Chullin 52a — l'oiseau tombé (risouk evarim), le piège à glu, et les côtés brisées ou arrachées (rov tzela'ot)

Chullin 52a

Sougya : Fin de la sougya de la bête tombée (nefoula) : on distingue les surfaces qui font craindre des membres broyés (risouk evarim) de celles qui n'en font pas craindre, selon le principe que ce qui glisse (mishtarik) amortit la chute alors que ce qui se tasse la rend dangereuse. Suit la mahloket entre Rav Achi et Amemar sur l'oiseau pris au piège à glu (davuk), tranchée : deux ailes collées interdit, une seule aile permis.

Puis la michna 'la majorité de ses côtés brisées' : on définit la majorité (douze côtés sur vingt-deux à moelle), la règle de Ze'iri (moitié vers la colonne) et celle de Rabbi Yo'hanan (grandes côtés à moelle). Ben Zakkai distingue arrachées (majorité d'un seul côté) et brisées (majorité des deux côtés), contre Rabbi Yo'hanan qui exige la majorité des deux côtés dans les deux cas.

Rav déclare tereifa une côte arrachée avec sa vertèbre ; Rav Kahana et Rav Assi l'interrogent sur deux côtés opposées à vertèbre intacte, et Rav répond qu'il s'agit alors d'une bête tranchée (gistra), donc nevela. La Guemara analyse longuement la différence entre côte-avec-demi-vertèbre (bokhna ve-assita) et côte-sans-vertèbre, et la stratégie de leur question.

Enfin Chmouel énumère trois tereifot : côte arrachée de sa racine, crâne écrasé en majorité, chair couvrant la panse déchirée en majorité — propos aussitôt confronté à une michna d'Oholot.

L'oiseau tombé : sur quoi y a-t-il crainte de membres broyés (risouk evarim) ? règle : ce qui glisse (mishtarik) amortit -> pas de crainte ; ce qui ne glisse pas, se tasse -> crainte Glisse -> pas de crainte sable fin (hol ha-dak) légumineuses rondes (kitniot) himtsei (pois qui glissent) paille non liée (lo avid be-zaga) la bête se dérobe en tombant, il n'y a pas de heurt (havat) cachere sans examen Ne glisse pas -> crainte sable grossier (pierres) ; poussière blé, orge et leurs semblables roubia (fenugrec), hiftsei paille liée en botte (be-zaga) la surface se tasse, dure, les membres peuvent être broyés requiert examen (nefoula)
Segments 0-1 : le principe du glissement (mishtarik) qui partage les surfaces entre crainte et absence de crainte de membres broyés.
Les côtés (tzela'ot) : brisées (nichtabrou) contre arrachées (ne'ekrou) 22 grandes côtés à moelle : 11 d'un côté, 11 de l'autre ; majorité = 12 colonne (chidra) moitié vers la chidra moitié vers le poitrail Brisées (nichtabrou) tereifa seulement avec majorité des DEUX côtés (12 côtés : 6 et 6, ou 11 et 1) Ze'iri : moitié vers la chidra ; R. Yo'hanan : grandes côtés à moelle Arrachées (ne'ekrou) Ben Zakkai : majorité d'UN seul côté (6) suffit R. Yo'hanan : majorité des deux côtés, comme pour les brisées Rav : côte + vertèbre (gistra) = nevela
Segments 4-6 : la définition de la majorité des côtés, et la distinction brisées / arrachées.
Côté et vertèbre (bokhna ve-assita) : tereifa, nevela, ou cachere ? assita = la cavité (chor) de la vertèbre où la côte (bokhna, pilon) est fichée Cas de Rav une côte + DEMI vertèbre (la côte opposée tient à la demi-vertèbre intacte) une seule côte suffit TEREIFA Cas de R. Kahana / R. Assi côte ici, côte là, vertèbre arrachée entière (zeh ke-neged zeh : face à face) la bête est tranchée en deux NEVELA (gistra) Ben Zakkai / R. Yo'hanan côtés arrachées SANS vertèbre (zeh she-lo ke-neged zeh : pas l'une face à l'autre) il faut une majorité cachere si moins
Segments 7-13 : côte-et-vertèbre (gistra, nevela) contre côte-et-demi-vertèbre (tereifa de Rav) et côte-sans-vertèbre.
1
חוֹל הַדַּק – לָא חָייְשִׁינַן; חוֹל הַגַּס – חָייְשִׁינַן; אֲבַק דְּרָכִים – חָיְישִׁינַן; תִּיבְנָא וַעֲבִיד בִּזְגָּא – חָייְשִׁינַן; לָא עֲבִיד בִּזְגָּא – לָא חָיְישִׁינַן.

Du sable fin — nous ne craignons pas ; du sable grossier — nous craignons ; de la poussière des chemins — nous craignons ; de la paille [liée] et il [en] a fait une botte — nous craignons ; il n'[en] a pas fait une botte — nous ne craignons pas.

📜 Rachi (5)
חוֹל הַדַּק לָא חָיְישִׁינַן דְּמִישְׁתְּרִיק וְאֵינוֹ נִכְבָּשׁ לְעוֹלָם:
Du sable fin, nous ne craignons pas — car il glisse (mishtarik) et ne se tasse jamais.
חוֹל הַגַּס אֲבָנִים גְּדוֹלוֹת שֶׁבּוֹ מְרַסְּקִין הָעוֹף כְּשֶׁנּוֹפֵל עֲלֵיהֶם:
Du sable grossier — de grandes pierres [sont] en lui, qui broient l'oiseau lorsqu'il tombe sur elles.
אֲבַק דְּרָכִים גַּם הוּא נִכְבָּשׁ וְנַעֲשָׂה קָשֶׁה:
De la poussière des chemins — elle aussi se tasse et devient dure.
תִּיבְנָא אישתרי"ם בְּלַעַ"ז. תֶּבֶן שֶׁל חִטִּים וּשְׂעוֹרִים:
De la paille (tivna) — 'aistraim' en langue vernaculaire : de la paille de blé et d'orge.
בִּזְגָּא חֲבִילָה:
Be-zaga — une botte (havila).
💡 Explication

Suite de la sougya de la bête tombée (nefoula). Lorsqu'un oiseau (ou une bête) tombe, on craint des membres broyés (risouk evarim) qui le rendraient tereifa. Tout dépend de la surface de chute : ce qui est meuble et glisse (le sable fin) amortit ; ce qui est dur ou se tasse (sable grossier mélangé de pierres, poussière battue, paille liée en botte) fait craindre le broyage.

🖼️ Schéma
L'oiseau tombé : sur quoi y a-t-il crainte de membres broyés (risouk evarim) ? règle : ce qui glisse (mishtarik) amortit -> pas de crainte ; ce qui ne glisse pas, se tasse -> crainte Glisse -> pas de crainte sable fin (hol ha-dak) légumineuses rondes (kitniot) himtsei (pois qui glissent) paille non liée (lo avid be-zaga) la bête se dérobe en tombant, il n'y a pas de heurt (havat) cachere sans examen Ne glisse pas -> crainte sable grossier (pierres) ; poussière blé, orge et leurs semblables roubia (fenugrec), hiftsei paille liée en botte (be-zaga) la surface se tasse, dure, les membres peuvent être broyés requiert examen (nefoula)
Surfaces qui glissent (pas de crainte) contre surfaces qui se tassent (crainte de membres broyés).
2
חִיטֵּי וְכָל דְּמִינַּייְהוּ – חָייְשִׁינַן; שַׁעֲרֵי וְכָל דְּמִינַּייְהוּ – חָייְשִׁינַן; כָּל מִינֵי קִטְנִיּוֹת – אֵין בָּהֶם מִשּׁוּם רִיסּוּקֵי אֵבָרִים, לְבַר מִן רֻובְּיָא. חִימְצֵי – אֵין בּוֹ מִשּׁוּם רִיסּוּק אֵבָרִים, חֶפְצֵי – יֵשׁ בּוֹ מִשּׁוּם רִיסּוּק אֵבָרִים. כְּלָלָא דְּמִלְּתָא: כָּל מִידֵּי דְּמַשְׁרִיק – אֵין בּוֹ מִשּׁוּם רִיסּוּק אֵבָרִים, לָא מַשְׁרֵיק – יֵשׁ בּוֹ מִשּׁוּם רִיסּוּק אֵבָרִים.

Du blé et tout ce qui lui ressemble — nous craignons ; de l'orge et tout ce qui lui ressemble — nous craignons ; toutes les espèces de légumineuses (kitniot) — il n'y a pas en elles [crainte] de membres broyés, hormis le fenugrec (roubia). Les himtsei — il n'y a pas en eux [crainte] de membres broyés ; les hiftsei — il y a en eux [crainte] de membres broyés.

Le principe de la chose : tout ce qui glisse (mishtarik) — il n'y a pas en lui [crainte] de membres broyés ; [ce qui] ne glisse pas — il y a en lui [crainte] de membres broyés.

📜 Rachi (6)
חִיטֵּי וְכָל דְּמִינַּייְהוּ כְּגוֹן שִׁיפוֹן שֶׁהוּא קָשֶׁה חָיְישִׁינַן אִם נָפַל עֲלֵיהֶם:
Du blé et tout ce qui lui ressemble — par exemple l'épeautre (chifon), qui est dur : nous craignons s'il est tombé sur eux.
כָּל מִינֵי קִטְנִית לָא חָייְשִׁינַן מִשּׁוּם דְּמִישְׁתַּרְקִי מְהֻדְּדֵי וְאֵינָם נִכְבָּשִׁים יַחַד:
Toutes les espèces de légumineuses — nous ne craignons pas, parce qu'elles glissent les unes des autres et ne se tassent pas ensemble.
רֻובְּיָא תִּלְתָּן:
Roubia — du fenugrec (tiltan).
חִימְצֵי פישל"ש מַחֲלִיקִין הֵן וְאֵינָן נִכְבָּשִׁים:
Himtsei — 'pishlich' [en vernaculaire] : ils glissent et ne se tassent pas.
חִיפְצֵי צידרו"ש וְאֵינָן עֲגֻולִּין וְלָא מִישְׁתַּרְקִי:
Hiftsei — 'tsidroch' [en vernaculaire] : ils ne sont pas ronds et ne glissent pas.
כָּל דְּמִישְׁתְּרִיק מַחֲלִיק זֶה מִזֶּה וְאֵינָן נִכְבָּשִׁים יַחַד וְהַנּוֹפֵל עֲלֵיהֶם נִשְׁמָט וְהוֹלֵךְ וְאֵין כָּאן חֲבָט:
Tout ce qui glisse — [chacun] glisse de l'autre et ils ne se tassent pas ensemble ; celui qui tombe sur eux se dérobe et poursuit [sa course], et il n'y a là aucun heurt (havat).
🗂️ Tossefot (1)
קִטְנִיּוֹת אֵין בָּהֶן מִשּׁוּם רִיסּוּק אֵבָרִים כו' אִית סְפָרִים דְּגָרְסִי בָּתַר הָכִי חִמְצֵי אֵין בָּהֶם מִשּׁוּם רִיסּוּק אֵבָרִים חִפְצֵי יֵשׁ בָּהֶם מִשּׁוּם רִיסּוּק אֵבָרִים וְכֵן לְגִרְסַת הַקּוּנְטְרֵס מַשְׁמַע דְּלָא הָווּ בִּכְלַל קִטְנִית וי"ל דְּקִטְנִית מַיְירֵי בִּדְבָרִים דַּקִּים כְּמוֹ עֲדָשִׁים וְאֹורֶז וְדֹוחַן:
Les légumineuses, il n'y a pas en elles [crainte] de membres broyés, etc. — il y a des livres qui lisent ensuite : 'les himtsei, il n'y a pas en eux [crainte] de membres broyés ; les hiftsei, il y a en eux [crainte] de membres broyés' ; et ainsi, selon la version du commentaire (kountras), [cela] implique qu'ils ne sont pas inclus dans les légumineuses. Et l'on peut dire que les 'légumineuses' [dont il est parlé ici] traitent de choses fines, comme les lentilles, le riz et le millet.
⚖️ Rosh (1)
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב עוֹף שֶׁנֶּחְבַּט עַל פְּנֵי הַמַּיִם כֵּיוָן דְּשָׁט מָלֵא קוֹמָתוֹ דַּיּוֹ. וה"מ מִלְּמַטָּה לְמַעְלָה אֲבָל מִלְּמַעְלָה לְמַטָּה לָא מַיָּא הוּא דְּקָמְשְׁפִילִי לָהּ וְאִי קַיְימָא מַיָּא לֵית לַן בַּהּ. וְאִי אִיכָּא צִיבֵי וּקְדֵים אִיהוּ לְצִיבֵי אִיהוּ קָמְסַגֵּי. גְּלִימָא וּמְתִיח חָיְישִׁינַן. לֹא מְתִיחַ לָא חָייְשִׁינַן עוּף וּמֵיעֵף לָא חָיְישִׁינַן. כְּלָלָא דְּמִילְּתָא כֹּל דְּמִיחְבָּט עַל דָּבָר קָשֶׁה חָייְשִׁינַן. עַל דָּבָר רַךְ אוֹ שְׁרִיק לָא חָיְישִׁינַן. דִּיבְקָא אָמֵימָר אָסַר וְרַב אַסִּי שָׁרֵי. בְּחַד גַּפָּא דִּבְרֵי הַכֹּל שָׁרִי. כִּי פְּלִיגִי בִּתְרֵי גַּפֵּי. מַאן דְּאָסַר בְּמַאי נְיָיח. וּמַאן דְּשָׁרֵי אֶפְשָׁר דִּנְיָיח בְּעִיקְבָּא דְּגַפָּא וְהִלְכְתָא בְּחַד גַּפָּא שָׁרִי בִּתְרֵי גַּפֵּי אָסוּר. וּבְכָל הָנֵי דְּאָמְרִינַן חָייְשִׁינַן יֵשׁ בּוֹ כָּל דִּין נְפוּלָה דְּמַתְנִי'. וּבְכָל הָנֵי דְּאָמְרִינַן אֵין חוֹשְׁשִׁין אֵין כָּאן בֵּית מֵיחוֹשׁ כְּלָל. כְּהַהִיא דְּבֵית מִטְבָּחַיִים:
Rav Yehouda a dit au nom de Rav : un oiseau qui a été heurté [projeté] sur la surface des eaux, dès lors qu'il a nagé (chat) sur toute sa hauteur, cela lui suffit [il n'y a pas crainte de membres broyés, risouk evarim]. Et ceci [ne vaut que] de bas en haut ; mais de haut en bas, non — car ce sont les eaux qui l'abaissent [et l'entraînent vers le bas, si bien que sa nage ne prouve rien]. Et s'il [se] tient debout dans les eaux [par lui-même], nous n'avons rien à [craindre]. Et s'il y a des branchages (tsivei) et qu'il [l'oiseau] devance les branchages, c'est lui qui avance [par sa propre force, donc pas de crainte]. [S'il est tombé sur] un manteau (guelima) qui est tendu (matiah), nous craignons ; [s'il] n'est pas tendu, nous ne craignons pas. [S'il est] volatile et [encore] en train de voleter (me'ef), nous ne craignons pas. Le principe de la chose : tout ce qui est heurté sur un objet dur, nous craignons ; sur un objet mou ou [ce qui] glisse (chariq), nous ne craignons pas. [L'oiseau pris au] davuk [glu] : Amemar a interdit et Rav Assi a permis. Par une seule aile (had gapa), de l'avis de tous [c'est] permis. Ils divergent lorsque [c'est] par deux ailes (terei gapei). Celui qui interdit [dit] : par quoi se poserait-il [en douceur] ? Et celui qui permet [dit] : il est possible qu'il se pose sur les talons de l'aile (be-ikva de-gapa). Et la halakha [est] : par une seule aile [c'est] permis, par deux ailes [c'est] interdit. Et dans tous ces [cas] où nous disons 'nous craignons', il y a en lui toute la loi de la bête tombée (nefoula) de la michna [il requiert examen]. Et dans tous ces [cas] où nous disons 'nous ne craignons pas', il n'y a là aucun sujet de crainte du tout, comme ce [cas] de l'abattoir (bet mitbahayim) [où l'on ne s'inquiète pas].
💡 Explication

Catalogue des grains. Le blé et l'orge (et leurs semblables, durs) font craindre. Les légumineuses rondes glissent et ne font pas craindre, sauf le fenugrec (roubia). Les himtsei glissent, les hiftsei non. Le principe directeur : tout ce qui glisse (mishtarik) écarte la crainte ; ce qui ne glisse pas la maintient.

3
דָּבוּק – רַב אַשִּׁי שָׁרֵי, אָמֵימָר אָסַר. בְּחַד גַּפָּא – דְּכֻולֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דִּשְׁרֵי, כִּי פְּלִיגִי בִּתְרֵי גַּפֵּי. מַאן דְּאָסַר אָמַר לָךְ: הֵיכִי נֵיקוּם? וּמַאן דְּשָׁרֵי אָמַר לָךְ: אֶפְשָׁר דְּנֵיקוּם אַעִיקְבֵי דְּגַפֵּי.

[L'oiseau pris au] davuk [glu] : Rav Achi a permis, Amemar a interdit. [Si l'oiseau s'est collé] par une seule aile (had gapa) — de l'avis de tous, ils ne divergent pas [et la bête est] permise ; ils divergent lorsque [c'est] par deux ailes (terei gapei).

Celui qui interdit te dira : comment se dresserait-il ? Et celui qui permet te dira : il est possible qu'il se dresse sur les talons de ses ailes (à-ikvei de-gapei).

📜 Rachi (4)
דָּבוּק גלו"ד בְּלַעַ"ז וְטָחִין אוֹתוֹ בְּדַף קָטָן וְהָעוֹף שׁוֹכֵן עָלָיו וּמִידַּבֵּק בּוֹ וּפוֹרֵחַ עִם הַדַּף וְנוֹפֵל לָאָרֶץ:
Davuk — 'gloud' en langue vernaculaire : on en enduit une petite planche, l'oiseau s'y pose, s'y colle, s'envole avec la planche et tombe à terre.
בְּחַד גַּפָּא שֶׁלֹּא נִדְבָּק אֶלָּא בְּגַף אַחַת וּפוֹרֵחַ בַּשְּׁנִיָּה:
Par une seule aile — [le cas] où il ne s'est collé que par une seule aile et vole de la seconde.
הֵיכִי נֵיקוּם בַּמֶּה יְהֵא יָכוֹל לְהָקִים וְלִישָּׂא אֶת עַצְמוֹ הִלְכָּךְ כְּשֶׁנּוֹפֵל נֶחְבָּט בִּנְפִילָה גְּמוּרָה:
Comment se dresserait-il — par quoi pourrait-il se relever et se porter [lui-même] ? Dès lors, lorsqu'il tombe, il est heurté d'une chute complète.
אַעִיקְבֵי דְּגַפָּא בְּמִקְצָת הוּא נוֹשֵׂא אֶת עַצְמוֹ בְּעִקְבֵי הַגַּפַּייִם וְהוּא רֹאשׁ הַכָּנָף מָקוֹם שֶׁחוֹתְכִין הַכָּנָף מִן הָאֲוָוז:
Sur les talons de l'aile (à-ikvei de-gapa) — en partie il se porte [lui-même] sur les talons des ailes, c'est-à-dire la tête de l'aile, l'endroit où l'on coupe l'aile de l'oie.
💡 Explication

Le davuk est une planchette enduite de glu sur laquelle l'oiseau se pose, s'y colle, puis s'envole avec elle et retombe au sol. Si une seule aile est prise, l'oiseau bat de l'autre et amortit : tous le permettent. La mahloket porte sur les deux ailes collées : Amemar interdit (l'oiseau ne peut se dresser pour amortir) ; Rav Achi permet (il peut se dresser sur le talon des ailes, l'extrémité par où on les détache).

🖼️ Schéma
Le piège à glu (davuk) : une aile collée ou les deux Une seule aile collée (had gapa) collée bat de l'autre vole de l'aile libre, amortit de tous avis : PERMIS Les deux ailes collées (terei gapei) collée collée Rav Achi : peut se dresser sur le talon des ailes -> permis Amemar : comment se dresser ? -> interdit Halakha : deux ailes -> interdit ; une aile -> permis
Une aile collée (permis de tous avis) ; deux ailes collées (mahloket Rav Achi / Amemar).
4
וְאִיכָּא דְּאָמְרִי: בִּתְרֵי גַּפֵּי כֻּולֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דַּאֲסִיר, כִּי פְּלִיגִי בְּחַד גַּפָּא. מַאן דְּשָׁרֵי אָמַר לָךְ: אֶפְשָׁר דְּפָרַח בְּחַד גַּפָּא, וּמַאן דְּאָסַר: כֵּיוָן דִּבְהַאי לָא מָצֵי פָּרַח, בְּהַאי נָמֵי לָא מָצֵי פָּרַח. וְהִילְכְתָא: בִּתְרֵי גַּפֵּי אֲסִיר, בְּחַד גַּפָּא שָׁרִי.

Et certains disent : [lorsque c'est] par deux ailes, de l'avis de tous ils ne divergent pas [et c'est] interdit ; ils divergent lorsque [c'est] par une seule aile. Celui qui permet te dira : il est possible qu'il vole d'une seule aile ; et celui qui interdit [te dira] : puisqu'il ne peut voler par celle-ci [collée], par celle-là non plus il ne peut voler.

Et la halakha [est] : par deux ailes, [c'est] interdit ; par une seule aile, [c'est] permis.

📜 Rachi (1)
בִּתְרֵי גַּפֵּי אָסוּר אֶלָּא אִם כֵּן עָמַד וְהָלַךְ. כָּתוּב בַּהֲלָכוֹת גְּדוֹלוֹת כָּל הֵיכָא דְּבָעֵי בְּדִיקָה כְּגוֹן נְפוּלָה וּשְׁבוּרָה וּדְרוּסָה דְּמִיתַּכְשְׁרִי בִּבְדִיקָה ה"מ בַּדּוֹרוֹת קַמָּאֵי דְּהָווּ בְּקִיאֵי לְמִיבְדַּק אֲבָל אֲנַן לָא בְּקִיאִינַן וְלָא סָמְכִינַן אַנַּפְשִׁין וְלִי נִרְאֶה דְּאֵין לוֹ לַדַּיָּין אֶלָּא מַה שֶּׁעֵינָיו רוֹאוֹת וּמֻותָּר לִסְמֹוךְ עָלָיו דִּכְתִיב (דְּבָרִים יז) וְאֶל הַשֹּׁופֵט אֲשֶׁר יִהְיֶה בַּיָּמִים הָהֵם אֲבָל הוּא יִזָּהֵר יָפֶה וּלְהָבִיא לְפָנָיו כָּל הַטַּבָּחִים וְכָל הַבְּקִיאִין בַּדָּבָר כִּי הֵיכִי דְּנִימְטְייֵהּ שֶׁיָּבֹא מִכְּשׁוּרָא:
Par deux ailes, [c'est] interdit — sauf s'il s'est dressé et a marché. Il est écrit dans les Halakhot Guedolot : partout où un examen (bedika) est requis — comme [pour la bête] tombée (nefoula), brisée (chevoura) ou piétinée (deroussa), qui sont rendues cacheres par l'examen — cela ne valait que pour les premières générations, qui étaient expertes à examiner ; mais nous, nous ne sommes pas experts et ne nous fions pas à nous-mêmes. Et à moi il paraît que le juge (dayan) n'a [à se fonder] que sur ce que ses yeux voient, et qu'il lui est permis de s'[y] fier, car il est écrit (Deut 17) 'et [tu iras] vers le juge qui sera en ces jours-là' ; mais qu'il prenne bien garde, et fasse venir devant lui tous les bouchers (tabbahim) et tous les experts en la matière, afin que nous en tirions [au moins] 'une poutre [pour] un madrier' [c'est-à-dire le profit de leur concours].
💡 Explication

Version inverse (ika de-amrei) de la mahloket. Pour deux ailes collées, tous interdisent. La divergence porte sur une seule aile : celui qui permet pense qu'il vole de l'aile libre ; celui qui interdit pense que la paralysie d'une aile entrave aussi l'autre. La halakha tranchée : deux ailes -> interdit ; une seule aile -> permis.

5
נִשְׁתַּבְּרוּ רֹוב צַלְעוֹתֶיהָ. תָּנוּ רַבָּנַן: אֵלּוּ הֵן רֹוב צְלָעוֹת – שֵׁשׁ מִכָּאן וְשֵׁשׁ מִכָּאן, אוֹ אַחַת עֶשְׂרֵה מִכָּאן וְאַחַת מִכָּאן.

[Michna :] 'la majorité de ses côtés [ont été] brisées [la bête est tereifa]'. Nos Maîtres ont enseigné : voici [ce qu'est] la majorité des côtés — six d'un côté et six de l'autre, ou onze d'un côté et une de l'autre.

📜 Rachi (2)
כ"ב צְלָעוֹת גְּדוֹלִים שֶׁיֵּשׁ בָּהֶן מוֹחַ יֵשׁ לָהּ לַבְּהֵמָה י"א מִכָּאן וי"א מִכָּאן וְרֹוב שֶׁלָּהֶן הָוֵי י"ב:
Vingt-deux grandes côtés contenant de la moelle (moah) — la bête en a onze d'un côté et onze de l'autre, et leur majorité [est] douze.
ה"ג אוֹ אַחַת עֶשְׂרֵה מִכָּאן וְאַחַת מִכָּאן:
Ainsi faut-il lire (ha gris) : 'ou onze d'un côté et une de l'autre'.
⚖️ Rosh (1)
נִשְׁתַּבְּרוּ רֹוב צַלְעוֹתֶיהָ. ת"ר אֵלּוּ הֵן רֹוב צַלְעוֹתֶיהָ שֵׁשׁ מִכָּאן וְשֵׁשׁ מִכָּאן. אוֹ אַחַת עֶשְׂרֵה מִכָּאן וְאַחַת מִכָּאן: אָמַר זְעֵירִי וְהוּא שֶׁנִּשְׁתַּבְּרוּ מַחֲצִין כְּלַפֵּי שִׁדְרָה. אָמַר רַבָּה בב"ח א"ר יוֹחָנָן וּבִצְלָעוֹת שֶׁיֵּשׁ בָּהֶן מוֹחַ. אָמַר עֻולָּא בֶּן זַכַּאי אָמַר נֶעְקְרוּ בְּרֹוב צַד אֶחָד. נִשְׁתַּבְּרוּ בְּרֹוב שְׁנֵי צְדָדִין. וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר בֵּין נֶעְקְרוּ בֵּין נִשְׁתַּבְּרוּ בְּרֹוב שְׁנֵי צְדָדִין. וְסֻוגְייַן כַּר' יוֹחָנָן דְּפָרִיךְ מִינֵּיהּ בִּשְׁמַעְתִּין לְרַב כָּהֲנָא וְרַב אַסִּי. וְאִם נֶעֶקְרָה צֶלַע וַחֲצִי חֻולְיָא עִמָּהּ טְרֵיפָה שֶׁהִיא בּוּכָנָא וַאֲסִיתָּא. וְאִם נֶעֶקְרָה תּוֹלֵיָא בְּלֹא צֶלַע טְרֵיפָה. כְּהַהִיא דִּתְנָא כַּמָּה תֵּסְרוּן בַּשִּׁדְרָה ב"ש אוֹמֵר שְׁתֵּי חֻולְיוֹת וב"ה אוֹמֵר חֻולְיָא אַחַת. וְאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל עֲלָהּ וְכֵן לִטְרֵיפָה. וְחֻולְיָא בְּלֹא צֶלַע מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ בְּשִׁילְהֵי כַּפְלֵי:
'La majorité de ses côtés [ont été] brisées'. Nos Maîtres ont enseigné : voici [ce qu'est] la majorité de ses côtés — six d'un côté et six de l'autre, ou onze d'un côté et une de l'autre. Zé'iri a dit : et [cela] à condition qu'elles aient été brisées depuis leur moitié vers la colonne (chidra). Rabba bar bar Hana a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : et [il s'agit] des côtés contenant de la moelle (moah). Oula a dit : Ben Zakkai a dit : [si elles] ont été arrachées (ne'ekrou), [il suffit de] la majorité d'un seul côté ; [si elles] ont été brisées (nichtabrou), [il faut] la majorité des deux côtés. Et Rabbi Yo'hanan a dit : qu'elles aient été arrachées ou brisées, [il faut] la majorité des deux côtés. Et notre sougya [suit l'avis] de Rabbi Yo'hanan, car on lui objecte [à partir de son avis], dans notre passage, [les propos] de Rav Kahana et Rav Assi. Et si une côte à été arrachée avec une demi-vertèbre (hatsi hulya) avec elle, [la bête est] tereifa, car c'est [le cas du] pilon et du mortier (bokhna ve-assita). Et si une vertèbre (tolya) a été arrachée sans côte, [la bête est] tereifa, comme ce [cas] qui a été enseigné : 'combien retranche-t-on [de vertèbres] de la colonne [sans qu'elle soit invalidée] ? La maison de Chammai (Bet Chammai) dit : deux vertèbres ; et la maison de Hillel (Bet Hillel) dit : une seule vertèbre'. Et Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel à son sujet : 'et de même pour [rendre] tereifa'. Et [le cas d']une vertèbre sans côte, tu le trouves à l'extrémité des flancs (chilhei kaflei).
💡 Explication

La michna : si la majorité des côtés de la bête est brisée, elle est tereifa. La braita précise : sur les vingt-deux grandes côtés (onze de chaque côté), la majorité [douze] se réalise soit par six et six, soit par onze et une.

6
אָמַר זְעֵירִי: וּמֵחֶצְייָן כְּלַפֵּי שִׁדְרָה. אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: וּבִצְלָעוֹת גְּדוֹלוֹת שֶׁיֵּשׁ בָּהֶן מוֹחַ.

Zé'iri a dit : et [il faut que la brisure soit] depuis leur moitié vers la colonne (chidra). Rabba bar bar Hana a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : et [il s'agit] des grandes côtés contenant de la moelle (moah).

📜 Rachi (1)
וּמֵחֶצְייָן כְּלַפֵּי שִׁדְרָה וּבָעֵינַן שֶׁיְּהוּ נִשְׁבָּרוֹת אוֹתָן י"ב צְלָעוֹת מֵחֶצְייָן כְּלַפֵּי שִׁדְרָה לְפִי שֶׁשָּׁם חַיּוּתָהּ וְלֹא מֵחֶצְיָהּ וּלְצַד הֶחָזֶה:
Depuis leur moitié vers la colonne — et nous requérons que ces douze côtés soient brisées depuis leur moitié vers la colonne, parce que c'est là que [se trouve] sa vitalité (hiyouta), et non depuis leur moitié [tournée] vers le poitrail (haze).
💡 Explication

Deux précisions. Zé'iri : la brisure ne rend tereifa que si elle se situe dans la moitié de la côte tournée vers la colonne vertébrale (chidra), siège de la vitalité, et non du côté du poitrail. Rabbi Yo'hanan (via Rabba bar bar Hana) : seules comptent les grandes côtés à moelle, non les petites.

7
אָמַר עֻולָּא, בֶּן זַכַּאי אָמַר: נֶעֶקְרוּ – בְּרוֹב צַד אֶחָד, נִשְׁתַּבְּרוּ – בְּרוֹב שְׁנֵי צְדָדִין. רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: בֵּין נֶעְקְרוּ בֵּין נִשְׁתַּבְּרוּ – בְּרוֹב שְׁנֵי צְדָדִין.

Oula a dit : Ben Zakkai a dit : [si les côtés] ont été arrachées (ne'ekrou) — [il suffit de] la majorité d'un seul côté ; [si elles] ont été brisées (nichtabrou) — [il faut] la majorité des deux côtés. Rabbi Yo'hanan a dit : qu'elles aient été arrachées ou brisées — [il faut] la majorité des deux côtés.

📜 Rachi (2)
בַּר זַכַּאי לָא יָדַעְנָא מַנּוּ:
Bar Zakkai — je ne sais pas qui [il est].
נֶעְקְרוּ בְּרֹוב צַד אֶחָד כֵּיוָן שֶׁנֶּעֶקְרוּ שֵׁשׁ מֵהֶם דְּהַיְינוּ רֹוב צַד אֶחָד טְרֵפָה אֲבָל בְּנִשְׁתַּבְּרוּ לָא מִיטַּרְפָא אֶלָּא בי"ב דְּהַיְינוּ רֹוב שְׁנֵי צְדָדִין:
[Si elles] ont été arrachées, [il suffit de] la majorité d'un seul côté — des lors que six d'entre elles ont été arrachées, ce qui est la majorité d'un seul côté, [la bête est] tereifa ; mais si elles ont été brisées, elle n'est tereifa qu'avec douze, c'est-à-dire la majorité des deux côtés.
💡 Explication

Mahloket sur l'arrachement (ne'ekrou, côtés détachées de la colonne) face à la brisure (nichtabrou). Ben Zakkai : pour l'arrachement, la majorité d'un seul côté (six côtés) suffit à rendre tereifa ; pour la brisure il faut la majorité des deux côtés (douze). Rabbi Yo'hanan : dans les deux cas, il faut la majorité des deux côtés.

8
אָמַר רַב: נֶעֶקְרָה צֵלָע וְחֻולְיָא עִמָּהּ – טְרֵפָה. אָמְרִי לֵיהּ רַב כָּהֲנָא וְרַב אַסִּי לְרַב: נֶעֶקְרָה צֵלָע מִכָּאן וְצֵלָע מִכָּאן, וְחֻולְיָא קַייֶּמֶת, מַהוּ? אֲמַר לְהוּ: גִּיסְטְרָא קָאָמְרִיתוּ?!

Rav a dit : [si] une côte à été arrachée avec sa vertèbre (hulya) — [la bête est] tereifa. Rav Kahana et Rav Assi dirent à Rav : [si] une côte [à été arrachée] d'ici et une côte de là, et que la vertèbre subsiste, quoi [le statut] ?

Il leur dit : [c'est] d'une bête tranchée (gistra) que vous parlez !

📜 Rachi (3)
וְחֻולְיָא עִמָּהּ וַאֲפִילּוּ הַחוּט קַיָּים:
Avec sa vertèbre — et même [si] le fil [médullaire] (hout) subsiste.
אָמְרִי לֵיהּ בָּעוּ מִינֵּיהּ נֶעֶקְרָה צֵלָע מִכָּאן וְצֵלָע כְּנֶגְדָּהּ וְחֻולְיָא קַייֶּמֶת מַהוּ:
Ils lui dirent — ils lui demandèrent : [si] une côte à été arrachée d'ici et la côte [qui lui fait] face, et que la vertèbre subsiste, quoi [le statut] ?
גִּיסְטְרָא קָאָמְרִיתוּ בִּתְמִיהַּ. בְּהֵמָה שֶׁנִּפְסְקָה בְּאֶמְצָעִיתָהּ אַתֶּם שׁוֹאֲלִים הָא נְבֵלָה נָמֵי הִיא כִּדְאָמַר בפ"ק (לְעֵיל חֻולִּין דַּף כא.):
[C'est] d'une bête tranchée (gistra) que vous parlez — par étonnement : une bête qui a été sectionnée en son milieu, voilà ce dont vous m'interrogez ! Or elle est aussi nevela, comme il est dit au premier chapitre (plus haut, Houlin 21a).
⚖️ Rosh (1)
וּדְרוּסַת הַזְּאֵב. אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב בִּבְהֵמָה מִן הַזְּאֵב וּלְמַעְלָה. בְּעוֹפוֹת מִן הַנֵּץ וּלְמַעְלָה וּפָרִיךְ בְּעוֹפוֹת מַאי קמ"ל מַתְנִיתִין הִיא וּדְרוּסַת הַנֵּץ בְּעוֹף הַדַּק אֲבָל לְמַטָּה מִן הַנֵּץ לָא דָּרֵיס וְתֵירֵץ דְּאַיְּידֵי דְּאָמְרִינַן בִּבְהֵמָה מִן הַזְּאֵב וּלְמַעְלָה דְּאִית בֵּיהּ חִדּוּשׁ כְּדִמְפָרֵשׁ נְקַט נָמֵי מִן הַנֵּץ וּלְמַעְלָה אִי נָמֵי כִּי הֵיכִי דְּאַשְׁמוֹעִינַן בִּבְהֵמָה דְּלָא תֵּימָא אוֹרְחָא דְמִילְּתָא קָתָנֵי הָכִי נָמֵי אִיכָּא לְשַׁנּוּיֵי בְּעוֹפוֹת. לִמְעוּטֵי מַאי. אִילֵּימָא לִמְעוּטֵי חָתוּל פְּשִׁיטָא דְּרוּסַת הַזְּאֵב תְּנַן. וְכִי תֵּימָא קמ"ל דִּזְאֵב אֲפִילּוּ בְּגַסָּה נָמֵי דָּרֵיס וְהָא קָתָנֵי סֵיפָא רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר דְּרוּסַת הַזְּאֵב בַּדַּקָּה וּדְרוּסַת אֲרִי בַּגַּסָּה אֲבָל דְּרוּסַת הַזְּאֵב בְּגַסָּה לֹא. וְכִי תֵּימָא רַבִּי יְהוּדָה פְּלִיג אַתַּנָּא קַמָּא. וְהָאָמַר רַבִּי בִּנְיָמִין בַּר יֶפֶת א"ר אֶלְעָזָר לֹא בָּא רַבִּי יְהוּדָה אֶלָּא לְפָרֵשׁ דִּבְרֵי חֲכָמִים. גַּבְרָא אַגַּבְרָא קָרָמֵית. מַר סָבַר פְּלִיגִי וְסָבְרִי רַבָּנָן דִּזְאֵב בְּגַסָּה נָמֵי דָּרֵיס. וַהֲוָה אָמֵינָא דְּחָתוּל דָּרֵיס בְּדַקָּה הִילְכָּךְ אֲתָא רַב לְאַשְׁמוֹעִינַן דְּחָתוּל לָא דָּרֵיס בְּדַקָּה. וְקָשֶׁה לְפֵירוּשׁוֹ מִדְּקָאָמַר וְאִי בָּעֵית אֵימָא לִמְעוּטֵי חָתוּל מַשְׁמַע דְּשִׁינּוּייָא קַמָּא לָא אֲתָא לְמַעוּטֵי חָתוּל. וְעוֹד מַאי דּוֹחֲקִין לְמֵימַר דְּרַב פְּלִיג אַרַבִּי בִּנְיָמִין בַּר יֶפֶת לֵימָא רַב פֵּירוּשָׁא דְּמַתְנִיתִין אֲתָא לְאַשְׁמוֹעִינַן וּכְרַבִּי בִּנְיָמִין. וּזְאֵב לָא דָּרֵיס אֶלָּא בְּדַקָּה וּלְמִעוּטֵי חָתוּל. הִילְכָּךְ נִרְאֶה לְפָרֵשׁ וְדִילְמָא הָא קמ"ל דִּזְאֵב בְּגַסָּה נָמֵי דָּרֵיס וְלֹא בָּא לִמְעוּטֵי חָתוּל וה"ק כָּל מִן הַזְּאֵב וּלְמַעְלָה שָׁוִין מָה אֲרִי בְּגַסָּה אַף זְאֵב בְּגַסָּה. ואב"א לְעוֹלָם לִמְעוּטֵי חָתוּל וְאִי מִמַּתְנִיתִין הֲוָה אֲמִינָא אוֹרְחָא דְמִילְּתָא קָתָנֵי. כָּתַב בְּסֵפֶר הַתְּרוּמָה כֵּיוָן דְּאִיכָּא תְּרֵי שִׁינּוּיֵי לְשִׁינּוּייָא קַמָּא פְּלִיגִי וּלְשִׁינּוּייָא בָּתְרָא לָא פְלִיגִי אָזְלִינַן לְחוּמְרָא כְּלִישָּׁנָא קַמָּא. וַהֲלָכָה כְּרַב דְּאָמַר פְּלִיגִי וַהֲלָכָה כַּחֲכָמִים דְּסָבְרִי דִּזְאֵב דָּרֵיס בְּגַסָּה. וְרַב אִלְפָּס זַ"ל כָּתַב דִּזְאֵב לָא דָּרֵיס בְּגַסָּה. ונ"ל כִּדְבָרָיו דְּכֵיוָן דְּאִיכָּא תְּרֵי שִׁינּוּיֵי שָׁבְקִינַן הַאי שִׁינּוּיָא דִּמְפַלֵּיג אָמוֹרָאִין וּתְנָאִין וְנָקְטִינַן הַאי שִׁינּוּייָא דְּלָא פְּלִיגִי אָמוֹרָאֵי וְלֹא תַּנָּאֵי. וְעוֹד אַלִּיבָּא דְּרַב לָא אִימַּעוּט חָתוּל מִדְּרִיסַת דַּקָּה. וְכֻולָּהּ סֻוגְיָא מוֹכַחַת דְּחָתוּל בְּאִימְּרֵי רַבְרְבֵי לָא דָּרֵיס אֶלָּא דַּוְוקָא בְּאִימְּרֵי זוּטְרֵי. אָמַר רַב חִסְדָּא אָמַר רַב דְּרִיסַת חָתוּל וּנְמִיָּיה בִּגְדָיִים וּטְלָאִים. דְּרִיסַת חֻולְדָּה בְּעוֹפוֹת. אַיְּתִיבֶיהָ דְּרִיסַת חָתוּל נֵץ וּנְמִיָּה עַד שֶׁתִּנָּקֵב לֶחָלָל. פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י כְּקוֹץ בְּעָלְמָא אֲבָל אֶרֶס שֶׁלָּהֶן אֵין מַזִּיק. וְהָרַמְבַּ"ם זַ"ל כָּתַב דְּאֶרֶס שֶׁלּוֹ מַזִּיק אִם נִקַּב לְחַלֵּל בִּגְדָיִים וּטְלָאִים. וְכֵן כָּתַב רַב אִלְפָּס זַ"ל וּדְרוּסַת הַנֵּץ בִּגְדָיִים וּטְלָאִים לְבֵית חֲלָלוֹ פְּסוּלָה. אֲבָל אִי לָא אַנָּקוּב לְחַלֵּל כָּשֵׁר. וּמְדַקְדְּקִין מִדְּקָתָנֵי דְּרִיסַת חָתוּל נֵץ וּנְמִיָּיה עַד שֶׁתִּנָּקֵב לֶחָלָל אַלְמָא כְּשֶׁנִּיקַּב לְחַלֵּל מִיקְּרֵי דְּרִיסָה. וּלְרַשִׁ"י הָכִי פֵּירוּשׁוֹ דְּרִיסָתָן אֵינוֹ אֶלָּא כִּנְקִיבַת קוֹץ לְחַלֵּל. הוּא דְּאָמַר כִּבְרִיבִי דְּתַנְיָא בְּרִבִּי אוֹמֵר לֹא אָמְרוּ דְּאֵין דְּרִיסָה אֶלָּא בְּמָקוֹם שֶׁאֵין מַצִּילִין. אֲבָל בִּמְקוֹם שֶׁיֵּשׁ מַצִּילִין יֵשׁ דְּרִיסָה. אִיכָּא דְּאָמְרִי הָא מַנִּי בְּרִיבִּי דְּתַנְיָא בְּרִיבִּי אוֹמֵר לֹא אָמְרוּ יֵשׁ דְּרוּסָה אֶלָּא בִּמְקוֹם שֶׁיֵּשׁ מַצִּילִין. אֲבָל בִּמְקוֹם שֶׁאֵין מַצִּילִין אִין דְּרוּסָה. פֵּירוּשׁ הַךְ בָּרַייְתָא דְּחָתוּל נֵץ וּנְמִייָּה אֵין לָהֶן דְּרִיסָה מַייְרֵי בְּמָקוֹם שֶׁאֵין מַצִּילִין וּמַתְנִיתִין דְּרוּסַת הַנֵּץ בְּעוֹף הַדַּק דְּמַשְׁמַע אַף בְּמָקוֹם שֶׁאֵין מַצִּילִין דֻּומְיָא דַּאֲרִי וּזְאֵב אֲפִילּוּ בְּרִיבִי מוֹדֶה דְּדָרְסִי בְּכָל עִנְיָן. וְלָא מְפַלֵּיג אֶלָּא בְּחַיּוֹת קְטַנּוֹת דְּאֵין כֹּחַ בְּאֶרֶס שֶׁלָּהֶן לְהָמִית אֶלָּא מִתּוֹךְ חַמָּה מְרֻובָּה. הַייְנוּ בְּעוֹף הַדַּק דִּבְכָל דְּהוּא יַזִּיק לוֹ הָאֶרֶס. אֲבָל בִּגְדָיִים וּטְלָאִים וְעוֹף הַגַּס אֵין לוֹ כֹּחַ לְהָמִית אֶלָּא בִּמְקוֹם שֶׁיֵּשׁ מַצִּילִין וּלְהַאי שִׁינּוּייָא סָבְרִי רַבָּנָן דְּחָתוּל דָּרֵיס אַף בְּמָקוֹם שֶׁאֵין מַצִּילִין. וְרַב חִסְדָּא סָבַר כְּרַבָּנָן. וּלְלִישָּׁנָא קַמָּא סָבַר רַב חִסְדָּא כִּבְרִיבִי דְּחָתוּל אֵין לוֹ דְּרִיסָה אֶלָּא בְּמָקוֹם שֶׁיֵּשׁ מַצִּילִים ואע"ג דְּלִישָּׁנָא בָּתְרָא לְחוּמְרָא מִסְתַּבְּרָא דַּהֲלָכָה כְּלִישָּׁנָא קַמָּא. דְּלִישָּׁנָא בָּתְרָא דְּחִיקָא הוּא. מִשּׁוּם דְּבָעֵינַן לִפְלוּגֵי לִבְרִיבַי בְּנֵץ בֵּין דְּרוּסַת עוֹף הַדַּק לִדְרִיסַת גְּדָיִים וּטְלָאִים וְעוֹף הַגַּס. וְזֶהוּ דֹּוחַק גָּדוֹל לוֹמַר דְּאִית לֵיהּ דְּרִיסָה בְּכוּלְּהוּ וְאֵין דְּרִיסָתוֹ שָׁוָה בָּהֶן. לָזֶה דַּוְקָא בְּמַצִּילִין וְלָזֶה אַף בְּאֵין מַצִּילִין. וּלְהָא פִּיסְקָא נִיחָא מַה שֶׁאֵין הָעוֹלָם נִזְהָרִין כְּשֶׁחָתוּל נִכְנַס לְלוּל שֶׁל תַּרְנְגוֹלִין וְאִיהוּ שְׁתֵיק וְאִינְהוּ מְצַפְצְפַי. וְכֵן כָּתַב בְּסֵפֶר הַתְּרוּמָה אֲבָל רַב אִלְפָּס זַ"ל לֹא חִלֵּק בֵּין מַצִּילִין לְאֵין מַצִּילִין מַשְׁמַע דְּסָבַר כְּלִישָּׁנָא בָּתְרָא לְחוּמְרָא וּמַסְּקִינַן אַלִּיבָּא דְּרַב דְּאֵין דְּרִיסָה לְחָתוּל בְּאִמְרֵי רַבְרְבֵי. אֲבָל בְּאִימְּרֵי זוּטְרֵי אִית לֵיהּ דְּרִיסָה. וְכֵן לִנְמִיָּה וּלְחֻולְדָּה אֵין דְּרִיסָה בִּגְדָיִים וּטְלָאִים. אֲבָל בְּעוֹפוֹת יֵשׁ לָהֶן דְּרִיסָה. וְשׁוּעָל אַתֵּימָא דְּיֵשׁ לוֹ דְּרִיסָה וְאִיתֵּימָא דְּאֵין לוֹ דְּרִיסָה וּסְפֵיקָא דְּאִיסּוּרָא לְחוּמְרָא וְדַוְקָא בִּגְדָיִים וּטְלָאִים דְּלָא עֲדִיף מֵחָתוּל וְגַם לְמַטָּה מִן הַזְּאֵב הוּא וְאֵין לוֹ דְּרִיסָה בְּדַקָּה: בָּעֵי רַב אָשֵׁי שְׁאָר עוֹפוֹת טְמֵאִין יֵשׁ לָהֶן דְּרִיסָה אוֹ אֵין לָהֶן דְּרִיסָה. א"ל רַב הִלֵּל לְרַב אָשֵׁי כִּי הֲוֵינַן בֵּי רַב כָּהֲנָא אָמְרִינַן שְׁאָר עוֹפוֹת יֵשׁ לָהֶן דְּרִיסָה וְהָא אֲנַן דְּרוּסַת הַנֵּץ תְּנַן. אָמְרִי נֵץ בְּרַבְרְבֵי מִינֵּיהּ. שְׁאָר עוֹפוֹת טְמֵאִין כְּדִכְוָותַייְהוּ. אִי נָמֵי נֵץ בְּדִכְוָותַייְהוּ שְׁאָר עוֹפוֹת טְמֵאִין בְּזוּטְרֵי מִינַּייְהוּ וּבַעְיָא דְּרַב אַשִּׁי לֵיכָּא לְמִיפְשַׁט מִמִּילְּתָא דְּרַב דְּאָמַר בְּעוֹפוֹת מִן הַנֵּץ וּלְמַעְלָה דְּמַשְׁמַע דְּכָל עוֹפוֹת שֶׁמִּן הַנֵּץ וּלְמַעְלָה דּוֹרְסִין. דְּאִיכָּא לְמֵימַר דְּאַגָּס קָאֵי וְלָאו לִמְעוּטֵי מִנֵּץ וּלְמַטָּה דְּאֵין לָהֶן דְּרוּסָה וּלְמַעְלָה יֵשׁ לָהֶן דְּרִיסָה. דְּאַגַּב דִּנְקַט בִּבְהֵמָה מִן הַזְּאֵב וּלְמַעְלָה לִמְעוּטֵי חָתוּל נְקַט נָמֵי בְּעוֹפוֹת מִן הַנֵּץ וּלְמַעְלָה כִּדְפָרֵישִׁית לְעֵיל. וְהָא דְּאָמַר רַב נְחֶמְיָה בִּבְהֵמָה מִן הַזְּאֵב וּלְמַעְלָה. לֹא בָּא לוֹמַר דְּכֹל מִן הַזְּאֵב וּלְמַעְלָה יֵשׁ לוֹ דְּרִיסָה כְּגוֹן דּוֹב וְנָמֵר. דְּא"כ מַאי שְׁקִיל וְטָרֵי הַשַּׁ"ס לְעֵיל בְּמִילְּתֵיהּ דְּרַב לְמַאי אִיצְטְרִיךְ הָא טוּבָא אֲתָא לְאַשְׁמוֹעִינַן דְּכֹל מִן הַזְּאֵב וּלְמַעְלָה דָּרֵיס וּמִמַּתְנִיתִין לָא שָׁמְעִינַן אֶלָּא זְאֵב וַאֲרִי. וְעוֹד מַאי קָמִיבַּעְיָא לֵיהּ בְּעוֹפוֹת טְמֵאִין כִּי הֵיכִי דְּבִבְהֵמָה מִן הַזְּאֵב וּלְמַעְלָה דָּרֵיס הוּא הַדִּין בְּעוֹפוֹת מִן הַנֵּץ וּלְמַעְלָה דּוֹרֵס אֶלָּא וַדַּאי נִרְאֶה דְּאֵין דְּרִיסָה אֶלָּא לִזְאֵב וַאֲרִי. ואע"פ שֶׁהַדֹּוב שַׁכּוּל אֵינוֹ דּוֹרֵס וְגַם אֵין לוֹ צִפָּורְנַיִם לִדְרֹוס וְגַם הַנָּמֵר אע"פ שֶׁהוּא עז שֶׁמָּא אֵינוֹ דּוֹרֵס מִידֵּי דַּהֲוָה אַשּׁוּעָל אע"פ שֶׁנְּשִׁיכָתוֹ קָשֶׁה מְסַפְּקָא לֵיהּ אִם יֵשׁ לוֹ דְּרִיסָה אַף כֶּחָתוּל. וְעוֹד מַאן לֵימָא לָן שֶׁהוּא לְמַעְלָה מִן הַזְּאֵב שֶׁמָּא הוּא לְמַטָּה מִן הַזְּאֵב כִּי חַיָּה קְטַנָּה הִיא וְכֵן מִסְתַּבֵּר דְּקִים לֵיהּ לַגְּמָרָא דְּאֵין דְּרִיסָה אֶלָּא בִּזְאֵב וַאֲרִי. מִדְּלָא בָּעֵי הַשַּׁ"ס אִי יֵשׁ דְּרִיסָה בִּשְׁאָר חַיָּה כִּי הֵיכִי דְּבָעֵי בִּשְׁאָר עוֹפוֹת טְמֵאִין וְאֵין לוֹמַר דִּפְשִׁיטָא לֵיהּ דְּיֵשׁ לָהֶן דְּרִיסָה. דְּאַמַּאי פְּשִׁיטָא לֵיהּ יוֹתֵר מִבְּעוֹפוֹת. אֶלָּא וַדַּאי נִרְאֶה דִּפְשִׁיטָא לֵיהּ בִּבְהֵמָה דְּאֵין לָהֶן דְּרִיסָה. וּמְסַפְּקָא לֵיהּ בְּעוֹפוֹת מִשּׁוּם דְּהַרְבֵּה עוֹפוֹת דּוֹרְסִין. וּמְסַפְּקָא לֵיהּ אִם יֵשׁ לָהֶן אֶרֶס לְהָמִית. מִיהוּ יֵשׁ לְהִסְתַּפֵּק לְפִי הַמַּסְּקָנָא דְּאָמַר נֵץ וְגַס בְּרַבְרְבֵי מִינַּייְהוּ וּשְׁאָר עוֹפוֹת בְּדִכְוָותַייְהוּ אִם יֵשׁ דְּרִיסָה מִן הַנֵּץ וּלְמַטָּה. כִּי הֵיכִי דְּמִן הַזְּאֵב וּלְמַעְלָה אֲתָא לְמַעוּטֵי חָתוּל בְּאִימְּרֵי רַבְרְבֵי וַאֲפִילּוּ הָכֵי דָּרֵיס בְּאִימְּרֵי זוּטְרֵי. הָכִי נָמֵי מִן הַנֵּץ וּלְמַעְלָה דְּהַיְינוּ גַּס דָּרְסִי אַף בְּרַבְרְבֵי מִינַּייְהוּ וּשְׁאָר עוֹפוֹת טְמֵאִין בְּדִכְוָותַייְהוּ אוֹ דִּילְמָא אִי מְפָרְשִׁינַן הָכִי לָא הֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר מִן הַנֵּץ וּלְמַעְלָה כֵּיוָן דִּלְמַעְלָה וּלְמַטָּה שָׁוִין. וְלָא דָּמֵי לַמָּן הַזְּאֵב וּלְמַעְלָה דַּאֲתָא לִמְעוּטֵי חָתוּל מִבְּהֵמָה. וְגַם לְמַעְלָה מִן הַזְּאֵב אֵין דְּרִיסָה כִּי אִם בָּאֲרִי. וּמִסְתַּבֵּר דְּאֵין דְּרִיסָה מִן הַנֵּץ וּלְמַטָּה מִטַּעְמָא דְּפָרֵישִׁית. אָמַר רַב יוֹסֵף נְקִיטִינַן אֵין דְּרִיסָה לְכֶלֶב. אָמַר אַבַּיֵּי נְקִיטִינַן לְהָנֵי דְּדָרְסִי דְּלָא דָּרְסִי אֶלָּא בַּיָּד לְאַפּוֹקֵי רֶגֶל דְּלָא וְאֵין דְּרִיסָה אֶלָּא בְּצִיפֹּורֶן לְאַפּוֹקֵי שֵׁן דְּלָא עַד דְּמִינְּקַב לְחַלֵּל. וְאֵין דְּרִיסָה אֶלָּא מִדַּעַת לַאֲפִיקֵי שֶׁלֹּא מִדַּעַת דְּלָא כְּגוֹן שֶׁנָּפַל עַל הַבְּהֵמָה וְנִתְקַע בָּהּ צִפָּורְנָיו. וְאֵין דְּרִיסָה אֶלָּא מֵחַיִּים לְאַפּוֹקֵי לְאַחַר מִיתָה כְּגוֹן שֶׁדְּרָסָהּ וּמִקַּמֵּי דְּלִשְׁקַלָה לְסִיחוּפֵיהּ קַטְלוּהָ. אִי נָמֵי דִּפְסָקוּהָ לִידֵיהּ. מַהוּ דְּתֵימָא בַּהֲדֵי דְּדָרֵיס שָׁדֵי זִיהֲרֵיהּ. קמ"ל בַּהֲדֵי דְּשָׁלֵיף שָׁדֵי זִיהֲרֵיהּ. וְאֵין לִסְמֹוךְ עַל זֶה לִשְׁחֹוט אֶת הָעוֹף בְּעוֹד שֶׁהַנֵּץ יוֹשֵׁב עָלָיו. לְפִי שֶׁפְּעָמִים כְּשֶׁהַנֵּץ רוֹדֵף אַחַר הָעוֹף הוּא מַכֵּהוּ בְּצִיפָּורְנָיו דֶּרֶךְ פְּרִיחָתוֹ:
'Et [la bête] piétinée par le loup (deroussat ha-ze'ev)'. Rav Yehouda a dit au nom de Rav : pour une bête [domestique], depuis le loup et au-dessus [depuis les prédateurs de sa taille et plus grands] ; pour les volatiles, depuis l'épervier (netz) et au-dessus. Et l'on objecte : pour les volatiles, que [nous] apprend-il [de neuf] ? [Le piétinement de l'épervier] est [déjà] une michna, [savoir] 'et le piétinement de l'épervier sur le volatile menu', mais en dessous de l'épervier il ne piétine pas [n'est pas dangereux]. Et l'on répond : puisqu'on dit 'pour une bête, depuis le loup et au-dessus', ce qui comporte une nouveauté (hidouch) comme cela est expliqué, on a [aussi] pris 'depuis l'épervier et au-dessus'. Ou bien : de même qu'il nous apprend au sujet de la bête [quelque chose] pour que tu ne dises pas qu'il enseigne [seulement] la manière ordinaire de la chose (orha de-milta), de même ici [aussi] il y a [quelque chose] à expliquer au sujet des volatiles. [Le loup] pour exclure quoi ? Si tu dis : pour exclure le chat (hatoul), [c'est] évident, [car] 'le piétinement du loup' [nous] avons enseigné [dans la michna]. Et si tu dis : il [nous] apprend que le loup piétine même le [bétail] gros [gross ussi] — mais voici qu'il est enseigné dans la fin [de la michna] : 'Rabbi Yehouda dit : le piétinement du loup pour le [bétail] menu et le piétinement du lion pour le [bétail] gros', mais le piétinement du loup pour le [bétail] gros, non. Et si tu dis : Rabbi Yehouda diverge d'avec le premier maître (tanna kamma) — mais Rabbi Binyamin bar Yefet n'a-t-il pas dit au nom de Rabbi Eleazar : 'Rabbi Yehouda n'est venu que pour expliquer les paroles des Sages' ? [Réponse :] tu opposes [un] homme à [un autre] homme ! Ce maître [Rav] tient qu'ils divergent, et que les Sages tiennent que le loup piétine aussi le [bétail] gros. Et j'aurais pu dire que le chat piétine le [bétail] menu ; c'est pourquoi Rav est venu nous apprendre que le chat ne piétine pas le [bétail] menu. Et [cette] explication est difficile, car de ce qu'on dit 'et si tu veux dis : pour exclure le chat', il ressort que la première réponse n'est pas venue pour exclure le chat. Et de plus, quelle contrainte [nous force] à dire que Rav diverge d'avec Rabbi Binyamin bar Yefet ? Disons [plutôt] que Rav est venu nous apprendre l'explication de la michna, et [ce] selon Rabbi Binyamin. Et [selon quoi] le loup ne piétine que le [bétail] menu, et [Rav vient] pour exclure le chat. C'est pourquoi il paraît bon d'expliquer : 'et peut-être voici ce qu'il [nous] apprend : que le loup piétine aussi le [bétail] gros', et il n'est pas venu pour exclure le chat, et voici ce qu'il dit : tout [ce qui va] depuis le loup et au-dessus est égal ; de même que le lion [piétine] le [bétail] gros, de même le loup [piétine] le [bétail] gros. Et si tu veux dis : en vérité [c'est] pour exclure le chat, et si [nous l'apprenions seulement] de la michna, j'aurais dit qu'elle enseigne [seulement] la manière ordinaire de la chose. Il est écrit dans le Sefer ha-Terouma : puisqu'il y a deux réponses — selon la première réponse ils divergent, et selon la dernière réponse ils ne divergent pas — nous allons vers la rigueur (humra) comme [selon] la première version (lichana kamma). Et la halakha [est] comme Rav qui dit qu'ils divergent, et la halakha [est] comme les Sages qui tiennent que le loup piétine le [bétail] gros. Et Rav Alfas (le Rif), de mémoire bénie, a écrit que le loup ne piétine pas le [bétail] gros. Et il me paraît [juste] comme ses paroles, car puisqu'il y a deux réponses, nous abandonnons cette réponse qui fait diverger les Amoraim et les Tannaim, et nous retenons cette réponse selon laquelle ne divergent ni les Amoraim ni les Tannaim. Et de plus, selon Rav, le chat n'a pas été exclu du piétinement du [bétail] menu. Et toute la sougya prouve que le chat ne piétine pas les agneaux grands, mais seulement précisément les agneaux petits. Rav Hisda a dit au nom de Rav : le piétinement du chat et de la fouine (nemiya) [se fait] sur les chevreaux et les agneaux ; le piétinement de la belette (houlda) [se fait] sur les volatiles. On lui a objecté : 'le piétinement du chat, de l'épervier et de la fouine [n'est dangereux] que s'il perfore jusqu'à la cavité (halal)'. Rachi a expliqué : comme une simple épine, mais leur venin (ères) ne nuit pas. Et le Rambam, de mémoire bénie, a écrit que leur venin nuit s'il [le membre] est perforé jusqu'à la cavité, chez les chevreaux et les agneaux. Et de même a écrit Rav Alfas, de mémoire bénie : 'et le piétinement de l'épervier sur les chevreaux et les agneaux jusqu'à la maison de leur cavité [rend la bête] passoul [invalide]', mais s'il n'y a pas eu perforation jusqu'à la cavité, [elle est] kachère. Et l'on précise [par une déduction] : de ce qu'il est enseigné 'le piétinement du chat, de l'épervier et de la fouine [n'est dangereux] que s'il perfore jusqu'à la cavité', il ressort donc que lorsqu'il a perforé jusqu'à la cavité, cela s'appelle piétinement (derissa). Et selon Rachi, voici son explication : leur piétinement n'est que comme une perforation d'épine jusqu'à la cavité. Lui [le maître] a dit comme Beribbi, car il a été enseigné : 'Beribbi dit : ils n'ont dit qu'il n'y a pas de piétinement que là où il n'y a pas de sauveteurs [personne pour secourir], mais là où il y a des sauveteurs, il y a piétinement'. Certains disent [une autre version] : de qui est ce [cas] ? De Beribbi, car il a été enseigné : 'Beribbi dit : ils n'ont dit qu'il y a piétinement que là où il y a des sauveteurs, mais là où il n'y a pas de sauveteurs, il n'y a pas de piétinement'. Explication : cette braita du chat, de l'épervier et de la fouine, qui n'ont pas de piétinement, traite [du cas] où il n'y a pas de sauveteurs ; et la michna 'le piétinement de l'épervier sur le volatile menu', qui implique même là où il n'y a pas de sauveteurs, similaire au lion et au loup — même Beribbi concède qu'ils piétinent en toute manière. Et il ne diverge que pour les petites bestioles, dont le venin n'a pas la force de faire mourir sinon par une grande chaleur [prolongée]. C'est [le cas] du volatile menu, chez qui le venin nuit en quantité minime. Mais chez les chevreaux et les agneaux et le volatile gros, il n'a la force de faire mourir que là où il y a des sauveteurs. Et selon cette réponse, les Sages tiennent que le chat piétine même là où il n'y a pas de sauveteurs. Et Rav Hisda tient comme les Sages. Et selon la première version, Rav Hisda tient comme Beribbi, que le chat n'a de piétinement que là où il y a des sauveteurs. Et bien que la dernière version [aille] vers la rigueur, il est raisonnable que la halakha [soit] comme la première version, car la dernière version est forcée (dehika), parce que nous devons faire diverger Beribbi au sujet de l'épervier entre le piétinement du volatile menu et le piétinement des chevreaux, des agneaux et du volatile gros. Et c'est une grande contrainte de dire qu'il a un piétinement pour tous, mais que son piétinement n'est pas égal pour eux : pour celui-ci précisément là où il y a des sauveteurs, et pour celui-là même là où il n'y a pas de sauveteurs. Et selon cette décision (pisqa) [la première version] s'explique bien ce que les gens ne prennent pas garde lorsqu'un chat entre dans un poulailler et qu'il [le chat] se tait tandis qu'ils [les poulets] piaillent [il n'y a pas crainte car il y a des sauveteurs, personne n'étant présent]. Et de même il est écrit dans le Sefer ha-Terouma. Mais Rav Alfas, de mémoire bénie, n'a pas distingué entre 'il y a des sauveteurs' et 'il n'y a pas de sauveteurs', [ce qui] implique qu'il tient comme la dernière version, vers la rigueur. Et nous concluons selon Rav qu'il n'y a pas de piétinement pour le chat sur les agneaux grands, mais sur les agneaux petits il a un piétinement. Et de même pour la fouine et la belette, il n'y a pas de piétinement sur les chevreaux et les agneaux, mais sur les volatiles ils ont un piétinement. Et le renard (chou'al), il y a qui dit qu'il a un piétinement et il y a qui dit qu'il n'a pas de piétinement, et [en cas de] doute d'interdit [on va] vers la rigueur ; et précisément pour les chevreaux et les agneaux, car il n'est pas supérieur au chat, et il est aussi en dessous du loup, et il n'a pas de piétinement sur le [bétail] menu. Rav Achi a demandé : les autres volatiles impurs (temeim), ont-ils un piétinement ou n'ont-ils pas de piétinement ? Rav Hillel a dit à Rav Achi : lorsque nous étions dans la maison d'étude de Rav Kahana, nous disions que les autres volatiles ont un piétinement. Mais nous, [c'est] 'le piétinement de l'épervier' [que nous] avons enseigné ! On a répondu : l'épervier [piétine] ceux qui sont plus grands que lui ; les autres volatiles impurs, [piétinent] ceux qui leur sont semblables. Ou bien : l'épervier [piétine] ceux qui lui sont semblables, [et] les autres volatiles impurs [piétinent] ceux qui sont plus petits qu'eux. Et la question de Rav Achi ne peut être tranchée à partir du propos de Rav qui dit 'pour les volatiles, depuis l'épervier et au-dessus', ce qui impliquerait que tous les volatiles depuis l'épervier et au-dessus piétinent — car on peut dire qu'il se rapporte au [bétail] gros [par analogie], et non pour exclure [ceux] depuis l'épervier et en dessous [en disant] qu'ils n'ont pas de piétinement et qu'au-dessus ils ont un piétinement ; car puisqu'il a pris 'pour une bête, depuis le loup et au-dessus' pour exclure le chat, il a pris de même 'pour les volatiles, depuis l'épervier et au-dessus', comme je l'ai expliqué plus haut. Et ce que Rav Nehemya a dit 'pour une bête, depuis le loup et au-dessus', il n'est pas venu dire que tout [ce qui va] depuis le loup et au-dessus a un piétinement, comme l'ours (dov) et la panthère (namer). Car s'il en était ainsi, quel [intérêt a] la discussion (chaqla ve-tarya) du Chas [Talmud] plus haut sur le propos de Rav, à quoi était-il nécessaire ? Voici [qu'il vient nous apprendre] beaucoup : que tout [ce qui va] depuis le loup et au-dessus piétine, et de la michna nous n'apprenons que le loup et le lion. Et de plus, qu'aurait-il [Rav Achi] à demander au sujet des volatiles impurs [en supposant que], de même que pour une bête depuis le loup et au-dessus [tout] piétine, de même pour les volatiles depuis l'épervier et au-dessus [tout] piétine ? Plutôt, assurément il paraît qu'il n'y a de piétinement que pour le loup et le lion. Et bien que l'ours privé [de ses petits] (dov chakoul) ne piétine pas — et de plus il n'a pas de griffes pour piétiner — et de même la panthère, bien qu'elle soit féroce ('az), peut-être ne piétine-t-elle pas, de la même manière que pour le renard, bien que sa morsure soit dure [dangereuse], il [le Talmud] doute s'il a un piétinement comme le chat. Et de plus, qui nous dit qu'il [le renard] est au-dessus du loup ? Peut-être est-il en dessous du loup, car c'est une petite bestiole. Et de même il est raisonnable [de dire] que le Talmud tient pour établi qu'il n'y a de piétinement que chez le loup et le lion, de ce que le Chas ne demande pas s'il y a un piétinement chez les autres bêtes [sauvages] comme il demande pour les autres volatiles impurs. Et l'on ne peut pas dire que c'est évident pour lui qu'ils ont un piétinement, car pourquoi [serait-ce] plus évident pour lui que pour les volatiles ? Plutôt, assurément il paraît qu'il est évident pour lui, au sujet des bêtes, qu'elles n'ont pas de piétinement, et il doute au sujet des volatiles parce que beaucoup de volatiles piétinent, et il doute s'ils ont un venin pour faire mourir. Toutefois, il y a lieu de douter, selon la conclusion qui dit 'l'épervier et le [volatile] gros [piétinent] ceux qui sont plus grands qu'eux, et les autres volatiles [piétinent] ceux qui leur sont semblables', s'il y a un piétinement depuis l'épervier et en dessous. De même que 'depuis le loup et au-dessus' est venu pour exclure le chat chez les agneaux grands, et néanmoins il piétine les agneaux petits, de même 'depuis l'épervier et au-dessus', c'est-à-dire le [volatile] gros, ils piétinent même ceux qui sont plus grands qu'eux, et les autres volatiles impurs [piétinent] ceux qui leur sont semblables ? Ou bien peut-être, si nous expliquons ainsi, il n'aurait pas [fallu] dire 'depuis l'épervier et au-dessus', puisque au-dessus et en dessous sont égaux. Et [ce cas] ne ressemble pas au 'depuis le loup et au-dessus' qui est venu pour exclure le chat de la [catégorie] bête ; et de plus, au-dessus du loup il n'y a de piétinement que chez le lion. Et il est raisonnable qu'il n'y ait pas de piétinement depuis l'épervier et en dessous, pour la raison que j'ai expliquée. Rav Yossef a dit : nous tenons [pour établi] qu'il n'y a pas de piétinement pour le chien (kelev). Abbaye a dit : nous tenons, pour ceux qui piétinent, qu'ils ne piétinent qu'avec la [patte de] devant (yad), à l'exclusion de la [patte de] derrière (regel) qui [ne piétine] pas ; et qu'il n'y a de piétinement qu'avec la griffe (tsiporen), à l'exclusion de la dent (chen) qui [ne fait] pas [piétinement], jusqu'à ce qu'il perfore jusqu'à la cavité ; et qu'il n'y a de piétinement que de façon délibérée (mi-da'at), à l'exclusion de [ce qui est fait] sans intention qui [ne fait] pas [piétinement], comme lorsqu'il est tombé sur la bête et que ses griffes s'y sont plantées ; et qu'il n'y a de piétinement que du vivant [de l'animal] (me-'hayim), à l'exclusion de [ce qui est fait] après la mort, comme lorsqu'il l'a piétinée et qu'avant qu'il ne la soulève de dessous lui on l'a tué, ou bien qu'on lui a coupé la patte. On pourrait penser (mahou de-teima) que pendant qu'il piétine il projette son venin ; il [nous] apprend que c'est pendant qu'il retire [sa griffe] qu'il projette son venin. Et l'on ne peut se fier à cela pour abattre (chehita) le volatile pendant que l'épervier est [encore] posé sur lui, parce que parfois, lorsque l'épervier poursuit le volatile, il le frappe de ses griffes au cours de son vol.
💡 Explication

Rav : une côte arrachée avec sa vertèbre (hulya) rend la bête tereifa. Rav Kahana et Rav Assi l'interrogent sur un cas différent : deux côtés opposées arrachées, mais la vertèbre intacte. Rav répond que ce cas est encore plus grave : c'est une bête tranchée en deux (gistra), qui a déjà le statut de nevela (charogne), pas seulement de tereifa.

9
וְהָא רַב נָמֵי גִּיסְטְרָא קָאָמַר? כִּי קָאָמַר רַב – צֶלַע בְּלֹא חֻולְיָא.

Mais Rav aussi parle d'une bête tranchée (gistra) ! [Réponse :] lorsque Rav a parlé, [c'était d']une côte sans [la] vertèbre.

📜 Rachi (1)
וְהָא רַב נָמֵי גִּיסְטְרָא קָאָמַר דְּכֵיוָן דְּנֶעֱקַר צֶלַע וְחֻולְיָא עִמָּהּ הֲרֵי צֶלַע שֶׁכְּנֶגְדּוֹ נִשְׁמֶטֶת וְנָפְלָה וְקָרֵי לָהּ רַב טְרֵפָה:
Mais Rav aussi parle d'une bête tranchée — car dès lors qu'une côte à été arrachée avec sa vertèbre, voici que la côte qui lui fait face se trouve détachée et tombe, et Rav l'appelle [pourtant] tereifa.
🗂️ Tossefot (1)
וְהָא רַב נָמֵי גִּיסְטְרָא קָאָמַר מֵעִיקָּרָא הָוְיָא אָתֵי לֵיהּ דְּרַב שַׁפִּיר דְּדִלְמָא לָא חֲשִׁיב גִּיסְטְרָא אֲבָל כֵּיוָן דַּחֲשִׁיב הַהוּא דְּרַב כָּהֲנָא נְבֵלָה מִשּׁוּם גִּיסְטְרָא דִּידֵיהּ נָמֵי נְבֵלָה הִיא:
Mais Rav aussi parle d'une bête tranchée — au départ, le [propos] de Rav lui parvenait bien [sans difficulté], car peut-être [son cas] n'est pas considéré comme une bête tranchée ; mais dès lors qu'on a considéré ce [cas] de Rav Kahana comme nevela à cause du fait qu'il est tranché, le sien [celui de Rav] aussi est [alors] nevela [d'où la difficulté].
💡 Explication

Objection : le cas même de Rav (côte + vertèbre arrachées) implique que la côte opposée se détache aussi, donc une bête tranchée — et Rav, lui, ne l'a appelée que tereifa, non nevela ! Réponse : Rav parlait d'une côte arrachée sans la vertèbre [donc la vertèbre n'est pas entièrement arrachée, la bête n'est pas tranchée].

10
וְהָא צֵלָע וְחֻולְיָא קָאָמַר? צֶלַע וַחֲצִי חֻולְיָא.

Mais [Rav] a [bien] dit 'une côte et [sa] vertèbre' ! [Réponse :] [il voulait dire] une côte et une demi-vertèbre.

📜 Rachi (1)
וַחֲצִי חֻולְיָא וְהַצֶּלַע שֶׁכְּנֶגְדָּהּ מְחֻובֶּרֶת יָפֶה בַּחֲצִי חֻולְיָא קַיֶּימֶת:
Et une demi-vertèbre — et la côte qui lui fait face [est] bien rattachée à la demi-vertèbre qui subsiste.
💡 Explication

Nouvelle objection : Rav a pourtant explicitement dit 'côte et vertèbre' ! Réponse : il entendait une côte et une demi-vertèbre seulement — la côte opposée, elle, reste solidement attachée à l'autre moitié de la vertèbre, qui subsiste ; la bête n'est donc pas tranchée.

11
מִכְּלָל דְּרַב כָּהֲנָא וְרַב אַסִּי, צֵלָע בְּלֹא חֻולְיָא אָמְרִי, וַאֲמַר לְהוּ: ״גִּיסְטְרָא קָאָמְרִיתוּ״? וְהָאָמַר עֻולָּא: בֶּן זַכַּאי אָמַר: נֶעֶקְרוּ – בְּרוֹב צַד אֶחָד, נִשְׁתַּבְּרוּ – בְּרוֹב שְׁנֵי צְדָדִין.

[On infère] de [tout cela] que Rav Kahana et Rav Assi parlaient d'une côte sans [la] vertèbre, et qu'il leur a dit '[c'est] d'une bête tranchée que vous parlez' ! Mais Oula n'a-t-il pas dit : Ben Zakkai a dit : [si elles] ont été arrachées — [il suffit de] la majorité d'un seul côté ; [si elles] ont été brisées — [il faut] la majorité des deux côtés ?

📜 Rachi (3)
מִכְּלָל דְּרַב כָּהֲנָא וְרַב אַסִּי צֵלָע מִכָּאן וְצֵלָע מִכָּאן וְכָל הַחֻולְיָא קַייֶּמֶת בָּעוּ מִינֵּיהּ דְּאִי צֶלַע וּקְצָת חֻולְיָא הָא שָׁמְעִינַן לֵיהּ דְּאָמַר דַּאֲפִילּוּ בַּחֲדָא מִיטַּרְפָא וְאִינְהוּ בָּעוּ תַּרְתֵּי אֶלָּא וַדַּאי צֶלַע בְּלֹא חֻולְיָא קָבְעוּ מִינֵּיהּ:
[On infère] de [cela] que Rav Kahana et Rav Assi — [parlaient d']une côte d'ici et une côte de là, toute la vertèbre subsistant, [voilà ce qu']ils lui ont demandé ; car si [c'était] une côte et une partie de la vertèbre, nous l'avons [déjà] entendu dire que même avec une seule [la bête] est tereifa, alors qu'eux [en] demandaient deux ; donc, assurément, [c'est] d'une côte sans [la] vertèbre qu'ils l'ont interrogé.
וַאֲמַר לְהוּ אִיהוּ עֲלָהּ גִּיסְטְרָא קָאָמְרִיתוּ דַּאֲפִילּוּ נְבֵלָה נָמֵי הָוְיָא בִּתְמִיהַּ:
Et il leur a dit — à ce sujet : '[c'est] d'une bête tranchée que vous parlez', [à savoir] que c'est même une nevela, par étonnement.
וְאָמַר עֻולָּא וְכוּ' אַלְמָא רֻובּוֹ בָּעֵינַן לְמִיטַּרְפָא וְכָל שֶׁכֵּן דְּבַחֲדָא לָא מִקַּרְיָא נְבֵלָה:
Et Oula a dit, etc. — il ressort [donc] que nous exigeons sa majorité pour [la rendre] tereifa, et à plus forte raison qu'avec une seule [côte] elle n'est pas appelée nevela.
💡 Explication

L'inférence devient une difficulté : si Rav Kahana et Rav Assi parlaient de deux côtés sans vertèbre (vertèbre intacte) et que Rav les a traitées de bête tranchée-nevela, cela contredit Ben Zakkai (et Rabbi Yo'hanan), pour qui des côtés arrachées ne rendent tereifa qu'à partir d'une majorité. Deux côtés seules ne devraient donc même pas être tereifa, à plus forte raison pas nevela.

12
אָמַר לָךְ: הָתָם זֶה שֶׁלֹּא כְּנֶגֶד זֶה, הָכָא זֶה כְּנֶגֶד זֶה.

[Rav] te dira : là-bas [chez Ben Zakkai], [il s'agit de côtés] qui ne [sont] pas l'une face à l'autre (zeh she-lo ke-neged zeh) ; ici [chez Rav Kahana], [il s'agit de côtés] l'une face à l'autre (zeh ke-neged zeh).

💡 Explication

Réponse de Rav distinguant deux configurations. Chez Ben Zakkai, les côtés arrachées ne sont pas l'une face à l'autre (dispersées) : il faut une majorité pour la tereifa. Chez Rav Kahana, les deux côtés sont arrachées l'une exactement face à l'autre (zeh ke-neged zeh), avec la vertèbre entre elles emportée — d'où la bête tranchée, nevela.

13
וְהָאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: בְּרוֹב שְׁנֵי צְדָדִין, וּבְרֹוב שְׁנֵי צְדָדִין אִי אֶפְשָׁר דְּלָא קָיְימָא (חַד) [חֲדָא] מִינַּייְהוּ זֶה כְּנֶגֶד זֶה!

Mais Rabbi Yo'hanan n'a-t-il pas dit '[il faut] la majorité des deux côtés', et dans la majorité des deux côtés il est impossible que l'une d'elles ne se trouve pas l'une face à l'autre [pourtant la bête n'est que tereifa, pas nevela] !

📜 Rachi (1)
וּלְרַבִּי יוֹחָנָן דְּאָמַר אַף נֶעֶקְרוּ לָא מִיטַּרְפָא עַד דְּאִיכָּא רֹוב שְׁנֵי צְדָדִין וְכִי מִיעַקְּרוּ שֵׁשׁ מִיָּמִין וְשֵׁשׁ מִשְּׂמֹאל וַאֲפִילּוּ אֵלּוּ לְצַד הַצַּוָּאר וְאֵלּוּ לְצַד הָאַלְיָה אִי אֶפְשָׁר דְּלָא הָוֵי אֶמְצָעִית זֶה כְּנֶגֶד זֶה וַאֲפִילּוּ הָכִי בָּעֲיָא רֻובָּא לְמִיטַּרְפָא וְכָל שֶׁכֵּן דְּבַחֲדָא לָא מִיקַּרְיָא נְבֵלָה דְּבִשְׁלָמָא מֵעִיקָּרָא הֲוָה ס"ד דְּרַב צֶלַע וְכֻולָּהּ חֻולְיָא קָאָמַר וְאִינְהוּ בָּעוּ מִינֵּיהּ צֶלַע וּקְצָת חֻולְיָא מִכָּאן וְכֵן מִכָּאן וְאֶמְצָעִיתָהּ שֶׁל חֻולְיָא קַייֶּמֶת אֲבָל הַשְׁתָּא דְּאוֹקֵמְתְּ דְּרַב צֶלַע וַחֲצִי חֻולְיָא קָאָמַר וְאִינְהוּ עַל כָּרְחָךְ צֶלַע בְּלֹא חֻולְיָא קָבְעוּ לֵיהּ וְקָאָמַר לְהוּ עֲלָהּ גִּיסְטְרָא קָאָמְרִיתוּ קַשְׁיָא לָן הָא דְּרַבִּי יוֹחָנָן וּמְשַׁנֵּי הָתָם רַב כָּהֲנָא וְרַב אַסִּי:
Et selon Rabbi Yo'hanan — qui dit que même [si elles ont été] arrachées, [la bête] n'est tereifa que s'il y a la majorité des deux côtés : or, lorsque six sont arrachées à droite et six à gauche, et même [si] celles-ci [sont] du côté du cou et celles-là du côté de la queue, il est impossible qu'il n'y ait pas [une paire] au milieu l'une face à l'autre, et pourtant il faut [la] majorité pour [la rendre] tereifa, et à plus forte raison qu'avec une seule [côte] elle n'est pas appelée nevela. Car, certes, au départ on pensait que Rav avait parlé d'une côte et de toute la vertèbre, et qu'eux l'avaient interrogé sur une côte et une partie de la vertèbre d'ici et de même de là, le milieu de la vertèbre subsistant ; mais maintenant que tu as établi que Rav parlait d'une côte et d'une demi-vertèbre, eux, forcément, [c'est] d'une côte sans vertèbre qu'ils l'ont interrogé, et il leur a dit à ce sujet '[c'est] d'une bête tranchée que vous parlez' — [alors] ce [propos] de Rabbi Yo'hanan nous fait difficulté. Et l'on résout : la-bas [chez] Rav Kahana et Rav Assi [c'est un autre cas].
💡 Explication

Difficulté tirée de Rabbi Yo'hanan : il exige la majorité des deux côtés (six et six), et alors il est impossible qu'aucune paire ne se trouve l'une face à l'autre (zeh ke-neged zeh). Or il l'appelle seulement tereifa, non nevela. La distinction de Rav (face à face = nevela) semble donc tomber.

14
הָתָם – בּוּכָנָא בְּלֹא אֲסִיתָּא, הָכָא – בּוּכָנָא וַאֲסִיתָּא.

Là-bas [chez Rabbi Yo'hanan, il s'agit du] pilon sans le mortier (bokhna bela assita) ; ici [chez Rav], [il s'agit du] pilon et du mortier (bokhna ve-assita).

📜 Rachi (2)
בּוּכָנָא וַאֲסִיתָּא כְּלוֹמַר צֶלַע וּקְצָת חֻולְיָא וְרַבִּי יוֹחָנָן צֶלַע בְּלֹא חֻולְיָא:
Pilon et mortier — c'est-à-dire une côte et une partie de la vertèbre ; et Rabbi Yo'hanan [parle] d'une côte sans [la] vertèbre.
אֲסִיתָּא חוֹר שֶׁבַּחֻולְיָא שֶׁהַצֶּלַע תָּחוּב בּוֹ הַיְינוּ בַּחֲצִי חֻולְיָא:
Assita (mortier) — le trou (hor) dans la vertèbre où la côte est fichée, c'est-à-dire dans la demi-vertèbre.
💡 Explication

Réponse par une image. Le mortier (assita) est la cavité de la vertèbre où la côte, pilon (bokhna), est fichée. Chez Rabbi Yo'hanan : pilon sans mortier — côte arrachée seule, vertèbre intacte (donc majorité requise, jamais nevela). Chez Rav : pilon et mortier — côte arrachée avec sa demi-vertèbre (donc tereifa dès une seule).

15
אִי הָכִי, הַייְנוּ דְּרַב? לָא שְׁמִיעַ לְהוּ דְּרַב.

Si [c'est] ainsi, [le cas de Rav Kahana et Rav Assi] est [identique à celui] de Rav ! [Réponse :] ils n'avaient pas entendu le [propos] de Rav.

📜 Rachi (1)
אִי הָכִי דְּרַב כָּהֲנָא וְרַב אַסִּי צֵלָע וּקְצָת חֻולְיָא אָמְרִי הַייְנוּ דְּרַב הָא שָׁמְעִינַן לֵיהּ דְּבַחֲדָא נָמֵי טָרֵיף וּמַאי תִּיבְּעֵי לְהוּ בָּתַרְתִּי:
Si [c'est] ainsi — [si] Rav Kahana et Rav Assi parlent d'une côte et d'une partie de la vertèbre, [c'est] le [cas] de Rav : or nous l'avons [déjà] entendu dire qu'avec une seule [côte] aussi [la bête] est tereifa, et que viendraient-ils alors demander à propos de deux ?
🗂️ Tossefot (1)
אִי הָכִי הַיְינוּ דְּרַב לָאו דְּרַב מַמָּשׁ דְּהַהִיא דְּרַב לָאו גִּיסְטְרָא הוּא וְדִידְהוּ הָוֵי גִּיסְטְרָא וּנְבֵלָה אֶלָּא כְּלוֹמַר מֵרַב הֲוָה לְהוּ לְמִפְשַׁט דְּהָא עֲדִיפָא מִדְּרַב:
Si [c'est] ainsi, [c'est] le [cas] de Rav — non pas exactement le [cas] de Rav, car ce [cas] de Rav n'est pas une bête tranchée, alors que le leur est une bête tranchée et nevela ; mais [cela veut dire] qu'à partir [du propos] de Rav ils auraient pu trancher [leur question], car celui-ci [le leur] est plus fort (adif) que [celui de] Rav.
💡 Explication

Objection : si le cas litigieux est 'côte et demi-vertèbre' (bokhna ve-assita), c'est exactement le cas de Rav (qui le déclare tereifa dès une seule) ; pourquoi alors Rav Kahana et Rav Assi posent-ils la question (et pour deux côtés) ? Réponse : ils n'avaient pas entendu ce propos de Rav, et l'interrogeaient donc réellement.

16
וְלִיבְּעוּ מִינֵּיהּ כִּדְרַב? סָבְרִי: לִיבְעֵי מִינֵּיהּ חֲדָא דְּפָרֵישׁ לַן תַּרְתֵּי, דְּאִי בָּעֵינַן מִינֵּיהּ חֲדָא, הָנִיחָא אִי אֲמַר לַן ״טְרֵפָה״ – כָּל שֶׁכֵּן תַּרְתֵּי, אִי אָמַר לָן ״כְּשֵׁרָה״ – אַכַּתִּי תַּרְתֵּי קָא מִיבַּעְיָא לַן.

Mais qu'ils l'interrogent [donc] comme [dans le cas de] Rav ! [Réponse :] ils pensaient : interrogeons-le sur un [cas] qui nous explique deux [cas] ; car si nous l'interrogeons sur un [seul cas] — [cela] convient s'il nous dit 'tereifa', à plus forte raison [le sont] deux ; [mais] s'il nous dit 'cachere', il nous reste encore à demander pour deux.

📜 Rachi (1)
וְלִיבְּעוּ מִינֵּיהּ כְּרַב בַּחֲדָא דְּהָא חֲדָא אַכַּתִּי לָא קָאָמַר לְהוּ וְתַרְתֵּי קָבְעוּ מִינֵּיהּ:
Mais qu'ils l'interrogent comme [dans le cas de] Rav — sur une seule [côte], car [au sujet d']une seule il ne leur a pas encore parlé, alors qu'ils l'ont interrogé sur deux.
💡 Explication

Pourquoi alors ne pas avoir simplement interrogé Rav sur une seule côte (sans vertèbre), son propre cas ? Leur stratégie : poser une question qui couvre deux cas à la fois. Demander pour une seule côte ne couvre les deux que s'il répond 'tereifa' (à fortiori deux le sont) ; s'il répond 'cachere', il faudrait reposer la question pour deux.

17
אִי הָכִי, הַשְׁתָּא נָמֵי דְּקָא בָּעֵי מִינֵּיהּ תַּרְתֵּי, הָנִיחָא אִי אֲמַר לְהוּ ״כְּשֵׁרָה״ – כָּל שֶׁכֵּן חֲדָא; וְאִי אֲמַר לְהוּ ״טְרֵפָה״, אַכַּתִּי חֲדָא מִיבַּעְיָא לְהוּ.

Si [c'est] ainsi, maintenant aussi, lorsqu'ils l'interrogent sur deux — [cela] convient s'il leur dit 'cachere', à plus forte raison [pour] une ; mais s'il leur dit 'tereifa', il leur reste encore à demander pour une !

💡 Explication

Objection symétrique : leur propre question (sur deux côtés) ne couvre pas non plus les deux cas dans tous les sens. Si Rav répond 'cachere', à fortiori une seule l'est ; mais s'il répond 'tereifa', il reste à demander le statut d'une seule côte.

18
סָבְרִי: אִם כֵּן מִירְתָּח קָא רָתַח. חֲדָא טְרֵפָה, תַּרְתֵּי מִיבַּעְיָא?

Ils pensaient : si [c'est] ainsi [qu'il considère une seule côte comme tereifa], il s'emporterait (mirtah ka rateah) [et dirait] : '[si] une [côte rend] tereifa, faut-il demander [pour] deux ?'

📜 Rachi (1)
סָבְרִי אִם כֵּן מִירְתָּח קָא רָתַח מִמַּהֲדוּרֵי דְּרַב מָצֵינַן לְמִפְשַׁט מַאי דִּינָא דַּחֲדָא דְּאִי מַהְדַּר לָן כְּשֵׁרָה כָּל שֶׁכֵּן חֲדָא וְאִי מַהְדַּר לָן טְרֵפָה בְּלֹא רִיתְחָא פָּשְׁטִינַן מִינָּהּ דְּבַחֲדָא סְבִירָא לֵיהּ כְּשֵׁרָה דְּאִי סְבִירָא לֵיהּ בַּחֲדָא נָמֵי טְרֵפָה כִּי בָּעֵינַן בָּתַרְתִּי מַהְדַּר לָן בְּרִיתְחָא לְמֵימַר הַשְׁתָּא בַּחֲדָא טְרֵפָה תַּרְתֵּי מִיבַּעְיָא לְכוּ אֲבָל אִי בָּעֵינַן מִינֵּיהּ חֲדָא אֲפִילּוּ סְבִירָא לֵיהּ בָּתַרְתִּי כְּשֵׁרָה לָא מַהְדַּר לָן בְּרִיתְחָא לְמֵימַר הַשְׁתָּא בָּתַרְתִּי כְּשֵׁרָה דְּלָא אִיכְפַּת לֵיהּ אִי תִּיסַּק אַדַּעְתִּין דִּבְתַרְתֵּי טְרֵפָה:
Ils pensaient : si [c'est] ainsi, il s'emporterait — de là [manière dont] Rav [nous] renvoie [la réponse], nous pouvons trancher quel est le statut d'une seule [côte] : car s'il nous répond 'cachere', à plus forte raison [pour] une ; et s'il nous répond 'tereifa' sans colère, nous en déduisons qu'avec une seule il tient [la bête pour] cachere — car s'il tenait qu'avec une seule aussi [elle est] tereifa, lorsque nous [l']interrogeons sur deux il nous répondrait avec colère, en disant : 'maintenant qu'avec une [c'est] tereifa, faut-il demander [pour] deux ?' ; mais si nous l'interrogeons sur une seule, même s'il tient qu'avec deux [c'est] cachere, il ne nous répondra pas avec colère en disant 'maintenant qu'avec deux [c'est] cachere', car il ne lui importe pas qu'il nous monte à l'esprit qu'avec deux [c'est] tereifa.
🗂️ Tossefot (1)
סָבְרִי מִרְתָּח רָתַח אֲבָל אִי בָּעוּ מִינֵּיהּ חֲדָא אֲפִילּוּ אִי מַכְשַׁר בָּתַרְתִּי לָא רָתַח בְּמַה שֶׁבָּאִים לְהַחְמִיר וּבְסוֹף פֶּרֶק שֵׁנִי דִּזְבָחִים (דַּף ל:) אֵין מִתְיַישֵּׁב כְּמוֹ בְּכָאן גַּבֵּי הָא דְּבָעֵי מִינֵּיהּ לֵוִי מֵרַבִּי כַּזַּיִת לְמָחָר בַּחוּץ לְרַבִּי יְהוּדָה מַאי:
Ils pensaient qu'il s'emporterait — mais s'ils l'interrogeaient sur une seule [côte], même s'il déclare cachere [pour] deux il ne s'emporterait pas de ce qu'ils viennent [chercher] à être plus rigoureux. Et à la fin du deuxième chapitre de Zevahim (30b), [le raisonnement] ne s'ajuste pas comme ici, à propos de ce que Levi a demandé à Rabbi : 'un ke-zayit [demain] au-dehors, selon Rabbi Yehouda, quoi [le statut] ?'
💡 Explication

Réponse : leur stratégie était fine. En interrogeant sur deux côtés, si Rav tient qu'une seule suffit déjà, il s'emporterait (mirtah) : 'si une seule rend tereifa, pourquoi demander pour deux ?!' — et de cette colère même ils infèrent le statut d'une seule côte. Une question sur une seule côte n'aurait pas provoqué cette réaction révélatrice.

19
וְהָא קָא אָמְרִי לֵיהּ וְלָא רָתַח, כֵּיוָן דְּקָאָמַר לְהוּ ״גִּיסְטְרָא קָאָמְרִיתוּ״ – הַיְינוּ רִיתְחֵיהּ.

Mais [voici qu']ils le lui ont [bien] demandé et il ne s'est pas emporté [alors qu'il tient une seule côte pour tereifa] ! [Réponse :] des lors qu'il leur a dit '[c'est] d'une bête tranchée que vous parlez', c'[était] cela son emportement (ritha).

📜 Rachi (2)
וְהָא בָּעוּ מִינֵּיהּ בָּתַרְתִּי וּסְבִירָא לֵיהּ דְּבַחֲדָא נָמֵי טְרֵפָה כִּדְאָמַר רַב לְעֵיל נֶעֶקְרָה צֵלָע וְחֻולְיָא עִמָּהּ וְאוֹקֵימְנָא חֲצִי חֻולְיָא וַאֲפִילּוּ הָכֵי לָא אַהְדַּר לְהוּ בְּרִיתְחָא דְּנִפְשׁוֹט מִינָּהּ לַעֲקִירַת חֲדָא:
Mais [voici qu']ils le lui ont demandé — ils l'ont interrogé sur deux, et il tient qu'avec une aussi [c'est] tereifa, comme Rav l'a dit plus haut 'une côte à été arrachée avec sa vertèbre', que nous avons établi [comme étant] une demi-vertèbre, et pourtant il ne leur a pas répondu avec colère, de sorte que nous puissions trancher de là [le statut] de l'arrachement d'une seule [côte].
כֵּיוָן דְּקָאָמַר לְהוּ גִּיסְטְרָא קָאָמְרִיתוּ בִּתְמִיהַּ הַיְינוּ רִיתְחֵיהּ דְּהָכִי קָאָמַר לְהוּ הָא לָא אִיבְּעִי לְכוּ לְמִיבְעֵי דִּנְבֵלָה נָמֵי הָוְיָא אֶלָּא בַּחֲדָא טְרֵפָה:
Dès lors qu'il leur a dit '[c'est] d'une bête tranchée que vous parlez' — par étonnement : c'[était] cela son emportement, car voici ce qu'il leur disait : 'vous n'aviez pas à [le] demander, car c'est même une nevela ; mais avec une seule [c'est] tereifa'.
💡 Explication

Objection : ils l'ont interrogé sur deux côtés, il n'a pas manifesté de colère, alors qu'il tient bien une seule côte pour tereifa (cf. côte + demi-vertèbre) — la stratégie a-t-elle échoué ? Réponse : sa réplique 'c'est d'une bête tranchée que vous parlez' était précisément son emportement ; elle leur a révélé que deux côtés opposées = nevela, et donc qu'une seule = tereifa.

20
אָמַר רַבָּה בַּר רַב שֵׁילָא אָמַר רַב מַתְנָא אָמַר שְׁמוּאֵל: נֶעֶקְרָה צֶלַע מֵעִיקָּרָהּ, וְגֻולְגֹּולֶת שֶׁנֶּחְבְּסָה בְּרֻובָּהּ, וּבָשָׂר הַחוֹפֶה אֶת רֹוב הַכָּרֵס בְּרֻובּוֹ – טְרֵפָה.

Rabba bar Rav Chila a dit au nom de Rav Matna au nom de Chmouel : [si] une côte à été arrachée de sa racine (me-ikara), [si] un crâne (goulgolet) a été écrasé (nehbessa) en sa majorité, [si] la chair qui couvre la majorité de la panse (kares) a été [déchirée] en sa majorité — [la bête est] tereifa.

📜 Rachi (2)
מֵעִיקָּרָהּ אֲפִילּוּ בְּלֹא אֲסִיתָּא:
De sa racine (me-ikara) — même sans le mortier (assita).
נֶחְבְּסָה מינציר"א וְלֹא נִפְחֲתָה:
A été écrasé (nehbessa) — 'mintsra' [en vernaculaire] : il a été comprimé mais non perforé (nifhata).
⚖️ Rosh (1)
וְגֻולְגֹּולֶת שֶׁנֶּחְבְּסָה בְּרֻובָּהּ טְרֵיפָה בָּעֵי רַבִּי יִרְמְיָה בְּרֹוב גָּובְהָהּ אוֹ בְּרוֹב הֶיקֵּיפָה תֵּיקוּ. הִלְכָּךְ תַּרְוַיְיהוּ טְרֵיפָה וּבָשָׂר הַחוֹפֶה אֶת רֹוב הַכָּרֵס בְּרֻובּוֹ בָּעֵי רַב אָשֵׁי בְּרֹוב קָרוּעַ אוֹ בְּרֹוב נְטוּלָה. וְלָא אִיפְּשִׁיטָא הִלְכָּךְ תַּרְוַיְיהוּ טְרֵיפָה:
'Et un crâne (goulgolet) qui a été écrasé (nehbessa) en sa majorité, [la bête est] tereifa'. Rabbi Yirmeya a demandé : [est-ce] en la majorité de sa hauteur (govhah) ou en la majorité de son pourtour (heiqefah) ? [La question reste] non tranchée (teiqou). C'est pourquoi, dans les deux cas [la bête est] tereifa. 'Et la chair qui couvre la majorité de la panse (kares), [déchirée] en sa majorité'. Rav Achi a demandé : [est-ce] en la majorité de [ce qui est] déchiré (qaroua') ou en la majorité de [ce qui est] enlevé (netoula) ? Et [cela] n'a pas été tranché ; c'est pourquoi, dans les deux cas [la bête est] tereifa.
💡 Explication

Liste de tereifot rapportée au nom de Chmouel : (1) une côte arrachée de sa racine (me-ikara, même sans la vertèbre) ; (2) un crâne écrasé en sa majorité (nehbessa, comprimé sans être perforé) ; (3) la chair couvrant la majorité de la panse (kares) déchirée en sa majorité.

21
נֶעֶקְרָה צֵלָע מֵעִיקָּרָהּ טְרֵפָה? וּרְמִינְהוּ:

[Si] une côte à été arrachée de sa racine, [la bête est] tereifa ? Mais on [lui] oppose [une contradiction] :

🗂️ Tossefot (1)
נֶעֶקְרָה צֶלַע טְרֵפָה פֵּירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס אֲפִילּוּ בְּלֹא אֲסִיתָּא ור"ת מְפָרֵשׁ עִם הָאֲסִיתָּא דְּהָא מַשְׁמַע לְעֵיל צֶלַע בְּלֹא חֻולְיָא לֵיכָּא מַאן דִּטְרִיף עַד דְּאִיכָּא רֹוב צְלָעוֹת דְּפָרִיךְ לְרַב כָּהֲנָא וּלְרַב אַסִּי מֵעֻולָּא בַּר רַבִּי זַכַּאי וּמֵרַבִּי יוֹחָנָן:
[Si] une côte à été arrachée, [la bête est] tereifa — le commentaire (kountras) a expliqué : même sans le mortier (assita). Et Rabbenou Tam explique : avec le mortier ; car il ressort plus haut [qu'au sujet d']une côte sans vertèbre, personne ne la déclare tereifa tant qu'il n'y a pas une majorité de côtés — puisqu'on objecte à Rav Kahana et Rav Assi a partir d'Oula bar Rabbi Zakkai et de Rabbi Yo'hanan.
💡 Explication

La Guemara objecte au premier membre de la liste de Chmouel : une côte arrachée de sa racine rendrait-elle vraiment tereifa ? Elle va opposer une michna (Oholot 2:3) qui semble contredire — la suite, sur le daf suivant, résoudra.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).