Chullin 61b — d'où l'on apprend qu'un oiseau à un seul siman est permis : nesher contre pères, ozniya et corbeau

Chullin 61b

Sougya : Poursuite de la sougya sur les simanim (signes de pureté) des oiseaux. La Guemara cherche la source qui fixe le statut d'un oiseau ne portant qu'un seul siman casher.

Faut-il dériver du corbeau (orev, qui a deux simanim et reste interdit) ou du pères et de l'ozniya (un siman chacun, interdits) qu'un oiseau à un seul siman est interdit ? Ou bien dériver du nesher (l'aigle, qui n'a aucun siman) que seul un oiseau totalement dépourvu de siman est interdit, et qu'à un siman on mange ?

Chaque dérivation est confrontée à une mention de la Torah qui deviendrait superflue. Le pivot est la règle 'deux écrits qui viennent comme un n'enseignent pas' (chenei ketouvim ha-baim ke-ehad ein melamdin) : le pères et l'ozniya, puis les vingt-quatre oiseaux impurs, répètent la même leçon et ne peuvent servir de source ; mais comme un siman ne figure qu'une seule fois, on aurait pu l'en dériver, [aussi] la Torah écrit 'nesher' pour interdire cette dérivation.

La Guemara fixe le compte : vingt-quatre oiseaux impurs, quatre simanim, trois qui reviennent partout. Enfin, si l'on apprend du nesher qu'à un siman on mange, pourquoi la Torah mentionne-t-elle les tourterelles (torin) ?

Rav Oukva bar Hama répond : pour le sacrifice (korban), seules elles y étant aptes.

D'où dérive-t-on le statut d'un oiseau à UN seul siman ? le nesher n'a aucun siman ; le pères et l'ozniya en ont un chacun ; le corbeau en a deux Dériver du pères / ozniya (1 siman) ou du corbeau (2) un oiseau à un seul siman serait INTERDIT (à fortiori celui qui en a un, s'ils sont interdits à deux) -> mais alors pères, ozniya, nesher seraient superflus Dériver du nesher (aucun siman) seul le nesher, sans aucun siman, est interdit un oiseau qui a même un seul siman : PERMIS -> sauf les espèces explicitement nommées Pourquoi le nesher l'emporte : deux écrits qui viennent comme un n'enseignent pas pères + ozniya (et les 24 oiseaux impurs) répètent la même leçon -> ne servent pas de source. Mais un siman ne figure qu'UNE seule fois (dans le pères OU l'ozniya) : on aurait pu en dériver. La Torah écrit donc 'nesher' pour interdire cette dérivation : à un siman, on mange.
Le coeur de la sougya : dériver du pères/ozniya/corbeau (un siman interdit) ou du nesher (un siman permis), et pourquoi 'nesher' l'emporte par la règle des deux écrits qui viennent comme un.
Le compte des 24 oiseaux impurs et des 4 simanim (segment 5) 20 oiseaux trois simanim chacun (parmi les trois qui reviennent partout) Corbeau (orev) deux simanim (deux des trois qui reviennent) Pères + ozniya un siman chacun l'un porte le 4e siman, absent des 23 autres ce siman n'est dit qu'une fois Ce siman unique aurait pu fonder un interdit -> la Torah écrit 'nesher' pour l'écarter : à un siman, permis.
Le compte du segment 5 : 24 oiseaux impurs, 4 simanim, dont trois reviennent partout ; le quatrième siman, porté une seule fois, aurait pu fonder un interdit, écarté par 'nesher'.
1
ולילף מעורב: מה התם תרי לא, אף כל תרי לא? אם כן, פרס ועזניה דכתב רחמנא למה לי? השתא דאית ליה תרי לא אכלינן, דאית ליה חד מיבעיא!

Et qu'on dérive plutôt du corbeau (orev) : de même que là, [un oiseau a] deux [simanim n'est] pas [casher], de même tout [oiseau a] deux [simanim n'est] pas [casher] ! [Réponse :] s'il en est ainsi, le pères et l'ozniya que le Miséricordieux a écrits, pourquoi me [faut-il] ?

Maintenant que [celui] qui a deux [simanim], nous ne [le] mangeons pas, [celui] qui en a un [seul], est-ce à [se] demander [s'il est interdit] ! [Donc au contraire : celui qui a un seul siman est casher, hormis ceux que la Torah a explicitement interdits.]

📜 Rachi (2)
א"כ דמעזניה בעינן למילף למה לי דכתב נשר אלא מדכתביה ש"מ לא תילף מעזניה ושאר עופות הבאים בסימן אחד שאינן מין פרס ועזניה טהור דמנשר תילף דלית ליה כלל לא תיכול הא אית ליה חד אכול וכ"ש תרי ותלתא חוץ מעזניה ופרס דלא תכשרינהו בחד ועורב נמי אע"ג דאית ליה תרי לא תיכול ושאר עופות המפורשין אע"ג דאית להו תלתא לא דלהכי פרט בהו קרא משום דאתו מנשר להיתירא:
S'il en est ainsi — que c'est de l'ozniya que nous voulons dériver, pourquoi me [faut-il] que [la Torah] écrive 'nesher' ? Plutôt, du fait qu'elle l'a écrit, infère-[s'en] : ne dérive pas de l'ozniya — [à savoir] que les autres oiseaux qui se présentent avec un seul siman, [lorsqu']ils ne sont pas de l'espèce du pères et de l'ozniya, [sont] purs ; car du nesher tu dériverais [que celui] qui n'[a] aucun [siman], ne le mange pas, [tandis que celui] qui a un [siman], mange ; et à plus forte raison [celui qui en a] deux ou trois, hormis l'ozniya et le pères que tu ne déclareras pas casher pour [leur] un [siman]. Et le corbeau aussi, bien qu'il ait deux [simanim], ne [le] mange pas ; et les autres oiseaux explicités, bien qu'ils aient trois [simanim, ne les mange] pas — car c'est pour cela que le verset les a détaillés : parce qu'ils [pourraient] être dérivés du nesher pour [le] permis.
אלא טעמא דכתב רחמנא נשר משום הכי קים להו דסימן אחד טהור:
Plutôt, la raison [pour laquelle] le Miséricordieux a écrit 'nesher' — c'est pour cela qu'il leur est établi qu'à un seul siman [l'oiseau est] pur.
🗂️ Tossefot (1)
ונילף מעורב הוי מצי למימר אם כן למינו למה לי:
Et qu'on dérive du corbeau — il aurait pu dire [aussi] : s'il en est ainsi, 'selon son espèce' [à propos du corbeau], pourquoi me [faut-il] ?
💡 Explication

La Guemara cherche la source du statut de l'oiseau à un seul siman (signe de pureté). Première piste : dériver du corbeau (orev), qui a deux simanim et reste interdit -> donc tout oiseau à deux simanim serait interdit. Objection : si même deux simanim n'autorisent pas, alors le pères et l'ozniya (qui n'ont qu'un siman) seraient superflus ; leur mention prouve l'inverse -> à un seul siman, l'oiseau est casher, sauf les espèces nommément interdites.

🖼️ Schéma
D'où dérive-t-on le statut d'un oiseau à UN seul siman ? le nesher n'a aucun siman ; le pères et l'ozniya en ont un chacun ; le corbeau en a deux Dériver du pères / ozniya (1 siman) ou du corbeau (2) un oiseau à un seul siman serait INTERDIT (à fortiori celui qui en a un, s'ils sont interdits à deux) -> mais alors pères, ozniya, nesher seraient superflus Dériver du nesher (aucun siman) seul le nesher, sans aucun siman, est interdit un oiseau qui a même un seul siman : PERMIS -> sauf les espèces explicitement nommées Pourquoi le nesher l'emporte : deux écrits qui viennent comme un n'enseignent pas pères + ozniya (et les 24 oiseaux impurs) répètent la même leçon -> ne servent pas de source. Mais un siman ne figure qu'UNE seule fois (dans le pères OU l'ozniya) : on aurait pu en dériver. La Torah écrit donc 'nesher' pour interdire cette dérivation : à un siman, on mange.
Les deux voies de dérivation (pères/ozniya/corbeau -> interdit ; nesher -> permis) et la règle des deux écrits qui viennent comme un.
2
וניגמר מפרס ועזניה? אם כן, נשר דכתב רחמנא למה לי? השתא דאית ליה חד לא אכלינן, דלית ליה כלל מיבעיא! אלא נשר דלית ליה כלל – הוא דלא תיכול, הא דאית ליה חד – אכול.

Et qu'on apprenne [plutôt] du pères et de l'ozniya [qu'un oiseau à un seul siman est interdit] ? [Réponse :] s'il en est ainsi, le nesher que le Miséricordieux a écrit, pourquoi me [faut-il] ?

Maintenant que [celui] qui a un [siman], nous ne [le] mangeons pas, [celui] qui n'[a] aucun [siman], est-ce à [se] demander [s'il est interdit] ! Plutôt, le nesher qui n'[a] aucun [siman] — c'est lui que tu ne mangeras pas ; mais [celui] qui a un [siman] — mange.

💡 Explication

Deuxième piste : dériver directement du pères et de l'ozniya (un siman chacun, interdits) qu'un oiseau à un seul siman est interdit. Objection : si tel était le cas, la mention du nesher (aucun siman) serait superflue, puisque à fortiori interdit. Donc le nesher enseigne l'inverse : seul ce qui n'a aucun siman est interdit ; à un siman, on mange.

3
ואלא, טעמא דכתב רחמנא נשר, הא לאו הכי הוה אמינא: לילף מפרס ועזניה? הוה ליה פרס ועזניה שני כתובין הבאין כאחד, ושני כתובין הבאין כאחד אין מלמדין.

Et alors, la raison [est] que le Miséricordieux a écrit 'nesher' ; [mais] sans cela j'aurais dit : dérive du pères et de l'ozniya [qu'un oiseau à un seul siman est interdit] ? [Réponse :] le pères et l'ozniya sont deux écrits qui viennent comme un, et deux écrits qui viennent comme un n'enseignent pas.

📜 Rachi (2)
הא לאו הכי הוה אמינא לילף מפרס ועזניה דלא תכשריה בסימן אחד:
Sans cela, j'aurais dit : dérive du pères et de l'ozniya — [à savoir] que tu ne le déclares pas casher pour un seul siman.
אין מלמדין דאי בחד סימן אתי לאורויי ולמילף מיניה דטמא ליכתוב חד וליתי אידך מיניה:
N'enseignent pas — car si l'on [voulait] enseigner [à partir] d'un seul siman et en dériver [que l'oiseau est] impur, [la Torah] écrirait un [seul cas] et l'autre en serait dérivé.
💡 Explication

La Guemara presse : ainsi, c'est uniquement parce que la Torah écrit 'nesher' qu'on permet un oiseau à un siman ; sans cela, on aurait dérivé l'interdit du pères et de l'ozniya. Réponse : non, car le pères et l'ozniya sont deux écrits qui viennent comme un (chenei ketouvim ha-baim ke-ehad) — ils enseignent la même chose — et deux écrits qui viennent comme un n'enseignent pas [de principe général].

4
גמירי, דאיכא בהאי ליכא בהאי, ודאיכא בהאי ליכא בהאי.

[Mais] on tient par tradition (guemiri) que [le siman] qui est dans celui-ci [le pères] n'est pas dans celui-là [l'ozniya], et que [le siman] qui est dans celui-là n'est pas dans celui-ci. [Donc ce ne sont pas deux écrits qui viennent comme un, et l'on aurait pu en dériver ; aussi la Torah a-t-elle écrit 'nesher'.]

📜 Rachi (1)
דאיכא בהאי ליכא בהאי אותו סימן שישנו בזה אינו בזה הלכך לאו שני כתובין הבאין כאחד נינהו דהא מיצרך צריכי דאי כתיב פרס הוה אמינא בהאי סימנא הוא דלא תיכול אבל בסימנא דעזניה אכול להכי איצטריך עזניה ואי כתב עזניה פרס לא אתי מיניה וכיון דתרוייהו צריכי הוה אמינא נילף מינייהו דבסימן אחד לא תיכול כתב רחמנא נשר:
[Le siman] qui est dans celui-ci n'est pas dans celui-là — le siman qui est dans celui-ci n'est pas dans celui-là ; dès lors ce ne sont pas deux écrits qui viennent comme un, car ils sont [chacun] nécessaires : si [la Torah] avait écrit [seulement le] pères, j'aurais dit [que] c'est avec ce siman-[ci] que tu ne manges pas, mais avec le siman de l'ozniya, mange — c'est pourquoi l'ozniya était nécessaire ; et si elle avait écrit [l']ozniya, le pères n'en serait pas dérivé. Et puisque les deux [sont] nécessaires, j'aurais dit : dérivons d'eux qu'à un seul siman tu ne manges pas — [aussi] le Miséricordieux a-t-il écrit 'nesher'.
💡 Explication

Objection : on a une tradition (guemiri) que le siman du pères diffère de celui de l'ozniya. Ce ne sont donc pas deux écrits identiques : chacun est nécessaire en propre (sans le pères on ne saurait rien de son siman, et réciproquement). Dès lors on aurait pu en dériver qu'à un siman l'oiseau est interdit -> c'est pourquoi la Torah écrit 'nesher' pour écarter cette dérivation.

5
מכדי עשרים וארבעה עופות טמאים הוו, אי אפשר דחד דאיכא בהנך ליכא בהני, והוו להו שני כתובים הבאים כאחד.

Or, puisqu'il y a vingt-quatre oiseaux impurs, il est impossible qu'un [siman] qui est dans ceux-ci [le pères et l'ozniya] ne soit pas dans ceux-là [les vingt-deux autres] ; [aussi] ils sont [bien] deux écrits qui viennent comme un [et l'on ne pourrait pas en dériver].

📜 Rachi (1)
מכדי כ"ד עופות טמאין הן ובכולהו איכא ג' סימני טהרה בר מעורב ואי אפשר דהאי דאיתיה בפרס ליתיה בחד מהני והאי דאיתיה בעזניה ליתיה בחד מהני וכתב לן תרי זימני בכל חד דלא תיכליה בההוא סימנא והוו להו ב' כתובין הבאין כאחד ואין מלמדין לשאר עופות הבאין לפניו דלא תיכליה בחד מהני תרי סימני וכיון דאין מלמדין מנא תיתי לן איסורא דאיצטריך נשר למישרייה:
Or, puisqu'il y a vingt-quatre oiseaux impurs — et en tous il y a trois simanim de pureté, hormis le corbeau ; et il est impossible que ce [siman] qui est dans le pères ne soit dans aucun de ceux-ci, et que ce [siman] qui est dans l'ozniya ne soit dans aucun de ceux-ci ; [la Torah] nous a [donc] écrit deux fois pour chacun [à savoir] que tu ne le manges pas avec ce siman-là, et ils sont [donc] deux écrits qui viennent comme un, [qui] n'enseignent pas aux autres oiseaux qui se présentent devant lui [à savoir] que tu ne le manges pas avec l'un de ces deux simanim ; et puisqu'ils n'enseignent pas, d'où nous viendrait l'interdit qui requiert [que] le nesher [vienne] le permettre ?
🗂️ Tossefot (1)
מכדי כ"ד עופות טמאים הם ובכולהו איכא ג' סימני טהרה בר מעורב ואי אפשר דהאי דאיתיה בפרס ליתיה בחד מהני והאי דאיתא בעזניה נמי ליתיה בהני וכתב לן תרי זימנין כל חד וחד דלא תיכליה בהאי סימנא והוה ליה ב' כתובים הבאים כאחד ואין מלמדין לשאר עופות הבאין לפנינו דלא תיכליה בחד מהני תרי סימנים וכיון דאין מלמדין מנא לן איסורא דאיצטריך נשר למשרייה כך פירש בקונטרס וא"ת והא אכתי איצטריך נשר להתיר אותו סימן שלישי דליתיה לא בפרס ולא בעזניה אלא בי"ט לחודייהו דה"א דאסור דהא השתא בתלתא לא אכלינן באותו סימן לחודיה מיבעיא נהי דלא הוה אסרינן בחד מהני תרי סימנים דאיתנהו בפרס ועזניה משום דהוו ב' כתובין הבאין כאחד כיון דאיתנהו בי"ט עופות מ"מ באותו סימן שלישי הייתי אוסר ואי ה"א דאותו שלישי הוא בעורב הוה ניחא דהשתא נמי הוו ב' כתובים עורב וי"ט עופות ומיהו בלאו הכי לא קשה מידי דמנין היה לי לאסור באותו סימן שלישי דמי"ט עופות לא ילפינן כלל לא במה מצינו ולא בק"ו דהוו להו י"ט כתובין הבאין כאחד ואין מלמדין ומסיק דחד מהנך תלתא דהדרי בכולהו איתיה או בפרס או בעזניה והרביעי ישנו בחבירו נמצא שסימן זה לא נאמר אלא פעם אחת מהו דתימא דנילף מיניה לאסור עוף הבא בסימן אחד באחד מן הסימנין הללו דהא לא ידעינן מאי ניהו ההוא סימן דאיכתיב לחודיה למילף מיניה להכי אתא נשר למימר האי הוא דלית ליה כלל טמא הא בעוף הבא בסימן אחד טהור כך פירש בקונטרס ובחנם פי' דלא ידעינן ליה מאי ניהו ההוא סימן דאיכתיב לחודיה למילף מיניה דאפילו ידעינן ליה כדפרישית שהיו מכירים שלך ותנשמת וכוס וינשוף מ"מ איצטריך נשר למימר דלא ילפינן מיניה לאסור בההוא סימן וא"ת והיכי הוה מצי למילף מהאי דאית ביה סימן החדש לאסור בסימן אחד כזה א"כ למה לי דכתב רחמנא ההוא דאית ביה חד מהני ג' סימנין דהדרי בכולהו השתא בתלתא לא אכלינן בחד מיבעיא אלא ודאי להכי כתיב סימן הישן בחד מהנך לומר דלא תילף גם מן החדש ולעשות שני כתובין דלגופיה לא איצטריך דאתי מק"ו מי"ט עופות לאו פירכא היא דמהנהו לא ילפינן כלל דכולהו חשיבי מי"ט כתובים הבאים כאחד כדפרישית ולהכי פרטיה רחמנא לההוא דאית ביה חד סימן מהנך ג' סימנין של י"ט עופות ולהכי נמי פרט לעורב דלא ילפינן מיניה כלל ואכלינן בכל חד מהנך ג' סימנין וא"ת ומאחר דמי"ט עופות לא גמרינן ולכך צריך למיכתב חד דאית ביה חד מסימנייהו א"כ נילף מיניה מההוא אחד דצריך למיכתביה ביה דעתה אינן ב' כתובים כיון דצריך למיכתביה וי"ל דלא שייך למילף מיניה כלל דהא לא גמרינן מי"ט עופות מכל אותן היתרים על שנים הראשונים הכתובים משום דאצטריך קרא למכתבינהו דלא מצינו למילפינהו משנים הראשונים דהוו ב' כתובים הבאים כאחד הכי נמי ליכא למילף מיניה והרי הן השתא ב' כתובים הבאים כאחד שאותו סימן כתוב עשרים זימנין ועוד יש לומר כל הסוגיא בענין אחר דמתחלה חישב פרס ועזניה ב' כתובים הבאים כאחד כלומר משום דאי מינייהו ילפינן לטמא בסימן אחד א"כ לישתוק או מפרס או מעזניה ומחד הוה ילפינן דעוף הבא בסימן אחד טמא וה"ה לחבירו וכי תימא אי לא כתיב אלא פרס הוה אמינא באותו סימן שישנו בפרס טמא אבל בעזניה שיש בו סימן אחר אימא דאותו סימן הוי סימן חשוב וטהור באותו סימן גרידא הא כיון דאותו סימן הוי בשאר י"ט עופות א"כ אינו חשוב לטהר בפני עצמו דכי איכא תרי בהדיה (הדדי) הוי טמא כל שכן הוא בפני עצמו ולא היה צריך למכתב עזניה וילפינן לה מפרס אלא להכי כתביה למימר דהוו ב' כתובים הבאים כאחד ואין מלמדין ומשני דאיכא סימן אחד בפרס או בעזניה דליתיה בי"ט עופות והשתא לא הוו ב' כתובים דכי ילפת לטמא בסימן אחד מאותו סימן שיש בי"ט עופות לא מצי למימר אידך דכתב רחמנא למה לי דאיצטריך משום אותו סימן חדש דה"א שהוא סימן חשוב יותר לטהר דליתיה בשום עוף טמא אבל מההוא ודאי שיש בו סימן החדש לא הוה ילפינן לטמא בסימן אחד דא"כ אותו שיש בו סימן שבי"ט עופות למה לי דאותו אינו חשוב יותר לטהר ומיהו קשה דאי מאותו שיש בו סימן אחד של י"ט עופות ילפת לטמא עוף הבא בסימן אחד לא ליכתוב כלל אלא סימן החדש והוה ילפינן מיניה דכל עוף הבא באותו סימן טמא וכ"ש באחד משאר ג' סימנין דלא מהני בשאר עופות ופי' הקונטרס עיקר ומיהו קשה לפי' הקונטרס דלמה חשיב ב' כתובים אותו שסימן טהרה שלו מי"ט עופות ושבחד מהנך ומה בכך דילמא אתי ללמד על עצמו ועל כיוצא בו שיש לו אחד מג' סימני טהרה דטמאים דמי"ט עופות לא הוה אתי דכולהו כי"ט כתובים הבאים כאחד ולא דמו כלל לאותן היתרים על שנים הראשונים של י"ט עופות דאע"ג דצריכי לגופייהו דלא ילפינן מינייהו היינו משום דאם איתא דילפינן מינייהו לא ליכתוב אלא חד ומשאר כולהו לישתוק אבל הכא מאי לישתוק אי לא כתיב חד דאיתיה בפרס או בעזניה לא יליף מי"ט משום דהוו י"ט כתובין הבאין כאחד ואי כתיב חד דאיתיה בפרס או בעזניה ולא כתיב הני י"ט א"כ הוה אמינא דוקא בחד סימן אסירא אבל שנים או שלשה שרו ולהכי צריכי תרוייהו ולעולם נילף מסימן היחידי דאיתיה בפרס או בעזניה ולא דמי כלל לאותם י"ט גופייהו היתרים על השנים דהם שוים כולם ואם איתא דילפינן מינייהו לישתוק מכולהו ולא ליכתוב אלא חד:
Or, puisqu'il y a vingt-quatre oiseaux impurs — et en tous il y a trois simanim de pureté, hormis le corbeau ; et il est impossible que ce [siman] qui est dans le pères ne soit dans aucun de ceux-ci, et que ce [siman] qui est dans l'ozniya non plus ne soit dans ceux-ci ; et [la Torah] nous a écrit deux fois chacun [à savoir] que tu ne le manges pas avec ce siman-[ci], et ils sont [donc] deux écrits qui viennent comme un, [qui] n'enseignent pas aux autres oiseaux qui se présentent devant nous [à savoir] que tu ne le manges pas avec l'un de ces deux simanim ; et puisqu'ils n'enseignent pas, d'où nous viendrait l'interdit qui requiert [que] le nesher [vienne] le permettre ? Ainsi a expliqué le Maître [Rachi]. Et si tu objectes : mais le nesher est encore nécessaire pour permettre ce troisième siman qui n'est ni dans le pères ni dans l'ozniya, mais dans les dix-neuf [autres] oiseaux seulement ! car j'aurais dit qu'[avec lui c'est] interdit, puisque maintenant [même avec] trois [simanim] nous ne mangeons pas, [à plus forte raison] avec ce siman seul est-ce à [se] demander ! [Réponse :] bien que nous n'aurions pas interdit avec l'un de ces deux simanim qui sont dans le pères et l'ozniya — parce qu'ils sont deux écrits qui viennent comme un — puisqu'ils sont dans les dix-neuf oiseaux, néanmoins avec ce troisième siman j'aurais interdit. Et si tu disais que ce troisième [siman] est dans le corbeau, [cela] serait commode, car maintenant aussi ils [seraient] deux écrits — le corbeau et les dix-neuf oiseaux. Mais sans même cela, [il n'y a] aucune difficulté : d'où aurais-je interdit avec ce troisième siman ? car des dix-neuf oiseaux nous ne dérivons rien du tout, ni par 'là où nous avons trouvé' (bema matzinou) ni par à fortiori (kal va-homer), car ils sont dix-neuf écrits qui viennent comme un, [qui] n'enseignent pas. Et [la Guemara] conclut [que] l'un de ces trois [simanim] qui reviennent dans tous est ou dans le pères ou dans l'ozniya, et le quatrième est dans l'autre ; il se trouve que ce siman[-là] n'est dit qu'une seule fois. Ne diras-tu pas [que] nous en dérivons [à savoir] d'interdire un oiseau qui se présente avec un [seul] siman, l'un de ces simanim-[là] ? car nous ne savons pas quel est ce siman écrit seul, pour en dériver — [aussi] le nesher est-il venu dire [que] c'est lui [le nesher] qui n'[a] aucun [siman et qui est] impur, mais [qu']un oiseau qui se présente avec un [seul] siman [est] pur. Ainsi a expliqué le Maître [Rachi]. Et c'est en vain qu'il a expliqué [que] nous ne savons pas quel est ce siman écrit seul pour en dériver ; car même si nous le savions — comme je [l']ai expliqué : qu'ils reconnaissaient le chalakh, le tinchemet, le kos et le yanchouf — il faut néanmoins [que] le nesher [vienne] dire [que] nous n'en dérivons pas pour interdire avec ce siman. Et si tu objectes : et comment aurais-je pu dériver de celui qui a en lui le siman nouveau, pour interdire avec un seul siman semblable ? — s'il en est ainsi, pourquoi me [faut-il] que le Miséricordieux ait écrit celui qui a en lui l'un de ces trois simanim qui reviennent dans tous ? Maintenant [qu'avec] trois nous ne mangeons pas, [avec] un [seul] est-ce à [se] demander ! Plutôt, assurément, c'est pour cela [que la Torah] a écrit le siman ancien dans l'un de ceux-là : pour dire de ne pas dériver [non plus] du [siman] nouveau, et [pour] en faire deux écrits ; car pour lui-même il n'était pas nécessaire, étant dérivé par à fortiori des dix-neuf oiseaux — [ce qui] n'est pas une réfutation, car d'eux nous ne dérivons rien du tout, tous étant comptés comme dix-neuf écrits qui viennent comme un, ainsi que je [l']ai expliqué. Et c'est pour cela que le Miséricordieux a détaillé celui qui a en lui un seul siman de ces trois simanim des dix-neuf oiseaux ; et c'est pour cela aussi qu'il a détaillé le corbeau, [à savoir] que nous n'en dérivons rien du tout, et que nous mangeons [un oiseau] avec chacun de ces trois simanim. Et si tu objectes : puisque des dix-neuf oiseaux nous ne dérivons pas, et que c'est pour cela qu'il faut écrire un [oiseau] qui a en lui un de leurs simanim, alors dérive de cet un[-la] qu'il a fallu écrire ! car maintenant ce ne sont pas [deux] écrits, puisqu'il a fallu l'écrire. [Réponse :] et l'on peut dire qu'il n'y a aucun lieu d'en dériver, car nous ne dérivons pas des dix-neuf oiseaux, [ni] d'aucun de ces [simanim] surnuméraires au-delà des deux premiers écrits, parce qu'il a fallu que le verset les écrive, n'ayant pu les dériver des deux premiers, [lesquels sont] deux écrits qui viennent comme un. De même ici, il n'y a pas lieu d'en dériver, et ils sont désormais deux écrits qui viennent comme un, ce siman étant écrit vingt fois. Et l'on peut encore expliquer toute la sougya autrement : au départ [la Guemara] comptait le pères et l'ozniya [comme] deux écrits qui viennent comme un, c'est-à-dire que, puisque c'est d'eux que nous dérivons d'interdire avec un seul siman, alors [la Torah] aurait dû taire ou le pères ou l'ozniya, et de l'un [seul] nous aurions dérivé qu'un oiseau qui se présente avec un seul siman [est] impur, et il en va de même pour son compagnon. Et si tu disais : si [la Torah] n'avait écrit que le pères, j'aurais dit [qu']avec ce siman qui est dans le pères [c'est] impur, mais [qu']avec l'ozniya qui a un autre siman, dis que ce siman[-là] est un siman important et [que l'oiseau est] pur avec ce siman seul — [à cela on répond :] puisque ce siman est dans les autres dix-neuf oiseaux, il n'est donc pas important au point de purifier par lui-même, car lorsqu'il y a deux [autres simanim] avec lui [l'oiseau est] impur, [donc] à plus forte raison lui[-même] seul ; et il n'était pas nécessaire d'écrire l'ozniya, et nous l'aurions dérivée du pères — plutôt c'est pour cela [qu'elle] l'a écrite : pour dire qu'ils sont deux écrits qui viennent comme un, [qui] n'enseignent pas. Et [la Guemara] répond [qu']il y a un siman dans le pères ou dans l'ozniya qui n'est pas dans les dix-neuf oiseaux, et alors ce ne sont plus deux écrits ; car lorsque tu dérives d'interdire avec un seul siman [à partir] de ce siman qui est dans les dix-neuf oiseaux, l'autre que le Miséricordieux a écrit ne saurait [te] faire dire 'pourquoi me [faut-il] ?', car il était nécessaire à cause de ce siman nouveau, dont j'aurais dit [qu']il est un siman plus important pour purifier, n'étant dans aucun oiseau impur ; mais de celui[-là] assurément, qui a en lui le siman nouveau, nous n'aurions pas dérivé d'interdire avec un seul siman, car s'il en était ainsi, celui qui a en lui un siman des dix-neuf oiseaux, pourquoi me [faut-il] ? — celui[-là] n'étant pas plus important pour purifier. Mais [il reste] difficile : car si c'est de celui qui a en lui un siman des dix-neuf oiseaux que tu dérives d'interdire un oiseau qui se présente avec un seul siman, qu'[elle] n'écrive pas du tout [le pères ou l'ozniya], mais [seulement] le siman nouveau, et nous en aurions dérivé que tout oiseau qui se présente avec ce siman[-là] [est] impur, et à plus forte raison avec l'un des trois autres simanim, qui ne profitent pas aux autres oiseaux. Et l'explication du Maître [Rachi est] l'essentiel. Et néanmoins [il reste] difficile selon l'explication du Maître : pourquoi compte-t-il [comme] deux écrits celui dont le siman de pureté [provient] des dix-neuf oiseaux et [celui] qui est dans l'un de ceux-là, et qu'importe ? peut-être vient-il enseigner sur lui-même et sur son semblable qui a l'un des trois simanim de pureté [à savoir] qu'ils [sont] impurs ! car des dix-neuf oiseaux il ne viendrait pas [l'enseigner], puisqu'ils sont [comme] dix-neuf écrits qui viennent comme un, et ne ressemblent en rien à ces [simanim] surnuméraires au-delà des deux premiers des dix-neuf oiseaux ; car bien qu'ils [soient] nécessaires pour eux-mêmes — du fait que nous n'en dérivons pas — c'est parce que, s'il était [vrai] que nous en dérivions, [la Torah] n'aurait écrit qu'un [seul] et se serait tue [sur] tout le reste ; mais ici, que [pourrait-elle] taire ? si elle n'écrit pas un [oiseau] qui est dans le pères ou dans l'ozniya, on ne dériverait pas des dix-neuf, parce qu'ils sont dix-neuf écrits qui viennent comme un ; et si elle écrit un [oiseau] qui est dans le pères ou dans l'ozniya et n'écrit pas ces dix-neuf, alors j'aurais dit [que] c'est précisément avec un seul siman [que c'est] interdit, mais [qu'avec] deux ou trois [c'est] permis — c'est pourquoi les deux [sont] nécessaires ; et toujours nous dérivons du siman unique qui est dans le pères ou dans l'ozniya, et [cela] ne ressemble en rien à ces dix-neuf [oiseaux] eux-mêmes, surnuméraires au-delà des deux [premiers], car ils sont tous égaux, et s'il était [vrai] que nous en dérivions, [la Torah] se serait tue [sur] tous et n'aurait écrit qu'un [seul].
💡 Explication

La Guemara persiste : il y a au total vingt-quatre oiseaux impurs, tous portant trois simanim (sauf le corbeau). Il est impossible que le siman du pères (ou de l'ozniya) ne se retrouve pas chez les autres. Donc la leçon est répétée de multiples fois : on a bien deux écrits qui viennent comme un, dont on ne peut rien dériver ; et alors la mention du nesher redevient superflue.

6
גמירי: עשרים וארבעה עופות טמאים הוו, וארבעה סימנין. תלתא הדרי בכולהו, עשרים מהם שלשה שלשה, ותרי בעורב, חד בפרס וחד בעזניה, דאיתיה בהא ליתיה בהא. מהו דתימא ליליף מיניה – כתב רחמנא ״נשר״, נשר דלית ליה כלל הוא דלא תיכול, הא איכא דאית ליה חד – אכול.

[Plutôt,] on tient par tradition (guemiri) : il y a vingt-quatre oiseaux impurs, et quatre simanim. Trois reviennent dans tous : vingt d'entre eux [ont] trois [simanim] chacun, et deux [sont] dans le corbeau, un dans le pères et un dans l'ozniya — [le siman] qui est dans celui-ci n'est pas dans celui-là.

Au cas où tu dirais : dérive-[s'en] [qu'un oiseau a un seul siman est interdit] — le Miséricordieux a écrit 'nesher' : le nesher qui n'[a] aucun [siman] — c'est lui que tu ne mangeras pas ; mais [s']il y a [un oiseau] qui a un [siman] — mange.

📜 Rachi (2)
תלתא הדרי בכולהו השלשה חוזרין בכולן כלומר כולן בין מין שיש לו שלשה דהיינו עשרים מינייהו ובין עורב דיש לו ב' אותן ב' מאלו שלשה הן והרביעי אינו כאחד מכל שלשה סימנין המנויין החוזרים בהם וחד מהנך שלשה איתיה אי בפרס אי בעזניה והרביעי ישנו בחבירו ונמצא שסימן זה לא נאמר אלא פעם אחת:
Trois reviennent dans tous — les trois reviennent dans tous, c'est-à-dire [dans] tous, qu'il s'agisse de l'espèce qui a trois [simanim] — soit vingt d'entre eux — ou du corbeau qui en a deux : ces deux[-là] font partie de ces trois simanim. Et le quatrième n'est [identique à] aucun des trois simanim énumérés qui reviennent en eux ; et l'un de ces trois est ou dans le pères ou dans l'ozniya, et le quatrième est dans l'autre. Il se trouve que ce siman[-là] n'est dit qu'une seule fois.
מהו דתימא נילף מיניה לאסור עוף הבא בסימן אחד באיזה מכל הסימנים הללו דהא לא ידעו מאי ניהו ההוא סימנא דאיכתב לחודיה למילף מיניה להכי אתא נשר למימרא האי הוא דלית ליה כלל הא עוף הבא בסימן אחד טהור:
Au cas où tu dirais : dérive-[s'en] — pour interdire un oiseau qui se présente avec un [seul] siman, [avec] l'un quelconque de ces simanim ; car ils ne savaient pas quel est ce siman écrit seul, pour en dériver — [aussi] le nesher est-il venu dire [que] c'est lui qui n'[a] aucun [siman, et qu'au contraire] un oiseau qui se présente avec un [seul] siman [est] pur.
💡 Explication

Résolution par le compte traditionnel (voir le schéma). Il y a vingt-quatre oiseaux impurs et quatre simanim. Trois simanim reviennent partout : vingt oiseaux en ont trois chacun, le corbeau en a deux, et les deux derniers (le quatrième siman et un des trois) se répartissent entre pères et ozniya. Ce quatrième siman ne figure donc qu'une seule fois : on aurait pu en dériver un interdit -> la Torah écrit 'nesher' pour écarter cela. À un siman, on mange.

🖼️ Schéma
Le compte des 24 oiseaux impurs et des 4 simanim (segment 5) 20 oiseaux trois simanim chacun (parmi les trois qui reviennent partout) Corbeau (orev) deux simanim (deux des trois qui reviennent) Pères + ozniya un siman chacun l'un porte le 4e siman, absent des 23 autres ce siman n'est dit qu'une fois Ce siman unique aurait pu fonder un interdit -> la Torah écrit 'nesher' pour l'écarter : à un siman, permis.
Le compte traditionnel : 24 oiseaux, 4 simanim, trois revenant partout ; le quatrième, porté une seule fois, écarté par 'nesher'.
7
אלא, תורין דכתב רחמנא למה לי? אמר רב עוקבא בר חמא: לקרבן. אמר רב נחמן:

Mais alors, les tourterelles (torin) que le Miséricordieux a écrites, pourquoi me [faut-il] ? Rav Oukva bar Hama a dit : pour le sacrifice (korban).

Rav Nahman a dit :

📜 Rachi (2)
ה"ג אלא תורים דכתיב רחמנא למה לי הואיל ולאו מינייהו ילפינן ואי לגופייהו לא איצטריכו דהא אפילו בסימן אחד טהור:
Ainsi faut-il lire : mais alors, les tourterelles que le Miséricordieux a écrites, pourquoi me [faut-il] ? — puisque ce n'est pas d'elles que nous dérivons, et que pour elles-mêmes elles n'étaient pas nécessaires, car même avec un seul siman [l'oiseau est] pur.
לקרבן שהן לבדן כשרים לקרבן ולא עוף אחר והאי דקתני להו תנא לעיל וקאמר אף כל לא איצטריך למילף מינייהו מידי סימני טהרה דהא בסימן אחד נפקא לן מנשר וכל שכן בד' אלא סימנא בעלמא אורי לן שאלו הן סימני טהרה אותן שהנשר והתורין חלוקין בהן. ואית דגרסי אלא תורין דקתני תנא למאי הלכתא ולא יתכן דהא א"כ מאי תירוציה דרב עוקבא דקאמר לקרבן דמי איכא למימר אף כל מרבי תרנגולין לקרבן הואיל ויש בהן ד' סימנים והלא כמה פעמים שנה בהן הכתוב ותניא בתורת כהנים יכול כל עוף יהא כשר לקרבן תלמוד לומר והקריב מן התורים וגו' אין לך עוף כשר אלא תורים ובני יונה:
Pour le sacrifice — [à savoir] qu'elles seules sont aptes au sacrifice, et non un autre oiseau ; et le fait que le Tana les ait enseignées plus haut et ait dit 'de même tout [oiseau]', il ne lui était pas nécessaire d'en dériver quoi que ce soit [quant] aux simanim de pureté, car à un seul siman cela nous est [déjà] dérivé du nesher, [et] à plus forte raison [à] quatre ; mais [c'est] un simple siman [qu']il nous a enseigné, [à savoir] que ce sont là les simanim de pureté : ceux par lesquels le nesher et les tourterelles diffèrent. Et il en est qui lisent : 'mais alors les tourterelles que le Tana a enseignées, quelle [en est] la règle (le-mai hilkheta) ?' — et [cela] ne convient pas, car si tel était [le cas], quelle [serait] la réponse de Rav Oukva qui dit 'pour le sacrifice' ? est-il [seulement] possible de dire 'de même tout' [pour] inclure les poulets [comme aptes] au sacrifice, du fait qu'ils ont quatre simanim ? mais combien de fois le verset [l']a-t-il répété à leur sujet ! et il est enseigné dans le Torat Kohanim : 'on pourrait [croire] que tout oiseau est apte au sacrifice — [aussi] le verset enseigne-t-il : il offrira des tourterelles, etc. ; tu n'as d'oiseau apte [au sacrifice] que les tourterelles et les pigeonneaux'.
💡 Explication

Dernière objection : si l'on apprend du nesher qu'à un siman l'oiseau est casher, alors les tourterelles (torin), qui possèdent les quatre simanim, sont à fortiori casher — pourquoi la Torah les mentionne-t-elle ? Rav Oukva bar Hama : non pour enseigner qu'elles sont casher, mais pour le sacrifice (korban) — seules elles (avec les pigeonneaux) y sont aptes. La phrase de Rav Nahman s'ouvre et se poursuit au daf suivant.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).