Chullin 62a — les simanim de l'oiseau pur, le corbeau et son espèce (zarzir, sanounit), et le tasil parmi les colombidés

Chullin 62a

Sougya : La sougya poursuit les règles de reconnaissance des oiseaux purs par leurs simanim : un oiseau qui se présente avec un seul siman est pur si l'on connaît le pères et l'ozniya (seuls impurs à un seul siman), impur sinon ; avec deux simanim il est pur, à condition de reconnaître l'orev (corbeau), seul impur à deux simanim. La Guemara objecte par une braita où Rabbi Eliezer lit 'orev selon son espèce' (Lev 11:15) comme incluant le zarzir, puis la sanounit blanche, malgré que les gens de Kefar Temarta et de Haute-Galilée les mangent (jabot, gésier pelable) ; Rabbi Eliezer leur rétorque 'eux aussi rendront des comptes'.

Amemar tranche : un seul siman suffit, pourvu que l'oiseau ne soit pas prédateur (dores), le pères et l'ozniya étant absents des lieux habités. Rav Yehouda identifie l'oiseau 'mesaret' à la sanounit blanche, apte à la purification du metsora ; Amemar et Mar Zoutra divergent sur le ventre blanc ou jaune.

Enfin Rehava au nom de Rabbi Yehouda traite le tasil et le datzifi parmi les colombidés offerts.

L'oiseau qui se présente avec UN seul siman de pureté : pur ou impur ? les seuls oiseaux impurs à un seul siman sont le pères et l'ozniya ; tous les autres impurs en ont trois (sauf l'orev : deux) Connaît le pères et l'ozniya (et leurs noms) un oiseau à UN siman : PUR il sait écarter le pères et l'ozniya Ne les connaît pas un oiseau à UN siman : IMPUR peut-être est-ce le pères ou l'ozniya Même ignorant : DEUX simanim PUR (ni pères ni ozniya : un seul siman ; ni autre impur : trois simanim) à condition de reconnaître l'orev (le seul impur à deux) Amemar (halakha) UN siman -> pur, pourvu qu'il ne soit pas prédateur (dores) pères et ozniya absents des lieux habités tout oiseau prédateur (dores) est impur — c'est un disqualifiant absolu, en sus des simanim
Segments 0-3 : le statut de l'oiseau selon le nombre de simanim, la connaissance des espèces impures, et le critère du prédateur (dores) chez Amemar.
'Orev selon son espèce' (Lev 11:15) : que vient inclure 'lemino' ? 'orev' = le corbeau connu 'lemino' (selon son espèce) inclut quoi ? Rabbi Eliezer : INTERDIT inclut le zarzir, puis la sanounit blanche il les tient pour espèces du corbeau, malgré leur jabot / gésier pelable halakha tranchée comme Rabbi Eliezer Les Sages : PERMIS les gens de Kefar Temarta mangent le zarzir car il a un jabot (zefek) ; les gens de Haute-Galilée mangent la sanounit car son gésier se pèle (niklaf) R. Eliezer : 'eux aussi rendront des comptes'
Segments 1-2 : la braita de Rabbi Eliezer sur 'orev lemino' (zarzir et sanounit blanche) contre les Sages, et la halakha retenue.
Offrande des colombidés : tor (tourterelle) vs ben yona (pigeonneau) tor : valide ADULTE, invalide jeune ; ben yona : valide JEUNE, invalide adulte (Houlin 22a) Tasil (espèce de yona) comme tor : INVALIDE (s'il vient l'offrir une fois vieilli) comme ben yona : VALIDE (quand il est jeune) Datzifi et tourterelles de Rehava (espèces de tor) comme tor : VALIDES comme ben yona : INVALIDES (ce sont des espèces de tourterelle)
Segment 8 : le tasil et le datzifi parmi les espèces offrables (tourterelle ou pigeonneau), selon l'âge.
1
הָיָה בָּקִי בָּהֶן וּבִשְׁמוֹתֵיהֶן – עוֹף הַבָּא בְּסִימָן אֶחָד טָהוֹר, לֹא הָיָה בָּקִי בָּהֶן וּבִשְׁמוֹתֵיהֶן – בְּסִימָן אֶחָד טָמֵא, בִּשְׁנֵי סִימָנִין טָהוֹר, וְהוּא שֶׁיַּכִּיר עוֹרֵב.

[S'il] était expert en elles [les espèces impures] et en leurs noms — un oiseau qui se présente avec un seul siman [de pureté] est pur ; [s'il] n'était pas expert en elles et en leurs noms — [un oiseau] à un seul siman [est] impur, [un oiseau] à deux simanim [est] pur ; et [cela] à condition qu'il reconnaisse le corbeau (orev).

📜 Rachi (4)
הָיָה בָּקִי בָּהֶן בִּפְרָס וְעָזְנִיָּה וְיוֹדֵעַ מִי קָרוּי פְּרָס וְעָזְנִיָּה:
[S'il] était expert en elles — dans le pères et l'ozniya, et [s']il sait laquelle est appelée pères et [laquelle] ozniya.
עוֹף הַבָּא בְּסִימָן אֶחָד טָהוֹר אִם יוֹדֵעַ שֶׁאֵין דּוֹמֶה לָהֶן וְאֵין שְׁמוֹ פְּרָס וְעָזְנִיָּה אֲבָל אִם שְׁמוֹ פְּרָס חָיְישִׁינַן שֶׁמָּא מִינוֹ הוּא:
Un oiseau qui se présente avec un seul siman [est] pur — s'il sait qu'il ne leur ressemble pas et que son nom n'[est] pas pères ni ozniya ; mais si son nom [est] pères, nous craignons [qu']il [ne] soit peut-être de leur espèce.
בְּסִימָן אֶחָד טָמֵא שֶׁמָּא פְּרָס וְעָזְנִיָּה הֵם:
Avec un seul siman [est] impur — peut-être [est-ce] le pères et l'ozniya.
בָּב' סִימָנִים טָהוֹר דְּנָפְקָא לֵיהּ מִסָּפֵק פְּרָס וְעָזְנִיָּה וּמִסָּפֵק כָּל שְׁאָר עוֹפוֹת טְמֵאִין דְּאִית לְהוּ תְּלָתָא חוּץ מְעֹורָב:
Avec deux simanim [est] pur — car il sort du doute [d'être] pères et ozniya, et du doute [d'être] tous les autres oiseaux impurs, qui en ont trois [simanim], hormis le corbeau.
🗂️ Tossefot (2)
בָּקִי בָּהֶן וּבִשְׁמוֹתֵיהֶן תַּרְוַייְהוּ בָּעֵינַן דְּלָא לַיְּתֵי לְמִטְעֵי:
Expert en elles et en leurs noms — nous requérons les deux, pour qu'il [ne] vienne pas à se tromper.
בְּסִימָן אֶחָד טָמֵא הֲוָה מָצֵי לְמֵימַר טָהוֹר וְהוּא שֶׁיַּכִּיר פְּרָס וְעָזְנִיָּה:
Avec un seul siman [est] impur — il aurait pu dire [aussi] : [il est] pur, à condition qu'il reconnaisse le pères et l'ozniya.
💡 Explication

Suite (depuis 61b) de l'enseignement de Rav Nahman. Les seuls oiseaux impurs à un seul siman [de pureté] sont le pères et l'ozniya ; tous les autres oiseaux impurs en ont trois, sauf l'orev (corbeau) qui en a deux. D'où : qui connaît le pères et l'ozniya peut déclarer pur un oiseau à un siman (il sait que ce n'est pas l'un d'eux) ; sinon, un siman ne suffit pas (crainte du pères et de l'ozniya), mais deux simanim suffisent, à condition de reconnaître l'orev, seul impur à deux simanim.

🖼️ Schéma
L'oiseau qui se présente avec UN seul siman de pureté : pur ou impur ? les seuls oiseaux impurs à un seul siman sont le pères et l'ozniya ; tous les autres impurs en ont trois (sauf l'orev : deux) Connaît le pères et l'ozniya (et leurs noms) un oiseau à UN siman : PUR il sait écarter le pères et l'ozniya Ne les connaît pas un oiseau à UN siman : IMPUR peut-être est-ce le pères ou l'ozniya Même ignorant : DEUX simanim PUR (ni pères ni ozniya : un seul siman ; ni autre impur : trois simanim) à condition de reconnaître l'orev (le seul impur à deux) Amemar (halakha) UN siman -> pur, pourvu qu'il ne soit pas prédateur (dores) pères et ozniya absents des lieux habités tout oiseau prédateur (dores) est impur — c'est un disqualifiant absolu, en sus des simanim
Statut de l'oiseau selon le nombre de simanim et selon que l'on connaît ou non le pères et l'ozniya, plus le critère du prédateur d'Amemar.
2
עוֹרֵב וְתוּ לָא? וְהַתַּנְיָא: ״עוֹרֵב״ – זֶה עוֹרֵב, ״לְמִינוֹ״ – רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: לְהָבִיא אֶת הַזַּרְזִיר. אָמְרוּ לוֹ לְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר: וַהֲלֹא אַנְשֵׁי כְּפַר תְּמַרְתָּא שֶׁבִּיהוּדָה הָיוּ אוֹכְלִים אוֹתָן מִפְּנֵי שֶׁיֵּשׁ לָהֶן זֶפֶק! אָמַר לָהֶם: אַף הֵן עֲתִידִין לִיתֵּן אֶת הַדִּין.

[N'y a-t-il que] le corbeau et rien de plus ? Mais n'a-t-on pas enseigné [dans une braita] : '[le] corbeau' (orev, Lev 11:15) — c'est le corbeau ; 'selon son espèce' (lemino) — Rabbi Eliezer dit : [c'est] pour inclure le zarzir [parmi les impurs].

On dit à Rabbi Eliezer : mais voici que les gens de Kefar Temarta, en Judée, en mangeaient, parce qu'il a un jabot (zefek) ! Il leur dit : eux aussi sont destinés à en rendre compte [à l'avenir].

📜 Rachi (2)
הַזַּרְזִיר הוּא אישטורני"ל:
Le zarzir — c'est l''ishtorni'l' [étourneau].
מִפְּנֵי שֶׁיֵּשׁ לוֹ זֶפֶק וְאֵין זֶה מֵאוֹתָן שְׁנֵי סִימָנִים שֶׁבָּעוֹרֵב ומ"מ אֵין לוֹ אֶלָּא שְׁנַיִם וּלְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר מִפְּנֵי שֶׁרָגִיל לִשְׁכּוֹן עִם הָעוֹרְבִים מַחֲזִיקוֹ מִמֶּנּוּ וְכִדְתַנְיָא [בְּהַחוֹבֵל] (ב"ק צב:) רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר לֹא עַל חִנָּם זַרְזִיר הוֹלֵךְ אֵצֶל עוֹרֵב אֶלָּא מִפְּנֵי שֶׁהוּא מִינוֹ:
Parce qu'il a un jabot — et ce [siman] n'[est] pas de ces deux simanim qui [sont] dans le corbeau ; et de toute façon il n'en a que deux, et pour Rabbi Eliezer, parce qu'il a coutume de demeurer avec les corbeaux, il le tient pour [appartenant] à lui [à son espèce], comme on l'a enseigné [au chapitre] Ha-Hovel (Baba Kama 92b) : Rabbi Eliezer dit : ce n'est pas pour rien que le zarzir va auprès du corbeau, [c'est] plutôt parce qu'il est de son espèce.
🗂️ Tossefot (2)
רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר לְהָבִיא אֶת הַזַּרְזִיר בְּזַרְזִיר הוּא דִּפְלִיגִי רַבָּנַן עֲלֵיהּ אֲבָל מוֹדוֹ דִּלְמִינוֹ אֲתָא לְרַבּוּיֵי שְׁאָר עוֹפוֹת הַדּוֹמִין לָהֶן:
Rabbi Eliezer dit : pour inclure le zarzir — c'est au sujet du zarzir que les Sages divergent de lui ; mais ils [lui] concèdent que 'lemino' vient pour inclure les autres oiseaux qui leur ressemblent.
מִפְּנֵי שֶׁיֵּשׁ לָהֶם זֶפֶק מִפְּנֵי שֶׁקֻּורְקְבָנוֹ נִקְלָף מַשְׁמַע דְּהָנָךְ סִימָנִין לֵיתַנְהוּ בָּעוֹרֵב וְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר סָבַר דַּאֲפִילּוּ הָכֵי אֶפְשָׁר דְּהָווּ מִין עוֹרֵב וְאֵין לָחוּשׁ אִם אֵין שְׁנֵי סִימָנֵי טָהֳרָה שֶׁל עוֹרֵב וּמִינוֹ שָׁוִין וְרַבָּנָן סָבְרִי כֵּיוָן דְּאֵינָן שָׁוִין א"כ אֵינוֹ מִינוֹ וה"ר יִצְחָק בה"ר מֵאִיר בָּדַק בָּעוֹרֵב שֶׁאָנוּ קוֹרִין קורבי"ל בְּלַעַ"ז וּמָצָא שֶׁיֵּשׁ לוֹ אֶצְבַּע יְתֵירָה וְזֶפֶק וּמִתּוֹךְ כָּךְ הָיָה רוֹצֶה לְפָרֵשׁ שְׁמַעְתָּתָא דְּהָכָא וַהֲלֹא אַנְשֵׁי כְּפַר תְּמַרְתָּא אוֹכְלִין אוֹתָן א"כ מַכִּירִין בָּהֶן שֶׁאֵינָן מִין עוֹרֵב וְלָא מַיְיתֵי טַעְמָא דְּיֵשׁ לוֹ זֶפֶק לְאַפּוֹקֵי מְעֹורָב דְּעוֹרֵב נָמֵי יֵשׁ לוֹ זֶפֶק אֶלָּא מְפָרֵשׁ הַטַּעַם לָמָּה אוֹכְלִין אוֹתוֹ שֶׁרוֹאִין בּוֹ סִימָנֵי טָהֳרָה שֶׁיֵּשׁ לוֹ זֶפֶק שֶׁהוּא סִימַן טָהֳרָה וְגַם אֵינוֹ דּוֹרֵס אֲבָל זֶה לֹא הֻוצְרַךְ לְפָרֵשׁ דִּפְשִׁיטָא דְּכָל עוֹף הַדּוֹרֵס טָמֵא וּמִמֵּילָא מַייְתֵי רְאָיָה מִדְּאָכְלִי לֵיהּ א"כ מַכִּירִין בּוֹ שֶׁאֵינוֹ מִין עוֹרֵב וְקָשֶׁה לְפֵירוּשׁ הריב"ם דְּאִם עוֹרֵב יֵשׁ לוֹ אֶצְבַּע יְתֵרָה וְזֶפֶק א"כ אֵין קֻרְקְבָנוֹ נִקְלָף וְדוֹרֵס וְאִי אֶפְשָׁר לוֹמַר כֵּן מִדְּאָמַר רַב נַחְמָן עוֹף הַבָּא בִּשְׁנֵי סִימָנִין טָהוֹר וְהוּא שֶׁיַּכִּיר עוֹרֵב וְעַל כָּרְחֲךָ חַד מֵהָנָךְ שְׁנֵי סִימָנִין אֵינוֹ דּוֹרֵס דְּכָל עוֹף הַדּוֹרֵס טָמֵא וּמִדְּאִיכָּא לְסַפּוֹקֵי בָּעוֹרֵב ש"מ דְּעוֹרֵב אֵינוֹ דּוֹרֵס וְאֶפְשָׁר דְּאוֹתוֹ שֶׁאָנוּ קוֹרִין קורבי"ל שֶׁיֵּשׁ בּוֹ אֶצְבַּע יְתֵרָה וְזֶפֶק כְּמוֹ כֵן אֵינוֹ דּוֹרֵס וְהָוֵי מי"ט עוֹפוֹת אֲבָל אִם נִתְבָּרֵר לָנוּ שֶׁהוּא רַק כְּלוֹמַר שֶׁמּוֹצִיא הַזֶּרַע דֶּרֶךְ הַפֶּה א"כ זֶהוּ עוֹרֵב וַדַּאי כִּדְאָמַר בְּחֵלֶק (סַנְהֶדְרִין קח:) שֶׁהוּא מִשְּׁלֹשָׁה שֶׁשִּׁמְּשׁוּ בַּתֵּיבָה וְלָקוּ וְנִצְטָרֵךְ לִדְחֹוק וּלְפָרֵשׁ דה"ק בָּא בָּב' סִימָנִין טָהוֹר פֵּירוּשׁ שֶׁאָנוּ מוֹצְאִין לְשָׁם שְׁנֵי סִימָנִין וְהַשְּׁלִישִׁי אֵינוֹ בָּא דְּלֵית בֵּיהּ הַשְּׁלִישִׁי בְּוַדַּאי וְלֹא בָּדַקְנוּ אִם הוּא דּוֹרֵס אוֹ לָאו וְאִם נַכִּיר שֶׁאֵין זֶה עוֹרֵב אֵין לָחוּשׁ שֶׁמָּא דּוֹרֵס הוּא שֶׁאֵין עוֹף בִּשְׁנֵי סִימָנִים דּוֹרֵס אֶלָּא עוֹרֵב וּמִינוֹ בִּלְבַד וְאִם הָיָה דּוֹרֵס א"כ הָיָה הָעוֹף טָמֵא דְּכָל עוֹף הַדּוֹרֵס טָמֵא וְעוֹרֵב וּמִינוֹ אֵינוֹ שֶׁמַּכִּירוֹ א"כ מֶה הָיָה לוֹ לִהְיוֹת אִם הָיָה לוֹ שְׁנֵי סִימָנֵי טָהֳרָה וּשְׁנֵי סִימָנֵי טֻומְאָה אֶלָּא וַדַּאי אֵינוֹ דּוֹרֵס ומ"מ לֹא נִסְתַּפְּקוּ בְּתִשְׁעָה עָשָׂר עוֹפוֹת דְּהָדְרִי בְּכוּלְּהוּ תְּלָתָא סִימָנִין כִּי נֹאמַר דְּכֻולָּם דּוֹרְסִין וְהַג' סִימָנִים הָאֲחֵרִים הוּא שֶׁיֵּשׁ בָּהֶם וְנָפְקָא מִינָּהּ לְפִי' זֶה כְּפֵירוּשׁ הַקּוּנְטְרֵס דְּהָא דְּקָתָנֵי כֹּל שֶׁיֵּשׁ לוֹ אֶצְבַּע יְתֵרָה וְזֶפֶק וְקֻרְקְבָן נִקְלָף בְּיָדוּעַ שֶׁהוּא טָהוֹר דְּאַרֵישָׁא סְמִיךְ דִּכְבָר אַשְׁמוֹעִינַן דְּכָל עוֹף הַדּוֹרֵס טָמֵא וְלֹא כְּפֵירוּשׁ ר"ת וְלֹא נַתִּיר בַּג' סִימָנִין הַלָּלוּ שׁוּם עוֹף עַד שֶׁאֵינוֹ דּוֹרֵס כִּי הַג' הָדְרִי בְּכוּלְּהוּ וּמִיהוּ אֵין הַלָּשׁוֹן מַשְׁמַע כֵּן דְּהָא בָּב' סִימָנִים מַשְׁמַע שֶׁבָּדַקְנוּ שֶׁאֵין לוֹ יוֹתֵר דֻּומְיָא דְּבָא בְּסִימָן אֶחָד דְּכֻולָּהּ שְׁמַעְתָּא דְּמַשְׁמַע דְּבָרוּר לָנוּ שֶׁאֵין לוֹ אֶלָּא סִימָן אֶחָד דְּאִי מְסַפְּקָא לָן א"כ הָוֵי סָפֵק עוֹרֵב וּמַשְׁמַע דְּלָא בָּעֵינַן שֶׁיַּכִּיר עוֹרֵב כְּשֶׁבָּא בְּסִימָן אֶחָד וא"ת דִּלְעֵיל מַשְׁמַע דְּסִימָן רְבִיעִי לָא הָדַר בְּכוּלְּהוּ דְּלֵיתֵיהּ אֶלָּא אוֹ בִּפְרָס אוֹ בְּעָזְנִיָּה וּלְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר מַשְׁכַּחַת לָהּ כּוּלְּהוּ סִימָנֵי טָהֳרָה בָּעוֹרֵב וּמִינוֹ לְפִי פְּשַׁט הַהֲלָכָה דְּמַשְׁמַע דְּזֶפֶק וְקֻורְקְבָנוֹ נִקְלָף שֶׁהֵם סִימַן טָהֳרָה בְּזַרְזִיר וּסְנוּנִית לְבָנָה וּבְעוֹרֵב ב' סִימָנֵי טָהֳרָה הָאֲחֵרִים וא"כ בָּעוֹרֵב וּמִינוֹ אִיכָּא ד' סִימָנֵי טָהֳרָה וּבְסָמוּךְ פְּסַק הֲלָכָה כַּר' אֱלִיעֶזֶר וּמַשְׁמַע דַּהֲלָכָה כְּרַבִּי חַיָּיא דְּאָמַר עוֹף הַבָּא בְּסִימָן אֶחָד טָהוֹר לְפִי שֶׁאֵינוֹ דּוֹמֶה לְנַשֵּׁר וְאַסִּיקְנָא לְדִידֵיהּ דְּחַד לָא מַשְׁכַּחַת לָהּ אֶלָּא בִּפְרָס אוֹ בְּעָזְנִיָּה וַאֲפִילּוּ לְפֵירוּשׁ הריב"ם דְּאָמַר שֶׁעוֹרֵב יֵשׁ לוֹ אֶצְבַּע יְתֵירָה וְזֶפֶק מ"מ כֵּיוָן דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר חֲשִׁיב סְנוּנִית מִין עוֹרֵב וְקֻורְקְבָנוֹ נִקְלָף כִּדְקָתָנֵי וּמִדְרָס נָמֵי לָא דָּרֵיס מִדְּאָכְלִי לֵיהּ אַנְשֵׁי גָּלִיל אַלְמָא מַשְׁכַּחַת לְהוּ כּוּלְּהוּ סִימָנֵי טָהֳרָה בָּעוֹרֵב וּמִינוֹ וְנִרְאֶה לְפָרֵשׁ דִּבְהָכִי פְּלִיגִי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר וְרַבָּנָן דְּזֶפֶק שֶׁל זַרְזִיר קָטָן הוּא וְקֻורְקְבָנוֹ שֶׁל סְנוּנִית לֹא מִבִּזְרָא לִקְלִפָּה בְּיָדַיִם וְלָא חֲשִׁיב לֵיהּ רַבִּי אֱלִיעֶזֶר זֶפֶק וּקְלִיפָּה:
Parce qu'ils ont un jabot — parce que son gésier (kourkevan) se pèle : [cela] implique que ces simanim[-là] ne [sont] pas dans le corbeau ; et Rabbi Eliezer estime que, même ainsi, il est possible qu'ils soient une espèce de corbeau, et qu'il n'y a pas à s'inquiéter [du fait] que les deux simanim de pureté du corbeau et de son espèce ne [soient] pas identiques ; et les Sages estiment que, dès lors qu'ils ne [sont] pas identiques, alors il n'[est] pas de son espèce. Et notre maître Rabbi Yitzhak, fils de notre maître Rabbi Meir, examina un corbeau que nous appelons 'korbil' en langue vernaculaire, et il trouva qu'il a un doigt surnuméraire (etzba yetera) et un jabot (zefek) ; et de là il voulait expliquer la sougya d'ici [ainsi] : 'mais voici que les gens de Kefar Temarta en mangent' — donc ils reconnaissent en eux qu'ils ne [sont] pas une espèce de corbeau ; et il n'apporte pas la raison 'qu'il a un jabot' pour [l']exclure du corbeau — car le corbeau aussi a un jabot — mais il explique [plutôt] la raison pour laquelle ils le mangent : qu'ils voient en lui des simanim de pureté, qu'il a un jabot, qui est un siman de pureté, et aussi qu'il n'est pas prédateur (dores) ; mais cela [le prédateur] il n'a pas eu besoin de l'expliquer, car il [va] de soi que tout oiseau prédateur [est] impur, et de soi-même il apporte une preuve de ce qu'ils le mangent — donc ils reconnaissent en lui qu'il n'[est] pas une espèce de corbeau. Et il y a une difficulté à l'explication du Rivam : car si le corbeau a un doigt surnuméraire et un jabot, alors son gésier ne se pèle pas et il est prédateur ; et il n'est pas possible de dire ainsi, du fait que Rav Nahman a dit [qu']un oiseau qui se présente avec deux simanim [est] pur, à condition qu'il reconnaisse le corbeau, et forcément l'un de ces deux simanim [est] qu'il n'est pas prédateur — car tout oiseau prédateur [est] impur ; et du fait qu'il y a [matière] à confusion avec le corbeau, apprends-en que le corbeau n'est pas prédateur ; et il est possible que celui que nous appelons 'korbil', qui a un doigt surnuméraire et un jabot, de même ne soit pas prédateur, et soit [l'un] des dix-neuf [espèces d']oiseaux [impurs]. Mais s'il nous était avéré qu'il n'est [autre chose] que le 'rak' [le corbeau pur de Noé] — c'est-à-dire qu'il émet la semence par la bouche — alors c'est [là] le corbeau certain, comme on dit dans [le chapitre] Helek (Sanhédrin 108b), qu'il fait partie des trois qui s'unirent dans l'arche et furent frappés ; et il nous faudra forcer [le texte] et expliquer qu'il dit ainsi : 'il se présente avec deux simanim, [il est] pur' — c'est-à-dire que nous trouvons en lui deux simanim, et le troisième ne vient pas, car le troisième ne s'y trouve pas avec certitude, et nous n'avons pas examiné s'il est prédateur ou non ; et si nous reconnaissons que ce n'est pas un corbeau, il n'y a pas à craindre qu'il soit prédateur, car il n'est pas d'oiseau à deux simanim qui soit prédateur, sinon le corbeau et son espèce seuls ; et s'il était prédateur, alors l'oiseau [serait] impur, car tout oiseau prédateur [est] impur, et le corbeau et son espèce, [le texte] dit qu'il les reconnaît — alors que devrait-il être [le statut] s'il avait deux simanim de pureté et deux simanim d'impureté ? plutôt, forcément il n'est pas prédateur ; et malgré tout on n'a pas eu de doute au sujet des dix-neuf oiseaux [impurs] qui ont tous les trois simanim, car nous disons qu'ils sont tous prédateurs et que [ce sont] les trois autres simanim qu'ils ont. Et il découle de cette explication, conforme à l'explication du Kountras [Rachi], que ce qui est enseigné 'tout [oiseau] qui a un doigt surnuméraire, un jabot et un gésier qui se pèle, [il est] notoirement pur' s'appuie sur le début [de la michna] — car [le texte] nous a déjà appris que tout oiseau prédateur [est] impur — et non comme l'explication de Rabbenou Tam ; et nous ne permettrons par ces trois simanim-là aucun oiseau tant qu'il n'[est] pas non-prédateur, car les trois [autres simanim] se retrouvent en tous [les impurs]. Toutefois le langage n'implique pas ainsi, car '[il se présente] avec deux simanim' implique que nous avons examiné qu'il n'en a pas davantage, à l'instar de '[il se présente] avec un seul siman' de toute la sougya, qui implique qu'il nous est clair qu'il n'a qu'un seul siman ; car s'il était douteux pour nous, alors ce serait un doute [de] corbeau ; et [cela] implique que nous ne requérons pas qu'il reconnaisse le corbeau lorsque [l'oiseau] se présente avec un seul siman. Et si tu objectes que plus haut [le texte] implique que le quatrième siman ne se retrouve pas en tous, qu'il n'[est] que dans le pères ou dans l'ozniya, et que selon Rabbi Eliezer tu trouves tous les simanim de pureté dans le corbeau et son espèce selon le sens simple de la halakha — qui implique que le jabot et le gésier qui se pèle, qui sont un siman de pureté, [sont] dans le zarzir et la sanounit blanche, et [que] dans le corbeau [il y a] les deux autres simanim de pureté, et qu'ainsi dans le corbeau et son espèce il y a quatre simanim de pureté ; et ci-après [le texte] tranche la halakha comme Rabbi Eliezer, et [cela] implique que la halakha [est] comme Rabbi Hiyya qui dit [qu']un oiseau qui se présente avec un seul siman [est] pur parce qu'il ne ressemble pas à l'aigle (nesher), et nous concluons pour lui que [le cas d']un seul [siman] ne se trouve que dans le pères ou dans l'ozniya ; et même selon l'explication du Rivam qui dit que le corbeau a un doigt surnuméraire et un jabot, de toute façon, puisque Rabbi Eliezer compte la sanounit [comme] espèce de corbeau, et [que] son gésier se pèle comme il est enseigné, et [qu']elle n'est pas non plus prédatrice du fait que les gens de Galilée la mangent — il en ressort que tu trouves tous les simanim de pureté dans le corbeau et son espèce. Et il paraît [bon] d'expliquer que c'est en ceci que divergent Rabbi Eliezer et les Sages : que le jabot du zarzir est petit, et le gésier de la sanounit ne se décortique pas (mevazra) pour se peler à la main, et Rabbi Eliezer ne le compte pas [comme] jabot ni [comme] pelure.
💡 Explication

Objection à Rav Nahman : si l'orev est le seul impur à deux simanim, comment la braita en ajoute-t-elle d'autres ? Rabbi Eliezer lit 'lemino' (selon son espèce) comme incluant le zarzir (étourneau) parmi les espèces impures du corbeau. Les Sages objectent : les gens de Kefar Temarta le mangent parce qu'il a un jabot (zefek), siman de pureté absent du corbeau. R. Eliezer : ils le tiennent malgré tout pour une espèce de corbeau (il fréquente les corbeaux) ; ceux qui le mangent 'rendront des comptes'.

🖼️ Schéma
'Orev selon son espèce' (Lev 11:15) : que vient inclure 'lemino' ? 'orev' = le corbeau connu 'lemino' (selon son espèce) inclut quoi ? Rabbi Eliezer : INTERDIT inclut le zarzir, puis la sanounit blanche il les tient pour espèces du corbeau, malgré leur jabot / gésier pelable halakha tranchée comme Rabbi Eliezer Les Sages : PERMIS les gens de Kefar Temarta mangent le zarzir car il a un jabot (zefek) ; les gens de Haute-Galilée mangent la sanounit car son gésier se pèle (niklaf) R. Eliezer : 'eux aussi rendront des comptes'
La braita 'orev lemino' : Rabbi Eliezer inclut le zarzir (puis la sanounit) malgré leurs simanim de pureté, contre les Sages qui les permettent.
3
דָּבָר אַחֵר: ״לְמִינֵהוּ״ לְהָבִיא סְנוּנִית לְבָנָה, דִּבְרֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר. אָמְרוּ לוֹ: וַהֲלֹא אַנְשֵׁי גָּלִיל הָעֶלְיוֹן אוֹכְלִים אוֹתוֹ, מִפְּנֵי שֶׁקֻּרְקְבָנוֹ נִקְלָף! אָמַר לָהֶם: אַף הֵן עֲתִידִין לִיתֵּן אֶת הַדִּין. אֶלָּא עוֹרֵב וְכָל מִין עוֹרֵב.

Autre interprétation : 'selon son espèce' (lemino) [vient] pour inclure la sanounit blanche (senounit levana) ; paroles de Rabbi Eliezer. On lui dit : mais voici que les gens de la Haute-Galilée la mangent, parce que son gésier se pèle (kourkevano niklaf) !

Il leur dit : eux aussi sont destinés à en rendre compte. [Conclusion :] donc [Rav Nahman parlait du] corbeau et de toute espèce de corbeau.

📜 Rachi (1)
סְנוּנִית ארונדייל"א:
La sanounit — 'arondiel'a' [hirondelle].
💡 Explication

Seconde lecture de la braita : 'lemino' inclut la sanounit blanche (hirondelle / martinet blanc). Même schéma : les gens de Haute-Galilée la mangent parce que son gésier se pèle (siman de pureté), et R. Eliezer maintient son interdit. La Guemara résout ainsi l'objection contre Rav Nahman : par 'reconnaître l'orev' il entendait le corbeau et toute espèce de corbeau (donc zarzir et sanounit y compris) — le statut à deux simanim demeure exclusif au genre corbeau.

4
אָמַר אֲמֵימַר: הִלְכְתָא, עוֹף הַבָּא בְּסִימָן אֶחָד – טָהוֹר, וְהוּא דְּלָא דָּרֵיס. אֲמַר לֵיהּ רַב אָשֵׁי לְאַמֵּימָר: הָא דְּרַב נַחְמָן מַאי? אֲמַר לֵיהּ: לָא שְׁמִיעַ לִי, כְּלוֹמַר לָא סְבִירָא לִי. מַאי אִיכָּא? מִשּׁוּם פְּרָס וְעָזְנִיָּה? לֵיתַנְהוּ בְּיִשּׁוּב.

Amemar a dit : la halakha [est qu']un oiseau qui se présente avec un seul siman [est] pur, à condition qu'il ne soit pas prédateur (dores). Rav Achi dit à Amemar : ce [propos] de Rav Nahman, qu'en est-il ?

Il lui dit : je ne l'ai pas entendu — c'est-à-dire : je ne suis pas de cet avis. Qu'y a-t-il [à craindre] ?

À cause du pères et de l'ozniya ? Ils ne se trouvent pas dans les lieux habités (yichouv).

📜 Rachi (4)
עוֹף הַבָּא בְּסִימָן אֶחָד טָהוֹר וַאֲפִילּוּ אֵין בָּקִי בָּהֶן וּבִשְׁמוֹתֵיהֶן דְּלָא חָייְשִׁינַן דִּלְמָא פְּרָס וְעָזְנִיָּה הֵן כְּדִמְפָרֵשׁ לְקַמֵּיהּ דְּלָא שְׁכִיחִי בְּיִשּׁוּב אֶלָּא בַּמִּדְבָּרוֹת:
Un oiseau qui se présente avec un seul siman [est] pur — et même [s']il n'est pas expert en elles [les espèces impures] et en leurs noms ; car nous ne craignons pas [qu']il soit peut-être le pères et l'ozniya, comme [le texte] l'explique ci-après, [du fait] qu'ils ne sont pas fréquents dans les lieux habités mais [seulement] dans les déserts.
וְהָנֵי מִילֵּי דְּלָא דָּרֵיס כִּי מַשְׁכְּחִינַן בֵּיהּ סִימָן אֶחָד מַחְזְקִינַן לֵיהּ בְּטָהוֹר כָּל כַּמָּה דְּלָא חָזֵינַן לֵיהּ דְּדָרֵיס. וְנִרְאֶה לִי שֶׁכָּל עוֹף הַנּוֹתֵן רַגְלוֹ עַל הָאֹוכֶל כְּשֶׁהוּא אוֹכְלוֹ וּמַחֲזִיקוֹ בְּרַגְלוֹ שֶׁלֹּא יָנוּד וְלֹא יִנָּטֵל כֻּולּוֹ אֵצֶל פִּיו הוּא דְּרִיסָה וְכֵן דֶּרֶךְ הָעוֹרְבִים שֶׁגְּדֵלִין בַּבָּתִּים שֶׁקּוֹרִין קוא"ה:
Et ceci [à condition] qu'il ne soit pas prédateur — lorsque nous trouvons en lui un seul siman, nous le tenons pour pur, tant que nous ne le voyons pas prédateur. Et il me paraît [bon de dire] que tout oiseau qui pose sa patte sur la nourriture quand il la mange, et la maintient avec sa patte pour qu'elle ne bouge pas et qu'elle ne soit pas portée tout entière vers sa bouche — c'est [cela] le 'dorass' [griffer-saisir] ; et telle est la manière des corbeaux qui grandissent dans les maisons, qu'on appelle 'koa'.
הָא דְּרַב נַחְמָן מַאי דְּאָמַר לְעֵיל דְּבָעֵינַן בָּקִי וְאִי לָא חָיְישִׁינַן לְפָרַס וְעָזְנִיָּה:
Ce [propos] de Rav Nahman, qu'en est-il — [lui] qui a dit plus haut que nous requérons qu'il soit expert, et que sinon nous craignons le pères et l'ozniya.
מַאי אִיכָּא לְמַאי נִיחוּשׁ:
Qu'y a-t-il — à quoi devrions-nous craindre.
🗂️ Tossefot (1)
וְהוּא דְּלָא דָּרֵיס פֵּירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס כִּדְמַשְׁכַּחַת בֵּיהּ סִימָן אֶחָד מַחְזְקִינַן לֵיהּ בְּטָהוֹר כָּל כַּמָּה דְּלָא חָזֵינַן לֵיהּ דְּדָרֵיס וְקָשֶׁה אַמַּאי טָהוֹר שֶׁמָּא עוֹרֵב הוּא שֶׁיֵּשׁ לוֹ שְׁנֵי סִימָנֵי טָהֳרָה וְעוֹד דְּמַשְׁמַע דְּאִי הֲוָה פְּרָס וְעָזְנִיָּה שְׁכִיחִי בַּיִּשּׁוּב הֲוָה מְסַפְּקָא בְּהוּ וְאַמַּאי כֵּיוָן דְּמַחְזְקִינַן בְּהוּ דְּאֵינוֹ דּוֹרֵס וְנִרְאֶה לִי דְּהוּא דְּלָא דָּרֵיס כְּלוֹמַר בְּאוֹתוֹ סִימָן אֶחָד הַייְנוּ דְּאֵין דּוֹרֵס דְּתוּ לֵיכָּא לְסַפּוּקֵי אֶלָּא אוֹ בִּפְרָס אוֹ בְּעָזְנִיָּה וְלָא שְׁכִיחִי בְּיִשּׁוּב אֲבָל אִם הָיָה דּוֹרֵס הִתְנָן עוֹף הַדּוֹרֵס טָמֵא:
Et ceci [à condition] qu'il ne soit pas prédateur — le Kountras [Rachi] a expliqué : dès lors que nous trouvons en lui un seul siman, nous le tenons pour pur tant que nous ne le voyons pas prédateur. Et [cela fait] difficulté : pourquoi [serait-il] pur ? peut-être [est-ce] un corbeau, qui a deux simanim de pureté ! Et de plus, [cela] implique que si le pères et l'ozniya étaient fréquents dans les lieux habités, on aurait un doute à leur sujet — et pourquoi [donc], puisque nous les tenons pour non-prédateurs ? Et il me paraît [bon de dire que] 'à condition qu'il ne soit pas prédateur' [signifie] : avec ce seul siman[-là] même, c'est-à-dire qu'il n'est pas prédateur ; car alors il n'y a plus à craindre [autre chose] que le pères ou l'ozniya, et ils ne se trouvent pas dans les lieux habités ; mais s'il était prédateur, nous avons appris [qu']un oiseau prédateur [est] impur.
⚖️ Rosh (1)
אָמַר רַב נַחְמָן הָיָה בָּקִי בָּהֶן וּבִשְׁמוֹתֵיהֶן עוֹף הַבָּא בְּסִימָן אֶחָד טָהוֹר. לֹא הָיָה בָּקִי בָּהֶן וּבִשְׁמוֹתֵיהֶן עוֹף הַבָּא בְּסִימָן אֶחָד טָמֵא. בִּשְׁנֵי סִימָנִים טָהוֹר וְהוּא שֶׁיַּכִּיר עוֹרֵב וְכָל מִין עוֹרֵב. אָמַר אַמֵּימָר הִלְכְתָא עוֹף הַבָּא בְּסִימָן אֶחָד טָהוֹר וְהוּא דְּלָא דָּרֵיס אֲמַר לֵיהּ רַב אָשֵׁי לְאַמֵּימָר הָא דְּרַב נַחְמָן מַאי אֲמַר לֵיהּ לָא שֹׁמֵיעַ לִי כְּלוֹמַר לָא סְבִירָא לִי. וְאִי בָּעֵית אֵימָא מִשּׁוּם דִּפְרָס וְעָזְנִיָּה לָא שְׁכִיחֵי בְּיִישּׁוּב. פֵּירוּשׁ בְּשׁוּם מָקוֹם שֶׁיֵּשׁ יִשּׁוּב. וְהָא דְּקָאָמַר לְקַמָּן בִּשְׁמַעְתִּין הָא בְּאַתְרָא דִּשְׁכִיחִי פֶּרֶס וְעָזְנִיָּה הַייְנוּ בַּמָּקוֹם הַסָּמוּךְ לַמִּדְבָּר וְרַבֵּינוּ חֲנַנְאֵל זַ"ל כָּתַב דְּקַבָּלָה בְּיָדֵינוּ דְּהַאי בְּסִימָן אֶחָד דְּקָאָמַר דְּהַיְינוּ קֻרְקְבָן נִקְלָף שֶׁהוּא סִימָן הֶחָדָשׁ וְנִיחָא הַשְׁתָּא דְּכָל כַּמָּה דְּלָא חָזֵינַן לֵיהּ דְּדָרֵיס לֵיכָּא לְסַפּוּקֵי לְמִידֵּי. דְּכָל הָנֵי עוֹפוֹת הַטְּמֵאִין דִּכְתִיבִי לֵית בְּהוּ הַסִּימָן הֶחָדָשׁ וּפְרָס וְעָזְנִיָּה לָא שְׁכִיחִי בְּיִשּׁוּב. וְעַל זֶה הָיָה רְאִי לִסְמֹוךְ אֶלָּא שֶׁרַשִׁ"י זַ"ל פֵּירֵשׁ בִּשְׁמַעְתִּין גַּבֵּי תַּרְנְגוֹלְתָּא דְּאַגְמָא דְּהָווּ אָכְלִי לֵיהּ וְשׁוּב חַזְיוּהּ דְּדָרְסָה וְאָכְלָה וַאֲסָרוּהָ. וְזֶה לָשׁוּט וּמִתּוֹךְ שֶׁאֵין אָנוּ בְּקִיאִין בָּהּ נִרְאֶה לִי שֶׁעוֹף הַבָּא לְפָנֵינוּ יֵשׁ לוֹמַר שֶׁמָּא דּוֹרֵס הוּא. דְּהָא תַּרְנְגוֹלְתָּא דְּאַגְמָא הָיוּ מַחֲזִיקִין בָּהּ דִּטְהוֹרָה וּלְאַחַר מִכָּאן רָאוּהָ שֶׁדּוֹרֶסֶת. וְאֵין עוֹף נֶאֱכָל אֶלָּא בְּמָסֹורֶת עוֹף שֶׁמָּסְרוּ לָנוּ אֲבוֹתֵינוּ בְּטָהוֹר טָהוֹר וּבִטְמֵא טָמֵא וְשֶׁלֹּא מָסְרוּ לָנוּ יֵשׁ לָחוּשׁ וּבַמָּסֹורֶת יֵשׁ לָנוּ נִסְמוֹךְ כִּדְאָמְרִינַן לְקַמָּן (חֻולִּין דַּף סג:) עוֹף טָהוֹר נֶאֱכָל בְּמָסֹורֶת:
Rav Nahman a dit : [s'il] était expert en elles [les espèces impures] et en leurs noms, un oiseau qui se présente avec un seul siman (signe distinctif) [est] pur ; [s'il] n'était pas expert en elles et en leurs noms, un oiseau qui se présente avec un seul siman [est] impur ; avec deux simanim [il est] pur, à condition qu'il reconnaisse le corbeau (orev) et toute espèce de corbeau. Amemar a dit : la halakha (règle tranchée) [est qu']un oiseau qui se présente avec un seul siman [est] pur, à condition qu'il ne soit pas prédateur (dores, oiseau qui griffe-saisit sa proie). Rav Achi dit à Amemar : ce [propos] de Rav Nahman, qu'en est-il ? Il lui dit : je ne l'ai pas entendu — c'est-à-dire : je ne suis pas de cet avis. Et si tu veux, dis [que c'est] parce que le pères et l'ozniya ne se trouvent pas dans les lieux habités (yichouv). Explication : en tout endroit où il y a une agglomération [habitée]. Et ce que [la Guemara] dit plus loin dans notre sougya (passage) : 'ceci [vaut] en un lieu où le pères et l'ozniya se trouvent', c'est [à savoir] dans le lieu proche du désert. Et notre maître Rabbenou Hananel, de mémoire bénie, a écrit qu'une tradition (kabbala) est en notre main [selon laquelle] ce 'seul siman' dont il parle, c'est [à savoir] le gésier (kourkevan) qui se pèle (niklaf), qui est le siman nouveau [ajouté par les Sages] ; et [tout] s'accorde bien à présent, [à savoir] que tant que nous ne le voyons pas prédateur, il n'y a rien à mettre en doute. Car tous ces oiseaux impurs qui sont écrits [dans la Torah] n'ont pas le siman nouveau, et le pères et l'ozniya ne se trouvent pas dans les lieux habités. Et sur cela il [y] aurait matière à s'appuyer, sauf que Rachi, de mémoire bénie, a expliqué dans notre sougya, à propos de la poule des marais (tarnegolta d'agma) qu'ils avaient coutume de manger, puis ils la virent [de nouveau] qui griffait-saisissait (dorsa) et mangeait, et ils l'interdirent. Et ceci [est] simple ; et du fait que nous ne sommes pas experts en elle [en cette espèce], il me paraît que [pour] un oiseau qui se présente devant nous, il y a lieu de dire : peut-être est-il prédateur (dores). Car [pour] la poule des marais, ils la tenaient pour pure, et par la suite ils la virent qui griffait-saisissait [sa proie]. Et un oiseau n'est mangé que par tradition (massoret) — [c'est-à-dire] un oiseau que nos pères nous ont transmis comme pur, [il est] pur, et comme impur, [il est] impur ; et [celui] qu'ils ne nous ont pas transmis, il y a lieu de craindre [à son sujet] ; et sur la tradition nous avons [de quoi] nous appuyer, comme nous disons plus loin (Houlin 63b) : un oiseau pur se mange par tradition.
💡 Explication

Amemar tranche : un seul siman suffit pour déclarer un oiseau pur, à la seule condition qu'il ne soit pas prédateur (dores). Rav Achi objecte le propos de Rav Nahman (qui exigeait de connaître le pères et l'ozniya). Amemar : 'je ne le tiens pas' — car le seul motif de crainte, le pères et l'ozniya, ne se trouve pas dans les lieux habités mais seulement dans les déserts ; il n'y a donc rien à craindre.

5
אָמַר רַב יְהוּדָה: עוֹף הַמְסָרֵט – כָּשֵׁר לְטַהֲרַת מְצֹורָע, וְזוֹ הִיא סְנוּנִית לְבָנָה שֶׁנֶּחְלְקוּ בָּהּ רַבִּי אֱלִיעֶזֶר וַחֲכָמִים.

Rav Yehouda a dit : l'oiseau 'mesaret' (qui égratigne) [est] apte à la purification du metsora (lépreux) — et c'est [là] la sanounit blanche au sujet de laquelle ont divergé Rabbi Eliezer et les Sages.

📜 Rachi (2)
הַמְסָרֵט אשגרטנ"ר בְּלַעַ"ז:
Le 'mesaret' — 'ashgartner' en langue vernaculaire.
לְטַהֲרַת מְצֹורָע שֶׁהוּא צִפּוֹר הָאָמוּר בַּתּוֹרָה:
Pour la purification du metsora — qui est l'oiseau (tsippor) mentionné dans la Torah.
💡 Explication

Rav Yehouda identifie l'oiseau mesaret (litt. 'qui égratigne / strie') à la sanounit blanche du débat précédent. Il le déclare apte à la purification du metsora (lépreux) — rite qui requiert deux oiseaux purs (Lev 14:4). C'est donc un oiseau pur, ce qui rejoint la position des Sages (contre R. Eliezer) au sujet de la sanounit.

6
אָמַר אֲמֵימַר: בְּחִיוָּרָא כְּרֵסָהּ – כֻּולֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דְּשַׁרְיָא, כִּי פְּלִיגִי – בְּדִירוּקָא כְּרֵסָהּ, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אָסַר וְרַבָּנַן שָׁרוּ, וְהִלְכְתָא כְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר.

Amemar a dit : pour [la sanounit] dont le ventre [est] blanc — tout le monde ne diverge pas [et s'accorde] qu'elle [est] permise ; lorsqu'ils divergent, [c'est] au sujet de [la sanounit] dont le ventre [est] jaune-verdâtre (yerouka) : Rabbi Eliezer interdit et les Sages permettent ; et la halakha [est] comme Rabbi Eliezer.

💡 Explication

Amemar précise l'objet du débat. Pour la sanounit au ventre blanc, tous s'accordent qu'elle est permise. Le désaccord ne porte que sur celle au ventre jaune-verdâtre (yerouka) : R. Eliezer l'interdit, les Sages la permettent. Et la halakha suit R. Eliezer (donc la sanounit à ventre jaune est interdite).

7
מָר זוּטְרָא מַתְנֵי הָכִי: בְּדִירּוּקָא כְּרֵסָהּ, כֻּולֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דַּאֲסִיר. כִּי פְּלִיגִי בִּדְחִיוָּרָא כְּרֵסַהּ, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אָסַר וְרַבָּנַן שָׁרוּ, וְהִלְכְתָא כְּרַבָּנָן דְּשָׁרוּ.

Mar Zoutra enseignait ainsi : pour [la sanounit] dont le ventre [est] jaune-verdâtre, tout le monde ne diverge pas [et s'accorde] qu'elle [est] interdite ; lorsqu'ils divergent, [c'est] au sujet de [celle] dont le ventre [est] blanc : Rabbi Eliezer interdit et les Sages permettent ; et la halakha [est] comme les Sages qui permettent.

📜 Rachi (1)
מָר זוּטְרָא מַתְנֵי הָכִי לְהָא דְּאָמֵימָר לְלִישָּׁנָא קַמָּא דְּאָמֵימָר דְּפָסַק הִלְכְתָא כְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר דְּאָסַר לֵית לֵיהּ דְּרַב יְהוּדָה דְּמַכְשַׁר לֵיהּ לְטַהֲרַת מְצֹורָע דְּהָא טְהוֹרוֹת כְּתִיב:
Mar Zoutra enseignait ainsi — [il enseignait] ce [propos] d'Amemar selon la première version d'Amemar, qui tranche la halakha comme Rabbi Eliezer qui interdit ; [Mar Zoutra] ne tient pas [le propos] de Rav Yehouda qui la déclare apte à la purification du metsora — car '[oiseaux] pures' (tehorot) est écrit.
💡 Explication

Mar Zoutra inverse l'enseignement d'Amemar. Pour la sanounit au ventre jaune, tous s'accordent qu'elle est interdite. Le désaccord porte sur celle au ventre blanc : R. Eliezer l'interdit, les Sages la permettent ; et la halakha suit les Sages (donc, selon cette version, la sanounit à ventre blanc est permise).

8
בִּשְׁלָמָא לְמַאן דְּאָמַר בְּחִיוָּרָא כְּרֵסַהּ פְּלִיגִי – הַיְינוּ דְקָתָנֵי ״זוֹ הִיא סְנוּנִית לְבָנָה״, אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר בְּדִירֻוקָּא פְּלִיגִי, מַאי ״זוֹ הִיא סְנוּנִית לְבָנָה״? לְאַפּוֹקֵי דְּבָתֵּי דְּאֻוכַּמְתִּי.

Soit [compréhensible], pour celui qui dit [que c'est] au sujet de [celle] dont le ventre [est] blanc qu'ils divergent — c'est [bien] ce qui est enseigné 'c'est [là] la sanounit blanche'. Mais pour celui qui dit [que c'est] au sujet de [celle] dont le ventre [est] jaune-verdâtre qu'ils divergent, que [signifie] 'c'est [là] la sanounit blanche' ?

[Réponse :] [c'est] pour exclure celle des maisons (dvatei), qui [est] noire.

📜 Rachi (2)
הָכִי גָּרְסִינַן הַייְנוּ דְקָתָנֵי סְנוּנִית לְבָנָה וְלָא גָּרְסִינַן שֶׁנֶּחְלְקוּ בָּהּ דְּלָאו אַדְּרַב יְהוּדָה קָאֵי אֶלָּא אַמַּתְנִי' דְּקָתָנֵי לְמִינֵהוּ לְהָבִיא סְנוּנִית לְבָנָה:
[Voici] comment il faut lire : c'est [bien] ce qui est enseigné 'sanounit blanche' — et nous ne lisons pas 'au sujet de laquelle ils ont divergé', car [le propos] ne porte pas sur [celui de] Rav Yehouda, mais sur la michna [la braita] qui enseigne 'lemino, pour inclure la sanounit blanche'.
לְאַפּוֹקֵי דְּבָתֵּי הַגַּדְלוּת וְהַדָּרוֹת בְּקִירוֹת הַבָּתִּים וּשְׁחוֹרוֹת הֵן:
Pour exclure celle des maisons — [les sanounit] qui grandissent et demeurent dans les murs des maisons, et qui sont noires.
💡 Explication

La Guemara confronte les deux versions au libellé de Rav Yehouda. Pour Mar Zoutra (débat sur le ventre blanc), l'expression 'sanounit blanche' colle parfaitement. Mais pour Amemar (débat sur le ventre jaune), pourquoi dire 'blanche' ? Réponse : 'blanche' sert à exclure la sanounit des maisons (l'hirondelle domestique), qui est noire.

9
אָמַר רְחָבָה, אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: תָּסִיל פָּסוּל מִשּׁוּם תּוֹרִין, וְכָשֵׁר מִשּׁוּם בְּנֵי יוֹנָה, דָּאצִיפִי וְתוֹרִין שֶׁל רְחָבָה כְּשֵׁרִין מִשּׁוּם תּוֹרִין, וּפְסוּלִין מִשּׁוּם בְּנֵי יוֹנָה. מֵתִיב רַב דָּנִיאֵל בַּר רַב קַטִּינָא: כָּל הָעוֹפוֹת

Rehava a dit au nom de Rabbi Yehouda : le tasil [est] invalide [pour l'offrande] au titre de tourterelle (torin), et valide au titre de pigeonneau (benei yona) ; et le datzifi, ainsi que les tourterelles (torin) de Rehava, [sont] valides au titre de tourterelle et invalides au titre de pigeonneau. Rav Daniel bar Rav Ketina objecte : tous les oiseaux...

📜 Rachi (4)
תסיל מִין יוֹנָה הוּא:
Le tasil — c'est une espèce de pigeon (yona).
וּפָסוּל מִשּׁוּם תּוֹרִין אִם בָּא לַהֲבִיאוֹ מִשֶּׁיַּזְקִין בְּתוֹרַת תּוֹרִין כִּדְאָמְרִינַן בְּפֶרֶק קַמָּא (לְעֵיל חֻולִּין כב.) גְּדוֹלִים כְּשֵׁרִים קְטַנִּים פְּסוּלִין וְכָשֵׁר מִשּׁוּם יוֹנָה בִּקְטַנָּה:
Et invalide au titre de tourterelle — si [l'on] vient l'offrir une fois vieilli, au titre de tourterelle, comme nous disons au premier chapitre (plus haut, Houlin 22a) : les grands [sont] valides, les petits [sont] invalides ; et [il est] valide au titre de pigeon [lorsqu'il est] jeune.
דְּאַצִּיפִּי מִין תּוֹרִין:
Le datzifi — [c'est] une espèce de tourterelle.
תּוֹרִין שֶׁל רְחָבָה כָּךְ שֶׁמֶן:
Les tourterelles de Rehava — tel [est] leur nom.
🗂️ Tossefot (1)
אָמַר רַחֲבָה אָמַר רַבִּי יְהוּדָה הַייְנוּ רַב יְהוּדָה סְתָמָא וּלְפִי שֶׁהָיָה רַבּוֹ מֻובְהָק קָאָמַר רַבִּי וי"מ דְּקָאָמַר רַבִּי מִשּׁוּם דִּסְפֵק לֵיהּ אִי שָׁמַע מֵרַבִּי יְהוּדָה תַּנָּא אוֹ מֵרַב יְהוּדָה אָמוֹרָא וְהַיְינוּ דְּאָמַר בְּעָלְמָא דָּיֵיק וְגָמַר שְׁמַעְתֵּיהּ מִפֻּומֵּיהּ דְּרַבֵּיהּ כְּרַחֲבָה דְפוּמְבְּדִיתָא דְּאָמַר רַחֲבָה א"ר יְהוּדָה הַר הַבַּיִת סְטָיו כָּפוּל הָיָה וְאֵין נִרְאֶה דְּא"כ הֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר דַּאֲפִילּוּ סָפֵק דְּגַבְרֵי גָּרֵיס כִּדְאָמַר לְעֵיל בְּפ"ק (חֻולִּין דַּף יח:) גַּבֵּי רַב יְהוּדָה סָפֵק מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב סָפֵק מִשְּׁמֵיהּ דִּשְׁמוּאֵל וְעוֹד דְּכִי מַיְיתֵי הָתָם הַהוּא דִּסְטָיו כָּפוּל הָיָה הֲוָה לֵיהּ לְאֵתוּיֵי נָמֵי הַךְ דִּשְׁמַעְתִּין אֶלָּא הַיְינוּ דִּיּוּקָא דִּידֵיהּ מִמַּה שֶׁהָיָה אוֹמֵר בִּלְשׁוֹן רַבּוֹ וְלֹא הָיָה רוֹצֶה לְשַׁנּוֹת הַלָּשׁוֹן אע"פ שֶׁהוּא לָשׁוֹן מְשֻׁונֶּה דְּקָאָמַר סְטָיו כָּפוּל הָיָה סְטָיו לְפָנִים מִסְּטָיו וַהֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר אִצְטְווָנִית הָיְתָה כִּדְאָמַר בפ"ק דִּפְסָחִים (דַּף יג: וְשָׁם): [וְע"ע תּוֹסְ' בֵּיצָה יא: ד"ה אָמַר]:
Rehava a dit au nom de Rabbi Yehouda — c'est [le] Rav Yehouda simple [le Amora] ; et parce qu'il était son maître attitré (rabo mouvhak), il dit 'Rabbi'. Et il y en a qui expliquent qu'il dit 'Rabbi' parce qu'il avait un doute [pour savoir] s'il l'avait entendu de Rabbi Yehouda le Tana ou de Rav Yehouda le Amora ; et c'est [le sens de] ce qu'on dit ailleurs 'il scrutait et apprenait sa tradition de la bouche de son maître, comme Rehava de Poumbedita', qui dit : Rehava a dit au nom de Rabbi Yehouda, le mont du Temple était un portique double (stio kafoul). Et [cela] ne paraît pas [exact], car s'il en était ainsi, il aurait dû dire que même un doute sur les personnes [transmettrices] il l'enseigne, comme on dit plus haut au premier chapitre (Houlin 18b) à propos de Rav Yehouda : doute au nom de Rav, doute au nom de Chmouel ; et de plus, lorsqu'il apporte là-bas ce [propos] que 'c'était un portique double', il aurait dû apporter aussi celui de notre sougya. Plutôt, c'est [là] son scrupule (diyouk) : de ce qu'il disait dans le langage de son maître et ne voulait pas changer le langage, bien que ce soit un langage étrange, [puisqu']il dit 'c'était un portique double, un portique à l'intérieur d'un portique', alors qu'il aurait dû dire 'c'était une stoa (itztavnit)', comme on dit au premier chapitre de Pessahim (13b, et là-bas). [Et voir encore les Tossefot de Betsa 11b, début de glose 'Amar'.]
💡 Explication

Nouveau sujet : les colombidés aptes à l'offrande. Une tor (tourterelle) n'est valide qu'adulte ; un ben yona (pigeonneau) n'est valide que jeune (Houlin 22a). Le tasil est une espèce de pigeon : invalide comme tourterelle (s'il a vieilli), valide comme pigeonneau (jeune). Le datzifi et les tourterelles de Rehava sont des espèces de tourterelle : valides comme tor, invalides comme ben yona. Rav Daniel bar Rav Ketina objecte à partir d'une michna (Para 9:3), 'tous les oiseaux...' (suite au daf suivant).

🖼️ Schéma
Offrande des colombidés : tor (tourterelle) vs ben yona (pigeonneau) tor : valide ADULTE, invalide jeune ; ben yona : valide JEUNE, invalide adulte (Houlin 22a) Tasil (espèce de yona) comme tor : INVALIDE (s'il vient l'offrir une fois vieilli) comme ben yona : VALIDE (quand il est jeune) Datzifi et tourterelles de Rehava (espèces de tor) comme tor : VALIDES comme ben yona : INVALIDES (ce sont des espèces de tourterelle)
Le tasil (espèce de pigeon : valide jeune) face au datzifi et aux tourterelles de Rehava (espèces de tourterelle : valides adultes).
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).