Chullin 47b — les altérations du poumon (ria) : couleurs, texture, zones bouchées, poumon fondu, et le manque interne

Chullin 47b

Sougya : La sougya poursuit l'examen du poumon (ria) pour déterminer ce qui rend la bête tereifa. Rafram juge tereifa le poumon 'semblable à un copeau de bois' (lisse, sans découpe des lobes).

Suit le barème des couleurs : comme le fard à yeux (kohel) cachere, comme l'encre (deyota) tereifa, car Rabbi Hanina enseigne que le noir est du rouge qui s'est gâté ; le vert et le rouge sont cachers d'après l'épisode de Rabbi Natan (l'enfant à circoncire qu'il fallut attendre que le sang revienne ou s'absorbe). Rav Kahana : comme le foie cachere, comme la chair tereifa (mnemo 'ouvassar bassade tereifa').

Rav Sama précise les nuances de vert : cuscute, safran, jaune d'œuf tereifa, mais vert comme le poireau (karti) cachere. Viennent ensuite les procédés d'examen : la zone bouchée (atoum) qu'on ouvre au couteau, le poumon qui siffle (aoucha) testé à la plume, la salive ou l'eau tiède, et enfin le poumon fondu ou versé comme d'une cruche.

Rabbi Yo'hanan le déclare cachere — un manque interne n'est pas un manque — ce que Rabbi Abba conteste depuis la michna, avant que Rava ne pose la condition que les bronches (simponot) tiennent encore, Rav Achi indiquant le test du plat vernissé et des filets blancs.

Les couleurs du poumon : cachere (sain) ou tereifa (altération) une teinte sombre marque une 'maladie' (lekouta) qui finira par pourrir et se perforer CACHERE comme le fard à yeux (kohel) — bleu comme le foie (kavda) ; vert poireau vert et rouge (Rabbi Natan : la bête guérit) TEREIFA comme l'encre (deyota) — noir comme la chair (bissra) comme le cuscute, le safran, le jaune d'œuf Le vert (yaroke) : tout dépend de la nuance vert comme le POIREAU (karti) -> cachere vert comme le CUSCUTE / SAFRAN / JAUNE D'OEUF -> tereifa mnemo de la chair tereifa : 'ouvassar bassade tereifa' (Ex 22,30)
Le barème des couleurs du poumon (segments 1-6) : quelles teintes sont cacheres, lesquelles trahissent une lekouta (maladie) qui rend tereifa.
Examiner un poumon douteux : trois cas et leurs tests Zone bouchée (atoum) une zone où l'air n'entre pas on l'ouvre au couteau du pus dedans -> cachere sinon : plume / salive dessus ça bouge (air passe) -> cachere ça ne bouge pas -> tereifa Poumon qui siffle (aoucha) un bruit d'air à l'insufflation point connu : plume/paille/salive ça bouillonne -> tereifa sinon -> cachere point inconnu : eau tiède (pas chaude : ça contracte ; pas froide : ça durcit) Poumon fondu (nimoke) la chair se liquéfie au-dedans verse comme d'une cruche : membrane intacte -> cachere (manque interne = pas un manque) à condition que les bronches (simponot) tiennent encore Le poumon fondu : comment savoir si les bronches tiennent (Rav Achi) on verse le contenu dans un plat de terre VERNISSÉ (lisse, on voit bien) filets blancs (chourayké hivaré) -> bronches fondues -> tereifa pas de filets blancs -> cachere
Les trois cas d'examen (segments 7-14) : zone bouchée, poumon qui siffle, poumon fondu, avec leurs tests respectifs.
1
אֲבָל אַגַּבָּהּ, אֲפִילּוּ כְּטִרְפָא דְּאָסָא – טְרֵפָה.

Mais sur son dos (sur la face dorsale du poumon), même [un lobe surnuméraire] aussi petit qu'une feuille de myrte — [la bête est] tereifa.

📜 Rachi (1)
אֲפִילּוּ כְּטִרְפָא דְּאָסָא קְטַנָּה כְּעָלֶה שֶׁל הֲדַס. וּמִדְּסָבַר רַב אַשִּׁי לְמִיטַּרְפָה שְׁמַע מִינָּה לָאו אוֹרְחָהּ וּבְהָנֵי דִּידַן דְּאִית בְּרֻובָּא דִּידְהוּ אִי מְשַׁכְּחִינָא רֵיאָה דְּלֵית בָּהּ עֵינוּנִיתָא כְּשֵׁרָה. וְיֵשׁ אוֹמְרִים שֶׁאִם חָסְרוּ אוֹנוֹת הַיָּמִין מִצְטָרְפִין לָהּ בַּהֲדַיְיהוּ הוֹאִיל וִיתַּרְתְּ הִיא וּבִתְשׁוּבַת הַבַּבְלִיִּים מָצָאתִי כֵּן אֲבָל לֹא שָׁמַעְתִּי וְאֵין הַדָּבָר נִרְאֶה בְּעֵינַי הוֹאִיל וְלָא קַייְמָא בְּדָרָא דִּידְהוּ יְתֶרֶת הִיא וְאוֹתָם הָרְאוּיוֹת לִהְיוֹת חֲסֵרוֹת וְהָוְיָא לָהּ כַּחֲלֵיף וּטְרֵפָה וְכִדְמִשְׁתַּכְחָן תַּרְתֵּי עֵינוּנִיתָא שָׁמַעְתִּי מִפִּי מוֹרִי הַזָּקֵן שֶׁנֶּחְלְקוּ בָּהּ גְּדוֹלֵי הַדּוֹר ר' יְהוּדָה בֶּן רַבִּי בָּרוּךְ וַחֲבֵירָיו וְלֹא פֵּירֵשׁ לִי דַּעְתּוֹ וְנִרְאֶה לִי שֶׁהִיא טְרֵפָה דְּהָא יְתֶרֶת דְּבֵינֵי בֵּינֵי הִיא וְלָאו אוֹרְחָהּ דַּחֲדָא גּוּפָהּ לָא אַכְשְׁרַן אֶלָּא מִשּׁוּם דְּכָל הָנָךְ בָּרָיָיתָא הָכִי אִית לְהוּ:
Même aussi petit qu'une feuille de myrte — petit comme une feuille de myrte. Et du fait que Rav Achi tient [la bête] pour tereifa, infère-[s'en] que ce n'est pas la manière [normale] ; et pour nos [bêtes] à nous, dont la plupart ont [un lobe surnuméraire], si je trouve un poumon qui n'a pas de [tel] lobe, [la bête est] cachere. Et certains disent que, si les lobes de la droite manquent, [le lobe surnuméraire] se joint à eux [pour compléter le compte], puisqu'il est surnuméraire ; et dans une responsa des Babyloniens, j'ai trouvé ainsi ; mais je [ne l']ai pas reçu [par tradition], et la chose ne me paraît pas [juste], puisque, n'étant pas placé dans leur rangée, il est surnuméraire, et celles [des lobes] qui devraient [normalement] manquer, [le poumon] est alors comme 'échange' (halif), et [la bête est] tereifa. Et lorsqu'on trouve deux lobes surnuméraires, j'ai entendu de la bouche de mon maître l'Ancien que les grands de la génération en ont débattu — Rabbi Yehouda fils de Rabbi Baroukh et ses collègues — et il ne m'a pas explicité son avis ; et il me paraît qu'[elle est] tereifa, car c'[est] un surnuméraire d'entre-deux (qui n'est ni à une place ni à l'autre), et ce n'est pas la manière [normale] ; car un seul d'entre eux, en lui-même, nous ne l'avons déclaré cachere que parce que toutes ces braitot sont ainsi [enseignent qu'il y en a un].
🗂️ Tossefot (2)
אֲבָל אַגַּבַּהּ אֲפִילּוּ כְּטַרְפָּא דְאָסָא טְרֵפָה וְנִרְאֶה דְּאִם נִמְצֵאת הָעֵינוּנִיתָא לְצַד שְׂמֹאל כֵּיוָן דְּלָאו אוֹרְחָא בְּהָכִי טְרֵפָה דְּהָא מְפָרֵשׁ טַעְמָא מִשּׁוּם דְּעִיזֵּי בָּרָייָתָא הָכִי אִית לְהוּ וְהָא דִּמְמַעֵט אַגַּבָּהּ וְלֹא מְמַעֵט לְצַד שְׂמֹאל נְקַט גַּבָּהּ לִמְעוּטֵי אֲפִילּוּ בְּיָמִין וְאִם שִׁינְּתָה מְקוֹמָהּ הָיָה נִרְאֶה לְהַתִּיר מִדִּמְמַעֵט גַּבָּהּ דַּוְקָא וְאַף כִּי רַבֵּינוּ שְׁלֹמֹה מַטְרִיף בִּתְרֵי עֵינוּנִיתָא אע"פ שֶׁאַחַת אֵינָהּ עוֹמֶדֶת בִּמְקוֹמָהּ לֹא הָיָה אוֹסֵר אִם לָאו דְּאִיתָא שְׁנַיִם אַךְ מוֹרִי הָרַב דּוֹדִי זַ"ל אָמַר שֶׁהָיָה מְקֻובָּל לֶאֱסֹור וְאֶפְשָׁר דְּטַעְמָא מִשּׁוּם דְּלָאו אוֹרְחֵיהּ בְּהָכִי:
Mais sur son dos, même aussi petit qu'une feuille de myrte, [la bête est] tereifa — et il paraît que, si le lobe surnuméraire se trouve du côté gauche, puisque ce n'est pas la manière [normale], [la bête est] tereifa ; car [le texte] explique la raison : parce que les chèvres de la création sont ainsi [faites]. Et le fait qu'il exclue [seulement] 'sur son dos' et n'exclue pas 'du côté gauche' — il a pris 'son dos' pour exclure même [s'il est] à droite ; et si [le lobe] a changé de place, il paraîtrait permis, du fait qu'il exclut 'son dos' uniquement. Et même si Rabbenou Chelomo (Rachi) déclare tereifa pour deux lobes surnuméraires, bien que l'un ne se tienne pas à sa place, il n'aurait pas interdit s'il n'y en avait pas deux ; mais mon maître le Rav, mon oncle, de mémoire bénie, a dit qu'il était reçu [par tradition] d'interdire ; et il se peut que la raison [soit] parce que ce n'est pas la manière [normale] en cela.
אֲפִילּוּ כְּטַרְפָּא דְאָסָא טְרֵפָה מִשּׁוּם אֲבִי הָעֶזְרִי וה"ר אב"ן כָּתַב ה"ר יִצְחָק בְּסִפְרוֹ דְּדַוְקָא בִּשְׁאָר אוֹנוֹת וְגַב הָרֵיאָה הָוְיָא טְרֵפָה אֲבָל הָאוּנוֹת שֶׁבְּצַד הַיָּמִין הַתַּחְתּוֹנָה שֶׁהִיא עֶלְיוֹנָה הַסְּמוּכָה לַצַּוָּאר כְּשֵׁרָה דְּדַרְכָּהּ לְהִתְפַּצֵּל וְכָתַב בִּתְשׁוּבָה דְּאַפֵּי' לָא הָוְיָא כְּטִרְפָא דְּאָסָא אֶלָּא עַל יְדֵי נְפִיחָה טְרֵפָה וְאִי לָא הָוְיָא אֲפִילּוּ בָּתַר נְפִיחָה כְּטִרְפָא דְּאָסָא נִרְאֶה לַאֲבִי הָעֶזְרִי שֶׁהִיא כְּשֵׁרָה:
Même aussi petit qu'une feuille de myrte, [la bête est] tereifa — au nom de l'Avi ha-Ezri ; et le maître R. Avan (?) — le maître R. Yitzhak a écrit dans son livre que c'[est] précisément pour les autres lobes et le dos du poumon qu'[elle est] tereifa, mais le lobe [situé] du côté droit, le [lobe] inférieur qui est [en réalité] le supérieur, proche du cou, [la bête est] cachere, car sa manière [normale est] de se diviser ; et il a écrit dans une responsa que, même s'il n'[est] aussi grand qu'une feuille de myrte que par insufflation (néfiha), [la bête est] tereifa ; et s'il n'[est] pas, même après insufflation, [aussi grand] qu'une feuille de myrte, il paraît à l'Avi ha-Ezri qu'[elle est] cachere.
💡 Explication

Fin de la discussion (commencée en 47a) sur le lobe surnuméraire (ininita, petit lobe supplémentaire). À sa place normale, entre les lobes, il est toléré ; mais sur le dos du poumon, même un tout petit lobe (taille d'une feuille de myrte) rend la bête tereifa, car ce n'est pas sa place naturelle.

2
אָמַר רַפְרָם: הַאי רֵיאָה דְּדָמְיָא לְאֻופְתָּא – טְרֵפָה. אִיכָּא דְאָמְרִי בַּחֲזוּתָא, וְאִיכָּא דְּאָמְרִי בְּגִישְׁתָּא. אִיכָּא דְאָמְרִי דִּנְפִיחָה, וְאִיכָּא דְּאָמְרִי דִּפְחִיזָא, וְאִיכָּא דְּאָמְרִי דְּשִׁיעָא, דְּלֵית לַהּ חִיתּוּכָא דְאֻונֵּי.

Rafram a dit : ce poumon qui ressemble à un copeau de bois (oufta) — [la bête est] tereifa. Il y a [ceux] qui disent [que la ressemblance porte] sur l'apparence (hazouta), et il y a [ceux] qui disent [qu'elle porte] sur le toucher (guichta).

Il y a [ceux] qui disent [qu'il s'agit d'un poumon] gonflé (néfiha), et il y a [ceux] qui disent [d'un poumon] léger (péhiza), et il y a [ceux] qui disent [d'un poumon] lisse (chia), qui n'a pas de découpe des lobes (hitoukha de-ouni).

📜 Rachi (4)
דְּדָמְיָא לְאֻופְתָּא בְּקַעַת עֵצִים וּכְדִמְפָרֵשׁ:
Qui ressemble à un copeau de bois — un éclat de bûche, comme [le texte l']explique.
בְּגִישְׁתָּא שֶׁקָּשֶׁה מְשׂוֹשָׂהּ כְּעֵץ:
Sur le toucher — qu'il est dur au palper comme du bois.
דִּנְפִיחָא נַעֲשַׂת לְבָנָה כְּבִקְעַת וְהַייְנוּ נָמֵי בַּחֲזוּתָא. וְהֵיכָא דְּלָא מְחַתְּכָא בְּחִיתּוּךְ גָּמוּר וּבְסֶדֶק אֶלָּא כְּמִין מַרְאֶה הֶפְרֵשׁ נִיכָּר בּוֹ כְּשֵׁרָה דְּלָאו שִׁיעָא כִּי אֻופְתָּא הִיא:
[Un poumon] gonflé — il est devenu blanc comme un éclat [de bois], et c'est aussi [une question d']apparence. Et là où il n'est pas découpé d'une découpe complète et par une fente, mais [où] une sorte d'apparence de différence s'y reconnaît, [la bête est] cachere, car il n'est pas lisse comme un copeau.
דִּפְחִיזָא קָשֶׁה וְהַייְנוּ נָמֵי כְּגִישְׁתָּא:
[Un poumon] léger — dur, et c'est aussi comme [la question du] toucher.
🗂️ Tossefot (1)
דְּשִׁיעָא כְּאֻופְתָּא הַייְנוּ שֶׁחֲלָקָהּ לְגַמְרֵי אֲבָל אִם יֵשׁ בָּהּ שׁוּם הֶיכֵּר בְּעָלְמָא כְּשֵׁרָה:
[Un poumon] lisse comme un copeau — c'est-à-dire entièrement uni ; mais s'il y a en lui quelque reconnaissance que ce soit, [la bête est] cachere.
💡 Explication

Rafram déclare tereifa le poumon semblable à un copeau de bois (oufta, éclat de bûche). Les Amoraim débattent du sens de la ressemblance : l'apparence (pâle comme le bois), le toucher (dur comme le bois), [un poumon] gonflé, léger, ou lisse — c'est-à-dire sans découpe des lobes (hitoukha de-ouni), entièrement uni comme une planche.

3
אָמַר רָבָא: כְּכֻוחְלָא – כְּשֵׁרָה, כִּדְיוֹתָא – טְרֵפָה, דְּאָמַר רַבִּי חֲנִינָא: שָׁחוֹר אָדֹום הוּא, אֶלָּא שֶׁלָּקָה.

Rava a dit : [un poumon] comme le fard à yeux (kohéla) — cachere ; comme l'encre (deyota) — tereifa, car Rabbi Hanina a dit : le noir, c'est du rouge, sauf qu'il s'est gâté (laka).

📜 Rachi (4)
כְּכֻוחְלָא צֶבַע כְּחוֹל שֶׁהוּא כְּמַרְאֶה לזו"ר לֹא יָרוֹק וְלֹא שָׁחוֹר:
Comme le fard à yeux — la couleur bleue, qui est comme l'apparence de l'azur (?), ni vert ni noir.
כִּדְיוֹתָא קֹורֶט דְּיוֹ יָבֵשׁ וְהוּא שָׁחוֹר:
Comme l'encre — un grain d'encre sèche, qui est noir.
דְּרַבִּי חֲנִינָא לְעִנְיַן דַּם נִדָּה:
[Le propos] de Rabbi Hanina [se rapporte] à la question du sang menstruel (dam nida).
אֶלָּא שֶׁלָּקָה אַלְמָא לָקוּתָא הוּא וְסוֹפוֹ לֵירָקֵב וְלִינָּקֵב:
Sauf qu'il s'est gâté — [cela prouve] donc que [le noir] est une altération (lékouta), et qu'il finira par pourrir et se perforer.
💡 Explication

Rava fixe deux teintes-repère. Comme le fard à yeux (kohéla, un bleu) — cachere. Comme l'encre (deyota, noir) — tereifa. Justification par Rabbi Hanina (à propos du sang menstruel) : le noir est en réalité du rouge qui s'est gâté (laka) ; le noir trahit donc une lékouta (altération) destinée à pourrir et à se perforer.

4
יְרֻוקָּה – כְּשֵׁרָה, מִדְּרַבִּי נָתָן. אֲדֻומָּה – כְּשֵׁרָה, מִדְּרַבִּי נָתָן. דְּתַנְיָא: רַבִּי נָתָן אוֹמֵר: פַּעַם אַחַת הָלַכְתִּי לִכְרַכֵּי הַיָּם, בָּאתָה אִשָּׁה אַחַת לְפָנַי שֶׁמָּלָה בְּנָהּ רִאשׁוֹן וָמֵת, שֵׁנִי וּמֵת, שְׁלִישִׁי – הֱבִיאַתּוּ לִפְנֵי. רְאִיתִיו שֶׁהָיָה אָדֹום, אָמַרְתִּי לָהּ: בִּתִּי, הַמְתִּינִי לוֹ עַד שֶׁיִּבָּלַע בּוֹ דָּמוֹ. הִמְתִּינָה לוֹ וּמָלָה אוֹתוֹ וְחָיָה, וְהָיוּ קוֹרִין אוֹתוֹ נָתָן הַבַּבְלִי עַל שְׁמִי.

[Un poumon] vert (yarouka) — cachere, [comme on le dérive] de [l'épisode de] Rabbi Natan. [Un poumon] rouge (adouma) — cachere, [comme on le dérive] de [l'épisode de] Rabbi Natan.

Car il est enseigné : Rabbi Natan dit : une fois, je suis allé dans les villes de la mer ; une femme vint devant moi, qui avait circoncis son premier fils — et il mourut — le deuxième — et il mourut — le troisième, elle l'apporta devant moi. Je le vis qui était rouge.

Je lui dis : ma fille, attends pour lui jusqu'à ce que son sang soit absorbé en lui. Elle attendit pour lui, le circoncit, et il vécut ; et on l'appelait Natan le Babylonien, d'après mon nom.

📜 Rachi (5)
יְרֻוקָּה כְּמִין עֲשָׂבִים כְּדִלְקַמָּן:
[Un poumon] vert — comme une sorte d'herbes, comme [il est dit] plus loin.
אֲדֻומָּה שנקוטרוד"א:
[Un poumon] rouge — 'sanqotroda' (?, en vernaculaire).
כְּשֵׁרָה דְּהָדְרָא בָּרִיא מִדְּרַבִּי נָתָן:
Cachère — car il revient à la santé, [comme on le dérive] de [l'épisode de] Rabbi Natan.
הַמְתִּינִי לוֹ דְּאֵין לְךָ דָּבָר הָעוֹמֵד בִּפְנֵי פִּיקּוּחַ נֶפֶשׁ חוּץ מֵעֲבוֹדַת כּוֹכָבִים וְגִילּוּי עֲרָיוֹת וּשְׁפִיכוּת דָּמִים:
Attends pour lui — car il n'est rien qui tienne devant [le devoir de] sauver une vie (pikouah nefech), hormis l'idolâtrie (avoda zara), les unions interdites (guilouy arayot) et l'effusion de sang (chefihout damim).
שֶׁיִּבָּלַע בּוֹ דָּמוֹ שֶׁיְּהֵא דָּמוֹ נִבְלָע בִּבְשָׂרוֹ שֶׁהָיָה דָּמוֹ הוֹלֵךְ בֵּין עוֹר לַבָּשָׂר וְהָוֵי כְּמִי שֶׁאֵין לוֹ דָּם וְהַדָּם הוּא הַנָּפֶשׁ וּמִתּוֹךְ שֶׁאֵין בּוֹ חַיּוּת הוּא מֵת בְּמַכָּה קַלָּה:
Jusqu'à ce que son sang soit absorbé en lui — que son sang soit absorbé dans sa chair ; car son sang allait [s'accumuler] entre la peau et la chair, et il était comme quelqu'un qui n'a pas de sang — or le sang, c'est la vie (nefech) — et, du fait qu'il n'y a pas de vitalité (hiyout) en lui, il meurt d'un coup léger.
🗂️ Tossefot (1)
שְׁלִישִׁי הֱבִיאַתּוּ לִפְנֵי נִרְאֶה דְּסָבַר דְּבִתְרֵי זִימְנֵי הָוְיָא חֲזָקָה כְּרַבִּי (יְבָמוֹת דַּף סד:) מִדְּאָמַר לָהּ הַמְתִּינִי:
Le troisième, elle l'apporta devant moi — il paraît qu'il tient [pour principe] que par deux fois [un fait] établit une présomption (hazaka), selon Rabbi (Yevamot 64b), du fait qu'il lui dit 'attends'.
💡 Explication

Le vert et le rouge sont des couleurs cacheres du poumon : on l'apprend de l'épisode de Rabbi Natan. Une femme avait perdu deux fils à la circoncision ; le troisième était rouge (sang non encore absorbé). Rabbi Natan fit attendre que le sang soit absorbé, et l'enfant survécut — preuve que le rouge est un état qui se résorbe et guérit, donc cachere pour le poumon aussi.

5
וְשׁוּב פַּעַם אַחַת הָלַכְתִּי לִמְדִינַת קַפּוֹטְקְיָא, בָּאתָה אִשָּׁה לִפְנֵי, שֶׁמָּלָה בְּנָהּ רִאשׁוֹן וָמֵת, שֵׁנִי וּמֵת, שְׁלִישִׁי הֱבִיאַתּוּ לִפְנֵי, רְאִיתִיו שֶׁהָיָה יָרוֹק, הֵצַצְתִּי בּוֹ וְלֹא הָיָה בּוֹ דַּם בְּרִית, אָמַרְתִּי לָהּ: בִּתִּי, הַמְתִּינִי לוֹ עַד שֶׁיִּפּוֹל בּוֹ דָּמוֹ, הִמְתִּינָה לוֹ וּמָלָה אוֹתוֹ וְחָיָה, וְהָיוּ קוֹרִין אוֹתוֹ נָתָן הַבַּבְלִי עַל שְׁמִי.

Et de nouveau, une fois, je suis allé dans le pays de Cappadoce ; une femme vint devant moi, qui avait circoncis son premier fils — et il mourut — le deuxième — et il mourut — le troisième, elle l'apporta devant moi. Je le vis qui était vert.

Je l'examinai (hitsatsti) et il n'y avait pas en lui de sang de l'alliance (dam brit). Je lui dis : ma fille, attends pour lui jusqu'à ce que son sang lui vienne (lui revienne).

Elle attendit pour lui, le circoncit, et il vécut ; et on l'appelait Natan le Babylonien, d'après mon nom.

💡 Explication

Second épisode, parallèle : un enfant vert (pâle), dépourvu de sang (pas de sang de l'alliance, dam brit, donc carence). Rabbi Natan fait attendre que le sang revienne et l'enfant survit — preuve que le vert aussi est un état réversible, donc cachere pour le poumon.

6
אָמַר רַב כָּהֲנָא: כְּכַבְדָּא – כְּשֵׁרָה, כְּבִשְׂרָא – טְרֵפָה, וְסִימָנָיךְ: ״וּבָשָׂר בַּשָּׂדֶה טְרֵפָה״.

Rav Kahana a dit : [un poumon] comme le foie (kavda) — cachere ; comme la chair (bissra) — tereifa ; et ton signe [mnémonique] : 'et de la chair dans le champ [arrachée, tu n'en mangeras pas], [c'est] tereifa' (Ex 22:30).

📜 Rachi (2)
כְּכַבְדָּא כְּשֵׁרָה רֵיאָה שֶׁמַּרְאֶה שֶׁלָּהּ דּוֹמָה לְכַבֵּד כְּשֵׁרָה:
Comme le foie — cachere : un poumon dont l'apparence ressemble au foie [est] cachere.
כְּבִישְׂרָא טְרֵפָה וְהָכִי קִים לְהוּ דִּבְהָכִי הָוְיָא לָקוּתָא וּבְהָכִי לָא הָוְיָא לָקוּתָא:
Comme la chair — tereifa : et ainsi est-il établi pour eux [par tradition] qu'avec telle [apparence] il y a altération (lékouta), et qu'avec telle [autre] il n'y a pas altération.
💡 Explication

Rav Kahana : un poumon dont la couleur ressemble au foie — cachere ; ressemblant à la chair (rouge vif de muscle) — tereifa. Mnémo : le verset 'ouvassar bassade tereifa' ('et de la chair dans le champ... tereifa', Ex 22:30) — le mot 'chair' rappelle que la couleur de chair est tereifa.

7
אָמַר רַב סַמָּא בְּרֵיהּ דְּרָבָא: הַאי רֵיאָה דְּדָמְיָא כִּכְשׁוּתָא, וּכְמוֹרִיקָא, וּכְגוֹן בֵּיעֲתָא – טְרֵפָה. אֶלָּא יְרֻוקָּה דִּכְשֵׁרָה הֵיכִי דָּמְיָא? כְּכַרְתִּי.

Rav Sama fils de Rava a dit : ce poumon qui ressemble au cuscute (kechouta), au safran (mourika), ou comme l'œuf (jaune d'œuf, béata) — [la bête est] tereifa. Mais alors, [le poumon] vert qui [est] cachere, à quoi ressemble-t-il ?

Au poireau (karti).

📜 Rachi (1)
כִּכְשׁוּתָא יְרֻוקָּה וְלֹא כַּעֲשָׂבִים אֶלָּא כְּמַרְאֵה כְּשׁוּתָא הומלו"ן אוֹ כְּמַרְאֵה מוֹרִיקָא כַּרְכֹּום אוֹ כְּמַרְאֵה בֵּיצָה. וְכָל אֵלֶּה מִין יָרוֹק הֵן אֶלָּא שֶׁזֶּה מְשֻׁונֶּה מִזֶּה וְכָל מַרְאֶה קרו"ג נִקְרָא יָרוֹק:
Comme le cuscute — vert, et non comme les herbes, mais comme l'apparence du cuscute ('houmlon', en vernaculaire), ou comme l'apparence du safran (mourika = karkom), ou comme l'apparence de l'œuf ; et tous ceux-là sont une espèce de vert, sauf que celui-ci diffère de celui-là ; et toute apparence 'verte' ('vert' en vernaculaire) est appelée yarouké.
🗂️ Tossefot (1)
אֶלָּא יְרֻוקָּה ה"ד כְּכַרְתִּי וי"ס שֶׁכָּתוּב בָּהֶן כִּכְרֵתָן וְהַכֹּל אֶחָד וְכָתַב בֶּעָרוּךְ דְּהוּא צֶבַע יָרוֹק וְתַרְגּוּם שֶׁל חָצִיר הוּא כָּרְתִי וְנִרְאֶה דְּהוּא צֶבַע אינדי"ש בְּלַעַ"ז דְּהוּא דָּמֵי לָרָקִיעַ דְּהָא מַשְׁמַע שֶׁהוּא דּוֹמֶה קְצָת לִתְכֵלֶת כִּדְאָמְרִינַן (בְּרָכוֹת דַּף ט:) כְּדֵי שֶׁיַּכִּיר בֵּין תְּכֵלֶת לְכַרְתִּי וְאָמַר תְּכֵלֶת דּוֹמֶה לַיָּם וְיָם דּוֹמֶה לָרָקִיעַ וּמִתּוֹךְ כָּךְ אוֹמֵר ר"ת דְּהָא דְּפָסְלִינַן בְּפֶרֶק לוּלָב הַגָּזוּל (סֻוכָּה דַּף לד:) אֶתְרוֹג הַיָּרוֹק כִּכְרֵתָן דַּוְקָא בְּצֶבַע אינדי"ש וּמִיהוּ נִרְאֶה דְּמִכֹּחַ זֶה אֵין לְהַכְשִׁיר שְׁאָר אֶתְרוֹגִים הַיְרֻוקִּים דְּלָא נְקַט כִּכְרֵתָן לִמְעוּטֵי שְׁאָר עִנְיְנֵי יְרָקוֹת וה"נ לָא הָוֵי דַּוְקָא כִּכְרֵתָן דִּלְעֵיל גַּבֵּי יְרֻוקָּה כְּשֵׁרָה מִדְּרַבִּי נָתָן פֵּירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס יְרֻוקָּה כַּעֲשָׂבִים אַלְמָא כִּכְרֵתָן לָאו דַּוְקָא וְכֵן נִרְאֶה דְּלָא אָתֵי לְמַעוּטֵי אֶלָּא דְּדָמְיָא לִכְשׁוּתָא וּמוֹרִיקָא וּבֵיעֲתָא דְּכָל מִינֵי קרו"ג יְרֻוקִּים אִיקְּרִי כִּדְאָמַר בְּמַסֶּכֶת נְגָעִים (פ"א ה"ג) יְרַקְרַק כִּכְנַף טַווָּס וְאִיכָּא לָמֶ"ד כְּשַׁעֲוָה וְאָמְרִינַן בְּפֶרֶק ד' נְדָרִים (נְדָרִים דַּף לב.) וְיָרָק אֶת חֲנִיכָיו שֶׁהוֹרִיקָן (בַּאֲבָנִים טוֹבוֹת וּמַרְגָּלִיּוֹת) שֶׁלֹּא יִתְּנוּ עֵינֵיהֶם בְּמָמוֹן וְיִתְעַסְּקוּ בְּהַצָּלַת נְפָשׁוֹת וְלֹא בַּאֲבָנִים טוֹבוֹת וּמַרְגָּלִיּוֹת:
Mais alors le [poumon] vert, comment est-il [cachere] ? Comme le poireau — et il y a des livres où il est écrit 'comme le karten', et tout [cela] est un. Et le Aroukh a écrit que c'[est] une couleur verte, et la traduction (targoum) de 'hatsir' (herbe) est 'karti' ; et il paraît que c'[est] la couleur 'indi' (?) en langue vernaculaire, qui ressemble au firmament, car il ressort [du texte] qu'elle ressemble un peu à l'azur (tekhelet), comme nous disons (Berakhot 9b) '[le temps de reconnaître] entre l'azur et le poireau (karti)' ; et il dit : l'azur ressemble à la mer, et la mer ressemble au firmament. Et de là, Rabbenou Tam dit que le fait que l'on invalide, au chapitre Loulav ha-Gazoul (Soukka 34b), l'etrog vert 'comme le karten', [c'est] précisément la couleur 'indi' ; toutefois il paraît que, de ce fait, il n'y a pas lieu de déclarer cachers les autres etrogim verts, car [le texte] n'a pas pris 'comme le karten' pour exclure les autres espèces de verdure ; et de même ici ce n'est pas précisément 'comme le karten' — car plus haut, à propos de '[le poumon] vert [est] cachere, [d'après] Rabbi Natan', le Qonterès (Rachi) a expliqué 'vert comme les herbes', d'où [il ressort que] 'comme le karten' n'[est] pas précis. Et de même il paraît qu'[il] ne vient exclure que ce qui ressemble au cuscute, au safran et au jaune d'œuf ; car toutes les espèces de 'vert' (vernaculaire) sont appelées vertes, comme il est dit au traité Negaim (1:3) 'd'un vert pâle comme l'aile du paon', et il y a [un avis] qui dit 'comme la cire' ; et nous disons au chapitre Arbaa Nedarim (Nedarim 32a) 'et il arma (vayarek) ses serviteurs' — qu'il les fit verdir (horikan) [par convoitise] des pierres précieuses et des perles — afin qu'ils ne jettent pas les yeux sur l'argent et qu'ils s'occupent du sauvetage des vies (hatsalat nefachot) et non des pierres précieuses et des perles.
⚖️ Rosh (1)
הָרֵיאָה שֶׁנִּיקְּבָה אוֹ שֶׁחֲסֵרָה רַב וּשְׁמוּאֵל וְרַב אַסִּי דְּאָמְרִי קְרָמָא עִילָּאָה וְאָמְרִי לַהּ קְרָמָא תַּתָּאָה וּמַסִּיק דְּאִי אִינְּקִיב עִילָּאָה וְלָא אִינְּקִיב תַּתָּאָה תַּתָּאָה מֵגֵין מִדְּרָבָא דְּאָמַר רָבָא הַאי רֵיאָה דְּאִגְּלִיד כַּאֲהִינָא סֻומָּקָא כְּשֵׁירָה. אִינְּקִיב תַּתָּאָה וְלָא אִינְּקִיב עִילָּאָה עִילָּאָה מֵגֵין. מִדְּרַב יוֹסֵף דא"ר יוֹסֵף הַאי רֵיאָה דְּאָווְשָׁא אִי יָדְעִינַן מֵהֵיכָא אָווְשָׁא מוֹתְבִינָא עָלֶיהָ גִּילָא אוֹ גַּדְּפָא אוֹ רֻוקָּא וְנָפְחִינַן לָהּ אִי מִבְּקַבְּקָא טְרֵיפָה וְאִם לָאו כְּשֵׁירָה וְאִי לָא יָדְעִינַן מֵהֵיכָא קָאָווְשָׁא בָּדְקִינַן לָהּ בְּמַיָּא פּוֹשְׁרֵי בְּחַמִּימֵי לָא מִשּׁוּם דִּמְכַווְּצִי לָהּ. בִּקְרִירֵי לָא מִשּׁוּם דִּמְטָרְשִׁי לָהּ. אֶלָּא בָּדְקִינַן לָהּ בְּמַיָּא פּוֹשְׁרֵי אִי מְבַצְבְּצָא טְרֵיפָה וְאִם לָאו כְּשֵׁירָה תַּתָּאָה אִינְּקִיב עִילָּאָה לָא אִינְּקִיב. וְהַאי דְּאָווְשָׁא זִיקָא דְּבֵינֵי בֵּינֵי הוּא. גּוּפָא אָמַר רָבָא רֵיאָה דְּאִגְּלִיד כַּאֲהִינָא סֻומָּקָא כְּשֵׁירָה. כָּתַב בַּעַל הֲלָכוֹת וְהוּא דְּלָא מַפְּקָא זִיקָא. מִתּוֹךְ לְשׁוֹנוֹ מַשְׁמַע דְּבָעֲיָא בְּדִיקָה אע"פ שֶׁאֵין לְשׁוֹן הַשַּׁ"ס מַשְׁמַע כִּדְבָרָיו. דִּלְשׁוֹן כָּשֵׁר מִשְׁתְּמַע אַף בְּלֹא בְּדִיקָה וּמִיהוּ מִסְתַּבֵּר כִּדְבָרָיו וְכֵיוָן שֶׁנִּשְׁתַּנֵּית מִבְּרִיָּיתָהּ וּקְרוּם הַתַּחְתּוֹן דַּק צָרִיךְ נְפִיחָה שֶׁמָּא נִיקַּב. אָמַר רָבָא רֵיאָה שֶׁהֶאֱדִימָה מִקְצָתָהּ כְּשֵׁירָה. הֶאֱדִימָה כֻּולָּהּ טְרֵיפָה. א"ל רָבִינָא מַאי שְׁנָא מִקְצָתָהּ דְּהָדְרָא בָּרְיָא כֻּולָּהּ נָמֵי הָדְרָא בָּרְיָא. מִי לָא תַּנְיָא וּשְׁאָר שְׁקָצִים וּרְמָשִׂים עַד שֶׁיֵּצֵא מֵהֶן דָּם. וְכִי תֵּימָא לִשְׁמוֹנָה שְׁרָצִים מְדַמֵּינַן לַהּ וְתַנְיָא נִצְרַר הַדָּם אע"פ שֶׁלֹּא יָצָא אִי הָכִי אֲפִילּוּ מִקְצָתָהּ נָמֵי. אֶלָּא לָא שְׁנָא. פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י לָא שְׁנָא וּכְשֵׁירָה כִּדְאָמְרִינַן בִּשְׁמַעְתִּין אֲדֻומָּה כְּשֵׁירָה מִדְּרַבִּי נָתָן וכ"כ רַב אִלְפָּס זַ"ל. וְרַבֵּינוּ חֲנַנְאֵל זַ"ל פֵּירֵשׁ לָא שְׁנָא וּטְרֵיפָה. וְהָא דְּקַיְימָא לָן אֲדֻומָּה כְּשֵׁירָה חָלַק רִ"י דְּמַיְירֵי שֶׁחוֹזֶרֶת וּמִתְלַבֶּנֶת ע"י נְפִיחָה. וְהֶאְדִּימָה דְּהָכָא מַייְרֵי שֶׁאֵינָהּ חוֹזֶרֶת וּמִתְלַבֶּנֶת ע"י נְפִיחָה וְלָא נְהִירָא לִי דְּמִסְתַּבֵּר לְמֵימַר דְּכָל מַרְאוֹת הַפּוֹסְלוֹת בָּרֵיאָה אִי מִתְלַבְּנִין ע"י נְפִיחָה כְּשֵׁירִין. כִּי כְּשֶׁהַבְּהֵמָה חַיָּה הַבְּהֵמָה מְלֵיאָה רוּחַ וּנְפוּחָה תָּמִיד הִילְכָּךְ אֵין שִׁינּוּי אֶלָּא בְּרִיאָה נְפוּחָה. וְכֵן מָצָאתִי אַחַר כָּךְ כָּתוּב בְּשֵׁם הַגְּאוֹנִים וּבְשֵׁם הָרַמְבַּ"ם זַ"ל. וְיֵשׁ מְחַלְּקִין דְּשָׁאנֵי אֲדֻומָּה מֵהָאֲדִימָה דְּהֶאֱדִימָה מַשְׁמַע אֲדֻומָּה בְּיוֹתֵר וְהוּא בָּא מֵחֲמַת לָקוּתָא. וַאֲדֻומָּה מַשְׁמַע מִתּוֹלַדְתָּהּ שֶׁלֹּא נִבְלַע בָּהּ דָּמָהּ. וְלָא נְהִירָא לִי דא"כ גַּבֵּי אֲדֻומָּה הָוֵי לֵיהּ לְמִיבְעֵי אֲדֻומָּה דִּכְשֵׁרָה הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ כֵּיוָן דְּאִיכָּא הֶפְרֵשׁ בֵּין אַדְמוּמִית לְאַדְמוּמִית כִּדְבָעֵינַן לְקַמָּן (חוֹלִין דַּף מז:) יְרֻוקָּה הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ. וְרַבֵּינוּ אֶפְרַיִם זַ"ל פֵּירֵשׁ דְּהֶאֱדִימָה דְּהָכָא מַייְרֵי כְּשֶׁהֶאְדִּימָה מֵחֲמַת מַכָּה שֶׁנִּמְצֵאת לָהּ בַּדֹּופֶן כְּנֶגֶד הָרֵיאָה. מִדְּמַיְיתֵי עֲלָהּ מֵהַחוֹבֵל בְּשַׁבָּת. וְכֵיוָן שֶׁנִּצְרַר הַדָּם מֵחֲמַת מַכָּה סוֹף הָעוֹר לִינָּקֵב וּטְרֵיפָה וְכֵיוָן דְּלָא יָדְעִינַן אִי אִיכָּא לְדַמּוֹיֵי קְרוּם הָרֵיאָה לִשְׁאָר שְׁרָצִים ע"כ לְחוּמְרָא מִדְּמֵינַן לָהּ לִשְׁמֹנָה שְׁרָצִים וּטְרֵיפָה. וְלָא דָּמֵי כְּלָל לְאַדְמוּמִית דְּמִמֵּילָא דִּלְקַמָּן וְכֵן עִיקָּר: אָמַר רָבָא רֵיאָה שֶׁיָּבְשָׁה מִקְצָתָהּ טְרֵיפָה. וְעַד כַּמָּה. אָמַר רַב פַּפִּי מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא עַד שֶׁתְּהֵא נִפְרֶכֶת בַּצִּפֹּורֶן אֲבָל אִם אֵינָהּ נִפְרֶכֶת בַּצִּפֹּורֶן כְּשֵׁירָה דְּהָדְרָא בָּרִיא כָּתַב בה"ג שֶׁאִם יָבֵשׁ הַכָּבֵד טְרֵיפָה מִשּׁוּם דְּכָל יָבֵשׁ כְּנָטוּל דָּמֵי. כִּדְאָמְרִינַן הָכָא וְגַבֵּי אֹוזֶן בְּכוֹר וְהוּא שֶׁיָּבַשׁ כֻּולּוֹ וְלֹא נִשְׁתַּייֵּר כַּזַּיִת בִּמְקוֹם מָרָה וְכַזַּיִת בְּמָקוֹם שֶׁהִיא חַיָּה:
Le poumon (ria) qui s'est perforé ou qui a manqué — Rav, Chemouel et Rav Assi, l'un dit [qu'il s'agit de] la membrane (krama) supérieure et l'autre dit [la membrane] inférieure. Et [la Guemara] conclut que si la [membrane] supérieure s'est perforée et que l'inférieure ne s'est pas perforée, l'inférieure protège (megen) — [comme on l'apprend] de Rava, car Rava a dit : ce poumon dont [la surface] s'est pelée (iglid) comme une datte rouge (ahina soumaka) [est] kacher. [Si] l'inférieure s'est perforée et que la supérieure ne s'est pas perforée, la supérieure protège — [comme on l'apprend] de Rav Yossef, car Rav Yossef a dit : ce poumon qui fait du bruit (aoucha, siffle), si nous savons d'où il fait du bruit, nous posons dessus de la paille (gila), ou une plume (gadpa), ou de la salive (rouka), et nous l'insufflons : si cela bouillonne (mibkabka) [la bête est] treifa, et sinon [elle est] kachère. Et si nous ne savons pas d'où il fait du bruit, nous l'examinons dans de l'eau tiède (mayya pochre) — non dans [l'eau] chaude, car cela le contracte, ni dans [l'eau] froide, car cela le durcit, mais nous l'examinons dans l'eau tiède : si cela bouillonne (mevatsbetsa) [elle est] treifa, et sinon [elle est] kachère. [En ce cas] l'inférieure s'est perforée [et] la supérieure ne s'est pas perforée, et le fait qu'il fasse du bruit, c'est l'air [emprisonné] entre les deux [membranes]. Sur le corps [du texte lui-même] : Rava a dit, un poumon dont [la surface] s'est pelée comme une datte rouge [est] kacher. Le Baal Halakhot (BeHaG) a écrit : et c'[est] pourvu qu'il ne laisse pas sortir d'air. De son langage il ressort qu'il requiert un examen (bedika), bien que le langage du Chas ne ressorte pas selon ses propos, car le terme 'kacher' se comprend même sans examen ; néanmoins il est raisonnable [de trancher] selon ses propos, et puisqu'[il] s'est modifié de son état originel et [que] la membrane inférieure [est] fine, il faut une insufflation (nefiha), de peur qu'[elle] ne se soit perforée. Rava a dit : un poumon qui a rougi (heedima) en partie [est] kacher ; [s'il] a rougi en entier [il est] treifa. Ravina lui dit : en quoi diffère [le cas où] une partie [a rougi], qui revient à la santé (hadra baria) — l'entier aussi revient à la santé ! N'est-il pas enseigné [dans une braita, à propos] des autres reptiles (chekatsim) et insectes rampants (remassim) : 'jusqu'à ce qu'il en sorte du sang' [ce qui prouve que le sang accumulé est réversible] ? Et si tu dis : nous l'assimilons aux huit reptiles [énumérés par la Torah], et il est enseigné [pour eux] : 'si le sang s'est accumulé (nitsrar ha-dam) bien qu'il ne soit pas sorti [la lésion compte]' — si [c'est] ainsi, même [pour] une partie aussi [ce devrait être treifa] ! Plutôt, il n'y a pas de différence (lo chna). Rachi a expliqué : lo chna, et [dans les deux cas la bête est] kachère, comme nous disons dans notre sougya [qu'un poumon] rouge (adouma) [est] kacher, [comme on l'apprend] de Rabbi Natan ; et ainsi a écrit Rav Alfas (Rif), de mémoire bénie. Et Rabbenou Hananel, de mémoire bénie, a expliqué : lo chna, et [dans les deux cas la bête est] treifa. Et le fait que nous tenions pour établi qu'[un poumon] rouge [est] kacher, le Ri l'a distingué [en disant] qu'il traite [d'un poumon] qui redevient blanc (mitlabenet) par insufflation ; et le [poumon] qui a rougi ici traite [d'un cas] où il ne redevient pas blanc par insufflation. Mais cela ne m'éclaire pas, car il est raisonnable de dire que toutes les apparences (mar'ot) qui disqualifient le poumon, si elles redeviennent blanches par insufflation, [le rendent] kacher ; car lorsque la bête est vivante, la bête est pleine d'air et gonflée en permanence, de sorte qu'il n'y a de modification (chinouy) [réelle] que dans un poumon gonflé. Et de même j'ai trouvé par la suite [ceci] écrit au nom des Gueonim et au nom du Rambam, de mémoire bénie. Et il y a [des décisionnaires] qui distinguent [en disant] que 'adouma' (rouge) diffère de 'heedima' (qui a rougi), car 'heedima' implique [un rouge] très [intense], et il provient d'une altération (lakouta), tandis que 'adouma' implique [un rouge] de sa nature, [du fait] que son sang n'a pas été absorbé en elle. Mais cela ne m'éclaire pas, car s'il en était ainsi, à propos de [ce poumon] 'adouma' [kacher], il aurait fallu poser [la question] : le [poumon] 'adouma' qui [est] kacher, comment le trouve-t-on ? — puisqu'il y a une différence entre une rougeur et une rougeur, comme nous [le] demandons plus loin (Houlin 47b) : le [poumon] vert (yerouka) [kacher], comment le trouve-t-on ? Et Rabbenou Efrayim, de mémoire bénie, a expliqué que le [cas de poumon] 'heedima' [dont il s'agit] ici traite [du cas] où il a rougi à cause d'une blessure (maka) qui se trouve sur la paroi (dofen) en face du poumon — [comme on l'apprend] de ce qu'[on] cite à son sujet [le passage] de 'celui qui blesse le Chabbat' ; et puisque le sang s'est accumulé à cause d'une blessure, la peau finira par se perforer et [la bête est] treifa ; et puisque nous ne savons pas s'il y a lieu d'assimiler la membrane du poumon aux autres reptiles, [c'est] nécessairement par rigueur (le-houmra) que nous l'assimilons aux huit reptiles et [qu'elle est] treifa. Et cela ne ressemble en rien à la rougeur [survenue] d'elle-même [dont il est question] plus loin, et ainsi [est] le principal [de la halakha]. Rava a dit : un poumon qui s'est desséché (yavcha) en partie [est] treifa. Et jusqu'à quel [degré] ? Rav Papi a dit au nom de Rava : jusqu'à ce qu'il s'émiette sous l'ongle (nifrekhet ba-tsiporen), mais s'il ne s'émiette pas sous l'ongle [il est] kacher, car il revient à la santé (hadra baria). Le BeHaG a écrit que si le foie (kaved) s'est desséché [la bête est] treifa, parce que tout ce qui est desséché est considéré comme enlevé (ke-natoul dami), ainsi que nous disons ici et à propos de l'oreille du premier-né (bekhor) ; et [ce n'est le cas] que s'il s'est desséché en entier et qu'il n'en est pas resté [au moins] un ke-zayit (mesure d'une olive) à l'endroit de la vésicule biliaire (mara) et un ke-zayit à l'endroit où elle est vivante.
💡 Explication

Rav Sama précise les nuances de vert tereifa : comme le cuscute (kechouta), le safran (mourika), ou le jaune d'œuf — ce sont des verts-jaunes maladifs. Question : si ces verts sont tereifa, quel est donc le vert cachere (celui de l'épisode de Rabbi Natan) ? Réponse : vert comme le poireau (karti), un vert franc et sain.

8
אָמַר רָבִינָא: אָטוּם בָּרֵיאָה, מַייְתִינַן סַכִּינָא וְקָרְעִינַן לַהּ, אִי אִית בַּהּ מֻוגְלָא – וַדַּאי מֵחֲמַת מֻוגְלָא הוּא, וּכְשֵׁרָה, וְאִי לָא – מוֹתְבִינַן עֲלַהּ גַּדְפָּא אוֹ רֻוקָּא, אִי מְבַצְבְּצָא – כְּשֵׁרָה, וְאִי לָא – טְרֵפָה.

Ravina a dit : [s'il y a] une [zone] bouchée (atoum) dans le poumon, nous apportons un couteau et nous l'ouvrons (incisons). S'il y a en elle du pus (mougla) — c'est assurément à cause du pus [qu'elle est bouchée], et [la bête est] cachere.

Et sinon — nous posons dessus une plume (gadpa) ou de la salive (rouka) : si cela bouillonne (mevatsbetsa, bouge) — cachere ; et sinon — tereifa.

📜 Rachi (5)
אָטוּם בָּרֵיאָה דֻּוכְתָּא דִּמְטַמְטֵם וְלָא עָיֵיל זִיקָא בְּגַוֵּיהּ:
Une [zone] bouchée dans le poumon — un endroit obstrué, où l'air (le souffle) ne pénètre pas.
מֻוגְלָא קוייטור"א:
Du pus — 'qoyetora' (?, en vernaculaire).
מַנִּיחִים עֲלָהּ עַל אוֹתוֹ אָטוּם לְאַחַר שֶׁנִּקְרַע:
Nous posons dessus — sur cette [zone] bouchée, après qu'elle a été incisée.
אִי מְבַצְבְּצָא דְּנָייֵד רֻוקָּא כְּשֵׁרָה דְּהָא עָיֵיל בֵּיהּ זִיקָא:
Si cela bouillonne — que la salive se déplace, [la bête est] cachere, car l'air y pénètre.
וְאִי לָא לָקוּתָא הוּא וּטְרֵפָה:
Et sinon — c'est une altération (lekouta), et [la bête est] tereifa.
💡 Explication

Premier procédé d'examen (voir le schéma). Une zone bouchée (atoum) où l'air ne pénètre pas : on l'ouvre au couteau. Si l'on y trouve du pus (mougla), c'est lui qui obstruait — bénin, donc cachere. Sinon, on pose une plume ou de la salive sur l'ouverture et l'on insuffle : si ça bouge / bouillonne (l'air passe) — cachere ; si rien ne bouge (zone close par altération) — tereifa.

9
אָמַר רַב יוֹסֵף: קְרוּם שֶׁעָלָה מֵחֲמַת מַכָּה בָּרֵיאָה – אֵינוֹ קְרוּם, וְאָמַר רַב יוֹסֵף: הַאי רֵיאָה דְּאָווְשָׁא, אִי יָדְעִינַן הֵיכָא אָווְשָׁא – מַנְּחִינַן עֲלַהּ גַּדְפָּא אוֹ גִילָא אוֹ רֻוקָּא, אִי מְבַצְבְּצָא – טְרֵפָה, וְאִי לָא – כְּשֵׁרָה, וְאִי לָא יָדְעִינַן לַהּ – מַיְיתִינַן מְשִׁיכְלְתָא דְּמַיָּא פָּשׁוֹרֵי וּמוֹתְבִינַן לַהּ בְּגַוַּהּ.

Rav Yossef a dit : une membrane (kroum) qui s'est formée (qui a recouvert) à cause d'une blessure dans le poumon — ce n'est pas une [vraie] membrane. Et Rav Yossef a [aussi] dit : ce poumon qui fait du bruit (aoucha, qui siffle à l'insufflation) — si nous savons d'où il fait du bruit, nous posons dessus une plume, ou de la paille (guila), ou de la salive : si cela bouillonne — tereifa ; et sinon — cachere.

Et si nous ne savons pas [d'où il fait du bruit], nous apportons un bassin (machikhlata) d'eau tiède (pechouri) et nous l'y posons (immergeons) dedans.

📜 Rachi (2)
אֵינוֹ קְרוּם שֶׁסּוֹפוֹ לִיסָּתֵר וְכָל סִירְכֵי דְּרֵיאָה קְרוּם הָעוֹלָה מֵחֲמַת מַכָּה הֵן הִלְכָּךְ אע"ג דְּלָא נָפֵיק זִיקָא טְרֵפָה:
Ce n'est pas une membrane — car elle finira par se rompre (se défaire). Et toutes les adhérences (sirkhe) du poumon sont [comme] une membrane formée à cause d'une blessure ; c'est pourquoi, bien que l'air n'en sorte pas, [la bête est] tereifa.
הַאי רֵיאָה דְּאָוְושָׁא הָא פָּרֵישִׁית לְעֵיל:
Ce poumon qui fait du bruit — je [l']ai déjà expliqué plus haut.
⚖️ Rosh (1)
וְאָמַר רָבָא הַאי רֵיאָה דְּקָיְימָא גִּילְדֵּי גִּילְדֵּי אֻוכָּמֵי אֻוכָּמֵי חֶזְוָתָא חֶזְוָתָא כְּשֵׁירָה. אִיכָּא מַאן דְּפָרֵישׁ גִּילְדֵי גִּילְדֵי דְּדָמֵי לִמְצוֹרָע חֲזוּתָא פרש"י דַּוְוקָא הָנֵי גַּוְונֵי דְּלָא מִיטַּרְפִין כְּגוֹן אֲדֻומָּה יְרֻוקָּה. וְאִם תֹּאמַר אֻוכְּמֵי אֻוכְּמֵי אַמַּאי כְּשֵׁירָה הָא אָמְרִינַן לְקַמָּן כִּדְיוֹתָא טְרֵיפָה. וְתֵירֵץ ר"ת זַ"ל דְּהָא דְּאָמְרִינַן כִּדְיוֹתָא טְרֵיפָה הַייְנוּ בְּרֻובָּהּ וְכֵן עָשָׂה מַעֲשֶׂה וְהִכְשִׁיר בְּמִקְצָת מִשּׁוּם דְּהָדְרָא בָּרִיא. וכ"כ הָרָאָבָ"ד זַ"ל הַמַּרְאוֹת הַפּוֹסְלוֹת בְּרִיאָה דַּוְקָא בְּכֻולָּהּ אֲבָל בְּמִקְצָתָהּ הָדְרָא בָּרִיא וְהֵבִיא רְאָיָה מִדִּנְקַט רֵיאָה שֶׁיָּבְשָׁה מִקְצָתָהּ וְלָא קָאָמַר רֵיאָה שֶׁיָּבְשָׁה סְתָם מִכְּלָל דְּבִשְׁאָר מִינֵי טְרֵפוֹת שֶׁהִזְכִּירוּ בִּסְתָם וְלֹא אָמַר מִקְצָתָהּ עַד שֶׁיִּפְשֹׁוט בְּכֻולּוֹ. וְאֵין נִרְאֶה לר"י דְּכֵיוָן דְּאָמַר דְּשָׁחוֹר אָדֹום הוּא אֶלָּא שֶׁלָּקָה מַה לִי הַרְבֵּה מַה לִי מְעַט כֵּיוָן דְּלִיקּוּי הוּא דְּכָל לָקוּתָא חָשׁוּב כְּאִילּוּ נִקְּבָה. וְכֵן מוּכָח מִדְּבָעֵי לִפְלוּגֵי לְעֵיל בְּהֶאֱדִימָה בֵּין כֻּולָּהּ לְמִקְצָתָהּ וּמַסִּיק דְּלָא שְׁנָא מִכְּלָל דְּכָל מִינֵי מַרְאוֹת אִי הָוֵי לָקוּתָא בְּכֻולָּהּ הוּא הַדִּין בְּמִקְצָתָהּ וְהָא דְּקָאָמַר רֵיאָה שֶׁיָּבְשָׁה בְּמִקְצָתָהּ. מִשּׁוּם דִּבְכֻולָּהּ קֹודֶם הַיֹּובֶשׁ הִיא פְּסוּלָה כְּגוֹן בְּצִימּוּק דְּהַיְינוּ אֲדֻומָּה חֲרוּתָא: אָמַר אַמֵּימָר מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא אֵין מַקִּיפִין בְּבוּעֵי אִם יֵשׁ בָּרֵיאָה שְׁתֵּי בּוּעוֹת וְאַחַת נְקוּבָה אֵין אוֹמְרִים יִנָּקְבוּ גַּם הַשֵּׁנִית וְאִם הֵם דּוֹמוֹת כְּשֵׁירָה. לְפִי שֶׁאֵין הֶיכֵּר בְּנִקְבֵי הַבּוּעוֹת כְּמוֹ בְּנִקְבֵי הָרֵיאָה. אָמַר רָבָא הָנֵי תַּרְתֵּי אֻונֵּי דִּסְרִיכִי לַהֲדָדֵי לֵית לְהוּ בְּדִיקוּתָא לְאַכְשׁוֹרֵי. לְפִי שֶׁהַסִּירְכָא בָּאָה מֵחֲמַת נֶקֶב. שֶׁמֵּחֲמַת שֶׁהָרֵיאָה שׁוֹאֶבֶת כָּל מִינֵי מַשְׁקֶה נִקְרַשׁ הַמַּשְׁקֶה בְּתוֹכָהּ וְנַעֲשָׂה עָב וְיָצָא מְעַט מְעַט דֶּרֶךְ הַנֶּקֶב וְנַעֲשָׂה קְרוּם. ואע"פ שֶׁעוֹלָה בִּנְפִיחָה וְאֵינָהּ מוֹצִיאָה רוּחַ הָא אָמְרִינַן קְרוּם שֶׁעָלָה מֵחֲמַת מַכָּה בָּרֵיאָה אֵינוֹ קְרוּם. שֶׁסּוֹפוֹ לִיסָּתֵר. וְהָנֵי מִילֵּי שֶׁלֹּא כְּסִדְרָן פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י כְּגוֹן שֶׁנִּדְבְּקוּ שְׁתַּיִם הַחִיצוֹנִים מִמַּעַל לְאֶמְצָעִית אוֹ מִתַּחְתֶּיהָ מַשְׁמַע מִדְּבָרָיו שֶׁאִם נִסְרְכָה מִן הַחִתּוּךְ לְגַבֵּי חֲבִירְתֵּהּ שֶׁאֶצְלָהּ אוֹ מִגַּב לְגַב חֲבִירְתֵּהּ לָא מִיטַּרְפָא וְלָא נְהִירָא דְּמַשְׁמַע דְּלָא מַכְשַׁר אֶלָּא כְּסִדְרָן מַמָּשׁ בְּמָקוֹם שֶׁשּׁוֹכְבוֹת זוֹ אֵצֶל זוֹ דְּהַיְינוּ רְבִיתַייְהוּ אֲבָל מֵחִיתּוּךְ עַל גַּב חֲבִירְתֵּהּ אוֹ מִגַּב לְגַב חֲבִירְתֵּהּ אוֹ מֵחוֹד שֶׁל אֻונָּא לְחוּד שֶׁל אֻונָּא שֶׁאֶצְלָהּ טְרֵיפָה דְּלָא רְבִיתַייְהוּ הוּא וְנִמְשָׁךְ זֶה מִזֶּה וּמִתְפָּרֵק. וּבֶעָרוּךְ בְּעֵרֶךְ אֵינִי כָּתַב בְּשֵׁם רַבֵּינוּ חֲנַנְאֵל. קַבָּלָה רַב מִפִּי רַב אֲפִילּוּ סְרִיכִי תְּרֵי אוֹנִי בְּאֶמְצַע וְעִיקָּרָן מִתְפָּרְקֵי מְהֻדְּדֵי טְרֵיפָה. וְכָל שֶׁכֵּן אִם דְּבוּקוֹת זוֹ עַל זוֹ דְּוַדַּאי טְרֵיפָה. וְרַבּוֹתֵינוּ הַגְּאוֹנִים כָּתְבוּ כֵּיוָן דַּחֲדָא אֻונָּא סְרִיכָא עַל גַּבֵּי חֲבִירְתֵּהּ הִיא רְבִיתַיְיהוּ וְלָא אִיכְפַּת לָן בְּהַאי סִירְכָא דְּהַייְנוּ רְבִיתַייְהוּ. וְרַב הַאי הִכְשִׁיר ג"כ תְּרֵי אֻונֵּי הֵיכָא דִּסְרִיכִי וְעִיקָּרָן מִתְפָּרְקַי. וְכֵן כָּתַב רַב אִלְפָּס זַ"ל בִּתְשׁוּבָה וְהָכִי נָהֲגִינַן אֲבָל מִגַּב לְגַב וּמֵחָתוּךְ לְגַב וּמֵחֻודָּהּ שֶׁל אֻונָּא לְחוּדָהּ שֶׁל אֻונָּא שֶׁאֶצְלָהּ מִחוּץ לַחְתֹּוךְ טְרֵיפָה. דְּאֵין כָּשֵׁר אֶלָּא מֵחִתּוּךְ לַחְתֹּוךְ כְּסִדְרָן. אֲבָל כְּסִדְרָן הַיְינוּ רְבִיתַיְיהוּ וּכְשֵׁירָה. פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י וְזוֹ מְגִינָּה עַל זוֹ וְאֵינָן מִתְפָּרְקוֹת וְהַקְּרוּם הוֹלֵךְ וְחָזָק אֲבָל שֶׁלֹּא כְּסִדְרָן הַקְּרוּם מִתְפָּרֵק. וא"ת כֵּיוָן דְּאֵין סִירְכָא בָּאָה בְּלֹא נֶקֶב כִּדְפָרֵישִׁית וְכֵן מוּכָח נָמֵי לְקַמָּן (חֻולִּין דַּף מח.) גַּבֵּי רַב נְחֶמְיָה בְּדִיק לָהּ בְּפִשּׁוּרִי דְּקָאָמַר אֲבָל הָכָא אִי הַאי אִינְּקִיב טְרֵיפָה אִי הַאי אִינְּקִיב טְרֵיפָה אַלְמָא אֵין סִירְכָא בָּאָה אִם לֹא שֶׁנִּיקַּב תְּחִלָּה. א"כ מַאי נָפְקָא מִינָּה בְּמַה שֶׁהַקְּרוּם סוֹתֵם אֶת הַנֶּקֶב הָא אָמְרִינַן דַּף מז: דִּקְרוּם שֶׁעָלָה מֵחֲמַת מַכָּה בָּרֵיאָה אֵינוֹ קְרוּם. וְי"ל דְּהָא דְּאָמְרִינַן דְּאֵינוֹ קְרוּם הַייְנוּ בְּנֶקֶב שֶׁאֵין רְגִילוּת לְהַעֲלוֹת קְרוּם כְּגוֹן שֶׁלֹּא כְּסִדְרָן. וְאִם לִפְעָמִים יַעֲלֶה קְרוּם סוֹפוֹ לִיפָּסֵק. אֲבָל כְּסִדְרָן רְגִילוּת לְהַעֲלוֹת קְרוּם לְפִי שֶׁשּׁוֹכְבוֹת זוֹ אֵצֶל זוֹ וְגַם אֵינוֹ נִפְסָק ואע"ג דְּאַסִּיקְנָא דְּאֵין סִירְכָא בְּלֹא נֶקֶב נְהִיגִי לְהַתִּיר סִירְכָא תְּלוּיָה לְפִי שֶׁהַסִּירְכָא הַבָּאָה מֵחֲמַת נֶקֶב הִיא נִסְרֶכֶת לַמָּקוֹם הַסָּמוּךְ לָהּ. לְפִי שֶׁדֶּרֶךְ הַנֶּקֶב יוֹצֵא הַמַּשְׁקֶה וְנַעֲשֶׂה חוּט עָב וְחָזָק וְנִסְרַךְ אֶל מָקוֹם אֲשֶׁר יִפְגַּע בּוֹ. אֲבָל סִירְכָא תְּלוּיָה אֵינָהּ אֶלָּא הַפְשָׁטַת לַחוּת הָרֵיאָה וְלֹא בָּא מִמְּקוֹם נֶקֶב. וְכַיּוֹצֵא בָּזֶה נִמְצָא בִּתְשׁוּבַת הַגְּאוֹנִים. פַּעַם אַחַת נִכְנְסוּ מַר רַב צָדוֹק גָּאוֹן וּמַר אֲבִימִי וְכַמָּה גְּאוֹנִים וְתַלְמִידֵיהֶם אֵצֶל מַר יַעֲקֹב גָּאוֹן וְאָמְרוּ לוֹ שֶׁמְּעַט עָלֶיךָ שֶׁאַתָּה מַתִּיר הַסָּרוּךְ לְשׁוּמָן הַלֵּב לְפָרֵק וּלְנַפֵּחַ וְכָשֵׁר. אָמַר לָהֶם ח"ו לֹא כָּךְ אֲנִי מַתִּיר אֶלָּא לִפְעָמִים שֶׁמִּתּוֹךְ רֹוב שֻׁומַּן הַלֵּב וְשֻׁומַּן הַבְּהֵמָה נִסְרַךְ לָאֻומּוֹת וּלְאוֹנוֹת וּלְעֵינוּנִיתָא דְּוַורְדָּא וְהִתַּרְתִּי לֶאֱחֹוז הַקָּנֶה וּלְנַעְנֵעַ אֶת הָרֵיאָה שְׁלֹשָׁה וְאַרְבָּעָה פְּעָמִים יָפֶה יָפֶה אִם תִּנָּתֵק הַסִּירְכָא מֵאֵילֶיהָ אֲנִי מַכְשִׁירָהּ. אֲבָל לַפֶּרֶק בַּיָּד לֹא הִתַּרְתִּי. וְהִסְכִּימוּ כָּל בְּנֵי הַיְּשִׁיבָה וְהוֹרוּ כֵּן לְכָל יִשְׂרָאֵל. וְכֵן נוֹהֲגִין בְּאֶרֶץ אַשְׁכְּנַז דְּכָל סִירְכָא שֶׁהִיא נִתֶּקֶת כְּשֶׁהַטַּבָּח מַכְנִיס יָדוֹ בְּנַחַת לִבְדֹּוק אֶת הָרֵיאָה אָמְרִינַן דְּלָאו סִירְכָא הִיא אֶלָּא רִיר בְּעָלְמָא שֶׁנִּתְפַּשֵּׁט מִלַּחוּת הָרֵיאָה וּכְשֵׁירָה. וְהַסִּירְכָא אִם יִפְרֹוךְ אָדָם אוֹתָהּ כָּל הַיּוֹם בֵּין אֶצְבְּעוֹתָיו הִיא הוֹלֶכֶת וּמִתְחַזֶּקֶת. וְיֵשׁ מִן הַגְּדוֹלִים שֶׁאוֹמְרִים דְּהָא דְּמַכְשִׁירִין כְּסִדְרָן דְּהַייְנוּ דַּוְקָא ע"י נְפִיחָה. וּמְדַקְדְּקִין מֵהָא דְּקָאָמַר גַּבֵּי שֶׁלֹּא כְּסִדְרָן לֵית לְהוּ בְּדִיקוּתָא מִכְּלָל דִּכְסִדְרָן מִתַּכְשְׁרִי בִּבְדִיקָה. וְרַב הַאי גָּאוֹן זַ"ל כָּתַב דְּלָא בָּעֵינַן בְּדִיקָה וְכֵן מוֹכִיחַ הַלָּשׁוֹן דְּקָאָמַר הַיְינוּ רְבִיתַייְהוּ. וְהָא דְּקָאָמַר לֵית לְהוּ בְּדִיקוּתָא כָּתַב הָרַמְבַּ"ן זַ"ל דְּדֶרֶךְ פֵּירוּשׁ הוּא וְטַעְמָא יָהֵיב לְמִילְּתֵיהּ מִשּׁוּם דְּסִירְכָא לֹא מֵחֲמַת עַצְמָהּ הִיא בָּאָה אֶלָּא מֵחֲמַת נֶקֶב וּמִשּׁוּם הָכִי קָאָמַר דְּלֵית לְהוּ בְּדִיקוּתָא אִם יֵשׁ בּוֹ נֶקֶב אִם לָאו דַּאֲפִילּוּ לָא מַפְּקָא זִיקָא טְרֵיפָה דְּוַדַּאי אוֹ הַאי אִינְּקִיב אוֹ הַאי אִינְּקִיב וְאֵין הָאַחַת מְגִינָּה עַל חֲבִירְתֵּהּ בְּאֵינֵהּ רוֹבֶצֶת זוֹ עַל זוֹ. וְאֻונָּא הַסְּרוּכָה לְאוּמָא שֶׁאֶצְלָהּ שֶׁאוֹסְרִים. וְטַעֲמָא לְפִי שֶׁיֵּשׁ נֶקֶב וְלֹא מָצִינוּ שֶׁהֻותַּר אֶלָּא כְּסִדְרָן בְּאוֹנִי אֲבָל בְּאוּמָא לֹא. מִשּׁוּם דְּטַעֲמָא דְּאֻונֵּי מִשּׁוּם שֶׁעוֹמְדוֹת בְּמֶצֶר הֶחָזֶה וּמִתְחַמְּמוֹת וְהָדְרָן בָּרִיא כִּדְאָמַר בְּרִיאָה הַסְּמוּכָה לַדֹּופֶן בְּאוֹנִי כְּשֵׁירָה אֲבָל בְּאוּמָא לֹא וְרַבֵּינוּ יַעֲקֹב בַּר יָקָר הִתִּיר לְפִי שֶׁלֹּא מָצִינוּ אוּמָא בַּגְּמָרָא. וְרָבָא לֹא פֵּירֵשׁ טַעְמוֹ מִשּׁוּם חֹום דְּהָא בְּכָל הָרֵיאָה אָמְרִינַן לְעֵיל דְּלָא שָׁלֵיט בַּהּ אַוֵּירָא. אֶלָּא פֵּירֵשׁ טַעְמוֹ מִשּׁוּם דְּהַיְינוּ רְבִיתַיְיהוּ דִּגְדֵילוֹת זוֹ עִם זוֹ וְאֵינָן מִתְפָּרְקוֹת זוֹ מִזּוֹ הִילְכָּךְ לָא שְׁנָא אוֹנִי וְלָא שְׁנָא אוּמָא. וְרָבָא דִּנְקַט אֻונֵּי מִשּׁוּם עִיקַּר מִילְּתֵיהּ דְּאַשְׁמוֹעִינַן שֶׁלֹּא כְּסִדְרָן טְרֵפָה. מִשּׁוּם דְּחָזֵינַן דְּכִי סְרִיכָן אֻונֵּי לַדֹּופֶן כְּשֵׁירָה וס"ד אָמֵינָא הוּא הַדִּין אִי סְרִיכִי לְהָדְדִי. קמ"ל רָבָא דְּלָא דָּמֵי. דְּהָתָם שׁוֹכְבוֹת תָּמִיד אֵצֶל הַדֹּופֶן וְאֵינָן מִתְפָּרְקוֹת מִמֶּנָּה אֲבָל נִסְרְכָה זוֹ לְזוֹ שֶׁלֹּא כְּסִדְרָן מִתְפָּרְקוֹת הֵן דְּאֶמְצָעִית מַפְרַקְתָּן וְלֹא אָמַר דֹּוחַק הַדֹּופֶן מֵעֲמִידָתָן שֶׁלֹּא יִתְפָּרְקוּ. אֲבָל אֻונָּא וְאוּמָא שֶׁלֹּא כְּסִדְרָן לָא אִיצְטְרִיךְ לְאוֹרוֹיֵי לָן דְּכֵיוָן דִּבְרֹוחַב הֶחָלָל הֵן עוֹמְדוֹת וּמִי יַחֲזִיקֵם שֶׁלֹּא יִתְפָּרְקוּ. וְעֵינוּנִיתָא דְּוַורְדָּא כָּל הֵיכָא דִּסְרִיכָא טְרֵיפָה. דְּכוּלְּהוּ לְגַבֵּי דִּידָּה שֶׁלֹּא כְּסִדְרָן נִינְהוּ. ור"ת זַ"ל הָיָה אוֹסֵר אֻונָּא הַסְּרוּכָה בְּאוּמָא וְאָמַר דאע"פ שֶׁלֹּא מָצִינוּ שׁוּם אוּמָא בַּגְּמָרָא מ"מ גַּם אֵין שֵׁם אֻונָּא עָלֶיהָ אֶלָּא שֵׁם רֵיאָה. כִּדְאָמְרִינַן חַמְשָׁא אֻונֵּי אִית לֵיהּ לָרֵיאָה וְאִי אִיתָא שֶׁבַע מִיבְּעֵי לֵיהּ וּקְרָאוּהָ הָרִאשׁוֹנִים אוּמָא שֶׁהִיא עִיקַּר הָרֵיאָה כְּמוֹ אִם שֶׁהָאוֹנוֹת יוֹנְקוֹת מִמֶּנָּה וּבָאוֹנוֹת דַּוְקָא הִתִּיר רָבָא לְפִי שֶׁעוֹמְדוֹת בְּמֶצֶר הֶחָזֶה. וְנָהֲגוּ הָעוֹלָם לְהַתִּיר וְכֵן כָּתַב הָרַב הַבַּרְצֵלוֹנִי זַ"ל בְּשֵׁם הַגָּאוֹן זַ"ל. וְאָמַר רָבָא הָנֵי תְּרֵי בּוּעֵי דִּסְמִיכִי לַהֲדָדֵי לֵית לְהוּ בְּדִיקוּתָא דִּגְמִירִי דְּמֵחֲמַת נֶקֶב שֶׁהָיָה בָּרֵיאָה עָלוּ סְמוּכִין זֶה לָזֶה. וְהוּא שֶׁאֵין בֵּינֵיהֶן הֶיכֵּר בָּשָׂר חֲדָא וּמִתְחַזְיָין כְּתַרְתֵּי מַיְיתִינַן סִילְוָא וּבָזְעִינַן לַהּ אִי שִׁפְכִי אַהֲדָדֵי חֲדָא הִיא וּכְשֵׁירָה וְאִי לָא תַּרְתֵּי אִינּוּן וּטְרֵיפָה:
Et Rava a dit : ce poumon (ria) qui se tient [couvert] de croûtes-croûtes (gildei gildei), de zones noires-noires (oukamei oukamei), d'apparences-apparences (heziveta heziveta) [c.-à-d. tacheté de zones distinctes, il est] kacher. Il y a qui explique 'gildei gildei' [comme] ressemblant à [la peau d'un] lépreux (metsora). L'apparence (hazouta) — Rachi a expliqué : précisément [pour] les teintes qui ne rendent pas treifa, comme [le] rouge [ou le] vert. Et si tu dis : les zones noires-noires, pourquoi [seraient-elles] kacher ? — n'avons-nous pas dit plus loin [qu'un poumon] comme l'encre (kidyota) [est] treifa ! Et Rabbenou Tam, de mémoire bénie, a répondu : ce que nous disons [qu'un poumon] comme l'encre [est] treifa, c'[est] lorsque [le noir occupe] la majeure partie [du poumon] ; et ainsi il [Rava] a agi en pratique et a déclaré kacher [un poumon noir] en partie, parce qu'il revient à la santé (hadra baria). Et ainsi a écrit le Raavad, de mémoire bénie : les apparences qui disqualifient le poumon [ne le font] que [lorsqu'elles couvrent] l'entier ; mais [lorsqu'elles couvrent] une partie, il revient à la santé. Et il a apporté une preuve du fait qu'[on] a énoncé 'un poumon qui s'est desséché en partie', et qu'[on] n'a pas dit 'un poumon qui s'est desséché' [sans plus] — d'où l'on déduit que dans les autres espèces de treifot qu'ils ont mentionnées sans préciser et sans dire 'en partie', [ce n'est treifa] que lorsque [le défaut] s'étend à l'entier. Mais cela ne paraît pas [juste] au Ri, car puisqu'il [Rabbi Hanina] a dit que 'le noir, c'est du rouge, sauf qu'il s'est gâté (laka)', quelle [différence cela fait-il] pour moi [que ce soit] beaucoup ou peu, puisque c'est une altération (lakouta) ? — car toute altération est considérée comme si [le poumon] s'était perforé. Et de même [cela] se prouve du fait qu'[on] a voulu distinguer plus haut, à propos de [ce poumon] qui a rougi (heedima), entre l'entier et la partie, et [qu'on] a conclu qu'il n'y a pas de différence (lo chna) — d'où l'on déduit que pour toutes les espèces d'apparences, si [c'est] une altération, [alors ce qui vaut] pour l'entier vaut de même pour la partie. Et ce qu'[on] a dit 'un poumon qui s'est desséché en partie', [c'est] parce que [lorsqu'il se dessèche] en entier, [le poumon] est déjà passoul avant le dessèchement, comme dans le [cas du] rabougrissement (tsimouk), qui est [le poumon] rouge flétri (adouma harouta). Ameimar a dit au nom de Rava : on ne fait pas d'analogie de proximité pour les cloques (ein makifin be-bou'ei). Si dans le poumon il y a deux cloques (bou'ot) et [que] l'une [est] perforée, on ne dit pas 'la seconde aussi se serait perforée' [en approchant l'une de l'autre pour comparer les trous] ; et si elles [se] ressemblent, [la bête est] kachère — parce qu'il n'y a pas de [critère de] reconnaissance dans les perforations des cloques comme dans les perforations du poumon [lui-même]. Rava a dit : ces deux lobes (ounei) qui adhèrent l'un à l'autre (dischrikhi) n'ont pas d'examen (bedikouta) pour [les] déclarer kacher — parce que l'adhérence (sirkha) provient d'une perforation (nekev) ; car, du fait que le poumon aspire toutes espèces de liquides, le liquide se fige en son sein et devient épais, et il sort peu à peu par la perforation et devient [comme] une membrane (kroum). Et bien qu'[elle] se lève à l'insufflation (ola bi-nefiha) et ne laisse pas sortir d'air, [pourtant] nous avons dit [qu']une membrane qui s'est formée à cause d'une blessure dans le poumon n'est pas une [vraie] membrane, car elle finira par se rompre (sofo lisater). Et ces choses [valent] 'pas selon leur ordre' (chelo ke-sidran). Rachi a expliqué : comme lorsque les deux [lobes] extérieurs ont adhéré par-dessus le [lobe] médian ou par-dessous lui ; de ses propos il ressort que si [un lobe] a adhéré depuis la découpe (hitoukh) vers son voisin qui est auprès de lui, ou depuis le dos (gav) vers le dos de son voisin, [la bête] ne devient pas treifa. Mais cela ne m'éclaire pas, car il ressort [de Rachi] qu'il ne déclare kacher que 'selon leur ordre' proprement dit, à l'endroit où [les lobes] reposent l'un contre l'autre — ce qui est leur croissance [naturelle] (revitayhou) ; mais [une adhérence] de la découpe sur le dos de son voisin, ou du dos au dos de son voisin, ou de la pointe (hod) d'un lobe à la pointe du lobe qui est auprès de lui, [c'est] treifa, car ce n'est pas leur croissance [naturelle], et [le lobe] est tiré par l'autre et se détache (mitparek). Et dans le Aroukh, à l'entrée 'eini', il a écrit au nom de Rabbenou Hananel : [c'est] une tradition [transmise] de Rav de la bouche de Rav — même si deux lobes ont adhéré au milieu et [que] leurs racines (ikkaran) se détachent [en tirant] l'une de l'autre, [c'est] treifa ; et à plus forte raison si elles [sont] collées l'une sur l'autre, [ce] qui est assurément treifa. Et nos maîtres les Gueonim ont écrit : puisqu'un lobe a adhéré sur le dos de son voisin, c'est leur croissance [naturelle] et nous ne nous soucions pas de cette adhérence, qui est leur croissance [naturelle]. Et Rav Haï a de même déclaré kacher [le cas de] deux lobes lorsqu'ils ont adhéré et [que] leurs racines se détachent. Et ainsi a écrit Rav Alfas (Rif), de mémoire bénie, dans une responsa, et ainsi avons-nous coutume [d'agir] ; mais [une adhérence] de dos à dos, et de la découpe au dos, et de la pointe d'un lobe à la pointe du lobe qui est auprès de lui hors de la découpe, [c'est] treifa ; car [rien] n'est kacher sinon [une adhérence] de découpe à découpe selon leur ordre (ke-sidran). Mais selon leur ordre, c'est leur croissance [naturelle] et [la bête est] kachère. Rachi a expliqué : et celui-ci protège (megina) celui-là, et ils ne se détachent pas, et la membrane [qui les unit] va se renforçant ; mais [lorsque c'est] pas selon leur ordre, la membrane se détache. Et si tu dis : puisqu'aucune adhérence ne survient sans perforation (be-lo nekev), comme je [l']ai expliqué — et ainsi cela se prouve de même plus loin (Houlin 48a) à propos de Rav Nehemia qui l'examinait dans [l'eau] tiède (be-pichouri), du fait qu'[on] dit 'mais ici, si celui-ci s'est perforé [c'est] treifa, [et] si celui-là s'est perforé [c'est] treifa', d'où [il ressort qu']aucune adhérence ne survient à moins qu'[il] ne se soit d'abord perforé — si [c'est] ainsi, quelle différence cela fait-il que la membrane obture la perforation ? — n'avons-nous pas dit (page 47b) qu'une membrane qui s'est formée à cause d'une blessure dans le poumon n'est pas une [vraie] membrane ? Et l'on peut dire : ce que nous disons qu'elle n'est pas une [vraie] membrane, c'[est] pour une perforation qui n'a pas coutume de faire monter une membrane, comme 'pas selon leur ordre' ; et si parfois elle fait monter une membrane, celle-ci finira par se rompre. Mais 'selon leur ordre', [le poumon] a coutume de faire monter une membrane parce que [les lobes] reposent l'un contre l'autre, et de plus elle ne se rompt pas. Et bien que nous ayons conclu qu'aucune adhérence [ne survient] sans perforation, nous avons coutume d'autoriser une adhérence pendante (sirkha teloua), parce que l'adhérence qui provient d'une perforation adhère à l'endroit proche d'elle — car par la perforation sort le liquide, qui devient un fil épais et résistant et adhère à l'endroit qu'il rencontre ; mais une adhérence pendante n'est que l'exsudation de l'humidité du poumon et ne provient pas d'un endroit de perforation. Et un cas semblable à celui-ci se trouve dans une responsa des Gueonim. Une fois, entrèrent Mar Rav Tsadok Gaon, et Mar Avimi, et plusieurs Gueonim et leurs disciples, auprès de Mar Yaakov Gaon, et lui dirent qu'[on] avait médit de lui, [à savoir] qu'il autorise [le poumon] qui a adhéré à la graisse du cœur (choumane ha-lev) [en disant] de [le] détacher, d'insuffler, et [de le déclarer] kacher. Il leur dit : à Dieu ne plaise ! Ce n'est pas ainsi que j'autorise ; mais parfois, du fait de l'abondance de la graisse du cœur et de la graisse de la bête, [le poumon] adhère aux 'oumot (lobes principaux), et aux lobes (onot), et au petit lobe de la rose (einounita de-varda) ; et j'ai autorisé de saisir le canal (kane, la trachée) et de secouer le poumon trois et quatre fois, bien bien : si l'adhérence se défait d'elle-même, je le déclare kacher ; mais de [le] détacher à la main, je ne [l']ai pas autorisé. Et tous les gens de la yechiva y ont consenti et ont enseigné ainsi à tout Israël. Et ainsi a-t-on coutume [d'agir] au pays d'Achkenaz : que toute adhérence qui se défait lorsque le boucher (tabah) introduit sa main doucement pour examiner le poumon, nous disons que ce n'est pas une [vraie] adhérence mais une simple mucosité (rir be-alma) qui s'est étendue depuis l'humidité du poumon, et [la bête est] kachère. Et l'adhérence [véritable], quand bien même on la frotterait tout le jour entre ses doigts, elle va se renforçant. Et il y a parmi les grands [décisionnaires] qui disent que ce [par quoi] l'on déclare kacher 'selon leur ordre', c'[est] précisément par insufflation (al yede nefiha) ; et ils [le] déduisent de ce qu'[on] dit, à propos de 'pas selon leur ordre', qu'elles n'ont pas d'examen (let lehou bedikouta) — d'où l'on déduit que 'selon leur ordre' [les lobes] deviennent kacher par examen. Mais Rav Haï Gaon, de mémoire bénie, a écrit que nous ne requérons pas d'examen ; et ainsi [le] prouve le langage [du Talmud] qui dit 'c'est leur croissance [naturelle]'. Et ce qu'[on] dit 'elles n'ont pas d'examen', le Ramban, de mémoire bénie, a écrit que c'[est] une forme d'explication et [qu'on] donne une raison à son propos : parce que l'adhérence ne provient pas d'elle-même mais d'une perforation, et pour cela il dit qu'elles n'ont pas d'examen [pour savoir] s'il y a en lui une perforation ou non — car même s'il ne laisse pas sortir d'air, [c'est] treifa, puisqu'assurément soit celui-ci s'est perforé, soit celui-là s'est perforé, et l'un ne protège pas l'autre lorsqu'ils ne reposent pas l'un sur l'autre. Et le lobe qui a adhéré à la 'ouma (lobe principal) qui est auprès de lui, [certains] l'interdisent. Et la raison [en est] qu'il y a une perforation, et nous n'avons trouvé [d'autorisation] que 'selon leur ordre' dans les lobes (onei), mais dans la 'ouma non ; parce que la raison [de l'autorisation] des lobes [tient] à ce qu'ils se tiennent dans l'étroitesse de la poitrine (metser hé-haze) et [s'y] échauffent et reviennent à la santé (hadran baria), comme il est dit [qu']un poumon proche de la paroi (dofen), dans les lobes, [est] kacher ; mais dans la 'ouma non. Et Rabbenou Yaakov bar Yakar a autorisé [même la 'ouma] parce que nous n'avons pas trouvé de 'ouma dans la Guemara. Et Rava n'a pas expliqué sa raison [comme tenant] à la chaleur (hom), car pour tout le poumon nous avons dit plus haut que l'air ne le domine pas ; mais il a expliqué sa raison [comme tenant] à ce que c'est leur croissance [naturelle], [les lobes] croissant l'un avec l'autre et ne se détachant pas l'un de l'autre — c'est pourquoi il n'y a de différence ni [entre] les lobes ni [pour] la 'ouma. Et si Rava a mentionné les lobes, [c'est] à cause de l'essentiel de son propos, qui nous enseigne que 'pas selon leur ordre' [c'est] treifa ; parce que nous voyons que lorsque les lobes ont adhéré à la paroi, [la bête est] kachère, et il serait monté à l'esprit de dire qu'il en va de même s'ils ont adhéré l'un à l'autre — [aussi] Rava nous enseigne-t-il que ce n'est pas semblable : car là [pour la paroi] ils reposent en permanence contre la paroi et ne s'en détachent pas, mais [lorsque] celui-ci a adhéré à celui-là pas selon leur ordre, ils se détachent, car le [lobe] médian les détache ; et [Rava] n'a pas dit [que] la pression de la paroi les maintient afin qu'ils ne se détachent pas. Mais [pour] un lobe et une 'ouma [ayant adhéré] pas selon leur ordre, [Rava] n'a pas eu besoin de nous [l']enseigner, car puisqu'ils se tiennent dans la largeur de la cavité, qui les maintiendrait afin qu'ils ne se détachent pas ? Et le petit lobe de la rose (einounita de-varda), partout où il a adhéré, [c'est] treifa ; car [toutes les adhérences] à son égard [se font] pas selon leur ordre. Et Rabbenou Tam, de mémoire bénie, interdisait le lobe qui a adhéré à la 'ouma, et disait que, bien que nous n'ayons trouvé aucune 'ouma dans la Guemara, néanmoins elle n'a pas non plus le statut de 'lobe' mais le statut de 'poumon' [tout court] — comme nous disons [que] le poumon a cinq lobes (onei), or s'il en était [autrement] il aurait fallu [en compter] sept ; et les premiers [maîtres] l'ont appelée 'ouma parce qu'elle est le principal du poumon, comme une mère (em) dont les lobes tètent ; et [c'est] dans les lobes précisément que Rava a autorisé, parce qu'ils se tiennent dans l'étroitesse de la poitrine. Et le monde à coutume d'autoriser [le lobe adhérant à la 'ouma], et ainsi a écrit Rav de Barcelone (le Barceloni), de mémoire bénie, au nom du Gaon, de mémoire bénie. Et Rava a dit : ces deux cloques (bou'ei) qui sont proches l'une de l'autre n'ont pas d'examen (let lehou bedikouta) — car [il est] tenu pour tradition que c'est à cause d'une perforation qui était dans le poumon qu'elles se sont formées proches l'une de l'autre. Et cela [vaut] lorsqu'il n'y a pas entre elles de [critère de] reconnaissance de chair, [de sorte qu'elles sont] une seule [cloque] mais paraissent [en être] deux : nous apportons une épine (silva) et nous les perçons ; si elles se déversent l'une dans l'autre, elles [ne] sont [qu']une seule [cloque] et [la bête est] kachère, et sinon [ce] sont deux [cloques] et [elle est] treifa.
💡 Explication

Rav Yossef : une membrane de cicatrisation formée sur une blessure n'est pas une vraie membrane (elle finira par céder) — donc, même si l'air ne s'échappe pas, la bête est tereifa. Puis le poumon qui siffle (aoucha) : si l'on sait d'où vient le bruit, on pose plume / paille / salive — si ça bouillonne (l'air sort par une perforation) — tereifa ; sinon cachere. Si l'on ignore d'où, on l'immerge dans un bassin d'eau tiède.

10
בְּחַמִּימֵי לָא – דְּכָווְצִי, בִּקְרִירֵי לָא – דִּמְטָרְשִׁי, אֶלָּא בָּדְקִינַן לַהּ בְּפָשׁוֹרֵי. אִי מְבַצְבְּצָא – טְרֵפָה, וְאִי לָא – כְּשֵׁרָה. תַּתָּאָה אִינְּקִיב, עִילָּאָה לָא אִינְּקִיב, וְהַאי דְּאָווְשָׁא – זִיקָא דְּבֵינֵי וּבֵינֵי הוּא.

Dans [l'eau] chaude, non — car cela [le] contracte (kavtsi, resserre le trou) ; dans [l'eau] froide, non — car cela [le] durcit (matrechi). Plutôt, nous l'examinons dans [l'eau] tiède : si cela bouillonne — tereifa ; et sinon — cachere.

[En ce cas] la [membrane] inférieure s'est perforée, [mais] la supérieure ne s'est pas perforée, et le fait qu'il fasse du bruit, c'est [à cause de] l'air [qui est] entre les deux (entre les deux membranes).

📜 Rachi (2)
דְּמִכָּוְוצִי סוֹתְמִין הַנֶּקֶב:
Car cela [le] contracte — [l'eau chaude] obture le trou.
דִּמְטָרְשִׁי לְשׁוֹן טְרָשִׁים. שֶׁמַּקְשִׁין אוֹתָהּ וּקְרוּם הַדַּק כְּשֶׁהוּא מִתְקַשֶּׁה נִסְתָּר בְּמִשְׁמוּשׁ הַיָּד דְּזִמְנִין דְּלָא אִינְּקִיב עִילָּאָה וּמִינְקַב כִּי בְּדִיק לָהּ:
Car cela [le] durcit — terme de [pierres] dures (terachim) : elle [l'eau froide] le rend dur ; et la membrane fine, lorsqu'elle durcit, se rompt au palper de la main ; car il arrive parfois que la [membrane] supérieure ne se soit pas [encore] perforée, et qu'elle se perfore quand on l'examine [à froid].
💡 Explication

Pourquoi l'eau tiède précisément : l'eau chaude contracterait le poumon et fermerait le trou (faux négatif) ; l'eau froide le durcirait (risque de fissure, faux positif). Conclusion : si rien ne bouillonne, c'est que seule la membrane interne est perforée, l'externe étant intacte, et le bruit vient de l'air emprisonné entre les deux membranes — donc cachere.

11
אָמַר עֻולָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: רֵיאָה שֶׁנִּשְׁפְּכָה כְּקִיתוֹן, כְּשֵׁרָה. אַלְמָא קָסָבַר: חִסָּרוֹן מִבִּפְנִים לָא שְׁמֵיהּ חִסָּרוֹן.

Oula a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : un poumon qui s'est répandu (s'est versé) comme [d'une] cruche (kitone) — cachere. Il ressort donc qu'il tient : un manque au-dedans (hissaron mibifnim) n'est pas appelé un manque.

📜 Rachi (1)
שֶׁנִּשְׁפְּכָה כְּקִיתוֹן בְּשַׂר הָרֵיאָה נִימּוֹחַ בְּתוֹךְ קְרוּמִים שֶׁלָּהּ וְנִשְׁפַּךְ מֵרֹאשָׁהּ לְסוֹפָהּ וּמִסּוֹפָהּ לְרֹאשָׁהּ בְּתוֹךְ הַקְּרוּמִים וְחֶסְרוֹן הִיא שֶׁמִּתְּחִלָּה כֻּולָּהּ מְלֵאָה וְעַכְשָׁיו חֶצְיָהּ רֵיקָנִית:
Qui s'est répandu comme [d'une] cruche — la chair du poumon s'est liquéfiée à l'intérieur de ses membranes, et elle se verse de sa tête (extrémité) vers son bas et de son bas vers sa tête à l'intérieur des membranes ; et c'est [pourtant] un manque (hissaron), car au départ il était tout entier plein, et maintenant la moitié en est vide.
💡 Explication

Oula au nom de Rabbi Yo'hanan : un poumon dont la chair s'est liquéfiée au point de se verser comme l'eau d'une cruche (kitone), la membrane restant intacte, est cachere. Principe sous-jacent : un manque interne (hissaron mibifnim) n'est pas un manque [disqualifiant] — seul un manque de la paroi rend tereifa.

12
אֵיתִיבֵיהּ רַבִּי אַבָּא לְעֻולָּא: ״הָרֵיאָה שֶׁנִּיקְּבָה אוֹ שֶׁחֲסֵרָה״. מַאי חֲסֵרָה? אִילֵּימָא מִבַּחוּץ – הַיְינוּ נִיקְּבָה! אֶלָּא לָאו מִבִּפְנִים, וּשְׁמַע מִינָּהּ: חִסָּרוֹן מִבִּפְנִים שְׁמֵיהּ חֶסְרוֹן!

Rabbi Abba objecta à Oula : 'le poumon qui s'est perforé ou qui a manqué (qui a un manque)' [enseigne la michna]. Qu'est-ce que 'qui a manqué' ?

Si tu dis [un manque] du dehors (mibahoutz) — c'est la même chose que 'qui s'est perforé' ! Plutôt, n'est-ce pas [un manque] du dedans (mibifnim) ?

Et infère-[s'en] : un manque au-dedans est [bien] appelé un manque [et rend tereifa] !

💡 Explication

Objection de Rabbi Abba à partir de la michna : 'le poumon qui s'est perforé ou qui a manqué' (rend tereifa). Si 'qui a manqué' désignait un manque externe, ce serait redondant avec 'perforé' (tout trou de la paroi est une perforation). Donc 'qui a manqué' vise un manque interne — preuve qu'un manque interne est un manque qui rend tereifa, contre Rabbi Yo'hanan.

🖼️ Schéma
Un manque interne est-il un 'manque' (hissaron) qui rend tereifa ? Rabbi Yo'hanan (Oula) poumon versé comme d'une cruche (la chair fond, membrane intacte) -> CACHÈRE un manque AU-DEDANS n'est pas un manque Objection de Rabbi Abba la michna : 'poumon perforé OU qui manque' manque au-dehors = déjà 'perforé' donc 'qui manque' = au-dedans ! Réponse : non, au-dehors ; on cite les deux pour Rabbi Chimon (perforé = jusqu'aux bronches), mais un trou AVEC manque : même lui concède
Le débat sur le manque interne (segments 10-12) : Rabbi Yo'hanan le tient pour bénin, Rabbi Abba objecte depuis la michna, la Guemara concilie par Rabbi Chimon.
13
לֹא, לְעוֹלָם מִבַּחוּץ, וּדְקָא אָמְרַתְּ הַיְינוּ נִיקְּבָה – לָא צְרִיכָא לְרַבִּי שִׁמְעוֹן, דְּאָמַר: עַד שֶׁתִּנָּקֵב לְבֵית הַסִּמְפּוֹנוֹת. הָנֵי מִילֵּי נֶקֶב דְּלֵית בֵּיהּ חִסָּרוֹן, אֲבָל נֶקֶב דְּאִית בֵּיהּ חִסָּרוֹן – אֲפִילּוּ רַבִּי שִׁמְעוֹן מוֹדֶה.

Non, en réalité [c'est un manque] du dehors ; et ce que tu as dit, [à savoir que] 'c'est la même chose que perforé' — [il n'en est rien :] cela est nécessaire pour Rabbi Chimon, qui dit : [le poumon n'est tereifa] que s'il se perfore jusqu'à la cavité des bronches (beit ha-samponot). [Or] cela [vaut] pour une perforation qui n'a pas de manque ; mais une perforation qui a un manque — même Rabbi Chimon le concède [que la bête est tereifa].

📜 Rachi (2)
הַייְנוּ נִיקְּבָה שֶׁאִי אֶפְשָׁר לְחַסְּרָהּ שֶׁלֹּא יְנַקֵּב הַקְּרוּם:
C'est la même chose que perforé — car il est impossible qu'il y ait un manque sans que la membrane se perfore.
לָא צְרִיכָא לְרַבִּי שִׁמְעוֹן הָא דְּאִיצְטְרִיכָא לְאַשְׁמוֹעִינַן וּלְמִיתְנֵי חֲסֵרָה לְר' שִׁמְעוֹן אִיצְטְרִיךְ לְאַשְׁמוֹעִינַן תַּנָּא דְּמַתְנִיתִין דִּפְלִיג רַבִּי שִׁמְעוֹן אַנִּיקְבָּהּ וְלָא אַחָסְרָה דִּבְנֶקֶב שֶׁיֵּשׁ בּוֹ חִסָּרוֹן מוֹדֵי:
Cela est nécessaire pour Rabbi Chimon — ce [pourquoi] il a fallu nous [l']enseigner et énoncer 'qui a manqué' pour Rabbi Chimon : il a fallu nous enseigner — au tana de notre michna — que Rabbi Chimon diverge à propos de 'perforé' et non à propos de 'qui a manqué', car pour une perforation qui a un manque, il [le] concède.
🗂️ Tossefot (1)
אֲבָל נֶקֶב שֶׁיֵּשׁ בּוֹ חִסָּרוֹן אֲפִילּוּ רַבִּי שִׁמְעוֹן מוֹדֶה וְיֵשׁ שֶׁרָצוּ לֶאֱסֹור כְּשֶׁנִּרְאֵית הָרֵיאָה חֲסֵרָה שֶׁיֵּשׁ קמט וְסֶדֶק וְחֶסְרוֹן עַל הָרֵיאָה אֲפִילּוּ עוֹלָה בִּנְפִיחָה וְהָעוֹר וְהַבָּשָׂר קַייָּם וְהֵשִׁיב לָהֶם רִיבָ"א דְּטָעוּת הוּא בְּיָדָם דא"כ הֲוָה לֵיהּ לְשַׁנּוּיֵי הָכָא הָכִי וּכְדִבְרֵי הַכֹּל וְלָא הֲוָה לֵיהּ לְאוֹקְמָא כר"ש אֶלָּא וַדַּאי כֵּיוָן דְּעוֹלָה בִּנְפִיחָה כְּשֵׁרָה וְכֵן פָּסַק רַבֵּינוּ קָלוֹנִימוּס הַזָּקֵן:
Mais une perforation qui a un manque, même Rabbi Chimon le concède — et il y a [des décisionnaires] qui ont voulu interdire lorsque le poumon paraît manquant, [c'est-à-dire] qu'il y a un pli, une fente et un manque sur le poumon, même s'il se lève à l'insufflation (oleh be-néfiha) et [que] la peau et la chair sont intactes ; et le Riva leur a répondu que c'[est] une erreur entre leurs mains, car s'il en était ainsi, il aurait fallu répondre ici de cette manière et 'selon l'avis de tous' (divre ha-kol), et il n'aurait pas fallu [l']établir selon Rabbi Chimon [seul] ; mais assurément, dès lors qu'il se lève à l'insufflation, [la bête est] cachere ; et ainsi a tranché Rabbenou Kalonymos l'Ancien.
💡 Explication

Réponse : 'qui a manque' désigne bien un manque externe, et la mention séparée n'est pas redondante — elle est nécessaire pour Rabbi Chimon, qui n'invalide une simple perforation que si elle atteint la cavité des bronches (beit ha-sampônôt). Cela ne vaut que pour un trou sans manque de substance ; mais une perforation avec manque, même Rabbi Chimon concède qu'elle rend tereifa. La michna distingue donc les deux cas.

14
רַבִּי חֲנַנְיָה חַלָּשׁ, עָל לְגַבֵּיהּ רַבִּי נָתָן וְכָל גְּדוֹלֵי הַדּוֹר, אַיְיתוֹ קַמֵּיהּ רֵיאָה שֶׁנִּשְׁפְּכָה כְּקִיתוֹן, וְאַכְּשֵׁרָה.

Rabbi Hanania tomba malade. Rabbi Natan et tous les grands de la génération entrèrent auprès de lui.

On apporta devant lui un poumon qui s'était répandu comme [d'une] cruche, et il [le] déclara cachere.

💡 Explication

Récit à l'appui de Rabbi Yo'hanan : alors que Rabbi Hanania était malade, en présence de Rabbi Natan et des grands de la génération, on lui présenta un poumon liquéfié (versé comme d'une cruche), et il le déclara cachere — confirmant qu'un manque interne n'invalide pas.

15
אָמַר רָבָא: וְהוּא דְּקָייְמִי סִמְפּוֹנוֹת. אֲמַר לֵיהּ רַב אַחָא בְּרֵיהּ דְּרָבָא לְרַב אָשֵׁי: מְנָא יָדְעִינַן? אֲמַר לֵיהּ: מַיְיתִינַן צָעָא דְּקֻונְיָא, וְשָׁפְכִינַן לָהּ בְּגַוֵּיהּ. אִי אִית בַּהּ שֻׁורְייָקֵי חִיוָּרֵי – טְרֵפָה, וְאִי לָא – כְּשֵׁרָה.

Rava a dit : et c'[est valable seulement] lorsque les bronches (sampônôt) subsistent (tiennent encore). Rav Aha fils de Rava dit à Rav Achi : d'où [le] savons-nous [si elles subsistent] ?

Il lui dit : nous apportons un plat de [terre] vernissée (tsea de-qounia) et nous [y] versons [le poumon] dedans. S'il y a en lui (dans le liquide) des filets blancs (chourayké hivaré) — tereifa ; et sinon — cachere.

📜 Rachi (6)
דְּקָייְמִי סִימְפּוֹנָא שֶׁלֹּא נִימּוּקוֹ הַקְּנוֹקָנוֹת:
Lorsque les bronches subsistent — que les conduits (qanoukanot, ramifications) n'ont pas fondu.
מְנָא יָדְעִינַן שֶׁמָּא נִימּוֹקָה אַחַת מֵהֶן:
D'où [le] savons-nous — peut-être l'une d'elles a-t-elle fondu.
מַייְתִינַן צָעָא דְּקֻונְיָא קְעָרָה שֶׁל חֶרֶס הַמְחֻופָּה בְּאֵבֶר שֶׁקּוֹרִין פלומיא"ה בְּלַעַ"ז דְּשִׁיעָא הִיא וְנִרְאֶה יָפֶה:
Nous apportons un plat de [terre] vernissée — un plat de terre cuite recouvert de plomb (étain ?), que l'on appelle 'ploumiae' en langue vernaculaire, car il est lisse et l'on [y] voit bien.
וְשָׁפְכִינַן לָהּ בְּגַוַּוהּ קוֹרְעִים הַקְּרוּם וְהַכֹּל נִשְׁפַּךְ:
Et nous [y] versons [le poumon] dedans — on déchire la membrane et tout se déverse.
שֻׁורְייָקֵי חִיווָּרֵי טק"ש בְּלַעַ"ז:
Des filets blancs — 'taqch' (?, en vernaculaire).
טְרֵפָה דְּאָז וַדַּאי נִרְאֶה שֶׁמִּיחוּי הַסִּמְפּוֹנוֹת הוּא:
Tereifa — car alors on voit assurément que c'est [le produit de] la liquéfaction des bronches.
💡 Explication

Rava pose la condition : le poumon liquéfié n'est cachere que si les bronches (sampônôt) tiennent encore (seule la chair a fondu, pas les conduits). Comment le vérifier (Rav Achi) : on verse le contenu dans un plat de terre vernissée (lisse, où l'on voit bien). Des filets blancs (chourayké hivaré) dans le liquide = restes de bronches fondues -> tereifa ; pas de filets -> cachere.

16
אָמַר רַב נַחְמָן: רֵיאָה שֶׁנִּימּוֹקָה וּקְרוּם שֶׁלָּהּ קַייָּם – כְּשֵׁרָה. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: רֵיאָה שֶׁנִּימּוֹקָה וּקְרוּם שֶׁלָּהּ קַייָּם, אֲפִילּוּ מַחֲזֶקֶת רְבִיעִית – כְּשֵׁרָה. נִיטְּלָה

Rav Nahman a dit : un poumon qui s'est décomposé (nimoka, atrophié) et dont la membrane subsiste — cachere. Et de même il est enseigné ainsi [dans une braita] : un poumon qui s'est décomposé et dont la membrane subsiste, même s'il [le creux] peut contenir un quart [de log] (revi'it) — cachere.

[La michna :] '[le poumon] qui a été pris (enlevé)...'

📜 Rachi (2)
נִימּוֹקָה נִתְרוֹקְנָה מֵאֵלֶיהָ מִקְצָתָהּ וְאֵינָהּ נִשְׁפְּכָה כְּקִיתוֹן אַךְ בְּמִקְצָתָהּ לֹא נִשְׁאַר כְּלוּם:
[Un poumon] qui s'est décomposé — il s'est vidé de lui-même en partie, et il ne se verse pas comme [d'une] cruche ; mais, en cette partie, il ne reste rien.
אֲפִילּוּ מַחֲזֶקֶת רְבִיעִית חֲלַל חִסָּרוֹן הַמַּחֲזִיק רְבִיעִית הַלּוֹג:
Même s'il peut contenir un revi'it — un creux, un manque, [pouvant] contenir un quart de log.
💡 Explication

Rav Nahman : un poumon partiellement atrophié (nimoka, dont une partie de la chair a disparu) mais dont la membrane reste intacte est cachere. Une braita confirme : même si le creux laisse par l'atrophie peut contenir un revi'it (un quart de log), tant que la membrane tient, la bête est cachere. La dernière expression amorce la michna suivante ('le poumon qui a été enlevé').

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).