Chullin 63a — l'identification des oiseaux impurs : noms, signes mnémotechniques et le compte des vingt-quatre

Chullin 63a

Sougya : Suite du chapitre Elou Tereifot consacré aux signes des oiseaux purs et impurs, la sougya enchaîne des traditions amoraiques qui identifient des oiseaux par leur nom araméen ou vernaculaire et fournissent un signe mnémotechnique pour retenir lesquels sont permis et lesquels interdits (la bat mizga hamra, les variantes de chekitna, le chalakh, le doukhifat qui apporta le chamir au Temple). Viennent ensuite des étymologies homilétiques (le raham, source de miséricorde et signe de pluie, voire du Machiah ; la hassida 'pieuse', l'anafa 'querelleuse'), la règle herméneutique du 'davar ha-lamed me-inyano' appliquée au tinshemet — un même mot pour un oiseau et pour un reptile, départagé par le contexte — et l'identification du orev (corbeau noir, corbeau de vallée blanc, corbeau à tête de pigeon) et du netz.

La sougya culmine sur le compte de Rav : il y a vingt-quatre oiseaux impurs, établi en additionnant les listes du Lévitique et du Deutéronome, les quatre 'le-mino' et en soustrayant le doublon daa = raa.

Le tinshemet : un même mot, deux animaux impurs le mot 'tinshemet' figure deux fois dans Lévitique 11 -> on tranche par le contexte (davar ha-lamed me-inyano) Tinshemet des OISEAUX Lev 11:18 — voisins = oiseaux le 'baout' parmi les oiseaux Abaye : c'est le kipouf oiseau qui crie la nuit (chouette) -> rangé parmi les oiseaux impurs Tinshemet des REPTILES Lev 11:30 — voisins = reptiles le 'baout' parmi les reptiles Abaye : c'est le kourpedai la taupe (talpa) -> rangé parmi les reptiles impurs
Segments 6 à 8 : le mot 'tinshemet' désigne deux bêtes impures (un oiseau, un reptile) ; la règle 'davar ha-lamed me-inyano' (chose apprise par son contexte) tranche selon les versets voisins.
Comment arriver à 24 oiseaux impurs (Rav) Lévitique 11 20 noms la liste explicite Deutéronome 14 21 noms la liste explicite + daa (Lev seul) 22 noms ajoutée au compte + quatre 'le-mino' (selon son espèce) anafa, daa, orev, netz : chaque 'le-mino' ajoute une espèce -> +4 22 + 4 = 26 - 2 doublons : daa = raa daa (Lev) et raa (Deut) sont un seul oiseau -> 26 - 2 = 24
Segments 16-17 : la mécanique du compte de Rav pour aboutir aux vingt-quatre oiseaux impurs.
1
בַּת מִזְגָּא חַמְרָא – שָׁרְיָא, וְסִימָנָיךְ ״יָפֶה כֹּחַ הַבֵּן מִכֹּחַ הָאָב״.

La bat mizga hamra (litt. la fille qui verse le vin) — [elle est] permise ; et ton signe [mnémotechnique] : 'la force du fils l'emporte sur la force du père'.

📜 Rachi (2)
בַּת מִזְגָּא חַמְרָא זֶה שְׁמָהּ:
La bat mizga hamra — c'est [là] son nom.
יָפֶה כֹּחַ הַבֵּן הֲלָכָה הִיא בְּפֶרֶק כָּל הַנִּשְׁבָּעִין בִּשְׁבוּעוֹת (דַּף מח.):
La force du fils l'emporte — c'est une halakha [énoncée] au chapitre Kol ha-nichbaïn, dans [le traité] Chevouot (page 48a).
💡 Explication

La sougya identifie un oiseau permis, la bat mizga hamra (littéralement 'la verseuse de vin'). Le signe mnémotechnique (siman) rappelle l'adage talmudique 'la force du fils l'emporte sur celle du père' : entre deux oiseaux semblables, le plus petit (le 'fils') est permis tandis que le plus grand (le 'père') est interdit.

2
אָמַר רַב יְהוּדָה: שְׁקִיטְנָא, אֲרִיכֵי שָׁקֵי וְסוּמְקֵי – שָׁרְיָא, וְסִימָנָיךְ מוּרְזְמָא. גּוּצֵי וְסוּמְקֵי – אֲסִירִי, וְסִימָנָיךְ ״נֵנוּס פָּסוּל״. אֲרִיכֵי שָׁקֵי וִירוֹקַי – אֲסִירִי, וְסִימָנָיךְ ״יְרֻוקִּין פְּסוּלִין״.

Rav Yehouda a dit : le chekitna — les [oiseaux] aux longues pattes (jambes) et rouges sont permis, et ton signe : le morzema. Les petits (nains) et rouges sont interdits, et ton signe : 'le nain [est] passoul (invalide)'.

Les [oiseaux] aux longues pattes et verts sont interdits, et ton signe : 'les verts [sont] passoulin (invalidés)'.

📜 Rachi (4)
שֶׁקִּיטְנָא שֵׁם הָעוֹף וְיֵשׁ בָּהֶן שְׁנֵי מִינִין אוֹתָם שֶׁשּׁוֹקֵיהֶן אֲרֻוכִּין וְגוּפוֹ אָדֹום שָׁרִי:
Le chekitna — [c'est] le nom de l'oiseau ; et il y en a deux espèces : ceux dont les pattes sont longues et le corps rouge [sont] permis.
מוּרְזְמָא שֵׁם עוֹף שֶׁהָיָה מֻוחְזָק לָהֶם בְּטָהוֹר וְשׁוֹקָיו אֲרֻוכִּין וְגוּפוֹ אָדֹום:
Le morzema — [c'est le] nom d'un oiseau qui leur était tenu pour pur, dont les pattes sont longues et le corps rouge.
נֵנוּס פָּסוּל בְּמוּמֵי כֹּהֲנִים בִּבְכוֹרוֹת (דַּף מה:):
Le nain [est] passoul — [cela figure] parmi les défauts des prêtres (Cohanim), dans [le traité] Bekhorot (page 45b).
יְרֻוקִּין פְּסוּלִין גַּבֵּי נֶחְמְרוּ מֵעֶיהָ תְּנַן לֵיהּ בְּמַתְנִיתִין (לְעֵיל חֻולִּין דַּף נו.):
Les verts [sont] passoulin — à propos de [la michna] 'ses entrailles se sont rougies (échauffées)', [c'est] enseigné dans notre michna (plus haut, Houlin page 56a).
💡 Explication

Rav Yehouda distingue plusieurs espèces de chekitna. Permis : longues pattes et corps rouge (signe : le morzema, un oiseau tenu pour pur, de même allure). Interdits : les nains rouges (signe : 'le prêtre nain est passoul', invalide au service, cf. les défauts des Cohanim) ; et les verts à longues pattes (signe : 'les verts sont invalidés', allusion à la michna où des entrailles devenues vertes rendent tereifa).

3
אָמַר רַב יְהוּדָה: ״שֶׁלְּךָ״, זֶה הַשּׁוֹלֶה דָּגִים מִן הַיָּם. ״דּוּכִיפַת״, שֶׁהוֹדוּ כָּפוּת. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: דּוּכִיפַת, שֶׁהוֹדוּ כָּפוּת, וְזֶהוּ שֶׁהֵבִיא שָׁמִיר לְבֵית הַמִּקְדָּשׁ.

Rav Yehouda a dit : le 'chalakh' (cf. Lévitique 11:17) — c'est celui qui retire (choleh) les poissons hors de la mer.

Le 'doukhifat' (cf. Lévitique 11:19) — [il est ainsi nommé] parce que sa huppe est liée (chehodo kafout).

Cela aussi est enseigné dans une braita : le doukhifat — parce que sa huppe est liée ; et c'est lui qui apporta le chamir à la maison du Sanctuaire (Beit ha-Mikdach).

📜 Rachi (3)
זֶה הַשּׁוֹלֶה דָּגִים מִן הַיָּם אִינְהוּ הָווּ בְּקִיאֵי בֵּיהּ וְהוּא עוֹרֵב הַמַּיִם:
C'est celui qui retire les poissons hors de la mer — eux [les Sages] étaient versés à son sujet ; et c'est le corbeau d'eau (corbeau de mer).
שֶׁהוֹדוּ כָּפוּת כַּרְבָּלְתּוֹ עָבָה וְדוֹמֶה כְּמִי שֶׁכְּפוּלָה לְתוֹךְ הָרֹאשׁ וּכְפוּתָה שָׁם וְהוּא עוֹף גָּדוֹל כְּתַרְנְגוֹל וְקוֹרִין לוֹ פואו"ן שלביי"א:
Parce que sa huppe est liée — sa crête (huppe) est épaisse et ressemble à [quelque chose] de replié à l'intérieur de la tête et de noué (lié) là ; c'est un grand oiseau comme un coq, et on l'appelle [en vernaculaire].
וְזֶהוּ שֶׁהֵבִיא שָׁמִיר לַמִּקְדָּשׁ דְּהָא נַגָּר טוּרָא מְתַרְגְּמִינַן לֵיהּ וְהוּא תַּרְנְגוֹלָא בְּרָא וּבְגִיטִּין בְּפֶרֶק מִי שֶׁאֲחָזוֹ (גִּיטִּין דַּף סח:) מְפָרֵשׁ מַאי עֲבִיד בֵּיהּ דִּמְנַגֵּר בֵּיהּ טוּרַיָּא:
Et c'est lui qui apporta le chamir au Sanctuaire — car 'nagar toura' (celui qui scie / perce la montagne) [est la manière dont] on le traduit [en araméen], et c'est le coq sauvage (tarnegola bara) ; et dans [le traité] Guittin, au chapitre Mi che-ahazo (Guittin page 68b), il est expliqué ce qu'on faisait avec lui [du fait] qu'il perce (scie) la montagne.
💡 Explication

Étymologies : le chalakh est l'oiseau qui 'retire' (choleh) les poissons de la mer (le cormoran). Le doukhifat est nommé d'après sa huppe nouée (hodo kafout). Une braita confirme et ajoute que c'est lui qui apporta le chamir (le ver qui fendait les pierres sans fer) à la construction du Temple, comme le raconte le traité Guittin.

4
רַבִּי יוֹחָנָן, כִּי הֲוָה חָזֵי שָׁלָךְ, אָמַר: ״מִשְׁפָּטֶיךָ תְּהוֹם רַבָּה״. כִּי הֲוָה חָזֵי נְמָלָה, אָמַר: ״צִדְקָתְךָ כְּהַרְרֵי אֵל״.

Rabbi Yo'hanan, lorsqu'il voyait un chalakh, disait : 'Tes jugements [sont comme] l'immense abîme (tehom raba)' (Psaumes 36:7). Lorsqu'il voyait une fourmi (nemala), il disait : 'Ta justice [est] comme les montagnes de Dieu' (début du même verset).

📜 Rachi (2)
וּמִשְׁפָּטֶיךָ אַף בִּתְהוֹם רַבָּה שֶׁזִּמְנָתָהּ שֶׁלְּךָ לִשְׁפֹּוט וְלַעֲשׂוֹת נִקְמָתְךָ בִּדְגַת הַיָּם לְהָמִית הַמְזֻומָּנִים לָמוּת. לְשׁוֹן מוֹרִי. לִישָּׁנָא אַחְרִינָא לִנְמָלָה הוּא אוֹמֵר צִדְקָתְךָ כְּהַרְרֵי אֵל שֶׁמְּזוֹנוֹתֶיהָ מְזֻומָּנִין לָהּ בְּלֹא טֹורַח וְעִם מִי שֶׁאַתָּה נִשְׁפָּט אַתָּה דָּנוֹ עַד תְּהוֹם רַבָּה כְּגוֹן שֶׁלְּךָ שֶׁטּוֹרֵחַ לְבַקֵּשׁ שָׁם מְזוֹנוֹתָיו:
Et Tes jugements [atteignent] même dans l'immense abîme — car Tu as mandaté le chalakh pour juger et exercer Ta vengeance sur les poissons de la mer, [pour] faire mourir ceux qui sont assignés à la mort. [C'est] là langue (l'explication) de mon maître. Autre version : c'est à la fourmi qu'il dit 'Ta justice [est] comme les montagnes de Dieu', car sa nourriture lui est préparée sans peine ; et celui que Tu juges, Tu le juges jusqu'à l'immense abîme — par exemple le chalakh, qui peine à chercher la-bas sa nourriture.
צִדְקָתְךָ כְּהַרְרֵי אֵל דְּאַפֵּי' נְמָלָה אִית לֵיהּ חַיּוּתָא כִּגְדוֹלָה:
Ta justice [est] comme les montagnes de Dieu — car même la fourmi a sa vitalité (subsistance) comme la grande [créature].
💡 Explication

Deux versets que Rabbi Yo'hanan récitait devant ces créatures. Devant le chalakh (qui poursuit les poissons jusqu'au fond) : 'Tes jugements [sont comme] l'abîme immense' — Dieu exerce Sa justice même sur les poissons de la mer. Devant la fourmi : 'Ta justice [est] comme les montagnes de Dieu' — Il pourvoit à la subsistance de la plus minuscule créature comme à celle de la plus grande.

5
אָמַר אֲמֵימַר: לִקְנֵי וּבִטְנִי – שָׁרְייָן, שֶׁקַּנַּאי וּבְטַנְאִי – מְקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ לֶאֱכֹול אוֹכְלִין, מָקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ שֶׁלֹּא לֶאֱכוֹל אֵין אוֹכְלִין. אַטּוּ בְּמִנְהָגָא תַּלְיָא מִילְּתָא? אִין, וְלָא קַשְׁיָא: הָא בְּאַתְרָא דִּשְׁכִיחִי פֶּרֶס וְעָזְנִיָּה, הָא בְּאַתְרָא דְּלָא שְׁכִיחִי פֶּרֶס וְעָזְנִיָּה.

Amemar a dit : les laknei et les batnei — [ils sont] permis ; les chaknai et les batnai — [dans] un endroit où l'on a coutume de [les] manger, on [les] mange ; [dans] un endroit où l'on a coutume de ne pas [les] manger, on ne [les] mange pas. Est-ce donc que la chose dépend de la coutume ?

Oui ; et ce n'est pas une difficulté : ceci [le cas où l'on ne mange pas, c'est] dans un endroit où se trouvent le pères et l'ozniya ; cela [le cas où l'on mange, c'est] dans un endroit où ne se trouvent pas le pères et l'ozniya.

📜 Rachi (2)
לִקְנֵי וּבִטְנִי שָׁרְיָא שַׁקְנַאי וּבָטְנַאי מְקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ כו':
Les laknei et batnei [sont] permis ; les chaknai et batnai [dans] un endroit où l'on a coutume etc.
דִּשְׁכִיחִי שֶׁרְאִינוּם שֶׁהֻוחְזְקוּ שָׁם פְּרָס וְעָזְנִיָּה אֲסִירֵי דְּהָנֵי נָמֵי בְּחַד סִימָן אָתוּ וְשֶׁמָּא מִמִּינָם הֵן בְּאַתְרָא דְּלָא שְׁכִיחִי פֶּרֶס וְעָזְנִיָּה שָׁרוּ דְּהָא מִסְּתָמָא לָא מַחְזְקִינַן לְהוּ דְּלָא שְׁכִיחִי בְּיִשּׁוּב:
[Là] où se trouvent — [c'est-à-dire] que nous les avons vus établis (présents) là-bas : le pères et l'ozniya [sont] interdits, car ceux-ci [les chaknai et batnai] aussi viennent avec un seul signe [de pureté] et peut-être sont-ils de leur espèce ; [dans] un endroit où ne se trouvent pas le pères et l'ozniya [ils sont] permis, car a priori (sans indice contraire) nous ne les tenons pas [pour interdits], puisqu'ils ne se trouvent pas dans l'agglomération (la région habitée).
🗂️ Tossefot (1)
הָא בְּאַתְרָא דִּשְׁכִיחִי פֶּרֶס וְעָזְנִיָּה פֵּירֵשׁ הַקּוּנְטְרֵס דִּבְאַתְרָא דִּשְׁכִיחִי חָייְשִׁינַן מִשּׁוּם דְּדָמוּ לְפָרַס וְעָזְנִיָּה שֶׁמָּא מִינָם הוּא וְקָשֶׁה דְּאִם כֵּן בְּכָל דֻּוכְתָּא לִיתַּסְרוּ אֶלָּא נִרְאֶה לְפָרֵשׁ דְּוַדַּאי לָאו מִמִּינַיְיהוּ הֵם אֶלָּא בְּאַתְרָא דִּשְׁכִיחִי חָייְשִׁינַן מִשּׁוּם דְּדָמוּ לְפָרַס וְעָזְנִיָּה וּמִיחַלְּפָא בָּהֶם אֲבָל בְּאַתְרָא דְּלָא שְׁכִיחִי לֵיכָּא לְמֵיחַשׁ לְמִידִי וְשָׁרוּ:
[Là] où se trouvent le pères et l'ozniya — le Commentateur (Rachi) a expliqué que là-où ils se trouvent on craint, parce qu'ils ressemblent au pères et à l'ozniya [au point] que peut-être [les chaknai et batnai] sont de leur espèce. Et c'est difficile : car s'il en était ainsi, ils seraient interdits en tout lieu ! Plutôt il paraît [juste] d'expliquer que, certes, ils ne sont pas de leur espèce, mais [que] dans un endroit où ils se trouvent on craint parce qu'ils ressemblent au pères et à l'ozniya et qu'on les confond avec eux ; tandis que dans un endroit où ils ne se trouvent pas, il n'y a rien à craindre, et [ils sont] permis.
💡 Explication

Amemar : les laknei et batnei sont permis sans réserve. Les chaknai et batnai dépendent de la coutume locale. Pourquoi la coutume tranche-t-elle un statut de Torah ? Parce que là-où se trouvent le pères et l'ozniya (deux rapaces impurs ressemblants), on craint la confusion et on s'abstient ; là-où ils sont absents, nul risque, on les mange.

6
אָמַר אַבַּיֵּי: קוּאֵי וְקָקוֹאֵי אֲסִירִי, קָקוֹאֲתָא שָׁרְיָא. בְּמַעֲרָבָא מְלָקוֹ עִילָּוַהּ, וְקָרוּ לָהּ תַּחְוָותָא.

Abaye a dit : les kavai et les kakvai [sont] interdits, [mais] le kakvata [est] permis. En Occident (Terre d'Israël), on flagellé à son sujet [celui qui en mange] et on l'appelle 'tahveta'.

💡 Explication

Abaye : les oiseaux kavai et kakvai sont interdits, mais le kakvata est permis. Pourtant, en Terre d'Israël, on inflige la flagellation à qui en consomme, et on l'y nomme tahveta — usage local plus sévère.

7
תָּנוּ רַבָּנַן: ״תִּנְשֶׁמֶת״ בָּאוֹת שֶׁבָּעוֹפוֹת. אַתָּה אוֹמֵר בָּאוָת שֶׁבָּעוֹפוֹת, אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא בָּאוָת שֶׁבַּשְּׁרָצִים? אָמַרְתָּ: צֵא וּלְמַד מִשְּׁלֹשׁ עֶשְׂרֵה מִדּוֹת שֶׁהַתּוֹרָה נִדְרֶשֶׁת בָּהֶן, דָּבָר הַלָּמֵד מֵעִנְיָנוֹ. בַּמֶּה הַכָּתוּב מְדַבֵּר? בְּעוֹפוֹת, אַף כָּאן בְּעוֹפוֹת.

Nos Maîtres ont enseigné : le 'tinshemet' (cf. Lévitique 11:18) [est] le baout parmi les oiseaux.

Tu dis [qu'il est] le baout parmi les oiseaux, ou [n'est-il] que le baout parmi les reptiles (chratzim) ? Tu dis : sors et apprends [-le] des treize règles (midot) par lesquelles la Torah s'interprète, [à savoir] une chose apprise par son contexte (davar ha-lamed me-inyano).

De quoi le texte parle-t-il [aux alentours] ? D'oiseaux ; ici aussi [il s'agit] d'oiseaux.

📜 Rachi (1)
(תְּחוֹתַא) בָּאוֹת שֶׁבָּעוֹפוֹת עוֹף הַצּוֹעֵק בַּלַּיְלָה צואיט"ה בְּלַעַ"ז:
(Le tahveta) [est] le baout parmi les oiseaux — un oiseau qui crie la nuit, [appelé en vernaculaire].
💡 Explication

Le mot tinshemet figure deux fois dans Lévitique 11 (parmi les oiseaux, et parmi les reptiles). Ici (11:18), il désigne le baout parmi les oiseaux. Comment le savoir ? Par la règle herméneutique du davar ha-lamed me-inyano (une chose apprise de son contexte), l'une des treize midot : les versets voisins parlant d'oiseaux, ce tinshemet-là est un oiseau.

8
תַּנְיָא נָמֵי גַּבֵּי שְׁרָצִים כְּהַאי גַּוְונָא: ״תִּנְשֶׁמֶת״ בְּאוֹת שֶׁבַּשְּׁרָצִים. אַתָּה אוֹמֵר בָּאוָת שֶׁבַּשְּׁרָצִים, אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא בָּאוָת שֶׁבָּעוֹפוֹת? אָמַרְתָּ: צֵא וּלְמַד מִשְּׁלֹשׁ עֶשְׂרֵה מִדּוֹת שֶׁהַתּוֹרָה נִדְרֶשֶׁת בָּהֶן, דָּבָר הַלָּמֵד מֵעִנְיָנוֹ – בַּמֶּה הַכָּתוּב מְדַבֵּר? בִּשְׁרָצִים, אַף כָּאן בִּשְׁרָצִים.

Il est enseigné de même, à propos des reptiles, de cette manière : le 'tinshemet' [est] le baout parmi les reptiles. Tu dis [qu'il est] le baout parmi les reptiles, ou [n'est-il] que le baout parmi les oiseaux ?

Tu dis : sors et apprends [-le] des treize règles par lesquelles la Torah s'interprète, [à savoir] une chose apprise par son contexte — de quoi le texte parle-t-il ? De reptiles ; ici aussi [il s'agit] de reptiles.

📜 Rachi (2)
בָּאוֹת שֶׁבַּשְּׁרָצִים טלפ"א. תְּרֵי תִּנְשֶׁמֶת כְּתִיבִי חַד בְּעוֹפוֹת וְחַד בִּשְׁרָצִים:
Le baout parmi les reptiles — [c'est en vernaculaire la taupe]. Deux 'tinshemet' sont écrits : l'un parmi les oiseaux et l'un parmi les reptiles.
דָּבָר הַלָּמֵד מֵעִנְיָנוֹ אֶחָד מי"ג מִדּוֹת הִיא:
Une chose apprise par son contexte — c'est l'une des treize règles.
💡 Explication

La même braita existe en miroir pour la liste des reptiles (Lévitique 11:30) : là, le tinshemet est le baout parmi les reptiles, établi par le même principe du contexte (davar ha-lamed me-inyano). Ainsi un seul mot désigne deux bêtes différentes, départagées par leurs voisins respectifs.

9
אָמַר אַבַּיֵּי: בָּאוֹת שֶׁבָּעוֹפוֹת – קִיפוֹף, בָּאוֹת שֶׁבַּשְּׁרָצִים – קוֹרְפְדָאי. אָמַר רַב יְהוּדָה: ״קָאַת״ – זוֹ הַקּוּק, ״רֶחֶם״ – זוֹ שְׁרַקְרַק.

Abaye a dit : le baout parmi les oiseaux [est] le kipouf, le baout parmi les reptiles [est] le kourpedai. Rav Yehouda a dit : le 'kaat' (cf.

Lévitique 11:18) — c'est le kouk ; le 'raham' — c'est le serakrak.

📜 Rachi (2)
קִיפוֹף צואיט"א. וְלִי נִרְאֶה שֶׁקּוֹרִין קלב"א שורי"ץ שֶׁדּוֹמֶה לטלפ"א שֶׁבַּשְּׁרָצִים:
Le kipouf — [en vernaculaire la chouette] ; et il me paraît qu'on [l']appelle [aussi en vernaculaire 'rat-volant'], car il ressemble à la taupe qui est parmi les reptiles.
קורפדאי טלפ"א:
Le kourpedai — [en vernaculaire] la taupe.
🗂️ Tossefot (1)
בָּאוֹת שֶׁבָּעוֹפוֹת קִיפוֹף שְׁלֹשָׁה מִינֵי קִיפוֹף הֵם הַאי שֶׁהוּא בָּאוֹת שֶׁבָּעוֹפוֹת זֶהוּ תִּנְשֶׁמֶת כִּדְקָאָמַר דְּתִנְשֶׁמֶת הוּא בָּאוֹת שֶׁבָּעוֹפוֹת וְעוֹד יֵשׁ כּוֹס וְיַנְשׁוּף דִּמְתַרְגְּמִינַן קָרְיָא וְקִיפוֹפָא וְהוּא נִיהוּ דְּאָמְרִינַן בְּהַמַּפֶּלֶת (נִדָּה דַּף כג.) דְּעֵינֵיהֶם הוֹלְכוֹת לִפְנֵיהֶם כְּשֶׁל אָדָם כְּמוֹ קָרְיָא וְקִיפוֹפָא וּבִבְרָכוֹת פֶּרֶק הָרוֹאֶה (בְּרָכוֹת דַּף נז:) אָמְרִינַן כָּל מִינֵי עוֹפוֹת יָפִים לַחֲלוֹם חוּץ מִקַּרְיָא וְקִיפוֹפָא וְעוֹד יֵשׁ קִיפוֹף אַחֵר שֶׁהוּא חַיָּה כִּדְאָמְרִי' נָמֵי בְּפֶרֶק הָרוֹאֶה (ג"ז שָׁם ע"ש) כָּל מִינֵי חַיּוֹת יָפִין לַחֲלוֹם חוּץ מִן הַפִּיל וְהַקּוֹף וְהַקִּיפוֹף וְכֵן בפ"ק דִּבְכוֹרוֹת (דַּף ח.) הָאֲרִי וְהַדֹּוב הַנָּמֵר וְהַקּוֹף וְהַקִּיפוֹף לְשָׁלֹשׁ שָׁנִים:
Le baout parmi les oiseaux [est le] kipouf — il y a trois espèces de kipouf : celui-ci, qui est le baout parmi les oiseaux, c'est le tinshemet, comme il [le] dit, que le tinshemet est le baout parmi les oiseaux ; et il y a en outre le kos et le yanchouf, que l'on traduit [en araméen] 'karia' et 'kipoufa', et c'est de lui que nous disons dans [le chapitre] Ha-mapelet (Nidda page 23a) que leurs yeux sont placés sur le devant comme [ceux] d'un homme, tel le karia et le kipoufa ; et dans [le traité] Berakhot, chapitre Ha-roeh (Berakhot page 57b), nous disons [que] toutes les espèces d'oiseaux sont bonnes [à voir] en rêve, hormis le karia et le kipoufa ; et il y a encore un autre kipouf qui est une bête sauvage (haya), comme nous disons aussi au chapitre Ha-roeh (là-même, voir [le] là-bas) [que] toutes les espèces de bêtes sauvages sont bonnes en rêve, hormis l'éléphant, le singe et le kipouf ; et de même au premier chapitre de Bekhorot (page 8a) : le lion, l'ours, le léopard (panthère), le singe et le kipouf — [leur gestation est] de trois ans.
💡 Explication

Abaye identifie : le baout des oiseaux est le kipouf (chouette/hibou), celui des reptiles est le kourpedai (taupe). Rav Yehouda identifie deux autres oiseaux de la liste : le kaat est le kouk, et le raham est le serakrak.

10
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: לָמָּה נִקְרָא שְׁמוֹ רָחָם? כֵּיוָן שֶׁבָּא רָחָם בָּאוּ רַחֲמִים לְעוֹלָם. אָמַר רַב בִּיבִי בַּר אַבָּיֵי: וְהוּא דְּיָתֵיב אַמִּידֵּי וְעָבֵיד ״שְׁרַקְרַק״, וּגְמִירִי דְּאִי יָתֵיב אַאַרְעָא וְשָׁרֵיק – אֲתָא מְשִׁיחָא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֶשְׁרְקָה לָהֶם וְאֶקְבְּצֵם״.

Rabbi Yo'hanan a dit : pourquoi son nom [est-il] appelé 'raham' ? Parce que [dès] que le raham vient, la miséricorde (rahamim) vient au monde.

Rav Bibi bar Abaye a dit : et [cela vaut] lorsqu'il se pose sur quelque chose et fait 'serakrak' [siffle]. Et il est tenu pour tradition (gemiri) que, s'il se pose à terre et siffle (chareik) — le Machiah est venu (vient), ainsi qu'il est dit : 'Je sifflerai vers eux et je les rassemblerai' (Zacharie 10:8).

📜 Rachi (5)
רַחֲמִים מָטָר:
Rahamim — la pluie.
אַמִּידִי עַל שׁוּם דָּבָר:
Sur quelque chose — sur un objet [posé].
וַעֲבִיד שְׁרַקְרַק כְּשֶׁהוּא מְצַפְצֵף נִשְׁמָע כְּאוֹמֵר שְׁרַקְרַק:
Et fait 'serakrak' — lorsqu'il gazouille, on l'entend comme [s']il disait 'serakrak'.
דְּאִי יָתֵיב אַאַרְעָא וְאֵינוֹ עוֹמֵד אֶלָּא יוֹשֵׁב וּמְצַפְצֵף סִימָן בְּשׁוּרָה הוּא:
[Que] s'il se pose à terre — et qu'il ne se tient pas debout mais [reste] assis (posé) et gazouille, c'est un signe de [bonne] nouvelle.
אַאַרְעָא שֶׁאֵין דַּרְכּוֹ כֵּן:
À terre — car ce n'est pas là sa manière [habituelle].
🪔 Ben Yehoyada (1)
כֵּיוָן שֶׁבָּאָה רֶחֶם, בָּאוּ רַחֲמִים לְעוֹלָם. נִרְאֶה לִי בס"ד בַּעֲבוּר בְּשׁוּרָה זוֹ שֶׁל מָטָר נִקְרָא רֶחֶם כִּי רֶחֶם [248] עַם הַכּוֹלֵל גֵּימַטְרְיָא מָטָר [249]. וְגַם בַּעֲבוּר בְּשׂוֹרָה שֶׁל גְּאֻולָּה נָמֵי נִקְרָא רֶחֶם כִּי הוּא מְבַשֵּׂר דַּאֲתָא מְשִׁיחָא דִּכְתִיב בֵּיהּ עָנִי וְרֹכֵב עַל חֲמוֹר (זְכַרְיָה ט, ט) וְרַחֵם בְּהִפּוּךְ אַתָּווָן חֲמוֹר אִם תַּנִּיחַ חול"ם לְמַעְלָה. וְעוֹד נִקְרָא רֶחֶם בַּעֲבוּר הַגְּאֻולָּה שֶׁתִּהְיֶה בִּזְכוּת קִיּוּם רמ"ח מִצְוֹת שֶׁהוּא סוֹד הַחֲסָדִים. גַּם תִּהְיֶה בִּזְכוּת הַתּוֹרָה שֶׁנִּקְרֵאת יַיִן שֶׁתַּרְגּוּמוֹ 'חֲמַר'. גַּם תִּהְיֶה בִּזְכוּת אַבְרָהָם [248] אָבִינוּ ע"ה שֶׁשְּׁמוֹ עוֹלֶה 'רֶחֶם' וּמָצִינוּ בְּפָרָשַׁת שְׁמִינִי (וַיִּקְרָא יא, יח) קְרָאוֹ רֶחֶם שֶׁהוּא לְשׁוֹן זָכָר וּבְפָרָשַׁת רָאָה (דְּבָרִים יד יז) קָרְאוּ רַחְמָהּ לְשׁוֹן נְקֵבָה וְהַיְינוּ כְּנֶגֶד שְׁנֵי בְּשׂוֹרוֹת טוֹבוֹת הַמֻּופְקָד עֲלֵיהֶם אַחַת שֶׁל גְּשָׁמִים שֶׁהִיא בְּשׁוּרָה לָאָרֶץ שֶׁהִיא נְקֵבָה כְּמוֹ שֶׁאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זִ"לִ (תַּעֲנִית ו:) מִטְרָא בַּעֲלָא דְּאַרְעָא אִיהוּ, וְאַחַת שֶׁל גְּאֻולָּה שֶׁהִיא בְּשׂוֹרָה לְיִשְׂרָאֵל שֶׁהֵם בְּסוּג זָכָר שֶׁנִּקְרָאִים 'בֵּן' מַה שֶׁאֵין כֵּן אוּמוֹת הָעוֹלָם נִקְרָאִים 'בָּנוֹת' כְּמוֹ שֶׁכָּתַב רַבֵּינוּ מָהָרָ"ם אַלְשֵׁיךְ זַ"ל עַל פָּסוּק בְּנוֹת יְרוּשָׁלִַ‍ם (שִׁיר הַשִּׁירִים א, ה) . וְהָא ' דְּיָתֵיב אַאַרְעָא ' לִרְמֹוז שֶׁהַגְּאֻולָּה תִּהְיֶה בִּזְכוּת הָעֲנָוָה שֶׁיִּכְלוּ גַּסֵּי הָרוּחַ וְהֶעָנָיו חוֹשֵׁב עַצְמוֹ כֶּעָפָר לָדוּשׁ וּכְמוֹ שֶׁאוֹמְרִים 'וְנַפְשִׁי כְּעָפָר לְכָל תִּהְיֶה' וְגַם יִהְיֶה כֵּן לִרְמֹוז עַל בֵּירוּר נִיצוֹצֵי קְדֻושָּׁה שֶׁנִּשְׁלַם הַבֵּירוּר אֲפִילּוּ מִן הַדּוֹמֵם שֶׁהוּא הֶעָפָר שֶׁאֵינוֹ מַאֲכַל בְּנֵי אָדָם וּבֵירוּרוֹ קָשֶׁה וְהַגְּאוּלָּה תְּלוּיָה בְּבֵירוּר וּכְמוֹ שֶׁאָמְרוּ עַל פָּסוּק (תְּהִלִּים קיג, ז) 'מְקִימִי מֵעָפָר דָּל' זֶה נִיצוֹץ הַקְּדֻושָּׁה וְאָז 'מֵאַשְׁפַּת יָרִים אֶבְיוֹן' אֵלּוּ יִשְׂרָאֵל וְלָכֵן יָתֵיב אַאַרְעָא וּשְׁרִיק לוֹמַר בָּזֶה הִתְנַעֲרִי מֵעָפָר קוּמִי (יְשַׁעְיָהוּ נב, ב) . וְהִנֵּה כַּאֲשֶׁר שׂוֹרֵק נִשְׁמַע כְּאִלּוּ אוֹמֵר ' שְׁרַקְרַק ' וְהַיְינוּ זוֹ הִיא בְּשׂוֹרָה שֶׁל הַגְּאֻולָּה שֶׁתִּהְיֶה לֶעָתִיד בְּאוֹת צָדִ"י דְּמִנִּצְפְךָ וּכְמוֹ שֶׁאָמְרוּ בְּפִרְקֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר שֶׁמִּסְּפָרוֹ תְּשַׁע מֵאוֹת שֶׁהוּא מִסְפַּר 'שְׁרַקְרַק' [900] וְלָכֵן גַּם בְּשׂוֹרַת הַגְּשָׁמִים תִּהְיֶה עַל יָדוֹ כִּי אָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל (תַּעֲנִית ח:) גָּדוֹל יוֹם הַגְּשָׁמִים כְּיוֹם קִבּוּץ גָּלִיּוֹת וּפֵירֵשׁ רַבֵּינוּ הָאֲרִ"י זַ"ל הַטַּעַם מִפְּנֵי שֶׁעַל יְדֵי הַגְּשָׁמִים יִהְיֶה בֵּירוּר נִיצוֹצֵי קְדֻושָּׁה מִן הַדּוֹמֵם שֶׁהוּא עֲפַר הָאָרֶץ. וְעוֹד נִרְאֶה לִי בס"ד הַטַּעַם שֶׁתִּהְיֶה בְּשׂוֹרַת הַגְּאֻולָּה עַל יְדֵי עוֹף כִּי כָּתוּב בְּסֵפֶר הַלְּקוּטִים פָּרָשַׁת שְׁמִינִי שֶׁהָעוֹף הוּא בִּיסוֹד וְלָכֵן עוֹף [156] בְּגֵימַטְרְיָא יוֹסֵף [156] שֶׁהוּא הַיְּסוֹד וְלָכֵן הוּא יְבַשֵּׂר עַל הַגְּאֻולָּה שֶׁתִּהְיֶה בָּאֶלֶף הַשִּׁישִּׁי שֶׁהוּא הַיְּסוֹד וְגַם עוֹד נָמֵי עַל פִּי מַה שֶׁאָמַר רַבֵּינוּ הָאֲרִ"י זַ"ל בְּשַׁעַר מַאַמְרֵי רַשְׁבִּ"י כָּל פִּדְיוֹן הוּא בְּמַלְכוּת וְכָל גְּאֻולָּה הִיא בִּיסוֹד בְּסוֹד הַכָּתוּב אִם יִגְאָלֵךְ טוֹב יִגְאָל (רוּת ג, יג) .
« Dès que le raham vient, la miséricorde (rahamim) vient au monde. » Il me paraît, avec l'aide du Ciel, que c'est en raison de cette nouvelle de la pluie qu'il est appelé rehem ; car rehem [248] avec l'unité du mot (am ha-kolel) a la même valeur (gematria) que matar (pluie) [249]. Et c'est aussi en raison de la nouvelle (besora) de la délivrance (guéoula) qu'il est nommé rehem, car il annonce que le Machiah vient, lui dont il est écrit « pauvre et monté sur un âne » (Zacharie 9, 9) ; or rahem, en inversant les lettres, [donne] hamor (âne), si l'on place le holam au-dessus. Il est en outre appelé rehem parce que la délivrance se réalisera par le mérite de l'accomplissement des 248 (ramah) commandements [positifs], qui est le secret (sod) des hassadim (les bontés [divines]). Elle adviendra aussi par le mérite de la Torah, qui est appelée « vin » (yayin), dont la traduction araméenne (targoum) est « hamar ». Elle adviendra encore par le mérite d'Abraham [248] notre père, paix sur lui, dont le nom a la valeur numérique de « rehem ». Et nous trouvons que, dans la parachat Chemini (Lévitique 11, 18), [l'Écriture] l'a appelé rehem, qui est une forme masculine, tandis que dans la parachat Reeh (Deutéronome 14, 17) [l'Écriture] l'a appelé rahama, forme féminine. Et cela correspond aux deux bonnes nouvelles dont il est chargé : l'une, celle des pluies, qui est une nouvelle pour la terre, laquelle est de genre féminin — comme l'ont dit nos Maîtres de mémoire bénie (Taanit 6b) « la pluie est l'époux de la terre » ; et l'autre, celle de la délivrance, qui est une nouvelle pour Israël, lequel est de catégorie masculine, [les fils d'Israël] étant appelés « fils » (ben), à la différence des nations du monde qui sont appelées « filles » (banot), comme l'a écrit notre maître le Maharam Alchikh, de mémoire bénie, sur le verset « filles de Jérusalem » (Cantique des cantiques 1, 5). Et [le détail] « qu'il se pose à terre » [vient] faire allusion au fait que la délivrance se réalisera par le mérite de l'humilité (anava) : que disparaissent les orgueilleux (les hautains d'esprit) et que l'humble se considère lui-même comme la poussière que l'on foule, ainsi qu'on le dit [dans la prière] « et que mon âme soit comme la poussière envers tous ». Et il en est aussi ainsi pour faire allusion au triage (berour) des étincelles de sainteté (nitsotsei kedoucha) : que le triage s'achève même [à partir] du règne minéral (domem), qui est la poussière, laquelle n'est pas nourriture pour les hommes et dont le triage est difficile ; or la délivrance dépend de ce triage, comme on l'a [expliqué] sur le verset (Psaumes 113, 7) « Il relève de la poussière le faible » — c'est l'étincelle de sainteté — et alors « du fumier Il élève le pauvre » — ce sont [les fils d']Israël. C'est pourquoi il se pose à terre et siffle, pour dire par là « secoue-toi de la poussière, lève-toi » (Isaie 52, 2). Et voici, lorsqu'il siffle, on l'entend comme s'il disait « serakrak » ; et c'est là la nouvelle de la délivrance qui adviendra dans l'avenir par la lettre tsadi de [la série des lettres finales] mintsapakh — comme on l'a dit dans les Pirkei de-Rabbi Eliezer — dont le nombre est neuf cents, qui est la valeur numérique de « serakrak » [900]. Et c'est pourquoi la nouvelle des pluies adviendra elle aussi par son entremise, car nos Maîtres de mémoire bénie ont dit (Taanit 8b) : « le jour des pluies est aussi grand que le jour du rassemblement des exilés » ; et notre maître l'Ari, de mémoire bénie, en a expliqué la raison : parce que c'est par le moyen des pluies que se fait le triage des étincelles de sainteté à partir du règne minéral, qui est la poussière de la terre. Et il me paraît encore, avec l'aide du Ciel, que la raison pour laquelle la nouvelle de la délivrance se fait par le moyen d'un oiseau (of) [tient à ce] qu'il est écrit dans le Sefer ha-Likoutim, parachat Chemini, que l'oiseau correspond au [sefira] Yesod (Fondement) ; c'est pourquoi of [156] a la même valeur numérique (gematria) que Yossef [156], qui est le Yesod, et c'est pourquoi c'est lui qui annoncera la délivrance, laquelle adviendra au sixième millénaire, qui est [lui aussi associé au] Yesod. Et de plus, selon ce qu'a dit notre maître l'Ari, de mémoire bénie, dans le Chaar Maamrei Rachbi, tout rachat (pidyon) est dans [la sefira] Malkhout (Royauté) et toute délivrance (guéoula) est dans [la sefira] Yesod, [conformément] au secret (sod) du verset « s'il te rachète (yigalekh), bien ; qu'il rachète (yigal) » (Routh 3, 13).
💡 Explication

Étymologie homilétique du raham (voir le schéma) : son arrivée annonce la miséricorde (rahamim) — la saison des pluies. Rav Bibi précise : c'est un signe de pluie lorsqu'il se pose sur un objet et siffle ('serakrak'). Et par tradition, s'il se pose à terre et siffle (posture inhabituelle), c'est le signe que le Machiah vient, d'après 'Je sifflerai vers eux et les rassemblerai'.

11
אֲמַר לֵיהּ רַב אַדָּא בַּר שִׁימִי לְמָר בַּר רַב אִידַאי: וְהָא הָהוּא דְּיָתֵיב בֵּי כְרָבָא וּשְׁרַק, וַאֲתָא גָּלָל אַפְסְקֵיהּ לְמוֹחֵיהּ! אֲמַר לֵיהּ: הַהוּא בַּיְידַא הֲוָה.

Rav Ada bar Chimi dit à Mar bar Rav Idai : mais voici qu'il y eut un certain [raham] qui se posa dans un champ labouré (bei karba) et siffla, et une pierre (galal) vint et lui fendit le crâne ! Il lui dit : celui-là était un menteur (baida).

📜 Rachi (3)
בֵּי כְּרָבָא חֲרִישָׁה:
Dans un champ labouré (bei karba) — un labour.
גְּלָלָא אֶבֶן גְּלָל מִן הַמָּרוֹם:
Une pierre (galla) — une pierre de roche [venue] d'en haut.
בְּדִייָא כְּמוֹ בָּדְאָה. בַּדַּאי וְשַׁקְרָן וּלְפִיכָךְ לָקָה:
Baida — comme 'badaa' (menteur) : menteur et trompeur, et c'est pourquoi il fut frappé.
💡 Explication

Objection de Rav Ada : un raham s'est jadis posé à terre dans un champ labouré en sifflant (signe annoncé du Machiah), et pourtant une pierre tomba et lui brisa le crâne — la 'prophétie' fut donc fausse. Réponse : ce raham-là était un menteur (baida), puni pour avoir prophétisé faussement.

12
תָּנוּ רַבָּנַן: ״עוֹרֵב״ – זֶה עוֹרֵב, ״אֶת כָּל עוֹרֵב״ – לְהָבִיא עוֹרֵב הָעֲמֵקִי, ״לְמִינוֹ״ – לְהָבִיא עוֹרֵב הָבֵא בְּרָאשֵׁי יוֹנִים.

Nos Maîtres ont enseigné : 'le orev (corbeau)' — c'est le corbeau ; 'et tout orev' — pour inclure le corbeau de la vallée (orev ha-amki) ; 'selon son espèce (le-mino)' — pour inclure le corbeau qui vient à [avec] des têtes de pigeons.

📜 Rachi (1)
הָעֲמֵקַי וְרָאשֵׁי יוֹנִים לְקַמֵּיהּ מְפָרֵשׁ:
Le [corbeau] de vallée (amki) et [le corbeau à] têtes de pigeons — [cela] sera expliqué plus loin.
💡 Explication

Exégèse du verset 'tout orev selon ses espèces' (Lévitique 11:15). 'Le orev' = le corbeau [ordinaire]. 'Tout orev' inclut le corbeau de vallée (orev ha-amki). 'Selon son espèce' inclut le corbeau à tête de pigeon. Trois sous-types rangés parmi les oiseaux impurs.

13
אָמַר מַר: ״עוֹרֵב״ – זֶה עוֹרֵב. אַטּוּ קַמַּן קָאֵי? אֶלָּא אֵימָא: ״עוֹרֵב״ – זֶה עוֹרֵב אֻוכָּמָא, וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״קְוֻצּוֹתָיו תַּלְתַּלִּים שְׁחֹרוֹת כָּעוֹרֵב״. הָעֲמֵקִי – חִיווָּרָא, וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״וּמַרְאֵהוּ עָמֹק מִן הָעוֹר״, כְּמַרְאֵה חַמָּה הָעֲמֻוקָּה מִן הַצֵּל.

Le Maître a dit : 'le orev' — c'est le corbeau. Est-ce donc qu'il se tient devant nous [pour qu'on le désigne ainsi] ?

Plutôt, dis : 'le orev' — c'est le corbeau noir (oukma), et ainsi est-il dit : 'ses boucles [sont] flottantes (touffues), noires comme un corbeau' (Cantique 5:11). Le [corbeau] de vallée (amki) — c'est le [corbeau] blanc (hivara), et ainsi est-il dit : 'et son aspect [est] plus profond (amok) que la peau' (Lévitique 13:30), [c'est-à-dire] comme l'aspect du soleil, [qui est] plus profond [enfoncé] que l'ombre.

📜 Rachi (2)
אַטּוּ קַמַּן קָאֵי כֵּיוָן דִּלְמִינֵהוּ נָמֵי עוֹרֵב קָא מִפָּרָשַׁת לֵיהּ וְעוֹרֵב קַמָּא דְּלָא יְהַבְתְּ בֵּיהּ סִימָנָא הֵי נִיהוּ וְכִי בְּיָדוֹ הָיָה הַתַּנָּא אוֹחֲזוֹ וּמַרְאֶה זֶה עוֹרֵב סְתָם הָיָה לוֹ לוֹמַר עוֹרֵב זֶה עוֹרֵב פְּלוֹנִי:
Est-ce donc qu'il se tient devant nous — puisque, pour 'selon ses espèces' aussi, tu l'expliques [comme] corbeau, alors le premier 'orev', auquel tu ne donnes pas de signe, lequel est-ce ? et est-ce que le Tana le tenait en main et [le] montrait [pour pouvoir dire] 'c'est le corbeau' tout court ? il aurait dû dire 'orev — c'est le corbeau un tel (précis)'.
חַמָּה אֵצֶל צֵל נִרְאֵית עֲמֻוקָּה וְכֵן כָּל לָבָן וְשָׁחוֹר בְּבָשָׂר נִרְאֶה הַלָּבָן עָמֹוק כָּךְ בַּהֶרֶת לְבָנָה הִיא:
Le soleil auprès de l'ombre paraît profond (enfoncé), et de même tout [contraste de] blanc et de noir dans la chair : le blanc paraît profond ; ainsi la bahereth (tache lépreuse) est blanche.
💡 Explication

Difficulté : dire 'le orev c'est le corbeau' n'apprend rien (le corbeau n'est pas devant nous pour qu'on le montre du doigt). Donc : 'le orev' = le corbeau noir (oukma), d'après 'noir comme un corbeau' (Cantique). Le corbeau de vallée (amki) = le corbeau blanc (hivara) : le mot 'profond' (amok), employé pour la lèpre, évoque le blanc, car la zone au soleil paraît plus enfoncée que l'ombre — d'où le lien entre 'vallée/profondeur' et la couleur blanche.

14
וְעוֹרֵב הַבָּא בְּרָאשֵׁי יוֹנִים, אָמַר רַב פָּפָּא: לָא תֵּימָא דְּאָתֵי בְּרֵישׁ יוֹנֵי, אֶלָּא דְּדָמֵי רֵישֵׁיהּ לִדְיוֹנָה.

Et [quant au] corbeau qui vient à des têtes de pigeons, Rav Papa a dit : ne dis pas qu'il vient à la tête des pigeons (parmi eux), mais [dis] que sa tête ressemble à [celle d']un pigeon (yona).

📜 Rachi (1)
בְּרֵישׁ יְוָנִי לִפְנֵי הַיּוֹנִים:
À des têtes de pigeons — [signifierait] devant les pigeons [parmi eux].
💡 Explication

Rav Papa précise l'expression 'corbeau qui vient à des têtes de pigeons' : il ne s'agit pas d'un corbeau qui vit parmi les pigeons, mais d'un corbeau dont la tête ressemble à celle d'un pigeon.

15
תָּנוּ רַבָּנַן: ״הָנֵץ״ – זֶה הָנֵץ, ״לְמִינֵהוּ״ – לְהָבִיא אֶת בַּר חִירְיָא. מַאי בַּר חִירְיָא? אָמַר אַבַּיֵּי: שׁוּרִינְקָא.

Nos Maîtres ont enseigné : 'le netz' — c'est le netz (épervier) ; 'selon ses espèces (le-minehou)' — pour inclure le bar hiria. Qu'est-ce que le bar hiria ?

Abaye a dit : le chourinka.

📜 Rachi (2)
זֶה הַנֵּץ אשפרוי"ר:
C'est le netz — [en vernaculaire l'épervier].
בַּר חִירְיָא שְׁרִינְקָא. וְהָכָא לֵיכָּא לְאַקְשׁוּיֵי אַטּוּ קַמַּן קָאֵי דְּהָא לָא קָאָמַר לְמִינֵהוּ זֶה נֵץ פְּלוֹנִי ש"מ אֵין לְךָ קָרוּי נֵץ אֶלָּא אֶחָד:
Le bar hiria — le chourinka. Et ici il n'y a pas lieu d'objecter 'est-ce donc qu'il se tient devant nous', car [le Tana] ne dit pas 'selon ses espèces [pour inclure] le netz un tel (précis)' : apprends-en qu'il n'y a qu'un seul [oiseau] appelé netz.
🗂️ Tossefot (2)
הַנֵּץ זֶה הַנֵּץ הָכָא לֹא שַׁיָּיךְ לְמִיפְרַךְ אַטּוּ קַמַּן קָאֵי דְּקָאָמַר זֶה הַנֵּץ דְּהָא קָאָמַר זֶה הַנֵּץ זֶהוּ אוֹתָן שֶׁקּוֹרִין נֵץ אֲבָל לְעֵיל דְּעוֹרֵב הָעֲמֵקִי נָמֵי קָרוּי עוֹרֵב שַׁיָּיךְ לְמִפְרַךְ מַה זֶה מְפֹורָשׁ יוֹתֵר מִזֶּה:
Le netz — c'est le netz — ici il n'y a pas lieu d'objecter 'est-ce donc qu'il se tient devant nous', [contrairement à ce] qu'il dit [pour 'le orev — c'est le corbeau'], car il dit 'c'est le netz' [au sens de] : c'est celui qu'on appelle netz ; mais plus haut, où le corbeau de vallée aussi est appelé 'corbeau', il y a lieu d'objecter : en quoi celui-ci est-il plus explicite (défini) que celui-là ?
נֵץ פֵּירֵשׁ בַּקְּוַנְט' אשפרוי"ר וְאִי אֶפְשָׁר לוֹמַר כֵּן דְּהָא נֵץ הוּא מי"ט עוֹפוֹת וְאֵינָן דּוֹרְסִין כִּדְפֵירֵשׁ לְעֵיל וְחָזֵינַן לֵיהּ דאשפרוי"ר דָּרֵיס בֵּין לְפֵירוּשׁ הַקּוּנְטְרֵס בֵּין לְפֵירוּשׁ ר"ת שֶׁלֻּוכַּד הָעוֹף וְאוֹכְלוֹ מֵחַיִּים וּכְמוֹ כֵּן טוֹעִין גַּבֵּי נֶשֶׁר שֶׁקּוֹרִין אייגל"א וְאֵינוֹ דְּנָשַׁר יֵשׁ לוֹ ד' סִימָנֵי טֻומְאָה ואייגל"א יֵשׁ לוֹ אֶצְבַּע יְתֵירָה וְכֵן אָמַר דְּקוֹרֵא הוּא קוק"ו בְּלַעַז וְאֵינוֹ דְּאוֹתוֹ קוק"ו בְּחֶזְקַת טָמֵא מַחְזְקִינַן וְקוֹרָא טָהוֹר הוּא כִּדְמוֹכַח בְּפֶ' שִׁילּוּחַ הַקֵּן (לְקַמָּן חֻולִּין קלח: קמ:) דְּר' אֱלִיעֶזֶר מְחַיֵּיב בְּשִׁילּוּחַ מִפְּנֵי שֶׁהוּא טָהוֹר וְרַבָּנָן לָא פְלִיגִי אֶלָּא מִפְּנֵי דְּרוֹבֵץ עַל בֵּיצִים שֶׁאֵינָן שֶׁלּוֹ אֲבָל כּוּלְּהוּ מוֹדוּ דְּגוּפוֹ טָהוֹר:
Le netz — le Commentateur (Rachi) a expliqué [en vernaculaire 'épervier'], et il n'est pas possible de dire ainsi, car le netz est [l'un] des dix-sept (?) [vingt-quatre] oiseaux [impurs] et ils ne déchirent pas [leur proie] (ne sont pas des rapaces), comme il l'a expliqué plus haut ; or nous voyons que l'épervier déchire, tant selon l'explication du Commentateur (Rachi) que selon l'explication de Rabbenou Tam, [à savoir] qu'il capture l'oiseau et le mange vivant. De même on se trompe au sujet du nesher (aigle), qu'on appelle [en vernaculaire 'aigle'], et ce n'est pas [exact], car le nesher a quatre signes d'impureté, tandis que l'aigle [vernaculaire] a un doigt surnuméraire ; et de même on a dit que le kore (perdrix) est [en vernaculaire le] 'coucou', et ce n'est pas [exact], car ce coucou-là nous le tenons pour [présumé] impur, alors que le kore est pur, comme [cela] ressort au chapitre Chilouah ha-Ken (plus loin, Houlin 138b, 140b), [où] Rabbi Eliezer rend [son nid] passible du renvoi [de la mère] (chilouah) parce qu'il est pur, et les Sages ne divergent qu'en raison de ce qu'il couve des œufs qui ne sont pas les siens, mais tous reconnaissent que son corps [lui-même] est pur.
💡 Explication

Exégèse du verset 'le netz selon ses espèces' (Lévitique 11:16). 'Le netz' = l'épervier. 'Selon ses espèces' inclut le bar hiria, identifié par Abaye au chourinka.

16
אָמַר רַב יְהוּדָה: ״הַחֲסִידָה״ – זוֹ דַּיָּה לְבָנָה. לָמָּה נִקְרָא שְׁמָהּ חֲסִידָה? שֶׁעוֹשָׂה חֲסִידוּת עִם חַבְרוֹתֶיהָ. ״הָאֲנָפָה״ – זוֹ דַּיָּה רַגְזָנִית. לָמָּה נִקְרָא שְׁמָהּ אֲנָפָה? שֶׁמְּנָאֶפֶת עִם חַבְרוֹתֶיהָ.

Rav Yehouda a dit : 'la hassida' — c'est la diya (milan) blanche. Pourquoi son nom [est-il] appelé hassida ?

Parce qu'elle pratique la piété (hassidout) envers ses compagnes [en partageant sa nourriture]. 'La anafa' — c'est la diya querelleuse (irascible). Pourquoi son nom [est-il] appelé anafa ?

Parce qu'elle se querelle (menaéfet) avec ses compagnes.

📜 Rachi (2)
חֲסִידוּת מְחַלֶּקֶת מְזוֹנוֹתֶיהָ:
Hassidout — elle partage sa nourriture.
שֶׁמְּנָאֶפֶת כְּמוֹ הִתְאַנַּף בֵּי (דְּבָרִים ד):
Qu'elle se querelle (menaéfet) — comme 'hitanaf bi' (Il s'est irrité contre moi) (Deutéronome 4).
💡 Explication

Étymologies du verset 'la hassida et la anafa selon ses espèces' (Lévitique 11:19). La hassida est la diya blanche (milan), ainsi nommée parce qu'elle pratique la piété (hassidout) en partageant sa nourriture avec ses semblables. La anafa est la diya irascible, ainsi nommée parce qu'elle se querelle (menaéfet) avec ses semblables.

17
אָמַר רַב חָנָן בַּר רַב חִסְדָּא אָמַר רַב חִסְדָּא אָמַר רַב חָנָן בְּרֵיהּ דְּרָבָא אָמַר רַב: עֶשְׂרִים וְאַרְבָּעָה עוֹפוֹת טְמֵאִין הֵן. אֲמַר לֵיהּ רַב חָנָן בַּר רַב חִסְדָּא לְרַב חִסְדָּא: דְּהֵיכָא? אִי דְּוַיִּקְרָא – עֶשְׂרִים הָווּ, אִי דְּמִשְׁנָה תּוֹרָה – עֶשְׂרִים וְחַד הָווּ, וְכִי תֵּימָא דָּאָה דִּכְתִיבָא בְּוַיִּקְרָא וְלָא כְּתִיבָא בְּמִשְׁנֵה תוֹרָה שִׁדְיַיהּ עֲלַייְהוּ – אַכַּתִּי עֶשְׂרִין וּתְרֵין הָווּ!

Rav Hanan bar Rav Hisda a dit au nom de Rav Hisda au nom de Rav Hanan fils de Rava au nom de Rav : il y a vingt-quatre oiseaux impurs. Rav Hanan bar Rav Hisda dit à Rav Hisda [son père] : où (d'où) [ce compte] ?

Si [c'est d'après la liste] du Lévitique — [il y en a] vingt ; si [c'est d'après celle] du Deutéronome — [il y en a] vingt-et-un ; et si tu dis [qu'on ajoute] la 'daa', qui est écrite dans le Lévitique et n'est pas écrite dans le Deutéronome, [pour] la jeter sur eux (l'ajouter) — [il y en a] encore [seulement] vingt-deux !

📜 Rachi (1)
בְּסֵפֶר וַיִּקְרָא כְּתִיב וְאֶת הַדָּאָה וְאֶת הָאַיָּה לְמִינָהּ וּבְמִשְׁנָה תּוֹרָה כְּתִיב וְהָרָאָה וְאֶת הָאַיָּה וְהַדַּיָּה לְמִינָהּ:
Dans le livre du Lévitique il est écrit 'et la daa et la aya selon son espèce', et dans le Deutéronome il est écrit 'et la raa et la aya et la diya selon son espèce'.
💡 Explication

Rav transmet : il y a vingt-quatre oiseaux impurs. Objection sur le compte (voir le schéma) : la liste du Lévitique en donne 20, celle du Deutéronome en donne 21 ; même en ajoutant la daa (présente dans le Lévitique, absente du Deutéronome), on n'atteint que 22. D'où viennent les 24 ?

18
אֲמַר לֵיהּ: הָכִי אָמַר אֲבוּהּ דְּאִמָּךְ מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב: ״לְמִינָהּ״ ״לְמִינָהּ״ ״לְמִינוֹ״ ״לְמִינֵהוּ״ – הֲרֵי כָּאן אַרְבַּע. אִי הָכִי עֶשְׂרִין וְשֵׁית הָווּ? אָמַר אַבַּיֵּי: דָּאָה וְרָאָה אַחַת הִיא, דְּאִי סָלְקָא דַּעְתָּךְ תַּרְתֵּי אִינּוּן,

Il lui dit : ainsi a dit le père de ta mère au nom de Rav : 'selon son espèce', 'selon son espèce', 'selon son espèce', 'selon ses espèces' — voici ici quatre [ajouts]. S'il en est ainsi, [il y en a] vingt-six !

Abaye a dit : la daa et la raa sont une seule [et même bête] ; car si tu venais à penser [qu']elles sont deux,

📜 Rachi (2)
אַבֹּוהַּ דְּאִמְּךָ רַב חָנָן בַּר רַבָּה שֶׁהָיָה חֻמּוּהָ דְּרַב חִסְדָּא בַּעֲשָׂרָה יוּחֲסִין (קִדּוּשִׁין דַּף פא:): דְּהָאֲנָפָה לְמִינָהּ דְּאַיָּה דְּוַיִּקְרָא לְמִינָהּ לְמִינוֹ דְּעוֹרֵב לְמִינֵהוּ דְּנֵץ:
Le père de ta mère — Rav Hanan bar Rava, qui était le beau-père de Rav Hisda, [comme il ressort] dans [le chapitre] Assara Yohassin (Kiddouchin page 81b). [Les quatre 'selon son espèce' sont :] [celui] de la anafa 'selon son espèce', [celui] de la daa du Lévitique 'selon son espèce', [celui] du orev 'selon son espèce', [celui] du netz 'selon ses espèces'.
דָּאָה דְּוַיִּקְרָא וּרְאֵה דְּמִשְׁנָה תּוֹרָה אַחַת הִיא:
La daa — [celle] du Lévitique — et la raa du Deutéronome sont une seule [et même bête].
💡 Explication

Réponse : les quatre occurrences de 'selon son espèce' (le-mino, sur anafa, daa, orev, netz) ajoutent chacune une espèce : +4, soit 22 + 4 = 26. Mais alors le compte dépasse 24 ! Abaye résout : la daa (du Lévitique) et la raa (du Deutéronome) sont un seul et même oiseau ; il faut donc retrancher ce doublon (-2), ce qui ramène à 24. Le raisonnement d'Abaye se poursuit au daf suivant.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).