Chullin 8b — couteau d'idolâtrie et de non-Juif (peler/rincer), couteau de terefa, et l'équipement du sacrificateur

Chullin 8b

Sougya : La Guemara précise le couteau d'idolâtrie (neuf : seulement après usage, ou ayant coupé une branche pour l'idole, ou ancien chauffé à blanc). Pour celui qui abat avec le couteau d'un non-Juif : Rav dit qu'il pèle (kolef) l'endroit de l'abattage, Rabba bar bar Hana qu'il rince (madiach) ; deux lectures du désaccord selon que l'endroit de l'abattage est chaud (et absorbe, ou que les simanim occupés à évacuer le sang n'absorbent pas) ou froid (mais la pression du couteau fait absorber).

Pour un couteau ayant abattu une terefa, la halakha permet même l'[eau] froide, et un chiffon suffit ; et l'on explique pourquoi : l'absorption ne se produit qu'à la fin de l'abattage, quand la bête est déjà permise. Rav enseigne enfin que le sacrificateur a besoin de trois couteaux (abattre, viande, graisses) et de deux récipients d'eau, pour éviter de transférer le gras interdit à la viande ; et Ameimar (au nom de Rav Papa) : ne pas renverser les flancs gras sur de la viande, car le gras fond et s'absorbe — sauf que la membrane interpose.

Abattre avec le couteau d'un non-Juif : peler ou rincer ? Rav : PELER (kolef) la chair a absorbé le gras du couteau Rabba b. b. Hana : RINCER (madiach) un rinçage suffit 1re lecture : l'endroit de l'abattage est CHAUD peler : il absorbe | rincer : les simanim, occupés à évacuer le sang, n'absorbent pas 2e lecture : l'endroit de l'abattage est FROID rincer : cohérent | peler : la pression du couteau (douhka) fait tout de même absorber Interdit toranique non tranché -> on agit par rigueur (mais on n'abat pas ainsi a priori).
Le désaccord Rav / Rabba bar bar Hana et ses deux lectures (segments 2-4).
1
בַּחֲדָשָׁה.

[Il s'agit] d'un [couteau] neuf.

📜 Rachi (1)
בַּחֲדָשָׁה שֶׁלֹּא חָתְכוּ בָּהּ מֵעוֹלָם:
Avec un [couteau] neuf — avec lequel on n'a jamais rien coupé.
💡 Explication

Réponse à l'objection de 8a (résidu de graisse) : Rav Nahman parle d'un couteau neuf, sans aucun résidu — l'interdit ne tient donc qu'à l'idolâtrie.

2
חֲדָשָׁה, בֵּין לְרַבִּי יִשְׁמָעֵאל בֵּין לְרַבִּי עֲקִיבָא, מְשַׁמְּשֵׁי עֲבוֹדָה זָרָה הֵן, וּמְשַׁמְּשֵׁי עֲבוֹדָה זָרָה אֵינָן אֲסוּרִין עַד שֶׁיַּעַבְדוּ! אִיבָּעֵית אֵימָא, דִּפְסַק בֵּיהּ גְּווָזָא לַעֲבוֹדָה זָרָה, וְאִיבָּעֵית אֵימָא, בִּישָׁנָה שֶׁלִּיבְּנָהּ בָּאוּר.

[Un couteau] neuf — que ce soit selon Rabbi Yichmael ou selon Rabbi Akiva, ce sont des accessoires (mechamechei) de l'idolâtrie, et les accessoires de l'idolâtrie ne sont interdits que lorsqu'on les a [effectivement] utilisés [pour elle] ! Si tu veux, dis : [le cas] où il a coupé une branche (gevaza) pour l'idolâtrie ; et si tu veux, dis : [il s'agit] d'un [couteau] ancien qu'on a chauffé à blanc au feu.

📜 Rachi (3)
חֲדָשָׁה אַמַּאי מִיתַּסְרָא מִשּׁוּם עֲבוֹדַת כּוֹכָבִים דְּהָא הַאי סַכִּין לָאו עֲבוֹדַת כּוֹכָבִים עַצְמָהּ הִיא אֶלָּא מְשַׁמְּשֵׁי עֲבוֹדַת כּוֹכָבִים וּבֵין לְרַבִּי יִשְׁמָעֵאל וּבֵין לר"ע דִּפְלִיגִי בְּפֶרֶק רַבִּי יִשְׁמָעֵאל (ע"ז נא:) בַּעֲבוֹדַת כּוֹכָבִים עַצְמָהּ אִיכָּא לְמ"ד אֲסוּרָה מִיָּד וְאִיכָּא לָמֶ"ד לִכְשֶׁתֵּעָבֵד כּוּלְּהוּ מוֹדוּ בְּכֵלִים דְּאֵינָם אֲסוּרִים עַד שֶׁיַּעַבְדוּ עַד שֶׁיַּעֲשׂוּ בָּהֶם שִׁימּוּשׁ לַעֲבוֹדַת כּוֹכָבִים:
[Un couteau] neuf — pourquoi serait-il interdit au titre de l'idolâtrie, puisque ce couteau n'est pas l'idole elle-même mais [seulement] un accessoire de l'idolâtrie ? Et tant pour Rabbi Yichmael que pour Rabbi Akiva — qui divergent au chapitre 'Rabbi Yichmael' (Avoda Zara 51b) à propos de l'idole elle-même (pour l'un, interdite dès [sa confection], pour l'autre, [seulement] lorsqu'on l'aura adorée) — tous concèdent que les ustensiles ne sont interdits que lorsqu'on les a [effectivement] utilisés pour l'idolâtrie.
גַּווָּזָא חֲתִיכוֹת עֵצִים:
Gevaza — des morceaux de bois.
וְאִיבָּעֵית אֵימָא אֲפִילּוּ בִּישָׁנָה וּכְגוֹן שֶׁלִּיבְּנָהּ בָּאוּר וְאֵין כָּאן אִיסּוּר שַׁמְנוּנִית:
Et si tu veux, dis : même avec un [couteau] ancien — par exemple [le cas] où on l'a chauffé à blanc au feu, et il n'y a pas [d']interdit de gras.
🗂️ Tossefot (1)
שֶׁלִּבְּנָהּ בָּאוֹר הָא דִּתְנַן בְּסוֹף מַסֶּכֶת ע"ז (דַּף עה:) סַכִּין שָׂפָה בַּקַּרְקַע וְהִיא טְהוֹרָה דְּסַגִּי בִּנְעִיצָה בַּקַּרְקַע עֶשֶׂר פְּעָמִים וְלָא בָּעֵי לִיבּוּן הַייְנוּ לַחְתֹּוךְ בָּהּ צוֹנֵן כִּדְאָמַר הָתָם בַּגְּמָרָא וְהָכָא דְּמוּקֵי לָהּ כְּשֶׁלְּיִבְנֶה בָּאוּר כְּדֵי לְיַישֵּׁב אֲפִילּוּ יְהֵא בֵּית הַשְּׁחִיטָה רוֹתֵחַ וְתֵימַהּ דְּמַשְׁמַע הָכָא דְּבָעֵי לִיבּוּן וְכֵן מַשְׁמַע נָמֵי הָתָם בַּתּוֹסֶפְתָּא דְּמַסֶּכֶת ע"ז (פ"ט) דְּקָתָנֵי הַשַּׁפּוּדִים וְהָאַסְכְּלָאוֹת וְהַסַּכִּינִים מְלַבְּנָן בְּאוֹר וְתֵימַהּ דִּבְפֶרֶק כָּל שָׁעָה (פְּסָחִים דַּף ל:) מַשְׁמַע דְּסַגִּי בְּהַגְעָלָה דְּקָאָמַר הָנֵי סַכִּינֵי דְּפִיסְחָא הֵיכִי עָבְדִינַן לְהוּ וּמַסְּקִינַן הִלְכְתָא אִידִי וְאִידִי בְּרוֹתְחִין ואור"ת דְּיֵשׁ לְחַלֵּק גַּבֵּי חָמֵץ מִשּׁוּם דְּהֶיתֵּירָא בָּלַע דִּבְעִנְיָן זֶה מְחַלֵּק בְּסוֹף מַסֶּכֶת ע"ז (דַּף עו.) אע"ג דְּהַשְׁתָּא דִּבְלִיעֵי הָוֵי אִיסּוּרָא מ"מ בִּשְׁעַת בְּלִיעָה הָוֵי הֶתֵּירָא אע"ג דְּרַב אַשִּׁי גּוּפֵיהּ מְחַלֵּק כֵּן בְּמַסֶּכֶת ע"ז (דַּף עו.) וּבִפְסָחִים (דַּף ל:) קָאָמַר רַב אַשִּׁי לְדִידִי חַדְתֵי עָבְדִי לִי מַחְמִיר עַל עַצְמוֹ הָיָה וְנִרְאֶה דְּהָא דְּמַסִּיק וְהִלְכְתָא אִידֵּי וְאִידֵּי בְּרוֹתְחִין הָוֵי מַסְּקָנָא דְּמִילְּתָא דְּרַב אַשִּׁי וְעוֹד אור"ת דְּהָכָא וּבַתּוֹסֶפְתָּא אַייְרֵי בְּסַכִּינִין גְּדוֹלִים שֶׁצּוֹלִין בָּהֶן בָּשָׂר וְהָוֵי תַּשְׁמִישָׁן עַל יְדֵי הָאוּר וּלְהָכִי בָּעֵי לִיבּוּן וְדַיְקָא נָמֵי דְּקָא חֲשִׁיב לְהוּ בַּתּוֹסֶפְתָּא בַּהֲדֵי שַׁפּוּדִין וְאַסְכְּלָאוֹת אֲבָל סַכִּינֵי דְּפִיסְחָא מַייְרֵי בִּקְטַנִּים וְהַסַּכִּינִים יְשָׁנִים שֶׁאָנוּ לוֹקְחִים מִן הָעוֹבְדֵי כּוֹכָבִים הָיָה אוֹמֵר הר"י בֶּן ה"ר מֵאִיר שֶׁצְּרִיכִין לִיבּוּן מִפְּנֵי שֶׁדֶּרֶךְ הָעוֹבָדֵי כּוֹכָבִים לְתַקֵּן בָּהֶן נֵר שֶׁדּוֹלֵק בָּהֶן חָלָב וְגַם מְהַפְּכִין בָּהֶן בָּשָׂר עַל גַּבֵּי גֶּחָלִים וְחוֹתְכִין ור"ת הָיָה אוֹמֵר כֵּיוָן דְּאֵין עִיקַּר תַּשְׁמִישָׁן לְכָךְ לָא חָייְשִׁינַן דִּלְמָא אַתָּרְמִי וַעֲבַד הָכִי וְעוֹד אֲפִילּוּ אַתָּרְמִי וְאֶשְׁתַּמֵּשׁ בּוֹ עַל יְדֵי הָאוּר סַגִּי בְּהַגְעָלָה דְּכָל מַה שֶׁסּוֹפוֹ לִפְלֹוט עַל יְדֵי רוֹתְחִין פּוֹלֵט בְּהַגְעָלָה רִאשׁוֹנָה וְאֵין זֶה דִּיּוּק דְּדִילְמָא כֵּיוָן שֶׁנִּשְׁתַּמֵּשׁ בּוֹ עַל יְדֵי הָאוּר אֵין יוֹצֵא מִידֵי דָּופְיוֹ לְעוֹלָם בְּהַגְעָלָה בְּלֹא לִיבּוּן וּפוֹלֵט תָּמִיד בְּכָל הַגְעָלוֹתָיו מִידִי דַּהֲוָה אָכְלִי חֶרֶס דְּלָא סַגִּי לֵיהּ בְּהַגְעָלָה וְלֹא אָמַר כָּל מַה שֶּׁעָתִיד לִפְלֹוט פּוֹלֵט בְּהַגְעָלָה רִאשׁוֹנָה אֶלָּא אֵינוֹ יוֹצֵא מִידֵי דָּופְיוֹ לְעוֹלָם:
Qu'on a chauffé à blanc au feu — ce que nous avons appris à la fin d'Avoda Zara (75b), 'un couteau, on l'affile au sol et il est pur', [à savoir] qu'il suffit de [le] planter dans la terre dix fois sans qu'il faille [le] chauffer à blanc, cela vaut pour [y] couper du froid (comme la Guemara le dit là-bas) ; mais ici, où on l'établit [comme le cas] où on l'a chauffé à blanc, c'est pour résoudre [le cas] même où l'endroit de l'abattage serait chaud. Il est étonnant qu'il ressorte ici qu'il faille [le] chauffer à blanc (libboun) ; de même la Tossefta d'Avoda Zara (ch. 9) enseigne 'les broches, les grils et les couteaux, on les chauffe à blanc au feu'. Et il est étonnant qu'au chapitre 'Kol chaa' (Pessahim 30b) il ressorte qu'il suffit d'échauder (hag'ala), [la Guemara] concluant 'la halakha : l'un et l'autre dans l'[eau] bouillante'. Rabbenou Tam dit qu'il faut distinguer : pour le hametz, [le couteau] a absorbé du permis (heteira bala), car au moment de l'absorption c'était un permis (ainsi distingue-t-on a la fin d'Avoda Zara 76a) ; et bien que Rav Achi y dise 'pour moi, on m'en fait des neufs' (Pessahim 30b), il était [seulement] rigoureux envers lui-même, la conclusion 'l'un et l'autre dans l'[eau] bouillante' étant la conclusion [définitive]. Rabbenou Tam dit encore qu'ici et dans la Tossefta il s'agit de grands couteaux avec lesquels on rôtit la viande, dont l'usage se fait par le feu (d'où le chauffage à blanc) — c'est précis, puisque la Tossefta les compte avec les broches et les grils — tandis que les couteaux de Pessa'h sont petits. Pour les vieux couteaux que nous achetons des non-Juifs, Rabbi Yitzhak fils de Rabbi Meir exigeait le chauffage à blanc, parce que les non-Juifs ont coutume d'y arranger une lampe où brûle du suif, et d'y retourner la viande sur les braises ; mais Rabbenou Tam disait : puisque ce n'est pas leur usage principal, on ne craint pas qu'il soit arrivé [qu'on] fasse ainsi ; et même si c'était arrivé, il suffit d'échauder, car tout ce qui finira par être rejeté par l'[eau] bouillante est rejeté au premier échaudage. Mais ce n'est pas un raisonnement décisif, car peut-être, dès lors qu'on s'en est servi par le feu, [le couteau] ne perd plus jamais son défaut par échaudage, comme les ustensiles de terre pour lesquels l'échaudage ne suffit pas.
💡 Explication

Mais un couteau neuf n'est qu'un accessoire de l'idolâtrie (mechamechei AZ), interdit seulement après usage idolâtre (R. Yichmael / R. Akiva). Réponses : soit on a coupé une branche pour l'idole (acte idolâtre, sans résidu), soit c'est un vieux couteau passé au feu (plus de graisse).

3
אִתְּמַר: הַשּׁוֹחֵט בְּסַכִּין שֶׁל גּוֹיִם, רַב אָמַר: קוֹלֵף, וְרַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר: מַדִּיחַ. לֵימָא בְהָא קָמִיפַּלְגִי, דְּמַר סָבַר: בֵּית הַשְּׁחִיטָה צוֹנֵן, וּמַר סָבַר: בֵּית הַשְּׁחִיטָה רוֹתֵחַ.

Il a été dit : celui qui abat avec un couteau de non-Juifs — Rav dit : il pèle (kolef) [l'endroit de l'abattage] ; et Rabba bar bar Hana dit : il rince (madiach). Dirons-nous qu'ils divergent en ceci : pour l'un, l'endroit de l'abattage est froid (tsonen), et pour l'autre, l'endroit de l'abattage est chaud (roté'ach) ?

📜 Rachi (4)
קוֹלֵף בֵּית הַשְּׁחִיטָה מִפְּנֵי שֶׁבָּלְעָה שַׁמְנוּנִית הַסַּכִּין:
Il pèle — l'endroit de l'abattage, parce qu'il a absorbé le gras du couteau.
מַדִּיחַ בְּמַיִם:
Il rince — avec de l'eau.
צוֹנֵן כְּלוֹמַר אֵין חֹום בֵּית הַשְּׁחִיטָה חָזָק לִבְלֹועַ וּמִיהוּ הֲדָחָה בָּעֵי שֶׁהֲרֵי נִתְקַנַּח בָּהּ שַׁמְנוּנִית ואע"פ שֶׁלֹּא נִבְלַע בַּבָּשָׂר הֲרֵי הוּא בַּדְּפָנוֹת בֵּית הַשְּׁחִיטָה שא"א לְדוֹפְנֵי הַסַּכִּין בְּלֹא שַׁמְנוּנִית:
Froid — c'est-à-dire : la chaleur de l'endroit de l'abattage n'est pas assez forte pour [faire] absorber ; toutefois un rinçage est requis, car le gras [du couteau] s'y est essuyé, et bien qu'il ne soit pas absorbé dans la chair, il est [collé] aux parois de l'endroit de l'abattage — car il est impossible que les flancs du couteau soient sans gras.
בֵּית הַשְּׁחִיטָה רוֹתֵחַ וּבָלַע:
L'endroit de l'abattage est chaud — et [donc] il absorbe.
🗂️ Tossefot (1)
הַשּׁוֹחֵט בְּסַכִּין שֶׁל עוֹבְדֵי כּוֹכָבִים רַב אָמַר קוֹלֵף צָרִיךְ לְהַעֲמִיד בְּיוֹדְעִין בָּהּ שֶׁהִיא בַּת יוֹמָא דְּאִי לָאו הָכִי אַמַּאי קוֹלֵף לְרַב הָא סְתָם כֵּלִים שֶׁל עוֹבְדֵי כּוֹכָבִים אֵינָן בְּנֵי יוֹמָן וְגַבֵּי עַכְבְּרָא בְּשִׁיכְרָא בְּפֶרֶק בָּתְרָא דְּמַסֶּכֶת ע"ז (דַּף סח:) מְסֻופָּק לֵיהּ לַגְּמָרָא אִם סָבַר רַב נוֹתֵן טַעַם לִפְגָם מֻותָּר אוֹ אָסוּר וּרְאָיָה דִּסְתָם כְּלֵי עוֹבְדֵי כּוֹכָבִים אֵינָן בְּנֵי יוֹמָן מִשֶּׁמֶן שֶׁל עוֹבְדֵי כּוֹכָבִים דִּתְנַן בְּפֶרֶק אֵין מַעֲמִידִין (ע"ז דַּף לה:) דְּאָסוּר וּמְפָרֵשׁ שְׁמוּאֵל בַּגְּמָרָא מִשּׁוּם דִּזְלִיפָתָן שֶׁל כֵּלִים אוֹסַרְתָּן וְקָאָמַר דְּרַבִּי יְהוּדָה נְשִׂיאָה וּבֵית דִּינוֹ נִמְנוּ עָלָיו וְהִתִּירוּהוּ מִשּׁוּם דְּקָסָבְרִי נוֹתֵן טַעַם לִפְגָם מֻותָּר וְטַעַם לִפְגָם דְּקָאָמַר הַייְנוּ מִשּׁוּם דְּאֵינָן בְּנֵי יוֹמָן דְּאֵין לוֹמַר דַּאֲפִילּוּ הֲוָה הַשַּׁמְנוּנִית בְּעַיִן הוּא נוֹתֵן טַעַם לִפְגָם בְּשֶׁמֶן דא"כ קַשְׁיָא מַתְנֵי' דְּהָתָם דְּשָׁרְיָא דְּבַשׁ וּמְפָרֵשׁ בַּגְּמָרָא לְמַאי נֵיחוּשׁ לַהּ אִי מִשּׁוּם אִיעָרוֹבֵי מָסְרִי סְרֵי וְאִי מִשּׁוּם גִּיעוּלֵי עוֹבְדֵי כּוֹכָבִים נוֹתֵן טַעַם לִפְגָם מֻותָּר וְגַבֵּי שֶׁמֶן אֲסוּרָה אֶלָּא הַייְנוּ טַעְמָא דְּגַבֵּי דְּבַשׁ אֲפִילּוּ שַׁמְנוּנִית בְּעַיִן נוֹתֵן טַעַם בִּדְבַשׁ לִפְגָם אֲבָל הַשֶּׁמֶן אֵין הַפְּגָם אֶלָּא מִשּׁוּם שֶׁאֵינוֹ בֶּן יוֹמוֹ וְעוֹד דִּמְפָרֵשׁ הָתָם טַעְמָא דְּקֹורֶט שֶׁל חִלְתִּית דְּאָסוּר מִשּׁוּם דְּמַפְסְקִי לֵיהּ בְּסַכִּינָא אע"ג דְּנוֹתֵן טַעַם לִפְגָם מֻותָּר אַגַּב חוּרְפָּא דְּחִילְתִּית מְחַלְּיָא לֵיהּ וּמְשַׁוְּיָא לֵיהּ לְשֶׁבַח וְאִי סְתָמַייְהוּ בְּנֵי יוֹמָא נִינְהוּ לָא הֲוָה צָרִיךְ לְאוֹתוֹ טַעַם:
'Celui qui abat avec un couteau de non-Juifs, Rav dit : il pèle' — il faut l'établir [comme un cas] où l'on sait que [le couteau] est 'du jour' (bat yoma) ; car sinon, pourquoi Rav [ferait-il] peler, puisque les ustensiles ordinaires des non-Juifs ne sont pas 'du jour' ? Et à propos de 'la souris dans la bière' (Avoda Zara 68b), la Guemara doute si Rav tient que 'ce qui donne un goût dégradé (noten taam li-fgam) est permis' ou interdit. La preuve que les ustensiles ordinaires des non-Juifs ne sont pas 'du jour' [vient] de l'huile des non-Juifs (Avoda Zara 35b), interdite, que Chmouel explique parce que 'le suintement des ustensiles la rend interdite' ; et l'on dit que Rabbi Yehouda Nessia et son tribunal la permirent, tenant que 'ce qui donne un goût dégradé est permis' — le 'goût dégradé' tenant à ce qu'ils ne sont pas 'du jour'. Car on ne peut dire que, même présent en l'état, le gras donnerait un goût dégradé à l'huile, sinon la michna qui permet le miel ferait difficulté : la Guemara y dit 'de quoi craindrions-nous ? si c'est le mélange, [le miel] se gâte ; si c'est les résidus, le goût dégradé est permis' — et pour l'huile [c'est pourtant] interdit ! Plutôt : pour le miel, même le gras présent donne un goût dégradé ; mais pour l'huile, le défaut [n'est] que parce qu'[l'ustensile] n'est pas 'du jour'. Et de plus, [la Guemara] explique que le copeau de 'hiltit' est interdit parce qu'on le coupe au couteau, [et que,] bien que le goût dégradé soit permis, l'âcreté de la hiltit adoucit [le gras] et le rend améliorant — et si les ustensiles ordinaires étaient 'du jour', cette raison n'aurait pas été nécessaire.
💡 Explication

Abattre avec le couteau d'un non-Juif (résidu interdit) : Rav — il faut peler (kolef) la chair au point de contact ; Rabba bar bar Hana — il suffit de rincer (madiach). Divergent-ils sur le fait que l'endroit de l'abattage est chaud (-> absorbe -> peler) ou froid (-> rincer suffit) ?

🖼️ Schéma
Abattre avec le couteau d'un non-Juif : peler ou rincer ? Rav : PELER (kolef) la chair a absorbé le gras du couteau Rabba b. b. Hana : RINCER (madiach) un rinçage suffit 1re lecture : l'endroit de l'abattage est CHAUD peler : il absorbe | rincer : les simanim, occupés à évacuer le sang, n'absorbent pas 2e lecture : l'endroit de l'abattage est FROID rincer : cohérent | peler : la pression du couteau (douhka) fait tout de même absorber Interdit toranique non tranché -> on agit par rigueur (mais on n'abat pas ainsi à priori).
Le désaccord et ses deux lectures.
4
לֹא, דְּכֻולֵּי עָלְמָא בֵּית הַשְּׁחִיטָה רוֹתֵחַ הוּא; מַאן דְּאָמַר קוֹלֵף – שַׁפִּיר, וּמַאן דְּאָמַר מַדִּיחַ – אַיְּידֵי דִּטְרִידִי סִימָנִין לְאַפּוֹקֵי דָּם לָא בָּלְעִי.

Non — pour tous, l'endroit de l'abattage est chaud (rote'ach). Pour celui qui dit 'il pèle' — bien ; et pour celui qui dit 'il rince' — du fait que les simanim sont occupés à faire sortir le sang, ils n'absorbent pas.

📜 Rachi (1)
טְרִידִי סִימָנִים לְאַפּוֹקֵי דָּם כְּלוֹמַר בְּהוֹצָאַת דָּם הֵם עֲסוּקִים וְלֹא בִּבְלִיעָה:
Les simanim sont occupés à faire sortir le sang — c'est-à-dire : ils sont affaires à l'évacuation du sang, non à l'absorption.
⚖️ Rosh (1)
גְּמָ' אָמַר שְׁמוּאֵל לֹא שָׁנוּ אֶלָּא שֶׁנִּתְבַּשֵּׁל בָּהּ אֲבָל נִצְלָה בָּהּ קוֹלֵף וְאוֹכֵל עַד שֶׁמַּגִּיעַ לַגִּיד. וְלָאו דַּוְקָא עַד שֶׁמַּגִּיעַ לַגִּיד דְּהָא צָרִיךְ לְהַנִּיחַ כְּדֵי קְלִיפָה סָמוּךְ לַגִּיד וַאֲפִילּוּ כְּדֵי נְטִילָה דְּהַיְינוּ כְּעֹובִי אֶצְבַּע צָרִיךְ לְהַנִּיחַ כִּדְאָמְרִי' פֶּרֶק כֵּיצַד צוֹלִין (פְּסָחִים דַּף עה:) נָטַף מֵרָוטְבּוֹ עַל הַחֶרֶס וְחָזַר אֵלָיו יִטֹּול אֶת מְקוֹמוֹ וְלָא סַגִּי בִּקְלִיפָה אִם לֹא נֶחֱלַק דְּטַעַם רֹוטֶב מְפַעְפֵּעַ וּמִתְפַּשֵּׁט יוֹתֵר מַגִּיד וּמִיהוּ לָא אַשְׁכְּחַן בְּשׁוּם מָקוֹם דְּסַגִּי לְצָלִי בִּקְלִיפָה וְלֹא מָצִינוּ קְלִיפָה נִזְכֶּרֶת לְעִנְיַן צָלִי. וְהָא דְּאָמְרִינַן בְּפֶרֶק כֵּיצַד צוֹלִין (פְּסָחִים דַּף עו.) חַם לְתוֹךְ צוֹנֵן שְׁמוּאֵל אוֹמֵר קוֹלֵף דְּתַתָּאָה גָּבַר וְאַדְּמֵיקַר לֵיהּ בָּלַע הָתָם לָא אַלִּים כְּרוֹתֵחַ דְּצָלִי. וּלְקַמָּן בְּפֶ' כָּל הַבָּשָׂר (חֻולִּין דַּף קיב.) דְּאָמַר הָהוּא בַּר גּוֹזָלָא דִּנְפַל לְכַדָּא דְּכַמְכָּא דְּצָלִי בָּעֵי קְלִיפָה. הָתָם אֲפִילּוּ צוֹנֵן אַייְרֵי וּמִשּׁוּם דְּבַר יוֹנָה רַכִּיךְ טוּבָא וּבוֹלֵעַ אֲפִילּוּ כְּשֶׁהוּא צוֹנֵן. וְכֵן הָא דְּאָמַר בְּפֶרֶק קַמָּא דַּף ח: לְמָאֵן דְּאָמַר בֵּית שְׁחִיטָה רוֹתֵחַ הוּא קוֹלֵף. שָׁאנֵי הָתָם דְּשַׁמְנוּנִית שֶׁעַל הַסַּכִּין דָּבָר מוּעָט הוּא כִּדְאָמְרִינַן בְּפֶרֶק כֵּיצַד צוֹלִין (פְּסָחִים דַּף עה:) סָכוֹ שֶׁמֶן שֶׁל תְּרוּמָה אִם שֶׁל יִשְׂרָאֵל הוּא יִקְלֹוף. וְקָאָמַר אַפֵּי' לְמָאֵן דְּאָמַר תַּתָּאָה גָּבַר שָׁאנֵי סִיכָה דְּמַשֶּׁהוּ עָבְדִי לֵיהּ הִילְכָּךְ לְצָלִי בָּעֵי נְטִילָה כֵּיוָן שֶׁלֹּא מָצִינוּ מְפֹורָשׁ בּוֹ קְלִיפָה. וּמִיהוּ יֵרָאֶה שֶׁאֵין צָרִיךְ לְהַחְמִיר בְּרוֹתֵחַ דִּמְלִיחָה וְדַי בִּקְלִיפָה. ואע"ג דְּרָבִינָא בָּעֵי לְמֵימַר דְּמָלִיחַ הָוֵי כְּרוֹתֵחַ דִּמְבֻושָּׁל. הָא אִיתּוֹתַב. וּלְפִי מַאי דְּאִיתּוֹתַב לָא מַחְמְרִי בֵּיהּ אֲפִילּוּ כְּרוֹתֵחַ דְּצָלִי וְלָא בָּעֵי כְּדֵי נְטִילָה וְכִמְדֻומֶּה שֶׁרָאִיתִי שֶׁהוֹרָה רַבֵּינוּ מֵאִיר זַ"ל וְהָאָמַר רַב הוּנָא גְּדִי שֶׁצְּלָאוֹ בְּחֶלְבּוֹ אָסוּר לֶאֱכֹול אֲפִילּוּ מֵרֹאשׁ אָזְנוֹ שֶׁהוּא רָחוֹק מִן הֶחָלָב לְפִי שֶׁמְּפַעְפֵּעַ בְּכֻולּוֹ דְּהָא צוֹנֵן לְתוֹךְ חַם אָסוּר לָמֶ"ד דְּתַתָּאָה גָּבַר וְלָא סַגִּי בִּקְלִיפָה. וּמַה שֶׁנּוֹהֲגִים כְּשֶׁמּוֹלְחִין בָּשָׂר הַרְבֵּה בְּיַחַד עַל גַּבֵּי עֵצִים וְהַצִּיר זָב וְנוֹפֵל תַּחַת הָעֵצִים וּפְעָמִים מוֹצְאִין חֲתִיכָה אַחַת חֶצְיָהּ מֻונָּח בַּצִּיר וְחוֹתְכִין מַה שֶׁבְּתוֹךְ הַצִּיר וּמַתִּירִין הַשְּׁאָר וְלָא אָמְרִינַן שֶׁמְּפַעְפֵּעַ לְמַעְלָה כִּדְאָמְרִינַן הָכָא. הַיְינוּ לְפִי שֶׁהַדָּם אֵין דַּרְכּוֹ לְפַעְפֵּעַ וַאֲפִילּוּ דֶּרֶךְ הִלּוּכוֹ אָמַר מִישְׁרָק שְׁרִיק וְלָא מִיבְלָע כָּל שֶׁכֵּן שֶׁאֵין מְפַעְפֵּעַ לְמַעְלָה. אֲפִילּוּ יֵשׁ שֻׁומָּן בַּבָּשָׂר שֶׁבְּתוֹךְ הַצִּיר לֹא אָמַר שֶׁנַּעֲשֵׂית נְבֵילָה וּמְפַעְפֵּעַ לְמַעְלָה וְאָסוּר לְדִבְרֵי רַבֵּינוּ אֶפְרַיִם דְּלָא אָמַר חֲתִיכָה עַצְמָהּ נַעֲשֵׂת נְבֵילָה. וּמִיהוּ בְּלָאו הָכִי נִיחָא הָכָא דְּלָא אָמַר חֲתִיכָה נַעֲשֵׂית נְבֵילָה וְאוֹסֶרֶת כָּל הַחֲתִיכוֹת אֶלָּא כְּשֶׁהָאִיסּוּר יָכוֹל לְהִתְפַּשֵּׁט עִם הַנֶּאֱסָר וְלִיתֵּן טַעַם בִּשְׁאָר חֲתִיכוֹת. כְּגוֹן טִיפַּת חָלָב שֶׁנָּפְלָה עַל חֲתִיכָה שֶׁטַּעַם הַטִּיפָּה מִתְפַּשֵּׁט בְּכָל הַחֲתִיכוֹת. וּנְהִי דְּאֵין לְטִיפָּה כֹּחַ לֶאֱסֹור שְׁאָר הַחֲתִיכוֹת. אוֹתָהּ חֲתִיכָה שֶׁנֶּאֶסְרָה מְסַיְּיעָהּ לְטִיפָּה לְאָוסְרָהּ אֲבָל דָּם שֶׁאֵין לוֹ כֹּחַ לְפַעְפֵּעַ לְמַעְלָה גַּם הַשֻּׁומָּן הַנֶּאֱסָר מִכֹּחוֹ אֵינוֹ מְפַעְפֵּעַ לֶאֱסֹור לְמַעְלָה. וְתֵדַע דבכ"מ שֶׁאָנוּ אוֹסְרִין כְּדֵי קְלִיפָה אַמַּאי אוֹתָהּ קְלִיפָה אֵינָהּ חוֹזֶרֶת וְאוֹסֶרֶת וּבְעִנְיָן זֶה יֵאָסֵר הַכֹּל אֶלָּא הַיְינוּ טַעְמָא לְפִי שֶׁאֵין טַעַם הָאִיסּוּר עוֹבֵר כְּלָל יוֹתֵר מִכְּדֵי קְלִיפָה הִילְכָּךְ גַּם הַנֶּאֱסָר אֵינוֹ אוֹסֵר. וְעוֹד דְּאִי לָא תֵּימָא הָכִי אֵין לְךָ בָּשָׂר מֻותָּר לְעוֹלָם דְּהָא כָּל בָּשָׂר שֶׁנִּמְלַח כְּשֶׁשּׁוֹהֶה בַּמֶּלַח יוֹתֵר מִכְּדֵי שִׁיעוּר מְלִיחָה זְמַן מְרֻובֶּה יֵשׁ בּוֹ טַעַם מֶלַח יוֹתֵר. וְאַפֵּ"ה לָא אָמְרִינַן דְּמֶלַח שֶׁעַל הַבָּשָׂר הַנֶּאֱסָר מֵחֲמַת הַדָּם יַחֲזֹור וְיֶאֱסֹור הַבָּשָׂר וְצָרִיךְ לוֹמַר מִשּׁוּם שאע"פ שֶׁטַּעַם הַמֶּלַח נִבְלָע בְּבָשָׂר הַדָּם שֶׁבְּמִלַּת אֵינוֹ נִבְלָע בּוֹ כְּלָל מֵאַחַר שֶׁהַדָּם אֵינוֹ נִכְנָס בַּבָּשָׂר דִּדְמָא מִשְׁרָק שְׁרִיק: שָׁאנֵי חֵלֶב דִּמְפַעְפֵּעַ וא"ת בְּגִיד נָמֵי לֶאֱסֹור בְּצָלִי מִשּׁוּם שׁוּמָנוֹ שֶׁל גִּיד דִּמְפַעְפֵּעַ והריב"ם זַ"ל תֵּירֵץ כֵּיוָן דְּשָׁומְנוֹ שֶׁל גִּיד מִדְּרַבָּנָן לֹא הֶחְמִירוּ בּוֹ יוֹתֵר מִבֹּגֵיד. וְרַשִׁ"י לֹא פֵּירֵשׁ כֵּן וְכֵן רַב אִלְפָּס זַ"ל. וצ"ל לְדִבְרֵיהֶם דְּשָׁומְנוֹ שֶׁל גִּיד הַנָּשֶׁה אֵינוֹ הַמְפַעְפֵּעַ. כִּדְאָמְרִינַן בִּגְדֵי כָּחוּשׁ. וְהָאָמַר רַבָּה בַּר רַב הוּנָא עֻובְדָּא הֲוָה בֵּי כְנִישְׁתָּא דְּמָעוֹן בִּגְדִי שֶׁצְּלָאוֹ בְּחֶלְבּוֹ שַׁייְלוּהּ לְרַבִּי יוֹחָנָן וַאֲמַר לְהוּ קוֹלֵף וְאוֹכֵל עַד שֶׁמַּגִּיעַ לְחֶלְבּוֹן הַהוּא כָּחוּשׁ הֲוָה פֵּירֵשׁ ר"ת דְּחָלָב שֶׁל כָּחוּשׁ לֹא מְפַעְפֵּעַ. אִי נָמֵי מְעַט חֵלֶב הָיָה בּוֹ וּבָטֵל בְּשִׁשִּׁים: רַב הוּנָא בַּר יְהוּד' אָמַר כּוֹלְיָא בְּחָלָב' הֲוַאי וְשַׁרְיֵיהּ מִשּׁוּם דְּמִיפְּסִיק קְרָמָא. וְנִרְאֶה שֶׁגַּם כְּדֵי קְלִיפָּה אוֹסֵר בְּכוֹלְיָא שֶׁהֶחָלָב מֻובְלָע בִּקְרוּם כִּדְאָמְרִינַן לְעֵיל סִימָן ט תְּלָתָא קְרָמֵי הָווּ. וּמִיהוּ בִּקְלִיפָה סַגִּי דְּדָבָר מוּעָט הוּא וְאֵינוֹ מִתְפַּשֵּׁט כָּל כָּךְ. ואע"ג דְּרַבִּי יוֹחָנָן מְמַרְטֵט כָּל לֹובֶן הַכּוֹלְיָא אֵין הַלֹּובֶן אוֹסֵר הַכּוֹלְיָא וְחוּמְרָא בְּעָלְמָא שֶׁהָיָה מַחְמִיר כִּדְפָרֵישִׁית לְעֵיל:
Guemara. Chmouel dit : on n'a enseigné [cette règle] que [dans le cas] où l'on a fait bouillir (nitbachel) [de la viande] avec [le couteau] ; mais si l'on a rôti (nitzla) avec, il pèle (kolef) et mange jusqu'à atteindre le nerf (gid). Et [ce] n'est pas précisément 'jusqu'à atteindre le nerf', car il faut laisser l'épaisseur d'une pelure (kelipa) contre le nerf, et même l'épaisseur d'un 'retrait' (netila) — c'est-à-dire l'épaisseur d'un doigt — il faut [la] laisser, comme nous le disons au chapitre 'Keitzad tzolin' (Pessahim 75b) : 'si [de la graisse] a goutte de son jus (rotev) sur la tuile et est revenu sur lui, il retire son emplacement (yitol et mekomo)' — et [la] pelure ne suffit pas si [le morceau] n'est pas partagé, car le goût du jus (rotev) bouillonne (mefaapea) et se diffuse plus [profondément] que [pour] le nerf. Toutefois, nous n'avons trouvé en aucun endroit que la pelure suffise pour le rôti (tzali), et nous ne trouvons pas la pelure mentionnée à propos du rôti. Et ce que nous disons au chapitre 'Keitzad tzolin' (Pessahim 76a) : '[de l'aliment] chaud [tombe] dans du froid, Chmouel dit : il pèle, car le [morceau] du dessous l'emporte (tataa gavar), et le temps qu'il refroidisse il [en] a absorbé' — là-bas [l'effet] n'est pas aussi fort que le [bouillonnement] chaud du rôti. Et plus loin au chapitre 'Kol ha-bassar' (Houlin 112a), où l'on dit qu'un jeune oiseau (bar gozala) qui est tombé dans une jarre de kamka (condiment à base de lait) [et qu'on a] rôti requiert une pelure — là-bas il s'agit même de froid, et [c'est] parce que le petit de pigeon est très tendre et absorbe même lorsqu'il est froid. De même ce qui est dit au premier chapitre (folio 8b) : 'pour celui qui dit que l'endroit de l'abattage est chaud (rote'ach), il pèle' — c'est différent là-bas, car le gras qui est sur le couteau est [en] quantité infime, comme nous le disons au chapitre 'Keitzad tzolin' (Pessahim 75b) : 'si on l'a enduit d'huile de terouma, si c'est [de l'huile] d'un Juif, il pèle (yiklof)', et l'on dit que même pour celui qui tient que le [morceau] du dessous l'emporte (tataa gavar), l'enduction (sikha) est différente, car on ne [l']en met qu'un tant soit peu (mashehou) ; c'est pourquoi pour le rôti il faut un 'retrait' (netila), puisque nous n'avons pas trouvé la pelure explicitée à son sujet. Toutefois il apparaît qu'il n'est pas nécessaire d'être rigoureux pour le chaud de la salaison (roteach di-melicha), et la pelure suffit ; et bien que Ravina veuille dire que le [aliment] salé (maliach) est comme le chaud du [aliment] bouilli (roteach di-mevouchal), cela a été réfuté (itotav). Et selon ce qui a été réfuté, on n'est pas rigoureux à son sujet, même comme [pour] le chaud du rôti, et il ne faut pas [l']épaisseur d'un 'retrait'. Et il me semble avoir vu que Rabbenou Meir, de mémoire bénie, [l']a enseigné [ainsi]. Et [quant à l'objection :] 'mais Rav Houna n'a-t-il pas dit : un chevreau (gedi) qu'on a rôti dans son suif (chelev) est interdit à manger même depuis le bout de son oreille, qui est éloigné du suif, parce qu'[il] bouillonne (mefaapea) dans tout [le chevreau]' — car [de même] du froid [tombe] dans du chaud est interdit selon l'avis qui tient que le [morceau] du dessous l'emporte (tataa gavar) et [la] pelure ne suffit pas. Et ce que nous avons coutume [de faire] : lorsqu'on sale beaucoup de viande ensemble sur des planches (etzim) et que la saumure (tzir) coule et tombe sous les planches, et que parfois on trouve un morceau dont la moitié repose dans la saumure, et [que] l'on coupe ce qui est dans la saumure et [que] l'on permet le reste, sans dire qu'[le gras] bouillonne vers le haut comme nous [le] disons ici — c'est parce que le sang (dam) n'a pas coutume de bouillonner, et même au cours de son cheminement l'on a dit '[le sang] glisse et s'écoule (mishrak sharik)' et n'est pas absorbé, à plus forte raison il ne bouillonne pas vers le haut. Même s'il y a de la graisse (choumman) dans la viande qui est dans la saumure, on ne dit pas qu'elle est devenue [de la] nevela (nevela — [carcasse interdite]) et bouillonne vers le haut, [ce qui la rendrait] interdite selon les paroles de Rabbenou Ephraim, qui ne dit pas que le morceau lui-même devient nevela. Toutefois, même sans cela, cela va bien ici, car on ne dit pas qu'un morceau devient nevela et interdit tous les morceaux, sinon lorsque l'interdit peut se diffuser avec le [morceau] rendu interdit et donner du goût (taam) dans les autres morceaux — comme une goutte de lait (chalav) qui est tombée sur un morceau, dont le goût de la goutte se diffuse dans tous les morceaux : et bien que la goutte n'ait pas la force d'interdire les autres morceaux, ce morceau-là qui a été rendu interdit aide la goutte à les interdire ; mais le sang, qui n'a pas la force de bouillonner vers le haut, [fait aussi que] la graisse rendue interdite par sa force ne bouillonne pas non plus pour interdire vers le haut. Et sache-[le] : car en tout endroit où nous interdisons l'épaisseur d'une pelure (kedei kelipa), pourquoi cette pelure ne revient-elle pas interdire [le reste] ? — [sinon] de cette manière tout serait interdit ! Plutôt, telle en est la raison : parce que le goût de l'interdit ne passe pas du tout au-delà de l'épaisseur d'une pelure ; c'est pourquoi le [morceau] rendu interdit lui-même n'interdit pas [davantage]. Et de plus, car si tu ne dis pas ainsi, tu n'aurais jamais de viande permise : car toute viande que l'on a salée, lorsqu'elle demeure dans le sel plus longtemps que la durée [requise] de salaison (chiour melicha), un long temps, à en elle plus de goût de sel ; et malgré cela nous ne disons pas que le sel qui est sur la viande, rendu interdit à cause du sang, revienne interdire la viande. Et il faut dire [que c'est] parce que, bien que le goût du sel soit absorbé dans la viande, le sang qui est dans le sel n'y est pas absorbé du tout, dès lors que le sang ne pénètre pas dans la viande, car le sang 'glisse et s'écoule (mishrak sharik)'. — 'Le suif (chelev) est différent, car il bouillonne (mefaapea)'. Et si tu dis : le nerf (gid) aussi devrait interdire dans le rôti, à cause du gras du nerf (choumano chel gid) qui bouillonne ! Le Rivam, de mémoire bénie, a répondu : puisque le gras du nerf est [interdit] d'ordre rabbinique (mi-derabbanan), on n'a pas été plus rigoureux à son sujet qu'[à l'égard] du nerf [lui-même]. Mais Rachi n'a pas expliqué ainsi, ni de même Rav Alfas (le Rif), de mémoire bénie. Et il faut dire, selon leurs paroles, que le gras du nerf sciatique (gid ha-nachè) n'est pas ce qui bouillonne, comme nous [le] disons à propos d'un chevreau maigre (kachouch). Et [quant à] ce que dit Rabba bar Rav Houna : 'il y eut un fait à la synagogue de Maon, [au sujet] d'un chevreau qu'on avait rôti dans son suif ; on interrogea Rabbi Yo'hanan, qui leur dit : il pèle et mange jusqu'à atteindre son suif' — ce [chevreau] était maigre. Rabbenou Tam a expliqué que le suif d'un [chevreau] maigre ne bouillonne pas. Ou bien [c'est] qu'il y avait peu de suif en lui et [qu'il] est annulé dans soixante (batel be-chichim). — Rav Houna bar Yehouda dit : c'était un rein (koulya) dans son suif, et il [le] permit parce que la membrane (kerama) interpose. Et il apparaît que même l'épaisseur d'une pelure interdit dans le rein, où le suif est incrusté dans la membrane (kroum), comme nous [le] disons plus haut (siman 9) : 'il y a trois membranes (telata kramei)'. Toutefois la pelure suffit, car c'est [en] quantité infime et [le suif] ne se diffuse pas tellement. Et bien que Rabbi Yo'hanan retire (memartet) tout le blanc (loven) du rein, le blanc n'interdit pas le rein — c'est une simple rigueur (chumra), qu'il pratiquait, comme je [l']ai expliqué plus haut.
💡 Explication

Première lecture : pour tous, l'endroit est chaud. Selon 'peler' — cohérent. Selon 'rincer' — bien que chaud, les simanim sont occupés à évacuer le sang, donc ils n'absorbent pas le gras (rincer suffit).

5
אִיכָּא דְאָמְרִי, דְּכֻולֵּי עָלְמָא בֵּית הַשְּׁחִיטָה צוֹנֵן. מַאן דְּאָמַר מַדִּיחַ – שַׁפִּיר, מַאן דְּאָמַר קוֹלֵף – אַגַּב דֻּוחְקָא דְסַכִּינָא בָּלַע.

Certains rapportent : pour tous, l'endroit de l'abattage est froid (tsonen). Pour celui qui dit 'il rince' — bien ; pour celui qui dit 'il pèle' — du fait de la pression du couteau (douhka de-sakina), il absorbe.

📜 Rachi (1)
דֻּוחְקָא דְּסַכִּין שֶׁמְּשַׁפְשְׁפוֹ בַּבָּשָׂר בְּדֹוחַק בָּלְעָה. וְכֵיוָן דְּלָא אִיפְּסִיק הִלְכְתָא וְאִיסּוּרָא דְּאוֹרָייְתָא הוּא עָבְדִינַן לְחוּמְרָא דקי"ל בְּשֶׁל תּוֹרָה הַלֵּךְ אַחַר הַמַּחְמִיר ומ"מ לְכַתְּחִלָּה לֹא יִשְׁחֹוט דְּהָא הַשּׁוֹחֵט קָאָמַר:
La pression du couteau — du fait qu'on le frotte contre la chair avec pression, elle absorbe. Et puisque la halakha n'a pas été tranchée et que c'est un interdit toranique, on agit par rigueur, car nous tenons : 'en matière toranique, suis l'avis le plus rigoureux'. Néanmoins, à priori, on n'abattra pas [avec un tel couteau], car [la Guemara] dit 'celui qui abat [a déjà abattu]' [= a posteriori].
🗂️ Tossefot (1)
אַגַּב דֻּוחְקָא דְּסַכִּינָא בָּלְעָה הָר' יִצְחָק בַּר מֵאִיר הָיָה מַצְרִיךְ מִתּוֹךְ כָּךְ לְאַחַר שֶׁנִּקְּרוּ הֶחָלָב מִן הַבְּהֵמָה לַחֲזֹור וְלִקְלֹוף בְּכָל הַמְּקוֹמוֹת שֶׁחָתַךְ בְּסַכִּין מִשּׁוּם דְּבָלַע מִן הֶחָלָב אַגַּב דֻּוחְקָא דְּסַכִּינָא וְכֵן כְּשֶׁמְּבִיאִין בָּשָׂר מִטַּבָּחֵי עוֹבְדֵי כּוֹכָבִים מַצְרִיךְ לִקְלֹוף בְּכָל מָקוֹם שֶׁחָתַךְ עוֹבֵד כּוֹכְבֵי' בְּקוֹפִיץ שֶׁלּוֹ אוֹ בְּסַכִּינוֹ וְיֵשׁ לִמְצוֹא טַעַם עַל הַמִּנְהָג שֶׁלָּנוּ שֶׁנָּהֲגוּ לְהָקֵל וְדִילְמָא בֵּית הַשְּׁחִיטָה דַּוְקָא שֶׁרוֹתֵחַ קְצָת מֵהָנֵי דֻּוחְקָא דְּסַכִּינָא תֵּדַע מִדְּדָייְקִינַן בְּסָמוּךְ דְּהֶתֵּירָא נָמֵי קָא בָּלַע מֵאֵבֶר מִן הַחַי וּמְשַׁנֵּי לְאֵימַת קָא בָּלַע לְכִי חָיְימָא כו' וְהַשְׁתָּא לְלִישָּׁנָא דְּדֻוחְקָא דְּסַכִּינָא תִּקְשֵׁי לֵיהּ הָכִי דְּהֶתֵּירָא נָמֵי אַגַּב דֻּוחְקָא דְּסַכִּינָא קָא בָּלַע דְּלָא מָצֵי לְשַׁנּוּיֵי הָכִי אֶלָּא וַדַּאי אַגַּב דֻּוחְקָא דְּסַכִּינָא נָמֵי לֹא בָּלַע אֶלָּא בְּסוֹף הַשְּׁחִיטָה דְּחָיְימָא וְעוֹד אָמַר בְּפֶרֶק כָּל הַבָּשָׂר (לְקַמָּן חֻולִּין דַּף קיא:) צְנוֹן שֶׁחֲתָכוֹ בְּסַכִּין שֶׁל בָּשָׂר אָסוּר לְאָוכְלוֹ בְּכֻותָּח דְּאַגַּב חוּרְפָּא דִּצְנוֹן פְּלִיט הַסַּכִּין וּבָלַע צְנוֹן אֲבָל מִשּׁוּם דֻּוחְקָא לֹא:
Du fait de la pression du couteau, elle absorbe — Rabbi Yitzhak bar Meir, de ce fait, exigeait, après qu'on a ôté le suif de la bête, de revenir peler tous les endroits qu'on a coupés au couteau, parce qu'[la chair] a absorbé du suif sous la pression du couteau ; de même, quand on apporte de la viande des étals des non-Juifs, il exigeait de peler partout où le non-Juif a coupé avec son couperet ou son couteau. Et l'on peut trouver une raison à notre usage, qui est d'alléger : peut-être [n'est-ce que] l'endroit de l'abattage, un peu chaud, ou la pression du couteau a un effet. La preuve : du fait que nous déduisons bientôt que [le couteau] absorbe aussi du permis (le gras d'un 'membre d'un être vivant'), et l'on répond 'quand absorbe-t-il ? quand [l'endroit] s'échauffe' ; or selon la version de 'la pression du couteau', cela ferait difficulté : le permis aussi serait absorbé sous la pression ! Plutôt, assurément, sous la seule pression il n'absorbe pas non plus, sinon à la fin de l'abattage quand [l'endroit] s'échauffe. Et de plus, on dit au chapitre 'Kol ha-bassar' (Houlin 111b) : 'un radis (tsenon) coupé avec un couteau à viande, il est interdit de le manger avec du koutah', parce que, du fait de l'âcreté du radis, le couteau rejette et le radis absorbe ; mais à cause de la [seule] pression, non.
💡 Explication

Seconde lecture : pour tous, l'endroit est froid. Selon 'rincer' — cohérent. Selon 'peler' — bien que froid, sous la pression du couteau (douhka de-sakina) la chair absorbe tout de même.

6
סַכִּין טְרֵיפָה, פְּלִיגִי בָּהּ רַב אַחָא וְרָבִינָא, חַד אָמַר: בְּחַמִּין, וְחַד אָמַר: בְּצוֹנֵן, וְהִלְכְתָא: אֲפִילּוּ בְּצוֹנֵן, וְאִי אִיכָּא בְּלִיתָא דִּפְרָסָא לְמִיכְפְּרֵיהּ, לֹא צָרִיךְ.

Un couteau [ayant servi à abattre] une terefa — Rav Aha et Ravina divergent : l'un dit [il faut le purger] à l'[eau] chaude, l'autre dit à l'[eau] froide ; et la halakha : même à l'[eau] froide ; et s'il y a un morceau de tissu usé (blita de-parsa) pour l'essuyer, ce n'est pas nécessaire.

📜 Rachi (8)
סַכִּין טְרֵיפָה שֶׁשָּׁחַט בָּהּ טְרֵיפָה:
Un couteau de terefa — avec lequel on a abattu une terefa.
בְּחַמִּין צָרִיךְ לְהַגְעִילָהּ לַסַּכִּין מִפְּנֵי שֶׁבָּלְעָה שַׁמְנוּנִית הַטְּרֵיפָה:
À l'[eau] chaude — il faut échauder le couteau, parce qu'il a absorbé le gras de la terefa.
בְּצוֹנֵן קָסָבַר בֵּית הַשְּׁחִיטָה צוֹנֵן וְלֹא בָּלַע הַסַּכִּין דְּלָא נִתְחַמֵּם:
À l'[eau] froide — [cet avis] estime que l'endroit de l'abattage est froid, et que le couteau n'a pas absorbé, ne s'étant pas échauffé.
וְהִלְכְתָא אֲפִילּוּ בְּצוֹנֵן וְגַבֵּי סַכִּין שֶׁל הֶיתֵּר הוּא דְּפָסַק הִלְכְתָא לְהֶיתֵּרָא דְּלָא אִיתְּסַר בִּבְלִיעָה זוֹ וְקָשֶׁה הוּא לִבְלֹועַ אֶלָּא ע"י רְתִיחָה אֲבָל גַּבֵּי סַכִּין דְּאִיסּוּרָא שֶׁל עוֹבְדֵי כּוֹכָבִים בִּפְלוּגְתָּא דִּלְעֵיל לֹא פָּסַק מִפְּנֵי שֶׁהַסַּכִּין אֲסוּרָה וְהַבָּשָׂר רַךְ לִבְלֹועַ:
Et la halakha : même à l'[eau] froide — et c'est à propos d'un couteau [par ailleurs] permis qu'on a tranché dans le sens de l'indulgence, [le couteau] n'étant pas interdit par cette absorption, et [le métal dur] étant difficile à [se faire] absorber sinon par ébullition ; mais à propos du couteau interdit des non-Juifs (la dispute ci-dessus), on n'a pas tranché, parce que le couteau est interdit et que la chair absorbe facilement.
בְּלִיתָא דִּפְרָסָא לְמִיכְפְּרֵיהּ חֲתִיכַת בֶּגֶד יְשָׁנָה קָשֶׁה אשפר"א בְּלַעַז וְיָפֶה לְקַנֵּחַ:
Un morceau de tissu usé pour l'essuyer — un morceau de vieux tissu dur ('écharpe' en langue vernaculaire), bon pour essuyer.
בְּלִיתָא חֲתִיכָה בִּלְוִיָּה:
Blita — un morceau usé (râpé).
דִּפְרָסָא כְּדִמְתַרְגְּמִינַן מָסָךְ הַפֶּתַח פַּרְסָא (שְׁמוֹת לה):
De-parsa — comme on traduit [en araméen] 'le rideau de l'entrée' (Ex 35) : 'parsa'.
לְמִיכְפְּרֵיהּ לְקַנְּחוֹ וַחֲבֵירוֹ בְּגִיטִּין (דַּף נו.) בִּנְבוּזַרְאֲדָן וּבָעֵי לְכַפּוֹרֵי יְדֵיהּ בְּהָהוּא גַּבְרָא וּבְעֶזְרָא קָרֵי לְמַזְרְקִים כְּפוֹרֵי זָהָב עַל שֵׁם שֶׁמְּקַנֵּחַ בָּם בְּאֶצְבָּעוֹ מִן הַדָּם:
Le-mikhpereih — pour l'essuyer ; [un terme] semblable [se trouve] dans Guittin (56a) à propos de Nevouzaradan, 'et il voulut essuyer (le-khaforei) sa main sur cet homme' ; et chez Ezra on appelle les coupes 'keforei zahav' (essuyoirs d'or), parce qu'on y essuie le sang avec le doigt.
🗂️ Tossefot (2)
סַכִּין טְרֵיפָה פְּלִיגִי כו' מַשְׁמַע דְּסַכִּין כְּשֵׁרָה לְכֻולֵּי עָלְמָא בְּצוֹנֵן וְהַייְנוּ דַּוְקָא לְעִנְיַן לִשְׁחֹוט בָּהּ פַּעַם אַחֶרֶת ואע"פ דִּמְלֻוכְלָךְ הַסַּכִּין בְּדָם הַרְבֵּה בְּלָאו הָכִי יֵשׁ דָּם הַרְבֵּה בְּבֵית הַשְּׁחִיטָה מִן הַבְּהֵמָה עַצְמָהּ וְלֹא בָּלַע לֵיהּ מִשּׁוּם דִּטְרִידִי סִימָנִין לִפְלֹוט דָּם אֲבָל לַחְתֹּוךְ בָּהּ רוֹתֵחַ אֲפִילּוּ שָׁחַט בָּהּ כְּשֵׁרָה אָסוּר וְאָמַר בְּפֶרֶק כָּל הַבָּשָׂר סַכִּין שֶׁשָּׁחַט בָּהּ אָסוּר לַחְתֹּוךְ בָּהּ רוֹתֵחַ:
'Un couteau de terefa, ils divergent, etc.' — cela implique qu'un couteau [ayant abattu une bête] cachere [se purge], pour tous, à l'[eau] froide ; et cela vaut précisément pour [le cas où l'on veut] y abattre une autre fois — bien que le couteau soit très souillé de sang, il y a déjà beaucoup de sang à l'endroit de l'abattage [provenant] de la bête, et [le couteau] ne [le] fait pas absorber, parce que les simanim sont occupés à rejeter le sang ; mais pour [y] couper du chaud, même s'il a abattu une cachere, c'est interdit (Houlin, Kol ha-bassar : 'un couteau avec lequel on a abattu, il est interdit d'y couper du chaud').
וְהִלְכְתָא אֲפִילּוּ בְּצוֹנֵן וְאִי אִיכָּא בְּלִיתָא דִּפְרָסָא כּוּ' וְהָא דְּבָעֵי בְּסוֹף מַסֶּכֶת ע"ז (דַּף עו: וְשָׁם ד"ה אָמַר) נְעִיצָה י' פְּעָמִים בַּקַּרְקַע לַחְתֹּוךְ בָּהּ צוֹנֵן בְּסַכִּין שֶׁל עוֹבְדֵי כּוֹכָבִים לָא דָּמֵי לְסַכִּין טְרֵיפָה דְּהָכָא דִּבְאַקְרַאי בְּעָלְמָא אֲבָל בְּסַכִּין שֶׁל עוֹבְדֵי כּוֹכָבִים מִתּוֹךְ שֶׁחוֹתְכִין בּוֹ אִיסּוּר תָּמִיד נִדְבָּק בּוֹ הַשַּׁמְנוּנִית וְאֵין יוֹצֵא מִמֶּנּוּ בְּלֹא נְעִיצָה ור"ת פֵּירֵשׁ מִשּׁוּם דְּהָתָם חוֹתֵךְ בּוֹ אִיסּוּר רוֹתֵחַ אֲבָל הָכָא קָסָבַר בֵּית הַשְּׁחִיטָה צוֹנֵן וְקָשֶׁה לְפֵירוּשׁוֹ דִּבְפֶ' כָּל הַבָּשָׂר (לְקַמָּן חֻולִּין דַּף קיא:) אָמַר שְׁמוּאֵל סַכִּין שֶׁשָּׁחַט בָּהּ אָסוּר לַחְתֹּוךְ בָּהּ רוֹתֵחַ וַאֲפִילּוּ הִדִּיחָה כִּדְמַשְׁמַע בָּתַר הָכִי דְּקָאָמַר לַחְתֹּוךְ בָּהּ צוֹנֵן אָמְרִי לָהּ בָּעֵי' הֲדָחָה פֵּירוּשׁ הַסַּכִּין וְלֹא כְּפִי' הַקּוּנְטְרֵס דְּפֵירֵשׁ הָתָם דְּאַבָּשָׂר קָאֵי מִדִּנְקַט בָּעֲיָא לְשׁוֹן נְקֵבָה וְעוֹד דְּתַקָּנַת סַכִּין אֲתָא לְאַשְׁמוֹעִינַן כִּדְקָאָמַר אָסוּר לַחְתֹּוךְ בָּהּ רוֹתֵחַ וְכֵן לַחְתֹּוךְ בָּהּ צוֹנֵן אַלְמָא קָסָבַר בֵּית הַשְּׁחִיטָה רוֹתֵחַ אֲפִילּוּ הָכֵי לַחְתֹּוךְ בָּהּ צוֹנֵן לָא בָּעֵי נְעִיצָה וְיֵשׁ לוֹמַר שָׁאנֵי הָתָם דְּלֵיכָּא אִיסּוּרָא אֶלָּא מִשּׁוּם דָּם וְדָם (צוֹנֵן) לֹא בָּלַע כָּל כָּךְ דְּדָם מִשְׁרָק שְׁרִיק וּמִכָּל מָקוֹם אָסוּר לַחְתֹּוךְ בָּהּ רוֹתֵחַ אוֹ אֲפִילּוּ צוֹנֵן בְּלֹא הֲדָחָה אוֹ קִינּוּחַ לְאָמְרִי לָהּ דְּלָא בָּעֵי הֲדָחָה מִשּׁוּם שֶׁיֵּשׁ רֹוב דָּם עַל הַסַּכִּין כְּמוֹ כַּבְדָּא עִילּוּי בִּישְׂרָא דְּאָסוּר לְכַתְּחִלָּה וְלֹא אָמַר מִשְׁרָק שְׁרִיק לְפִי שֶׁיֵּשׁ רֹוב דָּם בַּכָּבֵד:
'Et la halakha : même à l'[eau] froide, et s'il y a un morceau de tissu usé, etc.' — ce qu'on exige à la fin d'Avoda Zara (76b), de [le] planter dix fois dans la terre pour [y] couper du froid avec un couteau de non-Juif, ne ressemble pas au couteau de terefa d'ici — car [le couteau de terefa] n'est [souillé] que de manière fortuite, tandis qu'avec le couteau d'un non-Juif, du fait qu'on y coupe de l'interdit en permanence, le gras s'y attache et n'en sort pas sans plantage. Rabbenou Tam explique [la différence] : là-bas on y coupe de l'interdit chaud, tandis qu'ici [cet avis] estime que l'endroit de l'abattage est froid. Cela fait difficulté, car au chapitre 'Kol ha-bassar' (Houlin 111b) Chmouel dit 'un couteau avec lequel on a abattu, il est interdit d'y couper du chaud' — même s'il l'a rincé, comme il ressort de la suite 'pour [y] couper du froid, certains disent qu'il requiert un rinçage' — c'est le rinçage du COUTEAU, non comme l'explique Rachi (le Kountras) là-bas qui [le] rapporte à la viande : [preuve] du fait qu'il emploie 'requiert' (be'i) au féminin (se rapportant au couteau), et de plus que [la Guemara] vient nous apprendre l'arrangement (taqanat) du couteau ; preuve qu'il estime que l'endroit de l'abattage est chaud, et néanmoins, pour [y] couper du froid, il ne faut pas [le] planter. On peut répondre : c'est différent là-bas, car il n'y a d'interdit qu'à cause du sang, et le sang [froid] n'est pas tant absorbé, 'glissant et s'écoulant' (machrak charik) ; mais de toute façon il est interdit d'y couper du chaud, ou même du froid sans rinçage ni essuyage — et 'certains disent qu'il ne requiert pas de rinçage' parce qu'il y a beaucoup de sang sur le couteau, comme 'du foie [posé] sur de la viande', interdit à priori ; et l'on ne dit pas [pour le foie] 'glisse et s'écoule' (machrak charik), parce qu'il y a beaucoup de sang dans le foie.
⚖️ Rosh (1)
סַכִּין שֶׁשָּׁחַט בָּהּ טְרֵיפָה פְּלִיגִי בַּהּ רַב אַחָא וְרָבִינָא. חַד אָמַר מֵדִיחַ בְּחַמִּין. וְחַד אָמַר בְּצוֹנֵן. וְהִלְכְתָא אֲפִילּוּ בְּצוֹנֵן. פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י ואע"ג דְּפָסְקִינַן הִלְכְתָא דְּבֵית הַשְּׁחִיטָה צוֹנֵן. גַּבֵּי סַכִּין שֶׁל הֶיתֵּר הוּא דְּפָסְקִינַן הִלְכְתָא לְהֶיתֵּירָא דְּלָא מִתְּסַר בִּבְלִיעָה זוֹ דְּקָשֶׁה הוּא לִבְלֹועַ אֶלָּא ע"י רְתִיחָה. אֲבָל גַּבֵּי סַכִּין דְּאִיסּוּרָא שֶׁל עוֹבֵד כּוֹכָבִים דִּלְעֵיל לָא פָּסְקִינַן הָכִי. מִפְּנֵי שֶׁהַסַּכִּין אֲסוּרָה וְהַבָּשָׂר רַךְ לִבְלֹועַ. וְאִי אִיכָּא בְּלִיתָא דִּפְרָסָא לְמִיכְפְּרֵיהּ וְכוּ' וְהָא דְּאָמְרִינַן בְּפֶרֶק בָּתְרָא דְּמַסֶּכֶת ע"ז דַּף עו: דַּאֲפִילּוּ לַחְתֹּוךְ בָּהּ צוֹנֵן צָרִיךְ נְעִיצָה עֶשֶׂר פְּעָמִים בַּקַּרְקַע דְּהַיְינוּ בְּסַכִּין שֶׁחוֹתְכִין בּוֹ אִיסּוּר תָּמִיד וְנִדְבָּק בּוֹ הַשַּׁמְנוּנִית וְאֵין יוֹצֵא בְּלֹא נְעִיצָה. אֲבָל הָכָא בְּאַקְרַאי בְּעָלְמָא הוּא וְאֵין רְגִילִין לִשְׁחֹוט בּוֹ טְרֵיפוֹת לָא בָּעֵי נְעִיצָה. וְהָא דִּפְלִיגִי הָכָא בְּסַכִּין טְרֵיפָה הַייְנוּ לִשְׁחֹוט בָּהּ אֲבָל לַחְתֹּוךְ בָּהּ רוֹתֵחַ אֲפִילּוּ שָׁחַט בָּהּ כְּשֵׁירָה אָמְרִינַן בְּפֶרֶק כָּל הַבָּשָׂר (חֻולִּין דַּף קיא:) סַכִּין שֶׁשָּׁחַט בָּהּ אָסוּר לַחְתֹּוךְ בָּהּ רוֹתֵחַ אֲפִילּוּ הִדִּיחָה הָאֲפִילּוּ לַחְתֹּוךְ בָּהּ צוֹנֵן אָמַר לְקַמָּן דְּבָעֵי הַדָּחָה וְאָמְרִי לַהּ לָא בָּעֵי הֲדָחָה אֶלָּא בְּלִיתָא דִּפְרָסָא וְאַסַּכִּין קָאֵי כְּדִמְפָרֵשׁ לְקַמָּן. אֲבָל לִשְׁחֹוט בְּסַכִּין שֶׁשָּׁחַט בָּהּ כְּשֵׁירָה לָא מִיתְּסַר אע"פ שֶׁמְּלֻוכְלָךְ הַרְבֵּה בַּדָּם לְפִי שֶׁבְּלָאו הָכֵי יֵשׁ דָּם הַרְבֵּה בְּבֵית הַשְּׁחִיטָה וְלֹא בָּלַע לָהּ מִשּׁוּם דִּטְרִידִי סִימָנִים לִפְלֹוט דָּם וְגַם מִישְׁרָק שְׁרִיק. אֲבָל שַׁמְנוּנִית דִּטְרֵיפָה מִיבְלָע בָּלְעִי. וְהָאִידָּנָא נְהִיגִי טַבָּחֵי לְקַנֵּחַ הַסַּכִּין בְּשֵׂיעָר הַבְּהֵמָה בֵּין שְׁחִיטָה לִשְׁחִיטָה וְהַשֵּׂיעָר קָשֶׁה וְהָוֵי כְּמוֹ בְּלִיתָא דִּפְרָסָא:
'Un couteau avec lequel on a abattu une terefa, Rav Aha et Ravina divergent : l'un dit qu'il rince (médiach) à l'[eau] chaude, et l'autre dit à l'[eau] froide ; et la halakha : même à l'[eau] froide.' Rachi a expliqué : bien que nous ayons tranché la halakha [selon laquelle] l'endroit de l'abattage est froid (tsônèn), c'est à propos d'un couteau [par ailleurs] permis (heter) que nous tranchons la halakha dans le sens de l'indulgence (le-heteira), [le couteau] n'étant pas interdit par cette absorption, car [le métal dur] est difficile à [se faire] absorber sinon par ébullition (retîha) ; mais à propos du couteau interdit (issoura) d'un non-Juif [dont il est question] ci-dessus, nous ne tranchons pas ainsi, parce que le couteau est interdit et que la viande absorbe facilement. 'Et s'il y a un morceau de tissu usé (blîta de-parsa) pour l'essuyer (le-mikhpéreih), etc.' — et ce que nous disons au dernier chapitre du traité Avoda Zara (folio 76b), que même pour [y] couper du froid il faut [le] planter (netzîa) dix fois dans la terre — c'est [le cas] d'un couteau avec lequel on coupe de l'interdit en permanence, [de sorte] que le gras s'y attache et n'en sort pas sans plantage (netzîa) ; mais ici c'est [un cas] simplement fortuit, et l'on n'a pas coutume d'abattre avec [ce couteau] des terefot, [donc] il ne faut pas [le] planter. Et le fait qu'ici l'on diverge à propos d'un couteau de terefa, c'est [pour le cas où l'on veut] abattre avec ; mais pour [y] couper du chaud, même s'il a abattu une [bête] cachere (kechera), nous disons au chapitre 'Kol ha-bassar' (Houlin 111b) : 'un couteau avec lequel on a abattu, il est interdit d'y couper du chaud, même s'il l'a rincé'. Et [quant à] savoir si même pour [y] couper du froid il faut un rinçage (hadacha) — [la Guemara] dit plus loin qu'il requiert un rinçage, et certains disent qu'il ne requiert pas de rinçage sinon [avec] un morceau de tissu usé (blîta de-parsa) — et cela se rapporte au couteau, comme [la Guemara l']explique plus loin. Mais abattre avec un couteau avec lequel on a abattu une [bête] cachere n'est pas interdit, bien qu'il soit très souillé de sang, parce que, sans cela [même], il y a beaucoup de sang à l'endroit de l'abattage, et [le couteau] ne [le] fait pas absorber, parce que les simanim (simanim — [la trachée et l'œsophage]) sont occupés à rejeter le sang, et de plus [le sang] 'glisse et s'écoule (mishrak sharîk)'. Mais le gras (chamnounit) de la terefa, [lui,] est bel et bien absorbé. Et de nos jours les bouchers (tabbahim) ont coutume d'essuyer le couteau avec le poil (sear) de la bête entre un abattage et un [autre] abattage, et le poil est dur et fait comme un morceau de tissu usé (blîta de-parsa).
💡 Explication

Un couteau qui a abattu une terefa : faut-il le purger à l'eau chaude ou à l'eau froide (Rav Aha / Ravina) ? Halakha : même à l'eau froide ; et s'il y a un chiffon usé pour l'essuyer, même le rinçage est superflu.

7
וּלְמַאן דְּאָמַר בְּחַמִּין, מַאי טַעְמָא? מִשּׁוּם דְּקָא בָלְעָה אִיסּוּרָא? דְּהֶיתֵּירָא נָמֵי בָּלְעָה אֵבֶר מִן הַחַי! אֵימַת בָּלְעָה? לְכִי חָיְימָא. אֵימַת קָא חָייְמָא? לְכִי גָּמְרָה שְׁחִיטָה, הָהִיא שַׁעְתָּא הֶיתֵּירָא הֲוָה.

Et pour celui qui dit 'à l'[eau] chaude' — quelle [en est] la raison ? Parce qu'il a absorbé l'interdit ?

[Mais] le permis aussi, il [l']a absorbé — [le gras d']un 'membre d'un être vivant' [avant la fin de l'abattage] ! Quand a-t-il absorbé ?

Quand [l'endroit] s'échauffe. Quand s'échauffe-t-il ?

À la fin de l'abattage — [et] à ce moment-là c'était [déjà] permis.

📜 Rachi (2)
מִשּׁוּם דְּקָא בָּלַע שַׁמְנוּנִית דִּטְרֵיפָה אֲבָל אַבְּלִיעַת דָּם לָא חָייֵשׁ שֶׁהַסַּכִּין קָשֶׁה הוּא וְאֵין דָּם נִבְלָע בּוֹ אֶלָּא שַׁמְנוּנִית שֶׁהִיא נִבְלַעַת בֵּין בְּרַךְ בֵּין בַּקָּשָׁה:
Parce qu'il a absorbé — le gras de la terefa ; mais quant à l'absorption du sang, on ne s'en soucie pas, car le couteau est dur (métal) et le sang ne s'y absorbe pas — seul le gras, qui s'absorbe [partout], dans le mou comme dans le dur.
דְּהֶיתֵּירָא נָמֵי כִּי שָׁחֵיט בָּהּ בְּהֵמָה כְּשֵׁרָה נִבְעֵי הַגְעָלָה דְּהָא בָּלְעָה שַׁמְנוּנִית דְּאֵבֶר מִן הַחַי קֹודֶם גְּמַר שְׁחִיטָה:
Le permis aussi — quand il abat avec [ce couteau] une bête cachere, il faudrait [l']échauder, puisqu'il a absorbé le gras d'un 'membre d'un être vivant' avant la fin de l'abattage.
💡 Explication

Selon 'eau chaude' (absorption de l'interdit de la terefa) : mais alors un couteau ayant abattu une bête permise devrait aussi être purgé, car il a absorbé le gras de l''ever min ha-chai' (avant la fin de l'abattage) ! Réponse : l'absorption ne se produit que quand l'endroit s'échauffe, c'est-à-dire à la fin de l'abattage — moment où la bête est déjà permise.

8
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: הַטַּבָּח צָרִיךְ שְׁלֹשָׁה סַכִּינִין, אַחַת שֶׁשּׁוֹחֵט בָּהּ, וְאֶחָד שֶׁמְּחַתֵּךְ בָּהּ בָּשָׂר, וְאֶחָד שֶׁמְּחַתֵּךְ בָּהּ חֲלָבִים.

Rav Yehouda dit au nom de Rav : le sacrificateur (tabbah) a besoin de trois couteaux : un avec lequel il abat, un avec lequel il coupe la viande, et un avec lequel il coupe les graisses (helavim).

📜 Rachi (2)
אַחַת שֶׁשּׁוֹחֵט בָּהּ וְלֹא יַחְתֹּוךְ בָּהּ דָּבָר אַחֵר שֶׁלֹּא תִּפְגַּם וְתִתְקַלְקֵל וּפְעָמִים שֶׁיָּבֹא לִידֵי אִיסּוּר שֶׁיִּשְׁחַט בְּלֹא בְּדִיקָה:
Un avec lequel il abat — et il ne coupera rien d'autre avec, pour qu'il ne s'ébréché ni ne se gâte ; sinon, parfois il en viendrait à [un] interdit, abattant sans [l']avoir vérifié.
חֲלָבִים לִמְכֹּור בַּשּׁוּק:
Les graisses (helavim) — [qu'il garde] pour [les] vendre au marché.
💡 Explication

Rav : le boucher-sacrificateur a besoin de trois couteaux : (1) pour abattre, (2) pour couper la viande, (3) pour couper les graisses interdites (helavim) — pour ne pas transférer le gras interdit à la viande.

🖼️ Schéma
L'équipement du sacrificateur (Rav) 3 couteaux 1. pour abattre 2. pour couper la viande 3. pour couper les graisses (helavim) 2 récipients d'eau 1. pour rincer la viande 2. pour rincer les graisses Séparer évite que le gras interdit ne passe à la viande ; deux objets = un repère (hekera) contre la confusion.
Trois couteaux et deux récipients.
9
וְלִיתָּקֵן לֵיהּ חֲדָא, וְלִיחְתּוֹךְ בָּהּ בָּשָׂר, וַהֲדַר לִיחְתּוֹךְ בַּהּ חֲלָבִים? גְּזֵירָה שֶׁמָּא יַחְתֹּוךְ חֲלָבִים וְאַחַר כָּךְ בָּשָׂר. הַשְׁתָּא נָמֵי מִיחַלַּף לֵיהּ! כֵּיוָן דְּאַצְרְכִינְהוּ תְּרֵי – אִית לֵיהּ הֶיכֵּרָא.

Mais qu'on lui en arrange un seul [pour viande et graisses], qu'il coupe d'abord la viande puis les graisses ? [Réponse :] décret, de peur qu'il ne coupe les graisses puis [ensuite] la viande.

Mais maintenant aussi [avec deux couteaux] il pourrait les confondre ! Du moment qu'on lui a imposé deux [couteaux], il a un repère (hekera).

📜 Rachi (3)
וְנִתְקַן חֲדָא לַחֲלָבִים וּלְבָשָׂר וְיַחְתֹּוךְ בָּשָׂר וְאַחַ"כּ חֲלָבִים:
Qu'on en arrange un seul — pour les graisses et la viande, et qu'il coupe la viande puis les graisses.
וְאַחַר כָּךְ יַחְתֹּוךְ בָּהּ בָּשָׂר בִּבְהֵמָה אַחַת מֵחֲמַת שֶׁהוּא טָרוּד בִּמְלַאכְתּוֹ וְיִשְׁכַּח וְלֹא יְקַנֵּחַ וְאָתֵי לְאִיחַלּוֹפֵי שֶׁל חֲלָבִים בְּשֶׁל בָּשָׂר וְיַחְתֹּוךְ בְּלֹא קִינּוּחַ שֶׁסָּבוּר הוּא שֶׁהוּא סַכִּין שֶׁל בָּשָׂר:
Puis [ensuite] — il coupera de la viande, dans une [même] bête, parce qu'il est absorbé par son travail, oubliera et n'essuiera pas, et en viendra à confondre [le couteau] des graisses avec celui de la viande, et coupera sans essuyer, croyant que c'est le couteau à viande.
הֶיכֵּירָא אִית לֵיהּ עוֹשֶׂה בָּהּ סִימָן:
Il a un repère — il y fait une marque.
🗂️ Tossefot (1)
וְלִיתָּקֵן חֲדָא וְלִחְתּוֹךְ בָּהּ בָּשָׂר כו' וּפַעַם אַחֶרֶת כְּשֶׁיִּרְצֶה לַחֲזֹור וְלַחְתֹּוךְ בָּשָׂר יְהֵא זָכוּר לְהַכְשִׁירָהּ וְעַל הַסַּכִּין שֶׁשָּׁחַט בָּהּ לָא פָּרֵיךְ שֶׁיִּשְׁחֹוט וַהֲדַר יַחְתֹּוךְ דְּסַכִּין שֶׁשּׁוֹחֲטִין בָּהּ רְגִילִין לְשָׁומְרָהּ שֶׁלֹּא תִּתְקַלְקֵל וּלְעִנְיַן שַׁבָּת נָמֵי אָמַר דִּכְיָתֵד שֶׁל מֵחֲרִישָׁה דָּמֵי:
'Mais qu'on lui en arrange un seul, qu'il coupe la viande avec, etc.' — et une autre fois, lorsqu'il voudra de nouveau couper de la viande, qu'il pense à le rendre apte (le-hakhchira) ; et à propos du couteau avec lequel il abat, on n'objecte pas 'qu'il abatte puis coupe', car le couteau avec lequel on abat, on a coutume de le garder [précieusement] pour qu'il ne se gâte pas ; et quant au Chabbat aussi on dit qu'il est comme un 'piquet de charrue' [qu'on garde à part].
💡 Explication

Pourquoi pas un seul couteau (viande d'abord, graisses ensuite) ? Décret, de peur qu'il ne coupe graisses puis viande (par mégarde). Mais avec deux couteaux aussi il pourrait les confondre ! Réponse : l'obligation de deux couteaux crée un repère (hekera) qui évite la confusion.

10
וְאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: הַטַּבָּח צָרִיךְ שְׁנֵי כֵּלִים שֶׁל מַיִם, אֶחָד שֶׁמֵּדִיחַ בּוֹ בָּשָׂר, וְאֶחָד שֶׁמֵּדִיחַ בּוֹ חֲלָבִים. וְנִיתַּקֵּן לֵיהּ חֲדָא, וּנְדִיחַ בּוֹ בָּשָׂר וַהֲדַר נְדִיחַ בּוֹ חֲלָבִים? גְּזֵירָה שֶׁמָּא יָדִיחַ חֲלָבִים וְאַחַר כָּךְ בָּשָׂר. הַשְׁתָּא נָמֵי מִיחַלְּפִי לֵיהּ? כֵּיוָן דְּאַצְרְכִינֵּיהּ תַּרְתֵּי אִית לֵיהּ הֶיכֵּרָא.

Et Rav Yehouda dit au nom de Rav : le sacrificateur a besoin de deux récipients d'eau, un dans lequel il rince la viande, et un dans lequel il rince les graisses. Mais qu'on lui en arrange un seul, qu'il rince d'abord la viande puis les graisses ?

Décret, de peur qu'il ne rince les graisses puis la viande. Mais maintenant aussi il pourrait les confondre ?

Du moment qu'on lui a imposé deux [récipients], il a un repère.

📜 Rachi (1)
שֶׁמָּא יָדִיחַ חֲלָבִים תְּחִלָּה וְיִהְיוּ הַמַּיִם מְפֻוטָּמוֹת מִן הַשַּׁמְנוּנִית ע"י שִׁפְשׁוּף הַיָּדַיִם ואע"ג שֶׁהוּא צוֹנֵן וְאַחַר כָּךְ יִדְבַּק בַּדְּפָנוֹת הַבָּשָׂר ואע"ג שֶׁאֵין נִבְלָע בּוֹ נִדְבָּק הוּא מִבַּחוּץ:
De peur qu'il ne rince les graisses — d'abord, [et] que l'eau ne soit imbibée du gras par le frottement des mains, et — bien que ce soit froid — qu'ensuite [ce gras] ne se colle aux parois de la viande ; et bien qu'il ne soit pas absorbé en elle, il se colle à l'extérieur.
⚖️ Rosh (1)
א"ר יְהוּדָה אָמַר רַב הַטַּבָּח צָרִיךְ שֶׁיְּהֵא לוֹ ג' סַכִּינִין. אַחַת שֶׁשּׁוֹחֵט בָּהּ וְאַחַת שֶׁמְּחַתֵּךְ בָּהּ בָּשָׂר וְאַחַת בְּשִׂמְחָתְךָ בָּהּ חֲלָבִים וְנִתַקֵּן לֵיהּ חֲדָא וְנַחְתֹּוךְ בָּהּ בָּשָׂר וַהֲדַר נִחְתּוֹךְ חֲלָבִים. ואע"פ שֶׁאַחַר כָּךְ יַחְתֹּוךְ בָּהּ בָּשָׂר כְּשֶׁיִּשְׁחַט בְּהֵמָה אַחֶרֶת. לֵיכָּא לְמֵיחַשׁ שֶׁבֵּינְתַיִים יִצְטַנֵּן וִיקַנֵּחַ הַסַּכִּין. גְּזֵירָה שֶׁמָּא יַחְתֹּוךְ חֲלָבִים וְאַחַ"כּ בָּשָׂר וְטָרוּד בַּעֲבִידְתֵּיהּ וְלֹא יְקַנֵּחַ הַסַּכִּין. הַשְׁתָּא נָמֵי מְחַלְּפָא לֵיהּ. כֵּיוָן דְּאַצְרְכוּהָ תַּרְתֵּי אִית לֵיהּ הֶיכֵּירָא וְעוֹשֶׂה בָּהֶן סִימָנִין וְהָאִידָּנָא דְּלָא נְהִיגִי טַבָּחֵי לְמִיעְבַּר תְּרֵי סַכִּינִין צָרִיךְ לְהַדִּיחַ וּלְשַׁפְשֵׁף הַבָּשָׂר יָפֶה וַאֲפִילּוּ לְצָלִי שֶׁלֹּא יִשָּׁאֵר לַחְלוּחִית הֶחָלָב דָּבוּק: אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב הַטַּבָּח צָרִיךְ שֶׁיְּהֵא לוֹ שְׁנֵי כֵּלִים שֶׁל מַיִם. אֶחָד שֶׁמֵּדִיחַ בּוֹ בָּשָׂר וְאֶחָד שֶׁמֵּדִיחַ בּוֹ חֲלָבִים. וְנִתְקַן חֲדָא וְיָדִיחַ בּוֹ בָּשָׂר וְאַחַ"כּ יָדִיחַ בּוֹ חֲלָבִים גְּזֵירָה שֶׁמָּא יָדִיחַ בּוֹ חֲלָבִים וְאַחַ"כּ יָדִיחַ בּוֹ בָּשָׂר. הַשְׁתָּא נָמֵי מִחַלְּפִי לֵיהּ. כֵּיוָן דְּאַצְרְכוּהָ תְּרֵי אִית לֵיהּ הֶיכֵּירָא: אָמַר אַמֵּימָר מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא לָא לִסְחֹוף אִינִישׁ כַּפְלֵי עִילָּוֵי בִּשְׂרָא דְּדָייֵב תַּרְבָּא וּבָלַע בִּשְׂרָא. אִי הָכִי כִּי תְּרִיצִי נָמֵי דָּאֵיב תַּרְבָּא עִלָּוֵיהּ כִּפְלֵי וּבָלַע בִּשְׂרָא. קְרָמָא מַפְסִיק מִתַּתַּאי. אִי הָכִי מֵעִילַּאי נָמֵי מַפְסִיק קְרָמָא. אִיכָּא לְמֵיחַשׁ הוֹאִיל וּקְלִישׁ וְאַיְּידֵי דִּמְשַׁמֵּשׁ בֵּיהּ יְדָא דְּטַבָּחָא מִיפַּתַּת. וְהַייְנוּ דַּוְקָא אַחַר נִתּוּחַ מִיָּד קֹודֶם שֶׁיִּצְטַנֵּן הַבָּשָׂר. אֲבָל אַחַר שֶׁנִּצְטַנֵּן הַבָּשָׂר אֵין הֶחָלָב נִימּוֹחַ וְזָב. וּקְרָא נָמֵי כְּתִיב וַיָּשִׂימוּ הַחֲלָבִים עַל הֶחָזוֹת:
Rav Yehouda dit au nom de Rav : le sacrificateur (tabbah) doit avoir trois couteaux — un avec lequel il abat, un avec lequel il coupe la viande, et un avec lequel il coupe les graisses (helavim). Et [l'objection :] qu'on lui en arrange un seul, qu'il coupe la viande avec, puis coupe les graisses ; et bien qu'ensuite il [re]coupe de la viande avec [ce couteau] lorsqu'il abattra une autre bête, il n'y a pas à craindre, car entre-temps [le couteau] refroidira et il [l']essuiera. [Réponse :] décret (gezera), de peur qu'il ne coupe les graisses puis [ensuite] la viande, [étant] absorbé dans son travail et n'essuyant pas le couteau. 'Mais maintenant aussi il pourrait les confondre !' — du moment qu'on lui a imposé deux [couteaux], il a un repère (hekera) et il y fait des marques (simanim). Et de nos jours, où les bouchers n'ont pas coutume de faire usage de deux couteaux, il faut rincer et bien frotter la viande, même pour le rôti (tzali), afin qu'il ne reste pas [d']humidité de graisse collée. Rav Yehouda dit au nom de Rav : le sacrificateur doit avoir deux récipients d'eau, un dans lequel il rince la viande, et un dans lequel il rince les graisses. Et [l'objection :] qu'on lui en arrange un seul, qu'il rince la viande dedans puis rince les graisses dedans ; [réponse :] décret, de peur qu'il ne rince les graisses dedans puis [ensuite] rince la viande dedans. 'Mais maintenant aussi il pourrait les confondre !' — du moment qu'on lui a imposé deux [récipients], il a un repère (hekera). Ameimar dit au nom de Rava : qu'un homme ne renverse pas (lo lis'hof) les flancs (kfaléi) sur de la viande, car la graisse (tarba) fond (da'iv) et la viande [l']absorbe. 'Si [c'est] ainsi, lorsqu'ils sont [placés] normalement (teritzi) aussi, la graisse fond au-dessus des flancs et la viande [l']absorbe [par en dessous] !' — la membrane (kerama) interpose par-dessous. 'Si [c'est] ainsi, par-dessus aussi la membrane interpose [donc pas de crainte non plus] !' — [non,] il y a à craindre, du fait qu'elle est mince, et parce que la main du boucher (yada de-tabbaha) manie [la viande] [la membrane] se déchire (mipatat). Et cela vaut précisément aussitôt après le découpage (nittuah), avant que la viande ne refroidisse ; mais une fois la viande refroidie, la graisse ne fond ni ne s'écoule. Et l'Écriture aussi l'écrit : 'et ils placèrent les graisses sur les poitrines' (Lev 9).
💡 Explication

De même : deux récipients d'eau, un pour rincer la viande, un pour les graisses — même raisonnement (décret + repère). Le gras dissous dans l'eau de rinçage pourrait se coller à la viande.

11
אָמַר אַמֵּימָר מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב פָּפָּא: לָא לִיסְחֹוף אִינִישׁ כַּפְלֵי עִילָּוֵי בִּישְׂרָא, דְּדָאֵיב תַּרְבָּא וּבָלַע בִּישְׂרָא.

Ameimar dit au nom de Rav Papa : qu'un homme ne renverse pas (lo lis'hof) les flancs (kfaléi) sur de la viande, car la graisse fond (da'iv tarba) et la viande [l']absorbe.

📜 Rachi (1)
לָא לִיסְחֹוף אִינִישׁ כַּפְלֵי כָּל הַכְּסָלִים שֶׁחֵלֶב הַכְּלָיוֹת דָּבוּק שָׁם לֹא יְהֵא כּוֹפֶה אוֹתָם עַל גַּבֵּי בָּשָׂר אַחַר שֶׁהֶחָלָב מֻוטָּל עַל הַבָּשָׂר וּמִתְחַמֵּם וְזָב עַל הַבָּשָׂר:
Qu'un homme ne renverse pas les flancs — tous les flancs (kessalim) où le suif des reins est collé, qu'il ne les retourne pas sur d'autre viande, [car] alors le suif repose sur la viande, s'échauffe et s'écoule sur elle.
🗂️ Tossefot (1)
לָא לִיסְחֹוף אִינִישׁ כַּפְלֵי עִילָּוֵי בִּישְׂרָא הַייְנוּ לְאַחַר נִיתּוּחַ מִיָּד קֹודֶם שֶׁנִּצְטַנֵּן הַבָּשָׂר אֲבָל לְאַחַר שֶׁנִּצְטַנֵּן אֵין לָחוּשׁ כְּדִכְתִיב (וַיִּקְרָא ט) וַיָּשִׂימוּ אֶת הַחֲלָבִים עַל הֶחָזוֹת:
Qu'un homme ne renverse pas les flancs sur de la viande — c'est [le cas] aussitôt après le découpage, avant que la viande ne refroidisse ; mais une fois refroidie, il n'y a pas à craindre, comme il est écrit (Lev 9) 'et ils placèrent les graisses sur les poitrines'.
💡 Explication

Ameimar/Rav Papa : ne pas retourner les flancs (kfaléi, où adhère le gras des reins) sur de la viande — le gras fond et la viande l'absorbe.

12
אִי הָכִי, כִּי תְּרִיצִי נָמֵי דָּאֵיב תַּרְבָּא וּבָלַע בִּשְׂרָא? קְרָמָא מַפְסִיק מִתַּתַּאי! אִי הָכִי

Si [c'est] ainsi, lorsqu'ils sont [placés] normalement (teritzi) aussi, la graisse fond et la viande [l']absorbe ! [Réponse :] la membrane (krama) interpose par-dessous.

Si [c'est] ainsi... [la suite sur 9a].

📜 Rachi (3)
כִּי תְּרִיצִי נָמֵי כְּשֶׁהֵן מֻונָּחִים עַל הַדַּף כְּדַרְכָּן הֶחָלָב לְמַעְלָה הָא בָּלְעִי כִּפְלֵי גּוּפַיְיהוּ מֵחֵלֶב הַדָּבוּק בָּהֶן:
Lorsqu'ils sont [placés] normalement aussi — quand ils reposent sur le plan [de travail] à leur manière, le suif [étant] au-dessus, les flancs eux-mêmes absorbent [pourtant] le suif qui y est collé !
קְרָמָא קְרוּם טיל"א:
Krama — une membrane ('toile/peau' en langue vernaculaire).
מַפְסִיק בֵּין חֵלֶב לַבָּשָׂר וְהוּא אוֹתוֹ קְרוּם שֶׁאָנוּ נוֹטְלִין מִן הַכְּסָלִים שֶׁקּוֹרִין פלאנק"ש וָעָב וְחָזָק הוּא לְכָךְ אָסוּר שֶׁחֵלֶב נִבְלָע בּוֹ אֲבָל אֵין נִבְלָע כָּל כָּךְ שֶׁיְּהֵא זָב לַבָּשָׂר שֶׁתַּחְתָּיו:
Interpose — entre le suif et la viande ; c'est cette membrane que nous ôtons des flancs, qu'on appelle 'flanks' [en langue vernaculaire] ; elle est épaisse et résistante, c'est pourquoi elle est interdite [car] le suif s'y absorbe, mais [il] ne s'y absorbe pas au point de s'écouler vers la viande qui est en dessous.
💡 Explication

Objection : même placés normalement (gras au-dessus de la viande du flanc), le gras fond et est absorbé ! Réponse : une membrane (krama) interpose entre le gras et la chair du flanc. (Suite sur 9a.)

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).