Chullin 87a — couvrir le sang : le vol de la mitsva, la coupe de bénédiction et le rejet (dichouy)

Chullin 87a

Sougya : Fin de la sougya du kisouy ha-dam (couverture du sang). La Guemara écarte d'abord le rapprochement avec les élèves de Rav (boire et bénir ne peuvent être simultanés), car abattre et couvrir, eux, peuvent l'être.

La michna enseigne : si l'on a abattu sans couvrir et qu'un autre l'a vu, [cet autre] doit couvrir ; couvert puis découvert, on est dispensé ; couvert par le vent, on doit [re]couvrir. Les braitot dérivent du verset 've-chafakh ve-khissa' que celui qui a versé couvre, de sa main et non du pied, pour ne pas mépriser les mitsvot ; suit l'histoire où Rabban Gamliel condamne à dix zehouvim celui qui a devancé [l'abatteur] pour couvrir.

D'où le dilemme : salaire de la mitsva (une seule) ou salaire de la berakha (quatre dans le birkat ha-mazon) ? L'aggada de Rabbi et du min (qui crée les monts crée aussi le vent), puis du second min annonçant la mort du premier, aboutit à une bat kol : la coupe de bénédiction (kos chel berakha) vaut quarante zehouvim.

Retour à la michna : pourquoi, contrairement à la restitution d'un objet perdu, ne couvre-t-on pas cent fois ? à cause du miout 've-khissahou'. Le sang couvert par le vent puis redécouvert : il n'y a pas de rejet définitif (ein dichouy) pour les mitsvot.

Enfin une nouvelle michna : le sang mélangé à de l'eau, du vin ou du sang d'animal domestique.

Chullin 87a : la mitsva de couvrir le sang (kisouy ha-dam) Qui couvre ? (verset ve-chafakh ve-khissa) celui qui a versé le sang couvre (avec la main, non avec le pied) ; si un autre a vu : il couvre (azhara à tout Israël : ve-amar li-vnei Israël) Le vol de la mitsva (Rabban Gamliel) celui qui devance et couvre paye 10 zehouvim ; salaire de la mitsva ou salaire de la berakha ? nafka mina : birkat ha-mazon = 40 zehouvim Aggada : Rabbi et le min (mont / vent : un seul Créateur) la bat kol tranche : kos chel berakha (coupe de bénédiction) vaut 40 zehouvim -> salaire de la berakha Retour à la michna : sang couvert puis découvert couvert puis découvert : dispensé (miout 've-khissahou') ; couvert par le vent : il couvre ; ein dichouy etzel mitsvot
Le fil de la page : la halakha du kisouy (qui couvre, comment), le vol de la mitsva, l'aggada et le retour à la michna.
Salaire de la mitsva ou salaire de la berakha ? (la nafka mina) Salaire de la MITSVA la mitsva est UNE seule birkat ha-mazon = une mitsva -> 10 zehouvim (un seul dédommagement) Salaire de la BERAKHA chaque bénédiction compte birkat ha-mazon = 4 berakhot -> 40 zehouvim (la bat kol tranche ainsi)
Le dilemme central (segment 4) : selon que l'on indemnise la mitsva ou la bénédiction, le birkat ha-mazon vaut 10 ou 40 zehouvim.
Sang couvert sans intervention : faut-il (re)couvrir ? Il a couvert, ça se découvre DISPENSÉ de recouvrir miout du verset 've-khissahou' (ce recouvrement-là, pas plus) vs hachevet aveda : 100 fois Le vent l'a couvert si ça se redécouvre : il COUVRE si ça reste couvert : dispensé ein dichouy etzel mitsvot (pas de rejet définitif) Le sang absorbé dans le sol si la trace est visible (richoumo nikkar) : il est OBLIGÉ de couvrir (même sans redécouverte)
Les trois cas de la michna (segments 9-12) : couvert puis découvert, couvert par le vent, absorbé dans le sol.
1
הָכִי הַשְׁתָּא?! הָתָם מִשְׁתֵּא וּבָרוֹכֵי בַּהֲדֵי הֲדָדֵי לָא אֶפְשָׁר, הָכָא אֶפְשָׁר דְּשָׁחֵיט בַּחֲדָא וּמְכַסֵּי בַּחֲדָא.

Comment [comparer] ainsi ?! Là-bas [chez les élèves de Rav], boire et bénir en même temps n'[est] pas possible ; ici, il est possible [d']abattre d'une [main] et de couvrir de l'autre.

📜 Rachi (1)
מִישְׁתָּא וּבָרוֹכֵי בַּהֲדָדִי לָא אֶפְשָׁר הִלְכָּךְ כִּי אָמַר הַב לִיבָרֵיךְ נָתְנוּ דַּעְתָּם לִפְסֹוק מִלִּשְׁתּוֹת אֲבָל זֶה אע"פ שֶׁיּוֹדֵעַ שֶׁיְּכַסֶּה דָּם רִאשׁוֹן לֹא הִסִּיחַ דַּעְתּוֹ מִן הַשְּׁחִיטָה וְכָל שַׁעְתָּא זְמַן שְׁחִיטָה הִיא לוֹ אֲפִילּוּ בִּשְׁעַת כִּיסּוּי אֶפְשָׁר דִּשְׁחִיט בַּחֲדָא יָדֶיהָ וּמִכַּסֵּי בַּחֲדָא יָדֶיהָ:
Boire et bénir en même temps n'[est] pas possible — c'est pourquoi, lorsqu'il a dit 'apporte [la coupe] et bénissons', ils ont fixé leur intention de cesser de boire ; mais celui-ci, bien qu'il sache qu'il couvrira le premier sang, n'a pas détourné son esprit de l'abattage, et à chaque instant [c'est] pour lui le moment de l'abattage : même au moment de couvrir, il est possible [d']abattre d'une main et de couvrir de l'autre main.
🗂️ Tossefot (2)
מִשְׁתֵּא וּבָרוֹכֵי בַּהֲדֵי הֲדָדֵי לָא אֶפְשָׁר מִכָּאן הָיָה אוֹמֵר הָר"ר יוֹם טוֹב שֶׁאִם עָמַד מֵאֲכִילָתוֹ וְהִתְפַּלֵּל כְּשֶׁחוֹזֵר וּבָא לֶאֱכֹול צָרִיךְ לְבָרֵךְ בִּרְכַּת הַמָּזוֹן וְלִיטֹּול יָדָיו וּלְבָרֵךְ הַמּוֹצִיא מִשּׁוּם דְּמֵיכָל וּצְלוּיֵי בַּהֲדֵי הֲדָדֵי לָא אֶפְשָׁר וְאֵין נִרְאֶה דְּלָא דָּמֵי כְּלָל מִשּׁוּם דְּהָכָא הַב וּנְבָרֵיךְ הָוֵי גְּמַר דָּבָר וְהָוֵי הֶפְסֵק וְכֵן כִּסּוּי אִי לָאו דְּאֶפְשָׁר בַּהֲדֵי הֲדָדֵי אֲבָל תְּפִלָּה לָא הָוֵי גְּמַר לַסְּעוּדָה דְּאַטּוּ אִם בֵּירַךְ בִּסְעוּדָה עַל הָרְעָמִים אוֹ אֲפִילּוּ בפה"ג יִצְטָרֵךְ לִיטֹּול יָדָיו וּלְבָרֵךְ הַמּוֹצִיא מִשּׁוּם דְּמֵיכָל וּבָרוֹכֵי בַּהֲדֵי הֲדָדֵי לָא אֶפְשָׁר וּבְהֶדְיָא אָמְרִינַן בְּעַרְבֵי פְּסָחִים (דַּף קב.) דְּאִם הִנִּיחוּ מִקְצָת חֲבֵירִים וְעָקְרוּ רַגְלֵיהֶן לֵילֵךְ לבהכ"נ כְּשֶׁהֵם חוֹזְרִין אֵין טְעוּנִין בְּרָכָה לֹא לְמַפְרֵעַ וְלֹא לְכַתְּחִלָּה אַף עַל פִּי שֶׁהִתְפַּלְּלוּ בֵּנְתַיִים:
Boire et bénir en même temps n'[est] pas possible — de là, Rabbi Yom Tov disait que [celui] qui s'est levé de son repas et a prié, lorsqu'il revient et se remet à manger, doit [re]dire le birkat ha-mazon, se laver les mains et dire le ha-motzi, parce que manger et prier en même temps n'[est] pas possible. Mais cela ne paraît pas [exact], car [cela] ne ressemble en rien [à notre cas] : ici, '[apporte] et bénissons' [est] un achevé de l'affaire (guemar davar) et constitue [donc] une interruption, et de même la couverture, n'était qu'elle est possible en même temps [que l'abattage] ; mais la prière n'[est] pas un achevé du repas. En effet : si l'on a béni, au cours du repas, sur les tonnerres, ou même [si l'on a dit] la bénédiction du fruit de la vigne (bore péri ha-gefen), devrait-on se laver les mains et dire le ha-motzi parce que manger et bénir en même temps n'[est] pas possible ?! Et l'on dit explicitement dans 'Arvei Pessahim' (Pessahim 102a) que si une partie des convives sont restés et que [les autres] se sont levés pour aller à la synagogue, lorsqu'ils reviennent ils ne requièrent pas de [nouvelle] bénédiction, ni en arrière ni à priori, bien qu'ils aient prié entre-temps.
וּמִכַּסֵּי בַּחֲדָא יְדָא יֵשׁ לְהִסְתַּפֵּק אִם סָח בֵּין שְׁחִיטָה לִשְׁחִיטָה אִם צָרִיךְ לַחֲזֹור וּלְבָרֵךְ כְּמוֹ גַּבֵּי תְּפִילִּין דְּאִם סָח בֵּין תְּפִילִּין לִתְפִילִּין דִּמְבָרֵךְ שְׁתַּיִם לְרַשִׁ"י לְהַנִּיחַ עַל שֶׁל יָד וְעַל מִצְוַת עַל שֶׁל רֹאשׁ וּלְדִבְרֵי ר"ת מְבָרֵךְ עַל שֶׁל רֹאשׁ שְׁתַּיִם אוֹ שֶׁמָּא אֵין צָרִיךְ לַחֲזֹור וּלְבָרֵךְ כְּמוֹ בְּאֶמְצַע סְעוּדָה שֶׁיָּכוֹל לְדַבֵּר וא"צ לַחֲזֹור וּלְבָרֵךְ הַמּוֹצִיא וּמִיהוּ אִם אוֹמֵר מֵעִנְיַן שְׁחִיטָה כְּמוֹ תָּבִיא עוֹף לִשְׁחֹוט אוֹ הַסַּכִּין פְּשִׁיטָא דְּאֵין צָרִיךְ לַחֲזֹור וּלְבָרֵךְ כְּמוֹ (בְּרָכוֹת דַּף מ.) טֹול בָּרוּךְ גְּבִיל לְתוֹרֵי וְאִם צָרִיךְ לַחֲזֹור וּלְבָרֵךְ כְּמוֹ בִּתְפִילִּין אָז אָסוּר לְדַבֵּר בֵּין שְׁחִיטָה לִשְׁחִיטָה כְּמוֹ בִּתְפִילִּין כִּדְאָמַר בְּהַקּוֹמֵץ רַבָּה (מְנָחוֹת דַּף לוֹ.) דַּעֲבֵירָה הִיא בְּיָדוֹ וְחוֹזֵר עָלֶיהָ מֵעוֹרְכֵי הַמִּלְחָמָה וְאֵין רְאָיָה מִתְּפִילִּין דְּהָתָם הִיא מִצְוָה אַחַת וְאֵין לוֹ לְהַפְסִיק אֲבָל בִּשְׁחִיטָה אִי בָּעֵי שָׁחֵיט אִי בָּעֵי שָׁבֵיק לֵיהּ ומ"מ נִרְאֶה דְּאִיסּוּרָא הוּא לְהָבִיא עַצְמוֹ לִידֵי לַחֲזֹור וּלְבָרֵךְ כִּדְמוֹכַח בְּפֶרֶק אֵלּוּ נֶאֱמָרִין (סוֹטָה דַּף מא.) דִּתְנַן נוֹטֵל ס"ת וְקוֹרֵא בּוֹ אַחֲרֵי מוֹת וְאַךְ בֶּעָשׂוֹר וּבֶעָשׂוֹר שֶׁבְּחֹומֶשׁ הַפְּקוּדִים קוֹרֵא עַל פֶּה וּפָרִיךְ בַּגְּמָרָא וְנַיְיתֵי ס"ת וְנִיקְרֵי בֵּיהּ וּמְשַׁנֵּי ר"ל מִשּׁוּם בְּרָכָה שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה וְנִרְאֶה הֵיכָא דְּצָרִיךְ לַחֲזֹור וּלְבָרֵךְ כְּגוֹן שֶׁהֵסִיחַ דַּעְתּוֹ מִלִּשְׁחֹוט שֶׁצָּרִיךְ לְכַסּוֹת קֹודֶם מַה שֶּׁכְּבָר שָׁחַט דְּהָא אַשְׁכְּחַן ר' יְהוּדָה שֶׁמַּצְרִיךְ לְכַסּוֹת בֵּין חַיָּה לְעוֹף אַף עַל פִּי שא"צ לַחֲזֹור וּלְבָרֵךְ:
Et il couvre d'une main — il y a [lieu] de se demander : si l'on a parlé entre un abattage et un [autre] abattage, doit-on revenir et [re]bénir, comme pour les tefilin — ou, si l'on a parlé entre [le tefilin] de la main et [celui] de la tête, on dit deux [bénédictions] selon Rachi : 'lehaniah' (de poser) sur celui de la main, et 'al mitsvat' (sur le commandement) sur celui de la tête ; et selon Rabbenou Tam, on dit deux [bénédictions] sur celui de la tête ; ou bien [n'est-ce] peut-être pas nécessaire de revenir et de [re]bénir, comme au milieu d'un repas, où l'on peut parler sans devoir revenir et [re]dire le ha-motzi ? Toutefois, si l'on dit [quelque chose] qui relève de l'abattage, comme 'apporte un oiseau à abattre' ou 'le couteau', il est évident qu'il n'est pas nécessaire de revenir et de [re]bénir, comme (Berakhot 40a) 'prends', 'béni [soit-Il]', 'pétris pour les bœufs'. Et s'il faut revenir et [re]bénir comme pour les tefilin, alors il est interdit de parler entre un abattage et un [autre] abattage, comme pour les tefilin, ainsi qu'il est dit dans 'Ha-kometz Rabba' (Menahot 36a) qu'[une telle parole] est une transgression dans sa main, et il revient en arrière d'entre les rangs de la guerre [comme celui qui a parlé entre les tefilin]. Mais il n'y a pas de preuve [à tirer] des tefilin, car là c'est une seule mitsva et il n'a pas à [l']interrompre, tandis que pour l'abattage, s'il veut il abat, s'il veut il [s']abstient. Néanmoins il paraît que c'est un interdit que de s'amener soi-même à devoir revenir et [re]bénir, comme [cela] ressort du chapitre 'Elou ne'emarin' (Sota 41a), où nous avons appris [que le grand prêtre] prend le rouleau de la Torah et lit 'Aharei mot' et 'Akh be-'assor', et 'be-'assor' [du livre] qui [est] dans 'Houmach ha-Pekoudim' (Nombres) il [le] lit par cœur ; et la Guemara objecte : qu'il apporte [un autre] rouleau de la Torah et y lise [ce passage] ! et Resh Lakich répond : à cause d'une bénédiction non nécessaire (berakha che-eina tzerikha). Et il paraît [donc] que, là où il faut revenir et [re]bénir — par exemple s'il a détourné son esprit de l'abattage parce qu'il doit couvrir d'abord ce qu'il a déjà abattu —, [c'est un interdit] ; car nous trouvons que Rabbi Yehuda exige de couvrir entre [le sang de] la bête sauvage et [celui de] l'oiseau, bien qu'il ne faille pas revenir et [re]bénir.
⚖️ Rosh (1)
הָכִי הַשְׁתָּא הָתָם מִישְׁתֵּי וּבָרוֹכֵי בַּהֲדֵי הֲדָדֵי לָא אֶפְשָׁר. הָכָא אֶפְשָׁר לְמִישְׁחַט בַּחֲדָא יְדָא וּלְכַסּוֹיֵי בַּחֲדָא יְדָא. ה"ר יוֹם טוֹב זַ"ל הָיָה אוֹמֵר מִטַּעַם זֶה דִּפְעָמִים שֶׁאָדָם זוֹכֵר בְּאֶמְצַע סְעוּדָה שֶׁלֹּא הִתְפַּלֵּל וְעוֹמֵד לְהִתְפַּלֵּל כְּשֶׁחוֹזֵר צָרִיךְ לִיטֹּול יָדָיו וְלִבְצֹועַ הַמּוֹצִיא מִשּׁוּם דְּמֵיכָל וּצְלוּיֵי בַּהֲדֵי הֲדָדֵי לָא אֶפְשָׁר כִּדְאָמְרִינַן הָכָא. וְלָא דָּמֵי כְּלָל דְּהַיְינוּ דַּוְקָא לְעִנְיַן בהמ"ז דַּחֲשִׁיב הֶפְסֵק וְהֶיסַּח הַדַּעַת עַל מַה שֶּׁאָכַל וְשָׁתָה. וְכֵן כִּיסּוּי הַדָּם גְּמַר מַעֲשֵׂה הַשְּׁחִיטָה. דְּאַטּוּ אִם יְבָרֵךְ בְּאֶמְצַע הַסְּעוּדָה עַל הַזִּיקִין וְעַל הָרְעָמִים הָוֵי הֶפְסֵק. וּבְהֶדְיָא אָמְרִינַן בְּעַרְבֵי פְּסָחִים דַּף קב. אִם עָקְרוּ רַגְלֵיהֶן לֵילֵךְ לְבֵית הַכְּנֶסֶת כְּשֶׁהֵן חוֹזְרִין אֵין טְעוּנִין בְּרָכָה לֹא לְמַפְרֵעַ וְלֹא לְכַתְּחִלָּה אִם הִנִּיחוּ שָׁם מִקְצָת חֲבֵרִים. אע"פ שֶׁהִתְפַּלְּלוּ בֵּינְתַיִם. הָכָא אֶפְשָׁר דְּשָׁחֵיט בַּחֲדָא יְדָא: וְכֵן הֵיכָא דְּסָח בֵּין עוֹף לְעוֹף הָיָה נִרְאֶה דְּחוֹזֵר וּמְבָרֵךְ כְּמוֹ גַּבֵּי תְּפִילִּין. כִּדְאָמְרִינַן בְּהַקּוֹמֵץ רַבָּה דַּף לוֹ. סָח בֵּין תְּפִלָּה לִתְפִלָּה מְבָרֵךְ שְׁתַּיִם וַעֲבֵירָה הִיא בְּיָדוֹ וְחוֹזֵר עָלֶיהָ מֵעוֹרְכֵי הַמִּלְחָמָה וְשֶׁמָּא בִּתְפִילִּין הִיא עֲבֵירָה טְפֵי לְפִי שֶׁהֵן מִצְוָה אַחַת. אֲבָל בִּשְׁחִיטָה אִם יִרְצֶה יִשְׁחֹוט יוֹתֵר וְאִם יִרְצֶה לֹא יִשְׁחֹוט וּמִיהוּ מִסְתַּבֵּר דְּכָל הֵיכָא שֶׁיָּכוֹל לִפְטוֹר אֶת עַצְמוֹ בִּבְרָכָה אַחַת אָסוּר הוּא לְדַבֵּר כְּדֵי שֶׁיְּהֵא זָקוּק לִבְרָכָה אַחֶרֶת כִּדְמוֹכַח בְּיוֹמָא דַּף ע. דְּקָאָמַר וְנוֹטֵל סֵפֶר תּוֹרָה וְקוֹרֵא בָּהּ אַחֲרֵי מוֹת וְאַךְ בֶּעָשׂוֹר וּבֶעָשׂוֹר שֶׁבְּחֹומֶשׁ הַפְּקוּדִים קוֹרֵא בְּעַל פֶּה. וּפָרִיךְ וְנַיְיתֵי ס"ת וְנִיקְרֵי. וּמְשַׁנֵּי מִשּׁוּם בְּרָכָה שֶׁאֵין צְרִיכָה וְשֶׁמָּא א"צ לַחֲזֹור וּלְבָרֵךְ כְּשֶׁסָּח בֵּין עוֹף לְעוֹף כְּאִילּוּ סָח בְּאֶמְצַע סְעֻודָּתוֹ דְּאֵין חוֹזֵר וּמְבָרֵךְ בִּרְכַּת הַמּוֹצִיא. וְלָא דָּמֵי לִתְפִילִּין דִּשְׁתֵּיהֶן מִצְוָה אַחַת. וּבַעַל הֲלָכוֹת כָּתַב הֵיכָא דְּבָעֵי לְמִישְׁחַט עֶשֶׂר זֻוגִּיתָא וְשָׁחַט חֲדָא מִינַּייְהוּ וְאִישְׁתַּעִי. לְכִסּוּייֵהּ וַהֲדַר לִיבָרֵךְ וְלִשְׁחוֹט הָנָךְ אַחֲרַנְייָתִי וכ"כ הָרָאָבָ"ד זַ"ל מְכַסֶּה וּמְבָרֵךְ וְשׁוֹחֵט וּמְכַסֶּה. וְכֵן מָצָאתִי כָּתוּב בְּשֵׁם ר"ת דְּסָח בֵּין עוֹף לָעוֹף צָרִיךְ לַחֲזֹור וּלְבָרֵךְ כְּהַהִיא דְּסָח בֵּין תְּפִלָּה לִתְפִלָּה דְּחוֹזֵר וּמְבָרֵךְ. לְפִי שֶׁכְּשֶׁהַפְּסִיק וְסָח בֵּינְתַיִים גְּמַר מִצְוָתָהּ שֶׁבֵּירֵךְ עָלֶיהָ וְצָרִיךְ לְבָרֵךְ שֵׁנִית. וְכֵן אִם הָיוּ לוֹ לִשְׁחֹוט שְׁנֵי עוֹפוֹת וְסָח בֵּינֵיהֶם כֵּיוָן דְּאִי בָּעֵי שָׁחֵיט וְאִי בָּעֵי לָא שָׁחֵיט אִיכָּא גְּמַר מִצְוָה וְכֵיוָן שֶׁהִפְסִיק בְּשִׂיחָה צָרִיךְ לְבָרֵךְ. אֲבָל הַמְבָרֵךְ עַל מִצְוָה וְהִתְחִיל לַעֲשׂוֹתָהּ וְסָח קֹודֶם שֶׁגָּמְרָה אֵינוֹ חוֹזֵר וּמְבָרֵךְ כְּגוֹן תְּקִיעַת שׁוֹפָר וּקְרִיאַת הַלֵּל וּמְגִילָּה וְכַיּוֹצֵא בָּהֶן כֵּיוָן דְּלָא סַגִּי לֵיהּ דְּלָא גְּמִיר אע"ג דְּסָח קֹודֶם שֶׁגָּמַר הַמִּצְוָה א"צ לַחֲזֹור וּלְבָרֵךְ. לְכָךְ טוֹב לִיזָּהֵר שֶׁלֹּא לְדַבֵּר בֵּין שְׁחִיטָה לִשְׁחִיטָה. אֲבָל אִם דִּיבֵּר מִצָּרְכֵי שְׁחִיטָה כְּגוֹן הֵבִיאוּ לִשְׁחֹוט לָא הָוֵי הֶפְסֵק. מִידִי דְּהָוֵי אַעוֹל כָּרוּךְ וּגְבִיל לְתוֹרֵי בְּרָכוֹת דַּף מ. וְהֵיכָא שֶׁלֹּא הָיָה בְּדַעְתּוֹ לִשְׁחֹוט אֶלָּא עוֹף אֶחָד וְאַחַר שֶׁנִּשְׁחַט הֵבִיאוּ לוֹ עוֹף אַחֵר צָרִיךְ לְבָרֵךְ עַל הַשְּׁחִיטָה כִּדְאָמְרִינַן לְקַמָּן (חֻולִּין דַּף קז:) גַּבֵּי שַׁמָּשׁ שֶׁמְּבָרֵךְ עַל כָּל פְּרוּסָה וּפְרוּסָה. וּבִשְׁמַעְתִּין נָמֵי מְדַמֵּי שְׁחִיטָה לְעֻובְדָּא דְּתַלְמִידֵי דְּרַב אַלְמָא הֵיכָא דְּנִמְלַךְ צָרִיךְ לַחֲזֹור וּלְבָרֵךְ. וְכֵן כָּתְבוּ הַתּוֹס' כֵּיוָן דְּצָרִיךְ לַחֲזֹור וּלְבָרֵךְ עַל הַשְּׁחִיטָה צָרִיךְ לְכַסּוֹת תְּחִלָּה מַה שֶׁשָּׁחַט. דְּהָא לְר' יְהוּדָה שָׁחַט חַיָּה יְכַסֶּה וְאַחַ"כּ יִשְׁחֹוט עוֹף וּבִבְרָכָה אַחַת עַל הַשְּׁחִיטָה סַגִּי וְכָל שֶׁכֵּן שֶׁטָּעוּן כִּיסּוּי לְמַה שֶׁשָּׁחַט הֵיכָא דְּצָרִיךְ לְבָרֵךְ עַל הַשְּׁחִיטָה. ואע"ג דְּאֵין הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה מ"מ שָׁמְעִינַן מִדְּבָרָיו דְּכִי הֵיכִי דִּלְדִידֵיהּ אָמְרָה תּוֹרָה דְּחַיָּה וָעוֹף צְרִיכִין שְׁנֵי כִּסּוּיִין אע"פ שֶׁמִּתְּחִלָּה הָיָה דַּעְתּוֹ לִשְׁחֹוט שְׁנֵיהֶם. הוּא הַדִּין נָמֵי לְדִידַן הֵיכָא דְּנִמְלַךְ וּשְׁתֵּי שְׁחִיטוֹת הֵן שֶׁצָּרִיךְ לִגְמֹור מִצְוַת שְׁחִיטָה רִאשׁוֹנָה קֹודֶם שֶׁיַּתְחִיל אַחֶרֶת. וכ"כ בַּעַל הֲלָכוֹת וְהָרָאָבָ"ד זַ"ל. וּלְמַעְלָה כְּתַבְתִּיו. וְלָא דָּמֵי לְאָדָם שֶׁיּוֹשֵׁב וְאוֹכֵל וְאָמַר הַב לָן וּנְבָרֵיךְ וְאִם אַחַר כֵּן רוֹצֶה לֶאֱכֹול מְבָרֵךְ הַמּוֹצִיא וְאֵין צָרִיךְ לְבָרֵךְ בִּרְכַּת הַמָּזוֹן תְּחִלָּה עַל מַה שֶּׁאָכַל. הָתָם בִּרְכַּת הַמָּזוֹן אינוגמר מַעֲשֶׂה אֶלָּא שֶׁנּוֹתֵן הוֹדָאָה וְשֶׁבַח להקב"ה עַל הֲנָאָתוֹ וְסַגִּי בְּהוֹדָאָה אַחַת עַל שְׁתֵּי אֲכִילוֹת. אֲבָל מַעֲשֵׂה הַכִּסּוּי הִיא גְּמַר מַעֲשֵׂה הַשְּׁחִיטָה וְכֵיוָן שֶׁנִּסְתַּלְּקָה שְׁחִיטָה רִאשׁוֹנָה צָרִיךְ לְגָומְרָהּ קֹודֶם שֶׁיַּתְחִיל שְׁחִיטָה אַחֶרֶת. אֲבָל אֵין צָרִיךְ לְבָרֵךְ עַל כִּיסּוּי הַשֵּׁנִי כִּדְפָרֵישִׁית לְעֵיל. וּלְכָךְ הֵבִיא רַב אִלְפָּס זַ"ל בְּהִלְכוֹתָיו וּמוֹדֶה רַבִּי יְהוּדָה לְעִנְיַן בְּרָכָה שֶׁאֵינוֹ מְבָרֵךְ אֶלָּא בְּרָכָה אַחַת אע"פ שֶׁאֵין הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה. כְּדֵי שֶׁנִּלְמוֹד מִמֶּנּוּ לְדִידַן לְעִנְיַן פְּסַק הֲלָכָה כְּמוֹ שֶׁכָּתַבְתִּי: כָּתַב בַּעַל הֲלָכוֹת שֶׁמְּכַסֶּה תְּחִלָּה וְאח"כ מְבָרֵךְ. ואע"ג דְּכָל הַמִּצְוֹת מְבָרֵךְ עֲלֵיהֶן עוֹבֵר לַעֲשִׂיָּיתָן. הָנֵי מִילֵּי בִּתְחִלַּת הַמִּצְוָה. אֲבָל זוֹ סִיּוּם מִצְוָה הִיא וּבְאֶמְצַע מִצְוָה אֵינוֹ רָאוּי לְבָרֵךְ. הִילְכָּךְ מְבָרֵךְ עַל הַשְּׁחִיטָה קֹודֶם הַתְחָלַת הַמִּצְוָה. וְעַל כִּסּוּי אַחַר גְּמַר הַמִּצְוָה. וְהָעוֹלָם לֹא נָהֲגוּ כָּךְ מִשּׁוּם דַּחֲשִׁיבִי כִּסּוּי מִצְוָה בִּפְנֵי עַצְמָהּ.:
Comment [comparer] ainsi ? Là-bas [chez les élèves de Rav], boire et bénir en même temps n'[est] pas possible ; ici, il est possible d'abattre d'une main et de couvrir de l'autre main. Rabbi Yom Tov, de mémoire bénie, disait, pour ce motif, que parfois un homme se souvient au milieu de son repas qu'il n'a pas prié et se lève pour prier : lorsqu'il revient, il doit [selon Rabbi Yom Tov] se laver les mains et rompre [le pain avec] le ha-motzi, parce que manger et prier en même temps n'[est] pas possible, comme nous [le] disons ici. Mais cela ne ressemble en rien [à notre cas], car cela [ne vaut que] spécifiquement pour ce qui touche au birkat ha-mazon, qui est consideré comme une interruption (hefsek) et un détournement de l'esprit (hessah ha-daat) à l'égard de ce qu'on a mangé et bu ; et de même la couverture du sang [est] un achevé de l'acte de l'abattage (chehita). Car [sinon] : est-ce que, si l'on bénit au milieu du repas sur les comètes (zikin) et sur les tonnerres, cela [serait] une interruption ?! Et l'on dit explicitement dans 'Arvei Pessahim' (Pessahim 102a) que si [des convives] se sont levés pour aller à la synagogue, lorsqu'ils reviennent ils ne requièrent pas de [nouvelle] bénédiction, ni en arrière ni à priori, s'ils ont laissé la une partie des convives, bien qu'ils aient prié entre-temps. Ici il est possible d'abattre d'une main [et de couvrir de l'autre]. De même, là où l'on a parlé entre un oiseau et un [autre] oiseau, il paraissait [d'abord] que l'on revient et [re]bénit, comme pour les tefilin, ainsi que nous [le] disons dans 'Ha-kometz Rabba' (Menahot 36a) : [si] l'on a parlé entre le tefilin [de la main] et le tefilin [de la tête], on dit deux [bénédictions], et c'[est] une transgression dans sa main, et il revient en arrière d'entre les rangs de la guerre. Et peut-être [est-ce], pour les tefilin, une transgression plus [grave], parce qu'ils [sont] une seule mitsva ; mais pour l'abattage, s'il [le] veut il abat davantage, et s'il [le] veut il n'abat pas. Toutefois il est raisonnable [de dire] que, en tout lieu où l'on peut se dégager [de l'obligation] par une seule bénédiction, il est interdit de parler [de telle sorte] qu'on soit [alors] astreint à une autre bénédiction, ainsi que [cela] ressort de Yoma (70a), où [le Talmud] dit : [le grand prêtre] prend le rouleau de la Torah et lit 'Aharei mot' et 'Akh be-'assor', et 'be-'assor' [du livre] qui [est] dans 'Houmach ha-Pekoudim' (Nombres) il [le] lit par cœur ; et [le Talmud] objecte : qu'il apporte [un autre] rouleau de la Torah et [y] lise ! et il répond : à cause d'une bénédiction non nécessaire (berakha che-eina tzerikha). Et peut-être [n'est-il] pas nécessaire de revenir et de [re]bénir lorsqu'on a parlé entre un oiseau et un [autre] oiseau, comme si l'on avait parlé au milieu de son repas, où l'on ne revient pas [re]dire la bénédiction du ha-motzi. Et cela ne ressemble pas aux tefilin, dont les deux [sont] une seule mitsva. Et le Baal Halakhot a écrit : là où l'on veut abattre dix [oiseaux] appariés (zougita) et [qu']on en a abattu un d'entre eux et [qu'on] a parlé — on couvre [le sang de] celui-là, puis on revient bénir et abattre les autres. Et de même a écrit le Raavad, de mémoire bénie : il couvre et bénit, [puis] abat et couvre. Et de même j'ai trouvé écrit au nom de Rabbenu Tam : que [celui qui] a parlé entre un oiseau et un [autre] oiseau doit revenir et [re]bénir, comme [dans le cas de] celui qui a parlé entre un tefilin et un [autre] tefilin, qui revient et [re]bénit, parce que, lorsqu'il a interrompu et parlé entre-temps, la mitsva sur laquelle il avait béni [est] achevée, et il doit bénir une seconde fois. Et de même, s'il avait deux oiseaux à abattre et [qu']il a parlé entre eux, puisque, s'il [le] veut il abat et s'il [le] veut il n'abat pas, il y a [là] un achevé de mitsva (guemar mitsva), et dès lors qu'il a interrompu par une parole, il doit [re]bénir. Mais celui qui bénit sur une mitsva et a commencé à l'accomplir et a parlé avant de l'avoir achevée, ne revient pas et ne [re]bénit pas — par exemple [pour] la sonnerie du chofar, la lecture du Hallel et de la Meguila, et [tout] ce qui leur ressemble : puisqu'il ne lui suffit pas de ne pas achever [la mitsva], bien qu'il ait parlé avant d'avoir achevé la mitsva, il n'a pas besoin de revenir et de [re]bénir. C'est pourquoi il est bon de prendre garde à ne pas parler entre un abattage et un [autre] abattage. Mais s'il a parlé de [choses] nécessaires à l'abattage, comme 'apportez [de quoi] abattre', ce n'[est] pas une interruption, semblable à ce qui vaut pour 'apporte la charrue' et 'pétris pour les bœufs' (Berakhot 40a). Et là où il n'avait pas l'intention d'abattre qu'un seul oiseau, et [qu']après qu'il [l']a abattu on lui a apporté un autre oiseau, il doit bénir sur l'abattage [à nouveau], ainsi que nous [le] disons plus loin (Houlin 107b) à propos du serviteur qui bénit sur chaque tranche [de pain]. Et dans notre passage aussi, [le Talmud] compare l'abattage à l'incident des élèves de Rav — [ce qui prouve] donc que, là où l'on s'est ravisé (nimlakh), il faut revenir et [re]bénir. Et de même ont écrit les Tossafistes : puisqu'il faut revenir et [re]bénir sur l'abattage, il faut couvrir d'abord ce qu'on a abattu, car [en effet], selon Rabbi Yehuda, [si] l'on a abattu une bête sauvage on couvre, et ensuite on abat l'oiseau, et une seule bénédiction sur l'abattage suffit ; et à plus forte raison [le sang] requiert-il [une] couverture pour ce qu'on a abattu, là où il faut bénir sur l'abattage. Et bien que la halakha ne [soit] pas comme Rabbi Yehuda, néanmoins nous apprenons de ses paroles que, de même que selon lui la Torah a dit que la bête sauvage et l'oiseau requièrent deux couvertures, bien que dès le début son intention fût d'abattre les deux — de même aussi pour nous, là où l'on s'est ravisé et [qu']il y a deux abattages, il faut achever la mitsva du premier abattage avant d'en commencer un autre. Et de même ont écrit le Baal Halakhot et le Raavad, de mémoire bénie ; et je l'ai [rapporté] plus haut. Et cela ne ressemble pas à un homme qui est assis et mange et a dit 'apporte-nous [la coupe] et bénissons' : si après cela il veut manger, il [re]bénit le ha-motzi et n'a pas besoin de bénir d'abord le birkat ha-mazon sur ce qu'il a mangé. Là-bas, le birkat ha-mazon n'[est] pas [l']achevé de l'acte, mais [c'est seulement] qu'il rend grâce et louange au Saint, béni soit-Il, pour son plaisir, et une seule action de grâce suffit pour deux [prises de] nourriture. Mais l'acte de la couverture [du sang] [est] l'achevé de l'acte de l'abattage, et dès lors que le premier abattage s'est achevé (nistalka), il faut l'achever [par la couverture] avant de commencer un autre abattage. Toutefois il n'est pas nécessaire de bénir sur la seconde couverture, comme je l'ai expliqué plus haut. Et c'est pourquoi Rav Alfassi (le Rif), de mémoire bénie, a rapporté dans ses lois : 'Et Rabbi Yehuda admet, quant à la bénédiction, qu'on ne bénit qu'une seule bénédiction' — bien que la halakha ne [soit] pas comme Rabbi Yehuda — afin que nous en apprenions, pour nous, quant à la décision halakhique (pessak halakha), comme je l'ai écrit. Le Baal Halakhot a écrit qu'on couvre d'abord et [qu']ensuite on bénit ; et bien que pour toutes les mitsvot on bénit sur elles avant de les accomplir (over la-'assiyatan), cela [ne vaut] qu'au début de la mitsva ; mais celle-ci [est] un achèvement de mitsva (siyoum mitsva), et au milieu d'une mitsva il ne convient pas de bénir. C'est pourquoi on bénit sur l'abattage avant le commencement de la mitsva, et sur la couverture après l'achevé de la mitsva. Mais le monde [= l'usage courant] n'a pas suivi cet usage, parce qu'ils considèrent la couverture comme une mitsva à part entière.
💡 Explication

Réfutation du rapprochement (entamé en 86b) avec l'incident des élèves de Rav. Là-bas, demander la coupe pour bénir marquait l'arrêt de la boisson, car boire et bénir ne peuvent se faire ensemble. Ici, couvrir le sang de la bête sauvage avant d'abattre l'oiseau n'est pas une interruption (hefsek), car on peut abattre d'une main et couvrir de l'autre simultanément.

2
מַתְנִי׳ שָׁחַט וְלֹא כִּסָּה, וְרָאָהוּ אַחֵר – חַייָּב לְכַסּוֹת. כִּסָּהוּ וְנִתְגַּלָּה – פָּטוּר מִלְּכַסּוֹת. (כִּסָּהוּ) [כִּסְתּוֹ] הָרוּחַ – חַיָּיב לְכַסּוֹת.

MICHNA. [Si] l'on a abattu et [qu']on n'a pas couvert, et [qu']un autre l'a vu — [cet autre] est tenu de couvrir.

[Si] on l'a couvert et [qu']il s'est découvert — on est dispensé de couvrir. [Si] le vent l'a couvert — on est tenu de couvrir.

💡 Explication

Trois clauses : (1) si l'abatteur n'a pas couvert et qu'un autre a vu le sang, cet autre est tenu de couvrir ; (2) si l'on a couvert et que le sang s'est découvert [de lui-même], on est dispensé de recouvrir ; (3) si le vent a couvert le sang [puis qu'il s'est redécouvert], on est tenu de couvrir.

3
גְּמ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: ״וְשָׁפַךְ וְכִסָּה״ – מִי שֶׁשָּׁפַךְ יְכַסֶּה. שָׁחַט וְלֹא כִּסָּה, וְרָאָהוּ אַחֵר, מִנַּיִן שֶׁחַיָּיב לְכַסּוֹת? שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאָמַר לִבְנֵי יִשְׂרָאֵל״ – אַזְהָרָה לְכָל בְּנֵי יִשְׂרָאֵל.

GUEMARA. Nos Maîtres ont enseigné : 've-chafakh ve-khissa' (il versera et il couvrira) — [c'est] celui qui a versé [le sang] qui couvrira.

[Si] l'on a abattu et [qu']on n'a pas couvert, et [qu']un autre l'a vu, d'où [sait-on] qu'[il] est tenu de couvrir ? De ce qu'il est dit 've-amar li-vnei Israël' (et j'ai dit aux enfants d'Israël) — [c'est] une mise en garde (azhara) à tous les enfants d'Israël.

📜 Rachi (1)
גְּמ' וְאוֹמֵר לִבְנֵי יִשְׂרָאֵל בְּפָרָשַׁת כִּסּוּי הוּא:
GUEMARA. 've-amar li-vnei Israël' (et j'ai dit aux enfants d'Israël) — [il est] dans la section [traitant] de la couverture [du sang].
💡 Explication

La braita dérive de 'il versera et il couvrira' que c'est celui qui a versé [abattu] qui doit couvrir. Mais si un autre voit le sang, son obligation vient d'un autre verset, 've-amar li-vnei Israël' — une mise en garde à tout Israël [donc à quiconque voit].

4
תַּנְיָא אִידָךְ: ״וְשָׁפַךְ וְכִסָּה״, בְּמַה שֶׁשָּׁפַךְ – בּוֹ יְכַסֶּה, שֶׁלֹּא יְכַסֶּנּוּ בָּרֶגֶל, שֶׁלֹּא יִהְיוּ מִצְוֹת בְּזוּיוֹת עָלָיו. תַּנְיָא אִידָךְ: ״וְשָׁפַךְ וְכִסָּה״, מִי שֶׁשָּׁפַךְ – הוּא יְכַסֶּנּוּ. מַעֲשֶׂה בְּאֶחָד שֶׁשָּׁחַט, וְקָדַם חֲבֵירוֹ וְכִסָּה, וְחִייְּבוֹ רַבָּן גַּמְלִיאֵל לִיתֵּן לוֹ עֲשָׂרָה זְהוּבִים.

Il est enseigné dans une autre [braita] : 've-chafakh ve-khissa' — avec ce qu'il a versé, [c'est] avec cela qu'il couvrira, [autrement dit] qu'il ne le couvre pas du pied (regel), afin que les mitsvot ne soient pas méprisées à ses yeux. Il est enseigné dans une autre [braita] : 've-chafakh ve-khissa' — [c'est] celui qui a versé qui le couvrira.

Un fait [advint] avec quelqu'un qui abattit, et [dont] le compagnon devança et couvrit ; et Rabban Gamliel le condamna à lui donner dix zehouvim (pièces d'or).

📜 Rachi (3)
בְּמַה שֶׁשָּׁפַךְ בְּיָדוֹ:
Avec ce qu'il a versé — de sa main.
שֶׁלֹּא יְכַסֶּנּוּ בָּרֶגֶל גָּרְסִינַן:
'Qu'il ne le couvre pas du pied' — telle [est] la leçon [du texte].
לִיתֵּן לוֹ מִפְּנֵי שֶׁהִפְסִידוֹ שָׂכָר וּלְקַמָּן בָּעֵי שְׂכַר מִצְוֹת מַעֲשֶׂה אוֹ שְׂכַר הַבְּרָכָה:
[À] lui donner — parce qu'il lui a fait perdre la récompense ; et plus loin [la Guemara] demande [si c'est le] salaire de [l'acte de] la mitsva ou le salaire de la bénédiction.
🗂️ Tossefot (1)
וְחִייְּבוֹ ר"ג לִיתֵּן עֲשָׂרָה זְהוּבִים וְלֹא הָיָה יָכוֹל לִפְטוֹר עַצְמוֹ בְּמַה שֶׁהָיָה נוֹתֵן לוֹ עוֹף אַחֵר לִשְׁחֹוט דְּזֹאת מִצְוָה אַחֶרֶת הִיא וּמִצְוָה רִאשׁוֹנָה הָלְכָה לָהּ וְהָוֵי מְעֻוָּות לֹא יוּכַל לִתְקֹן וּמִיהוּ לָא דָּיְינִינַן הַשְׁתָּא לִיחַייֵּב עֲשָׂרָה זְהוּבִים דִּבְמִלְּתָא דְּלֵית בָּהּ חֶסְרוֹן כִּיס לָא עָבְדִינַן שְׁלִיחוּתַיְיהוּ כִּדְאָמַר בְּהַחוֹבֵל (בּ"ק דַּף פד:) וְאֶחָד שֶׁעָמַד בִּמְקוֹם חֲבֵירוֹ לִקְרֹוא בַּתּוֹרָה פָּטוּר בְּלָאו הַאי טַעְמָא וַאֲפִילּוּ תָּפַס מַפְּקִינַן מִינֵּיהּ מִשּׁוּם דְּכֻולָּם חַייָּבִים בִּקְרִיאַת הַתּוֹרָה וְכֵן פֵּירֵשׁ רִיבָ"א וַאֲפִילּוּ עָמַד בִּמְקוֹם כֹּהֵן דְּהָא דְּדָרְשִׁינַן (נְדָרִים דַּף סב.) וְקִדַּשְׁתּוֹ לְכָל דָּבָר שֶׁבִּקְדֻושָּׁה לִפְתֹּוחַ רִאשׁוֹן וּלְבָרֵךְ רִאשׁוֹן אַסְמַכְתָּא הִיא:
Et Rabban Gamliel le condamna à [lui] donner dix zehouvim — et il ne pouvait pas se dégager [de l'obligation] en [proposant] de lui donner un autre oiseau à abattre, car c'[est] une autre mitsva, et la première mitsva s'en est allée, et c'est un tort qui ne peut plus être réparé (me'ouvat lo youkhal litkon). Toutefois, nous ne jugeons pas aujourd'hui [de manière] à [le] condamner à dix zehouvim, car en une affaire qui ne comporte pas de perte d'argent (hessron kis), nous n'agissons pas comme leurs délégués [des juges de Terre d'Israël], ainsi qu'il est dit dans 'Ha-hovel' (Baba Kamma 84b). Et [de même] celui qui s'est tenu à la place de son compagnon pour lire dans la Torah [à sa place] est dispensé [de payer], même sans ce raisonnement-là ; et même s'il a saisi [un gage], on le lui retire, parce que tous sont tenus de la lecture de la Torah ; et ainsi a expliqué le Riva. Et [c'est ainsi] même s'il s'est tenu à la place d'un kohen, car le fait que nous dérivons (Nedarim 62a) de 've-kiddachto' (et tu le sanctifieras) — 'pour toute chose de sainteté', [à savoir] pour ouvrir le premier [la lecture] et bénir le premier — [n'est qu']une asmakhta (appui scripturaire).
⚖️ Rosh (2)
גְּמ' ת"ר וְשָׁפַךְ וְכִסָּה מִי שֶׁשָּׁפַךְ יְכַסֶּה. וּמִנַּיִן שֶׁאִם שָׁחַט וְלֹא כִּסָּה וְרָאָהוּ אַחֵר שֶׁחַיָּיב לְכַסּוֹת. ת"ל וְאוֹמֵר אֶל בְּנֵי יִשְׂרָאֵל מִצְוָה זוֹ תְּהֵא עַל כָּל יִשְׂרָאֵל. תַּנְיָא אִידַּךְ וְשָׁפַךְ וְכִסָּה בַּמֶּה שֶׁשָּׁפַךְ יְכַסֶּה בִּוְלֹא יְכַסֶּה בָּרֶגֶל שֶׁלֹּא יְהוּ מִצְוֹת בְּזוּיוֹת עָלָיו:
GUEMARA. Nos Maîtres ont enseigné : 've-chafakh ve-khissa' (il versera et il couvrira) — [c'est] celui qui a versé qui couvrira. Et d'où [sait-on] que si l'on a abattu et [qu']on n'a pas couvert, et [qu']un autre l'a vu, [cet autre] est tenu de couvrir ? L'enseignement dit (talmud lomar) : 've-amar el bnei Israël' (et j'ai dit aux enfants d'Israël) — cette mitsva sera [imposée] à tout Israël. Il est enseigné dans une autre [braita] : 've-chafakh ve-khissa' — avec ce qu'il a versé, [c'est] avec cela qu'il couvrira, avec [la main] et [il] ne couvrira pas du pied (regel), afin que les mitsvot ne soient pas méprisées à ses yeux.
תַּנְיָא אִידַּךְ וְשָׁפַךְ וְכִסָּה מִי שֶׁשָּׁפַךְ יְכַסֶּה וּמַעֲשֶׂה בְּאֶחָד שֶׁשָּׁפַךְ וְקָדַם חֲבֵירוֹ וְכִסָּה וְחִייְּבוֹ רַבָּן גַּמְלִיאֵל לִיתֵּן לוֹ עֲשָׂרָה זְהוּבִים שְׂכַר בְּרָכָה דְּהַהוּא דְּסָעַד אֵצֶל רַבִּי אֲמַר לֵיהּ רַבִּי כּוֹס שֶׁל בְּרָכָה אַתָּה שׁוֹתֶה אוֹ אַרְבָּעִים זְהוּבִים אַתָּה נוֹטֵל. אֲמַר לֵיהּ כּוֹס שֶׁל בְּרָכָה אֲנִי שׁוֹתֶה יָצְתָה בַּת קוֹל וְאָמְרָה כּוֹס שֶׁל בְּרָכָה שָׁוֶה מ' זְהוּבִים. מַעֲשֶׂה בְּאֶחָד שֶׁאָמַר לְמוֹהֵל אֶחָד שֶׁיָּמוּל אֶת בְּנוֹ וְקָדַם אַחֵר וּמָלוּ. וְתָבַע הָרִאשׁוֹן שֶׁאָמַר לוֹ הָאָב לְמוּלוֹ מִן הַשֵּׁנִי עֲשָׂרָה זְהוּבִים. וּפְטָרוֹ ר"ת. דְּאָמַר בְּפֶרֶק הַחוֹבֵל (בָּבָא קַמָּא דַּף פד:) דְּכָל מִידֵּי דְּלֵית בֵּיהּ חֶסְרוֹן כִּיס לָא עָבְדִינַן שְׁלִיחוּתַיְיהוּ וַאֲפִילּוּ אִם תָּפַס מַפְּקִינַן מִינֵּיהּ. דְּכֵיוָן שֶׁהָיָה שָׁם בִּשְׁעַת מִילָה וְעָנָה אָמֵן גָּדוֹל הָעוֹנֶה אָמֵן יוֹתֵר מִן הַמְבָרֵךְ וְאִם לֹא עָנָה אָמֵן אַהוֹ דְּאַפְסִיד אַנַּפְשֵׁיהּ. וְאֵין לְפָוטְרוֹ מִטַּעַם זֶה שֶׁיִּתֵּן לוֹ תַּרְנְגֹולֶת לִשְׁחֹוט דא"כ אִמָּא חִייְּבוּ רַבָּן גַּמְלִיאֵל לִיתֵּן לוֹ עֲשָׂרָה זְהוּבִים. אֶלָּא זוֹ מִצְוָה אַחֶרֶת הִיא וּמִצְוָה רִאשׁוֹנָה אַזְדָּא לָהּ וּמְעֻוָּות לֹא יוּכַל לִתְקֹון. וּלְעִנְיַן קְרִיאַת הַתּוֹרָה אִם עָמַד אַחֵר שֶׁלֹּא קָרְאוּ הַחַזָּן אַף בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל הָיָה פָּטוּר דְּבִקְרִיאַת הַתּוֹרָה הַכֹּל חַיָּיבִין וּקְרִיאַת הַחַזָּן אֵינוֹ אֶלָּא כִּי הֵיכִי דְּלָא לֵיתוֹ לְאִינְּצוֹיֵי. וַאֲפִילּוּ אִם עָמַד יִשְׂרָאֵל בִּמְקוֹם הַכֹּהֵן אֵין לְחַיְּיבוֹ. ואע"ג דְּדָרְשִׁינַן גִּיטִּין דַּף נט: וְקִדַּשְׁתּוֹ לְכָל דָּבָר שֶׁבִּקְדֻושָּׁה לִפְתֹּוחַ רִאשׁוֹן וּלְבָרֵךְ רִאשׁוֹן. אַסְמַכְתָּא בְּעָלְמָא הִיא. כְּמוֹ לִיטֹּול מָנָה יָפָה רִאשׁוֹן דְּאֵין יָכוֹל לִגְבּוֹת בב"ד. וּבְלֹא הָנָךְ טַעְמֵי דר"ת נִרְאֶה לִי לִפְטוֹר הַמּוֹהֵל. דאע"פ שֶׁאָמַר הָאָב לְמוֹהֵל אֶחָד לָמוּל אֶת בְּנוֹ לֹא זָכָה בָּאתָה הַמִּצְוָה לְחַיֵּיב אַחֵר אִם קָדַם וַעֲשָׂאָהּ. וְלָא דָּמְיָא לְכִסּוּי דְּאָמְרָה תּוֹרָה וְשָׁפַךְ וְכִסָּה מִי שֶׁשָּׁפַךְ יְכַסֶּה. וְכֵן הָאָב שֶׁחַיָּיב לָמוּל אֶת בְּנוֹ וְרָצָה לְמוּלוֹ וְקָדַם אַחֵר חַייָּב. אֲבָל אִם אֵין הָאָב רוֹצֶה לְמוּלוֹ כָּל יִשְׂרָאֵל חַייָּבִין לְמוּלוֹ וּבַדִּבּוּר שֶׁאָמַר הָאָב לַמּוֹהֵל לֹא זָכָה לְמִצְוָה לְחַיֵּיב לְאַחֵר אִם קָדְמוּ:
Il est enseigné dans une autre [braita] : 've-chafakh ve-khissa' — [c'est] celui qui a versé qui couvrira. Et un fait [advint] avec quelqu'un qui a versé [le sang], et [dont] le compagnon devança et couvrit ; et Rabban Gamliel le condamna à lui donner dix zehouvim — [au titre du] salaire de la bénédiction. [Cela ressort] de celui qui prit [son] repas chez Rabbi : [Rabbi] lui dit : 'Rabbi [= mon maître], la coupe de bénédiction (kos chel berakha), [la] bois-tu, ou [bien] prends-tu quarante zehouvim ?' Il lui dit : 'la coupe de bénédiction, je [la] bois.' Une voix céleste (bat kol) sortit et dit : la coupe de bénédiction vaut quarante zehouvim. Un fait [advint] avec quelqu'un qui avait dit à un certain mohel [circonciseur] de circoncire son fils, et [qu']un autre devança et le circoncit ; et le premier, à qui le père avait dit de le circoncire, réclama du second dix zehouvim ; et Rabbenu Tam l'[en] dispensa, car il dit dans le chapitre 'Ha-hovel' (Baba Kamma 84b) que toute [affaire] qui ne comporte pas de perte d'argent (hessron kis), nous n'agissons pas comme leurs délégués [des juges de Terre d'Israël], et même s'il a saisi [un gage], on le lui retire. [Et cela] parce que, dès lors qu'il était là au moment de la circoncision et [qu']il a répondu 'amen' — [et que] plus grand [est] celui qui répond 'amen' que celui qui bénit —, et s'il n'a pas répondu 'amen', c'est lui qui s'est causé tort à lui-même. Et il n'y a pas [lieu] de le dispenser pour le motif qu'il [pourrait] lui donner une poule à abattre, car si [c'était] ainsi, [pourquoi] Rabban Gamliel [n'a-t-il pas dispensé en] disant [au premier] de lui donner [un autre oiseau] plutôt que de le condamner à donner dix zehouvim ? Plutôt, celle-ci [est] une autre mitsva, et la première mitsva s'en est allée (azda lah), et [c'est] un tort qui ne peut plus être réparé (me'ouvat lo youkhal litkon). Et quant à la lecture de la Torah, si un autre s'est levé [pour lire] alors que le hazzan (officiant) ne l'avait pas appelé, même en Terre d'Israël il serait dispensé [de payer], car pour la lecture de la Torah tous sont tenus, et l'appel du hazzan n'[est] que pour qu'ils n'en viennent pas à se quereller. Et même si un [simple] Israélite s'est tenu à la place du kohen, il n'y a pas [lieu] de le condamner. Et bien que nous dérivions (Guittin 59b) de 've-kiddachto' (et tu le sanctifieras) — 'pour toute chose de sainteté', [à savoir] pour ouvrir le premier [la lecture] et bénir le premier —, [c'est] un simple appui scripturaire (asmakhta), comme [le droit] de prendre le premier une belle portion, [droit] qu'on ne peut pas [faire] recouvrer par le tribunal (bet din). Et sans ces motifs de Rabbenu Tam, il me paraît [juste] de dispenser le mohel [second], car bien que le père ait dit à un certain mohel de circoncire son fils, [ce dernier] n'a pas acquis [de droit] : la mitsva [ne] vient [pas] astreindre un autre [à un dédommagement] s'il a devancé et [l']a accomplie. Et cela ne ressemble pas à la couverture [du sang], dont la Torah a dit 've-chafakh ve-khissa' — [c'est] celui qui a versé qui couvrira. Et de même le père, qui est tenu de circoncire son fils et [qui] voulait le circoncire et [qu']un autre a devancé — [ce dernier] est tenu [de payer]. Mais si le père ne veut pas le circoncire, tout Israël est tenu de le circoncire, et par la parole que le père a dite au mohel, il n'a pas acquis [de droit] à la mitsva [de nature] à astreindre un autre s'ils [l']ont devancé.
💡 Explication

Deux braitot. La première : on couvre de la main (celle qui a versé le sang), non du pied, pour ne pas mépriser les mitsvot. La seconde : c'est l'abatteur qui doit couvrir ; d'où l'incident où un tiers a devancé l'abatteur pour couvrir, et Rabban Gamliel le condamne à verser dix zehouvim [pour le tort causé].

5
אִיבַּעְיָא לְהוּ: שְׂכַר מִצְוָה אוֹ שְׂכַר בְּרָכָה? לְמַאי נָפְקָא מִינַּהּ? לְבִרְכַּת הַמָּזוֹן. אִי אָמְרַתְּ שְׂכַר מִצְוָה – אַחַת הִיא, וְאִי אָמְרַתְּ שְׂכַר בְּרָכָה – הָוְיָין אַרְבָּעִים. מַאי?

On [se] demanda : [est-ce un] salaire de [la] mitsva ou [un] salaire de [la] bénédiction ? Pour quoi y a-t-il une différence [pratique] ?

Pour le birkat ha-mazon (action de grâces après le repas). Si tu dis [que c'est un] salaire de [la] mitsva — elle est une [seule] ; et si tu dis [que c'est un] salaire de [la] bénédiction — il y en a quarante.

Que [conclure] ?

📜 Rachi (1)
בִּרְכַּת הַמָּזוֹן ד' בְּרָכוֹת הֵן וְאִיכָּא אַרְבָּעִים זְהוּבִים וְאִי בָּתַר מִצְוָה אָזְלַת כו' חֲדָא מִצְוָה הִיא:
Le birkat ha-mazon — ce sont quatre bénédictions, et il y a [donc] quarante zehouvim ; et si tu suis [l'acte de la] mitsva, etc., [c'est] une seule mitsva.
🪔 Ben Yehoyada (2)
איבעיא להו: שכר מצוה, או שכר ברכה. צריך להבין אם שכר מצוה או שכר ברכה מה טעם יש בעשרה זהובים? ונראה לי בס"ד כי הברכה היא 'ברוך אתה ה' אלקינו מלך העולם' שהם כ"ה אותיות וסימן לדבר וחסידיך יברכוכה (תהלים קמה, י) חלק התיבה לשתים וקרי בה 'יברכו כ"ה' וידוע כל דבר שבקדושה כלול מעשר ואם כן אלו הכ"ה אותיות כלולות מעשר הרי הם ר"ן אותיות כמנין יחוד נר [250] שהוא 'הוי־ה אהי־ה הוי־ה א-להי־ם הוי־ה אדנ־י' [250] דעל ידי הברכה יהיה לו שפע מן יחוד 'נר' הנזכר. וידוע כי דינר זהב הוא כ"ה דינרי כסף לכן שכר ברכה עשרה זהובים שהם ר"ן דינרים של כסף כנגד ר"ן אותיות של הברכה ואם נאמר שכר מצוה החשבון הוא כך כי המצוה יש בה חמשה בחינות שהם מעשה ודיבור וכונה ומחשבה ורעותא דלבא כנגד ד' אותיות השם ברוך הוא וקוץ של יו"ד דלכך נקראת מצוה שהיא ד' אותיות השם ברוך הוא כי מ " ץ בא"ת ב"ש י ־ ה וידוע בכל חלק מחמשה בחינות הנזכר יהיה בו תיקון ומיתוק חמשה גבורות בחמשה חסדים שהם כ"ה וכ"ה שמספר כולם חמשים וחמשה פעמים חמשים הוא ר"ן לכן נותן עשרה זהובים שהם ר"ן דינרים של כסף.
לְמַאי נָפְקָא מִינַּהּ? לְבִרְכַּת הַמָּזוֹן. הִקְשָׁה הָרַב עִיּוּן יַעֲקֹב זַ"ל אַמַּאי לָא קָאָמַר נָפְקָא מִינַּהּ לְעִנְיַן כִּסּוּי הַדָּם עַצְמוֹ דְּאִם שָׁחַט שְׁנֵי חַיּוֹת אוֹ חַיָּה וְעוֹף כָּל אֶחָד בִּפְנֵי עַצְמוֹ דְּקַייְמָא לָן דְּסַגִּי בִּבְרָכָה אַחַת וּמִכָּל מָקוֹם כָּל חֲדָא מִצְוָה בִּפְנֵי עַצְמוֹ הִיא כְּמַשְׁמָעוּת הָרֹא"שׁ זַ"ל בִּפְסָקָיו, וְאִם כֵּן אִי אָמְרִינַן שְׂכַר בְּרָכָה נוֹתֵן רַק יוֹ"ד זְהוּבִים וְאִי אָמְרִינַן שְׂכַר מִצְוָה כָּל חֲדָא מִצְוָה בִּפְנֵי עַצְמוֹ הִיא וְצָרִיךְ לְשַׁלֵּם עֶשְׂרִים זְהוּבִים אוֹ יוֹתֵר לְפִי מַה שֶׁהֵם? עַיֵּין שָׁם. וְנִרְאֶה לִי בס"ד בִּכְהַאי גַּוְנָא אִי אָמְרִינַן שְׂכַר מִצְוָה נָמֵי אֵינוֹ נוֹתֵן עֶשְׂרִים זְהוּבִים אֶלָּא רַק עֲשָׂרָה כִּי מֵאַחַר שֶׁהוּא בֵּירַךְ הַבְּרָכָה דְּסַגִּי לִשְׁתֵּיהֶם הִנֵּה אַחַר שֶׁבֵּירֵךְ וְכִיסָּה הָאַחַת אֲנַחְנוּ אוֹמְרִים לוֹ שֶׁיְּכַסֶּה דָּם הַשֵּׁנִי גַּם כֵּן וְלֹא יְכַסֶּנּוּ הַשּׁוֹחֵט כְּדֵי שֶׁלֹּא לִגְרֹום בְּרָכָה שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה שֶׁאִם יְכַסֶּנּוּ הַשּׁוֹחֵט צָרִיךְ לְבָרֵךְ מֵחָדָשׁ כִּי אֵיךְ יְקַיֵּים מִצְווַת עֲשֵׂה בְּלֹא בְּרָכָה וְלֹא מְהַנֵּי לֵיהּ בְּרָכָה שֶׁל זֶה כֵּיוָן שֶׁלֹּא כִּיוֵּן עָלָיו וְגַם הוּא לֹא נִתְכַּווֵּן לָצֵאת בְּבִרְכָתוֹ וְלָכֵן כֵּיוָן שֶׁאֲנַחְנוּ אוֹמְרִים לוֹ כִּסָּה הַשֵּׁנִי תּוּ לָא מִחַיַּיב קְנָס עַל מַה שֶׁכִּסָּה הַשֵּׁנִי וְאִם כֵּן אֵין נַפְקוּתָא בָּזֶה.
💡 Explication

Le dilemme central (voir le schéma). Les dix zehouvim indemnisent-ils l'acte de la mitsva ou la bénédiction qui l'accompagne ? La nafka mina : le birkat ha-mazon [comporte quatre bénédictions]. Salaire de la mitsva -> dix (la mitsva est une) ; salaire de la berakha -> quarante (quatre bénédictions).

6
תָּא שְׁמַע, דַּאֲמַר לֵיהּ הָהוּא מִינָא לְרַבִּי: מִי שֶׁיָּצַר הָרִים לֹא בָּרָא רוּחַ, וּמִי שֶׁבָּרָא רוּחַ לֹא יָצַר הָרִים, דִּכְתִיב: ״כִּי הִנֵּה יוֹצֵר הָרִים וּבֹרֵא רוּחַ״. אֲמַר לֵיהּ: שׁוֹטֶה, שְׁפֵיל לְסֵיפֵיהּ דִּקְרָא – ״ה׳ צְבָאוֹת שְׁמוֹ״.

Viens [et] entends : un certain min (hérétique) dit à Rabbi : celui qui a formé les montagnes n'a pas créé le vent, et celui qui a créé le vent n'a pas formé les montagnes — comme il est écrit 'car voici, [Celui] qui forme les montagnes et [Celui] qui crée le vent' (Amos 4:13). [Rabbi] lui dit : insensé (chote) ! descends à la fin du verset — 'l'Éternel, [Dieu] des armées, [est] Son nom'.

📜 Rachi (1)
ה' צְבָאוֹת שְׁמוֹ אַלְמָא חֲדָא הוּא דִּבְרִאְיְנָהוּ:
'L'Éternel des armées [est] Son nom' — [il est] donc Un, [Celui] qui les a [tous deux] créés.
💡 Explication

Preuve apportée à partir d'une aggada. Un min (hérétique dualiste) prétend tirer du verset d'Amos que les montagnes et le vent ont chacun un créateur distinct. Rabbi le renvoie à la fin du verset : 'l'Éternel des armées est Son nom' — un seul et même Dieu forme et crée tout.

7
אֲמַר לֵיהּ: נְקוֹט לִי זִימְנָא תְּלָתָא יוֹמֵי וּמַהְדַּרְנָא לָךְ תְּיוּבְתָּא. יְתֵיב רַבִּי תְּלָת תַּעֲנִיָּתָא. כִּי הֲוָה קָא בָּעֵי מִיבְרָא, אָמְרוּ לֵיהּ: מִינָא קָאֵי אַבָּבָא. אָמַר: ״וַיִּתְּנוּ בְּבָרוּתִי רוֹשׁ וְגוֹ׳״.

[Le min] lui dit : accorde-moi un délai de trois jours et je te [re]tournerai une réfutation. Rabbi resta [assis] trois [jours de] jeûne.

Comme [Rabbi] voulait prendre [son] repas, on lui dit : le min se tient à la porte. Il dit : 'ils ont mis du fiel dans ma nourriture, [et pour ma soif ils m'ont abreuvé de vinaigre]' (Psaumes 69:22).

📜 Rachi (5)
נְקוֹט לִי זִימְנָא תֵּן לִי זְמַן:
Accorde-moi un délai — donne-moi du temps.
כִּי הֲוָה בָּעֵי רַבִּי מִיבָּרַךְ כְּשֶׁהָיָה רַבִּי רוֹצֶה לִסְעֹוד:
Comme Rabbi voulait bénir — lorsque Rabbi voulait prendre [son] repas.
אָמְרוּ לֵיהּ בְּנֵי בֵּיתֵיהּ הַהוּא צָדוֹקִי שֶׁקָּבַעְתָּ לוֹ זְמַן קָאֵי אַבָּבָא:
On lui dit — les gens de sa maison [lui dirent] : ce tzedouki (sadducéen) à qui tu as fixé un délai se tient à la porte.
אָמַר רַבִּי עַל עַצְמוֹ מִקְרָא הַזֶּה:
Il dit — Rabbi [dit] sur lui-même ce verset.
וְיִתְּנוּ בְּבָרוֹתַי רוֹשׁ בִּסְעֻודָּתִי נוֹתְנִין מָרָה:
'Ils ont mis du fiel dans ma nourriture' — dans mon repas ils mettent de l'amertume.
💡 Explication

Le min demande un délai de trois jours pour préparer une réfutation. Rabbi jeûne trois jours [pour qu'aucune réfutation ne soit trouvée]. Au moment de manger, on lui annonce que le min est à la porte : Rabbi applique à son repas le verset 'ils ont mis du fiel dans ma nourriture' — sa table est amère de la présence du min.

8
אֲמַר לֵיהּ: רַבִּי, מְבַשֵּׂר טוֹבוֹת אֲנִי לָךְ, לֹא מָצָא תְּשׁוּבָה אוֹיִבְךָ וְנָפַל מִן הַגָּג וָמֵת. אָמַר לוֹ: רְצוֹנְךָ שֶׁתִּסְעוֹד אֶצְלִי? אָמַר לוֹ: הֵן. לְאַחַר שֶׁאָכְלוּ וְשָׁתוּ, אָמַר לוֹ: כּוֹס שֶׁל בְּרָכָה אַתָּה שׁוֹתֶה אוֹ אַרְבָּעִים זְהוּבִים אַתָּה נוֹטֵל? אָמַר לוֹ: כּוֹס שֶׁל בְּרָכָה אֲנִי שׁוֹתֶה. יָצְתָה בַּת קוֹל וְאָמְרָה: כּוֹס שֶׁל בְּרָכָה שָׁוֶה אַרְבָּעִים זְהוּבִים.

[Le second min] lui dit : Rabbi, je t'annonce de bonnes nouvelles : ton ennemi n'a pas trouvé de réponse et il est tombé du toit et il est mort. [Rabbi] lui dit : veux-tu prendre [le] repas chez moi ?

Il lui dit : oui. Après qu'ils eurent mangé et bu, [Rabbi] lui dit : la coupe de bénédiction (kos chel berakha), [la] bois-tu, ou [bien] prends-tu quarante zehouvim ?

Il lui dit : la coupe de bénédiction, je [la] bois. Une voix céleste (bat kol) sortit et dit : la coupe de bénédiction vaut quarante zehouvim.

📜 Rachi (2)
לְבַסּוֹף אִישְׁתְּכַח דְּלָאו אִיהוּ הוּא אֶלָּא צָדוֹקִי אַחֵר הַבָּא לְבַשְּׂרוֹ עַל הָרִאשׁוֹן שֶׁעָלָה לַגַּג וּמֵת:
À la fin il se trouva que ce n'était pas lui, mais un autre tzedouki venu lui annoncer [la mort] du premier, qui était monté sur le toit et était mort.
אַרְבָּעִים זְהוּבִים שְׂכַר אַרְבַּע בְּרָכוֹת שֶׁעָנָה אַחֲרֵיהֶם אָמֵן:
Quarante zehouvim — le salaire des quatre bénédictions, [pour] qu'il réponde 'amen' après elles.
🗂️ Tossefot (1)
אוֹ אַרְבָּעִים זְהוּבִים אַתָּה נוֹטֵל שְׁתִיָּה לָא שַׁייְכָא לִשְׂכַר בְּרָכָה אֶלָּא הָיָה רוֹצֶה לְסַלְּקוֹ מִבִּרְכַּת הַמָּזוֹן לְפִי שֶׁהָיָה צָדוֹקִי וא"ת אוֹ נ' זְהוּבִים ה"ל לְמֵימַר דְּהָא אִיכָּא בִּרְכַּת בפה"ג שֶׁלְּאַחַר בהמ"ז וְי"ל דְּסָבַר כמ"ד בְּעַרְבֵי פְּסָחִים (דַּף קג: וְשָׁם ד"ה לָאו) דְּאֵין צָרִיךְ לְבָרֵךְ אַכָּסָא דְּבִרְכְּתָא אֶלָּא אַכָּסָא קַמָּא וְתוּ לָא:
Ou [bien] prends-tu quarante zehouvim — la boisson n'a pas de rapport avec le salaire de la bénédiction ; mais [Rabbi] voulait l'écarter du birkat ha-mazon, parce qu'il était tzedouki. Et si tu dis : 'ou cinquante zehouvim' aurait-il du dire, puisqu'il y a [aussi] la bénédiction du fruit de la vigne (bore péri ha-gefen) [qui vient] après le birkat ha-mazon ! On peut dire qu'il tient comme [l'opinion] de celui qui dit, dans 'Arvei Pessahim' (Pessahim 103b), qu'il n'est pas nécessaire de bénir sur la coupe de bénédiction, mais [seulement] sur la première coupe, et pas davantage.
🪔 Ben Yehoyada (1)
לאחר שאכלו ושתו, אמר לו: כוס של ברכה אתה שותה, או ארבעים זהובים אתה נוטל. נראה העיקר כמו שאמרו המפרשים ז"ל דלא רצה רבי להזמינו על ברכת המזון לברך אותה על הכוס דזה אי אפשר כיון דמקודם היה מנהגם שהתופס כוס ברכה בידו הוא לבדו יברך ברכת המזון והמסובין ישמעו ממנו ויצאו ידי חובתם ואיך יתכן שיעשה כן על ידי אותו צדוקי? אלא הכונה הוא שהזמינו לשתות הכוס כי רבי יברך עליו ברכת המזון וזה ישתה אותו לכן אמר לו ' כוס של ברכה אתה שותה ' ולא אמר לו 'אתה מברך' והואיל וזכה כוס זה לברך עליו ברכת המזון לכך יש מצוה בשתייתו ולכן אמר לו 'או ארבעים זהובים אתה נוטל' כנגד ד' ברכות שנאמרו על כוס זה. ומה שעשה לזה ערך ' ארבעים זהובים ' מפני כי כל ברכה החוטף אותה משלם עשרה זהובים לכך אמר ארבעים זהובים לכל אחת עשרה. ולכן ' יצאת בת־קול ואמרה ' אל תחשוב דרבי ויתר הרבה בערך זה של ארבעים זהובים אלא כך הוא האמת ששכר ברכה אחת הוא עשרה זהובים ולכך כוס זה שנאמרו עליו ד' ברכות שוה שתיה שלו ארבעים זהובים. ואפשר דלא יצאה בת קול מן השמים ואמרה כן אלא לשון מליצה הוא זה דקאמר תלמודא כיון דרבי אמר לתת ארבעים זהובים תמורת כוס ברכה יצא הקול בבתי מדרשות בין החכמים ובין כל איש ישראל לומר כוס של ברכה שוה ארבעים זהובים דהויא מלתא דא שגורה בפי הכל. ואפשר לפרש בס"ד טעם לארבעים זהובים בכוס של ברכת המזון שצריך לכוין בה בשבת בברכה ראשנה בחתימתה בשם ע"ב [יו"ד ה"י וי"ו ה"י=72] ובברכה שניה בחתימתה בשם ס"ג [יו"ד ה"י וא"ו ה"י=63] ובברכה שלישית בשם מ"ה [יו"ד ה"א וא"ו ה"א =45] ובברכה רביעית בתחלתה בשם ב"ן [יו"ד ה"ה ו"ו ה"ה=52] וסך הכל הם ט"ל [39] אותיות. וידוע מה שאמר רבותינו ז"ל בפסוק ארבעים יכנו (דברים כה, ג) דלוקה ט"ל דוקא שהוא סמוך לארבעים נמצא כל סמוך נקרא בשם מספר שאחריו לכך שכר ד' ברכות של ברכת המזון הוא ארבעים זהובים וגם בימי החול נזונין בסעודתם מקדושת סעודות שבת. והא דתלה הערך בכוס ולא בברכות, נראה לי בס"ד כי כוס ברכת המזון נאמרו בו עשרה דברים כנזכר בגמרא (ברכות נא.) ולכן כיון דמברכים עליו ד' ברכות הרי ד' פעמים עשרה לכך ערכו ארבעים זהובים. ונראה לי בס"ד כיון דכוס ברכה שוה ארבעים זהובים שהם אלף דנרי כסף [25×40=1000] לכן שותהו בעל הבית ומשייר בו לאשתו כי איש ואשתו יש בהם ת"ק [500] אברים וכמו שיש בנפשם כן יש בנשמתם הרי הת"ק הוא מספר אלף. ובזה יובן ברכת משה רבינו ע"ה שבירך את ישראל יסף ה' עליכם ככם אלף פעמים (דברים א, יא) ותיבת 'ככם' נראה לשון יתר, אך בזה ניחא שהוא מדבר עם כל זוג מישראל נאמר 'ככם' רצונו לומר במספר הרמוז ככם אתם איש ואשתו שהם אלף אברים נמצא פשיטא דשכר ברכה עשרה זהובים. ובזה יובן הטעם שנתן אליעזר לרבקה שני צמידין כל אחד עשרה זהב משקלו (בראשית כד, כב) כי היא נתנה לו מים ובירך עליהם בודאי תחלה וסוף כי האבות קיימו כל התורה ואפילו ערובי תבשילין (יומא כח:) וכל שכן ברכות דהנהנה ולא בירך הרי זה גזלן (ברכות לה.) לכך מן השמים סיבבו לו שיתן לה שני צמידין שהם עשרים זהב משקלם.
💡 Explication

Ce n'est pas le premier min mais un second qui vient annoncer la mort du premier (tombé du toit, faute de réfutation). Rabbi l'invite à sa table, puis lui offre le choix : boire la coupe de bénédiction [réciter le birkat ha-mazon sur elle] ou recevoir quarante zehouvim. Le min choisit la coupe ; une bat kol proclame qu'elle vaut quarante zehouvim — donc dix par bénédiction : c'est le salaire de la bénédiction.

9
אָמַר רַבִּי יִצְחָק: עֲדַייִן יֶשְׁנָהּ לְאוֹתָהּ מִשְׁפָּחָה בֵּין גְּדוֹלֵי רוֹמִי, וְקוֹרְאִין אוֹתָהּ מִשְׁפַּחַת בַּר לוּיָאנוּס.

Rabbi Yitzhak dit : cette famille[-là] existe encore parmi les grands de Rome, et on l'appelle 'la famille de bar Louyanous'.

📜 Rachi (1)
לְאוֹתָהּ מִשְׁפָּחָה שֶׁל מִבְּשַׂר:
Cette famille — [celle] de [celui qui a porté] la bonne nouvelle.
🪔 Ben Yehoyada (1)
וְקוֹרִין אוֹתָהּ מִשְׁפַּחַת בַּר לוּיָאנוּס. נִרְאֶה לִי בס"ד נִזְדַּמֵּן לָהּ שֵׁם זֶה מִן הַשָּׁמַיִם כִּי זֶה הַצָּדוֹקִי שֶׁאָמַר לְרַבִּי, מְבַשֵּׂר טוֹבוֹת אֲנִי לָךְ וְכוּ' מַשְׁמַע שֶׁלִּבּוֹ פֵּירֵשׁ מִן הַצָּדוֹקִין. וּמַה שֶׁהָיָה אוֹתוֹ זְמַן צָדוֹקִי אָנוּס הוּא כִּי יָרֵא לִפְרֹושׁ מֵהֶם בְּגָלוּי וְנִמְצָא זֶה לְווַי שֶׁלּוֹ עִם הַצָּדוֹקִין הוּא מֵחֲמַת אֹונֶס לָכֵן קוֹרִין לְמִשְׁפַּחְתּוֹ לְוִיאנוֹס חִלֵּק הַשֵּׁם הַזֶּה לִשְׁנַיִם וְקָרֵי בֵּיהּ 'לֵוִי אָנוּס'.
💡 Explication

Note de Rabbi Yitzhak : la famille de ce min [celui qui a dîné avec Rabbi] subsiste parmi les notables de Rome, sous le nom de 'famille de bar Louyanous'.

10
כִּסָּהוּ וְנִתְגַּלָּה. אֲמַר לֵיהּ רַב אַחָא בְּרֵיהּ דְּרָבָא לְרַב אָשֵׁי: מַאי שְׁנָא מֵהֲשָׁבַת אֲבֵדָה, דְּאָמַר מַר: ״הָשֵׁב״ – אֲפִילּוּ מֵאָה פְּעָמִים.

[La michna :] 'on l'a couvert et il s'est découvert'. Rav Aha fils de Rava dit à Rav Achi : en quoi diffère[-t-il] de la restitution d'un objet perdu (hachevat aveda), dont le Maître a dit : 'tu [le] feras revenir' (hachev) — [c'est] même cent fois ?

📜 Rachi (1)
דְּאָמַר מַר בְּאֵלּוּ מְצִיאוֹת (בּ"מ דַּף לא.) הָשֵׁב אֲפִילּוּ מֵאָה פְּעָמִים מַשְׁמַע וּתְשִׁיבֵם מַפְּקִינַן לִדְרָשָׁא אַחַרְיַנָא. הָכָא נָמֵי וְכִסָּה טוּבָא מַשְׁמַע:
Dont le Maître a dit — dans 'Elou metziot' (Baba Metzia 31a) : 'hachev' implique [même] cent fois ; 'techivem' (tu les feras revenir), nous [le] dégageons pour une autre exégèse. Ici aussi, 've-khissa' implique [de couvrir] beaucoup [de fois].
💡 Explication

Retour à la michna (sang couvert puis découvert : dispense). Difficulté de Rav Aha : pourquoi diffère-t-elle de la restitution d'un objet perdu, où le redoublement 'hachev techivem' enseigne qu'on rend même cent fois ? Ici aussi 've-khissa' (il couvrira) pourrait impliquer une obligation réitérée.

11
אֲמַר לֵיהּ: הָתָם לָא כְּתִיב מִיעוּטָא, הָכָא כְּתִיב מִיעוּטָא ״וְכִסָּהוּ״.

[Rav Achi] lui dit : là-bas [pour l'objet perdu] il n'est pas écrit de restriction (miout) ; ici il est écrit une restriction — 've-khissahou' (et il le couvrira).

📜 Rachi (1)
כְּתִיב מִיעוּטָא אִי הֲוָה כְּתִיב וְכִסָּה הֲוָה מַשְׁמַע שֶׁיְּהֵא נִכְסֶה כָּל שָׁעָה וְאַפֵּי' מֵאָה זִימְנִין אֲבָל וְכִסָּהוּ מִיעוּטָא הוּא כִּסּוּי זֶה וְתוּ לָא:
Il est écrit une restriction — si [le texte] avait écrit 've-khissa' (et il couvrira), [cela] aurait implique qu'[il] doit être couvert à chaque instant, et même cent fois ; mais 've-khissahou' (et il le couvrira) [est] une restriction : ce recouvrement[-ci] et pas davantage.
💡 Explication

Réponse de Rav Achi : pour l'objet perdu, aucune restriction n'est écrite, d'où l'obligation illimitée ; ici, le verset porte un miout (terme restrictif), 've-khissahou' — le suffixe 'lui' limite l'obligation à ce recouvrement-là, une seule fois.

12
כִּסָּהוּ הָרוּחַ. אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא שֶׁחָזַר וְנִתְגַּלָּה, אֲבָל לֹא חָזַר וְנִתְגַּלָּה – פָּטוּר מִלְּכַסּוֹת. וְכִי חָזַר וְנִתְגַּלָּה מַאי הָוֵי? הָא אִידְּחִי לֵיהּ! אָמַר רַב פָּפָּא: זֹאת אוֹמֶרֶת אֵין דִּיחוּי אֵצֶל מִצְוֹת.

[La michna :] 'le vent l'a couvert'. Rabba bar bar Hana dit au nom de Rabbi Yo'hanan : on n'a enseigné [cela] que [dans le cas] où il s'est de nouveau découvert ; mais [s']il ne s'est pas de nouveau découvert — on est dispensé de couvrir.

Et lorsqu'il s'est de nouveau découvert, qu'en est-il [donc] ? Voici qu'[il] a déjà été rejeté (idhi) [de la mitsva] !

Rav Papa dit : cela [veut] dire qu'il n'y a pas de rejet (dichouy) à l'égard des mitsvot.

📜 Rachi (3)
פָּטוּר מִלְּכַסּוֹת דְּהָא מְכֻוסֶּה וְעוֹמֵד הוּא:
Dispense de couvrir — car [le sang] est [déjà] couvert et le demeure.
הָא אִידְּחִי לֵיהּ מִכִּסּוּי דְּהָא כִּיסָּהוּ וְנִתְגַּלָּה פָּטוּר מִלְּכַסּוֹת:
Voici qu'il a déjà été rejeté — de la couverture, puisque [pour le cas où] 'on l'a couvert et il s'est découvert', on est dispensé de couvrir.
אֵין דִּיחוּי אֵין אָמְרִינַן דִּחוּי אֵצֶל מִצְוֹת וְכִי אָמְרִינַן דִּיחוּי בִּפְסוּל קָרְבָּן הוּא דְּאָמְרִינַן:
Il n'y a pas de rejet — nous ne disons pas [qu'il y a] rejet à l'égard des mitsvot ; et lorsque nous disons [qu'il y a] rejet, c'est à propos de l'invalidité d'un sacrifice (pessoul korban) que nous le disons.
⚖️ Rosh (2)
מַתְנֵי' כִּסָּהוּ וְנִתְגַּלָּה פָּטוּר מִלְּכַסּוֹת כִּסָּהוּ הָרוּחַ חַיָּיב לְכַסּוֹת:
MICHNA. On l'a couvert et il s'est découvert — on est dispensé de couvrir. Le vent l'a couvert — on est tenu de couvrir.
גְּמָ' אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה א"ר יוֹחָנָן לֹא שָׁנוּ אֶלָּא שֶׁחָזַר וְנִתְגַּלָּה אֲבָל לֹא חָזַר וְנִתְגַּלָּה פָּטוּר מִלְּכַסּוֹת. ואע"פ שֶׁנִּדְחָה מִכִּסּוּי קֹודֶם שֶׁנִּתְגַּלָּה אֵין דִּיחוּי אֵצֶל מִצְוֹת וְהָא דְּתַנְיָא הַשּׁוֹחֵט וְנִבְלַע דָּם בַּקַּרְקַע חַיָּיב לְכַסּוֹת. אַקָּמָה ר' זֵירָא כְּשֶׁרִישּׁוּמוֹ נִיכָּר:
GUEMARA. Rabba bar bar Hana dit au nom de Rabbi Yo'hanan : on n'a enseigné [cela] que [dans le cas] où il s'est de nouveau découvert ; mais [s']il ne s'est pas de nouveau découvert — on est dispensé de couvrir. Et bien qu'[il] ait été rejeté (nidha) de la couverture avant qu'il [ne] se soit découvert, il n'y a pas de rejet (dichouy) à l'égard des mitsvot. Et ce qui est enseigné : 'celui qui abat et [dont] le sang a été absorbé dans le sol [est] tenu de couvrir' — Rabbi Zeira l'a établi [comme visant le cas] où sa trace (richoumo) est reconnaissable.
💡 Explication

Sur la clause du vent : R. Yo'hanan précise qu'on est tenu de couvrir seulement si le sang s'est redécouvert ; s'il reste couvert par le vent, on est dispensé. Objection : une fois couvert par le vent, le sang n'est-il pas déjà rejeté (idhi) de la mitsva ? Rav Papa : non — 'ein dichouy etzel mitsvot', il n'y a pas de rejet définitif pour les mitsvot ; la mitsva, simplement empêchée, renaît dès que le sang reparaît.

13
וּמַאי שְׁנָא מֵהָא דְּתַנְיָא: הַשּׁוֹחֵט וְנִבְלַע דָּם בַּקַּרְקַע – חַיָּיב לְכַסּוֹת. הָתָם כְּשֶׁרִשּׁוּמוֹ נִיכָּר.

Et en quoi diffère[-t-il] de ce qui est enseigné : 'celui qui abat et [dont] le sang a été absorbé dans le sol — [il] est tenu de couvrir' ? Là-bas, [c'est le cas] où sa trace (richoumo) est reconnaissable.

📜 Rachi (1)
חַייָּב לְכַסּוֹת אַף עַל גַּב דְּלֹא חָזַר וְנִתְגַּלָּה:
[Il] est tenu de couvrir — bien qu'il ne se soit pas de nouveau découvert.
💡 Explication

Difficulté : pourquoi, quand le vent couvre [et que cela reste], est-on dispensé, alors qu'une braita oblige à couvrir le sang absorbé dans le sol [même sans redécouverte] ? Réponse : la braita vise le cas où la trace du sang reste visible (richoumo nikkar) — le sang n'est pas entièrement absorbé, donc la mitsva demeure.

14
מַתְנִי׳ דָּם שֶׁנִּתְעָרֵב בְּמַיִם, אִם יֵשׁ בּוֹ מַרְאִית דָּם – חַיָּיב לְכַסּוֹת. נִתְעָרֵב בְּיַיִן – רוֹאִין אוֹתוֹ כְּאִילּוּ הוּא מַיִם. נִתְעָרֵב בְּדַם הַבְּהֵמָה

MICHNA. Du sang qui s'est mélangé à de l'eau : s'il y a en lui une apparence de sang (mar'it dam) — on est tenu de couvrir.

[S']il s'est mélangé à du vin — on le considère comme s'il était de l'eau. [S']il s'est mélangé à du sang d'animal domestique (behema)

📜 Rachi (3)
מַתְנֵי' נִתְעָרֵב בְּיַיִן שֶׁהוּא אָדֹום וְאֵין מַרְאֶה הַדָּם נִיכָּר בּוֹ:
MICHNA. [S']il s'est mélangé à du vin — qui est rouge, et [où] l'apparence du sang ne se reconnaît pas en lui.
רוֹאִין אוֹתוֹ יַיִן כְּאִילּוּ הוּא מַיִם וְאִם הָיָה מַרְאִית דָּם נִיכָּר בַּמַּיִם כַּשִּׁיעוּר הַזֶּה חַיָּיב לְכַסּוֹת:
On le considère — le vin, comme s'il était de l'eau ; et si l'apparence de sang était reconnaissable dans l'eau à cette mesure[-là], on est tenu de couvrir.
נִתְעָרֵב בְּדַם הַבְּהֵמָה דְּלָאו בַּר כִּסּוּי הוּא וְרֻובּוֹ דַּם בְּהֵמָה:
[S']il s'est mélangé à du sang d'animal domestique — qui n'est pas sujet à couverture (lav bar kisouy), et [dont] la majeure partie [est] du sang d'animal domestique.
🗂️ Tossefot (1)
רוֹאִין אוֹתוֹ כְּאִילּוּ הוּא מַיִם בְּפֶ' הַתַּעֲרוֹבוֹת (זְבָחִים דַּף עח:) אָמַר דְּלָאו רוֹאִין לְדַם קָדָשִׁים קָאָמַר אֶלָּא רוֹאִין לְיַיִן וְלַדָּם בְּהֵמָה וְחַיָּה קָאָמַר דְּרוֹאִין כְּאִילּוּ הוּא מַיִם כִּדְפֵירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס וְהִקְשָׁה הר"ר שְׁמוּאֵל מוורדו"ן דִּבְפֶ' הַקּוֹמֵץ רַבָּה (מְנָחוֹת דַּף כב.) מְפָרֵשׁ טַעְמָא דְּרַבָּנָן וְר' יְהוּדָה מִדִּכְתִיב וְלָקַח מִדַּם הַפָּר וּמִדַּם הַשָּׂעִיר גָּלוּי וְיָדוּעַ שֶׁדַּם הַפָּר מְרֻובֶּה מִדַּם הַשָּׂעִיר מִכָּאן לָעוֹלִין שֶׁאֵין מְבַטְּלִין זֶה אֶת זֶה וְר' יְהוּדָה אוֹמֵר מִכָּאן לְמִין בְּמִינוֹ שֶׁאֵינוֹ בָּטֵל וְהַשְׁתָּא הֵיכִי מוּכָח דַּאֲפִילּוּ מְבַטְּלִין עוֹלִין זֶה אֶת זֶה וּמִין בְּמִינוֹ בָּטֵל הָכָא לָא בְּטִיל שֶׁאֲפִילּוּ הָיָה דַּם הַפָּר הָיָה נִיכָּר אַדְמוּמִית דַּם הַשָּׂעִיר וְי"ל דְּאִם דַּם הַפָּר הָיָה מַיִם לֹא יִהְיֶה בְּדַם הַשָּׂעִיר מַרְאִית דָּם גָּמוּר אֶלָּא יִהְיֶה דֵּיהֶה מַרְאֵהוּ וּבָטֵל כִּדְאָמְרִי' בְּפֶ' הַתַּעֲרוֹבוֹת (זְבָחִים דַּף עח:) דְּלִי שֶׁיֵּשׁ בְּתוֹכוֹ יַיִן לָבָן וְחָלָב ר' יְהוּדָה אוֹמֵר רוֹאִין לְיַיִן וְחָלָב כְּאִילּוּ יַיִן אָדֹום וְאִם דֵּיהֶה מַרְאֵיהֶן (כָּשֵׁר אֲבָל) דָּם לְתוֹךְ מַיִם רִאשׁוֹן רִאשׁוֹן בָּטֵל וה"נ אָמְרִינַן בְּפֵ"ה דע"ז (דַּף עג.) כִּי אֲתָא רַב דִּימִי א"ר יוֹחָנָן הַמְעָרֶה יֵין נֶסֶךְ מֵחָבִית לַבּוֹר אֲפִילּוּ כָּל הַיּוֹם כֻּולּוֹ רִאשׁוֹן רִאשׁוֹן בָּטֵל וּבְפֶרֶק בָּתְרָא דְּנִדָּה (דַּף עא:) גַּבֵּי דַּם תְּבוּסָה הֵיכָא דְּפָסַק שֶׁאֵין הוֹלֵךְ בְּלֹא הֶפְסֵק אָמְרִינַן רִאשׁוֹן רִאשׁוֹן בָּטֵל וְקַשְׁיָא דְּאָמַר בְּפֶרֶק הַלּוֹקֵחַ בְּהֵמָה (בְּכוֹרוֹת דַּף כב.) הַלּוֹקֵחַ צִיר מֵעַם הָאָרֶץ מַשִּׁיקוֹ בְּמַיִם וְטָהוֹר מִמַּה נַפְשָׁךְ אִי רֻובָּא מַיָּא נִינְהוּ סָלְקָא וְאִי רֻובָּא צִיר נִינְהוּ צִיר לָאו בַּר קַבּוֹלֵי טֻומְאָה הוּא וְאִי מִשּׁוּם מִיעוּטָא דָּמִים דִּבְצִיר בָּטְלִי בְּרֻובָּא וְקָאָמַר רַב דִּימֵי בְּשֵׁם רֵישׁ לָקִישׁ לֹא שָׁנוּ אֶלָּא לִטְבֹּל פִּתּוֹ אֲבָל לִקְדֵרָה חוֹזֵר וְנֵיעוֹר אַלְמָא דַּאֲפִילּוּ טָהֳרָה מְעוֹרֶרֶת טֻומְאָה כ"ש דְּטֻומְאָה מְעוֹרֶרֶת טֻומְאָה וַאֲפִילּוּ לְאַבַּיֵּי דְּקָאָמַר וְכִי טֻומְאָה שֶׁבָּטְלָה חָזְרָה וְנֵיעוֹרָה הַייְנוּ מֵחֲמַת טָהֳרָה אֲבָל בְּטֻומְאָה דִּמְעוֹרֶרֶת טֻומְאָה לֵיכָּא מַאן דִּפְלִיג וְכָל שֶׁכֵּן דְּאִיסּוּר מְעוֹרֵר אִיסּוּר כִּדְאָמַר לְעֵיל (חֻולִּין דַּף פּוֹ:) אִם אָמְרוּ סְפֵק טֻומְאָה לְטַהֵר כו' וּבְהַעֲרֵל (יְבָמוֹת דַּף פב:) נָמֵי אָמְרִי' נָתַן סְאָה וְנָטַל סְאָה עַד רֻובּוֹ אַלְמָא טְפֵי מֵרֻובּוֹ לָא אָמְרִינַן דְּרִאשׁוֹן רִאשׁוֹן בָּטֵל אע"ג דְּהָוֵי בְּהֶפְסֵק וי"ל דבכ"מ אָמְרִינַן דְּחוֹזֵר וְנֵיעוֹר אֲפִילּוּ בְּהֶפְסֵק וּבְדַם תְּבוּסָה דִּמְפַלֵּיג בֵּין פָּסַק לְלֹא פָּסַק מִשּׁוּם דִּבְדַם תְּבוּסָה דְּרַבָּנָן הֵקֵילּוּ וְהָכָא בְּקָדָשִׁים דַּוְקָא אָמְרִינַן רִאשׁוֹן רִאשׁוֹן בָּטֵל דְּכֵיוָן שֶׁנִּדְחָה בְּקָדָשִׁים שׁוּב אֵינוֹ חוֹזֵר וְנִרְאֶה וְהַהִיא דִּבְפֶרֶק בָּתְרָא דע"ז (דַּף עג.) מְפָרֵשׁ רִ"י דְּרִאשׁוֹן רִאשׁוֹן בָּטֵל וְאֵין נֶאֱסָר בְּכָל שֶׁהוּא עַד שֶׁיְּהֵא בּוֹ נוֹתֵן טַעַם כְּמוֹ בִּשְׁאָר אִיסּוּרִין וְקָאֵי אַמַּתְנִיתִין דְּקָאָמַר וְאֵלּוּ אֲסוּרִין וְאוֹסְרִין בְּכָל שֶׁהוּא יֵין נֶסֶךְ כּוּ' מְפָרֵשׁ רַב דִּימֵי דְּהַיְינוּ דַּוְקָא כִּי נָפַל הֶיתֵּרָא לְגוֹ אִיסּוּרָא כִּדְקָאָמַר בָּתַר הָכִי אֲבָל אִיסּוּרָא לְגוֹ הֶיתֵּרָא אֵינוֹ אָסוּר בְּכָל שֶׁהוּא דְּרִאשׁוֹן רִאשׁוֹן בָּטֵל כָּל זְמַן שֶׁיֵּשׁ שִׁשִּׁים בַּהֶיתֵּר וּפָרִיךְ תְּנַן וְאֵלּוּ אֲסוּרִין וְאוֹסְרִין בְּכָל שֶׁהוּא יֵין נֶסֶךְ כו' מַאי לַָאו אִיסּוּרָא לְגוֹ הֶיתֵּרָא לָא הֶיתֵּרָא לְגוֹ אִיסּוּרָא ת"ש יַיִן בְּמַיִם בנ"ט מַאי לַָאו חַמְרָא דְּאִיסּוּרָא לְגוֹ מַיָּא דְּהֶיתֵּרָא וּמֵהַךְ גּוּפָהּ לָא פָּרֵיךְ דְּמוֹדֶה רַבִּי יוֹחָנָן דְּבִנְתִינַת טַעַם חוֹזֵר וְנֵיעוֹר תֵּדַע דְּהָא טַעַם כְּעִיקָּר בְּמִין שֶׁאֵינוֹ מִינוֹ מִן הַתּוֹרָה כִּדְאָמַר בְּהַתַּעֲרוֹבוֹת (זְבָחִים דַּף עח:) וּבְאֵלּוּ עוֹבְרִין (פְּסָחִים דַּף מד:) וּבְפֶ' שְׁלֹשָׁה מִינִין (נָזִיר דַּף לז.) אֶלָּא ה"פ מִדְּסֵיפָא אִיסּוּרָא לְתוֹךְ הֶיתֵּרָא ה"נ רֵישָׁא דְּיַיִן בְּיַיִן בְּכָל שֶׁהוּא וּמְשַׁנֵּי לֹא בְּנָפַל חַמְרָא דְּהֶיתֵּרָא לְגוֹ מַיָּא דְּאִיסּוּרָא וּפָרִיךְ מִדְּרֵישָׁא בְּמַיָּא דְּאִיסּוּרָא סֵיפָא נָמֵי בְּמַיָּא דְּאִיסּוּרָא וְקָתָנֵי מַיִם בְּיַיִן בנ"ט פֵּירוּשׁ וְכִי הֵיכִי דְּהַךְ סֵיפָא בְּאִיסּוּרָא לְגוֹ הֶיתֵּרָא ה"ה רֵישָׁא דְּיַיִן בְּיַיִן בְּכָל שֶׁהוּא וּמְשַׁנֵּי דְּכֻולָּהּ בְּהֶיתֵּרָא לְגוֹ אִיסּוּרָא אַייְרֵי ובנ"ט דְּקָאָמַר דְּמַשְׁמַע דְּכִי לֵיכָּא בְּנוֹתֵן טַעַם דְּשָׁרֵי הַיְינוּ כְּגוֹן שֶׁנָּפַל הַרְבֵּה מִן הַהֶיתֵּר בְּבַת אַחַת לְתוֹךְ הָאִיסּוּר שֶׁנִּתְבַּטֵּל הָאִיסּוּר בְּבַת אַחַת וא"ת אַמַּאי נְקַט מֵחָבִית לַבּוֹר מִשּׁוּם דְּרִאשׁוֹן רִאשׁוֹן בָּטֵל בְּלָאו הָכִי שָׁרֵי כֵּיוָן דִּלְבַסּוֹף נִשְׁאַר שִׁשִּׁים שֶׁל הֶיתֵּר וְי"ל דְּדַוְקָא נְקַט מֵחָבִית לַבּוֹר דְּלָא נְפִישׁ עַמּוּדֵיהּ כֻּולֵּי הַאי אע"ג דִּנְפִישׁ טְפֵי מִצַּרְצוּר אֲבָל הֵיכָא דִּנְפִישׁ עַמּוּדֶיהָ טוּבָא לָא בְּטִיל אֲפִילּוּ יֵשׁ שִׁשִּׁים בַּהֶיתֵּר:
On le considère comme s'il était de l'eau — dans le chapitre 'Ha-ta'arovot' (Zevahim 78b), il est dit que [la michna] ne parle pas de [l'application de la règle] 'on considère' au sang des [bêtes] consacrées (kodachim), mais [qu']elle parle de 'considérer' le vin, [puis] le sang de l'animal domestique et de l'animal sauvage — [à savoir] qu'on [les] considère comme s'ils étaient de l'eau, comme l'a expliqué [Rachi] dans son commentaire. Et Rabbi Chmouel de Verdun a objecté : dans le chapitre 'Ha-kometz Rabba' (Menahot 22a), [le Talmud] explique le motif des Rabbanan et de Rabbi Yehuda d'après ce qu'il est écrit 'et il prendra du sang du taureau et du sang du bouc' — [puisqu'il est] manifeste et connu que le sang du taureau est plus abondant que le sang du bouc, de là [on apprend], pour [ce] qui monte [à l'autel], qu'ils ne s'annulent pas l'un l'autre ; et Rabbi Yehuda dit : de là [on apprend], pour [un] genre dans son [propre] genre (min be-mino), qu'il ne s'annule pas. Or [si] maintenant [c'est ainsi], comment prouve-t-[on] que même [ce] qui monte [à l'autel] s'annule l'un l'autre, et [qu']un genre dans son genre s'annule — ici [dans notre michna] il ne s'annule pas, puisque, même si c'était le sang du taureau, l'aspect rougeâtre du sang du bouc serait reconnaissable ? Et l'on peut dire : si le sang du taureau était [de] l'eau, il n'y aurait pas dans le sang du bouc une apparence de sang complète, mais son aspect serait pâle (dihe), et il [s']annulerait — comme nous disons dans le chapitre 'Ha-ta'arovot' (Zevahim 78b) : un seau dans lequel il y a du vin blanc et du lait, Rabbi Yehuda dit : on considère le vin et le lait comme [s'ils étaient] du vin rouge, et si leur aspect [en] est pâli [ce serait valable] ; mais [pour] du sang [tombé] dans de l'eau, le premier [premier] s'annule, comme nous disons dans le chapitre 'Ha-ta'arovot' (Zevahim 78b). Et de même nous disons au chapitre 5 de 'Avoda Zara' (73a) : lorsque Rav Dimi vint, il dit au nom de Rabbi Yo'hanan : celui qui verse du vin de libation (yein nessekh) d'un tonneau dans une fosse [de vin permis], même [si cela dure] toute la journée entière, le premier [premier] s'annule. Et au dernier chapitre de 'Nidda' (71b), à propos du sang de mixité (dam tevoussa), la où [le sang] s'est interrompu, [de sorte] qu'il ne coule pas sans interruption, nous disons : le premier [premier] s'annule. Et c'est une difficulté, car il est dit au chapitre 'Ha-lokeah behema' (Bekhorot 22a) : celui qui achète de la saumure (tzir) auprès d'un 'am ha-aretz, il la rince à l'eau (machikou be-mayim) et [elle est] pure 'de toute façon' (mi-ma nafchakh) : si la majeure partie [est] de l'eau, [elle] surnage [au-dessus] ; et si la majeure partie [est] de la saumure, la saumure n'est pas susceptible de recevoir l'impureté ; et s'[il y a une objection] à cause de la minorité d'eau qui [est] dans la saumure, elle s'annule dans la majorité. Et Rav Dimi dit au nom de Resh Lakich : on n'a enseigné [cela] que pour [y] tremper son pain, mais pour [la mettre dans] la marmite, [l'impureté] se réveille de nouveau (hozer ve-ni'or) — [d'où il ressort] que même [une] pureté réveille [une] impureté, à plus forte raison [une] impureté réveille-t-[elle une] impureté ; et même selon Abbaye, qui dit : 'est-ce qu'une impureté qui s'est annulée revient et se réveille ?' — [il dit cela] à cause [de l'éveil par une] pureté, mais pour [une] impureté qui réveille [une] impureté, il n'y a personne qui [s']oppose [à la règle hozer ve-ni'or] ; et à plus forte raison [un] interdit réveille-t-[il un] interdit, comme [il est] dit plus haut (Houlin 86b) : 'si l'on a dit [que] le doute d'impureté [demeure] pur, etc.' ; et dans 'Ha-'arel' (Yevamot 82b) aussi nous disons : on a mis une mesure (sea) et on a retiré une mesure, jusqu'à [ce que la majeure partie soit changée], [donc] jusqu'à sa majorité — [d'où il ressort que] au-delà de sa majorité, nous ne disons pas [que] 'le premier [premier] s'annule', bien que ce soit avec interruption. Et l'on peut dire : en tout lieu nous disons que [l'interdit] se réveille de nouveau, même avec interruption ; et pour le sang de mixité, où [le Talmud] distingue entre [le cas où cela] s'est interrompu et [où cela] ne s'est pas interrompu, [c'est] parce que, [s'agissant] du sang de mixité [qui n'est interdit que] rabbiniquement, on a [été] indulgent. Et ici, c'[est] pour les [bêtes] consacrées spécifiquement que nous disons 'le premier [premier] s'annule', car, dès lors qu'[il] a été rejeté dans les [bêtes] consacrées, [il] ne revient plus et ne réapparaît plus. Et ce [passage] du dernier chapitre d'Avoda Zara (73a), le Ri l'explique : 'le premier [premier] s'annule', et il n'est pas interdit en [quantité] infime jusqu'à ce qu'il y ait en lui [de quoi] donner du goût (notein ta'am), comme pour les autres interdits ; et [cela] se rapporte à la michna qui dit 'et voici [les choses] qui sont interdites et rendent interdit en [quantité] infime : le vin de libation, etc.'. Le Ri explique que c'[est] spécifiquement lorsque [le] permis tombe dans [l']interdit, comme il [le] dit ensuite ; mais [l']interdit dans [le] permis n'est pas interdit en [quantité] infime, car le premier [premier] s'annule tant qu'il y a soixante [parts] dans le permis. Et [le Talmud] objecte : nous avons appris 'et voici [les choses] qui sont interdites et rendent interdit en [quantité] infime : le vin de libation, etc.' — n'est-ce pas [le cas de l']interdit dans le permis ? Non, [c'est le cas du] permis dans l'interdit. Viens [et] entends : 'du vin dans de l'eau [s'évalue] par [le fait de] donner du goût' — n'est-ce pas du vin interdit dans de l'eau permise ? Et de [ce passage] lui-même [le Talmud] n'objecte pas, car Rabbi Yo'hanan admet que, [s'agissant] de donner du goût, [l'interdit] se réveille de nouveau ; sache[-le], car 'le goût [est] comme le principal' (ta'am ke-'ikkar) pour un genre [mélangé] à [un] genre qui n'est pas le sien [s'impose] de la Torah, comme [il est] dit dans 'Ha-ta'arovot' (Zevahim 78b), et dans 'Elou 'overin' (Pessahim 44b), et au chapitre 'Chelocha minin' (Nazir 37a). Plutôt, voici l'explication : puisque la fin [parle de l']interdit dans [le] permis, de même le début, [pour] du vin dans du vin, [s'évalue] en [quantité] infime ; et [le Talmud] répond : non, [c'est] lorsqu'est tombé du vin permis dans de l'eau interdite. Et [le Talmud] objecte : du fait que le début [parle] d'eau interdite, la fin aussi [parle] d'eau interdite, et [pourtant] il enseigne 'de l'eau dans du vin [s'évalue] par [le fait de] donner du goût' — c'est-à-dire que, de même que cette fin[-là parle d']interdit dans [le] permis, de même le début, [pour] du vin dans du vin, [s'évalue] en [quantité] infime ; et [le Talmud] répond que tout entier [le passage] parle de [l']interdit dans [le] permis, et le 'donner du goût' qu'il dit — [par quoi il] semble que, lorsqu'il n'y a pas [de quoi] donner du goût, [c'est] permis — [vise le cas] par exemple où [une grande quantité] du permis est tombée d'un seul coup dans l'interdit, [de sorte] que l'interdit s'est annulé d'un seul coup. Et si tu dis : pourquoi a-t-[il] pris [l'exemple] d'un tonneau [versé] dans une fosse — [car] à cause de 'le premier [premier] s'annule', même sans cela [c'est] permis, puisqu'à la fin il reste soixante [parts] de permis ! On peut dire qu'il a pris spécifiquement [l'exemple] d'un tonneau [versé] dans une fosse, dont le jet (amoudo) n'est pas tellement abondant, bien qu'il soit plus abondant qu'[un] mince filet ; mais là où son jet est très abondant, [l'interdit] ne s'annule pas, même s'il y a soixante [parts] dans le permis.
⚖️ Rosh (1)
מַתְנִי' דָּם שֶׁנִּתְעָרֵב בְּמַיִם אִם יֵשׁ בּוֹ מַרְאִית דָּם חַיָּיב לְכַסּוֹת. נִתְעָרֵב בְּיַיִן רוֹאִין אוֹתוֹ כְּאִילּוּ הוּא מַיִם נִתְעָרֵב בְּדַם הַבְּהֵמָה אוֹ בְּדַם הַחַיָּה רוֹאִין אוֹתוֹ כְּאִלּוּ הוּא מַיִם ר' יְהוּדָה אָמַר אֵין דָּם מְבַטֵּל דָּם:
MICHNA. Du sang qui s'est mélangé à de l'eau : s'il y a en lui une apparence de sang (mar'it dam) — on est tenu de couvrir. [S']il s'est mélangé à du vin — on le considère comme s'il était de l'eau. [S']il s'est mélangé à du sang d'animal domestique (behema) ou à du sang d'animal sauvage (haya) — on le considère comme s'il était de l'eau. Rabbi Yehuda dit : du sang n'annule pas du sang (ein dam mevatel dam).
💡 Explication

Nouvelle michna sur les mélanges. Sang [de bête sauvage ou d'oiseau, qui requiert couverture] mélangé à de l'eau : si l'apparence de sang (mar'it dam) subsiste, on couvre. Mélangé à du vin [rouge, où la couleur du sang ne se voit pas] : on traite le vin comme de l'eau [et l'on juge si une telle quantité d'eau garderait l'apparence de sang]. Mélangé à du sang d'animal domestique [qui ne requiert pas de couverture]...

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).