Chullin 54a — la mesure de la drissa, l'étendue de l'examen, et la michna des bêtes qui restent cacheres

Chullin 54a

Sougya : Le daf ouvre sur les mesures de la drissa (griffe du prédateur) : à l'oesophage (veshet) comme à la trachée (kaneh), le rougissement de la chair rend tereifa au moindre point (mashehou), bien que la perforation de la trachée ne rende tereifa qu'à la taille d'un issar — car le venin (zihara) du prédateur brûle et s'étend en continu. Suit une dispute sur l'étendue de l'examen après drissa : en face des entrailles (Rav Yits'hak, R.

Yo'hanan, Resh Lakich) ou de la calotte du crâne à la cuisse selon Rav (Rav Nahman). Une discussion entre R.

Yo'hanan et Resh Lakich révèle l'identité cachée de Rav (le disciple qui servit Rabbi et Rabbi Hiyya), et l'on rapporte sa halakha : une trachée trouvée déboîtée-et-égorgée (chemouta ve-chehouta) est cachere, car une trachée déboîtée ne peut être égorgée ; R. Yo'hanan exige une comparaison d'entailles (yavi ve-yakif), et Rav Nahman précise le cas (s'il a saisi les simanim).

Viennent les chasseurs qui tuaient par le nerf sciatique ou le rein, à qui les Sages répondent qu'on n'ajoute pas à la liste des tereifot (l'animal aurait pu guérir par un remède). Enfin la michna énumère les atteintes qui n'invalident pas (trachée, crâne, cœur, colonne, foie, feuillet, rate, reins, mâchoire, matrice, poumon ridé, écorchée), et la Guemara oppose R.

Yo'hanan et Resh Lakich sur le caractère exclusif de 'voici les tereifot' contre 'voici les cacheres', à propos du bouka de-atma (tête du fémur déboîtée).

Drissa (griffe du prédateur) : perforation contre rougissement Veshet (oesophage, mou) perforation : invalide à tout petit (mashehou) drissa : rougissement à tout petit (mashehou) (pas de mesure minimale) Kaneh (trachée, dur) perforation : invalide à [un] issar drissa : rougissement à tout petit (mashehou) (la mesure issar ne vaut PAS pour la drissa) Raison (Rav Nahman) : zihara mikla kali ve-azil le venin du prédateur brûle en continu et élargit le trou : même un point minuscule de rougissement suffit à rendre tereifa -> mesure = mashehou
Segment 0 : les mesures de la drissa au veshet et au kaneh, et pourquoi le rougissement invalide au moindre point.
Quelle étendue examiner après une drissa ? (deux opinions) Rav Yits'hak / R. Yo'hanan / Resh Lakich examen en face des entrailles (keneged bnei meayim) la panse et les intestins seulement : on cherche le rougissement vis-à-vis du ventre Rav (rapporte par Rav Nahman) de la calotte (kefa) jusqu'à la cuisse (mi-kefa ve-ad atma) kefa = calotte du crâne : toute la cavité, simanim compris examen bien plus large
Segments 1-3 : les deux opinions sur l'étendue de l'examen après une drissa.
La michna : ce qui reste cachere (atteintes qui n'invalident pas) Trachée (gargeret) percée ou fendue dans la longueur (manque jusqu'à un issar : RChbG) Crâne (goulgolet) os enfoncé mais la membrane du cerveau non percée Cœur (lev) percé mais sans atteindre sa cavité Colonne (chidra) brisée mais la moelle (hout) non tranchée Foie (kaved) ôté, mais il en reste un kazayit (volume d'olive) Feuillet / bonnet percés l'un dans l'autre (memess / beit ha-koss) Rate, reins, mâchoire ôtés (mâchoire inférieure : simanim restant attachés à la chair) Matrice (em), poumon ridé matrice ôtée ; poumon ridé par le fait du Ciel (haroutha) Écorchée (glouda) R. Meir : cachere Sages : invalide Guemara : R. Yo'hanan 'elou tereifot' est exclusif / Resh Lakich 'elou kecherot' est exclusif divergence sur le bouka de-atma (tête du fémur déboîtée) : tereifa selon Rav Matna
Segments 12-15 : la michna des atteintes qui n'invalident pas, et la dispute R. Yohanan / Resh Lakich.
1
ווֵשֶׁט נְקוּבָתוֹ בְּמַשֶּׁהוּ, דְּרוּסָתוֹ בְּמַשֶּׁהוּ. קָנֶה נְקוּבָתוֹ בִּכְאִיסָּר, דְּרוּסָתוֹ בְּכַמָּה? בָּתַר דְּבַעְיָא הֲדַר פַּשְׁטַהּ: אֶחָד זֶה וְאֶחָד זֶה בְּמַשֶּׁהוּ. מַאי טַעְמָא? זִיהֲרֵיהּ מִקְלָא קָלֵי וְאָזֵיל.

[Pour] l'oesophage (veshet), sa perforation [le rend tereifa] au moindre [point] (mashehou) ; [donc] sa drissa (griffe du prédateur) [le rend tereifa] au moindre [point]. [Pour] la trachée (kaneh), sa perforation [le rend tereifa] à [la taille d']un issar ; sa drissa, [le rend tereifa] à combien ?

Après avoir posé la question, il [la] résolut [lui-même] : tant celle-ci que celle-là [le rendent tereifa] au moindre [point]. Quelle [en est] la raison ?

Son venin (zihara) brûle [la chair] et s'étend continuellement.

📜 Rachi (5)
ווֵשֶׁט נְקוּבָתוֹ בְּמַשֶּׁהוּ תְּנַן (לְעֵיל חֻולִּין דַּף מב.) הִלְכָּךְ דְּרוּסָתוֹ נָמֵי פְּשִׁיטָא לִי דִּבְמַשֶּׁהוּ:
[Pour] l'oesophage, sa perforation [le rend tereifa] au moindre [point] — nous [l']avons appris (plus haut, Houlin 42a) ; des lors, sa drissa aussi, [il est] évident pour moi qu'[elle invalide] au moindre [point].
קָנֶה נְקוּבָתוֹ בִּכְאִיסָּר תְּנַן:
[Pour] la trachée, sa perforation [le rend tereifa] à [la taille d']un issar — nous [l']avons appris.
דְּרוּסָתוֹ בְּכַמָּה רֹוחַב צָרִיךְ לְהַאְדִּים:
Sa drissa, [le rend tereifa] à combien — quelle largeur de [chair] doit rougir.
אֶחָד זֶה וְאֶחָד זֶה ווֵשֶׁט וְקָנֶה דְּרוּסָתוֹ בְּמַשֶּׁהוּ:
Tant celle-ci que celle-là — l'oesophage et la trachée, leur drissa [le rend tereifa] au moindre [point].
מַאי טַעְמָא זִיהֲרָא מִיקְלָא קָלִי וְאָזֵיל גָּרְסִינַן:
Quelle [en est] la raison ? Son venin brûle [la chair] et s'étend continuellement — c'est ainsi que nous lisons [le texte].
💡 Explication

Pour le veshet (oesophage, organe mou), la perforation rend déjà tereifa au moindre point (mashehou) ; sa drissa (lésion par la griffe d'un prédateur, ou le venin de la griffe rougit la chair) suit la même mesure. Pour le kaneh (trachée, organe dur), la perforation ne rend tereifa qu'à la taille d'un issar (piécette) ; on demande alors quelle mesure de rougissement vaut pour la drissa. Réponse : pour les deux organes, la drissa rend tereifa au moindre point, car le venin (zihara) du prédateur brûle la chair et continue de s'étendre — même un point minuscule finira par s'élargir.

🖼️ Schéma
Drissa (griffe du prédateur) : perforation contre rougissement Veshet (oesophage, mou) perforation : invalide à tout petit (mashehou) drissa : rougissement à tout petit (mashehou) (pas de mesure minimale) Kaneh (trachée, dur) perforation : invalide à [un] issar drissa : rougissement à tout petit (mashehou) (la mesure issar ne vaut PAS pour la drissa) Raison (Rav Nahman) : zihara mikla kali ve-azil le venin du prédateur brûle en continu et élargit le trou : même un point minuscule de rougissement suffit à rendre tereifa -> mesure = mashehou
Veshet et kaneh : la perforation suit deux mesures distinctes, mais la drissa invalide au moindre point dans les deux cas.
2
יָתֵיב רַב יִצְחָק בַּר שְׁמוּאֵל בַּר מָרְתָא קַמֵּיהּ דְּרַב נַחְמָן, וְיָתֵיב וְקָאָמַר: דְּרוּסָה שֶׁאָמְרוּ – צְרִיכָה בְּדִיקָה כְּנֶגֶד בְּנֵי מֵעַיִים. רַב נַחְמָן אָמַר: הָאֱ-לֹהִים! מוֹרֵי בַּהּ רַב מִכַּפָּא וְעַד אַטְמָא.

Rav Yits'hak bar Chmouel bar Marta était assis devant Rav Nahman, et il était assis et disait : la drissa dont ils ont parlé requiert un examen en face des entrailles (keneged bnei meayim). Rav Nahman dit : par Dieu !

Rav enseignait à son sujet [qu'il faut l'examiner] depuis la calotte (kefa) jusqu'à la cuisse (atma).

📜 Rachi (1)
מוֹרִי בָּהּ רַב רַב הָיָה רָגִיל לְהוֹרוֹת שֶׁצְּרִיכָה בְּדִיקָה מִכַּפָּא וְעַד אַטְמָא:
Rav enseignait à son sujet — Rav avait coutume d'enseigner qu'elle requiert un examen depuis la calotte jusqu'à la cuisse.
💡 Explication

Rav Yits'hak enseigne devant Rav Nahman : après une drissa, il faut examiner la chair pour y déceler un rougissement, mais seulement en face des entrailles (keneged bnei meayim) — la zone du ventre. Rav Nahman objecte, au nom de Rav, qu'il faut examiner bien plus large : depuis la calotte (kefa) jusqu'à la cuisse (atma).

3
מַאי כַּפָּא? אִילֵּימָא כַּפָּא דִּידָא – הַיְינוּ כְּנֶגֶד בְּנֵי מֵעַייִם, אֶלָּא מִכַּפָּא דְּמוֹחָא עַד אַטְמָא.

Quelle [est cette] kefa (calotte) ? Si l'on dit [que c'est] la kefa de la main (kefa de-yada, l'épaule), c'est [la même chose qu']en face des entrailles !

Plutôt, [c'est] depuis la kefa du cerveau (kefa de-moha) jusqu'à la cuisse.

📜 Rachi (3)
כַּפָּא דִּידָא שֶׁל יָד דְּהַייְנוּ עֶצֶם רְחָבָה שֶׁל כָּתֵף אשפלדו"ן בְּלַעַ"ז:
La kefa de la main — de la main (du membre antérieur), c'est-à-dire l'os large de l'épaule, 'achpaldon' en langue vernaculaire.
עַד אַטְמָא הַיָּרֵךְ דְּהַייְנוּ כְּנֶגֶד בְּנֵי מֵעַיִים דְּרֵיאָה וְכָבֵד נָמֵי מִיקְּרוּ בְּנֵי מֵעַיִים לְקַמָּן (חֻולִּין דַּף נו:) גַּבֵּי נֶחְמְרוּ בְּנֵי מֵעֶיהָ:
Jusqu'à la cuisse — la cuisse (le fémur), c'est-à-dire en face des entrailles ; et le poumon (ria) et le foie (kaved) aussi sont appelés 'entrailles' plus loin (Houlin 56b), à propos de 'ses entrailles ont été échaudées'.
כַּפָּא דְּמוֹחָא כַּף הַגֻּולְגֹּולֶת דְּהַייְנוּ כָּל הֶחָלָל וְאַף כְּנֶגֶד הַסִּימָנִים:
La kefa du cerveau — la calotte du crâne, c'est-à-dire toute la cavité, et même en face des simanim.
🗂️ Tossefot (1)
אִילֵּימָא כַּפָּא דִּידָא הַייְנוּ כְּנֶגֶד בְּנֵי מֵעַיִם פֵּירֵשׁ הַקּוּנְטְרֵס כַּפָּא דִּידָא עֶצֶם רָחָב שֶׁל כָּתֵף שֶׁקּוֹרִין אשפלדו"ן בְּלַעַ"ז עַד אַטְמָא הַיָּרֵךְ דְּהַיְינוּ כְּנֶגֶד בְּנֵי מֵעַיִים דְּרֵיאָה וְכָבֵד נָמֵי מִיקְּרוּ בְּנֵי מֵעַיִים לְקַמָּן (חֻולִּין דַּף נו:) גַּבֵּי נֶחְמְרוּ בְּנֵי מֵעַיִים וְקָשֶׁה לְפֵירוּשׁוֹ דִּנְהִי דְּבִלְשׁוֹן מִשְׁנָה וּבָרַיְיתָא הָווּ בִּכְלַל בְּנֵי מֵעַייִם בִּלְשׁוֹן אָמוֹרָאֵי לָא הָווּ בִּכְלַל כִּדְמוֹכַח לְעֵיל (חֻולִּין דַּף נא:) גַּבֵּי נְפוּלָה דְּקָאָמַר אָמֵימָר נְפוּלָה שֶׁאָמְרוּ צְרִיכָה בְּדִיקָה כְּנֶגֶד בְּנֵי מֵעַיִם וּמַר זוּטְרָא מוֹסִיף כְּנֶגֶד כָּל הֶחָלָל מַשְׁמַע דְּלָא מִיקְּרֵי בְּנֵי מֵעַייִם אֶלָּא כֶּרֶס וְדַקִּין וַאֲתָא מַר זוּטְרָא לְאוֹסוֹפֵי עַד כְּנֶגֶד הַדְּפָנוֹת כְּגוֹן רֵיאָה וְלֵב וְכָבֵד וְקֻורְקְבָן וּבָתַר הָכֵי בָּעֵי רַב הוּנָא נֶגֶד הַסִּימָנִין מַאי וַאֲמַר לֵיהּ רַב אַשִּׁי דְּקָשִׁין הֵן אֵצֶל נְפִילָה וְכֵן לְעֵיל (חֻולִּין דַּף נג:) דְּקָאָמַר שְׁמוּאֵל דְּרוּסָה שֶׁאָמְרוּ צְרִיכָה בְּדִיקָה כְּנֶגֶד בְּנֵי מֵעַיִים וְאַחַ"כּ מוֹסִיף רַב חָנָן בַּר רָבָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב כָּל הֶחָלָל וְנִרְאֶה דְּכַפָּא דִּידָא דְּהָכָא מִסּוֹף כַּפָּא דִּידָא עַד אַטְּמֵא דְּאֵין בִּכְלָל זֶה אֶלָּא כֶּרֶס וְדַקִּין וּלְהָכֵי פָּרִיךְ הַיְינוּ כְּנֶגֶד בְּנֵי מֵעַייִם וְהָא דְּלָא מְשַׁנֵּי מִתְּחִלַּת כַּפָּא שֶׁבָּא לְהוֹסִיף אַף רֵיאָה וְכָבֵד מִשּׁוּם דְּמַשְׁמַע לֵיהּ כַּפָּא סוֹף כַּפָּא וְגַם הֲוָה לֵיהּ לְמִנְקַט כְּנֶגֶד כָּל הֶחָלָל וְגַם נִיחָא לֵיהּ לְמֵימַר מִכַּפָּא דְּמוֹחָא כִּדְשָׁמְעִינַן לֵיהּ לְרַב לְעֵיל (שָׁם) דְּקָאָמַר צְרִיכָה בְּדִיקָה נֶגֶד כָּל הֶחָלָל וַאֲפִילּוּ בְּסִימָנִין:
'Si l'on dit [que c'est] la kefa de la main, c'est [la même chose qu']en face des entrailles' — le Kountress (Rachi) a expliqué : la kefa de la main [est] l'os large de l'épaule, qu'on appelle 'achpaldon' en langue vernaculaire ; jusqu'à la cuisse [est] le fémur, c'est-à-dire en face des entrailles ; et le poumon et le foie aussi sont appelés 'entrailles' plus loin (Houlin 56b), à propos de 'ses entrailles ont été échaudées'. Et [cela] fait difficulté selon son explication : car, bien que dans la langue de la michna et de la braita ils [soient] inclus dans [le terme] 'entrailles', dans la langue des Amoraim ils ne sont pas inclus, comme [cela] ressort plus haut (Houlin 51b) à propos de la nefoula (chute) : car Amemar dit [que] la nefoula dont ils ont parlé requiert un examen en face des entrailles, et Mar Zoutra ajoute [l'examen] en face de toute la cavité — [ce qui] implique [que] ne sont appelés 'entrailles' que la panse (keress) et les boyaux (dakin), et [que] Mar Zoutra vient ajouter [l'examen] jusqu'en face des flancs (defanot), comme le poumon, le cœur, le foie et le gésier (korkevan) ; et après cela Rav Houna demande : [l'examen] en face des simanim, quoi ? et Rav Achi lui dit qu'ils [sont] durs au regard de la chute (nefila). Et de même plus haut (Houlin 53b), Chmouel dit [que] la drissa dont ils ont parlé requiert un examen en face des entrailles, et après cela Rav Hanan bar Rava ajoute, au nom de Rav, [l'examen de] toute la cavité. Et il apparaît que la kefa de-yada d'ici [s'entend] depuis l'extrémité de la kefa de-yada jusqu'à la cuisse, [zone] dans laquelle ne sont inclus que la panse et les boyaux ; et c'est pourquoi [la Guemara] objecte : c'est [la même chose qu']en face des entrailles. Et le fait qu'il ne réponde pas [que c'est] depuis le début de la kefa, [Rav] venant ajouter aussi le poumon et le foie, [c'est] parce que 'kefa' [lui] suggère [plutôt] la fin de la kefa ; et aussi il aurait [dû alors] dire 'en face de toute la cavité' ; et de plus il lui [convient] mieux de dire 'depuis la kefa du cerveau', comme nous l'avons entendu de Rav plus haut (ibid.), qui dit qu'elle requiert un examen en face de toute la cavité, et même aux simanim.
⚖️ Rosh (1)
אָמַר רַב יְהוּד' אָמַר רַב עָמְדָה אֵין צְרִיכ' מעל"ע אֲבָל בְּדִיקָה וַדַּאי בָּעֲיָא אֲבָל לֹא עָמְדָה לָא מְהַנְּיָא בְּדִיקָה בְּתוֹךְ מֵעֵת לְעֵת כִּדְתַנְיָא לְקַמָּן (חֻולִּין דַּף נו.) דְּרָסָהּ וּטְרָפָהּ בַּכֹּותֶל אוֹ שֶׁרִצְּצַתָּה בְּהֵמָה צְרִיכָה מֵעֵת לְעֵת. וְאָמְרִינַן בַּגְּמָרָא אַחַת זוֹ וְאַחַת זוֹ צְרִיכָה בְּדִיקַת חָכָם. וְאִם לֹא עָמְדָה אֲפִילּוּ בְּדִיקָה לָא מְהַנֵּי לָהּ בְּתוֹךְ מֵעֵת לְעֵת הָלְכָה אֵין צְרִיכָה בְּדִיקָה. רַב חִייָּא בַּר אָשֵׁי אָמַר אַחַת זוֹ וְאַחַת זוֹ צְרִיכָה בְּדִיקָה. אָמַר רַב הוּנָא בַּר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב שֵׁשֶׁת א"ר יִרְמְיָה אָמַר רַב פָּשְׁטָה יָדָהּ לַעֲמֹוד אע"פ שֶׁלֹּא עָמְדָה. עָקְרָה רַגְלָהּ לַהֲלֹוךְ אע"פ שֶׁלֹּא הָלְכָה. רַב חִסְדָּא אָמַר נִנְעֲרָה לַעֲמֹוד אע"פ שֶׁלֹּא עָמְדָה. רַב אִלְפָּס לֹא הֵבִיא אֶלָּא דִּבְרֵי רַב יְהוּדָה. וּבַעַל הֲלָכוֹת וּבַעַל הָעִיטּוּר פָּסְקוּ כְּרַב הוּנָא בַּר יְהוּדָה דְּפָשְׁטָה יָדָהּ וְעָקְרָה רַגְלָהּ מוֹעִיל. וְכֵן מַשְׁמַע שֶׁבָּאוּ לְפָרֵשׁ דִּבְרֵי רַב יְהוּדָה וְלֹא לַחֲלֻוקָּה וּמַה שֶׁכָּתוּב בַּסְּפָרִים וְהִלְכְתָא הֵיכָא דְּנָפְלָה וְלֹא וְעָמְדָה וְלֹא הָלְכָה צְרִיכָה בְּדִיקָה הֲלָכָה אֲפִילּוּ בְּדִיקָה לָא בָּעֲיָא תּוֹסֶפֶת הוּא מִלְּשׁוֹן הַפּוֹסְקִים וְאֵינוֹ בִּלְשׁוֹן הַגְּמָרָא. וּמַה שֶׁפָּסַק רַב אִלְפָּס זַ"ל כְּרַב יְהוּדָה וְלֹא פָּסַק לְחוּמְרָא כְּרַב חַיָּיא בַּר אַשִּׁי דְּהָא תַּרְוַיְיהוּ מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב קָאָמְרִי. מִשּׁוּם דְּבִזְבָחִים פֶּרֶק הַתַּעֲרֹובֶת דַּף עַד: קָאָמַר קָסָבַר רֵישׁ לָקִישׁ עָמְדָה צְרִיכָה מֵעֵת לְעֵת הָלְכָה צְרִיכָה בְּדִיקָה. וְרַבִּי יַנַּאי וְרַבִּי יִרְמְיָה כְּרֵישׁ לָקִישׁ לָא אָמְרִי קָסָבְרִי עָמְדָה אֵינָהּ צְרִיכָה מֵעֵת לְעֵת הָלְכָה אֵינָהּ צְרִיכָה בְּדִיקָה וְרַבִּי יַנַּאי וְרַבִּי יִרְמְיָה רַבִּים נִינְהוּ וְהִלְכְתָא כְּוָותַייְהוּ. וְעוֹד דְּרַבִּי יַנַּאי רַבּוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹחָנָן הֲוָה וַאֲפִילּוּ לְגַבֵּי רַבִּי יוֹחָנָן הֲלָכָה כְּוָותֵיהּ וכ"ש לְגַבֵּי רֵישׁ לָקִישׁ. וּנְפוּלָה שֶׁאָמְרוּ צְרִיכָה בְּדִיקָה כְּנֶגֶד כָּל הֶחָלָל כֻּולּוֹ אֲבָל בְּסִימָנִין אֵין צְרִיכָה בְּדִיקָה דְּסִימָנִין קָשִׁין הֵן אֵצֶל נְפִילָה אֲבָל קְרוּם שֶׁל מוֹחַ אֵינוֹ בִּכְלַל הֶחָלָל וְאֵין צָרִיךְ בְּדִיקָה. וְכֵן מוּכָח לְקַמָּן (חֻולִּין דַּף נד.) גַּבֵּי דָּרוּס' דְּקָאָמַר רַב נַחְמָן דְּרַב מוֹרֶה בָּהּ מִכַּפָּא דְּמוֹחָא וְעַד אַטְּמֵא וּמַשְׁמַע שֶׁבָּא לְהוֹסִיף עַל כְּנֶגֶד כָּל הֶחָלָל:
Rav Yehouda dit au nom de Rav : [si l'animal tombe puis] s'est tenu debout (amda), il n'a pas besoin de [surveillance pendant] mi-et-le-et (mem-ayin-lamed-ayin = un jour entier, vingt-quatre heures), mais il requiert assurément un examen (bedika). En revanche, s'il ne s'est pas tenu debout, l'examen ne sert de rien pendant le mi-et-le-et (les vingt-quatre heures), comme il est enseigné plus loin (Houlin 56a) : [un prédateur] qui l'a griffé (drassa) et [l'a] frappé contre le mur, ou [une bête] qu'un animal a écrasée, requiert [une surveillance de] mi-et-le-et. Et nous disons dans la Guemara : tant celle-ci que celle-là requiert l'examen d'un savant (bedikat 'hakham). Et s'il ne s'est pas tenu debout, même l'examen ne lui sert de rien pendant le mi-et-le-et ; [s'il] a marché (halkha), il n'a pas besoin d'examen. Rav Hiyya bar Achi dit : tant celle-ci que celle-là requiert un examen. Rav Houna bar Rav Yehouda dit au nom de Rav Chechet : Rabbi Yirmeya dit au nom de Rav : [si] elle a tendu sa patte pour se tenir debout, même si elle ne s'est pas [réellement] tenue debout [c'est comme si elle s'était tenue debout] ; [si] elle a soulevé son pied pour marcher, même si elle n'a pas [réellement] marché [c'est comme si elle avait marché]. Rav Hisda dit : [si] elle s'est ébrouée (nin'era) pour se tenir debout, même si elle ne s'est pas [réellement] tenue debout. Rav Alfas (le Rif) n'a rapporté que les paroles de Rav Yehouda. Mais le Baal Halakhot (auteur des Halakhot Guedolot) et le Baal ha-Ittour ont tranché comme Rav Houna bar Yehouda, que [le fait] qu'elle ait tendu sa patte et soulevé son pied [suffit et] est utile. Et de même il ressort qu'ils sont venus expliquer les paroles de Rav Yehouda et non les contredire. Et ce qui est écrit dans les livres : 'et la halakha [est que] dans le cas où elle est tombée et ne s'est pas tenue debout et n'a pas marché, elle requiert un examen ; [si] elle a marché, elle ne requiert même pas d'examen' — c'est un ajout [émanant] de la langue des décisionnaires (possekim) et [qui] n'est pas dans la langue de la Guemara. Et ce que Rav Alfas de mémoire bénie a tranché comme Rav Yehouda, et n'a pas tranché selon la rigueur (le-houmra) comme Rav Hiyya bar Achi — puisque tous deux [pourtant] parlent au nom de Rav — [c'est] parce que dans [le traité] Zevahim, chapitre ha-Taarovet (page 74b), il est dit : Resh Lakich estime [que si] elle s'est tenue debout, elle requiert [une surveillance de] mi-et-le-et ; [si] elle a marché, elle requiert un examen. Or Rabbi Yannai et Rabbi Yirmeya ne disent pas comme Resh Lakich : ils estiment [que si] elle s'est tenue debout, elle ne requiert pas de mi-et-le-et, [et si] elle a marché, elle ne requiert pas d'examen. Et Rabbi Yannai et Rabbi Yirmeya sont plusieurs (rabbim), et la halakha [est] comme eux. De plus, Rabbi Yannai était le maître de Rabbi Yo'hanan, et même à l'égard de Rabbi Yo'hanan la halakha [est] comme lui, à plus forte raison à l'égard de Resh Lakich. Et la nefoula (bête tombée) dont ils ont parlé requiert un examen en face de toute la cavité entière (kol hé-halal) ; mais aux simanim (organes de la chehita : trachée et oesophage) elle ne requiert pas d'examen, car les simanim sont durs au regard de la chute (nefila) ; et la membrane du cerveau (kroum chel moah) n'est pas incluse dans [le terme] 'la cavité' et ne requiert pas d'examen. Et de même cela ressort plus loin (Houlin 54a) à propos de la drissa, où Rav Nahman dit que Rav enseigne à son sujet [qu'il faut l'examiner] depuis la calotte du cerveau (kappa de-moha) jusqu'à la cuisse (atma) ; et cela implique qu'il vient ajouter [quelque chose] à [l'examen] en face de toute la cavité.
💡 Explication

La Guemara précise le mot kefa. Si c'était la kefa de la main (l'os large de l'épaule), la zone 'épaule-cuisse' reviendrait au même que 'en face des entrailles', et Rav n'aurait rien ajouté. Donc il s'agit de la kefa du cerveau (la calotte du crâne) : l'examen couvre toute la cavité, les simanim compris.

4
כִּי סְלֵיק רַב חִייָּא בַּר יוֹסֵף, אַשְׁכְּחִינְהוּ לְרַבִּי יוֹחָנָן וְרֵישׁ לָקִישׁ דְּיָתְבִי וְקָאָמְרִי: דְּרוּסָה שֶׁאָמְרוּ – צְרִיכָה בְּדִיקָה כְּנֶגֶד בְּנֵי מֵעַיִים. אֲמַר לְהוּ: הָאֱ-לֹהִים! מוֹרֵי בַּהּ רַב מִכַּפָּא וְעַד אַטְמָא. אֲמַר לֵיהּ רֵישׁ לָקִישׁ: מַנּוּ רַב וּמַנּוּ רַב? וְלָא יָדַעְנָא לֵיהּ!

Lorsque Rav Hiyya bar Yossef monta [en Terre d'Israël], il trouva Rabbi Yo'hanan et Resh Lakich qui étaient assis et disaient : la drissa dont ils ont parlé requiert un examen en face des entrailles. Il leur dit : par Dieu !

Rav enseignait à son sujet [qu'il faut l'examiner] depuis la calotte jusqu'à la cuisse. Resh Lakich lui dit : qui [est] Rav, et qui [est] Rav ?

Je ne le connais pas !

📜 Rachi (1)
מַנּוּ רַב וּמַנּוּ רַב מִי הוּא זֶה רַב שֶׁאוֹמְרִים לְפָנֵינוּ כָּל שָׁעָה:
Qui [est] Rav, et qui [est] Rav — qui est ce Rav que l'on cite devant nous à tout instant.
💡 Explication

Rav Hiyya bar Yossef, montant de Babylonie en Terre d'Israël, retrouve R. Yo'hanan et Resh Lakich qui tenaient la position 'en face des entrailles' seulement. Il leur rapporte la position large de Rav. Resh Lakich répond avec dédain : 'qui est ce Rav dont vous nous parlez sans cesse ? Je ne le connais pas !' — n'accordant pas d'autorité à un maître babylonien qu'il ne situe pas.

5
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: וְלָא נְהִירָא לֵיהּ לְאוֹתוֹ תַּלְמִיד שֶׁשִּׁימֵּשׁ אֶת רַבִּי רַבָּה, וְרַבִּי חַייָּא? וְהָאֱ-לֹהִים! כָּל אוֹתָן שָׁנִים שֶׁשִּׁימֵּשׁ אוֹתוֹ תַּלְמִיד בִּישִׁיבָה, אֲנִי שִׁמַּשְׁתִּי בַּעֲמִידָה, וּמַאן גְּבַר? הוּא גְּבַר בְּכֻולָּא.

Rabbi Yo'hanan dit : ce disciple qui servit Rabbi le Grand (Rabbi Yehouda ha-Nassi) et Rabbi Hiyya ne t'est-il pas connu ? Or, par Dieu ! toutes ces années où ce disciple servit assis dans la maison d'étude, moi je servais debout ; et qui [était le plus] grand ?

Lui [était le plus] grand en tout.

📜 Rachi (4)
וְלָא נְהִירָא לֵיהּ אֵין אַתָּה זָכוּר מִי הוּא וַהֲלֹא רָאִיתִי קֹודֶם שֶׁהָלַךְ לְבָבֶל שֶׁהָיָה מְשַׁמֵּשׁ אֶת הַנָּשִׂיא:
Ne t'est-il pas connu — ne te souviens-tu pas qui il est ? Or je [l']ai vu, avant qu'il ne parte pour Babylonie, servir le Nassi (le Prince).
בִּישִׁיבָה הוּא הָיָה יוֹשֵׁב וַאֲנִי עוֹמֵד שֶׁהָיָה חָשׁוּב מִמֶּנִּי:
Dans la maison d'étude — lui était assis et moi debout, car il était plus considéré que moi.
וּמַאן גָּבַר בַּמֶּה הוּא גָּדוֹל:
Et qui [était le plus] grand — en quoi est-il [le plus] grand.
בְּכֻולָּא בַּתּוֹרָה וּבַחֲסִידוּת:
En tout — en Torah et en piété.
💡 Explication

R. Yo'hanan reproche à Resh Lakich son oubli : ce 'Rav' n'est autre que le disciple qui servit Rabbi [Yehouda ha-Nassi] et Rabbi Hiyya. Mieux : durant ces années, ce disciple était si considéré qu'il siégeait assis dans la yechiva, tandis que R. Yo'hanan lui-même servait debout (statut moindre). 'Qui était le plus grand ? Lui, en tout' — en Torah et en piété.

6
מִיָּד פָּתַח רֵישׁ לָקִישׁ וַאֲמַר: בְּרַם זָכוּר אוֹתוֹ הָאִישׁ לַטּוֹב, שֶׁאָמְרוּ שְׁמוּעָה מִפִּיו: שְׁמוּטָה וּשְׁחוּטָה – כְּשֵׁרָה, שֶׁאִי אֶפְשָׁר לַשְּׁמוּטָה שֶׁתֵּיעָשֶׂה שְׁחוּטָה.

Aussitôt Resh Lakich ouvrit [la bouche] et dit : oui, que cet homme soit rappelé en bien, car ils ont rapporté une tradition de sa bouche : [une trachée] arrachée-et-égorgée (chemouta ve-chehouta) [est] cachere, car il est impossible qu'une [trachée] arrachée devienne égorgée.

📜 Rachi (3)
פָּתַח ר"ל וְאָמַר נְהִירָא לִי וְזָכוּר הוּא לַטּוֹב:
Resh Lakich ouvrit [la bouche] et dit — il m'est connu, et il est rappelé en bien.
שְׁמוּטָה וּשְׁחוּטָה נִמְצֵאת גַּרְגֶּרֶת שְׁמוּטָה וּשְׁחוּטָה וְאֵין יָדוּעַ אִם קֹודֶם שְׁחִיטָה נִשְׁמְטָה:
[Une trachée] arrachée-et-égorgée — la trachée (gargeret) est trouvée arrachée et égorgée, et l'on ne sait pas si elle s'est arrachée avant l'abattage.
כְּשֵׁרָה שֶׁאִם נִשְׁמְטָה תְּחִלָּה הָיְתָה יוֹרֶדֶת לְמַטָּה וְשׁוּב אֵינָהּ נִשְׁחֶטֶת:
Cachère — car, si elle s'était arrachée d'abord, elle serait descendue vers le bas et ne serait alors plus égorgée [le couteau ne l'aurait pas atteinte].
⚖️ Rosh (2)
גְּמ' לְעֵיל (חֻולִּין דַּף כֹּח.) ת"ר שָׁחַט אֶת הַווֶּשֶׁט וְאַחַר כָּךְ נִשְׁמְטָה הַגַּרְגֶּרֶת כְּשֵׁירָה. נִשְׁמְטָה הַגַּרְגֶּרֶת וְאַחַר כָּךְ שָׁחַט אֶת הַוֶּושֶׁט פְּסוּלָה. שָׁחַט אֶת הַווֶּשֶׁט וְנִמְצֵא הַגַּרְגֶּרֶת שְׁמוּטָה וְאֵינוֹ יוֹדֵעַ אִם קֹודֶם שְׁחִיטָה נִשְׁמְטָה וְאִם לְאַחַר שְׁחִיטָה נִשְׁמְטָה זֶה הָיָה מַעֲשֶׂה וְאָמַר כָּל סָפֵק בִּשְׁחִיטָה פְּסוּלָה. לְקַמָּן (חֻולִּין דַּף נד.) אָמַר רַב שְׁמוּטָה וּשְׁחוּטָה כְּשֵׁירָה שֶׁאִי אֶפְשָׁר לִשְׁמוּעָה שֶׁתֵּיעָשֶׂה שְׁחוּטָה. רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר יָבִיא וְיַקִּיף פֵּירוּשׁ יָבִיא הַקָּנֶה הַשָּׁמוּט וְיִשְׁחֹוט וְיַחְתֹּוךְ בּוֹ חֲתָךְ אִם דּוֹמִין שְׁנֵי הֶחָתְכִין טְרֵיפָה וְאִם הָרִאשׁוֹן יוֹתֵר מַאְדִּים אָז הָיָה קֹודֶם הַשְּׁמִטָּה וּכְשֵׁרָה. אֲבָל כְּשֶׁשָּׁחַט אֶת הַווֶּשֶׁט וְנִמְצֵאת הַגַּרְגֶּרֶת שְׁמוּטָה אֵין מוֹעִיל הַקָּפָה שֶׁיַּחְתֹּוךְ הַווֶּשֶׁט. דְּמִמַּה נַפְשָׁךְ לֹא יְדַמּוּ הַחֲתָכִים זֶה לָזֶה אֲפִילּוּ נִשְׁמְטָה קֹודֶם שְׁחִיטָה. לְפִי שֶׁבַּחֲתָךְ הָרִאשׁוֹן עֲדַיִין הָיָה חַיּוּת בַּווֶּשֶׁט וְעַתָּה אֵין בּוֹ חַיּוּת כְּלָל. אֲבָל שְׁמוּטָה וּשְׁחוּטָה הַכֹּל בְּסִימָן אֶחָד הוּא. וְקָשֶׁה לְפֵירוּשׁ הֲלָכוֹת גְּדוֹלוֹת לְעֵיל פ"א סִי י"ג שֶׁפֵּירֵשׁ דִּשְׁמוּטָה לָאו טְרֵיפָה הִיא וא"כ חֲשִׁיב הַסִּימָן כְּחַי וַאֲפִילּוּ נִשְׁמְטָה קֹודֶם שְׁחִיטָה יַאְדִּים חֲתָךְ שֶׁל קֹודֶם שְׁחִיטָה יוֹתֵר מְחַתֵּךְ שֶׁל אַחַר שְׁחִיטָה. וּבְרוֹב סְפָרִים כָּתוּב יָבִיא בְּהֵמָה אַחֶרֶת וְיַקִּיף וְכָךְ הִיא גִּירְסַת הַגְּאוֹנִים. וּלְשׁוֹן יָבִיא מוֹרֶה עַל גִּירְסָא זוֹ. וְהַשְׁתָּא נִיחָא דִּלְכָךְ בָּעֵי בְּהֵמָה אַחֶרֶת לְפִי שֶׁאֵין יָכוֹל לְהַקִּיף בְּאוֹתָהּ בְּהֵמָה. וְאִם תֹּאמַר מַה מוֹעִיל הֶיקֵּף בְּהֵמָה אַחֶרֶת הָא אָמְרִינַן לְקַמָּן בְּפֶרֶק אֵלּוּ טְרֵפוֹת (חֻולִּין דַּף נ.) דְּאֵין מַקִּיפִין אַפֵּי' מֵחֻולְיָא לְבַר חֻולְיָא וכ"ש מִבְּהֵמָה אַחֶרֶת. וְכִי תֵּימָא מֵחֻולְיָא לְחֻולְיָא בִּבְהֵמָה אַחֶרֶת עָדִיף מֵהַקָּפַת חֻולְיָא לְבַר חֻולְיָא בְּאוֹתָהּ בְּהֵמָה. מ"מ קָשֶׁה גַּבֵּי שָׁחַט אֶת הַווֶּשֶׁט וְנִמְצֵאת הַגַּרְגֶּרֶת שְׁמוּטָה יָבִיא עוֹף אַחֵר וְיַקִּיף. אֶלָּא וַדַּאי מוּכָח הָתָם דְּאֵין הַקָּפָה מִבְּהֵמָה לִבְהֵמָה. וי"ל דְּגַם רַבִּי יוֹחָנָן מוֹדֶה דִּבְרֹוב פְּעָמִים אִי אֶפְשָׁר לַשְּׁמוּטָה שֶׁתֵּיעָשֶׂה שְׁחוּטָה כֵּיוָן שֶׁלֹּא תָּפַשׂ בַּסִּימָנִין וּמִן הַדִּין הָיָה לְהַתִּיר בְּלֹא הַקָּפָה אֶלָּא דְּר' יוֹחָנָן מַחְמִיר לְהַקִּיף בִּבְהֵמָה אַחֶרֶת וְיַעַקְרֶנָּה לְאַחַר שְׁחִיטָה אִם הַשְּׁנִיָּיה אֲדֻומָּה יוֹתֵר פְּסוּלָה דְּרַגְלַיִם לַדָּבָר דְּקֹודֶם שְׁחִיטָה נִשְׁמְטָה אֲבָל לְהָקֵל אֵין מַקִּיפִין מִבְּהֵמָה לִבְהֵמָה רַב נַחְמָן אָמַר לָא אֲמַרַן אֶלָּא שֶׁלֹּא תָּפַשׂ בַּסִּימָנִין וְשָׁחַט. אֲבָל תָּפַשׂ בַּסִּימָנִין וְשָׁחַט אֶפְשָׁר לַשְּׁמוּטָה שֶׁתֵּיעָשֶׂה שְׁחוּטָה. מַשְׁמַע דְּרַב נַחְמָן פְּלִיג אַדְּרַבִּי יוֹחָנָן וְסָבַר דְּהַקָּפָה אֵינָהּ מוֹצִיאָה מִידֵי סָפֵק אֶלָּא בְּשֶׁלֹּא תָּפַשׂ בַּסִּימָנִין אָז בָּדְקִינַן בְּהַקָּפָה כְּדֵי לֶאֱסֹור אֲבָל אִם תָּפַשׂ בַּסִּימָנִין אֶפְשָׁר לִשְׁמוּטָה שֶׁתִּישָּׁחֵט וְלָא סָמְכִינַן אַבְּדִיקַת הַקָּפָה. וּמַשְׁמַע מִתּוֹךְ דִּבְרֵי רַב אִלְפָּס זַ"ל שֶׁפּוֹסֵק הֲלָכָה כְּרַב נַחְמָן לְחוּמְרָא. וְיֵשׁ סְפָרִים דְּגָרְסִי אָמַר רַב נַחְמָן. וְלֹא בָּא רַב נַחְמָן לַחֲלֹוק אֶלָּא לְפָרֵשׁ דִּבְרֵיהֶם הָא דְּאָמַר רַב וְרַבִּי יוֹחָנָן מַכְשִׁיר לָהּ בִּבְדִיקַת הַקָּפָה בְּשֶׁלֹּא תָּפַשׂ בַּסִּימָנִים אֲבָל תָּפַשׂ בַּסִּימָנִים פְּסוּלָה לְרַב וְגַם לְרַבִּי יוֹחָנָן לָא מְהַנְּיָא הַקָּפָה. הִלְכָּךְ כְּשֶׁלֹּא תָּפַשׂ מְהַנְּיָא בְּדִיקָה כַּר' יוֹחָנָן. וּכְשֶׁתָּפַשׂ לָא מְהַנְּיָא בְּדִיקָה: גָּרְסִינַן בְּפֶרֶק מְפַנִּין (שַׁבָּת דַּף קכח:) אָמַר אַבָּיֵי הַאי מַאן דְּשָׁחֵיט תַּרְנְגוֹלָא נִכְבְּשִׁינְהוּ לְכִרְעִיָּה בְּאַרְעָא א"נ לִידְלִינְהוּ. דִּילְמָא מְהַדְּקֵי לְהוּ לְטֻופְרֵי בְּאַרְעָא וְעָקַר לְהוּ לְסִימָנִין:
Guemara. Plus haut (Houlin 28a), nos maîtres ont enseigné : [si] il a égorgé l'oesophage (veshet) puis [que] la trachée (gargeret) s'est déboîtée (nichmeta), [la bête est] cachere (kechera). [Si] la trachée s'est déboîtée puis [qu']il a égorgé l'oesophage, [elle est] passoul (invalide). [S']il a égorgé l'oesophage et [que] la trachée s'est trouvée déboîtée, et [qu']il ne sait pas si elle s'est déboîtée avant la chehita ou après la chehita — ce fut un cas [réel], et [le maître] dit : tout doute dans la chehita [rend] passoul. Plus loin (Houlin 54a), Rav dit : [une trachée] déboîtée-et-égorgée (chemouta ou-chehouta) [est] cachere, car il est impossible qu'une [trachée] déboîtée soit [ensuite] égorgée. Rabbi Yo'hanan dit : qu'il apporte et compare (yavi ve-yakif). Explication : qu'il apporte la trachée déboîtée et [l']égorge, et [y] pratique une entaille (hatakh) ; si les deux entailles se ressemblent, [elle est] tereifa (invalide) ; et si la première rougit davantage, alors [le déboîtement] était avant le déboîtement [de la chehita — c.-à.-d. la chehita a précédé], et [elle est] cachere. Mais lorsqu'il a égorgé l'oesophage et [que] la trachée s'est trouvée déboîtée, la comparaison (hakafa) [consistant] à entailler l'oesophage ne sert de rien ; car quoi qu'il en soit (mi-ma nafshakh), les entailles ne se ressembleront pas l'une à l'autre, même [si] elle s'est déboîtée avant la chehita, parce qu'au premier entaille il y avait encore de la vitalité (hayout) dans l'oesophage, tandis que maintenant il n'y a plus aucune vitalité en lui. Mais [dans le cas] déboîtée-et-égorgée, le tout se [rapporte] à un seul et même siman. Et [cela] fait difficulté à l'explication des Halakhot Guedolot, plus haut chapitre 1 siman 13, qui a expliqué qu'une [trachée] déboîtée n'est pas une tereifa ; et s'il en est ainsi, le siman est considéré comme vivant, et même [si] elle s'est déboîtée avant la chehita, l'entaille [pratiquée] avant la chehita rougira plus que l'entaille [pratiquée] après la chehita. Et dans la plupart des livres il est écrit 'qu'il apporte une autre bête (behema aheret) et compare', et telle est la version (guirsa) des Gueonim ; et le terme 'qu'il apporte' indique [bien] cette version. Et maintenant [tout] se comprend bien : c'est pourquoi il requiert une autre bête, parce qu'il ne peut comparer sur cette [même] bête. Et si tu dis : à quoi sert la comparaison [avec] une autre bête ? Or nous disons plus loin, au chapitre Elou Tereifot (Houlin 50a), qu'on ne compare pas (ein makkifin), même d'un anneau (houlya) à l'inter-anneau (bar houlya) [de la même trachée], à plus forte raison [depuis] une autre bête. Et si tu dis [que la comparaison] d'anneau à anneau sur une autre bête vaut mieux que la comparaison d'anneau à inter-anneau sur cette [même] bête — quoi qu'il en soit, [cela] fait difficulté à propos de '[s']il a égorgé l'oesophage et [que] la trachée s'est trouvée déboîtée' : qu'il apporte un autre oiseau et compare ! Mais assurément il est prouvé là-bas qu'il n'y a pas de comparaison d'une bête à une [autre] bête. Et l'on peut dire (ve-yech lomar) que même Rabbi Yo'hanan reconnaît que la plupart du temps il est impossible qu'une [trachée] déboîtée soit [ensuite] égorgée, puisqu'il n'a pas saisi les simanim [au moment de la chehita], et qu'en toute rigueur il aurait fallu [la] permettre sans comparaison ; sauf que Rabbi Yo'hanan est rigoureux [et exige] de comparer sur une autre bête et de la déboîter après la chehita : si la seconde [entaille] est plus rouge, [elle est] passoul, car il y a des indices de la chose (raglayim la-davar) qu'elle s'est déboîtée avant la chehita ; mais pour permettre (le-hakel), on ne compare pas d'une bête à une [autre] bête. Rav Nahman dit : nous n'avons dit [cela] que [dans le cas où] il n'a pas saisi les simanim et [a] égorgé ; mais [s']il a saisi les simanim et [a] égorgé, il est possible qu'une [trachée] déboîtée soit [ensuite] égorgée. [Cela] implique que Rav Nahman est en désaccord avec Rabbi Yo'hanan et estime que la comparaison ne fait sortir du doute que dans le cas où il n'a pas saisi les simanim : alors nous examinons par comparaison afin d'interdire ; mais s'il a saisi les simanim, il est possible qu'une [trachée] déboîtée soit égorgée, et nous ne nous appuyons pas sur l'examen par comparaison. Et il ressort des paroles de Rav Alfas de mémoire bénie qu'il tranche la halakha comme Rav Nahman, selon la rigueur (le-houmra). Et il y a des livres qui lisent (garssei) 'Rav Nahman dit' [amar, non 'amar Rav Nahman'] — et Rav Nahman n'est pas venu [le] contredire mais [seulement] expliquer leurs paroles : ce que Rav a dit, et [ce en quoi] Rabbi Yo'hanan la déclare cachere par un examen de comparaison, [c'est] dans le cas où il n'a pas saisi les simanim ; mais [s']il a saisi les simanim, [elle est] passoul selon Rav, et selon Rabbi Yo'hanan aussi la comparaison ne sert de rien. Dès lors, lorsqu'il n'a pas saisi, l'examen sert, comme [le tient] Rabbi Yo'hanan ; et lorsqu'il a saisi, l'examen ne sert de rien. Nous lisons au chapitre Mefanin (Chabbat 128b) : Abaye dit : celui qui égorge un coq, qu'il appuie ses pattes contre le sol, ou bien qu'il les soulève [en l'air] ; [car autrement], peut-être plantera-t-il ses griffes dans le sol et arrachera-t-il les simanim.
תַּנְיָא רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר בְּנֵי מֵעַיִים שֶׁנִּיקְּבוּ וְלֵיחָה סוֹתַמְתָּן כְּשֵׁירָה וְלֵית הִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ: לְעֵיל (חֻולִּין דַּף מג.) נִיקְּבָה הַמָּרָה אָמַר רַב יִצְחָק בַּר יוֹסֵף א"ר יוֹחָנָן מָרָה שֶׁנִּקְּבָה וְכָבֵד סוֹתַמְתָּהּ כְּשֵׁירָה. א"ר שִׁימִי בַּר חַיָּיא מַקִּיפִין בִּבְנֵי מֵעַיִים הָנְהוּ בְּנֵי מֵעַיִים דְּאִייָּתוֹ לְקַמֵּיהּ דְּרָבָא אַקְּפִינְהוּ וְלָא אִידְּמוֹ אֲתָא רַב מְשַׁרְשְׁיָא בְּרֵיהּ מְשַׁמֵּשׁ בְּהוּ וְאַקְּפִינְהוּ וְאִידְּמוּ א"ל מְנָא לָךְ הָא. א"ל מִסְּבָרָא כַּמָּה יְדָא מִמְּשַׁמְּשֵׁי בְּהוּ מִקַּמֵּי דְּלֵיתוּ קַמֵּיהּ דְּמַר אָמַר רָבָא חַכִּים בָּרִי בִּטְרֵיפוֹת כַּר' יוֹחָנָן. כָּתַב בַּעַל הָעִיטּוּר זַ"ל דה"ה בְּלֵב וְקֻורְקְבָן דְּאִינְהוּ בְּנֵי מֵעַיִים אִיקְּרוֹ כִּדְאָמְרִינַן לְקַמָּן (חֻולִּין דַּף נו:) גַּבֵּי נֶחְמְרוּ בְּנֵי מֵעֶיהָ לֹא שָׁנוּ אֶלָּא בְּלֵב וְקֻרְקְבָן וְכָבֵד. ור"י פֵּירֵשׁ לְקַמָּן דִּנְהִי דְּבִלְשׁוֹן מִשְׁנָה וּבָרַיְיתָא הָוֵי בִּכְלַל בְּנֵי מֵעַייִם בִּלְשׁוֹן הָאָמוֹרָאִים לָא הָוֵי בִּכְלַל מֵעַיִים. כִּדְאָמְרִינַן לְקַמָּן (חֻולִּין דַּף נא:) גַּבֵּי נְפוּלָה דְּאָמַר אָמֵימָר נְפוּלָה שֶׁאָמְרוּ צְרִיכָה בְּדִיקָה כְּנֶגֶד בְּנֵי מֵעַייִם מַר זוּטְרָא מוֹסִיף כְּנֶגֶד כָּל הֶחָלָל. וְכֵן נָמֵי גַּבֵּי דְּרוּסָה דַּף נג: מַשְׁמַע דִּלְאָמֵימָר בְּנֵי מֵעַיִים הַכָּרֵס וְהַדַּקִּין וַאֲתָא מַר זוּטְרָא לְהוֹסִיף כְּנֶגֶד הַדְּפָנוֹת כְּגוֹן רֵיאָה וְלֵב וְכָבֵד הִילְכָּךְ בְּנֵי מֵעַיִם דְּהָכָא הַייְנוּ כֶּרֶס וְדַקִּין. רַבִּי יוֹחָנָן וְרַבִּי אֶלְעָזָר דְּאָמְרִי תַּרְוַייְהוּ מַקִּיפִין בָּרֵיאָה אָמַר רָבָא לָא אֲמַרַן אֶלָּא בְּאוֹתָהּ עֲרוּגָה אֲבָל מֵעֲרוּגָה לַעֲרוּגָה לָא וְהִלְכְתָא אֲפִילּוּ מֵעֲרוּגָה לַעֲרוּגָה מִדַּקָּה לְדַקָּה וּמִגַּסָּה לְגַסָּה. פֵּירוּשׁ מֵרֵיאָה שֶׁל צֹאן לְצֹאן וּמִשֶּׁל שׁוֹר לְשׁוֹר אַחֵר. אֲבָל מִדַּקָּה לְגַסָּה וּמִגַּסָּה לְדַקָּה לֹא. רַבָּה וְרָבָא דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ מַקִּיפִין בַּקָּנֶה. א"ר פָּפָּא לָא אֲמַרַן אֶלָּא בְּאוֹתָהּ חֻולְיָא אֲבָל מֵחֻולְיָא לְחֻולְיָא לָא וְהִילְכְתָא אֲפִילּוּ מֵחֻולְיָא לְחֻולְיָא וּמִבַּר חֻולְיָא לְבַר חֻולְיָא. אֲבָל לָא מֵחֻולְיָא לְבַר חֻולְיָא וּמִבַּר חֻולְיָא לְחֻולְיָא. פירש"י חֻולְיָא שְׁלֹשָׁה טַבָּעוֹת כִּדְאָמְרִינַן מְנָחוֹת דַּף לט. גַּבֵּי צִיצִית דְּקָרֵי חֻולְיָא לְשָׁלֹשׁ כְּרִיכוֹת וּבַר חֻולְיָא הַייְנוּ מֵחֶצְייָן שֶׁל הַטַּבָּעוֹת וּלְמַטָּה כְּשֶׁמַּתְחִילִין לִהְיוֹת דַּקִּין. וי"מ חֻולְיָא הַייְנוּ הַטַּבָּעוֹת וּבַר חֻולְיָא הָעוֹר שֶׁבֵּין הַטַּבָּעוֹת וְרַשִׁ"י פֵּירֵשׁ מִדַּקָּה לְדַקָּה וּמִגַּסָּה לְגַסָּה מֵאֻונָּא לְאַוָּנָא וּמֵאוּמָא לְאוּמָא אֲבָל לֹא מֵאוּמָא לְאַוָּנָא וּמֵאֻונָּא לְאוּמָא. וְהֵבִיא רְאָיָה מִבַּעַל הֲלָכוֹת שֶׁכָּתַב בָּתַר שְׁמַעְתָּא וְכֵן בְּקָנֶה אַלְמָא רֵיאָה דֻּומְיָא דְּקָנֶה מַה קָנֶה בְּאוֹתוֹ קָנֶה עַצְמוֹ אַף רֵיאָה בְּאוֹתָהּ רֵיאָה עַצְמָהּ. דְּלָא מִיסְתַּבֵּר לֵיהּ לְהָקֵל כֻּולֵּי הַאי לְהַקִּיף מִבְּהֵמָה לִבְהֵמָה. וְלִישָּׁנָא דְּמִדַּקָּה לְדַקָּה מַשְׁמַע כְּפֵירוּשׁ רַב אִלְפָּס זַ"ל דִּלְפֵירוּשׁ רַשִׁ"י הֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר מִקְּטַנָּה לִגְדוֹלָה. כִּדְקָאָמַר ר' יְהוּדָה בְּכָרֵס לְעֵיל (חֻולִּין דַּף מב.) וּמִיהוּ לְקַמָּן (חֻולִּין דַּף נד.) גַּבֵּי שְׁמוּטָה וּשְׁחוּטָה הוֹכִיחַ ר"י מֵהַהוּא דְּשָׁחַט הַוֶּושֶׁט וְנִמְצֵאת הַגַּרְגֶּרֶת שְׁמוּטָה דְּאֵין מַקִּיפִין מִבְּהֵמָה לַבְּהֵמָה:
Il est enseigné : Rabban Chimon ben Gamliel dit : des entrailles (bnei meayim) qui ont été percées et [dont] le mucus (leiha) les colmate — [la bête est] cachere ; mais la halakha n'est pas comme lui. Plus haut (Houlin 43a), '[si] la vésicule biliaire (mara) a été percée' : Rav Yits'hak bar Yossef dit au nom de Rabbi Yo'hanan : une vésicule biliaire qui a été percée et [dont] le foie (kaved) la colmate — [la bête est] cachere. Rav Chimi bar Hiyya dit : on compare pour les entrailles (makkifin bi-vnei meayim). Ces entrailles qu'on apporta devant Rava, il les compara et elles ne se ressemblaient pas ; vint Rav Mecharcheya son fils, [qui] les manipula (mechamech), les compara, et elles se ressemblèrent. Il lui dit : d'où tiens-tu cela ? Il lui répondit : par raisonnement (mi-svara) : combien de mains les ont manipulées avant qu'elles ne viennent devant mon maître [ce qui a modifié leur aspect]. Rava dit : [tu es] savant, mon fils, dans les tereifot, comme Rabbi Yo'hanan. Le Baal ha-Ittour de mémoire bénie a écrit que la même règle [vaut] pour le cœur (lev) et le gésier (korkevan), car ils sont [aussi] appelés 'entrailles', comme nous disons plus loin (Houlin 56b) à propos de '[si] ses entrailles ont été échaudées' : on n'a enseigné [cela] que pour le cœur, le gésier et le foie. Mais le Ri (Rabbenou Yits'hak) a expliqué plus loin que, bien que dans la langue de la michna et de la braita ils soient inclus dans [le terme] 'entrailles', dans la langue des Amoraim ils ne sont pas inclus dans [le terme] 'entrailles', comme nous disons plus loin (Houlin 51b) à propos de la nefoula, où Amemar dit : la nefoula dont ils ont parlé requiert un examen en face des entrailles [et] Mar Zoutra ajoute [l'examen] en face de toute la cavité. Et de même aussi à propos de la drissa (page 53b), il ressort que pour Amemar les 'entrailles' [sont] la panse (keress) et les boyaux (dakin), et [que] Mar Zoutra vient ajouter [l'examen] en face des flancs (defanot), comme le poumon (ria), le cœur et le foie. Dès lors, les 'entrailles' d'ici, c'est la panse et les boyaux. Rabbi Yo'hanan et Rabbi Eleazar disent tous deux : on compare pour le poumon (makkifin ba-ria). Rava dit : nous n'avons dit [cela] que dans le même lobe (aroga), mais d'un lobe à un [autre] lobe, non ; et la halakha [est qu']on compare même d'un lobe à un [autre] lobe, [et] du menu [bétail] au menu [bétail] et du gros [bétail] au gros [bétail]. Explication : d'un poumon de menu bétail (tson) à [un autre du] menu bétail, et de celui d'un bœuf à [celui d']un autre bœuf ; mais du menu [bétail] au gros [bétail] et du gros [bétail] au menu [bétail], non. Rabba et Rava disent tous deux : on compare pour la trachée (makkifin ba-kaneh). Rav Papa dit : nous n'avons dit [cela] que dans le même anneau (houlya), mais d'un anneau à un [autre] anneau, non ; et la halakha [est qu']on compare même d'un anneau à un [autre] anneau et d'un inter-anneau (bar houlya) à un [autre] inter-anneau, mais non d'un anneau à un inter-anneau ni d'un inter-anneau à un anneau. Rachi a expliqué : 'houlya' [signifie] trois cercles (tabaot, anneaux cartilagineux), comme nous disons [dans le traité] Menahot (page 39a) à propos des tsitsit, où l'on appelle 'houlya' trois enroulements [du fil] ; et 'bar houlya' [désigne] la partie depuis le milieu des cercles vers le bas, là où [les cercles] commencent à devenir minces. Et certains expliquent [autrement] : 'houlya' [désigne] les cercles [eux-mêmes] et 'bar houlya' la peau [qui se trouve] entre les cercles. Et Rachi a expliqué [pour le poumon] : 'du menu [bétail] au menu [bétail] et du gros [bétail] au gros [bétail]' [signifie] d'un lobe (ouna) à un [autre] lobe et d'un [autre segment] (ouma) à un [autre segment] (ouma), mais non d'un [segment] (ouma) à un lobe (ouna) ni d'un lobe (ouna) à un [segment] (ouma). Et il a apporté une preuve [du] Baal Halakhot, qui a écrit après cette sougya : 'et de même pour la trachée' — [ce qui] montre [que] le poumon [est] semblable à la trachée : de même que la trachée, [c'est] sur cette trachée elle-même [qu'on compare], de même le poumon, [c'est] sur ce poumon lui-même ; car il ne lui semblait pas [logique] d'être indulgent à ce point [au point] de comparer d'une bête à une [autre] bête. Et le terme 'du menu [bétail] au menu [bétail]' implique [qu'il faut comprendre] comme l'explication de Rav Alfas de mémoire bénie, car selon l'explication de Rachi il aurait fallu dire 'du petit au grand [lobe]', comme le dit Rabbi Yehouda à propos de la panse plus haut (Houlin 42a). Toutefois, plus loin (Houlin 54a) à propos de [la trachée] déboîtée-et-égorgée, le Ri a prouvé, du cas de celui qui a égorgé l'oesophage et [où] la trachée s'est trouvée déboîtée, qu'on ne compare pas d'une bête à une [autre] bête.
💡 Explication

Reconnaissant alors Rav, Resh Lakich le loue : 'que cet homme soit rappelé en bien'. Il cite sa halakha : si l'on trouve une trachée déboîtée de la gorge et pourtant égorgée (chemouta ve-chehouta), sans savoir si le déboîtement a précédé ou suivi l'abattage, l'animal est cachere — car il est impossible qu'une trachée déjà déboîtée ait pu être égorgée (déboîtée, elle aurait glissé vers le bas et échappé au couteau). Donc l'abattage a forcément précédé le déboîtement.

7
וְרַבִּי יוֹחָנָן אוֹמֵר: יָבִיא וְיַקִּיף.

Et Rabbi Yo'hanan dit : qu'on apporte [la trachée] et qu'on compare [l'entaille] (yavi ve-yakif).

📜 Rachi (1)
וְיַקִּיף יַחְתְּכֶנָּה בְּמָקוֹם אַחֵר אִם דּוֹמִין מַרְאֵיהֶן שֶׁל חֲתָכִים טְרֵפָה דְּהוֹאִיל וְדוֹמִין י"ל שֶׁאַף חֲתָךְ הָרִאשׁוֹן לְאַחַר עִיקּוּר נַעֲשָׂה:
Et qu'on compare — qu'on la coupe en un autre endroit : si l'aspect des deux entailles [est] semblable, [c'est une bête] tereifa, car, du fait qu'[elles sont] semblables, on peut dire que la première entaille aussi a été faite après l'arrachement.
🗂️ Tossefot (1)
יָבִיא וְיַקִּיף יַחְתֹּוךְ סִימָן זֶה עַצְמוֹ שֶׁנִּשְׁחַט בְּמָקוֹם אַחֵר אִם דּוֹמֶה מַרְאִית שֶׁל חֲתָכִים טְרֵפָה דְּהוֹאִיל וְדוֹמִין י"ל שֶׁאַף חֲתָךְ הָרִאשׁוֹן אַחַר עִיקּוּר נַעֲשָׂה וְהַהִיא דפ"ב (לְעֵיל חֻולִּין כח.) דְּשָׁחַט אֶת הַווֶּשֶׁט וְנִמְצֵאת גַּרְגֶּרֶת שְׁמוּטָה זֶה הָיָה מַעֲשֶׂה וְאָמְרוּ כָּל סָפֵק בִּשְׁחִיטָה פְּסוּלָה אֵין יָכוֹל לְהַקִּיף עַל יְדֵי שֶׁיַּחְתֹּוךְ הַווֶּשֶׁט עֲדַייִן בְּמָקוֹם אַחֵר דְּמִמַּה נַפְשָׁךְ לֹא יְהוּ דּוֹמִין הַחִתּוּכִין זֶה לָזֶה אֲפִילּוּ נִשְׁמְטָה הַגַּרְגֶּרֶת קֹודֶם שְׁחִיטָה דְּאוֹתָהּ שָׁעָה הָיָה עֲדַיִין חַיּוּת בַּוֶּושֶׁט וְעַכְשָׁיו אֵין בּוֹ חַיּוּת כְּלָל וְא"ת וְיָבִיא עוֹף אַחֵר וְיִשְׁחֹוט בּוֹ אֶת הַווֶּשֶׁט וְאַחַ"כּ יִשְׁמֹוט אֶת הַגַּרְגֶּרֶת וְיִרְאֶה אִם מַרְאֵיהֶן שֶׁל הַשְּׁמוּטוֹת הַלָּלוּ שָׁוִין וי"ל דְּאֵין מַקִּיפִין אֶלָּא בְּאוֹתוֹ עוֹף עַצְמוֹ אוֹ בְּאוֹתָהּ הַבְּהֵמָה עַצְמָהּ וּלְמַאי דְּגָרְסִינַן כָּאן בַּסְּפָרִים יָבִיא בְּהֵמָה אַחֶרֶת וְיַקִּיף קָשֶׁה:
Qu'on apporte [la trachée] et qu'on compare — qu'on coupe ce siman même qui a été égorgé en un autre endroit : si l'aspect des entailles [est] semblable, [c'est] tereifa, car, du fait qu'[elles sont] semblables, on peut dire que la première entaille aussi a été faite après l'arrachement. Et ce [cas] du chapitre 2 (plus haut, Houlin 28a) — où il a égorgé l'oesophage et [où] la trachée s'est trouvée arrachée : ce fut un fait, et ils dirent [que] tout doute dans l'abattage [est] invalide — on ne peut [y] comparer en coupant encore l'oesophage en un autre endroit, car de toute façon les coupures ne se ressembleront pas l'une l'autre, même [si] la trachée s'est arrachée avant l'abattage, car à ce moment-là il y avait encore de la vie (hiyout) dans l'oesophage, et maintenant il n'y a plus aucune vie en lui. Et si tu objectes : qu'on apporte un autre oiseau, qu'on y égorge l'oesophage puis qu'on arrache la trachée, et qu'on voie si l'aspect de ces arrachements-ci [est] semblable ! On peut dire qu'on ne compare que sur cet oiseau-là même, ou sur cette bête-là même. Et selon ce que nous lisons ici dans les livres 'qu'on apporte une autre bête et qu'on compare', [cela] fait difficulté.
💡 Explication

R. Yo'hanan refuse la présomption de Resh Lakich : qu'on apporte la trachée et qu'on y pratique une nouvelle entaille pour la comparer (yakif) à la première. Si les deux coupes se ressemblent, c'est que la première a, elle aussi, été faite après le déboîtement (donc tereifa) ; si elles diffèrent, l'abattage a précédé (cachere).

8
אָמַר רַב נַחְמָן: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא שֶׁלֹּא תָּפַס בְּסִימָנִים, אֲבָל תָּפַס בְּסִימָנִים וְשָׁחַט – אֶפְשָׁר לַשְּׁמוּטָה שֶׁתֵּיעָשֶׂה שְׁחוּטָה.

Rav Nahman dit : ils n'ont enseigné [cela] que [dans le cas] où il n'a pas saisi les simanim ; mais [s']il a saisi les simanim et égorgé, il est possible qu'une [trachée] arrachée devienne égorgée.

💡 Explication

Rav Nahman restreint la règle de Rav (chemouta ve-chehouta = cachere) : elle ne vaut que si le chohet n'a pas saisi les simanim de la main pendant l'abattage. Mais s'il a tenu les simanim en égorgeant, alors même une trachée déboîtée a pu être égorgée (maintenue, elle ne glisse pas) — la présomption de cacherout tombe.

9
זֶה הַכְּלָל, לַאֲתוּיֵי מַאי? לַאֲתוּיֵי שַׁב שְׁמַעְתְּתָא.

[La michna :] 'voici la règle (ze ha-kelal)' — qu'[est-elle venue] inclure ? [Elle est venue] inclure les sept enseignements (chev chemaata).

📜 Rachi (1)
שָׁב שְׁמַעְתְּתָא בְּרֵישׁ פִּירְקִין (חוֹלִין דַּף מב.):
Les sept enseignements — au début du chapitre (Houlin 42a).
💡 Explication

La michna conclut sa liste de tereifot par 'voici la règle'. La Guemara demande ce que cette clause générale ajoute. Réponse : elle inclut les sept enseignements (chev chemaata) — sept cas de tereifot énoncés par des Amoraim et non listés explicitement, évoqués au début du chapitre (Houlin 42b).

10
דְּבֵי יוֹסֵף רִישְׁבָּא מָחוּ בְּגִידָא נַשְׁיָא וְקָטְלִי, אֲתוֹ לְקַמֵּיהּ דְּרַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתֵירָא, אֲמַר לְהוּ: וְכִי לְהוֹסִיף עַל הַטְּרֵפוֹת יֵשׁ? אֵין לְךָ אֶלָּא מַה שֶּׁמָּנוּ חֲכָמִים!

[Les gens] de la maison de Yossef le chasseur (richba) frappaient [la bête] au nerf sciatique (guida nachya) et [la] tuaient. Ils vinrent devant Rabbi Yehouda ben Betera ; il leur dit : et peut-on ajouter aux tereifot ?

Tu n'as que ce que les Sages ont dénombré !

📜 Rachi (6)
רִישְׁבָּא צַייָּד:
Le chasseur (richba) — chasseur.
מָחוּ לְחַיּוּתָא:
Frappaient — la bête.
בְּגִידָא דְּנָשִׂיא בְּחִצִּים אוֹ בְּמַקֵּל:
Au nerf sciatique — avec des flèches ou avec un bâton.
וְקָטְלִי שֶׁהָיְתָה מֵתָה בְּכָךְ:
Et [la] tuaient — car elle mourait par cela.
אֲתוֹ לְקַמֵּיהּ דְּרַבִּי יְהוּדָה לְשָׁאֲלוֹ עַל כָּךְ שֶׁאִם לָקְתָה בְּגִיד הַנָּשֶׁה שֶׁלָּהּ תְּהֵא טְרֵפָה אַחֲרֵי שֶׁאָנוּ רוֹאִין שֶׁהִיא מֵתָה בְּמַכָּה זוֹ:
Ils vinrent devant Rabbi Yehouda — pour l'interroger à ce sujet : si elle a été atteinte à son nerf sciatique, est-elle tereifa, dès lors que nous voyons qu'elle meurt de ce coup.
אֶלָּא מַה שֶּׁמָּנוּ חֲכָמִים וּלְקַמֵּיהּ פָּרִיךְ הָא קָא חָזֵינַן דְּמֵתָה:
Que ce que les Sages ont dénombré — et plus loin [la Guemara] objecte : mais nous voyons [bien] qu'elle meurt !
💡 Explication

Les hommes de Yossef le chasseur abattaient le gibier en le frappant au nerf sciatique (guida nachya), ce qui le tuait. Ils demandent à R. Yehouda ben Betera si une bête ainsi atteinte (égorgée avant de mourir) est tereifa. Réponse : on n'ajoute pas à la liste des tereifot — 'tu n'as que ce que les Sages ont dénombré', et une telle lésion n'y figure pas.

11
רַב פָּפָּא בַּר אַבָּא רִישְׁבָּא, מָחוּ בְּכוֹלְיָא וְקָטְלִי. אֲתוֹ לְקַמֵּיהּ דְּרַבִּי אַבָּא, אֲמַר לְהוּ: וְכִי לְהוֹסִיף עַל הַטְּרֵפוֹת יֵשׁ? אֵין לְךָ אֶלָּא מַה שֶּׁמָּנוּ חֲכָמִים!

[Les gens de la maison de] Rav Papa bar Abba le chasseur frappaient [la bête] au rein (koulya) et [la] tuaient. Ils vinrent devant Rabbi Abba ; il leur dit : et peut-on ajouter aux tereifot ?

Tu n'as que ce que les Sages ont dénombré !

📜 Rachi (3)
מָחוּ בְּכוֹלְיָיתָא מֵכִין בְּחֵץ הַחַיָּה בְּכוֹלְיָיתָא מִלְמַעְלָה וּמְכַווְּנִים שֶׁאֵין הַחֵץ נִכְנָס וְיוֹרֶדֶת לְמַטָּה מִן הַכְּלָיוֹת לֶחָלָל:
Frappaient au rein — ils frappent le gibier d'une flèche au rein, par le haut, et visent [de sorte] que la flèche ne pénètre pas [plus bas] et ne descende pas en dessous des reins, dans la cavité.
וְקָטְלִי מֵתָה מֵאֵלֶיהָ:
Et [la] tuaient — elle mourait d'elle-même.
אָתוּ לְקַמֵּיהּ לִשְׁאוֹל אִם יִשְׁחָטוּהָ אַחַר הַמַּכָּה מַהוּ:
Ils vinrent devant [lui] — pour [lui] demander : s'ils l'égorgent après le coup, quoi [son statut] ?
⚖️ Rosh (1)
נִיטַּל הַטְּחוֹל אָמַר רַב עַוִּירָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא לֹא שָׁנוּ אֶלָּא נִיטַּל דַּל אֲבָל נִיקַּב טְרֵיפָה. וה"מ בְּסֻומְכֵּיהּ אֲבָל בְּקֻולְשֵׁיהּ כָּשֵׁר. וּבְסֻומְכֵּיהּ נָמֵי אִם נִשְׁתַּיֵּיר בּוֹ כְּעֹובִי דִּינַר זָהָב כְּשֵׁרָה: נָטְלוּ הַכְּלָיוֹת אָמַר רָבִינָא בַּר פָּפָּא מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא לָקְתָה בְּכֻולְיָא אַחַת טְרֵיפָה. אָמְרִי בְּמַעֲרָבָא וְהוּא דְּמַטְיָא לָקוּתָא לִמְקוֹם חָרִיץ. הֵיכָא מְקוֹם חָרִיץ. חִיווָּרָא דְּתוּתֵי מַתְנֵי. פֵּי' רַשִׁ"י לָקוּתָא דְּמַלְיָא מֻוגְלָא וְהַייְנוּ לְפִי גִּירְסַת סְפָרִים יְשָׁנִים דְּלָא גָּרְסִינַן לְקַמָּן אֶלָּא אִי אִיתְּמַר הָכִי אִיתְּמַר יֵשׁ כָּשֵׁר בְּרִיאָה וּפָסוּל בְּכוֹלְיָא. וְיֵשׁ פָּסוּל בָּרֵיאָה וְכָשֵׁר בַּכֻּולְיָא. פָּסוּל בָּרֵיאָה וְכָשֵׁר בַּכֻּולְיָא נֶקֶב. כָּשֵׁר בְּרִיאָה וּפָסוּל בְּכוֹלְיָא מֻוגְלָא. וְלָא גָּרְסִינַן פָּסוּל בָּזֶה וּבָזֶה לָקוּתָא דְּלָא צְרִיכִינָא לֵיהּ דְּלָא בָּא לְתָרֵץ אֶלָּא עַל הַדִּיּוּק שֶׁדִּקְדֵּק. וְכָל שֶׁכֵּן הֶכְשֵׁר בְּרִיאָה כָּשֵׁר בַּכּוֹלְיָא. וּפָרִיךְ וַהֲרֵי מֻוגְלָא דְּכָשֵׁר בָּרֵיאָה וּפָסוּל בַּכֻּולְיָא וְעַל זֶה תֵּירֵץ שֶׁאֵין לְדַקְדֵּק כָּךְ אֶלָּא אַדְּרַבָּה מַה שֶׁכָּשֵׁר בְּרִיאָה פָּסוּל בַּכּוֹלְיָא וּמַה שֶׁכָּשֵׁר בַּכּוֹלְיָא פָּסוּל בְּרִיאָה. וְלֹא הִזְכִּיר הַסֵּפֶר כְּלָל מַה שֶׁכָּשֵׁר בִּשְׁנֵיהֶם וּפָסוּל בִּשְׁנֵיהֶם. וּלְפִי גִּירְסַת אוֹתָן הַסְּפָרִים לֹא תִּמְצָא הַפָּסוּל בִּשְׁנֵיהֶם. דְּאֵין לָקוּתָא פָּסוּל בַּכּוֹלְיָא אֶלָּא מֻוגְלָא וּכְשֵׁירָה הִיא בְּרִיאָה אֶלָּא עַל פִּי רֹב אַלְפָסִי הֻוגַּהּ בְּסֵפֶר כָּשֵׁר בָּזֶה וּבָזֶה מַיִם זַכִּים וּפָסוּל בָּזֶה וּבָזֶה לָקוּתָא. וּלְגִירְסָא זוֹ מֻוגְלָא וְלָקוּתָא שְׁנֵי עִנְיָינִים הֵן. וְלָקוּתָא הַיְינוּ שֶׁמֵּחֲמַת חֹולִי לָקָה הַבָּשָׂר וְנִתְמַסְמֵס עַד שֶׁהָרוֹפֵא גּוֹרְדוֹ וּמַעֲמִידוֹ עַל בָּשָׂר חַי. ואע"פ שֶׁאִם נָטְלוּ הַכְּלָיוֹת כְּשֵׁירָה. גְּמִירִי דְּעַל יְדֵי הַמְּסַמְּסָה טְרֵיפָה. וְגַם בְּרִיאָה פָּסוּל כִּדְאָמְרִינַן לְעֵיל (חֻולִּין דַּף נג:) בְּרִיאָה דְּנָפַל תִּילְחֵי תִּילְחֵי. וְדַוְקָא לָקוּתָא הוּא דְּפוֹסֵל אֲבָל נִיקַּב אוֹ נֶחְתַּךְ אֲפִילּוּ עַד מְקוֹם הֶחָרִיץ לָא מִיטַּרְפָא בָּהּ כִּי יוֹתֵר מַזִּיק לָהּ כְּאֵב הַלָּקוּתָא מִכְּאֵב הַחֲתָךְ וְהַנֶּקֶב. וְהָכִי אָמַר לְעֵיל (חוֹלִין דַּף נד.) דְּהָווּ מָחוּ בְּכוֹלְיָא וְקָטְלוּ. וְקָאָמַר דְּלָא הָוְיָא טְרֵיפָה. וְלֹא דִּקְדֵּק בָּהּ אִם הִגִּיעַ הַמַּכָּה לִמְקוֹם חָרִיץ. וְכֵן אָמְרִינַן בִּשְׁמַעְתִּין דְּנֶקֶב כָּשֵׁר בַּכּוֹלְיָא וְלָא מְפַלֵּיג בֵּין הִגִּיעַ לִמְקוֹם חָרִיץ וּבֵין לֹא הִגִּיעַ. וּמַיִם זַכִּים לָא אֲמַרַן אֶלָּא דְּצִילִּי אֲבָל עֲכוּרִים טְרֵפָה. וְכִי צִילִּי נָמֵי לָא אֲמַרַן אֶלָּא דְּלָא אַסְרוֹחֵי אֲבָל אַסְרוֹחֵי טְרֵיפָה. רַב אִלְפָּס זַ"ל כ' לְעֵיל סִי' כו דִּבְרִיאָה נָמֵי טְרֵיפָה אִי אַסְרְחָא אוֹ עֲכִירֵי. וְסָבַר דְּקָאֵי גַּם אַרֵיאָה הַאי דְּפָסַל הָכָא סְרִיחִי וַעֲכִירִי וְיֵשׁ סְפָרִים שֶׁכָּתַב בָּהֶן וּמַיִם זַכְיָן כְּשֵׁרִים כָּאן וְכָאן לָא אֲמַרַן וְכוּ'. וְאֵין נִרְאֶה כְּלָל דִּסְתָם מֻוגְלָא הִיא לֵיחָה סְרוּחָה אוֹ עֲכִירֵי וְלָא עֲדִיפֵי מִמַּיִם זַכְיָן סְרִיחִי וַעֲכִירִי. וְרֵיאָה הַנִּשְׁפָּכָהּ כְּקִיתוֹן לְעֵיל סִי' כב מִסְּתָמָא הַמָּחוּי הוּא עָכוּר וּכְשֵׁירָה וְהָנֵי רַבְרְבֵי דַּחֲזָנְהוּ לְהָנֵי רֵיאוֹת דְּקָייְמִי כַּנְדֵי וְטִינָּרֵי לְעֵיל סִי' כו וְלֹא חָשׁוּ לְבָודְקָן אִילּוּ הָיוּ הַמַּיִם סֵרוּחִין אוֹ עֲכוּרֵין. וְכֵן עַמָּא דְּבַר וְהָכָא וַדַּאי אַכּוֹלְיָא קָאֵי אֲפִילּוּ לִסְפָרִים דְּגָרְסִינַן וּמַיִם זַכִּין כְּשֵׁרִין כָּאן וְכָאן לָא אֲמַרַן וְכוּ' לִישָּׁנָא דִּגְמָרָא דִּלְעֵיל נְקַט. ומ"מ לָא קָאֵי כִּי אִם אַכּוֹלְיָא: כּוֹלְיָא שֶׁהִקְטִינָה בַּדַּקָּה עַד כְּפוֹל. בַּגַּסָּה עַד כַּעֲנָבָה בֵּינוֹנִית. וְאִיסּוּרָא דְּאוֹרָייְתָא הוּא וְעַד וְעַד בִּכְלָל. וְכָפוּל וְכַעֲנָבָה טְרֵיפָה. וְלָשׁוֹן שֶׁהִקְטִינָה מַשְׁמַע שֶׁהָיְתָה גְּדוֹלָה וְהִקְטִינָה וְנִיכָּר הַחִסָּרוֹן בִּמְקוֹמָהּ. אֲבָל קְטַנָּה בְּתוֹלַדְתָּהּ כְּשֵׁירָה. וְאִי מַשְׁכַּחַת תְּלָת כּוֹלְיְיתִי כְּשֵׁירָה דְּאָמְרִינַן כָּל יָתֵר כְּנָטוּל דָּמֵי. וְתַנְיָא נָמֵי הָכִי בְּכוֹרוֹת דַּף לט. וְאֶת שְׁתֵּי הַכְּלָיוֹת וְלֹא בַּעֲלַת כּוֹלְיָא אַחַת וְלֹא בַּעֲלַת שָׁלֹשׁ. וּמִדְּפָסַל רַחֲמָנָא לַגָּבוֹהַּ מִכְּלָל דִּלְהֶדְיוֹט שְׁרֵי: נִיטְּלָה הָאֵם. תַּנְיָא הִיא הָאֵם הִיא טַרְפַּחַת הִיא שַׁלְפּוּחִית שְׁלָשְׁתָּן אֶחָד הֵם וְהִיא הָאֵם שֶׁהַוָּלָד מֻונָּח בָּהּ וְחָלוּק בְּשֵׁמוֹת לְפִי הַמְּקוֹמוֹת. אֲבָל אִם נִיטְּלָה הַשַּׁלְפּוּחִית שֶׁמֵּי רַגְלַיִם נִקְוִין לְתוֹכָהּ פָּסַק בַּשְּׁעָרִים דִּטְרֵיפָה. וְכֵן פָּסַק רַבֵּינוּ חֲנַנְאֵל זַ"ל. וּזְקֵינִי רָאָבָ"ן זַ"ל כָּתַב דִּכְשֵׁירָה לְפִי שֶׁלֹּא מָצִינוּ טְרֵיפוֹת זֶה בַּגְּמָרָא וְאֵין לְהוֹסִיף עַל הַטְּרֵפוֹת. וּמְקוֹם חִבּוּר הַשַּׁלְפּוּחִית הוּא בֵּין דֶּבֶק הַיְּרֵיכַיִים אֵצֶל הַחַלְחֹולֶת וּמִתְמַצִּין לְתוֹכָהּ מֵי הַמַּשְׁקִין פְּסֹולֶת הַגּוּף. וְאַף אִם נִיטְּלָה מֵי הַשֶּׁתֶן מִתְמַצִּין לִמְקוֹמָן וְאֵין לָהֶם כֹּחַ לַחֲזֹור לַגּוּף אֶלָּא יוֹצְאִין לַחוּץ כְּמוֹ חַלְחֹולֶת שֶׁנִּיקְּבָה וִירֵכַיִם מַעֲמִידִין אוֹתָהּ בְּסִימָן לב וְכֵן שָׁמַעְתִּי שֶׁיֵּשׁ בְּנֵי אָדָם שֶׁמֵּי רַגְלַיִם שֶׁלָּהֶן יוֹצְאִין תָּמִיד וְאוֹמְרָהּ הָרוֹפְאִים שֶׁהַשַּׁלְפּוּחִית שֶׁלָּהֶן נִיקְּבָה אוֹ נִיטְּלָה וְהַמַּיִם הַמִּתְמַצִּין מִן הַגּוּף יוֹצְאִין מִיָּד בְּהֶגֵּיעָם לִמְקוֹם הַשַּׁלְפּוּחִית וְאוֹתָן בְּנֵי אָדָם חָיוּ כַּמָּה שָׁנִים:
'[Si] la rate (tehol) a été ôtée' : Rav Avira dit au nom de Rava : on n'a enseigné [cela] que [dans le cas où] elle a été ôtée [entièrement] ; mais [si] elle a été percée (nikkav), [la bête est] tereifa. Et cela [vaut seulement] dans sa partie épaisse (soumkeih) ; mais dans sa partie mince (koulsheih), [elle est] cachere. Et [même] dans sa partie épaisse, s'il en est resté [une épaisseur] comme celle d'un dinar d'or, [elle est] cachere. '[Si] on a ôté les reins (kelayot)' : Ravina bar Papa dit au nom de Rava : [si] l'un des deux reins est atteint d'une lésion (lakta), [la bête est] tereifa. On dit en [terre] d'Occident (Israël) : et [cela] à condition que la lésion atteigne l'emplacement du sillon (mekom harits). Où est l'emplacement du sillon ? La [zone] blanchâtre qui [se trouve] sous les lombes. Rachi a expliqué : la lésion (lakouta) [signifie] qui est remplie de pus (mougla) ; et cela [suit] la version des livres anciens, qui ne lisent plus loin que : mais s'il fut dit [ainsi], il fut dit [ainsi] : il y a [ce qui est] cachere pour le poumon et passoul pour le rein, et il y a [ce qui est] passoul pour le poumon et cachere pour le rein. Passoul pour le poumon et cachere pour le rein : la perforation (nekev). Cachere pour le poumon et passoul pour le rein : le pus (mougla). Et nous ne lisons pas 'passoul pour l'un et pour l'autre : la lésion (lakouta)', car nous n'en avons pas besoin, puisqu'[il] n'est venu résoudre que sur la déduction (dikduk) qu'il a déduite ; et à plus forte raison ce qui rend cachere pour le poumon [est] cachere pour le rein. Et [la Guemara] objecte : mais voici le pus, qui [rend] cachere pour le poumon et passoul pour le rein ! Et sur cela il a résolu qu'il ne faut pas ainsi déduire [de façon uniforme], mais au contraire : ce qui [rend] cachere pour le poumon [rend] passoul pour le rein, et ce qui [rend] cachere pour le rein [rend] passoul pour le poumon. Et le livre (le texte du Rif) n'a nullement mentionné ce qui [rend] cachere pour les deux et passoul pour les deux. Et selon la version de ces livres, tu ne trouveras pas le [cas] passoul pour les deux, car la lésion (lakouta) n'est passoul pour le rein que [sous forme de] pus, et [ce même pus] est cachere pour le poumon. Cependant, selon la majorité des [manuscrits du] Rif (Alfassi), il a été corrigé dans le livre : 'cachere pour l'un et pour l'autre : les eaux claires (mayim zakim), et passoul pour l'un et pour l'autre : la lésion (lakouta)'. Et selon cette version, le pus (mougla) et la lésion (lakouta) sont deux choses distinctes. Et la lésion, c'est [le cas] où, du fait de la maladie, la chair a été atteinte et s'est déliquescée (nitmasmes) au point que le médecin la racle et [l']établit [en la ramenant] jusqu'à de la chair vive. Et bien que, si l'on a ôté les reins, [la bête soit] cachere, il est reçu par tradition (guemiri) que par la déliquescence (mesamsa) [elle est] tereifa. Et pour le poumon aussi [la lésion est] passoul, comme nous disons plus haut (Houlin 53b) à propos d'un poumon qui, [si] on [le] laisse tomber, se défait en morceaux et morceaux (tilhei tilhei). Et c'est précisément la lésion (lakouta) qui invalide, mais [s'il] a été percé ou tranché, même jusqu'à l'emplacement du sillon, [la bête] n'en devient pas tereifa, car la douleur de la lésion lui nuit plus que la douleur de l'entaille et de la perforation. Et c'est ainsi qu'il est dit plus haut (Houlin 54a) qu'ils frappaient au rein et [le] tuaient, et il est dit qu'elle ne devient pas tereifa, et l'on n'a pas vérifié précisément si le coup avait atteint l'emplacement du sillon. Et de même nous disons dans notre sougya que la perforation [est] cachere pour le rein, et l'on ne distingue pas entre [le cas où elle] a atteint l'emplacement du sillon et [celui où elle] ne l'a pas atteint. Et [pour] les eaux claires, nous n'avons dit [qu'elles sont cacheres] que [si] elles sont limpides (tsilei), mais [si elles sont] troubles ('akhourim), [la bête est] tereifa. Et même [si] elles sont limpides, nous n'avons dit [cela] que [si] elles ne sont pas devenues nauséabondes (asrouhei), mais [si] elles sont devenues nauséabondes, [elle est] tereifa. Rav Alfas de mémoire bénie a écrit plus haut siman 26 que pour le poumon aussi [la bête est] tereifa si [les eaux] sont devenues nauséabondes ou troubles ; et il estime que ce qu'[on] invalide ici [pour les eaux] nauséabondes et troubles s'applique aussi au poumon. Et il y a des livres dans lesquels il a écrit 'et des eaux claires [sont] cacheres ; ici et là nous n'avons dit [cela] que...' [etc.]. Mais cela ne semble nullement [correct], car du pus ordinaire (setam mougla) est du liquide nauséabond ou trouble, et il n'est pas meilleur que des eaux claires nauséabondes et troubles. Et [pour] un poumon qui se déverse comme d'une cruche (ke-kiton), [mentionné] plus haut siman 22, vraisemblablement le liquide en fusion est trouble et [pourtant elle est] cachere ; et ces grands [maîtres] qui ont vu ces poumons qui se tenaient [durs] comme des cruches et des rochers, [mentionné] plus haut siman 26, ne se sont pas souciés de les examiner [pour voir] si les eaux étaient nauséabondes ou troubles. Et ainsi agit le peuple (amma de-var). Et ici il s'agit assurément du rein (à-koulya kaei), même selon les livres qui lisent 'et des eaux claires [sont] cacheres ; ici et là nous n'avons dit [cela] que...' [etc.] — [car] c'est le langage de la Guemara plus haut qu'il a repris ; quoi qu'il en soit, [cela] ne s'applique qu'au rein. 'Un rein qui a diminué (hiktina) : dans le menu bétail, jusqu'à [la taille d']une fève (poul) ; dans le gros [bétail], jusqu'à [la taille d']un raisin (anava) moyen.' Et c'est une interdiction de la Tora (issoura de-oraita) ; et le 'jusqu'à' et le 'jusqu'à' [sont] inclus [dans la mesure]. Et [à la taille d']une fève ou d'un raisin, [la bête est] tereifa. Et le terme 'qui a diminué' implique qu'il était grand et [qu'il] a diminué, et [que] le manque est perceptible à son emplacement ; mais [un rein] petit par nature (be-toladeto, de naissance), [la bête est] cachere. Et si tu trouves trois reins, [elle est] cachere, car nous disons : tout [organe] en surnombre est comme [un organe] ôté (kol yater ke-natoul dami). Et il est aussi enseigné ainsi [dans le traité] Bekhorot (page 39a) : 'et les deux reins' — et non celle qui a un seul rein ni celle qui en a trois. Et du fait que la Tora [l']a invalidée pour le Haut (pour l'autel, comme offrande), on déduit qu'elle est permise pour le profane (le-hedyot, la consommation ordinaire). '[Si] la matrice (em) a été ôtée' : il est enseigné : l'em, la tarpahat et la chalpouhit (vessie), les trois ne sont qu'une seule [et même] chose ; et c'est l'em, où repose le foetus (valad), [nommée] différemment selon les endroits [du corps]. Mais si la chalpouhit (vessie), où l'urine (mei raglayim) s'accumule, a été ôtée — il a tranché dans les Chearim que [la bête est] tereifa. Et de même a tranché Rabbenou Hananel de mémoire bénie. Mais mon aïeul le Raavan de mémoire bénie a écrit qu'[elle est] cachere, parce que nous ne trouvons pas cette tereifa dans la Guemara, et [qu']on n'ajoute pas [de cas] aux tereifot. Et l'emplacement de raccord de la vessie se trouve entre la jointure des cuisses, près du gros intestin (halhoulet), et s'y écoulent les eaux du liquide, [c'est-à-dire] le déchet du corps. Et même si [la vessie] a été ôtée, les eaux de l'urine s'écoulent vers leur emplacement et n'ont pas la force de retourner au corps, mais sortent au-dehors, comme [dans le cas d']un gros intestin qui a été percé et [que] les cuisses maintiennent [en le colmatant], au siman 32. Et de même j'ai entendu qu'il y a des êtres humains dont l'urine s'écoule en permanence, et les médecins disent que leur vessie a été percée ou ôtée, et que les eaux qui s'écoulent du corps sortent aussitôt qu'elles atteignent l'emplacement de la vessie ; et ces êtres humains ont vécu de nombreuses années.
💡 Explication

Même cas avec les hommes de Rav Papa bar Abba le chasseur, qui tuaient la bête en la frappant au rein (koulya). Rabbi Abba répond à l'identique : on n'ajoute pas aux tereifot, 'tu n'as que ce que les Sages ont dénombré'.

12
וְהָא קָא חָזֵינַן דְּקָא מֵתָה! גְּמִירִי דְּאִי בָּדְרִי לַהּ סַמָּא, חַיָּיא.

[Objection :] mais nous voyons [bien] qu'elle meurt ! [Réponse :] [c'est] une tradition [reçue] que, si l'on répandait sur elle un remède (sama), elle vivrait.

📜 Rachi (1)
דְּאִי בָּדְרִי לַהּ סַמָּא אִם מְפַזְּרִין עָלֶיהָ סַם:
Que, si l'on répandait sur elle un remède — si l'on disperse sur elle un médicament.
💡 Explication

Objection : on constate que ces bêtes meurent de la lésion — n'est-ce pas la preuve qu'elles sont tereifot ? Réponse : c'est une tradition que, dans ces cas, si l'on répandait un remède (sama) sur la plaie, la bête vivrait. Or n'est tereifa que ce qui est inguérissable ; ces bêtes pouvant guérir, elles ne sont pas tereifot.

13
מַתְנִי׳ וְאֵלּוּ כְּשֵׁרוֹת בַּבְּהֵמָה, נִיקְּבָה הַגַּרְגֶּרֶת אוֹ שֶׁנִּסְדְּקָה. עַד כַּמָּה תֶּחְסַר? רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: עַד כְּאִיסָּר הָאִיטַלְקִי. נִפְחֲתָה הַגֻּולְגֹּולֶת וְלֹא נִיקַּב קְרוּם שֶׁל מוֹחַ, נִיקַּב הַלֵּב וְלֹא לְבֵית חֲלָלוֹ, נִשְׁבְּרָה הַשִּׁדְרָה וְלֹא נִפְסַק הַחוּט שֶׁלָּהּ, נִיטְּלָה הַכָּבֵד וְנִשְׁתַּיֵּיר הֵימֶנָּה כְּזַיִת.

Michna. Et voici [les bêtes qui restent] cacheres : [si] la trachée (gargeret) a été percée ou s'est fendue [dans sa longueur].

Jusqu'à combien peut-elle manquer ? Rabban Chimon ben Gamliel dit : jusqu'à [la taille d']un issar italien.

[Si] le crâne (goulgolet) s'est enfoncé mais [que] la membrane (kroum) du cerveau n'a pas été percée ; [si] le cœur a été percé mais non jusqu'à sa cavité (beit hilalo) ; [si] la colonne vertébrale (chidra) s'est brisée mais [que] sa moelle (hout) n'a pas été tranchée ; [si] le foie a été ôté mais [qu']il en est resté un kazayit (volume d'olive).

📜 Rachi (3)
מַתְנֵי' נִיקְּבָה הַגַּרְגֶּרֶת בְּלֹא חֶסְרוֹן אִיסָּר כְּדִמְפָרֵשׁ:
Michna. [Si] la trachée a été percée — sans le manque d'un issar, comme [le texte l']explique.
אוֹ שֶׁנִּסְדְּקָה לְאָרְכָּהּ וּכְדַאֲמַרַן אִם נִשְׁתַּיֵּיר הֵימֶנָּה לְמַעְלָה וּלְמַטָּה:
Ou s'est fendue — dans sa longueur, et comme nous [l']avons dit, [à condition qu']il en soit resté [une portion] en haut et en bas.
נִפְחֲתָה הַגֻּולְגֹּולֶת הָעֶצֶם נִפְחַת וְרוֹאִין אָנוּ שֶׁלֹּא נִיקַּב הַקְּרוּם:
[Si] le crâne s'est enfoncé — l'os s'est enfoncé et nous voyons que la membrane n'a pas été percée.
🗂️ Tossefot (1)
וְאֵלּוּ כְּשֵׁרוֹת בִּבְהֵמָה כּוּלְּהוּ צְרִיכִי כִּדְפָרֵישְׁנָא בְּרֵישׁ פִּירְקִין (חֻולִּין דַּף מב. ד״ה נִיקַּב):
Et voici [les bêtes qui restent] cacheres — toutes [ces clauses] sont nécessaires, comme je l'ai expliqué au début du chapitre (Houlin 42a, s.v. 'a été percé').
⚖️ Rosh (1)
מַתְנֵי' אֵלּוּ כְּשֵׁירוֹת בִּבְהֵמָה. נִיקְּבָה הַגַּרְגֶּרֶת אוֹ שֶׁנִּסְדְּקָה. עַד כַּמָּה תֶּחְסַר. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר עַד כְּאִיסָּר הָאִיטַלְקִי. נִפְחֲתָה הַגֻּולְגֹּולֶת וְלֹא נִיקַּב קְרוּם שֶׁל מוֹחַ. נִיקַּב הַלֵּב וְלֹא לְבֵית חֲלָלוֹ. נִשְׁבַּר הַשִּׁדְרָה וְלֹא נִפְסַק הַחוּט שֶׁלָּהּ. נִיטְּלָה הַכָּבֵד וְנִשְׁתַּייֵּר הֵימֶנָּה כְּזַיִת. הֶמְסֵס וּבֵית הַכּוֹסוֹת שֶׁנִּיקְּבוּ זֶה לְתוֹךְ זֶה. נִיטַּל הַטְּחוֹל נִיטְּלוּ הַכְּלָיוֹת נִיטַּל לֶחִי הַתַּחְתּוֹן נִטְּלָה הָאֵם שֶׁלָּהּ. וַחֲרוּתָה בִּידֵי שָׁמַיִם כְּשֵׁירָה. וְהַגְּלוּדָה רַבִּי מֵאִיר מַכְשִׁיר. וַחֲכָמִים פּוֹסְלִין. כָּתוּב בְּפִיסְקֵי הַגְּאוֹנִים הָא דְּנִיטַּל לֶחִי הַתַּחְתּוֹן כָּשֵׁר הַייְנוּ דַּוְקָא שֶׁיְּכוֹלָה לִחְיוֹת עַל יְדֵי הַלְעָטָה וְהַמַּרְאֶה. הָא לָאו הָכִי טְרֵיפָה: גְּמ' אָמַר רַב מַתְנָא הַאי בּוּקָא דְּאַטְמָא דְּשָׁף מִדֻּוכְתֵּיהּ טְרֵיפָה. וְרָבָא אָמַר כְּשֵׁירָה וְאִי אִיפְּסִיק נִיבֵיהּ טְרֵיפָה. וְהִילְכְתָא אֲפִילּוּ אִיפְּסִיק נִיבֵיהּ כְּשֵׁרָה עַד דְּמִיעַכּוֹל עִכּוּלִי: עַד כְּאִיסָּר. אָמַר אַבַּיֵּי כִּפְשִׁיטָא זוּטַרְתִּי דְּמִשְׁתַּכְחִי בֵּינֵי פְּשִׁיטֵי רַבְרְבֵי דְּפוּמְבְּדִיתָא. וְהַיְינוּ שִׁיעוּרָא דְּדִינָרָא קוּרְדִּינְיָתָא:
Michna. Et voici celles qui [restent] cacheres chez la bête : [celle dont] la trachée (gargeret) a été percée ou fendue [dans sa longueur]. Jusqu'à combien peut-elle manquer [de matière sans devenir tereifa] ? Rabban Chimon ben Gamliel dit : jusqu'à [la taille d']un issar italique. [Celle dont] la calotte du crâne (goulgolet) a été enfoncée mais [dont] la membrane du cerveau (kroum chel moah) n'a pas été percée ; [celle dont] le cœur (lev) a été percé mais [pas] jusqu'à sa cavité ; [celle dont] la colonne vertébrale (chidra) a été brisée mais [dont] le cordon [médullaire] (hout) n'a pas été tranché ; [celle dont] le foie (kaved) a été ôté mais [dont] il en est resté [un volume] comme celui d'une olive (kazayit). [Celle dont] le feuillet (memess) et le bonnet (beit ha-kossot) ont été percés l'un dans l'autre ; [celle dont] la rate (tehol) a été ôtée ; [celle dont] les reins (kelayot) ont été ôtés ; [celle dont] la mâchoire inférieure (lehi ha-tahton) a été ôtée ; [celle dont] la matrice (em) a été ôtée ; et [celle qui a] été recroquevillée/ridée par le fait du Ciel (harouta bidei chamayim) — [toutes] sont cacheres. Et [pour] celle qui est écorchée (gelouda), Rabbi Meir déclare cachere et les Sages [la] déclarent passoul. Il est écrit dans les Piskei ha-Gueonim [que] ce cas où la mâchoire inférieure a été ôtée [et où la bête est] cachere, c'est précisément lorsqu'elle peut vivre au moyen de gavage (haalata) et d'abreuvement (hamraa) ; sinon, [elle est] tereifa. Guemara. Rav Matna dit : cette tête du fémur (bouka de-atma) qui a glissé de son emplacement (chaf mi-doukhteih, s'est déboîtée), [la bête est] tereifa. Et Rava dit : [elle est] cachere ; et si son tendon (niveih) a été sectionné, [elle est] tereifa. Et la halakha [est que] même [si] son tendon a été sectionné, [elle est] cachere, tant qu'[il] ne s'est pas décomposé/putréfié (mieukhal ikkouli). 'Jusqu'à [la taille d']un issar' : Abaye dit : comme les petites pièces (pchitei zoutrei) qui se trouvent parmi les grandes pièces (pchitei ravrevei) de Poumbedita ; et telle est la mesure d'un dinar kordinien (kourdinaita).
💡 Explication

La michna énumère des atteintes qui n'invalident pas. La trachée percée ou fendue dans la longueur reste cachere (la fente n'invalidant pas si une portion subsiste en haut et en bas) ; pour le manque de matière, RChbG fixe la limite à un issar italien. De même : crâne enfoncé sans que la membrane du cerveau soit percée ; cœur percé sans atteindre sa cavité ; colonne brisée sans que la moelle soit tranchée ; foie ôté dont il reste un kazayit.

14
הֶמְסֵס וּבֵית הַכּוֹסוֹת, שֶׁנִּיקְּבוּ זֶה לְתוֹךְ זֶה. נִיטַּל הַטְּחוֹל, נִיטְּלוּ הַכְּלָיוֹת, נִיטַּל לֶחִי הַתַּחְתּוֹן, נִיטְּלָה הָאֵם שֶׁלָּהּ, וַחֲרוּתָה בִּידֵי שָׁמַיִם. הַגְּלוּדָה – רַבִּי מֵאִיר מַכְשִׁיר, וַחֲכָמִים פּוֹסְלִין.

[Si] le feuillet (memess) et le bonnet (beit ha-koss) se sont percés l'un dans l'autre ; [si] la rate (te'hol) a été ôtée ; [si] les reins ont été ôtés ; [si] la mâchoire inférieure (le'hi ha-ta'hton) a été ôtée ; [si] sa matrice (em) a été ôtée ; [si elle a été] ridée par le fait du Ciel (haroutha bidei chamayim). [La bête] écorchée (gelouda) : Rabbi Meir [la déclare] cachere, et les Sages [la déclarent] invalide.

📜 Rachi (5)
זֶה לְתוֹךְ זֶה שֶׁסִּמּוּכִין הֵן וְדֻופְנַן שֶׁל שְׁנֵיהֶם אֲדוּקִים זֶה לָזֶה וּבְאֶמְצָעִיתָן הֵן נְקוּבִין זֶה לָזֶה וְאִם חָזְרוּ וְנִקְּבוּ בִּמְקוֹם אַדָּיְקַתְּ דָּופְנוֹתֵיהֶן אֵין הַנֶּקֶב נִרְאֶה לַחוּץ אֶלָּא זֶה לְתוֹךְ זֶה כְּשֵׁרָה דְּהָא לְהָדְדִי נָמֵי שִׁפְכִי:
L'un dans l'autre — car ils sont voisins, et la paroi de tous deux [est] collée l'une à l'autre, et en leur milieu ils sont percés l'un dans l'autre ; et s'ils se sont repercés à l'endroit où leurs parois sont accolées, le trou ne se voit pas vers l'extérieur, mais [s'ouvre seulement] l'un dans l'autre, [et alors c'est] cachere, car ils se déversent aussi l'un dans l'autre.
נִיטַּל לֶחִי הַתַּחְתּוֹן מֵעַל הַבָּשָׂר וְהַסִּימָנִים מְחֻובָּרִים בַּבָּשָׂר:
[Si] la mâchoire inférieure a été ôtée — au-dessus de la chair, et [pourvu que] les simanim [restent] attachés à la chair.
הַאִם מדרי"ץ שֶׁל נְקֵבָה שֶׁהַוָּולָד מֻונָּח בָּהּ:
La matrice — 'madritz' (la matrice) de la femelle, dans laquelle le petit est déposé.
וַחֲרוּתָה בִּידֵי שָׁמַיִם מְפָרֵשׁ בַּגְּמָרָא (לְקַמָּן חֻולִּין נה:) שֶׁצָּמְקָה רֵיאָה שֶׁלָּהּ בִּידֵי שָׁמַיִם כְּגוֹן שֶׁנִּבְעֲתָה מִקּוֹל רַעַם וּבְרָקִים. חֲרוּתַהּ קָשֶׁה כַּחֲרִיּוֹת דֶּקֶל. וּבַגְּמָ' (שָׁם) מְפָרֵשׁ מְנָא יְדִיעַ אִם בִּידֵי שָׁמַיִם אִם בִּידֵי אָדָם:
Et [si elle a été] ridée par le fait du Ciel — [la Guemara] explique plus loin (Houlin 55b) que son poumon s'est ridé par le fait du Ciel, par exemple [si] elle a été effrayée par un bruit de tonnerre et d'éclairs. 'Haroutha' [signifie] durcie comme une branche (harout) de palmier. Et dans la Guemara (ibid.) [on] explique comment l'on sait si [c'est] par le fait du Ciel ou par le fait de l'homme.
הַגְּלוּדָה שֶׁנִּיטַּל עוֹרָהּ אוֹ מֵחֲמַת שְׁחִין אוֹ מֵחֲמַת מְלָאכָה וְלֹא נִשְׁתַּייֵּר כְּלוּם. וּבַגְּמָ' (שָׁם) מְפָרֵשׁ כַּמָּה יִשָּׁאֵר מִן הָעוֹר וּתְהֵא כְּשֵׁרָה:
[La bête] écorchée — dont la peau a été ôtée, soit à cause d'un ulcère (chehin), soit à cause d'un travail (mêla'kha), [au point] qu'il n'en est rien resté. Et dans la Guemara (ibid.) [on] explique combien de peau doit rester pour qu'elle soit cachere.
💡 Explication

Suite des cas cacheres : feuillet et bonnet (deux poches stomacales) percés l'un dans l'autre (le contenu passant de l'un à l'autre, le trou n'ouvre pas vers l'extérieur) ; rate, reins, mâchoire inférieure ou matrice (em) ôtés ; poumon ridé par le fait du Ciel (haroutha — desséché comme une branche de palmier, suite à la frayeur d'un coup de tonnerre). Enfin la bête écorchée (geouda, dépouillée de sa peau) : R. Meir la déclare cachere, les Sages invalide.

15
גְּמ׳ אִתְּמַר: רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: ״אֵלּוּ טְרֵפוֹת״ דַּוְקָא, וְרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ אָמַר: ״אֵלּוּ כְּשֵׁרוֹת״ דַּוְקָא.

Guemara. Il a été dit : Rabbi Yo'hanan dit : 'voici les tereifot' [est] exclusif (davka) ; et Rabbi Chimon ben Lakich dit : 'voici [les bêtes qui restent] cacheres' [est] exclusif (davka).

📜 Rachi (1)
גְּמ' כָּל הֵיכָא דְּתָנֵי אֵלּוּ מִיעוּטָא מַשְׁמַע אֵלּוּ וְתוּ לָא:
Guemara. Partout où [la michna] énonce 'voici', [cela] implique une restriction : 'celles-ci' et pas davantage.
💡 Explication

La michna précédente s'ouvrait sur 'voici les tereifot', celle-ci sur 'voici les cacheres'. R. Yo'hanan tient que c'est la liste des tereifot qui est exclusive (davka) : tout ce qui n'y figure pas est donc cachere, et la liste des cacheres n'est pas limitative. Resh Lakich tient l'inverse : c'est la liste des cacheres qui est exclusive, et tout ce qui n'y figure pas peut être tereifa.

16
בְּמַאי קָא מִיפַּלְגִי? בִּדְרַב מַתְנָא, דְּאָמַר רַב מַתְנָא: הַאי בּוּקָא דְאַטְמָא דְּשָׁף מִדֻּוכְתֵּיהּ – טְרֵפָה. רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: ״אֵלּוּ טְרֵפוֹת״ דַּוְקָא, תְּנָא טְרֵפוֹת, וְתַנָּא ״זֶה הַכְּלָל״,

En quoi divergent-ils ? Sur [le cas] de Rav Matna, car Rav Matna a dit : cette tête du fémur (bouka de-atma) qui a glissé de sa place [est] tereifa.

Rabbi Yo'hanan dit : 'voici les tereifot' [est] exclusif — [le Tana] a enseigné les tereifot, et il a [aussi] enseigné 'voici la règle' [pour] inclure celles qu'il n'a pas enseignées [explicitement] ;

📜 Rachi (2)
תְּנָא טְרֵפוֹת חַשְׁבִינְהוּ לִטְרֵפוֹת:
[Le Tana] a enseigné les tereifot — il les a comptées comme tereifot.
וְתַנָּא זֶה הַכְּלָל לַאֲתוּיֵי הָנָךְ דְּלָא תְּנָנְהוּ:
Et il a [aussi] enseigné 'voici la règle' — [pour] inclure celles qu'il n'a pas enseignées [explicitement].
💡 Explication

La nafka mina (conséquence pratique) porte sur l'enseignement de Rav Matna : la tête du fémur (bouka de-atma) déboîtée de sa place rend tereifa — un cas absent des deux michnayot. Pour R. Yo'hanan (liste des tereifot exclusive), ce cas serait cachere ; mais la clause 'voici la règle' (au bout de la liste des tereifot) inclut précisément de tels cas non énoncés — donc le bouka de-atma peut être tereifa. (Pour Resh Lakich, à l'inverse, la liste des cacheres étant exclusive, l'absence du cas dans cette liste-ci suffit à le rendre tereifa.)

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).