Chullin 50a — la graisse de la caillette (arc et corde), le mucus qui scelle l'intestin perforé, et la comparaison des perforations (makifin)

Chullin 50a

Sougya : Le daf achève d'abord le débat sur la graisse de la caillette (keva), en forme d'arc : la graisse de l'arc (deakchta, face bombée) et celle de la corde (deyatra, face plate). Deux versions : pour la première, tous interdisent l'arc et l'on discute de la corde ; pour la seconde, tous permettent la corde et l'on discute de l'arc.

Les sages de Terre d'Israël qui la permettent en prélèvent d'abord une poignée (mekamtzin). Puis vient une braita de Rabban Chimon ben Gamliel : un intestin perforé mais scellé par le mucus (liha, le chirka des intestins) est cachere.

Rabbi Yo'hanan aurait tranché comme RChbG pour la tereifa et comme Rabbi Chimon pour le deuil ; mais Rabbi Abba corrige : ce n'est PAS la halakha pour la tereifa, et pour le deuil [c'est] un litige (Rav Hisda et Rav Yo'hanan disent oui, Rav Nahman non). Conclusion : intestin perforé = tereifa ; pour le deuil, on suit l'indulgent (Chmouel).

Enfin la technique des makifin (comparer une perforation douteuse à un trou-témoin percé à côté) est exposée pour les intestins (Rav Chimi, puis Rav Mecharchia qui frotte), le poumon (Rabbi Yo'hanan et Rabbi Elazar, avec la règle aroga-à-aroga) et la trachée (Abaye et Rava, houlia-à-houlia). Le daf se clôt sur Zeiri : le rectum (chalcholet) perforé est cachere car les hanches le maintiennent, avec la mesure de Rabbi Yo'hanan, et l'avertissement de Rava de ne pas s'appuyer [sur Rav Nahman].

La caillette (keva) en forme d'arc : quelle graisse est interdite ? l'arc (kechet) = la face bombée, extérieure ; la corde (yetra) = la face plate, intérieure graisse de l'arc (deakchta) collée seulement au milieu, comme un manteau (totav) graisse de la corde (deyatra) version 1 : l'arc, tous l'interdisent (chimtza) on discute de la corde (bar chimtza) version 2 : la corde, tous la permettent (bar chimtza) on discute de l'arc (chimtza)
La caillette en forme d'arc (segments 0-2) : graisse de l'arc contre graisse de la corde, et les deux versions du litige.
Comparer les perforations (makifin) : avant ou après l'abattage ? on perce un trou-témoin à côté ; mêmes couleurs -> le trou doutuex date d'après l'abattage -> cachere Intestins (bnei meayim) Rav Chimi : on compare Rav Mecharchia : on frotte d'abord (mains qui manipulent) puis on compare sage 'comme Rabbi Yo'hanan' Poumon (réa) Rava : même aroga (flanc) halakha : aroga à aroga, fine à fine, grasse à grasse mais pas fine -> grasse ni grasse -> fine Trachée (kaneh) Rav Papa : même houlia halakha : houlia à houlia, bar-houlia à bar-houlia mais pas houlia -> bar-houlia ni bar-houlia -> houlia
La comparaison des perforations (makifin) appliquée aux intestins, au poumon et à la trachée (segments 12-15), avec les règles pratiques.
La double tradition rapportée à Rabbi Yo'hanan, et sa correction ce qu'on rapportait halakha comme RChbG pour la tereifa halakha comme R. Chimon pour le deuil la correction (R. Abba) tereifa : ce n'est PAS la halakha deuil : litige (Rav Hisda oui, Rav Nahman non) conclusion du Talmud tereifa : PAS comme RChbG (intestin perforé = tereifa, même scellé par le mucus) deuil : comme R. Chimon (Chmouel : on suit l'avis indulgent pour le deuil)
La tradition rapportée à Rabbi Yohanan, la correction de Rabbi Abba et la conclusion (segments 6-11).
1
וּלְדִידַן מִיסְתָּם נָמֵי לָא סָתֵים.

Et pour nous [les Babyloniens], non seulement [elle est interdite], mais elle ne scelle même pas [une perforation] ? [Cela ne se peut pas : si la graisse n'est interdite que par coutume, elle scelle quand même.]

📜 Rachi (1)
וּלְדִידַן אֲפִילּוּ מִיסְתָּם נָמֵי לָא סָתֵים בִּתְמִיהַּ. לְדִידַן בְּנֵי בָּבֶל נְהִי דְּלָא אָכְלִי לֵיהּ לְהָכִי מִיהָא מַחְזְקִינַן לֵיהּ בְּחֵלֶב טָהוֹר לִהְיוֹת סוֹתֵם. שְׁמַע מִינָּה הַהִיא דִּפְלִיגִי בֵּיהּ בְּנֵי א"י וּבְנֵי בָּבֶל קָרֵי לֵיהּ רַב נַחְמָן בַּר חִימְצָא וְהַיְינוּ דְּאַייִּתְרָא חֵלֶב שֶׁבִּמְקוֹם הֶיתֵּר שֶׁהַקֵּיבָה עֲשׂוּיָה כְּקֶשֶׁת וּמִבַּחוּץ קָרֵי דַּאֲקַשְׁתָּא וּמִבִּפְנִים לְעוֹגֵל קָרֵי דְּאַיִּיתְרָא חֶבֶל וּבִדְאַייִּתְרָא פְּלִיגִי כְּדִמְפָרֵשׁ וְאָזֵיל:
Et pour nous, elle ne scelle même pas ? — [c'est] par étonnement. Pour nous, gens de Babylonie : bien que nous ne la mangions pas, du moins la tenons-nous pour de la graisse pure (chelev tahor), apte à sceller. Apprends-en que cette [graisse] dont disputent gens de Terre d'Israël et gens de Babylonie, Rav Nahman bar Himtza l'appelle [ainsi] ; et c'est [la graisse] de la corde (deyatra) — la graisse [qui se trouve] à l'endroit permis, car la caillette (kiva) est faite comme un arc (kechet) : du côté extérieur on [l']appelle [graisse] de l'arc (deakchta), et du côté intérieur, vers le rond [interne], on [l']appelle [graisse] de la corde (deyatra), [terme issu de] yeter [corde de l'arc] ; et c'est de [la graisse] de la corde qu'ils disputent, comme [le texte] l'explique en poursuivant.
💡 Explication

Fin de la sougya commencée en 49b sur le scellement (setima) d'une perforation par la graisse. Question incrédule : se peut-il que, pour nous, gens de Babylonie, cette graisse soit non seulement interdite à la consommation mais ne scelle même pas une perforation [de la caillette] ? Si elle n'est interdite que par coutume (et non par la Torah), nous devons malgré tout la tenir pour de la graisse pure (chelev tahor), apte à sceller.

2
דַּאֲקַשְׁתָּא – כֻּולֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דַּאֲסִיר, כִּי פְּלִיגִי – דְּאַיִּיתְרָא.

[Selon la première version :] [pour la graisse] de l'arc (deakchta), tout le monde ne diverge pas : elle est interdite ; [c'est] quand ils divergent — [au sujet de la graisse] de la corde (deyatra).

📜 Rachi (2)
דְּאַקַּשְׁתָּא כֻּולֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דְּבֵין לִבְנֵי בָּבֶל וּבֵין לִבְנֵי מַעֲרָבָא אָסוּר דַּאֲפִילּוּ רַבִּי עֲקִיבָא דְּאָמַר לְעֵיל (חֻולִּין דַּף מט:) תּוֹתָב קְרוּם וְנִקְלָף אָסוּר דְּהַאי נָמֵי לְתוֹתָב דְּמִי שֶׁאֵינוֹ מְחֻובָּר אֶלָּא בְּאֶמְצַע הַקֶּשֶׁת שֶׁקּוֹרִין פישט"א:
[Pour la graisse] de l'arc, tout le monde ne diverge pas — [à savoir] que, tant pour les gens de Babylonie que pour les gens d'Occident (Terre d'Israël), elle est interdite ; car même Rabbi Akiva, qui a dit plus haut (Houlin 49b) [que] '[ce qui forme] un revêtement (totav), une membrane qui se pèle est interdit', [admet] que celle-ci aussi ressemble à un revêtement (totav), car elle n'est attachée qu'au milieu de l'arc — ce qu'on appelle pichta [la poignée de l'arc, en langue vernaculaire].
כִּי פְּלִיגִי דְּאַיִּיתְרָא בְּנֵי בָּבֶל סָבְרִי לָהּ כְּר' יִשְׁמָעֵאל דְּאָמַר כָּל קְרוּם וְנִקְלָף חָלָב טָמֵא הוּא וְהַאי נָמֵי קְרוּם וְנִקְלָף הוּא וּבְנֵי מַעֲרָבָא כְּר' עֲקִיבָא דְּבָעֵי תּוֹתָב קְרוּם וְנִקְלָף וְהַאי לָאו תּוֹתָב הוּא:
[C'est] quand ils divergent — [au sujet de la graisse] de la corde — les gens de Babylonie tiennent comme Rabbi Yichmael, qui dit [que] toute [membrane formant] revêtement et qui se pèle est de la graisse impure (chelev tame), et celle-ci aussi est [un] revêtement qui se pèle ; et les gens d'Occident [tiennent] comme Rabbi Akiva, qui exige un revêtement [formé d'une membrane] qui se pèle, et celle-ci n'est pas un revêtement (totav).
🗂️ Tossefot (1)
כִּי פְּלִיגִי דְּאַיִּיתְרָא הַהִיא דִּפְסָחִים פֶּרֶק מָקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ (פְּסָחִים דַּף נא.) כִּי סָלֵיק רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אֲכַל דְּאַיִּיתְרָא מִיתּוֹקַם כִּי הַאי לִישָּׁנָא:
[C'est] quand ils divergent — [au sujet de la graisse] de la corde — ce [passage] de Pessahim, au chapitre Makom Chenahagou (Pessahim 51a), '[à savoir] que, lorsque Rabba bar bar Hana monta [en Terre d'Israël], il mangea de [la graisse] de la corde', s'établit selon cette formulation[-ci].
⚖️ Rosh (1)
אָמַר רַב נַחְמָן חִימְצָא וּבַר חִימְצָא בַּר חִימְצָא סָתֵים וְחִימְצָא לָא סָחִים. וְסִימָן יָפֶה כֹּחַ הַבֵּן מִכֹּחַ הָאָב. הֵי חִימְצָא הֵי בַּר תִּימְצָא. ת"ש דא"ר נַחְמָן אִינְהוּ מֵיכָל אָכְלִי אֲנַן מִיסְתָּם נָמֵי לָא סָתֵים לָן . דַּאֲקַשְׁתָּא כ"ע לָא פְלִיגִי דְּאָסוּר. כִּי פְּלִיגִי דְּאַיִּיתְרָא. אִיכָּא דְאָמְרִי דְּאַייִּתְרָא כו"ע לָא פְּלִיגִי דִּשְׁרֵי כִּי פְּלִיגִי דְּאַקַּשְׁתָּא. פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י וּלְלִישָּׁנָא בָּתְרָא לָא מִיתּוֹקְמָא מִילְּתֵיהּ דְּרַב נַחְמָן. כֵּיוָן דִּבְאַקְשְׁתָא דִּפְלִיגִי בָּהּ אָמַר רַב נַחְמָן דְּסָתֵים כָּל שֶׁכֵּן דְּאַייִּתְרָא דִּלְכוּלְּהוּ שָׁרִי וא"כ מַאי לָא סְתִיס דְּקָאָמַר רַב נַחְמָן. וּמִיסְתַּבֵּר כְּלִישָּׁנָא קַמָּא מִדְּאָמַר בְּמָקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ דַּף נא. רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אֲכַל דְּאַיִּיתְרָא עוּל לְגַבֵּיהּ רַב אַוְיָא כַּסְיָיה. אַלְמָא בִּדְאַייִּתְרָא פְּלִיגִי בְּנֵי בָּבֶל וּבְנֵי א"י וּלְדִידַן תַּרְוַיְיהוּ אֲסִירָן דְּבָתַר בְּנֵי בָּבֶל גָּרְרִינַן וּכְלִישָּׁנָא קַמָּא וּלְחֻומְרָא. וְגַם מוּכָח בִּפְסָחִים כְּלִישָּׁנָא קַמָּא. וְרַב אִלְפָּס זַ"ל פָּסַק דְּאַיִּיתְרָא שָׁרִי וְלָא מִיסְתַּבֵּר אֶלָּא כְּדִפְסַק רַשִׁ"י דִּנְהִי דְּמִדְּאוֹרַייְתָּא שָׁרִי דקי"ל הֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא מֵחֲבֵירוֹ מ"מ בְּנֵי בָּבֶל הֶחְמִירוּ לִנְהֹוג בּוֹ אִיסּוּר. וְכָל מִנְהָגֵינוּ כִּבְנֵי בָּבֶל:
Rav Nahman a dit : [il y a la graisse dite] himtza et [celle dite] bar himtza. Le bar himtza scelle [une perforation], et le himtza ne scelle pas. Et [voici] un signe [mnémotechnique] : « la force du fils l'emporte sur la force du père ». Quel [est le] himtza, quel [est le] bar himtza ? Viens et entends [la résolution], car Rav Nahman a dit : eux [les gens de Terre d'Israël], ils la mangent ; nous, elle ne nous scelle même pas. [Selon une première version :] [pour la graisse] de l'arc (deakchta), tout le monde ne diverge pas : elle est interdite ; [c'est] quand ils divergent — [au sujet de la graisse] de la corde (deyatra). Il y a [d'autres] qui disent : [pour la graisse] de la corde (deyatra), tout le monde ne diverge pas : elle est permise ; [c'est] quand ils divergent — [au sujet de la graisse] de l'arc (deakchta). Rachi a expliqué : et selon cette dernière formulation (lichna batra), le propos de Rav Nahman ne s'établit pas. Car, puisque [même au sujet de la graisse] de l'arc, dont ils divergent, Rav Nahman a dit qu'elle scelle, à plus forte raison [celle] de la corde, que tous permettent [scelle] ; et s'il en est ainsi, qu'est-ce donc qui « ne scelle pas », selon ce que dit Rav Nahman ? Or il est plus logique [de retenir] la première formulation (lichna kamma), du fait qu'on dit dans [le chapitre] Makom Chenahagou (Pessahim 51a) : Rabba bar bar Hana mangea de [la graisse] de la corde ; Rav Avia entra auprès de lui, [et Rabba] la couvrit. Il en ressort donc que c'est au sujet de [la graisse] de la corde que divergent les gens de Babylonie et les gens de Terre d'Israël ; et pour nous, les deux sont interdites, car nous nous rangeons derrière les gens de Babylonie, et [nous tranchons] selon la première formulation et par rigueur (lehoumra). Et de plus, il est prouvé dans Pessahim [qu'on retient] la première formulation. Et Rav Alfassi [le Rif], de mémoire bénie, a tranché que [la graisse] de la corde est permise ; mais il n'est logique [de trancher] que comme a tranché Rachi : bien que, du point de vue de la Torah (mide-oraita), elle soit permise — puisque nous tenons pour établi [que] la halakha [suit] Rabbi Akiva contre son collègue [contradicteur] — néanmoins les gens de Babylonie ont été rigoureux au point d'y avoir l'usage d'un interdit (issour). Et tout notre usage [suit] les gens de Babylonie.
💡 Explication

Première version (lichna kamma) du litige. La caillette ayant la forme d'un arc : la graisse de l'arc (face bombée extérieure, deakchta) est interdite de l'avis de tous, y compris des gens de Terre d'Israël ; la divergence ne porte que sur la graisse de la corde (face plate intérieure, deyatra). Selon Rav Nahman, c'est l'arc qui est le 'himtza' (qui ne scelle pas), et la corde le 'bar himtza'.

3
אִיכָּא דְאָמְרִי, דְּאַיִּיתְרָא – כֻּולֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דִּשְׁרֵי, כִּי פְּלִיגִי – דַּאֲקַשְׁתָּא.

Il y a [d'autres] qui disent [une seconde version] : [pour la graisse] de la corde (deyatra), tout le monde ne diverge pas : elle est permise ; [c'est] quand ils divergent — [au sujet de la graisse] de l'arc (deakchta).

📜 Rachi (2)
אִיכָּא דְּאָמְרִי דְּאַיִּיתְרָא כֻּולֵּי עָלְמָא [לָא פְלִיגִי] דְּשָׁרֵי דְּכַר' עֲקִיבָא סָבְרִי לְהוּ:
Il y a [d'autres] qui disent : [pour la graisse] de la corde, tout le monde ne diverge pas, elle est permise — car ils tiennent [tous] comme Rabbi Akiva.
כִּי פְּלִיגִי דַּאֲקַשְׁתָּא מַאן דְּאָסַר סָבַר תּוֹתָב הוּא וּמַאן דְּשָׁרֵי סָבַר כֵּיוָן דִּמְחֻובָּר בְּמִקְצָת לָאו תּוֹתָב הוּא. וּלְהַאי לִישָּׁנָא בָתְרָא לָא מִתּוֹקְמָא מִילְּתֵיהּ דְּרַב נַחְמָן דְּכֵיוָן דִּבְאַקְשְׁתָא דִּפְלִיגִי בֵּיהּ אָמַר רַב נַחְמָן דְּסָתֵים כ"ש דְּאַיִּיתְרָא דְּכֻולְּהוּ שָׁרוּ וְאִם כֵּן מַאן לָא סָתֵים וּדְרַב נַחְמָן אַלִּישָּׁנָא קַמָּא וְהָכִי מִסְתַּבְּרָא כְּלִישָּׁנָא קַמָּא כִּדְאָמְרִינַן בְּמָקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ (פְּסָחִים דַּף נא.) כִּי אֲתָא רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אֲכַל דְּאַיִּיתְרָא עוּל לְגַבֵּיהּ רַב אַוְיָא וְכַסְיָיה מִן קַמֵּיהּ מִשּׁוּם דִּבְנֵי בָּבֶל אָסְרִי לָהּ. וּלְדִידַן תַּרְוַוייְהוּ אֲסִירֵי דְּבָתַר בְּנֵי בָּבֶל גָּרְרִינַן דַּאֲנַן בְּנֵי גּוֹלָה אֲנַן וּכְלִישָּׁנָא קַמָּא וּלְחֻומְרָא דְּכָל הֵיכָא דְּאִיכָּא תְּרֵי לִישָּׁנֵי בַּגְּמָרָא אִי מִידֵּי דְּאוֹרָייְתָא הוּא זִיל לְחוּמְרָא וּבִדְרַבָּנָן זִיל בָּתַר בָּתְרָא:
[C'est] quand ils divergent — [au sujet de la graisse] de l'arc — celui qui interdit tient [que] c'est un revêtement (totav), et celui qui permet tient [que], puisqu'elle est attachée en partie, ce n'est pas un revêtement. Et selon cette dernière formulation, le propos de Rav Nahman ne s'établit pas : car, puisque [même] pour [la graisse] de l'arc, dont ils divergent, Rav Nahman a dit qu'elle scelle, à plus forte raison [celle] de la corde, que tous permettent ; et s'il en est ainsi, qui donc 'ne scelle pas' ? Or [le propos] de Rav Nahman [porte] sur la première formulation. Et il est plus logique [de retenir] la première formulation, comme nous disons dans Makom Chenahagou (Pessahim 51a) : lorsque Rabba bar bar Hana vint [en Terre d'Israël], il mangea de [la graisse] de la corde ; Rav Avia entra auprès de lui, et il [la] couvrit devant lui parce que les gens de Babylonie l'interdisent. Et pour nous, les deux sont interdites, car nous nous rangeons derrière les gens de Babylonie, puisque nous sommes des gens de l'exil — et [nous tranchons] selon la première formulation et par rigueur : car partout où il y a deux formulations dans la Guemara, s'il s'agit d'une [matière] de la Torah va vers la rigueur, et pour [une matière] rabbinique va d'après la dernière.
🗂️ Tossefot (1)
דְּאַייִּתְרָא כֻּולֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דִּשְׁרֵי וּלְהַאי לִישָּׁנָא מְפָרֵשׁ מִילְּתָא דְּרַב נַחְמָן בְּנִיחוּתָא אִינְהוּ מֵיכַל קָא אָכְלִי לֵיהּ הַשְׁתָּא לְדִידַן דְּלָא אָכְלִינַן אַפֵּי' סוֹתֵם אֵינוֹ וְלֹא כְּפֵירוּשׁ הַקּוּנְטְרֵס דְּפֵירֵשׁ דִּלְהַאי לִישָּׁנָא בָתְרָא לָא מִתּוֹקְמָא מִילְּתֵיהּ דְּרַב נַחְמָן:
[Pour la graisse] de la corde, tout le monde ne diverge pas, elle est permise — et selon cette formulation, le propos de Rav Nahman s'explique de manière paisible (binihouta) : eux [les gens de Terre d'Israël] la mangent bel et bien ; mais maintenant, pour nous qui ne la mangeons pas, elle ne scelle même pas — et non comme l'explication du Kountras (Rachi), qui a expliqué [que], selon cette dernière formulation, le propos de Rav Nahman ne s'établit pas.
💡 Explication

Seconde version (lichna batra). Cette fois, la graisse de la corde (deyatra) est permise de l'avis de tous — c'est elle le 'bar himtza' ; la divergence ne porte que sur la graisse de l'arc (deakchta), c'est elle le 'himtza'. Rachi note que, selon cette version, le propos de Rav Nahman ne tient plus : si la corde, déjà permise par tous, scelle à plus forte raison, qui donc 'ne scelle pas' ? On retient donc la première version, et par rigueur (lehoumra), car nous, gens de l'exil, suivons les gens de Babylonie.

4
כִּי הָא דְּאָמַר רַב אַוְיָא אָמַר רַבִּי אַמֵּי: מְקַמְּצִין, וְכֵן אָמַר רַבִּי יַנַּאי מִשּׁוּם זָקֵן אֶחָד: מְקַמְּצִין. אָמַר רַב אַוְיָא: הֲוָה קָאֵימְנָא קַמֵּיהּ דְּרַבִּי אַמֵּי, קֻמְצוֹ וְהַבוּ לֵיהּ, וַאֲכַל.

Comme dans ce [cas] : Rav Avia a dit au nom de Rabbi Ami : on prélève une poignée (mekamtzin) ; et de même Rabbi Yannai a dit au nom d'un certain ancien : on prélève une poignée. Rav Avia a dit : je me tenais devant Rabbi Ami ; ils [en] prélevèrent une poignée, [le reste] lui fut donné, et il [en] mangea.

📜 Rachi (2)
כִּי הָא אַלִּישָּׁנָא קַמָּא קָאֵי:
Comme dans ce [cas] — [cela] se rapporte à la première formulation.
רַבִּי אַמִּי מַעְרְבָאָה הוּא וְאָמַר מְקַמְּצִין נוֹטְלִין מִמֶּנּוּ מְעַט לְמַעְלָה מֵהַהִיא דְּאַיִּיתְרָא מִפְּנֵי שֶׁחֵלֶב הַקֶּרֶב שׁוֹכֵב עָלָיו וְאוֹכְלִין הַשְּׁאָר:
Rabbi Ami — il est d'Occident (Terre d'Israël), et il dit 'on prélève une poignée' : on en prend un peu, au-dessus de cette [graisse] de la corde, parce que la graisse intérieure (chelev ha-kerev) repose dessus, et l'on mange le reste.
💡 Explication

Application de la première version (selon laquelle la corde est permise par les gens de Terre d'Israël) : ils en mangeaient en prélevant d'abord une poignée (mekamtzin) — on ôte un peu de graisse du haut, [la part] interdite par le verset 'toute la graisse qui est sur les entrailles' (Lv 3:3), car la graisse intérieure (chelev ha-kerev) repose dessus, et l'on mange le reste. Rabbi Ami, comme Rabbi Yannai au nom d'un ancien, en témoigne ; et Rav Avia l'a vu de ses yeux chez Rabbi Ami.

5
שַׁמָּעֵיהּ דְּרַבִּי חֲנִינָא הֲוָה קָאֵי קַמֵּיהּ דְּרַבִּי חֲנִינָא, אֲמַר לֵיהּ: קָמוּץ, הַב לִי דְּאֵיכוֹל. חַזְיֵיהּ דַּהֲוָה קָמִחְסָם, אֲמַר לֵיהּ: בַּבְלָאָה אַתְּ, גֵּוָם שַׁדַּי.

Le serviteur de Rabbi Hanina se tenait devant Rabbi Hanina. Il lui dit : prélève une poignée, donne-moi [le reste] pour que je [le] mange.

Il le vit qui hésitait ; il lui dit : tu es babylonien — coupe [tout] et jette.

📜 Rachi (3)
מְחַסֵּם לְשׁוֹן (דְּבָרִים כֹּה) לֹא תַּחְסֹום. מְגַמְגֵּם:
Mehassem — terme [de] (Deut 25) 'tu ne muselleras pas' (lo tahsom) ; [il signifie] : il balbutie / il hésite.
בַּבְלָאָה אַתְּ שֶׁנָּהֲגוּ בּוֹ אִיסּוּר:
Tu es babylonien — [toi] qui as l'usage d'[y voir] un interdit.
גַּוָּם חָתוּךְ עַד עִיקָּרוֹ כֻּולּוֹ וְהַשְׁלֵךְ. גַּוָּם כְּמוֹ גֻּומְּמוּ עִם הַשּׁוֹפִי לְקַמָּן (חוֹלִין דַּף צב:):
Coupe (goum) — tranche-la jusqu'à sa racine, tout entière, et jette ; goum [est] comme 'gomemo im ha-chofi' [il l'arase au ras] plus loin (Houlin 92b).
💡 Explication

Anecdote : Rabbi Hanina (de Terre d'Israël) demande à son serviteur de prélever la poignée et de lui donner le reste de la graisse de la corde. Voyant le serviteur hésiter (mehassem) — parce qu'en Babylonie on la tient pour interdite —, il lui dit : 'tu es babylonien [accoutumé à l'interdire] : alors coupe tout jusqu'à la racine et jette'.

6
תַּנְיָא: רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: בְּנֵי מַעְיָין שֶׁנִּיקְּבוּ, וְלֵיחָה סוֹתַמְתָּן – כְּשֵׁרָה. מַאי לֵיחָה? אָמַר רַב כָּהֲנָא: שִׁירְקָא דִּמְעַיָּיא דְּנָפֵיק אַגַּב דֻּוחְקָא.

Il est enseigné [dans une braita] : Rabban Chimon ben Gamliel dit : les intestins (bnei meayim) qui ont été perforés, mais [dont] le mucus (liha) les scelle — [la bête est] cachere. Qu'est-ce que le mucus ?

Rav Kahana a dit : c'est le chirka des intestins (chirka demeaya) qui sort sous la pression [du raclage].

📜 Rachi (2)
לֵיחָה מִבִּפְנִים הִיא:
Le mucus (liha) — il est à l'intérieur [des intestins].
שִׁירְקָא דִּמְעַיָּיא גליד"א וַאֲדוּקָה בָּהֶן מִבִּפְנִים וּמוֹצִיאִין אוֹתָהּ מֵהֶם בְּדֹוחַק:
Le chirka des intestins — glida [matière gluante, en langue vernaculaire], collée à eux de l'intérieur ; on l'en extrait sous pression.
⚖️ Rosh (1)
תַּנְיָא רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר בְּנֵי מֵעַיִים שֶׁנִּיקְּבוּ וְלֵיחָה סוֹתַמְתָּן כְּשֵׁירָה וְלֵית הִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ: לְעֵיל (חֻולִּין דַּף מג.) נִיקְּבָה הַמָּרָה אָמַר רַב יִצְחָק בַּר יוֹסֵף א"ר יוֹחָנָן מָרָה שֶׁנִּקְּבָה וְכָבֵד סוֹתַמְתָּהּ כְּשֵׁירָה. א"ר שִׁימִי בַּר חַיָּיא מַקִּיפִין בִּבְנֵי מֵעַיִים הָנְהוּ בְּנֵי מֵעַיִים דְּאִייָּתוֹ לְקַמֵּיהּ דְּרָבָא אַקְּפִינְהוּ וְלָא אִידְּמוֹ אֲתָא רַב מְשַׁרְשְׁיָא בְּרֵיהּ מְשַׁמֵּשׁ בְּהוּ וְאַקְּפִינְהוּ וְאִידְּמוּ א"ל מְנָא לָךְ הָא. א"ל מִסְּבָרָא כַּמָּה יְדָא מִמְּשַׁמְּשֵׁי בְּהוּ מִקַּמֵּי דְּלֵיתוּ קַמֵּיהּ דְּמַר אָמַר רָבָא חַכִּים בָּרִי בִּטְרֵיפוֹת כַּר' יוֹחָנָן. כָּתַב בַּעַל הָעִיטּוּר זַ"ל דה"ה בְּלֵב וְקֻורְקְבָן דְּאִינְהוּ בְּנֵי מֵעַיִים אִיקְּרוֹ כִּדְאָמְרִינַן לְקַמָּן (חֻולִּין דַּף נו:) גַּבֵּי נֶחְמְרוּ בְּנֵי מֵעֶיהָ לֹא שָׁנוּ אֶלָּא בְּלֵב וְקֻרְקְבָן וְכָבֵד. ור"י פֵּירֵשׁ לְקַמָּן דִּנְהִי דְּבִלְשׁוֹן מִשְׁנָה וּבָרַיְיתָא הָוֵי בִּכְלַל בְּנֵי מֵעַייִם בִּלְשׁוֹן הָאָמוֹרָאִים לָא הָוֵי בִּכְלַל מֵעַיִים. כִּדְאָמְרִינַן לְקַמָּן (חֻולִּין דַּף נא:) גַּבֵּי נְפוּלָה דְּאָמַר אָמֵימָר נְפוּלָה שֶׁאָמְרוּ צְרִיכָה בְּדִיקָה כְּנֶגֶד בְּנֵי מֵעַייִם מַר זוּטְרָא מוֹסִיף כְּנֶגֶד כָּל הֶחָלָל. וְכֵן נָמֵי גַּבֵּי דְּרוּסָה דַּף נג: מַשְׁמַע דִּלְאָמֵימָר בְּנֵי מֵעַיִים הַכָּרֵס וְהַדַּקִּין וַאֲתָא מַר זוּטְרָא לְהוֹסִיף כְּנֶגֶד הַדְּפָנוֹת כְּגוֹן רֵיאָה וְלֵב וְכָבֵד הִילְכָּךְ בְּנֵי מֵעַיִם דְּהָכָא הַייְנוּ כֶּרֶס וְדַקִּין. רַבִּי יוֹחָנָן וְרַבִּי אֶלְעָזָר דְּאָמְרִי תַּרְוַייְהוּ מַקִּיפִין בָּרֵיאָה אָמַר רָבָא לָא אֲמַרַן אֶלָּא בְּאוֹתָהּ עֲרוּגָה אֲבָל מֵעֲרוּגָה לַעֲרוּגָה לָא וְהִלְכְתָא אֲפִילּוּ מֵעֲרוּגָה לַעֲרוּגָה מִדַּקָּה לְדַקָּה וּמִגַּסָּה לְגַסָּה. פֵּירוּשׁ מֵרֵיאָה שֶׁל צֹאן לְצֹאן וּמִשֶּׁל שׁוֹר לְשׁוֹר אַחֵר. אֲבָל מִדַּקָּה לְגַסָּה וּמִגַּסָּה לְדַקָּה לֹא. רַבָּה וְרָבָא דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ מַקִּיפִין בַּקָּנֶה. א"ר פָּפָּא לָא אֲמַרַן אֶלָּא בְּאוֹתָהּ חֻולְיָא אֲבָל מֵחֻולְיָא לְחֻולְיָא לָא וְהִילְכְתָא אֲפִילּוּ מֵחֻולְיָא לְחֻולְיָא וּמִבַּר חֻולְיָא לְבַר חֻולְיָא. אֲבָל לָא מֵחֻולְיָא לְבַר חֻולְיָא וּמִבַּר חֻולְיָא לְחֻולְיָא. פירש"י חֻולְיָא שְׁלֹשָׁה טַבָּעוֹת כִּדְאָמְרִינַן מְנָחוֹת דַּף לט. גַּבֵּי צִיצִית דְּקָרֵי חֻולְיָא לְשָׁלֹשׁ כְּרִיכוֹת וּבַר חֻולְיָא הַייְנוּ מֵחֶצְייָן שֶׁל הַטַּבָּעוֹת וּלְמַטָּה כְּשֶׁמַּתְחִילִין לִהְיוֹת דַּקִּין. וי"מ חֻולְיָא הַייְנוּ הַטַּבָּעוֹת וּבַר חֻולְיָא הָעוֹר שֶׁבֵּין הַטַּבָּעוֹת וְרַשִׁ"י פֵּירֵשׁ מִדַּקָּה לְדַקָּה וּמִגַּסָּה לְגַסָּה מֵאֻונָּא לְאַוָּנָא וּמֵאוּמָא לְאוּמָא אֲבָל לֹא מֵאוּמָא לְאַוָּנָא וּמֵאֻונָּא לְאוּמָא. וְהֵבִיא רְאָיָה מִבַּעַל הֲלָכוֹת שֶׁכָּתַב בָּתַר שְׁמַעְתָּא וְכֵן בְּקָנֶה אַלְמָא רֵיאָה דֻּומְיָא דְּקָנֶה מַה קָנֶה בְּאוֹתוֹ קָנֶה עַצְמוֹ אַף רֵיאָה בְּאוֹתָהּ רֵיאָה עַצְמָהּ. דְּלָא מִיסְתַּבֵּר לֵיהּ לְהָקֵל כֻּולֵּי הַאי לְהַקִּיף מִבְּהֵמָה לִבְהֵמָה. וְלִישָּׁנָא דְּמִדַּקָּה לְדַקָּה מַשְׁמַע כְּפֵירוּשׁ רַב אִלְפָּס זַ"ל דִּלְפֵירוּשׁ רַשִׁ"י הֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר מִקְּטַנָּה לִגְדוֹלָה. כִּדְקָאָמַר ר' יְהוּדָה בְּכָרֵס לְעֵיל (חֻולִּין דַּף מב.) וּמִיהוּ לְקַמָּן (חֻולִּין דַּף נד.) גַּבֵּי שְׁמוּטָה וּשְׁחוּטָה הוֹכִיחַ ר"י מֵהַהוּא דְּשָׁחַט הַוֶּושֶׁט וְנִמְצֵאת הַגַּרְגֶּרֶת שְׁמוּטָה דְּאֵין מַקִּיפִין מִבְּהֵמָה לַבְּהֵמָה:
Il est enseigné [dans une braita] : Rabban Chimon ben Gamliel dit : les intestins (bnei meayim) qui ont été perforés, mais [dont] le mucus (liha) les scelle — [la bête est] cachere ; et la halakha n'est PAS comme lui. Plus haut (Houlin 43a) : « [si] la vésicule biliaire (mara) a été perforée » — Rav Yits'hak bar Yossef a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : une vésicule biliaire qui a été perforée mais [dont] le foie la scelle, [la bête est] cachere. Rav Chimi bar Hiyya a dit : on compare (makifin) [les perforations] dans les intestins. Ces intestins[-ci] qui furent apportés devant Rava : il les compara, et ils ne se ressemblèrent pas ; vint Rav Mecharchia son fils, [qui] les manipula puis les compara, et ils se ressemblèrent. [Rava] lui dit : d'où tiens-tu cela ? Il lui dit : [c'est] par [mon propre] raisonnement (sevara) — combien de mains manipulent [les anciens trous] avant qu'ils ne viennent devant le maître ! Rava dit : mon fils est expert (hakim) en [matière de] tereifot comme Rabbi Yo'hanan. L'auteur du [Sefer] ha-Ittour, de mémoire bénie, a écrit que la même règle [vaut] pour le cœur (lev) et le gésier (kourkevan), car eux aussi sont appelés « intestins » (bnei meayim), ainsi que nous disons plus loin (Houlin 56b) à propos de [la bête dont] « les intestins ont été rissolés [par le feu] » : ils n'ont enseigné [que c'est tereifa] que pour le cœur, le gésier et le foie. Et le Ri a expliqué plus loin que, bien que dans la langue de la michna et de la braita [le cœur et le gésier] soient inclus dans [le terme] « intestins » (bnei meayim), dans la langue des Amoraim ils ne sont pas inclus dans [le terme] « intestins » (meayim) ; ainsi que nous disons plus loin (Houlin 51b) à propos de [la bête] tombée (nefoula), car Ameimar a dit : [la bête] tombée dont ils ont parlé requiert un examen (bedika) en regard des intestins (bnei meayim) ; Mar Zoutra ajoute : en regard de toute la cavité [du corps]. Et de même aussi à propos de [la bête] piétinée [par un prédateur] (deroussa), au [daf] 53b, il ressort que, pour Ameimar, les « intestins » (bnei meayim) [sont] la panse (keres) et [l'intestin] grêle (dakin), et Mar Zoutra vient ajouter [l'examen] en regard des parois [du corps], comme le poumon (réa), le cœur (lev) et le foie (kaved). C'est pourquoi les « intestins » dont [il est question] ici, ce sont la panse et [l'intestin] grêle. « Rabbi Yo'hanan et Rabbi Elazar, tous deux disent : on compare [les perforations] dans le poumon. Rava a dit : nous n'avons dit [cela] que dans un même massif (aroga), mais d'un massif à [un autre] massif — non. Et la halakha [est] : même d'un massif à [un autre] massif, d'une [bête] fine (daka) à [une bête] fine, et d'une [bête] grasse (gassa) à [une bête] grasse. » Explication : d'un poumon de menu bétail (tson) à [un poumon de menu bétail d']un autre menu bétail, et [du poumon] d'un bœuf (chor) à [celui d']un autre bœuf ; mais non d'une [bête] fine à [une bête] grasse, ni d'une [bête] grasse à [une bête] fine. « Rabba et Rava, tous deux disent : on compare [les perforations] dans la trachée (kaneh). Rav Papa a dit : nous n'avons dit [cela] que dans une même vertèbre [anneau] (houlia), mais d'une vertèbre à [une autre] vertèbre — non. Et la halakha [est] : même d'une vertèbre à [une autre] vertèbre, et d'un [intervalle] entre-vertèbres (bar houlia) à [un autre] entre-vertèbres ; mais non d'une vertèbre à [un] entre-vertèbres, ni d'[un] entre-vertèbres à [une] vertèbre. » Rachi a expliqué : une houlia [comprend] trois anneaux (tabaot), ainsi que nous disons dans Menahot (39a) à propos des tsitsit, où l'on appelle « houlia » [un groupe de] trois enroulements ; et le bar houlia, c'est depuis la moitié des anneaux et vers le bas, là où [ceux-ci] commencent à devenir minces. Et il y a [ceux] qui expliquent : la houlia, ce sont les anneaux (tabaot), et le bar houlia, [c'est] la peau qui [se trouve] entre les anneaux. Et Rachi a expliqué [le passage sur le poumon] : « d'une fine à une fine et d'une grasse à une grasse » [signifie] d'une oreillette (ouna) à [une autre] oreillette et d'un lobe (ouma) à [un autre] lobe ; mais non d'un lobe à une oreillette ni d'une oreillette à un lobe. Et il a apporté une preuve du Baal Halakhot [Guedolot], qui a écrit après [ce] passage : « et de même pour la trachée » — il en ressort donc que le poumon [est] semblable à la trachée : de même que [pour] la trachée [on compare] dans cette trachée-là elle-même, de même [pour] le poumon [on compare] dans ce poumon-là lui-même, car il ne lui paraît pas logique d'être indulgent (lehakel) à ce point [au point] de comparer d'une bête à [une autre] bête. Mais la formulation « d'une [bête] fine à [une bête] fine » indique [qu'on tranche] comme l'explication de Rav Alfassi [le Rif], de mémoire bénie ; car, selon l'explication de Rachi, il aurait fallu dire « d'une petite [oreillette] à une grande », comme le dit Rabbi Yehouda à propos de la panse (keres) plus haut (Houlin 42a). Toutefois, plus loin (Houlin 54a), à propos de [la trachée] arrachée et abattue (chemouta ou-chehouta), le Ri a prouvé, à partir de ce [cas] de « celui qui abat l'oesophage et [où] la trachée se trouve arrachée », que l'on ne compare pas d'une bête à [une autre] bête.
💡 Explication

La michna a enseigné qu'un intestin perforé rend la bête tereifa. La braita rapporte l'avis de Rabban Chimon ben Gamliel : si le mucus (liha) scelle la perforation, la bête reste cachere. Rav Kahana précise : ce mucus est le chirka des intestins — une matière gluante (glida) collée à l'intérieur, qu'on en extrait sous pression en raclant.

7
גְּמִירִי חַבְרַיָּא דְּרַבִּי אַבָּא מֵרַבִּי אַבָּא, וּמַנּוּ? רַבִּי זֵירָא, וְאָמְרִי לַהּ חַבְרַיָּא דְּרַבִּי זֵירָא מֵרַבִּי זֵירָא, וּמַנּוּ? רַבִּי אַבָּא. אָמַר רַבִּי אַבָּא בְּרֵיהּ דְּרַבִּי חַייָּא בַּר אַבָּא: הָכִי אָמַר רַבִּי חִייָּא בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הֲלָכָה כְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל בִּטְרֵפָה, וַהֲלָכָה כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בְּאֵבֶל.

Les compagnons de Rabbi Abba [l']ont appris de Rabbi Abba — et qui sont-ils ? Rabbi Zeira.

Et certains disent : les compagnons de Rabbi Zeira [l']ont appris de Rabbi Zeira — et qui sont-ils ? Rabbi Abba.

Rabbi Abba fils de Rabbi Hiyya bar Abba a dit : ainsi a dit Rabbi Hiyya bar Abba au nom de Rabbi Yo'hanan : la halakha [est] comme Rabban Chimon ben Gamliel pour la tereifa, et la halakha [est] comme Rabbi Chimon pour le deuil (avel).

📜 Rachi (1)
גְּמִירִי חַבְרַיָּא דְּרַבִּי אַבָּא מֵרַבִּי אַבָּא הָא שְׁמַעְתָּא לְקַמָּן דְּרַבִּי אַבָּא בְּרֵיהּ דְּרַבִּי חַיָּיא וְלָאו הַייְנוּ רַבִּי אַבָּא קַמָּא:
Les compagnons de Rabbi Abba [l']ont appris de Rabbi Abba — cette tradition [vient] plus loin du Rabbi Abba fils de Rabbi Hiyya, et ce n'est pas le premier Rabbi Abba.
💡 Explication

Transmission d'une double tradition au nom de Rabbi Yo'hanan : (1) la halakha suit Rabban Chimon ben Gamliel pour la tereifa (le mucus scelle), et (2) la halakha suit Rabbi Chimon pour le deuil (avel — voir la règle exposée aux segments suivants). Rachi distingue ce Rabbi Abba (fils de Rabbi Hiyya bar Abba) du premier Rabbi Abba.

8
הֲלָכָה כְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל בִּטְרֵפָה – הָא דַּאֲמָרָן. כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בְּאָבֵל, מַאי הִיא? דִּתְנַן: כָּל שְׁלֹשָׁה יָמִים הָרִאשׁוֹנִים, בָּא מִמָּקוֹם קָרוֹב – מוֹנֶה עִמָּהֶן.

La halakha [est] comme Rabban Chimon ben Gamliel pour la tereifa — c'est ce que nous avons dit [à l'instant]. [La halakha est] comme Rabbi Chimon pour le deuil — qu'est-ce [que cela] ?

Comme nous avons appris [dans une braita] : durant tous les trois premiers jours, [celui qui] vient d'un endroit proche compte avec eux.

📜 Rachi (2)
כָּל שְׁלֹשָׁה יָמִים הָרִאשׁוֹנִים שֶׁל אֲבֵלוּת:
Durant tous les trois premiers jours — du deuil.
בָּא מִמָּקוֹם קָרוֹב אִם לֹא הָיָה אֶחָד מִן הָאֲבֵלִים בַּבַּיִת וְהָיָה בְּמָקוֹם קָרוֹב בְּתוֹךְ מַהֲלַךְ יוֹם אֶחָד וְרָאוּי הוּא לָדַעַת בּוֹ בַּיּוֹם אע"פ שֶׁלֹּא יָדַע חָל אֲבֵלוּת עָלָיו וּבִלְבַד שֶׁיָּבֹא בְּתוֹךְ שְׁלֹשָׁה יָמִים וּמוֹנֶה אֲבֵלוּתוֹ מִיּוֹם רִאשׁוֹן:
[Celui qui] vient d'un endroit proche — si l'un des endeuillés n'était pas à la maison mais se trouvait dans un endroit proche, à moins d'une journée de marche, et qu'il était à même de [l']apprendre le jour même — bien qu'il ne [l']ait pas su, le deuil s'applique à lui [dès le premier jour], pourvu qu'il vienne dans les trois jours ; et il compte son deuil depuis le premier jour.
💡 Explication

Explicitation de la seconde tradition. La règle du deuil (avelout) : si l'on apprend le décès d'un proche après que les [autres] endeuillés ont commencé leur deuil, alors durant les trois premiers jours, celui qui vient d'un endroit proche (à moins d'une journée de marche, où il aurait pu apprendre la nouvelle le jour même) compte son deuil avec eux, depuis le premier jour.

9
מִמָּקוֹם רָחוֹק – מוֹנֶה לְעַצְמוֹ. מִכָּאן וְאֵילָךְ, אֲפִילּוּ בָּא מִמָּקוֹם קָרוֹב – מוֹנֶה לְעַצְמוֹ. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: אֲפִילּוּ בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי, בָּא מִמָּקוֹם קָרוֹב – מוֹנֶה עִמָּהֶן.

[Celui qui vient] d'un endroit éloigné compte pour lui-même. À partir de là [après les trois jours], même [s']il vient d'un endroit proche, il compte pour lui-même.

Rabbi Chimon dit : même au septième jour, [s']il vient d'un endroit proche, il compte avec eux.

🗂️ Tossefot (1)
אֲפִילּוּ בְּיוֹם שְׁבִיעִי בָּא מִמָּקוֹם קָרוֹב מוֹנֶה עִמָּהֶם לִכְאוֹרָה הָיָה נִרְאֶה דְּיוֹם שְׁבִיעִי לָאו דַּוְקָא אֶלָּא בַּלַּיְלָה שֶׁל שְׁבִיעִי דְּאַכַּתִּי לֹא פָּסַק אֲבֵלוּת מִינַּייְהוּ דְּאִי בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי הָא מִקְצָת הַיּוֹם כְּכֻולּוֹ וְאֵין שַׁייָּךְ לוֹמַר מוֹנֶה עִמָּהֶם וּמִיהוּ אֲפִילּוּ בְּיוֹם שְׁבִיעִי מַמָּשׁ אַיְירֵי דִּבְמוֹעֵד קָטָן (דַּף כב.) מוּקֵי לָהּ כְּשֶׁעֲדַייִן הַמְנַחֲמִים אֶצְלוֹ דְּאַכַּתִּי קָאֵי בַּאֲבֵלוֹתֶיהָ עַד שֶׁיֵּלְכוּ לָהֶם:
Même au septième jour, [s']il vient d'un endroit proche, il compte avec eux — à première vue, il semblerait que '[le] septième jour' ne [soit] pas à prendre au sens strict, mais [qu'il s'agisse] de la nuit du septième, où le deuil n'a pas encore cessé pour eux ; car [si c'était] le jour même du septième, [or] 'une partie du jour [vaut] comme tout [le jour]' [le deuil aurait déjà cessé], et il ne conviendrait pas de dire 'il compte avec eux'. Toutefois, [la braita] traite bel et bien même du septième jour proprement dit : car dans Moed Katan (22a), on l'établit [comme un cas] où les consolateurs sont encore auprès de lui — de sorte qu'il se tient encore dans son deuil jusqu'à ce qu'ils s'en aillent.
💡 Explication

Suite de la braita. Celui qui vient d'un endroit éloigné compte seul (sept jours à partir du moment où il apprend la nouvelle) ; et passe les trois jours, même venant de près, il compte seul. Rabbi Chimon est plus indulgent : même le septième jour, celui qui vient de près compte avec eux [et achève son deuil avec les autres].

10
אָמַר מָאן דְּהוּא: אִיזְכֵּי וְאֶיסַּק וְאֶגְמְרַהּ לִשְׁמַעְתָּא מִפֻּומֵּיהּ דְּמָרַהּ. כִּי סָלֵיק, אַשְׁכְּחֵיהּ לְרַבִּי אַבָּא בְּרֵיהּ דְּרַבִּי חַייָּא בַּר אַבָּא. אֲמַר לֵיהּ: אֲמַר מָר הֲלָכָה כְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל בִּטְרֵפָה? אֲמַר לֵיהּ: הָא אֵין הֲלָכָה אֲמַרִי.

Quelqu'un dit : que je mérite de monter [en Terre d'Israël] et d'apprendre cette tradition de la bouche de son maître. Lorsqu'il monta, il trouva Rabbi Abba fils de Rabbi Hiyya bar Abba.

Il lui dit : le maître a-t-il dit [que] la halakha [est] comme Rabban Chimon ben Gamliel pour la tereifa ? Il lui dit : cela, [je dis qu']il n'y a PAS [de] halakha [comme lui].

📜 Rachi (3)
אָמַר מָאן דְּהוּא אֶחָד מִן הַתַּלְמִידִים וְלֹא הָיוּ זְכוּרִין אֵלּוּ שֶׁסִּידְּרוּ הַגְּמָרָא מִי הֲוָה:
Quelqu'un dit — l'un des disciples ; et ceux qui ont ordonné la Guemara ne se souvenaient pas qui c'était.
אֶזְכֵּי וְאֶיסַּק לְאַרְעָא דְּיִשְׂרָאֵל לְאַתְרֵיהּ דְּרַבִּי אַבָּא בְּרֵיהּ דְּרַבִּי חַייָּא בַּר אַבָּא:
Que je mérite de monter — vers la terre d'Israël, vers le lieu de Rabbi Abba fils de Rabbi Hiyya bar Abba.
וְאֶגְמְרָהּ לִשְׁמַעְתָּא דְּרַבִּי חַייָּא בַּר אַבָּא וְאֶגְמְרָהּ מִשְּׁמֵיהּ אִי אָמַר הֲלָכָה כְּר' שִׁמְעוֹן אוֹ לֹא:
Et [que] je l'apprenne — la tradition de Rabbi Hiyya bar Abba, et [que] je l'apprenne en son nom : s'il a dit [que] la halakha [est] comme Rabbi Chimon ou non.
💡 Explication

Un disciple (anonyme) monte en Terre d'Israël pour vérifier la tradition auprès de sa source. Il interroge Rabbi Abba fils de Rabbi Hiyya bar Abba : as-tu bien dit que la halakha suit RChbG pour la tereifa ? Réponse : au contraire — j'ai dit qu'il n'y a pas de halakha comme lui [l'intestin perforé, même scellé par le mucus, reste tereifa].

11
כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בְּאָבֵל, מַאי? אֲמַר לֵיהּ: פְּלֻוגְתָּא נִינְהוּ, דְּאִיתְּמַר: רַב חִסְדָּא אָמַר הֲלָכָה, וְכֵן אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן הֲלָכָה, וְרַב נַחְמָן אָמַר אֵין הֲלָכָה.

[Et] comme Rabbi Chimon pour le deuil, qu'en [est-il] ? Il lui dit : ce sont [des avis] en litige (peluguta), car il a été dit : Rav Hisda a dit [que c'est] halakha, et de même Rabbi Yo'hanan a dit [que c'est] halakha ; et Rav Nahman a dit [que ce n']est PAS halakha.

💡 Explication

Le disciple poursuit : et la tradition 'comme Rabbi Chimon pour le deuil' ? Rabbi Abba répond que c'est un point controverse (peluguta) : Rav Hisda et Rabbi Yo'hanan disent que oui, c'est la halakha ; Rav Nahman dit que non.

12
וְאֵין הֲלָכָה כְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל בִּטְרֵפָה, וַהֲלָכָה כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בְּאֵבֶל, דְּאָמַר שְׁמוּאֵל: הֲלָכָה כְּדִבְרֵי הַמֵּיקֵל בְּאָבֵל.

Et [la] halakha [n']est PAS comme Rabban Chimon ben Gamliel pour la tereifa, et [la] halakha [est] comme Rabbi Chimon pour le deuil — car Chmouel a dit : la halakha [est] comme les paroles de l'indulgent (ha-mekel) pour le deuil.

📜 Rachi (1)
וְאֵין הֲלָכָה כְּרַבָּן שִׁמְעוֹן [ב"ג] הַשַּׁ"ס קָא פָּסֵיק לָהּ:
Et [la] halakha [n']est PAS comme Rabban Chimon [ben Gamliel] — [c'est] le Talmud [qui] tranche ainsi.
💡 Explication

Conclusion du Talmud (voir le schéma) : la halakha n'est pas comme RChbG pour la tereifa (l'intestin perforé reste tereifa, même scellé par le mucus) ; et la halakha est comme Rabbi Chimon pour le deuil, en vertu de la règle de Chmouel : pour le deuil, on suit l'avis indulgent (ha-mekel).

13
אָמַר רַב שִׁימִי בַּר חִייָּא: מַקִּיפִים בִּבְנֵי מֵעַיִים.

Rav Chimi bar Hiyya a dit : on compare (makifin) [les perforations] dans les intestins.

📜 Rachi (1)
מַקִּיפִין בִּבְנֵי מֵעַיִים אִם נִמְצְאוּ נְקוּבִים וְאֵין אָנוּ יוֹדְעִין אִם קֹודֶם שְׁחִיטָה וְאִם לְאַחַר שְׁחִיטָה נוֹקְבִין נֶקֶב אַחֵר בְּצִידּוֹ וְרוֹאִין אִם מַרְאֵיהֶן שָׁוִין כְּשֵׁרָה דִּבְיָדוּעַ שֶׁלְּאַחַר שְׁחִיטָה הָיָה:
On compare [les perforations] dans les intestins — si on les trouve perforés et que nous ne savons pas si [c'est] avant l'abattage ou après l'abattage, on perce un autre trou à côté, et l'on regarde : si leur aspect est semblable, [la bête est] cachere, car il est avéré [que la perforation] date d'après l'abattage.
💡 Explication

Nouvelle technique : makifin (la comparaison). Si l'on trouve les intestins perforés et qu'on ignore si la perforation date d'avant ou d'après l'abattage, on perce un trou-témoin à côté ; si les deux ont même aspect, c'est que la perforation douteuse date d'après l'abattage, et la bête est cachere.

14
הָנְהוּ בְּנֵי מֵעַיִים דַּאֲתוֹ לְקַמֵּיהּ דְּרָבָא, אַקְּפִינְהוּ וְלָא אִידְּמוּ. אֲתָא רַב מְשַׁרְשְׁיָא בְּרֵיהּ, מְמַשְׁמֵשׁ בְּהוּ וְאִידְּמוּ. אֲמַר לֵיהּ: מְנָא לָךְ הָא? אֲמַר לֵיהּ: כַּמָּה יְדֵי מַשְׁמִשׁוּ בְּהָנֵי מִקַּמֵּי דְּלֵיתֵי לְקַמֵּיהּ דְּמָר. אֲמַר לֵיהּ: חַכִּים בְּרִי בִּטְרֵפוֹת כְּרַבִּי יוֹחָנָן.

Ces intestins[-ci] vinrent devant Rava ; il les compara, et ils ne se ressemblèrent pas. Vint Rav Mecharchia son fils ; il les frotta, et ils se ressemblèrent.

Il lui dit : d'où tiens-tu cela ? Il lui dit : combien de mains ont manipulé ceux-ci [les anciens trous] avant qu'ils ne viennent devant le maître !

Il lui dit : mon fils est expert (hakim) en [matière de] tereifot comme Rabbi Yo'hanan.

📜 Rachi (5)
מְמַשְׁמֵשׁ בְּהוּ מְמַשְׁמֵשׁ בָּהֶן בַּנְּקָבִים הָאֲחֵרִים וְנֶהְפְּכוּ לְמַרְאֶה אֶחָד:
Il les frotta — il frotta les autres trous, et ils tournèrent à un même aspect.
וְאָדְמוֹ וְאַכְּשֵׁרָה:
Et ils se ressemblèrent — et il [la] déclara cachere.
מְנָא לָךְ הָא שֶׁיָּדַעְתָּ לַעֲשׂוֹת חָכְמָה זוֹ:
D'où tiens-tu cela — [d'où savais-tu] mettre en œuvre cette habileté ?
א"ל מֵעַצְמִי הֲבִינוֹתִי דְּאָמֵינָא כַּמָּה יָדַי מְמַשְׁמְשׁוֹת בִּנְקָבִין קַמָּאֵי מִקַּמֵּי דִּלֵּיתִי קַמֵּיהּ דְּמַר:
Il lui dit — [c'est] de moi-même [que] j'ai compris, car je [me suis] dit : combien de mains ont manipulé les premiers trous avant qu'ils ne viennent devant le maître !
כַּר' יוֹחָנָן בְּכָל מִילֵּי. לִישָּׁנָא אַחְרִינָא רַבִּי יוֹחָנָן חַכִּים בְּטַרְפוּת דְּאָמְרִינַן לְקַמָּן שֶׁדָּר לֵיהּ שְׁמוּאֵל תְּרֵיסַר גַּמְלֵי סְפֵיקֵי דִּטְרֵיפְתָא בְּפֶרֶק גִּיד הַנָּשֶׁה (לְקַמָּן חֻולִּין דַּף צה:):
Comme Rabbi Yo'hanan — en toute chose. Autre version : Rabbi Yo'hanan [était] expert en tereifot, ainsi que nous disons plus loin [que] Chmouel lui envoya douze chameaux [chargés] de cas douteux de tereifa, au chapitre Guid ha-Naché (plus loin, Houlin 95b).
💡 Explication

Illustration : Rava compare deux perforations, sans concordance. Son fils Rav Mecharchia frotte (memachmech) les nouveaux trous — et alors ils concordent, [d'où] cachere. À la question de Rava, il explique : les anciens trous avaient été manipulés par de nombreuses mains avant d'arriver, ce qui en avait modifié l'aspect ; il fallait donc frotter aussi les neufs. Rava le loue : 'mon fils est aussi expert en tereifot que Rabbi Yo'hanan'.

15
רַבִּי יוֹחָנָן וְרַבִּי אֶלְעָזָר דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ: מַקִּיפִים בָּרֵיאָה. אָמַר רָבָא: לָא אֲמַרַן אֶלָּא בְּאוֹתָהּ עֲרוּגָה, אֲבָל מֵעֲרוּגָה לַעֲרוּגָה – לֹא. וְהִלְכְתָא: אֲפִילּוּ מֵעֲרוּגָה לַעֲרוּגָה, מִדַּקָּה לְדַקָּה, וּמִגַּסָּה לְגַסָּה, אֲבָל לֹא מִגַּסָּה לְדַקָּה, וְלֹא מִדַּקָּה לְגַסָּה.

Rabbi Yo'hanan et Rabbi Elazar, tous deux disent : on compare [les perforations] dans le poumon (réa). Rava a dit : nous n'avons dit [cela] que dans un même massif (aroga), mais d'un massif à [un autre] massif — non.

Et la halakha [est] : même d'un massif à [un autre] massif, [et] d'une [bête] fine (daka) à [une bête] fine, et d'une [bête] grasse (gassa) à [une bête] grasse ; mais non d'une [bête] grasse à [une bête] fine, ni d'une [bête] fine à [une bête] grasse.

📜 Rachi (3)
מַקִּיפִין בָּרֵיאָה הֵיכָא דְּלֵיכָּא לְמִיתְלֵי בְּטַבָּחָא:
On compare [les perforations] dans le poumon — là où il n'y a pas [moyen] d'imputer [la perforation] au boucher (tabah).
עֲרוּגָה דֹּופֶן הָרֵיאָה יְמִינִי אוֹ שְׂמָאלִי:
Aroga (massif) — le flanc du poumon, droit ou gauche.
מִדַּקָּה לְדַקָּה אֲפִילּוּ בְּהֵמָה אַחֶרֶת דֻּוגְמָתָהּ. לִישָּׁנָא אַחְרִינָא מִגַּסָּה לְגַסָּה מְאוּמָה לָאֻומָּה וּמִדַּקָּה לְדַקָּה מֵאֻונָּא לְאַוָּנָא וְזֹאת נִרְאֵית לִי שֶׁאֵין מְקִילִּין כָּל כָּךְ:
D'une [bête] fine à [une bête] fine — même [s'il s'agit] d'une autre bête de même sorte. Autre version : 'd'une grasse à une grasse' [signifie] d'un lobe (ouma) à [un autre] lobe, et 'd'une fine à une fine' [signifie] d'une oreillette (ouna) à [une autre] oreillette ; et celle-ci me paraît [la bonne], car on n'est pas si indulgent.
🗂️ Tossefot (1)
מִדַּקָּה לְדַקָּה וּמִגַּסָּה לְגַסָּה פֵּירֵשׁ רַבֵּינוּ חֲנַנְאֵל מִסְּתָמָא מִבְּהֵמָה דַּקָּה לִבְהֵמָה דַּקָּה לְהָקֵל דְּאִי בְּאֻונָּא וְאוּמָא הֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר קְטַנָּה וּגְדוֹלָה כִּדְאָמַר רַבִּי יְהוּדָה גַּבֵּי כֶּרֶס:
D'une [bête] fine à [une bête] fine et d'une [bête] grasse à [une bête] grasse — Rabbenou Hananel a expliqué : par défaut, d'une bête fine à une bête fine, pour [aller vers] l'indulgence ; car s'il s'agissait du lobe et de l'oreillette, il aurait dû dire 'petite' et 'grande', comme dit Rabbi Yehouda à propos de la panse (keres).
💡 Explication

Makifin appliquée au poumon : Rabbi Yo'hanan et Rabbi Elazar l'admettent. Rava la limite à un même massif (aroga — un même flanc du poumon, droit ou gauche). Mais la halakha élargit : même d'un flanc à l'autre, et même d'une bête à une autre du même calibre (fine à fine, grasse à grasse) ; mais non entre calibres différents (grasse vers fine, ou fine vers grasse).

16
אַבָּיֵי וְרָבָא דְּאָמְרִי תַּרְוַייְהוּ: מַקִּיפִין בַּקָּנֶה. אָמַר רַב פָּפָּא: לָא אֲמַרַן אֶלָּא בְּאוֹתָהּ חֻולְיָא, אֲבָל מֵחֻולְיָא לְחֻולְיָא – לֹא. וְהִלְכְתָא: אֲפִילּוּ מֵחֻולְיָא לְחֻולְיָא, וּמִבַּר חֻולְיָא לְבַר חֻולְיָא, אֲבָל לָא מֵחֻולְיָא לְבַר חֻולְיָא, וְלָא מִבַּר חֻולְיָא לְחֻולְיָא.

Abaye et Rava, tous deux disent : on compare [les perforations] dans la trachée (kaneh). Rav Papa a dit : nous n'avons dit [cela] que dans une même vertèbre [anneau] (houlia), mais d'une vertèbre à [une autre] vertèbre — non.

Et la halakha [est] : même d'une vertèbre à [une autre] vertèbre, et d'un [intervalle] entre-vertèbres (bar houlia) à [un autre] entre-vertèbres ; mais non d'une vertèbre à [un] entre-vertèbres, ni d'[un] entre-vertèbres à [une] vertèbre.

📜 Rachi (4)
מַקִּיפִין בַּקָּנֶה אִם נִמְצֵאת פְּסוּקָה לְאַחַר זְמַן אוֹ קְדוּרָה כְּאִיסָּר:
On compare [les perforations] dans la trachée — si on la trouve, après coup, sectionnée, ou trouée [d'un trou large] comme un issar [pièce de monnaie].
בְּאוֹתָהּ חֻולְיָא לְעִנְיַן קְדוּרָה כְּאִיסָּר נְקַט לָהּ. חֻולְיָא שָׁלֹשׁ טַבָּעוֹת דְּטַבַּעַת אַחַת אֵין עֹוגֶל כְּאִיסָּר וְקוֹדְרִין עוֹד אַחֶרֶת בְּאוֹתָהּ חֻולְיָא עַצְמָהּ וּמַקִּיפִין:
Dans une même vertèbre (houlia) — [le texte] le dit à propos du trou [large] comme un issar. Une houlia [comprend] trois anneaux (tabaot), car un seul anneau n'a pas un rond aussi large qu'un issar ; on perce alors un autre [trou] dans cette même houlia, et l'on compare.
בַּר חֻולְיָא הוּא קְלִישׁוּת הַקָּנֶה מִן הַצְּדָדִין וּמִתַּחְתֶּיהָ שֶׁרְצוּעוֹת הַבָּשָׂר מְחַבֶּרֶת רָאשֵׁי הַטַּבָּעוֹת וְאַף הַתְּנוּךְ הוֹלֵךְ וְדַק מֵעָובְיוֹ מֵאֶמְצָעִיתוֹ וְלִצְדָדִין לְכָאן וּלְכָאן עַל פְּנֵי כָּל הַקָּנֶה:
Bar houlia (entre-vertèbres) — c'est l'amincissement de la trachée sur les côtés et au-dessous, là où des lanières de chair relient les extrémités des anneaux ; le cartilage (tinoukh) lui aussi va s'amincissant en épaisseur, depuis son milieu et vers les côtés, de part et d'autre, sur toute l'étendue de la trachée.
מֵחֻולְיָא לְבַר חֻולְיָא מִמְּקוֹם עָובְיָהּ שֶׁל זוֹ לְמָקוֹם קְלִישׁוּתָהּ שֶׁל זוֹ:
D'une vertèbre à [un] entre-vertèbres — de l'endroit épais de l'une vers l'endroit mince de l'autre.
⚖️ Rosh (1)
גְּמ' לְעֵיל (חֻולִּין דַּף כֹּח.) ת"ר שָׁחַט אֶת הַווֶּשֶׁט וְאַחַר כָּךְ נִשְׁמְטָה הַגַּרְגֶּרֶת כְּשֵׁירָה. נִשְׁמְטָה הַגַּרְגֶּרֶת וְאַחַר כָּךְ שָׁחַט אֶת הַוֶּושֶׁט פְּסוּלָה. שָׁחַט אֶת הַווֶּשֶׁט וְנִמְצֵא הַגַּרְגֶּרֶת שְׁמוּטָה וְאֵינוֹ יוֹדֵעַ אִם קֹודֶם שְׁחִיטָה נִשְׁמְטָה וְאִם לְאַחַר שְׁחִיטָה נִשְׁמְטָה זֶה הָיָה מַעֲשֶׂה וְאָמַר כָּל סָפֵק בִּשְׁחִיטָה פְּסוּלָה. לְקַמָּן (חֻולִּין דַּף נד.) אָמַר רַב שְׁמוּטָה וּשְׁחוּטָה כְּשֵׁירָה שֶׁאִי אֶפְשָׁר לִשְׁמוּעָה שֶׁתֵּיעָשֶׂה שְׁחוּטָה. רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר יָבִיא וְיַקִּיף פֵּירוּשׁ יָבִיא הַקָּנֶה הַשָּׁמוּט וְיִשְׁחֹוט וְיַחְתֹּוךְ בּוֹ חֲתָךְ אִם דּוֹמִין שְׁנֵי הֶחָתְכִין טְרֵיפָה וְאִם הָרִאשׁוֹן יוֹתֵר מַאְדִּים אָז הָיָה קֹודֶם הַשְּׁמִטָּה וּכְשֵׁרָה. אֲבָל כְּשֶׁשָּׁחַט אֶת הַווֶּשֶׁט וְנִמְצֵאת הַגַּרְגֶּרֶת שְׁמוּטָה אֵין מוֹעִיל הַקָּפָה שֶׁיַּחְתֹּוךְ הַווֶּשֶׁט. דְּמִמַּה נַפְשָׁךְ לֹא יְדַמּוּ הַחֲתָכִים זֶה לָזֶה אֲפִילּוּ נִשְׁמְטָה קֹודֶם שְׁחִיטָה. לְפִי שֶׁבַּחֲתָךְ הָרִאשׁוֹן עֲדַיִין הָיָה חַיּוּת בַּווֶּשֶׁט וְעַתָּה אֵין בּוֹ חַיּוּת כְּלָל. אֲבָל שְׁמוּטָה וּשְׁחוּטָה הַכֹּל בְּסִימָן אֶחָד הוּא. וְקָשֶׁה לְפֵירוּשׁ הֲלָכוֹת גְּדוֹלוֹת לְעֵיל פ"א סִי י"ג שֶׁפֵּירֵשׁ דִּשְׁמוּטָה לָאו טְרֵיפָה הִיא וא"כ חֲשִׁיב הַסִּימָן כְּחַי וַאֲפִילּוּ נִשְׁמְטָה קֹודֶם שְׁחִיטָה יַאְדִּים חֲתָךְ שֶׁל קֹודֶם שְׁחִיטָה יוֹתֵר מְחַתֵּךְ שֶׁל אַחַר שְׁחִיטָה. וּבְרוֹב סְפָרִים כָּתוּב יָבִיא בְּהֵמָה אַחֶרֶת וְיַקִּיף וְכָךְ הִיא גִּירְסַת הַגְּאוֹנִים. וּלְשׁוֹן יָבִיא מוֹרֶה עַל גִּירְסָא זוֹ. וְהַשְׁתָּא נִיחָא דִּלְכָךְ בָּעֵי בְּהֵמָה אַחֶרֶת לְפִי שֶׁאֵין יָכוֹל לְהַקִּיף בְּאוֹתָהּ בְּהֵמָה. וְאִם תֹּאמַר מַה מוֹעִיל הֶיקֵּף בְּהֵמָה אַחֶרֶת הָא אָמְרִינַן לְקַמָּן בְּפֶרֶק אֵלּוּ טְרֵפוֹת (חֻולִּין דַּף נ.) דְּאֵין מַקִּיפִין אַפֵּי' מֵחֻולְיָא לְבַר חֻולְיָא וכ"ש מִבְּהֵמָה אַחֶרֶת. וְכִי תֵּימָא מֵחֻולְיָא לְחֻולְיָא בִּבְהֵמָה אַחֶרֶת עָדִיף מֵהַקָּפַת חֻולְיָא לְבַר חֻולְיָא בְּאוֹתָהּ בְּהֵמָה. מ"מ קָשֶׁה גַּבֵּי שָׁחַט אֶת הַווֶּשֶׁט וְנִמְצֵאת הַגַּרְגֶּרֶת שְׁמוּטָה יָבִיא עוֹף אַחֵר וְיַקִּיף. אֶלָּא וַדַּאי מוּכָח הָתָם דְּאֵין הַקָּפָה מִבְּהֵמָה לִבְהֵמָה. וי"ל דְּגַם רַבִּי יוֹחָנָן מוֹדֶה דִּבְרֹוב פְּעָמִים אִי אֶפְשָׁר לַשְּׁמוּטָה שֶׁתֵּיעָשֶׂה שְׁחוּטָה כֵּיוָן שֶׁלֹּא תָּפַשׂ בַּסִּימָנִין וּמִן הַדִּין הָיָה לְהַתִּיר בְּלֹא הַקָּפָה אֶלָּא דְּר' יוֹחָנָן מַחְמִיר לְהַקִּיף בִּבְהֵמָה אַחֶרֶת וְיַעַקְרֶנָּה לְאַחַר שְׁחִיטָה אִם הַשְּׁנִיָּיה אֲדֻומָּה יוֹתֵר פְּסוּלָה דְּרַגְלַיִם לַדָּבָר דְּקֹודֶם שְׁחִיטָה נִשְׁמְטָה אֲבָל לְהָקֵל אֵין מַקִּיפִין מִבְּהֵמָה לִבְהֵמָה רַב נַחְמָן אָמַר לָא אֲמַרַן אֶלָּא שֶׁלֹּא תָּפַשׂ בַּסִּימָנִין וְשָׁחַט. אֲבָל תָּפַשׂ בַּסִּימָנִין וְשָׁחַט אֶפְשָׁר לַשְּׁמוּטָה שֶׁתֵּיעָשֶׂה שְׁחוּטָה. מַשְׁמַע דְּרַב נַחְמָן פְּלִיג אַדְּרַבִּי יוֹחָנָן וְסָבַר דְּהַקָּפָה אֵינָהּ מוֹצִיאָה מִידֵי סָפֵק אֶלָּא בְּשֶׁלֹּא תָּפַשׂ בַּסִּימָנִין אָז בָּדְקִינַן בְּהַקָּפָה כְּדֵי לֶאֱסֹור אֲבָל אִם תָּפַשׂ בַּסִּימָנִין אֶפְשָׁר לִשְׁמוּטָה שֶׁתִּישָּׁחֵט וְלָא סָמְכִינַן אַבְּדִיקַת הַקָּפָה. וּמַשְׁמַע מִתּוֹךְ דִּבְרֵי רַב אִלְפָּס זַ"ל שֶׁפּוֹסֵק הֲלָכָה כְּרַב נַחְמָן לְחוּמְרָא. וְיֵשׁ סְפָרִים דְּגָרְסִי אָמַר רַב נַחְמָן. וְלֹא בָּא רַב נַחְמָן לַחֲלֹוק אֶלָּא לְפָרֵשׁ דִּבְרֵיהֶם הָא דְּאָמַר רַב וְרַבִּי יוֹחָנָן מַכְשִׁיר לָהּ בִּבְדִיקַת הַקָּפָה בְּשֶׁלֹּא תָּפַשׂ בַּסִּימָנִים אֲבָל תָּפַשׂ בַּסִּימָנִים פְּסוּלָה לְרַב וְגַם לְרַבִּי יוֹחָנָן לָא מְהַנְּיָא הַקָּפָה. הִלְכָּךְ כְּשֶׁלֹּא תָּפַשׂ מְהַנְּיָא בְּדִיקָה כַּר' יוֹחָנָן. וּכְשֶׁתָּפַשׂ לָא מְהַנְּיָא בְּדִיקָה: גָּרְסִינַן בְּפֶרֶק מְפַנִּין (שַׁבָּת דַּף קכח:) אָמַר אַבָּיֵי הַאי מַאן דְּשָׁחֵיט תַּרְנְגוֹלָא נִכְבְּשִׁינְהוּ לְכִרְעִיָּה בְּאַרְעָא א"נ לִידְלִינְהוּ. דִּילְמָא מְהַדְּקֵי לְהוּ לְטֻופְרֵי בְּאַרְעָא וְעָקַר לְהוּ לְסִימָנִין:
Guemara. Plus haut (Houlin 28a) : nos maîtres ont enseigné [dans une braita] : [si] on a abattu l'oesophage (vechet) et qu'ensuite la trachée (gargeret) s'est arrachée, [la bête est] cachere. [Si] la trachée s'est arrachée et qu'ensuite on a abattu l'oesophage, [la bête est] passoul [invalide]. [Si] on a abattu l'oesophage et que l'on trouve la trachée arrachée sans que l'on sache si elle s'est arrachée avant l'abattage ou si elle s'est arrachée après l'abattage — [tel] cas se produisit, et [le maître] dit : tout doute dans [la validité de] l'abattage (chehita) [rend la bête] passoul. Plus loin (Houlin 54a), Rav a dit : [la bête] arrachée et abattue [est] cachere, car il est impossible que l'arrachée devienne abattue [correctement]. Rabbi Yo'hanan a dit : qu'il apporte et compare (yavi ve-yakif). Explication : qu'il apporte la trachée arrachée, [l']abatte et y pratique une [nouvelle] incision : si les deux incisions se ressemblent, [c'est] tereifa ; et si la première est plus rouge, alors [l'arrachement] était avant l'abattage, et [la bête est] cachere. Mais lorsqu'on a abattu l'oesophage et que l'on trouve la trachée arrachée, la comparaison ne sert à rien qu'il incise l'oesophage ; car, de toute manière (mima nafchakh), les incisions ne se ressembleront pas l'une à l'autre, même [si] elle s'est arrachée avant l'abattage — parce que, lors de la première incision, il y avait encore de la vie (hiyout) dans l'oesophage, et [que] maintenant il n'y a plus en lui de vie du tout. Mais [pour] l'arrachée et l'abattue, le tout [se joue] sur un seul siman [organe : la trachée]. Et [cela] fait difficulté pour l'explication des Halakhot Guedolot, plus haut chapitre 1, siman 13, qui a expliqué que l'arrachée (chemouta) n'est pas tereifa ; et s'il en est ainsi, le siman [l'organe] est réputé comme vivant, et même [si] elle s'est arrachée avant l'abattage, l'incision d'avant l'abattage sera plus rouge que l'incision d'après l'abattage. Et dans la plupart des livres il est écrit : « qu'il apporte une autre bête et compare », et c'est ainsi qu'est la leçon des Gueonim ; et le terme « yavi » [qu'il apporte] indique [en faveur de] cette leçon-là. Et [selon cette leçon] il est bien [compréhensible] que, pour cela, il faille une autre bête, parce qu'on ne peut pas comparer dans cette [même] bête[-là]. Et si tu disais : à quoi sert la comparaison [à partir] d'une autre bête, puisque nous disons plus loin dans le chapitre Ellou Tereifot (Houlin 50a) que l'on ne compare pas [d'organe à organe], même pas d'une vertèbre à [un] entre-vertèbres, et à plus forte raison [pas] à partir d'une autre bête ? Et si tu voulais [dire que] [comparer] d'une vertèbre à [une autre] vertèbre dans une autre bête est préférable à la comparaison d'une vertèbre à [un] entre-vertèbres dans la [même] bête — de toute manière [cela] fait difficulté, [car] à propos de « celui qui abat l'oesophage et [où] la trachée se trouve arrachée », [on devrait dire] : qu'il apporte un autre volatile (of) et compare. Mais assurément il est prouvé là-bas que la comparaison [d'une bête à une autre] n'existe pas d'une bête à [une autre] bête. Et l'on peut répondre que Rabbi Yo'hanan aussi concède que, dans la plupart des cas, il est impossible que l'arrachée devienne abattue [correctement], puisqu'[au moment de l'arrachement] elle n'a pas saisi [inclus] les simanim [organes de l'abattage] ; et [que] de droit il aurait fallu la permettre sans comparaison, sauf que Rabbi Yo'hanan est rigoureux [au point] de comparer dans une autre bête : et [s'il] l'arrache après l'abattage [et] que la seconde [incision] est plus rouge, [la bête est] passoul, car [il y a] indice pour la chose (raglayim la-davar) qu'elle s'est arrachée avant l'abattage ; mais pour être indulgent, on ne compare pas d'une bête à [une autre] bête. Rav Nahman a dit : nous n'avons dit [cela] que [lorsqu']elle n'a pas saisi les simanim et [qu']on a abattu ; mais [si] elle a saisi les simanim et [qu']on a abattu, il est possible que l'arrachée devienne abattue [correctement]. [Cela] indique que Rav Nahman diverge d'avec Rabbi Yo'hanan et tient que la comparaison ne fait pas sortir du doute, sinon [dans le cas] où elle n'a pas saisi les simanim : alors nous [l']examinons par comparaison afin d'interdire ; mais si elle a saisi les simanim, il est possible que l'arrachée soit abattue [correctement], et nous ne nous appuyons pas sur l'examen par comparaison. Et il ressort des propos de Rav Alfassi [le Rif], de mémoire bénie, qu'il tranche [que] la halakha [suit] Rav Nahman par rigueur (lehoumra). Et il y a des livres qui ont pour leçon : « Rav Nahman a dit » — et Rav Nahman n'est pas venu diverger, mais [seulement] expliquer leurs propos : ce que Rav a dit et [ce en quoi] Rabbi Yo'hanan la déclare cachere par l'examen de la comparaison, [c'est] lorsqu'elle n'a pas saisi les simanim ; mais [si] elle a saisi les simanim, [la bête est] passoul pour Rav, et pour Rabbi Yo'hanan aussi la comparaison ne sert à rien. C'est pourquoi, lorsqu'elle n'a pas saisi, l'examen sert [à quelque chose] comme [selon] Rabbi Yo'hanan ; et lorsqu'elle a saisi, l'examen ne sert à rien. Nous avons pour leçon, au chapitre Mefanin (Chabbat 128b) : Abaye a dit : celui qui abat un coq, qu'il presse ses pattes contre le sol, ou bien qu'il les [soulève] — de peur que [le coq] ne fixe ses griffes dans le sol et n'arrache [ainsi] les simanim.
💡 Explication

Makifin appliquée à la trachée (kaneh) : Abaye et Rava l'admettent. Rav Papa la limite à une même houlia (un groupe de trois anneaux). La halakha élargit : même d'une houlia à l'autre, et d'un bar houlia à l'autre (le bar houlia est la partie amincie de la trachée, sur les flancs et au-dessous, où des lanières de chair relient les extrémités des anneaux) ; mais non entre houlia [partie épaisse] et bar houlia [partie mince].

17
אָמַר זְעֵירִי: חַלְחֹולֶת שֶׁנִּיקְּבָה כְּשֵׁרָה, הוֹאִיל וִירֵיכַיִם מַעֲמִידוֹת אוֹתָהּ. וְכַמָּה? אָמַר רַבִּי אִילְעַי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מְקוֹם הַדֶּבֶק – בְּרֻובּוֹ, שֶׁלֹּא בִּמְקוֹם הַדֶּבֶק – בְּמַשֶּׁהוּ.

Zeiri a dit : le rectum (chalcholet) qui a été perforé — [la bête est] cachere, puisque les hanches (yerekhayim) le maintiennent. Et combien [de perforation tolère-t-on] ?

Rabbi Ilai a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : à l'endroit de l'attache (mekom ha-dvek) — [même] sur sa majeure partie [c'est cachere] ; hors de l'endroit de l'attache — [tereifa dès qu'il est perforé] de la moindre quantité (be-machehou).

📜 Rachi (4)
חַלְחֹולֶת הִיא כַּרְכְּשָׁא טבחיי"א:
Chalcholet — c'est le karkacha [le gros intestin / boyau, en langue vernaculaire].
מַעֲמִידוֹת סוֹתְמוֹת אוֹתָהּ שֶׁהֲרֵי אֲדוּקָה בָּהֶן:
[Les hanches] le maintiennent — elles le scellent, car il est collé à elles.
מְקוֹם הַדֶּבֶק שֶׁהִיא דְּבוּקָה בִּירְכַּיִם:
L'endroit de l'attache — là où il est collé aux hanches.
בְּרֻובּוֹ אֲפִילּוּ נִקְדַּר וְנִיטַּל דָּופְנָהּ עֶלְיוֹן אוֹ תַּחְתּוֹן בְּרֻובּוֹ כְּשֵׁרָה שֶׁאֵין דֶּרֶךְ הָרֵיעִי הַיּוֹצֵא דֶּרֶךְ הַנֶּקֶב לַחֲזֹור לַאֲחוֹרָיו וְלִיפֹּול לְתוֹךְ חֲלַל הַגּוּף מִפְּנֵי שֶׁמָּקוֹם דָּחוּק הוּא הַשִּׁדְרָה מִלְמַעְלָה וַעֲצָמוֹת הָאַלְיָה שֶׁקּוֹרִין הנקא"ש וּמִכָּאן וּלְמַטָּה הֵן מְחֻובָּרִין בְּחַסְחוּס:
Sur sa majeure partie — même [si] sa paroi supérieure ou inférieure a été entamée et retirée sur sa majeure partie, [c'est] cachere ; car les excréments (ré'i) qui sortent par le trou n'ont pas coutume de revenir en arrière ni de tomber dans la cavité du corps, parce que c'est un endroit étroit : l'échine (chidra) [est] au-dessus, [ainsi que] les os de la croupe (alya), qu'on appelle [les hanches, en langue vernaculaire], et à partir de là et vers le bas ils sont reliés par du cartilage (hashos).
⚖️ Rosh (1)
אָמַר זְעֵירִי חַלְחֹולֶת שֶׁנִּיקְּבָה כְּשֵׁירָה הוֹאִיל וְהַיְּרֵכַיִם מַעֲמִידִין אוֹתָהּ. וְכַמָּה אָמַר עֻולָּא א"ר יוֹחָנָן בְּמֵקִים הַדָּבֵק בְּרֻובּוֹ וְשֶׁלֹּא בִּמְקוֹם הַדֶּבֶק בְּמַשֶּׁהוּ. וְרַב נַחְמָן אָמַר מְקוֹם הַדֶּבֶק שֶׁנָּטַל כֻּולּוֹ כָּשֵׁר וּבִלְבַד שֶׁנִּשְׁתַּייֵּר בּוֹ כְּדֵי תְּפִיסָה. וְכַמָּה אָמַר אַבָּיֵי כִּמְלֵא בַּטְדָּא בְּתוֹרָא. אִיכָּא מַאן דְּפָרֵישׁ אַרְבַּע אֶצְבָּעוֹת. וְרַשִׁ"י פֵּירֵשׁ אֶצְבַּע. וּמְקוֹם כְּדֵי תְּפִיסָה יֵשׁ אוֹמְרִים בְּמַשֶּׁהוּ וה"ר יוֹנָה זַ"ל כָּתַב דִּבְרֻובּוֹ דְּרַב נַחְמָן אַמִּילְּתֵיהּ דְּר' יוֹחָנָן קָאֵי דְּאָמַר מְקוֹם הַדֶּבֶק בְּרֻובּוֹ וּבָא רַב נַחְמָן לְהָקֵל דְּיֵשׁ מִמְּקוֹם הַדֶּבֶק שֶׁאִם נִיטַּל כֻּולּוֹ כָּשֵׁר וְיֵשׁ מִמֶּנּוּ בְּרֻובּוֹ כדא"ר יוֹחָנָן. וְהַייְנוּ כְּדֵי תְּפִיסָה וְהִלְכְתָא כְּרַב נַחְמָן: נִיקְּבָה הַמָּרָה. א"ר יִצְחָק בַּר יוֹסֵף א"ר יוֹחָנָן נִיקְּבָה הַמָּרָה וְהַכָּבֵד סוֹתַמְתּוֹ כְּשֵׁירָה:
Zeiri a dit : le rectum (chalcholet) qui a été perforé — [la bête est] cachere, puisque les hanches (yerekhayim) le maintiennent. Et combien [tolère-t-on] ? Oulla a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : à l'endroit de l'attache (mekom ha-dvek) — [même] sur sa majeure partie (be-roubo) ; et hors de l'endroit de l'attache — [tereifa] de la moindre quantité (be-machehou). Et Rav Nahman a dit : [à] l'endroit de l'attache, [même si] le tout en a été retiré, [la bête est] cachere, pourvu qu'il en subsiste de quoi [assurer] une prise (kedei tefissa). Et combien [en faut-il] ? Abaye a dit : autant que la [largeur d'une] courroie [du joug] d'un bœuf. Il y a qui explique : quatre doigts. Et Rachi a expliqué : un doigt. Et [quant à] l'étendue de « de quoi [assurer] une prise », il y a qui disent [que c'est] de la moindre quantité (be-machehou). Et notre maître Rabbenou Yona, de mémoire bénie, a écrit que le [terme] « sa majeure partie » (be-roubo) de Rav Nahman se rapporte au propos de Rabbi Yo'hanan, qui a dit : « [à] l'endroit de l'attache — sur sa majeure partie » ; et Rav Nahman est venu être indulgent [en enseignant] qu'il y a [une partie] de l'endroit de l'attache qui, si le tout en a été retiré, [reste] cachere, et qu'il y en a [une autre partie qui n'est cachere que] sur sa majeure partie, comme l'a dit Rabbi Yo'hanan — et c'est [cela] « de quoi [assurer] une prise ». Et la halakha [suit] Rav Nahman. [Concernant] « [si] la vésicule biliaire (mara) a été perforée » : Rav Yits'hak bar Yossef a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : [si] la vésicule biliaire a été perforée mais [que] le foie (kaved) la scelle, [la bête est] cachere.
💡 Explication

Zeiri : le rectum (chalcholet) perforé reste cachere, car les hanches (yerekhayim) le maintiennent et scellent la perforation, étant collé à elles. Mesure (Rabbi Yo'hanan) : à l'endroit de l'attache aux hanches, [c'est cachere] même si la perforation porte sur sa majeure partie ; hors de cet endroit, la moindre perforation rend tereifa.

18
אַמְרוּהָ רַבָּנַן קַמֵּיהּ דְּרָבָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב נַחְמָן, אֲמַר: לָאו מִי אָמֵינָא לְכוּ לָא תִּתְלוֹ בֵּיהּ

Les Sages le dirent devant Rava au nom de Rav Nahman. Il dit : ne vous ai-je pas dit de ne pas vous appuyer sur lui

💡 Explication

Les Sages rapportent cet enseignement [de Zeiri sur le rectum] devant Rava au nom de Rav Nahman. Rava réagit : ne vous ai-je pas dit de ne pas vous appuyer [sur Rav Nahman] — la suite (la mise en garde et sa raison) se poursuit au daf suivant (50b).

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).