jusqu'à ce que les simanim (organes-voies, ici l'oesophage/la trachée) eux-mêmes rougissent », veuille dire qu'ils rougissent de l'intérieur. Car du fait qu'il dit « jusqu'à ce que rougisse la chair en regard des intestins (bnei meayim) », il ressort que ce qu'il dit « les simanim eux-mêmes » vient exclure [le cas où] la peau (or) et la chair rougissent en regard des simanim, [auquel cas] il n'y a pas [lieu] de craindre ; mais quoi qu'il en soit, si les simanim eux-mêmes ont rougi, même de l'extérieur, [la bête est] tereifa. En outre, si les simanim ne devenaient pas tereifa par la rougeur (admumit) de l'extérieur, que veut dire [Rabba] ici : « l'oesophage n'a pas d'examen de l'extérieur, mais [seulement] de l'intérieur, et la différence pratique [porte] sur le doute de [bête] griffée » ? Même s'il avait un examen de l'extérieur, pourquoi l'examinerait-on, puisque [la bête] n'en devient pas tereifa ? Et il faut dire qu'on a allégé dans [le cas du] doute de [bête] griffée, puisqu'il [n'est] pas possible [de procéder] autrement. Et l'on peut aussi dire que, la plupart du temps, il est possible que la goutte de sang du venin (tipat dam ha-ères) soit repérable même sur l'oesophage de l'extérieur ; mais [Rabba] parle [ainsi] pour aggraver (le-hahmir), [enseignant] qu'il ne faut pas se fier à l'examen de l'extérieur, parce que l'[oesophage] externe [est] rouge et [que] parfois [le sang] n'est pas repérable, et [qu']il faut l'examiner aussi de l'intérieur, car [il se peut que] le venin ait déjà corrompu [le tissu] vers l'intérieur et qu'il ne reste de l'extérieur qu'une trace (rochess) de la rougeur du venin, laquelle ne se distingue pas à cause de la rougeur de l'oesophage. Mais tant que le venin n'a pas [encore] corrompu [le tissu] et [n'a pas] passé vers l'intérieur, la goutte de sang du venin se distingue bien tant qu'elle repose sur l'oesophage. Et [pour] le doute de [bête] griffée qui vint devant Rabba, il l'examina de l'extérieur et fit comme s'il ne voulait pas examiner davantage, afin d'aiguiser [l'esprit d']Abaye (le-hadoudei le-Abaye) : ce doute de [bête] griffée qui vint devant Rabba, il l'examinait de l'extérieur. Abaye lui dit : mais [n'est-ce pas] le maître lui-même qui a dit « l'oesophage n'a pas d'examen de l'extérieur, mais [seulement] de l'intérieur » ? Il le retourna (apkheih) et l'examina, et il trouva sur lui deux gouttelettes (kortei) de sang, et il le déclara tereifa ; et [en fait] Rabba ne cherchait qu'à aiguiser [l'esprit d']Abaye.
💡 Explication

Deux enseignements de Rabba sur l'oesophage. (1) Une croûte (membrane) formée par une plaie n'est pas une vraie membrane : elle ne tient pas et finira par se rouvrir, donc elle ne 'rebouche' pas une perforation. (2) L'oesophage ne s'examine pas de l'extérieur — la tunique externe étant rouge, une goutte de sang [signe d'une lésion] ne s'y distingue pas — mais seulement de l'intérieur (où la tunique est blanche). La Guemara demande quelle nafka mina en découle.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).