Sougya : La sougya achève les examens de l'oiseau roussi par le feu : Rabbi Yo'hanan fixe que le verdissement (yerakon) invalide pour un rien, comme la perforation ; mais ce critère ne vaut que pour trois organes naturellement rouges — cœur, gésier (korkevan) et foie (kaved). Pour les organes naturellement verts (les intestins fins), c'est le rougissement qui invalide.
Rabbi Mani et Rav Nahman bar Yitshak proposent l'ébouillantage (chelaka) comme épreuve : des verts qui rougissent à la cuisson n'avaient reçu que la fumée (koutra) et sont cachers ; des rouges qui verdissent étaient brûlés et sont tereifa ; mais on ne présume pas un défaut sans preuve. Puis vient une nouvelle mishna : liste des atteintes qui ne rendent PAS l'oiseau tereifa (trachée perforée ou fendue, belette en lieu non fatal, jabot perforé — voire retiré selon Rabbi —, intestins sortis sans perforation, ailes/pattes brisées, plumes arrachées, R.
Yehouda exigeant le duvet). La guemara rapporte l'incident de Rabbi Simai et Rabbi Tzadok à Ono (la matrice retirée, teikou), fixe que le toit du jabot est jugé comme le veshet, enseigne que brouiller les intestins rend tereifa (verset 'Il t'a fait et t'a établi'), donne le derach de Rabbi Meir sur Israël ville complète, et s'achève sur l'anecdote du Romain qui égorgea le fils devant le père tombé du toit.
[On l'examine] avec une paille de blé (gila de-hitta) [que l'on fait glisser sur la membrane du cerveau pour voir si elle s'accroche à une perforation].
Suite de l'examen de la membrane du cerveau (commencé en 56a). On y fait glisser une paille de blé (gila de-hitta) : si elle s'accroche, c'est qu'il y a une perforation, et l'oiseau est tereifa. Rachi renvoie au procédé déjà décrit avec le clou (masmer).
Rav Chizbi a dit : nos oies (avazei didan) sont considérées comme [des] oiseaux d'eau [si leur crâne se brise, même sans que la membrane soit perforée, elles sont tereifa].
Rav Chizbi : nos oies domestiques sont assimilées aux oiseaux d'eau. Conséquence : pour un oiseau d'eau, si le crâne se brise, l'oiseau est tereifa même si la membrane du cerveau n'a pas été perforée — car ces oiseaux sont fragiles.
[La mishna a dit :] '[un oiseau qui] est tombé au feu et [dont les entrailles ont été roussies] : si elles ont verdi — tereifa ; si elles [sont restées] rouges — cacher.' Rabbi Yo'hanan a dit au nom de Rabbi Yossi ben Yehochoua : la mesure de leur verdissement (yerakon) [est] comme la mesure de leur perforation — de même que leur perforation [invalide] d'un rien (be-machehou), de même leur verdissement [invalide] d'un rien.
La mishna (56a) statue sur l'oiseau tombé au feu : entrailles verdies (yerakon, signe que le feu les a brûlées) = tereifa ; restées rouges = cacher. Rabbi Yo'hanan précise : le verdissement invalide pour un rien (be-machehou), exactement comme la perforation d'un organe vital invalide pour un rien.
Rav Yossef fils de Rabbi Yehochoua ben Levi demanda à Rabbi Yehochoua ben Levi : [si] le foie (kaved) a verdi du côté qui fait face aux intestins (bnei meaim) — quoi [le statut] ? Il lui dit : tereifa.
[Mais cela] ne devrait pas être [plus grave] que [le cas où le foie] a été retiré (nittela) [et où la bête reste cachere s'il en reste un kazayit] ! Rava dit : dès lors que le foie a verdi du côté des intestins — il est avéré qu'[elle] est tombée au feu, et [que] les intestins ont été roussis, et [elle est] tereifa.
Question : si le foie verdit sur sa face tournée vers les intestins, est-ce tereifa ? R. Yehochoua ben Levi : oui. Objection de Rav Yossef : un foie retiré (nittel) laisse la bête cachere s'il en reste un kazayit (54a) — pourquoi un foie partiellement verdi serait-il pire ? Réponse de Rava : le verdissement du foie du côté des intestins prouve que ce sont les intestins eux-mêmes qui ont brûlé — l'invalidité vient des intestins, non du foie.
Rabbi Yehochoua ben Levi avait une certaine poule, [qui était tombée au feu] ; il l'envoya devant Rabbi Elazar ha-Kapar [surnommé] beribbi [le distingué de sa génération]. Il lui dit : [ses entrailles] étaient vertes — et il la déclara cachere.
[Rabbi Yehochoua ben Levi objecta :] mais nous avons appris [dans la mishna] : 'verts — invalides' ! [Réponse :] on n'a dit 'verts — invalides' qu'à propos du gésier (korkevan), du cœur (lev) et du foie (kaved).
[C'est] aussi enseigné ainsi [dans une braita] : à propos de quels intestins ont-ils dit [cela] ? — à propos du gésier, du cœur et du foie.
Anecdote : R. Yehochoua ben Levi envoie sa poule à R. Elazar ha-Kapar beribbi (le grand de sa génération), qui la déclare cachere bien que verte. Objection : la mishna dit 'verts = invalides' ! Réponse : cette règle ne vaut que pour les organes naturellement rouges — gésier, cœur, foie — dont le verdissement signale une brûlure. Les intestins fins, eux, sont naturellement verts. Une braita le confirme.
Rabbi Yitshak bar Yossef avait une certaine poule ; il l'envoya devant Rabbi Abahou, et [celui-ci] lui dit : [ses entrailles] étaient rouges, et [pourtant] tereifa. [Rabbi Yitshak bar Yossef objecta :] mais nous avons appris [dans la mishna] : 'rouges — cachers' !
Il lui dit : des [organes] rouges qui ont verdi, et des [organes] verts qui ont rougi — tereifa ; on n'a dit 'rouges — cachers' qu'à propos du cœur, du gésier et du foie.
Cas symétrique : R. Abahou déclare une poule tereifa bien que rouge. La règle 'rouges = cachers' ne vaut que pour les organes naturellement rouges (cœur, gésier, foie). Un organe naturellement vert (les intestins fins) qui a rougi est tereifa — c'est l'inversion de la couleur naturelle qui trahit la brûlure, dans un sens comme dans l'autre.
Rav Chmouel bar Hiya a dit au nom de Rabbi Mani : des [organes] rouges qui ont verdi, et [qu']on a ébouillantés (chalkan), et [qui] sont redevenus rouges — [sont] cachers. Quelle [en est] la raison ? — la fumée (koutra) était entrée en eux [et la chaleur des eaux l'a fait partir].
Rav Nahman bar Yitshak a dit : nous aussi, nous dirons : des [organes] rouges qui n'ont pas verdi, et [qu']on a ébouillantés, et [qui] ont verdi — tereifa. Quelle [en est] la raison ? — leur honte (bahataihou) s'est dévoilée [il est avéré qu'ils étaient brûlés].
Rav Achi a dit : dès lors, qu'un homme ne mange [un oiseau tombé au feu] que [bien] ébouillanté (be-chalka). Mais [il] n'[en est] pas [ainsi] : nous ne présumons pas un défaut (riouta) [sans preuve].
L'ébouillantage (chelaka) comme épreuve. R. Mani : des rouges qui avaient verdi puis rougissent à la cuisson sont cachers — ce n'était que de la fumée (koutra) entrée, partie à la chaleur. R. Nahman bar Yitshak : symétriquement, des rouges restés rouges qui verdissent à la cuisson sont tereifa — leur 'honte se dévoile', preuve qu'ils étaient brûlés. Rav Achi voudrait imposer la cuisson systématique ; mais la guemara rejette : on ne présume pas un défaut sans preuve manifeste.
[La mishna a dit :] '[si] on l'a foulée (derassa), ou [si on l'a] heurtée (tarfa) contre un mur [ou un animal l'a écrasée, et qu'elle a dure un jour entier puis qu'on l'a abattue, elle est cachere].' Rabbi Elazar ben Antigonos a dit au nom de Rabbi Elazar fils de Rabbi Yannai : tant [le cas] de l'une que [le cas] de l'autre requiert un examen [après l'abattage].
La mishna admet comme cacher l'oiseau foulé (derassa) ou heurté (tarfa) contre un mur, s'il a survécu un jour entier (me'et le-'et). R. Elazar ben Antigonos précise : tous ces cas requièrent un examen après l'abattage — même après survie d'un jour — car la colonne vertébrale a pu se briser et la moelle épinière (le hout) se rompre.
MISHNA. Et voici [les atteintes] cacheres chez l'oiseau : [si] la trachée (gargeret) a été perforée, ou qu'elle s'est fendue ; [si] une belette (houlda) [l']a frappé sur la tête, en un lieu qui ne [la] rend pas tereifa ; [si] le jabot (zefek) a été perforé — Rabbi dit : même [s']il a été retiré ; [si] ses intestins (bnei meeha) sont sortis mais n'ont pas été perforés ; [si] ses ailes (gappeha) ont été brisées ; [si] ses pattes (ragleha) ont été brisées ; [si] ses plumes (kenafeha) ont été arrachées.
Rabbi Yehouda dit : si on a ôté le duvet (notza) — [elle est] invalide.
Nouvelle mishna : liste des atteintes qui ne rendent pas l'oiseau tereifa (voir le schéma). Trachée (gargeret) perforée ou fendue (à la différence du veshet, l'oesophage, où un rien invalide) ; belette sur la tête en lieu non fatal ; jabot (zefek) perforé — et Rabbi dit : même retiré ; intestins sortis sans perforation ; ailes ou pattes brisées ; plumes arrachées. R. Yehouda objecte : si l'on a ôté le duvet (notza), elle est invalide.
GEMARA. Nos Maîtres ont enseigné : un fait [advint] avec Rabbi Simai et Rabbi Tzadok, qui allèrent intercaler l'année (le-abber chana) à Lod, et passèrent le chabbat à Ono ; et ils tranchèrent au sujet de la matrice (tarpahat) comme Rabbi [tranche] au sujet du jabot (zefek).
Braita : R. Simai et R. Tzadok, en route pour intercaler l'année (ajouter un mois au calendrier) à Lod, font halte à Ono pour chabbat, et y rendent une décision sur la matrice (tarpahat) d'une bête comme l'avis de Rabbi sur le jabot — c'est-à-dire en l'assimilant à un organe dont le retrait n'invalide pas.
Ils [se le] demandèrent : ont-ils tranché au sujet de la matrice pour interdire (le-issoura), [et] comme Rabbi au sujet du jabot pour permettre (le-hettera) ? Ou peut-être : ont-ils tranché au sujet de la matrice pour permettre, comme Rabbi au sujet du jabot — mais [en réalité] ils ne tiennent pas comme Rabbi au sujet du jabot [lui-même] ?
Cela demeure [non tranché] (teikou).
Dilemme sur le sens de la braita. Soit deux décisions : la matrice interdite (comme R. Tarfon en Sanhédrin 33a, qui donna [la bête] aux chiens) et le jabot permis comme Rabbi (même retiré). Soit une seule : la matrice permise par analogie avec le jabot de Rabbi — mais alors ils ne tiendraient pas réellement comme Rabbi pour le jabot. Teikou : non tranché.
Rabba a dit, et certains disent [que c'est] Rabbi Yehochoua ben Levi : le toit du jabot (gago chel zefek) est jugé comme le veshet (oesophage). Où [est-il] ?
Rav Beivai bar Abaye a dit : tout ce qui s'étire avec lui [avec l'oesophage].
Précision : si le jabot lui-même, perforé, ne rend pas tereifa, son toit (gago chel zefek) en revanche est jugé comme le veshet (oesophage) — donc une perforation d'un rien y rend tereifa. Où commence ce toit ? Rav Beivai bar Abaye : tout ce qui s'étire avec l'oesophage, c'est-à-dire la partie du jabot qui se rétrécit en se prolongeant vers l'oesophage.
[La mishna a dit :] '[si] ses intestins sont sortis [mais n'ont pas été perforés, elle est cachere].' Rabbi Chmouel bar Rav Yitshak a dit : on n'a enseigné [cela] que [dans le cas] où il ne les a pas brouillés (lo hipekh bahen) ; mais [s']il les a brouillés — [elle est] tereifa, car il est écrit : 'Il t'a fait et t'a établi (hou achekha va-yekhonenekha)' (Deut 32:6) — [cela] enseigne que le Saint, béni soit-Il, a créé des [emplacements] établis (kononiyot) dans l'homme, [de sorte] que si l'un d'eux est inversé — [l'homme] ne peut [plus] vivre.
Restriction de la mishna : des intestins sortis et réintroduits ne laissent l'oiseau cacher que si on ne les a pas brouillés (lo hipekh bahen) — chacun a sa place. S'il les a brouillés (interverti haut/bas), c'est tereifa, car le verset 'Il t'a fait et t'a établi' (Deut 32:6) enseigne que Dieu a fixé à chaque organe un emplacement (kononiyot) : un organe déplacé, et la créature ne peut plus vivre.
[Une braita] est enseignée : Rabbi Meir disait : 'Il t'a fait et t'a établi (hou achekha va-yekhonenekha)' — [Israël est comme] une grande ville (kerakh) où tout se trouve : d'elle [sortent] ses prêtres (kohanim), d'elle ses prophètes (neviim), d'elle ses chefs (sarim), d'elle ses rois (melakhim), ainsi qu'il est dit : 'd'eux [sortira] l'angle (pinna), d'eux le piquet (yated), etc.' (Zacharie 10:4).
Drach homilétique de R. Meir sur le même verset : 'Il t'a établi' enseigne qu'Israël est une grande ville complète (kerakh de-koula beh) — il tire de lui-même tous ses dignitaires : prêtres, prophètes, chefs, rois — et non d'un autre peuple, comme l'illustre Zacharie 10:4 ('d'eux l'angle, d'eux le piquet').
Un certain Romain (Romaa) qui vit un certain homme tomber du toit à terre — son ventre creva (paka'eh karseh) et ses intestins (meayanav) sortirent ; il amena son fils et l'égorgea devant lui [devant le père]
Anecdote finale (qui se poursuit en 57a) : un Romain voit un homme tomber d'un toit, le ventre crevé, intestins sortis. Pour éprouver si les intestins sortis sans perforation laissent en vie, il égorge le fils devant le père — afin que celui-ci, dans un sanglot, tire ses intestins vers lui et qu'on observe s'il survit.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).