Sougya : La sougya poursuit les tereifot internes : la loi suit Rakhich bar Papa (rein malade tereifa) et non Rav Avira (rate perforée), avec les nuances sur la rate (partie mince/épaisse, épaisseur d'un dinar d'or). On dégage le principe d'Occident — tout ce qui invalide le poumon est cachere dans le rein — aussitôt réfuté par Rabbi Tan'houma (pus, eau claire) et corrigé par Rav Achi : on ne compare pas les tereifot entre elles.
Suivent l'eau claire (limpide et non fétide), le rein rétréci, la mâchoire inférieure enlevée, la matrice (em, identifiée à la tarpahat et à la chalpouhit), puis le poumon ratatiné (harouta) : par le Ciel cachere, par l'homme tereifa, et la discussion sur Rabbi Chimon ben Elazar (sur la première ou la dernière clause) tranchée par la braita, plus le test de Rabba bar bar Hana (récipients et eau, été/hiver). La fin traite la bête écorchée (gueouda) : Rabbi Meir validait puis s'est rétracté ; il faut un reste de peau d'au moins un sela, dont la forme (longue bande ou largeur pleine) et le lieu (échine, têtes des jointures, nombril) sont discutés ; question laissée teikou.
Rav exclut la peau des paturons, Rabbi Yo'hanan l'inclut, et ramène la braita de la peau sous la queue pour montrer que les peaux 'comme la chair' relèvent d'une opinion isolée (Rabbi Chimon).
[La michna a enseigné : un rein dont la maladie a atteint] le lieu de la fente (hariss). Et où est le lieu de la fente ?
[C'est une référence] à la matière blanche qui est sous les reins. Rav Nehounia dit : j'ai interrogé tous les médecins-décisionnaires (teroupaei) d'Occident (Terre d'Israël) [sur les tereifot], et ils m'ont dit : la loi [est] comme Rakhich bar Papa [au nom de Rav, qu'un rein malade rend tereifa], et la loi n'est pas comme Rav Avira [qui rend tereifa une rate perforée].
Suite des tereifot du rein (koulia). Le 'lieu de la fente', c'est la matière blanche centrale du rein, où les tendons sont attachés. Rav Nehounia tranche d'après les décisionnaires de Terre d'Israël : la loi suit Rakhich bar Papa (un rein malade rend la bête tereifa), et non Rav Avira (qui rendait tereifa une rate perforée).
[L'avis] de Rav Avira non plus, nous ne l'avons dit [écarté] que [dans le cas où la rate fut perforée] dans sa [partie] mince (koulcha), mais dans son [partie] épaisse (somkha) — [elle est] tereifa ; et s'il y est resté [un reliquat] de l'épaisseur d'un dinar d'or — [elle est] cachere.
Précision sur la rate (techol). Si l'on n'invalide pas la rate perforée (contre Rav Avira), c'est seulement quand la perforation atteint sa partie mince (koulcha, le bas effilé). Dans sa partie épaisse (somkha, le haut), une perforation traversante rend tereifa ; mais s'il reste, en face de l'aiguille, une paroi de l'épaisseur d'un dinar d'or [non transpercée], la bête est cachere.
On dit en Occident (Terre d'Israël) : tout ce qui invalide dans le poumon (réa) [est] cachere dans le rein (koulia). Car voici : une perforation [est] invalidante dans le poumon, et [pourtant] cachere dans le rein ; et à plus forte raison là où [c'est] cachere dans le poumon — [c'est] cachere dans le rein.
Principe énoncé en Terre d'Israël : tout ce qui invalide le poumon est cachere dans le rein. Preuve : la perforation invalide le poumon mais laisse le rein cachere ; et à fortiori, ce qui ne nuit même pas au poumon ne nuit pas au rein. Le rein est ainsi posé comme moins sensible que le poumon.
Rabbi Tan'houma objecte : est-ce [vraiment] une règle [générale] ? Voici [pourtant] le pus (mougla), qui [est] cachere dans le poumon et invalide dans le rein ! et voici l'eau claire (mayim zakin), qui [est] cachere ici et là !
Plutôt, Rav Achi dit : compares-tu les tereifot l'une à l'autre ? On ne dit pas, en matière de tereifot, [que] celle-ci ressemble à celle-là ; car [voici qu']on la coupe d'ici et elle meurt, [et qu']on la coupe de là et elle vit.
Réfutation : la règle n'est pas absolue. Le pus (mougla) laisse le poumon cachere mais rend le rein tereifa ; l'eau claire (mayim zakin) laisse cachere dans les deux. Rav Achi coupe court : on ne compare pas les tereifot entre elles. Chaque organe a sa sensibilité propre — on tranche tel membre et la bête meurt, on en tranche un autre et elle survit.
Et l'eau claire (mayim zakin) [qui est] cachere, nous ne l'avons dit que [lorsqu']elle [est] limpide (tsilei) ; mais [si elle est] trouble (akhirei) — [la bête est] tereifa. Et même [lorsqu']elle [est] limpide, nous ne l'avons dit que [lorsqu']elle n'est pas fétide (sariah) ; mais [si elle est] fétide — [la bête est] tereifa.
Double condition de l'eau claire. Elle ne rend cachere que si elle est limpide (tsilei) ; trouble (akhirei), la bête est tereifa. Et même limpide, encore faut-il qu'elle ne soit pas fétide (sariah) ; fétide, la bête est tereifa. Le liquide doit donc être clair et inodore.
Le rein (koulia) qui a rétréci : dans [une bête] menue (daka) — [tereifa] jusqu'à [la taille d']une fève (poul) ; dans [une bête] grosse (gassa) — jusqu'à [la taille d']un raisin moyen (anava beinonit).
Le rein qui rétrécit de lui-même par maladie. Dans le petit bétail (daka, ovins-caprins), la bête devient tereifa si le rein s'est réduit jusqu'à la taille d'une fève ; dans le gros bétail (gassa, bovins), jusqu'à la taille d'un raisin moyen.
[La michna : si] la mâchoire inférieure (lehi ha-tahton) a été enlevée [la bête reste cachere]. Rabbi Zira dit : on n'a enseigné [cela] que [lorsque la bête] peut vivre par gavage et abreuvement forcé (le'ita ve-hamraa) ; mais [si] elle ne peut pas vivre par gavage et abreuvement forcé — [elle est] tereifa.
La michna déclare cachere la bête dont on a ôté la mâchoire inférieure. Rabbi Zira restreint : seulement si la bête peut survivre grâce au gavage (le'ita, pose de nourriture au fond de la gueule) et à l'abreuvement forcé (hamraa) ; si même ainsi elle ne peut subsister, elle est tereifa.
[La michna : si] sa matrice (em) a été enlevée [la bête reste cachere]. Un Tana a enseigné : la em (matrice), c'est la tarpahat, et c'est la chalpouhit.
La michna déclare cachere la bête dont on a ôté la matrice (em). Une braita identifie les synonymes : la em est aussi appelée tarpahat (terme employé plus loin, 56b) et chalpouhit (terme employé plus haut, 48a) — trois noms pour un même organe.
[La michna :] et [une bête] ratatinée (harouta) par [l'action] du Ciel — cachere. Nos Maîtres ont enseigné : qu'est-ce qu'une [bête] harouta ? toute [bête] dont le poumon s'est ratatiné (tsamka).
Par [l'action] du Ciel — cachere ; par [la main de] l'homme — tereifa. Rabbi Chimon ben Elazar dit : même par [l'action de] toute créature (kol ha-beriyot).
La harouta : bête dont le poumon s'est ratatiné (tsamka, desséchée). Si le ratatinement vient du Ciel (frayeur du tonnerre, de la grêle), la bête est cachere ; s'il vient de la main de l'homme (qui l'a effrayée, par ex. en abattant une bête devant elle), elle est tereifa [car le poumon ne se rétablit pas]. Rabbi Chimon ben Elazar ajoute : 'même par [l'action de] toute créature' (rugissement d'un lion) — son sens exact sera discuté.
On leur a demandé [à la maison d'étude] : Rabbi Chimon ben Elazar se tient-il sur la première [clause] (recha) et [parle-t-il] pour l'allègement (le-koula), ou se tient-il sur la dernière [clause] (sefa) et [parle-t-il] pour l'aggravation (le-houmra) ?
Ambiguïté du propos de R. Chimon ben Elazar ('même par toute créature'). Se rattache-t-il à la première clause ('par le Ciel — cachere'), et alors c'est un allègement (même le rugissement d'un lion est traité comme le Ciel : cachere) ? Ou à la dernière clause ('par l'homme — tereifa'), et alors c'est une aggravation (même l'action d'une créature rend tereifa) ?
Viens [et] entends, car il est enseigné [dans la braita même] : [un poumon] ratatiné par [la main de] l'homme — tereifa ; Rabbi Chimon ben Elazar dit : même par [l'action de] toute créature.
Résolution. La braita elle-même accole le mot de R. Chimon ben Elazar à la clause 'par l'homme — tereifa'. Il se rattache donc à la dernière clause (sefa) : son propos est une aggravation — même le ratatinement provoqué par une créature rend la bête tereifa.
Rabba bar bar Hana marchait dans le désert ; il trouva certains béliers (dikhrei) dont le poumon s'était ratatiné. Il vint [et] demanda à la maison d'étude.
Ils lui dirent : en été (kaita), apporte des récipients blancs (mechikhlei hivarei), remplis-les d'eau froide et dépose-[les y] un jour entier (me'et le-et) ; s'ils reviennent à la santé (hadran beriin), [c'est] par [l'action] du Ciel et [c'est] cachere, et sinon — tereifa. En hiver (sitva), apporte des récipients sombres (mechikhlei chihoumei), remplis-les d'eau tiède (mayim pechourei) et dépose-[les y] un jour entier ; s'ils reviennent à la santé — cachere, et sinon — tereifa.
Méthode pratique pour savoir si un poumon ratatiné vient du Ciel (cachere) ou non. En été : récipients blancs (de terre cuite, qui rafraîchissent), eau froide, on y laisse le poumon un jour entier (me'et le-et, 24 h) ; s'il se regonfle, c'est le Ciel, cachere ; sinon, tereifa. En hiver : récipients sombres (qui refroidissent moins), eau tiède, même durée, même critère. On adapte la température à la saison.
[La michna :] la [bête] écorchée (ha-gueouda). Nos Maîtres ont enseigné : [pour] la [bête] écorchée — Rabbi Meir valide (makhchir) et les Sages invalident (posslin) ; et déjà Elazar le scribe (safra) et Yo'hanan ben Goudgueda ont témoigné, au sujet de la [bête] écorchée, qu'elle [est] invalide (passoula).
Rabbi Chimon ben Elazar dit : Rabbi Meir s'est rétracté (hazar bo).
La gueouda : bête dont toute la peau a été arrachée. Rabbi Meir la validait, les Sages l'invalidaient ; Elazar le scribe et Yo'hanan ben Goudgueda ont témoigné qu'elle est invalide. Rabbi Chimon ben Elazar rapporte que Rabbi Meir s'est rétracté de son avis [et a fini par l'invalider].
[Mais] par déduction, [faut-il conclure] que, selon Rabbi Chimon ben Elazar, Rabbi Meir était en désaccord au sujet de la [bête] écorchée ? Or n'est-il pas enseigné : Rabbi Chimon ben Elazar dit : Rabbi Meir et les Sages n'ont pas été en désaccord au sujet de la [bête] écorchée, [tous tenant] qu'elle [est] invalide ; et déjà Rabbi Ochaaya, fils de Rabbi Yehouda le parfumeur (ha-bassam), a témoigné devant Rabbi Akiva au nom de Rabbi Tarfon, au sujet de la [bête] écorchée, qu'elle [est] invalide, et [que] s'il y est resté [un morceau de peau] de [la taille d']un sela — [elle est] cachere.
Rav Nahman bar Yits'hak dit : que signifie 'ils n'ont pas été en désaccord' ? Rabbi Meir n'a pas maintenu (lo amad) son désaccord [et s'est rétracté].
Contradiction entre deux braitot. Selon la première, R. Meir était d'abord en désaccord (puis s'est rétracté). Selon la seconde, R. Chimon ben Elazar dit qu'ils n'ont jamais été en désaccord (tous invalident), et Rabbi Ochaaya a témoigné, au nom de Rabbi Tarfon, qu'il faut un reste de peau de la taille d'un sela pour rendre cachere. Rav Nahman bar Yits'hak concilie : 'ils n'ont pas été en désaccord' veut dire que R. Meir n'a pas maintenu son objection — il s'est rétracté.
Le Maître a dit : s'il y est resté [un morceau de peau] de [la taille d']un sela — [elle est] cachere. Où [doit-il se trouver] ?
Rav Yehouda dit au nom de Chmouel : sur toute [la longueur de] l'échine (chidra).
Analyse du témoignage. 'Un reste d'un sela rend cachere' — mais où ce reste de peau doit-il subsister ? Rav Yehouda au nom de Chmouel : le long de toute l'échine (chidra, la colonne vertébrale).
On leur a demandé : [est-ce] une [bande] longue et fine (arikh ve-katin), telle que, lorsqu'on l'additionne (metsaref), elle fasse [la surface d']un sela ? ou peut-être [faut-il] la largeur d'un sela sur toute [la longueur de] l'échine ? Viens [et] entends, car Rabbi Nehorai a explicité au nom de Chmouel : [il faut] la largeur d'un sela sur toute la longueur de l'échine.
Précision sur la forme du reste. Suffit-il d'une bande longue et fine qui, additionnée, totalise la surface d'un sela ? ou faut-il la pleine largeur d'un sela courant sur toute l'échine ? Tranche : Rabbi Nehorai au nom de Chmouel exige la largeur d'un sela sur toute la longueur de l'échine — pas un simple total de surface.
Rabba bar bar Hana dit : [aux] têtes des jointures (rachei perakim). Rabbi Elazar ben Antignos, au nom de Rabbi Elazar fils de Rabbi Yannai, dit : [au] lieu de son nombril (tibouro).
Autres avis sur le lieu du reste de peau. Rabba bar bar Hana : aux têtes des jointures (rachei perakim — aux articulations des vertèbres et des os des membres). Rabbi Elazar ben Antignos au nom de R. Elazar fils de R. Yannai : au lieu du nombril (tibour).
Rabbi Yannai fils de Rabbi Yichmael a demandé : [si] le lieu de l'échine a été enlevé mais que tout [le reste] subsiste, [si] le lieu de son nombril a été enlevé mais que tout [le reste] subsiste, [si] les têtes des jointures ont été enlevées mais que tout [le reste] subsiste — quoi [est la loi] ? [La question] demeure (teikou).
Question combinatoire. Selon chacun des trois avis, le reste 'qui sauve' doit être à un endroit précis. Mais que dire si c'est justement cet endroit qui a été dénudé (échine, ou nombril, ou têtes des jointures), tout le reste de la peau étant intact ? Le reste suffit-il malgré l'absence au point critique ? Non tranché : teikou.
Rav dit : toute la peau, en son entier, sauve dans la [bête] écorchée, excepté la peau des paturons (or beit ha-perassot) ; et Rabbi Yo'hanan dit : même la peau des paturons sauve aussi.
Quelle peau 'compte' comme reste sauveur ? Rav : toute partie de la peau sauve (la où reste un sela), sauf la peau des paturons (or beit ha-perassot — du bas des pattes, sous le jarret), qui n'est pas considérée comme une vraie peau car trop molle. Rabbi Yo'hanan : même la peau des paturons sauve.
Rabbi Assi demanda à Rabbi Yo'hanan : la peau des paturons, qu'en est-il [: peut-elle] sauver dans la [bête] écorchée ? Il lui dit : elle sauve.
Il lui dit : [mais] tu nous as enseigné, notre maître [, la michna] : 'voici celles dont les peaux [sont] comme leur chair (ke-bessaran) — [...] la peau des paturons' ! Il lui dit : ne m'irrite pas (al takniteni), car [cette michna,] je l'enseigne au nom d'un [Tana] isolé (be-lachon yahid).
Objection de Rabbi Assi : si R. Yo'hanan dit que la peau des paturons sauve (donc qu'elle est une vraie peau), comment l'accorder avec la michna (122a) qui range la peau des paturons parmi celles 'dont la peau est comme la chair' (donc pas une vraie peau) ? Réponse : 'ne m'irrite pas avec cette michna' — je l'enseigne au nom d'un seul Tana (Rabbi Chimon), opinion isolée que l'on ne suit pas ; selon les Sages, c'est une vraie peau.
Car il est enseigné : celui qui abat l'holocauste (ola) avec l'intention d'en faire fumer (le-haktir) [la valeur d']une olive (ke-zayit) de la peau qui [est] sous la queue (alia), [si c'est] hors de son lieu (houts li-mekomo) — [le sacrifice est] invalide (passoul), mais il n'y a pas [d'obligation de] retranchement (karet) ; [si c'est] hors de son temps (houts li-zmano) — [c'est] piggoul, et l'on est passible à son sujet de retranchement.
Preuve que la peau sous la queue est traitée comme de la chair (avis de R. Chimon). Pour un holocauste (ola, brûlé en entier), une mauvaise intention de consommation ne disqualifie pas (rien ne se mange) ; seule une mauvaise intention de combustion le fait. Or, abattre avec l'intention de faire fumer une olive de la peau sous la queue hors lieu rend invalide (sans karet), et hors temps rend piggoul (avec karet) — preuve qu'on traite cette peau molle comme la chair et qu'elle 'compte' dans l'intention.
Eliezer ben Yehouda, l'homme d'Iblayim, a dit au nom de Rabbi Yaakov — et de même Rabbi Chimon ben Yehouda, l'homme du village d'Ikhos, disait au nom de Rabbi Chimon : aussi bien la peau des paturons, que la peau de la tête d'un veau tendre (egel ha-rakh), que la peau qui [est] sous la queue, et toute [peau] que les Sages ont dénombrée à propos de l'impureté [sous la rubrique] 'voici celles dont les peaux [sont] comme leur chair',
Liste des peaux 'comme la chair' selon Rabbi Chimon (transmise par Eliezer ben Yehouda d'Iblayim au nom de R. Yaakov, et par R. Chimon ben Yehouda d'Ikhos au nom de R. Chimon) : la peau des paturons, la peau de la tête d'un veau tendre (tant qu'il tête), la peau sous la queue, et toutes celles que les Sages ont énumérées pour l'impureté sous la rubrique 'leur peau est comme leur chair'. [La citation s'interrompt ici, la suite passe au daf suivant.]
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).