Chullin 71b — l'impureté et la pureté encapsulées (touma bloua / tohora bloua) : le corps qui protège ce qu'il contient

Chullin 71b

Sougya : La sougya étend, de proche en proche par kal va-homer, le principe de Rabba : ce qui est 'encapsulé' (bloué) dans un corps est neutralisé — un objet impur avalé n'impurifie pas vers l'extérieur, et un objet pur avalé n'est pas atteint par l'impureté du dehors. Point de départ : le vase de terre scellé (tsamid patil) qui protège ce qu'il contient ; on en déduit l'intérieur (tokh) de l'homme, contre une objection (l'homme s'impurifie par son dos, pas le vase) écartée car il s'agit de l'intérieur.

On étend ensuite du bloué par en haut (la bouche) au bloué par en bas (la digestion y est plus forte), puis de l'homme à la bête (qui ne s'impurifie pas de son vivant), via une discussion sur le temps de séjour (chehiya) requis dans la maison lépreuse et la michna des Negaim (habits, sandales, bagues). Enfin Rava objecte que les deux lois sont déjà dans deux michnayot (la bague impure avalée, la bague pure avalée) ; réponse : Rabba enseigne le cas inédit des deux bagues avalées, l'une impure l'autre pure, où l'impure n'impurifie pas la pure.

La chaîne de kal va-homer du bloué (ce qui est encapsulé) point de départ : le vase de terre scellé (tsamid patil) protège ce qui est en lui Vase de terre scellé protège la pureté en lui Homme : tokho (intérieur) protège pureté ET impureté k.v.h. Bloué par en haut avalé par la bouche Bloué par en bas introduit par le bas k.v.h. (en bas la digestion est plus forte) Bloué dans l'homme impur même vivant Bloué dans la bête non impure de son vivant k.v.h. Conclusion tout corps qui encapsule protège ce qu'il contient : l'impur n'impurifie pas le pur n'est pas impurifie homme, puis bête
La chaîne de kal va-homer (segments 0-9) : du vase de terre scellé jusqu'à la bête, en passant par l'intérieur de l'homme, le haut et le bas, établissant que tout corps encapsulant protège ce qu'il contient.
Les deux michnayot de bague avalée, et le hidouch de Rabba Bague IMPURE avalée il s'immerge et mange sa terouma l'impureté bloue n'impurifie pas l'homme l'a-t-il vomie : impure, elle l'impurifie à la sortie Bague PURE avalée il entre sous la tente du mort, on l'asperge (3e et 7e jour), il s'immerge puis la vomit elle est comme avant : PURE la pureté bloue n'est pas impurifiée par le corps Hidouch de Rabba il a avalé DEUX bagues : une impure, une pure, qui se touchent l'impure n'impurifie pas la pure non enseigné par les michnayot Rava : les deux lois sont déjà dans la michna -> réponse : Rabba parle du cas inédit des deux bagues, où ni l'argument de bet ha-setarim ni le kal va-homer du tsamid patil ne suffisent.
Les deux michnayot de bague avalée (segments 11-12) et le véritable apport de Rabba (segment 13) : le cas des deux bagues.
1
אדם שמציל על טומאה שבתוכו מלטמא – אינו דין שמציל על טהרה שבתוכו מליטמא?

Un homme, qui protège l'impureté contenue en lui de [pouvoir] impurifier — n'est-il pas logique qu'il protège la pureté contenue en lui d'être impurifiée ?

📜 Rachi (1)
אדם שמעכב טומאה שבתוכו מלטמא אינו דין שמציל על טהרה שבתוכו מליטמא משום בלוע:
Un homme — qui retient l'impureté contenue en lui de [pouvoir] impurifier, n'est-il pas logique qu'il protège la pureté contenue en lui d'être impurifiée, en raison de [son être] encapsulé (bloué) ?
💡 Explication

Suite du raisonnement de Rabba (commencé en 71a). On a déjà déduit qu'un homme protège (mevatel) l'impureté qu'il a avalée : un objet impur encapsulé (bloué) en lui n'impurifie pas l'extérieur. La Guemara infère à fortiori (kal va-homer) que, de la même manière, un objet pur avalé doit être protégé de toute impureté venue du dehors.

2
מה לכלי חרס, שכן אין מטמא מגבו, תאמר באדם שמטמא מגבו?

Qu'y a-t-il de [particulier] au vase de terre (kli hères), [à savoir] qu'il ne s'impurifie pas par son dos ? Diras-tu [de même] pour l'homme, qui s'impurifie par son dos ?

📜 Rachi (1)
מה לכלי חרס דין הוא שיציל על טהרה שבתוכו שכן יש בו צד קל אחר שאינו מטמא מגבו:
Qu'y a-t-il de [particulier] au vase de terre — il est logique qu'il protège la pureté contenue en lui, car il y a en lui un autre côté léger : qu'il ne s'impurifie pas par son dos.
💡 Explication

Objection. Le principe de protection est tiré du vase de terre (kli hères) scellé (segment suivant rappellera le tsamid patil). Or le vase de terre a une légèreté propre : il ne s'impurifie pas par son extérieur (gav), seulement par son intérieur. L'homme, lui, s'impurifie par son dos (au contact extérieur) — on ne peut donc lui appliquer une indulgence propre au vase.

3
אטו אנן מגבו קאמרינן? מתוכו קאמרינן!

Est-ce que c'est de son dos que nous parlons ? C'est de son intérieur que nous parlons !

📜 Rachi (2)
אטו אנן מגבו קאמרינן מי ילפינן גב אדם מגב כלי חרס דתיפרוך הכי:
Est-ce que c'est de son dos que nous parlons — apprenons-nous le dos de l'homme du dos du vase de terre, pour que tu objectes ainsi ?
מתוכו קאמרינן תוך דאדם גמרינן מתוך כלי חרס וכ"ש דקל וחומר אלימא הוא דאדרבה תוך כלי חרס חמור מתוכו של אדם:
C'est de son intérieur que nous parlons — l'intérieur de l'homme, nous le dérivons de l'intérieur du vase de terre ; et à plus forte raison [ce] kal va-homer est-il fort, car au contraire l'intérieur du vase de terre est plus sévère que l'intérieur de l'homme.
🗂️ Tossefot (1)
אטו אנן מגבו קאמרינן מתוכו קאמרינן תימה מה נפשך מ"מ פריך שפיר דאיך תעבור הטומאה כיון דגבו טהור ויש לומר דאדם נמי תוכו טהור מציל ואיכא למיעבד ק"ו הכי ומה כלי חרס המוקף צמיד פתיל שאין גבו מציל לחוץ בפני הטומאה שבתוכו מלטמא מציל (תוכו) על טהרה שבתוכו מליטמא תוכו של אדם שמציל וחוצץ בפני הטומאה שבתוכו מלטמא אינו דין שיציל תוכו על טהרה שבתוכו מליטמא וא"ת כיון דהא דהאדם מציל על טהרה שבתוכו היינו מקל וחומר דכלי חרס א"כ נימא דיו ולא יציל על טהרה שבתוכו מליטמא בהיסט הזב כמו כלי חרס המוקף צמיד פתיל דמיטמא בהיסט הזב כדאמרינן בסוף הנזקין (גיטין סא:) וליחוש שמא הסיטה אשתו נדה ואילו בתוספת' דאהלו' (פט"ו) תני בהדיא דאדם מציל על טהרה שבתוכו מליטמא בהיסט הזב דאמרו להם בית הלל אי אתם מודים בבליעת טבעת ונכנס לאהל המת כו' אמרו להם בית שמאי לא אם אמרת בטבעת שהיא טהורה בהיסט וי"ל דעבדי ק"ו מפכים קטנים המוקף צמיד פתיל דאפילו בלא היקף טהורים במשא הזב לפי שאין באים לכלל מגע לפי שאין סופן להפתח ואת שאינו בא לכלל מגע אינו בא לכלל משא כדאמר בהעור והרוטב (לקמן חולין דף קכד:):
Est-ce que c'est de son dos que nous parlons, c'est de son intérieur que nous parlons — [c'est] étonnant : de toute façon (mah nafchakh), il objecte à bon droit, car comment l'impureté passerait-elle, puisque son dos est pur ? Et l'on peut dire que l'homme aussi, son intérieur étant pur, protège, et l'on peut faire ainsi un kal va-homer : si le vase de terre entouré d'un couvercle scellé (tsamid patil), dont le dos ne protège pas vers l'extérieur, protège l'impureté contenue en lui de [pouvoir] impurifier [et] protège (son intérieur) la pureté contenue en lui d'être impurifiée — l'intérieur de l'homme, qui protège et fait écran à l'impureté contenue en lui de [pouvoir] impurifier, n'est-il pas logique que son intérieur protège la pureté contenue en lui d'être impurifiée ? Et si tu objectes : puisque ce que l'homme protège la pureté contenue en lui [découle] du kal va-homer du vase de terre, alors disons 'il suffit' (dayo) et qu'il ne protège pas la pureté contenue en lui d'être impurifiée par le déplacement du zav (heset ha-zav), comme le vase de terre entouré d'un couvercle scellé, qui s'impurifie par le déplacement du zav, comme nous le disons à la fin de [chapitre] ha-Nizakin (Guittin 61b) — et craignons qu'il ne l'ait déplacée tandis que sa femme était nidda ; alors que dans la Tossefta d'Ohalot (chapitre 15) il est enseigné explicitement que l'homme protège la pureté contenue en lui d'être impurifiée par le déplacement du zav, [car] Beit Hillel leur dirent : ne reconnaissez-vous pas le cas de l'avalement d'une bague et de l'entrée sous la tente du mort, etc. ; Beit Chammai leur dirent : non, si tu [le] dis pour une bague, c'est qu'elle est pure par [rapport au] déplacement. Et l'on peut dire qu'ils font un kal va-homer à partir des petites cruches (pakim ketanim) entourées d'un couvercle scellé, qui, même sans couvercle, sont pures [vis-à-vis] du déplacement du zav, parce qu'elles ne viennent pas au stade du contact, du fait qu'elles ne sont pas destinées à être ouvertes ; et ce qui ne vient pas au stade du contact ne vient pas au stade du déplacement, comme on le dit dans [chapitre] ha-Or ve-ha-Rotev (plus loin, Houlin 124b).
💡 Explication

Réfutation de l'objection. On ne compare nullement le dos de l'homme au dos du vase. Le raisonnement porte sur l'intérieur (tokh) : l'intérieur de l'homme se déduit de l'intérieur du vase de terre. Et là, le kal va-homer est même plus fort, car l'intérieur du vase de terre est plus sévère (il s'impurifie par l'air) que l'intérieur de l'homme.

4
אדרבה, כלי חרס חמור, שכן מטמא מאוירו.

Au contraire, le vase de terre est [plus] sévère, car il s'impurifie par son air (avir).

📜 Rachi (1)
שכן מטמא מאוירו בלא נגיעה מה שאין כן באדם הלכך קל וחומר מה אויר כלי חרס שאינו מבליע טומאה שבו מלטמא מבליע טהרה שבו מליטמא אדם שמבליע טומאה שבתוכו מלטמא אינו דין שיציל על טהרה שבו מליטמא הואיל וקל הוא שאין מקבל אויר האדם טומאה לעולם:
Car il s'impurifie par son air — sans contact, ce qui n'est pas le cas de l'homme. Donc kal va-homer : si l'air du vase de terre, qui ne fait pas écran à l'impureté qui s'y trouve de [pouvoir] impurifier, fait écran à la pureté qui s'y trouve de [pouvoir] être impurifiée — l'homme, qui fait écran à l'impureté contenue en lui de [pouvoir] impurifier, n'est-il pas logique qu'il protège la pureté contenue en lui d'être impurifiée, puisqu'il est léger, l'air de l'homme ne recevant jamais l'impureté ?
💡 Explication

La Guemara renforce : l'intérieur du vase de terre est en réalité plus sévère que celui de l'homme, car il s'impurifie par la simple présence d'une impureté dans son air intérieur (avir), sans contact. L'homme, lui, n'est impurifie par l'air interne (par exemple dans sa bouche) que par contact réel. Le kal va-homer reste donc valide.

5
אשכחן בלוע דלמעלה, בלוע דלמטה מנלן? קל וחומר: ומה למעלה, שאינו עושה עיכול – מציל, למטה שעושה עיכול – אינו דין שמציל?

Nous avons trouvé le [cas du] bloué [introduit] par en haut ; le bloué [introduit] par en bas, d'où [le savons-nous] ? Kal va-homer : si par en haut, qui ne produit pas de digestion (ikoul) — [le corps] protège, par en bas, qui produit la digestion — n'est-il pas logique qu'il protège ?

📜 Rachi (3)
דלמעלה דרך פיו כדכתיב (ויקרא יא) והאוכל מנבלתה:
[Introduit] par en haut — par sa bouche, comme il est écrit (Lévitique 11) 'et celui qui mange de sa charogne'.
דלמטה תחב לו דרך בית הריעי עד שנבלע וכגון שהיה תחוב בשפופרת ולא טימאו בכניסתו במגע:
[Introduit] par en bas — il [le] lui a enfoncé par l'orifice anal (beit ha-rei'i) jusqu'à ce qu'il soit encapsulé, et par exemple [le cas] où il était enfoncé dans un tube (chefoferet), de sorte qu'il ne l'a pas impurifie à son entrée par contact.
מנין שלאחר מכאן לא יטמאנו במשא הואיל ובלוע:
D'où [le savons-nous] — qu'ensuite il ne l'impurifiera pas par déplacement (massa), puisqu'il est encapsulé.
🗂️ Tossefot (1)
דלמטה מנא לן דבלוע דלמטה נמי טהור כדמוכח מתניתין דעובר וחיה נמי דטמאה היינו מדרבנן כדלקמן ועוד דהשתא ס"ד דרבה מודה בשתי טבעות וחיה היא כשתי טבעות:
[Introduit] par en bas, d'où [le savons-nous] — que le bloué d'en bas aussi est pur, comme cela ressort de la michna [traitant] de l'embryon (oubar) et de la bête (haya), [où] le fait qu'[ils sont] impurs est [seulement] d'ordre rabbinique, comme [il sera dit] plus loin. Et de plus, [c'est] que pour l'instant on pourrait penser (sad) que Rabba admet [la règle] dans le cas des deux bagues, et la bête est comme [le cas des] deux bagues.
💡 Explication

Extension : on a établi le cas de l'objet avalé par en haut (par la bouche). D'où tire-t-on le cas de l'objet introduit par en bas (par le rectum, sans contact à l'entrée) ? Par kal va-homer : si le haut, qui ne digère pas, protège déjà, le bas, qui digère, protège à plus forte raison.

6
כלום עושה עיכול למטה אלא על ידי מעלה? אפילו הכי, עיכול דלמטה רב.

Est-ce que [le corps] produit la digestion par en bas, sinon par le moyen de l'en-haut ? Malgré cela, la digestion d'en bas est grande.

📜 Rachi (2)
אלא ע"י מעלה אם לא יכנס דרך הפה לא יתעכל במעיים לעולם:
Sinon par le moyen de l'en-haut — si [l'aliment] n'entre pas par la bouche, il ne se digère jamais dans les intestins.
עיכול דלמטה רב בפה אינו מתעכל כל כך עד שיורד למטה:
La digestion d'en bas est grande — dans la bouche [l'aliment] ne se digère pas tant, jusqu'à ce qu'il descende en bas.
💡 Explication

Difficulté sur le kal va-homer : la digestion du bas ne s'opère que grâce au haut (mastication, début de digestion par la bouche) — le haut n'est donc pas si dépourvu de digestion. Réponse : malgré cela, la digestion du bas est plus grande ; le kal va-homer tient.

7
אשכחן בלוע דאדם, בלוע דבהמה מנלן? קל וחומר: ומה אדם שמטמא מחיים מציל בבלוע, בהמה שאינה מטמאה מחיים – אינו דין שתציל בבלוע?

Nous avons trouvé le [cas du] bloué dans l'homme ; le bloué dans la bête, d'où [le savons-nous] ? Kal va-homer : si l'homme, qui s'impurifie de son vivant, protège ce qui [est] encapsulé [en lui], la bête, qui ne s'impurifie pas de son vivant — n'est-il pas logique qu'elle protège ce qui [est] encapsulé [en elle] ?

🗂️ Tossefot (1)
בלוע בבהמה מנא לן דבהמה לא מטמא כדמוכח ההוא כלב דאכל בשר המת לקמן בהעור והרוטב (חולין דף קכו.):
Le bloué dans la bête, d'où [le savons-nous] — que la bête n'impurifie pas, comme cela ressort de ce chien qui mangea de la viande du mort, plus loin dans [chapitre] ha-Or ve-ha-Rotev (Houlin 126a).
💡 Explication

Nouvelle extension : on a établi le bloué dans l'homme ; d'où le bloué dans la bête ? Kal va-homer : l'homme s'impurifie de son vivant (lépreux, zav) et protège pourtant ce qui est encapsulé ; la bête, qui ne s'impurifie pas vivante, le protège à plus forte raison.

8
מה לאדם, שכן צריך שהייה בבית המנוגע, תאמר בבהמה, שאינה צריכה שהייה בבית המנוגע?

Qu'y a-t-il de [particulier] à l'homme, [à savoir] qu'il requiert un temps de séjour (chehiya) dans la maison lépreuse ? Diras-tu [de même] pour la bête, qui ne requiert pas de temps de séjour dans la maison lépreuse ?

📜 Rachi (2)
צריך שהייה לטמא בגדים שהוא לבוש דכתיב (שם יד) והבא אל הבית יטמא ולא כתיב כבוס בגדים והאוכל בבית יכבס את בגדיו (שם) ומוקמינן לה בתורת כהנים לשוהה שיעור אכילה:
Requiert un temps de séjour — pour impurifier les habits dont il est vêtu, car il est écrit (là, 14) 'et celui qui vient dans la maison s'impurifiera', et il n'est pas écrit [à son sujet] de lessivage des habits ; [tandis que] 'et celui qui mange dans la maison lavera ses habits' (là-bas), [et] on l'établit dans le Torat Kohanim [comme valant] pour celui qui séjourne le temps [d'une] consommation.
תאמר בבהמה שאינה צריכה שהייה שאם נכנסת טעונה כלים הרי הן טמאים מיד דוהבא אל הבית קרינא בהו:
Diras-tu [de même] pour la bête, qui ne requiert pas de temps de séjour — car si elle entre chargée d'objets (kelim), les voici impurs aussitôt, [puisque] 've-ha-ba el ha-bayit' (et celui qui vient dans la maison) se lit à leur sujet.
💡 Explication

Objection au kal va-homer : l'homme a une légèreté propre. Pour impurifier les habits qu'il porte en entrant dans une maison lépreuse (beit ha-menougga), il doit y séjourner un certain temps (chehiya) ; la bête, elle, ne requiert pas ce séjour (les objets placés sur elle sont impurifiés aussitôt à l'entrée). La bête étant ici plus sévère, on ne peut lui appliquer l'indulgence de l'homme.

9
בהמה דאינה צריכה שהייה בבית המנוגע, למאי הלכתא? לכלים שעל גבה. אדם נמי לא בעי!

La bête, qui ne requiert pas de temps de séjour dans la maison lépreuse — pour quelle loi (le-mai hilkheta) [le dit-on] ? Pour les objets [placés] sur son dos.

L'homme aussi n'[en] requiert pas !

📜 Rachi (1)
ומשנינן למאי הלכתא אמרת אין צריכה שהייה על כרחך לכלים שעליה דהא לאו בת מילבש בגדים היא אלא דרך משוי ודרך משוי אדם גופיה לא בעי שהייה שאם לא היה לבוש בגדיו אלא נטלם על כתפו ונכנס טמאין מיד:
Et nous résolvons : pour quelle loi — tu as dit 'elle ne requiert pas de temps de séjour' : force est [que ce soit] pour les objets [placés] sur elle, car elle n'est pas apte à [être] revêtue d'habits, mais [c'est] à la manière d'une charge (massa) ; or, à la manière d'une charge, l'homme lui-même ne requiert pas de temps de séjour, car s'il n'était pas vêtu de ses habits mais les avait pris sur son épaule et est entré, ils [sont] impurs aussitôt.
🗂️ Tossefot (1)
למאי הלכתא לכלים שעל גבה אדם נמי לא בעי וא"ת דלמא אפי' בכלים שהיא לבושה דשייך בהו מלבוש כדאשכחן גבי הוצאת שבת בפרק במה בהמה יוצאה (שבת נג.) בדברים שחשובים לה למלבוש ועוד הקשה רבינו אפרים דבתורת כהנים ממעט בהמה וכותי דלא בעו שהייה בכלים שהן לבושים מוכבס בגדיו המטמא בגדים מציל בבית המנוגע כותי ובהמה שאינם מטמאים בגדים אינם מצילים בבית המנוגע משמע דבת מלבוש היא אלא דמעטיה קרא דומיא דכותי דשייך ביה מלבוש וי"ל דבהמה אפילו כלים שהיא לבושה חשיבי כעל גבה כיון דאין מטמא מכחה דלאו בת טומאה היא וגבי אדם נמי כה"ג כשאין מטמאין מכחו כגון בגדים שעל גביו לא בעי שהייה אבל בגדים שהוא לבוש בטלים אגביה ומכחו בא להם הטומאה וגזרת הכתוב היא שאין לו כח לטמאם עד שישהה ולפירוש זה דטומאת בגדים שהוא לבוש מחמת האדם הם באים אם כולו בפנים וידו מבחוץ וטבעת באצבע טמאה הטבעת ואם הוא מבחוץ וידו בפנים וטבעת באצבע הטבעת טהורה דבטלה אגביה והוא טהור דרובו לחוץ וקשה דבתורת כהנים ובמסכת נגעים פרק שלשה עשר דתנא היה עומד בפנים ופשט ידו לחוץ וטבעותיו בידו ושהה כדי אכילת פרס טמאות היה עומד בחוץ ופשט ידו בפנים וטבעותיו בידו רבי יהודה מטמא מיד וחכ"א בכדי אכילת פרס ושמא התם מדרבנן הוא ולא מדאורייתא ומחמיר רבי יהודה לטמא מיד משום דאין הטומאה באה להם מכח האדם:
Pour quelle loi ? pour les objets [placés] sur son dos ; l'homme aussi n'[en] requiert pas — et si tu objectes : peut-être [s'agit-il] même des objets dont elle est vêtue, auxquels s'applique [la notion de] vêtement, comme nous trouvons à propos du transport [le] chabbat, au chapitre Bameh Behema Yotséa (Chabbat 53a), pour des choses qui sont [pour elle] considérées comme un vêtement ; et de plus Rabbenou Ephraim a objecté que dans le Torat Kohanim on exclut la bête et le Kouti, qui ne requièrent pas de séjour pour les objets dont ils sont vêtus, [de] 've-khibes begadav' (et il lessivera ses habits) : celui qui impurifie les habits protège dans la maison lépreuse ; le Kouti et la bête, qui n'impurifient pas les habits, ne protègent pas dans la maison lépreuse — [ce qui] implique qu'elle est apte à [être] revêtue, sauf que le verset l'a exclue à l'instar du Kouti, auquel s'applique [la notion de] vêtement. Et l'on peut dire que pour la bête, même les objets dont elle est vêtue sont considérés comme [placés] sur son dos, puisqu'ils ne s'impurifient pas par sa force (mi-koha), car elle n'est pas apte à l'impureté ; et pour l'homme aussi, dans un cas semblable où [les objets] ne s'impurifient pas par sa force, comme des habits [posés] sur son dos, il ne requiert pas de séjour ; mais des habits dont il est vêtu sont annulés à son égard (betelim agabei) et l'impureté leur vient par sa force, et c'est un décret de l'Écriture qu'il n'a pas le pouvoir de les impurifier avant d'avoir séjourné. Et selon cette explication, [à savoir] que l'impureté des habits dont il est vêtu vient à cause de l'homme : si tout [son corps] est à l'intérieur et sa main dehors, et une bague au doigt, la bague est impure ; et s'il est dehors et sa main à l'intérieur, et une bague au doigt, la bague est pure, car elle est annulée à son égard, et lui est pur puisque sa majeure partie est dehors. Et c'est difficile, car dans le Torat Kohanim et au traité Negaim, chapitre treize, il est enseigné : s'il se tenait à l'intérieur et a tendu sa main dehors, ses bagues à la main, et a séjourné le temps de consommation d'un demi-pain, elles [sont] impures ; s'il se tenait dehors et a tendu sa main à l'intérieur, ses bagues à la main, Rabbi Yehouda [les] déclare impures aussitôt, et les Sages [disent :] le temps de consommation d'un demi-pain. Et peut-être [est-ce] là d'ordre rabbinique et non de la Torah, et Rabbi Yehouda durcit [pour] impurifier aussitôt, du fait que l'impureté ne leur vient pas par la force de l'homme.
💡 Explication

Réfutation. Dire que la bête 'ne requiert pas de séjour' ne peut concerner qu'elle-même ? Non : une bête vivante ne s'impurifie pas. C'est donc des objets placés sur son dos (en charge, massa) qu'il s'agit, impurifiés aussitôt. Or pour cela l'homme aussi n'a pas besoin de séjour : des objets qu'il porte sur l'épaule (et non à la manière d'un vêtement) sont eux aussi impurifiés immédiatement. Pas de différence, donc l'objection tombe.

10
דתנן: הנכנס לבית המנוגע וכליו על כתפיו, וסנדליו וטבעותיו בידיו – הוא והן טמאין מיד. היה לבוש כליו וסנדליו ברגליו וטבעותיו באצבעו – הוא טמא מיד, והן טהורין עד שישהא בכדי אכילת פרס, פת חטים ולא פת שעורים, מיסב ואוכל בליפתן.

Comme nous avons appris : celui qui entre dans la maison lépreuse, ses objets sur ses épaules, ses sandales et ses bagues dans ses mains — lui et eux [sont] impurs aussitôt. S'il était vêtu de ses objets, ses sandales à ses pieds et ses bagues à son doigt — lui [est] impur aussitôt, et eux [sont] purs jusqu'à ce qu'il séjourne le temps de consommation d'un demi-pain (peras) : pain de froment et non pain d'orge, [en] étant accoudé et mangeant [le pain] avec un accompagnement (liftan).

📜 Rachi (4)
וטבעותיו בידיו בקומצו שלא כדרך מלבוש:
Ses bagues dans ses mains — dans son poing fermé, non à la manière d'un vêtement.
טמאין מיד דקרינא נמי בכלים והבא אל הבית:
[Sont] impurs aussitôt — car 've-ha-ba el ha-bayit' (et celui qui vient dans la maison) se lit aussi à propos des objets.
היה לבוש כליו כו' הוו להו בגדים דידיה וכתיב והאוכל בבית יכבס את בגדיו עד שישהא שיעור אכילה:
S'il était vêtu de ses objets, etc. — ce sont [alors] ses propres habits, et il est écrit 'et celui qui mange dans la maison lavera ses habits', [donc impurs seulement] après qu'il a séjourné le temps [d'une] consommation.
פרס חצי ככר של עירוב שהוא מזון שתי סעודות והוא שמונה ביצים כדאמרינן בעירובין (דף פב:):
Peras — un demi-pain de [la mesure du] erouv, qui est la nourriture de deux repas, soit huit œufs, comme nous le disons dans Erouvin (82b).
💡 Explication

La michna (Negaim 13:9), preuve de la règle. Celui qui entre dans une maison lépreuse en portant habits, sandales et bagues au poing (derech massa) : tout est impur aussitôt. Mais s'il en est vêtu normalement : lui est impur aussitôt, et ses effets ne le sont qu'après un séjour du temps de manger un demi-pain (peras) — calculé en pain de froment (plus rapide), accoudé et avec un accompagnement (donc le délai le plus court).

🖼️ Schéma
Entrer dans la maison lépreuse : faut-il un temps de séjour (chehiya) ? Porte sur l'épaule (derech massa) habits sur l'épaule, sandales et bagues dans la main (au poing) impurs IMMÉDIATEMENT on les lit aussi dans 've-ha-ba el ha-bayit' (pas portés à la manière d'un vêtement) Portés à la manière d'un vêtement vêtu de ses habits, sandales aux pieds, bagues au doigt l'homme : impur IMMÉDIATEMENT eux : purs tant qu'il n'a pas séjourné le temps d'un demi-pain ('ve-ha-okhel ba-bayit yekhabes begadav')
La michna des Negaim (segment 9) : porté au poing, tout est impur aussitôt ; porté à la manière d'un vêtement, les effets ne s'impurifient qu'après un séjour du temps d'un demi-pain.
11
אמר רבא: תרוייהו תננהי, טומאה בלועה תנינא, טהרה בלועה תנינא!

Rava a dit : tous deux, nous les avons [déjà] appris [dans la michna] ! L'impureté encapsulée, nous l'avons apprise ; la pureté encapsulée, nous l'avons apprise !

📜 Rachi (1)
תרוייהו תננהי קושיא היא כלומר מאי אשמועינן רבה:
Tous deux, nous les avons [déjà] appris — c'est une objection (kouchia), c'est-à-dire : que nous enseigne Rabba [de nouveau] ?
🗂️ Tossefot (1)
אמר רבא תרוייהו תננהי לאו מטומאה בלועה פריך דרבה נמי כשם קאמר משמע שגם לרבה היה פשוט מתוך המשנה אלא מטהרה בלועה פריך דטהרה נמי תנן כמו טומאה ולמה פשוט לו זה יותר מזה:
Rava a dit : tous deux, nous les avons [déjà] appris — ce n'est pas de l'impureté encapsulée qu'il objecte, car Rabba aussi a dit 'de même' (ke-chem), ce qui implique que, pour Rabba aussi, c'était clair d'après la michna ; mais c'est de la pureté encapsulée qu'il objecte, car la pureté aussi, nous l'avons apprise comme l'impureté — et pourquoi [donc] ceci lui [serait-il] plus évident que cela ?
💡 Explication

Rava objecte à Rabba : quel est l'apport de Rabba ? Les deux lois figurent déjà dans une michna (Mikvaot 10:8) : la touma bloua (la bague impure avalée, qui n'impurifie pas) et la tohora bloua (la bague pure avalée, qui n'est pas impurifiée).

12
טומאה בלועה – דתנן: בלע טבעת טמאה, טובל ואוכל בתרומתו; הקיאה – טמאה, וטמאתו.

L'impureté encapsulée — comme nous avons appris : [si] l'on a avalé une bague impure, on s'immerge et l'on mange de sa terouma ; l'a-t-on vomie, elle [est] impure, et elle l'impurifie.

📜 Rachi (5)
טמאה טומאת מת וכלי מתכות המיטמאין במת הרי הן כמת דאמר מר (לעיל חולין דף ג.) חרב הרי הוא כחלל:
[Bague] impure — impureté de mort ; et les ustensiles de métal qui s'impurifient au [contact du] mort sont comme le mort, car le Maître a dit (plus haut, Houlin 3a) : l'épée (herev) est comme le cadavre (halal).
טובל לפי שנטמא בנגיעתה קודם שבלעה:
Il s'immerge — parce qu'il s'est impurifie à son contact avant de l'avaler.
טובל ואוכל בתרומה דמשנבלעה אינה מטמאה:
Il s'immerge et mange de la terouma — car une fois avalée, elle n'impurifie pas.
[הקיאה טמאה] דלא אהני ליה טבילת האדם:
[L'a-t-il vomie, elle est impure] — car le bain de l'homme ne lui a servi de rien.
וטמאתו שנגעה בו ביציאתה:
Et elle l'impurifie — car elle a [été] en contact avec lui à sa sortie.
🗂️ Tossefot (1)
בלע טבעת טמאה טובל ואוכל בתרומה בטמא טומאת מת איירי דחרב הרי הוא כחלל ואי לאו דטומאה בלועה לא מטמאה לא היה מועיל לו טבילה דנהי דמגע בית הסתרים לא מטמא במגע במשא מטמא וא"ת ודלמא בטבעת שנטמא בשרץ איירי וי"ל דבתר דההיא דטבעת טהורה מיתניא במסכת מקואות (פ"י מ"ח) ועוד אי בטומאת שרץ אם כן לא הויא אלא ראשון והיכי קתני דמטמא את האדם והא אין אדם וכלים מקבלים טומאה אלא מאב הטומאה:
[Si] l'on a avalé une bague impure, on s'immerge et l'on mange de la terouma — il s'agit de [quelqu'un] impur d'impureté de mort, car 'l'épée est comme le cadavre' ; et si ce n'était que l'impureté encapsulée n'impurifie pas, l'immersion ne lui servirait de rien, car certes le contact en lieu caché (beit ha-setarim) n'impurifie pas par contact, [mais] par déplacement (massa) elle impurifie. Et si tu objectes : peut-être s'agit-il d'une bague impurifiée par un reptile (cherets) — l'on peut dire que [non, car] elle est enseignée après ce [cas] de la bague pure dans le traité Mikvaot (chapitre 10, michna 8) ; et de plus, si c'était par impureté de reptile, alors elle ne serait que [de] premier [degré], et comment enseignerait-on qu'elle impurifie l'homme ? Or l'homme et les objets ne reçoivent l'impureté que d'un père de l'impureté (av ha-touma).
💡 Explication

Première michna : l'impureté encapsulée. Celui qui a avalé une bague impure (impureté de mort) peut s'immerger (il s'était impurifie au contact, avant d'avaler) puis manger sa terouma — car une fois avalée, la bague n'impurifie plus. S'il la vomit, elle reste impure (le bain de l'homme ne l'a pas purifiée) et l'impurifie au contact à sa sortie.

13
טהרה בלועה תנינא, דתנן: בלע טבעת טהורה, ונכנס לאהל המת, והזה ושנה וטבל והקיאה – הרי היא כמה שהיתה.

La pureté encapsulée, nous l'avons apprise, comme nous avons appris : [si] l'on a avalé une bague pure et que l'on est entré sous la tente du mort, et que l'on a aspergé (hizza), répété (chana), [puis] que l'on s'est immergé et qu'on l'a vomie — la voici comme elle était.

📜 Rachi (3)
והזה בשלישי:
Et il a aspergé — le troisième [jour].
ושנה בשביעי:
Et il a répété — le septième [jour].
הרי היא כמה שהיתה טהורה לפי שלא קבלה טומאה מן האדם משבלעה דאי טמאה היכי מצי למימר הרי היא כמה שהיתה הא לא טבלה וטבילת האדם לא מהניא לה. ולהכי נקט הזה ושנה וטבל ואחר כך הקיאה דאם הקיאה קודם טבילה נטמאה ביציאתה במגעו:
La voici comme elle était — pure, parce qu'elle n'a pas reçu d'impureté de la part de l'homme depuis qu'il l'a avalée ; car si elle était impure, comment pourrait-on dire 'la voici comme elle était', puisqu'elle ne s'est pas immergée et que le bain de l'homme ne lui sert de rien ? Et c'est pourquoi [la michna] précise 'il a aspergé, répété et s'est immergé, puis l'a vomie' : car s'il l'avait vomie avant l'immersion, elle se serait impurifiée à sa sortie, par son contact [avec l'homme encore impur].
💡 Explication

Seconde michna (même Mikvaot 10:8) : la pureté encapsulée. Celui qui a avalé une bague pure, puis est entré sous la tente d'un mort (et a contracté l'impureté), puis a reçu l'aspersion des cendres de la vache rousse (le 3e jour, hizza, et le 7e jour, chana) et s'est immergé : s'il vomit alors la bague, elle est pure comme avant — l'impureté du mort ne l'a pas atteinte tant qu'elle était encapsulée.

14
כי קאמר רבה, כגון שבלע שתי טבעות, אחת טמאה ואחת טהורה, דלא מטמיא לה טמאה לטהורה.

[En vérité] lorsque Rabba a parlé, [c'est] par exemple [le cas] où l'on a avalé deux bagues, l'une impure et l'une pure, [enseignant] que l'impure n'impurifie pas la pure.

📜 Rachi (1)
כי קאמר רבה כו' דאי ממתניתין דקתני בלע טבעת טמאה טובל ואוכל דמשמע לא מטמיא לאדם הוה אמינא טעמא לאו משום בליעה הוא אלא משום דמגע בית הסתרים לאו מגע הוא לענין טומאה כדאמרינן במסכת נדה (דף מג.) מוידיו לא שטף במים וגבי טבעת ליכא למימר תטמא את האדם במשא שאין משא אלא למי שהטומאה יוצאה ממנו כגון מת ונבלה ומעיינות הזב אבל טמא מת אע"פ שהוא אב הטומאה אין לו משא וטבעת טהורה נמי דתנן דלא מטמיא מחמת אדם נמי טעמא משום דמגע בית הסתרים דאדם לא מטמא אבל טבעת בטבעת לאו בית הסתרים שייך למימר בהו אע"פ שנטמנו באדם הרי הן כמונחין בתיבה וניטמו אשמועינן רבה דטעמא דמתניתין משום בלוע היא ואפילו חברתה לא מטמא:
Lorsque Rabba a parlé, etc. — car si [l'on argumentait] de la michna qui enseigne '[si] l'on a avalé une bague impure, on s'immerge et l'on mange', ce qui implique qu'elle n'impurifie pas l'homme, on aurait pu dire que la raison n'est pas à cause de l'avalement, mais parce que le contact en lieu caché (beit ha-setarim) n'est pas [tenu pour] un contact en matière d'impureté, comme nous le disons au traité Nidda (43a), [de] 'et il n'a pas rincé ses mains dans l'eau' ; et à propos d'une bague il n'y a pas lieu de dire qu'elle impurifierait l'homme par déplacement, car il n'y a de [transmission par] déplacement que pour ce dont l'impureté sort de lui, comme le mort, la charogne (nevela) et les flux du zav, mais l'impur du mort (tame met), bien qu'il soit un père de l'impureté, n'a pas [de transmission par] déplacement ; et la bague pure aussi, dont on a appris qu'elle ne s'impurifie pas à cause de l'homme, [c'est] également parce que le contact en lieu caché de l'homme n'impurifie pas. Mais [pour] bague contre bague, il n'y a pas lieu de parler de lieu caché : bien qu'elles soient cachées dans l'homme, les voici comme posées dans un coffre et impurifiées. Rabba nous enseigne que la raison de la michna est [bien] à cause de l'[être] encapsulé, et même sa compagne [la seconde bague] n'impurifie pas.
🗂️ Tossefot (1)
כי קאמר רבה כגון שבלע שתי טבעות פירש בקונטרס דאי ממתניתין ה"א הא דטבעת לא מטמאה האדם לא משום בליעה הוא אלא משום דמגע בית הסתרים לאו מגע הוא לענין טומאה כדאמר בנדה (דף מב:) וליכא למימר דנטמא במשא שאין משא אלא במי שהטומאה באה ממנו כגון מת ונבלה ומעיינות הזב אבל טמא מת אע"פ שהוא אב הטומאה אין לו טומאת משא וטבעת טהורה נמי לא מטמאה מחמת אדם טעמא נמי משום דבית הסתרים דאדם לא מטמא אבל בב' טבעות דלא שייך בהו בית הסתרים הוה אמינא במסותרים בתוכו ליטמו קמ"ל דטעמא דמתני' משום בלוע הוא וחבירו נמי לא מטמא וקשה לפירושו דבטבעת שנגעה במת הרי הוא כחלל וטומאתה בוקעת ועולה ואפי' רצוצה תחת אבנים שלא מטמא את האדם מכח בית הסתרים ומה שפי' דטבעת טהורה לא מטמאה מחמת אדם משום דבית הסתרים דאדם לא מטמא אטו אם נכנס אדם לאהל המת וכלים או אוכלין בקומטו ה"נ דטהורים דאע"ג דבית הסתרים לאו בת מקבלי טומאה נינהו מ"מ לא הוי כצמיד פתיל דמציל באהל המת הרי טיט דלאו בני קבולי טומאה נינהו ואוכלין שגיבלן בטיט והכניסם לאהל המת טמאים ומה שפירש נמי דאין טומאת משא אלא למי שטומאה באה ממנו הרי מדרס הזב דמטמא במשא וה"נ טבעת שנגעה במת כיון דהויא כחלל לטמא במשא דלטמא במשא לא מהני בית הסתרים כדפי' בקונט' ובפ' יוצא דופן (נדה דף מב:) נמי אמרי' נבלה בקומטו טמא נהי דבמגע לא מטמא במשא מיהא מטמא לכך נראה דטעמא דמתני' משום דבלוע הוא ומ"מ אשמעינן רבה בשני טבעות דממתני' לא אשמעינן ליה דהא דאע"ג דטומאה בלועה לא מטמאה היינו טהרה בעלמא אבל טהרה הבלועה מיטמאה וכן הא דטהרה הבלועה לא מיטמאה היינו מטומאה דעלמא ולא מטומאה הבלועה עמה ואין לתמוה כיון דבא לאשמועינן כאן בשתי טבעות מאי כשם דהכי פירושו כשם שטומאה בלועה אינה מטמאה את האדם הבולעה אע"פ שנגעה בו כך אינה מטמאה טהרה שאצלה וא"ת מנא לה לרבה הא דטהרה בלועה לא מיטמאה מטומאה שאצלה הא לא אתי מק"ו דצמיד פתיל וי"ל דכולה מלתא דריש רבה מן האוכל את נבלתה מי לא עסקינן דאכל סמוך לשקיעת החמה וקאמר רחמנא דטהור אפי' לאכול בתרומה ונוגעת בטומאה שבמעיה ואסור לטמאה וא"ת שתי טבעות נמי תנינא בלע טבעת טמאה טובל ואוכל בתרומה ויש לומר דהתם צריך הזיה שלישי ושביעי וכשבא לאכול תרומה כבר יש שבעה ימים שנבלעה והרי היא מסתמא כבר סמוך לנקב וכשבולע תרומה אינה נוגעת בטבעת עד שתבא אצלה סמוך לנקב ואז היא כבר מעוכלת:
Lorsque Rabba a parlé, [c'est] par exemple [le cas] où l'on a avalé deux bagues — il a expliqué dans le commentaire [de Rachi] que, si [l'on argumentait] de la michna, on aurait pu dire que le fait que la bague n'impurifie pas l'homme n'est pas à cause de l'avalement, mais parce que le contact en lieu caché n'est pas un contact en matière d'impureté, comme on le dit dans Nidda (42b) ; et il n'y a pas lieu de dire qu'elle s'impurifie par déplacement, car il n'y a de [transmission par] déplacement que pour ce dont l'impureté vient de lui, comme le mort, la charogne et les flux du zav, mais l'impur du mort, bien qu'il soit un père de l'impureté, n'a pas d'impureté de déplacement ; et la bague pure aussi ne s'impurifie pas à cause de l'homme, la raison étant également que le lieu caché de l'homme n'impurifie pas ; mais [pour] deux bagues, où il n'y a pas lieu de [parler de] lieu caché, on aurait pu penser qu'étant cachées en lui elles s'impurifient — il nous enseigne (kamachma lan) que la raison de la michna est à cause de l'[être] encapsulé, et sa compagne non plus ne s'impurifie pas. Et c'est difficile pour son explication : car une bague qui a été en contact avec le mort est comme le cadavre, et son impureté perce et monte, et même écrasée sous des pierres, [elle est impure] — [alors] qu'elle n'impurifie pas l'homme en vertu du [contact en] lieu caché. Et ce qu'il a expliqué, [à savoir] que la bague pure ne s'impurifie pas à cause de l'homme parce que le lieu caché de l'homme n'impurifie pas — est-ce que [vraiment], si un homme entre sous la tente du mort avec des objets ou des aliments dans son poing fermé (komto), ceux-ci [seraient] de même purs ? car bien que le lieu caché ne soit pas apte à recevoir l'impureté, malgré cela ce n'est pas comme un couvercle scellé (tsamid patil) qui protège sous la tente du mort : voici la boue (tit), qui n'est pas apte à recevoir l'impureté, [et pourtant] des aliments qu'on a pétris dans la boue et introduits sous la tente du mort sont impurs. Et ce qu'il a expliqué aussi, [à savoir] qu'il n'y a d'impureté de déplacement que pour ce dont l'impureté vient de lui — voici le midras du zav, qui impurifie par déplacement ; et de même ici, une bague qui a été en contact avec le mort, puisqu'elle est comme le cadavre, [devrait] impurifier par déplacement, car pour impurifier par déplacement le lieu caché ne sert de rien, comme [Rachi] l'a expliqué dans le commentaire ; et au chapitre Yotse Dofen (Nidda 42b) aussi nous disons : une charogne dans son poing fermé, [l'homme est] impur — certes par contact elle n'impurifie pas, [mais] par déplacement du moins elle impurifie. C'est pourquoi il paraît [préférable de dire] que la raison de la michna est à cause de l'[être] encapsulé ; et néanmoins Rabba nous enseigne [quelque chose] dans le [cas des] deux bagues que la michna ne nous enseignait pas : car le fait que, bien que l'impureté encapsulée n'impurifie pas, [cela vaut pour] une pureté ordinaire (be-alma), mais une pureté encapsulée [avec elle] s'impurifierait ; et de même le fait que la pureté encapsulée ne s'impurifie pas, [cela vaut pour] une impureté ordinaire et non pour une impureté encapsulée avec elle. Et il ne faut pas s'étonner, puisqu'il vient nous enseigner ici le [cas des] deux bagues, de ce que [signifie le] 'de même' (ke-chem) — car voici son sens : de même que l'impureté encapsulée n'impurifie pas l'homme qui l'a avalée, bien qu'elle ait été en contact avec lui, de même elle n'impurifie pas la pureté qui [est] auprès d'elle. Et si tu objectes : d'où Rabba [tient-il] que la pureté encapsulée ne s'impurifie pas de l'impureté qui [est] auprès d'elle ? cela ne vient pas du kal va-homer du couvercle scellé ! — l'on peut dire que Rabba tire toute la chose de 'celui qui mange de sa charogne' (Lévitique 11) : ne traite-t-on pas [du cas] où il a mangé peu avant le coucher du soleil, et le Miséricordieux dit qu'il est pur, [au point] même de manger de la terouma, alors qu'elle [la charogne] est en contact avec l'impureté qui [est] dans ses entrailles, et il est interdit de l'impurifier ? Et si tu objectes : le [cas des] deux bagues aussi, nous l'avons [déjà] appris [de] '[si] l'on a avalé une bague impure, on s'immerge et l'on mange de la terouma' — l'on peut dire que là, il faut une aspersion le troisième et le septième [jour], et lorsqu'il vient manger de la terouma il y a déjà sept jours qu'elle a été avalée, et la voici vraisemblablement déjà près de l'orifice (sammoukh la-nekev), et lorsqu'il avalé la terouma, elle n'est pas en contact avec la bague jusqu'à ce qu'elle vienne auprès d'elle près de l'orifice, et alors elle est déjà digérée (meoukelet).
💡 Explication

Réponse à Rava : Rabba ne redit pas les michnayot. Son apport (hidouch) est le cas inédit des deux bagues avalées ensemble, l'une impure l'autre pure, qui se touchent à l'intérieur : l'impure n'impurifie pas la pure. Les michnayot ne traitaient que du rapport entre la bague et le corps ; ici il s'agit du rapport d'un objet encapsulé à un autre.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).