Chullin 56b — l'oiseau tombé au feu (couleur des organes) et les atteintes qui ne rendent pas tereifa

Chullin 56b

Sougya : La sougya achève les examens de l'oiseau roussi par le feu : Rabbi Yo'hanan fixe que le verdissement (yerakon) invalide pour un rien, comme la perforation ; mais ce critère ne vaut que pour trois organes naturellement rouges — cœur, gésier (korkevan) et foie (kaved). Pour les organes naturellement verts (les intestins fins), c'est le rougissement qui invalide.

Rabbi Mani et Rav Nahman bar Yitshak proposent l'ébouillantage (chelaka) comme épreuve : des verts qui rougissent à la cuisson n'avaient reçu que la fumée (koutra) et sont cachers ; des rouges qui verdissent étaient brûlés et sont tereifa ; mais on ne présume pas un défaut sans preuve. Puis vient une nouvelle mishna : liste des atteintes qui ne rendent PAS l'oiseau tereifa (trachée perforée ou fendue, belette en lieu non fatal, jabot perforé — voire retiré selon Rabbi —, intestins sortis sans perforation, ailes/pattes brisées, plumes arrachées, R.

Yehouda exigeant le duvet). La guemara rapporte l'incident de Rabbi Simai et Rabbi Tzadok à Ono (la matrice retirée, teikou), fixe que le toit du jabot est jugé comme le veshet, enseigne que brouiller les intestins rend tereifa (verset 'Il t'a fait et t'a établi'), donne le derach de Rabbi Meir sur Israël ville complète, et s'achève sur l'anecdote du Romain qui égorgea le fils devant le père tombé du toit.

L'oiseau tombé au feu : la couleur des organes après le roussissement la règle ne vaut QUE pour trois organes naturellement rouges : cœur, gésier, foie Restés ROUGES l'organe a gardé sa couleur -> CACHER Restés VERTS (yerakon) le feu a brûlé l'organe -> TEREIFA (mesure : un rien) Le test de Rabbi Mani / Rav Nahman bar Yitshak : ébouillanter (chelaka) verts qui ROUGISSENT à la cuisson la fumée (koutra) était entrée, pas le feu -> cacher rouges qui VERDISSENT à la cuisson leur honte est dévoilée : ils étaient brûlés -> tereifa
Le critère de couleur pour l'oiseau tombé au feu (segments 2-6) : rouge cacher, vert tereifa, et l'épreuve de l'ébouillantage.
Mishna : ces atteintes ne rendent PAS l'oiseau tereifa Trachée (gargeret) perforée OU fendue (le veshet, lui, invalide pour un rien) Belette sur la tête en un lieu non fatal (la membrane du cerveau intacte) Jabot (zefek) perforé Rabbi : même retiré = cacher Intestins sortis mais non perforés (à condition de ne pas les brouiller) Ailes / pattes brisées (os non ressorti au-dehors) Plumes des ailes arrachées R. Yehouda : si le duvet ôté = passoul Le toit du jabot (gago chel zefek) jugé comme le veshet (oesophage) : perforé d'un rien -> tereifa
La mishna des atteintes cacheres (segment 8) et le toit du jabot jugé comme l'oesophage (segment 11).
1
בְּגִילָא דְּחִיטְּתָא.

[On l'examine] avec une paille de blé (gila de-hitta) [que l'on fait glisser sur la membrane du cerveau pour voir si elle s'accroche à une perforation].

📜 Rachi (1)
בְּגִילָא דְּחִיטְּתָא כִּדְפָרֵישִׁית בְּמַסְמֵר:
Avec une paille de blé — comme [je l']ai expliqué [à propos] du clou (masmer).
⚖️ Rosh (1)
גְּמ' הִכְּתָה חֻולְדָּה מָקוֹם שֶׁעוֹשֶׂה אוֹתָהּ טְרֵיפָה. אִיתְּמַר רַב וּשְׁמוּאֵל וְלֵוִי דְּאָמְרִי מַכְנִיס יָדוֹ מִבִּפְנִים אִם מְבַצְבֵּץ וְעוֹלֶה טְרֵיפָה וְאִם לָאו כְּשֵׁירָה רַב שֵׁיזְבִי בָּדֵיק בְּשִׁימְשָׁא רַב יֵימַר בָּדֵיק בְּמַיָּא רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב בָּדֵק בְּגִילָא דְּחִיטְּתָא וְהַתָּנֵי לֵוִי כָּל טְרֵפוֹת שֶׁשָּׁנוּ חֲכָמִים בִּבְהֵמָה כְּנֶגְדָּן בָּעוֹף יָתֵר עֲלֵיהֶן הָעוֹף נִשְׁבַּר הָעֶצֶם אע"פ שֶׁלֹּא נִיקַּב קְרוּם שֶׁל מוֹחַ. הָהוּא בְּעוֹף שֶׁל מַיִם הוֹאִיל וּקְרוּמוֹ רַךְ. אָמַר רַב שֵׁיזְבִי הָנֵי אֲווָזֵי דִּידַן הוֹאִיל וּשְׁכִיחִי בְּמַיָּא כְּעוֹף שֶׁל מַיִם דָּמֵי:
Guemara. « Une belette [l']a frappé [sur la tête] » — [en] un endroit qui la rend tereifa (impropre à la consommation, du fait d'un défaut mortel). Il a été dit : Rav, Chmouel et Levi ont dit qu'[on] introduit sa main de l'intérieur [dans le crâne, sous la membrane du cerveau] : si [du liquide] suinte (mevatzbetz) et monte — [c'est] tereifa ; et sinon — [elle est] cachere (propre à la consommation). Rav Cheizvi examine au soleil (be-chimcha), Rav Yemar examine dans l'eau (be-maya), Rav Aha bar Yaakov examine avec une paille de blé (be-gila de-hitta). Mais Levi n'a-t-il pas enseigné : toutes les tereifot (défauts rendant impropre) qu'ont énoncés les Sages pour la bête [domestique], il [en] va de même (kenegdan) pour l'oiseau, [avec ceci] en plus pour l'oiseau : [si] l'os s'est brisé, bien que la membrane du cerveau (kroum chel moah) n'ait pas été perforée [l'oiseau est tereifa] ? [Réponse :] cela [vaut] pour un oiseau d'eau, puisque sa membrane est molle (rakh). Rav Cheizvi a dit : nos oies (avazei didan), puisqu'elles se trouvent [habituellement] dans l'eau, sont considérées comme un oiseau d'eau.
💡 Explication

Suite de l'examen de la membrane du cerveau (commencé en 56a). On y fait glisser une paille de blé (gila de-hitta) : si elle s'accroche, c'est qu'il y a une perforation, et l'oiseau est tereifa. Rachi renvoie au procédé déjà décrit avec le clou (masmer).

2
אָמַר רַב שֵׁיזְבִי: הָנֵי אֲווָזֵי דִּידַן כְּעוֹף שֶׁל מַיִם דָּמְיָין.

Rav Chizbi a dit : nos oies (avazei didan) sont considérées comme [des] oiseaux d'eau [si leur crâne se brise, même sans que la membrane soit perforée, elles sont tereifa].

📜 Rachi (1)
אֲווָזֵי דִּידַן הוֹאִיל וְתָמִיד הֵן בַּמַּיִם:
Nos oies — puisqu'elles sont constamment dans l'eau.
💡 Explication

Rav Chizbi : nos oies domestiques sont assimilées aux oiseaux d'eau. Conséquence : pour un oiseau d'eau, si le crâne se brise, l'oiseau est tereifa même si la membrane du cerveau n'a pas été perforée — car ces oiseaux sont fragiles.

3
נָפְלָה לָאוּר, אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם רַבִּי יוֹסֵי בֶּן יְהוֹשֻׁעַ: שִׁיעוּר יְרֻוקָּתָן כְּשִׁיעוּר נְקוּבָתָן, מַה נְקוּבָתָן בְּמַשֶּׁהוּ – אַף יְרוֹקָתָן בְּמַשֶּׁהוּ.

[La mishna a dit :] '[un oiseau qui] est tombé au feu et [dont les entrailles ont été roussies] : si elles ont verdi — tereifa ; si elles [sont restées] rouges — cacher.' Rabbi Yo'hanan a dit au nom de Rabbi Yossi ben Yehochoua : la mesure de leur verdissement (yerakon) [est] comme la mesure de leur perforation — de même que leur perforation [invalide] d'un rien (be-machehou), de même leur verdissement [invalide] d'un rien.

📜 Rachi (1)
שִׁיעוּר יְרוֹקָתָן מֵחֲמַת הָאוּר:
La mesure de leur verdissement — à cause du feu.
💡 Explication

La mishna (56a) statue sur l'oiseau tombé au feu : entrailles verdies (yerakon, signe que le feu les a brûlées) = tereifa ; restées rouges = cacher. Rabbi Yo'hanan précise : le verdissement invalide pour un rien (be-machehou), exactement comme la perforation d'un organe vital invalide pour un rien.

4
בְּעָא מִינֵּיהּ רַב יוֹסֵף בְּרֵיהּ דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי מֵרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: הוֹרִיקָה כָּבֵד כְּנֶגֶד בְּנֵי מֵעַיִים מַהוּ? אֲמַר לֵיהּ: טְרֵפָה. וְלֹא יְהֵא אֶלָּא נִיטְּלָה! אָמַר רָבָא: כֵּיוָן שֶׁהוֹרִיקָה כָּבֵד כְּנֶגֶד בְּנֵי מֵעַייִם – בְּיָדוּעַ שֶׁנָּפְלָה לָאוּר, וְנֶחְמְרוּ בְּנֵי מֵעַיִים, וּטְרֵפָה.

Rav Yossef fils de Rabbi Yehochoua ben Levi demanda à Rabbi Yehochoua ben Levi : [si] le foie (kaved) a verdi du côté qui fait face aux intestins (bnei meaim) — quoi [le statut] ? Il lui dit : tereifa.

[Mais cela] ne devrait pas être [plus grave] que [le cas où le foie] a été retiré (nittela) [et où la bête reste cachere s'il en reste un kazayit] ! Rava dit : dès lors que le foie a verdi du côté des intestins — il est avéré qu'[elle] est tombée au feu, et [que] les intestins ont été roussis, et [elle est] tereifa.

📜 Rachi (2)
הוֹרִיקָה כָּבֵד כְּנֶגֶד בְּנֵי מֵעַיִים רֹאשָׁהּ אֶחָד שֶׁל כָּבֵד תָּלוּי כְּנֶגֶד בְּנֵי מַעְיָין וְרֹאשָׁהּ אֶחָד לְמַעְלָה:
Le foie a verdi du côté des intestins — l'une [des] extrémités du foie pend du côté des intestins, et l'autre extrémité [est] vers le haut.
אֶלָּא נִיטְּלָה הָא אֲמַרַן (לְעֵיל חֻולִּין דַּף נד.) נִיטַּל הַכָּבֵד כָּשֵׁר:
Mais [le cas où il] a été retiré — or nous avons dit (plus haut, Houlin 54a) [que si] le foie a été retiré [elle est] cachere.
⚖️ Rosh (1)
נִיקַּב הַקֻּרְקְבָן לְעֵיל (חֻולִּין מג.) אָמַר רַב יִצְחָק בַּר יוֹסֵף א"ר יוֹחָנָן קֻרְקְבָן שֶׁנִּיקַּב וְכִיס שֶׁלּוֹ קַיָּים כָּשֵׁר. אִיבַּעְיָא לְהוּ נִיקַּב הַכִּיס וְקֻרְקְבָן קַייָּם מַהוּ. ת"ש דְּאָמַר רַב הוּנָא נִיקַּב זֶה בְּלֹא זֶה כָּשֵׁר וְאִם נִיקְּבוּ שְׁנֵיהֶם זֶה שֶׁלֹּא כְּנֶגֶד זֶה כָּשֵׁר מַאי טַעְמָא כֵּיוָן דְּקֻרְקְבָן מֵינָח נְייָח כִּדְקָאֵי קָאֵי וְלָא מִיתְרַמֵּי אַהֲדָדֵי וּכְנִיקַּב זֶה שֶׁלֹּא כְּנֶגֶד בְּלֹא זֶה דָּמֵי וְכָשֵׁר:
« [Si] le gésier (korkevan) a été perforé » — plus haut (Houlin 43a) : Rav Yitshak bar Yossef a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : un gésier qui a été perforé, mais dont la poche (kis) [interne] est intacte — [il est] cacher. On [se le] demanda : [si] la poche a été perforée, mais [que] le gésier [lui-même] est intact — quoi [le statut] ? Viens entendre : car Rav Houna a dit : [si] l'un [des deux] a été perforé sans l'autre — [c'est] cacher ; et si les deux ont été perforés, [mais] l'un [en un endroit] non en vis-à-vis de l'autre (ze che-lo kenegged ze) — [c'est] cacher. Quelle [en est] la raison ? Puisque le gésier repose [en place] (meinah nayah) [et] se tient tel qu'il se tenait, et [que les perforations] ne se rencontrent pas l'une l'autre (lo mitrami ahadadei), [ce cas] est semblable à [celui où] l'un a été perforé [en un endroit] non en vis-à-vis, sans l'autre — et [donc c'est] cacher.
💡 Explication

Question : si le foie verdit sur sa face tournée vers les intestins, est-ce tereifa ? R. Yehochoua ben Levi : oui. Objection de Rav Yossef : un foie retiré (nittel) laisse la bête cachere s'il en reste un kazayit (54a) — pourquoi un foie partiellement verdi serait-il pire ? Réponse de Rava : le verdissement du foie du côté des intestins prouve que ce sont les intestins eux-mêmes qui ont brûlé — l'invalidité vient des intestins, non du foie.

5
רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי הַוְיָא לֵיהּ הָהִיא תַּרְנְגוֹלְתָּא, שַׁדְּרֵיהּ לְקַמֵּיהּ דְּרַבִּי אֶלְעָזָר הַקַּפָּר בְּרִיבִּי, אֲמַר לֵיהּ: יְרֻוקִּין הָווּ, וְאַכְּשֵׁרָה. וְהָאֲנַן תְּנַן: ״יְרֻוקִּין פְּסוּלִין״! לֹא אָמְרוּ ״יְרֻוקִּין פְּסוּלִין״ אֶלָּא בַּקֻּורְקְבָן, בְּלֵב וּבַכָּבֵד. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: בְּאֵלּוּ בְּנֵי מֵעַיִים אָמְרוּ – בְּקֻורְקְבָן, בְּלֵב וּבַכָּבֵד.

Rabbi Yehochoua ben Levi avait une certaine poule, [qui était tombée au feu] ; il l'envoya devant Rabbi Elazar ha-Kapar [surnommé] beribbi [le distingué de sa génération]. Il lui dit : [ses entrailles] étaient vertes — et il la déclara cachere.

[Rabbi Yehochoua ben Levi objecta :] mais nous avons appris [dans la mishna] : 'verts — invalides' ! [Réponse :] on n'a dit 'verts — invalides' qu'à propos du gésier (korkevan), du cœur (lev) et du foie (kaved).

[C'est] aussi enseigné ainsi [dans une braita] : à propos de quels intestins ont-ils dit [cela] ? — à propos du gésier, du cœur et du foie.

📜 Rachi (2)
בְּרִיבִי גָּדוֹל שֶׁבְּדוֹרוֹ:
Beribbi — le grand de sa génération.
יְרוּקִים הָווּ הַדַּקִּים:
Étaient verts — les [intestins] fins (ha-dakin).
🗂️ Tossefot (1)
בְּאֵלּוּ בְּנֵי מֵעַיִים אָמְרוּ בַּקֻּורְקְבָן בַּלֵּב וּבַכָּבֵד אֲבָל רֵיאָה לָא חֲשִׁיב כִּדְאָמְרִינַן לְקַמָּן (חֻולִּין דַּף נז.) דְּאֵין רֵיאָה לָעוֹף לֹא לִינָּפֵל וְלֹא לֵיחָמֵר וְאַף עַל גַּב דְּמַסִּיק דְּחִזְקִיָּה לְגַמְרֵי הָיָה אוֹמֵר דְּאֵין לוֹ רֵיאָה שֶׁלֹּא הָיָה בָּקִי בַּתַּרְנְגוֹלִים מִכָּל מָקוֹם הוּא אֱמֶת כִּדְאָמַר רַב חַגָּא הוֹאִיל וְרֹוב צְלָעוֹת מְגִינּוֹת עָלֶיהָ:
À propos de quels intestins ont-ils dit, [à savoir] du gésier, du cœur et du foie — mais le poumon (réa), [il] ne [le] compte pas, comme nous [le] disons plus loin (Houlin 57a) [qu']il n'y a pas de poumon pour l'oiseau [à considérer], ni pour [le cas où il] tombe [au feu] ni pour roussir ; et bien qu'[on] conclue [que] Hizkia disait absolument qu'[un oiseau] n'a pas de poumon — [c'est] parce qu'il n'était pas expert au sujet des poules — néanmoins c'[est] vrai, comme [l']a dit Rav Haga : puisque la plupart des côtés le protègent.
⚖️ Rosh (1)
יְרֻוקִּין פְּסוּלִין א"ר יוֹחָנָן מִשּׁוּם ר' יוֹסֵי בַּר יְהוֹשֻׁעַ שִׁיעוּר יְרֻוקָּתָן כְּשִׁיעוּר נְקוּבָתָן. מַה נְקוּבָתָן בְּמַשֶּׁהוּ אַף יְרֻוקָּתָן בְּמַשֶּׁהוּ. יֵשׁ לְהִסְתַּפֵּק אִי לְגַמְרֵי בָּעֵינַן שִׁיעוּר נְקִיבָתָהּ דְּהַיְינוּ עַד שֶׁתַּעֲבֹור הַהוֹרָקָה עַד חֲלַל הַלֵּב וּבְקֻרְקְבָן עַד שֶׁתַּעֲבֹור הַקֻּרְקְבָן וְהַכִּיס אוֹ דִּילְמָא כֻּולֵּי הַאי לָא בָּעֵינַן דְּכֵיוָן דְּשָׁלְטָה בָּהּ מִכַּוַּות הָאֵשׁ וְנֶהְפַּךְ לְיֵרָקוֹן וַודַּאי יַעֲבֹור עַד בֵּית חֲלָלוֹ מִידִי דַּהֲוָה אַזִּיהֲרָא דְּמִיקְלָא קָלִי. וְלֹא לְגַמְרֵי כְּמוֹ זִיהֲרָא דַּאֲפִילּוּ בְּהֶאְדִּים הַבָּשָׂר כְּנֶגֶד בְּנֵי מֵעַיִים אָמְרִינַן דְּמִיקְלָא קָלִי אֶלָּא לְעִנְיָן זֶה מִדְּמֵינַן לֵיהּ לְזִיהֲרָא בְּמָקוֹם שֶׁנִּיכָּר מִכַּווַּת הָאֵשׁ אָמְרִינַן שֶׁתַּעֲבֹור מֵעֵבֶר לְעֵבֶר אע"פ שֶׁאֵינָהּ מִתְפַּשֶּׁטֶת לִצְדָדִין וְיֵשׁ לְבָרֵר סְפֵיקָא זוֹ מֵהָא דְּאָמַר רשב"ל כָּבֵד שֶׁהוֹרִיקָה כְּנֶגֶד בְּנֵי מֵעַיִים בְּיָדוּעַ שֶׁנָּפְלָה לָאוּר וְנֶחְמְרוּ בְּנֵי מֵעֶיהָ. וּסְתָמָא דְּמִילְּתָא מַייְרֵי שֶׁבְּנֵי מֵעַיִם הֵם לְפָנֵינוּ וְרוֹאִין אָנוּ אוֹתָם שֶׁלֹּא הוֹרִיקוּ וּמֵאַחַר שֶׁשָּׁלְטָה מִכַּוַּות אֵשׁ בַּכָּבֵד אָמְרִינַן וַדַּאי סוֹף בְּנֵי מֵעַיִים לְהַאְדִּים דְּאַכַּתִּי לָא אִיגְלֵי בְּהִתַּייְהוּ דְּאִי מַיְירֵי דְּלֵיתַנְהוּ לִבְנֵי מֵעַייִם לְפָנֵינוּ. אָמוֹרָא יֵשׁ לוֹ לְפָרֵשׁ דְּבָרָיו כָּל שֶׁכֵּן בַּעְיָא שֶׁלּוֹ. אֶלָּא וַדַּאי מִדְּלָא פֵּירֵשׁ מַייְרֵי אַף בִּדְאִיתַנְהוּ קַמַּן וְלֹא אִשְׁתַּנּוֹ. וְהַדְּבָרִים ק"ו מִדִּמְהַנֵּי יְרָקוֹת דְּכָבֵד לְהוֹרוֹת עַל לְקוּת בְּנֵי מֵעַיִים שֶׁכְּנֶגְדָּן וְחָזֵינַן לְהוּ כְּאִילּוּ נִשְׁתַּנּוּ. כ"ש בְּאוֹתוֹ אֵבֶר דְּחָזֵינַן לֵיהּ כְּאִילּוּ נִיקַּב מֵעֵבֶר לְעֵבֶר. וְהָא דְּטָרְפִינַן בְּשִׁינּוּי מַרְאֶה שֶׁל בְּנֵי מֵעַיִים. הַייְנוּ דַּוְקָא הֵיכָא דְּיָדְעִינַן שֶׁנָּפַל לָאוּר. אֲבָל הֵיכָא דְּלָא יָדְעִינַן שֶׁנָּפַל לָאוּר וְחָזֵינַן שֶׁנִּשְׁתַּנּוּ בְּנֵי מֵעַיִים לָא תָּלֵינַן בִּנְפִילַת הָאוּר דְּמִילְּתָא דְּלָא שְׁכִיחָאָא. אֶלָּא תָּלֵינַן בְּשִׁינּוּי הַטְּבָעִים. שֶׁפְּעָמִים מֵחֲמַת רֹוב שֻׁומָּן אוֹ רֹוב כַּחַשׁ מִשְׁתַּנִּים. וְהַךְ בָּעֲיָא דְּהוֹרִיקָה כָּבֵד כְּנֶגֶד בְּנֵי מֵעַיִים קַייְמָא אַמַּתְנִיתִין בְּנָפְלָה לָאוּר וְנֶחְמְרוּ בְּנֵי מֵיעֶיהָ דְּאַף את"ל דְּטָרְפִינַן בְּשִׁינּוּי מַרְאֶה בְּלֹא יְדִיעַת נְפִילָה לָאוּר לֹא מִסְתַּבֵּר כְּלָל לְהַחְמִיר כֻּולֵּי הַאי וּלְהַטְרִיף בְּהוֹרָקַת כָּבֵד כְּנֶגֶד בְּנֵי מֵיעֶיהָ בְּלֹא יְדִיעַת נְפִילָה לָאוּר. וְהֵשִׁיב רִיבָּ"ל כֵּיוָן שֶׁהוֹרִיקָה כָּבֵד כְּנֶגֶד בְּנֵי מֵיעַיִם בְּיָדוּעַ שֶׁנֶּחְמְרוּ בְּנֵי מִיָּעִים. וְלָא גָּרְסִינַן בְּיָדוּעַ שֶׁנָּפְלָה לָאוּר דְּאִיהוּ גּוּפֵיהּ בְּנָפְלָה לָאוּר מִיבְּעֵי לֵיהּ. וְהוֹגָה בְּמִקְצָת סְפָרִים ע"פ רַב אִלְפָּס זַ"ל. וְאַף לְאוֹתָהּ גִּירְסָא יֵשׁ לְפָרֵשׁ בְּיָדוּעַ שֶׁכֵּיוָן שֶׁנָּפְלָה לָאוּר נֶחְמְרוּ בְּנֵי מֵיעֶיהָ וְאֵין לְאַבֵּד מָמוֹנָם שֶׁל יִשְׂרָאֵל וְלִתְלוֹת שִׁינּוּי מִיָּעִים בִּנְפִילַת הָאוּר דְּמִילְּתָא דְּלָא שְׁכִיחָא הִיא. כִּי מִיָּד שֶׁתִּפֹּול לָאוּר תִּפְרַח וְתֵצֵא. וְאִם נִשְׂרְפוּ כְּנָפֶיהָ שֶׁלֹּא תּוּכַל לִפְרֹוחַ תִּשָּׂרֵף בִּמְקוֹמָהּ. וּרְאָיָה לַדָּבָר מִדְּקָאָמְרִינַן לֹא אָמְרוּ יְרֻוקִּין פְּסוּלִין אֶלָּא בְּלֵב וּבְקֻרְקְבָן וְכָבֵד. וְלֹא הִזְכִּיר הָרֵיאָה מִשּׁוּם דְּאָמְרִינַן לְקַמָּן דְּאֵין רֵיאָה לָעוֹף לֹא לִינָּפֵל וְלֹא לֵיחָמֵר. וּמַשְׁמַע אֲפִילּוּ נִשְׁתַּנֵּית הָרֵיאָה דְּלָא טָרְפִינַן לָהּ דְּכֵיוָן דִּצְלָעוֹת מְגִינּוֹת עָלֶיהָ תָּלֵינַן הַשִּׁינּוּי בְּדָבָר אַחֵר וְלֹא בִּנְפִילַת הָאוּר ואע"ג דְּיָדְעִינַן דְּנָפְלָה לָאוּר כּ"ש הֵיכָא דְּלָא יָדְעִינַן דְּנָפְלָה לָאוּר דְּלָא פָּסְלִינַן בְּשִׁינּוּי בְּנֵי מֵעַייִם. וְאֵין לְפָרֵשׁ הָא דְּקָאָמְרִינַן לְקַמָּן לֹא לַיחְמַר רוֹצֶה לוֹמַר אֵין צָרִיךְ לִבְדֹּוק הָרֵיאָה אִם נִשְׁתַּנֵּית דְּמִסְּתָמָא אָמַר כֵּיוָן דְּרֹוב צְלָעוֹת מְגִינּוֹת עָלֶיהָ לֹא נִשְׁתַּנֵּית. אֲבָל אִי חָזֵינַן דְּנִשְׁתַּנֵּית טְרֵפָה דְּא"כ הָיָה לוֹ לְמַנּוֹת רֵיאָה בַּהֲדֵי לֵב וְקֻרְקְבָן. אֶלָּא וַדַּאי מִדְּלָא מָנֵי לָהּ בַּהֲדַיְיהוּ אֵין שִׁינּוּי פּוֹסֵל בָּהּ אֲפִילּוּ נָפַל לָאוּר. בְּעָא מִינֵּיהּ רַב יוֹסֵף בְּרֵיהּ דָּר' יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי מֵרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי הוֹרִיקָה כָּבֵד כְּנֶגֶד בְּנֵי מֵעַיִים מַהוּ אֲמַר לֵיהּ בִּטְרֵיפָה א"ל וְלֹא יְהֵא אֶלָּא נִיטָּל. אָמַר רָבָא כֵּיוָן שֶׁהוֹרִיקָה כָּבֵד כְּנֶגֶד בְּנֵי מֵעַייִם בְּיָדוּעַ שֶׁנָּפְלָה לָאוּר וְנֶחְמְרוּ בְּנֵי מֵיעֶיהָ. הַהִיא תַּרְנְגֹולֶת דַּהֲוַאי בֵּי רִיבָּ"ל אָתְיָא לְקַמֵּיהּ דָּר' אֶלְעָזָר הַקַּפָּר יְרֻוקִּין הָווּ וְאַכְּשֵׁרָה וְהָא אֲנַן תְּנַן יְרֻוקִּין פְּסוּלִין א"ל לֹא אָמְרוּ יְרֻוקִּין פְּסוּלִין אֶלָּא בְּלֵב וְכָבֵד וְקֻרְקְבָן. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי בְּאֵלּוּ בְּנֵי מֵעַייִם אָמְרוּ בְּלֵב וְכָבֵד וְקֻרְקְבָן. הָהִיא תַּרְנְגוֹלְתָּא דַּהֲוַאי בֵּי רַב יִצְחָק בַּר יוֹסֵף אַתִּיה לְקַמֵּיהּ דְּרַבִּי אָבָהוּ אֲדֻומִּים הָווּ וּטְרֵפָה וְהָא אֲנַן תְּנַן אֲדֻומִּים כְּשֵׁירָה א"ל אֲדֻומִּים שֶׁהוֹרִיקוּ וִירֻוקִּין שֶׁהֶאֱדִימוּ טְרֵפָה. אָמַר רַב שְׁמוּאֵל בַּר חִיָּיא א"ר מַנִּי יְרֻוקִּין שֶׁהֶאְדִּימוּ וּשְׁלָקָן וְחָזְרוּ וְהוֹרִיקוּ כְּשֵׁירָה מ"ט קֻוטְרָא בְּעָלְמָא הוּא דְּעָייֵל בְּהוּ אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אַף אֲנַן נֶאֱמַר אֲדֻומִּין שֶׁלֹּא הוֹרִיקוּ וּשְׁלָקוֹ וְהוֹרִיקוּ טְרֵפָה. מַאי טַעְמָא אִיגְלֵי בְּהִתַּייְהוּ. וְהָא דְּלָא קָאָמַר רַב נַחְמָן יְרֻוקִּין שֶׁלֹּא הֶאְדִּימוּ וּשְׁלָקָן וְהֶאְדִּימוּ טְרֵפָה. וְהָכִי הֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר דְּקָאֵי אַמִּילְּתֵיהּ דְּרַבִּי מַנִּי דְּאַיְירֵי בִּירֻוקִּין. מִשּׁוּם דְּמִילְּתָא דִּשְׁכִיחַ נְקַט דְּדֶרֶךְ הָאָדֹום לְהוֹרִיק עַל יְדֵי שְׁלִיקָה אֲבָל אֵין כָּל כָּךְ דֶּרֶךְ הַיָּרוֹק לְהַאְדִּים עַל יְדֵי שְׁלִיקָה. וּמִשּׁוּם הָכִי נְקַט בְּמַתְנִיתִין פָּסוּל דִּירוֹקָה וְלֹא פָּסוּל דְּאַדְמוּמִית לְפִי שֶׁהוּא מָצוּי יוֹתֵר עַל יְדֵי שְׁלִיקָה כָּךְ דִּקְדֵּק בַּעַל הַמָּאוֹר זַ"ל. הִילְכָּךְ אֲנִי אוֹמֵר דְּהוּא הַדִּין נָמֵי אֲדֻומִּין שֶׁהוֹרִיקוּ וּשְׁלָקוֹ וְחָזְרוּ וְהֶאְדִּימוּ כְּשֵׁירָה. וְהָא דִּנְקַט יְרֻוקִּין שֶׁהֶאְדִּימוּ מִשּׁוּם שֶׁאֵין דֶּרֶךְ. שָׁלוּק לְהַאְדִּים כִּדְפָרֵישִׁית וּמִילְּתָא דִּשְׁכִיחָא נְקַט. אֲבָל אִם אֵירַע כָּךְ דְּחָזְרוּ וְהֶאְדִּימוּ עַל יְדֵי שָׁלוּק נִרְאֶה לִי דְּמִכָּל שֶׁכֵּן יֵשׁ לְהַכְשִׁיר. דְּאֵין דֶּרֶךְ שָׁלוּק לְהַאְדִּים וְזֶה חָזַר וְהֶאְדִּים כ"ש דְּאִיכָּא לְמֵימַר קֻוטְרָא עָייֵל בְּהוּ. דְּאִי מֵחֲמַת לָקוּתָא לֹא יַאְדִּימוּ עַל יְדֵי שָׁלוּק לְעוֹלָם דְּאֵין דֶּרֶךְ שָׁלוּק לְהַאֲדִים חַלָּא הֶעָשָׁן עוֹבֵר בְּקַל וְחוֹזֵר לְאַדְמוּמִיתוֹ. אָמַר רַב אָשֵׁי הִלְכָּךְ לָא נֵיכוֹל אִינִישׁ אֶלָּא בְּשָׁלוּק וְלֹא הִיא אַחְזוֹקֵי אִיסּוּרָא לֹא מַחְזְקִינַן. דְּרָסָהּ וּטְרֵפָה בַּכֹּותֶל וְכוּ' אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן אַנְטִיגְנוֹס מִשּׁוּם רַבִּי אֶלְעָזָר בַּר יַנַּאי וּצְרִיכָה בְּדִיקָה:
« Verts — invalides (yeroukin pessoulin) » : Rabbi Yo'hanan a dit au nom de Rabbi Yossi bar Yehochoua : la mesure de leur verdissement (yerakon) [est] comme la mesure de leur perforation ; de même que leur perforation [invalide] d'un rien (be-machehou), de même leur verdissement [invalide] d'un rien. Il y a lieu de [se] mettre en doute : faut-il [pour invalider] entièrement la [pleine] mesure de sa perforation, c'est-à-dire jusqu'à ce que le verdissement traverse jusqu'à la cavité du cœur, et pour le gésier jusqu'à ce qu'il traverse le gésier et la poche ? Ou peut-être n'exige-t-on pas tout cela ; car, dès lors que la brûlure du feu (kavvat ha-ech) a pris [prise] sur lui et [qu'il] s'est mué en verdissement, assurément [le feu] a traversé jusqu'à la cavité — à l'instar du venin/de la brûlure profonde (zihara) qui brûle [en profondeur] ? Et [ce n'est] pas entièrement comme le zihara, [au point] que même lorsque la chair a rougi du côté des intestins nous dirions qu'elle a brûlé [en profondeur] ; mais [seulement] à cet égard [le] comparons-nous au zihara : en un endroit où la brûlure du feu est reconnaissable, nous disons qu'[elle] traverse de part en part (me-ever le-ever), bien qu'[elle] ne se propage pas sur les côtés. Et il y a lieu d'éclaircir ce doute à partir de ce qu'a dit Rech Lakich : un foie (kaved) qui a verdi du côté des intestins (bnei meaim) — il est avéré qu'[elle] est tombée au feu et [que] ses intestins ont été roussis (nehmerou). Or, dans l'ordinaire des choses, [cela] traite [du cas où] les intestins sont devant nous et [où] nous les voyons, [constatant] qu'ils n'ont pas verdi ; et dès lors que la brûlure du feu a pris prise sur le foie, nous disons qu'assurément les intestins finiront par rougir, [même si] leur défaut ne s'est pas encore dévoilé en eux. Car si [cela] traitait [du cas où] les intestins ne sont pas devant nous — un amora se doit d'expliciter ses paroles, à plus forte raison sa question. Mais assurément, du fait qu'il n'a pas explicité, [cela] traite [aussi bien du cas où] ils sont devant nous et n'ont pas changé [de couleur]. Et la chose [se déduit] par kal va-homer (raisonnement à fortiori) : puisque le verdissement du foie suffit à indiquer une lésion (leqouta) des intestins qui lui font face, et [que] nous les considérons comme s'ils avaient changé [de couleur], à plus forte raison [pour] cet organe-là [le foie] que nous considérons comme s'il avait été perforé de part en part. Et le fait que nous déclarions tereifa pour un changement d'aspect (chinnouy mareh) des intestins — [c'est] précisément là où nous savons qu'[elle] est tombée au feu ; mais là où nous ne savons pas qu'[elle] est tombée au feu et [où] nous voyons que les intestins ont changé, nous n'imputons pas [le changement] à une chute au feu, chose qui n'est pas fréquente (milta de-lo chekhiha), mais nous [l']imputons à un changement des natures [de la bête], car parfois [les intestins] changent en raison d'une abondance de graisse (choumman) ou d'une abondance de maigreur (kahach). Et cette question — « [si] le foie a verdi du côté des intestins » — porte sur notre mishna [traitant du cas] « [elle] est tombée au feu et ses intestins ont été roussis » ; car même si l'on disait que nous déclarons tereifa pour un changement d'aspect sans savoir [qu'il y a eu] chute au feu, il n'est nullement raisonnable de faire preuve d'une telle rigueur et de déclarer tereifa pour un verdissement du foie du côté de ses intestins sans savoir [qu'il y a eu] chute au feu. Et Rechbal (Rabbi Yehochoua ben Levi) a répondu : puisque le foie a verdi du côté des intestins, il est avéré que les intestins ont été roussis. Et nous ne lisons pas [la version] « il est avéré qu'[elle] est tombée au feu », car cela même — [le fait qu'elle soit] tombée au feu — [est ce qu']il fallait [établir]. Et [le texte] a été corrigé dans une partie des livres d'après Rav Alfas (le Rif), de mémoire bénie. Et même selon cette version-là [« tombée au feu »], on peut l'expliquer [ainsi] : il est avéré que, puisqu'[elle] est tombée au feu, ses intestins ont été roussis ; et il ne faut pas faire perdre l'argent d'Israël (mamonam chel Israël) et imputer le changement des intestins à une chute au feu, chose qui n'est pas fréquente. Car aussitôt qu'[un oiseau] tombe au feu, il s'envole et sort ; et si ses ailes ont brulé au point qu'il ne puisse plus s'envoler, il brûlera sur place. Et [voici] une preuve à la chose : de ce que nous disons « on n'a dit « verts — invalides » qu'à propos du cœur (lev), du gésier et du foie », et [de ce qu']il n'a pas mentionné le poumon (réa) — parce que nous disons plus loin qu'« il n'y a pas de poumon pour l'oiseau [à considérer] ni pour tomber [au feu] ni pour roussir » — [il] ressort que même si le poumon a changé [de couleur], nous ne le déclarons pas tereifa ; car, puisque les côtes le protègent, nous imputons le changement à une autre cause et non à la chute au feu. Et si [cela vaut] alors même que nous savons qu'[elle] est tombée au feu, à plus forte raison là où nous ne savons pas qu'[elle] est tombée au feu, [où] nous n'invalidons pas pour un changement des intestins. Et il ne faut pas expliquer ce que nous disons plus loin — « ni pour roussir » — [comme] voulant dire qu'[il] n'est pas nécessaire d'examiner le poumon [pour voir] s'il a changé, car dans l'ordinaire [le Talmud] a dit que, puisque la plupart des côtes le protègent, il n'a pas changé ; mais [que] si nous voyons qu'il a changé, [ce serait] tereifa. Car s'il en était ainsi, il aurait dû compter le poumon aux côtes du cœur et du gésier. Mais assurément, du fait qu'il ne l'a pas compté avec eux, [c'est qu']aucun changement ne l'invalide, même [si l'oiseau] est tombé au feu. « Rav Yossef fils de Rabbi Yehochoua ben Levi demanda à Rabbi Yehochoua ben Levi : [si] le foie a verdi du côté des intestins — quoi [le statut] ? Il lui dit : [c'est] tereifa. Il lui dit : [mais cela] ne devrait pas être [pire] que [le cas où le foie] a été retiré (nittal) ! Rava dit : dès lors que le foie a verdi du côté des intestins, il est avéré qu'[elle] est tombée au feu et [que] ses intestins ont été roussis. » [Suit :] cette poule qui se trouvait chez Rechbal [et qui] fut apportée devant Rabbi Elazar ha-Kapar — [ses entrailles] étaient vertes et il la déclara cachere. Mais nous avons appris [dans la mishna] « verts — invalides » ! Il lui dit : on n'a dit « verts — invalides » qu'à propos du cœur, du foie et du gésier ; [c'est] aussi enseigné ainsi [dans une braita] : à propos de quels intestins ont-ils dit [cela] ? — à propos du cœur, du foie et du gésier. Cette poule qui se trouvait chez Rav Yitshak bar Yossef [et qui] fut apportée devant Rabbi Abahou — [ses entrailles] étaient rouges et [pourtant] tereifa. Mais nous avons appris [dans la mishna] « rouges — cachers » ! Il lui dit : des [organes] rouges qui ont verdi et des [organes] verts qui ont rougi — tereifa. Rav Chmouel bar Hiya a dit au nom de Rabbi Mani : des [organes] rouges qui ont verdi, [qu']on a ébouillantés (chelakan) et [qui] sont redevenus rouges — [sont] cachers. Quelle [en est] la raison ? Ce n'est que de la fumée (koutra) qui était entrée en eux. Rav Nahman bar Yitshak a dit : nous aussi, nous dirons : des [organes] rouges qui n'ont pas verdi, [qu']on a ébouillantés et [qui] ont verdi — [sont] tereifa. Quelle [en est] la raison ? Leur honte (bahataihou) s'est dévoilée. Et [quant au fait] que Rav Nahman n'a pas dit « des [organes] verts qui n'ont pas rougi, [qu']on a ébouillantés et [qui] ont rougi — tereifa » — et [c'est] ainsi qu'il aurait dû dire, puisqu'il se tient sur le propos de Rabbi Mani qui parlait de [organes] verts — [c'est] parce qu'il a pris [le cas] fréquent (milta di-chekhiah) : car il est habituel qu'un [organe] rouge verdisse par l'ébouillantage, mais il n'est pas tellement habituel qu'un [organe] vert rougisse par l'ébouillantage. Et pour cette [même] raison [la mishna] a pris [comme cas d']invalidation le verdissement et non l'invalidation par rougissement, parce qu'il est plus courant par l'ébouillantage — ainsi l'a précisé Baal ha-Maor, de mémoire bénie. Dès lors, je dis qu'il en va de même aussi [pour] des [organes] rouges qui ont verdi, [qu']on a ébouillantés et [qui] sont redevenus rouges — [ils sont] cachers. Et le fait qu'il ait pris [le cas de] « verts qui ont rougi » [est] parce qu'il n'est pas habituel qu'un [organe] ébouillanté rougisse, comme je [l']ai expliqué, et [qu']il à pris le cas fréquent. Mais s'il est arrivé ainsi qu'ils soient redevenus rouges par l'ébouillantage, il me semble qu'à plus forte raison il y a lieu de [les] déclarer cachers : car il n'est pas habituel qu'un [organe] ébouillanté rougisse, et celui-ci est redevenu rouge, [donc] à plus forte raison y a-t-il lieu de dire que la fumée était entrée en eux ; car si [c'était] à cause d'une lésion (leqouta), ils ne rougiraient jamais par l'ébouillantage, puisqu'il n'est pas habituel qu'un [organe] ébouillanté rougisse — [tandis que] le vinaigre [?], la fumée (hé-achan) passe aisément et [l'organe] revient à son rougissement. Rav Achi a dit : dès lors, qu'un homme ne mange [d'oiseau tombé au feu] que [bien] ébouillanté. Mais [il] n'[en est] pas [ainsi] : nous ne présumons pas un interdit (ahzoukei issoura lo mahazkinan). « [Si] on l'a foulée (derassa), ou [si on l'a] heurtée (tarfa) contre un mur, etc. » — Rabbi Elazar ben Antignos a dit au nom de Rabbi Elazar bar Yannai : [elle] requiert un examen (tzerikha bedika).
💡 Explication

Anecdote : R. Yehochoua ben Levi envoie sa poule à R. Elazar ha-Kapar beribbi (le grand de sa génération), qui la déclare cachere bien que verte. Objection : la mishna dit 'verts = invalides' ! Réponse : cette règle ne vaut que pour les organes naturellement rouges — gésier, cœur, foie — dont le verdissement signale une brûlure. Les intestins fins, eux, sont naturellement verts. Une braita le confirme.

6
רַבִּי יִצְחָק בַּר יוֹסֵף הֲוָה לֵיהּ הָהִוא תַּרְנְגוֹלְתָּא, שַׁדְּרַהּ לְקַמֵּיהּ דְּרַבִּי אֲבָהוּ, וַאֲמַר לֵיהּ: אֲדֻומִּין הָווּ וּטְרֵפָה. וְהָאֲנַן תְּנַן: ״אֲדֻומִּין כְּשֵׁרִים״! אֲמַר לֵיהּ: אֲדֻומִּין שֶׁהוֹרִיקוּ וִירֻוקִּין שֶׁהֶאֱדִימוּ – טְרֵפָה, לֹא אָמְרוּ ״אֲדֻומִּין כְּשֵׁרִים״ אֶלָּא בַּלֵּב בַּקֻּורְקְבָן וּבַכָּבֵד.

Rabbi Yitshak bar Yossef avait une certaine poule ; il l'envoya devant Rabbi Abahou, et [celui-ci] lui dit : [ses entrailles] étaient rouges, et [pourtant] tereifa. [Rabbi Yitshak bar Yossef objecta :] mais nous avons appris [dans la mishna] : 'rouges — cachers' !

Il lui dit : des [organes] rouges qui ont verdi, et des [organes] verts qui ont rougi — tereifa ; on n'a dit 'rouges — cachers' qu'à propos du cœur, du gésier et du foie.

📜 Rachi (3)
אֲדֻומִּין הָווּ הַדַּקִּין וְהֵן רְגִילִין לִהְיוֹת יְרֻוקִּין וּטְרֵפָה:
[Ses entrailles] étaient rouges — les [intestins] fins, qui ont coutume d'être verts, et [donc] tereifa.
אֲדֻומִּין שֶׁהוֹרִיקוּ לֵב וְקֻורְקְבָן שֶׁהֵן תָּמִיד אֲדֻומִּין נִפְסָלִין אִם הוֹרִיקוּ אֲבָל יְרֻוקִּין כְּגוֹן דַּקִּין נִפְסָלִין בְּהָאֲדָמָה:
Des rouges qui ont verdi — le cœur et le gésier, qui sont toujours rouges, deviennent invalides s'ils ont verdi ; mais des [organes] verts, comme les fins, deviennent invalides par le rougissement (ha'adama).
לֹא אָמְרוּ אֲדֻומִּין כְּשֵׁרִין אֶלָּא בְּלֵב וְקֻורְקְבָן וְכָבֵד שֶׁדַּרְכָּן לִהְיוֹת אֲדֻומִּין:
On n'a dit 'rouges — cachers' qu'à propos du cœur, du gésier et du foie — dont la manière est d'être rouges.
💡 Explication

Cas symétrique : R. Abahou déclare une poule tereifa bien que rouge. La règle 'rouges = cachers' ne vaut que pour les organes naturellement rouges (cœur, gésier, foie). Un organe naturellement vert (les intestins fins) qui a rougi est tereifa — c'est l'inversion de la couleur naturelle qui trahit la brûlure, dans un sens comme dans l'autre.

7
אָמַר רַב שְׁמוּאֵל בַּר חִיָּיא אָמַר רַבִּי מָנִי: אֲדֻומִּין שֶׁהוֹרִיקוּ וּשְׁלָקָן וְחָזְרוּ וְהֶאֱדִימוּ – כְּשֵׁרִין, מַאי טַעְמָא? קֻוטְרָא עָייֵל בְּהוּ. אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: אַף אָנוּ נֹאמַר, אֲדֻומִּין שֶׁלֹּא הוֹרִיקוּ וּשְׁלָקָן וְהוֹרִיקוּ – טְרֵפָה, מַאי טַעְמָא? אִיגַּלַּאי בְּהִתַּייְהוּ. אָמַר רַב אַשִּׁי: הִלְכָּךְ לָא לֵיכוֹל אִינָשׁ אֶלָּא בְּשִׁלְקָא. וְלֹא הִיא, אַחְזוֹקֵי רֵיעוּתָא לָא מַחְזְקִינַן.

Rav Chmouel bar Hiya a dit au nom de Rabbi Mani : des [organes] rouges qui ont verdi, et [qu']on a ébouillantés (chalkan), et [qui] sont redevenus rouges — [sont] cachers. Quelle [en est] la raison ? — la fumée (koutra) était entrée en eux [et la chaleur des eaux l'a fait partir].

Rav Nahman bar Yitshak a dit : nous aussi, nous dirons : des [organes] rouges qui n'ont pas verdi, et [qu']on a ébouillantés, et [qui] ont verdi — tereifa. Quelle [en est] la raison ? — leur honte (bahataihou) s'est dévoilée [il est avéré qu'ils étaient brûlés].

Rav Achi a dit : dès lors, qu'un homme ne mange [un oiseau tombé au feu] que [bien] ébouillanté (be-chalka). Mais [il] n'[en est] pas [ainsi] : nous ne présumons pas un défaut (riouta) [sans preuve].

📜 Rachi (5)
קֻוטְרָא עָיֵיל בְּהוּ מֵעִיקָּרָא וְעַכְשָׁיו הָלַךְ מֵחֲמַת הַמַּיִם הָרוֹתְחִים:
La fumée était entrée en eux — au départ, et maintenant elle est partie à cause des eaux bouillantes.
אִיגַּלַּאי בְּהַתְיָיהוּ חֶרְפָּתָן דְּוַדַּאי נֶחְמְרוּ:
Leur honte s'est dévoilée — leur déshonneur, [à savoir] qu'ils ont assurément été roussis.
הִלְכָּךְ כֵּיוָן דַּאֲמָרָן דְּזִימְנִין דִּמְגַלֵּי רֵיעוּתַיְיהוּ כִּי שָׁלֵיק לְהוּ:
Dès lors — puisque nous avons dit que parfois leur défaut se dévoile lorsqu'on les ébouillante.
לָא לֵיכוֹל אִינִישׁ עוֹף שֶׁנָּפַל לָאוּר אֶלָּא בִּשְׁלִיקָה:
Qu'un homme ne mange — [d']oiseau tombé au feu — que [bien] ébouillanté.
לָא מַחְזְקִינַן וְהֵיכָא דְּלָא מִינְכַּר רֵיעוּתָא בְּהֶדְיָא לָא טָרְפִינַן לָהּ אא"כ מִיתְרַמֵּי דִּשְׁלִיק לָהּ וְחָזֵי רֵיעוּתָא:
Nous ne présumons pas [un défaut] — et là où un défaut n'est pas manifeste de façon évidente, nous ne le déclarons pas tereifa, à moins qu'il [ne] se trouve [par hasard] qu'on l'ait ébouillanté et qu'on [y] voie un défaut.
💡 Explication

L'ébouillantage (chelaka) comme épreuve. R. Mani : des rouges qui avaient verdi puis rougissent à la cuisson sont cachers — ce n'était que de la fumée (koutra) entrée, partie à la chaleur. R. Nahman bar Yitshak : symétriquement, des rouges restés rouges qui verdissent à la cuisson sont tereifa — leur 'honte se dévoile', preuve qu'ils étaient brûlés. Rav Achi voudrait imposer la cuisson systématique ; mais la guemara rejette : on ne présume pas un défaut sans preuve manifeste.

8
דְּרָסָהּ וּטְרֵפָה בַּכֹּותֶל. אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן אַנְטִיגְנוֹס מִשּׁוּם רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי יַנַּאי: אַחַת זוֹ וְאַחַת זוֹ צְרִיכָה בְּדִיקָה.

[La mishna a dit :] '[si] on l'a foulée (derassa), ou [si on l'a] heurtée (tarfa) contre un mur [ou un animal l'a écrasée, et qu'elle a dure un jour entier puis qu'on l'a abattue, elle est cachere].' Rabbi Elazar ben Antigonos a dit au nom de Rabbi Elazar fils de Rabbi Yannai : tant [le cas] de l'une que [le cas] de l'autre requiert un examen [après l'abattage].

📜 Rachi (1)
צְרִיכָה בְּדִיקָה אע"פ שֶׁשָּׁהֲתָה מֵעֵת לְעֵת דְּשֶׁמָּא נִשְׁבְּרָה הַשִּׁדְרָה וְנִפְסַק הַחוּט:
Requiert un examen — bien qu'elle ait dure un jour entier, [car] peut-être la colonne vertébrale (chidra) s'est-elle brisée et le cordon [médullaire] (hout) s'est-il rompu.
💡 Explication

La mishna admet comme cacher l'oiseau foulé (derassa) ou heurté (tarfa) contre un mur, s'il a survécu un jour entier (me'et le-'et). R. Elazar ben Antigonos précise : tous ces cas requièrent un examen après l'abattage — même après survie d'un jour — car la colonne vertébrale a pu se briser et la moelle épinière (le hout) se rompre.

9
מַתְנִי׳ וְאֵלּוּ כְּשֵׁרוֹת בָּעוֹף: נִיקְּבָה הַגַּרְגֶּרֶת, אוֹ שֶׁנִּסְדְּקָה, הִכְּתָה חֻולְדָּה עַל רֹאשָׁהּ מָקוֹם שֶׁאֵינוֹ עוֹשֶׂה אוֹתָהּ טְרֵפָה, נִיקַּב הַזֶּפֶק, רַבִּי אוֹמֵר: אֲפִילּוּ נִיטַּל, יָצְאוּ בְּנֵי מֵעֶיהָ וְלֹא נִיקְּבוּ, נִשְׁתַּבְּרוּ גַּפֶּיהָ, נִשְׁתַּבְּרוּ רַגְלֶיהָ, נִמְרְטוּ כְּנָפֶיהָ, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אִם נִטְּלָה הַנּוֹצָה פְּסוּלָה.

MISHNA. Et voici [les atteintes] cacheres chez l'oiseau : [si] la trachée (gargeret) a été perforée, ou qu'elle s'est fendue ; [si] une belette (houlda) [l']a frappé sur la tête, en un lieu qui ne [la] rend pas tereifa ; [si] le jabot (zefek) a été perforé — Rabbi dit : même [s']il a été retiré ; [si] ses intestins (bnei meeha) sont sortis mais n'ont pas été perforés ; [si] ses ailes (gappeha) ont été brisées ; [si] ses pattes (ragleha) ont été brisées ; [si] ses plumes (kenafeha) ont été arrachées.

Rabbi Yehouda dit : si on a ôté le duvet (notza) — [elle est] invalide.

📜 Rachi (4)
מַתְנֵי' הַזֶּפֶק כֶּרֶס שֶׁהָאֹוכֶל נִקְבָּץ שָׁם:
MISHNA. Le jabot (zefek) — la panse (kares) où la nourriture se rassemble.
גַּפֶּיהָ עַצְמוֹת הַכְּנָפַיִם:
Ses ailes (gappeha) — les os des ailes.
נִשְׁתַּבְּרוּ רַגְלֶיהָ מִן הָאַרְכֻּובָּה וּלְמַטָּה אוֹ אֲפִילּוּ לְמַעְלָה וְלֹא יָצָא הָעֶצֶם לַחוּץ אֲבָל יָצָא לַחוּץ תְּנַן בִּבְהֵמָה הַמְקַשָּׁה (לְקַמָּן חֻולִּין עו.) דְּהָוֵי טְרֵפָה:
Ses pattes ont été brisées — depuis l'articulation (arkouba) vers le bas, ou même vers le haut, [pourvu] que l'os ne soit pas ressorti au-dehors ; mais [s']il est ressorti au-dehors, nous avons appris à propos de la bête dans [le chapitre] Behema ha-Makcha (plus loin, Houlin 76a) qu'[elle est] tereifa.
נִמְרְטוּ כְּנָפֶיהָ הַייְנוּ נוֹצָה גְּדוֹלָה שֶׁעַל כָּל גּוּפָהּ פלומ"ש בְּלַעַ"ז. נוֹצָה הִיא הַדַּקָּה הַסְּמוּכָה לְבָשָׂר שֶׁאֵין לָהּ קָנִים וּבְלַעַ"ז מול"ש:
Ses plumes ont été arrachées — c'est la grande plume [qui couvre] tout son corps, 'ploumes' en langue vernaculaire ; le duvet (notza), c'est le fin [duvet] proche de la chair, qui n'a pas de tuyaux (kanim), et 'moules' en langue vernaculaire.
⚖️ Rosh (2)
מַתְנֵי' אֵלּוּ כְּשֵׁירוֹת בְּעוֹף נְקוּבַת הַגַּרְגֶּרֶת אוֹ שֶׁנִּסְדְּקָה. הִכְּתָה חֻולְדָּה עַל רֹאשָׁהּ מָקוֹם שֶׁאֵינוֹ עוֹשֶׂה אוֹתָהּ טְרֵיפָה. נִיקַּב הַזֶּפֶק רַבִּי אוֹמֵר אֲפִילּוּ נִיטַּל יָצְאוּ בְּנֵי מֵיעֶיהָ וְלֹא נִיקְּבוּ. נִשְׁתַּבְּרוּ אֲגַפֶּיהָ נִשְׁתַּבְּרוּ רַגְלֶיהָ נִמְרְטוּ כְּנָפֶיהָ רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר אִם נִיטְּלָה הַנּוֹצָה פְּסוּלָה:
Mishna. « Voici [les atteintes] cacheres chez l'oiseau : [si] la trachée (gargeret) a été perforée ou qu'elle s'est fendue ; [si] une belette (houlda) [l']a frappé sur la tête, [en] un endroit qui ne la rend pas tereifa ; [si] le jabot (zefek) a été perforé — Rabbi dit : même [s']il a été retiré ; [si] ses intestins sont sortis mais n'ont pas été perforés ; [si] ses ailes (agappeha) ont été brisées ; [si] ses pattes (ragleha) ont été brisées ; [si] ses plumes (kenafeha) ont été arrachées. Rabbi Yehouda dit : si l'on a ôté le duvet (notza) — [elle est] invalide (pessoula). »
תַּנְיָא רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר בְּנֵי מֵעַיִים שֶׁנִּיקְּבוּ וְלֵיחָה סוֹתַמְתָּן כְּשֵׁירָה וְלֵית הִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ: לְעֵיל (חֻולִּין דַּף מג.) נִיקְּבָה הַמָּרָה אָמַר רַב יִצְחָק בַּר יוֹסֵף א"ר יוֹחָנָן מָרָה שֶׁנִּקְּבָה וְכָבֵד סוֹתַמְתָּהּ כְּשֵׁירָה. א"ר שִׁימִי בַּר חַיָּיא מַקִּיפִין בִּבְנֵי מֵעַיִים הָנְהוּ בְּנֵי מֵעַיִים דְּאִייָּתוֹ לְקַמֵּיהּ דְּרָבָא אַקְּפִינְהוּ וְלָא אִידְּמוֹ אֲתָא רַב מְשַׁרְשְׁיָא בְּרֵיהּ מְשַׁמֵּשׁ בְּהוּ וְאַקְּפִינְהוּ וְאִידְּמוּ א"ל מְנָא לָךְ הָא. א"ל מִסְּבָרָא כַּמָּה יְדָא מִמְּשַׁמְּשֵׁי בְּהוּ מִקַּמֵּי דְּלֵיתוּ קַמֵּיהּ דְּמַר אָמַר רָבָא חַכִּים בָּרִי בִּטְרֵיפוֹת כַּר' יוֹחָנָן. כָּתַב בַּעַל הָעִיטּוּר זַ"ל דה"ה בְּלֵב וְקֻורְקְבָן דְּאִינְהוּ בְּנֵי מֵעַיִים אִיקְּרוֹ כִּדְאָמְרִינַן לְקַמָּן (חֻולִּין דַּף נו:) גַּבֵּי נֶחְמְרוּ בְּנֵי מֵעֶיהָ לֹא שָׁנוּ אֶלָּא בְּלֵב וְקֻרְקְבָן וְכָבֵד. ור"י פֵּירֵשׁ לְקַמָּן דִּנְהִי דְּבִלְשׁוֹן מִשְׁנָה וּבָרַיְיתָא הָוֵי בִּכְלַל בְּנֵי מֵעַייִם בִּלְשׁוֹן הָאָמוֹרָאִים לָא הָוֵי בִּכְלַל מֵעַיִים. כִּדְאָמְרִינַן לְקַמָּן (חֻולִּין דַּף נא:) גַּבֵּי נְפוּלָה דְּאָמַר אָמֵימָר נְפוּלָה שֶׁאָמְרוּ צְרִיכָה בְּדִיקָה כְּנֶגֶד בְּנֵי מֵעַייִם מַר זוּטְרָא מוֹסִיף כְּנֶגֶד כָּל הֶחָלָל. וְכֵן נָמֵי גַּבֵּי דְּרוּסָה דַּף נג: מַשְׁמַע דִּלְאָמֵימָר בְּנֵי מֵעַיִים הַכָּרֵס וְהַדַּקִּין וַאֲתָא מַר זוּטְרָא לְהוֹסִיף כְּנֶגֶד הַדְּפָנוֹת כְּגוֹן רֵיאָה וְלֵב וְכָבֵד הִילְכָּךְ בְּנֵי מֵעַיִם דְּהָכָא הַייְנוּ כֶּרֶס וְדַקִּין. רַבִּי יוֹחָנָן וְרַבִּי אֶלְעָזָר דְּאָמְרִי תַּרְוַייְהוּ מַקִּיפִין בָּרֵיאָה אָמַר רָבָא לָא אֲמַרַן אֶלָּא בְּאוֹתָהּ עֲרוּגָה אֲבָל מֵעֲרוּגָה לַעֲרוּגָה לָא וְהִלְכְתָא אֲפִילּוּ מֵעֲרוּגָה לַעֲרוּגָה מִדַּקָּה לְדַקָּה וּמִגַּסָּה לְגַסָּה. פֵּירוּשׁ מֵרֵיאָה שֶׁל צֹאן לְצֹאן וּמִשֶּׁל שׁוֹר לְשׁוֹר אַחֵר. אֲבָל מִדַּקָּה לְגַסָּה וּמִגַּסָּה לְדַקָּה לֹא. רַבָּה וְרָבָא דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ מַקִּיפִין בַּקָּנֶה. א"ר פָּפָּא לָא אֲמַרַן אֶלָּא בְּאוֹתָהּ חֻולְיָא אֲבָל מֵחֻולְיָא לְחֻולְיָא לָא וְהִילְכְתָא אֲפִילּוּ מֵחֻולְיָא לְחֻולְיָא וּמִבַּר חֻולְיָא לְבַר חֻולְיָא. אֲבָל לָא מֵחֻולְיָא לְבַר חֻולְיָא וּמִבַּר חֻולְיָא לְחֻולְיָא. פירש"י חֻולְיָא שְׁלֹשָׁה טַבָּעוֹת כִּדְאָמְרִינַן מְנָחוֹת דַּף לט. גַּבֵּי צִיצִית דְּקָרֵי חֻולְיָא לְשָׁלֹשׁ כְּרִיכוֹת וּבַר חֻולְיָא הַייְנוּ מֵחֶצְייָן שֶׁל הַטַּבָּעוֹת וּלְמַטָּה כְּשֶׁמַּתְחִילִין לִהְיוֹת דַּקִּין. וי"מ חֻולְיָא הַייְנוּ הַטַּבָּעוֹת וּבַר חֻולְיָא הָעוֹר שֶׁבֵּין הַטַּבָּעוֹת וְרַשִׁ"י פֵּירֵשׁ מִדַּקָּה לְדַקָּה וּמִגַּסָּה לְגַסָּה מֵאֻונָּא לְאַוָּנָא וּמֵאוּמָא לְאוּמָא אֲבָל לֹא מֵאוּמָא לְאַוָּנָא וּמֵאֻונָּא לְאוּמָא. וְהֵבִיא רְאָיָה מִבַּעַל הֲלָכוֹת שֶׁכָּתַב בָּתַר שְׁמַעְתָּא וְכֵן בְּקָנֶה אַלְמָא רֵיאָה דֻּומְיָא דְּקָנֶה מַה קָנֶה בְּאוֹתוֹ קָנֶה עַצְמוֹ אַף רֵיאָה בְּאוֹתָהּ רֵיאָה עַצְמָהּ. דְּלָא מִיסְתַּבֵּר לֵיהּ לְהָקֵל כֻּולֵּי הַאי לְהַקִּיף מִבְּהֵמָה לִבְהֵמָה. וְלִישָּׁנָא דְּמִדַּקָּה לְדַקָּה מַשְׁמַע כְּפֵירוּשׁ רַב אִלְפָּס זַ"ל דִּלְפֵירוּשׁ רַשִׁ"י הֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר מִקְּטַנָּה לִגְדוֹלָה. כִּדְקָאָמַר ר' יְהוּדָה בְּכָרֵס לְעֵיל (חֻולִּין דַּף מב.) וּמִיהוּ לְקַמָּן (חֻולִּין דַּף נד.) גַּבֵּי שְׁמוּטָה וּשְׁחוּטָה הוֹכִיחַ ר"י מֵהַהוּא דְּשָׁחַט הַוֶּושֶׁט וְנִמְצֵאת הַגַּרְגֶּרֶת שְׁמוּטָה דְּאֵין מַקִּיפִין מִבְּהֵמָה לַבְּהֵמָה:
Il est enseigné [dans une braita] : Rabban Chimon ben Gamliel dit : des intestins qui ont été perforés mais qu'une humeur (leiha) obstrue (sotamtan) — [c'est] cacher ; et la halakha n'est pas comme lui. [Voir] plus haut (Houlin 43a) : « [si] la vésicule biliaire (mara) a été perforée » — Rav Yitshak bar Yossef a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : une vésicule qui a été perforée mais que le foie obstrue — [c'est] cacher. Rabbi Chimi bar Hiya a dit : on procède par juxtaposition/comparaison (makkifin) pour les intestins [on compare l'intestin douteux à un autre pour voir s'ils se ressemblent]. Ces intestins qu'on apporta devant Rava — il les juxtaposa et ils ne se ressemblèrent pas ; vint Rav Mécharcheya son fils, qui les manipula (mechamech) et les juxtaposa, et ils se ressemblèrent. Il lui dit : d'où [tiens]-tu cela ? Il lui dit : par raisonnement (mi-sevara) — combien de mains les ont manipulés avant qu'ils ne viennent devant mon maître [de sorte que leur aspect a changé] ! Rava dit : mon fils [est] expert en tereifot comme Rabbi Yo'hanan. Le Baal ha-Ittour, de mémoire bénie, a écrit qu'il en va de même pour le cœur (lev) et le gésier (korkevan), car eux [aussi] sont appelés « intestins » (bnei meaim), comme nous [le] disons plus loin (Houlin 56b) à propos de « ses intestins ont été roussis » : on n'a enseigné [cela] qu'à propos du cœur, du gésier et du foie. Et le Ri a expliqué plus loin que, bien que dans la langue de la mishna et de la braita [le cœur et le gésier] entrent dans la catégorie des « intestins », dans la langue des amoraim ils n'entrent pas dans la catégorie des « intestins ». Comme nous [le] disons plus loin (Houlin 51b) à propos de la nefoula (bête tombée) : car Amemar a dit — la nefoula qu'ils ont énoncée requiert un examen en vis-à-vis des intestins ; Mar Zoutra ajoute : en vis-à-vis de toute la cavité. Et de même aussi à propos de la derousa (proie/bête écrasée) (Houlin 53b), il [res]sort que, pour Amemar, les « intestins » [sont] la panse (kares) et les [intestins] fins (dakkin), et [que] vient Mar Zoutra pour ajouter [ce qui est] en vis-à-vis des parois (defanot), comme le poumon, le cœur et le foie. Dès lors, les « intestins » d'ici, ce sont la panse et les [intestins] fins. Rabbi Yo'hanan et Rabbi Elazar, qui disent tous deux : on procède par juxtaposition pour le poumon. Rava a dit : nous n'avons dit [cela] que pour un même lobe/parterre (arouga), mais d'un lobe à un autre — non. Et la halakha [est] même d'un lobe à un autre, d'[une bête] menue à [une bête] menue et d'[une bête] grosse à [une bête] grosse. Explication : d'un poumon de menu bétail (tzon) à [un poumon de] menu bétail, et de [celui] d'un bœuf (chor) à [celui] d'un autre bœuf ; mais d'[une bête] menue à [une bête] grosse et d'[une bête] grosse à [une bête] menue — non. Rabba et Rava, qui disent tous deux : on procède par juxtaposition pour la trachée (kaneh). Rav Papa a dit : nous n'avons dit [cela] que pour une même vertèbre/anneau (houlya), mais d'un anneau à un autre — non. Et la halakha [est] même d'un anneau à un autre et d'un inter-anneau à un inter-anneau (bar houlya) ; mais [non] d'un anneau à un inter-anneau ni d'un inter-anneau à un anneau. Rachi a expliqué : houlya [désigne] trois anneaux, comme nous [le] disons dans Menahot (39a) à propos des tzitzit, où [le Talmud] appelle houlya trois enroulements ; et bar houlya, c'est depuis la moitié des anneaux vers le bas, là où [les anneaux] commencent à se faire menus. Et certains expliquent : houlya, ce sont les anneaux [eux-mêmes], et bar houlya, la peau qui [est] entre les anneaux. Et Rachi a expliqué : d'[une bête] menue à [une bête] menue et d'[une bête] grosse à [une bête] grosse [signifie] d'un lobe (ouna) à un lobe et d'un [organe] à un [organe] semblable, mais non d'un [organe] à un lobe ni d'un lobe à un [organe]. Et il a apporté une preuve du Baal Halakhot [Gedolot], qui a écrit après [cette] guemara : « et de même pour la trachée » — [ce qui prouve] que le poumon [est] semblable à la trachée : de même que [pour] la trachée [c'est] dans cette même trachée, de même [pour] le poumon [c'est] dans ce même poumon. Car il ne lui semble pas raisonnable d'être aussi indulgent au point de juxtaposer d'une bête à une [autre] bête. Et l'expression « d'[une bête] menue à [une bête] menue » [res]sort [conforme] à l'explication de Rav Alfas (le Rif), de mémoire bénie ; car selon l'explication de Rachi, il aurait dû dire « d'[un lobe] petit à [un lobe] grand », comme le dit Rabbi Yehouda à propos de la panse plus haut (Houlin 42a). Toutefois, plus loin (Houlin 54a), à propos de [la trachée] déboîtée et [la bête] abattue (chemouta ou-chehouta), le Ri a prouvé de ce cas [où] l'on a abattu par l'oesophage (veshet) et [où] l'on a trouvé la trachée déboîtée, qu'on ne procède pas par juxtaposition d'une bête à une [autre] bête.
💡 Explication

Nouvelle mishna : liste des atteintes qui ne rendent pas l'oiseau tereifa (voir le schéma). Trachée (gargeret) perforée ou fendue (à la différence du veshet, l'oesophage, où un rien invalide) ; belette sur la tête en lieu non fatal ; jabot (zefek) perforé — et Rabbi dit : même retiré ; intestins sortis sans perforation ; ailes ou pattes brisées ; plumes arrachées. R. Yehouda objecte : si l'on a ôté le duvet (notza), elle est invalide.

10
גְּמ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: מַעֲשֶׂה בְּרַבִּי סִימַאי וְרַבִּי צָדוֹק שֶׁהָלְכוּ לְעַבֵּר שָׁנָה בְּלֹוד, וְשָׁבְתוּ בְּאוֹנוֹ, וְהוֹרוּ בְּטַרְפַּחַת כְּרַבִּי בְּזֶפֶק.

GEMARA. Nos Maîtres ont enseigné : un fait [advint] avec Rabbi Simai et Rabbi Tzadok, qui allèrent intercaler l'année (le-abber chana) à Lod, et passèrent le chabbat à Ono ; et ils tranchèrent au sujet de la matrice (tarpahat) comme Rabbi [tranche] au sujet du jabot (zefek).

📜 Rachi (1)
גְּמ' וְשָׁבְתוּ בְּאוֹנוֹ יוֹם שַׁבָּת שִׁבְתּוֹ שָׁם:
GEMARA. Et ils passèrent le chabbat à Ono — le jour du chabbat, ils [le] passèrent là.
⚖️ Rosh (1)
גְּמ' ת"ר מַעֲשֶׂה בְּרַבִּי סִימוֹן וְרַבִּי יְהוֹצָדָק שֶׁהָלְכוּ לְעַבֵּר שָׁנָה בְּלֹוד וְשָׁבְתוּ בְּאוֹנוֹ וְהוֹרוּ בְּטַרְפַּחַת כְּרַבִּי בְּזֶפֶק. אִיבַּעְיָא לְהוּ הוֹרוּ בְּטַרְפַּחַת לְאִיסּוּרָא וּכְרַבִּי בְּזֶפֶק לְהֶיתֵּירָא אוֹ דִילְמָא הוֹרוּ בְּטַרְפַּחַת כְּרַבִּי בְּזֶפֶק וּכְרַבִּי בְּזֶפֶק לָא סְבִירָא לְהוּ. זוֹ הִיא גִּירְסַת רַשִׁ"י זַ"ל. וּמְסַפְּקָא לֵיהּ אִי הוֹרוּ בְּטַרְפַּחַת כַּר' טֵרָפוֹן שֶׁהֶאֱכִילָהּ לַכְּלָבִים בְּמַסֶּכֶת סַנְהֶדְרִין דַּף לג. וְכֵן רַבֵּינוּ חֲנַנְאֵל זַ"ל פָּסַק בְּטַרְפַּחַת לְחוּמְרָא מִשּׁוּם דְּסָלְקָא בְּתֵיקוּ. וְתֵימַהּ הוּא דְּחָשֵׁיב לֵיהּ הָתָם טָעָה בִּדְבַר מִשְׁנָה וְגַם רַבִּי טִרְפוֹן חָזַר בּוֹ. וּמִיהוּ מָצִינוּ לְחַלֵּק בֵּין בְּהֵמָה לְעוֹף וְהָכָא בְּעוֹף אַיְירֵי מִדְּמַייְתֵי לָהּ אַמַּתְנִיתִין דְּאֵלּוּ טְרֵיפוֹת בְּעוֹף. וְהָא דְּלָא תָּנֵי לְהוּ לֵוִי בַּהֲדֵי יָתֵר עֲלֵיהֶם עוֹף. מִשּׁוּם דְּלָא אַיְירֵי בִּפְלֻוגְתָּא כִּי הֵיכִי דְּלָא חֲשִׁיב נִיטְּלָה הַנּוֹצָה לְרַבִּי יְהוּדָה. וּמִיהוּ קָשֶׁה אַמַּאי לָא אִיבְּעִי לֵיהּ נָמֵי אִם הוֹרוּ בְּטַרְפַּחַת וּבְזֶפֶק תַּרְוַיְיהוּ לְהֶיתֵּירָא. וְכִי הַאי גַּוְונָא אִיבְּעִי לֵיהּ בְּפֶ' כִּירָה (שַׁבָּת דַּף מו.) גַּבֵּי הוֹרָה בִּמְנוֹרָה כַּר' שִׁמְעוֹן בְּנֵר אִיבַּעְיָא לְהוּ הוֹרָה בִּמְנוֹרָה לְאִיסּוּרָא לְהֶיתֵּרָא וכר"ש בְּנֵר לְאִיסּוּרָא אוֹ דִּילְמָא בִּמְנוֹרָה לְהֶיתֵּירָא וכר"ש בְּנֵר לְהֶיתֵּירָא וְנִרְאֶה כְּגִירְסַת הַסְּפָרִים דְּגָרְסִי הָכִי הוֹרוּ בְּטַרְפַּחַת לְהֶיתֵּירָא וּכְרַבִּי בְּזֶפֶק לְהֶיתֵּירָא. כְּלוֹמַר שְׁתֵּי הוֹרָאוֹת הָווּ לְהֶיתֵּירָא. אוֹ דִּילְמָא הוֹרוּ בְּטַרְפַּחַת לְהֶיתֵּירָא וּכְרַבִּי בְּזֶפֶק לָא סְבִירָא לְהוּ. וְהַשְׁתָּא נִיחָא דְּלָא מְסַפְּקָא לֵיהּ אִם הוֹרוּ בְּטַרְפַּחַת לְאִיסּוּרָא כְּרַבִּי טִרְפוֹן כִּדְבָעֵי לֵיהּ בְּפֶרֶק כִּירָה. מִשּׁוּם דְּרַבִּי טִרְפוֹן עַצְמוֹ חָזַר בּוֹ וַחֲשִׁיב לֵיהּ טָעָה בִּדְבַר מִשְׁנָה. וְהָא דְּלָא מִיבְּעֵי לֵיהּ הָתָם אִם הוֹרָה בִּמְנוֹרָה שֶׁלֹּא הִדְלִיקוּ בָּהּ בְּאוֹתָהּ שַׁבָּת לְהֶיתֵּירָא כר"ש בְּנֵר שֶׁהִדְלִיקוּ בָּהּ בְּאוֹתָהּ שַׁבָּת אֲבָל כר"ש בְּנֵר לֹא ס"ל מִשּׁוּם דִּדְחִיָּיה בְּיָדַיִם. מִשּׁוּם דְּלָא דָּמוּ טַעְמַיְיהוּ לְהָדְדִי דְּאִיסּוּר טִלְטוּל דִּמְנוֹרָה מִשּׁוּם גְּזֵירָה דְּבִנְיָן. וְטִלְטוּל הַנֵּר מִשּׁוּם מֻוקְצֶה. הִלְכָּךְ לֹא שַׁיָּיךְ לְמִיתְלֵי הֶיתֵּירָא זֶה בָּזֶה. וְכֵן הֲלָכָה דְּנִיטְּלָה הַטַּרְפַּחַת כְּשֵׁירָה אַף בְּעוֹף. אָמַר רַבָּה וְאִיתֵּימָא ר' יוֹחָנָן גַּגּוֹ שֶׁל זֶפֶק נִידּוֹן כְּווֶשֶׁט. הֵיכָא. אָמַר רַב בִּיבִי בַּר אַבָּיֵי מָקוֹם שֶׁנִּמְתַּח עִמּוֹ. יָצְאוּ בְּנֵי מֵעֶיהָ. אָמַר רַב שְׁמוּאֵל בַּר יִצְחָק ל"ש אֶלָּא שֶׁלֹּא הִפֵּךְ בָּהֶן אֲבָל הִפֵּךְ בָּהֶן טְרֵיפָה דִּכְתִיב הוּא עָשְׂךָ וַיְכֹונְנֶךָ מְלַמֵּד שֶׁבָּרָא הקב"ה כּוֹנָנִיּוֹת בָּאָדָם שֶׁאִם נֶהְפָּךְ אֶחָד מֵהֶם מִיָּד מֵת. הַהוּא רוֹמָאָה דַּחֲזָא לְהָהוּא גַּבְרָא דִּנְפַל מֵאִיגָּרָא לְאַרְעָא פָּקַע כְּרֵיסֵיהּ וּנְפַק לְמֵיעַי מִינֵּיהּ. אֲזַל וְאַיְּיתִי לִבְרֵיהּ וְשַׁחְטֵיהּ קַמֵּיהּ בַּאֲחִיזַת עֵינַיִם. אִיתְנְגִיד וְאִיתְּנַח עָיֵיל מֵיעֶיהָ וְחַייְּטִינְהוּ לְכַרְסֵיהּ: נִשְׁתַּבְּרוּ רַגְלֶיהָ. הַהוּא צַנָּא דְּאַנְקוֹרֵי דַּאֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרָבָא. בָּדְקָה בְּצֹומֶת הַגִּידִין וְאַכְּשֵׁרָה:
Guemara. Nos Maîtres ont enseigné : un fait [advint] avec Rabbi Simon et Rabbi Yehotzadak, qui allèrent intercaler l'année (le-abber chana) à Lod, et passèrent le chabbat à Ono ; et ils tranchèrent au sujet de la matrice (tarpahat) comme Rabbi [tranche] au sujet du jabot (zefek). On [se le] demanda : ont-ils tranché au sujet de la matrice pour interdire (le-issoura), et comme Rabbi au sujet du jabot pour permettre (le-hettera) ? Ou peut-être : ont-ils tranché au sujet de la matrice comme Rabbi au sujet du jabot, [mais] ne tiennent-ils pas [en réalité] comme Rabbi au sujet du jabot ? — Ceci [est] la version de Rachi, de mémoire bénie. Et [le doute] lui [reste] douteux [pour savoir] s'ils ont tranché au sujet de la matrice comme Rabbi Tarfon, qui la fit manger aux chiens [dans le traité] Sanhédrin (33a). Et de même Rabbenou Hananel, de mémoire bénie, a tranché au sujet de la matrice par rigueur (le-houmra), du fait que [le doute] est résolu en teikou (question laissée sans réponse). Et c'est étonnant, car là-bas [le Talmud] le considère comme « errant sur une chose [explicite dans une] mishna » (toeh be-dvar michna), et de plus Rabbi Tarfon lui-même s'est rétracté. Toutefois, nous pouvons distinguer entre la bête et l'oiseau ; et ici [on] traite de l'oiseau, du fait qu'[on] l'apporte [comme appui] à notre mishna [traitant] des « atteintes tereifot chez l'oiseau ». Et le fait que Levi ne les ait pas enseignées [ces atteintes] parmi le [surcroît] « en plus [chez] l'oiseau », [c'est] parce qu'il ne traite pas de ce qui est [objet de] controverse (peluggeta), de même qu'il ne compte pas « le duvet a été ôté » selon [l'avis de] Rabbi Yehouda. Toutefois, il y a une difficulté : pourquoi ne [nous] demande-t-on pas aussi s'ils ont tranché au sujet de la matrice et du jabot, tous deux pour permettre ? Car un cas semblable, [on] se [le] demande au chapitre Kira (Chabbat 46a) à propos de « il a tranché au sujet du candélabre (menora) comme Rabbi Chimon au sujet de la lampe (ner) » : [là] on [se] demande — a-t-il tranché au sujet du candélabre pour interdire [et] pour permettre et comme Rabbi Chimon au sujet de la lampe pour interdire, ou peut-être au sujet du candélabre pour permettre et comme Rabbi Chimon au sujet de la lampe pour permettre ? Et il semble [préférable de retenir] la version des livres qui lisent ainsi : « ont-ils tranché au sujet de la matrice pour permettre et comme Rabbi au sujet du jabot pour permettre ». C'est-à-dire [qu'il y eut] deux décisions, [toutes deux] pour permettre. Ou peut-être ont-ils tranché au sujet de la matrice pour permettre, [mais] au sujet du jabot ils ne tiennent pas comme Rabbi. Et maintenant [cela] va [bien], car [le doute] ne lui [reste pas] douteux [pour savoir] s'ils ont tranché au sujet de la matrice pour interdire comme Rabbi Tarfon, comme [on se le] demandait au chapitre Kira ; parce que Rabbi Tarfon lui-même s'est rétracté et [que le Talmud] le considère comme « errant sur une chose [de] mishna ». Et le fait que là-bas [on] ne [se le] demande pas [pour savoir] s'il a tranché au sujet du candélabre — qu'on n'a pas allumé durant ce chabbat[-là] — pour permettre comme Rabbi Chimon au sujet de la lampe qu'on a allumée durant ce chabbat[-là] (mais [qu']au sujet de la lampe ils ne tiennent pas comme Rabbi Chimon) — [c'est] parce qu'[il l']a écartée de [ses] mains (dehiyah be-yadaim) ; [c'est] parce que leurs raisons ne se ressemblent pas l'une l'autre : car l'interdit de manipuler (tiltoul) le candélabre [est] au titre d'un décret (gezera) [par crainte] de [celui à] construction (binyan) [emboîtable], tandis que la manipulation de la lampe [est] au titre du mouktse (objet écarté). Dès lors, il ne convient pas de faire dépendre l'une [permission] de l'autre. Et telle [est] la halakha : que [si] la matrice a été retirée, [elle est] cachere même chez l'oiseau. Rabba a dit, et certains disent [que c'est] Rabbi Yo'hanan : le toit du jabot (gago chel zefek) est jugé comme l'oesophage (veshet). Où [commence-t-il] ? Rav Beivai bar Abaye a dit : l'endroit qui s'étire avec lui [avec l'oesophage]. « [Si] ses intestins sont sortis. » Rav Chmouel bar Yitshak a dit : on n'a enseigné [cela] que [dans le cas] où il ne les a pas brouillés (lo hipekh bahen) ; mais [s']il les a brouillés — [c'est] tereifa, car il est écrit : « Il t'a fait et t'a établi (hou achekha va-yekhonenekha) » (Deut 32:6) — [cela] enseigne que le Saint, béni soit-Il, a créé des emplacements établis (kononiyot) dans l'homme, [de sorte] que si l'un d'eux est inversé, aussitôt [l'homme] meurt. Ce Romain (Romaa) qui vit un certain homme tomber du toit à terre — son ventre creva (paka kreseh) et ses intestins (meayav) sortirent — [ce Romain] alla amener son fils et l'égorgea devant lui par une illusion d'optique (bi-ahizat einaim) ; [le père] se contracta et poussa un soupir, [ses] intestins rentrèrent, et l'on recousut son ventre. « [Si] ses pattes ont été brisées. » Ce panier de sauterelles/d'oiseaux (tzanna de-ankorei) qui vint devant Rava — il l'examina au jointoiement des tendons (tzomet ha-gidin) et le déclara cacher.
💡 Explication

Braita : R. Simai et R. Tzadok, en route pour intercaler l'année (ajouter un mois au calendrier) à Lod, font halte à Ono pour chabbat, et y rendent une décision sur la matrice (tarpahat) d'une bête comme l'avis de Rabbi sur le jabot — c'est-à-dire en l'assimilant à un organe dont le retrait n'invalide pas.

11
אִיבַּעְיָא לְהוּ: הוֹרוּ בְּטַרְפַּחַת לְאִיסּוּרָא, כְּרַבִּי בְּזֶפֶק לְהֶתֵּירָא? אוֹ דִּילְמָא: הוֹרוּ בְּטַרְפַּחַת לְהֶתֵּירָא כְּרַבִּי בְּזֶפֶק, אֲבָל כְּרַבִּי בְּזֶפֶק לָא סְבִירָא לְהוּ? תֵּיקוּ.

Ils [se le] demandèrent : ont-ils tranché au sujet de la matrice pour interdire (le-issoura), [et] comme Rabbi au sujet du jabot pour permettre (le-hettera) ? Ou peut-être : ont-ils tranché au sujet de la matrice pour permettre, comme Rabbi au sujet du jabot — mais [en réalité] ils ne tiennent pas comme Rabbi au sujet du jabot [lui-même] ?

Cela demeure [non tranché] (teikou).

📜 Rachi (2)
אִיבַּעְיָא לְהוּ תַּרְתֵּי הוֹרָאוֹת הָווּ וְהָכִי קָאָמַר הוֹרוּ בְּטַרְפַּחַת לְאִיסּוּרָא כְּדִתְנַן בְּסַנְהֶדְרִין (דַּף לג.) וְהֶאֱכִילָהּ רַבִּי טַרְפוֹן לִכְלָבִים וּכְרַבִּי בְּזֶפֶק נָמֵי לְהֶיתֵּרָא דַּאֲפִילּוּ נִיטָּל אוֹ דִּלְמָא הוֹרוּ בְּטַרְפַּחַת לְהֶיתֵּרָא כְּרַבִּי בְּזֶפֶק וְאָמְרוּ דְּאִם נִיטְּלָה הָאֵם כְּשֵׁרָה כְּמַתְנִיתִין אֲבָל כְּרַבִּי בְּזֶפֶק לָא סְבִירָא לְהוּ:
Ils [se le] demandèrent — [furent-ce] deux décisions, et voici ce qu'[on] veut dire : ont-ils tranché au sujet de la matrice pour interdire, comme nous avons appris dans Sanhédrin (page 33a) — et Rabbi [Tarfon] la fit manger aux chiens — et comme Rabbi au sujet du jabot, [à savoir] aussi pour permettre, [puisque cacher] même [s']il a été retiré ? Ou peut-être ont-ils tranché au sujet de la matrice pour permettre, comme Rabbi au sujet du jabot, et ont-ils dit [que], si la matrice (ha-em) a été retirée, [elle est] cachere comme [dans] notre mishna — mais ils ne tiennent pas comme Rabbi au sujet du jabot.
ה"ג הוֹרוּ בְּטַרְפַּחַת לְאִיסּוּרָא וּכְרַבִּי בְּזֶפֶק לְהֶיתֵּרָא אוֹ דִּלְמָא הוֹרוּ בְּטַרְפַּחַת לְהֶיתֵּרָא כְּרַבִּי בְּזֶפֶק אֲבָל כְּרַבִּי בְּזֶפֶק לָא סְבִירָא לְהוּ:
Ainsi faut-il lire (ha gris) : ont-ils tranché au sujet de la matrice pour interdire et comme Rabbi au sujet du jabot pour permettre, ou peut-être ont-ils tranché au sujet de la matrice pour permettre comme Rabbi au sujet du jabot, mais ils ne tiennent pas comme Rabbi au sujet du jabot.
🗂️ Tossefot (1)
אִיבַּעְיָא לְהוּ הוֹרוּ בְּטַרְפַּחַת לְאִיסּוּרָא וּכְרַבִּי בְּזֶפֶק לְהֶיתֵּרָא אוֹ דִּלְמָא הוֹרוּ בְּטַרְפַּחַת לְהֶיתֵּרָא כְּרַבִּי בְּזֶפֶק אֲבָל כְּרַבִּי בְּזֶפֶק לָא סְבִירָא לְהוּ כֵּן גָּרֵיס רַשִׁ"י וּפֵירֵשׁ דִּמְסַפְּקָא לֵיהּ אִם הוֹרוּ בְּטַרְפַּחַת לְאִיסּוּרָא כְּרַבִּי טֵרָפוֹן דְּסַנְהֶדְרִין (דַּף לג.) דְּהָאֲכִילָה לִכְלָבִים וְכֵן פֵּירֵשׁ רַ"ח וּפָסַק בְּטַרְפַּחַת לְחוּמְרָא מִדִּמְסַפְּקִינָא לְהַאי הוֹרוּ לְחוּמְרָא וְזֶהוּ תֵּימַהּ דְּהָתָם חֲשִׁיב לֵיהּ טוֹעֶה בִּדְבַר מִשְׁנָה ור"ט נָמֵי חָזַר בּוֹ וּמִיהוּ שֶׁמָּא יֵשׁ לְחַלֵּק בֵּין בְּהֵמָה לְעוֹף דְּמָצֵי לְמֵימַר דְּהָכָא מַיְירֵי בְּטַרְפַּחַת שֶׁל עוֹף דְּמִיטְּרִיף טְפֵי וְלֵיכָּא לְמִיפְשַׁט מִדְּתָנֵי לֵוִי דְּלָא חֲשִׁיב טַרְפַּחַת בַּהֲדֵי יָתֵר עֲלֵיהֶן בְּעוֹף מִשּׁוּם דְּלָא מַיְירֵי בִּפְלֻוגְתָּא כִּי הֵיכִי דְּלָא חֲשִׁיב נִיטְּלָה הַנּוֹצָה לְר' יְהוּדָה וּמִיהוּ יֵשׁ לִתְמֹוהַּ אַמַּאי לָא מִבָּעֲיָא לָן הָכָא אִם הוֹרוּ בְּטַרְפַּחַת וּבְזֶפֶק בְּתַרְוַיְיהוּ לְהֶיתֵּרָא דְּכִי הַאי גַּוְונָא מִיבַּעְיָא לָן פֶּרֶק כִּירָה (שַׁבָּת מו.) גַּבֵּי הוֹרָה בִּמְנוֹרָה כְּר' שִׁמְעוֹן בְּנֵר דְּאִיבַּעְיָא לְהוּ הוֹרָה בִּמְנוֹרָה לְהֶיתֵּרָא וּכְרַבִּי שִׁמְעוֹן בְּנֵר לְהֶיתֵּרָא אוֹ דִּלְמָא הוֹרָה בִּמְנוֹרָהּ לְאִיסּוּרָא וּכְרַבִּי שִׁמְעוֹן בְּנֵר לְהֶיתֵּרָא וְנִרְאֶה דְּגָרְסִינַן בַּסְּפָרִים הָכָא הוֹרוּ בְּטַרְפַּחַת לְהֶיתֵּרָא וּכְרַבִּי בְּזֶפֶק לְהֶיתֵּרָא אוֹ דִּלְמָא הוֹרוּ בְּטַרְפַּחַת לְהֶיתֵּרָא כְּרַבִּי בְּזֶפֶק אֲבָל כְּרַבִּי בְּזֶפֶק לָא סְבִירָא לְהוּ וְהַשְׁתָּא נִיחָא דְּלָא מְסַפְּקָא לֵיהּ הָכָא אִם הוֹרוּ בְּטַרְפַּחַת לְאִיסּוּרָא דְּמִילְּתָא דִּפְשִׁיטָא הִיא דְּשָׁרְיָא כִּדְמוֹכַח בְּמַסֶּכֶת סַנְהֶדְרִין (דַּף לג.) דַּאֲפִילּוּ ר' טִרְפוֹן חָזַר בּוֹ וְטוֹעֶה בִּדְבַר מִשְׁנָה חֲשִׁיב לֵיהּ וְהָא דְּלָא מִיבַּעְיָא לָן הָתָם אִם הוֹרוּ בִּמְנוֹרָה לְהֶיתֵּרָא כְּגוֹן שֶׁלֹּא הִדְלִיקוּ בָּהּ בְּאוֹתָהּ שַׁבָּת הִתִּירוּ לְטַלְטְלָהּ כְּר' שִׁמְעוֹן דְּמַתִּיר הָתָם נֵר שֶׁהִדְלִיקוּ בּוֹ בְּאוֹתָהּ שַׁבָּת אֲבָל כְּר' שִׁמְעוֹן דְּנֵר לָא סְבִירָא לְהוּ מִשּׁוּם דִּדְחִיָּיה בְּיָדַיִם דְּלָא שַׁיָּיךְ הָתָם לִתְלוֹת הֶיתֵּר שֶׁל מְנוֹרָה בְּהֶיתֵּר שֶׁל נֵר דִּמְנוֹרָה שֶׁלֹּא הִדְלִיקוּ בָּהּ בְּאוֹתָהּ שַׁבָּת לֹא שַׁיָּיךְ לֶאֱסֹור מִטַּעַם מֻוקְצֶה אֶלָּא מִטַּעַם בִּנְיָן כִּדְאָמַר הָתָם דְּאִית לֵיהּ חִידְקֵי וְגָזְרִינַן אַטּוּ דְּחֻולְיוֹת וְנֵר שֶׁהִדְלִיקוּ בָּהּ בְּאוֹתָהּ שַׁבָּת מִשּׁוּם מֻוקְצֶה אֲבָל הָכָא שַׁייָּךְ לִתְלוֹת זֶה בָּזֶה דְּכִי הֵיכִי דְּרַבִּי לֵית לֵיהּ טְרֵפוֹת בְּזֶפֶק כָּךְ לֵית לְהוּ טְרֵפוֹת בְּטַרְפַּחַת וּמִיהוּ הָתָם פ"ה דְּמִיבַּעְיָא לָן חֲדָא הוֹרָאָה הִיא וה"ק הוֹרָה בִּמְנוֹרָה לְהֶיתֵּרָא כְּדֶרֶךְ שֶׁהָיָה רַבִּי שִׁמְעוֹן מַתִּיר נֵר יָשָׁן אוֹ דִּלְמָא תְּרֵי הוֹרָאוֹת הָווּ הוֹרָה בִּמְנוֹרָה לְאִיסּוּרָא כִּדְאָמַר בְּפִירְקִין וְגָזַר אַטּוּ חֻולְיוֹת וּכְרַבִּי שִׁמְעוֹן הוֹרָה בְּנֵר לְהֶיתֵּרָא וּפֵירוּשׁוֹ מְגֻומְגָּם:
Ils [se le] demandèrent : ont-ils tranché au sujet de la matrice pour interdire et comme Rabbi au sujet du jabot pour permettre, ou peut-être ont-ils tranché au sujet de la matrice pour permettre comme Rabbi au sujet du jabot, mais ils ne tiennent pas comme Rabbi au sujet du jabot — ainsi lit Rachi, et il explique qu'[on] est dans le doute [pour savoir] s'ils ont tranché au sujet de la matrice pour interdire comme Rabbi [Tarfon] de Sanhédrin (page 33a), qui [la] fit manger aux chiens ; et ainsi a expliqué Rabbenou Hananel, et il a tranché au sujet de la matrice par rigueur (le-houmra), du fait qu'[on] met en doute cette décision [en la prenant] par rigueur ; et c'est étonnant, car là-bas [le Talmud] le considère comme 'errant sur une chose [explicite dans une] mishna' (toeh be-dvar michna), et R. Tarfon lui-même s'est rétracté. Toutefois on peut peut-être distinguer entre la bête et l'oiseau, [en disant] qu'[on] peut dire qu'ici [on] parle de la matrice d'un oiseau, qui est plus aisément [rendue] tereifa ; et [on] ne peut pas trancher [le doute] à partir de ce qu'enseigne Levi, qui ne compte pas la matrice parmi les [atteintes qui sont] 'en plus [chez l'oiseau]', parce qu'[il] ne traite pas de ce qui est [objet de] controverse — de même qu'[il] ne compte pas 'le duvet a été ôté' [selon l'avis] de R. Yehouda. Toutefois il y a lieu de s'étonner : pourquoi ne nous demande-t-on pas ici s'ils ont tranché au sujet de la matrice et du jabot tous deux pour permettre, comme [dans] un cas semblable [où] nous [nous] [le] demandons au chapitre Kira (Chabbat 46a) à propos de 'il a tranché au sujet du candélabre (menora) comme R. Chimon au sujet de la lampe (ner)', car [là] on [se] demande : a-t-il tranché au sujet du candélabre pour permettre et comme R. Chimon au sujet de la lampe pour permettre, ou peut-être a-t-il tranché au sujet du candélabre pour interdire et comme R. Chimon au sujet de la lampe pour permettre ? Et il semble que nous lisons dans les livres ici : ont-ils tranché au sujet de la matrice pour permettre et comme Rabbi au sujet du jabot pour permettre, ou peut-être ont-ils tranché au sujet de la matrice pour permettre comme Rabbi au sujet du jabot, mais ils ne tiennent pas comme Rabbi au sujet du jabot ; et maintenant cela va [bien], car [on] n'est pas dans le doute ici [pour savoir] s'ils ont tranché au sujet de la matrice pour interdire, car c'est chose évidente qu'[elle est] permise, comme [cela] ressort dans le traité Sanhédrin (page 33a) [où] même R. Tarfon s'est rétracté et [où] on le considère comme 'errant sur une chose [de] mishna'. Et le fait que là-bas nous ne [nous] [le] demandions pas [pour savoir] s'il a tranché au sujet du candélabre pour permettre — [par exemple] qu'on n'y ait pas allumé durant ce chabbat[-là] [et qu']on ait permis de le manipuler comme R. Chimon, qui permet là-bas une lampe qu'on a allumée durant ce chabbat[-là], mais [qu']ils ne tiennent pas comme R. Chimon au sujet de la lampe — [c'est] parce qu'[on] l'a écartée de [ses] mains, [si bien] qu'il ne convient pas là-bas de faire dépendre la permission du candélabre de la permission de la lampe ; car un candélabre qu'on n'a pas allumé durant ce chabbat[-là], il ne convient pas de [l']interdire au titre du mouktse, mais au titre de la construction (binyan), comme [il est] dit là-bas qu'il a des segments (hidkei) [emboîtables] et [que] nous décrétons [contre lui] à cause de [celui] à maillons (haliyot) ; et [pour] une lampe qu'on a allumée durant ce chabbat[-là], [c'est] au titre du mouktse. Mais ici il convient de faire dépendre ceci de cela, car de même que Rabbi n'admet pas de [statut] tereifa pour le jabot, de même [ils] n'admettent pas de [statut] tereifa pour la matrice. Toutefois, là-bas, Rachi explique que nous [nous] [le] demandons [s'il s'agit d']une seule décision, et voici ce qu'[on] veut dire : à-t-il tranché au sujet du candélabre pour permettre à la manière dont R. Chimon permettait une vieille lampe, ou peut-être furent-ce deux décisions : a-t-il tranché au sujet du candélabre pour interdire comme [il est] dit dans notre chapitre, et [à-t-on] décrété à cause [de celui] à maillons, et comme R. Chimon a-t-il tranché au sujet de la lampe pour permettre ? — et son explication [est] embarrassée.
💡 Explication

Dilemme sur le sens de la braita. Soit deux décisions : la matrice interdite (comme R. Tarfon en Sanhédrin 33a, qui donna [la bête] aux chiens) et le jabot permis comme Rabbi (même retiré). Soit une seule : la matrice permise par analogie avec le jabot de Rabbi — mais alors ils ne tiendraient pas réellement comme Rabbi pour le jabot. Teikou : non tranché.

12
אָמַר רַבָּה, וְאִיתֵּימָא רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: גַּגּוֹ שֶׁל זֶפֶק נִידּוֹן כְּווֶשֶׁט. הֵיכָא? אָמַר רַב בִּיבִי בַּר אַבָּיֵי: כֹּל שֶׁנִּמְתַּח עִמּוֹ.

Rabba a dit, et certains disent [que c'est] Rabbi Yehochoua ben Levi : le toit du jabot (gago chel zefek) est jugé comme le veshet (oesophage). Où [est-il] ?

Rav Beivai bar Abaye a dit : tout ce qui s'étire avec lui [avec l'oesophage].

📜 Rachi (4)
נִידּוֹן כְּוֵושֶׁט בְּנֶקֶב מַשֶּׁהוּ:
Jugé comme le veshet — pour une perforation [d'un] rien.
כָּל שֶׁנִּמְתַּח עִמּוֹ מִמָּקוֹם שֶׁהוּא מַתְחִיל לִימָּשֵׁךְ לְצַד הַווֶּשֶׁט לִהְיוֹת מֵיצֵר וְהוֹלֵךְ:
Tout ce qui s'étire avec lui — depuis l'endroit où [le jabot] commence à se prolonger vers le côté de l'oesophage en se rétrécissant progressivement.
עִמּוֹ עִם הַוֶּושֶׁט:
Avec lui — avec l'oesophage.
נִמְתַּח נִמְשָׁךְ דְּהַייְנוּ מִן הַמֵּיצַר וּלְמַעְלָה כִּדְאָמְרִינַן (לְעֵיל חֻולִּין דַּף מה.) גַּבֵּי מוֹחַ כָּל זְמַן שֶׁבַּגֻּולְגֹּולֶת נִידּוֹן כְּמוֹחַ הִתְחִיל לִימָּשֵׁךְ נִידּוֹן כְּחוּט אַלְמָא מְקוֹם מֶצֶר קָרֵי מְשִׁיכָה:
S'étire — se prolonge, c'est-à-dire depuis le rétrécissement vers le haut, comme nous disons (plus haut, Houlin 45a) à propos de la moelle (moah) : tant qu'[elle est] dans le crâne (golgolet), [elle est] jugée comme [la] moelle ; [dès qu']elle a commencé à se prolonger [hors du crâne], [elle est] jugée comme [un] cordon (hout) — d'où [il ressort que] le lieu du rétrécissement [est] appelé 'étirement' (mechikha).
💡 Explication

Précision : si le jabot lui-même, perforé, ne rend pas tereifa, son toit (gago chel zefek) en revanche est jugé comme le veshet (oesophage) — donc une perforation d'un rien y rend tereifa. Où commence ce toit ? Rav Beivai bar Abaye : tout ce qui s'étire avec l'oesophage, c'est-à-dire la partie du jabot qui se rétrécit en se prolongeant vers l'oesophage.

13
יָצְאוּ בְּנֵי מֵעֶיהָ, אָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר רַב יִצְחָק: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא שֶׁלֹּא הִיפֵּךְ בָּהֶן, אֲבָל הִיפֵּךְ בָּהֶן – טְרֵפָה, דִּכְתִיב: ״הוּא עָשְׂךָ וִיכַנְּנֵךְ״, מְלַמֵּד שֶׁבָּרָא הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא כּוֹנָנִיּוֹת בָּאָדָם, שֶׁאִם נֶהְפַּךְ (אַחַת) [אֶחָד] מֵהֶן – אֵינוֹ יָכוֹל לִחְיוֹת.

[La mishna a dit :] '[si] ses intestins sont sortis [mais n'ont pas été perforés, elle est cachere].' Rabbi Chmouel bar Rav Yitshak a dit : on n'a enseigné [cela] que [dans le cas] où il ne les a pas brouillés (lo hipekh bahen) ; mais [s']il les a brouillés — [elle est] tereifa, car il est écrit : 'Il t'a fait et t'a établi (hou achekha va-yekhonenekha)' (Deut 32:6) — [cela] enseigne que le Saint, béni soit-Il, a créé des [emplacements] établis (kononiyot) dans l'homme, [de sorte] que si l'un d'eux est inversé — [l'homme] ne peut [plus] vivre.

📜 Rachi (2)
הִיפֵּךְ בָּהֶן כְּשֶׁהִכְנִיסָן לְתוֹכוֹ הֵיפֶךְ עֶלְיוֹנוֹ לְתַחְתִּיתוֹ אוֹ עֲגֻולָּה זוֹ לְמַעְלָה מִכְּמוֹת שֶׁהָיְתָה שֶׁהֶחֱלִיף זוֹ לְמַעְלָה וְזוֹ לְמַטָּה:
Il les a brouillés — lorsqu'il les a réintroduits à l'intérieur, il a inversé le dessus [pour le mettre] en dessous, ou [a placé] cette circonvolution plus haut qu'elle n'était, [de sorte] qu'il a interverti celle-ci [en] haut et celle-là [en] bas.
כּוֹנָנִיּוֹת לְשׁוֹן וְאֶת כַּנּוֹ (שְׁמוֹת לח). שֶׁבָּרָא לָהֶם בָּסִיס לֵישֵׁב עָלָיו וְאִם יֵרְדוּ מִבְּסִיסָן שׁוּב אֵין מִתְיַישְּׁבִים:
Établissements (kononiyot) — [c'est un] terme [de] 'et son socle (kanno)' (Exode 38) : [Dieu] leur a créé une base (bassis) pour s'y poser, et s'ils descendent de leur base, ils ne se reposent plus [à leur place].
🗂️ Tossefot (1)
אֲבָל הִיפֵּךְ בָּהֶם טְרֵפָה בִּכְלַל נְקוּבֵי דְּמַתְנִיתִין הוּא דְּטַעְמָא מִשּׁוּם דְּסוֹפוֹ לִינָּקֵב וְלֵירָקֵב:
Mais [s']il les a brouillés — [elle est] tereifa : [cela rentre] dans la catégorie des [intestins] perforés de la mishna, car la raison [en est] qu'ils finiront par être perforés et par se putréfier (lirkov).
💡 Explication

Restriction de la mishna : des intestins sortis et réintroduits ne laissent l'oiseau cacher que si on ne les a pas brouillés (lo hipekh bahen) — chacun a sa place. S'il les a brouillés (interverti haut/bas), c'est tereifa, car le verset 'Il t'a fait et t'a établi' (Deut 32:6) enseigne que Dieu a fixé à chaque organe un emplacement (kononiyot) : un organe déplacé, et la créature ne peut plus vivre.

14
תַּנְיָא, הָיָה רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: ״הוּא עָשְׂךָ וִיכַנְּנֵךְ״ – כַּרְכָא דְּכֻולָּהּ בֵּיהּ, מִמֶּנּוּ כֹּהֲנָיו, מִמֶּנּוּ נְבִיאָיו, מִמֶּנּוּ שָׂרָיו, מִמֶּנּוּ מְלָכָיו, שֶׁנֶּאֱמַר: ״מִמֶּנּוּ פִּנָּה מִמֶּנּוּ יָתֵד וְגוֹ׳״.

[Une braita] est enseignée : Rabbi Meir disait : 'Il t'a fait et t'a établi (hou achekha va-yekhonenekha)' — [Israël est comme] une grande ville (kerakh) où tout se trouve : d'elle [sortent] ses prêtres (kohanim), d'elle ses prophètes (neviim), d'elle ses chefs (sarim), d'elle ses rois (melakhim), ainsi qu'il est dit : 'd'eux [sortira] l'angle (pinna), d'eux le piquet (yated), etc.' (Zacharie 10:4).

📜 Rachi (1)
כַּרְכָא דְּכוֹלָּא בֵּיהּ כֶּרֶךְ שֶׁהַכֹּל בּוֹ וְעַל כְּנֶסֶת יִשְׂרָאֵל נֶאֱמַר שֶׁכָּל מוֹשְׁלֵיהֶן מֵהֶן וְלֹא מֵעִם אַחֵר:
Une grande ville où tout se trouve — une ville (kerakh) où tout est [présent] ; et c'est de l'assemblée d'Israël (kenesset Israël) qu'il est dit que tous leurs dirigeants [viennent] d'eux, et non d'un autre peuple.
🪔 Ben Yehoyada (1)
ממנו שריו ממנו מלכיו (זכריה י, ד) . יש להקשות למה הקדים השרים על המלכים ועוד הוה ליה להקדים מלכים קודם כהנים דתנן בהוריות (הוריות יג.) מלך קודם לכהן גדול? ונראה לי בס"ד דכל אחד מישראל קומתו כנגד עשר ספירות ולכן נקיט תחלה ' כרכא דכולא ' כנגד ג' ראשנות כח"ב [כתר חכמה בינה] ' ממנו כהניו ' נגד ג' אמצעיות חג"ת [חסד גבורה תפארת] שתחלתם חסד ששם סוד הכהנים ' ממנו נביאיו ' כנגד ג' תחתונות נצח והוד שמשם יניקת הנביאים ' ממנו שריו ' כנגד היסוד שנקרא שר ששם שם שד־י שמלואו עולה שר [ש י ״ ן ד ל ״ ת י ו ״ ד עולה 500] ' ממנו מלכיו ' כנגד מלכות ששם אחוזים המלכים.
💡 Explication

Drach homilétique de R. Meir sur le même verset : 'Il t'a établi' enseigne qu'Israël est une grande ville complète (kerakh de-koula beh) — il tire de lui-même tous ses dignitaires : prêtres, prophètes, chefs, rois — et non d'un autre peuple, comme l'illustre Zacharie 10:4 ('d'eux l'angle, d'eux le piquet').

15
הָהוּא רוֹמָאָה דְּחַזְייֵהּ לְהָהוּא גַּבְרָא דִּנְפַל מֵאִיגָּרָא לְאַרְעָא, פְּקַעיה כְּרֵסֵיהּ וּנְפוּק מַעְיָינֵיהּ, אַתְיֵיהּ לִבְרֵיהּ וְשַׁחְטֵיהּ קַמֵּיהּ

Un certain Romain (Romaa) qui vit un certain homme tomber du toit à terre — son ventre creva (paka'eh karseh) et ses intestins (meayanav) sortirent ; il amena son fils et l'égorgea devant lui [devant le père]

📜 Rachi (3)
מַעְיְינֵיהּ מֵעָיו:
Ses intestins (meayanav) — ses entrailles (meav).
וְשַׁחְטֵיהּ קַמֵּיהּ כְּדֵי שֶׁיִּתְאַנֵּחַ וְיִמָּשֵׁךְ מֵעָיו אֵלָיו:
Et il l'égorgea devant lui — afin qu'[il] gémisse et que ses intestins se contractent vers lui.
לִבְרֵיהּ שֶׁל זֶה הַנּוֹפֵל:
Son fils — [le fils] de ce [père] qui est tombé.
💡 Explication

Anecdote finale (qui se poursuit en 57a) : un Romain voit un homme tomber d'un toit, le ventre crevé, intestins sortis. Pour éprouver si les intestins sortis sans perforation laissent en vie, il égorge le fils devant le père — afin que celui-ci, dans un sanglot, tire ses intestins vers lui et qu'on observe s'il survit.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).