Sougya : La sougya poursuit les règles de reconnaissance des oiseaux purs par leurs simanim : un oiseau qui se présente avec un seul siman est pur si l'on connaît le pères et l'ozniya (seuls impurs à un seul siman), impur sinon ; avec deux simanim il est pur, à condition de reconnaître l'orev (corbeau), seul impur à deux simanim. La Guemara objecte par une braita où Rabbi Eliezer lit 'orev selon son espèce' (Lev 11:15) comme incluant le zarzir, puis la sanounit blanche, malgré que les gens de Kefar Temarta et de Haute-Galilée les mangent (jabot, gésier pelable) ; Rabbi Eliezer leur rétorque 'eux aussi rendront des comptes'.
Amemar tranche : un seul siman suffit, pourvu que l'oiseau ne soit pas prédateur (dores), le pères et l'ozniya étant absents des lieux habités. Rav Yehouda identifie l'oiseau 'mesaret' à la sanounit blanche, apte à la purification du metsora ; Amemar et Mar Zoutra divergent sur le ventre blanc ou jaune.
Enfin Rehava au nom de Rabbi Yehouda traite le tasil et le datzifi parmi les colombidés offerts.
[S'il] était expert en elles [les espèces impures] et en leurs noms — un oiseau qui se présente avec un seul siman [de pureté] est pur ; [s'il] n'était pas expert en elles et en leurs noms — [un oiseau] à un seul siman [est] impur, [un oiseau] à deux simanim [est] pur ; et [cela] à condition qu'il reconnaisse le corbeau (orev).
Suite (depuis 61b) de l'enseignement de Rav Nahman. Les seuls oiseaux impurs à un seul siman [de pureté] sont le pères et l'ozniya ; tous les autres oiseaux impurs en ont trois, sauf l'orev (corbeau) qui en a deux. D'où : qui connaît le pères et l'ozniya peut déclarer pur un oiseau à un siman (il sait que ce n'est pas l'un d'eux) ; sinon, un siman ne suffit pas (crainte du pères et de l'ozniya), mais deux simanim suffisent, à condition de reconnaître l'orev, seul impur à deux simanim.
[N'y a-t-il que] le corbeau et rien de plus ? Mais n'a-t-on pas enseigné [dans une braita] : '[le] corbeau' (orev, Lev 11:15) — c'est le corbeau ; 'selon son espèce' (lemino) — Rabbi Eliezer dit : [c'est] pour inclure le zarzir [parmi les impurs].
On dit à Rabbi Eliezer : mais voici que les gens de Kefar Temarta, en Judée, en mangeaient, parce qu'il a un jabot (zefek) ! Il leur dit : eux aussi sont destinés à en rendre compte [à l'avenir].
Objection à Rav Nahman : si l'orev est le seul impur à deux simanim, comment la braita en ajoute-t-elle d'autres ? Rabbi Eliezer lit 'lemino' (selon son espèce) comme incluant le zarzir (étourneau) parmi les espèces impures du corbeau. Les Sages objectent : les gens de Kefar Temarta le mangent parce qu'il a un jabot (zefek), siman de pureté absent du corbeau. R. Eliezer : ils le tiennent malgré tout pour une espèce de corbeau (il fréquente les corbeaux) ; ceux qui le mangent 'rendront des comptes'.
Autre interprétation : 'selon son espèce' (lemino) [vient] pour inclure la sanounit blanche (senounit levana) ; paroles de Rabbi Eliezer. On lui dit : mais voici que les gens de la Haute-Galilée la mangent, parce que son gésier se pèle (kourkevano niklaf) !
Il leur dit : eux aussi sont destinés à en rendre compte. [Conclusion :] donc [Rav Nahman parlait du] corbeau et de toute espèce de corbeau.
Seconde lecture de la braita : 'lemino' inclut la sanounit blanche (hirondelle / martinet blanc). Même schéma : les gens de Haute-Galilée la mangent parce que son gésier se pèle (siman de pureté), et R. Eliezer maintient son interdit. La Guemara résout ainsi l'objection contre Rav Nahman : par 'reconnaître l'orev' il entendait le corbeau et toute espèce de corbeau (donc zarzir et sanounit y compris) — le statut à deux simanim demeure exclusif au genre corbeau.
Amemar a dit : la halakha [est qu']un oiseau qui se présente avec un seul siman [est] pur, à condition qu'il ne soit pas prédateur (dores). Rav Achi dit à Amemar : ce [propos] de Rav Nahman, qu'en est-il ?
Il lui dit : je ne l'ai pas entendu — c'est-à-dire : je ne suis pas de cet avis. Qu'y a-t-il [à craindre] ?
À cause du pères et de l'ozniya ? Ils ne se trouvent pas dans les lieux habités (yichouv).
Amemar tranche : un seul siman suffit pour déclarer un oiseau pur, à la seule condition qu'il ne soit pas prédateur (dores). Rav Achi objecte le propos de Rav Nahman (qui exigeait de connaître le pères et l'ozniya). Amemar : 'je ne le tiens pas' — car le seul motif de crainte, le pères et l'ozniya, ne se trouve pas dans les lieux habités mais seulement dans les déserts ; il n'y a donc rien à craindre.
Rav Yehouda a dit : l'oiseau 'mesaret' (qui égratigne) [est] apte à la purification du metsora (lépreux) — et c'est [là] la sanounit blanche au sujet de laquelle ont divergé Rabbi Eliezer et les Sages.
Rav Yehouda identifie l'oiseau mesaret (litt. 'qui égratigne / strie') à la sanounit blanche du débat précédent. Il le déclare apte à la purification du metsora (lépreux) — rite qui requiert deux oiseaux purs (Lev 14:4). C'est donc un oiseau pur, ce qui rejoint la position des Sages (contre R. Eliezer) au sujet de la sanounit.
Amemar a dit : pour [la sanounit] dont le ventre [est] blanc — tout le monde ne diverge pas [et s'accorde] qu'elle [est] permise ; lorsqu'ils divergent, [c'est] au sujet de [la sanounit] dont le ventre [est] jaune-verdâtre (yerouka) : Rabbi Eliezer interdit et les Sages permettent ; et la halakha [est] comme Rabbi Eliezer.
Amemar précise l'objet du débat. Pour la sanounit au ventre blanc, tous s'accordent qu'elle est permise. Le désaccord ne porte que sur celle au ventre jaune-verdâtre (yerouka) : R. Eliezer l'interdit, les Sages la permettent. Et la halakha suit R. Eliezer (donc la sanounit à ventre jaune est interdite).
Mar Zoutra enseignait ainsi : pour [la sanounit] dont le ventre [est] jaune-verdâtre, tout le monde ne diverge pas [et s'accorde] qu'elle [est] interdite ; lorsqu'ils divergent, [c'est] au sujet de [celle] dont le ventre [est] blanc : Rabbi Eliezer interdit et les Sages permettent ; et la halakha [est] comme les Sages qui permettent.
Mar Zoutra inverse l'enseignement d'Amemar. Pour la sanounit au ventre jaune, tous s'accordent qu'elle est interdite. Le désaccord porte sur celle au ventre blanc : R. Eliezer l'interdit, les Sages la permettent ; et la halakha suit les Sages (donc, selon cette version, la sanounit à ventre blanc est permise).
Soit [compréhensible], pour celui qui dit [que c'est] au sujet de [celle] dont le ventre [est] blanc qu'ils divergent — c'est [bien] ce qui est enseigné 'c'est [là] la sanounit blanche'. Mais pour celui qui dit [que c'est] au sujet de [celle] dont le ventre [est] jaune-verdâtre qu'ils divergent, que [signifie] 'c'est [là] la sanounit blanche' ?
[Réponse :] [c'est] pour exclure celle des maisons (dvatei), qui [est] noire.
La Guemara confronte les deux versions au libellé de Rav Yehouda. Pour Mar Zoutra (débat sur le ventre blanc), l'expression 'sanounit blanche' colle parfaitement. Mais pour Amemar (débat sur le ventre jaune), pourquoi dire 'blanche' ? Réponse : 'blanche' sert à exclure la sanounit des maisons (l'hirondelle domestique), qui est noire.
Rehava a dit au nom de Rabbi Yehouda : le tasil [est] invalide [pour l'offrande] au titre de tourterelle (torin), et valide au titre de pigeonneau (benei yona) ; et le datzifi, ainsi que les tourterelles (torin) de Rehava, [sont] valides au titre de tourterelle et invalides au titre de pigeonneau. Rav Daniel bar Rav Ketina objecte : tous les oiseaux...
Nouveau sujet : les colombidés aptes à l'offrande. Une tor (tourterelle) n'est valide qu'adulte ; un ben yona (pigeonneau) n'est valide que jeune (Houlin 22a). Le tasil est une espèce de pigeon : invalide comme tourterelle (s'il a vieilli), valide comme pigeonneau (jeune). Le datzifi et les tourterelles de Rehava sont des espèces de tourterelle : valides comme tor, invalides comme ben yona. Rav Daniel bar Rav Ketina objecte à partir d'une michna (Para 9:3), 'tous les oiseaux...' (suite au daf suivant).
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).