Chullin 43b — le caillou dans l'oesophage, la présomption d'état (hazaka), et l'entrée de l'oesophage (turbatz ha-veshet)

Chullin 43b

Sougya : La sougya part de l'examen de l'oesophage (veshet) en cas de doute de derousa (bête griffée) : seul l'examen interne le décèle, et l'on rapporte le cas où Rabba examine de l'extérieur pour aiguiser Abaye, puis retourne l'oesophage et trouve deux gouttes de sang (tereifa). Oulla enseigne ensuite qu'un caillou planté dans l'oesophage sans perforation visible ne fait pas craindre une perforation guérie : la présomption d'état valide (hazaka) demeure.

La Guemara confronte cette règle à quatre cas (doute de derousa, deux morceaux dont un helev, couteau trouvé ébréché, doute d'impureté en domaine privé) et dégage que la hazaka tient en l'absence d'interdit établi ou de défaut survenu. Rav Kahana corrige une transmission : c'est 'planté' (et non 'trouvé') qui fut énoncé.

Vient alors la mahloket Rav (be-mashehu) contre Chmouel (be-rouvo) sur la perforation de l'entrée de l'oesophage (turbatz ha-veshet), avec la définition de cette zone (ce qui s'élargit, se durcit ou se rétracte à la coupe). Enfin le bœuf des fils de Rav Oukva, abattu à cheval sur turbatz et oesophage : Rava cumule les rigueurs de Rav et de Chmouel pour l'invalider, Rabbi Abba le déclare cachere selon l'un comme l'autre, et Mar fils de Ravina réfute Rava par la règle qui interdit de cumuler deux indulgences contradictoires — Rava doit payer le bœuf qu'il a fait manger aux chiens.

Le cas du caillou (Oulla) confronté à quatre objections caillou planté dans l'oesophage, pas de perforation visible -> on ne craint pas qu'il ait perforé puis guéri Oulla : cachere présomption d'état valide (hazaka) 1. Doute de derousa (bête griffée : examen) Oulla : on ne craint pas le doute de derousa 2. Deux morceaux (un helev, un graisse) là-bas : présomption d'interdit déjà établie 3. Couteau ébréché (trouvé après l'abattage) là-bas : un défaut est né (rieouta) dans la lame 4. Doute d'impureté (domaine privé : impur) là-bas : loi reçue de la sota (a part) Principe de distinction hazaka (présomption d'état) tient quand il n'y a NI interdit établi au départ, NI défaut survenu à la fin -> le caillou planté laisse l'oesophage en son état valide
Le cas d'Oulla (segments 2-7) confronté aux quatre objections : quand la présomption d'état (hazaka) tient-elle ?
Le turbatz ha-veshet (entrée de l'oesophage) : Rav contre Chmouel tête / pharynx turbatz veshet (oesophage) se durcit, ne se rétracte pas mou, se rétracte si on le coupe Rav : be-mashehu perforé en QUOI QUE CE SOIT -> tereifa car le turbatz EST un lieu d'abattage (comme l'oesophage) Chmouel : be-rouvo tereifa SEULEMENT si perforé en sa majorité car le turbatz n'est PAS un lieu d'abattage
La mahloket Rav / Chmouel (segment 9) sur la perforation de l'entrée de l'oesophage (turbatz ha-veshet).
Le bœuf des fils de Rav Oukva : abattage à cheval sur turbatz et veshet l'abattage commence dans le turbatz (un rien) et s'achève dans l'oesophage Rava : deux rigueurs -> tereifa rigueur de Rav (mashehu) + rigueur de Chmouel (turbatz n'est pas lieu d'abattage) -> un rien dans le turbatz invalide Rabbi Abba : cachere pour Rav : turbatz = lieu d'abattage, abattage valide ; pour Chmouel : pas tereifa tant que pas perforé en majorité Mar fils de Ravina : réfutation on ne cumule pas deux rigueurs qui se contredisent (mi-koulei + mi-koulei = racha) Rava paie la valeur du bœuf : il a erré dans une michna explicite, et de ses mains l'a fait manger aux chiens
Le boeuf des fils de Rav Oukva (segments 11-14) : Rava cumule les rigueurs, Rabbi Abba l'innocente, Mar fils de Ravina le réfute.
1
לִסְפֵק דְּרוּסָה.

[La halakha est nécessaire] pour un cas de doute de derousa (bête soupçonnée d'avoir été griffée par un prédateur).

📜 Rachi (1)
לִסְפֵק דְּרוּסָה כְּגוֹן הָנָךְ דְּאִיכָּא לְמִיחַשׁ לְהוּ כְּדִלְקַמָּן אִיהוּ קָשְׁתִיק וְאִינְהוּ קָא מִקַּרְקְרָן וְאָמְרִינַן לְקַמָּן (חֻולִּין דַּף נג:) דְּרוּסָה שֶׁאָמְרוּ צְרִיכָה בְּדִיקָה וְאֵינָהּ אֲסוּרָה עַד שֶׁיַּאְדִּים כְּנֶגֶד הֶחָלָל וּבַסִּימָנִים עַד שֶׁיַּאְדִּימוּ הַסִּימָנִים עַצְמָן וְלֹא שֶׁנִּיקַּב אֶלָּא שֶׁהָאֶרֶס מַאְדִּים הַסִּימָן וּמְחַלְחֵל וְיוֹרֵד לַחֲלָלוֹ וּבַוֶּושֶׁט אֵינוֹ נִיכָּר הָאַדְמִימוּת אֶלָּא מִבִּפְנִים שֶׁהָעוֹר לָבָן:
[La halakha est nécessaire] pour un doute de derousa — par exemple ceux pour lesquels il y a lieu de craindre, comme [il sera dit] plus loin : lui [le fauve] se tait et eux [les bêtes] poussent des cris ; et nous disons plus loin (Houlin 53b) [que] la derousa dont [les Sages] ont parlé requiert un examen, et [la bête] n'est interdite que lorsqu'[il y a rougeur] en regard de la cavité ; et pour les simanim, [elle n'est interdite] que lorsque les simanim eux-mêmes rougissent — non que [le prédateur] ait perforé, mais [parce] que le venin rougit le siman, le ronge et descend jusqu'à sa cavité ; et dans l'oesophage la rougeur n'est reconnaissable que de l'intérieur, car la [membrane] extérieure est blanche.
⚖️ Rosh (1)
וְאָמַר רַבָּה קְרוּם שֶׁעָלָה מֵחֲמַת מַכָּה בַּוֶּושֶׁט אֵינוֹ קְרוּם דְּסוֹפוֹ לִיפָּסֵק. וְאָמַר רַבָּה ווֶשֶׁט אֵין לוֹ בְּדִיקָה מִבַּחוּץ אֶלָּא מִבִּפְנִים לְמַאי נָפְקָא מִינַּהּ לִסְפֵק דְּרוּסָה כֵּיוָן דְּדָם אָדֹום וְגַם ווֵשֶׁט מִבַּחוּץ אָדֹום לָא מִינְּכַר עַד דִּבְדִיק לֵיהּ מִבִּפְנִים שֶׁהוּא לָבָן. תָּמֵיהַּ לִי כֵּיוָן דְּאֵין לוֹ בְּדִיקָה מִבַּחוּץ הֵיאַךְ מַכְשְׁרִינַן לֵיהּ ע"י בְּדִיקָה מִבִּפְנִים דִּילְמָא אִי הֲוָה מָצֵי לְמִיבְדָּקֶיהָ מִבַּחוּץ הָיוּ מוֹצְאִין הָאֶרֶס וְסוֹפוֹ לְקַלְקֵל לִפְנִים. וְדֹוחַק הוּא לוֹמַר דְּהָא דְּאָמַר לְקַמָּן עַד הֶאְדִּימוּ הַסִּימָנִין עַצְמָן ר"ל שֶׁיַּאְדִּימוּ מִבִּפְנִים. דְּהָא מִדְּקָאָמַר עַד שֶׁיַּאְדִּיס בָּשָׂר כְּנֶגֶד בְּנֵי מֵעַייִם מַשְׁמַע דְּהַאי דְּקָאָמַר סִימָנִים עַצְמָן אֲתָא לְאַפּוּקֵי שֶׁאִם הֶאְדִּים הָעוֹר וְהַבָּשָׂר כְּנֶגֶד הַסִּימָנִים אֵין לָחוּשׁ. אֲבָל מִכָּל מָקוֹם אִם הֶאְדִּימוּ הַסִּימָנִין עַצְמָן אֲפִילּוּ מִבַּחוּץ טְרֵיפָה. וְעוֹד אִי לָא מִטָּרְפִי סִימָנִין בְּאַדְמוּמִיּוּת שֶׁמִּבַּחוּץ מַאי קָאָמַר הָכָא וֶושֶׁט אֵין לוֹ בְּדִיקָה מִבַּחוּץ אֶלָּא מִבִּפְנִים וְנָפְקָא מִינָּהּ לִסְפֵק דְּרוּסָה וַאֲפִילּוּ אִם יֵשׁ לוֹ בְּדִיקָה מִבַּחוּץ לָמָּה יִבְדְּקֶנּוּ הוֹאִיל וְלָא מִיטְרָף בְּהָכִי וְצָרִיךְ לוֹמַר דְּהֵקֵלּוּ בִּסְפֵק דְּרוּסָה הוֹאִיל וְאִי אֶפְשָׁר בְּעִנְיָן אַחֵר. וְגַם יֵשׁ לוֹמַר דְּרֹוב פְּעָמִים אֶיפְשָׁר שֶׁיְּהֵא נִיכָּר טִיפַּת דַּם הָאֶרֶס אַף עַל הַווֶּשֶׁט מִבַּחוּץ אֶלָּא לְהַחְמִיר קָאָמַר דְּאֵין לִסְמֹוךְ עַל בְּדִיקַת חוּץ לְפִי שֶׁהַחִיצוֹן אָדֹום וּפְעָמִים שֶׁאֵין נִיכָּר וְצָרִיךְ לְבָודְקוֹ אַף מִבִּפְנִים כִּי הָאֶרֶס נִתְקַלְקֵל לִפְנִים וְלֹא נִשְׁאַר מִבַּחוּץ אֶלָּא רוֹשֶׁס אַדְמוּמִית שֶׁל הָאֶרֶס וְאוֹתוֹ אֵינוֹ נִיכָּר מֵחֲמַת אַדְמוּמִית הַווֶּשֶׁט. אֲבָל בְּעוֹד שֶׁלֹּא נִתְקַלְקֵל הָאֶרֶס וְעָבַר לִפְנִים טִיפַּת דָּם הָאֶרֶס נִיכֶּרֶת יָפֶה בְּעוֹדָהּ מֻונַּחַת עַל הַווֶּשֶׁט. וּסְפֵק דְּרוּסָה דַּאֲתַאי לְקַמֵּיהּ דְּרַבָּה בָּדַק מִבַּחוּץ וְעָשָׂה כְּאִילּוּ לֹא הָיָה רוֹצֶה לִבְדֹּוק יוֹתֵר לְחַדּוּדֵי לְאַבַּיֵּי: הָהִיא סְפֵק דְּרוּסָה דַּאֲתַאי לְקַמֵּיהּ דְּרַבָּה הֲוָה בְּדִיק מֵאַבָּרַאי. א"ל אַבָּיֵי וְהָא מָר הוּא דְּאָמַר וֶושֶׁט אֵין לוֹ בְּדִיקָה מִבַּחוּץ אֶלָּא מִבִּפְנִים. אַפְכֵיהּ וּדְדַקֵּיהּ וְאַשְׁכַּח עֲלֵיהּ תְּרֵי קֻורְטֵי דְּמָא וְטַרְפֵיהּ וְרַבָּה לְחַדּוּדֵי דְּאַבַּיֵּי הוּא דְּבָעֲיָא:
Et Rabba a dit : une pellicule (krum) qui s'est formée à la suite d'une plaie dans l'oesophage (veshet) n'est pas [une vraie] pellicule, car elle finira par se rompre. Et Rabba a dit : l'oesophage n'a pas d'examen de l'extérieur, mais [seulement] de l'intérieur. Pour quelle conséquence pratique (nafka mina) ? Pour un doute de derousa (bête soupçonnée d'avoir été griffée par un prédateur) : puisque le sang est rouge et que l'oesophage aussi est rouge de l'extérieur, [la rougeur du venin] n'est pas reconnaissable jusqu'à ce qu'on l'examine de l'intérieur, qui est blanc. Cela m'étonne : puisqu'il [l'oesophage] n'a pas d'examen de l'extérieur, comment le rendons-nous cachere par un examen de l'intérieur ? Peut-être, si l'on pouvait l'examiner de l'extérieur, y trouverait-on le venin, qui finira par causer un dommage à l'intérieur. Et il est forcé (dohak) de dire que ce qui est dit plus loin — [la bête n'est interdite] que lorsque les simanim (l'oesophage et la trachée, organes de l'abattage) eux-mêmes rougissent — voudrait dire qu'ils rougissent de l'intérieur. Car du fait qu'il est dit [ailleurs] : jusqu'à ce que la chair rougisse en regard des intestins, cela implique que ce qui est dit '[jusqu'à ce que] les simanim eux-mêmes [rougissent]' vient exclure [le cas] où la peau et la chair ont rougi en regard des simanim, [auquel cas] il n'y a pas lieu de craindre. Mais en tout état de cause, si les simanim eux-mêmes ont rougi, même de l'extérieur, [la bête est] treifa (interdite car atteinte d'un défaut mortel). En outre, si les simanim ne devenaient pas treifa par une rougeur de l'extérieur, que veut dire [Rabba] ici : 'l'oesophage n'a pas d'examen de l'extérieur, mais [seulement] de l'intérieur, et la conséquence pratique [est] pour un doute de derousa' ? Même s'il avait un examen de l'extérieur, pourquoi l'examinerait-on, puisqu'il ne devient pas treifa par cela [par une rougeur externe] ? Et il faut dire qu'ils ont été indulgents (hekelou) dans le doute de derousa, puisqu'il n'est pas possible [de procéder] autrement. Et l'on peut aussi dire que, la plupart du temps, il est possible que la goutte de sang du venin soit reconnaissable même sur l'oesophage de l'extérieur ; seulement, [Rabba] parle par rigueur (le-hahmir), [voulant dire] qu'il ne faut pas se fier à un examen extérieur, parce que l'extérieur est rouge et qu'il arrive [que le venin] ne soit pas reconnaissable, et qu'il faut donc l'examiner aussi de l'intérieur — car le venin a causé un dommage à l'intérieur et il n'est resté à l'extérieur qu'une trace (rochem) de la rougeur du venin, laquelle n'est pas reconnaissable à cause de la rougeur de l'oesophage. Mais tant que le venin n'a pas causé de dommage ni passé à l'intérieur, la goutte de sang du venin est bien reconnaissable tant qu'elle repose [encore] sur l'oesophage. Et [dans] le doute de derousa qui vint devant Rabba, il examina de l'extérieur et fit comme s'il ne voulait pas examiner davantage, pour aiguiser Abaye (le-hadoudei le-Abaye). Ce certain doute de derousa qui vint devant Rabba : il examinait de l'extérieur. Abaye lui dit : mais n'est-ce pas toi, Maître, qui as dit [que] l'oesophage n'a pas d'examen de l'extérieur, mais [seulement] de l'intérieur ! Il [le] retourna et l'examina, et l'on y trouva deux brins (gouttes) de sang, et il [la] déclara treifa. Et Rabba [n'avait fait cela que] parce qu'il voulait aiguiser Abaye.
💡 Explication

Réponse à une difficulté de la fin de 43a (pourquoi la michna devrait-elle enseigner que l'oesophage perforé rend tereifa, alors que c'est évident). La halakha est utile dans un cas de doute de derousa : une bête que l'on soupçonne d'avoir été griffée par un fauve. Comme la membrane externe (l'enveloppe rouge) de l'oesophage (veshet) est toujours rouge, le venin n'y est pas décelable de l'extérieur ; il faut examiner l'intérieur, blanc, pour voir s'il a rougi.

2
הָהִיא סְפֵק דְּרוּסָה דַּאֲתַאי לְקַמֵּיהּ דְּרַבָּה, הֲוָה קָא בָּדֵיק לֵיהּ רַבָּה לְווֶשֶׁט מֵאַבָּרַאי. אָמַר לֵיהּ אַבַּיֵּי: וְהָא מָר הוּא דְּאָמַר: וֶושֶׁט אֵין לוֹ בְּדִיקָה אֶלָּא מִבִּפְנִים! אַפְכֵיהּ רַבָּה וּבְדָקֶיהָ, וְאִישְׁתְּכַח עֲלֵיהּ תְּרֵי קֻורְטֵי דְּמָא, וּטְרֵפָה. וְרַבָּה נָמֵי לְחַדּוֹדֵי לְאַבָּיֵי הוּא דְּבָעֵי.

Un certain doute de derousa vint devant Rabba. Rabba examinait l'oesophage de l'extérieur.

Abaye lui dit : mais n'est-ce pas toi, Maître, qui as dit [que] l'oesophage n'a d'examen que de l'intérieur ! Rabba [le] retourna et l'examina, et l'on y trouva deux brins (gouttes) de sang, et il [la] déclara tereifa.

Et Rabba aussi [n'avait fait cela que] parce qu'il voulait aiguiser Abaye.

📜 Rachi (3)
הַהִיא סְפֵק דְּרוּסָה וְכוּ' אִם עוֹף הָיָה בּוֹדֵק הַקָּנֶה תְּחִלָּה כִּדְאָמְרִינַן בְּפֶרֶק שֵׁנִי (לְעֵיל חֻולִּין כח.) וְשָׁחַט הַקָּנֶה וְהִכְשִׁירוּ וְאַחַ"כּ בָּדַק הַווֶּשֶׁט וְאִם בְּהֵמָה הִיא נָמֵי אִית בָּהּ תַּקַּנְתָּא דְּבִשְׁלָמָא גַּבֵּי נֶקֶב אִיכָּא לְמֵימַר דִּילְמָא בִּמְקוֹם נֶקֶב שָׁחַט אֲבָל גַּבֵּי דְּרוּסָה כֵּיוָן דִּמְקוֹמוֹ מַאְדִּים אֲפִילּוּ שָׁחַט בּוֹ יֵשׁ הֶיכֵּר בְּמַשֶּׁהוּ:
Un certain doute de derousa etc. — s'il s'agissait d'un oiseau, on examine d'abord la trachée (kaneh), comme nous le disons au chapitre 2 (plus haut, Houlin 28a) : et l'on abat la trachée et on la rend cachere, puis ensuite on examine l'oesophage ; et s'il s'agit d'une bête domestique, il y a aussi un remède (tikkanta) : car certes, à propos d'une perforation, on peut dire 'peut-être a-t-il abattu à l'endroit de la perforation', mais à propos de la derousa, puisque son emplacement rougit, même [s']il a abattu la, il y a un signe distinctif pour un rien (be-mashehu).
קָורְטֵי דְּמָא שֶׁחִילְחֵל הָאֶרֶס וְנִכְנַס:
Des brins de sang — [signe] que le venin s'est infiltré et a pénétré.
לְחַדּוּדֵי לְאַבַּיֵּי כְּדֵי שֶׁיִּשְׁאַל:
Pour aiguiser Abaye — afin qu'il [le] questionne.
🗂️ Tossefot (1)
הַהִיא סְפֵק דְּרוּסָה פֵּירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס דְּבִבְהֵמָה נָמֵי אִיכָּא תַּקַּנְתָּא דְּבִשְׁלָמָא גַּבֵּי נֶקֶב אִיכָּא לְמֵימַר דִּלְמָא בִּמְקוֹם נֶקֶב שָׁחַט אֲבָל גַּבֵּי דְּרוּסָה כֵּיוָן דִּמְקוֹמָהּ מַאְדִּים אַפֵּי' שָׁחַט בָּהּ יֵשׁ הֶיכֵּר בְּמַשֶּׁהוּ וּלְפִי מַה שֶׁפֵּירַשְׁתִּי בפ"ב (לְעֵיל חֻולִּין דַּף כֹּח.) גַּבֵּי בַּר אַוְוזָא דְּקָאָמַר נִשְׁחֲטֵיהּ לְווֵשֶׁט דִּלְמָא בִּמְקוֹם נֶקֶב שָׁחֵיט דְּבִסְפֵק דְּרוּסָה אַייְרֵי לֹא יִתָּכֵן לוֹמַר כֵּן:
Un certain doute de derousa — il [Rachi] a expliqué dans le Kountras [son commentaire] que pour une bête domestique aussi il y a un remède : car certes, à propos d'une perforation, on peut dire 'peut-être a-t-il abattu à l'endroit de la perforation', mais à propos de la derousa, puisque son emplacement rougit, même [s']il a abattu la, il y a un signe distinctif pour un rien. Or, selon ce que j'ai expliqué au chapitre 2 (plus haut, Houlin 28a) à propos de l'oison (bar avaza), où [Rava] dit 'qu'il abatte l'oesophage [pour le rendre cachere par l'abattage même]' — car peut-être a-t-il abattu à l'endroit de la perforation — [pour le cas] où il s'agit d'un doute de derousa, il n'est pas possible de dire ainsi.
🪔 Ben Yehoyada (1)
רב מרי אמר אתיא מ'מכה אביו ואמו' דאמר רחמנא קטליה וליחוש דילמא לאו אביו הוא? אלא לאו משום דאמרינן זיל בתר רובא ורב בעלות אחר הבעל (שמות כא, טו) . אמר לי הרב מהר"ר יהודא אשכנזי ז"ל תושב דמשק יע"א שהיה עובר אורח פה מח"ק בג'דאד יע"א זה שנים רבות שבאשכנז מקשים כאן קושיא אחת ומתרצים אותה על פי ארבע הקדמות ובשביל לחדד את התלמידים אין אומרים להם אלא רק הארבע הקדמות וצריך התלמיד לעיין לומר מעצמו התירוץ וירכיב אותו על הארבע הקדמות ההם ולא יחסר מהם כלום. וזו היא הקושיא על הכלל שכתב רבינו תם ז"ל דסבר מר דלא אזלינן בתר רובא אלא בענין שאם לא תלך אחר הרוב אז לא היה חייב מיתה כלל והשתא דאזלת בתר רובא תחייבהו מיתה אבל בענין שאם לא אזלת בתר הרוב חייב מיתה קלה ואי אזלת בתר הרוב יתחייב מיתה חמורה בכהאי גונא לא אזלינן בתר רובא לחייבו מיתה חמורה וכמו שכתבו התוספות בשמו בסוף ד"ה ליחוש עיין שם. והא איכא קושיא על כלל זה דהא הבא על אשת אביו דחייבתו התורה מיתה חמורה והיינו משום דאזלינן בתר רובא שזה אביו ואי לא אזלת בתר רובא ותאמר שאין זה אביו הוה מתחייב מיתה קלה בשביל אשת איש! והגם דיש לתרץ דקרא איירי בבא על אשת אביו גרושה מאביו דליכא איסור אשת איש מכל מקום בשביל החדוד עושין תירוץ לזו הקושיא שהוא מורכב על פי ארבע הקדמות אלו וזה תוארן. הקדמה א ' דקיימא לן אין האשה מתעברת וחוזרת ומתעברת שאם באו עליה כמה בני אדם לא אמרינן שנתעברה מכולם אלא מאחד מהם דוקא. הקדמה ב ' המקדש את האשה על מנת שאין עליה נדרים ונמצאו עליה נדרים אלו קדושי טעות ואינה מקודשת. הקדמה ג ' אם אחד נדר ושמע חבירו ואמר ואני חל הנדר גם על השני שאמר ואני. הקדמה ד ' מפר לנדרי בתו ועוקר הנדר מעיקרו כאלו לא היה נדר כלל. ועל פי ארבע הקדמות אלו צריך לומר תירוץ מורכב בארבע הקדמות אלו כן אמר לי הרב מהר"ר יאודה אשכנזי ז"ל הנזכר ושלי"ת [ושבח לא־ל יתברך] כי אנכי הצעיר אמרתי לו התירוץ המורכב על פי הקדמות הנזכר לעיל והענין הוא כך: דאיירי כגון שיעקב הולידה לו לאה את ראובן ואת דינה תאומים ודינה זו נדרה נדרים ושמעה רחל ואמרה 'ואני' ואחר כך יעקב הפר לדינה בתו ועקר הנדר מעיקרו על פי סברה הנזכר לעיל ואחר כך קידש יעקב את רחל הנזכר על מנת שאין עליה נדרים ונשאה ואחר כך זה ראובן אחיה של דינה הנזכר בא על רחל אשת אביו. ולפי זה אתי שפיר התירוץ מוכרח לומר מי שהוליד את ראובן הוא הוליד את דינה יען כי הם נולדו תאומים ואין האשה מתעברת וחוזרת ומתעברת ומוכרח לומר שראובן ודינה הם מאדם אחד, ואי אזלת בתר רובא ותאמר שיעקב הוא אביו של ראובן מוכרח אתה לומר שהוא אביה של דינה גם כן כיון שאתה אומר שדינה היא בת יעקב מכח דאזלת בתר רובא אם כן קדושי רחל קדושין גמורים יען כי יעקב הפר לדינה בתו ועקר הנדר מעיקרו ונמצא דרחל שאמרה 'ואני' לא חל עליה נדר ולכן יעקב שקדשה על מנת שאין עליה נדרים הרי אלו קדושין גמורים דבאמת אין עליה נדרים דמה שאמרה 'ואני' הרי זה בטל כיון דיעקב עקר הנדר מן דינה בתו וכאלו לא היה וכיון דקדושי יעקב את רחל הוו קדושין גמורים נמצא ראובן אשר בא על רחל יתחייב מיתה חמורה משום אשת אביו. וכל זה הוא אי אזלינן בתר רובא לומר שדינה הוא בת יעקב וראובן הוא בן יעקב אבל אי לא אזלת בתר רובא ותאמר שזה ראובן אינו בן יעקב ודינה אינה בת יעקב נמצא הפרת יעקב לדינה אינה הפרה דלא אביה הוא ואם כן הנדרים חלו על רחל שאמרה 'ואני' ונמצא יעקב שקדש את רחל על מנת שאין עליה נדרים הרי הם בטלים ונשארה רחל פנויה וממילא שבא ראובן על רחל אינו מתחייב מיתה כלל כי בא על פנויה דאין זו אשת איש ואין זו אשת אביו ואין ראובן חייב מיתה אלא רק אי אזלת בתר רובא ועל כן צדק הכלל דסבר רבינו תם דאזלינן בתר רובא לחייבו מיתה חמורה משום אשת אביו מפני דאם לא אזלת בתר רובא לא היה מתחייב מיתה כלל. וכתבתי דבר זה פה כדי שיראו הרבנים ראשי ישיבות בכל אתר ואתר ויחרדו לחדד התלמידים באופנים הדומין לזה כי באמת דברים כאלה הם מחדדים השכל ועיקר לימוד הרב לתלמידים צריך להיות על דרך זה לחדד שכלו וכמו שאמרו בגמרא (חולין מג:) ורבה לחדודי אביי הוא בעי.
💡 Explication

Récit illustrant le principe : l'oesophage ne se contrôle que de l'intérieur. Rabba l'examine sciemment de l'extérieur ; Abaye lui rappelle sa propre règle ; Rabba le retourne (membrane interne au-dehors), y trouve deux gouttes de sang (signe que le venin a pénétré) et la déclare tereifa. La Guemara précise que Rabba n'avait pas oublié sa règle : il voulait aiguiser (provoquer la question d') Abaye.

3
אָמַר עֻולָּא: יָשַׁב לוֹ קוֹץ בַּווֶּשֶׁט, אֵין חוֹשְׁשִׁין שֶׁמָּא הִבְרִיא.

Oulla a dit : [si] une épine (kotz) s'est plantée (s'est posée) dans l'oesophage, on ne craint pas qu'il [l'oesophage] ait peut-être guéri [d'une perforation antérieure].

📜 Rachi (2)
יָשַׁב לוֹ קוֹץ כְּגוֹן שֶׁאָכַל קוֹץ וְנִתְחַב לְתוֹךְ הַווֶּשֶׁט וְאֵינוֹ נִרְאֶה נְקוּבָתוֹ מִבַּחוּץ וְקֹורֶט דָּם אֵין בָּהּ בִּפְנִים:
[Si] une épine s'est plantée — par exemple [si la bête] à mangé une épine et [qu']elle s'est enfoncée dans l'oesophage, et que sa perforation ne se voit pas de l'extérieur, et qu'il n'y a pas de brin de sang à l'intérieur.
אֵין חוֹשְׁשִׁין שֶׁמָּא נֶקֶב הָיָה וְהִבְרִיא וַהֲוָה קְרוּם שֶׁעָלָה מֵחֲמַת מַכָּה בַּוֶּושֶׁט וְאֵינוֹ קְרוּם. וַאֲנִי שָׁמַעְתִּי וְהִבְרִיא לְשׁוֹן נִיקַּב כְּמוֹ וּבָרָא אוֹתָם בְּחַרְבוֹתָם (יְחֶזְקֵאל כג):
On ne craint pas — qu'il y ait peut-être eu une perforation qui a guéri, et [que ce] serait une croûte (krum) montée à cause d'une plaie dans l'oesophage, laquelle n'est pas [une vraie] croûte [qui rendrait cachere]. Et moi, j'ai entendu [que] 'guéri' (ve-hivri) [serait] un terme de perforation, comme 'et il les transperça avec leurs glaives (ou-vara otam be-harvotam)' (Ezechiel 23).
🗂️ Tossefot (1)
יָשַׁב לוֹ קוֹץ בַּוֶּושֶׁט פֵּירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס וְקֹורֶט דָּם אֵין בּוֹ מִבִּפְנִים וְנִרְאֶה דְּאֵין לָחוּשׁ אֲפִילּוּ יֵשׁ מִבִּפְנִים אִם אֵין מִבַּחוּץ כֵּיוָן דְּלָא חָיְישִׁינַן שֶׁמָּא הִבְרִיא:
[Si] une épine s'est plantée dans l'oesophage — il [Rachi] a expliqué dans le Kountras 'et il n'y a pas de brin de sang à l'intérieur' ; et il apparaît [pourtant] qu'il n'y a pas lieu de craindre, même s'il y en a à l'intérieur, du moment qu'il n'y en a pas à l'extérieur, puisque nous ne craignons pas qu'il ait peut-être guéri.
⚖️ Rosh (1)
אָמַר עֻולָּא יָשַׁב לוֹ קוֹץ בַּווֶּשֶׁט אֵין חוֹשְׁשִׁין שֶׁמָּא הִבְרִיא. מ"ש מִסְּפֵק דְּרוּסָה פרש"י מ"ש מִסְּפֵק דְּרוּסָה דְּמִשּׁוּם דְּעַל אִרְיָא בֵּינַיְיהוּ חָייְשִׁינַן שֶׁמָּא דָּרַס וּמַצְרְכִינַן לְהוּ בְּדִיקָה וְהָכָא לֹא אֶפְשָׁר לְמִיבְדָּקֶיהָ דְּנֶקֶב מַשֶּׁהוּ לָא מִינְּכַר בְּעוֹר חִיצוֹן שֶׁל וֵושֶׁט רַשִׁ"י לְטַעְמֵיהּ שֶׁפֵּירֵשׁ לְעֵיל בפ"ב דַּאֲפִילּוּ נֶקֶב לָא מִינְּכַר בֵּיהּ. וּלְמַאי דְּפָרֵישִׁית דְּדַוְקָא אַדְמוּמִית שֶׁל הָאֶרֶס אֵינוֹ נִיכָּר עָלָיו אֲבָל נֶקֶב מִינְּכַר. בֵּיהּ פָּרֵיךְ הָכִי מ"ש מִסְּפֵק דְּרוּסָה דְּמַצְרְכִינַן בְּדִיקָה וְהָכָא קָאָמַר עֻולָּא אֵין חוֹשְׁשִׁין דְּמַשְׁמַע דַּאֲפִילּוּ בְּדִיקָה לָא בָּעֲיָא. וּלְפֵירוּשׁ רַשִׁ"י קָשֶׁה דְּנִיקַּב זֶה בְּלֹא זֶה הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ. דְּאִם נִקַּב מִבִּפְנִים יֵשׁ לָנוּ לָחוּשׁ שֶׁמָּא נִקַּב גַּם הַחִיצוֹן כִּדְאָמַר בְּקוֹץ לְמָאֵן דְּחָיֵישׁ לִסְפֵק דְּרוּסָה חָייֵשׁ נָמֵי שֶׁמָּא הִבְרִיא. וַאֲפִילּוּ לְמָאֵן דְּלָא חָיֵישׁ בְּקוֹץ הַייְנוּ לְפִי שֶׁמּוֹצְאִין אוֹתוֹ תָּחוּב בָּעוֹר הַפְּנִימִי לְבַד. אֲבָל כְּשֶׁמּוֹצְאִין נֶקֶב בַּפְּנִימִי יֵשׁ לָחוּשׁ שֶׁמָּא גַּם הַחִיצוֹן נִיקַּב וְאֵין לוֹ בְּדִיקָה. וְי"ל דְּמַשְׁכַּחַת לָהּ כְּגוֹן שֶׁנִּיקַּב ע"י חֹולִי וְרוֹאִין שֶׁלֹּא שָׁלַט הַחֹולִי כְּלָל בַּחִיצוֹן. קָסָבַר עֻולָּא אֵין חוֹשְׁשִׁין לִסְפֵק דְּרוּסָה וּלְקַמָּן (חֻולִּין דַּף נג:) פָּסְקִינַן דְּחוֹשְׁשִׁין לִסְפֵק דְּרוּסָה הִילְכָּךְ פָּסַק רַב אִלְפָּס זַ"ל דְּאִם יָשַׁב לָהּ קוֹץ בַּוֶּושֶׁט חוֹשְׁשִׁין שֶׁמָּא הִבְרִיא. וְרַבֵּינוּ אֱלִיעֶזֶר בַּר נָתָן זְקֵינִי פָּסַק כְּעֻולָּא. וְהֵבִיא רְאָיָה מִמַּחַט שֶׁנִּמְצֵאת בְּעֹובִי בֵּית בְּכוֹסוֹת בְּצַד אֶחָד כְּשֵׁירָה לְקַמָּן (חֻולִּין דַּף מט.) וְלָא חָייְשִׁינַן שֶׁמָּא הִבְרִיא. וְהָא דְּחָייְשִׁינַן לִסְפֵק דְּרוּסָה מִשּׁוּם דְּיֵשׁ רַגְלַיִם לַדָּבָר כְּדִמְפָרֵשׁ לְקַמָּן וְגַם שְׁכִיחָא. וּמִשּׁוּם הָכִי מַפְּקִינַן לֵיהּ מֵחֶזְקַת הֶיתֵּר כְּמוֹ שֶׁפֵּירְשׁוּ הַתּוֹס'. וְהַגְּמָרָא דְּקָאָמַר קָסָבַר עֻולָּא אֵין חוֹשְׁשִׁין לִסְפֵק דְּרוּסָה לֹא חָשַׁשׁ לְהַאֲרִיךְ וּלְחַלֵּק כְּמוֹ שֶׁחִלַּקְתִּי. אֲבָל לְעִנְיַן פְּסַק הֲלָכָה יֵשׁ לָנוּ לְחַלֵּק דְּלָא תִּקְשֶׁה לָן מִמַּחַט שֶׁנִּמְצֵאת בְּעֹובִי בֵּית הַכּוֹסוֹת. וְאֶפְשָׁר דְּרַב אִלְפָּס זַ"ל הָיָה מְחַלֵּק מִשּׁוּם דְּעֹובִי בֵּית הַכּוֹסוֹת הוּא עָב לָא חָייְשִׁינַן שֶׁמָּא הִבְרִיא וּמִסְתַּבְּרָא כְּדִבְרֵי ה"ר אֱלִיעֶזֶר דְּמִשּׁוּם עֹובִי כָּל דְּהוּ אֵין לְחַלֵּק:
Oulla a dit : [si] une épine (kotz) s'est plantée dans l'oesophage, on ne craint pas qu'il ait peut-être guéri (hivrî). En quoi cela diffère-t-il d'un doute de deroûsa ? Rachi a expliqué : en quoi cela diffère-t-il d'un doute de deroûsa, [où] parce qu'un lion est monté parmi elles [les bêtes] nous craignons qu'il ait peut-être griffé et nous leur imposons un examen, alors qu'ici il n'est pas possible de l'examiner, car une perforation d'un rien (nekev machehou) n'est pas reconnaissable dans la membrane externe de l'oesophage. Rachi [reste] fidèle à son raisonnement (le-ta'ameih), lui qui a expliqué plus haut au chapitre 2 que même une perforation [franche] n'y est pas reconnaissable. Mais selon ce que j'ai expliqué — [à savoir] que seule la rougeur du venin n'y est pas reconnaissable, mais qu'une perforation, elle, [y] est reconnaissable — [la Guemara] objecte ainsi : en quoi cela diffère-t-il d'un doute de deroûsa, où nous imposons un examen, alors qu'ici Oulla dit 'on ne craint pas', ce qui implique que même un examen n'est pas requis ? Et selon l'explication de Rachi il y a une difficulté : [le cas où] l'une [membrane] est perforée sans l'autre, comment le trouves-tu [réalisable] ? Car si [la membrane] interne est perforée, nous avons lieu de craindre que l'externe aussi ait été perforée — comme il [Oulla] l'a dit à propos de l'épine : pour celui qui craint le doute de deroûsa, il craint aussi qu'[l'oesophage] ait peut-être guéri. Et même pour celui qui ne craint pas dans [le cas de] l'épine, c'est parce qu'on la trouve enfoncée dans la seule membrane interne ; mais lorsqu'on trouve une perforation dans [la membrane] interne, il y a lieu de craindre que l'externe aussi ait été perforée, et [l'oesophage] n'a pas d'examen [possible]. Et l'on peut dire qu'on le trouve [réalisable] dans un cas où [la membrane interne] à été perforée par une maladie et où l'on voit que la maladie n'a nullement atteint [la membrane] externe. Oulla tient : on ne craint pas le doute de deroûsa. Or plus loin (Houlin 53b) nous tranchons (paskinan) que l'on craint le doute de deroûsa ; c'est pourquoi Rav Alfas (le Rif), de mémoire bénie, a tranché que si une épine s'est plantée dans l'oesophage, on craint qu'il ait peut-être guéri. Et Rabbeinou Eliezer bar Natan, mon grand-père, a tranché comme Oulla. Et il a apporté une preuve du [cas d']une aiguille trouvée dans l'épaisseur du bet ha-kossot (le bonnet, second estomac) d'un seul côté, [où la bête est] cachere (plus loin, Houlin 49a), et [où] nous ne craignons pas qu'elle ait peut-être guéri. Et le fait que nous craignons le doute de deroûsa, c'est parce qu'il y a des indices [en faveur] de la chose (yech raglayim la-davar), comme il est expliqué plus loin, et aussi parce que [la deroûsa] est fréquente (chekhiha) ; c'est pour cela que nous la faisons sortir de sa présomption de permission (hezkat heter), comme l'ont expliqué les Tossafot. Et la Guemara qui dit 'Oulla tient : on ne craint pas le doute de deroûsa' ne s'est pas souciée de développer et de distinguer comme je l'ai distingué ; mais quant à la décision halakhique (pesak halakha), nous avons de quoi distinguer, afin que [le cas de] l'aiguille trouvée dans l'épaisseur du bet ha-kossot ne nous fasse pas difficulté. Et il est possible que Rav Alfas, de mémoire bénie, distinguât [ainsi] : parce que l'épaisseur du bet ha-kossot est épaisse, nous ne craignons pas qu'elle ait peut-être guéri. Et il est plus vraisemblable (mistabra) selon les paroles de Rabbeinou Eliezer que, pour une épaisseur quelle qu'elle soit, il n'y a pas lieu de distinguer.
💡 Explication

Enseignement d'Oulla : un caillou (épine, kotz) fiché dans la paroi de l'oesophage, sans perforation visible à l'extérieur ni goutte de sang à l'intérieur, ne fait pas craindre qu'il y ait eu une perforation guérie (recouverte d'une croûte). On suppose qu'il n'a jamais perforé et la bête est cachere : la présomption d'état valide (hazaka) demeure.

4
(דָּרַס חֲתִיכוֹת בְּסַכִּין טְמֵאָה, סִימָן)

(Deroûsa, morceaux, avec un couteau, [chose] impure — signe [mnémotechnique].)

💡 Explication

Signe mnémotechnique (siman) annonçant les quatre objections qui suivent contre Oulla : deroûsa (le doute de griffure), morceaux (les deux morceaux de graisse), avec un couteau (le couteau trouvé ébréché), [chose] impure (le doute d'impureté).

5
וּלְעֻולָּא, מַאי שְׁנָא מִסְּפֵק דְּרוּסָה? קָסָבַר עֻולָּא אֵין חוֹשְׁשִׁין לִסְפֵק דְּרוּסָה.

Et pour Oulla, en quoi [cela] diffère-t-il du doute de deroûsa [où l'on examine] ? Oulla tient : on ne craint pas le doute de deroûsa.

📜 Rachi (2)
מַאי שְׁנָא מִסְּפֵק דְּרוּסָה דְּמִשּׁוּם דְּעַל אַרְיָא בֵּינַייְהוּ אָמְרִינַן שֶׁמָּא דָּרַס וּמַצְרְכִינַן לֵיהּ בְּדִיקָה וְהָכָא לֹא אֶפְשָׁר לְמִיבַּדְקָה דְּנֶקֶב מַשֶּׁהוּ בְּעוֹר חִיצוֹן שֶׁל וֵושֶׁט לָא מִינְּכַר:
En quoi [cela] diffère-t-il du doute de deroûsa — [là,] parce qu'un lion est monté parmi elles, on dit 'peut-être a-t-il griffé', et on lui impose un examen ; et ici [pour l'épine] il n'est pas possible de l'examiner, car une perforation d'un rien dans la membrane externe de l'oesophage n'est pas reconnaissable.
קָסָבַר אֵין חוֹשְׁשִׁין לִסְפֵק דְּרוּסָה דִּפְלוּגְתָּא דְּרַב וּשְׁמוּאֵל הִיא בְּפִרְקִין (דַּף נג.):
Il tient : on ne craint pas le doute de deroûsa — car c'est une mahloket de Rav et de Chmouel dans notre chapitre (Houlin 53a).
🗂️ Tossefot (1)
קָסָבַר עֻולָּא אֵין חוֹשְׁשִׁין לִסְפֵק דְּרוּסָה לְקַמָּן (חֻולִּין דַּף נג:) פָּסְקִינַן דְּחָייְשִׁינַן לִסְפֵק דְּרוּסָה וְאִם כֵּן יָשַׁב לוֹ קוֹץ בַּווֶּשֶׁט חוֹשְׁשִׁין נָמֵי שֶׁמָּא הִבְרִיא וְאִם תֹּאמַר וְאַמַּאי נֵימָא נִשְׁחֲטָה הֻותְּרָה כִּדְאָמְרִינַן בפ"ק (לְעֵיל חֻולִּין ט.) גַּבֵּי בָּא זְאֵב וְנָטַל אֶת בְּנֵי מֵעַייִם וְהֶחֱזִירָן כְּשֶׁהֵן נְקוּבִים וְכִי תֵּימָא שָׁאנֵי הָכָא שֶׁנּוֹלְדָה סְפֵיקָא מֵחַיִּים הָא אָמַר בְּפֶ' ד' אַחִין (יְבָמוֹת דַּף ל: וְשָׁם) וְאִילּוּ גַּבֵּי גֵּירוּשִׁין סָפֵק קָרוֹב לָהּ סָפֵק קָרוֹב לוֹ לָא קָתָנֵי פֵּירוּשׁ וּמֻותֶּרֶת צָרַת עֶרְוָה לַשּׁוּק בְּלֹא חֲלִיצָה וּמְפָרֵשׁ טַעְמָא מִשּׁוּם דְּאִשָּׁה זוֹ בְּחֶזְקַת הֶיתֵּר לַשּׁוּק עוֹמֶדֶת וְאַל תַּאַסְרֶנָּה מִסָּפֵק אַלְמָא הַשְׁתָּא דְּמֵת בַּעְלָהּ מוֹקְמִינַן לָהּ בְּחֶזְקַת מַה שֶׁהָיְתָה בְּחַיֵּי בַּעְלָהּ קֹודֶם שֶׁזָּרַק גֵּט לָעֶרְוָה וְהָכָא נָמֵי כִּי נִשְׁחֲטָה נַעֲמִידֶנָּה בְּחֶזְקַת מַה שֶׁהָיְתָה קֹודֶם שֶׁנּוֹלַד בָּהּ סְפֵק דְּרוּסָה וְהַעֲמִידֶנָּה בְּחֶזְקַת שֶׁאֵינָהּ דְּרוּסָה וְי"ל דְּשָׁאנֵי הָכָא דִּדְרוּסָה שְׁכִיחָא וְהָא דְּאָמְרִינַן לְקַמָּן (חֻולִּין דַּף נג.) גַּבֵּי אֲרִי שֶׁנִּכְנַס לְבֵין הַשְּׁוָורִים וְנִמְצָא צִפֹּורֶן עַל גַּבּוֹ שֶׁל אֶחָד מֵהֶם כֵּיוָן דְּאִיכָּא לְמֵימַר הָכִי וְאִיכָּא לְמֵימַר הָכִי אוֹקֵי תּוֹרָא אַחֲזָקֵיהּ רַב לְטַעְמֵיהּ דְּאָמַר אֵין חוֹשְׁשִׁין לִסְפֵק דְּרוּסָה אֲבָל לְמ"ד חוֹשְׁשִׁין לָא מוֹקְמִינַן לֵיהּ אַחֲזָקֵיהּ הָתָם נָמֵי דָּמֵי לִתְלוֹת יוֹתֵר בִּדְרוּסַת אֲרִי כְּמוֹ בִּסְפֵק דְּרוּסָה בְּעָלְמָא:
Oulla tient : on ne craint pas le doute de deroûsa — plus loin (Houlin 53b) nous tranchons que l'on craint le doute de deroûsa ; et s'il en est ainsi, [pour] une épine plantée dans l'oesophage on craint aussi qu'il ait peut-être guéri. Et si tu dis : pourquoi ne dirions-nous pas 'dès lors qu'elle a été abattue, elle est permise', comme nous le disons au chapitre 1 (plus haut, Houlin 9a) à propos de 'un loup est venu et a emporté les intestins et les a rendus perforés' ? Et si tu dis [que] c'est différent ici, [car] le doute est né du vivant [de la bête] — or il est dit au chapitre Arba'a Ahin (Yevamot 30b et là) : 'mais à propos du divorce, [le cas] 'doute proche d'elle, doute proche de lui' n'est pas enseigné' — c'est-à-dire [que] la coépouse de la [femme dans l'interdit de] erva est permise [de se remarier] au marché sans halitsa, et l'on explique la raison parce que cette femme se tient dans une présomption de permission au marché, et qu'on ne l'interdise pas par doute ; il ressort [donc] que, maintenant que son mari est mort, nous la maintenons dans la présomption de ce qu'elle était du vivant de son mari, avant qu'il ne jette le guet [acte de divorce] à la erva ; et ici aussi, lorsqu'elle a été abattue, maintenons-la dans la présomption de ce qu'elle était avant que ne naisse en elle le doute de deroûsa, et maintenons-la dans la présomption de n'avoir pas été griffée ! Et l'on peut dire que c'est différent ici, car la deroûsa est fréquente. Et ce que nous disons plus loin (Houlin 53a) à propos d'un lion entré parmi les bœufs et [qu']une griffe (tsiporen) a été trouvée sur le dos de l'un d'eux : puisqu'on peut dire ainsi et on peut dire ainsi, maintiens le bœuf dans sa présomption — Rav [reste] fidèle à son raisonnement, lui qui dit 'on ne craint pas le doute de deroûsa' ; mais pour celui qui dit 'on craint', on ne le maintient pas dans sa présomption ; là aussi il convient mieux d'imputer [le dommage] à la griffure du lion qu'à un simple doute de deroûsa.
💡 Explication

Première objection : pourquoi, dans le doute de griffure, exige-t-on un examen, alors qu'ici (caillou) on innocente sans examen ? Réponse : Oulla suit l'avis selon lequel on ne craint pas le doute de deroûsa lui-même — cohérent avec sa position sur le caillou. (C'est l'objet de la mahloket Rav / Chmouel rapportée plus loin, 53a.)

6
וּמַאי שְׁנָא מִשְּׁתֵּי חֲתִיכוֹת, אַחַת שֶׁל חֵלֶב וְאַחַת שֶׁל שֻׁומָּן? הָתָם אִיתַּחְזַק אִיסּוּרָא.

Et en quoi [cela] diffère-t-il des deux morceaux, l'un de helev (graisse interdite) et l'un de graisse [permise] ? Là-bas, une présomption d'interdit à été établie.

📜 Rachi (2)
מִשְׁתֵּי חֲתִיכוֹת שֶׁאִם אָכַל אַחַת מֵהֶן וְאֵינוֹ יוֹדֵעַ אֵיזוֹ הִיא דְּמֵבִיא אָשָׁם תָּלוּי עַל הַסָּפֵק:
Des deux morceaux — [à savoir] que s'il a mangé l'un d'eux et ne sait pas lequel, il apporte un acham talouy pour le doute.
הָכָא לָא אִיתַּחְזַק אִיסּוּרָא שֶׁיְּשִׁיבַת קוֹץ בְּלֹא נְקִיבָה אֵין כְּלוּם:
Ici, une présomption d'interdit n'a pas été établie — car une épine plantée sans perforation n'est rien [du tout].
🗂️ Tossefot (1)
שָׁאנֵי הָתָם דְּאִיתַּחְזַק אִיסּוּרָא וּבַחֲתִיכָה אַחַת סָפֵק שֶׁל חֵלֶב סָפֵק שֶׁל שֻׁומָּן ואע"ג דְּלָא אִיתַּחְזַק אִיסּוּרָא לָא אִיתַּחְזַק נָמֵי הֶיתֵּרָא אֲבָל הָכָא מֵעִיקָּרָא הָיְתָה בְּחֶזְקַת כְּשֵׁרָה:
C'est différent là-bas, [car] une présomption d'interdit à été établie — et [dans le cas d']un seul morceau dont [on ignore s'il est] de helev ou de graisse [permise], bien qu'une présomption d'interdit n'ait pas été établie, une présomption de permission n'a pas non plus été établie ; mais ici, dès le départ [la bête] se tenait dans une présomption de [bête] cachere.
💡 Explication

Deuxième objection : devant deux morceaux, l'un de helev (graisse interdite, passible de retranchement) et l'un de graisse permise, celui qui en a mangé un sans savoir lequel apporte un acham talouy (sacrifice de culpabilité par doute) — donc on n'innocente pas dans le doute ! Réponse : là, une présomption d'interdit est établie (un des deux morceaux est certainement interdit) ; ici, le caillou seul, sans perforation, ne constitue aucun interdit établi.

7
וּמַאי שְׁנָא מֵהַשּׁוֹחֵט בְּסַכִּין, וְנִמְצֵאת פְּגוּמָה? הָתָם אִיתְיְילִיד לַהּ רֵיעוּתָא בְּסַכִּין.

Et en quoi [cela] diffère-t-il de celui qui abat avec un couteau et [le] trouve ensuite ébréché (pagoum) ? Là-bas, un défaut (rieouta) lui est né dans le couteau.

📜 Rachi (2)
הַשּׁוֹחֵט בְּסַכִּין בְּדוּקָה דְּלָא אִיתַּחְזַק אִיסּוּרָא קֹודֶם שְׁחִיטָה:
Celui qui abat avec un couteau — [vérifié,] de sorte qu'une présomption d'interdit n'a pas été établie avant l'abattage.
אִיתְּיַלִּיד רֵיעוּתָא וְאִי לָא אִיתַּחְזַק בְּרֵישָׁא הָא אִיתְּיָלִיד לְבַסּוֹף. אִתַּחְזַק שַׁיָּיךְ לְמֵימַר בְּמִידִי דְּמֵעִיקָּרָא אִיתְיַילִיד שַׁיָּיךְ לְמֵימַר בְּמִידֵּי דִּלְבַסּוֹף:
Un défaut est né — et si [le défaut] n'a pas été établi au départ, voici qu'il est né à la fin. 'Établi' (it'hazak) se dit à propos de ce qui [existe] au départ ; 'est né' (ityalid) se dit à propos de ce qui [survient] à la fin.
💡 Explication

Troisième objection : celui qui abat avec un couteau [vérifié auparavant] puis le trouve ébréché après l'abattage — la bête est interdite, par crainte que l'entaille ait déjà existé au moment de l'abattage. On ne présume donc pas l'état antérieur dans le doute ! Réponse : là, un défaut est né dans le couteau (rieouta survenue) ; ici, la paroi de l'oesophage est présentement intacte, donc on présume qu'elle l'était avant.

8
וּמַאי שְׁנָא מִסְּפֵק טֻומְאָה בִּרְשׁוּת הַיָּחִיד, דִּסְפֵקוֹ טָמֵא? וְלִיטַעֲמֵיךְ, נִידַמְּייֵהּ לִסְפֵק טֻומְאָה בִּרְשׁוּת הָרַבִּים, דִּסְפֵקוֹ טָהוֹר! אֶלָּא הָתָם, הִלְכְתָא גְּמִירִי לַהּ מִסּוֹטָה.

Et en quoi [cela] diffère-t-il du doute d'impureté en domaine privé (rechout ha-yahid), dont le doute [est jugé] impur ? Et selon ton raisonnement, comparons-le au doute d'impureté en domaine public (rechout ha-rabbim), dont le doute [est jugé] pur !

Plutôt, là-bas, [c'est] une halakha [reçue] qu'ils ont apprise de la sota.

📜 Rachi (1)
ה"ג אֶלָּא הָתָם הִילְכְתָא גְּמִירִי לַהּ מִסּוֹטָה בֵּין לְעִנְיַן טֻומְאָה וּבֵין לְעִנְיַן טָהֳרָה וְאֵין טַעַם בַּדָּבָר וְלָא גָּמְרִינַן מִינָּהּ דְּהָכִי גְּמִירִי לָהּ מִסּוֹטָה בְּמַסֶּכֶת סוֹטָה (דַּף כֹּח:) ובפ"ק דְּנִדָּה (דַּף ג.) דְּמַה סוֹטָה סְתִירָתָהּ בִּרְשׁוּת הַיָּחִיד וַאֲסוּרָה מִסָּפֵק אַף סְפֵק טֻומְאָה בִּרה"י סְפֵקוֹ טָמֵא:
Telle est la version : 'plutôt, là-bas, [c'est] une halakha reçue qu'ils ont apprise de la sota' — tant pour ce qui est de l'impureté que pour ce qui est de la pureté ; et il n'y a pas de raison [logique] à la chose, et l'on n'en déduit rien, car telle est la halakha qu'ils ont apprise de la sota, au traité Sota (28b) et au chapitre 1 de Nidda (3a) : de même que la sota — son isolement [a lieu] en domaine privé et elle est interdite par doute, de même le doute d'impureté en domaine privé, son doute [est jugé] impur.
💡 Explication

Quatrième objection : un doute d'impureté en domaine privé est jugé impur — on ne tranche donc pas le doute en faveur de la permission. Réfutation interne : alors compare-le plutôt au doute en domaine public, jugé pur ! Réponse : ces deux règles (impur en privé, pur en public) sont une halakha reçue par tradition de la sota (la femme soupçonnée) — sans raison transposable ; on n'en déduit donc rien pour le caillou.

9
יָתֵיב הָהוּא מֵרַבָּנַן קַמֵּיהּ דְּרַב כָּהֲנָא, וְיָתֵיב וְקָאָמַר: ״נִמְצֵאת״ אִתְּמַר, אֲבָל יָשַׁב – חָייְשִׁינַן. אֲמַר לְהוּ רַב כָּהֲנָא: לָא תְּצִיתוּ לֵיהּ, ״יָשַׁב״ אִיתְּמַר, אֲבָל נִמְצֵאת – לָא אִיצְטְרִיךְ לֵיהּ לְעֻולָּא, דְּכֻולְּהוּ חֵיוֵי בָּרָייָתָא קוֹצֵי אָכְלָן.

L'un de nos Maîtres était assis devant Rav Kahana, et il était assis et disait : c'est 'trouvée' (nimtset) qui fut énoncé [par Oulla], mais [si elle s'est] plantée (yachav) — nous craignons. Rav Kahana leur dit : ne l'écoutez pas ; c'est 'plantée' (yachav) qui fut énoncé, mais [pour le cas où elle a été] 'trouvée', Oulla n'avait pas besoin [de l'enseigner], car toutes les bêtes des champs (sauvages) mangent des épines.

📜 Rachi (3)
נִמְצֵאת אִיתְּמַר בְּלֹא תְּחִיבָה:
C'est 'trouvé' qui fut énoncé — sans enfoncement.
חָייְשִׁינַן שֶׁמָּא ב' הָעוֹרוֹת נִיקְּבוּ וְהִבְרִיא הַחִיצוֹן:
Nous craignons — que les deux membranes [de l'oesophage] aient peut-être été perforées et que l'externe ait guéri.
בָּרַיְיתָא הָרוֹעוֹת בָּאֵפֶר וּבִיעָרִים:
Les bêtes [des champs] — celles qui paissent dans les prairies et les forêts.
💡 Explication

Correction d'une transmission erronée. Un Sage soutient qu'Oulla a innocenté seulement le caillou trouvé (libre dans l'oesophage), mais qu'un caillou planté (fiché dans la paroi) ferait craindre une perforation guérie. Rav Kahana corrige : c'est l'inverse — Oulla a innocenté le cas planté (le neuf de son enseignement) ; le cas trouvé n'avait pas besoin d'être dit, car les bêtes sauvages avalent couramment des cailloux [sans dommage].

10
אִיתְּמַר: תֻּורְבַּץ הַווֶּשֶׁט – רַב אָמַר: בְּמַשֶּׁהוּ, וּשְׁמוּאֵל אָמַר: בְּרֻובּוֹ. רַב אָמַר בְּמַשֶּׁהוּ: מְקוֹם שְׁחִיטָה הוּא, וּשְׁמוּאֵל אָמַר בְּרֻובּוֹ: לָאו מְקוֹם שְׁחִיטָה הוּא.

Il fut énoncé : [au sujet de] l'entrée de l'oesophage (tourbatz ha-veshet) — Rav dit : [tereifa] pour un rien (be-mashehou) ; et Chmouel dit : [seulement] pour sa majorité (be-rouvo). Rav dit [tereifa] pour un rien : [car] c'est un lieu d'abattage (mekom chehita) ; et Chmouel dit [seulement] pour sa majorité : [car] ce n'est pas un lieu d'abattage.

📜 Rachi (3)
תֻּורְבַּץ הַוֶּושֶׁט מְקוֹם דִּבּוּקוֹ בַּלֶּחִי:
L'entrée de l'oesophage — l'endroit de son attache à la mâchoire (lehi).
בְּמַשֶּׁהוּ אִם נִיקַּב שָׁם:
Pour un rien — s'il [s'y] est perforé.
מְקוֹם הַשְּׁחִיטָה הוּא וְאִם שָׁחַט שָׁם כְּשֵׁרָה הִלְכָּךְ דִּינוֹ כְּווֵשֶׁט וְכִי גְּמִירִי הַגְרָמָה בְּקָנֶה הוּא דִּגְמִירִי אֲבָל בַּוֶּושֶׁט לָא שַׁייְכָא הַגְרָמָה:
C'est un lieu d'abattage — et [donc] s'il a abattu là, [la bête est] cachere ; aussi son statut est-il celui de l'oesophage. Et lorsqu'ils ont appris [la règle de] la coupe oblique en haut (hagrama), c'est à propos de la trachée (kaneh) qu'ils l'ont apprise ; mais à l'oesophage la hagrama ne s'applique pas.
💡 Explication

Mahloket fondatrice (voir le schéma). L'entrée de l'oesophage (tourbatz ha-veshet, la zone supérieure soudée à la mâchoire) une fois perforée : pour Rav, tereifa dès qu'elle l'est en quoi que ce soit (mashehou), car c'est un lieu d'abattage (à l'instar de l'oesophage). Pour Chmouel, tereifa seulement si elle est perforée en sa majorité (rouvo), car ce n'est pas un lieu d'abattage.

11
הֵי נִיהוּ תֻּורְבַּץ הַווֶּשֶׁט? אָמַר מָרִי בַּר מָר עֻוקְבָא אָמַר שְׁמוּאֵל: כָּל שֶׁחוֹתְכוֹ וּמַרְחִיב – זֶה הוּא תֻּורְבַּץ הַווֶּשֶׁט, חוֹתְכוֹ וְעוֹמֵד בִּמְקוֹמוֹ – זֶהוּ ווֵשֶׁט עַצְמוֹ. אֲמַר לְהוּ רַב פַּפֵּי: מָר לָא אָמַר הָכִי, וּמַנּוּ? רַב בִּיבִי בַּר אַבָּיֵי. אֶלָּא כֹּל שֶׁחוֹתְכוֹ וְעוֹמֵד בִּמְקוֹמוֹ – זֶה תֻּורְבַּץ הַווֶּשֶׁט, אֶלָּא אֵיזֶהוּ ווֶשֶׁט עַצְמוֹ? כֹּל שֶׁחוֹתְכוֹ וּכְוִיץ. יוֹנָה אָמַר זֵירָא: מַבְלַעְתָּא, וְכַמָּה? אָמַר רַב אַוְיָא: פָּחוּת מִשְּׂעָרְתָּא וַעֲדִיף מֵחִיטְּתָא.

Quelle [zone] est l'entrée de l'oesophage ? Mari bar Mar Oukva dit au nom de Chmouel : tout ce qui, lorsqu'on le coupe, s'élargit (mar'hiv) — c'est cela l'entrée de l'oesophage ; ce qui, lorsqu'on le coupe, demeure en place — c'est l'oesophage proprement dit.

Rav Papi leur dit : Maître n'a pas dit ainsi. Et qui [est ce Maître] ?

Rav Bibi bar Abaye. Plutôt, tout ce qui, lorsqu'on le coupe, demeure en place — c'est l'entrée de l'oesophage ; alors quel [est] l'oesophage proprement dit ?

Tout ce qui, lorsqu'on le coupe, se rétracte (kaveits). Yona dit au nom de Zera : [c'est] la zone de déglutition (mivla'ta).

Et combien [mesure-t-elle] ? Rav Avya dit : moins qu'[un grain] d'orge et plus qu'[un grain] de blé.

📜 Rachi (6)
וּמַרְחִיב נִפְתַּח פִּי הַנֶּקֶב כְּמִין פִּי אַמְתַּחַת. וְהַאי מַרְחִיב לָא אַחֲתָךְ קָאֵי אֶלָּא אַעוֹגֵל פִּי חֲלַל הַוֶּושֶׁט:
Et s'élargit — l'ouverture du trou s'écarte comme l'ouverture d'un sac (besace). Et ce 'élargit' ne se rapporte pas à la coupe, mais à la rondeur de l'ouverture de la cavité de l'oesophage.
חוֹתְכוֹ וְעוֹמֵד בִּמְקוֹמוֹ שֶׁהַווֶּשֶׁט רַךְ הוּא וּכְשֶׁחוֹתְכִין אוֹתוֹ אֵינוֹ מַרְחִיב אֲבָל לְצַד הָרֹאשׁ הוּא מִתְקַשֶּׁה דדיי"ש בְּלַעַ"ז:
Lorsqu'on le coupe, il demeure en place — car l'oesophage est mou, et lorsqu'on le coupe il ne s'élargit pas ; mais du côté de la tête il se durcit — 'dies' en langue vernaculaire.
מָר לָא אָמַר הָכִי רַבִּי אֵינוֹ אוֹמֵר כֵּן:
Maître n'a pas dit ainsi — Rabbi ne dit pas ainsi.
וְכָוִיץ רטיי"ש וְנִכְפַּל פִּי הַנֶּקֶב בְּצַד חֲלָלוֹ וְנִסְתַּם עֹוגֶל פִּי הֶחָלָל:
Et se rétracte — 'retreis' [en vernaculaire] ; l'ouverture du trou se replie du côté de sa cavité et la rondeur de l'ouverture de la cavité se referme.
מַבְלַעְתָּא מְקוֹם בֵּית הַבְּלִיעָה קָרוּי תֻּורְבַּץ סָמוּךְ לְרֹאשׁ הַנֶּקֶב מְאֹד:
Mivla'ta — l'endroit de la gorge de déglutition (bet ha-bli'a) est appelé 'entrée' (tourbatz), tout proche du sommet du trou.
פָּחוֹת מִשְּׂעָרְתָּא מֵאֹורֶךְ שְׂעוֹרָה:
Moins qu'[un grain] d'orge — que la longueur d'un grain d'orge.
💡 Explication

Définition technique de la zone-frontière. Selon Mar bar Mar Oukva (au nom de Chmouel) : ce qui s'élargit à la coupe = entrée ; ce qui demeure en place = oesophage. Rav Papi rapporte la version inverse de Rav Bibi bar Abaye : ce qui demeure en place = entrée ; ce qui se rétracte (kaveits) = oesophage. Yona (au nom de Zera) : c'est la zone de déglutition (mivla'ta), bordant immédiatement l'oesophage. Sa mesure (Rav Avya) : entre un grain de blé et un grain d'orge.

12
הָהוּא תּוֹרָא דַּהֲוָה לִבְנֵי רַב עֻוקְבָא, דְּאַתְחֵיל בֵּיהּ שְׁחִיטָה בְּתֻורְבַּץ הַווֶּשֶׁט, וְגָמַר בַּווֶּשֶׁט. אָמַר רָבָא: רָמֵינָא עֲלֵיהּ חֻומְרֵי דְּרַב וְחֻומְרֵי דִּשְׁמוּאֵל, וּטְרִיפְנָא לֵיהּ.

Un certain bœuf appartenant aux fils de Rav Oukva, dont l'abattage commença dans l'entrée de l'oesophage et s'acheva dans l'oesophage. Rava dit : je lui impose les rigueurs de Rav et les rigueurs de Chmouel, et je le déclare tereifa.

📜 Rachi (1)
דְּאַתְחִיל בֵּיהּ שְׁחִיטָה מַשֶּׁהוּ:
Dont l'abattage commença — [d']un rien.
💡 Explication

Cas pratique (voir le schéma). Un bœuf abattu à cheval : l'incision commence dans l'entrée de l'oesophage (un rien) et s'achève (en sa majorité) dans l'oesophage. Rava décide de cumuler les rigueurs de Rav et de Chmouel et le déclare tereifa.

13
חוּמְרֵי דְּרַב, דְּאָמַר רַב: בְּמַשֶּׁהוּ. וְהָאָמַר רַב: מְקוֹם שְׁחִיטָה הוּא! כִּשְׁמוּאֵל, דְּאָמַר: לָאו מְקוֹם שְׁחִיטָה הוּא. אִי שְׁמוּאֵל, הָאָמַר: בְּרֻובּוֹ! כְּרַב, דְּאָמַר: בְּמַשֶּׁהוּ.

[J'impose] les rigueurs de Rav, car Rav dit : [tereifa] pour un rien. Mais Rav dit [aussi] : c'est un lieu d'abattage !

[Je tiens] comme Chmouel, qui dit : ce n'est pas un lieu d'abattage. [Et] si [tu suis] Chmouel, il dit [pourtant] : [seulement] pour sa majorité !

[Je tiens] comme Rav, qui dit : pour un rien.

📜 Rachi (2)
דְּאָמַר בְּמַשֶּׁהוּ וְהַאי לָאו מְקוֹם שְׁחִיטָה הוּא:
Car [Rav] dit : pour un rien — et celle-ci [l'entrée] n'est pas un lieu d'abattage.
כִּשְׁמוּאֵל וְהָוֵי נֶקֶב:
Comme Chmouel — et [donc] c'est une perforation.
🗂️ Tossefot (2)
כִּשְׁמוּאֵל דְּאָמַר לָאו מְקוֹם שְׁחִיטָה הוּא וְאַפֵּי' לְמָאֵן דְּמַכְשִׁיר בפ"ק (לְעֵיל חֻולִּין יט.) הִגְרִים שְׁלִישׁ וְשָׁחַט שְׁנֵי שְׁלִישׁ שָׁאנֵי גַּרְגֶּרֶת דְּלָא מִיטַּרְפָא בְּמַשֶּׁהוּ עַד דְּאִיכָּא רֻובָּא:
Comme Chmouel, qui dit : ce n'est pas un lieu d'abattage — et même pour celui qui déclare cachere, au chapitre 1 (plus haut, Houlin 19a), [le cas où] il a fait la coupe oblique sur un tiers et abattu [les] deux tiers : la trachée (gargeret) est différente, car elle ne devient pas tereifa pour un rien tant qu'il n'y a pas la majorité.
אִי כִּשְׁמוּאֵל הָא אָמַר בְּרֻובּוֹ אע"ג דִּשְׁמוּאֵל פּוֹסֵל בפ"ק (לְעֵיל חֻולִּין כ.) הִגְרִים שְׁלִישׁ וְשָׁחַט שְׁנֵי שְׁלִישׁ גַּבֵּי כָּל הַכָּשֵׁר בִּשְׁחִיטָה כְּנֶגְדּוֹ בָּעֹורֶף כָּשֵׁר לִמְלִיקָה הָכָא בָּעֵי לְמֵימַר דְּרָבָא לָא פְּסִיל מֵהַאי טַעְמָא אֶלָּא מִשּׁוּם חֻומְרֵי דְּרַב וְחֻומְרֵי דִּשְׁמוּאֵל:
Si [tu suis] Chmouel, il dit [pourtant] : pour sa majorité — bien que Chmouel invalide, au chapitre 1 (plus haut, Houlin 20a), [le cas où] il a fait la coupe oblique sur un tiers et abattu [les] deux tiers ; à propos de 'tout ce qui est apte à l'abattage, [son] vis-à-vis à la nuque est apte à la melika' ; ici [la Guemara] veut dire que Rava n'invalide pas pour cette raison [là], mais [seulement] à cause des rigueurs de Rav et des rigueurs de Chmouel.
💡 Explication

Rava explicite son cumul. De Rav il prend 'pour un rien' (le début de l'incision dans l'entrée suffit) ; mais comme Rav tient que l'entrée est un lieu d'abattage (ce qui validerait), Rava emprunte ici à Chmouel 'ce n'est pas un lieu d'abattage'. Et comme Chmouel exige une perforation en majorité, Rava revient à Rav 'pour un rien'. Il prend de chacun la position la plus sévère.

14
אִיגַּלְגַּל מִילְּתָא, מְטַאי לְקַמֵּיהּ דְּרַבִּי אַבָּא, אֲמַר לְהוּ: תּוֹרָא, בֵּין לְרַב בֵּין לִשְׁמוּאֵל שְׁרֵי. זִילוּ אֲמַרוּ לֵיהּ לִבְרֵיהּ דְּרַב יוֹסֵף בַּר חָמָא, דִּלְשַׁלֵּים דְּמֵי תוֹרָא לְמָרֵיהּ.

L'affaire roula [se propagea] et parvint devant Rabbi Abba. Il leur dit : ce bœuf, tant pour Rav que pour Chmouel, [il est] permis.

Allez dire au fils de Rav Yossef bar Hama [c'est-à-dire à Rava] qu'il paie la valeur du bœuf à son propriétaire.

📜 Rachi (3)
בֵּין לְרַב וּבֵין לִשְׁמוּאֵל מֵישְׁרָא שָׁרִי לְרַב מְקוֹם שְׁחִיטָה הוּא וּשְׁחִיטָה מְעַלַּיְיתָא הִיא וְלִשְׁמוּאֵל דְּאָמַר נֶקֶב הוּא דְּאָמַר נְקוּבָתוֹ בְּרֻובּוֹ:
Tant pour Rav que pour Chmouel [il est] absolument permis — pour Rav, c'est un lieu d'abattage et c'est un abattage parfait ; et pour Chmouel, qui dit que c'est une perforation, il dit [aussi que] sa perforation [rend tereifa] en sa majorité [or ici elle n'y est pas].
רָבָא בְּרֵיהּ דְּרַב בַּר יוֹסֵף בַּר חַיָּיא הוּא וְהוּא רָבָא דְּכֻולֵּי גְּמָרָא בַּר פְּלֻוגְתֵּיהּ דְּאַבַּיֵּי:
[Le 'fils de Rav Yossef bar Hama' :] c'est Rava fils de Rav bar Yossef bar Hiya, et c'est le Rava de tout le Talmud, le contradicteur (bar plougteh) d'Abaye.
דְּמֵי תּוֹרָא לְמָרֵיהּ שֶׁכְּבָר הֶאֱכִילוּ לַכְּלָבִים דְּאִילּוּ הֲוָה קַמָּן הֲוָה הָדַר בֵּיהּ וּמִישְׁתְּרֵי בַּאֲכִילָה דקיי"ל (בְּסַנְהֶדְרִין דַּף ו.) טָעָה בִּדְבַר מִשְׁנָה חוֹזֵר וְהָא דְּבַר מִשְׁנָה מְפֹורֶשֶׁת הִיא דְּלָא עָבְדִינַן כִּתְרֵי חֻומְרֵי:
La valeur du bœuf à son propriétaire — car [Rava] l'avait déjà fait manger aux chiens ; alors que, s'il était [encore] devant nous, [Rava] se serait rétracté et [le bœuf] aurait été permis à la consommation ; car nous tenons (Sanhédrin 6a) [que] celui qui erre sur une chose [énoncée dans la] michna se rétracte. Et ceci [est] une chose [énoncée dans une] michna explicite, [car] nous n'agissons pas selon deux rigueurs [contradictoires].
🗂️ Tossefot (1)
זִיל שַׁלֵּים דְּמֵי תּוֹרָא לְמָרֵיהּ ואע"ג דְּטָעָה בִּדְבַר מִשְׁנָה הוּא לֹא עָבְדִינַן כִּתְרֵי חוּמְרֵי דְּסָתְרִי אַהֲדָדֵי בְּיָדַיִם הֶאֱכִילוּ לִכְלָבִים:
Va, paie la valeur du bœuf à son propriétaire — et bien qu'il ait erré sur une chose [énoncée dans la] michna, nous n'agissons pas selon deux rigueurs qui se contredisent l'une l'autre ; de ses mains il l'a fait manger aux chiens.
💡 Explication

Renversement par Rabbi Abba : le bœuf est cachere selon les deux avis — pour Rav, l'entrée étant un lieu d'abattage, l'incision y est un abattage valide ; pour Chmouel, il n'y a pas tereifa tant que la perforation n'atteint pas la majorité. Rava ayant erré, il doit payer le bœuf à son maître, car il l'a déjà fait manger aux chiens [le dommage est irréversible].

15
אָמַר מַר בְּרֵיהּ דְּרָבִינָא: מוֹתְבִינָא תְּיוּבְתָּא כְּלַפֵּי סָנְאֵיהּ דְּרָבָא, לְעוֹלָם הִלְכְתָא כְּדִבְרֵי בֵּית הִלֵּל, וְהָרוֹצֶה לַעֲשׂוֹת כְּדִבְרֵי בֵּית שַׁמַּאי – עוֹשֶׂה, כְּדִבְרֵי בֵּית הִלֵּל – עוֹשֶׂה. מִקֻּולֵּי בֵּית שַׁמַּאי וּמִקֻּולֵּי בֵּית הִלֵּל – רָשָׁע.

Mar fils de Ravina dit : j'oppose une réfutation contre les ennemis de Rava [euphémisme pour Rava lui-même] : 'en vérité, la halakha [est] selon les paroles de Beit Hillel ; et qui veut agir selon les paroles de Beit Chammai — il agit [ainsi] ; selon les paroles de Beit Hillel — il agit [ainsi]. [Mais qui agit] selon les indulgences de Beit Chammai et selon les indulgences de Beit Hillel — [c'est] un méchant (racha).'

📜 Rachi (1)
כְּלַפֵּי סָנְאֵיהּ דְּרָבָא לִישָּׁנָא מְעַלְּיָא מִשּׁוּם דְּבָעֵי לְאוֹתוֹבֵי וְהַכְּסִיל בַּחֹושֶׁךְ הוֹלֵךְ:
Contre les ennemis de Rava — [c'est] un langage [euphémique] convenable, parce qu'[on] veut le réfuter ; et 'le sot marche dans les ténèbres' (Ecclésiaste 2:14).
💡 Explication

Confirmation finale par une braita. Mar fils de Ravina réfute Rava : on peut suivre soit Beit Chammai soit Beit Hillel de bout en bout, mais celui qui cumule les indulgences des deux écoles est un méchant (racha) — incohérence interdite. De même, Rava ne pouvait cumuler les rigueurs de Rav et de Chmouel, dont les raisons se contredisent.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).