Chullin 48b — l'aiguille trouvée dans le poumon (et le foie) : par quel trajet est-elle entrée, et la bête est-elle tereifa ?

Chullin 48b

Sougya : Après deux anecdotes où des Sages voient des poumons couverts de kystes (kandei) ou de durillons (tinrei) et ne disent rien (donc cachere), la sougya pose la grande question : une aiguille trouvée dans le poumon, sans perforation visible à l'extérieur, rend-elle tereifa ? Rabbi Yo'hanan, Rabbi Elazar et Rabbi Hanina déclarent cachere ; Resh Lakich, Rabbi Mani bar Patich et Rabbi Chimon ben Elyakim déclarent tereifa.

La Guemara écarte l'idée qu'ils divergent sur le manque interne (hesron mibifnim) — tous admettent qu'il n'invalide pas — et fixe le vrai point : l'aiguille est-elle entrée par la trachée sans perforer la membrane (simpona nakat ve-atai, cachere), ou a-t-elle perforé son chemin depuis l'oesophage (nakuvei nakiv ve-atai, tereifa) ? Suit le cas pratique de l'aiguille trouvée dans un poumon déjà découpé : Rabbi Ami puis Rabbi Yitzhak Nappaha veulent autoriser, mais Rabbi Ami finit par interdire, car on n'a plus le poumon entier sous les yeux.

La Guemara distingue ensuite la perforation d'un bronche contre un autre (tereifa, Rav Nahman) du bronche perforé vers la chair tendre (qui se rebouche), et oppose ce cas à l'anse intestinale qui se protège elle-même — Rav Achi posant qu'on ne compare pas une tereifa à une autre. Enfin, l'aiguille trouvée dans le foie : Rav Achi tranche selon l'orientation du chas (kofa) — vers l'extérieur = perforation = tereifa, vers l'intérieur = entrée par un vaisseau = cachere — mais seulement pour une aiguille épaisse ; une aiguille fine perfore de toute façon.

Le daf s'interrompt sur le début d'une comparaison avec l'aiguille trouvée dans la paroi de la panse.

L'aiguille trouvée dans le poumon : par où est-elle entrée ? deux trajets possibles -> deux statuts opposés Simpona nakat ve-atai (elle a saisi un bronche et est venue) entrée par la trachée (kaneh) puis par les bronches (simponot) jusqu'à la chair du poumon la membrane externe n'est PAS perforée CACHERE trou interne = pas un manque (hesron) Nakuvei nakiv ve-atai (elle a perforé en chemin et est venue) entrée par l'oesophage (veshet) a perforé l'estomac / les intestins puis perforé la membrane du poumon la membrane externe EST perforée TEREIFA un poumon perforé est tereifa
Les deux trajets de l'aiguille (segment 3) : entrée par la trachée sans perforation (cachere) contre perforation depuis l'oesophage (tereifa).
Aiguille dans le poumon : la controverse des Amoraim Makhchirin (déclarent cachere) Tarfei (déclarent tereifa) Rabbi Yo'hanan Rabbi Elazar Rabbi Hanina Rabbi Chimon ben Lakich Rabbi Mani bar Patich Rabbi Chimon ben Elyakim Leur raison simpona nakat : entrée par la trachée, membrane intacte nakuvei nakiv : entrée par l'oesophage, elle a perforé en venant Tous s'accordent : un manque interne (hesron mibifnim) n'est PAS un manque. Le désaccord ne porte que sur le trajet de l'aiguille, donc sur la perforation de la membrane.
La controverse (segment 2) : qui déclare cachere, qui déclare tereifa, et le point réel du désaccord.
L'aiguille du poumon coupé en morceaux : le va-et-vient de la décision Rabbi Ami (1) pense la déclarer cachere objection de R. Yirmeya Rabbi Yitzhak Nappaha pense la déclarer cachere même objection Rabbi Ami (2) tranche : déclare tereifa décision finale Pourquoi la différence avec les Rabbanim qui ont déclaré cachere ? Eux avaient le poumon ENTIER sous les yeux : ils voyaient qu'il n'était pas perforé -> simpona nakat. Ici le poumon est DÉJA découpé : peut-être, s'il était entier, le verrait-on perforé. on n'autorise pas dans le doute quand le poumon ne peut plus être examiné entier
Le cas pratique (segments 4 à 6) : l'aiguille dans un poumon découpé, le va-et-vient de la décision de Rabbi Ami.
1
דְּגִלְדָּאֵי, וְאָמְרִי לָהּ בְּשׁוּקָא דְּרַבָּנָן, חָזֵי הָנָךְ דְּקָיְימָן כַּנְדֵי כַּנְדֵי, וְלָא אֲמַר לְהוּ וְלָא מִידֵי.

[Lavi le Vieux passait au marché] des corroyeurs, et certains disent au marché des Sages [Rabbanan] ; il voyait ces [poumons] qui se tenaient [couverts de] kystes sur kystes (kandei kandei), et il ne leur disait rien du tout.

📜 Rachi (2)
דְּגִלְדָּאֵי רַצְעָנִין:
Des corroyeurs (degladai) — des cordonniers (ratzanin).
כַּנְדֵי כַּנְדֵי צְמָחִין גְּדוֹלִים כְּבֵדִים בָּרֵיאָה:
Kandei kandei — de grosses excroissances [pesantes] dans le poumon.
💡 Explication

Première anecdote (la suite de 48a). Un Sage passe au marché et voit des poumons couverts de gros kystes (kandei) remplis de liquide, mais ne dit rien aux bouchers : signe qu'il tenait ces bêtes pour cacheres, les kystes du poumon n'invalidant pas.

2
רַבִּי אַמֵּי וְרַבִּי אַסִּי הֲווֹ חָלְפִי בְּשׁוּקָא דִּטְבֶרְיָא, (חֲזִי) [חֲזָנְהוּ] הָנָךְ דְּקָיְימִי טִינָּרֵי טִינָּרֵי, וְלָא אָמְרִי לְהוּ וְלָא מִידֵּי.

Rabbi Ami et Rabbi Assi passaient au marché de Tibériade ; ils virent ces [poumons] qui se tenaient [couverts de] durillons sur durillons (tinrei tinrei), et ils ne leur dirent rien du tout.

📜 Rachi (1)
טִינָּרֵי צְמָחִים גְּדוֹלִים מִכַּנְדֵי וּכְבָר הֻוקְּשׁוּ כַּסֶּלַע וְאֵלּוּ הֵן אוֹתָן הַמְצֻוִּין בַּבְּהֵמוֹת שֶׁלָּנוּ בָּרֵיאָה וְאֵין מַרְאֵיהֶן דּוֹמֶה לָרֵיאָה אֶלָּא דּוֹמִין כְּמַרְאֵה מֻוגְלָא וְלָאו הַיְינוּ אָטוּם בָּרֵיאָה דְּאָטוּם אֵין שָׁם צֶמַח וְאֵינוֹ מִשְׁתַּנֶּה מִן הָרֵיאָה אֶלָּא שֶׁאֵין עוֹלֶה בִּנְפִיחָה:
Tinrei — des excroissances plus grosses que les kandei et qui ont déjà durci comme la pierre ; ce sont celles que l'on trouve [couramment] dans le poumon de nos bêtes, et leur aspect ne ressemble pas à [celui du] poumon mais ressemble plutôt à l'aspect du pus (mougla) ; et ce n'est pas là [même chose que] le 'poumon bouche' (atoum ba-réa), car dans le [poumon] bouche il n'y a pas d'excroissance et il ne se distingue pas du poumon, sinon qu'il ne se gonfle pas à l'insufflation (nefiha).
💡 Explication

Deuxième anecdote, parallèle : Rabbi Ami et Rabbi Assi voient des poumons couverts de durillons durs (tinrei), plus durs que les kystes, et n'interviennent pas — donc cacheres. Rachi précise que ces durillons sont fréquents dans nos bêtes et ne se confondent pas avec le poumon 'bouche' (atoum), défaut tout autre.

3
אִתְּמַר: מַחַט שֶׁנִּמְצֵאת בָּרֵיאָה – רַבִּי יוֹחָנָן וְרַבִּי אֶלְעָזָר וְרַבִּי חֲנִינָא מַכְשְׁרִי, רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ וְרַבִּי מָנִי בַּר פַּטִּישׁ וְרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְיָקִים טָרְפִי.

Il a été énoncé : une aiguille (mahat) qui s'est trouvée dans le poumon — Rabbi Yo'hanan, Rabbi Elazar et Rabbi Hanina déclarent [la bête] cachere ; Rabbi Chimon ben Lakich, Rabbi Mani bar Patich et Rabbi Chimon ben Elyakim déclarent [la bête] tereifa.

📜 Rachi (1)
מַחַט שֶׁנִּמְצֵאת בְּרִיאָה וְאֵין הָרֵיאָה נְקוּבָה מִבַּחוּץ וְאֵין הָרוּחַ יוֹצֵא מִמֶּנָּה:
Une aiguille qui s'est trouvée dans le poumon — et le poumon n'est pas perforé par l'extérieur, et l'air n'en sort pas [à l'insufflation].
💡 Explication

Le cœur du daf (voir le schéma de la controverse). Une aiguille est trouvée fichée dans le poumon, sans perforation visible à l'extérieur. Trois Amoraim déclarent cachere (Rabbi Yo'hanan, Rabbi Elazar, Rabbi Hanina) ; trois autres déclarent tereifa (Resh Lakich, Rabbi Mani bar Patich, Rabbi Chimon ben Elyakim).

4
לֵימָא בְהָא קָמִיפַּלְגִי, דְּמַר סָבַר: חִסָּרוֹן מִבִּפְנִים – שְׁמֵיהּ חֶסְרוֹן, וּמַר סָבַר: לָא שְׁמֵיהּ חֶסְרוֹן? לֹא, דְּכֻולֵּי עָלְמָא חִסָּרוֹן מִבִּפְנִים – לָא שְׁמֵיהּ חֶסְרוֹן, וְהָכָא בְּהָא קָמִיפַּלְגִי: מַר סָבַר: סִמְפּוֹנָא נְקַט וַאֲתַאי, וּמַר סָבַר: נְקוּבֵי נָקֵיב וַאֲתַאי.

Disons [que] sur ceci ils divergent : que ce maître tient [que] le manque à l'intérieur (hesron mibifnim) est appelé un manque, et [que] ce maître tient [qu']il n'est pas appelé un manque ? Non : pour tout le monde, le manque à l'intérieur n'est pas appelé un manque ; et ici, [c'est] sur ceci [qu']ils divergent : ce maître tient [que] c'est un bronche [qu']elle a saisi et [par où] elle est venue (simpona nakat ve-atai), et ce maître tient [que c'est] en perforant [qu']elle a perforé et est venue (nakuvei nakiv ve-atai).

📜 Rachi (4)
חֶסְרוֹן מִבִּפְנִים שֶׁהַבַּרְזֶל אוֹכֵל הַבָּשָׂר סְבִיבוֹתָיו כְּשֶׁשּׁוֹהֶה שָׁם וּמְחַסְּרוֹ:
Le manque à l'intérieur — car le fer ronge la chair autour de lui lorsqu'il séjourne là, et la diminue (mehasro).
ה"ג לָא דְּכוּלֵּי עָלְמָא לָא שְׁמֵיהּ חִסָּרוֹן דְּהָא הָכִי אוֹקִימְנָא לְעֵיל דְּאַכְשְׁרִי רֵיאָה שֶׁנִּשְׁפְּכָה כְּקִיתוֹן וְעוֹד אִי גָּרְסִי' דכ"ע שְׁמֵיהּ חִסָּרוֹן אִי נָמֵי סִמְפּוֹנָא נְקַט וַאֲתָא כְּדִמְפָרֵשׁ מ"מ כֵּיוָן שֶׁנִּמְצָא בִּבְשַׂר הָרֵיאָה אִי אֶפְשָׁר בְּלֹא חֶסְרוֹן כִּדְפָרֵי':
Voici la version [du texte] : 'Non, pour tout le monde [le manque interne] n'est pas appelé un manque' — car c'est ainsi que nous avons établi plus haut [que] l'on déclare cachere un poumon qui s'est répandu comme [le contenu d']une cruche (ki-kiton) ; et de plus, si l'on lisait 'pour tout le monde il est appelé un manque', ou même [si l'on disait que] c'est un bronche qu'elle a saisi et [par où] elle est venue comme il [l']explique, de toute façon, puisqu'elle s'est trouvée dans la chair du poumon, il est impossible [qu'il n'y ait] pas de manque, comme il [l']a expliqué.
סִמְפּוֹנָא נְקַט וַאֲתָא דֶּרֶךְ הַקָּנֶה נִכְנָס וּבָא בַּסִּמְפּוֹנוֹת וּמִן הַסִּמְפּוֹנוֹת לַבָּשָׂר ומ"מ קְרוּם הַחִיצוֹן לֹא נִיקַּב ואע"פ שֶׁאֵין דֶּרֶךְ הַקָּנֶה לִבְלֹועַ אַפֵּ"ה הוֹאִיל דְּאִיתָא לָרֵיאָה קַמַּן וְלָא חָזֵינַן דְּאִינַּקְבָא ע"כ סִמְפּוֹנָא נְקַט וְעַל רֵיעוּתָא דְּלָא חָזֵינַן לָא מַחְזְקִינַן:
C'est un bronche qu'elle a saisi et [par où] elle est venue — par la voie de la trachée (kaneh) elle est entrée et venue dans les bronches (simponot), et des bronches vers la chair ; et malgré tout, la membrane externe n'a pas été perforée. Et bien qu'il ne soit pas dans l'usage de la trachée d'avaler [quoi que ce soit], malgré cela, puisque le poumon est devant nous et que nous ne voyons pas qu'il a été perforé, force est [de dire que] c'est un bronche qu'elle a saisi ; et sur un soupçon que nous ne voyons pas, nous n'établissons pas [de présomption d'interdit].
נְקוּבֵי נָקֵיב דֶּרֶךְ הַווֶּשֶׁט בָּא וְנִכְנַס שֶׁאֵין דֶּרֶךְ הַקָּנֶה לִבְלֹועַ וְנִקְּבָה אֶת הַדַּקִּין וְיָצְאָה וְנִקְּבָה אֶת קְרוּם הָרֵיאָה וְנִכְנַס לְתוֹכָהּ: וְהִלְכְתָא כְּהָנָךְ רַבָּנָן דְּמַכְשְׁרִי דְּהָא רַבִּי יוֹחָנָן וְרֵישׁ לָקִישׁ הֲלָכָה כְּרַבִּי יוֹחָנָן וְעוֹד דְּקָם לֵיהּ בְּשִׁיטְתַיְיהוּ רַבִּי אַמִּי וְרַב אַשִּׁי דְּאָמְרִי לְקַמָּן אִי קוֹפָא לְגָיו סִמְפּוֹנָא נְקַט וַאֲתָא אַלְמָא עֲבִידָא קָנֶה שֶׁיִּכָּנֵס לְתוֹכוֹ מַחַט וְלָא מַחְזְקִינַן אִיסּוּרָא הוֹאִיל וְאֵין נֶקֶב נִיכָּר בּוֹ וְדַוְקָא כִּי אֲתָא כֻּולָּהּ רֵיאָה לְקַמָּן אֲבָל נֶחְתְּכָה קֹודֶם שֶׁבָּא לְפָנֵינוּ חָייְשִׁינַן דִּלְמָא אִי הֲוָה רֵיאָה קַמַּן הֲוָה נְקוּבָה וְהָכִי פָּסַק רַבִּי אַמִּי לְקַמָּן בִּשְׁמַעְתִּין:
En perforant elle a perforé — par la voie de l'oesophage (veshet) elle est venue et entrée, car il n'est pas dans l'usage de la trachée d'avaler ; et elle a perforé les intestins grêles (dakin) et est sortie, et a perforé la membrane du poumon et est entrée à l'intérieur. Et la halakha [suit] ces Rabbanim qui déclarent cachere : car [pour] Rabbi Yo'hanan et Resh Lakich, la halakha [suit] Rabbi Yo'hanan ; et de plus, parce que Rabbi Ami et Rav Achi se tiennent dans leur ligne, eux qui disent plus loin [que] si le chas [est] vers l'intérieur, c'est un bronche qu'elle a saisi et [par où] elle est venue — d'où [il ressort] qu'il est dans l'usage de la trachée qu'une aiguille y entre, et nous n'établissons pas [de présomption d']interdit du moment qu'aucun trou n'y est visible. Et c'est précisément lorsque le poumon entier vient devant nous ; mais s'il a été coupé avant de venir devant nous, nous craignons [que] peut-être, si le poumon était devant nous, il serait [trouvé] perforé ; et ainsi a tranché Rabbi Ami plus loin dans notre sougya.
💡 Explication

La Guemara cherche le vrai point du désaccord (voir le schéma des deux voies). Première hypothèse : divergent-ils sur le manque interne (hesron mibifnim, la chair rongée par le fer) — est-ce ou non un manque invalidant ? Réponse : non ; tous admettent qu'un manque interne n'invalide pas. Le vrai désaccord porte sur le trajet : pour les uns, l'aiguille a saisi un bronche (simpona nakat) et est descendue par la trachée sans perforer la membrane (cachere) ; pour les autres, elle a perforé son chemin (nakuvei nakiv) depuis l'oesophage, donc la membrane est perforée (tereifa).

5
הָהִיא מַחְטָא דְּאִשְׁתְּכַח בְּחִיתּוּכָא דְּרֵיאָה, אַייְתוּהָ לְקַמֵּיהּ דְּרַבִּי אַמֵּי, סָבַר לְאַכְשׁוֹרַהּ. אַיְּתִיבֶיהָ רַבִּי יִרְמְיָה, וְאִיתֵּימָא רַבִּי זְרִיקָא: ״הָרֵיאָה שֶׁנִּיקְּבָה אוֹ שֶׁחֲסֵרָה״. מַאי חֲסֵרָה? אִילֵּימָא מִבַּחוּץ – הַיְינוּ נִיקְּבָה! אֶלָּא לָאו מִבִּפְנִים, וּשְׁמַע מִינָּהּ: חִסָּרוֹן מִבִּפְנִים – שְׁמֵיהּ חֶסְרוֹן.

Une certaine aiguille qui s'est trouvée dans un morceau découpé (hitoukha) du poumon : on l'apporta devant Rabbi Ami, [qui] pensa la déclarer cachere. Rabbi Yirmeya — et certains disent Rabbi Zerika — lui objecta [de la michna] : 'le poumon qui a été perforé ou qui a un manque [est tereifa]'.

Qu'est-ce que 'qui a un manque' ? Si tu dis [qu'il s'agit d'un manque] à l'extérieur — c'est [la même chose] que 'qui a été perforé' !

Plutôt, n'est-ce pas [un manque] à l'intérieur ? Et apprends-en [donc] que le manque à l'intérieur est appelé un manque !

📜 Rachi (2)
בְּחִיתּוּכָא לְאַחַר שֶׁנֶּחְתְּכָה נִמְצֵאת בְּאֶחָד הַחֲתִיכוֹת:
Dans un morceau découpé — après qu'il a été coupé, elle s'est trouvée dans l'un des morceaux.
סָבַר לְאַכְשׁוֹרַהּ דְּקָסָבַר סִמְפּוֹנָא נְקַט וְחֶסְרוֹן מִבִּפְנִים לָא שְׁמֵיהּ חֶסְרוֹן:
Pensa la déclarer cachere — car il tenait [que] c'est un bronche [qu']elle a saisi, et [que] le manque à l'intérieur n'est pas appelé un manque.
💡 Explication

Cas pratique (voir le schéma du va-et-vient). Une aiguille est trouvée dans un morceau de poumon déjà découpé. Rabbi Ami veut déclarer cachere (le poumon n'est plus entier mais il présume simpona nakat). Objection de la michna : 'le poumon perforé ou manquant (hasera) est tereifa' — or un manque à l'extérieur, c'est déjà une perforation ; donc 'manquant' vise un manque interne, preuve qu'un manque interne invalide, contre la présomption de Rabbi Ami.

6
הֲדַר שַׁדְּרוּהָ לְקַמֵּיהּ דְּרַבִּי יִצְחָק נַפָּחָא, סָבַר לְאַכְשׁוֹרַהּ, אַיְּתִיבֶיהָ רַבִּי יִרְמְיָה, וְאִיתֵּימָא רַבִּי זְרִיקָא: ״הָרֵיאָה שֶׁנִּיקְּבָה אוֹ שֶׁחֲסֵרָה״. מַאי חֲסֵרָה? אִילֵּימָא מִבַּחוּץ – הַיְינוּ נִיקְּבָה! אֶלָּא לָאו מִבִּפְנִים? וּשְׁמַע מִינָּהּ: חִסָּרוֹן מִבִּפְנִים – שְׁמֵיהּ חֶסְרוֹן!

On l'envoya ensuite (hadar) devant Rabbi Yitzhak Nappaha, [qui] pensa la déclarer cachere. Rabbi Yirmeya — et certains disent Rabbi Zerika — lui objecta [de la michna] : 'le poumon qui a été perforé ou qui a un manque [est tereifa]'.

Qu'est-ce que 'qui a un manque' ? Si tu dis [qu'il s'agit d'un manque] à l'extérieur — c'est [la même chose] que 'qui a été perforé' !

Plutôt, n'est-ce pas [un manque] à l'intérieur ? Et apprends-en [donc] que le manque à l'intérieur est appelé un manque !

📜 Rachi (1)
שִׁדְרָה קַמֵּיהּ דְּרַבִּי יִצְחָק וְלֹא מִשּׁוּם הַךְ קֻושְׁיָא דְּהָא אִיכָּא לִשְׁנוּיָיה כִּדְשַׁנִּינַן לְעֵיל (חֻולִּין מז:) לְעוֹלָם מִבַּחוּץ וּלְרַבִּי שִׁמְעוֹן אִיצְטְרִיךְ אֶלָּא מִשּׁוּם דְּנֶחְתְּכָה הָרֵיאָה לֹא סָמַךְ אַגְּמָרֵיהּ לְמֵימַר סִמְפּוֹנָא נְקַט וְעַל דְּדִלְמָא אִי הֲוָה רֵיאָה לְקַמָּן הֲוַאי נְקוּבָה וְתֵדַע דְּמִשּׁוּם הַךְ סְפֵיקָא הָדַר בֵּיהּ דְּהָא כִּי הָדַר אַהְדְּרוּהָ קַמֵּיהּ טְרֵפָה מֵהַאי טַעְמָא:
On l'envoya devant Rabbi Yitzhak — non pas à cause de cette objection-ci, car on peut la résoudre comme nous [l']avons résolue plus haut (Houlin 47b) : en réalité [il s'agit d'un manque] à l'extérieur, et [la michna] a été nécessaire selon Rabbi Chimon ; mais [c'est] parce que, le poumon ayant été découpé, il ne s'est pas appuyé sur sa tradition (guemara) pour dire 'c'est un bronche qu'elle a saisi et [par où] elle est venue', et à cause [du doute que] peut-être, si le poumon était devant nous, il serait [trouvé] perforé. Et sache que c'est à cause de ce doute qu'il s'est rétracté : car, lorsqu'on [le] lui renvoya, il [le] déclara tereifa pour cette [même] raison.
🗂️ Tossefot (1)
שַׁדְּרֵהּ לְקַמֵּיהּ דְּרַבִּי יִצְחָק נַפָּחָא לֹא מִפְּנֵי שֶׁקִּבֵּל לְקֻושְׁיָתָם כִּדְפֵירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס דִּלְעֵיל שָׁנִינוּ דְּלָא צְרִיכָא אֶלָּא לר"ש אֶלָּא מִשּׁוּם דְּדִלְמָא אִי הֲוָה רֵיאָה קַמַּן הֲוָה מִינַּקְבָה ואע"פ שֶׁרַבִּי אַמִּי הִקְשָׁה לְעֵיל קֻושְׁיָא זוֹ לְעֻולָּא מִמַּתְנִיתִין דְּהָרֵיאָה שֶׁנִּיקְּבָה אוֹ שֶׁחֲסֵרָה קִיבֵּל תֵּירוּצוֹ שֶׁל עֻולָּא וְיֵשׁ סְפָרִים דְּגָרְסִי לְעֵיל אַיְּתִיבֶיהָ רַבִּי אֲחָא לְעֻולָּא:
On l'envoya devant Rabbi Yitzhak Nappaha — non pas parce qu'il aurait accepté leur objection [comme décisive], car, comme l'a expliqué le Commentateur (Kountras), nous avons enseigné plus haut [que la michna] n'est nécessaire que selon Rabbi Chimon ; mais [c'est] parce que, peut-être, si le poumon était devant nous, il serait [trouvé] perforé. Et bien que Rabbi Ami ait soulevé plus haut cette [même] objection à Oulla à partir de la michna 'le poumon qui a été perforé ou qui a un manque', il a accepté la réponse d'Oulla ; et il y a des livres qui lisent plus haut : 'Rabbi Aha objecta à Oulla'.
💡 Explication

Le morceau passe à un second décideur, Rabbi Yitzhak Nappaha, qui veut lui aussi déclarer cachere et reçoit la même objection. Rachi précise : ce n'est pas à cause de cette objection qu'on finira par interdire (on pourrait la repousser comme en 47b), mais parce que, le poumon étant découpé, on ne peut plus se fier à la présomption 'simpona nakat'.

7
הֲדַר שַׁדְּרוּהָ לְקַמֵּיהּ דְּרַבִּי אַמֵּי וְטַרְפַהּ. אָמְרִי לֵיהּ: וְהָא רַבָּנָן מַכְשְׁרִי? אָמַר לָהֶן: הֵן הִכְשִׁירוּ, שֶׁיּוֹדְעִים מֵאֵיזֶה טַעַם הִכְשִׁירוּ, אָנוּ מֵאֵיזֶה טַעַם נַכְשִׁיר? דִּלְמָא אִי הֲוָה רֵיאָה קַמַּן מִינַּקְבָה.

On l'envoya ensuite [de nouveau] devant Rabbi Ami, et il [la] déclara tereifa. Ils lui dirent : mais les Rabbanim ne déclarent-ils pas [cachere] ?

Il leur dit : eux ont déclaré cachere, [parce] qu'ils savent pour quelle raison ils ont déclaré cachere ; nous, pour quelle raison déclarerions-nous cachere ? Peut-être, si le poumon était devant nous, serait-il [trouve] perforé.

📜 Rachi (3)
וְהָא רַבָּנָן דִּלְעֵיל מַכְשְׁרִי רַבִּי יוֹחָנָן וְרַבִּי אֶלְעָזָר וְר' חֲנִינָא:
Mais les Rabbanim — de plus haut déclarent cachere : Rabbi Yo'hanan, Rabbi Elazar et Rabbi Hanina.
שֶׁיּוֹדְעִין מֵאֵיזֶה טַעַם הִכְשִׁירוּ שֶׁהֲרֵי בָּאת כָּל הָרֵיאָה לִפְנֵיהֶם וְרָאוּהָ שְׁלֵמָה הִלְכָּךְ עַל כָּרְחָיךְ דֶּרֶךְ הַקָּנֶה נִכְנְסָה:
Qu'ils savent pour quelle raison ils ont déclaré cachere — car le poumon entier est venu devant eux et ils l'ont vu intact ; dès lors, force est [de dire que] c'est par la voie de la trachée qu'elle est entrée.
דִּלְמָא הֲוָה נְקוּבָה שֶׁרֹוב הַנִּכְנָסִין דֶּרֶךְ הַווֶּשֶׁט נִכְנָסִין וְאִי בַּוֶּושֶׁט נִכְנַס וַדַּאי נִיקְּבָה:
Peut-être — serait-il perforé : car la plupart de ceux qui entrent [dans le corps] entrent par la voie de l'oesophage, et s'il est entré par l'oesophage, assurément il [l']a perforé.
🗂️ Tossefot (1)
דִּלְמָא אִי הֲוָה רֵיאָה קַמַּן הֲוָה מִנְּקֵבָה לֹא מִשּׁוּם דְּדֶרֶךְ הַוֶּושֶׁט מִינְּקִיב וַאֲתַאי דְּא"כ אַמַּאי מַכְשַׁר בְּסָמוּךְ בַּחֲתִיכָה דְּכַבְדָּא אֶלָּא בָּעֵי לְמֵימַר דֶּרֶךְ הַסִּמְפּוֹנוֹת יָצָא וְנִכְנַס בָּרֵיאָה מִבַּחוּץ:
Peut-être, si le poumon était devant nous, serait-il perforé — non pas parce qu'elle aurait perforé [le poumon] en venant par la voie de l'oesophage ; car, s'il en était [forcément] ainsi, pourquoi déclare-t-il cachere, juste après, [l'aiguille trouvée] dans un morceau de foie ? Plutôt, il veut dire [qu']elle est sortie par la voie des bronches et est entrée dans le poumon par l'extérieur [perforant ainsi la membrane externe].
⚖️ Rosh (1)
וְרֵיאָה שֶׁהֶעֶלְתָה צְמָחִים כְּשֵׁירָה בֵּין מְלֵיאָה מַיִם זַכִּים בֵּין מְלֵיאָה מֻוגְלָא. וְכָתַב רַב אִלְפָּס זַ"ל דְּלָא אַסְרַחוּ אֲבָל אַסְרַחוּ טְרֵיפָה וּלְקַמָּן נְדַקְדֵּק בּוֹ. א"ר נַחְמָן כִּי הֲוָה אָזְלִינַן בָּתְרֵיהּ דְּרַב בְּשׁוּקָא דְּגִילְדָּאֵי וְאָמְרִי לַהּ בְּשׁוּקָא דְּרַבָּנָן וַחֲזָנְהוּ דְּהָווּ קָייְמִי כַּנְדֵי כַּנְדֵי וְלָא אָמַר לְהוּ וְלָא מִידֵי רַב אַמֵּי וְרַב אַסִּי כִּי הֲווֹ אָזְלִי בְּשׁוּקָא דִּטְבֶרְיָא חֲזָנְהוּ דְּהָוֵי קָיְימִי טִנָּרֵי טִנָּרֵי וְלָא אָמְרִי לְהוּ וְלָא מִידֵּי כּוּלְּהוּ צָמְחִי וְכַנְדֵי וְטִנָּרֵי כּוּלְּהוּ מִינֵי צְמָחִים הֵן אֶלָּא שֶׁאֵלּוּ גְּדוֹלִים וְאֵלּוּ קְטַנִּים וְאֵלּוּ רַכִּין וְאֵלּוּ קָשִׁין. וְלָא מַטְרְפִינַן אֶלָּא תְּרֵי בּוּעֵי דִּסְמִיכִי לְהָדְדִי וַאֲפִילּוּ אִי מְלֵיאִים מַיִם זַכְיָן וּדְלֹא כְּרַשְׁבָּ"ם וריב"ן שֶׁכָּתְבוּ דְּלָא מַטְרְפִינַן בִּתְרֵי בּוּעֵי אֶלָּא מַלְיִין מֻוגְלָא וְדִקְדְּקוּ מִדִּנְקַט בּוּעֵי מַשְׁמַע שֶׁמְּלֵיאִין מֻוגְלָא מִלְּשׁוֹן שְׁמוֹת ט פָּרַח אֲבַעְבּוּעוֹת. וְהִקְשָׁה רַבֵּינוּ מֵאִיר עַל דִּבְרֵיהֶם הָא דְּקָאָמַר הָכָא הַהִיא בְּכוֹלְיָא אִיתְּמַר וְאַמַּאי לָא מוּקֵי לָהּ אַף בְּרִיאָה לְעִנְיַן תְּרֵי בּוּעֵי דִּסְמִיכִי לְהָדְדִי. אֶלָּא וַדַּאי אֵין חִילּוּק בְּרִיאָה אַף לְעִנְיַן תְּרֵי בּוּעֵי בֵּין מַיִם זַכִּים וּבֵין מֻוגְלָא. וְאַף בְּמַיִם זַכִּים שַׁיָּיךְ לִישָּׁנָא דְּבוֹעֵי כְּדִכְתִיב יְשַׁעְיָה סד מַיִם תָּבְעָה אֵשׁ וּמִלְּשׁוֹן שָׁם מט מַבּוּעֵי מָיִם. וְאַף בִּלְשׁוֹן מִשְׁנָה בְּמַס' מִקְוָאוֹת פ"י מִשֶּׁיָּנוּחוּ מִבִּעְבּוּעָן: אִיתְּמַר מַחַט שֶׁנִּמְצֵאת בָּרֵיאָה רַבִּי יוֹחָנָן וְרַבִּי אֶלְעָזָר וְרַבִּי חֲנִינָא מַכְשִׁירִין. רַבִּי מַנִּי בַּר פַּטִּישׁ וְרֵישׁ לָקִישׁ ור"ש בֶּן אֶלְיָקִים מִטְּרִיפִין. וְהִלְכְתָא כְּרַבָּנָן דְּמַכְשְׁרִי. ואע"ג דְּאֵין דֶּרֶךְ קָנֶה לִבְלֹועַ כֵּיוָן שֶׁהוּבְאָה הָרֵיאָה שְׁלֵימָה לְפָנֵינוּ וְנָפְחִינַן לָהּ וְלָא חָזֵינַן בָּהּ רֵיעוּתָא תָּלֵינַן וַדַּאי דְּסִימְפּוֹנָא נְקַט וַאֲתָא. וְלָא מְפַלְּגִינַן הַשְׁתָּא בֵּין קוֹפָא לְבַר וּבֵין קוֹפָא לְגָיו כְּדִמְפַלֵּיג לְקַמָּן גַּבֵּי כַּבְדָּא לְפִי שֶׁהָרֵיאָה קְרוֹבָה לַקָּנֶה וְסִימְפּוֹנִי הָרֵיאָה רְחָבִים וַאֲפִילּוּ קוֹפָא לְבַר נִכְנֶסֶת לְתוֹךְ הַסִּימְפּוֹן וּמִשָּׁם דּוֹחֶקֶת וְנִכְנֶסֶת לְתוֹךְ בְּשַׂר הָרֵיאָה שֶׁהוּא רַךְ. וְכֵן אִם נִמְצֵאת תּוֹךְ הַקֻּורְקְבָן כָּשֵׁר שֶׁדֶּרֶךְ הַווֶּשֶׁט בָּא הַמַּחַט עִם הַמַּאֲכָל לַקֻּורְקְבָן. וַאֲפִילּוּ אִם נִתְחַב קוֹפָא בִּבְשַׂר הַקֻּורְקְבָן. דְּאוֹכְלִין וּמַשְׁקִין דְּחָקוּהוּ. כִּדְאָמַר בְּבֵית הַכּוֹסוֹת אֲבָל אִי לֵיתָא לָרֵיאָה שְׁלֵימָה לְקַמָּן טְרֵיפָה דְּדִילְמָא אִי אִיתָא לָרֵיאָה לְקַמָּן הֲוָה מִינַּקְבָה. וְלָא מְפַלֵּיג בֵּין קוֹפָא לְגָיו וּבֵין קוֹפָא לְבַר כְּדִמְפַלֵּיג לְקַמָּן גַּבֵּי חֲתוּכָה דְּכַבְדָּא וְלָאו מִשּׁוּם דְּאָמְרִינַן דְּדֶרֶךְ הַוֶּושֶׁט נִכְנַס הַמַּחַט וְנָפַל חֻודּוֹ עַל דֹּופֶן הָרֵיאָה וְנִכְנַס לְתוֹכוֹ וְעָבַר כָּל רֹוחַב הָרֵיאָה עַד מֵעֵבֶר לְחֶצְיָהּ הִלְכָּךְ אֲפִילּוּ קוֹפָא לְצַד סִימְפּוֹן הָאֶמְצָעִי טְרֵיפָה. דְּא"כ אַמַּאי מַכְשִׁיר לְקַמָּן בְּחִתּוּכָהּ דְּכַבְדָּא אִי קוֹפָא לְגָיו. גַּם הָתָם נִיחוּשׁ שֶׁמָּא עָבַר הַמַּחַט כָּל רֹוחַב הַכָּבֵד עַד שֶׁעָבַר לְחֶצְיוֹ אֶלָּא וַדַּאי לָא חָייְשִׁינַן לְהָכִי. וְהַאי דְּמַטְרְפִינַן הָכָא אֲפִילּוּ קוֹפָא לְגָיו מִשּׁוּם דְּחָייְשִׁינַן שֶׁמָּא נִיקְּבָה הָרֵיאָה עַד לַחוּץ. כִּי הַמַּחַט שֶׁנִּמְצָא מִתּוֹךְ הַחִתּוּךְ שֶׁל הָרֵיאָה הַהוּבָא לְפָנֵינוּ נִיקַּב אֶת הָרֵיאָה עַד הַחוּצָה:
Et un poumon qui a fait pousser des excroissances (tzemachim) est cachere, qu'elles soient remplies d'eaux limpides (mayim zakim) ou remplies de pus (mougla). Et Rav Alfassi, de mémoire bénie, a écrit qu'[il ne s'agit pas de celles] qui sentent mauvais (asrahou) ; mais [celles] qui sentent mauvais [rendent] tereifa ; et plus loin nous [l']examinerons avec précision. Rav Nahman a dit : lorsque nous marchions derrière Rav au marché des corroyeurs (choukka de-gildaei) — et certains disent au marché des Sages (choukka de-rabbanan) — il voyait ceux [les poumons] qui se tenaient [couverts de] kystes sur kystes (kandei kandei), et il ne leur disait rien du tout. Rav Ami et Rav Assi, lorsqu'ils marchaient au marché de Tibériade, voyaient ceux qui se tenaient [couverts de] durillons sur durillons (tinnarei tinnarei), et ils ne leur disaient rien du tout. Tous [ces] tzemachim, et les kandei et les tinnarei, sont tous des sortes d'excroissances (tzemachim), sauf que celles-ci sont grosses et celles-là petites, celles-ci molles et celles-là dures. Et nous ne déclarons tereifa que deux vésicules (tré bou'ei) adjacentes l'une à l'autre, et même si elles sont remplies d'eaux limpides ; et [ce] contrairement au Rachbam et au Rivan qui ont écrit que nous ne déclarons tereifa dans le cas de deux vésicules que [si elles sont] remplies de pus (mougla), et [qui] l'ont déduit avec précision du fait qu'il [le texte] emploie le terme 'bou'ei', ce qui indique qu'elles sont remplies de pus, d'après l'expression [de l'Écriture, Exode 9] : 'il éclata en pustules (abaabouot)'. Et notre maître Meir a objecté contre leurs paroles [en s'appuyant sur] ce qui est dit ici [ailleurs] : 'ceci a été énoncé à propos du rein (kolya)' — pourquoi donc n'établirait-on pas [la règle] aussi pour le poumon (réa), quant aux deux vésicules adjacentes l'une à l'autre ? Plutôt, assurément il n'y a pas de distinction dans le poumon, même quant aux deux vésicules, entre eaux limpides et pus. Et même pour des eaux limpides, le terme 'bou'ei' s'applique, comme il est écrit [Isaie 64] : 'l'eau que fait bouillonner (tave'a) le feu', et d'après l'expression [de là, chapitre 49] : 'sources d'eau (mabou'ei mayim)' ; et de même dans la langue de la Michna, au traité Mikvaot, chapitre 10 : 'dès qu'elles se reposent de leur bouillonnement (mibiv'ouan)'. Il a été énoncé : une aiguille (mahat) qui s'est trouvée dans le poumon — Rabbi Yo'hanan, Rabbi Elazar et Rabbi Hanina déclarent cachere ; Rabbi Mani bar Patich, Resh Lakich et Rabbi Chimon ben Elyakim déclarent tereifa. Et la halakha [suit] les Rabbanim qui déclarent cachere. Et bien qu'il ne soit pas dans l'usage de la trachée (kaneh) d'avaler [quoi que ce soit], puisque le poumon a été apporté entier devant nous, que nous l'insufflons (nafhinan) et que nous n'y voyons pas de défaut (ré'outa), nous attribuons [le fait] assurément à ce que c'est un bronche (simpona) [qu']elle a saisi et [par où] elle est venue. Et nous ne distinguons pas ici entre [le] chas [tourné] vers l'extérieur (kofa le-bar) et [le] chas [tourné] vers l'intérieur (kofa le-gav), comme [le texte le] distingue plus loin à propos du foie (kavda), parce que le poumon est proche de la trachée et que les bronches du poumon sont larges ; et même [si le] chas [est] vers l'extérieur, [l'aiguille] entre à l'intérieur du bronche, et de là elle se fraie [un passage] et entre à l'intérieur de la chair du poumon, qui est tendre. Et de même, si elle s'est trouvée à l'intérieur du gésier (kourkevan), [c'est] cachere, car c'est par la voie de l'oesophage (veshet) que l'aiguille est venue avec la nourriture jusqu'au gésier ; et même si le chas s'est enfoncé dans la chair du gésier — car les aliments et les boissons l'ont poussée, comme il est dit à propos de la paroi de la panse (beit ha-kossot). Mais si le poumon entier n'est pas devant nous, [c'est] tereifa, car peut-être, si le poumon était devant nous, il serait [trouvé] perforé. Et [ici] on ne distingue pas entre [le] chas [tourné] vers l'intérieur et [le] chas [tourné] vers l'extérieur comme [le texte le] distingue plus loin à propos du morceau découpé de foie (hatoukha de-kavda) — et [ce] non pas parce que nous dirions que l'aiguille est entrée par la voie de l'oesophage, [que] sa pointe est tombée sur la paroi du poumon, est entrée à l'intérieur, et a traversé toute la largeur du poumon jusqu'à plus de la moitié de celui-ci — de sorte que même [si le] chas [est tourné] vers le côté du bronche central, [ce serait] tereifa. Car s'il en était ainsi, pourquoi déclare-t-il cachere plus loin, dans le morceau découpé de foie, si le chas [est] vers l'intérieur ? Là aussi, craignons peut-être que l'aiguille ait traversé toute la largeur du foie jusqu'à en dépasser la moitié ! Plutôt, assurément nous ne craignons pas cela. Et [la raison pour laquelle] nous déclarons tereifa ici, même [si le] chas [est] vers l'intérieur, [c'est] parce que nous craignons que peut-être le poumon ait été perforé jusqu'au-dehors ; car l'aiguille qui s'est trouvée à l'intérieur du morceau découpé du poumon qui a été apporté devant nous [pourrait avoir] perforé le poumon jusqu'au-dehors.
💡 Explication

Le morceau revient à Rabbi Ami, qui cette fois tranche tereifa. Objection : mais les Rabbanim (Rabbi Yo'hanan et compagnie) déclarent cachere ! Réponse : eux avaient le poumon entier sous les yeux et voyaient qu'il n'était pas perforé (donc simpona nakat). Nous, avec un poumon découpé, nous ne pouvons pas vérifier : peut-être, vu entier, serait-il perforé. La majorité des corps avalés passent par l'oesophage, et par l'oesophage l'aiguille perfore nécessairement.

8
טַעְמָא דְּלֵיתֵהּ, הָא אִיתַהּ וְלָא מִינַּקְבָה – כְּשֵׁרָה, וְהָאָמַר רַב נַחְמָן: הַאי סִמְפּוֹנָא דְּרֵיאָה דְּאִינְּקִיב – טְרֵפָה, הַהוּא לַחֲבֵירוֹ אִתְּמַר.

La raison [pour déclarer tereifa, c'est] qu'il [le poumon] n'y est pas [présent] ; mais [si] il y est et qu'il n'a pas été perforé — cachere. Or Rav Nahman n'a-t-il pas dit : ce bronche du poumon (simpona de-réa) qui a été perforé — tereifa ?

Cela a été énoncé à propos d'[un bronche perforé] vers son voisin (le-haveiro).

📜 Rachi (3)
הָא אִיתָא לָרֵיאָה וְלֹא נִיקְּבָה:
Mais [si] il y est — le poumon — et qu'il n'a pas été perforé.
כְּשֵׁרָה וּמִשּׁוּם טַעְמָא דִּבְסִמְפּוֹנָא נְקַט וְעַל וּנְהִי נָמֵי דְּדֶרֶךְ הַסִּימְפּוֹן בָּא הֲרֵי לֹא בְּסִמְפּוֹנוֹת נִמְצֵאת וְעַל כָּרְחֲךָ נִיקְּבָה הַסִּמְפּוֹן וְיָצְאָה לִבְשַׂר הָרֵיאָה וְאָמַר רַב נַחְמָן הַאי סִמְפּוֹנָא דְּאִינְּקִיב טְרֵפָה:
Cachere — et [c'est] en vertu de la raison [selon laquelle] c'est un bronche [qu']elle a saisi et [par où] elle est venue. Et même s'il est vrai qu'elle est venue par la voie du bronche, voici qu'elle ne s'est pas trouvée dans les bronches [mais dans la chair] ; force est [de dire que] le bronche a été perforé et qu'elle est sortie vers la chair du poumon ; et Rav Nahman a dit : ce bronche qui a été perforé — tereifa !
לַחֲבֵירוֹ אִתְּמַר אֵצֶל פִּיצּוּל כְּשֶׁמִּתְפַּצֵּל מֵחֲבֵירוֹ נִיקַּב אֵצֶל דֹּופֶן שֶׁל חֲבֵירוֹ דְּכֵיוָן דְּדֹופֶן חֲבֵירוֹ קָשֶׁה הוּא דייר"ש בְּלַעַ"ז עוֹמֵד כְּנֶגְדּוֹ וְאֵינוֹ סוֹתֵם הַנֶּקֶב וְלֹא מֵגֵין עָלֶיהָ אֲבָל נִיקַּב לְאַחַר פִּיצּוּלוֹ בְּרִחוּק בְּשַׂר הָרֵיאָה שֶׁהוּא רַךְ נִכְנָס לַנֶּקֶב וּמֵגֵין עָלָיו וְהָא לָא אָמְרִינַן דִּילְמָא אִינְּקִיב לְחַבְרֵיהּ דְּאַחְזוֹקֵי רֵיעוּתָא לָא מַחְזְקִינַן אִי לָא אִיתַּחְזוּק כְּגוֹן הֵיכָא דְּלֵיתָא לָרֵיאָה קַמַּן דע"כ חֲזָקָה הִיא זוֹ שֶׁרֹוב הַנִּבְלָעִין אֵין נִבְלָעִין אֶלָּא דֶּרֶךְ הַוֶּושֶׁט וּמִשָּׁם לֹא יָצְתָה בְּתוֹךְ הָרֵיאָה בְּלֹא נְקִיבַת דַּקִּין וְרֵיאָה:
[À propos d'un bronche perforé] vers son voisin — près de la ramification, lorsqu'[un bronche] se sépare de son voisin [et que] le trou s'est fait du côté de la paroi de son voisin ; car, puisque la paroi de son voisin est dure (dieres en langue vernaculaire), elle se tient face à lui et ne bouche pas le trou et ne le protège pas. Mais [si le bronche] a été perforé après sa ramification, loin [à l'intérieur, vers] la chair du poumon qui est tendre, [celle-ci] entre dans le trou et le protège. Et nous ne disons pas : peut-être a-t-il été perforé vers son voisin — car nous n'établissons pas un soupçon [de défaut] tant qu'aucun [défaut] n'a été avéré, [sauf] comme dans le cas où le poumon n'est pas devant nous ; car là, force est [d'invoquer] cette présomption [selon laquelle] la plupart des [corps] avalés ne sont avalés que par la voie de l'oesophage, et de là elle n'est pas sortie à l'intérieur du poumon sans perforation des intestins grêles et du poumon.
⚖️ Rosh (1)
וְסִימְפּוֹנָא דְּרֵיאָה דְּאִינְּקוּב לְחַבְרֵיהּ טְרֵיפָה אע"ג דְּאָמְרִינַן הֲדוֹרָא דְּכַנְּתָא דְּאִינְּקוּב לְחַבְרֵיהּ כְּשֵׁירָה דְּחַבְרֵיהּ רַךְ וּמֵגֵין עָלֶיהָ. אֲבָל סִימְפּוֹנִי הָרֵיאָה קָשִׁין הֵן וְאֵין אוֹמֵר בִּטְרֵפוֹת זוֹ דּוֹמָה לָזוֹ וְאַל תִּתְמַהּ שֶׁהֲרֵי חוֹתְכָהּ מִכָּאן וּמֵתָה חוֹתְכָהּ מִכָּאן וְחָיָה . הַהוּא מְחַטֵּא דְּאִשְׁתְּכַח בְּחִתּוּכָהּ דְּכַבְדָּא סְבַר מָר בְּרֵיהּ דְּרַב יוֹסֵף לְמִיטְרְפֵיהּ א"ר אָשֵׁי אִילּוּ אִשְׁתְּכַח בְּבִשְׂרָא נָמֵי קָטְרִיף מַר פֵּירוּשׁ וְכִי נְקוּבַת הַכָּבֵד טְרֵיפָה הוּא בִּשְׁלָמָא אִי אִיטַּרְפָה בִּנְקוּבַת הַכָּבֵד נִיחָא דְּאֵין חִלּוּק בֵּין קוֹפָא לְבַר וּבֵין קוֹפָא לְגָיו כִּדְאָמַר גַּבֵּי חֲתוּכָה דְּרֵיאָה דִּבְכָל עִנְיָן טְרֵיפָה דְּחָייְשִׁינַן דִּילְמָא נִיקְּבָה הָרֵיאָה אֶלָּא כֵּיוָן דְּאֵין נְקוּבַת הַכָּבֵד טוֹרֶפֶת הָוְיָא כְּבִשְׂרָא וּבְבִשְׂרָא כִּי הַאי גַוְונָא טָרֵיף מַר כִּדְקָאָמַר טְרֵפָה הָכָא בְּכָל עִנְיָן וְלָא מְפַלֶּגֶת בֵּין קוֹפָא לְגָיו וּבֵין קוֹפָא לְבַר אֶלָּא אָמַר רַב אָשֵׁי חָזֵינַן אִי קוֹפָא לְבַר וְכוּ' וְלִכְאוֹרָה מַשְׁמַע דְּאַף בְּבִשְׂרָא אִי מִשְׁתְּכַח כִּי הַאי גַוְונָא מַחַט בֵּירַךְ הַבְּהֵמָה וְקֻופָּה לְצַד חֲלַל הַבְּהֵמָה טְרֵיפָה דְּאָמְרִינַן דְּמִן הַדַּקִּין בָּאתָה וְדֶרֶךְ חֻודָּהּ נִכְנַס בַּיָּרֵךְ. דְּאִי מִן הַחוּץ בָּאתָה הֵיאַךְ נִיקְּבָה בְּקוֹפָא כָּל עֹובִי הַיָּרֵךְ וְעָבְרָה עַד סָמוּךְ לַחֲלַל הַגּוּף. וְהָא דְּאָמְרִינַן לְעֵיל (חֻולִּין דַּף נג:) בְּקוֹץ עַד שֶׁתִּינָּקֵב לֶחָלָל מַייְרֵי בְּיָדוּעַ שֶׁבָּא מִן הַחוּץ. וּמִיהוּ חוּמְרָא גְּדוֹלָה הִיא זֹאת אע"ג דְּמִיסְתַּבֵּר. וּמִיהוּ אֵין רְאָיָה לֶאֱסֹור מִסֻּוגְיָא דִּשְׁמַעְתִּין. דְּאִיכָּא לְפָרוֹשֵׁי הָכִי אֶלָּא א"ר אַשִּׁי הַאי כָּבֵד לֹא לְרֵיאָה מִדְּמֵינַן לָהּ וְלֹא לְבָשָׂר מִדְּמֵינַן לָהּ. דִּבְרִיאָה בֵּין קוֹפָא לְגָיו בֵּין קוֹפָא לְבַר טְרֵיפָה וּבְבִשְׂרָא בֵּין קוֹפָא לְגָיו בֵּין קוֹפָא לְבַר כְּשֵׁירָה. וְכֵן נָהוּג עָלְמָא. לְפִי שֶׁהַבְּהֵמָה מִתְחַכֶּכֶת בַּכְּתָלִים וַאֲפִילּוּ נִכְנַס דֶּרֶךְ קוֹפָא דּוֹחֵק וְעוֹבֵר בְּעֹומֶק הַיָּרֵךְ אֶלָּא א"ר אָשֵׁי חָזֵינָא אִי קוֹפָא לְבַר נְקוּבִים וְעָיֵיל פֵּירוּשׁ שֶׁהַקֻּופָּה לְצַד הַחוּץ וְכֻולּוֹ בְּתוֹךְ הַכָּבֵד דְּאָמְרִינַן מִן הַווֶּשֶׁט אוֹ מִן הַכָּרֵס אוֹ מִן הַדַּקִּין יָצָא וְנָפַל חֻודּוֹ עַל הַכָּבֵד וְנִכְנַס בְּתוֹכוֹ. אֲבָל אֵין לְפָרֵשׁ קוֹפָא לְבַר שֶׁרֹאשׁ הַמַּחַט בּוֹלֵט חוּץ לְכַבֵּד אֲבָל כֻּולּוֹ בְּתוֹךְ הַכָּבֵד כָּשֵׁר בְּכָל עִנְיָן דְּסִמְפּוֹן נְקַט וְעָיֵיל. דְּא"כ מַאי פָּרֵיךְ מִמַּחַט שֶׁנִּמְצֵאת בְּעֹובִי בֵּית הַכּוֹסוֹת. דע"כ הָתָם שֶׁנִּמְצֵאת בַּחֲלַל בֵּית הַכּוֹסוֹת דְּאִי בַּחֲלַל הַגּוּף הֵיכִי קָאָמַר מִצַּד אֶחָד שֶׁלֹּא נִיקַּב אֶלָּא צַד אֶחָד כָּשֵׁר הַאי וַדַּאי דְּהַךְ ווֵשֶׁט נָקַב וַאֲתַאי. אֶלָּא וַדַּאי קוֹפָא לְבַר הַיְינוּ שֶׁהַקּוֹפָא לְצַד הַחוּץ וַאֲפִילּוּ כֻּולָּהּ בְּתוֹךְ הַכָּבֵד. וְקוֹפָא לְגָיו הַייְנוּ שֶׁהַקּוֹפָא לְצַד הַסִּימְפּוֹן שֶׁל הַכָּבֵד וְאִי קוֹפָא לְגָיו סִימְפּוֹנוֹת נְקַט וַאֲתַאי. וְהָנֵי מִילֵּי בְּאַלִּימְתָּא אֲבָל בִּקְלִישְׁתָּא לָא שְׁנָא קוֹפָא לְבַר וְלָא שְׁנָא קוֹפָא לְגָיו נִקּוּבֵי נָקֵיב וַאֲתַאי. וּמַאי שְׁנָא מִמַּחַט שֶׁנִּמְצָא בְּעֹובִי בֵּית הַכּוֹסוֹת דְּלָא שְׁנָא קוֹפָא לְגָיו וְלָא שְׁנָא קוֹפָא לְבַר אָמְרִינַן מִצַּד אֶחָד כְּשֵׁירָה אָמְרִי הָתָם כֵּוָון דְּאִיכָּא אוֹכְלִין וּמַשְׁקִין אֵימַר אוֹכְלִין וּמַשְׁקִין דַּחְקוּהָ וּמְחַטֵּא דְּאִישְׁתְּכַח בְּסִימְפּוֹנָא רַבָּא דְּכַבְדָּא כְּשֵׁירָה. הַהוּא קְשֵׁיתָא דְּאִשְׁתְּכַח בִּמְרָרִיתָא אָמַר רַב אָשֵׁי כִּי הָוֵינַן בֵּי רַב כָּהֲנָא אָמְרִינַן הָא וַדַּאי סִימְפּוֹנוֹת נְקַט וַאֲתַאי ואע"ג דְּלָא נָפֵיק מֵרָבֵל הוּא דְּרָבֵיל. וְהָנֵי מִילֵּי בִּדְדִיקְלָא. אֲבָל בִּדְזֵיתָא מִיבְּזַע בָּזַע. פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י וּלְמַאן דְּחָיֵישׁ בְּמַחַט חָייֵשׁ בְּהָא. וְקָשֶׁה דא"כ הָוֵי דְּלָא כְּהִילְכְתָא דְּקַייְמָא לָן כְּרַבָּנָן דְּמַכְשְׁרִי. וְנִרְאֶה דַּאֲפִילּוּ לְרַבִּי יוֹחָנָן דְּמַכְשַׁר מַחַט לְפִי שֶׁהוּא קָטָן וּבָא דֶּרֶךְ סִימְפּוֹן אֲבָל הָכָא חָיְישִׁינַן שֶׁמָּא נִיקַּב הַווֶּשֶׁט וְחָזַר וְנִכְנַס בַּכָּבֵד:
Et un bronche du poumon (simpona de-réa) qui a été perforé vers son voisin (le-havreih) [est] tereifa, bien que nous disions [qu']une anse intestinale (hadora de-khanta) qui a été perforée vers sa voisine [est] cachere, car sa voisine est tendre et la protège. Mais les bronches du poumon sont durs [et rigides]. Et l'on ne dit pas, dans les tereifot, [que] celle-ci ressemble à celle-là ; et ne t'en étonne pas, car [tel animal,] tu le coupes ici et il meurt, tu le coupes là et il vit. Une certaine aiguille qui s'est trouvée dans un morceau de foie (hitoukha de-kavda) : Mar fils de Rav Yossef pensa la déclarer tereifa. Rav Achi lui dit : si elle s'était trouvée dans la chair aussi [de la sorte], le Maître l'aurait-il déclarée tereifa ? Explication : est-ce que la perforation du foie [constitue] une tereifa ? Si [le foie] devenait tereifa par la perforation du foie, cela irait bien, [car alors] il n'y aurait pas de distinction entre [le] chas [tourné] vers l'extérieur et [le] chas [tourné] vers l'intérieur, comme il est dit à propos du morceau découpé de poumon, [où] en tout état de cause [c'est] tereifa, car nous craignons que peut-être le poumon ait été perforé. Mais puisque la perforation du foie ne [le] rend pas tereifa, il est [assimilé] à de la chair ; et dans la chair, dans un cas de la sorte, le Maître déclare-t-il tereifa comme il [le] dit, [à savoir] tereifa ici en tout état de cause, sans distinguer entre [le] chas [tourné] vers l'intérieur et [le] chas [tourné] vers l'extérieur ? Plutôt, Rav Achi dit : nous regardons — si le chas [est tourné] vers l'extérieur, etc. Et à première vue, [cela] indique que, même dans la chair, si une aiguille se trouve de la sorte dans la cuisse de la bête, le chas [tourné] vers le côté de la cavité de la bête, [c'est] tereifa — car nous disons qu'elle est venue depuis les intestins grêles (dakin) et que sa pointe (houda) est entrée dans la cuisse par la voie de sa pointe ; car si elle était venue de l'extérieur, comment aurait-elle perforé, par le [côté du] chas, toute l'épaisseur de la cuisse et traversé jusqu'à proximité de la cavité du corps ? Et ce que nous disons plus haut (Houlin, page 53b) [à propos] d'une épine [qui rend tereifa seulement] jusqu'à ce que [la cavité] soit perforée jusqu'à la cavité, cela parle [d'un cas] où l'on sait [avec certitude] qu'elle est venue de l'extérieur. Toutefois, c'est là une grande sévérité (houmra guedola), bien qu'elle soit vraisemblable. Toutefois, il n'y a pas de preuve pour interdire à partir de la sougya de notre sujet, car on peut [l']expliquer ainsi. Plutôt, Rav Achi dit : ce foie, nous ne l'assimilons ni au poumon ni à la chair ; car pour le poumon, [que le] chas [soit tourné] vers l'intérieur ou [que le] chas [soit tourné] vers l'extérieur, [c'est] tereifa ; et pour la chair, [que le] chas [soit tourné] vers l'intérieur ou [que le] chas [soit tourné] vers l'extérieur, [c'est] cachere. Et ainsi le monde à coutume [d'agir]. Parce que la bête se frotte contre les murs, et même [si l'aiguille] est entrée par la voie du chas, elle se fraie [un passage] et traverse dans la profondeur de la cuisse. Plutôt, Rav Achi dit : nous regardons — si le chas [est tourné] vers l'extérieur, [c'est] perforé (nekoubim) et [elle] est entrée — explication : que le chas [est tourné] vers le côté extérieur et que [l'aiguille] est toute entière à l'intérieur du foie ; car nous disons qu'elle est sortie depuis l'oesophage, ou depuis la panse, ou depuis les intestins grêles, que sa pointe est tombée sur le foie et est entrée à l'intérieur de celui-ci. Mais il ne faut pas expliquer '[le] chas [tourné] vers l'extérieur' [comme voulant dire] que la tête de l'aiguille dépasse hors du foie ; car [si l'aiguille est] toute entière à l'intérieur du foie, [c'est] cachere en tout état de cause, car c'est un bronche [qu']elle a saisi et [par où] elle est entrée. Car s'il en était ainsi, quelle objection [tirerait-on] de l'aiguille trouvée dans l'épaisseur de la paroi de la panse (beit ha-kossot) ? Car là, forcément, il s'agit [d'une aiguille] qui s'est trouvée dans la cavité de la paroi de la panse ; car si [elle était] dans la cavité du corps, comment dirait-il [que], d'un seul côté, [puisque] un seul côté à été perforé, [c'est] cachere ? Là, assurément, c'est cet oesophage[-là] qu'elle a perforé et [par où] elle est venue ! Plutôt, assurément '[le] chas [tourné] vers l'extérieur' signifie que le chas [est tourné] vers le côté extérieur, et [ce] même [si l'aiguille] est toute entière à l'intérieur du foie ; et '[le] chas [tourné] vers l'intérieur' signifie que le chas [est tourné] vers le côté du bronche du foie ; et si le chas [est tourné] vers l'intérieur, [c'est] un bronche [qu']elle a saisi et [par où] elle est venue. Et ces propos [valent] pour une [aiguille] épaisse (alimta) ; mais pour une [aiguille] fine (kelichta), il n'y a pas de différence [que] le chas [soit] vers l'extérieur ni [que] le chas [soit] vers l'intérieur : [c'est] en perforant [qu']elle a perforé et [par où] elle est venue. Et en quoi [cela] diffère-t-il de l'aiguille trouvée dans l'épaisseur de la paroi de la panse (beit ha-kossot), où il n'y a pas de différence [que] le chas [soit] vers l'intérieur ni [que] le chas [soit] vers l'extérieur, [et où] nous disons [que], d'un seul côté, [c'est] cachere ? On dit : là, puisqu'il y a des aliments et des boissons, dis [donc] que les aliments et les boissons l'ont poussée. Et une aiguille qui s'est trouvée dans le grand bronche du foie (simpona raba de-kavda) [est] cachere. Une certaine [aiguille en forme de] noyau (keshita) qui s'est trouvée dans la vésicule biliaire (merarita) : Rav Achi a dit — lorsque nous étions dans la maison d'étude de Rav Kahana, nous disions : celle-ci, assurément, c'est un bronche [qu']elle a saisi et [par où] elle est venue ; et bien qu'elle ne [puisse] pas ressortir, c'est qu'elle s'est frayée [un chemin en s'y] introduisant (ravel). Et ces propos [valent] pour [un noyau] de datte (be-dikla) ; mais pour [un noyau] d'olive (be-zeita), il fend (mibza baz) [en entrant]. Rachi a expliqué : et pour celui qui craint [le doute] dans le cas de l'aiguille, il craint [aussi] dans ce cas-ci. Et [cela] fait difficulté, car s'il en était ainsi, ce serait [une opinion] non conforme à la halakha, [du fait] que nous fixons [la loi] comme les Rabbanim qui déclarent cachere. Et il apparaît que, même selon Rabbi Yo'hanan qui déclare cachere l'aiguille — parce qu'elle est petite et vient par la voie du bronche — ici cependant nous craignons que peut-être l'oesophage ait été perforé et que [le noyau] soit revenu entrer dans le foie.
💡 Explication

Inférence : si l'on déclare tereifa parce que le poumon n'est plus là à examiner, c'est donc que, présent et non perforé, il serait cachere — même avec un bronche perforé en son sein. Mais Rav Nahman dit qu'un bronche perforé rend tereifa ! Réponse : Rav Nahman parle d'un bronche perforé vers un bronche voisin (paroi dure contre paroi dure, qui ne rebouche pas) ; tandis qu'un bronche perforé vers la chair tendre du poumon se trouve rebouché par cette chair.

9
וְהָאָמַר רַב נַחְמָן: הַאי הֲדוֹרָא דְּכַנְתָּא דְּאִינְּקִיב לַהֲדֵי חַבְרֵיהּ – מֵגֵין עֲלֵיהּ, אָמַר רַב אַשִּׁי: טְרֵפוֹת קָא מְדַמֵּי לַהֲדָדֵי? אֵין אוֹמְרִין בִּטְרֵפוֹת זוֹ דּוֹמָה לָזוֹ, שֶׁהֲרֵי חוֹתְכָהּ מִכָּאן וּמֵתָה, חוֹתְכָהּ מִכָּאן וְחָיָה!

Or Rav Nahman n'a-t-il pas dit : cette anse intestinale (hadoura de-khanta) qui a été perforée contre sa voisine — [sa voisine] la protège ? [Pourquoi donc un bronche ne protège-t-il pas un autre bronche ?] Rav Achi dit : compare-t-on les tereifot l'une à l'autre ?

On ne dit pas, dans les tereifot, [que] celle-ci ressemble à celle-là ; car [tel animal,] tu le coupes ici et il meurt, tu le coupes là et il vit !

📜 Rachi (4)
כַּנְּתָא אנטלי"ר בְּלַעַ"ז חָלָב טָהוֹר:
Kanta — [graisse] que l'on appelle [en langue vernaculaire] ; [c'est] de la graisse permise (helev tahor).
הֲדוֹרָא דְּכַנְּתָא דַּקִּין הַסּוֹבְבִין אוֹתוֹ סָבִיב כַּעֲגֻולָּה:
Hadoura de-khanta — les intestins grêles qui l'entourent tout autour en cercle (ka-agoula).
דְּאִינְּקִיב לְחַבְרֵיהּ שֶׁנִּיקַּב בְּאוֹתוֹ צַד שֶׁבֵּינוֹ לַחֲבֵרוֹ שֶׁלֹּא נִיקַּב חִיצוֹן שֶׁבְּכֻולָּן:
Qui a été perforée vers sa voisine — qui a été perforée du côté [tourné] entre elle et sa voisine, [et] non perforée du côté externe à [l'anse] tout entière.
שֶׁהֲרֵי חוֹתְכָהּ מִכָּאן וּמֵתָה וְחוֹתְכָהּ מִכָּאן וְחָיָה נֶחְתַּךְ בְּשַׂר רַגְלַיִם לְמַעְלָה מִצֹּומֶת הַגִּידִין וְלֹא נִשְׁבַּר הָעֶצֶם כְּשֵׁרָה נֶחְתְּכָה לְמַטָּה בִּמְקוֹם צֹומֶת הַגִּידִין אע"פ שֶׁנָּמוּךְ מִכָּאן טְרֵפָה כִּדְאָמְרִינַן לְקַמָּן וְכֵן שֶׁנִּיטַּל צֹומֶת הַגִּידִין בְּפֶ' בְּהֵמָה הַמְקַשָּׁה (לְקַמָּן חֻולִּין דַּף עו.) ואע"פ שֶׁלֹּא נֶחְתַּךְ הָעֶצֶם:
Car [tel animal,] tu le coupes ici et il meurt, et tu le coupes là et il vit — [si] la chair des pattes a été coupée au-dessus de la jonction des tendons (tsomet ha-guidin) et que l'os ne s'est pas brisé, [c'est] cachere ; [si] elle a été coupée en bas, à l'endroit de la jonction des tendons, bien que [ce soit] plus bas, [c'est] tereifa, comme nous le disons plus loin ; et de même [si] la jonction des tendons a été enlevée, au chapitre 'Behema ha-makcha' (plus loin, Houlin 76a), bien que l'os n'ait pas été coupé.
💡 Explication

Objection inverse : Rav Nahman dit ailleurs qu'une anse intestinale perforée contre sa voisine est protégée par celle-ci ! Pourquoi alors un bronche ne protégerait-il pas un autre bronche ? Réponse de Rav Achi : on ne compare pas les tereifot entre elles ; les règles ne se déduisent pas par analogie d'un organe à l'autre. Preuve : un même animal, coupé à un endroit il meurt (au-dessous, au niveau des tendons, tsomet ha-guidin), coupé à un autre il vit (au-dessus) — la position change tout.

10
הָהִיא מַחְטָא דְּאִישְׁתְּכַח בְּסִמְפּוֹנָא רַבָּה דְּרֵיאָה, אַתְיוּהָ לְקַמֵּיה דְּרַבָּנַן טָרוֹפָאֵי, לָא אֲמַרוּ בָּהּ לָא אִיסּוּר וְלֹא הֶיתֵּר. הֶיתֵּר לָא אָמְרִי בַּהּ – כִּשְׁמַעְתַּיְיהוּ, אִיסּוּר נָמֵי לָא אָמְרִי בַּהּ – כֵּיוָן דִּבְסִמְפּוֹנָא רַבָּה אִישְׁתְּכַח, אֵימָא סִמְפּוֹנָא נְקַט וַאֲתַאי.

Une certaine aiguille qui s'est trouvée dans le grand bronche du poumon (simpona raba de-réa) : on l'apporta devant les Rabbanim qui déclarent tereifa (Rabbanan tarofaei, ceux-là mêmes qui déclarent tereifa l'aiguille du poumon), [qui] ne dirent à son sujet ni interdit ni permis. Le permis, ils ne le dirent pas à son sujet — conformément à leur enseignement [habituel] ; l'interdit non plus, ils ne le dirent pas à son sujet — puisqu'elle s'est trouvée dans le grand bronche, dis [donc qu']elle a saisi un bronche et est venue (simpona nakat ve-atai).

📜 Rachi (3)
רַבָּנָן טָרוֹפָאֵי הָנָךְ רַבָּנָן דִּלְעֵיל רַבִּי מַנִּי וְרֵישׁ לָקִישׁ וְרַבִּי שִׁמְעוֹן דְּטָרְפִי לְמַחַט שֶׁנִּמְצֵאת בְּרִיאָה:
Les Rabbanim de Troupai — ces Rabbanim de plus haut : Rabbi Mani, Resh Lakich et Rabbi Chimon, qui déclarent tereifa l'aiguille trouvée dans le poumon.
כִּשְׁמַעְתַּיְיהוּ דְּמַחְזְקִי רֵיעוּתָא מִסְּפֵיקָא דְּחָיְישִׁינַן שֶׁמָּא דֶּרֶךְ הַווֶּשֶׁט נִכְנְסָה תְּחִלָּה וְנִיקְּבָה כֶּרֶס אוֹ דַּקִּין וְיָצְתָה:
Conformément à leur enseignement — car ils établissent un soupçon [de défaut] par doute, [puisqu']ils craignent [que] peut-être elle est entrée d'abord par la voie de l'oesophage, a perforé la panse ou les intestins grêles, et est sortie.
כֵּיוָן דִּבְסִמְפּוֹנָא רַבָּה אִישְׁתְּכַח מִי מִכַּווְּנָה לְאוֹתוֹ סִמְפּוֹן אִם דֶּרֶךְ וֵושֶׁט נִכְנְסָה הִלְכָּךְ דְּבָרִים נִיכָּרִים עַל כָּרְחֵנוּ דִּבְסִמְפּוֹנָא נְקַט וְעַל דֶּרֶךְ הַקָּנֶה וּבָא לְסִמְפּוֹנוֹת הָרֵיאָה:
Puisqu'elle s'est trouvée dans le grand bronche — est-elle [donc] dirigée vers ce bronche[-là] si elle est entrée par la voie de l'oesophage ? Dès lors, les choses sont manifestes : force est [de dire] que c'est un bronche [qu']elle a saisi, et qu'elle est entrée par la voie de la trachée et venue dans les bronches du poumon.
💡 Explication

Cas du grand bronche (la voie aérienne principale, proche de la trachée). On l'apporte aux 'Rabbanan Troupai' — ceux-là mêmes qui déclarent tereifa l'aiguille du poumon. Ils ne se prononcent ni dans un sens ni dans l'autre : pas permis, fidèle à leur ligne ; mais pas interdit non plus, car la position de l'aiguille dans le grand bronche oriente fortement vers 'simpona nakat' — entrée par la voie aérienne.

11
הָהִיא מַחְטָא דְּאִישְׁתְּכַח בַּחֲתִיכָה דְּכַבְדָּא, סְבַר מָר בְּרֵיהּ דְּרַב יוֹסֵף לְמִיטְרְפַהּ, אָמַר לֵיהּ רַב אַשִּׁי: אִילּוּ אִשְׁתְּכַח בְּבִשְׂרָא כְּהַאי גַּוְונָא הֲוָה טָרֵיף מָר? אֶלָּא אָמַר רַב אָשֵׁי: חָזֵינָא, אִי קוֹפָא לְבַר – נְקוּבֵי נָקֵיב וַאֲתַאי, אִי קוֹפָא לְגָיו – סִמְפּוֹנָא נְקַט וַאֲתַאי.

Une certaine aiguille qui s'est trouvée dans un morceau de foie (hatikha de-khavda) : Mar fils de Rav Yossef pensa la déclarer tereifa. Rav Achi lui dit : si elle s'était trouvée dans la chair, de la sorte, le Maître l'aurait-il déclarée tereifa [par étonnement : un foie perforé n'est pas tereifa] ?

Plutôt, Rav Achi dit : nous regardons — si le chas (kofa) [est tourné] vers l'extérieur, [c'est] en perforant [qu']elle a perforé et est venue (nakuvei nakiv ve-atai) ; si le chas [est tourné] vers l'intérieur, [c'est] un bronche [qu']elle a saisi et [par où] elle est venue (simpona nakat ve-atai).

📜 Rachi (2)
הֲוָה טָרֵיף מַר בִּתְמִיהַּ. כְּלוֹמַר וְכִי נְקוּבַת הַכָּבֵד טְרֵפָה הוּא:
L'aurait-il déclarée tereifa — par étonnement. C'est-à-dire : est-ce que la perforation du foie est [donc] une tereifa ?
אִי קוֹפָא לְגָיו אִם רֹאשָׁהּ הָעָב שֶׁהִיא נְקוּבָה בּוֹ נֶחְבָּא בְּתוֹךְ הַכָּבֵד וְחֻודָּהּ שֶׁקּוֹרִין פונט"ה יוֹצֵא לְתוֹךְ חֲלַל הַבְּהֵמָה וַדַּאי סִמְפּוֹנָא נְקַט וְאַחַ"כּ נִיקַּב חֻודָּהּ אֶת הַסִּמְפּוֹן וְיָצָא לְכַבֵּד וּמִמֶּנּוּ לַחוּץ וְאִי קוֹפָא לְבַר לַחֲלַל הַבְּהֵמָה וּפִיהָ לְתוֹךְ הַכָּבֵד וַדַּאי דֶּרֶךְ הַוֶּושֶׁט נִכְנְסָה תְּחִלָּה וְנִיקְּבָה הַדַּקִּין וְיָצְתָה וְנִכְנַס פִּיהָ לְכַבֵּד:
Si le chas [est tourné] vers l'intérieur — si sa tête épaisse, celle qui est percée, est cachée à l'intérieur du foie, et que sa pointe — que l'on appelle [en langue vernaculaire] — sort vers la cavité de la bête, alors assurément c'est un bronche [qu']elle a saisi, puis sa pointe a perforé le bronche et est sortie vers le foie, et de là au-dehors ; et si le chas [est tourné] vers l'extérieur, vers la cavité de la bête, et que sa bouche [pointe] vers l'intérieur du foie, alors assurément elle est entrée d'abord par la voie de l'oesophage, a perforé les intestins grêles et est sortie, et sa bouche est entrée dans le foie.
💡 Explication

Cas de l'aiguille dans le foie. Mar fils de Rav Yossef veut déclarer tereifa, mais Rav Achi objecte : un foie perforé n'est pas tereifa en soi (comme la chair) — donc le foie ne tranche rien par lui-même. Le critère est l'orientation du chas (kofa, l'extrémité percée de l'aiguille) : chas vers l'extérieur (la pointe enfoncée vers l'intérieur) = elle a perforé en venant de l'oesophage = tereifa ; chas vers l'intérieur (enfoui dans le foie, pointe vers la cavité) = entrée par un vaisseau = cachere.

12
וְהָנֵי מִילֵּי בְּאַלִּימְתָּא, אֲבָל קַטִּינְתָּא, לָא שְׁנָא קוֹפָא לְגָיו, לָא שְׁנָא קוֹפָא לְבַר, נְקוּבֵי נָקֵיב וַאֲתַאי.

Et ces propos [valent] pour une [aiguille] épaisse (alimta) ; mais pour une [aiguille] fine (ketinta), il n'y a pas de différence [que] le chas [soit] vers l'intérieur, il n'y a pas de différence [que] le chas [soit] vers l'extérieur : [c'est] en perforant [qu']elle a perforé et est venue (nakuvei nakiv ve-atai).

📜 Rachi (1)
בְּאַלִּימְתָּא מַחַט עָבָה שֶׁאֵינָהּ יְכוֹלָה לְנַקֵּב דֶּרֶךְ קוֹפָא שֶׁלָּהּ אֲבָל בְּקַטִּינְתָּא כְּגוֹן מְחָטִין שֶׁלָּנוּ שֶׁמְּנַקְּבִין בָּשָׂר אֲפִילּוּ דֶּרֶךְ קוֹפָא שֶׁלָּהֶן:
Pour une [aiguille] épaisse — une aiguille épaisse, qui ne peut pas perforer par le côté de son chas ; mais pour une [aiguille] fine, comme nos aiguilles, qui perforent la chair même par le côté de leur chas [le critère ne s'applique pas].
🗂️ Tossefot (1)
אִי קוֹפָא לְגָיו אִי קוֹפָא לְבַר אֵין לְפָרֵשׁ כְּשֶׁהַמַּחַט מִקְצָתָהּ חוּץ לְכַבֵּד וּמִקְצָתָהּ בְּתוֹכוֹ אֲבָל כֻּולּוֹ בְּתוֹךְ הַכָּבֵד כְּשֵׁרָה בְּכָל עִנְיָן דְּסִמְפּוֹנָא נָקֵיט וַאֲתָא דְּא"כ מַאי פָּרֵיךְ מִמַּחַט שֶׁנִּמְצָא בְּעֹובִי בֵּית הַכּוֹסוֹת דְּעַל כָּרְחֲךָ הָתָם כְּשֶׁהוּא בְּתוֹךְ בֵּית הַכּוֹסוֹת אַיְירֵי דְּאִי בַּחֲלַל הַגּוּף הֵיכִי קָאָמַר מִצַּד אֶחָד שֶׁלֹּא נִיקְּבָה אֶלָּא עוֹר אֶחָד כְּשֵׁרָה הָא וַדַּאי דֶּרֶךְ הַוֶּושֶׁט נָקֵיב וַאֲתָא אֶלָּא אִי קוֹפָא לְגָיו לְצַד סִמְפּוֹן שֶׁל כָּבֵד קָאָמַר וַאֲפִילּוּ כֻּולָּהּ בְּתוֹךְ הַכָּבֵד וְנִרְאֶה דְּדַוְקָא גַּבֵּי כָּבֵד יֵשׁ חִילּוּק בֵּין קוֹפָא לְגָיו לְקוֹפָא לְבַר אֲבָל בְּרִיאָה כְּשֵׁרָה בְּכָל עִנְיָן דִּקְרוֹבָה לְקָנֶה וְסִמְפּוֹנָא דְּרֵיאָה יֵשׁ לָהּ רִיוַּח וְחָלָל גָּדוֹל וְכֵן אִם נִמְצֵאת בְּתוֹךְ הַקֻּורְקְבָן כָּשֵׁר שֶׁדֶּרֶךְ הַווֶּשֶׁט בָּא מַחַט עִם הַמַּאֲכָל שֶׁהַקֻּורְקְבָן תָּלוּי בַּוֶּושֶׁט:
Si le chas [est] vers l'intérieur, si le chas [est] vers l'extérieur — il ne faut pas [l']expliquer [du cas] où l'aiguille [est] en partie hors du foie et en partie à l'intérieur ; mais [si elle est] tout entière à l'intérieur du foie, [c'est] cachere en tout état de cause, car c'est un bronche [qu']elle a saisi et [par où] elle est venue ; car, s'il en était [autrement], quelle objection [tirerait-on] de l'aiguille trouvée dans l'épaisseur de la paroi de la panse (beit ha-kossot) — où il s'agit forcément [d'une aiguille] qui est à l'intérieur de la panse ; car, si [elle était] dans la cavité du corps, comment dirait-il [que], d'un seul côté, [puisque] seule une [des deux] peaux a été perforée, [c'est] cachere ? là, assurément, [c'est] par la voie de l'oesophage [qu']elle a perforé et est venue ! Plutôt, 'si le chas [est] vers l'intérieur' veut dire : vers le côté du bronche du foie — et même [si elle est] tout entière à l'intérieur du foie. Et il apparaît que c'est précisément pour le foie qu'il y a une distinction entre 'chas vers l'intérieur' et 'chas vers l'extérieur' ; mais dans le poumon [c'est] cachere en tout état de cause, car il est proche de la trachée et le bronche du poumon a de l'aisance et une grande cavité ; et de même, si [l'aiguille] s'est trouvée dans le gésier (kourkevan), [c'est] cachere, car c'est par la voie de l'oesophage que l'aiguille est venue avec la nourriture, le gésier étant suspendu à l'oesophage.
💡 Explication

Restriction du critère précédent : il ne vaut que pour une aiguille épaisse (alimta), dont le chas est trop émoussé pour percer de lui-même. Pour une aiguille fine (ketinta) — comme nos aiguilles — l'orientation du chas n'importe plus : même par le chas elle peut perforer, donc on présume toujours nakuvei nakiv (perforation) et la bête est tereifa.

13
וּמַאי שְׁנָא מִמַּחַט שֶׁנִּמְצֵאת

Et en quoi [cela] diffère-t-il de l'aiguille qui s'est trouvée [dans l'épaisseur de la paroi de la panse...]

💡 Explication

Le daf s'interrompt au milieu d'une question : en quoi le cas du foie diffère-t-il de l'aiguille trouvée dans l'épaisseur de la paroi de la panse (beit ha-kossot) ? Le développement et la réponse se poursuivent au daf suivant (49a).

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).